Titre : Le Journal
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1903-03-25
Contributeur : Xau, Fernand (1852-1899). Directeur de publication
Contributeur : Letellier, Henri (1867-1960). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34473289x
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 25 mars 1903 25 mars 1903
Description : 1903/03/25 (A12,N3828). 1903/03/25 (A12,N3828).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG87 Collection numérique : BIPFPIG87
Description : Collection numérique : BIPFPIG13 Collection numérique : BIPFPIG13
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Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k7627567g
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-220
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 17/11/2014
4
-
LE JOURNAL
NOUVELLES DIVERSES
PARIS
Les instructions
Un non-lieu. — Le Journal a signalé l'ins-
truction ouverte par M. de Valles sur les es-
croqueries dont se serait rendu coupable un
agent d'affaires à l'égard de nombreuses per-
sonnes qui se trouvaient sous le coup de
poursuites judiciaires. Cette instruction avait
seulevé au Palais une certaine émotion, car
le bruit courait que plus d'un avocat pouvait
.s'y trouver impliqué. Elle vient de se termi-
ner. par un non-lieu.
Mère indigne. — Mme Marie D., demeu-
rant à Gentilly, inculpée de mauvais traite-
ments sur la personne de son fils, âgé de sept
ans, a été confrontée, hier, dans le cabinet de
M. de Valles avec plusieurs témoins. La
scène a été des plus émouvantes. Aux accu-
sations portées contre elle, Mme D. a répli-
qué avec une énergie extrême, reprochait
aux témoins de la charger ainsi dans un es-
prit de vengeance.
Abeile de blanc-seing. — M. Henry Maret,
député du Cher, vient de déposer une plainte
en abus de blanc-seing contre un de ses an-
ciens secrétaires, M. R. Cellui-ci, de concert
avec M. Maret, avait fondé un journal local,
l'Etincelle. Des difficultés s'élevèrent au su-,
jet des dépenses exigées par la publication
de cette feuille. M. R. produisit deux lettres
signées de M. Maret, où celui-ci reconnais-
sait lui devoir 4,500 francs.
Le député soutient aujourd'hui qu'il y a eu
abus de blanc-seing. M. Le Barazer, con-
seiller municipal choisi pour arbitre, ne put
mettre les deux hommes d'accord, et c'est
maintenant M. de Valles, qui est chargé de
suivre l'affaire. M. R. a confié le soin de ses
intérêts à Me Lagache.
Le crime de la rue de t'Ilôlel-d.e-ViLle. -
Augendre, inculpé de tentative d'assassinat
pur la. personne de Mme Levillain, rue de
9,'Hôtel-dë-Ville, a éte interrogé, hier, dans le
cabinet de M. Boucard, juge d'instruction.
, Il a invoqué un alibi qui sena vérifié.
Chez les Apaches. - M. Flory a confronté,
hier, Berthe Olivier, l'héroïne de l'agression
du boulevard Rochechouart, avec se» meur-
triers supposés « Son Pied » et Marie Siman-
nin. Les inculpés étaient assistés de leurs
défenseurs Mes Léon Bayle et Louis Schmoll.
L'affaire llumbert. — MI Clunet, défenseur
d'Emile Daurignac, a été averti officielle-
ment de la fin de non-recevoir opposée à la
demanda de mise en liberté provisoire for-
mulée par son client. M. Leydet rendra avant
la fin du mois son ordonnance de soit com-
muniqué.
En passant boulevard des Italiens, voir au
JlO 8 l'Exposition des nouveautés de la sai-
eon du tailleur Lejeune. Coutumes et pardes-
sus, en étoffes exclusives, depuis 80 francs.
Tué en descendant du train
U'a pénible accident s'est produit hier, à la
gaie de' Sceaux-Ceinture, sur la ligue d'Or-
léansi
Un vieillard de soixante-trois ans, M. Jean
Paumier, cultivateur, deniourant rue Bouci-
eaut, à Fontcnay-aux-Roses, prenait, vers
deux heures (J-e l'après-midi, en compagnie
tie -son petit-fils, âgé de dix-sspt mois, le
train, ù destination de Sceaus>Ceinture. Ar-
rivé à cette gare, M. Paumier s'attarda et ne
se mit en devoir de descendre de wagon, avec
Je bébé sur le bra.9, qu'au moment où le con-
yoi, qui s'était remis en marche, filait à une
ellure assez vive.
Précipité sous ,les roues du train, le mal-
heureux vieillard fut horriblement mutilé.
Holevê aussitôt, il. ne tarda pas à rendre Je
jtîernier soupir. Quant au bébé, un hasard-
providentiel fit qu'on le releva sans une égra-
tignure. j
r M.* Chevallier, commissaire de' police, a
fait reconduire le corps au domicile du' dé-
funt.
Bi-Mètal, 10, tue Halévy
Casseroue argent pur massif, 10 francs.
; , Le soldat de Marathon
; , Des agents dè service boulevard de Clichy
;Noyaient la nuit dernière passer à côté d'eux
un individu, paraissant âgé de vingt-cinq
ans, élégamment vêtu, qui courait il perdre
..haleine. - , •
Quelques minutes plus tard" Je môme in-
dividu les croisait de nouveau, soufflant et
(haletant. Croyant avoir affaire à un sports-
-man, qui s'entraînait à la. course, ils ne s'en
inquiétèrent pas autrement, bien que l'heure
lfcur parfit au moins singulière pour ce genre
, d'exercice. ,
Ils commentaient ce fait en riant, quand le
'nocturne coureur passa pour la troisième fois
à leurs côtés. Il paraissait exténué : une sorte
ques mètres et, soudain, s'affaisshans con-
Mtiaiseance sur la chaussée. -
: Les agents le relevèrent et le conduisirent
dans une pharmacie voisine, où il reprit ses
sens, puis au poste de police. ,
On 'l'interrogea, mais il ne voulut jamais
t dire qui il était.
1 - Je suis chrétien, répétait-il ! et je 'véux
fme tuer. Mais ma religion me défend de me
» donner la mort. Commp il faut que je meure,
* j'ai pensé à cet héroïque soldat qui, après.
;avoir couru toute une journée, -expira en An-
ponçant à Athénées la victoire de Marathon,
al voulu mourir comme lui..
fi comprit alors que l'on avait affaire à
r'un fou : on le coucha sur un lit de camp. Le
lendemain, un employé de commerce, M. Ar-
naud S., demeurant rue Brochant, se pré-
sentait au poste et signalait la disparition
de son. fils, qui s'était échappé dans le cou-
rant de la nu" it.
v - -tt-
- Le pauvre enfant, dit-il, est atteint de
la monomanie du suicide et il veut-absolu-
ment mourir comme un héros.
On rendit le jeune homme à son père, qui
promit de le surveiller plus étroitement en.
core. -
La fête de Vaugirard'
A la suite des faits scandaleux, qui se sont
déroulés avant-hier à la fête de Vaugirard,
dont le Journal a parlé dans son numéro
d'hier, M. Raynaud, commissaire de police
du quartier Neckcr, a fait, dans- le courafit
de la nuit dernière, une rafle sur les boule-
yards Pasteur et de Vaugirard.
Quarante individus ont été arrêtés : une
vingtaine ont été relâchés après vérification
de leur dornicile. Parmi ceux qui ont été en-
voyés au Dépôt se trouvaient un certain nom-
bre d'individus affiliés à la bande des Petits-
Cœurs.
Ce sont lesi nommés Giovannino Zanetto,
dit « Macaroni », dix-huit ans, tourneur sur
métaux ; Baptiste Molard, dix-huit ans, mail-
locheur ; Albert Beau, vingt-deux ans, pein-
tre ; Isaac Albin, dit la « Youpe », trente-sept
ans, sans profession ; Constantin Woefling,
dit l' Alboche», vingt-trois ans, tourneur;
Alfred Vanier, -dit la. « Gouape», irenio ans,
journalier ; Pablo Matléi, dit l' « Astèque »,
trente et un ans, sculpteur.
En outre, M. Raynaud a arrête dans un hô-
tel meublé de la rue BJomet, une jeune fem-
me de vingt-huit ans, Célestine Espéranti,
également tatouée d'un cœur sous le sein
gauche et qui avoua ingénument au magis-
trat qu'elle était la. maltresse de.,, toute la
bande des « Petits-Cœurs ».
Elle a pris aussi le chemin du Dépôt.
Importante communication
A signaler les succès inouïs remportés par
le merveilleux traitement du docteur Orhiny,
20, rue Richer, Paris, pour la. guérison radi-
cale de l'impuissance virile. Brochure expli-
cative franco sur demande. Consultations :
mardi, jeudi, samedi, de 4 heures à 6 heures.
Vengeance de souteneur
Une jeune femme de mœurs légères,Louise
Evendeline, vingt-six ans, demeurant rue
Montjol, lasse d'être battue par son amant,
Henri Pinson, qu:tta:t ce dernier, il y a quel-
ques mois.
La nuit dernière, elle suivait le boulevard
de la Villette, quand, vers onze heures, elle
vit subitement se dresser devant elle, Henri
Pinson. Louise Evendeline voulut prendre la
fuite, mais son ancien amant, la saisissant
par le poignet, lui cria :
— Tu vas revenir avec moi, où je te crève !
La malheureuse tenta de se dégager et ap-
pela à l'aide. 1
— Ah ! c'est comme ça que tu agis, s'écria
Pinson. Eh bien, tu ne. g. pas longtemps.
Et il se mit à la frapper à grands coupa
d'une canne plombée dont il était armé.Louise
Evendeline s'affaissa sur la chaussée, à demi
assommée, pendant que son agresseur pre-
nait la fuite.
Relevée quelques instants plus tard par
des agents, l'infortunée fut conduite à 1 hô-
pilai Saint-Louis. Son état est grave.
M. Amat, commissaire de police du Com-
bat, fait activement rechercher Pinson.
Exposition de mobiliers par milliers aux
Grands Magasins Dufayel. Bijouterie, horlo-
gerie, orfevrerie,eycles, voiture d'enfants,etc.
Les femmes s'en mêlent
Une vieille femme de soixante-six ans,
Mme Elodie Oranger, passait, hier soir, vers
onze heures, à l'angle du boulevard de Bel-
leville et de la rue des Couronnes, quand elle
fut assaillie par une femme galante, Marthe
Poulain.
Avant que la pauvre vieille-ait eu le temps
de parer l'attaque, Marthe Poulain la frappa
de deux coups de couteau au bras gauche.
M. Girard, commissaire de police du quar-
tier de Belleville, a fait transporter la bles-
sée à l'hôpital Saint-Antoine et envoyé l'hé-
taïre-meurtrière au Dépôt..
— Mme Elisabeth Chevalier, vingt-sept ans,
demeurant rue de la Marine, à Neuilly, ren-
trait chez elle, hier, dans Ja soirée, lorsqu'une
femme se précipita sur elle et la frappa vio-
lemment avec une bouteilla qu'elle sortit d'un
panier. -
Mmo Chevalier tomba à terre, perdant son
'sang par d'horribles blessures à la figurè;
on craint même que l'œil gauche ne soit
perdu
M. Lefort, commissaire de police, a ouvert
une enquête et recherche activement l'auteur
de cette lâche agression.
En ce moment grande exposition des nou-
veautés de la snison, chez MM. Roquencourt
et Desprin, tailleurs, 23-25, bd Malesherbes,
dont la renommée est due non seulement à
l'innovation des vêtements à « Devants in.
cassables », mais encore à la coupe irrépro-
chable dont seuls ils ont le secret Premiers
coupeurs eux-mêmes, ils apportent l'appoint
de leur art et produisant des chefs-d'œuvre
d'élégance qui placent leur maison au pre-
mier rang. Comp. 80-100. Pard. 55-70. Comp.
hah. red. 110.
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Les maladies chroniques telles que le rhu-
matisme articulaire, la goutte, l'arthritisme,
les paralysies hémiplégies, suites de conges-
tians, l'atrophie musculaire progressive,
l'ataxie locomotrice, -la neurasthénie, les né-
vroses en général, sont les affections que
l'Institut Electrothérapique, 41, rue Bréda,
traite et guérit couramment. Les consulta-
tions ont lieu tous les jours, de 2 h. à 5 h. On
peut traiter par correspondance, en écrivant
à la môme adresse. ,
NOTRE FIVE 0CL0CK
Le Journal a donné hier une primeur d'im-
portance exceptionnelle, Joies et Douleurs,
d'Arthur Coquard, que Mme Adiny a chan-
tées avec un talent et une puissance drama-
tique ( qui ont excité l'enthosiasme du pu-
blic. C'est un cycle de 7 lieder, allant de la
tristesse à la joie, do l'amour au désespoir le
plus tragique. L'auteur de la Jacquerie et de
la Troupe Jolicœur n'a rien écrit de plus
poignant. Mme Adiny a su y montrer, sous
les aspects les plus variés, son admirable
talent de chanteuse et de tragédienne.
