Titre : L'Action française : organe du nationalisme intégral / directeur politique : Henri Vaugeois ; rédacteur en chef : Léon Daudet
Auteur : Action française. Auteur du texte
Éditeur : Action française (Paris)
Date d'édition : 1925-05-04
Contributeur : Vaugeois, Henri (1864-1916). Directeur de publication
Contributeur : Daudet, Léon (1867-1942). Directeur de publication
Contributeur : Maurras, Charles (1868-1952). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb326819451
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 57453 Nombre total de vues : 57453
Description : 04 mai 1925 04 mai 1925
Description : 1925/05/04 (Numéro 124). 1925/05/04 (Numéro 124).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG87 Collection numérique : BIPFPIG87
Description : Collection numérique : BIPFPIG69 Collection numérique : BIPFPIG69
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k762304v
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, GR FOL-LC2-6354
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 18/01/2011
Dix-huitième année — N° 123
£un3i ï mal 1925
16 centimes. P^SIS
20 centimes. D épartements et C oionob T
ABONNEMENTS: CiiL 9zl*. Ml*.
France et Colonies. 48 fr. -a5 fr. «3 fr.
Etranger ...... 8a » 4a « m »
Chèque postal i Compte 33.900 Palis.
ORGANE DU NATIONALISME INTÉGRAL
uTout ce qui est national est notre. »
Le Duc d'ORLÉANS *
héritier dès quarante Rois qui en mille ans firent la France.
aCDACTIOIf i ÀDMIÎUSTB ATIOBI
li. ne de Ram, PHUS (ff)
Adrcnatélégraphique . ACTIOVRA1I-PARIS
Téléphone : Administration : Louvre 36-49, 36-60
Rédaction ■ Central 75-4i PablItUi i Central 74-77
Aprèi 10 heures du soir ; Ségur 11-68
Eegtstre de Commerce : Seine H' 78.58*
Fondateur ? IIENUI VAUGEOIS Directeurs politiques t LÉON DAUDET et CHARLES MAURRAS — Rédacteur en chef t MAURICE PUJO
la discontinuité rlpubliarincruînc la France
« Nous avons, depuis le 11 mai 1924, aban-
« donné, avec la Ruhr, tout ce qui avait été fait
« jusque là. Nous avons le franc à cinq sous et
« une rechute dans l'inflation. A la continuité
« cju'on remarque ailleurs né répondent chez
«c nous que des desseins sans suite et des propos
c interrompus. »
Jacques BAEWILLE dans la Liberté»
Une candidature
Aux prochains délégués sénatoriaux de Maine-et-Loire
Messieurs les Délégués sénatoriaux,
J 'ai l'honueur de , ous faire savoir que
j'ai adressé to-* récei m 't, à M. le
pr ident du Ce nité conservateur J e
II-ine-et-Loire, une lettre où lui fai
sais part de f-n intention de me é-
sti^ter ar, siège sén .orial devenu vacant
par la mort de Jules Delahaye. Je le
priais de vo"'o"r îen o: niquer cette
in ter Ion aux me. res de so.i coincé,
avec ma demande d'inveotitur. ; l'asau-
r..nt qu'admirateur et am< de Juli~ Dela-
hr.ye, depuis de rès lo* gues années,
j'avais, acquis la certitude qu'il voyait en
moi son remplaçant lés: îé, au cas où
l'état de sa santé l'eût contraint d'inter
rompre son 1 :ndat.
Je n'ignor : pas, messieurs les délé
gués, la lourde tâçhe qu'imposant au suc
cesseur de Jules Delahaye la fermeté de
car -itère, la puissance du labeui et le
x-^gnifique taleut de cet émi lent défen
seur de la cause religieuse, îation^le et
royale. Nul ne saurait préteudr. l'Cgaler.
Au moins peu ton suivre, son exemple.
C'est ce que j'ai tenté, pendant qua. e
ans, à la tribune de la Chambre des dé
putés, où il s'en est fallu de peu, à cer
tains jours, que la majorité suivît la
droite royaliste dans le chemin du re
dressement national. En quoi elle eût
été mieux avisée que d'accepter, des
mains du président du Conseil Mille-
rand, le ministre Steeg, aujourd'hui mi
nistre du bloc de gauche, et des mains
du président de la République Mille-
rand, le président du Conseil Briand,
aujourd'hui ministre aes Affaires étran
gères de ce même bloe anticlérical et
antinational.
Sur la question des lois laïques, ac
tuellement tranchée par la récente Décla
ration des cardinaux et archevêques de
'France, j'ai démontré, à la tribune, en
plusieurs occasions, leur origine bismarc-
kienne et leur malfaisance. Il n'est pas
unj des grandes questions de défense na
tionale et fiscale où, dan- la mesure de
me? moyens — et l'Officiel en fait foi —
je n'aie combattu de mon mieux pour
v les grands intérêts patriotiques et fa
miliaux dont dépend l'avenir du pays.
Je citerai notamment la chute du cabinet
Briand de 1921, obtenue à la suite d'une
motion en séance, et l'appui décisif ap
porté au cabinet Poincaré pour l'occupa
tion de la Ruhr.
C'est ma conviction absolue, messieurs,
et qui me porte à solliciter vos suffrages,
que les méthodes d'Action française, is
sues de la doctrine de Maurras, sont au
jourd'hui les. seules capables d'écarter de
notre pays le triple et menaçant péril de
la banqueroute, de la révolution et de
la guerre. Avant la guerre, pendant la
guerre — où elles ont eu raison de l'en
nemi de l'intérieur — et depuis la guerre,
ce., méthodes ont fait leurs preuves. Ulles
nous ont valu, notamment à Paris, une
puissance de recrutement — non seule
ment chez les étudiants et les employés,
mais dans toutes les classes sociales, —
et de résistance, même physique, au bol-
chevisme révolutionnaire et à son auxi
liaire, la police politique républicaine,
que personne n'égale, même de loin, ni
ne cherche plus à contester. H dépend
de vous qu'elles aient, en' plus, le reten
tissement, en France et au dehors, qu'as
sure la tribune sénatoriale, et que leur
garantissait un Jules Delahaye. .
