Titre : L'Action française : organe du nationalisme intégral / directeur politique : Henri Vaugeois ; rédacteur en chef : Léon Daudet
Auteur : Action française. Auteur du texte
Éditeur : Action française (Paris)
Date d'édition : 1925-05-13
Contributeur : Vaugeois, Henri (1864-1916). Directeur de publication
Contributeur : Daudet, Léon (1867-1942). Directeur de publication
Contributeur : Maurras, Charles (1868-1952). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb326819451
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 57453 Nombre total de vues : 57453
Description : 13 mai 1925 13 mai 1925
Description : 1925/05/13 (Numéro 133). 1925/05/13 (Numéro 133).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG87 Collection numérique : BIPFPIG87
Description : Collection numérique : BIPFPIG69 Collection numérique : BIPFPIG69
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k762313t
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, GR FOL-LC2-6354
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 18/01/2011
HIER AU REICHSTAG
Le maréchal président Hindenburg
■ a prêté serment
Toute la journée les Berlinois ont poussé des hoch enthousiastes
Berlin, 12 mai. — Le maréchal von Hin
denburg a prêté seraient aujourd'hui en
tre les mains de M. Loebe, président du
Reichstajf Serment à quoi ? On verra plus
loin que Ja formule est très vague et qu'il
n'y est pas trace de république.
"On remarquait beaucoup dans la loge
diplomatique les ambassadeurs de France,
d'Angleterre et d'Italie. _
Bien que les alliés n'aient pas poussé le
ridicule jusqu'à féliciter Hindenburg, on
estimait que leur présence équivalait à la
reconnaissance de fait de l'élection.
Hindenburg ainsi aura passé comme une
lettre à la poste. Pas une protestation ne
se sera fait entendre —- on a le droit de
s'en montrer surpris.
Berlin, 12 mai. — Une foule joyeuse at
tendait devant le Reichstag l'arrivée de
Hindenburg. Parmi les associations patrio
tiques, on remarquait surtout les vétérans
de 70, arborant avec fierté la croix de fer,
et des vieilles femmes .qui agitaient des
cocardes en parlant avec admiration de
leur idole, le retter (le sauveur qui
« fera peur à ces'maudits Français ».
Quand l'auto du maréchal, précédée
d'un escadron de cavalerie, tourne dans
la Wilhelmstrasse, la foule entonne avec
enthousiasme le Deutschland uber ailes.
Le maréchal Hindenburg descendit de son
auto et se tint immobile sur le perron tout
le temps que retentit l'hymne. Puis il par
courut le front de la compagnie d'hon
neur, adressa quelques paroles aux sol
dats et serra la main du capitaine. Après
avoir salué la foule d'un geste ample, il
gravit ensuite lentement les marches du
perron.
La cérémonie au Reiclistag
A 12 heures, M. Loebe, président du
Reichstag, faisait son entrée au Reiclistag,
suivi par le maréchal président. En de
hors des communistes, tous les députés
poussent les « hoch » les plus vigoureux
qui soient. Protestation anodine d'ailleurs,
car les communistes se lèvent comme un
seul homme, et de simple? bourgeois, com
me le maréchal Hindenburg, lit le texte
du serment suivant :
Le calme reveau, le maréchal lit Je texte
du serment :
Je jure par Dieu le Tout Puissant et Omniscient
que je consacrerai mes forces au bien du peuple
allemand, à augmenter son profit (nutzen)à dé
tourner de lui tout dommage et à préserver la
constitution et les lois du Reich, à remplir mes
devoirs consciencieusement et agir avec■ justice
envers chacun, aussi vrai que Dieu m'aide.
Une poignée de main au socialiste pré
sident Loebe et ca v est. Il parait que Hin
denburg a juré fidélité... à la République
1> son serment au kaiser, qu'il maintenait
il y a un mois à peine, ou de celui d'hier,
lequel est le bon ?
Pour l'en remercier, M. Loebe prononce
quelques paroles où il exprime le salut du
peuple allemand au nouveau président,
puis il invite rassemblée à se joindre à
lui dans un « hoch » formidable à l'adres
se du maréchal.
Tableau ! Tous les députés y vont de
très bon cœur de « hoch » répétés.
C'est maintenant au tour d'Hindenburg
de remercier. Il fait un petit topo banal
sur le Reichstag, sur l'impartialité dont il
fera preuve à l'égard des partis et il
ajoute :
Je me vouerai de toutes mes forces à cette no
ble tâche de concentration et d'union de notre
peuple. Cette grande tâche me sera sensiblement
facilitée si, an Reiclistag, la lutte des partis ne
se livre pas pour obtenir des avantages pour une
seule partie ou une seule classe sociale, mais pour
savoir Qui sert le mieux et avec le plus de succès,
la nation durement éprouvée.
Quelques « hoch » nourris et le maré
chal quitte le Reichstag pour se rendra
au Palais de la présidence où M. Simons
offrait un déjeuner. Les chefs de l'armée,
de la marine, le chancelier, les ministres
y assistaient. -
La transmission des pouvoirs eut lieu
à midi 45 au palais de la Présidence. Le
Dr Simons, président intérimaire, est (par
ti dans la soirée pour Leipzig.
La proclamation au peuple
Le maréchal a adressé au peuple une
proclamation dans laquelle on lit :
« C'est à une tâche loyale et "pacifique
que je consacerfii mes efforts pour faire
valoir auprès des autres,, peuples notre
bon. droit à l'estime et à la reconnaissan
ce, (à la reconnaissance de qui et pour
quoi '?), et pour libérer le nom allemand
des taches injustifiées qai le souillent en
core aujourd'hui,
« En nous estimant nous-mêmes, nous
voulons obtenir l'estime du monde ; en
ayant confiance en nous-mêmes, nous vou
lons conquérir la confiance des "utres. Le
chef de l'Etat personnifie la volonté uni
ficatrice de la nation. C'est pourquoi, en
cette heure, je serre la main à chaque Al
lemand.
« Nous voulons, en commun, en mémoi
re de nos chers morts, pour nos enfants
et nos petits-enfants, suivre le dur chemin
qui nous mènera â la liberté au moyen
d'une véritable paix. _
face et fit, comme réponse, le signe de la
croix. Car il ne pouvait plus parler.
Ainsi meurt noblement, comme il a vécu,
jaa brave h^mme et un bon écrivain de
phez nous.
Léon DAUDET»
Les obsèques
Les obsèques de M. Léon Allard auront
tieu vendredi à midi en l'église Saïnt-Tho-
mas-d'Aquin, où l'on se réunira.
L'inhumation aura lieu au cimetière du
Père-Lacliaise ; il ne sera pas envoyé de
faire part.
Au Conseil des ministres
Les ministres et sous-secrétaires d'Etat se sont
réunis en conseil hi« matin' à l'Elysée, sous la
présidence de M. Gaston Doumergue.
M. YioUctte, gouverneur général de l'Algérie
M. Schrameck, ministre de l'Intérieur, a sou
mis à la signature du président de la République,
îe décret chargeant M. Maurice Villette, député,
à titre de mission temporaire, deB fonctions de
gouverneur général de l'Algérie. La publication
officielle de cette nomination, antérieurement ar
rêtée par le gouvernement, avait été ajournée, sur
la demande du nouveau gouverneur général, jus
qu'après la clôture des élections municipales .
Les notes sur la sécurité et le désarmement
M. Aristide Briand, ministre des Affaires étran
gères, a donné connaissance des projets de notes
en réponse au mémorandum de l'Allemagne et au
sujet du manquement dans la question du désar
mement.
La première note doit être communiquée aux
Alliés et la seconde adressée à la Conférence des
Ambassadeurs qui se réuniront vendredi prochain.
Le conseil des ministres a pleinement approuvé
les textes de ces deux notes.
Les droits de douane sur les blés
M. Jean t)urand, ministre de l'Agriculture, a été
autorisé à déposer un projet de. loi. tendant à pro
roger le délai do remboursement du droit de
douane sttrles blés jusqu'au 31 juillet 1925, sous
réserve- que les blés admis au bénéfice de cette
disposition auront été importés avant le. 30 juin
1925. ■■■.■■
Les prochaines réunions , gouvernementales
Les ministres se réuniront jeudi matin en conseil
de cabinet, au ministère de la Guerre, et vendredi
matin, en conseil des ministres, à l'Elysée.
■ ■■ ■. . —S——. i ,»i.—^
Beautés du régime électoral
Un des administrés du citoyen Marlier,
assassin, de Philippe Daudet et préfet de
la Corse, nous écrit ce qui suit :
Je tiens à vous mettre au courant de l'Incurie
administrative et des fautes du préfet Marlier,
fautes ipi entraînèrent me fusillade où plus de
300 balles furent échangées, 2 hommes tués et
plusieurs autres blessés.
Il s'agit de la tragédie de Cauro. Dans ce vil»
lage, aux dernières élections, il y avait deux par
tis en présence. La lutta était âpre. Depuis la
Noël, aucun des partisans des deux factions ne
s'adressaient la parole. Depuis deux mois, hom
mes et enfants étaient armés. A-la tombée de
fa nuit personne ne s'aventurait dehors...
Quinze jours avant les érections, plusieurs at
tentats eurent lieu.
Un sexagénaire qui regagnait son legis vers
10 heures du soir fat assailli et laissé pour mort
sur le carreau.
On prit d'assaut la maison d'un homme qu'on
accusait d'avoir séquestré un électeur pour l'em-
pêcher de volet; .. t
On tira un coup de revolver «ur un honnête tra-
Tailleur qui refusait dé se laisser acheter.
Et je ne vous parle point des bagarres et des
menaces proférées. Ainsi oes propos entendus par
moi dans la boutique d'un armurier d'Ajaccio,
chez qui des gens de Canro achetaient des balles :
c On est arme pour en descendre plusieurs... >
Le préfet de la Corse ê(ait informé de tous ces
fats. Dans le village on prévoyait cette tragédie.
Plusieurs électeurs de maire s'étant abstenu)
demandèrent, la veille des élections, qu'un renfort
de gendarmes fût envoyé à Cauro. Voici ce que
leur répondit, textuellement, le préfet.: tPour
maintenir Vordre, il faudrait à Cauro une quaran
taine de gendarmes. Je ne puis vous les donner. >
Bien plus, sur 6 gendarmes sont se compose la
gendarmerie de Cauro, 4 avaient été envoyés dans
des villages où la lutte était très calme, et 2 seu-
lement (1 brigadier et 1 gendarme) restèrent à
Cauro. S'il n'y avait pas assez de gendarmes, ce
qui est tout à fait faux, pourquoi ne pas avoir
employé la troupe ?
Deux morts sont là qui réclament vengeance.
Avant peu ils seront vengés. Le village est main,
tenant en état de siège (!) Mais ee siège ne peut
durer indéfiniment et alors™ Dieu seul sait ce
qui arrivera.
A tout: de conclure quel est le vrai coupable ??
Ja vous donne ces renseignements comme très
exacts.
Le vrai coupable "c'est évidemment l'in
capable autant que sanguinaire Marlier.
Mais c'est aussi le régime électif qui trou
ble jusqu' àla guerre civile, une popula
tion honnête qui préférerait sans doute vi
vre tranquille. Constatons cependant que
ces incidents, après les massacres de
Marseille et de la. r_ue Damrêmont, mon
trent que le gouvernement du Cartel a
le privilège d'appeler le sang.