Auparavant, on avait entendu deux excel-
lents artistes : un ténor au bel organe chau-
dement timbré, M. Vernet, qui interpréta
avec plein sentiment et grand style l'air de
Y Africaine et oeluid'Ilérodiade, et Mlle Ber-
the de Crozant, chanteuse de voix charmante
et de diction très aisée, qui, avec l'air du
Mage-et la mélodie Comme la nuit, de Cari
Bohm, sut beaucoup plaire à nos invita. -
La note fut donnée par le chansonnier
mondain Gaston Secrétan, qui, selon son
habitude, a remporté le plus grand succès
avec ses chansons, Histoire naïve, Mémoires
d'un piano Gaveau. si applaudies dans les
nombreux salons où ce jeune auteur est ré-
puté l'indispensable des soirées.
Et William Burtey, qui nous a donné cette
année, d'abord ses Soixante ans de théâtre,
puis l'originale saynète Adèle ou: la cruelle
incertitude (triomphe de Marthe Richard), a
pleinement réussi avec sa revue la Princesse
nouvelle, nouvelle en effet, car cette fantaisie
n'est pas l'habituelle revuette qui n'a que
l'actualité pour suprême ressource. C'est
une charmante piécette qui, certes, pourrait
se passer du fait-divers banal ou de l'événe-
ment politique du jour ; car les amours de
Mirmidon, cuisinier de l'Elysée, et de la
jeune Fleur des Pois, fraîche éclose dans les
jardins gouvernementaux, intéressent et
amusent. La. jolie Marthe Richard, en sa
délicieuse toilette, joue le rôle délicat de
Fleur des Pois de curieuse façon, en ingénue
bien désolée de l'être, détaille à ravir le cou-
plet et danse ie cake walk comme Cake Walk
lui-même. Quant à William Burtey, l'auteur
de cette originale revue, son éloge n'est plus
à faire, et l'on ne sait qui l'on doit louer da-
vantage de Burtey auteur ou de Burtey co-
médien. Grand succès pour les deux artistes.
Mlles Germain et Angèle de Crozant, MM.
Ardaillon et H. Blanc-Lachau tinrent le piano
Gaveau avec parfait talent
Chronique des Mbasm
Epilogue d'un ineldent
On se souvient qu'il y a quelques jours, à
la sortie de la dixième chambre du tribunal
correctionnel, une vive altercation se pro-
duisit entre M. Lemarquis, l'administrateur
judiciaire bien connu, et M° Charles Ma.
thiot, le distingué avocat du ministère des-
postes, et l'un des plus anciens secrétaires
de Me Waldeck-Rousseau.
Au lieu d'envoyer ses témoins à M" Ma-
thiot, l'administrateur judiciaire préféra dé-
poser une plainte devant le Conseil de l'Or-
dre qui, dans sa séance hebdomadaire
d'hier mardi, a statué disciplinairement.
Après une longue discussion, au cours de
laquelle l'avocat cité a été entendu, le Con-
seil de l'Ordre, présidé par M. le bâtonnier
Albert Danet, a rendu un arrêté prononçant
contre Me Charles Mathiot, la peine la plus
minime : celle de l'avertissement.
Le bienfaiteur des géants
On n'a pas oublié le legs fantaisiste de
M. de Saint-Ouen de Pierrecourt, ce million-
naire original qui légua une somme de dix
millions à la ville de Rouen, à charge par
celle-ci 'de fonder un prix annuel de cent
mille francs, destiné à régénérer l'espèce hu-
maine par l'accouplement de géants choisis
au concours.
Par une singulière ironie, le testateur est
mort célibataire endurci. Mais. il avait une
amie, Mlle Suzanne Bichsel, qui — le dé-
vouement n'est-il pas toujours récompensé ?
— se voyait gratifier dans le testament, d'un
legs de cinq millions.
Héritiers légitimes et ville de Rouen, sa
liguèrent contre Mlle Bichsel et lui disputè-
rent son legs. Un testament important ne
donne-t-il pas toujours lieu à des difficultés
d'interprétation ?
Mais la première chambre de la Cour,
après les plaidoiries de Me- Albert Menue;
Marais et de Bigault du Granrut, confir-
mant un jugement de première instance, a
donné, hier, gain de cause à l'amie de M.
de Pierrecourt.
Mlle Bichsel, tout de noir habillée,a écouté,
la figure rayonnante, l'arrêt qui lui accor-
dait définitivement le cadeau de cinq mil-
lions.
Peut-on habiter Château-Thierry ?
Dans un arrêt longuement motivé, qu'elle
vient de rendre, la première chambre de la
Cour d'appel d'Amiens, a refusé de reconnaî-
tre comme valable .le changement de domi-
cile fait par un mari en instance de divorce,
afin d'aller se faire juger, à Chàteau-Tbier-
ry, par le président Magnaud.
La Cour a estimé que ce changement,
quoique parfaitement régulier dans la forme,
était fictif au fond.
Cet arrêt, qui accentue le conflit existant
déjà entre le président de Château-Thierry
et les magistrats d'Amiens, a été rendu sur j
les concLusions conformesr de M. l'avocat gé-
néral Pironneau, et après plaidoiries de M*
Charles Azard, du barreau de Paris, et de
Me Aubey, du barreau d'Amiens.
Moralité: On ne peut pa.s. toujours ha-
biter Château-Thierry.
Monvi'lles judiciaires
Enlève-moi, Ma roi le,
Enlève-moi
En automobile
Marelle
Marcile
En automobile -
Marcile, enlève-moi,
L'automobile à douze chevaux, qui proté-
gea naguère, dans les circonstances que l'on
sait, la fuite des deux amoureux unis, au.
jourd'hui, par le mariage, faisait, hier, l'ob-
jet d'un débat, à la deuxième chambre de la
Cour d'appel.
La difficulté portait sur la question du
paiement de la voiture.
Un des avocats de la cause, Me Charles
Viraut, nous a œvélé que le prix de cette
auto, désormais. historique, avait été fixé
à la somma de 30,000 francs.
Egger était caviste à l'hôtel du Rhin,
place Vendôme. Au cours d'une querelle
%vec un individu nommé Bonvin, il porta à
son adversaire un terrible coup de couteau
dans Ja région de l'oreille et du cou. Bonvin
eut Tarière carotide, la veine jugulaire et le
nerf facial nettement tranchés.
Cependant, il n'en mourut pas: même, il
comparaissait, hier, comme témoin, à la on-
zième chambre, assez bien rétabli. Une opé-
ration fort habile parvint à lier les- tronçons
des vaisseaux intéressés.
Egger, habilement défendu par M* Blon-
dont, a été condamné à deux ans de prison
avec bénéfice de la loi Bérenger.
Il y a quelque temps, une demoiselle Su-
zanne Regnault, était victime d'un accident
de voiture, et les conséquences de cet acci-
dent étaient. la perte de l'odorat, qui porte
le nom scientifique d'anosmie.
Mlle Suzanne Regnault., actionnait, hier,
en dommages-intérêts, la compagnie des
petites voitures, devant la sixième chambre
du tribunal civil.
Le tribunal a accordé à la demanderesse
1,800 francs de dommages-intérêts, tout en
réservant ses droits dans le cas où l'anos-
mie persisterait.
Marré aux Delavigne,
C^ UTR ébos £sîi
f mi—-TTruiïmrrinr*
CNCX#-Ica
CONTIENT LES PHOSPHATES DU BLÉ £tfVi£A
BULLETIN FINANCIER
Voilà de nouveau, sur le tapis, la question de
la situation; monétaire. La baisse des Consolidés
anglais, les dispositions peu satisfaisantes du
marché de New-York, sont motivées par la crain-
te d'un resserrement de l'argent. Comme consé-
quence, nous avons à enregistrer des cours géné-
ralement lourds et même faibles sur quelques.
valeurs.
Cette mauvaise attitude des marchés de Lon-
dres et de New-York a pour premier résultat
d'alourdir les valeurs de cuivre, en tête le Rio,
qui ne perd pas moins de 23 fr. à 1,310.
Elle impressionne également le marché de nos
Rentes. Le 3 s'alourdit à 99 05. La plupart des
fonds étrangers, sauf pourtant le 3 Portugais
à 31 92, sont empreints également d'une certaine
lourdeur. Il n'y a pas jusqu'aux séries ottoma-
nes qui ne cèdent un peu à l'alourdissement gé-
néral.
Sociétés de crédit, Chemins français et espa-
gnols, dans leurs prix de la veille ou très légè-
rement au-dessous.
Tel est aussi le cas de la plupart des valeurs
industrielles ou de traction. Parmi ces dernières,
cependant, quelques-unes, comme le Malfidano,
le Suez et la Sosnowica, sont l'objet d'une dé-
pression assez sensible.
Valeurs sud-africaines plus lourdes, sur des
ventes de Londres, où, à l'approche de la liqui-
dation, se manifestent des appréhensions à pro-
pos du lover de l'argent. — Fermeté de l'action
Mines de fer de Fillols à 236 50, de la Colombian
India Rubber aux environs de 50 francs ; de l'Ivo-
rv Coast Consolidated Goltlfields à 38 fr., et de la
Kokumbo, à 37 francs.
Jacques Finance.
Informations financières
The Eerste Fabricken Hathvrley Dlstellerg L'.
- Un accord préalable étant intervenu avec le
gouvernement, au sujet d'une indemnité en com-
Eensation du retrait de la concession, l'assem-
blée convoquée, pour le 1" mai, à Prétoria, aura
à le ratifier. Les actionnaires ont donc le plus
grand intérêt à se faire représenter à cette as-
semblée, en nombre suffisant, car tout retard
apporté à cette ratification pourrait avoir de fâ-
cheuses conséquences. - Déposer, le plus tôt
possible, titres et pouvoirs, 20, rue Taitbout, à
la ompagnie Française de Mines d'or et de l'Afrir.
que du Sud.
L'assemblée de la Banque Suisse et Française
aura lieu le 9 avril. Le dividende proposé sera de
20 francs.
Kokumbo. — Aux personnes qui ont demandé
pour quelles raisons cette Compagnie, exploi-
tant des concessions minières dans une colonie
française, avait été constituée sous la forme an-
glaise, la Compagnie répond qu'elle a choisi la
forme anglaise pour ouvrir à ses titres les deux
marches de Paris et de Londres, et pour pou-
voir créer des actions de 25 francs, c'est-à-dire du
type consacré par l'usage.
— On sait que le Crédit Mobilier français et le
Crédit Foncier et Agricole d'Algérie vont procé-
der, les 30 et 31 courant, à l'émission de 15,000
obligations 3 1/2 des Messageries maritimes.
Les garanties offertes par cette puissante et
ancienne Compagnie sont de celles qu'on ne
discute même pas. Reste donc uniquement à re-
chercher si le prix d'émission (427,50) est avanta-
geux. Or, pour un revenu annuel de J.7 50, ce
prix fait ressortir un revenu de près de 4 %,
plus une- prime de remboursement Tie 72 50.
Ce sont dès conditions qu'on ne rencontre plus
guère aujourd'hui pour des valeurs de ce rang.
Aussi n'est-il pas douteux que le public répon-
dra avec empressement à l'appel qui lui est
adressé-
1. — Une bonne valeur, entourée de garanties im-
portantes et rapportant plus de 6 %, c'est l'obli-
gation 5 du Chemin de fer Victoria., à Minas,
émise seulement à 365 fr. pour une valeur nomi-
nale de 500 fr., et qui a été cotée hier à 375.
Ces obligations ne se traitent qu'au comptant.
Il n'y a donc pas lieu de demander à un établis-
sement de crédit d'en faire le report, comme cela
a été annonce par erreur par une agence d'in-
formation.
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LES INCENDIES D'HIER
Rues Rambuteau et Saint-Martin* -
Deux maisons en flammes. - Le
sauvetage. — Un pompier
blessé.
Un incendie des plus violents s'est déclaré, hier
matin. rue Rambuteau, 21.
Au deuxième étage, se trouvent les ateliers de
MM. S. Barbasch et J. Landsberg, fabricants de
casquettes. - - --
Il était environ midi, les employés de MM.
Barbasck étaient partis déjeuner, lorsque des lo-
cataires, situés en face l'atelier, virent d'épaisses
fumées noires sortir des fenêtres envouvertes.
Aussitôt ils donnèrent l'alarme.
Le feu avait pris naissance dans une petite
pièce dite CI la salle de bichonnage ».
Un fourneau à gaz, laissé allumé par nié-
garde, avait enflammé un morceau d'étoffe, et
bientôt tout l'atelier était en flammes. Les vitres
volèrent en éclats, livrant passage à des colon-
nes de feu et mettant en émoi tous les locataires
de la maison, qui se précipitèrent dans la rue.
Mais les pompiers de la caserne de la rue de
Sévigné arrivaient avec « un départ ». Cinq puis-
santes lances furent mises en batterie, et au bout
d'une demi-heure environ on était maître du feu.
Pendant qu'on combattait avec énergie le fléau,
des gardiens de la paix et des pompiers descen-
dirent ii bras, du sixième étage, trois vieillards
qui avaient subi un commencement d'asphyxie.
C'étaient deux septuagénaires, M. et Mme Aimé
Driancourt, et une octogénaire, Mme Augustine
Quetier. On les transporta, dans une pharmacie,
où ils ne tardèrent pas à reprendre connaissances
Les dégâts matériels sont très importants : ils
s'évaluent à environ 50,000 francs. Outre MM.
