Titre : L'Action française : organe du nationalisme intégral / directeur politique : Henri Vaugeois ; rédacteur en chef : Léon Daudet
Auteur : Action française. Auteur du texte
Éditeur : Action française (Paris)
Date d'édition : 1925-05-16
Contributeur : Vaugeois, Henri (1864-1916). Directeur de publication
Contributeur : Daudet, Léon (1867-1942). Directeur de publication
Contributeur : Maurras, Charles (1868-1952). Directeur de publication
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 16 mai 1925 16 mai 1925
Description : 1925/05/16 (Numéro 136). 1925/05/16 (Numéro 136).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG87 Collection numérique : BIPFPIG87
Description : Collection numérique : BIPFPIG69 Collection numérique : BIPFPIG69
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k762316z
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, GR FOL-LC2-6354
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 18/01/2011
Dix-huitième année — N° 136
Samedi 16 mai 1925
18 centimes. ^ >ABIS
20 centimes. Départements et Couxkzs
ABONNEMENTS! lia il. Sirlab. TnbM.
France et Colonies. 48 fr. s5 fr. i3 fr.
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Chèque postal s Compte 33.900 Paris.
ORGANE DU NATIONALISME INTÉGRAL
« Tout ce qni est national test noire, »
Le Dac d'ORLÉANS
héritier des quarante Rois qui en mille ans firent la France.
Bfi&ACTIOM & ADMIKISTRÀ.TIO»»
ii. ras de Berne, PA BJSfS')
Adreue télégraphique : ACTIOFRATï-PARIS
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Hecistre do Commerce : Seine H* 78.58a
Fondateur .• HENRI VAUGEOïS — Directeurs politiques : LÉON DAUDET et CHAULES MAURRAS — Rédacteur en ebef.» MAURICE PUJO
. , " ' ' ; » !
M. Malvy est en Espagne. Ses
«nombreuses relations personnelles»
envoyé pour s'occuper des affaires du
Maroc.
Mais est-on bien sûr qiie les rela-
tions personnelles de*M. Malvy soient
des amis de la France ?
L'incantation de la Provence
Le rayonnant succès cTTJn Jour d'Ora-
- ge, le nouveau roman de Léon Daudet,
dépasse décidément celui de toutes* les
œuvres précédentes de Fauteur du
Voyage de Shakespeare et de Sylla et
'son destin. C'est ce qui nous, invite à
publier aujourd'hui ces quelques pages,
consolées aux surprises infinies de la
route provençale, continuation de ta rante
romaine et pareillement évocatrice (1). •
Pour réagir contre l'ambiance de mort,
ensoleillée et harmonieuse, qui parcourt
ses Lares avec le mistral, le Provençal a
l'aïoli ; et qui le blâmerait d'en user ! f
Jean en usa. Le mets de Vénus et de
Morphée porta tout aussitôt dans ses
veines une vague de désirs et de songes,
accompagnée d'une bienveillance géné-
. raie. Il surmonta la tentation de la sieste,
à l'aide de quelques bâillements, prit sa
canne, son chapeau, et sortit sur la route,
interpolée, telle un parchemin, de flèches
de soleil et d'ombres bleues...
La routé qui va de Saint-Rémy à Mail-
lane longe les jardins incomparables des
maraîchers et fleuristes de ce pays de
contes de fées. Là demeurent et se «conti
nuent, dé père en fils, des familles paysan
nes qui sont une véritable aristocratie :
quant à la santé, quant à l'intelligence,
quant au métier, quant aux mœurs, elles
rappellent, ces familles privilégiées, les
« gentes » romaines, sans lesquelles l'his
toire de l'Urbs est incompréhensible, et
dont sortaient les législateurs, les grands
capitaines et les pacificateurs du peuple
roi. Elles donnent l'impression d'une
ruche artisane et princière à la fois,
comme dut en-connaître le moyen âge,
où les cathédrales et la théologie n'étaient
sûrement pas des merveiljes isolées,, mais
se liaient à tout un système d'institutions,
à tout un réseau de coutumes, à toute
une culture. Qu'un pareil groupement
eût résisté à Itassaut du nivellement
moderne et de ses laideurs, cela semblait
miraculeux au savant promeneur. Il
admirait ces mas luxueux,, ces terrasses
de raisins et de pampres, ces champs de
fleurs, de fruits et de légumes, ces beaux
enfants, ces sveltes femmes faites comme
des statues grecques — autant de Mague-
lonnes— ces gaillards vigoureux, la belle
1 humeur de tout ce monde au travail et
à la joie.
Les rangées de cyprès, les claies de
* roseaux, divisent la campagne provençale
en une multitude de petits enclos, ainsi
gardés au cagnard, c'est-à-dire à l'abri du
vent. Chaque champ est bordé * d'une
roubine, qui tient du canal et du ruis-
selet. Le bruit de l'eau accompagne le
piéton et scande délicieusement sa mar
che. 13 *est désaltéré par l'oreille. Cette
aimable campagne diffère entièrement des
sites sauvages et dramatiques des Âlpilles,
plus proches du divin et du mystique, et
environnés de mystère. Aucune province
de France, en dépit de sa cohésion par
le langage, n'est différenciée comme
celle-ci. Aucune n'a à sa disposition au
tant de termes de métiers et d'usages.
Une chanson, que Jean se fredonnait en
tendant le jarret, énumère les trente et
une pièces de la charrue. .
L'araire est composée
De trente et une pièces,
Celui qui l'a inventée
, Il faut qu'il en ait su ! ,
Certainement
C'est quelque monsieur.
Au tournant d'un chemin, des abois
• furieux et un piétinement cotonneux,
pareil à celui d'un régiment de laine,
tirèrent le médecin de sa rêverie. Il
reconnut aussitôt le berger Grandguil,
habile et voûtéj qui conduirait le trou
peau de Nostradamus ; lui serrant les
mains avec effusion, il s'informa du mas
. des Spectres. Mais le Fada semblait ne
pas entendre- les questions qu'on lui
posait ; il murmurait des paroles confu
ses, d'un, accent apitoyé, où revenait le
« pécaïre » qui module l'affliction, la.
commisération des Méridionaux.
— Il songe à Henriette, se dit Cordion.
Le soleil et la solitude ont fixé sa peine
de telle sorte qu'il ne pourra jamais s'en
défaire. Il arrive ainsi que, dans les son
ges, celui de qui nous attendons un ren-
foignement, vital et décisif, passe auprès
' autre chimère que la nôtre.
La journée était en son milieu et l'or
du ciel commençait à s'empcurprer,
quand le promeneur hanté arriva à la
porte du cimetière historique, où se
'trouve le tombeau de Mistral. Il entra,
s'attendent à voir le poète assis sur la
pierre du gracieux petit monument. Il
fut déçu de constater son absence. Des
mains pieuses avaient jonché de fleurs
l'emplacement sacré. Alentour, les tombes
pathétiques des Maillanais tués à la
guerre semblaient veiller sur le Virgile
gallo-romain, sentinelle avancée de la
civilisation et de la culture méditerra
néenne dans la nuit des siècles. Ces mar
bres se pressaient, empalmés et gravés,
(X) Librtdme Ernest Flammarion et fils. Un
vol. 755,
comme les enfants autour du Père. Tout
cela était déjà en route pour l'avenir,
dans un sillage de larmes à peine séchées..
Là-fyaut, dans un vallon qu'orne la
lune, on croirait que l'écrin de la- Mort
s'entr ouvre et que ses richesses phospho
rescentes se mêlent à èelles de l'astre des
nuits claires. Mais, ici, l'écrin s'est re
fermé. La prière n'est plus évocatrice.
Rien ne se montre au delà de ce qui est.
Comme Jean Cordion se plaignait de
la sorte, cette idée lui vint que la survie
des poètes, plus matérielle qu'on ne le
pense •— leurs poèmes étant leur subs
tance même — est faite pour nuire à leur
évocation physique, qu'elle doublerait;
Mais il n'en est pas de même des fils
de laboureurs et d'artisans, saisis en
pleine jeunesse, en plein amour de leurs
fiancées, par Bellone, et grillés,: comme
le bois sec,'dans un feu d'enfer. Pourquoi
ceux-là aussi sont-ils muets, qui n'ont pas
accompli leur destinée, qui n'ont pas
touché leur dû éphémère, dormi auprès
de leur bien-aimée, écoutant le petit
souffle égal de leurs enfants ? Comment,
si quelque îàtitude -est laissée de revenir
des ombres aux limbes et des limbes à
la lumière spectrale, comment ces beaux
garçons n'en .profitent-ils pas, après un
tel effort, un tel renoncement, un tel
déchirement?
Ces arrachés au court bonheur terres
tre sollicitaient le savant de telle sorte
qu'il les assimilait à son pauvre petit
garçon, qu'il ressentait paternellement
leur peine amère d'être là, couchés et
froids à jamais, so>us le rayon de la gloire
mistralienne. La porte de fer grinça. Une
femme entra, d'âge moyen, avec cette
allure fière que la -finesse de leurs lon
gues jambes permet aux Provençales. Son
visage était plein et doux, d'une pâleur
crépusculaire. Elle alla à une tombe de
marbre veiné, s'agenouilla, et, prenant
la, croix d'or pendue à son corsage, pria
en abaissant des cils soyeux. Pleurait-elle
un fiancé, un frère, un époux ? C'était
l'heure où ses lames .de cristal- tiède,
d'une réfraction différente, font du soleil
d'automne, avant son coucher* comme un
escalier de marches angéliques, comme
une montée au trône du Roi des Rois.