Chronique musicale
THEATRE NATIONAL DE L'OPERA : Es
ther, Princesse d'Israël, tragédie lyrique en
trois actes île MM. André Dtunas et Sébas
tien Charles Lecon te, M usiqne de M. An
toine Mariotte. — THEATRE DES BOUF
FES-PARISIENS s P. L. M., comédie musi
cale de MM. Bip et Christine.
Dana Histoire d'Esther, telle que l'Ecriture
sainte la rapporte, il y a Ja matière d'une comé
die, celle d'une tragédie de cour, celle enfin d'an
drame de sang et de volupté.
La comédie n'a pas encore trouvé son auteur.
Il est difficile cependant de lire, le Livre c?Esther
sans être frappé par le côté plaisant des carac
tères et des situations ; et pour netra part, en le
relisant, nous n'avons pu nous défendre à nouveau
de cette impression. Assnérns est plein de contra
dictions ridicules. Il s des exigences impérieuses
à l'égard de ea première femme, et bien de la
Faiblesse vis-à-vis de la seconde. Ses décisions po
litiques sont incohérentes et les avis'dont il s'en
toure, assez comiques. VastM a désobéi, c'est en
tendu, mais l'affaire est de mince importance. Le
tribunal qui la condamne, par crainte que son
caprice ne viènne à la connaissance des autres
femmes du royaume, est un tribunal de maris
prudents. Du jour où il aime Esther, cet autori
taire « devant qui tout fléchit et baise la poussiè
re n'existe plus. Vastlri avait perdu sa situation
pour n'être pas accourue à son premier signaL
Esther, elle, consolide la slbnne en allant lis trou
ver à une heure et en un lieu interdits. Un tel ren
versement du caractère par l'amour est un acci
dent assez commun, mais qui emprunte une sa
veur particulière â sa brusquerie, an coup de
farce sensationnel qui l'a immédiatement précédé.
Après le comique des caractères, celui des si
tuations. Aman obligé de reconnaître à travers les
rues pavMsées de Snse le triomphe de Mardochêe,
qu'il détesîe, c'est dfjà bien. E j « mien* : en
La mort
du général Mangin
La carrière d'un soldat 7
Le _ général Charles-Marie-Emmanuel
Mangin était né le 6 juillet 1866 à Sarre-
bourg (Moselle), où son père était inspec
teur des forêts.
Engagé volontaire en 1885, admis â
l'Ecole de Saint-Cyr en 3880, il en sortit
deux ans plus tard comme sous-lieutenant
dans l'infanterie de marine.
Aussitôt, il part pour le Sénégal, où il
séjourne de 1889 à 1892. En 1893, il re
part pour le Soudan. Il y retourne en
1895, après un court séjour en France, et
sert sous les ordres de Marchand, parti
cipant à la mission Congo-Nil. Nommé ca
pitaine et fait chevalier de la Légion
d'honneur, Mangin passe quelque temps
au ministère des Colonies. Mais il reprend
bientô le bateau.' Cette fois, il se rend au
Tonkin. Il est chef de bataillon quand il •
y arrive. Il est lieutenant-colonel à son
retour.
De ,1006 à 1908, puis en 1910, il est de
nouveau au Soudan. 1912 : c'est le Maroc.
Il délivre Marrakech assiégée par les re
belles. Le 8 août 1913, il recevait les étoi
les de général de brigade, avec lesquelles,
il partit, le 2 août 1914, au commence
ment de la grande guerre. Il avait le com
mandement de la 8" brigade d'infanterie.
Dès le 2 septembre, il commanda., une
division, la 5*. Il recevait les trois étoiles
en juin 1916, en même temps que le com
mandement du 11* corps. Appelé à Ver
dun, il reprit Douaumont par une attaque
foudroyante. Au mois de décembre de la
même année, il était placé à la tête de la
6' armée.
On sait que ce chef magnifique de
vait être la victime du ridicule P.-P. Pain-
levé qui, en pleine bataille du Chemin-des-
Dames, lui retira son commandement et
lui interdit le séjour de Paris et « des dé
partements limitrophes » (sic). Un an
après, Clemenceau le rappelait à l'acti
vité.-Il recevait le commandement du 9"
corps, et, le 10 juin 1918, celui de la 10'
armée. Le 11 juin, sa vigoureuse contre-
offensive de Méry-Gourcelles enrayait do-'
flnitivement l'avance des Allemands sur
Paris. Le 18 juillet, par une contre-attaque
fameuse, il repousse les Allemands de la
forêt de Villers-Cotterets et reprend Sois-
sons. Sa marche en avant, semée de vic
toires nouvelles, ne devait plus s'arrêter.
Après l'armistice, le général Mangin avait
commandé Ifarmée du Rhin, à Mayence. Po
litique aussi souple et pénétrant qu'il était
soldat énergique, Mangin s'attacha à la
grande _ œuvre d'assimilation progressive
des Rhénans. Il fut brutalement désavoué,
sur l'injonction de l'Angleterre, et rappelé
à Paris.
Ses citations
U est cité à l'ordre du jour de la marine
pour sa brillante conduite «dans la mis
sion de trois années, de 1896 à 1899, qu'il
a accomplie de l'Atlantique à la mer Rouge
(mission Marchand) ».
Comme commandant de la 5' division
d'infanterie, il est cité à l'ordre de l'ar
mée le 7 septembre 1914, « pour sa belle
conduite pendant la journée du 6 sep
tembre. Grâce à son énergie, à sa présence
au milieu de ses troupes aux endroits les
plus exposés, à l'influence qu'il a su déjà
acquérir, est parvenu à maintenir sa divi
sion devant une contre-attaque très vio
lente poussée par l'ennemi de 17 heures
à 19 h. 30 s».
En août 1916, il est cité en ces termes
à l'ordre de la 2* armée :
« Dirige depuis cinq mois, d'abord
comme commandant . de division, puis
commandant de corps d'armée, des opé
rations offensives, à peu près ininterrom
pues, dans un secteur des plus actifs.
Grâce à son énergie, à sa volonté opiniâtre,
à l'ascendant qu'il exerce sur les troupes
placées sôus ses ordres, aux habiles dis
positions prises, a obtenu d'importants
résultats dont l'affirmation incontestable
de la supériorité morale de nos fantassins
n'est pas la moindre ; a fait plusieurs mil
liers de prisonniers; possède à un haut
degré les qualités essentielles du chef. »
Il est fait grand-officier de la Légion
d'honneur le 2 novembre 1916, avec le
motif suivant :
« Commandant un groupe de divisions
devant Verdun, - a préparé et dirigé l'at
taque du 24 octobre 1916, qui a permis de
reprendre le fort de Douaumont en quatre
heures et d'enlever â l'ennemi 6.000 pri
sonniers, 15 canons et un important ma
tériel de guerre. »
Il est à nouveau cité à l'ordre de l'ar
mée le 5 septembre 1918 :
« Chef d'armée intrépide, ne connais
sant pas d'obstacle. Le 11 juin 1918, a
conduit la contre-attaque qui a arrêté
l'offensive allemande sur Compiègne. Du
18 juillet au 2 août, a pris une part pré
pondérante à la contre-offensive qui a
obligé l'ennemi à reculer sur la Marne et
sur 'l'Aisne ; le. 20 août, va rejpté l'ennemi
sur l'Oise et l'Ailette ; en un mois, a fait,
avec son armée, plus de 30.000 prison
niers et a capturé plus de 600 canons.»
Il est fait grand-croix de la Légion
d'honneur le 6 juillet "1919 avec le motif
suivant :
« Commandant d'armée, auquel un re
marquable esprit de décision et une in
le pend à la potence même qu'il a fait préparer
la veille pour Mardochêe. Qui donc a remarqué
que l'interversion symétrique des rôles est un des
artifices ttsuels de la comédie ? Reste le massa
cre des 75.000 Perses. Il eût suffi pour l'éviter
qn'en changement d'avis. Assuérus changeât aussi
ses ordres ; qu'il annulât .son premier édit qui
prescrivait aux Perses de massacrer les Juifs.
Mais c'était impossible : en ce temps-là, en ce
pays-là, on avait des traditions administratives so
lides. Une lettre écrite au nom du roi et scellée
avec l'anneau du roi ne pouvait être révoquée.
11 ne restait plus à Assuérus que la ressource'de
signer un second édit autorisant les Juifs à re
cevoir l'attaque les armes à la main. C'est ce
qu'il fit La guerre civile ainsi déchaînée fut la
conséquence déplorable d'un formalisme adminis
tratif poussé jusqu'à l'absurde.
MeiJhae et Halévy avaient là tous les éléments'
d'un livret pour Offenbacli. Mais nous verrons
tout à l'heure que le génie de M. Mariotte est
d'un autre ordre que celui du musicien d'Orphée
aux Enfers. »
II y a dans Esther la matière d'une tragédie
de cour coupée de chants et de réflexions mora
les, d'un spectacle religieux < rempli avec les
seules scènes que Dieu lui-même, pour ainsi dire,
a préparées ». C'est ainsi que Racine voulut le
comprendre. « Tout respire en Esther l'innocence
et la paix >. Sainte-Beuve n'avait pas tort de voir '
dans cette tragédie composée pour les pension
naires de Mme de Maintenon « un des pïu3 gra
cieux épisodes, et le plus virginal assurément, de
notre littérature dramatique ».
Il y a enfin la matière d'an drame très asiati
que de sang et de volupté. Les textes sacrés ne
nous interdisent point d'imaginer une Estlier toute
différente de -relie de Racine, rusée, féroce, assoif
fée de sang et de meurtre, il faut dire : ne nous
interdisent point ; il ne faudrait pas dire : nous
montrent. Car l'Esther biblique n'est pas une
furieuse et sur soixr^të quinze mille morts, elle
n'en a guère que trois cents sur la conscience, ce
qui 'est peu de chose si on se reporte à l'époque,
à la géographie et su climat. C'est ee dernier
domptable énergie ont permis d'obtenir
les plus fructueux résultats ; après avoir,
en juin 1918, comme commandant de
corps d'armée, activement participé à la
défense de la région nord-ouest de Com
piègne, a exécuté, & la tête d'une armée,
du 18 juillet au 26 octobre 1918, une série
d'actions offensives qui ont amené la libé
ration de Soissons et de Laon et inauguré
l'-ère des grands succès des armées de
l'Entente.»
Le maréchal Pétain dépose
la médaille militaire sur la poitrine
de Mangin
Aussitôt que la^nouvelle de la mort du
général Mangin a été connue, le maréchal
Pétain s'est rendu avenue de la Bourdon
nais et a déposé sur la poitrine du défunt
la médaille militaire, suprême récompen
se des généraux ayant commandé en chef
devant l'ennemi.
La dépouille mortelle est veillée par des
officiers supérieurs des troupes coloniales
qui forment une garde d'honneur dé cha
que côté de la couche funèbre. Le général
est dans son uniforme bleu horizon, barré
du grand cordon de la Légion d'honneur.
Tout l'après-midi, une foule respectueu
se, parmi laquelle on remarquait de hau
tes personnalités et beaucoup de ses an
ciens compagnons d'armes, est venue sa
luer une dernière fois le chef qui s'en va.
~ ■■ « .1 u. ■ I jm .1 11 II
INFORMATIONS
LE TEMPS. —: Beau, nuageux, très nuageux par
place surtout dans la région des Alpes.
Température; en hausse générale. A Paris, maxi
mum 21».