Barbasch et Landsberg, un des locataires du troi-
sième étage, M. Vissepot, fabricant d'articles
pour confiseurs, a eu fortement à souffrir du feu.
Une grande partie de sa marchandise a été déter-
riorée.
MM. Lépin-e, préfet de police, et Picot, commis-
saire de police du quartier Saint-Merri, étaient
présents et dirigeaient le service d'ordre.
— Vers une heure de l'après-midi, un incendie
s'est déclaré, 241, rue Saint-Martin, dans les ma-
gasins de M. Mencioni, fabricant de chapeaux
de paille, situés au premier étage.
L'incendie s'est rapidement propagé, envahis-
sant successivement les étages supérieurs, occu-
pés par M. Alexandre Decroix, Lebas et fils, re-
présentants de commerce.
Après une heure de travail, les pompiers de
la caserne du Château-d'Eau se sont rendus maî-
tres du feu.
Au cours des opérations, le sapeur Jean Bar-
the, 24 ans, a été blessé à la main droite.
Les dégâts, non encore évalués, sont considé-
rables ; surtout chez M. Mencioni, qui n'était pas
assuré.
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Théâtres et Concerts
A la Renaissance :
M. Lucien Guitry ayant été, hier, à la suite de
la répétition, pris d'une extinction de Voix pres-
que complète, se voit, à son grand regret, obligé
de remettre à vendredi soir la répétition géné-
rale de Crainquebille et de Clarisse Arbois, et prie
ses invités de vouloir bien l'excuser.
Donc, vendredi soir, irrévocablement, répéti-
tion générale, et, samedi, première représentaSon
du nouveau spectacle de la Renaissance.
A l'Odéon : -
M. Ginisty, profitant du gros succès de La Ra-
bouilleuse, prépare a.vec soin son prochain samedi
littéraire, qui comporte, ainsi que nous l'avions
littéraire, Le Vol de l'Eléphant Blanc, de MM. Max
et Alex Fischer d'après Mark Twain. L'action se
déroule, tout entière, dans le bureau du « chief
inspecter » de la Sûreté, à New-York.
Salle des fêtes du Journal :
Lundi prochain, 30 mars, le Jeune maître bré-
silien, M. Carlos de Mesquita, donnera une grande
soirée musicale pour l'audition de ses œuvres.
Mlles Suzanne et Blanche Mante, de l'Opéra,
danseront un baJllet-régenée, accompagnées au
clavecin par fauteur, Mme Camille du Gast,
dont le merveilleux talent de pianiste est si ap-
précié. jouera à deux pianos avec M. C. de Mes-
quita; Mme Veyron-Lacroix, Miles Irène Peters,
J. Chapart et M. Dufriche interpréteront aussi de
ses œuvres.
On peut se procurer des billets au Journal et
à la maison Lemoine, 17, rue Pigalle.
— Le concert dormé,. la semaine passée, par les
compositeurs Albert Landry et Henri Brêsles a
été des plus réussis. L'assistance nombreuse a
vivement acclamé les charmantes interprètes,
Mmes de Mirmont, de Rysoor et Lina Noël, ainsi
que le fin chanteur Gabriel Baron, le talentueux
violoniste Albarto Bachmann et l'humoristique
Georges Launay. M. Janvier Piétraperiosa fils a
fait exécuter à ses élèves mandedinistes des mor-
ceaux, transcrits par lui, des deux compositeurs.
Parmi les œuvres remarquées
De M. Henri Bresles, citons : La Mort du Poète ;
Villanelle ; Marquise, vous êtes bergère des chanr
sons de Trianon; Rondel et Fête hongroise.
De M. Albert Landry : Jeunesse; Au Jardin dé
mon Coeur; Le Ciel fait pleuvoir des baisers;
Fiançailles et Griserie de baisers.
Les auteurs ont tenu les pianos Gaveau, dont ils
ont fait ressortir les belles qualités.
Au ThéâtrenSarah-Bamhardt, ce soir et ven-
dredi, deux dernières représentations de Wer-
ther, avec Mme Sarah Beûmhardt dans te rôde
de Werther.
Demain jeudi et samedi, deux dernières repré-
sentations dè La Dame eux camélias, avec Mme
Sarah Bernhardt dans le rôle de Marguerite Gau-
tier.
C'est dimanche prochain que commenceront,
au Théâtre-Sarah-Bernhardt, les représentations
populaires de-Théroigne de MériCOUrl. Mlle Renée
Pamy, qui a déjà joué avec tant de succès Mar-
guerite Gautier, dans les représentations popu-
laires de la Dame aux camélias, jouera le rôle de
Théroigne, aux représentations populaires de
l'œunH de M. Paul Hervieu.
La remarquable mise en scène sera, bien en-
tendu. la même qu'à la création, ainsi que l'inter^
préfcatfon» avec MM. Schutz, Gerval, Chameroy,
Denebourg, Céalis, Lemarchand, Chevalet, Mmea
Méa,, Grandet, Marcya, etc.
L'Ambigu vient de régler ainsi son travail pom*
la semaine prochaine :
Dimanche 29 mars, dernière matinée des Der-
nières Cartouches ; le soir, 'lundi et mardi, 100»,
101e, 102eet. dernières représentations des Derniè-
res Cartouches.
Lundi, dans la journée, répétition d'ensemble
du Roman de Françoise, pièce nouvelle, en deux
parties et sept tableaux, de M. Louis Leloir. Mar-
di, répétition générale pour la presse, à deux,
heures précises, et mercredi, 1er avril, à huit heu-
res et, demie, première représentation du Roman
de Françoise. -,_.
A îa Gaîté : -
MM. Isola viennent d'engager Mme Marié Marl
gnier, pour jouer, dans Giroflé-Girofla, le rôda
,d'Aurore, qui fut créé par Alphonsine et repria
par Mme Desclauzas.
A l'Athénée :
;NI. Leubas, dont on se rappelle les nombreUBell
Créations, entre autres celle de La Robe rouge.
revient d'une brillante saison en Egypte, où il eut
un tel succès que M. Deval vient de l'engager
pour cinq années, à de très brillantes conditions.,
M. Leuba.s débutera, sur la scène de l'Athénée,
dans la première pièce qui succédera à L'Enfant,
du Miracle, c'est-à-dire dans bien longtemps, à.
en juger par les brillantes recettes de la désopi-i
lante comédie-bouffe de MM. Gavault et CharvayJ
Parsifal, en Amérique :
En apprenant que M. Conried, le nouveau dJk
recteur du Metropolitan Opéra, de New-York, sa
disposait à faire représenter Parsifal, malgré lai
volonté expresse de Wagner et de ses héritiers-
Mme Co-sima Wagner s'est montrée très irritée ;i
elle est décidée à saisir immédiatement les tribu-,
naux américains, dans l'espoir qu'ils empêcher
ront M. Conried de mettre son projet à exécutions
Georges Pallcot, le savant compositeur, af
donné, avant-hier, salle des Agriculteurs, la pre-
mière audition de sa tragédie lyrique, La VenJ
delta, en quatre actes, livret de MM. H. Berbardl
et Martin. interprétation de premier ordre, aveq
MUes B. Soyer, de l'Opéra, et Dodge. i
La facture orchestrale de cette œuvre grandioses
est de la dernière école, poussée aux extrêmes li-r
mites de la hardiesse, dans l'emploi des dissoi
nances, et iifallait le talent solide de Mlle Mar- I
guerite Nosn^x l'élève favorite de E. Dejaborde,
pour pouvoir exécuter au piano cette partition
hérissée de difficultés ; aussi la jeune virtuose
a-t-elle été acclamée frénétiquement par un pu- ]
blic d'élite. Une ovation triomphale a été faite
Georges Palicot..
Bataille de Dames, l'une des meilleures cotfnéH
dies de Scribe et Legouvé, sera représentée, jeudJ
prochain, en matinée, au Jardin d'Acclima.tat.i.Après le grand succès a Adrienne Lecouvreufi
(lSitl), Bataille de Dames (1851) fut un triomphe?
et ce
(1S-49), délicieux ouvrage a'-a pouf ainsi dire jamais*
quitté le répertoire de la Comédie-Française..
Bataille de Dames sera jouée au Jardin d'Accli,
matation, par MM. Brizard, Handre, MofrreauxJ
et Mmes L. Priver et M. Delvllle. ;
On commencera à deux heures et demie préci4
ses, par Rival pour rire, comédie en un acte, de
M. Grenet-Dancourt.
— M. Jacques Isnardon, l'excellent professeur
du Conservatoire, donnera, samedi, 28 mars, à
h. 1/2, à la salle Erard, une soirée musicale
pour 1l/'a2, udition des élèves de son cours privée
avec le concours de Mlle Odette Duïac et de MJ
Chepfer. La. soirée débutem par une causerie de
M. Isnardon.
— Jeudi 26 mars, à la. salle de la Société d&
Géographie, une pianiste de grand talent, Mlles
Onia * arga, l'une des plus remarquables élèves
sorties du Conservatoire de Barcelone, se fera
entendre dans un Récital. La jeune artiste inter*
prètera Prélude et Fugue, ae Bach ; Sonate apd
passionata, de Beethoven; Rondo en ré, de We«
ber ; Romances en mi et en ré, de Mendelssohn;
Scherzo du Songe d'une Nuit d'Eté, Ballade eu
sol mineur et Nocturne en sol, de Chopin; Ca-
price, de Scarlatti, et la 128 Rapsodie de Liszt. Ca
programme très varié permettra d'apprécier les
qualités d'Onia Farga, dont la réputation en Es-
pagne est des mieux établies et qui veut se faiM
entendre partout en Europe.
— Il y a un an, le 27 exactement, que M. Aimé
Ducrocq a fondé le théâtre Rabelais. La. coquette
bonbonnière du boulevard de Clichy, condamnéEt'
par les mauvaises langues à une existence éphé-
mère, lors de son ouverture, a connu de suite des
soirées triomphales et conquis de jour en jour une
vogue toujours plus grande. Tous les genres dai
pièces en un acte se sont succédé avec une heu-
reuse fortune, et certaines d entre elles ont dou-
blé le cap de la deux-centième, classant parmi
nos plus adroits et nos plus féconds auteurs la
jeune et actif directeur du Rabelais, dont les ef-
forts vont se continuer par un renouvellement
d'affiche et des engagements tout à fait serisation,
nels. Pendant quelques soirs encore, succès de
uArt d'aimer, de Joum et Nanctte et de la JOUf\.
née d'une Demi-Mondaine
— La direction de Parisiana pousse activement
les répétitions de Le Record de Benzinette, la pièca
de M. Zamacoïs, pour laquelle Mlle Lanthenay,
des Variétés, et Mme Marthe Alex, du Gymnase,
ont été spécialement engagées. Le prochain spec-
tacle se corsera d'une attraction véritablement
sensationnelle et qui fera courir tout Paris, cari
Parisiana présentera à son public un Looping the
Loop tout à fait nouveau et merveilleux, exécuta
par un cycleman extraordinaire, qui vient d'otb
tenir à Londres le plus colossaJ. succès.
- Ce soir, au théâtre du Grand-Guignol : La
Mineure, de Jean Jullien ; Pour la République, da
M. E. de Bassan ; Le Vernis, de MM. de Lagarde
et André Royer; Pendant l'Orage, de MM. inaf
lasso et Quillardet.
- Au théâtre Trianon :
Maigre son titre, il est bon de dire que Le Co-
chon n'est nullemènt une pièce pornographique ;
émaillée de scènes drôles, cette comédie-bouffe
amuse par son esprit bon enfant; elle est, du
reste, fort bien jouée par les artistes. Le spec-
tacle commence par une « satire », divertissement
d'Emile Codey, L'Ecole du Journalisme, un trèa
attrayant petit acte. -
— Le Moulin-Rouge ayant engagé, à un prix
fantastique, le numéro sensationnel qui fait cou-
rir tout Berlin en ce moment, Circling the Circlm
— le cercle de la mort — immédiatement, un éta-
blissement concurrent s'empresse de présenter aut
public une copie de ce numéro inimitable. En ef-
fet, les « Noisett », créateurs du Ciroling. exécu-
tent, dans leurs exercices périlleux, un tour fan-
tactique, qu'il est impossible de faire ailleurs
t FEUILLETON DU 25 MARS
i -91 - -
, -
11 mil»
PREMIÈRE PARTIE ,
", xui (SuUe)
- Je viens te demander ton avis, dit le
.'vieux commerçant, car, bien que tu te sois
désintéressé de mes affaires, je. ne veux-
riien entreprendre sans connaître les objec-
tions qUe tu croirais devoir présenter sur
imes projets.- -
— Je vous écoute, mon père, fit le' jeune
Jbo,mme; se adressant.
