Titre : L'Action française : organe du nationalisme intégral / directeur politique : Henri Vaugeois ; rédacteur en chef : Léon Daudet
Auteur : Action française. Auteur du texte
Éditeur : Action française (Paris)
Date d'édition : 1925-05-30
Contributeur : Vaugeois, Henri (1864-1916). Directeur de publication
Contributeur : Daudet, Léon (1867-1942). Directeur de publication
Contributeur : Maurras, Charles (1868-1952). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb326819451
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 30 mai 1925 30 mai 1925
Description : 1925/05/30 (Numéro 150). 1925/05/30 (Numéro 150).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG87 Collection numérique : BIPFPIG87
Description : Collection numérique : BIPFPIG69 Collection numérique : BIPFPIG69
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k762330c
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, GR FOL-LC2-6354
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 18/01/2011
Dîx-Etutîemë anu£€—11* 150
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France et Colonies. 48 fr., aS fr. iS fir.
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Chèque postal t Compte 33 .900 Paris.
ORGANE DU NATIONALISME INTÉGRAL
« Tout ce qui est national est notre. »
Le Due d'ORLÉANS
héritier des quarant© Rois qui en mille ans firent la France.
aïBACTIOH « ADMIWrSTKATIO» t
14» me de £omc^ PARIS (&).
Adressa taégrapMqns : ACTIOF B A K-PA BIS
Téléphone : Administration ; Louvre s M q , a6-5o
SUâcUm i Geo irai 7 5-44 Publicité : Central 74-77
ir : Ségur 11 -68
; Seine N* 78.M2
Après 14 heures da soir : Ségur ii-68
Boçiïtrede Commerce
Fondateur t HENRI VAUGEOIS — Directeurs politiques •• LÉON DAUDET et CHARLES MAURRAS — Rédaetenr en chef s MAURICE PUJO
LMIIcmagnc est satisfaite de son armée
« Le système militaire actuel qui nous
a été imposé par le traité nous donne,
et en cela nous devons remercier l 'En
tente, une troupe d'élite. >
Discours Hé M. Gessler,
t
Ministre de Iq Reichswehr
Assassinats
concertés et connexes
La Bonnefoy double la Berton
Nous avons aujourd'hui la conviction
que la Berton visait Plateau, et non un
autre ; que la Bonnefoy visait Berger, et
non un autre, et que, pour la première
comme pour la seconde, « Maurras » et
« Daudet » n'étaient là que comme déri
vatifs à l'enquête ultérieure.
La Berton avait d'ailleurs averti Ber
ger, comme second de Plateau, que son
tour viendrait et qu'elle se vengerait de
lui. Traduisez : qu'elle vengerait, sur lui,
la police politique dont elle était l'émis
saire secrète.
La Bonnefoy reprend, les pas dans les
pas, le sinistre bobard de la Berton :
« J'en voulais à Daudet et à Maurras... ï>
Elle ajoute même — je vais y revenir *—
. « et à Poincaré ». Ce qui apparaît comme
légèrement désuet. Qui songerait, mainte-
'nant, à tuer Poincaré !. La Bonnefoy a
ajouté qu'elle 6'était trompée et qu'elle
regrettait amèrement d'avoir tué Berger,
au lieu de Maurras qu'elle visait, et avec
qui elle l'avait confondu. C'est la répé
tition exacte, au commissariat, des pro
pos de la Berton en cour d'assises.
Remarquons ici, entre parenthèses," que
Flaoutter raconte qu'il a cru comprendre,
aux propos de Philippe [censément in
connu de lui, le 24 novembre 1923] que
l'enfant en voulait à la vie de Daudet,
de Millerand et de Poincaré. Cela, c'est
l'estampille de la police. Cependant que
Marlier fait tuer Philippe par Colombo
dans le sous-sol de Flaoutter, il fait sur
veiller, par la plus tendre des sollicitudes,
les logis de Daudet en même temps que
ceux de Millerand et de Poincaré.
, Aussitôt son crime commis, le 22 jan
vier 1923, la Berton simule le suicide,
pour échappe» aux conséquences immé
diates -de son acte. Elle ressimulera le
suicide, en octobre 1924, d'ordre de Mar
lier, afin d'accréditer la fable, policière
et grotesqué; de Philippe" amant de la
Berton à l'âge de 13 ans 1/2, où il ne
sortait jamais seul !
Quelques heures après l'accomplisse
ment de son crimes la Bonnefoy se cons
titue prisonnière — à l'instigation de
qui ? — et simule la folie. J'entends bien
que c'est une déséquilibrée, comme l'était
la Berton elle-même. Il' est .certain que
de semblables besognes criminelles ne
sont pas suggérées, ni confiées à des per
sonnes d'un parfait équilibre et d'un bon
sens imperturbable. Biais, de même que
l'assassinat de Plateau présuppose une
préparation longue, soigneuse et savante,
de mêihe l'assassinat dé Berger présup
pose une minutieuse mise en scène.
Pour quiconque réfléchit,, ces deux œu
vres de sang sont de la même officine,
ont été combinées dans les mêmes esprits.
D'ailleurs nous ne sommes pas seuls à
le constater. Nos confrères François Coty,
dans le Figaro, Camille Aymard, dans la
Liberté, dans des articles d'un courage et
d'une clairvoyance devenus bien rares,
ont montré comment ces assassinats
avaient toujours, lieu dans le même sens
et étaient multipliés par l'impunité due
à la défaillance de la Justice.
Je suis parfaitement convaincu qu'il y
a etneore de nombreux magistrats sou
cieux de l'honneur de leur profession,
du salut de la société, et capables de
regarder en face la vérité ; ce qui est la
condition indispensable à l'acLniinistra-
. tion de la Justice. Mais l'expérience du
mauvais juge qu'est le fort intelligent
M. Barnaud m'a prouvé que, chez cer
tains, c'est la Police.qui commande à la
Justice, et non, comme il sied, la Justice
qui commande à la Police. Le Temps lui-
même, si timoré en ces sortes d'affaires
— ce qu'il n'était pas du temps d'Adrien
Hébrard — déplorait, l'autre jour, les
lenteurs voulues de M. Barnaud dans
l'affaire du quadruple assassinat commu
niste de la rue Damrémont. J'avais écrit,
ici, dès la première heure, qu'il n'y avait
rien à attendre de M. Barnaud qu'un
étouffement bien conditionné. M. Bar
naud a aussi peur du gouvernement qu'il
- a peur de la police, et il connaît l'in
fluence du communisme dans les conseils
du gouvernement. .
Vous me demandez maintenant pour
quoi cette vendetta policière dirigée con
tre Plateau et Berger, avec exécution
intercalaire, de Philippe Daudet.
Parce que la police politique a rendu
responsables Plateau -et Berger de la
divulgation d'un secret, gros de consé
quences, que les campagnes de Daudet
ont mis en lumière, et qui est l'étroite
connivence, collusion et complicité de la
police politique et de l'anarchie révolu
tionnaire d'une part, de la police politi
que et de l'Allemagne de l'autre. Fait qui
n'est plus contesté par personne, dont
l'évidence crève les yeux, mais dont la
manifestation publique a gêné et gênera
singulièrement désormais des opérations
criminelles —- contre la Patrie et contre
LA POLITIQUE
les particuliers — naguère considérées,
dans les milieux de haute police, comme
de tout repos.
Il s'agissait, en tuant Plateau et Ber
ger [par des mains de filles anarchistes
dites « surveillées s>] et en tuant Phi
lippe [dans une « méprise » policière
concertée], non seulement de supprimer
directement ces deux patriotes renseignés
et, indirectement, l'utilisateur de leurs
renseignements [car Marlier et Lannes
pensaient que la mort de mon fils me
mettrait à jamais hors du jeu], mais
encore de terroriser les imitateurs possi
bles.
