Titre : Le Journal
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1934-06-10
Contributeur : Xau, Fernand (1852-1899). Directeur de publication
Contributeur : Letellier, Henri (1867-1960). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34473289x
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 10 juin 1934 10 juin 1934
Description : 1934/06/10 (N15211). 1934/06/10 (N15211).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG87 Collection numérique : BIPFPIG87
Description : Collection numérique : BIPFPIG13 Collection numérique : BIPFPIG13
Description : Collection numérique : BIPFPIG69 Collection numérique : BIPFPIG69
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k76304462
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-220
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 01/12/2014
6 HEURES DU MATIN
LE JOURNAL
Le numéro : 25 cent. (N° 15211)
PARIS, 100, RUE DE RICHELIEU
Téléph. Richelieu : 81-54 et la suite
Dimanche 10 Juin 1934
mtïtiïsî ïiHt M
PARIS-VIENNE A FRS
( et RETOUR <
t ET VISITE DE LA VILLE : f I
pour.
<'
jpu^unniumiitm'i"m'inmmiuminnHiiuinnnnmnninMinminmitnini 11
H «H^iTiiriiiîiuuniniriiiimiriiûhHûniktimiilimimiimiiaïuitôtiHi/riÏÏHl
VIENNE
le pays de la Valse
Ses Palais. - Ses Monuments.
■ Ses Artistes. - Son Prater.
VOIR UI DETAILS EN PAGE 9
jiiiiiiiiiiiiiiMiiiiiiiit»iiMiniiininiiiiiiinnniniitiiiiiimiiiiiHiiiiHiiiiniii||li^
.VI
L'es belles heures
du Palais^Royal
par Jean ROBIQUET
conservateur du musée Carnavalet.
•LA GALERIE DU PALAIS DU TRIBUNAT
(d'après une peinture de Louis Boilly exposée au Salon en 1804)
On semble s'occuper sérieuse-
ment de voronoffer le Palais-
ïloyî^. Après une jeunesse turbu-
lente, cet aimable aïeul connais-
sait la vie somnolente des per-
sonnes très fatiguées. Et nous en
étions arrivés à oublier parfois
qu'il existait.
Heureusement, depuis quelques
mois, il se rappelle à notre atten-
tion. En passant devant le Conseil
d'Etat, on a la joie d'apercevoir,
à travers des rangées de colonnes,
le fond de verdure d'un jardin.
Comme 1 administration des
Beaux-Arts a eu raison de casser
les vitres, celles de la galerie
jd'Orléans, qui masquaient une
telle perspective !
Une bonne fortune ne venant
jamais seule, la grande Saison de
Paris nous vaut une série de ré-
jouissances sous les arbres du
Palais-Royal. Nul décor mieux
fait pour séduire, nul qui soit plus
évocateur.
Songez aux mille et un souve-
nirs qui dorment là depuis si long-
temps ! Il suffit de nous abstraire
un peu pour que le passé se ré-
veille et que les anciens hôtes du
Palais reviennent animer les
lieux qu'ils ont marqué de leur
empreinte.
Voici d'abord le fondateur, Ri-.
cheli«u, }e..tJ,rand cardinal, qui lè-
gue sa demeure à la Couronne.
Anne d'Autriche s'y installe bien-
tôt avec ses deux fils et, naturel-
lement, Mazarin.
Un peu plus tard, une autre
souveraine, la pauvre Henriette
d'Angleterre, trouve asile au Pa-
lais-Royal, un jour, et y marie sa
fille avec Monsieur, frère du roi.
Produit de cette union déplorable
(consultez plutôt Paul Reboux),
Philippe d'Orléans, le futur Ré-
gent, reçoit le domaine en apa-
nage et va bientôt l'emplir du
-bruit de ses orgies fameuses.
A lui les roués, les soupers fins,
les grâces de la Parabère, qu'il
appelle «son petit corbeau noir)
au premier verre de champagne
et, au dernier, «son gigot».
Puis trois ducs d'Orléans se suc-
cèdent qui entreprennent de re-
manier l'ancienne résidence du
cardinal. Le dernier d'entre eux,
Une scène du Palais-Royal
« avant que la morale fût sauvée. )
celui que l'histoire appellera Phi-
lippe-Egalité, mène si loin le petit
jeu que la physionomie de l'édifice,
et même celle du jardin, se trou-
veront complètement modifiées.
Mais ici se place un fait divers
qui explique la métamorphose.
Le 8 juin 1781, comme la repré-
sentation d'Orphée venait de finir
à l'Opéra, dont la salle se trouvait
alors au coin de la rue Saint-Ho-
noré, on entendit crier : «Au
feu ! > C'était le théâtre qui flam-
bait. Le public se réfugia dans le
jardin et put s'y offrir gratuite-
ment un spectacle sensationnel.
Mais le duc de Chartres, pro-
priétaire de la salle, perdait
ainsi un gros loyer. En homme
d'affaires qu'il était, il sut vite pa-
rer au désastre, et, sur l'ensemble
de son domaine, imagina tout un
système de nouvelles maisons de
rapport, reliées entre elles par des
arcades : les Galeries du Palais-
Royal, que nous connaissons au-
jourd'hui.