La cloche de l'église de Maillane tinta.
Sa méditation sans rêves achevée, Jean
reprit le chemin de Saint-Rémy.
Léon DAUDET.
M'" Léon Ailard et M m " Alphonse Dau
det, ainsi Que leurs enfants, dans l'impos
sibilité de répondre en particulier aux
multiples témoignages de sympathie qui
leur •ont été exprimés à l'occasion de
leur deuil, nous prient d'être leur inter
prète auprès de tous leurs, amis et de leur
exprimer leur reconnaissance émue.
Les obsèques
de M. Léon Ailard
Les obsèques de notre collaborateur et
bien cher ami, Léon Ailard, ont eu lieu
hier à midi, en l'église Saint-Thomas-
d'Aquin, devant une foule recueillie et
émue.
Le deuil était conduit par M. Jacques
Ailard, son fils ; M. et Mme Léon Daudet,
ses gendre et fille ; MM. Jean et Pierre Per-
doux et Mlles Perdoux, ses gendre et pe
tits-enfants ; Mme Alphonse Daudet, sa
sœur ; Mme Robert Chauvelot, M. Lucien
Daudet, M. Georges Daudet, ses neveux et
nièce ; M. Charles Daudet; son petit-neveu ;
le docteur et Mme Le Feunteun, ses cou
sins.
La levée du corps a été faite par M.
l'abbé Stiltz, premier vicaire ; la messe de
Requiem, dite par M. l'abbé Senturier, et
l'absoute do.nnée par M. le chanoine de
Cabanoux, curé de la paroisse.
Aux premiers rangs avaient pris place :
S. A. R. la princesse Geneviève d'Orléans,
comtesse de Chaponay ; le comte de Cha
ponay ; MM. Charles Maurras, Maurice
Pujo, Jacques BainVille, le comte Bernard
de Vesins, Lucien Moreau, Robert de Bois-
Jleury, Paul Robain, E. dè Resnes ; la ré
daction et l'administration de l'Action
française.
Dans l'assistance- :
MM. Paul Bourget et Maurice Donnay, de l'Aca
démie française ; M. le colonel Josse, sénateur,
marquis de la Ferronnays, A. Biré, Pierre Tait-
tiriger, députés ; Xavier Yallat, de Màgallon, Char
les RueJIan, anciens députés;
MM. Emile Buré, Edmond du Mesnil ; Léon
Bailby. Pierre Benoît, René Benjamin ;
Mme Paul Bourget, Lucien Lacour, Camille
BelLaigue, Georges Lecomte, Henri Massis, Noël
Francès, Foumier-Latouraille, Arthuys, N. Sant'
Andréa,. André Rousseau, Jacques IJouville, Géo
Londôn, Mme de Coudekerque-Lambrecht, Mlle
Gayraud, abbé Domain, vicomte et vicomtesse Pi
cot de Plédran, Grassot, des J. P., vicomte Dela-
malle, représentant le général Goigoux, Mme Pierre
Lasserr/c, Simon Arbellot, Mme Louis Renon, Al
bert Delmas, Louis-H. Gonnet, " comtesse de Cour-
viEe, Jehan Sennep, B. Denisane, comtesse d'IIin-
nisdal, René Gr )s, Pierre Lecène, F. Maignen de
Mersuay, André Beaunier, Edouard frogan, • A.
Foulon de Vaulx, Mlle Szymanska de SIepovron,
Tissier de Mallerais, Pierre Constans, Fix-Mas-
seau, Albert Flament, Eugène Marsan, Dr Lucien
Bernard, Yves Simon; comtesse de Lsppaïent,
marquis de Saint-Seine, baronne E. de la Bouil-
lej-ie, duc et duchesse de Lévis-Mirepoix, Paul
Cabaret, directeur honoraire au ministère de
l'Agriculture, André Seguin; »
Henri. Martineau, J. Le Bouclier,. Maurice
Blondel, marquis de Roux, Firmin Bacconnier,
Mm ' R. de Boisfle*ry. Henry Laseerre, François
Mauriac, chanoine Richard, curé du Gros-Caillou,
Bernard Grasset, Paul Olagnier, Mme Georges
Valois, J. Valmy-Boysse, vice-président de la So
ciété des gens de lettres, F. Chanot, Paul Muffang,
Georges Calzant, Cl. Jeantet et le. Comité des Etu
diants d'A. F., Jean Variât, Maurice Emery,
Mme Paul Matliiex, Antoine Jledier, Léon Hen-
nique, Dr Henry Valentin, M. Léovzon Le Duc,"
Charles Le Goffic, Marcel Moreau, Antoine Lés
era, M. et Mme Pierre Stevens, M. Le Provost de:
Launay, conseiller municipal de Paris,- de . Neuf-'
ville, délégué général des Jeunesses patriotes, com
tesse do Briche, Mme William Bazin, baron Tris
tan Lambert, Mme Maxime Real del Sarte, Mlle'
Stevens, comte Iienry de Siéyès, colonel de Guil-
lebon, Mlle Verlain, marquis et marquise de Cha-
penay, René Faber, chef de bureau au ministère
de l'Agriculture, Dom Fabien Colonna,' prince de
Leca, etc...
Pendant la messe, la maîtrise de Saint-
Thomas-d'Aquin a exécuté un introït en
chant grégorien et un Kyrie de Théodore
Dubois.
L'inhumation a eu lieu au cimetière du
Père-Lachaise.
Lit POLITIQUE
I. Avant le Rhin, la Vistule
'Hier, en suivant le char du grand Fran
çais que la mort seule aura pu vaincre, *
où regarder ? Que méditer, quelle pensée
conduire qui n'aboutisse à la question des
relations franco-allemandes ? Deux arti
cles magistraux de Jacques .Bainville, l'un
ici, l'autre à,la Liberté , oiit fait la syn
thèse durable de la question. Pourquoi
faut-il qu'à l'heure où le héros n'est
plus là pour les trancher ces problèmes,
reprennent une formidable acuité !
Vous pensez, nous pensons au Rhin. On
y peut toujours penser à propos de la Vis
tule. J'ouvre ma Gazette de Lausanne
d'hier, sur une lettre de Berlin qui a trait
aux frontières orientales de l'Allemagne
et ;au corridor de Dantzig.
Nous croyons savoir, "dit la Gazette, que,
d'accord avec certains milieux britanni
ques, la Wilhelmstrasse envisagerait,
■comme règlement de cette épineuse ques
tion, contre restitution du corridor, de
dédommager la Pologne aux frais... de la-
Lituanie. On ne se dissimulé pas à Ber
lin que la Pologne doit avoir daiis tous
les cas un ".p'ort sur la Baltique, mais on
voudrait qu'elle cherchât ce débouché
non pas à l'ouest de Dantzig, mais plus
au nord, quelque part eiitre Libau et Me-
mel. Car il n'entrerait pas dans le plan
allemand de laisser Memel à la Lituanie
ni à la Pologne, ainsi « dérivée » vers
le nord du -Kurisches Haff. On ne trouve
aucune allusion — évideminetif —^à.toiit
ceci dans la presse allemande. Seuls quel•
ques journaux britanniques, particulière
ment informés, ont levé un coin du voile
qui dérobe jusqu'ici aux regards ces in
téressants projets.
Dans toute cette affaire, la diplomatie
allemande compte s'appuyer sur un pré
cédent. On sait que d'après le traité de
Versailles, le territoire de Memel, c'est-à-
dire l'étroite bande de pays qui borde la
voie ferrée de Tilsitt à Memel, devait être
un territoire libre au même titre que
Dantzig, mais que la Conférence des am
bassadeurs a reconnu ultérieurement l'état
de fait résultant de la prise de posses
sion de ce territoire par la Lituanie.
Toutes ces intrigues d'opérette menées
au milieu de la sanglante tragédie des hos
tilités sont maintenant oubliées et la diplo
matie allemande accepterait aujourd'hui
tout naturellement, l'idée d'une absorption
de la Lithuanie par la Poloqne si cet inci
dent devait rapporter à l'Allemagne le epr-
ridor polonais, ur, - revision des frontières
posnaniennes actuelles et, par-dessus le
marché, la récupération du territoire. fie
Memel. On comprend mieux aujourd'hui
pourquoi l'Allemagne a préféré' voir ce
territoire de Memel échoir à lei Lituanie,
plutôt que.dé le laisser placer sons le con
trôle de la Société des Nations. C'était la
un PRÉClîDEXT kikcieux donnant i/arg.u-
mentation de la possibilité d'une se
conde revision du traité sur ce point.
Les politiciens, français croient qu'un
arrangement de ce genre nous donnerait
la paix. Il donnerait seulement la paix ou
plutôt la liberté de ses mouvements à l'Al
lemagne. Elle pourrait se retourner de l'au*-
tre côté, qui est le nôtre. ,
IL La (( paisible possession
de l'Alsace )) !
Sans doute Hindfinburg, au lendemain
de son avènement, pour achever de désar
mer les impuissances alliées ou ménager
un bon .accueil, à la mnneeuvre esquissée
plus haut, a fait entendre qu'il nous re
connaîtrait la possession paisible de'l'Al-
sace-Lorraine. Mais il faut la légèreté de
cervelle de nos malheureux députés, sé
nateurs, ministres et journalistes du Bloc
national et dû Cartel des gauches pour ac
cepter argent comptant de telles décla
rations. Ceux qui connaissent l'Allemagne,
ceux qui en lisent et dépouillent les jour
naux attentivement sont en garde contre
ces erreurs. Il y a juste un mois, on eut
plaisir, à lire dans le Journal de l'Est
une collection de documents que tout pa
triote vigilant devrait savoir par cœur.