Tout ceci est aujourd'hui parfaitement
clair, aussi clair que le désir An- gouver
nement actuel et de sa police politique
d'organiser une tuerie bilatérale entre
communistes et patriotes. Car on remar
quera que, dans ces assassinats indivi
duels et collectifs, ce sont toujours les
patriotes qui sont tués. L'opinion publi
que en est extrêmement frappée. On le
serait à moins. Voici la série :
22 janvier 1923. — Assassinat de Ma
rins Plateau, à l'instigation de l'indica
teur Flaoutter, par la fille de police
Berton, acquittée depuis.
23 novembre 1923. — Assassinat de
Philippe Daudet, ehez l'indicateur
Flaoutter, à l'instigation de Marlier et
de Lannes, par la main du commissaire
Colombo.
9 février 1925. — Assassinat de deux
catholiques à Marseille à l'instigation de
conseillers municipaux de cette ville.
23 avril 1925. — Assassinat de quatre
patriotes rue Damrémont. Instruction en
cours dans l'étouffoir de M. Barnaud.
26 mai 1925. — Assassinat d'Ernest
Berger, second de Plateau, par Maria
Bonnefoy.
La Berton a été acquittée à l'aide d'un
jury truqué par la police, où figurait,
entre autres, un libraire infâme du Palais-
Royal, émule de Flaoutter.
Flaoutter n'est pas encore arrêté, non
plus que Gruffy, non plus que Marlier,
Lannes et Delange qui ont menti sans
arrêt à l'instruction !
Les assassins des catholiques de Mar
seille ou ont échappé, ou ont subi dés
châtiments dérisoires.
L'instruction de l'assassinat quadruple
de la rue Damrémont est inerte et sta-
tionnaire depuis un mois.
Mais comment en serait-il autrement
dans un malheureux pays où l'initiatrice
de tous ces crimes, femme du ministre
actuel des Finances, meurtrière de Gas
ton Calmette, est acquittée, choyée et
souveraine de l'Etat !
Léon DAUDET.
Le désarmement
et le pacte
Paris et Londres sont d'accord sur une
demi-douzaine de conditions qui seront
signifiées à l'Allemagne pour que son
désarmement soit considéré comme accom
pli. Pour savoir si ces conditions répondent
aux manquements constatés par la Com
mission de contrôle, il faudrait connaître
le texjte complet du rapport, et il n'a pas
été publié jusqu'ici.
On a donc le droit de considérer que
nous allons à une sorte de. plan Dawes
militaire poiir l'Allemagne. Moyennant un
certain nombre de satisfactions données aux
Alliés, elle sera tenue quitte du reste.
Mais, en tout état de cause, le ministre
Gessler peut chanter, comme avant-hier à
la tribune du Reichstag, sur l'air de J'ai
du bon tabac, l'éloge de la Reichswehr,
armée de métier d'une qualité excellente et
même supérieure à tout ce qui existe, armée
de métier, armée de cadres, armée moderne,
absolument légale d'ailleurs, telle que le
traité de Versailles l'a voulue et telle que
n'en possède aucun des pays alliés.
M. Gessler -a dit que, pour créer un véri
table état de paix en Europe, il faudrait
proportionner partout les forces militaires.
Il ajoute par là l'ironie à l'ironie, puisqu'il
se félicite de la qualité de ses 100.000 ren
gagés auxquels on ne saurait égaler deux
ou trois fois plus de soldats rapidement
instruits. C'est tout le problème militaire
de l'avenir que M. Gessler a posé.
Quant au pacte de garantie, complémen
taire du désarmement, on assure' à Londres
qu'il est en bonne voie. Cependant il n'ap
paraît pas que le point de 'vue du gouver
nement britannique ait changé. Sa répu
gnance à comprendre dans le pacte les
frontières orientales de l'Allemagne, c'est
à-dire la Pologne et la Tchécoslovaquie,
reste la même, parce que ce sont les fron
tières Jes plus menacées. — J, B.
I. jCartellisme, socialisme,
patriotisme,
Comme l'ont fait prévoir nos derniers
mots hier, c'est l'esprit de parti, la raison
de parti qui l'a emporté à la Chambre.
On me disait, à deux heures après midi,
que le cartel était déchiré. Allons donc !
Il tient ou du moins il n'est pas rompu.
Nos bons libéraux nationaux % sont faits
quinauds et cornifiés dans les règlles: leur
opposition va porter à son bonnet tricolore
des ornements dont tout le monde louera
la convenance et la congruité.
L'opposition n'est pas intéressante dans
cette affaire. Il lui eût fallu beaucoup d'ha
bileté et de sens manœuvrier pour sauver
en l'occurrence les sentiments patriotiques
le souci vigilant de l'intérêt public et son
honneur, sa dignité d'opposition face à un
ministère Painlevé—Caillaux. On l'aura din-
donnée comme une bacheleette née de la
pluie d'hier, et Briand, son espoir, a col
laboré à son ridicule.
— Alors le gouvernement a rallié les so
cialistes à l'intérêt public ? — Vous n'y
êtes pas. Les socialistes ont compris que
mieux valait rester du côté du manche, as
surer aux camarades communistes l'im
munité, garder la haute main sur l'admi
nistration, les places, l'essentiel. La for
mule qu'ils ont obtenue de Briand ou qu'ils
lui ont imposée sauvait ce que l'opposi
tion n'avait pas su garder : ce que l'on
peut appeler leur situation morale (ou im
morale) gloriam post nummos, la gloriole
et le profit : n'est-ce pas la perfection 1
—Alors,insistez-vous,le gouvernement de
Paul-Prudent, de Briand, de Caillaux est
pourtant devenu militariste et patriote. Il
défend nos armées et même leurs chefs.
11 écarte l'idée d'une paix à tout prix. Il
se brouille même . avec Pierre Bertrand.
Quels lapins, dites-vous, ces Briand, ces
Caillaux et ces Paul-Prudent 1
H. Abd ël Krim règne sur nous
Erreur, triple erreur. Il n'y a qu'un la
pin dans l'histoire, c'est Abd el Krim.
Abd el Krim, en attaquant Paul-Prudent,
a-fait comme Guillaumell en 1914, lorsqu'il
a attaqué Viviani : ce pauvre chef maro
cain est devenu, pratiquement, le chef de
la politique française. Quand on lui donne
un adversaire qui tire des coups de canon,
on oblige la République à tirer d'autres
coups de canon. Je l'ai dit mille fois, c'est
le gouvernement dont les mouvements sont
subordonnés aux coups du dehors: il n'agit
pas, il ne choisit pas son action, toute son
activité se borne a réagir, comme le .Bar
bare de Démosthène, quand on le fait
s'apercevoir qu'il est attaqué. Incapable de
politique active, parce qu'il n'a pas de
tête, de cerveau pensant, dirigeant et vou
lant, il en est à ce stade où l'organisme
exécute encore les réflexes de la moelle
et des ganglions.
Jusques à quand ?
11 y a un temps-pendant lequel Guil
laume II et Abd el Krim sont les suprêmes
et .souverains stimulants d'une résistance
française.
Il peut venir' un autre temps où, la Ré
publique ayant épuisé la nation, ces sti
mulants n'éveilleront plus aucun réflexe
vital. Tout sera mort. Au premier coup de
canon ennemi, on amènera le drapeau.
III. Contre les gens
d'Action française
Notre confrère Clément Vautel est d'avis
que l'on tue bien souvent des gens d'Ac
tion Française. Ce n'est pas qu'il les porte
tendrement dans son cœur. 1s sont,
dit-il, « systématiques, orgueilleux, pé-
« emptoires et même quelque peu aga-
« çants». Mais Vautel n'est pas mauvais
homme, cés quatre défauts ou ces quatre
vices ne lui paraissent pas devoir être ré
primés à coups de revolver.
Leurs ennemis diront :
— Qui sème le vent récolte la tempête !
Jusqu'à présent, les royalistes de la rue
de Rome n'ont encore tué personne, —
pas même Marianne. [Ce qui viendra, Clé
ment Vautel.]. Et c'est une grande in
justice de les accuser du meurtre de
Jaurès, acte odieux perpétré, au contrais
re, par un de leurs ennemis.