LA. VILLE; — A 2 heures, courses au Tremblay;
porte de Versailles : lu Foira de Paris; & 2 h. 15, à
l'exposition des Arts décoratifs, inauguration du
pavillon de la Ville de Paris; nu Champ de &favs,
le Concours Hippique; place Saint-Suipiee, la foire
Saint-tiermiuu.
LES CHANGES. — Le franc vaut en moyenne:
0 fr. 27 à New-York; 0 fr. 27 à Londres; 0 fr. 27
b Genève; 1 fr. 20 à Borne.
Une mission militaire anglaise va visiter '
les champs de bataille da Nord
Le Morning Post annonce que le général sir;
W. Twaias, accompagné d'un certain nombre
d'officiers supérieurs de la 47* division britannique,
quittera Londres la semaine prochaine pour les
champs de bataille des Flandres.
La mission se propose' d'étudier sur place, au
point de vue tactique, les engagements les plus
importants qui ont eu lieu au Cateau et dans la
région de Cambrai.
Un homme qui aurait va Napoléon vit encore
Au cours de la conférence qu'il vient de faire
à M Société de géographie de Londres, M. Piiil-
by a signalé qu'il a fait en Transjordanir la con
naissance d'un nommé Hajj Tahir, âgé de 140
ans, qui se rappelle avoir vu Napoléon.
Né à la Mecque, Hajj Tahir fut emmené en
Syrie par ses parents à l'âge de 13 ans, en 1799,
alors que lo futur empereur y était lui-même.
PETITES NOUVELLES
Le président de la République a assisté, hier soir,
& un dîner de C0 couverts, à l'ambassade d'Angle
terre.
A l'occation de la fêle nationale roumaine, des
télégrammes ont été échangés entre H. Doumergue
et le; roi de Roumanie.
Le ■maréchal Pétain assistera, cette année, aux
grandes manœuvres britanniques qui auront lieu
au début de Tété.
Le centenaire de Saint-Simon. — Aujourd'hui, à
8 h. 45 du soir, auront lieu, au grand amphithéâ
tre de la Sorbonne, les fêtes comméznoratlvcs du
centenaire d'Henri de Saint-Simon. ï
On annonce la mort de M. L. Bénédite, conserva
teur du musée du Luxembourg et du musée liodin.
Il était né ù Nîmes en 1859. ,
I :mielj)allli de Paris a reçu hier les mem
bres -u comité de la Foire de Paris et les prési
dents des syndicats d'initiative de France.
Nous apprenons la mort du chanoine Soulanije-
Bodin. ancien curé de Saint-Honoré d'Ëylau, à Pa
ris, oii il avait succédé à Mgr Marbeau.
La Ligue maritime et coloniale a offert, dans
le grand amphithéâtre de la Sorbonne, un gala à
sa section de la Garde républicaine.
CHRONIQUE DU MONDE
ET DE LA VILLE
Naissance
M. Marcel Coûteaux et Mme, née de Pra-
del de Lamazc, sont heureux de faire part
de la naissance de leur fils, Henri. Le Vé-
sinet.
Mariage
On annonce le prochain mariage du vi
comte Gilles de Maupeou d'Ableiges,
croix de guerre, fils du vicomte N. de
Maupeou, ancien capitaine de vaisseau,
officier de la Légion d'honneur, croix de
guerre, et de la vicomtesse, née de Ror-
thatjs de Monbatl, avec la baronne de
Nonville, née d'Estrée, fille da comte
d'Estrée, décédé, et de la comtesse, née
de Savignac.
Deuils
Nous apprenons la mort de la comtesse'
de Laubespin, née de Bernis, décédée à
Paris, en son domicile de la rue Saint-
Guillaume, dans sa 86' année. Elle était
la mère et belle-mère du'marquis et de la
marquise de Laubespin, du comte et de
la comtesse H. d'Espiès.. ,
On annonce d'autre part :
NAISSANCES. — Denise-Gabrielle, fille.' de. M.
■et de Mme Marius Le Guay. —^Claude, fille du
dit comte et de la comtesse Jacques de Broissid:
NECROLOGIE. — Mîle Marie tTOrfeuiltc, à
Versailles. — Douairière iTHespel de Flencque,
née baronne de Vivario de Ramczce, à Divion.
parti — celui d'une Esther exaltée —que MM.
André Dumas et Sébastien-Charles Leconte ont
choisi dans le drame qu'ils firent représenter en
1912 à l'Odéon et pour lequel M. Mariotte vient
d'écrire une très honorable partition.
Dans la préface d 'Esther, Racine eut un mot
aimable pour le musicien qui avait composé lea
chœurs de sa tragédie, un certain Jean-Baptiste
oMreau qui, d'ailleurs, n'a pas laissé de trace dans
les annales musicales, li disait de son collabora
teur': «Ses chants ont fait un des plus grands
agréments de la pièce. Tous les connaisseurs de
meurent d'accord que depuis longtemps on n'a
point entendu d'airs plus touchants. »
11 faut d'autres mots pour définir la musique
de M. Mariotte. Elle n'est en effet, cette musi
que, ni agréable, ni touchante et les qualités qu'on
apprécie en elle sont de l'ordre sévère. M. Ma
riotte n'a ni inspiration, ni aisance. Il remplace
ces dons naturels par un effort soutenu de la
pensée, et l'emploi consciencieux d'artifices sco-
lastiquer. Sa lutte contre une matière rebelle est
tourageuse, presque toujours intéressante, parfois
victorieuse. Venu tard à la musique, il n'a pas
toutes les habiletés. En dépit du soin visible qui
préside à la mise en œuvre des timbres, son or
chestre est tour à tour ou terne ou trop bruyant;'
Les voix sont traitées dans un style plus ins
trumental que vocal, qui ne l«ur est pas toujours
favorable. La trame symphonique laborieusement
tissée est tendue et rude. A défaut d'habileté,
M. Mariotte a du moins des scrupules, et de
nobles ambitions., On le sent soucieux de fuir la
facilité, d'éviter les sentiers, mélodiques déjà
frayés, de passer toujours un peu à côté do la
note attendue.
Il est rare qu'une volonté forte et persévérante
ne réalise pas ses desseins. Avec tous ses défauts,
malgré l'absence de -'liberté, de grâce harmo
nieuse, de transparence et de luminosité, cette
fresque atteint de temps à autr.e à la puissance,
et presque partout à une certaine somptuosité
massive et barbare. Le musicien a le sens du ryth
me ; il le prouve. Il l'eut prouvé davantage s'il
n'avait pas été gêné, entravé par lit coupe trop
Les impôts à Caillanx
ou ce que sont devenues les promesses
'du Cartel
Les politiciens radicaux, en -voyant leur
Caillaux revenir au ministère des Finan
ces, criaient bien fort : Voilà le sauveur !
11 arrive avec des idées neuves et prati
ques; en peu de temps il va renflouer la
situation.
Comme on va le voir, tout le génie de
l'homme du' Rubicon, consiste, pour l'ins
tant, en une augmentation formidable de
l'impôt, contrairement aux promesses fai
tes par ses amis politiques au cours de la
campagne électorale qui a précédé le scru
tin du 11 mai.
Qu'on en jugç.
Entendu hier par la commission des Fi^
,nances de la Chambre, Caillaux a tout
d'abord expliqué que le total des dépenses
afférentes à l'exercice 1925, tel qu'il sera
vraisemblablement arrêté par le Parle
ment, compflsera un chiffre supérieur dç
1.150 millions à la somme des recettes,éva
luées, selon les méthodes habituelles, si
aucune des modifications à la fiscalité vo
tées par là Chambre que le gouvernement,
s'apprête à suggérer n'est réalisée. Il est
bon de faire remarquer en passant que
Caillaux s'est empressé de signaler que le
fameux budget, soi-disant en équilibre, du
cabinet Herriot, était déficitaire de plus
d'un milliard.
L'abandon des versements allemands
Le ministre a ensuite fait observer que,
parmi les recettes, figurent 1.240 millions
a provenir du plan Dawes dont, par suite
du jeu des prestations en nature, le Trésor
n'encaissera effectivement cette année
qu'une faible partie. Il pense que les res-:
sources découlant des versements .^germa-
niques ont, par leur nature même, une af
fectation spéciale. Elles doivent servir à
l'achèvement de la reconstruction dans les
régions libérées et à l'amortissement- des
dettes interalliées. Les distraire de ces em
plois ne laisserait pas de comporter de
graves inconvénients.
M., Caillaux fait ainsi compte d'un dou
ble manquant : 1.150 millions d'une part,
1.240 millions de l'autre, au total 2.390 mil
lions.
Caillaux s'est ensuite élevé contre le
maintien d'une fraction notable des dépen
ses en dehors du budget, notamment les
pensions aux victimes de la guerre, celles
concernant l'amélioration de l'outillage
des postes.
Ces réintégrations dans le budget porte
ront à près de 4 milliards le découvert
pour l'année 1925.
L'assainissement
Ce n'est qu'une fois qu'on aura abouti
sur ces points, que l'on pourra envisager
le grand problème de l'assainissement gé
néral de notre monnaie et de la dette. Il
faudra auparavant que notre budget soit
en parfait équilibre et que la question des
dettes interalliées soit réglée.
Le ministre retient seulement le . chiffre
total de notre dette intérieure — 280 mil
liards — et sa répartition singulière : 150
milliards en rentes consolidées, 130 mil
liards en engagements à court terme et de
toute nature.
Il n'insiste pas sur, les périls que peut
faire courir à la vie même d'une nation
l'existence d'une masse aussi formidable
de dettes, à courte échéance, Il en déduit
simplement que le problème de la dette,
de sa composition, des novations utiles de
créances, des amortissements indispensa
bles, sera l'objet de constantes préoccu
pations du gouvernement et qu'il sera abor
dé aussitôt qu'auront été parcourues les
étapes nécessaires..
^ La note à payer
Caillaux n'a pu dissimuler à la commis
sion que la nation devra assumer un. gros
supplément de charges avoisinant 3 mil
liards 500 millions. , _ : . ,
Conformément à la déclaration ministé
rielle et pour la plus grande confusion des
socialistes, Caillaux a déclaré que,pour ce
lourd sacrifice fiscal, il ferait appel à tous
les citoyens. ,
Cela nous éloigne évidemment du prélè
vement -sur le capital, cher à Blum et à
Varenne. Ne pouvant majorer davantage
le rendement de l'impôt général sur le re
venu, il sera accru par des mesures par
ticulièrement rudes contre la frande.
Les taux des impôts cédulaires, excep
tion faite pour les salaires et pour les trai
tements inférieurs à 25.000 francs, seront
notablement relevés.
Le ministre se propose en outre de ma
jorer les droits sur le tabac.
Il demandera en outre l'institution d'une
caisse nationale de réassurances à laquel
le toutes les compagnies d'assurances se
ront obligées d'apporter au moins 50 0/0
de leurs primes. .
Puis il envisage des participations inté
ressantes pour le Trésor dans certaines
grandes affaires, notamment les pétroles
et les sucres. .
En terminant, il a déclaré qu'il comptait
demander un aménagement nouveau des
droits de succession qui, pourchassant .la
fraude, permettront de modérer certains'
tarifs jugés excessifs.