Elles empiétaient sur le jardin,
qui se trouvait ainsi privé d'un
bon tiers de sa surface. Les habi-
tants des vieux immeubles qui
l'avaient bordé jusqu'alors regret-
taient le précieux avantage d'y
accéder directement. Mais toutes
les plaintes furent inutiles. Bien-
tôt, les marronniers tombèrent.
Par les soins de l'architecte
Louis, trois galeries neuves sor-
tirent de terre, flanquées, du
côté du Palais, de baraquements
provisoires qu'on nomma le
Camp des Tartares, et, plus tard,
les Galeries de bois. Les arcades
s'ouvrirent au commerce, et, de-
vant cette invasion marchande,
les mauvaises langues ne purent
que répéter le mot du roi à son
cousin le duc d'Orléans : « Vous
allez donc tenir boutique 1 Nous
ne vous verrons plus que le di-
manche. >
Le pauvre Louis XVI ne soup-
çonnait guère le rôle que la nou-
velle promenade allait jouer vers
la fin de son règne. C'est à l'om-
bre de ces grands arbres que la
Révolution se prépare, à leurs
branches que verdissent déjà les
feuilles que Camille Desmoulins
va distribuer aux motionnaires
par une chaude journée de juillet.
Et, dès lors, le volcan ne cessera
plus de gronder. Le Palais-Royal
connaîtra les plus belles heures et
les pires. Il sera le forum de Paris.
Mais que la tourmente soit pas-
sée, et vous le verrez soudain re-
prendre son allure galante et
joyeuse. Foire du luxe, marché du
plaisir, il retrouvera sa clientèle
de joueurs en quête d'un tripot,
de gourmets à l'affût d'un dîner
et de belles cle nuit court-vêtues.
C'est sous le Consulat et l'Em-
pire que la fête parait battre son
plein. Un document de 1805 ne
signale pas, sous les Galeries,
moins de quinze restaurants.
vingt cafés, dix-huit tables de
jeux, et, conséquence inéluctable,
onze monts-de-piété pour les vic-
times. Quant au dénombrement
des nymphes, M. de Laplace lui-
même, habitué à compter les
étoiles du ciel, refuserait de l'en-
tréprendre.
Cet âge d'or du Palais-Royal va
se prolonger pendant vingt ans.
AU début du règne de Louis-Phi-
lippe, la vogue de la promenade
ne s'est pas encore démentie.
Pourtant, une menace est dans
l'air. Le roi-citoyen aime l'ordre,
et certaines tolérances l'inquiè-
tent. Aux Galeries de bois de na-
guère, il a déjà fait substituer la
pompeuse Galerie d'Orléans, ou
les entreprises féminines sont
plus faciles à surveiller. Mais
l'ancienne clientèle s'évade, ne se
sentant plus là chez elle.
Reste la question des tripots.
Le 31 décembre 1837, à minuit, ils
sont forcés de fermer leurs portes.
Une dernière partie se termine.
Un dernier coup de pistolet mar-
que le suicide du dernier joueur.
Et voici la morale sauvée, mais le
Palais-Royal bien malade !
Ne cherchons pas à raconter ses
lentes années d'agonie, durant
lesquelles le grand commerce lui
fausse peu à peu compagnie et
finit par le déserter. Regardons
plutôt le vieux décor, tel qu'il est
resté de nos jours, avec ses belles
lignes harmonieuses, ses carrés de
fleurs à la française, son charme
exquis de petite cité miraculeu-
sement conservée dans la grande.
Se peut-il qu'un pareil lieu ne
nous attire pas plus souvent ?
Vous me direz qu'il était fait
pour le plaisir de la flânerie pé-
destre et que Paris circule en voi-
ture, que Paris ne sait plus mar-
cher. Allons ! il suffit de nous en-
tendre. Si nous marchons moins
que jadis, c'est qu'à peu près par-
tout, hélas ! ce sport devient im-
praticable. Et les zones de calme
et de silence, où l'on ne rencontre
ni cohue, ni tumulte, ni écraseurs,
ne nous en semblent que plus pré-
cieuses.
N'oublions pas le chemin de
celle-ci. En dépit de quelques ver-
rues qui s'effaceraient sans beau-
coup de peine, le Palais-Royal
de nos pères demeure un de
ces purs joyaux que toutes les ca-
pitales envieraient.
Défendons-le de notre mieux.
Egayons-le par de belles fêtes et
tâchons de lui ramener la faveur
des vrais Parisiens qui savent re-
garder et comprendre.
'iiimiiiiiiiiiiiiitiiiiiiiiiiiiiiiiiiiHiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiitiiiiiii
1 Nous publierons demain =
i [ le premier article æ
E du reportage de JEAN BoTRor =
1 PLAISIRS DE PARIS I
■UIIIIHIIIIIIUlUUIIMllllUMIiUUIIIIIUIlUiiiUlIlUlllllUlltiîlU
M. BONY
inspecteur principal
à qui l'affaire Prince
a valu la notoriété
va-t-il être promu
commissaire
à la Sûreté nationale ?
Depuis que la police judiciaire —
c'est-à-dire la Sûreté parisienne —
s'est vu confier l'enquête relative à
la mort du conseiller Prince, une
sorte de mystère semblait planer sur
les faits et gestes de l'inspecteur
principal Bony, qui avait été chargé
de rechercher, pour le compte de la
Sûreté générale (aujourd'hui Sûreté
nationale), les assassins du malheu-
reux magistrat.