Mais Marius Plateau a bel et bien été
assassiné par Germaine Berton, laquelle
fut d'ailleurs acquittée dans les conditions
les plus scandaleuses.
Maria Bonnefoy, qui vient de tuer le
malheureux Ernest Berger, trésorier, de
{'Action française, sera-t-elle proclamée,
elle aussi, innocente par l'invraisemblable
jury de la Seine ?
C'est possible, sinon probable.
Clément Vautel expose les faits à la per
fection. Il n'en donne pas les raisons. Il
écarte même les seules qui lui soient ve
nues à l'esprit, car ni l'esprit de système,
ni l'orgueil, ni le langage péremptoire, ni
ne lui paraît justifier ni expliquer la peine
capitale. Mais alors d'où nous vient cette
grêle de balles ?
Je propose une explication. Avec tout
leur orgueil, leur système, leur don de
taper sur les nerfs en proposant des évi
dences péremptoires, il se trouve que dans
son ensemble, le personnel d'Action fran
çaise développe depuis un quart de siècle
des vues d'intérêt national et d'intérêt so
cial qui ne sont exposées ni défendues
dans leur ensemble nulle part ailleurs.
Alors, les ennemis de la patrie «et les en
nemis de la société sont assez d'accord
pour juger que, cet obstacle gênant une
fois , enlevé, leur avance serait plus
libre, leur assaut plus aisé. L'A ction frai*
çaise est une doctrine, une organisation,
un mouvement. Elle met en liaison étroite
un corps d'idées, un groupe d'hommes,
une suite d'efforts vers un objectif défini.
Avec toutes les imperfections naturelles
à de pauvres hommes, cette triple 'force
n'en compose pas moins quelque chose
avec quoi l'ennemi public doit compter. Il
l'on peut essayer des mêmes méthodes avec
nos partis nationaux.
Que le calcul soit faux, nos magnifiques
progrès depuis nos épreuves les plus
cruelles le démontrent abondamment. Que
la psychologie française échappe à un
ramas de policiers marrons, de juifs rus
ses et de soudards allemands, on s'en dou
te : ils n'ont jamais compris la parabole
du saule gaulois dans Ronsard. Il n'en est
pas moins vrai que cette erreur des étran
gers et des métèques donne la edef de la
procédure tragique par laquelle on se flatte
de venir à bout de notre propagande et de
nos arguments.
Charles MAURRAS.
P.-S. — M5, Mazamet. — Bien reçu
votre lettre. Merci. Vous répondrai pro
chainement.
Paris fera aujourd'hui à Ernest Berger
d'imposantes funérailles
La troisième journée'd'instruction. —■ Un nouveau témoin
du crime. — Ernest Berger était inscrit sur les listes noires
La Maison de France
à Ernest Berger
Monseigneur le Duc d'Orléans, dès qu'il
â"connu l'assassinat d'Ernest Berger, a
adressé à Charles Maurras le télégramme
suivant :
Profondément affligé par l'odieux assas
sinat de l 'ardent patriote Ernest Berger, je
vous prie d'exprimer à l'infortunée veuve
mes sympathies et condoléances très attris
tées.
Votre affectionné,
PHILIPPE.
S. A. R. Madame la Duchesse de Ven
dôme nous fait savoir qu'elle assistera
aux obsèques d'Ernest Berger avec tout
son service d'honneur : le marquis Dadvi-
sard, Mme la comtesse de Saint-Exupéry,
M"* 3 Boyer de BopUane et Morel de
Teincey. N
Le marquis Dadvisard représentera offi
ciellement LL. AA. RR. au cimetière de
Vaugirard.
S. A. R. Madame la Princesse Geneviève
d'Orléans, comtesse de Chaponay, et le
comte de Chaponay assisteront également
aux obsèques.
prix
. , jous
dissoudre ou seulement de nous mettre en
échec, ce ne serait pas trop cher acheté,
Les Allemands en ont fini ainsi avec leurs
partis révolutionnaires. Ils pensent que
Paul Bénazet sur le Rhin
" Le Matin nous apprend que.Paul Béna-
zet, .commissaire général à la guerre, est
arrivé avant-hier à Mayence, au cours
«d'une mission sur le Rhin».
Il fut reçu par le général Guillaumot*
entouré de" tous les officiers généraux et
supérieurs de la garnison et, « tout d'a
bord », il passa la revue des troupes. Puis,
il se rendit à Wiesbade, « sur le stade
magnifique des sportifs du 30* corps».
Il s'était fait accompagner par les mo
niteurs de Joinville et par « leur chef et
animateur », le colonel Bonvalot. On ima
gine ce que peut coûter la « mission » de
Paul Bénazet. En ce temps où Caillaux
prêche les économies, il semble qu'on au
rait pu faire celle de pareille « manifes
tation», comme dit le Matin. Le Cartel
reprend-il la politique f-hénane du premier
Poincaré ? Auquel cas, ça en vaudrait la
peine : sinon, non.
Mais Paul Bénazet tient à parader com
me ministre ou simili-ministre du Cartel.
Il pense avoir enfin trouvé sa voie, et
veut faire croire qu'il n'en a jamais
cherché d'autre. Dernièrement, dans une
rénion ne parlait-il pas des lois laïques
comme « de l'idéal de ses jeunes années » ?
On pourrait faire un volume avec les
« variations » de Bénazet.
- «Pendant ses jeunes années», tout de
suite après avoir quitté l'armée, il se
posa en nationaliste et antisémite à tous
crins, s'enrôlant sous la bannière de Gas
ton Méry, dans les Volontaires de la Li
berté, faisant des conférences sous l'égide
de la Libre Parole. Il allait trouver Char
les Maurras pour lui demander de le re
commander à Brunetière, que Maurras ne
connaissait pas et ne voulait pas connaître.
Puis il se présenta aux élections. A peine
élu, il s'empressa de voter la loi nommant
Dreyfus, chef d'escadron, « à titre de ré
paration » et s'afficha comme vague radi
cal. Immédiatement avant la guerre, il
lui apparut prudent de se ranger parmi
ceux qui dénonçaient l'insuffisance de
notre préparation. Il s'indigna à grand tra>
cas que l'on n'eût écouté ni, les demandes
ni les réclamations des services du mi
nistère de la Guerre. Puis, après l'armis
tice, jugeant dangereux pour sa réélection
d'avoir fait partie d'assembl'ées qui avaient
totalement négligé la défense nationale, il
affirma énergiquement que « le Parlement
de la République » non seulement avait
voté tout ce que les techniciens lui avaient
demandé mais, en outre, avait «prévenu
de ses inquiétudes les experts militaires ».
Tels sont les principaux traits de la
carrière du personnage. -Faut-il rappeler
ses prouesses diplomatiques à Athènes pen
dant la guerre, ou ses ingérences dans les
affaires .d'espionnage alors qu'il lui « fal
lait des armes contre les radicaux et leurs
chefs», au témoignage de Charles Hum-
bert ?
Aujourd'hui, il est quasi-miniatre et,
dans le Cartel. Il passe des revues, les
drapeaux s'inclinent à son passage !
De nombreux Allemands, ajoute le Ma
tin, « avaient tenu » à se rendre pour la
circonstance à Wiesbade. On le conçoit,
du reste.. Quelle joie pour eux, quel adou
cissement à l'amertume de la. défaite de
voir cette armée qui les a battus rendre
les honneurs à Binazet.
G. LARPENT.
ECHO
Dans ce roman qui obtient le plus mérité succès :
Les Ombres (Flammarion, 7 fr. 95)), Delly nous
montre une pure jeune fille que viennent attrister
les ombres d'un premier et gros chagrin d'amour.
LES OBSEQUES
Nous rappelons que les obsèques de notre
ami Ernest Berger auront lieu aujourd'hui a
midi 30, en l'église Saint-Philippe du Roule.
Seules les personnes munies de cartes seront
admises à pénétrer dans l'église.
Les portes de l'église seront ouvertes
à midi.
Les membres du clergé, les officiers en.
uniforme, les membres du Parlement et
des corps constitués munis de leurs insi
gnes pourront pénétrer sans carte.