Après l'audition du ministre, la commis
sion des Finances a décidé de fixer au
25 mai la date de sa prochaine réunion,
au cours de laquelle il sera procédé à l'é
lection de son nouveau président et de son
yicc-présidont. M. P icot de P ledran.
régulière des alexandrins du poème. Il serait exa
géré enfin de croire la musique, celle que nous
aimons, tout à fait absente de ce grand édifice
sonore. Les chœurs féminins du premier " acte
sont très bien venus. Au deuxième acte une mé
lodie que le. pur soprano de Mlle Dénya — c'est
elle si nos souvenirs sont exacts — a bien mise
en valeur, s'épanouit spontanément et marque, un
heureux instant de détente. L'auditoire se re
prend à vivre. Agrément de courte durée. L'ac
cord parfait qu'on espérait nous est impitoyable
ment refusé. Nous venons de dire que M. Mariotte
n'avait pas toutes les habiletés : il est des habile
tés qu'il ne veut pas avoir et il dédaigne l'effet
facile. Au troisième acte, le duo d'Esther et d'As-
suérus contient lui aussi quelques pages dont le
charme n'est pas exclu. En résumé, incomplète
ment réussie, inégale à ses ambitions, mais puis
sante et volontaire, cette œuvre lyrique est tout
de même une des meilleures que l'Opéra nous
ait données depuis deux ou trois ans et M. Roucbi
n'a pas inutilement dépensé son argent . en la
montant somptueusement.
M. Piot a signé les décors.-Les deux premiers
sont très beaux. On admire leur tonalité systé-,
matique — safran pour le- premier, pourpre pour
le 6econd et l'expression de .profondeur, d'im
mensité, qu'ils réussissent à donner. Le troisième
avec ses dômes de ciment rappelle trop, à notre
gré. certains chantiers' de l'Exposition des Arts
décoratifs. Tous trois sont conçus dans une
note très moderne et font honneur à l'esprit d'ini
tiative et de renouvellement de l'Opéra. S'il était
permis do faire une réserve on aimerai* que les
costumes fussent d'un style plus défini, qu'un
choix plus net fût fait entre l'Assyrie, l'Egypte
et la Grèce.
La distribution réunit M. Franz dans le rôle de
Mardochêe, M. Rouard dans celui d'Assuérus, M.
Duclos dans celui d'Aman. Tous trois ont bien du
mérite. Ils jouent avec intelligence et M. Franz
joint à l'intelligence,un vigoureux sentiment dra
matique. Chantent-ils juste ? Nous ne le saurons
jamais, tant la ligne vocale de M. Mariotte suit
des chemins contournés. Mlle Yvonne Gall est
COMMENT LE KRONPRINZ SOIGNE
SA POPULARITE
Berlin, 12 mai■ — Une manifestation or
ganisée par l'Association républicaine de
la « Bannière du Reich », a eu lieu hier
à Oels, localité où réside le kronprinz.
Au moment où un groupe de manifes
tants passait devant son château, le kron
prinz leur fit amicalement signe d'entrer
et engagea un entretien avec eux.
Au cours de la conversation, le kron
prinz se prononça pour une politique d'ac
cord social et déplora que le « conflit des
drapeaux divisât la nation en deux
camps ennemis.
UN AVION SANITAIRE RAMENE
D'ABBEVILLE UN OFFICIER BLESSE
Villacoublaïf, 12 Jnai. — Un avion sani
taire, piloté par le lieutenant Guichet, est
arrivé au Bourget à 16 h. 50, venant d'Ab-
bevillc. Il transportait le lieutenant Sau-
vageot, grièvement blessé à Abbeville
dans un accident ce matin et pour lequel
un transfert immédiat au Val-de-Grâce
était indispensable.
AU CONGRES DES SOVIETS
. Khalinine reste président et successeur
de Lénine
Moscou, 12 mai. — Le congrès des So
viets russes a réélu Khalinine président
de l'Union des Républiques soviétiques
russes. Rykov a, d'autre part, été réélu
président du Congrès panrusse des Soviets.
UN SIDE-CAR SE BRISE CONTRE
■ UN PLATANE
Montpellier, 12 maL -*~ Un sidercar dans
lequel se trouvaient deux personnes est
venu se briser, par suite d'un dérapage,
contre un platane de la route dé Nîmes, à
3 kilomètres de Montpellier. Le conduc
teur du side-cs»r, M. Georges Perrier, 25
ans, est dans le coma. Sa belle-mère, Mme
Sarrat, 65 ans, a expiré peu après l'acci
dent.
Esther. a Humble vierge inconnue et frêle » dit
le poème. Vierge, nous no demandons qu'à le croi
re, mais fréîe, son aspect le dément. Le mot ten
dre serait, en tout cas, mieux approprié. Peu faite
pour exprimber la frénésie, Mlle Yvonne Gall a de3
accents et des gestes heureux'pour traduire la ten
dresse. Sa voix limpide a triomphé sans défaillance
d'un texte hérissé de difficultés. Bille Dénya a
su plaire, comme toujours.
Les mouvements ont été réglés très remarquable
ment par M. Chereau. Si l'exécution est parfois
molle, il ne faut incriminer que l'inertie des exé
cutants. La médiocrité du ballet a frappé, par con-
-tre, les moins prévenus. Les responsabilités sont
ici partagées entre le musicien, qui n'a fourni
qun des fragments de rythmes et de mélodies,,
le maître de ballet, incertain de son style, hési
tant entré l'Orient et l'Occident et d'ailleurs dé
pourvu comme toujours d'imagination et de feu,
et les protagonistes cnfii,, insuffisantes ou insuffi
samment mises en valeur.
Un hommage particulier^"doit être rendu à M.
Rulhmann. U n'est pas de chef d'orchestre mieux
préparé à conduit ces ouvrages symphoniques mo
dernes dont la tramfe" est touffue, la polyphonie
complexe et la charpente solide. C'est un jeu pour
lui d'en dégager les grandes lignes, d'en mettre
les beautés en évidence. M. Mariotte devra beau
coup à la collaoorstion d'un artisle de son expé
rience et de son dévouement.
Au sortir d 'Esther, Princesse d'Israël, on a ie
droit d'aller se détendre un peu. Un rien alors suf
fit à vous divertir. Les Bouffes-Parisiens jouent en
ce moment une comédie musicale de MM. Rip et
Christine, P. L. M., dont la qualité et la- pré
sentation font passer une excellente soirée. Nous
tenons M. Christine pour un musicien bien doué
qui pourrait, s'il.le voulait, faire très biçn. Infi
niment supérieure à celle de M. Maurice Yvain.
sa musiquê est écrite avec légèreté, distinction, et
parfois même, poésie. Le livret est amusant, Mme
Marguerite Deval fort plaisante, M. Max de Rieux
charmant, et toutes les comédiennes jî-snes et
jolies.
Dernières nouvelles sportives
Le raid italien Rome-Tokio-Melbourne
Calcutta, 12 mai. — Le commandant
aviateur italien de Pinedo, qui tente _ le
raid Rome-Tokio-Melbourne, est arrivé
aujourd'hui à Calcutta, venant de Coco-
nada.
La Coupe Davis
Londres, 12 mai. — Les épreuves comp
tant pour l'éliminatoire Roumanie-Dane
mark de la coupe Davis de tennis ont com
mencé aujourd'hui à Rochâmpton.
Dans la première partie de simple, le
Roumain Mishu a battu le Danois Worm
par 6-3, 6-3, 6-8, C-3.
Dans la deuxième rencontre de simple,
le Danois Ulrich .a battu le Roumain Lup-
pe par 6-1, 6-2, 8-6.
A la fin de la première journée, les deux
pays sont à égalité. Trois parties restent
à jouer.
Petites nouvelles de la nuit
— Hier, M. Genty, commissaire aux délégations
judiciaires, a mis la main .au collet d'un banquier
inculpé d'abus de confiance„ M. Léon Prévôt, dont
les bureaux sont situés 17, rue de la Grange-Bate
lière.
— L'ambassadeur de Grande-Bretagne et lady
Crewe ont. donné hier soir un grand dîner en
l'honneur de M. Doumergue.
— L'ambassadeur de France à Londres ,e{ Mme
de Fleuriau ont donné hier soir un dîner en
Chonneur du secrétaire d'Etat aux Affaires étran
gères et Mme Chamberlain.
— Deàx avions d'une escadrille de chasse de
Châteauroux ont capoté hier, l'un sur le camp
de Tours, l'autre à Sellcs-s.-Cher. Les deux pilotes
sont blessés grièvement.
— M. Briand a reçu hier M. Kalkoffi ministre
des Affaires étrangères bulgare.
— . . . ' " 111 """ "
PREMIERES COMMUNIONS
En souvenir de cette solennité. « Le plus beau
jour de ma vie », création P ihan , chocolatier,
4,'faubourg Saint-Honoré, 4. —■ Baptêmes.
A huitaine, puisque la place aujourd'hui nous
fait défaut, le compte rendu du Théâtre des
Champs-Elysées, où M. Marx Dearly et Mlle Jean
ne Saint-Bonnet interprètent un agréable petit
acte de Claude Terrasse, Chonchette, et où Betove
triomphe dans des imitations musicales extrême
ment réussies.
D ominique SORDET,
—— —«8»——————
L'inauguration du pavillon
«e la ville de Paris _
C'est aujourd'hui mercredi, à 14 h. 30,
que la municipalité de Paris inaugurera
le pavillon qu'elle a l'ait élever au cours
la Reine, non loin du Petit-Palais. Le pré-^
sident de là République assistera à la .cé
rémonie.
Le lendemain 14, la municipalité offri
ra, à l'Iiôtel de Ville, un dîner aux repré
sentants des municipalités étrangères qui
participent à l'Exposition. Le dîner sera
suivi d'une soirée artistique.
A cette occasion, le prefet de police a
signé une ordonnance autorisant les bals
sur la voie publique de 20 heures à 2 heu
res du matin dans la jiuit de jeudi à ven
dredi.
—— 1 *■■»! ■! "y- . **«
UN BALLON LIBRE .
DANS UN CIMETIERE 1
A 19 li. 30, hier, un ballon libre piloté
;>ar M. Cormier cl servant de moyen de
publicité à une maison de vins fortifiants
a atterri au cimetière Montparnasse. Ni
le pilote ni le balcon n'ont eu à souffrir
de cet arrêt imprévu. L'enveloppe, dégon
flée sur place, reprendra aujourd'hui le
chemin de Saint-Cloud, d'où M. Cormier
était parti.
I
. V
i '
Le maréchal président Hindenburg
■ a prêté serment
Toute la journée les Berlinois ont poussé des hoch enthousiastes
Berlin, 12 mai. — Le maréchal von Hin
denburg a prêté seraient aujourd'hui en
tre les mains de M. Loebe, président du
Reichstajf Serment à quoi ? On verra plus
loin que Ja formule est très vague et qu'il
n'y est pas trace de république.
"On remarquait beaucoup dans la loge
diplomatique les ambassadeurs de France,
d'Angleterre et d'Italie. _
Bien que les alliés n'aient pas poussé le
ridicule jusqu'à féliciter Hindenburg, on
estimait que leur présence équivalait à la
reconnaissance de fait de l'élection.
Hindenburg ainsi aura passé comme une
lettre à la poste. Pas une protestation ne
se sera fait entendre —- on a le droit de
s'en montrer surpris.
Berlin, 12 mai. — Une foule joyeuse at
tendait devant le Reichstag l'arrivée de
Hindenburg. Parmi les associations patrio
tiques, on remarquait surtout les vétérans
de 70, arborant avec fierté la croix de fer,
et des vieilles femmes .qui agitaient des
cocardes en parlant avec admiration de
leur idole, le retter (le sauveur qui
« fera peur à ces'maudits Français ».