— Voilà ! J'ai vu -avant-hier Chapmann
jiii m'a proposé de, s'associer avec moi, mal-
gré le coup que les escroqueries de cette
^maille de Leblanc: lui. ont porté. Lorsque,
,'fJ;;ms plusieurs années, * nous aurons rega-
gné tout, ou du moiQs en grande partie, l'ar-
S^pnt disparu, je lui céderai ma part d'asso-
cié, et je roé retirerai. J'aurai fait fortune
:un peu plus tard, voilà tout,
— Je trouve cette proposition très accep-
table, et j'y souacns des deux mains. J'a-
joute, mon père, que je suis décidé à vou's
seconder sérieusement ; je reprendrai plus
tard mes idées de comédies et de drames ;
quant ii présent, je me dois en entier à no-
Qve maison, et surtout à vous, mon père, qui
.avez droit à quelque repos. Leblanc n'aura,
-du moins, que retardé votre retraite, comme
il n'aura que retardé mes débuts aux théâ-
tre. Notre travail commun réparera le tort
qu'i.1-vous a fait.
Et Marchand fils, s'efforçant de sourire,
embrassa son père.
Que lui importait, pourtant, la fortune de
eon père ? que lui importait la gloire, s'il de-
vait perdre à jamais la frêle enfant qui
l avait si bién pris corps et âme ?
Il fut convenu que le contrat d'associa-
tion serait étudié et sourate à M. Chap-
mann le plus tôt possible, j
— Dans la situation d'esprit où je suis,
pensa Marchand fils, il me faut une vie des
plus actives ; il ne me vaudrait rien de les-
- ter des journées entières devant un cahier
de papier blanc, .où ma' plume se refuserait
à obéir à la moindre idée. Non, j'ai besoin
de besogne obligatoire, matérielle et facile.
Et puis, advienne que pourra. ! :
-Mais, dès que son père se fut retiré, il re-
tomba inerte sur-le canapé. Le mélancolique
visage de 'la jeune fille lui apparut ; l'acuité
de la vision fut telle qu'il tendit les bras en,
avant dans un geste de prière. -Décevante
hallucination 1 Le jour diminuait et, dans
râtelier envahi par les ombrer du crépus-
cule, soudain pleurèrent- les sanglots de ce
grand enfant, qui, la tête dans les coussins,
se tordait de désespoir et d'amour.
XIV
Dans 'un bruit de plaques tournantes, de
coups de sifflet, de jets de vapeur, le train
s'arrêta.
,.- Nous sommes arrivés, cria Froquart à
Mme Maniaque et à sa fille qui, profondément
endormies, avaient perdu la notion des cho-
ses, nous sommes arrivés, allons ! oust ! de-
bout !.
Durant tout la trajet de la gare Montpar-
nasse à Granviile, l'ex-inspecteur, sous son
déguisement peu séduisant, n'avait pas des-
serré les dents, au grand regret de la domp-
teuse, qui eût de beaucoup préféré, comme
compagnon de route, le jeune homme à la
moustache blonde.
— Quand on est si charmant, pensa-t-elle,
'est-H possible d'avoir un frère semblable !.
A deux reprises, elle avait tenté de lier
conversation. Elle y avait renoncé en pré-
sence du mauvais vouloir de son interlocu-
teur. La première fois, lui ayant demandé
s'il aimait des voyages, l'homme avait ré-
pondu par un long grognement ; Ja seconde
rois, une heure après environ, Mme Marlo-
que lui 'avait offert une aile de poulet ; <=.t
ç'avait été un nouveau grognement, accom-
pagné d'un geste de refus.
— Décidément, nous n'en tirerons rien,
s'était-elle dit.
Quant à la jeune fille, tout ahurie de cette
attitude, elle gardait un profond silence.
Après avoir mangé sana parler, les deux
femmes avaient fini par s'endoimir.
— Oust! debout 1 cria de nouveau Fro-
quart, nous sommes arrives !
Et, joignant d'acte à la parole, il saisit les
voyageuses par les bras et les secoua vi-
goureusement. La jeune fille poussa un cri
de .terreur, les yeux écarquillés.
— Attendez qu'on vous assassine pour
beugler de la sorte, fit Froquart, bourra.
La dompteuse avait sauté sur les valises,
qu'elle rebouclait à la hâte.
— Où'sommes-nous? demanda-t-elle.
— Noua sommes arrivés, répéta le bossu.
— J'entends bien. Mais où ?
En effet, à la gare Montparnasse, c'était
Froquart qui avait pris les billets, et il les
avait gardés ; aussi Mme Marloque et sa
fille ne s'étaient pas rendu compte de renr
droit où les conduisait leur guide, qu'elles
avaient suivi docilement, sans oser lui poser
la moindre question. Le bossu ne se donna
pas la peine de répondreentralnant les deux
femmes dans la cour de la gare. Claudine,
près de l'automobile, attendait.
Froquart s'approcha de ea maîtres e et,
sans se laisser reconnaîtra lui remit un pli
cacheté.
— De la part de M. Froquart, murmura-
toi, contrefaisant sa voix.
La jeune femme ouvrit la lettre ; à la lueur
des lanternes de la voiture, elle lut les mots
suivants :
« Paris, 7 février, 8 h. 30 soir.
» Ma chère Cloclo, au moment de partir,
un ordre de service nécessite ma présence
à Paris ; en conséquence, j'ai prié un de mes
amis de vouloir bien conduire jusqu'auprès
de M. Lécuyer les deux femmes qui raccom-
pagnent. J'ai besoin de toi dès demain matin
pour une affaire très importante. Prends le
train qui quitte Granville demain soir et des-
cends à Paris, à l'hôtel Lavenu, sous le nom
de Mime Muller. Je t'y rejoindrai dans la
matinée. L'ami qui te remet ce mot sait di-
riger une automobile, tu peux donc sans
crainte lui confier la voiture. Je t'attends,
plus amoureux que jamais. Ton Mimile. »
Claudine relut ce billet au moins trois fois.
De temps à autre, elle considérait l'homme à
l'épaule plus haute que l'autre qui venait de
le lui remettre, ainsi que les deux femmes
qui, silencieuses, attendaient à quelques pas
delà.
— Ah I il m'embête l. Je ne puis pourtant
pas retoum&r. à Paria dans cette tenue, finit-
elle par dire, en montrant sa pelisse et sa
casquette de chauffeur. On va me prendre
pour une folle.
— Il le faut, cependant, ordonna avec une
voix de basse Froquart ; il le faut, madame,
mon ami vous attend, et c'est dans votre in-
térêt, croyez-le.
Tout en parlant, il avait repris la lettre
des mains de sa maîtresse, puis il se dirigea
vers le. guichet, où il demanda un billet de
première classe, qu'il remit à la jeune
femme. Celle-ci, que l'imprévu amusait; qui,
de plus, avait en Froquart .une confiance
irraisonnée et bien féminine, et qui com-
mençait à s'ennuyer dans la villa, seule
avec le silencieux M. Lécuyer, accepta l'or-
dre ; elle s'écria : „
— Eh bien, soit !. Adieu !
Et elle pénétra dans la salle d'attente.
Aussitôt Froquart invita Mme Marloque
et sa fïlïe "S monter dans l'automobile, et,
après avoir mis en marche Je moteur, sau-
tant à son tour sur la banquette de devant,
il saisit le volant de direction, et la machine
s'ébranla. Trois quarts d'heure après, ils
arrivaient à la villa.
Après avoir installé les deux femmes dans
la salle à manger, il courut à la chambre
de son oncle. Celui-ci n'était pas encore cou-
ché. A la lueur d'une grosse lampe, il étu-
diait les livres sur les Indes que 1 ex-inspec-
teur lui avait laissés.
— C'est vous, mon neveu ? dit-il en voyant
entrer cet être difforme aux cheveux et à la
moustache rouges. Votre femme m'avait dit
qu'elle allait au-devant de vous.
— Oui, mon oncle, c'est moi. je n'arrive
pas seul.
— Ma femme. ma fille sont là ? demanda
très ému le vieillard, en se dressant.
— Non, elles doivent être en Belgique
pour le quart d'heure. Je ne sais comment
elles s'y sont prises, mais elles ont été
filées, et, si vous tentiez de les rejoindre,
vous seriez pincé. Il faudra, d'ici quelques
jours, essayer de les expédier vers d'autres
rivages, afin de dépister la police. Nous re-
parlerons de cela.
- Alors, qui vous accompagne ?.
- Une femme que vous avez beaucoup ai..
mée. qui a eu des torts envers vous. et
qui implore votre pardon. j
— Madame Marloque ?.
- Elle-même. Je l'ai rencontrée fortuite-
moail. fille est ja&UMumuet ja&i» toujours
très belle. Quand je lui ai parlé de vous,
de grosses larmes ont mouillé ses yeux ; j'ai
pensé qu'en vous l'amenant je faisais un
acte de charité et que, d'autre part, sa com-
pagnie diminuerait de beaucoup la tristesse
de votre exil.
Froquart parlait de sa voix caressante,
considérant, à la dérobée, l'effet que ses pa-
roles produisaient sur le vieillard. Celui-ci
nerveux, marchait de long en -large. Un
combat se livrait en dui. D'un côté sa fem-
me, sa fille étaient devant ses yeux., ; de
l'autre, son -ancienne maîtresse. En rece-
vant celle-ci sous son toit, il1 sentait qu'il
aggravait l'ignominie de sa conduite, qu'il
retournait à la honte. L'amant de Claudine
lisait sur les traits du caissier comme dans
un livre.
— Si je me suis trompé, dit-il après un
(moment de süence, vous renverrez cette
femme, mais non sans kii avoir adressé
quelques mots. Je vous 3e répète, elle est
malheureuse.
— Où est-elle? demanda Lécuyer après
une dernière hésitation.
— Dans la saille à manger. avec sa fille.
— Sa fille ? Elle a donc une fiite ?
— Certes. une jeune et bien jolie per-
sonne. Venez, mon oncle, venez 1
Et, sans laisseré le vieillard réfléchir de
nouveau, Froquart l'entraîna au rez-de-
chaussée.
Mme Marloque avait stylé Odette.
— J'ai retrouvé, lui avait-elle dit, un vieil
ami à moi ; il est très riche, très bon ; tâ-
che de lui plaire par ta bonne tenue et des
manières distinguées, de façon à ce qu'il
nous vienne en aide. Il peut nous tirer de
nos ennuis.
Aussi, lorsque la porte de la salle à man-
ger s'ouvrit, M. Lécuyer trouva-t-il à
côté de sa maîtresse, une jeune fille à l'air
candide ; elle se tenait debout, les paupières
baissées. Quant à Mme Marloque, bien
qu'elle eût de la peine à reconnaître dans le
caissier, tant il avait vieilli, son Toto d'il y
avait deux ans, elle avança de deux ou trois
pas, un sourire gêné aux lèvres, les mains
tendues. Le vieillard la regardait venir, l'œil
hagard, le corpa secoué d'un long frisson.
— Pardon, murmura la dompteuse d'une
voix éteinte (aile se rappelait les recomman.
OatiA&a 48 Froquart lsca de ma première vi. j
site chez elle)t pardon;.. J'ai eu des torfcr
envers vous. mais je me suis repentie..*
j'ai expié dans Je malheur et la souffrance.,4
Depuis longtemps, j'aurais voulu vous de-
mander ce pardon, je ne savais où vousren-i
contrer. Le hasard a placé sur ma route und
de vos parents ; aussitôt qu'il eut bien voulæ
me dire où je vous retrouverais, je suis*
partie.
HabUe comédienne, elle faisait trembler sa
voix et ses yeux s'emplissaient de -larmes.
— Pauvre femme 1 grogna Froquart d'une
voix caverneuse.
— Je voua pardonne, se décida à munnim
rer M. Lécuyer, je vous pardonne, bien quoi
par voue et pour vous j'aie horriblement
souffert. Mais voua n'allez pas habiter ici.
lea convenances. 1
- Oh! mon ami t mon ami! supplia loO
dompteuse en se jetant sur les mains du caàs^
sier qu'elle couvrit de baisers, laissez-mail
seulement un jour près de vous. que neuw
puissions parler du passé. et je partirai), sitt
vous l'ordonnez. Nous retournerons, ma flU.
et moi à cette vie de bohémiennes pour La-t
quelle nous n'étions pas nées.
Ces derniers mots se perdirent dama una
sanglot. La jeune Odette qui ne s'attendait
pas à cette scène, énervée par le voyage,
émue par le ton larmoyant de sa mère, fon-
dit en larmes, elle aussi. -
M. Lécuyer, de plus en pius troublé, ne ré-
pondit pas. Il tnvita Tes deux femmes à s'as-
seoir, et prit place à la table. Froquart, d'un!
tour de main, mettait le couvert ; les reliefs
du dîner, augmentés, d'un pâté qu'il avait
acheté à Paris, s'étalèrent bientôt devant les
yeux des nouveaux venus. Quelques bou-
teilles de vin furent débouchées. Les yeux sa
séchèrent, des sourires se dessinèrent, ua
quart d'heure après Mme Marloque et le
caissier ravivait les souvenirs du passé, man..
tout bas, à cause de la jeune fille, qu'occu-
pait le soin de répondre aux questions in-
nombrables que l'ex-inspecteur lui posait sufl
son existence parmi des bêtes fauves ; exis-
tence pour laquelle Odette ne semblait pas
avoir de prédilection.