« L'attitude des journaux nationalistes
allemands » ne peut surprendre qui con
naît un peu pangermonistes fieffés ;
mais, ajoutait notre confrère, ce serait une
erreur de croire qu'ils soient les 'seuls à
réclamer l'Alsace depuis que dix mois
d'herriotisme, dix mois de cartel ont créé
entre Strasbourg et Mulhouse le malaise
que l'on sait : démocrates et catholiques
allemands font chorus avec les bismarc-
kiens ! Lisez :
Démocrates et catholiques s'accordent
maintenant à dénoncer également « la ca
rence de la France en Alsace, à affirmer
«que l'Alsace subit depuis .1918 un joug
qu'elle • déteste », qu' « il's'accomplit à
l'Est des Vosges l'affreuse tragédie d'un
peuple », et qu'enfin les Alsaciens ré
clament « le droit de disposer d'eux-
mêmes ».
Un des plus vieux, un des plus solides
organes démocrates écrit, ajissi : « Ces pro
vinces (l'Alsace et la Lorraine) ont été
rattachées en 025 w l'Empire... Elle n'en
ont été détachées qùs par la politique de
violence et d'extorsion de Louis XIV...
Elles ont été cédées à la France par le
traité dé Versailles au mépris de la pro
messe du président Wilson de la libre
acceptation du peuple... »
Un grand journal catholique, les « Mun-
chèner Neueste Nacli"ichten » affirme que
« l'Alsace tout tnticre veut se libérer pré-
sentement dp joug français. »
Le « Kolner Tageblatt », dont une cer
taine presse officieuse a ■souvent voulu
jious faire le défenseur de la politique^ de
rapprochement franco-allemand en Rhéna
nie; affirme en un long article qu'il pré
tend documenté par des Alsaciens que
l'Alsace ne veut plus être française 2. « De
Bâle à Wissembourg, on a le sentiment
d'être traité comme un bâtard..., et tçaité
par la violence... Le cœur déchiré de l'Al
sace saigne plus que jamais... »
Enfin la « Kolnischc Zeitung » — entre
autres journaux rhénans de droite modé
rée,—: déclare également en rendant lon
guement compte de « l'effervescence alsa
cienne » que « l'Alsace veut enfin disposer
de son sort... »
La conclusion ï Elle est facile'à tirer.
Tous ces mêmes journaux protestent con
tre la disposition du pacte d'après laquelle
l'Allemagne renoncerait à toute rectifica
tion . de ses nouvelles frontières occiden
tales. « Ce serait, écrit la « Ncue Badis-
che Landeszeitung », abandonner «défini
tivement un million et demi d'Allemands ».
Et l'organe démocrate ajoute vigoureuse
ment : « Un tel abandon (tes prétentions
.aflemandes sur F Alsace-Lorraine, dans les
circonstances actuelles, serait une faute,
irréparable. »
Voilà, disait le Journal de-l'Est , ce
que veut et pense toute l'Allemagne, celle
de Marx comme celle de Hindenburg.
Que vaudront et que compteront devant le
sentiment unanime et la volonté profonde
d'un peuple les petites blagues mises par
écrit et scellées une fois de plus du sceau
de : l'Empire 1 Et l'on s'en f... Et l'on s'en
f..-. Comme la Prusse s'est f... des traités
de 1839 garantissant l'inviolabilité belge.
Comme l'Allemagne entière s'est f... de la
signature donnée à Versailles face à l'Eu
rope et au monde. Nous sommes de, l'avis
de notre confrère du Journal de l'Est . Il
serait temps qu'on y fit attention à Paris :
l'heure apparaît « assez grave pour
« oublier les intrigues politiciennes et la
« politique de haine et de lutfe des clas-
« ses... C'est la France tout entière qui a
« vibré d'amour lorsque Strasbourg lui a
« été rendue. Que la France tout entière
« reste unie si elle veut garder Stras-
«■ bourg!» ■■■.'"'".*
III. La France et la République
Justes pensées, bonnes paroles. Mais, ;
contre elles et contre-toute la France il y.
a line chose qui fait écran, et c'est la Ré
odieux que l'idée do grouper la France
entière, soit dans une ynion -sacrée, à la
mode de 1914, soit da.ns un faisceau na
tional, à la mode italienne. M. ""oincaré
a dû abjurer ses inspirations d'alors pour
retrouver la paix de. sa conscience ré
publicaine. Et, quand le Bloc des gauches,
des radi-caux aux communistes, veut jeta:
une grosse injure à qui que ce soit, elle
est toujours la même, fascistes !
J'en suis bien fâché pour tant de_ répu
blicains bien intentionnés, mais_ Sernbat
ne s'est pas contenté, de le dire, il l'a dé
montré, et les événements l'ont-démontré à
sa suite, une politique monarchiste est;
celle qui, dès 1870, . eût groupé tous les
Français dans un effort d'action nationale;
. paisible ou guerrière, contre un rival ex
térieur. Une politique républicain est celle
qui, depuis la même date, heurle Français
contre Français dans une lutte électorale
et parlementaire, sociale et religieuse qui
n'a rien épargné.. * .
IV. Ilerriot et Rriand
Cependant le/débat se poursuit entre
les orgEncs de l'opposition sur le meilleur
usage à faire de circonstances d'ailleurs
fort indéterminées»
M. Painlevi a-t-il voulu faire des infi
délités au Cartel ? En avril, il a cédé à la
force : coirtme Briand en 1909 dans le dis
cours de Périgueux, il a jeté au pays les
paroles de détente et d'apaisement. que
l'approché des élections lui faisait juger
'nécessaires. Passato il periculo gabbato i?
santo. Il a, gabé son saint, le péril une fois
passé. Cela ressort, ainsi que je l'indiquais
hier, de l'interdiction du cortège du 10
mai faite au lendemain des élections du
3. Sans doute, cette interdiction est restée
aussi vaine que celle de la grève scolaire
en Alsace. Mais M. Rainlevé ni ses collè
gues ne sont pas hommes à comprendre
le sens ni la" raison de leur iinpir'^ance
de dimanche dernier. Tout semble mon
trer que la politique painlpviste ne sera
ni plus anaisée ni ikus détendue que l'her-
riotiste. Quelques formes y seront simple
ment changées sur quelques poinis.
Briand, qui est le plus extravagant ro
mantique et révolutionnaire de notre
temps, tire du creux de sa poitrine certains
graves accords qui passent pour donner la
note de la raison. Elle est mise là pour em
pêcher la folie de faire du bruit et pour
en couvrir les effets. L'homme qui a
trouvé, de mars à novembre 1921, le
moyen de nous désarmer sur terre et sur
mer commettra bien d'autres insanités
criminelles ! On les peut annoncer comme
le lever du soleil de demain. Mais le soleil
paraît, et celles-ci ne seront avouées.qu'à
l'heure où il sera impossible de les cou
vrir. En attendant on annoncera, avec des
mines de scandale, que Briand n'a trouvé
que quelques milliers de francs sur les
fonds secrets du Quai d'Orsay, le reste,
des millions et des millions, ayant été
affecté à des dépenses électorales et à des
subventions de journaux. Je confesse que
c'est un peu vif après 4 mois d'exer
cice. Mdis, que.'ques personnes se le rap
pellent, dès le mois de janvier 1922 l'ad
ministration Briand avait si bien usé
dès" fonds secrets de l'exercice qu'il n'en
restait pas un denier, pas un radis à la
malheureuse administration Poincaré! Cel
le-ci, en revanche, aura laissé, en mai
1924, un gros magot inutilisé malgré le
temps électoral... Laissons ces histoires.
Herriot, dissipateur et brouillon, Briand,
retors et facile, sont des administrateurs
qui se. valent. Pour cacher les sinistres
bêtises que fabrique .Her'riot, il n'y a guère
que la fumée dè sa pipe, et encore ! .Les
trahisons de Briand se voient moins vite.
Mais on peut dire qu'elles ont toujours l'a
vantage de la masse et du poids. Ses cri
mes contre la France sont parfois compa
rables à des engins à retardement : éclat ,
sûr et dégâts immenses.
V. Négocier? Agir?
Dans ces conditionSi est-ce la peine de
choisir ? Et faut-il être dupe des étiquet
tes fallacieuses qui appellent ceci ou cela
le moindre mal ? Le seul parti sage est
de voir le mai où il est et de l'appeler
par son nom. .
De toute autre politique on peut dire
ce que dit notre confrère Lucien Romier
d'un choix éventuel entre les Caillaux et
les Blum :
Le choix est extrêmement délicat pour
l'opposition. Elle risque d'y perdre,
d'abord, précisément le benefice moiuu.
de son opposition. Elle risque de s'y di
viser irrémédiablement et, par conséquent,
de dêtriure toutes les bases d'organisaation
sur lesquelles elle c'appuie, sans, d'ailleurs,
être assurée que son jeu parlementaire, ré
ussira.
Profondément, ce jeu parlementaire est
une négociation. Pour bien négocier, avant
de bien négocier, il faut d'abord se" battre
bien. Quelles négociations peuvent me
ner, quelles conditions peuvent demander
des vaincus ? Exactement, celles qu'on
voudra ■ leur consentir. En adoptant
cette posture, ils se mettent à la disposi
tion et, par là mênïe, au service des vain
queurs. En tenant, au contraire, énergi-
quement la campagne, profitant des fautes
de l'adversaire, se tenant sur le terrain où
celui-ci n'a que des avantages nominaux
et des hégémonies conventionnelles ou
fictives, ils peuvent l'acculer'à des offres
de paix peut-être honorables, parfois
acceptables et toujours susceptibles d'être
améliorées.