Aussi bien son rôle dans cette af-
faire, du strict point de vue pro-
fessionnel, paraît terminé, et le bi-
lan de son œuvre est facile à éta-
blir : sur les trois personnes qu'il
avait désignées comme étant les au-
teurs de l'assassinat, deux : Carbone
et Spirito, ont été mises en liberté
provisoire, ce qui, dans une affaire
de cette gravité équivaut, pratique-
ment, à un non lieu, et si la troisiè-
me, le baron de Lussats, est encore
sous les verrous,
c'est « pour autre
cause », comme
on dit au Palais.
Mais si l'ins-
pecteur Bony,
après ce résultat,
différemment ap-
précié, est rentré
dans l'ombre, s'il
a cessé d'occuper
le premier plan
de l'actualité,
n'en induisez pas
qu'il demeure
inactif.
Revenu rue des
Saussaies, l'ins-
pecteur Bony s'est
remis au travail.
Un travail inten-
sif, acharné. et
tout personnel, cette fois. Penché
sur des livres et des codes, l'inspec-
teur Bony se prépare à affronter un
jury.
jury. GEO LONDON.
(La suite en 2* page, 71 colonne)
Le Derby
de Chantilly
se court
cet après-midi
Si le temps favorise la réunion il y aura,
aujourd'hui, à Chantilly, du beau sport
hippique. Qui gagnera le Derby p. On
lira en 7' page nos pronostics. Voici trois
chevaux dont on vante beaucoup les
chances : Antiochus (en haut) et Le
Gosse (en bas) Au centre : un des der-
niers galops d'essais de Birmah.
Le tournoi mondial de voltige aérienne
On lira en 8' page, lre colonne, le compte rendit de la première journée du
championnat de-voltige aérienne, à Vincennes. Voici, un virage de l'as Fieseler,
et une descente en parachute.
¡
M. BÀRTHOU
dont l'action à Genève
a été approuvée
par le conseil de cabinet
ne participera pas
à l'entrevue de Venise
M. Louis Barthou, qui avait quitté
Genève immédiatement après l'adoption
du projet de résolution qui consacrait,
après deux semaines de discussions opi-
niâtres et quelquefois dramatiques, le
succès des idées françaises sur le dé-
sarmement, est rentré à Paris, hier ma-
tin, en compagnie de M. Piétri, ministre
de la marine ; de M. Eden, chef de la
délégation britannique ; du général Ga-
melin et de M. Basdevant, jurisconsulte
du Quai d'Orsay.
Après avqjr pris congé du ministre
anglais qui regagna Londres sans s'ar-
rêter, M. Louis Barthou se rendit d'aibord
à son domicile, puis au ministère des
affaires étrangères où il fit à ses collè-
gues, réunis en conseil de cabinet, le
récit des négociations qui ont abouti à
l'accord franoo-anglo-américain de ven-
dredi, ratifié par la quasi-unanimité de
la conférence du désarmement.
(La suite en - 4* page, 6* colonne)
Le diamant maléfique
ou comment Jenny Dolly
se voit condamner
a payer au fisc
onze millions et demi
Rien ne saurait attendrir le fisc.
Créancier morose il n'est point sensible
à la grâce, au charme et les plus 'beaux
sourires le laissent de glace.
La danseuse Jenny Dolly, qui fut une
reine de la 'scène et créa avec sa sœur
Rosie un numéro de « sisters » resté si
fameux qu'on l'imita depuis sans ver-
gogne, vient d'en faire la cruelle expé-
rience.
Dans l'austère enceinte de la treizième
chambre, l'artiste s'est vu condamner
hier à 3 jours de prison avec sursis —
— ce qui n'est pas terrible — et à une
amende de 11.466.285 francs — ce qui est
infiniment plus désagréable.
C'est là l'épilogue d'une histoire qui
déjà fit quelque bruit : En 1928, à Can-
nes, alors qu'elle régnait sur la Côte
d'Azur, Jenny Dolly, étoile alors com-
blée, acheta un diamant, une pierre
unique de 51 carats 78. Mal conseillée,
la danseuse voulut ruser et crut - 6
candeur — à la naïveté du fisc.
Elle déclara que le-bijou était destiné
à l'exportation, évita ainsi de payer la
itaxe de luxe —
450.000 francs — et
[expédia le bijou en
Angleterre.
Le diamant revint
-d'outre - Manche.
dans la poche de
gilet d'un secré-
taire complaisant :
deuxième délit, la
douane a son tour-,
était fraudée !
Il serait trop
long de dire ici
comment le fisc re-
trouva le trace du
diamant voyageur ;
qu'on sache' seule-
ment que, après
avoir épuisé tous
moyens dilatoires,
Jenny Dolly dut
hier entendre :
1° Qu'elle était
condamnée à trois jours de prison avec
sursis ; 2° Qu'elle devrait payer le prix
du bijou passé en fraude, ci 4 mil-
lions 583.886 francs ; 3° Et encore 4 mil-
lions 583.886 francs à titre d'amende ;
4° Et enfin 2.298.493 francs pour les dé-
cimes (sic).