Les porteurs de drapeaux et fanions
ainsi que la garde du drapeau de l'Action
française devront se trouver à midi 15 à
l'intérieur des grilles de Saint-Philippe du
Roule. Après la cérémonie religieuse, ils
rejoindront immédiatement les points de
rassemblement
Les couronnes qui ne seront pas portées
à bras dans le convoi, devront être dépo
sées pour midi rue de Courcelles, derrière
Saint-Philippe du Roule.
POINTS DE RASSEMBLEMENT
Le rassemblement des délégations se fera
dans l'avenue Victor-Eiyimanuel-lII, dans
la partie située entre la place Saint-Phi
lippe et le rond-point des Champs-Ely-
Elysées, à partir de midi 45.
Jeunesse des Ecoles
Les Etudiants, Lycéens et Collégiens
patriotes se grouperont à midi 45 dans
l'ordre suivant :
Avenue Victor-Emmanuel-III, entre la ne du.Co
tisée et la rue de Ponthieu :
C awdidats aux grandes E coles : Corniche,
Flotte, Taupe, Piston, Agro, Cagne.
F acultés et grandes E coles : Faculté de droit,
Ecole des Sciences politiques, Ecole coloniale,
Faculté des lettres, Ecole normale supérieure,
Ecole des Chartes, Faiculté de médecine, P. C. N.,
Faculté de pharmacie, Ecoles dentaires, Faculté
des Sciences, Institut de chimie de Paris.
Entre la rue de Ponthieu et le n° 43 de l'avenue
Victor-Emmanuel-III ; - .»
Institut catholique, Ecole des mines, Ecole d'Aé
ronautique, Ecole centrale, Ecole des Ponts et
Chaussées, Arts et Métiers, Institut agronomique
de Paris, Institut agronomique dç. Beauvais, Ecole
des hautes études commerciales, Ecole Frilley,
Ecole des Beaux-Arts, Ecole des Arts décoratifs,
Ecole des travaux publics, Ecole d'application du
Génie maritime, Ecole supérieure d'électricité (Su-
dria), Ecole d'électricité et de mécanique indus
trielle (Violet), Ecole Bréguet, Institut électrotech
nique, Ecoles commerciales. < '
Entre le n" 43 de. Favenue Victor-Emmanuel-III
et le n° 14 du rond-point des Champs-Elysées :
L ycees et C ollèges : Lycées Condorcet, Louis-
le-Grand, Saint-Louis, ' Henri-IV, Camot, Janson-
de-Sailly, Buffon, Charlemagne, Michelet, Laka-
nal, Voltaire, Rollin, Hoche, Pasteur ; Collèges
Sainte-Barbes, Chaptal, Ecoles Jean-Baptiste-Say,
Lavoisier, Petjt Séminaire diocésàin de Paris, Col
lège Stanislas, Ecole Sainte-Geneviève, Externat
Saint-Louis-de-Gonzague, Ecoles Notre-Dame, Ste-
Croix-de-Neuilly. Pensionnat de Passy, Ecoles Ro-
croy-Saint-Léon, Saint-Roch, des Francs-Bourgeois,
Massillon, Duvigneau de Lanneau, Fontanes, Des
cartes, Saint-Jean-de-Béthune, de Sèvres.
I,es étudiants' d'A. F. décorés sont priés
de se trouver k.midi 15 très précises en
face le n" 14 du rond-point des Champs-
Elysées pour constituer la garde -du dra
peau des Etudiants.
Ligueurs et Alliés d'A. F.
Les sections de la Ligue d'Action
française se rassembleront sur le trot
toir à partir du n° 30 de l'avenue Victor-
Emmanucl-III dans l'ordre suivant :
A la hauteur des n 30 et 28 :
Les sections des XVIII", I er , II*, III e , IV* et
V e :. arrondissements.
Entre le n° 26 et le n° 20 :
Les sections des VI e , VII e , VIII e , IX" et X* ar
rondissements.
Entre le n° 18 et le n° 12 :
Les sections des XI e , XII",, XIII e , XIV*, XV*
et XVI e arrondissements.
Entre le n' 10 et le n" 6 :
Les sections des XVII e , XIX e et XX e arrondis
sements.
A la hauteur du n° 4 :
Les délégations des sections de province.
Entre l'angle de Favenue Victor-Emmanuel-llt
et l'avenue Matignon :
Les Fédérations de banlieue dans l'ordre sui
vant : Est, Nord, Ouest et Sud.
Commissaires . — Le rassemblement des
Commissaires se fera : •
A midi pour la 7 e équipe, qui devra se
trouver à cette heure sur les marches de
l'église ; ~
A midi 15 pour les autres équipes, qui
se grouperont avenue Victor-Emmanuel-III
à la hauteur du n" 30.
Les Commissaires qui sont étudiants se
joindront au cortège des Ecoles. Ils de
vront se trouver à midi 30 à la hauteur du
n" 14 du rond-point des Champs-Elysées.
Associations patriotiques
_ Un certain nombre d'associations patrio
tiques doivent assister aux obsèques d'Er
nest Berger. .
Celles qui n'ont pas reçu d'instructions
spéciales sont priées de se rassembler sur
le trottoir entre les numéros 69 et 59 de
Tavenue Victor-Emmanuel-III.
La Ligue des Patriotes nous comunmique
la note suivante :
■Des cartes sont à la disposition de nçs camarades
au siège central, 11, rue de Montyon où ils peuvent
les retirer dans la matinée. Les ligueurs qui n'au
ront pu venir chercher des cartes sont priés de se
réunir devant le n* 61 de l'avenue Victor-Emma-
nuel-III à midi.
Voici la convocation des Jeunesses Pa
triotes :
Les Jeunesses Patriotes comptent qu'un très
grand nombre de leurs membres auront à cœur
de /enir assister aux funérailles de leur ami, le
patriote d'Action française, Ernest Berger, lâche
ment assassiné mardi dernier.
Le rassemblement aura lieu à midi 30, rue
Saint-Philippe-du-Roule.
L' Association nationale des Camarades
de Combat nous communique-: . .v
Le comité central a décidé 1»" participation de
l'A. N. C. C. aux obsèques d ! EJrnest '"^érgêr, tré
sorier de la Ligue d'Action franç^isè, assassiné le
26 mai. En conséquence, touj les membres pari
siens devront se trouver le samedi 30 mai, à midi
quinze très précise, au coin de la rue de Cour
celles et de la rue L4 Boëtie. Le comité fait
appel à la discipline,, des membres de Paris de
l'A. N. C. C. et les prie d'être nombreux et exacts
au rendez-vous. »•"
Nous rapp^tons que les Légions ont éga
lement convoqué leurs adhérents.
Après la cérémonie religieuse le cortège
se formera dans l'ordre suivant derrière
le corbillard : la famille, les comités direc
teurs de l'Action française, les membres du
Parlement, la presse, le groupe des dames
d'Action française. Viendront ensuite les
associations patriotiques. Puis/précédés du
drapeau et de sa garde, les groupes d'Ac
tion française, dans l'ordre indiqué plus
haut : Jeunesse des Ecoles et Ligue d'Ac
tion française.
Chaque" section sera précédée de son
fanion et de la couronne portée sur un
brancard.
Le défilé se fera par rangs de quatre.
Le convoi suivra l'itinéraire ci-après :
avenue Victor-Emmanuel-III, avenue Mon
taigne, place et pont de l'Aima, avenue
Bosquet, avenue de la Motte-Picquet, rue
du Laos, rue Cambronne .et rue Lecourbe.
Les délégations défileront à la porte du
cimetière, devant le corps d'Ernest Ber
ger, la famille et les comités directeurs
de l'Action française.
Seuls déboiteront les drapeaux et fa
nions et les porteurs de couronnes.
Les groupes poursuivront leur marche
sans s'arrêter jusqu'aux fortifications, où
ils se disloqueront aussitôt pour permettre
au reste du cortège de se dérouler en
ordre.