— Voyez-vous, mademoiselle, concluait
Froquart en contrefaisant toujours sa voix ;
il vaut encore mieux être rentière que mon-
treuse d'ours.
CAMILLE OUDINOT et JBAN LA.'UJUa.
'v ~~MtPf~
-
LE JOURNAL
NOUVELLES DIVERSES
PARIS
Les instructions
Un non-lieu. — Le Journal a signalé l'ins-
truction ouverte par M. de Valles sur les es-
croqueries dont se serait rendu coupable un
agent d'affaires à l'égard de nombreuses per-
sonnes qui se trouvaient sous le coup de
poursuites judiciaires. Cette instruction avait
seulevé au Palais une certaine émotion, car
le bruit courait que plus d'un avocat pouvait
.s'y trouver impliqué. Elle vient de se termi-
ner. par un non-lieu.
Mère indigne. — Mme Marie D., demeu-
rant à Gentilly, inculpée de mauvais traite-
ments sur la personne de son fils, âgé de sept
ans, a été confrontée, hier, dans le cabinet de
M. de Valles avec plusieurs témoins. La
scène a été des plus émouvantes. Aux accu-
sations portées contre elle, Mme D. a répli-
qué avec une énergie extrême, reprochait
aux témoins de la charger ainsi dans un es-
prit de vengeance.
Abeile de blanc-seing. — M. Henry Maret,
député du Cher, vient de déposer une plainte
en abus de blanc-seing contre un de ses an-
ciens secrétaires, M. R. Cellui-ci, de concert
avec M. Maret, avait fondé un journal local,
l'Etincelle. Des difficultés s'élevèrent au su-,
jet des dépenses exigées par la publication
de cette feuille. M. R. produisit deux lettres
signées de M. Maret, où celui-ci reconnais-
sait lui devoir 4,500 francs.
Le député soutient aujourd'hui qu'il y a eu
abus de blanc-seing. M. Le Barazer, con-
seiller municipal choisi pour arbitre, ne put
mettre les deux hommes d'accord, et c'est
maintenant M. de Valles, qui est chargé de
suivre l'affaire. M. R. a confié le soin de ses
intérêts à Me Lagache.
Le crime de la rue de t'Ilôlel-d.e-ViLle. -
Augendre, inculpé de tentative d'assassinat
pur la. personne de Mme Levillain, rue de
9,'Hôtel-dë-Ville, a éte interrogé, hier, dans le
cabinet de M. Boucard, juge d'instruction.
, Il a invoqué un alibi qui sena vérifié.
Chez les Apaches. - M. Flory a confronté,
hier, Berthe Olivier, l'héroïne de l'agression
du boulevard Rochechouart, avec se» meur-
triers supposés « Son Pied » et Marie Siman-
nin. Les inculpés étaient assistés de leurs
défenseurs Mes Léon Bayle et Louis Schmoll.
L'affaire llumbert. — MI Clunet, défenseur
d'Emile Daurignac, a été averti officielle-
ment de la fin de non-recevoir opposée à la
demanda de mise en liberté provisoire for-
mulée par son client. M. Leydet rendra avant
la fin du mois son ordonnance de soit com-
muniqué.
En passant boulevard des Italiens, voir au
JlO 8 l'Exposition des nouveautés de la sai-
eon du tailleur Lejeune. Coutumes et pardes-
sus, en étoffes exclusives, depuis 80 francs.
Tué en descendant du train
U'a pénible accident s'est produit hier, à la
gaie de' Sceaux-Ceinture, sur la ligue d'Or-
léansi
Un vieillard de soixante-trois ans, M. Jean
Paumier, cultivateur, deniourant rue Bouci-
eaut, à Fontcnay-aux-Roses, prenait, vers
deux heures (J-e l'après-midi, en compagnie
tie -son petit-fils, âgé de dix-sspt mois, le
train, ù destination de Sceaus>Ceinture. Ar-
rivé à cette gare, M. Paumier s'attarda et ne
se mit en devoir de descendre de wagon, avec
Je bébé sur le bra.9, qu'au moment où le con-
yoi, qui s'était remis en marche, filait à une
ellure assez vive.
Précipité sous ,les roues du train, le mal-
heureux vieillard fut horriblement mutilé.
Holevê aussitôt, il. ne tarda pas à rendre Je
jtîernier soupir. Quant au bébé, un hasard-
providentiel fit qu'on le releva sans une égra-
tignure. j
r M.* Chevallier, commissaire de' police, a
fait reconduire le corps au domicile du' dé-
funt.
Bi-Mètal, 10, tue Halévy
Casseroue argent pur massif, 10 francs.
; , Le soldat de Marathon
; , Des agents dè service boulevard de Clichy
;Noyaient la nuit dernière passer à côté d'eux
un individu, paraissant âgé de vingt-cinq
ans, élégamment vêtu, qui courait il perdre
..haleine. - , •
Quelques minutes plus tard" Je môme in-
dividu les croisait de nouveau, soufflant et
(haletant. Croyant avoir affaire à un sports-
-man, qui s'entraînait à la. course, ils ne s'en
inquiétèrent pas autrement, bien que l'heure
lfcur parfit au moins singulière pour ce genre
, d'exercice. ,
Ils commentaient ce fait en riant, quand le
'nocturne coureur passa pour la troisième fois
à leurs côtés. Il paraissait exténué : une sorte
Mtiaiseance sur la chaussée. -
: Les agents le relevèrent et le conduisirent
dans une pharmacie voisine, où il reprit ses
sens, puis au poste de police. ,
On 'l'interrogea, mais il ne voulut jamais
t dire qui il était.
1 - Je suis chrétien, répétait-il ! et je 'véux
fme tuer. Mais ma religion me défend de me
» donner la mort. Commp il faut que je meure,
* j'ai pensé à cet héroïque soldat qui, après.
;avoir couru toute une journée, -expira en An-
ponçant à Athénées la victoire de Marathon,
al voulu mourir comme lui..
fi comprit alors que l'on avait affaire à
r'un fou : on le coucha sur un lit de camp. Le
lendemain, un employé de commerce, M. Ar-
naud S., demeurant rue Brochant, se pré-
sentait au poste et signalait la disparition
de son. fils, qui s'était échappé dans le cou-
rant de la nu" it.
v - -tt-
- Le pauvre enfant, dit-il, est atteint de
la monomanie du suicide et il veut-absolu-
ment mourir comme un héros.
On rendit le jeune homme à son père, qui
promit de le surveiller plus étroitement en.
core. -
La fête de Vaugirard'
A la suite des faits scandaleux, qui se sont
déroulés avant-hier à la fête de Vaugirard,
dont le Journal a parlé dans son numéro
d'hier, M. Raynaud, commissaire de police
du quartier Neckcr, a fait, dans- le courafit
de la nuit dernière, une rafle sur les boule-
yards Pasteur et de Vaugirard.
Quarante individus ont été arrêtés : une
vingtaine ont été relâchés après vérification
de leur dornicile. Parmi ceux qui ont été en-
voyés au Dépôt se trouvaient un certain nom-
bre d'individus affiliés à la bande des Petits-
Cœurs.
Ce sont lesi nommés Giovannino Zanetto,
dit « Macaroni », dix-huit ans, tourneur sur
métaux ; Baptiste Molard, dix-huit ans, mail-
locheur ; Albert Beau, vingt-deux ans, pein-
tre ; Isaac Albin, dit la « Youpe », trente-sept
ans, sans profession ; Constantin Woefling,
dit l' Alboche», vingt-trois ans, tourneur;
Alfred Vanier, -dit la. « Gouape», irenio ans,
journalier ; Pablo Matléi, dit l' « Astèque »,
trente et un ans, sculpteur.
En outre, M. Raynaud a arrête dans un hô-
tel meublé de la rue BJomet, une jeune fem-
me de vingt-huit ans, Célestine Espéranti,
également tatouée d'un cœur sous le sein
gauche et qui avoua ingénument au magis-
trat qu'elle était la. maltresse de.,, toute la
bande des « Petits-Cœurs ».
Elle a pris aussi le chemin du Dépôt.
Importante communication
A signaler les succès inouïs remportés par
le merveilleux traitement du docteur Orhiny,
20, rue Richer, Paris, pour la. guérison radi-
cale de l'impuissance virile. Brochure expli-
cative franco sur demande. Consultations :
mardi, jeudi, samedi, de 4 heures à 6 heures.
Vengeance de souteneur
Une jeune femme de mœurs légères,Louise
Evendeline, vingt-six ans, demeurant rue
Montjol, lasse d'être battue par son amant,
Henri Pinson, qu:tta:t ce dernier, il y a quel-
ques mois.
La nuit dernière, elle suivait le boulevard
de la Villette, quand, vers onze heures, elle
vit subitement se dresser devant elle, Henri
Pinson. Louise Evendeline voulut prendre la
fuite, mais son ancien amant, la saisissant
par le poignet, lui cria :
— Tu vas revenir avec moi, où je te crève !
La malheureuse tenta de se dégager et ap-
pela à l'aide. 1
— Ah ! c'est comme ça que tu agis, s'écria
Pinson. Eh bien, tu ne. g. pas longtemps.
Et il se mit à la frapper à grands coupa
d'une canne plombée dont il était armé.Louise
Evendeline s'affaissa sur la chaussée, à demi
assommée, pendant que son agresseur pre-
nait la fuite.
Relevée quelques instants plus tard par
des agents, l'infortunée fut conduite à 1 hô-
pilai Saint-Louis. Son état est grave.
M. Amat, commissaire de police du Com-
bat, fait activement rechercher Pinson.
Exposition de mobiliers par milliers aux
Grands Magasins Dufayel. Bijouterie, horlo-
gerie, orfevrerie,eycles, voiture d'enfants,etc.
Les femmes s'en mêlent
Une vieille femme de soixante-six ans,
Mme Elodie Oranger, passait, hier soir, vers
onze heures, à l'angle du boulevard de Bel-
leville et de la rue des Couronnes, quand elle
fut assaillie par une femme galante, Marthe
Poulain.
Avant que la pauvre vieille-ait eu le temps
de parer l'attaque, Marthe Poulain la frappa
de deux coups de couteau au bras gauche.
M. Girard, commissaire de police du quar-
tier de Belleville, a fait transporter la bles-
sée à l'hôpital Saint-Antoine et envoyé l'hé-
taïre-meurtrière au Dépôt..
— Mme Elisabeth Chevalier, vingt-sept ans,
demeurant rue de la Marine, à Neuilly, ren-
trait chez elle, hier, dans Ja soirée, lorsqu'une
femme se précipita sur elle et la frappa vio-
lemment avec une bouteilla qu'elle sortit d'un
panier. -
Mmo Chevalier tomba à terre, perdant son
'sang par d'horribles blessures à la figurè;
on craint même que l'œil gauche ne soit
perdu
M. Lefort, commissaire de police, a ouvert
une enquête et recherche activement l'auteur
de cette lâche agression.
En ce moment grande exposition des nou-
veautés de la snison, chez MM. Roquencourt
et Desprin, tailleurs, 23-25, bd Malesherbes,
dont la renommée est due non seulement à
l'innovation des vêtements à « Devants in.
cassables », mais encore à la coupe irrépro-
chable dont seuls ils ont le secret Premiers
coupeurs eux-mêmes, ils apportent l'appoint
de leur art et produisant des chefs-d'œuvre
d'élégance qui placent leur maison au pre-
mier rang. Comp. 80-100. Pard. 55-70. Comp.
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Les maladies chroniques telles que le rhu-
matisme articulaire, la goutte, l'arthritisme,
les paralysies hémiplégies, suites de conges-
tians, l'atrophie musculaire progressive,
l'ataxie locomotrice, -la neurasthénie, les né-
vroses en général, sont les affections que
l'Institut Electrothérapique, 41, rue Bréda,
traite et guérit couramment. Les consulta-
tions ont lieu tous les jours, de 2 h. à 5 h. On
peut traiter par correspondance, en écrivant
à la môme adresse. ,
NOTRE FIVE 0CL0CK
Le Journal a donné hier une primeur d'im-
portance exceptionnelle, Joies et Douleurs,
d'Arthur Coquard, que Mme Adiny a chan-
tées avec un talent et une puissance drama-
tique ( qui ont excité l'enthosiasme du pu-
blic. C'est un cycle de 7 lieder, allant de la
tristesse à la joie, do l'amour au désespoir le
plus tragique. L'auteur de la Jacquerie et de
la Troupe Jolicœur n'a rien écrit de plus
poignant. Mme Adiny a su y montrer, sous
les aspects les plus variés, son admirable
talent de chanteuse et de tragédienne.
Auparavant, on avait entendu deux excel-
lents artistes : un ténor au bel organe chau-
dement timbré, M. Vernet, qui interpréta
avec plein sentiment et grand style l'air de
Y Africaine et oeluid'Ilérodiade, et Mlle Ber-
the de Crozant, chanteuse de voix charmante
et de diction très aisée, qui, avec l'air du
Mage-et la mélodie Comme la nuit, de Cari
Bohm, sut beaucoup plaire à nos invita. -
La note fut donnée par le chansonnier
mondain Gaston Secrétan, qui, selon son
habitude, a remporté le plus grand succès
avec ses chansons, Histoire naïve, Mémoires
d'un piano Gaveau. si applaudies dans les
nombreux salons où ce jeune auteur est ré-
puté l'indispensable des soirées.