Ceci pourrait être aussi bien une con-
clusion qu'une moralité. Il y a mieux
pourtant : cigale imprévoyante, Jenny
Dolly dut, voici quelque temps, vendre
à l'Hôtel Drouot tous ses bijoux. Et mal-
gré ses feux, sa limpidité, le diamant
maléfique ne c fit » que 1.600.000 francs.
ENFIN PARIS 1
Apris le chèque : le chic, - (DNal11 d'A"I faivrs.)
Journée d'élégance
au Polo
de Bagatelle
Une magnifique réunion
1
Journée d'élégance, avait-on annoncé hier au Polo de Bagatelle. On peut vcif
par les clichés ci-dessus et en lisant en 4' page, 3" colonne, le compte rendu
de MAURICE DE WALEFFE que le programme fut magnifiquement suivi.
Voici l'été
et les. vacances.
Le rôle de l'hôtellerie
ministère de l'hospitalité
Par le sénateur ANTOINE BORREL
(Lire l'article en 4" page.)
MON FILM
A la suite d'un récent article, j'ai
reçu de M. Métayer, député, maire de
Rouen, une lettre dont j'ai le devoir de
tenir compte en toute loyauté.
D'àprès un journal qui passe pour
être très bien informé, j'ai relaté l'in-
cident qui s'est produit, le jour des
Rameaux, au pied du monument élevé
à Rouen, par le Souvenir français,
aux morts de 1870-71 : comme le
maire de la capitale normande s'apprê-
tait à prendre la parole, les Croix de
feu se retirèrent silencieusement, et cela
parce que M. Métayer avait voté, par
trois fois, pendant la nuit historique du
6 au 7 février, pour M. Daladier, et
signé, par surcroît, une affiche où les
manifestants de la place de la Con-
corde étaient traités de. « factieux *.
La rectification de M. Métayer perte
sur ces points :
1° La manifestation des Croix de
feu n'a pas été silencieuse, puisque leur
chef a ordonné : « Demi-tour à droite,
en avant, marche ! »;
2° M. Métayer n'a pas porté plainte
contre le chef des Croix de feu pour
« outrages à un maire dans l'exercice
de ses fonctions » : les poursuites ont été
intentées d'office par le Parquet ; 1
3° M. Métayer a bien voté, le 6 fé-
vrier, pour le-gouvernement, mais sur la
limitation, puis sur le renvoi des dix-
huit interpellations relatives à la forma-
tion du ministère et, par conséquent,
antérieures aux événements de la nuit
tragique ;
4° L'affiche signée par * M. Métayer
et 223 de ses collègues contient ce
passage : « .des factieux essayant de
porter atteinte aux libertés démocrati-
ques. tous les partisans de la dictature
fasciste, toutes les forces antirépuyi-
caines ». Et le maire de Rouen ajoute
dans sa lettre : « Les anciens combat-
tants ne s'en sont pas plaints, loin de là.
Ils l'ont montré à Vichy et ailleurs. »
Autrement dit : il y a eu un ordre
verbal du chef des Croix de feu, mais
était-ce suffisant pour donner à la ma-
nifestation un caractère bruyant, scan-
daleux, intolérable ? L'action judiciaire
n'a pas été déclenchée par le maire de
Rouen, mais par la justice, et cependant
les magistrats du tribunal correctionnel
— mais il y a appel — ont acquitté
l'accusé de crime de lèse-majesté muni-
cipale. Pour le reste, compte tenu de
nuances que je ne distingue d'aiHeurs
pas très bien, je n'ai rien écrit — tou-
jours d'après notre confrère — qui ne
soit exact.
Et il y a toujours cette question à
laquelle la cour de Rouen va répondre
à son tour :
— Quand M. le maire va parler,
commet-on, en se retirant, le délit d'ou-
trage& à magistrat dans l'exercice de ses
fonctions ?
L'écharpe municipale a-t-elle quelque
chose de commun avec le chapeau de
Gessler, — que Gessler soit de gau-
che ou de droite ?
Mais ce rillii me paraît '.oucKanl' et
convaincant dans la lettre de Mi~Më~
tayer, c'est ce passage :
Nous étions, es dimanche-là, au pied
du monument élevé, il y a plus d'un de-
mi-siècls, aux morts de 1870-71 ; c'est
pour eux que Mercié a sculpté son Gloria
victis, pour eux qqe Victor Hugo a écrit:
La voix d'un peuple entier les berce en.
[leur tombeau.
Peut-être était-ce le moment de mon-
trer que l' « Union nationale > n'est pas
toujours un vain mot.
Non, elle ne doit pas être toujours
un vain mot. Surtout en ce moment. Et
le reste n'est que politicaille. - CLÉ-
MENT VAUTEL.
Le mariage de Mlle Claudel
Les jeunes époux à la sortie de l'églisd
(Lire notre dépêche en 3' p.; 4' coU.
EN 3" PAGE :
La reoonnaissance des Soviets par la
Petite-Entente, par SAINT-BRICE.
EN 41 PAGE :
Le gala de la Chanson militaire.
EN 5* PAGE :
LA VIE ORPHEONIQUE
EN 7* r'AGE :
L'affaire Prince.
La fillette repêchée dans le canal dè
l'Ourcq avait été tuée par son père.