Je conclus que les Angevins frapperaient
un grand coup pour la défense de tous les
biens matériels et moraux qui leur sont
chers en élisant Léon Daudet au siège sé
natorial de Jules Delah.aye. L'élection
signifierait : Résistance. Èt par la résis
tance seule peut êrte imposée ou "plutôt
arrachée au Cartel notre paix. •
VI. La trahison du communisme
t '
Henry de Korab, dans le Matin, cite
quelques documents qui établissent la
complicité des communistes et d'Abd-el-
JKïiat'r.' ■
C'est dans le journal Pravda Vostoka
(la Vérité d'Orient), en date du 27 mars
de cette année, que M. Doriot expose la
« formidable activité » du « Frankom-
parli», comme on dit en Russie, dans le
Nord de l'Afrique. , ■
« Vous voulez savoir ce que fait notre
r parti . aotnmmUt£..dans. Jes. colonies' ? »,
'demande'M. Doriot, et il y répond en ces-
termes-: .-.■■■';■
« Dès qu'il est entré dans la voie de la
bolchevisation systématique, notre parti a
aussitôt entrepris une action bien, organi
sée en vue de la lutte pour l'indépendance
des colonies, des nôtres et de celles de
nos voisins, notamment du Maroc espa-
, gnol, .Les-.syndicats .professionnels rouges
que nous avons créés en Tunisie soutien
nent par tous les moyens le mouvement
nationaliste. Ceci a d'ailleurs eu pour effet
l'arrestation par les autorités françaises
d'un grand nombre de nos camarades.
« Mais en. France même, au sein des
énormes masses d'indigènes qui y vivent,
le « komparti » français , exerce une acti-
tilé formidable. Nous venons de réunir à
Paris un congrès « panfrançais » de toutes
les nationalités opprimées. De semblables
■ réunions ont eu lieu récemment à Mar
seille et à Lille. On y a voté des motions
réclamant la. libération des peuples mar
tyrisés et, pour commencer, la suppression
de toutes les lois d'exception. »
On a bien ,fait d'expulser le diplomate
russe Voline. Mais pourquoi ? Pour des
incartades de tenue et de langage. L'hos
pitalité donnée rue de Grenelle au commu
nisme international n'est pas arrêtée ni
réprimée.
L'Humanité hurle à bas la guerre, quand
il s'agit de défendre notre territoire mé
tropolitain ou colonial. Quand il s'agit de
l'attaquer, elle prêche la guerre sainte.
Gustave Hervé s'en émeut, argumente, cite,
fulmine... Curtius fait mieux. II dénonce la
trahison dans le Gaulois : :
Il y a bien longtemps qu'on sait dans
toute l'Europe fie les troupes d'Abd-et-
Krim sont en partie payées avec de l'ar
gent moscovite, comme le furent les in
surgés égyptiens. L'Angleterre a. eu vite
fait de mettre bon ordre à de tels scan->
dales. Le maréchal Lyautey a paré le coup
que les Riffains, à la solde bolchevique,
entendaient porter à notre empire maro
cain. Mais nue fera le cabinet Painlevé en
présence des intrigues qui se trament au
milieu de nous et des excitations qui vien
nent de Paris ?
M. Painlevé est le plus pauvre esprit
politique de notre temps. H a sacqué Man-
gin lorsque les Allemands étaient a Noyoh.
Il finira par s'arranger pour avoir quel
ques bontés envers Abd-el-Krim. .
Charles MAURRAS.
UN INDESIRABLE
~ Le traître Malvy envoyé
en mission en Espagne
Le gouvernement du Cartel vient de
pousser l'impudence un peu trop loin. Le
traitre Malvy, le condamné de la Haute-
Cour, est envoyé auprès du gouvernement
espagnol en mission extraordinaire.
Il était impossible que la venue du per
sonnage, en mission officielle, ne provo
quât pas un vif scandale dans toute la
colonie française et parmi les sincères
amis que la France compte là-bas. Le. sou
venir de la honteuse attitude de Malvy
pendant son exil est en effet,présent dans
toutes les mémoires. '
Un Espagnol que sa situation. met en
rapport constant avec les milieux officiels,
nous avertit de la stupeur et de l'indigna
tion que provoque le voyage officiel de
Malvy.
On ne comprend pas à Madrid que le
gouvernement français fasse à notre am
bassadeur l'affront gratuit d'envoyer par
dessus son dos un personnage de l'acabit
de .-Malvy--Jva. mission -"-hypothétique, dont
celui-ci est chargé" ne pouvait-elle avoir
lieu par les voies régulières ?
, La colonie française se préparc à mon
trer-du traître le'cas qu'elle fait de lui.
Tous les salons se fermeront devant lui.
En outre, Malvy, qui avait eu l'imperti
nent cynisme de faire pressentir en très
haut lieu afin de savoir si sa visite serait
agréée, a reçu le. royal camouflet qu'il mé
ritait. ■ ' ■
On a fait comprendre à l'ambassadeur
de France que là visite de M. Malvy était
■jugée plus qu'inopportune.
~SB1 OI-IO ® .
Voulez-vous savoir comment une vieille religieuse
illettrée s'impose à un monde d'intellectuels ?
Lisez le nouveau roman de Mme Marie Gasquet :
Tanle la Capucine (Flammarion, 7 fr. 95). ,
Lés funéra illes de Mangin
Paris témoigne sa reconnaissance attristée
au grand soldat
Le grand chef s'en est-allé, au milieu
de l'émotion du peuple, accompagné jus
qu'à sa dernière demeure par ses cama
rades de bataille, de tout grade et de toute
condition, par tout ce que la ville compte
de gens de cœur, par la jeunesse dont il
eût été si Ifeureux de contempler le défilé
martial... . ■
Le gouvernement n'était pas là : ne lui
reprochons pas cette absence. Mangin
n'eût pas voulu, près de son cercueil, du
misérable Painlevé et de sa triste bande.
D'être écartés, par cette grande ombre, de
la communion nationale autour d'un héros
de la Patrie, fut pour eux un premier châ
timent. Ils ne pouyaient pas être là. On le
leur a fait comprendre... *
Bien avant 9 heures, une foule émue se
presse, avenue de 'la Bourdonnais, aux
abords de la maison mortuaire. Les uni
formes sont nombreux et les képis brodés
des généraux fourmillent. Les « casoars »
blanc et rouge frémissent sur les shakos
de la délégation des Saint-Cyriens, qui
s'est massée face à la porte, sur le trot
toir opposé. Les Sociétés d'anciens com
battants, les Associations patriotiques se
groupent le long de l'avenue et dans les
avenues voisines, derrière leurs drapeaux
et leurs fanions.
Un attelage de 75 de l'artillerie de la
1™ division de cavalerie est là. Sur l'affût
de la pièce, aménagé à cet effet, on pla
cera tout à l'heure le cercueil. Déjà, deux
chars couverts de couronnes sont prêts à
partir.
" Lés couronnes
On remarque les couronnes de l'Ecole
spéciale militaire, de la Ville de ViHers-
Cotterets ; celles des Engagés volontaires
alsaciens-lorrains* du Comité central des
Dames, de l'Union nationale des officiers
de réserve, des Camarades de combat, du
23* colonial, de l'armée américaine, de
l'Eclair, de la 15* division écossaise, de
Sarrebourg, ville natale du général Man
gin, des Légions, du Comité de la rive
gauche du Rhin. On admire encore celles
de l'armée française du Rhin à son pre
mier et glorieux chef, • du général Debe-
ney et de l'état-major de l'armée, de la
Saint-C.yrienne et du Military Order " of
World War. Derrière les deux chars, deux
grandes couronnes portées à bras : « les
Combattants africains » et « l'Amicale des
évadés». Celles de l'Action française se
ront < pprtées devant nos délégations.
Le cortège
Dix heures. Toutes les têtes se décou
vrent. Un frémissement court sur la foule.
Lè cercueil «apparaît, recouvert d'un drap
tricolore.
Il est placé sur l'affût de canon. Len
tement, celui-ci s'ébranle, au pas des six
chevaux qui le traînent, précédé des deux
chars de couronnes et encadré par des of
ficiers français et alliés appartenant aux
corps de troupe qui combattirent, pendant
la guerre, sous les ordres de Mangin. .
Les cordons du poêle sont tenus par les
généraux Debeney, Archinârd, Gouraud,
Marchand, Weygand, Guillaumat, Claudel
et par M. Désiré Ferry, député de la
Meuse.
Trois sous-officiers" portent les décora
tions sur des coussins. La médaille mili
taire posthume, refusée, n'y ..figure pas.-Et
voici les trois fanions de commandement
du général : le fanion de divisionnaire est
porté par un tirailleur sénégalais ; le fa
nion de commandant de corps d'armée,
par un sous-officier ; le fanion de Com
mandant d'armée, par un officier. Et der
rière les fanions marche, seul, un noir, en
civil (ancien ordonnance de Mangin de
meuré à son service) et qui porte deux
clairons qui sonnèrent à l'entrée de Mar
chand à Fachôda et le sabre de capitaine
de son maître. Mme Mangin, écrasée de
douleur, dans ses voiles de deuil, entourée
de ses huit enfants, suit à pied avec sa
mère, Mme Cav'aignac, veuve du minis
tre, son frère, M. Eugène Cavnignac, pro
fesseur à l'Université de Strasbourg, et les
autres membres delà famille. Un'groupe
de religieuses et d'infirmières précède les
officiers de l'état-major de Mangin et les
tro'is maréchaux Joffre, Pétain et Fayolle.