Et William Burtey, qui nous a donné cette
année, d'abord ses Soixante ans de théâtre,
puis l'originale saynète Adèle ou: la cruelle
incertitude (triomphe de Marthe Richard), a
pleinement réussi avec sa revue la Princesse
nouvelle, nouvelle en effet, car cette fantaisie
n'est pas l'habituelle revuette qui n'a que
l'actualité pour suprême ressource. C'est
une charmante piécette qui, certes, pourrait
se passer du fait-divers banal ou de l'événe-
ment politique du jour ; car les amours de
Mirmidon, cuisinier de l'Elysée, et de la
jeune Fleur des Pois, fraîche éclose dans les
jardins gouvernementaux, intéressent et
amusent. La. jolie Marthe Richard, en sa
délicieuse toilette, joue le rôle délicat de
Fleur des Pois de curieuse façon, en ingénue
bien désolée de l'être, détaille à ravir le cou-
plet et danse ie cake walk comme Cake Walk
lui-même. Quant à William Burtey, l'auteur
de cette originale revue, son éloge n'est plus
à faire, et l'on ne sait qui l'on doit louer da-
vantage de Burtey auteur ou de Burtey co-
médien. Grand succès pour les deux artistes.
Mlles Germain et Angèle de Crozant, MM.
Ardaillon et H. Blanc-Lachau tinrent le piano
Gaveau avec parfait talent
Chronique des Mbasm
Epilogue d'un ineldent
On se souvient qu'il y a quelques jours, à
la sortie de la dixième chambre du tribunal
correctionnel, une vive altercation se pro-
duisit entre M. Lemarquis, l'administrateur
judiciaire bien connu, et M° Charles Ma.
thiot, le distingué avocat du ministère des-
postes, et l'un des plus anciens secrétaires
de Me Waldeck-Rousseau.
Au lieu d'envoyer ses témoins à M" Ma-
thiot, l'administrateur judiciaire préféra dé-
poser une plainte devant le Conseil de l'Or-
dre qui, dans sa séance hebdomadaire
d'hier mardi, a statué disciplinairement.
Après une longue discussion, au cours de
laquelle l'avocat cité a été entendu, le Con-
seil de l'Ordre, présidé par M. le bâtonnier
Albert Danet, a rendu un arrêté prononçant
contre Me Charles Mathiot, la peine la plus
minime : celle de l'avertissement.
Le bienfaiteur des géants
On n'a pas oublié le legs fantaisiste de
M. de Saint-Ouen de Pierrecourt, ce million-
naire original qui légua une somme de dix
millions à la ville de Rouen, à charge par
celle-ci 'de fonder un prix annuel de cent
mille francs, destiné à régénérer l'espèce hu-
maine par l'accouplement de géants choisis
au concours.
Par une singulière ironie, le testateur est
mort célibataire endurci. Mais. il avait une
amie, Mlle Suzanne Bichsel, qui — le dé-
vouement n'est-il pas toujours récompensé ?
— se voyait gratifier dans le testament, d'un
legs de cinq millions.
Héritiers légitimes et ville de Rouen, sa
liguèrent contre Mlle Bichsel et lui disputè-
rent son legs. Un testament important ne
donne-t-il pas toujours lieu à des difficultés
d'interprétation ?
Mais la première chambre de la Cour,
après les plaidoiries de Me- Albert Menue;
Marais et de Bigault du Granrut, confir-
mant un jugement de première instance, a
donné, hier, gain de cause à l'amie de M.
de Pierrecourt.
Mlle Bichsel, tout de noir habillée,a écouté,
la figure rayonnante, l'arrêt qui lui accor-
dait définitivement le cadeau de cinq mil-
lions.
Peut-on habiter Château-Thierry ?
Dans un arrêt longuement motivé, qu'elle
vient de rendre, la première chambre de la
Cour d'appel d'Amiens, a refusé de reconnaî-
tre comme valable .le changement de domi-
cile fait par un mari en instance de divorce,
afin d'aller se faire juger, à Chàteau-Tbier-
ry, par le président Magnaud.
La Cour a estimé que ce changement,
quoique parfaitement régulier dans la forme,
était fictif au fond.
Cet arrêt, qui accentue le conflit existant
déjà entre le président de Château-Thierry
et les magistrats d'Amiens, a été rendu sur j
les concLusions conformesr de M. l'avocat gé-
néral Pironneau, et après plaidoiries de M*
Charles Azard, du barreau de Paris, et de
Me Aubey, du barreau d'Amiens.
Moralité: On ne peut pa.s. toujours ha-
biter Château-Thierry.
Monvi'lles judiciaires
Enlève-moi, Ma roi le,
Enlève-moi
En automobile
Marelle
Marcile
En automobile -
Marcile, enlève-moi,
L'automobile à douze chevaux, qui proté-
gea naguère, dans les circonstances que l'on
sait, la fuite des deux amoureux unis, au.
jourd'hui, par le mariage, faisait, hier, l'ob-
jet d'un débat, à la deuxième chambre de la
Cour d'appel.
La difficulté portait sur la question du
paiement de la voiture.
Un des avocats de la cause, Me Charles
Viraut, nous a œvélé que le prix de cette
auto, désormais. historique, avait été fixé
à la somma de 30,000 francs.
Egger était caviste à l'hôtel du Rhin,
place Vendôme. Au cours d'une querelle
%vec un individu nommé Bonvin, il porta à
son adversaire un terrible coup de couteau
dans Ja région de l'oreille et du cou. Bonvin
eut Tarière carotide, la veine jugulaire et le
nerf facial nettement tranchés.
Cependant, il n'en mourut pas: même, il
comparaissait, hier, comme témoin, à la on-
zième chambre, assez bien rétabli. Une opé-
ration fort habile parvint à lier les- tronçons
des vaisseaux intéressés.
Egger, habilement défendu par M* Blon-
dont, a été condamné à deux ans de prison
avec bénéfice de la loi Bérenger.
Il y a quelque temps, une demoiselle Su-
zanne Regnault, était victime d'un accident
de voiture, et les conséquences de cet acci-
dent étaient. la perte de l'odorat, qui porte
le nom scientifique d'anosmie.
Mlle Suzanne Regnault., actionnait, hier,
en dommages-intérêts, la compagnie des
petites voitures, devant la sixième chambre
du tribunal civil.
Le tribunal a accordé à la demanderesse
1,800 francs de dommages-intérêts, tout en
réservant ses droits dans le cas où l'anos-
mie persisterait.
Marré aux Delavigne,
C^ UTR ébos £sîi
f mi—-TTruiïmrrinr*
CNCX#-Ica
CONTIENT LES PHOSPHATES DU BLÉ £tfVi£A
BULLETIN FINANCIER
Voilà de nouveau, sur le tapis, la question de
la situation; monétaire. La baisse des Consolidés
anglais, les dispositions peu satisfaisantes du
marché de New-York, sont motivées par la crain-
te d'un resserrement de l'argent. Comme consé-
quence, nous avons à enregistrer des cours géné-
ralement lourds et même faibles sur quelques.
valeurs.
Cette mauvaise attitude des marchés de Lon-
dres et de New-York a pour premier résultat
d'alourdir les valeurs de cuivre, en tête le Rio,
qui ne perd pas moins de 23 fr. à 1,310.
Elle impressionne également le marché de nos
Rentes. Le 3 s'alourdit à 99 05. La plupart des
fonds étrangers, sauf pourtant le 3 Portugais
à 31 92, sont empreints également d'une certaine
lourdeur. Il n'y a pas jusqu'aux séries ottoma-
nes qui ne cèdent un peu à l'alourdissement gé-
néral.
Sociétés de crédit, Chemins français et espa-
gnols, dans leurs prix de la veille ou très légè-
rement au-dessous.
Tel est aussi le cas de la plupart des valeurs
industrielles ou de traction. Parmi ces dernières,
cependant, quelques-unes, comme le Malfidano,
le Suez et la Sosnowica, sont l'objet d'une dé-
pression assez sensible.
Valeurs sud-africaines plus lourdes, sur des
ventes de Londres, où, à l'approche de la liqui-
dation, se manifestent des appréhensions à pro-
pos du lover de l'argent. — Fermeté de l'action
Mines de fer de Fillols à 236 50, de la Colombian
India Rubber aux environs de 50 francs ; de l'Ivo-
rv Coast Consolidated Goltlfields à 38 fr., et de la
Kokumbo, à 37 francs.
Jacques Finance.
Informations financières
The Eerste Fabricken Hathvrley Dlstellerg L'.
- Un accord préalable étant intervenu avec le
gouvernement, au sujet d'une indemnité en com-
Eensation du retrait de la concession, l'assem-
blée convoquée, pour le 1" mai, à Prétoria, aura
à le ratifier. Les actionnaires ont donc le plus
grand intérêt à se faire représenter à cette as-
semblée, en nombre suffisant, car tout retard
apporté à cette ratification pourrait avoir de fâ-
cheuses conséquences. - Déposer, le plus tôt
possible, titres et pouvoirs, 20, rue Taitbout, à
la ompagnie Française de Mines d'or et de l'Afrir.
que du Sud.
L'assemblée de la Banque Suisse et Française
aura lieu le 9 avril. Le dividende proposé sera de
20 francs.
Kokumbo. — Aux personnes qui ont demandé
pour quelles raisons cette Compagnie, exploi-
tant des concessions minières dans une colonie
française, avait été constituée sous la forme an-
glaise, la Compagnie répond qu'elle a choisi la
forme anglaise pour ouvrir à ses titres les deux
marches de Paris et de Londres, et pour pou-
voir créer des actions de 25 francs, c'est-à-dire du
type consacré par l'usage.
— On sait que le Crédit Mobilier français et le
Crédit Foncier et Agricole d'Algérie vont procé-
der, les 30 et 31 courant, à l'émission de 15,000
obligations 3 1/2 des Messageries maritimes.
Les garanties offertes par cette puissante et
ancienne Compagnie sont de celles qu'on ne
discute même pas. Reste donc uniquement à re-
chercher si le prix d'émission (427,50) est avanta-
geux. Or, pour un revenu annuel de J.7 50, ce
prix fait ressortir un revenu de près de 4 %,
plus une- prime de remboursement Tie 72 50.
Ce sont dès conditions qu'on ne rencontre plus
guère aujourd'hui pour des valeurs de ce rang.
Aussi n'est-il pas douteux que le public répon-
dra avec empressement à l'appel qui lui est
adressé-
1. — Une bonne valeur, entourée de garanties im-
portantes et rapportant plus de 6 %, c'est l'obli-
gation 5 du Chemin de fer Victoria., à Minas,
émise seulement à 365 fr. pour une valeur nomi-
nale de 500 fr., et qui a été cotée hier à 375.
Ces obligations ne se traitent qu'au comptant.
Il n'y a donc pas lieu de demander à un établis-
sement de crédit d'en faire le report, comme cela
a été annonce par erreur par une agence d'in-
formation.
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LES INCENDIES D'HIER
Rues Rambuteau et Saint-Martin* -
Deux maisons en flammes. - Le
sauvetage. — Un pompier
blessé.
Un incendie des plus violents s'est déclaré, hier
matin. rue Rambuteau, 21.
Au deuxième étage, se trouvent les ateliers de
MM. S. Barbasch et J. Landsberg, fabricants de
casquettes. - - --
Il était environ midi, les employés de MM.
Barbasck étaient partis déjeuner, lorsque des lo-
cataires, situés en face l'atelier, virent d'épaisses
fumées noires sortir des fenêtres envouvertes.
Aussitôt ils donnèrent l'alarme.
Le feu avait pris naissance dans une petite
pièce dite CI la salle de bichonnage ».
Un fourneau à gaz, laissé allumé par nié-
garde, avait enflammé un morceau d'étoffe, et
bientôt tout l'atelier était en flammes. Les vitres
volèrent en éclats, livrant passage à des colon-
nes de feu et mettant en émoi tous les locataires
de la maison, qui se précipitèrent dans la rue.
Mais les pompiers de la caserne de la rue de
Sévigné arrivaient avec « un départ ». Cinq puis-
santes lances furent mises en batterie, et au bout
d'une demi-heure environ on était maître du feu.
Pendant qu'on combattait avec énergie le fléau,
des gardiens de la paix et des pompiers descen-
dirent ii bras, du sixième étage, trois vieillards
qui avaient subi un commencement d'asphyxie.
C'étaient deux septuagénaires, M. et Mme Aimé
Driancourt, et une octogénaire, Mme Augustine
Quetier. On les transporta, dans une pharmacie,
où ils ne tardèrent pas à reprendre connaissances
Les dégâts matériels sont très importants : ils
s'évaluent à environ 50,000 francs. Outre MM.
Barbasch et Landsberg, un des locataires du troi-
sième étage, M. Vissepot, fabricant d'articles
pour confiseurs, a eu fortement à souffrir du feu.
Une grande partie de sa marchandise a été déter-
riorée.