EN 8' PAGE :
La vie sportive. *
.,.,
: EN 6* PAGE : 1
! LE théâtre i
Première Parisienne'
: Première Parisienne.. - !
: par COLETTE. S
S « Rêve de valse », S
! à la Porie-Saint-Alartin, !
: par Louis AUBERT. 1
LE JOURNAL
Le numéro : 25 cent. (N° 15211)
PARIS, 100, RUE DE RICHELIEU
Téléph. Richelieu : 81-54 et la suite
Dimanche 10 Juin 1934
mtïtiïsî ïiHt M
PARIS-VIENNE A FRS
( et RETOUR <
t ET VISITE DE LA VILLE : f I
pour.
<'
jpu^unniumiitm'i"m'inmmiuminnHiiuinnnnmnninMinminmitnini 11
H «H^iTiiriiiîiuuniniriiiimiriiûhHûniktimiilimimiimiiaïuitôtiHi/riÏÏHl
VIENNE
le pays de la Valse
Ses Palais. - Ses Monuments.
■ Ses Artistes. - Son Prater.
VOIR UI DETAILS EN PAGE 9
jiiiiiiiiiiiiiiMiiiiiiiit»iiMiniiininiiiiiiinnniniitiiiiiimiiiiiHiiiiHiiiiniii||li^
.VI
L'es belles heures
du Palais^Royal
par Jean ROBIQUET
conservateur du musée Carnavalet.
•LA GALERIE DU PALAIS DU TRIBUNAT
(d'après une peinture de Louis Boilly exposée au Salon en 1804)
On semble s'occuper sérieuse-
ment de voronoffer le Palais-
ïloyî^. Après une jeunesse turbu-
lente, cet aimable aïeul connais-
sait la vie somnolente des per-
sonnes très fatiguées. Et nous en
étions arrivés à oublier parfois
qu'il existait.
Heureusement, depuis quelques
mois, il se rappelle à notre atten-
tion. En passant devant le Conseil
d'Etat, on a la joie d'apercevoir,
à travers des rangées de colonnes,
le fond de verdure d'un jardin.
Comme 1 administration des
Beaux-Arts a eu raison de casser
les vitres, celles de la galerie
jd'Orléans, qui masquaient une
telle perspective !
Une bonne fortune ne venant
jamais seule, la grande Saison de
Paris nous vaut une série de ré-
jouissances sous les arbres du
Palais-Royal. Nul décor mieux
fait pour séduire, nul qui soit plus
évocateur.
Songez aux mille et un souve-
nirs qui dorment là depuis si long-
temps ! Il suffit de nous abstraire
un peu pour que le passé se ré-
veille et que les anciens hôtes du
Palais reviennent animer les
lieux qu'ils ont marqué de leur
empreinte.
Voici d'abord le fondateur, Ri-.
cheli«u, }e..tJ,rand cardinal, qui lè-
gue sa demeure à la Couronne.
Anne d'Autriche s'y installe bien-
tôt avec ses deux fils et, naturel-
lement, Mazarin.
Un peu plus tard, une autre
souveraine, la pauvre Henriette
d'Angleterre, trouve asile au Pa-
lais-Royal, un jour, et y marie sa
fille avec Monsieur, frère du roi.
Produit de cette union déplorable
(consultez plutôt Paul Reboux),
Philippe d'Orléans, le futur Ré-
gent, reçoit le domaine en apa-
nage et va bientôt l'emplir du
-bruit de ses orgies fameuses.
A lui les roués, les soupers fins,
les grâces de la Parabère, qu'il
appelle «son petit corbeau noir)
au premier verre de champagne
et, au dernier, «son gigot».
Puis trois ducs d'Orléans se suc-
cèdent qui entreprennent de re-
manier l'ancienne résidence du
cardinal. Le dernier d'entre eux,
Une scène du Palais-Royal
« avant que la morale fût sauvée. )
celui que l'histoire appellera Phi-
lippe-Egalité, mène si loin le petit
jeu que la physionomie de l'édifice,
et même celle du jardin, se trou-
veront complètement modifiées.
Mais ici se place un fait divers
qui explique la métamorphose.
Le 8 juin 1781, comme la repré-
sentation d'Orphée venait de finir
à l'Opéra, dont la salle se trouvait
alors au coin de la rue Saint-Ho-
noré, on entendit crier : «Au
feu ! > C'était le théâtre qui flam-
bait. Le public se réfugia dans le
jardin et put s'y offrir gratuite-
ment un spectacle sensationnel.
Mais le duc de Chartres, pro-
priétaire de la salle, perdait
ainsi un gros loyer. En homme
d'affaires qu'il était, il sut vite pa-
rer au désastre, et, sur l'ensemble
de son domaine, imagina tout un
système de nouvelles maisons de
rapport, reliées entre elles par des
arcades : les Galeries du Palais-
Royal, que nous connaissons au-
jourd'hui.
Elles empiétaient sur le jardin,
qui se trouvait ainsi privé d'un
bon tiers de sa surface. Les habi-
tants des vieux immeubles qui
l'avaient bordé jusqu'alors regret-
taient le précieux avantage d'y
accéder directement. Mais toutes
les plaintes furent inutiles. Bien-
tôt, les marronniers tombèrent.