Le général Lasson représenté le président
de la République. •
Parmi les personnalités présentes, nous
remarquons le général Dubai), grand-chan
celier de la Légion d'honneur'; les géné
raux Tanant, Pau. Desticker, Nollef, Ra-
guenau, MM. Maginot, MiMerand. André
Lefèvre, etc. ,
Les attachés militaires, les délégations
de l'armée coloniale, :de l'Ecole de Saint-
Cyr, de l'Ecole de guerre viennent en
suite. ,
Et voici les « anciens de l'armée colo-
Samedi 16 mai 1925
18 centimes. ^ >ABIS
20 centimes. Départements et Couxkzs
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« Tout ce qni est national test noire, »
Le Dac d'ORLÉANS
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Hecistre do Commerce : Seine H* 78.58a
Fondateur .• HENRI VAUGEOïS — Directeurs politiques : LÉON DAUDET et CHAULES MAURRAS — Rédacteur en ebef.» MAURICE PUJO
. , " ' ' ; » !
M. Malvy est en Espagne. Ses
«nombreuses relations personnelles»
Maroc.
Mais est-on bien sûr qiie les rela-
tions personnelles de*M. Malvy soient
des amis de la France ?
L'incantation de la Provence
Le rayonnant succès cTTJn Jour d'Ora-
- ge, le nouveau roman de Léon Daudet,
dépasse décidément celui de toutes* les
œuvres précédentes de Fauteur du
Voyage de Shakespeare et de Sylla et
'son destin. C'est ce qui nous, invite à
publier aujourd'hui ces quelques pages,
consolées aux surprises infinies de la
route provençale, continuation de ta rante
romaine et pareillement évocatrice (1). •
Pour réagir contre l'ambiance de mort,
ensoleillée et harmonieuse, qui parcourt
ses Lares avec le mistral, le Provençal a
l'aïoli ; et qui le blâmerait d'en user ! f
Jean en usa. Le mets de Vénus et de
Morphée porta tout aussitôt dans ses
veines une vague de désirs et de songes,
accompagnée d'une bienveillance géné-
. raie. Il surmonta la tentation de la sieste,
à l'aide de quelques bâillements, prit sa
canne, son chapeau, et sortit sur la route,
interpolée, telle un parchemin, de flèches
de soleil et d'ombres bleues...
La routé qui va de Saint-Rémy à Mail-
lane longe les jardins incomparables des
maraîchers et fleuristes de ce pays de
contes de fées. Là demeurent et se «conti
nuent, dé père en fils, des familles paysan
nes qui sont une véritable aristocratie :
quant à la santé, quant à l'intelligence,
quant au métier, quant aux mœurs, elles
rappellent, ces familles privilégiées, les
« gentes » romaines, sans lesquelles l'his
toire de l'Urbs est incompréhensible, et
dont sortaient les législateurs, les grands
capitaines et les pacificateurs du peuple
roi. Elles donnent l'impression d'une
ruche artisane et princière à la fois,
comme dut en-connaître le moyen âge,
où les cathédrales et la théologie n'étaient
sûrement pas des merveiljes isolées,, mais
se liaient à tout un système d'institutions,
à tout un réseau de coutumes, à toute
une culture. Qu'un pareil groupement
eût résisté à Itassaut du nivellement
moderne et de ses laideurs, cela semblait
miraculeux au savant promeneur. Il
admirait ces mas luxueux,, ces terrasses
de raisins et de pampres, ces champs de
fleurs, de fruits et de légumes, ces beaux
enfants, ces sveltes femmes faites comme
des statues grecques — autant de Mague-
lonnes— ces gaillards vigoureux, la belle
1 humeur de tout ce monde au travail et
à la joie.
Les rangées de cyprès, les claies de
* roseaux, divisent la campagne provençale
en une multitude de petits enclos, ainsi
gardés au cagnard, c'est-à-dire à l'abri du
vent. Chaque champ est bordé * d'une
roubine, qui tient du canal et du ruis-
selet. Le bruit de l'eau accompagne le
piéton et scande délicieusement sa mar
che. 13 *est désaltéré par l'oreille. Cette
aimable campagne diffère entièrement des
sites sauvages et dramatiques des Âlpilles,
plus proches du divin et du mystique, et
environnés de mystère. Aucune province
de France, en dépit de sa cohésion par
le langage, n'est différenciée comme
celle-ci. Aucune n'a à sa disposition au
tant de termes de métiers et d'usages.
Une chanson, que Jean se fredonnait en
tendant le jarret, énumère les trente et
une pièces de la charrue. .
L'araire est composée
De trente et une pièces,
Celui qui l'a inventée
, Il faut qu'il en ait su ! ,
Certainement
C'est quelque monsieur.
Au tournant d'un chemin, des abois
• furieux et un piétinement cotonneux,
pareil à celui d'un régiment de laine,
tirèrent le médecin de sa rêverie. Il
reconnut aussitôt le berger Grandguil,
habile et voûtéj qui conduirait le trou
peau de Nostradamus ; lui serrant les
mains avec effusion, il s'informa du mas
. des Spectres. Mais le Fada semblait ne
pas entendre- les questions qu'on lui
posait ; il murmurait des paroles confu
ses, d'un, accent apitoyé, où revenait le
« pécaïre » qui module l'affliction, la.
commisération des Méridionaux.
— Il songe à Henriette, se dit Cordion.
Le soleil et la solitude ont fixé sa peine
de telle sorte qu'il ne pourra jamais s'en
défaire. Il arrive ainsi que, dans les son
ges, celui de qui nous attendons un ren-
foignement, vital et décisif, passe auprès
'
La journée était en son milieu et l'or
du ciel commençait à s'empcurprer,
quand le promeneur hanté arriva à la
porte du cimetière historique, où se
'trouve le tombeau de Mistral. Il entra,
s'attendent à voir le poète assis sur la
pierre du gracieux petit monument. Il
fut déçu de constater son absence. Des
mains pieuses avaient jonché de fleurs
l'emplacement sacré. Alentour, les tombes
pathétiques des Maillanais tués à la
guerre semblaient veiller sur le Virgile
gallo-romain, sentinelle avancée de la
civilisation et de la culture méditerra
néenne dans la nuit des siècles. Ces mar
bres se pressaient, empalmés et gravés,
(X) Librtdme Ernest Flammarion et fils. Un
vol. 755,
comme les enfants autour du Père. Tout
cela était déjà en route pour l'avenir,
dans un sillage de larmes à peine séchées..
Là-fyaut, dans un vallon qu'orne la
lune, on croirait que l'écrin de la- Mort
s'entr ouvre et que ses richesses phospho
rescentes se mêlent à èelles de l'astre des
nuits claires. Mais, ici, l'écrin s'est re
fermé. La prière n'est plus évocatrice.
Rien ne se montre au delà de ce qui est.
Comme Jean Cordion se plaignait de
la sorte, cette idée lui vint que la survie
des poètes, plus matérielle qu'on ne le
pense •— leurs poèmes étant leur subs
tance même — est faite pour nuire à leur
évocation physique, qu'elle doublerait;
Mais il n'en est pas de même des fils
de laboureurs et d'artisans, saisis en
pleine jeunesse, en plein amour de leurs
fiancées, par Bellone, et grillés,: comme
le bois sec,'dans un feu d'enfer. Pourquoi
ceux-là aussi sont-ils muets, qui n'ont pas
accompli leur destinée, qui n'ont pas
touché leur dû éphémère, dormi auprès
de leur bien-aimée, écoutant le petit
souffle égal de leurs enfants ? Comment,
si quelque îàtitude -est laissée de revenir
des ombres aux limbes et des limbes à
la lumière spectrale, comment ces beaux
garçons n'en .profitent-ils pas, après un
tel effort, un tel renoncement, un tel
déchirement?
Ces arrachés au court bonheur terres
tre sollicitaient le savant de telle sorte
qu'il les assimilait à son pauvre petit
garçon, qu'il ressentait paternellement
leur peine amère d'être là, couchés et
froids à jamais, so>us le rayon de la gloire
mistralienne. La porte de fer grinça. Une
femme entra, d'âge moyen, avec cette
allure fière que la -finesse de leurs lon
gues jambes permet aux Provençales. Son
visage était plein et doux, d'une pâleur
crépusculaire. Elle alla à une tombe de
marbre veiné, s'agenouilla, et, prenant
la, croix d'or pendue à son corsage, pria
en abaissant des cils soyeux. Pleurait-elle
un fiancé, un frère, un époux ? C'était
l'heure où ses lames .de cristal- tiède,
d'une réfraction différente, font du soleil
d'automne, avant son coucher* comme un
escalier de marches angéliques, comme
une montée au trône du Roi des Rois.
La cloche de l'église de Maillane tinta.
Sa méditation sans rêves achevée, Jean
reprit le chemin de Saint-Rémy.
Léon DAUDET.
M'" Léon Ailard et M m " Alphonse Dau
det, ainsi Que leurs enfants, dans l'impos
sibilité de répondre en particulier aux
multiples témoignages de sympathie qui
leur •ont été exprimés à l'occasion de
leur deuil, nous prient d'être leur inter
prète auprès de tous leurs, amis et de leur
exprimer leur reconnaissance émue.
Les obsèques
de M. Léon Ailard
Les obsèques de notre collaborateur et
bien cher ami, Léon Ailard, ont eu lieu
hier à midi, en l'église Saint-Thomas-
d'Aquin, devant une foule recueillie et
émue.