MM. Lépin-e, préfet de police, et Picot, commis-
saire de police du quartier Saint-Merri, étaient
présents et dirigeaient le service d'ordre.
— Vers une heure de l'après-midi, un incendie
s'est déclaré, 241, rue Saint-Martin, dans les ma-
gasins de M. Mencioni, fabricant de chapeaux
de paille, situés au premier étage.
L'incendie s'est rapidement propagé, envahis-
sant successivement les étages supérieurs, occu-
pés par M. Alexandre Decroix, Lebas et fils, re-
présentants de commerce.
Après une heure de travail, les pompiers de
la caserne du Château-d'Eau se sont rendus maî-
tres du feu.
Au cours des opérations, le sapeur Jean Bar-
the, 24 ans, a été blessé à la main droite.
Les dégâts, non encore évalués, sont considé-
rables ; surtout chez M. Mencioni, qui n'était pas
assuré.
PŒI\ItS AIHAT VI RMEFBMTttOCEBSm *~* Mcu~M~OtTKt M<<.
'4. "LYON tHi lin "A.PU
Théâtres et Concerts
A la Renaissance :
M. Lucien Guitry ayant été, hier, à la suite de
la répétition, pris d'une extinction de Voix pres-
que complète, se voit, à son grand regret, obligé
de remettre à vendredi soir la répétition géné-
rale de Crainquebille et de Clarisse Arbois, et prie
ses invités de vouloir bien l'excuser.
Donc, vendredi soir, irrévocablement, répéti-
tion générale, et, samedi, première représentaSon
du nouveau spectacle de la Renaissance.
A l'Odéon : -
M. Ginisty, profitant du gros succès de La Ra-
bouilleuse, prépare a.vec soin son prochain samedi
littéraire, qui comporte, ainsi que nous l'avions
littéraire, Le Vol de l'Eléphant Blanc, de MM. Max
et Alex Fischer d'après Mark Twain. L'action se
déroule, tout entière, dans le bureau du « chief
inspecter » de la Sûreté, à New-York.
Salle des fêtes du Journal :
Lundi prochain, 30 mars, le Jeune maître bré-
silien, M. Carlos de Mesquita, donnera une grande
soirée musicale pour l'audition de ses œuvres.
Mlles Suzanne et Blanche Mante, de l'Opéra,
danseront un baJllet-régenée, accompagnées au
clavecin par fauteur, Mme Camille du Gast,
dont le merveilleux talent de pianiste est si ap-
précié. jouera à deux pianos avec M. C. de Mes-
quita; Mme Veyron-Lacroix, Miles Irène Peters,
J. Chapart et M. Dufriche interpréteront aussi de
ses œuvres.
On peut se procurer des billets au Journal et
à la maison Lemoine, 17, rue Pigalle.
— Le concert dormé,. la semaine passée, par les
compositeurs Albert Landry et Henri Brêsles a
été des plus réussis. L'assistance nombreuse a
vivement acclamé les charmantes interprètes,
Mmes de Mirmont, de Rysoor et Lina Noël, ainsi
que le fin chanteur Gabriel Baron, le talentueux
violoniste Albarto Bachmann et l'humoristique
Georges Launay. M. Janvier Piétraperiosa fils a
fait exécuter à ses élèves mandedinistes des mor-
ceaux, transcrits par lui, des deux compositeurs.
Parmi les œuvres remarquées
De M. Henri Bresles, citons : La Mort du Poète ;
Villanelle ; Marquise, vous êtes bergère des chanr
sons de Trianon; Rondel et Fête hongroise.
De M. Albert Landry : Jeunesse; Au Jardin dé
mon Coeur; Le Ciel fait pleuvoir des baisers;
Fiançailles et Griserie de baisers.
Les auteurs ont tenu les pianos Gaveau, dont ils
ont fait ressortir les belles qualités.
Au ThéâtrenSarah-Bamhardt, ce soir et ven-
dredi, deux dernières représentations de Wer-
ther, avec Mme Sarah Beûmhardt dans te rôde
de Werther.
Demain jeudi et samedi, deux dernières repré-
sentations dè La Dame eux camélias, avec Mme
Sarah Bernhardt dans le rôle de Marguerite Gau-
tier.
C'est dimanche prochain que commenceront,
au Théâtre-Sarah-Bernhardt, les représentations
populaires de-Théroigne de MériCOUrl. Mlle Renée
Pamy, qui a déjà joué avec tant de succès Mar-
guerite Gautier, dans les représentations popu-
laires de la Dame aux camélias, jouera le rôle de
Théroigne, aux représentations populaires de
l'œunH de M. Paul Hervieu.
La remarquable mise en scène sera, bien en-
tendu. la même qu'à la création, ainsi que l'inter^
préfcatfon» avec MM. Schutz, Gerval, Chameroy,
Denebourg, Céalis, Lemarchand, Chevalet, Mmea
Méa,, Grandet, Marcya, etc.
L'Ambigu vient de régler ainsi son travail pom*
la semaine prochaine :
Dimanche 29 mars, dernière matinée des Der-
nières Cartouches ; le soir, 'lundi et mardi, 100»,
101e, 102eet. dernières représentations des Derniè-
res Cartouches.
Lundi, dans la journée, répétition d'ensemble
du Roman de Françoise, pièce nouvelle, en deux
parties et sept tableaux, de M. Louis Leloir. Mar-
di, répétition générale pour la presse, à deux,
heures précises, et mercredi, 1er avril, à huit heu-
res et, demie, première représentation du Roman
de Françoise. -,_.
A îa Gaîté : -
MM. Isola viennent d'engager Mme Marié Marl
gnier, pour jouer, dans Giroflé-Girofla, le rôda
,d'Aurore, qui fut créé par Alphonsine et repria
par Mme Desclauzas.
A l'Athénée :
;NI. Leubas, dont on se rappelle les nombreUBell
Créations, entre autres celle de La Robe rouge.
revient d'une brillante saison en Egypte, où il eut
un tel succès que M. Deval vient de l'engager
pour cinq années, à de très brillantes conditions.,
M. Leuba.s débutera, sur la scène de l'Athénée,
dans la première pièce qui succédera à L'Enfant,
du Miracle, c'est-à-dire dans bien longtemps, à.
en juger par les brillantes recettes de la désopi-i
lante comédie-bouffe de MM. Gavault et CharvayJ
Parsifal, en Amérique :
En apprenant que M. Conried, le nouveau dJk
recteur du Metropolitan Opéra, de New-York, sa
disposait à faire représenter Parsifal, malgré lai
volonté expresse de Wagner et de ses héritiers-
Mme Co-sima Wagner s'est montrée très irritée ;i
elle est décidée à saisir immédiatement les tribu-,
naux américains, dans l'espoir qu'ils empêcher
ront M. Conried de mettre son projet à exécutions
Georges Pallcot, le savant compositeur, af
donné, avant-hier, salle des Agriculteurs, la pre-
mière audition de sa tragédie lyrique, La VenJ
delta, en quatre actes, livret de MM. H. Berbardl
et Martin. interprétation de premier ordre, aveq
MUes B. Soyer, de l'Opéra, et Dodge. i
La facture orchestrale de cette œuvre grandioses
est de la dernière école, poussée aux extrêmes li-r
mites de la hardiesse, dans l'emploi des dissoi
nances, et iifallait le talent solide de Mlle Mar- I
guerite Nosn^x l'élève favorite de E. Dejaborde,
pour pouvoir exécuter au piano cette partition
hérissée de difficultés ; aussi la jeune virtuose
a-t-elle été acclamée frénétiquement par un pu- ]
blic d'élite. Une ovation triomphale a été faite
Georges Palicot..
Bataille de Dames, l'une des meilleures cotfnéH
dies de Scribe et Legouvé, sera représentée, jeudJ
prochain, en matinée, au Jardin d'Acclima.tat.i.
(lSitl), Bataille de Dames (1851) fut un triomphe?
et ce
(1S-49), délicieux ouvrage a'-a pouf ainsi dire jamais*
quitté le répertoire de la Comédie-Française..
Bataille de Dames sera jouée au Jardin d'Accli,
matation, par MM. Brizard, Handre, MofrreauxJ
et Mmes L. Priver et M. Delvllle. ;
On commencera à deux heures et demie préci4
ses, par Rival pour rire, comédie en un acte, de
M. Grenet-Dancourt.
— M. Jacques Isnardon, l'excellent professeur
du Conservatoire, donnera, samedi, 28 mars, à
h. 1/2, à la salle Erard, une soirée musicale
pour 1l/'a2, udition des élèves de son cours privée
avec le concours de Mlle Odette Duïac et de MJ
Chepfer. La. soirée débutem par une causerie de
M. Isnardon.
— Jeudi 26 mars, à la. salle de la Société d&
Géographie, une pianiste de grand talent, Mlles
Onia * arga, l'une des plus remarquables élèves
sorties du Conservatoire de Barcelone, se fera
entendre dans un Récital. La jeune artiste inter*
prètera Prélude et Fugue, ae Bach ; Sonate apd
passionata, de Beethoven; Rondo en ré, de We«
ber ; Romances en mi et en ré, de Mendelssohn;
Scherzo du Songe d'une Nuit d'Eté, Ballade eu
sol mineur et Nocturne en sol, de Chopin; Ca-
price, de Scarlatti, et la 128 Rapsodie de Liszt. Ca
programme très varié permettra d'apprécier les
qualités d'Onia Farga, dont la réputation en Es-
pagne est des mieux établies et qui veut se faiM
entendre partout en Europe.
— Il y a un an, le 27 exactement, que M. Aimé
Ducrocq a fondé le théâtre Rabelais. La. coquette
bonbonnière du boulevard de Clichy, condamnéEt'
par les mauvaises langues à une existence éphé-
mère, lors de son ouverture, a connu de suite des
soirées triomphales et conquis de jour en jour une
vogue toujours plus grande. Tous les genres dai
pièces en un acte se sont succédé avec une heu-
reuse fortune, et certaines d entre elles ont dou-
blé le cap de la deux-centième, classant parmi
nos plus adroits et nos plus féconds auteurs la
jeune et actif directeur du Rabelais, dont les ef-
forts vont se continuer par un renouvellement
d'affiche et des engagements tout à fait serisation,
nels. Pendant quelques soirs encore, succès de
uArt d'aimer, de Joum et Nanctte et de la JOUf\.
née d'une Demi-Mondaine
— La direction de Parisiana pousse activement
les répétitions de Le Record de Benzinette, la pièca
de M. Zamacoïs, pour laquelle Mlle Lanthenay,
des Variétés, et Mme Marthe Alex, du Gymnase,
ont été spécialement engagées. Le prochain spec-
tacle se corsera d'une attraction véritablement
sensationnelle et qui fera courir tout Paris, cari
Parisiana présentera à son public un Looping the
Loop tout à fait nouveau et merveilleux, exécuta
par un cycleman extraordinaire, qui vient d'otb
tenir à Londres le plus colossaJ. succès.
- Ce soir, au théâtre du Grand-Guignol : La
Mineure, de Jean Jullien ; Pour la République, da
M. E. de Bassan ; Le Vernis, de MM. de Lagarde
et André Royer; Pendant l'Orage, de MM. inaf
lasso et Quillardet.
- Au théâtre Trianon :
Maigre son titre, il est bon de dire que Le Co-
chon n'est nullemènt une pièce pornographique ;
émaillée de scènes drôles, cette comédie-bouffe
amuse par son esprit bon enfant; elle est, du
reste, fort bien jouée par les artistes. Le spec-
tacle commence par une « satire », divertissement
d'Emile Codey, L'Ecole du Journalisme, un trèa
attrayant petit acte. -
— Le Moulin-Rouge ayant engagé, à un prix
fantastique, le numéro sensationnel qui fait cou-
rir tout Berlin en ce moment, Circling the Circlm
— le cercle de la mort — immédiatement, un éta-
blissement concurrent s'empresse de présenter aut
public une copie de ce numéro inimitable. En ef-
fet, les « Noisett », créateurs du Ciroling. exécu-
tent, dans leurs exercices périlleux, un tour fan-
tactique, qu'il est impossible de faire ailleurs
t FEUILLETON DU 25 MARS
i -91 - -
, -
11 mil»
PREMIÈRE PARTIE ,
", xui (SuUe)
- Je viens te demander ton avis, dit le
.'vieux commerçant, car, bien que tu te sois
désintéressé de mes affaires, je. ne veux-
riien entreprendre sans connaître les objec-
tions qUe tu croirais devoir présenter sur
imes projets.- -
— Je vous écoute, mon père, fit le' jeune
Jbo,mme; se adressant.
— Voilà ! J'ai vu -avant-hier Chapmann
jiii m'a proposé de, s'associer avec moi, mal-
gré le coup que les escroqueries de cette
^maille de Leblanc: lui. ont porté. Lorsque,
,'fJ;;ms plusieurs années, * nous aurons rega-
gné tout, ou du moiQs en grande partie, l'ar-
S^pnt disparu, je lui céderai ma part d'asso-
cié, et je roé retirerai. J'aurai fait fortune
:un peu plus tard, voilà tout,
— Je trouve cette proposition très accep-
table, et j'y souacns des deux mains. J'a-
joute, mon père, que je suis décidé à vou's
seconder sérieusement ; je reprendrai plus
tard mes idées de comédies et de drames ;
quant ii présent, je me dois en entier à no-
Qve maison, et surtout à vous, mon père, qui
.avez droit à quelque repos. Leblanc n'aura,
-du moins, que retardé votre retraite, comme
il n'aura que retardé mes débuts aux théâ-
tre. Notre travail commun réparera le tort
qu'i.1-vous a fait.