Après les dernières prières, le colonel
Bernard de Vesins, président de la Ligue
d'Action française, prendra la parole sur
la tombe de notre ami.
Jtand -Point
"des
Champs-Elysées
Le plan des points de rassemblement
— —♦ —
L'INSTRUCTION
On sait que M. de Devize, demeurant
rue du Cirque, 3, a en à son service Maria
Bonnefoy, comme . cuisinière, du 15 au
21 mai. M. Bacquart a recueilli hier sa
déposition. Il n'est pas apparu au témoin
que Maria Bonnefoy fût déséquilibrée et
il n'a constaté dans sa conduite ou son
attitude aucun fait susceptible d'appuyer
la thèse de la folie.
(La suite en deuxième page.)
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« Tout ce qui est national est notre. »
Le Due d'ORLÉANS
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ir : Ségur 11 -68
; Seine N* 78.M2
Après 14 heures da soir : Ségur ii-68
Boçiïtrede Commerce
Fondateur t HENRI VAUGEOIS — Directeurs politiques •• LÉON DAUDET et CHARLES MAURRAS — Rédaetenr en chef s MAURICE PUJO
LMIIcmagnc est satisfaite de son armée
« Le système militaire actuel qui nous
a été imposé par le traité nous donne,
et en cela nous devons remercier l 'En
tente, une troupe d'élite. >
Discours Hé M. Gessler,
t
Ministre de Iq Reichswehr
Assassinats
concertés et connexes
La Bonnefoy double la Berton
Nous avons aujourd'hui la conviction
que la Berton visait Plateau, et non un
autre ; que la Bonnefoy visait Berger, et
non un autre, et que, pour la première
comme pour la seconde, « Maurras » et
« Daudet » n'étaient là que comme déri
vatifs à l'enquête ultérieure.
La Berton avait d'ailleurs averti Ber
ger, comme second de Plateau, que son
tour viendrait et qu'elle se vengerait de
lui. Traduisez : qu'elle vengerait, sur lui,
la police politique dont elle était l'émis
saire secrète.
La Bonnefoy reprend, les pas dans les
pas, le sinistre bobard de la Berton :
« J'en voulais à Daudet et à Maurras... ï>
Elle ajoute même — je vais y revenir *—
. « et à Poincaré ». Ce qui apparaît comme
légèrement désuet. Qui songerait, mainte-
'nant, à tuer Poincaré !. La Bonnefoy a
ajouté qu'elle 6'était trompée et qu'elle
regrettait amèrement d'avoir tué Berger,
au lieu de Maurras qu'elle visait, et avec
qui elle l'avait confondu. C'est la répé
tition exacte, au commissariat, des pro
pos de la Berton en cour d'assises.
Remarquons ici, entre parenthèses," que
Flaoutter raconte qu'il a cru comprendre,
aux propos de Philippe [censément in
connu de lui, le 24 novembre 1923] que
l'enfant en voulait à la vie de Daudet,
de Millerand et de Poincaré. Cela, c'est
l'estampille de la police. Cependant que
Marlier fait tuer Philippe par Colombo
dans le sous-sol de Flaoutter, il fait sur
veiller, par la plus tendre des sollicitudes,
les logis de Daudet en même temps que
ceux de Millerand et de Poincaré.
, Aussitôt son crime commis, le 22 jan
vier 1923, la Berton simule le suicide,
pour échappe» aux conséquences immé
diates -de son acte. Elle ressimulera le
suicide, en octobre 1924, d'ordre de Mar
lier, afin d'accréditer la fable, policière
et grotesqué; de Philippe" amant de la
Berton à l'âge de 13 ans 1/2, où il ne
sortait jamais seul !
Quelques heures après l'accomplisse
ment de son crimes la Bonnefoy se cons
titue prisonnière — à l'instigation de
qui ? — et simule la folie. J'entends bien
que c'est une déséquilibrée, comme l'était
la Berton elle-même. Il' est .certain que
de semblables besognes criminelles ne
sont pas suggérées, ni confiées à des per
sonnes d'un parfait équilibre et d'un bon
sens imperturbable. Biais, de même que
l'assassinat de Plateau présuppose une
préparation longue, soigneuse et savante,
de mêihe l'assassinat dé Berger présup
pose une minutieuse mise en scène.
Pour quiconque réfléchit,, ces deux œu
vres de sang sont de la même officine,
ont été combinées dans les mêmes esprits.
D'ailleurs nous ne sommes pas seuls à
le constater. Nos confrères François Coty,
dans le Figaro, Camille Aymard, dans la
Liberté, dans des articles d'un courage et
d'une clairvoyance devenus bien rares,
ont montré comment ces assassinats
avaient toujours, lieu dans le même sens
et étaient multipliés par l'impunité due
à la défaillance de la Justice.
Je suis parfaitement convaincu qu'il y
a etneore de nombreux magistrats sou
cieux de l'honneur de leur profession,
du salut de la société, et capables de
regarder en face la vérité ; ce qui est la
condition indispensable à l'acLniinistra-
. tion de la Justice. Mais l'expérience du
mauvais juge qu'est le fort intelligent
M. Barnaud m'a prouvé que, chez cer
tains, c'est la Police.qui commande à la
Justice, et non, comme il sied, la Justice
qui commande à la Police. Le Temps lui-
même, si timoré en ces sortes d'affaires
— ce qu'il n'était pas du temps d'Adrien
Hébrard — déplorait, l'autre jour, les
lenteurs voulues de M. Barnaud dans
l'affaire du quadruple assassinat commu
niste de la rue Damrémont. J'avais écrit,
ici, dès la première heure, qu'il n'y avait
rien à attendre de M. Barnaud qu'un
étouffement bien conditionné. M. Bar
naud a aussi peur du gouvernement qu'il
- a peur de la police, et il connaît l'in
fluence du communisme dans les conseils
du gouvernement. .
Vous me demandez maintenant pour
quoi cette vendetta policière dirigée con
tre Plateau et Berger, avec exécution
intercalaire, de Philippe Daudet.
Parce que la police politique a rendu
responsables Plateau -et Berger de la
divulgation d'un secret, gros de consé
quences, que les campagnes de Daudet
ont mis en lumière, et qui est l'étroite
connivence, collusion et complicité de la
police politique et de l'anarchie révolu
tionnaire d'une part, de la police politi
que et de l'Allemagne de l'autre. Fait qui
n'est plus contesté par personne, dont
l'évidence crève les yeux, mais dont la
manifestation publique a gêné et gênera
singulièrement désormais des opérations
criminelles —- contre la Patrie et contre
LA POLITIQUE
les particuliers — naguère considérées,
dans les milieux de haute police, comme
de tout repos.
Il s'agissait, en tuant Plateau et Ber
ger [par des mains de filles anarchistes
dites « surveillées s>] et en tuant Phi
lippe [dans une « méprise » policière
concertée], non seulement de supprimer
directement ces deux patriotes renseignés
et, indirectement, l'utilisateur de leurs
renseignements [car Marlier et Lannes
pensaient que la mort de mon fils me
mettrait à jamais hors du jeu], mais
encore de terroriser les imitateurs possi
bles.
Tout ceci est aujourd'hui parfaitement
clair, aussi clair que le désir An- gouver
nement actuel et de sa police politique
d'organiser une tuerie bilatérale entre
communistes et patriotes. Car on remar
quera que, dans ces assassinats indivi
duels et collectifs, ce sont toujours les
patriotes qui sont tués. L'opinion publi
que en est extrêmement frappée. On le
serait à moins. Voici la série :
22 janvier 1923. — Assassinat de Ma
rins Plateau, à l'instigation de l'indica
teur Flaoutter, par la fille de police
Berton, acquittée depuis.
23 novembre 1923. — Assassinat de
Philippe Daudet, ehez l'indicateur
Flaoutter, à l'instigation de Marlier et
de Lannes, par la main du commissaire
Colombo.
9 février 1925. — Assassinat de deux
catholiques à Marseille à l'instigation de
conseillers municipaux de cette ville.