Quand l'auto du maréchal, précédée
d'un escadron de cavalerie, tourne dans
la Wilhelmstrasse, la foule entonne avec
enthousiasme le Deutschland uber ailes.
Le maréchal Hindenburg descendit de son
auto et se tint immobile sur le perron tout
le temps que retentit l'hymne. Puis il par
courut le front de la compagnie d'hon
neur, adressa quelques paroles aux sol
dats et serra la main du capitaine. Après
avoir salué la foule d'un geste ample, il
gravit ensuite lentement les marches du
perron.
La cérémonie au Reiclistag
A 12 heures, M. Loebe, président du
Reichstag, faisait son entrée au Reiclistag,
suivi par le maréchal président. En de
hors des communistes, tous les députés
poussent les « hoch » les plus vigoureux
qui soient. Protestation anodine d'ailleurs,
car les communistes se lèvent comme un
seul homme, et de simple? bourgeois, com
me le maréchal Hindenburg, lit le texte
du serment suivant :
Le calme reveau, le maréchal lit Je texte
du serment :
Je jure par Dieu le Tout Puissant et Omniscient
que je consacrerai mes forces au bien du peuple
allemand, à augmenter son profit (nutzen)à dé
tourner de lui tout dommage et à préserver la
constitution et les lois du Reich, à remplir mes
devoirs consciencieusement et agir avec■ justice
envers chacun, aussi vrai que Dieu m'aide.
Une poignée de main au socialiste pré
sident Loebe et ca v est. Il parait que Hin
denburg a juré fidélité... à la République
1> son serment au kaiser, qu'il maintenait
il y a un mois à peine, ou de celui d'hier,
lequel est le bon ?
Pour l'en remercier, M. Loebe prononce
quelques paroles où il exprime le salut du
peuple allemand au nouveau président,
puis il invite rassemblée à se joindre à
lui dans un « hoch » formidable à l'adres
se du maréchal.
Tableau ! Tous les députés y vont de
très bon cœur de « hoch » répétés.
C'est maintenant au tour d'Hindenburg
de remercier. Il fait un petit topo banal
sur le Reichstag, sur l'impartialité dont il
fera preuve à l'égard des partis et il
ajoute :
Je me vouerai de toutes mes forces à cette no
ble tâche de concentration et d'union de notre
peuple. Cette grande tâche me sera sensiblement
facilitée si, an Reiclistag, la lutte des partis ne
se livre pas pour obtenir des avantages pour une
seule partie ou une seule classe sociale, mais pour
savoir Qui sert le mieux et avec le plus de succès,
la nation durement éprouvée.
Quelques « hoch » nourris et le maré
chal quitte le Reichstag pour se rendra
au Palais de la présidence où M. Simons
offrait un déjeuner. Les chefs de l'armée,
de la marine, le chancelier, les ministres
y assistaient. -
La transmission des pouvoirs eut lieu
à midi 45 au palais de la Présidence. Le
Dr Simons, président intérimaire, est (par
ti dans la soirée pour Leipzig.
La proclamation au peuple
Le maréchal a adressé au peuple une
proclamation dans laquelle on lit :
« C'est à une tâche loyale et "pacifique
que je consacerfii mes efforts pour faire
valoir auprès des autres,, peuples notre
bon. droit à l'estime et à la reconnaissan
ce, (à la reconnaissance de qui et pour
quoi '?), et pour libérer le nom allemand
des taches injustifiées qai le souillent en
core aujourd'hui,
« En nous estimant nous-mêmes, nous
voulons obtenir l'estime du monde ; en
ayant confiance en nous-mêmes, nous vou
lons conquérir la confiance des "utres. Le
chef de l'Etat personnifie la volonté uni
ficatrice de la nation. C'est pourquoi, en
cette heure, je serre la main à chaque Al
lemand.
« Nous voulons, en commun, en mémoi
re de nos chers morts, pour nos enfants
et nos petits-enfants, suivre le dur chemin
qui nous mènera â la liberté au moyen
d'une véritable paix. _
face et fit, comme réponse, le signe de la
croix. Car il ne pouvait plus parler.
Ainsi meurt noblement, comme il a vécu,
jaa brave h^mme et un bon écrivain de
phez nous.
Léon DAUDET»
Les obsèques
Les obsèques de M. Léon Allard auront
tieu vendredi à midi en l'église Saïnt-Tho-
mas-d'Aquin, où l'on se réunira.
L'inhumation aura lieu au cimetière du
Père-Lacliaise ; il ne sera pas envoyé de
faire part.
Au Conseil des ministres
Les ministres et sous-secrétaires d'Etat se sont
réunis en conseil hi« matin' à l'Elysée, sous la
présidence de M. Gaston Doumergue.
M. YioUctte, gouverneur général de l'Algérie
M. Schrameck, ministre de l'Intérieur, a sou
mis à la signature du président de la République,
îe décret chargeant M. Maurice Villette, député,
à titre de mission temporaire, deB fonctions de
gouverneur général de l'Algérie. La publication
officielle de cette nomination, antérieurement ar
rêtée par le gouvernement, avait été ajournée, sur
la demande du nouveau gouverneur général, jus
qu'après la clôture des élections municipales .
Les notes sur la sécurité et le désarmement
M. Aristide Briand, ministre des Affaires étran
gères, a donné connaissance des projets de notes
en réponse au mémorandum de l'Allemagne et au
sujet du manquement dans la question du désar
mement.
La première note doit être communiquée aux
Alliés et la seconde adressée à la Conférence des
Ambassadeurs qui se réuniront vendredi prochain.
Le conseil des ministres a pleinement approuvé
les textes de ces deux notes.
Les droits de douane sur les blés
M. Jean t)urand, ministre de l'Agriculture, a été
autorisé à déposer un projet de. loi. tendant à pro
roger le délai do remboursement du droit de
douane sttrles blés jusqu'au 31 juillet 1925, sous
réserve- que les blés admis au bénéfice de cette
disposition auront été importés avant le. 30 juin
1925. ■■■.■■
Les prochaines réunions , gouvernementales
Les ministres se réuniront jeudi matin en conseil
de cabinet, au ministère de la Guerre, et vendredi
matin, en conseil des ministres, à l'Elysée.
■ ■■ ■. . —S——. i ,»i.—^
Beautés du régime électoral
Un des administrés du citoyen Marlier,
assassin, de Philippe Daudet et préfet de
la Corse, nous écrit ce qui suit :
Je tiens à vous mettre au courant de l'Incurie
administrative et des fautes du préfet Marlier,
fautes ipi entraînèrent me fusillade où plus de
300 balles furent échangées, 2 hommes tués et
plusieurs autres blessés.
Il s'agit de la tragédie de Cauro. Dans ce vil»
lage, aux dernières élections, il y avait deux par
tis en présence. La lutta était âpre. Depuis la
Noël, aucun des partisans des deux factions ne
s'adressaient la parole. Depuis deux mois, hom
mes et enfants étaient armés. A-la tombée de
fa nuit personne ne s'aventurait dehors...
Quinze jours avant les érections, plusieurs at
tentats eurent lieu.
Un sexagénaire qui regagnait son legis vers
10 heures du soir fat assailli et laissé pour mort
sur le carreau.
On prit d'assaut la maison d'un homme qu'on
accusait d'avoir séquestré un électeur pour l'em-
pêcher de volet; .. t
On tira un coup de revolver «ur un honnête tra-
Tailleur qui refusait dé se laisser acheter.
Et je ne vous parle point des bagarres et des
menaces proférées. Ainsi oes propos entendus par
moi dans la boutique d'un armurier d'Ajaccio,
chez qui des gens de Canro achetaient des balles :
c On est arme pour en descendre plusieurs... >
Le préfet de la Corse ê(ait informé de tous ces
fats. Dans le village on prévoyait cette tragédie.
Plusieurs électeurs de maire s'étant abstenu)
demandèrent, la veille des élections, qu'un renfort
de gendarmes fût envoyé à Cauro. Voici ce que
leur répondit, textuellement, le préfet.: tPour
maintenir Vordre, il faudrait à Cauro une quaran
taine de gendarmes. Je ne puis vous les donner. >
Bien plus, sur 6 gendarmes sont se compose la
gendarmerie de Cauro, 4 avaient été envoyés dans
des villages où la lutte était très calme, et 2 seu-
lement (1 brigadier et 1 gendarme) restèrent à
Cauro. S'il n'y avait pas assez de gendarmes, ce
qui est tout à fait faux, pourquoi ne pas avoir
employé la troupe ?
Deux morts sont là qui réclament vengeance.
Avant peu ils seront vengés. Le village est main,
tenant en état de siège (!) Mais ee siège ne peut
durer indéfiniment et alors™ Dieu seul sait ce
qui arrivera.
A tout: de conclure quel est le vrai coupable ??
Ja vous donne ces renseignements comme très
exacts.
Le vrai coupable "c'est évidemment l'in
capable autant que sanguinaire Marlier.
Mais c'est aussi le régime électif qui trou
ble jusqu' àla guerre civile, une popula
tion honnête qui préférerait sans doute vi
vre tranquille. Constatons cependant que
ces incidents, après les massacres de
Marseille et de la. r_ue Damrêmont, mon
trent que le gouvernement du Cartel a
le privilège d'appeler le sang.
Chronique musicale
THEATRE NATIONAL DE L'OPERA : Es
ther, Princesse d'Israël, tragédie lyrique en
trois actes île MM. André Dtunas et Sébas
tien Charles Lecon te, M usiqne de M. An
toine Mariotte. — THEATRE DES BOUF
FES-PARISIENS s P. L. M., comédie musi
cale de MM. Bip et Christine.
Dana Histoire d'Esther, telle que l'Ecriture
sainte la rapporte, il y a Ja matière d'une comé
die, celle d'une tragédie de cour, celle enfin d'an
drame de sang et de volupté.
La comédie n'a pas encore trouvé son auteur.
Il est difficile cependant de lire, le Livre c?Esther
sans être frappé par le côté plaisant des carac
tères et des situations ; et pour netra part, en le
relisant, nous n'avons pu nous défendre à nouveau
de cette impression. Assnérns est plein de contra
dictions ridicules. Il s des exigences impérieuses
à l'égard de ea première femme, et bien de la
Faiblesse vis-à-vis de la seconde. Ses décisions po
litiques sont incohérentes et les avis'dont il s'en
toure, assez comiques. VastM a désobéi, c'est en
tendu, mais l'affaire est de mince importance. Le
tribunal qui la condamne, par crainte que son
caprice ne viènne à la connaissance des autres
femmes du royaume, est un tribunal de maris
prudents. Du jour où il aime Esther, cet autori
taire « devant qui tout fléchit et baise la poussiè
re n'existe plus. Vastlri avait perdu sa situation
pour n'être pas accourue à son premier signaL
Esther, elle, consolide la slbnne en allant lis trou
ver à une heure et en un lieu interdits. Un tel ren
versement du caractère par l'amour est un acci
dent assez commun, mais qui emprunte une sa
veur particulière â sa brusquerie, an coup de
farce sensationnel qui l'a immédiatement précédé.
Après le comique des caractères, celui des si
tuations. Aman obligé de reconnaître à travers les
rues pavMsées de Snse le triomphe de Mardochêe,
qu'il détesîe, c'est dfjà bien. E j « mien* : en
La mort
du général Mangin
La carrière d'un soldat 7
Le _ général Charles-Marie-Emmanuel
Mangin était né le 6 juillet 1866 à Sarre-
bourg (Moselle), où son père était inspec
teur des forêts.