Le deuil était conduit par M. Jacques
Ailard, son fils ; M. et Mme Léon Daudet,
ses gendre et fille ; MM. Jean et Pierre Per-
doux et Mlles Perdoux, ses gendre et pe
tits-enfants ; Mme Alphonse Daudet, sa
sœur ; Mme Robert Chauvelot, M. Lucien
Daudet, M. Georges Daudet, ses neveux et
nièce ; M. Charles Daudet; son petit-neveu ;
le docteur et Mme Le Feunteun, ses cou
sins.
La levée du corps a été faite par M.
l'abbé Stiltz, premier vicaire ; la messe de
Requiem, dite par M. l'abbé Senturier, et
l'absoute do.nnée par M. le chanoine de
Cabanoux, curé de la paroisse.
Aux premiers rangs avaient pris place :
S. A. R. la princesse Geneviève d'Orléans,
comtesse de Chaponay ; le comte de Cha
ponay ; MM. Charles Maurras, Maurice
Pujo, Jacques BainVille, le comte Bernard
de Vesins, Lucien Moreau, Robert de Bois-
Jleury, Paul Robain, E. dè Resnes ; la ré
daction et l'administration de l'Action
française.
Dans l'assistance- :
MM. Paul Bourget et Maurice Donnay, de l'Aca
démie française ; M. le colonel Josse, sénateur,
marquis de la Ferronnays, A. Biré, Pierre Tait-
tiriger, députés ; Xavier Yallat, de Màgallon, Char
les RueJIan, anciens députés;
MM. Emile Buré, Edmond du Mesnil ; Léon
Bailby. Pierre Benoît, René Benjamin ;
Mme Paul Bourget, Lucien Lacour, Camille
BelLaigue, Georges Lecomte, Henri Massis, Noël
Francès, Foumier-Latouraille, Arthuys, N. Sant'
Andréa,. André Rousseau, Jacques IJouville, Géo
Londôn, Mme de Coudekerque-Lambrecht, Mlle
Gayraud, abbé Domain, vicomte et vicomtesse Pi
cot de Plédran, Grassot, des J. P., vicomte Dela-
malle, représentant le général Goigoux, Mme Pierre
Lasserr/c, Simon Arbellot, Mme Louis Renon, Al
bert Delmas, Louis-H. Gonnet, " comtesse de Cour-
viEe, Jehan Sennep, B. Denisane, comtesse d'IIin-
nisdal, René Gr )s, Pierre Lecène, F. Maignen de
Mersuay, André Beaunier, Edouard frogan, • A.
Foulon de Vaulx, Mlle Szymanska de SIepovron,
Tissier de Mallerais, Pierre Constans, Fix-Mas-
seau, Albert Flament, Eugène Marsan, Dr Lucien
Bernard, Yves Simon; comtesse de Lsppaïent,
marquis de Saint-Seine, baronne E. de la Bouil-
lej-ie, duc et duchesse de Lévis-Mirepoix, Paul
Cabaret, directeur honoraire au ministère de
l'Agriculture, André Seguin; »
Henri. Martineau, J. Le Bouclier,. Maurice
Blondel, marquis de Roux, Firmin Bacconnier,
Mm ' R. de Boisfle*ry. Henry Laseerre, François
Mauriac, chanoine Richard, curé du Gros-Caillou,
Bernard Grasset, Paul Olagnier, Mme Georges
Valois, J. Valmy-Boysse, vice-président de la So
ciété des gens de lettres, F. Chanot, Paul Muffang,
Georges Calzant, Cl. Jeantet et le. Comité des Etu
diants d'A. F., Jean Variât, Maurice Emery,
Mme Paul Matliiex, Antoine Jledier, Léon Hen-
nique, Dr Henry Valentin, M. Léovzon Le Duc,"
Charles Le Goffic, Marcel Moreau, Antoine Lés
era, M. et Mme Pierre Stevens, M. Le Provost de:
Launay, conseiller municipal de Paris,- de . Neuf-'
ville, délégué général des Jeunesses patriotes, com
tesse do Briche, Mme William Bazin, baron Tris
tan Lambert, Mme Maxime Real del Sarte, Mlle'
Stevens, comte Iienry de Siéyès, colonel de Guil-
lebon, Mlle Verlain, marquis et marquise de Cha-
penay, René Faber, chef de bureau au ministère
de l'Agriculture, Dom Fabien Colonna,' prince de
Leca, etc...
Pendant la messe, la maîtrise de Saint-
Thomas-d'Aquin a exécuté un introït en
chant grégorien et un Kyrie de Théodore
Dubois.
L'inhumation a eu lieu au cimetière du
Père-Lachaise.
Lit POLITIQUE
I. Avant le Rhin, la Vistule
'Hier, en suivant le char du grand Fran
çais que la mort seule aura pu vaincre, *
où regarder ? Que méditer, quelle pensée
conduire qui n'aboutisse à la question des
relations franco-allemandes ? Deux arti
cles magistraux de Jacques .Bainville, l'un
ici, l'autre à,la Liberté , oiit fait la syn
thèse durable de la question. Pourquoi
faut-il qu'à l'heure où le héros n'est
plus là pour les trancher ces problèmes,
reprennent une formidable acuité !
Vous pensez, nous pensons au Rhin. On
y peut toujours penser à propos de la Vis
tule. J'ouvre ma Gazette de Lausanne
d'hier, sur une lettre de Berlin qui a trait
aux frontières orientales de l'Allemagne
et ;au corridor de Dantzig.
Nous croyons savoir, "dit la Gazette, que,
d'accord avec certains milieux britanni
ques, la Wilhelmstrasse envisagerait,
■comme règlement de cette épineuse ques
tion, contre restitution du corridor, de
dédommager la Pologne aux frais... de la-
Lituanie. On ne se dissimulé pas à Ber
lin que la Pologne doit avoir daiis tous
les cas un ".p'ort sur la Baltique, mais on
voudrait qu'elle cherchât ce débouché
non pas à l'ouest de Dantzig, mais plus
au nord, quelque part eiitre Libau et Me-
mel. Car il n'entrerait pas dans le plan
allemand de laisser Memel à la Lituanie
ni à la Pologne, ainsi « dérivée » vers
le nord du -Kurisches Haff. On ne trouve
aucune allusion — évideminetif —^à.toiit
ceci dans la presse allemande. Seuls quel•
ques journaux britanniques, particulière
ment informés, ont levé un coin du voile
qui dérobe jusqu'ici aux regards ces in
téressants projets.
Dans toute cette affaire, la diplomatie
allemande compte s'appuyer sur un pré
cédent. On sait que d'après le traité de
Versailles, le territoire de Memel, c'est-à-
dire l'étroite bande de pays qui borde la
voie ferrée de Tilsitt à Memel, devait être
un territoire libre au même titre que
Dantzig, mais que la Conférence des am
bassadeurs a reconnu ultérieurement l'état
de fait résultant de la prise de posses
sion de ce territoire par la Lituanie.
Toutes ces intrigues d'opérette menées
au milieu de la sanglante tragédie des hos
tilités sont maintenant oubliées et la diplo
matie allemande accepterait aujourd'hui
tout naturellement, l'idée d'une absorption
de la Lithuanie par la Poloqne si cet inci
dent devait rapporter à l'Allemagne le epr-
ridor polonais, ur, - revision des frontières
posnaniennes actuelles et, par-dessus le
marché, la récupération du territoire. fie
Memel. On comprend mieux aujourd'hui
pourquoi l'Allemagne a préféré' voir ce
territoire de Memel échoir à lei Lituanie,
plutôt que.dé le laisser placer sons le con
trôle de la Société des Nations. C'était la
un PRÉClîDEXT kikcieux donnant i/arg.u-
mentation de la possibilité d'une se
conde revision du traité sur ce point.
Les politiciens, français croient qu'un
arrangement de ce genre nous donnerait
la paix. Il donnerait seulement la paix ou
plutôt la liberté de ses mouvements à l'Al
lemagne. Elle pourrait se retourner de l'au*-
tre côté, qui est le nôtre. ,
IL La (( paisible possession
de l'Alsace )) !
Sans doute Hindfinburg, au lendemain
de son avènement, pour achever de désar
mer les impuissances alliées ou ménager
un bon .accueil, à la mnneeuvre esquissée
plus haut, a fait entendre qu'il nous re
connaîtrait la possession paisible de'l'Al-
sace-Lorraine. Mais il faut la légèreté de
cervelle de nos malheureux députés, sé
nateurs, ministres et journalistes du Bloc
national et dû Cartel des gauches pour ac
cepter argent comptant de telles décla
rations. Ceux qui connaissent l'Allemagne,
ceux qui en lisent et dépouillent les jour
naux attentivement sont en garde contre
ces erreurs. Il y a juste un mois, on eut
plaisir, à lire dans le Journal de l'Est
une collection de documents que tout pa
triote vigilant devrait savoir par cœur.
« L'attitude des journaux nationalistes
allemands » ne peut surprendre qui con
naît un peu pangermonistes fieffés ;
mais, ajoutait notre confrère, ce serait une
erreur de croire qu'ils soient les 'seuls à
réclamer l'Alsace depuis que dix mois
d'herriotisme, dix mois de cartel ont créé
entre Strasbourg et Mulhouse le malaise
que l'on sait : démocrates et catholiques
allemands font chorus avec les bismarc-
kiens ! Lisez :
Démocrates et catholiques s'accordent
maintenant à dénoncer également « la ca
rence de la France en Alsace, à affirmer
«que l'Alsace subit depuis .1918 un joug
qu'elle • déteste », qu' « il's'accomplit à
l'Est des Vosges l'affreuse tragédie d'un
peuple », et qu'enfin les Alsaciens ré
clament « le droit de disposer d'eux-
mêmes ».