23 avril 1925. — Assassinat de quatre
patriotes rue Damrémont. Instruction en
cours dans l'étouffoir de M. Barnaud.
26 mai 1925. — Assassinat d'Ernest
Berger, second de Plateau, par Maria
Bonnefoy.
La Berton a été acquittée à l'aide d'un
jury truqué par la police, où figurait,
entre autres, un libraire infâme du Palais-
Royal, émule de Flaoutter.
Flaoutter n'est pas encore arrêté, non
plus que Gruffy, non plus que Marlier,
Lannes et Delange qui ont menti sans
arrêt à l'instruction !
Les assassins des catholiques de Mar
seille ou ont échappé, ou ont subi dés
châtiments dérisoires.
L'instruction de l'assassinat quadruple
de la rue Damrémont est inerte et sta-
tionnaire depuis un mois.
Mais comment en serait-il autrement
dans un malheureux pays où l'initiatrice
de tous ces crimes, femme du ministre
actuel des Finances, meurtrière de Gas
ton Calmette, est acquittée, choyée et
souveraine de l'Etat !
Léon DAUDET.
Le désarmement
et le pacte
Paris et Londres sont d'accord sur une
demi-douzaine de conditions qui seront
signifiées à l'Allemagne pour que son
désarmement soit considéré comme accom
pli. Pour savoir si ces conditions répondent
aux manquements constatés par la Com
mission de contrôle, il faudrait connaître
le texjte complet du rapport, et il n'a pas
été publié jusqu'ici.
On a donc le droit de considérer que
nous allons à une sorte de. plan Dawes
militaire poiir l'Allemagne. Moyennant un
certain nombre de satisfactions données aux
Alliés, elle sera tenue quitte du reste.
Mais, en tout état de cause, le ministre
Gessler peut chanter, comme avant-hier à
la tribune du Reichstag, sur l'air de J'ai
du bon tabac, l'éloge de la Reichswehr,
armée de métier d'une qualité excellente et
même supérieure à tout ce qui existe, armée
de métier, armée de cadres, armée moderne,
absolument légale d'ailleurs, telle que le
traité de Versailles l'a voulue et telle que
n'en possède aucun des pays alliés.
M. Gessler -a dit que, pour créer un véri
table état de paix en Europe, il faudrait
proportionner partout les forces militaires.
Il ajoute par là l'ironie à l'ironie, puisqu'il
se félicite de la qualité de ses 100.000 ren
gagés auxquels on ne saurait égaler deux
ou trois fois plus de soldats rapidement
instruits. C'est tout le problème militaire
de l'avenir que M. Gessler a posé.
Quant au pacte de garantie, complémen
taire du désarmement, on assure' à Londres
qu'il est en bonne voie. Cependant il n'ap
paraît pas que le point de 'vue du gouver
nement britannique ait changé. Sa répu
gnance à comprendre dans le pacte les
frontières orientales de l'Allemagne, c'est
à-dire la Pologne et la Tchécoslovaquie,
reste la même, parce que ce sont les fron
tières Jes plus menacées. — J, B.
I. jCartellisme, socialisme,
patriotisme,
Comme l'ont fait prévoir nos derniers
mots hier, c'est l'esprit de parti, la raison
de parti qui l'a emporté à la Chambre.
On me disait, à deux heures après midi,
que le cartel était déchiré. Allons donc !
Il tient ou du moins il n'est pas rompu.
Nos bons libéraux nationaux % sont faits
quinauds et cornifiés dans les règlles: leur
opposition va porter à son bonnet tricolore
des ornements dont tout le monde louera
la convenance et la congruité.
L'opposition n'est pas intéressante dans
cette affaire. Il lui eût fallu beaucoup d'ha
bileté et de sens manœuvrier pour sauver
en l'occurrence les sentiments patriotiques
le souci vigilant de l'intérêt public et son
honneur, sa dignité d'opposition face à un
ministère Painlevé—Caillaux. On l'aura din-
donnée comme une bacheleette née de la
pluie d'hier, et Briand, son espoir, a col
laboré à son ridicule.
— Alors le gouvernement a rallié les so
cialistes à l'intérêt public ? — Vous n'y
êtes pas. Les socialistes ont compris que
mieux valait rester du côté du manche, as
surer aux camarades communistes l'im
munité, garder la haute main sur l'admi
nistration, les places, l'essentiel. La for
mule qu'ils ont obtenue de Briand ou qu'ils
lui ont imposée sauvait ce que l'opposi
tion n'avait pas su garder : ce que l'on
peut appeler leur situation morale (ou im
morale) gloriam post nummos, la gloriole
et le profit : n'est-ce pas la perfection 1
—Alors,insistez-vous,le gouvernement de
Paul-Prudent, de Briand, de Caillaux est
pourtant devenu militariste et patriote. Il
défend nos armées et même leurs chefs.
11 écarte l'idée d'une paix à tout prix. Il
se brouille même . avec Pierre Bertrand.
Quels lapins, dites-vous, ces Briand, ces
Caillaux et ces Paul-Prudent 1
H. Abd ël Krim règne sur nous
Erreur, triple erreur. Il n'y a qu'un la
pin dans l'histoire, c'est Abd el Krim.
Abd el Krim, en attaquant Paul-Prudent,
a-fait comme Guillaumell en 1914, lorsqu'il
a attaqué Viviani : ce pauvre chef maro
cain est devenu, pratiquement, le chef de
la politique française. Quand on lui donne
un adversaire qui tire des coups de canon,
on oblige la République à tirer d'autres
coups de canon. Je l'ai dit mille fois, c'est
le gouvernement dont les mouvements sont
subordonnés aux coups du dehors: il n'agit
pas, il ne choisit pas son action, toute son
activité se borne a réagir, comme le .Bar
bare de Démosthène, quand on le fait
s'apercevoir qu'il est attaqué. Incapable de
politique active, parce qu'il n'a pas de
tête, de cerveau pensant, dirigeant et vou
lant, il en est à ce stade où l'organisme
exécute encore les réflexes de la moelle
et des ganglions.
Jusques à quand ?
11 y a un temps-pendant lequel Guil
laume II et Abd el Krim sont les suprêmes
et .souverains stimulants d'une résistance
française.
Il peut venir' un autre temps où, la Ré
publique ayant épuisé la nation, ces sti
mulants n'éveilleront plus aucun réflexe
vital. Tout sera mort. Au premier coup de
canon ennemi, on amènera le drapeau.
III. Contre les gens
d'Action française
Notre confrère Clément Vautel est d'avis
que l'on tue bien souvent des gens d'Ac
tion Française. Ce n'est pas qu'il les porte
tendrement dans son cœur. 1s sont,
dit-il, « systématiques, orgueilleux, pé-
« emptoires et même quelque peu aga-
« çants». Mais Vautel n'est pas mauvais
homme, cés quatre défauts ou ces quatre
vices ne lui paraissent pas devoir être ré
primés à coups de revolver.
Leurs ennemis diront :
— Qui sème le vent récolte la tempête !
Jusqu'à présent, les royalistes de la rue
de Rome n'ont encore tué personne, —
pas même Marianne. [Ce qui viendra, Clé
ment Vautel.]. Et c'est une grande in
justice de les accuser du meurtre de
Jaurès, acte odieux perpétré, au contrais
re, par un de leurs ennemis.
Mais Marius Plateau a bel et bien été
assassiné par Germaine Berton, laquelle
fut d'ailleurs acquittée dans les conditions
les plus scandaleuses.
Maria Bonnefoy, qui vient de tuer le
malheureux Ernest Berger, trésorier, de
{'Action française, sera-t-elle proclamée,
elle aussi, innocente par l'invraisemblable
jury de la Seine ?
C'est possible, sinon probable.
Clément Vautel expose les faits à la per
fection. Il n'en donne pas les raisons. Il
écarte même les seules qui lui soient ve
nues à l'esprit, car ni l'esprit de système,
ni l'orgueil, ni le langage péremptoire, ni
ne lui paraît justifier ni expliquer la peine
capitale. Mais alors d'où nous vient cette
grêle de balles ?