Et Marchand fils, s'efforçant de sourire,
embrassa son père.
Que lui importait, pourtant, la fortune de
eon père ? que lui importait la gloire, s'il de-
vait perdre à jamais la frêle enfant qui
l avait si bién pris corps et âme ?
Il fut convenu que le contrat d'associa-
tion serait étudié et sourate à M. Chap-
mann le plus tôt possible, j
— Dans la situation d'esprit où je suis,
pensa Marchand fils, il me faut une vie des
plus actives ; il ne me vaudrait rien de les-
- ter des journées entières devant un cahier
de papier blanc, .où ma' plume se refuserait
à obéir à la moindre idée. Non, j'ai besoin
de besogne obligatoire, matérielle et facile.
Et puis, advienne que pourra. ! :
-Mais, dès que son père se fut retiré, il re-
tomba inerte sur-le canapé. Le mélancolique
visage de 'la jeune fille lui apparut ; l'acuité
de la vision fut telle qu'il tendit les bras en,
avant dans un geste de prière. -Décevante
hallucination 1 Le jour diminuait et, dans
râtelier envahi par les ombrer du crépus-
cule, soudain pleurèrent- les sanglots de ce
grand enfant, qui, la tête dans les coussins,
se tordait de désespoir et d'amour.
XIV
Dans 'un bruit de plaques tournantes, de
coups de sifflet, de jets de vapeur, le train
s'arrêta.
,.- Nous sommes arrivés, cria Froquart à
Mme Maniaque et à sa fille qui, profondément
endormies, avaient perdu la notion des cho-
ses, nous sommes arrivés, allons ! oust ! de-
bout !.
Durant tout la trajet de la gare Montpar-
nasse à Granviile, l'ex-inspecteur, sous son
déguisement peu séduisant, n'avait pas des-
serré les dents, au grand regret de la domp-
teuse, qui eût de beaucoup préféré, comme
compagnon de route, le jeune homme à la
moustache blonde.
— Quand on est si charmant, pensa-t-elle,
'est-H possible d'avoir un frère semblable !.
A deux reprises, elle avait tenté de lier
conversation. Elle y avait renoncé en pré-
sence du mauvais vouloir de son interlocu-
teur. La première fois, lui ayant demandé
s'il aimait des voyages, l'homme avait ré-
pondu par un long grognement ; Ja seconde
rois, une heure après environ, Mme Marlo-
que lui 'avait offert une aile de poulet ; <=.t
ç'avait été un nouveau grognement, accom-
pagné d'un geste de refus.
— Décidément, nous n'en tirerons rien,
s'était-elle dit.
Quant à la jeune fille, tout ahurie de cette
attitude, elle gardait un profond silence.
Après avoir mangé sana parler, les deux
femmes avaient fini par s'endoimir.
— Oust! debout 1 cria de nouveau Fro-
quart, nous sommes arrives !
Et, joignant d'acte à la parole, il saisit les
voyageuses par les bras et les secoua vi-
goureusement. La jeune fille poussa un cri
de .terreur, les yeux écarquillés.
— Attendez qu'on vous assassine pour
beugler de la sorte, fit Froquart, bourra.
La dompteuse avait sauté sur les valises,
qu'elle rebouclait à la hâte.
— Où'sommes-nous? demanda-t-elle.
— Noua sommes arrivés, répéta le bossu.
— J'entends bien. Mais où ?
En effet, à la gare Montparnasse, c'était
Froquart qui avait pris les billets, et il les
avait gardés ; aussi Mme Marloque et sa
fille ne s'étaient pas rendu compte de renr
droit où les conduisait leur guide, qu'elles
avaient suivi docilement, sans oser lui poser
la moindre question. Le bossu ne se donna
pas la peine de répondreentralnant les deux
femmes dans la cour de la gare. Claudine,
près de l'automobile, attendait.
Froquart s'approcha de ea maîtres e et,
sans se laisser reconnaîtra lui remit un pli
cacheté.
— De la part de M. Froquart, murmura-
toi, contrefaisant sa voix.
La jeune femme ouvrit la lettre ; à la lueur
des lanternes de la voiture, elle lut les mots
suivants :
« Paris, 7 février, 8 h. 30 soir.
» Ma chère Cloclo, au moment de partir,
un ordre de service nécessite ma présence
à Paris ; en conséquence, j'ai prié un de mes
amis de vouloir bien conduire jusqu'auprès
de M. Lécuyer les deux femmes qui raccom-
pagnent. J'ai besoin de toi dès demain matin
pour une affaire très importante. Prends le
train qui quitte Granville demain soir et des-
cends à Paris, à l'hôtel Lavenu, sous le nom
de Mime Muller. Je t'y rejoindrai dans la
matinée. L'ami qui te remet ce mot sait di-
riger une automobile, tu peux donc sans
crainte lui confier la voiture. Je t'attends,
plus amoureux que jamais. Ton Mimile. »
Claudine relut ce billet au moins trois fois.
De temps à autre, elle considérait l'homme à
l'épaule plus haute que l'autre qui venait de
le lui remettre, ainsi que les deux femmes
qui, silencieuses, attendaient à quelques pas
delà.
— Ah I il m'embête l. Je ne puis pourtant
pas retoum&r. à Paria dans cette tenue, finit-
elle par dire, en montrant sa pelisse et sa
casquette de chauffeur. On va me prendre
pour une folle.
— Il le faut, cependant, ordonna avec une
voix de basse Froquart ; il le faut, madame,
mon ami vous attend, et c'est dans votre in-
térêt, croyez-le.
Tout en parlant, il avait repris la lettre
des mains de sa maîtresse, puis il se dirigea
vers le. guichet, où il demanda un billet de
première classe, qu'il remit à la jeune
femme. Celle-ci, que l'imprévu amusait; qui,
de plus, avait en Froquart .une confiance
irraisonnée et bien féminine, et qui com-
mençait à s'ennuyer dans la villa, seule
avec le silencieux M. Lécuyer, accepta l'or-
dre ; elle s'écria : „
— Eh bien, soit !. Adieu !
Et elle pénétra dans la salle d'attente.
Aussitôt Froquart invita Mme Marloque
et sa fïlïe "S monter dans l'automobile, et,
après avoir mis en marche Je moteur, sau-
tant à son tour sur la banquette de devant,
il saisit le volant de direction, et la machine
s'ébranla. Trois quarts d'heure après, ils
arrivaient à la villa.
Après avoir installé les deux femmes dans
la salle à manger, il courut à la chambre
de son oncle. Celui-ci n'était pas encore cou-
ché. A la lueur d'une grosse lampe, il étu-
diait les livres sur les Indes que 1 ex-inspec-
teur lui avait laissés.
— C'est vous, mon neveu ? dit-il en voyant
entrer cet être difforme aux cheveux et à la
moustache rouges. Votre femme m'avait dit
qu'elle allait au-devant de vous.
— Oui, mon oncle, c'est moi. je n'arrive
pas seul.
— Ma femme. ma fille sont là ? demanda
très ému le vieillard, en se dressant.
— Non, elles doivent être en Belgique
pour le quart d'heure. Je ne sais comment
elles s'y sont prises, mais elles ont été
filées, et, si vous tentiez de les rejoindre,
vous seriez pincé. Il faudra, d'ici quelques
jours, essayer de les expédier vers d'autres
rivages, afin de dépister la police. Nous re-
parlerons de cela.
- Alors, qui vous accompagne ?.
- Une femme que vous avez beaucoup ai..
mée. qui a eu des torts envers vous. et
qui implore votre pardon. j
— Madame Marloque ?.
- Elle-même. Je l'ai rencontrée fortuite-
moail. fille est ja&UMumuet ja&i» toujours
très belle. Quand je lui ai parlé de vous,
de grosses larmes ont mouillé ses yeux ; j'ai
pensé qu'en vous l'amenant je faisais un
acte de charité et que, d'autre part, sa com-
pagnie diminuerait de beaucoup la tristesse
de votre exil.
Froquart parlait de sa voix caressante,
considérant, à la dérobée, l'effet que ses pa-
roles produisaient sur le vieillard. Celui-ci
nerveux, marchait de long en -large. Un
combat se livrait en dui. D'un côté sa fem-
me, sa fille étaient devant ses yeux., ; de
l'autre, son -ancienne maîtresse. En rece-
vant celle-ci sous son toit, il1 sentait qu'il
aggravait l'ignominie de sa conduite, qu'il
retournait à la honte. L'amant de Claudine
lisait sur les traits du caissier comme dans
un livre.
— Si je me suis trompé, dit-il après un
(moment de süence, vous renverrez cette
femme, mais non sans kii avoir adressé
quelques mots. Je vous 3e répète, elle est
malheureuse.
— Où est-elle? demanda Lécuyer après
une dernière hésitation.
— Dans la saille à manger. avec sa fille.
— Sa fille ? Elle a donc une fiite ?
— Certes. une jeune et bien jolie per-
sonne. Venez, mon oncle, venez 1
Et, sans laisseré le vieillard réfléchir de
nouveau, Froquart l'entraîna au rez-de-
chaussée.
Mme Marloque avait stylé Odette.
— J'ai retrouvé, lui avait-elle dit, un vieil
ami à moi ; il est très riche, très bon ; tâ-
che de lui plaire par ta bonne tenue et des
manières distinguées, de façon à ce qu'il
nous vienne en aide. Il peut nous tirer de
nos ennuis.
Aussi, lorsque la porte de la salle à man-
ger s'ouvrit, M. Lécuyer trouva-t-il à
côté de sa maîtresse, une jeune fille à l'air
candide ; elle se tenait debout, les paupières
baissées. Quant à Mme Marloque, bien
qu'elle eût de la peine à reconnaître dans le
caissier, tant il avait vieilli, son Toto d'il y
avait deux ans, elle avança de deux ou trois
pas, un sourire gêné aux lèvres, les mains
tendues. Le vieillard la regardait venir, l'œil
hagard, le corpa secoué d'un long frisson.
— Pardon, murmura la dompteuse d'une
voix éteinte (aile se rappelait les recomman.
OatiA&a 48 Froquart lsca de ma première vi. j
site chez elle)t pardon;.. J'ai eu des torfcr
envers vous. mais je me suis repentie..*
j'ai expié dans Je malheur et la souffrance.,4
Depuis longtemps, j'aurais voulu vous de-
mander ce pardon, je ne savais où vousren-i
contrer. Le hasard a placé sur ma route und
de vos parents ; aussitôt qu'il eut bien voulæ
me dire où je vous retrouverais, je suis*
partie.
HabUe comédienne, elle faisait trembler sa
voix et ses yeux s'emplissaient de -larmes.
— Pauvre femme 1 grogna Froquart d'une
voix caverneuse.
— Je voua pardonne, se décida à munnim
rer M. Lécuyer, je vous pardonne, bien quoi
par voue et pour vous j'aie horriblement
souffert. Mais voua n'allez pas habiter ici.
lea convenances. 1
- Oh! mon ami t mon ami! supplia loO
dompteuse en se jetant sur les mains du caàs^
sier qu'elle couvrit de baisers, laissez-mail
seulement un jour près de vous. que neuw
puissions parler du passé. et je partirai), sitt
vous l'ordonnez. Nous retournerons, ma flU.
et moi à cette vie de bohémiennes pour La-t
quelle nous n'étions pas nées.
Ces derniers mots se perdirent dama una
sanglot. La jeune Odette qui ne s'attendait
pas à cette scène, énervée par le voyage,
émue par le ton larmoyant de sa mère, fon-
dit en larmes, elle aussi. -
M. Lécuyer, de plus en pius troublé, ne ré-
pondit pas. Il tnvita Tes deux femmes à s'as-
seoir, et prit place à la table. Froquart, d'un!
tour de main, mettait le couvert ; les reliefs
du dîner, augmentés, d'un pâté qu'il avait
acheté à Paris, s'étalèrent bientôt devant les
yeux des nouveaux venus. Quelques bou-
teilles de vin furent débouchées. Les yeux sa
séchèrent, des sourires se dessinèrent, ua
quart d'heure après Mme Marloque et le
caissier ravivait les souvenirs du passé, man..
tout bas, à cause de la jeune fille, qu'occu-
pait le soin de répondre aux questions in-
nombrables que l'ex-inspecteur lui posait sufl
son existence parmi des bêtes fauves ; exis-
tence pour laquelle Odette ne semblait pas
avoir de prédilection.
— Voyez-vous, mademoiselle, concluait
Froquart en contrefaisant toujours sa voix ;
il vaut encore mieux être rentière que mon-
treuse d'ours.
CAMILLE OUDINOT et JBAN LA.'UJUa.
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