Un des plus vieux, un des plus solides
organes démocrates écrit, ajissi : « Ces pro
vinces (l'Alsace et la Lorraine) ont été
rattachées en 025 w l'Empire... Elle n'en
ont été détachées qùs par la politique de
violence et d'extorsion de Louis XIV...
Elles ont été cédées à la France par le
traité dé Versailles au mépris de la pro
messe du président Wilson de la libre
acceptation du peuple... »
Un grand journal catholique, les « Mun-
chèner Neueste Nacli"ichten » affirme que
« l'Alsace tout tnticre veut se libérer pré-
sentement dp joug français. »
Le « Kolner Tageblatt », dont une cer
taine presse officieuse a ■souvent voulu
jious faire le défenseur de la politique^ de
rapprochement franco-allemand en Rhéna
nie; affirme en un long article qu'il pré
tend documenté par des Alsaciens que
l'Alsace ne veut plus être française 2. « De
Bâle à Wissembourg, on a le sentiment
d'être traité comme un bâtard..., et tçaité
par la violence... Le cœur déchiré de l'Al
sace saigne plus que jamais... »
Enfin la « Kolnischc Zeitung » — entre
autres journaux rhénans de droite modé
rée,—: déclare également en rendant lon
guement compte de « l'effervescence alsa
cienne » que « l'Alsace veut enfin disposer
de son sort... »
La conclusion ï Elle est facile'à tirer.
Tous ces mêmes journaux protestent con
tre la disposition du pacte d'après laquelle
l'Allemagne renoncerait à toute rectifica
tion . de ses nouvelles frontières occiden
tales. « Ce serait, écrit la « Ncue Badis-
che Landeszeitung », abandonner «défini
tivement un million et demi d'Allemands ».
Et l'organe démocrate ajoute vigoureuse
ment : « Un tel abandon (tes prétentions
.aflemandes sur F Alsace-Lorraine, dans les
circonstances actuelles, serait une faute,
irréparable. »
Voilà, disait le Journal de-l'Est , ce
que veut et pense toute l'Allemagne, celle
de Marx comme celle de Hindenburg.
Que vaudront et que compteront devant le
sentiment unanime et la volonté profonde
d'un peuple les petites blagues mises par
écrit et scellées une fois de plus du sceau
de : l'Empire 1 Et l'on s'en f... Et l'on s'en
f..-. Comme la Prusse s'est f... des traités
de 1839 garantissant l'inviolabilité belge.
Comme l'Allemagne entière s'est f... de la
signature donnée à Versailles face à l'Eu
rope et au monde. Nous sommes de, l'avis
de notre confrère du Journal de l'Est . Il
serait temps qu'on y fit attention à Paris :
l'heure apparaît « assez grave pour
« oublier les intrigues politiciennes et la
« politique de haine et de lutfe des clas-
« ses... C'est la France tout entière qui a
« vibré d'amour lorsque Strasbourg lui a
« été rendue. Que la France tout entière
« reste unie si elle veut garder Stras-
«■ bourg!» ■■■.'"'".*
III. La France et la République
Justes pensées, bonnes paroles. Mais, ;
contre elles et contre-toute la France il y.
a line chose qui fait écran, et c'est la Ré
odieux que l'idée do grouper la France
entière, soit dans une ynion -sacrée, à la
mode de 1914, soit da.ns un faisceau na
tional, à la mode italienne. M. ""oincaré
a dû abjurer ses inspirations d'alors pour
retrouver la paix de. sa conscience ré
publicaine. Et, quand le Bloc des gauches,
des radi-caux aux communistes, veut jeta:
une grosse injure à qui que ce soit, elle
est toujours la même, fascistes !
J'en suis bien fâché pour tant de_ répu
blicains bien intentionnés, mais_ Sernbat
ne s'est pas contenté, de le dire, il l'a dé
montré, et les événements l'ont-démontré à
sa suite, une politique monarchiste est;
celle qui, dès 1870, . eût groupé tous les
Français dans un effort d'action nationale;
. paisible ou guerrière, contre un rival ex
térieur. Une politique républicain est celle
qui, depuis la même date, heurle Français
contre Français dans une lutte électorale
et parlementaire, sociale et religieuse qui
n'a rien épargné.. * .
IV. Ilerriot et Rriand
Cependant le/débat se poursuit entre
les orgEncs de l'opposition sur le meilleur
usage à faire de circonstances d'ailleurs
fort indéterminées»
M. Painlevi a-t-il voulu faire des infi
délités au Cartel ? En avril, il a cédé à la
force : coirtme Briand en 1909 dans le dis
cours de Périgueux, il a jeté au pays les
paroles de détente et d'apaisement. que
l'approché des élections lui faisait juger
'nécessaires. Passato il periculo gabbato i?
santo. Il a, gabé son saint, le péril une fois
passé. Cela ressort, ainsi que je l'indiquais
hier, de l'interdiction du cortège du 10
mai faite au lendemain des élections du
3. Sans doute, cette interdiction est restée
aussi vaine que celle de la grève scolaire
en Alsace. Mais M. Rainlevé ni ses collè
gues ne sont pas hommes à comprendre
le sens ni la" raison de leur iinpir'^ance
de dimanche dernier. Tout semble mon
trer que la politique painlpviste ne sera
ni plus anaisée ni ikus détendue que l'her-
riotiste. Quelques formes y seront simple
ment changées sur quelques poinis.
Briand, qui est le plus extravagant ro
mantique et révolutionnaire de notre
temps, tire du creux de sa poitrine certains
graves accords qui passent pour donner la
note de la raison. Elle est mise là pour em
pêcher la folie de faire du bruit et pour
en couvrir les effets. L'homme qui a
trouvé, de mars à novembre 1921, le
moyen de nous désarmer sur terre et sur
mer commettra bien d'autres insanités
criminelles ! On les peut annoncer comme
le lever du soleil de demain. Mais le soleil
paraît, et celles-ci ne seront avouées.qu'à
l'heure où il sera impossible de les cou
vrir. En attendant on annoncera, avec des
mines de scandale, que Briand n'a trouvé
que quelques milliers de francs sur les
fonds secrets du Quai d'Orsay, le reste,
des millions et des millions, ayant été
affecté à des dépenses électorales et à des
subventions de journaux. Je confesse que
c'est un peu vif après 4 mois d'exer
cice. Mdis, que.'ques personnes se le rap
pellent, dès le mois de janvier 1922 l'ad
ministration Briand avait si bien usé
dès" fonds secrets de l'exercice qu'il n'en
restait pas un denier, pas un radis à la
malheureuse administration Poincaré! Cel
le-ci, en revanche, aura laissé, en mai
1924, un gros magot inutilisé malgré le
temps électoral... Laissons ces histoires.
Herriot, dissipateur et brouillon, Briand,
retors et facile, sont des administrateurs
qui se. valent. Pour cacher les sinistres
bêtises que fabrique .Her'riot, il n'y a guère
que la fumée dè sa pipe, et encore ! .Les
trahisons de Briand se voient moins vite.
Mais on peut dire qu'elles ont toujours l'a
vantage de la masse et du poids. Ses cri
mes contre la France sont parfois compa
rables à des engins à retardement : éclat ,
sûr et dégâts immenses.
V. Négocier? Agir?
Dans ces conditionSi est-ce la peine de
choisir ? Et faut-il être dupe des étiquet
tes fallacieuses qui appellent ceci ou cela
le moindre mal ? Le seul parti sage est
de voir le mai où il est et de l'appeler
par son nom. .
De toute autre politique on peut dire
ce que dit notre confrère Lucien Romier
d'un choix éventuel entre les Caillaux et
les Blum :
Le choix est extrêmement délicat pour
l'opposition. Elle risque d'y perdre,
d'abord, précisément le benefice moiuu.
de son opposition. Elle risque de s'y di
viser irrémédiablement et, par conséquent,
de dêtriure toutes les bases d'organisaation
sur lesquelles elle c'appuie, sans, d'ailleurs,
être assurée que son jeu parlementaire, ré
ussira.
Profondément, ce jeu parlementaire est
une négociation. Pour bien négocier, avant
de bien négocier, il faut d'abord se" battre
bien. Quelles négociations peuvent me
ner, quelles conditions peuvent demander
des vaincus ? Exactement, celles qu'on
voudra ■ leur consentir. En adoptant
cette posture, ils se mettent à la disposi
tion et, par là mênïe, au service des vain
queurs. En tenant, au contraire, énergi-
quement la campagne, profitant des fautes
de l'adversaire, se tenant sur le terrain où
celui-ci n'a que des avantages nominaux
et des hégémonies conventionnelles ou
fictives, ils peuvent l'acculer'à des offres
de paix peut-être honorables, parfois
acceptables et toujours susceptibles d'être
améliorées.