Par les soins de l'architecte
Louis, trois galeries neuves sor-
tirent de terre, flanquées, du
côté du Palais, de baraquements
provisoires qu'on nomma le
Camp des Tartares, et, plus tard,
les Galeries de bois. Les arcades
s'ouvrirent au commerce, et, de-
vant cette invasion marchande,
les mauvaises langues ne purent
que répéter le mot du roi à son
cousin le duc d'Orléans : « Vous
allez donc tenir boutique 1 Nous
ne vous verrons plus que le di-
manche. >
Le pauvre Louis XVI ne soup-
çonnait guère le rôle que la nou-
velle promenade allait jouer vers
la fin de son règne. C'est à l'om-
bre de ces grands arbres que la
Révolution se prépare, à leurs
branches que verdissent déjà les
feuilles que Camille Desmoulins
va distribuer aux motionnaires
par une chaude journée de juillet.
Et, dès lors, le volcan ne cessera
plus de gronder. Le Palais-Royal
connaîtra les plus belles heures et
les pires. Il sera le forum de Paris.
Mais que la tourmente soit pas-
sée, et vous le verrez soudain re-
prendre son allure galante et
joyeuse. Foire du luxe, marché du
plaisir, il retrouvera sa clientèle
de joueurs en quête d'un tripot,
de gourmets à l'affût d'un dîner
et de belles cle nuit court-vêtues.
C'est sous le Consulat et l'Em-
pire que la fête parait battre son
plein. Un document de 1805 ne
signale pas, sous les Galeries,
moins de quinze restaurants.
vingt cafés, dix-huit tables de
jeux, et, conséquence inéluctable,
onze monts-de-piété pour les vic-
times. Quant au dénombrement
des nymphes, M. de Laplace lui-
même, habitué à compter les
étoiles du ciel, refuserait de l'en-
tréprendre.
Cet âge d'or du Palais-Royal va
se prolonger pendant vingt ans.
AU début du règne de Louis-Phi-
lippe, la vogue de la promenade
ne s'est pas encore démentie.
Pourtant, une menace est dans
l'air. Le roi-citoyen aime l'ordre,
et certaines tolérances l'inquiè-
tent. Aux Galeries de bois de na-
guère, il a déjà fait substituer la
pompeuse Galerie d'Orléans, ou
les entreprises féminines sont
plus faciles à surveiller. Mais
l'ancienne clientèle s'évade, ne se
sentant plus là chez elle.
Reste la question des tripots.
Le 31 décembre 1837, à minuit, ils
sont forcés de fermer leurs portes.
Une dernière partie se termine.
Un dernier coup de pistolet mar-
que le suicide du dernier joueur.
Et voici la morale sauvée, mais le
Palais-Royal bien malade !
Ne cherchons pas à raconter ses
lentes années d'agonie, durant
lesquelles le grand commerce lui
fausse peu à peu compagnie et
finit par le déserter. Regardons
plutôt le vieux décor, tel qu'il est
resté de nos jours, avec ses belles
lignes harmonieuses, ses carrés de
fleurs à la française, son charme
exquis de petite cité miraculeu-
sement conservée dans la grande.
Se peut-il qu'un pareil lieu ne
nous attire pas plus souvent ?
Vous me direz qu'il était fait
pour le plaisir de la flânerie pé-
destre et que Paris circule en voi-
ture, que Paris ne sait plus mar-
cher. Allons ! il suffit de nous en-
tendre. Si nous marchons moins
que jadis, c'est qu'à peu près par-
tout, hélas ! ce sport devient im-
praticable. Et les zones de calme
et de silence, où l'on ne rencontre
ni cohue, ni tumulte, ni écraseurs,
ne nous en semblent que plus pré-
cieuses.
N'oublions pas le chemin de
celle-ci. En dépit de quelques ver-
rues qui s'effaceraient sans beau-
coup de peine, le Palais-Royal
de nos pères demeure un de
ces purs joyaux que toutes les ca-
pitales envieraient.
Défendons-le de notre mieux.
Egayons-le par de belles fêtes et
tâchons de lui ramener la faveur
des vrais Parisiens qui savent re-
garder et comprendre.
'iiimiiiiiiiiiiiiitiiiiiiiiiiiiiiiiiiiHiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiitiiiiiii
1 Nous publierons demain =
i [ le premier article æ
E du reportage de JEAN BoTRor =
1 PLAISIRS DE PARIS I
■UIIIIHIIIIIIUlUUIIMllllUMIiUUIIIIIUIlUiiiUlIlUlllllUlltiîlU
M. BONY
inspecteur principal
à qui l'affaire Prince
a valu la notoriété
va-t-il être promu
commissaire
à la Sûreté nationale ?
Depuis que la police judiciaire —
c'est-à-dire la Sûreté parisienne —
s'est vu confier l'enquête relative à
la mort du conseiller Prince, une
sorte de mystère semblait planer sur
les faits et gestes de l'inspecteur
principal Bony, qui avait été chargé
de rechercher, pour le compte de la
Sûreté générale (aujourd'hui Sûreté
nationale), les assassins du malheu-
reux magistrat.