Engagé volontaire en 1885, admis â
l'Ecole de Saint-Cyr en 3880, il en sortit
deux ans plus tard comme sous-lieutenant
dans l'infanterie de marine.
Aussitôt, il part pour le Sénégal, où il
séjourne de 1889 à 1892. En 1893, il re
part pour le Soudan. Il y retourne en
1895, après un court séjour en France, et
sert sous les ordres de Marchand, parti
cipant à la mission Congo-Nil. Nommé ca
pitaine et fait chevalier de la Légion
d'honneur, Mangin passe quelque temps
au ministère des Colonies. Mais il reprend
bientô le bateau.' Cette fois, il se rend au
Tonkin. Il est chef de bataillon quand il •
y arrive. Il est lieutenant-colonel à son
retour.
De ,1006 à 1908, puis en 1910, il est de
nouveau au Soudan. 1912 : c'est le Maroc.
Il délivre Marrakech assiégée par les re
belles. Le 8 août 1913, il recevait les étoi
les de général de brigade, avec lesquelles,
il partit, le 2 août 1914, au commence
ment de la grande guerre. Il avait le com
mandement de la 8" brigade d'infanterie.
Dès le 2 septembre, il commanda., une
division, la 5*. Il recevait les trois étoiles
en juin 1916, en même temps que le com
mandement du 11* corps. Appelé à Ver
dun, il reprit Douaumont par une attaque
foudroyante. Au mois de décembre de la
même année, il était placé à la tête de la
6' armée.
On sait que ce chef magnifique de
vait être la victime du ridicule P.-P. Pain-
levé qui, en pleine bataille du Chemin-des-
Dames, lui retira son commandement et
lui interdit le séjour de Paris et « des dé
partements limitrophes » (sic). Un an
après, Clemenceau le rappelait à l'acti
vité.-Il recevait le commandement du 9"
corps, et, le 10 juin 1918, celui de la 10'
armée. Le 11 juin, sa vigoureuse contre-
offensive de Méry-Gourcelles enrayait do-'
flnitivement l'avance des Allemands sur
Paris. Le 18 juillet, par une contre-attaque
fameuse, il repousse les Allemands de la
forêt de Villers-Cotterets et reprend Sois-
sons. Sa marche en avant, semée de vic
toires nouvelles, ne devait plus s'arrêter.
Après l'armistice, le général Mangin avait
commandé Ifarmée du Rhin, à Mayence. Po
litique aussi souple et pénétrant qu'il était
soldat énergique, Mangin s'attacha à la
grande _ œuvre d'assimilation progressive
des Rhénans. Il fut brutalement désavoué,
sur l'injonction de l'Angleterre, et rappelé
à Paris.
Ses citations
U est cité à l'ordre du jour de la marine
pour sa brillante conduite «dans la mis
sion de trois années, de 1896 à 1899, qu'il
a accomplie de l'Atlantique à la mer Rouge
(mission Marchand) ».
Comme commandant de la 5' division
d'infanterie, il est cité à l'ordre de l'ar
mée le 7 septembre 1914, « pour sa belle
conduite pendant la journée du 6 sep
tembre. Grâce à son énergie, à sa présence
au milieu de ses troupes aux endroits les
plus exposés, à l'influence qu'il a su déjà
acquérir, est parvenu à maintenir sa divi
sion devant une contre-attaque très vio
lente poussée par l'ennemi de 17 heures
à 19 h. 30 s».
En août 1916, il est cité en ces termes
à l'ordre de la 2* armée :
« Dirige depuis cinq mois, d'abord
comme commandant . de division, puis
commandant de corps d'armée, des opé
rations offensives, à peu près ininterrom
pues, dans un secteur des plus actifs.
Grâce à son énergie, à sa volonté opiniâtre,
à l'ascendant qu'il exerce sur les troupes
placées sôus ses ordres, aux habiles dis
positions prises, a obtenu d'importants
résultats dont l'affirmation incontestable
de la supériorité morale de nos fantassins
n'est pas la moindre ; a fait plusieurs mil
liers de prisonniers; possède à un haut
degré les qualités essentielles du chef. »
Il est fait grand-officier de la Légion
d'honneur le 2 novembre 1916, avec le
motif suivant :
« Commandant un groupe de divisions
devant Verdun, - a préparé et dirigé l'at
taque du 24 octobre 1916, qui a permis de
reprendre le fort de Douaumont en quatre
heures et d'enlever â l'ennemi 6.000 pri
sonniers, 15 canons et un important ma
tériel de guerre. »
Il est à nouveau cité à l'ordre de l'ar
mée le 5 septembre 1918 :
« Chef d'armée intrépide, ne connais
sant pas d'obstacle. Le 11 juin 1918, a
conduit la contre-attaque qui a arrêté
l'offensive allemande sur Compiègne. Du
18 juillet au 2 août, a pris une part pré
pondérante à la contre-offensive qui a
obligé l'ennemi à reculer sur la Marne et
sur 'l'Aisne ; le. 20 août, va rejpté l'ennemi
sur l'Oise et l'Ailette ; en un mois, a fait,
avec son armée, plus de 30.000 prison
niers et a capturé plus de 600 canons.»
Il est fait grand-croix de la Légion
d'honneur le 6 juillet "1919 avec le motif
suivant :
« Commandant d'armée, auquel un re
marquable esprit de décision et une in
le pend à la potence même qu'il a fait préparer
la veille pour Mardochêe. Qui donc a remarqué
que l'interversion symétrique des rôles est un des
artifices ttsuels de la comédie ? Reste le massa
cre des 75.000 Perses. Il eût suffi pour l'éviter
qn'en changement d'avis. Assuérus changeât aussi
ses ordres ; qu'il annulât .son premier édit qui
prescrivait aux Perses de massacrer les Juifs.
Mais c'était impossible : en ce temps-là, en ce
pays-là, on avait des traditions administratives so
lides. Une lettre écrite au nom du roi et scellée
avec l'anneau du roi ne pouvait être révoquée.
11 ne restait plus à Assuérus que la ressource'de
signer un second édit autorisant les Juifs à re
cevoir l'attaque les armes à la main. C'est ce
qu'il fit La guerre civile ainsi déchaînée fut la
conséquence déplorable d'un formalisme adminis
tratif poussé jusqu'à l'absurde.
MeiJhae et Halévy avaient là tous les éléments'
d'un livret pour Offenbacli. Mais nous verrons
tout à l'heure que le génie de M. Mariotte est
d'un autre ordre que celui du musicien d'Orphée
aux Enfers. »
II y a dans Esther la matière d'une tragédie
de cour coupée de chants et de réflexions mora
les, d'un spectacle religieux < rempli avec les
seules scènes que Dieu lui-même, pour ainsi dire,
a préparées ». C'est ainsi que Racine voulut le
comprendre. « Tout respire en Esther l'innocence
et la paix >. Sainte-Beuve n'avait pas tort de voir '
dans cette tragédie composée pour les pension
naires de Mme de Maintenon « un des pïu3 gra
cieux épisodes, et le plus virginal assurément, de
notre littérature dramatique ».
Il y a enfin la matière d'an drame très asiati
que de sang et de volupté. Les textes sacrés ne
nous interdisent point d'imaginer une Estlier toute
différente de -relie de Racine, rusée, féroce, assoif
fée de sang et de meurtre, il faut dire : ne nous
interdisent point ; il ne faudrait pas dire : nous
montrent. Car l'Esther biblique n'est pas une
furieuse et sur soixr^të quinze mille morts, elle
n'en a guère que trois cents sur la conscience, ce
qui 'est peu de chose si on se reporte à l'époque,
à la géographie et su climat. C'est ee dernier
domptable énergie ont permis d'obtenir
les plus fructueux résultats ; après avoir,
en juin 1918, comme commandant de
corps d'armée, activement participé à la
défense de la région nord-ouest de Com
piègne, a exécuté, & la tête d'une armée,
du 18 juillet au 26 octobre 1918, une série
d'actions offensives qui ont amené la libé
ration de Soissons et de Laon et inauguré
l'-ère des grands succès des armées de
l'Entente.»
Le maréchal Pétain dépose
la médaille militaire sur la poitrine
de Mangin
Aussitôt que la^nouvelle de la mort du
général Mangin a été connue, le maréchal
Pétain s'est rendu avenue de la Bourdon
nais et a déposé sur la poitrine du défunt
la médaille militaire, suprême récompen
se des généraux ayant commandé en chef
devant l'ennemi.
La dépouille mortelle est veillée par des
officiers supérieurs des troupes coloniales
qui forment une garde d'honneur dé cha
que côté de la couche funèbre. Le général
est dans son uniforme bleu horizon, barré
du grand cordon de la Légion d'honneur.
Tout l'après-midi, une foule respectueu
se, parmi laquelle on remarquait de hau
tes personnalités et beaucoup de ses an
ciens compagnons d'armes, est venue sa
luer une dernière fois le chef qui s'en va.
~ ■■ « .1 u. ■ I jm .1 11 II
INFORMATIONS
LE TEMPS. —: Beau, nuageux, très nuageux par
place surtout dans la région des Alpes.
Température; en hausse générale. A Paris, maxi
mum 21».
LA. VILLE; — A 2 heures, courses au Tremblay;
porte de Versailles : lu Foira de Paris; & 2 h. 15, à
l'exposition des Arts décoratifs, inauguration du
pavillon de la Ville de Paris; nu Champ de &favs,
le Concours Hippique; place Saint-Suipiee, la foire
Saint-tiermiuu.
LES CHANGES. — Le franc vaut en moyenne:
0 fr. 27 à New-York; 0 fr. 27 à Londres; 0 fr. 27
b Genève; 1 fr. 20 à Borne.
Une mission militaire anglaise va visiter '
les champs de bataille da Nord
Le Morning Post annonce que le général sir;
W. Twaias, accompagné d'un certain nombre
d'officiers supérieurs de la 47* division britannique,
quittera Londres la semaine prochaine pour les
champs de bataille des Flandres.
La mission se propose' d'étudier sur place, au
point de vue tactique, les engagements les plus
importants qui ont eu lieu au Cateau et dans la
région de Cambrai.
Un homme qui aurait va Napoléon vit encore
Au cours de la conférence qu'il vient de faire
à M Société de géographie de Londres, M. Piiil-
by a signalé qu'il a fait en Transjordanir la con
naissance d'un nommé Hajj Tahir, âgé de 140
ans, qui se rappelle avoir vu Napoléon.
Né à la Mecque, Hajj Tahir fut emmené en
Syrie par ses parents à l'âge de 13 ans, en 1799,
alors que lo futur empereur y était lui-même.
PETITES NOUVELLES
Le président de la République a assisté, hier soir,
& un dîner de C0 couverts, à l'ambassade d'Angle
terre.
A l'occation de la fêle nationale roumaine, des
télégrammes ont été échangés entre H. Doumergue
et le; roi de Roumanie.
Le ■maréchal Pétain assistera, cette année, aux
grandes manœuvres britanniques qui auront lieu
au début de Tété.
Le centenaire de Saint-Simon. — Aujourd'hui, à
8 h. 45 du soir, auront lieu, au grand amphithéâ
tre de la Sorbonne, les fêtes comméznoratlvcs du
centenaire d'Henri de Saint-Simon. ï
On annonce la mort de M. L. Bénédite, conserva
teur du musée du Luxembourg et du musée liodin.