Je propose une explication. Avec tout
leur orgueil, leur système, leur don de
taper sur les nerfs en proposant des évi
dences péremptoires, il se trouve que dans
son ensemble, le personnel d'Action fran
çaise développe depuis un quart de siècle
des vues d'intérêt national et d'intérêt so
cial qui ne sont exposées ni défendues
dans leur ensemble nulle part ailleurs.
Alors, les ennemis de la patrie «et les en
nemis de la société sont assez d'accord
pour juger que, cet obstacle gênant une
fois , enlevé, leur avance serait plus
libre, leur assaut plus aisé. L'A ction frai*
çaise est une doctrine, une organisation,
un mouvement. Elle met en liaison étroite
un corps d'idées, un groupe d'hommes,
une suite d'efforts vers un objectif défini.
Avec toutes les imperfections naturelles
à de pauvres hommes, cette triple 'force
n'en compose pas moins quelque chose
avec quoi l'ennemi public doit compter. Il
l'on peut essayer des mêmes méthodes avec
nos partis nationaux.
Que le calcul soit faux, nos magnifiques
progrès depuis nos épreuves les plus
cruelles le démontrent abondamment. Que
la psychologie française échappe à un
ramas de policiers marrons, de juifs rus
ses et de soudards allemands, on s'en dou
te : ils n'ont jamais compris la parabole
du saule gaulois dans Ronsard. Il n'en est
pas moins vrai que cette erreur des étran
gers et des métèques donne la edef de la
procédure tragique par laquelle on se flatte
de venir à bout de notre propagande et de
nos arguments.
Charles MAURRAS.
P.-S. — M5, Mazamet. — Bien reçu
votre lettre. Merci. Vous répondrai pro
chainement.
Paris fera aujourd'hui à Ernest Berger
d'imposantes funérailles
La troisième journée'd'instruction. —■ Un nouveau témoin
du crime. — Ernest Berger était inscrit sur les listes noires
La Maison de France
à Ernest Berger
Monseigneur le Duc d'Orléans, dès qu'il
â"connu l'assassinat d'Ernest Berger, a
adressé à Charles Maurras le télégramme
suivant :
Profondément affligé par l'odieux assas
sinat de l 'ardent patriote Ernest Berger, je
vous prie d'exprimer à l'infortunée veuve
mes sympathies et condoléances très attris
tées.
Votre affectionné,
PHILIPPE.
S. A. R. Madame la Duchesse de Ven
dôme nous fait savoir qu'elle assistera
aux obsèques d'Ernest Berger avec tout
son service d'honneur : le marquis Dadvi-
sard, Mme la comtesse de Saint-Exupéry,
M"* 3 Boyer de BopUane et Morel de
Teincey. N
Le marquis Dadvisard représentera offi
ciellement LL. AA. RR. au cimetière de
Vaugirard.
S. A. R. Madame la Princesse Geneviève
d'Orléans, comtesse de Chaponay, et le
comte de Chaponay assisteront également
aux obsèques.
prix
. , jous
dissoudre ou seulement de nous mettre en
échec, ce ne serait pas trop cher acheté,
Les Allemands en ont fini ainsi avec leurs
partis révolutionnaires. Ils pensent que
Paul Bénazet sur le Rhin
" Le Matin nous apprend que.Paul Béna-
zet, .commissaire général à la guerre, est
arrivé avant-hier à Mayence, au cours
«d'une mission sur le Rhin».
Il fut reçu par le général Guillaumot*
entouré de" tous les officiers généraux et
supérieurs de la garnison et, « tout d'a
bord », il passa la revue des troupes. Puis,
il se rendit à Wiesbade, « sur le stade
magnifique des sportifs du 30* corps».
Il s'était fait accompagner par les mo
niteurs de Joinville et par « leur chef et
animateur », le colonel Bonvalot. On ima
gine ce que peut coûter la « mission » de
Paul Bénazet. En ce temps où Caillaux
prêche les économies, il semble qu'on au
rait pu faire celle de pareille « manifes
tation», comme dit le Matin. Le Cartel
reprend-il la politique f-hénane du premier
Poincaré ? Auquel cas, ça en vaudrait la
peine : sinon, non.
Mais Paul Bénazet tient à parader com
me ministre ou simili-ministre du Cartel.
Il pense avoir enfin trouvé sa voie, et
veut faire croire qu'il n'en a jamais
cherché d'autre. Dernièrement, dans une
rénion ne parlait-il pas des lois laïques
comme « de l'idéal de ses jeunes années » ?
On pourrait faire un volume avec les
« variations » de Bénazet.
- «Pendant ses jeunes années», tout de
suite après avoir quitté l'armée, il se
posa en nationaliste et antisémite à tous
crins, s'enrôlant sous la bannière de Gas
ton Méry, dans les Volontaires de la Li
berté, faisant des conférences sous l'égide
de la Libre Parole. Il allait trouver Char
les Maurras pour lui demander de le re
commander à Brunetière, que Maurras ne
connaissait pas et ne voulait pas connaître.
Puis il se présenta aux élections. A peine
élu, il s'empressa de voter la loi nommant
Dreyfus, chef d'escadron, « à titre de ré
paration » et s'afficha comme vague radi
cal. Immédiatement avant la guerre, il
lui apparut prudent de se ranger parmi
ceux qui dénonçaient l'insuffisance de
notre préparation. Il s'indigna à grand tra>
cas que l'on n'eût écouté ni, les demandes
ni les réclamations des services du mi
nistère de la Guerre. Puis, après l'armis
tice, jugeant dangereux pour sa réélection
d'avoir fait partie d'assembl'ées qui avaient
totalement négligé la défense nationale, il
affirma énergiquement que « le Parlement
de la République » non seulement avait
voté tout ce que les techniciens lui avaient
demandé mais, en outre, avait «prévenu
de ses inquiétudes les experts militaires ».
Tels sont les principaux traits de la
carrière du personnage. -Faut-il rappeler
ses prouesses diplomatiques à Athènes pen
dant la guerre, ou ses ingérences dans les
affaires .d'espionnage alors qu'il lui « fal
lait des armes contre les radicaux et leurs
chefs», au témoignage de Charles Hum-
bert ?
Aujourd'hui, il est quasi-miniatre et,
dans le Cartel. Il passe des revues, les
drapeaux s'inclinent à son passage !
De nombreux Allemands, ajoute le Ma
tin, « avaient tenu » à se rendre pour la
circonstance à Wiesbade. On le conçoit,
du reste.. Quelle joie pour eux, quel adou
cissement à l'amertume de la. défaite de
voir cette armée qui les a battus rendre
les honneurs à Binazet.
G. LARPENT.
ECHO
Dans ce roman qui obtient le plus mérité succès :
Les Ombres (Flammarion, 7 fr. 95)), Delly nous
montre une pure jeune fille que viennent attrister
les ombres d'un premier et gros chagrin d'amour.
LES OBSEQUES
Nous rappelons que les obsèques de notre
ami Ernest Berger auront lieu aujourd'hui a
midi 30, en l'église Saint-Philippe du Roule.
Seules les personnes munies de cartes seront
admises à pénétrer dans l'église.
Les portes de l'église seront ouvertes
à midi.
Les membres du clergé, les officiers en.
uniforme, les membres du Parlement et
des corps constitués munis de leurs insi
gnes pourront pénétrer sans carte.
Les porteurs de drapeaux et fanions
ainsi que la garde du drapeau de l'Action
française devront se trouver à midi 15 à
l'intérieur des grilles de Saint-Philippe du
Roule. Après la cérémonie religieuse, ils
rejoindront immédiatement les points de
rassemblement
Les couronnes qui ne seront pas portées
à bras dans le convoi, devront être dépo
sées pour midi rue de Courcelles, derrière
Saint-Philippe du Roule.
POINTS DE RASSEMBLEMENT
Le rassemblement des délégations se fera
dans l'avenue Victor-Eiyimanuel-lII, dans
la partie située entre la place Saint-Phi
lippe et le rond-point des Champs-Ely-
Elysées, à partir de midi 45.