Aussi bien son rôle dans cette af-
faire, du strict point de vue pro-
fessionnel, paraît terminé, et le bi-
lan de son œuvre est facile à éta-
blir : sur les trois personnes qu'il
avait désignées comme étant les au-
teurs de l'assassinat, deux : Carbone
et Spirito, ont été mises en liberté
provisoire, ce qui, dans une affaire
de cette gravité équivaut, pratique-
ment, à un non lieu, et si la troisiè-
me, le baron de Lussats, est encore
sous les verrous,
c'est « pour autre
cause », comme
on dit au Palais.
Mais si l'ins-
pecteur Bony,
après ce résultat,
différemment ap-
précié, est rentré
dans l'ombre, s'il
a cessé d'occuper
le premier plan
de l'actualité,
n'en induisez pas
qu'il demeure
inactif.
Revenu rue des
Saussaies, l'ins-
pecteur Bony s'est
remis au travail.
Un travail inten-
sif, acharné. et
tout personnel, cette fois. Penché
sur des livres et des codes, l'inspec-
teur Bony se prépare à affronter un
jury.
jury. GEO LONDON.
(La suite en 2* page, 71 colonne)
Le Derby
de Chantilly
se court
cet après-midi
Si le temps favorise la réunion il y aura,
aujourd'hui, à Chantilly, du beau sport
hippique. Qui gagnera le Derby p. On
lira en 7' page nos pronostics. Voici trois
chevaux dont on vante beaucoup les
chances : Antiochus (en haut) et Le
Gosse (en bas) Au centre : un des der-
niers galops d'essais de Birmah.
Le tournoi mondial de voltige aérienne
On lira en 8' page, lre colonne, le compte rendit de la première journée du
championnat de-voltige aérienne, à Vincennes. Voici, un virage de l'as Fieseler,
et une descente en parachute.
¡
M. BÀRTHOU
dont l'action à Genève
a été approuvée
par le conseil de cabinet
ne participera pas
à l'entrevue de Venise
M. Louis Barthou, qui avait quitté
Genève immédiatement après l'adoption
du projet de résolution qui consacrait,
après deux semaines de discussions opi-
niâtres et quelquefois dramatiques, le
succès des idées françaises sur le dé-
sarmement, est rentré à Paris, hier ma-
tin, en compagnie de M. Piétri, ministre
de la marine ; de M. Eden, chef de la
délégation britannique ; du général Ga-
melin et de M. Basdevant, jurisconsulte
du Quai d'Orsay.
Après avqjr pris congé du ministre
anglais qui regagna Londres sans s'ar-
rêter, M. Louis Barthou se rendit d'aibord
à son domicile, puis au ministère des
affaires étrangères où il fit à ses collè-
gues, réunis en conseil de cabinet, le
récit des négociations qui ont abouti à
l'accord franoo-anglo-américain de ven-
dredi, ratifié par la quasi-unanimité de
la conférence du désarmement.
(La suite en - 4* page, 6* colonne)
Le diamant maléfique
ou comment Jenny Dolly
se voit condamner
a payer au fisc
onze millions et demi
Rien ne saurait attendrir le fisc.
Créancier morose il n'est point sensible
à la grâce, au charme et les plus 'beaux
sourires le laissent de glace.
La danseuse Jenny Dolly, qui fut une
reine de la 'scène et créa avec sa sœur
Rosie un numéro de « sisters » resté si
fameux qu'on l'imita depuis sans ver-
gogne, vient d'en faire la cruelle expé-
rience.
Dans l'austère enceinte de la treizième
chambre, l'artiste s'est vu condamner
hier à 3 jours de prison avec sursis —
— ce qui n'est pas terrible — et à une
amende de 11.466.285 francs — ce qui est
infiniment plus désagréable.
C'est là l'épilogue d'une histoire qui
déjà fit quelque bruit : En 1928, à Can-
nes, alors qu'elle régnait sur la Côte
d'Azur, Jenny Dolly, étoile alors com-
blée, acheta un diamant, une pierre
unique de 51 carats 78. Mal conseillée,
la danseuse voulut ruser et crut - 6
candeur — à la naïveté du fisc.
Elle déclara que le-bijou était destiné
à l'exportation, évita ainsi de payer la
itaxe de luxe —
450.000 francs — et
[expédia le bijou en
Angleterre.
Le diamant revint
-d'outre - Manche.
dans la poche de
gilet d'un secré-
taire complaisant :
deuxième délit, la
douane a son tour-,
était fraudée !
Il serait trop
long de dire ici
comment le fisc re-
trouva le trace du
diamant voyageur ;
qu'on sache' seule-
ment que, après
avoir épuisé tous
moyens dilatoires,
Jenny Dolly dut
hier entendre :
1° Qu'elle était
condamnée à trois jours de prison avec
sursis ; 2° Qu'elle devrait payer le prix
du bijou passé en fraude, ci 4 mil-
lions 583.886 francs ; 3° Et encore 4 mil-
lions 583.886 francs à titre d'amende ;
4° Et enfin 2.298.493 francs pour les dé-
cimes (sic).
Ceci pourrait être aussi bien une con-
clusion qu'une moralité. Il y a mieux
pourtant : cigale imprévoyante, Jenny
Dolly dut, voici quelque temps, vendre
à l'Hôtel Drouot tous ses bijoux. Et mal-
gré ses feux, sa limpidité, le diamant
maléfique ne c fit » que 1.600.000 francs.