Il était né ù Nîmes en 1859. ,
I :mielj)allli de Paris a reçu hier les mem
bres -u comité de la Foire de Paris et les prési
dents des syndicats d'initiative de France.
Nous apprenons la mort du chanoine Soulanije-
Bodin. ancien curé de Saint-Honoré d'Ëylau, à Pa
ris, oii il avait succédé à Mgr Marbeau.
La Ligue maritime et coloniale a offert, dans
le grand amphithéâtre de la Sorbonne, un gala à
sa section de la Garde républicaine.
CHRONIQUE DU MONDE
ET DE LA VILLE
Naissance
M. Marcel Coûteaux et Mme, née de Pra-
del de Lamazc, sont heureux de faire part
de la naissance de leur fils, Henri. Le Vé-
sinet.
Mariage
On annonce le prochain mariage du vi
comte Gilles de Maupeou d'Ableiges,
croix de guerre, fils du vicomte N. de
Maupeou, ancien capitaine de vaisseau,
officier de la Légion d'honneur, croix de
guerre, et de la vicomtesse, née de Ror-
thatjs de Monbatl, avec la baronne de
Nonville, née d'Estrée, fille da comte
d'Estrée, décédé, et de la comtesse, née
de Savignac.
Deuils
Nous apprenons la mort de la comtesse'
de Laubespin, née de Bernis, décédée à
Paris, en son domicile de la rue Saint-
Guillaume, dans sa 86' année. Elle était
la mère et belle-mère du'marquis et de la
marquise de Laubespin, du comte et de
la comtesse H. d'Espiès.. ,
On annonce d'autre part :
NAISSANCES. — Denise-Gabrielle, fille.' de. M.
■et de Mme Marius Le Guay. —^Claude, fille du
dit comte et de la comtesse Jacques de Broissid:
NECROLOGIE. — Mîle Marie tTOrfeuiltc, à
Versailles. — Douairière iTHespel de Flencque,
née baronne de Vivario de Ramczce, à Divion.
parti — celui d'une Esther exaltée —que MM.
André Dumas et Sébastien-Charles Leconte ont
choisi dans le drame qu'ils firent représenter en
1912 à l'Odéon et pour lequel M. Mariotte vient
d'écrire une très honorable partition.
Dans la préface d 'Esther, Racine eut un mot
aimable pour le musicien qui avait composé lea
chœurs de sa tragédie, un certain Jean-Baptiste
oMreau qui, d'ailleurs, n'a pas laissé de trace dans
les annales musicales, li disait de son collabora
teur': «Ses chants ont fait un des plus grands
agréments de la pièce. Tous les connaisseurs de
meurent d'accord que depuis longtemps on n'a
point entendu d'airs plus touchants. »
11 faut d'autres mots pour définir la musique
de M. Mariotte. Elle n'est en effet, cette musi
que, ni agréable, ni touchante et les qualités qu'on
apprécie en elle sont de l'ordre sévère. M. Ma
riotte n'a ni inspiration, ni aisance. Il remplace
ces dons naturels par un effort soutenu de la
pensée, et l'emploi consciencieux d'artifices sco-
lastiquer. Sa lutte contre une matière rebelle est
tourageuse, presque toujours intéressante, parfois
victorieuse. Venu tard à la musique, il n'a pas
toutes les habiletés. En dépit du soin visible qui
préside à la mise en œuvre des timbres, son or
chestre est tour à tour ou terne ou trop bruyant;'
Les voix sont traitées dans un style plus ins
trumental que vocal, qui ne l«ur est pas toujours
favorable. La trame symphonique laborieusement
tissée est tendue et rude. A défaut d'habileté,
M. Mariotte a du moins des scrupules, et de
nobles ambitions., On le sent soucieux de fuir la
facilité, d'éviter les sentiers, mélodiques déjà
frayés, de passer toujours un peu à côté do la
note attendue.
Il est rare qu'une volonté forte et persévérante
ne réalise pas ses desseins. Avec tous ses défauts,
malgré l'absence de -'liberté, de grâce harmo
nieuse, de transparence et de luminosité, cette
fresque atteint de temps à autr.e à la puissance,
et presque partout à une certaine somptuosité
massive et barbare. Le musicien a le sens du ryth
me ; il le prouve. Il l'eut prouvé davantage s'il
n'avait pas été gêné, entravé par lit coupe trop
Les impôts à Caillanx
ou ce que sont devenues les promesses
'du Cartel
Les politiciens radicaux, en -voyant leur
Caillaux revenir au ministère des Finan
ces, criaient bien fort : Voilà le sauveur !
11 arrive avec des idées neuves et prati
ques; en peu de temps il va renflouer la
situation.
Comme on va le voir, tout le génie de
l'homme du' Rubicon, consiste, pour l'ins
tant, en une augmentation formidable de
l'impôt, contrairement aux promesses fai
tes par ses amis politiques au cours de la
campagne électorale qui a précédé le scru
tin du 11 mai.
Qu'on en jugç.
Entendu hier par la commission des Fi^
,nances de la Chambre, Caillaux a tout
d'abord expliqué que le total des dépenses
afférentes à l'exercice 1925, tel qu'il sera
vraisemblablement arrêté par le Parle
ment, compflsera un chiffre supérieur dç
1.150 millions à la somme des recettes,éva
luées, selon les méthodes habituelles, si
aucune des modifications à la fiscalité vo
tées par là Chambre que le gouvernement,
s'apprête à suggérer n'est réalisée. Il est
bon de faire remarquer en passant que
Caillaux s'est empressé de signaler que le
fameux budget, soi-disant en équilibre, du
cabinet Herriot, était déficitaire de plus
d'un milliard.
L'abandon des versements allemands
Le ministre a ensuite fait observer que,
parmi les recettes, figurent 1.240 millions
a provenir du plan Dawes dont, par suite
du jeu des prestations en nature, le Trésor
n'encaissera effectivement cette année
qu'une faible partie. Il pense que les res-:
sources découlant des versements .^germa-
niques ont, par leur nature même, une af
fectation spéciale. Elles doivent servir à
l'achèvement de la reconstruction dans les
régions libérées et à l'amortissement- des
dettes interalliées. Les distraire de ces em
plois ne laisserait pas de comporter de
graves inconvénients.
M., Caillaux fait ainsi compte d'un dou
ble manquant : 1.150 millions d'une part,
1.240 millions de l'autre, au total 2.390 mil
lions.
Caillaux s'est ensuite élevé contre le
maintien d'une fraction notable des dépen
ses en dehors du budget, notamment les
pensions aux victimes de la guerre, celles
concernant l'amélioration de l'outillage
des postes.
Ces réintégrations dans le budget porte
ront à près de 4 milliards le découvert
pour l'année 1925.
L'assainissement
Ce n'est qu'une fois qu'on aura abouti
sur ces points, que l'on pourra envisager
le grand problème de l'assainissement gé
néral de notre monnaie et de la dette. Il
faudra auparavant que notre budget soit
en parfait équilibre et que la question des
dettes interalliées soit réglée.
Le ministre retient seulement le . chiffre
total de notre dette intérieure — 280 mil
liards — et sa répartition singulière : 150
milliards en rentes consolidées, 130 mil
liards en engagements à court terme et de
toute nature.
Il n'insiste pas sur, les périls que peut
faire courir à la vie même d'une nation
l'existence d'une masse aussi formidable
de dettes, à courte échéance, Il en déduit
simplement que le problème de la dette,
de sa composition, des novations utiles de
créances, des amortissements indispensa
bles, sera l'objet de constantes préoccu
pations du gouvernement et qu'il sera abor
dé aussitôt qu'auront été parcourues les
étapes nécessaires..
^ La note à payer
Caillaux n'a pu dissimuler à la commis
sion que la nation devra assumer un. gros
supplément de charges avoisinant 3 mil
liards 500 millions. , _ : . ,
Conformément à la déclaration ministé
rielle et pour la plus grande confusion des
socialistes, Caillaux a déclaré que,pour ce
lourd sacrifice fiscal, il ferait appel à tous
les citoyens. ,
Cela nous éloigne évidemment du prélè
vement -sur le capital, cher à Blum et à
Varenne. Ne pouvant majorer davantage
le rendement de l'impôt général sur le re
venu, il sera accru par des mesures par
ticulièrement rudes contre la frande.
Les taux des impôts cédulaires, excep
tion faite pour les salaires et pour les trai
tements inférieurs à 25.000 francs, seront
notablement relevés.
Le ministre se propose en outre de ma
jorer les droits sur le tabac.
Il demandera en outre l'institution d'une
caisse nationale de réassurances à laquel
le toutes les compagnies d'assurances se
ront obligées d'apporter au moins 50 0/0
de leurs primes. .
Puis il envisage des participations inté
ressantes pour le Trésor dans certaines
grandes affaires, notamment les pétroles
et les sucres. .
En terminant, il a déclaré qu'il comptait
demander un aménagement nouveau des
droits de succession qui, pourchassant .la
fraude, permettront de modérer certains'
tarifs jugés excessifs.
Après l'audition du ministre, la commis
sion des Finances a décidé de fixer au
25 mai la date de sa prochaine réunion,
au cours de laquelle il sera procédé à l'é
lection de son nouveau président et de son
yicc-présidont. M. P icot de P ledran.
régulière des alexandrins du poème. Il serait exa
géré enfin de croire la musique, celle que nous
aimons, tout à fait absente de ce grand édifice
sonore. Les chœurs féminins du premier " acte
sont très bien venus. Au deuxième acte une mé
lodie que le. pur soprano de Mlle Dénya — c'est
elle si nos souvenirs sont exacts — a bien mise
en valeur, s'épanouit spontanément et marque, un
heureux instant de détente. L'auditoire se re
prend à vivre. Agrément de courte durée. L'ac
cord parfait qu'on espérait nous est impitoyable
ment refusé. Nous venons de dire que M. Mariotte
n'avait pas toutes les habiletés : il est des habile
tés qu'il ne veut pas avoir et il dédaigne l'effet
facile. Au troisième acte, le duo d'Esther et d'As-
suérus contient lui aussi quelques pages dont le
charme n'est pas exclu. En résumé, incomplète
ment réussie, inégale à ses ambitions, mais puis
sante et volontaire, cette œuvre lyrique est tout
de même une des meilleures que l'Opéra nous
ait données depuis deux ou trois ans et M. Roucbi
n'a pas inutilement dépensé son argent . en la
montant somptueusement.
M. Piot a signé les décors.-Les deux premiers
sont très beaux. On admire leur tonalité systé-,
matique — safran pour le- premier, pourpre pour
le 6econd et l'expression de .profondeur, d'im
mensité, qu'ils réussissent à donner. Le troisième
avec ses dômes de ciment rappelle trop, à notre
gré. certains chantiers' de l'Exposition des Arts
décoratifs. Tous trois sont conçus dans une
note très moderne et font honneur à l'esprit d'ini
tiative et de renouvellement de l'Opéra. S'il était
permis do faire une réserve on aimerai* que les
costumes fussent d'un style plus défini, qu'un
choix plus net fût fait entre l'Assyrie, l'Egypte
et la Grèce.
La distribution réunit M. Franz dans le rôle de
Mardochêe, M. Rouard dans celui d'Assuérus, M.