Je conclus que les Angevins frapperaient
un grand coup pour la défense de tous les
biens matériels et moraux qui leur sont
chers en élisant Léon Daudet au siège sé
natorial de Jules Delah.aye. L'élection
signifierait : Résistance. Èt par la résis
tance seule peut êrte imposée ou "plutôt
arrachée au Cartel notre paix. •
VI. La trahison du communisme
t '
Henry de Korab, dans le Matin, cite
quelques documents qui établissent la
complicité des communistes et d'Abd-el-
JKïiat'r.' ■
C'est dans le journal Pravda Vostoka
(la Vérité d'Orient), en date du 27 mars
de cette année, que M. Doriot expose la
« formidable activité » du « Frankom-
parli», comme on dit en Russie, dans le
Nord de l'Afrique. , ■
« Vous voulez savoir ce que fait notre
r parti . aotnmmUt£..dans. Jes. colonies' ? »,
'demande'M. Doriot, et il y répond en ces-
termes-: .-.■■■';■
« Dès qu'il est entré dans la voie de la
bolchevisation systématique, notre parti a
aussitôt entrepris une action bien, organi
sée en vue de la lutte pour l'indépendance
des colonies, des nôtres et de celles de
nos voisins, notamment du Maroc espa-
, gnol, .Les-.syndicats .professionnels rouges
que nous avons créés en Tunisie soutien
nent par tous les moyens le mouvement
nationaliste. Ceci a d'ailleurs eu pour effet
l'arrestation par les autorités françaises
d'un grand nombre de nos camarades.
« Mais en. France même, au sein des
énormes masses d'indigènes qui y vivent,
le « komparti » français , exerce une acti-
tilé formidable. Nous venons de réunir à
Paris un congrès « panfrançais » de toutes
les nationalités opprimées. De semblables
■ réunions ont eu lieu récemment à Mar
seille et à Lille. On y a voté des motions
réclamant la. libération des peuples mar
tyrisés et, pour commencer, la suppression
de toutes les lois d'exception. »
On a bien ,fait d'expulser le diplomate
russe Voline. Mais pourquoi ? Pour des
incartades de tenue et de langage. L'hos
pitalité donnée rue de Grenelle au commu
nisme international n'est pas arrêtée ni
réprimée.
L'Humanité hurle à bas la guerre, quand
il s'agit de défendre notre territoire mé
tropolitain ou colonial. Quand il s'agit de
l'attaquer, elle prêche la guerre sainte.
Gustave Hervé s'en émeut, argumente, cite,
fulmine... Curtius fait mieux. II dénonce la
trahison dans le Gaulois : :
Il y a bien longtemps qu'on sait dans
toute l'Europe fie les troupes d'Abd-et-
Krim sont en partie payées avec de l'ar
gent moscovite, comme le furent les in
surgés égyptiens. L'Angleterre a. eu vite
fait de mettre bon ordre à de tels scan->
dales. Le maréchal Lyautey a paré le coup
que les Riffains, à la solde bolchevique,
entendaient porter à notre empire maro
cain. Mais nue fera le cabinet Painlevé en
présence des intrigues qui se trament au
milieu de nous et des excitations qui vien
nent de Paris ?
M. Painlevé est le plus pauvre esprit
politique de notre temps. H a sacqué Man-
gin lorsque les Allemands étaient a Noyoh.
Il finira par s'arranger pour avoir quel
ques bontés envers Abd-el-Krim. .
Charles MAURRAS.
UN INDESIRABLE
~ Le traître Malvy envoyé
en mission en Espagne
Le gouvernement du Cartel vient de
pousser l'impudence un peu trop loin. Le
traitre Malvy, le condamné de la Haute-
Cour, est envoyé auprès du gouvernement
espagnol en mission extraordinaire.
Il était impossible que la venue du per
sonnage, en mission officielle, ne provo
quât pas un vif scandale dans toute la
colonie française et parmi les sincères
amis que la France compte là-bas. Le. sou
venir de la honteuse attitude de Malvy
pendant son exil est en effet,présent dans
toutes les mémoires. '
Un Espagnol que sa situation. met en
rapport constant avec les milieux officiels,
nous avertit de la stupeur et de l'indigna
tion que provoque le voyage officiel de
Malvy.
On ne comprend pas à Madrid que le
gouvernement français fasse à notre am
bassadeur l'affront gratuit d'envoyer par
dessus son dos un personnage de l'acabit
de .-Malvy--Jva. mission -"-hypothétique, dont
celui-ci est chargé" ne pouvait-elle avoir
lieu par les voies régulières ?
, La colonie française se préparc à mon
trer-du traître le'cas qu'elle fait de lui.
Tous les salons se fermeront devant lui.
En outre, Malvy, qui avait eu l'imperti
nent cynisme de faire pressentir en très
haut lieu afin de savoir si sa visite serait
agréée, a reçu le. royal camouflet qu'il mé
ritait. ■ ' ■
On a fait comprendre à l'ambassadeur
de France que là visite de M. Malvy était
■jugée plus qu'inopportune.
~SB1 OI-IO ® .
Voulez-vous savoir comment une vieille religieuse
illettrée s'impose à un monde d'intellectuels ?
Lisez le nouveau roman de Mme Marie Gasquet :
Tanle la Capucine (Flammarion, 7 fr. 95). ,
Lés funéra illes de Mangin
Paris témoigne sa reconnaissance attristée
au grand soldat
Le grand chef s'en est-allé, au milieu
de l'émotion du peuple, accompagné jus
qu'à sa dernière demeure par ses cama
rades de bataille, de tout grade et de toute
condition, par tout ce que la ville compte
de gens de cœur, par la jeunesse dont il
eût été si Ifeureux de contempler le défilé
martial... . ■
Le gouvernement n'était pas là : ne lui
reprochons pas cette absence. Mangin
n'eût pas voulu, près de son cercueil, du
misérable Painlevé et de sa triste bande.
D'être écartés, par cette grande ombre, de
la communion nationale autour d'un héros
de la Patrie, fut pour eux un premier châ
timent. Ils ne pouyaient pas être là. On le
leur a fait comprendre... *
Bien avant 9 heures, une foule émue se
presse, avenue de 'la Bourdonnais, aux
abords de la maison mortuaire. Les uni
formes sont nombreux et les képis brodés
des généraux fourmillent. Les « casoars »
blanc et rouge frémissent sur les shakos
de la délégation des Saint-Cyriens, qui
s'est massée face à la porte, sur le trot
toir opposé. Les Sociétés d'anciens com
battants, les Associations patriotiques se
groupent le long de l'avenue et dans les
avenues voisines, derrière leurs drapeaux
et leurs fanions.
Un attelage de 75 de l'artillerie de la
1™ division de cavalerie est là. Sur l'affût
de la pièce, aménagé à cet effet, on pla
cera tout à l'heure le cercueil. Déjà, deux
chars couverts de couronnes sont prêts à
partir.
" Lés couronnes
On remarque les couronnes de l'Ecole
spéciale militaire, de la Ville de ViHers-
Cotterets ; celles des Engagés volontaires
alsaciens-lorrains* du Comité central des
Dames, de l'Union nationale des officiers
de réserve, des Camarades de combat, du
23* colonial, de l'armée américaine, de
l'Eclair, de la 15* division écossaise, de
Sarrebourg, ville natale du général Man
gin, des Légions, du Comité de la rive
gauche du Rhin. On admire encore celles
de l'armée française du Rhin à son pre
mier et glorieux chef, • du général Debe-
ney et de l'état-major de l'armée, de la
Saint-C.yrienne et du Military Order " of
World War. Derrière les deux chars, deux
grandes couronnes portées à bras : « les
Combattants africains » et « l'Amicale des
évadés». Celles de l'Action française se
ront < pprtées devant nos délégations.
Le cortège
Dix heures. Toutes les têtes se décou
vrent. Un frémissement court sur la foule.
Lè cercueil «apparaît, recouvert d'un drap
tricolore.
Il est placé sur l'affût de canon. Len
tement, celui-ci s'ébranle, au pas des six
chevaux qui le traînent, précédé des deux
chars de couronnes et encadré par des of
ficiers français et alliés appartenant aux
corps de troupe qui combattirent, pendant
la guerre, sous les ordres de Mangin. .
Les cordons du poêle sont tenus par les
généraux Debeney, Archinârd, Gouraud,
Marchand, Weygand, Guillaumat, Claudel
et par M. Désiré Ferry, député de la
Meuse.
Trois sous-officiers" portent les décora
tions sur des coussins. La médaille mili
taire posthume, refusée, n'y ..figure pas.-Et
voici les trois fanions de commandement
du général : le fanion de divisionnaire est
porté par un tirailleur sénégalais ; le fa
nion de commandant de corps d'armée,
par un sous-officier ; le fanion de Com
mandant d'armée, par un officier. Et der
rière les fanions marche, seul, un noir, en
civil (ancien ordonnance de Mangin de
meuré à son service) et qui porte deux
clairons qui sonnèrent à l'entrée de Mar
chand à Fachôda et le sabre de capitaine
de son maître. Mme Mangin, écrasée de
douleur, dans ses voiles de deuil, entourée
de ses huit enfants, suit à pied avec sa
mère, Mme Cav'aignac, veuve du minis
tre, son frère, M. Eugène Cavnignac, pro
fesseur à l'Université de Strasbourg, et les
autres membres delà famille. Un'groupe
de religieuses et d'infirmières précède les
officiers de l'état-major de Mangin et les
tro'is maréchaux Joffre, Pétain et Fayolle.
Le général Lasson représenté le président
de la République. •
Parmi les personnalités présentes, nous
remarquons le général Dubai), grand-chan
celier de la Légion d'honneur'; les géné
raux Tanant, Pau. Desticker, Nollef, Ra-
guenau, MM. Maginot, MiMerand. André
Lefèvre, etc. ,
Les attachés militaires, les délégations
de l'armée coloniale, :de l'Ecole de Saint-
Cyr, de l'Ecole de guerre viennent en
suite. ,
Et voici les « anciens de l'armée colo-
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