Jeunesse des Ecoles
Les Etudiants, Lycéens et Collégiens
patriotes se grouperont à midi 45 dans
l'ordre suivant :
Avenue Victor-Emmanuel-III, entre la ne du.Co
tisée et la rue de Ponthieu :
C awdidats aux grandes E coles : Corniche,
Flotte, Taupe, Piston, Agro, Cagne.
F acultés et grandes E coles : Faculté de droit,
Ecole des Sciences politiques, Ecole coloniale,
Faculté des lettres, Ecole normale supérieure,
Ecole des Chartes, Faiculté de médecine, P. C. N.,
Faculté de pharmacie, Ecoles dentaires, Faculté
des Sciences, Institut de chimie de Paris.
Entre la rue de Ponthieu et le n° 43 de l'avenue
Victor-Emmanuel-III ; - .»
Institut catholique, Ecole des mines, Ecole d'Aé
ronautique, Ecole centrale, Ecole des Ponts et
Chaussées, Arts et Métiers, Institut agronomique
de Paris, Institut agronomique dç. Beauvais, Ecole
des hautes études commerciales, Ecole Frilley,
Ecole des Beaux-Arts, Ecole des Arts décoratifs,
Ecole des travaux publics, Ecole d'application du
Génie maritime, Ecole supérieure d'électricité (Su-
dria), Ecole d'électricité et de mécanique indus
trielle (Violet), Ecole Bréguet, Institut électrotech
nique, Ecoles commerciales. < '
Entre le n" 43 de. Favenue Victor-Emmanuel-III
et le n° 14 du rond-point des Champs-Elysées :
L ycees et C ollèges : Lycées Condorcet, Louis-
le-Grand, Saint-Louis, ' Henri-IV, Camot, Janson-
de-Sailly, Buffon, Charlemagne, Michelet, Laka-
nal, Voltaire, Rollin, Hoche, Pasteur ; Collèges
Sainte-Barbes, Chaptal, Ecoles Jean-Baptiste-Say,
Lavoisier, Petjt Séminaire diocésàin de Paris, Col
lège Stanislas, Ecole Sainte-Geneviève, Externat
Saint-Louis-de-Gonzague, Ecoles Notre-Dame, Ste-
Croix-de-Neuilly. Pensionnat de Passy, Ecoles Ro-
croy-Saint-Léon, Saint-Roch, des Francs-Bourgeois,
Massillon, Duvigneau de Lanneau, Fontanes, Des
cartes, Saint-Jean-de-Béthune, de Sèvres.
I,es étudiants' d'A. F. décorés sont priés
de se trouver k.midi 15 très précises en
face le n" 14 du rond-point des Champs-
Elysées pour constituer la garde -du dra
peau des Etudiants.
Ligueurs et Alliés d'A. F.
Les sections de la Ligue d'Action
française se rassembleront sur le trot
toir à partir du n° 30 de l'avenue Victor-
Emmanucl-III dans l'ordre suivant :
A la hauteur des n 30 et 28 :
Les sections des XVIII", I er , II*, III e , IV* et
V e :. arrondissements.
Entre le n° 26 et le n° 20 :
Les sections des VI e , VII e , VIII e , IX" et X* ar
rondissements.
Entre le n° 18 et le n° 12 :
Les sections des XI e , XII",, XIII e , XIV*, XV*
et XVI e arrondissements.
Entre le n' 10 et le n" 6 :
Les sections des XVII e , XIX e et XX e arrondis
sements.
A la hauteur du n° 4 :
Les délégations des sections de province.
Entre l'angle de Favenue Victor-Emmanuel-llt
et l'avenue Matignon :
Les Fédérations de banlieue dans l'ordre sui
vant : Est, Nord, Ouest et Sud.
Commissaires . — Le rassemblement des
Commissaires se fera : •
A midi pour la 7 e équipe, qui devra se
trouver à cette heure sur les marches de
l'église ; ~
A midi 15 pour les autres équipes, qui
se grouperont avenue Victor-Emmanuel-III
à la hauteur du n" 30.
Les Commissaires qui sont étudiants se
joindront au cortège des Ecoles. Ils de
vront se trouver à midi 30 à la hauteur du
n" 14 du rond-point des Champs-Elysées.
Associations patriotiques
_ Un certain nombre d'associations patrio
tiques doivent assister aux obsèques d'Er
nest Berger. .
Celles qui n'ont pas reçu d'instructions
spéciales sont priées de se rassembler sur
le trottoir entre les numéros 69 et 59 de
Tavenue Victor-Emmanuel-III.
La Ligue des Patriotes nous comunmique
la note suivante :
■Des cartes sont à la disposition de nçs camarades
au siège central, 11, rue de Montyon où ils peuvent
les retirer dans la matinée. Les ligueurs qui n'au
ront pu venir chercher des cartes sont priés de se
réunir devant le n* 61 de l'avenue Victor-Emma-
nuel-III à midi.
Voici la convocation des Jeunesses Pa
triotes :
Les Jeunesses Patriotes comptent qu'un très
grand nombre de leurs membres auront à cœur
de /enir assister aux funérailles de leur ami, le
patriote d'Action française, Ernest Berger, lâche
ment assassiné mardi dernier.
Le rassemblement aura lieu à midi 30, rue
Saint-Philippe-du-Roule.
L' Association nationale des Camarades
de Combat nous communique-: . .v
Le comité central a décidé 1»" participation de
l'A. N. C. C. aux obsèques d ! EJrnest '"^érgêr, tré
sorier de la Ligue d'Action franç^isè, assassiné le
26 mai. En conséquence, touj les membres pari
siens devront se trouver le samedi 30 mai, à midi
quinze très précise, au coin de la rue de Cour
celles et de la rue L4 Boëtie. Le comité fait
appel à la discipline,, des membres de Paris de
l'A. N. C. C. et les prie d'être nombreux et exacts
au rendez-vous. »•"
Nous rapp^tons que les Légions ont éga
lement convoqué leurs adhérents.
Après la cérémonie religieuse le cortège
se formera dans l'ordre suivant derrière
le corbillard : la famille, les comités direc
teurs de l'Action française, les membres du
Parlement, la presse, le groupe des dames
d'Action française. Viendront ensuite les
associations patriotiques. Puis/précédés du
drapeau et de sa garde, les groupes d'Ac
tion française, dans l'ordre indiqué plus
haut : Jeunesse des Ecoles et Ligue d'Ac
tion française.
Chaque" section sera précédée de son
fanion et de la couronne portée sur un
brancard.
Le défilé se fera par rangs de quatre.
Le convoi suivra l'itinéraire ci-après :
avenue Victor-Emmanuel-III, avenue Mon
taigne, place et pont de l'Aima, avenue
Bosquet, avenue de la Motte-Picquet, rue
du Laos, rue Cambronne .et rue Lecourbe.
Les délégations défileront à la porte du
cimetière, devant le corps d'Ernest Ber
ger, la famille et les comités directeurs
de l'Action française.
Seuls déboiteront les drapeaux et fa
nions et les porteurs de couronnes.
Les groupes poursuivront leur marche
sans s'arrêter jusqu'aux fortifications, où
ils se disloqueront aussitôt pour permettre
au reste du cortège de se dérouler en
ordre.
Après les dernières prières, le colonel
Bernard de Vesins, président de la Ligue
d'Action française, prendra la parole sur
la tombe de notre ami.
Jtand -Point
"des
Champs-Elysées
Le plan des points de rassemblement
— —♦ —
L'INSTRUCTION
On sait que M. de Devize, demeurant
rue du Cirque, 3, a en à son service Maria
Bonnefoy, comme . cuisinière, du 15 au
21 mai. M. Bacquart a recueilli hier sa
déposition. Il n'est pas apparu au témoin
que Maria Bonnefoy fût déséquilibrée et
il n'a constaté dans sa conduite ou son
attitude aucun fait susceptible d'appuyer
la thèse de la folie.
(La suite en deuxième page.)
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