ENFIN PARIS 1
Apris le chèque : le chic, - (DNal11 d'A"I faivrs.)
Journée d'élégance
au Polo
de Bagatelle
Une magnifique réunion
1
Journée d'élégance, avait-on annoncé hier au Polo de Bagatelle. On peut vcif
par les clichés ci-dessus et en lisant en 4' page, 3" colonne, le compte rendu
de MAURICE DE WALEFFE que le programme fut magnifiquement suivi.
Voici l'été
et les. vacances.
Le rôle de l'hôtellerie
ministère de l'hospitalité
Par le sénateur ANTOINE BORREL
(Lire l'article en 4" page.)
MON FILM
A la suite d'un récent article, j'ai
reçu de M. Métayer, député, maire de
Rouen, une lettre dont j'ai le devoir de
tenir compte en toute loyauté.
D'àprès un journal qui passe pour
être très bien informé, j'ai relaté l'in-
cident qui s'est produit, le jour des
Rameaux, au pied du monument élevé
à Rouen, par le Souvenir français,
aux morts de 1870-71 : comme le
maire de la capitale normande s'apprê-
tait à prendre la parole, les Croix de
feu se retirèrent silencieusement, et cela
parce que M. Métayer avait voté, par
trois fois, pendant la nuit historique du
6 au 7 février, pour M. Daladier, et
signé, par surcroît, une affiche où les
manifestants de la place de la Con-
corde étaient traités de. « factieux *.
La rectification de M. Métayer perte
sur ces points :
1° La manifestation des Croix de
feu n'a pas été silencieuse, puisque leur
chef a ordonné : « Demi-tour à droite,
en avant, marche ! »;
2° M. Métayer n'a pas porté plainte
contre le chef des Croix de feu pour
« outrages à un maire dans l'exercice
de ses fonctions » : les poursuites ont été
intentées d'office par le Parquet ; 1
3° M. Métayer a bien voté, le 6 fé-
vrier, pour le-gouvernement, mais sur la
limitation, puis sur le renvoi des dix-
huit interpellations relatives à la forma-
tion du ministère et, par conséquent,
antérieures aux événements de la nuit
tragique ;
4° L'affiche signée par * M. Métayer
et 223 de ses collègues contient ce
passage : « .des factieux essayant de
porter atteinte aux libertés démocrati-
ques. tous les partisans de la dictature
fasciste, toutes les forces antirépuyi-
caines ». Et le maire de Rouen ajoute
dans sa lettre : « Les anciens combat-
tants ne s'en sont pas plaints, loin de là.
Ils l'ont montré à Vichy et ailleurs. »
Autrement dit : il y a eu un ordre
verbal du chef des Croix de feu, mais
était-ce suffisant pour donner à la ma-
nifestation un caractère bruyant, scan-
daleux, intolérable ? L'action judiciaire
n'a pas été déclenchée par le maire de
Rouen, mais par la justice, et cependant
les magistrats du tribunal correctionnel
— mais il y a appel — ont acquitté
l'accusé de crime de lèse-majesté muni-
cipale. Pour le reste, compte tenu de
nuances que je ne distingue d'aiHeurs
pas très bien, je n'ai rien écrit — tou-
jours d'après notre confrère — qui ne
soit exact.
Et il y a toujours cette question à
laquelle la cour de Rouen va répondre
à son tour :
— Quand M. le maire va parler,
commet-on, en se retirant, le délit d'ou-
trage& à magistrat dans l'exercice de ses
fonctions ?
L'écharpe municipale a-t-elle quelque
chose de commun avec le chapeau de
Gessler, — que Gessler soit de gau-
che ou de droite ?
Mais ce rillii me paraît '.oucKanl' et
convaincant dans la lettre de Mi~Më~
tayer, c'est ce passage :
Nous étions, es dimanche-là, au pied
du monument élevé, il y a plus d'un de-
mi-siècls, aux morts de 1870-71 ; c'est
pour eux que Mercié a sculpté son Gloria
victis, pour eux qqe Victor Hugo a écrit:
La voix d'un peuple entier les berce en.
[leur tombeau.
Peut-être était-ce le moment de mon-
trer que l' « Union nationale > n'est pas
toujours un vain mot.
Non, elle ne doit pas être toujours
un vain mot. Surtout en ce moment. Et
le reste n'est que politicaille. - CLÉ-
MENT VAUTEL.
Le mariage de Mlle Claudel
Les jeunes époux à la sortie de l'églisd
(Lire notre dépêche en 3' p.; 4' coU.
EN 3" PAGE :
La reoonnaissance des Soviets par la
Petite-Entente, par SAINT-BRICE.
EN 41 PAGE :
Le gala de la Chanson militaire.
EN 5* PAGE :
LA VIE ORPHEONIQUE
EN 7* r'AGE :
L'affaire Prince.
La fillette repêchée dans le canal dè
l'Ourcq avait été tuée par son père.
EN 8' PAGE :
La vie sportive. *
.,.,
: EN 6* PAGE : 1
! LE théâtre i
Première Parisienne'
: Première Parisienne.. - !
: par COLETTE. S
S « Rêve de valse », S
! à la Porie-Saint-Alartin, !
: par Louis AUBERT. 1
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