Duclos dans celui d'Aman. Tous trois ont bien du
mérite. Ils jouent avec intelligence et M. Franz
joint à l'intelligence,un vigoureux sentiment dra
matique. Chantent-ils juste ? Nous ne le saurons
jamais, tant la ligne vocale de M. Mariotte suit
des chemins contournés. Mlle Yvonne Gall est
COMMENT LE KRONPRINZ SOIGNE
SA POPULARITE
Berlin, 12 mai■ — Une manifestation or
ganisée par l'Association républicaine de
la « Bannière du Reich », a eu lieu hier
à Oels, localité où réside le kronprinz.
Au moment où un groupe de manifes
tants passait devant son château, le kron
prinz leur fit amicalement signe d'entrer
et engagea un entretien avec eux.
Au cours de la conversation, le kron
prinz se prononça pour une politique d'ac
cord social et déplora que le « conflit des
drapeaux divisât la nation en deux
camps ennemis.
UN AVION SANITAIRE RAMENE
D'ABBEVILLE UN OFFICIER BLESSE
Villacoublaïf, 12 Jnai. — Un avion sani
taire, piloté par le lieutenant Guichet, est
arrivé au Bourget à 16 h. 50, venant d'Ab-
bevillc. Il transportait le lieutenant Sau-
vageot, grièvement blessé à Abbeville
dans un accident ce matin et pour lequel
un transfert immédiat au Val-de-Grâce
était indispensable.
AU CONGRES DES SOVIETS
. Khalinine reste président et successeur
de Lénine
Moscou, 12 mai. — Le congrès des So
viets russes a réélu Khalinine président
de l'Union des Républiques soviétiques
russes. Rykov a, d'autre part, été réélu
président du Congrès panrusse des Soviets.
UN SIDE-CAR SE BRISE CONTRE
■ UN PLATANE
Montpellier, 12 maL -*~ Un sidercar dans
lequel se trouvaient deux personnes est
venu se briser, par suite d'un dérapage,
contre un platane de la route dé Nîmes, à
3 kilomètres de Montpellier. Le conduc
teur du side-cs»r, M. Georges Perrier, 25
ans, est dans le coma. Sa belle-mère, Mme
Sarrat, 65 ans, a expiré peu après l'acci
dent.
Esther. a Humble vierge inconnue et frêle » dit
le poème. Vierge, nous no demandons qu'à le croi
re, mais fréîe, son aspect le dément. Le mot ten
dre serait, en tout cas, mieux approprié. Peu faite
pour exprimber la frénésie, Mlle Yvonne Gall a de3
accents et des gestes heureux'pour traduire la ten
dresse. Sa voix limpide a triomphé sans défaillance
d'un texte hérissé de difficultés. Bille Dénya a
su plaire, comme toujours.
Les mouvements ont été réglés très remarquable
ment par M. Chereau. Si l'exécution est parfois
molle, il ne faut incriminer que l'inertie des exé
cutants. La médiocrité du ballet a frappé, par con-
-tre, les moins prévenus. Les responsabilités sont
ici partagées entre le musicien, qui n'a fourni
qun des fragments de rythmes et de mélodies,,
le maître de ballet, incertain de son style, hési
tant entré l'Orient et l'Occident et d'ailleurs dé
pourvu comme toujours d'imagination et de feu,
et les protagonistes cnfii,, insuffisantes ou insuffi
samment mises en valeur.
Un hommage particulier^"doit être rendu à M.
Rulhmann. U n'est pas de chef d'orchestre mieux
préparé à conduit ces ouvrages symphoniques mo
dernes dont la tramfe" est touffue, la polyphonie
complexe et la charpente solide. C'est un jeu pour
lui d'en dégager les grandes lignes, d'en mettre
les beautés en évidence. M. Mariotte devra beau
coup à la collaoorstion d'un artisle de son expé
rience et de son dévouement.
Au sortir d 'Esther, Princesse d'Israël, on a ie
droit d'aller se détendre un peu. Un rien alors suf
fit à vous divertir. Les Bouffes-Parisiens jouent en
ce moment une comédie musicale de MM. Rip et
Christine, P. L. M., dont la qualité et la- pré
sentation font passer une excellente soirée. Nous
tenons M. Christine pour un musicien bien doué
qui pourrait, s'il.le voulait, faire très biçn. Infi
niment supérieure à celle de M. Maurice Yvain.
sa musiquê est écrite avec légèreté, distinction, et
parfois même, poésie. Le livret est amusant, Mme
Marguerite Deval fort plaisante, M. Max de Rieux
charmant, et toutes les comédiennes jî-snes et
jolies.
Dernières nouvelles sportives
Le raid italien Rome-Tokio-Melbourne
Calcutta, 12 mai. — Le commandant
aviateur italien de Pinedo, qui tente _ le
raid Rome-Tokio-Melbourne, est arrivé
aujourd'hui à Calcutta, venant de Coco-
nada.
La Coupe Davis
Londres, 12 mai. — Les épreuves comp
tant pour l'éliminatoire Roumanie-Dane
mark de la coupe Davis de tennis ont com
mencé aujourd'hui à Rochâmpton.
Dans la première partie de simple, le
Roumain Mishu a battu le Danois Worm
par 6-3, 6-3, 6-8, C-3.
Dans la deuxième rencontre de simple,
le Danois Ulrich .a battu le Roumain Lup-
pe par 6-1, 6-2, 8-6.
A la fin de la première journée, les deux
pays sont à égalité. Trois parties restent
à jouer.
Petites nouvelles de la nuit
— Hier, M. Genty, commissaire aux délégations
judiciaires, a mis la main .au collet d'un banquier
inculpé d'abus de confiance„ M. Léon Prévôt, dont
les bureaux sont situés 17, rue de la Grange-Bate
lière.
— L'ambassadeur de Grande-Bretagne et lady
Crewe ont. donné hier soir un grand dîner en
l'honneur de M. Doumergue.
— L'ambassadeur de France à Londres ,e{ Mme
de Fleuriau ont donné hier soir un dîner en
Chonneur du secrétaire d'Etat aux Affaires étran
gères et Mme Chamberlain.
— Deàx avions d'une escadrille de chasse de
Châteauroux ont capoté hier, l'un sur le camp
de Tours, l'autre à Sellcs-s.-Cher. Les deux pilotes
sont blessés grièvement.
— M. Briand a reçu hier M. Kalkoffi ministre
des Affaires étrangères bulgare.
— . . . ' " 111 """ "
PREMIERES COMMUNIONS
En souvenir de cette solennité. « Le plus beau
jour de ma vie », création P ihan , chocolatier,
4,'faubourg Saint-Honoré, 4. —■ Baptêmes.
A huitaine, puisque la place aujourd'hui nous
fait défaut, le compte rendu du Théâtre des
Champs-Elysées, où M. Marx Dearly et Mlle Jean
ne Saint-Bonnet interprètent un agréable petit
acte de Claude Terrasse, Chonchette, et où Betove
triomphe dans des imitations musicales extrême
ment réussies.
D ominique SORDET,
—— —«8»——————
L'inauguration du pavillon
«e la ville de Paris _
C'est aujourd'hui mercredi, à 14 h. 30,
que la municipalité de Paris inaugurera
le pavillon qu'elle a l'ait élever au cours
la Reine, non loin du Petit-Palais. Le pré-^
sident de là République assistera à la .cé
rémonie.
Le lendemain 14, la municipalité offri
ra, à l'Iiôtel de Ville, un dîner aux repré
sentants des municipalités étrangères qui
participent à l'Exposition. Le dîner sera
suivi d'une soirée artistique.
A cette occasion, le prefet de police a
signé une ordonnance autorisant les bals
sur la voie publique de 20 heures à 2 heu
res du matin dans la jiuit de jeudi à ven
dredi.
—— 1 *■■»! ■! "y- . **«
UN BALLON LIBRE .
DANS UN CIMETIERE 1
A 19 li. 30, hier, un ballon libre piloté
;>ar M. Cormier cl servant de moyen de
publicité à une maison de vins fortifiants
a atterri au cimetière Montparnasse. Ni
le pilote ni le balcon n'ont eu à souffrir
de cet arrêt imprévu. L'enveloppe, dégon
flée sur place, reprendra aujourd'hui le
chemin de Saint-Cloud, d'où M. Cormier
était parti.
I
. V
i '
Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 78.69%.
En savoir plus sur l'OCR
En savoir plus sur l'OCR
Le texte affiché peut comporter un certain nombre d'erreurs. En effet, le mode texte de ce document a été généré de façon automatique par un programme de reconnaissance optique de caractères (OCR). Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 78.69%.
- Collections numériques similaires Albanès Joseph Hyacinthe Albanès Joseph Hyacinthe /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=(dc.creator adj "Albanès Joseph Hyacinthe" or dc.contributor adj "Albanès Joseph Hyacinthe")Réponse à M. l'abbé Magnan, membre de la Société de statistique, servant de supplément aux errata de son Histoire d'Urbain V et à l'Entrée d'Urbain V à Marseille en 1365 / [signé : J.-H. Albanès] /ark:/12148/bpt6k3060635h.highres La vie de Sainte Douceline, fondatrice des Béguines de Marseille composée au treizième siècle en langue provençale / publiée pour la première fois, avec la traduction en français et une introduction critique et historique par l'abbé J.-H. Albanès... /ark:/12148/bpt6k9756685x.highresChevalier Ulysse Chevalier Ulysse /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=(dc.creator adj "Chevalier Ulysse" or dc.contributor adj "Chevalier Ulysse")
- Auteurs similaires Albanès Joseph Hyacinthe Albanès Joseph Hyacinthe /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=(dc.creator adj "Albanès Joseph Hyacinthe" or dc.contributor adj "Albanès Joseph Hyacinthe")Réponse à M. l'abbé Magnan, membre de la Société de statistique, servant de supplément aux errata de son Histoire d'Urbain V et à l'Entrée d'Urbain V à Marseille en 1365 / [signé : J.-H. Albanès] /ark:/12148/bpt6k3060635h.highres La vie de Sainte Douceline, fondatrice des Béguines de Marseille composée au treizième siècle en langue provençale / publiée pour la première fois, avec la traduction en français et une introduction critique et historique par l'abbé J.-H. Albanès... /ark:/12148/bpt6k9756685x.highresChevalier Ulysse Chevalier Ulysse /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=(dc.creator adj "Chevalier Ulysse" or dc.contributor adj "Chevalier Ulysse")
-
-
Page
chiffre de pagination vue 2/4
- Recherche dans le document Recherche dans le document https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/search/ark:/12148/bpt6k762313t/f2.image ×
Recherche dans le document
- Partage et envoi par courriel Partage et envoi par courriel https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/share/ark:/12148/bpt6k762313t/f2.image
- Téléchargement / impression Téléchargement / impression https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/download/ark:/12148/bpt6k762313t/f2.image
- Mise en scène Mise en scène ×
Mise en scène
Créer facilement :
- Marque-page Marque-page https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/bookmark/ark:/12148/bpt6k762313t/f2.image ×
Gérer son espace personnel
Ajouter ce document
Ajouter/Voir ses marque-pages
Mes sélections ()Titre - Acheter une reproduction Acheter une reproduction https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/pa-ecommerce/ark:/12148/bpt6k762313t
- Acheter le livre complet Acheter le livre complet https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/indisponible/achat/ark:/12148/bpt6k762313t
- Signalement d'anomalie Signalement d'anomalie https://sindbadbnf.libanswers.com/widget_standalone.php?la_widget_id=7142
- Aide Aide https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/aide/ark:/12148/bpt6k762313t/f2.image × Aide
Facebook
Twitter
Pinterest