Dans le combat mené pour les inté
rêts et les idées sur lesquels repose l'idée
de Patrie, nous avons souffert, vous le
savez, cruellement, et la Justice a souf
fert avec nous. Deux meurtres abomina
bles, celui d'un héros, celui d'un enfant,
perpétrés férocement et, à l'heure où je
vous écris, encore impunis, ont ouvert la
voie aux toutes récentes tueries de Mar
seille et-'de la rue Damrémont. Comment
s'en étonner, quand le mari de Mme Cail
laux, condamné lui-même, par le Sénat,
pour aide à l'ennemi en temps de guerre,
fait aujourd'hui partie du cabinet ! Vos
votes, s'ils me sont favorables, en me
permettant de me trouver face à face,
quand l'intérêt de la Justice l'exigera,
avec les personnages au pouvoir, no
tamment avec le ministre de l'Intérieur
et le garde des Sceaux, remédieront, dans
une certaine mesure, à de tels excès.'De
toutes façons, ils en assureront l'inscrip
tion au Journal officiel , en vue des ré
parations ultérieures, que nous ne cesse
rons de réclami et que nous exigerons,
le moment venu.
Je m'au. esse à vous, messieurs, avec
confiance, comme aux représentants qua
lifiés du meilleur département de
France, qui n'a jamais désespéré, jamais
reculé, jamais renoncé, et où toutes les
solides vertus nationales sont demru ées
en honneur. Sans nous connaître per
sonnellement, nous sommes liés, les uns
et les autres, par ce qui attache le plus
fortement les hommes : un corps de
croyances en commun, de doctrines, de
traditions, et un ensemble d'espérances,
que, .pour ma part, j'estime prochaines.
La situation périlleuse où est le pays ne
saurait en effet se prolonger, sans ame
ner une nouvelle catastrophe, pire peut-
être qu'en août 1914 ; et l'élection de
Hindenburg, conséquence de la politique
d'Herriot et du Cartel, est un terrible
avertissement. Mais de nombreux symp
tômes existent d'un réveil de l'opinion
publique, malheureusement endormie au
11 mai 1924, au dimanche noir ; réveil
qui, cette fois, portera la France- irritée
bien au delà des formations, vagues et en-
-core constitutionnelles, où elle s'était
arrêtée et enlisée au 16 novembre 1919.
Notre rôle, si vous nous ouvrez l'accès
du Sénat, sera, là comme au dehors, de
la guider dans son élan. Pour cette beso
gne indispensable, rien ne nous fera lecu-
1er, vous le savez.
'Veuillez trouver ici, Messieurs les pro-,
chains délégués sénatoriaux de Maine-et-
Loire, l'assurance de ma très haute con
sidération.
Léon DAUDET.
Ee cortège traditionnel
de Jeanne d'Arc
aura lieu le 10 mai
La journée d'hier s'est écoulée sans
qu'Abraham Schrameck ait donné sa ré
ponse au cardinal Dubois sur la question
de savoir si le Cortège serait" autorisé le
17 mai au cas où on le jugerait incompa
tible avec le scrutin de ballottage du
10 mai; mais, dès le matin, le Warwick
de la République cartelliste, M. Pierre
Bertrand, répondait à sa place dans le
Quotidien :
La 'manifestation ne saurait être permise, ni
le 10 mal ni le 17 mai. Et l'on se permet de
faire observer au cardinal Dubois que le 1" mai,
où tout cortège « été interdit sur la voie pu
blique, n'était pas jour d'élection.
Le Quotidien serait bien aimable de
nous dire en quelle année les cortèges révo
lutionnaires et même simplement syndica
listes ont été autorisés le 1 er mai. H. n'y a,
à cet égard, aucun précédent, aucune tra
dition à invoquer. Au contraire, depuis
1912, le Cortege de Jeanne d'Arc a été
régulièrement autorisé par le gouverne
ment et organisé, dans ses moindres dé
tails, d'accord avec la préfecture de po
lice. Dans les instructions ministérielles
ou administratives qui réglaient la célé
bration de.-cette fête nationale, le «défilé
des Sociétés patriotiques » était expressé
ment prévu après les discours officiels et
le défilé des troupes. Les organisateurs du
Cortège s'entendaient avec la direction des
beaux-arts de la Ville qui comptait sur les
couronnes apportées par ce Cortège pour
la décoration des statues.. Le Conseil mu
nicipal avait sa place marquée, place de
Rivoli, pour le voir défiler, et le ministre
de la Guerre fournissait deux musiques
militaires pour l'encadrer.
Oui, le temps de ces «parallèles» est
passé. Depuis est intervenue la loi du
10 juillet 1920. Ni la fantaisie d'un mi
nistre ni même la volonté impérieuse du
Quotidien ne peuvent prévaloir contre elle.
Nous réclamons l'application intégrale de
cette loi, qui établit la fête nationale de
Jeanne d'Arc, telle qu'elle a été réglemen
tée par l'usage et par les dispositions ad
ministratives antérieures.
Ne quittons pas M. Pierre Bertrand sans
lui donner un apaisement personnel. Sa
medi, après avoir cité un passage de l'Hu
manité qui le * dénonçait » comme ayant
réclamé des mesures de police pour le
1" mai, il citait l'extrait suivant de mon
article de la Teille :
« Les patriotes parisiens sauront que, si, le
10 mai, on lance sur leurs couronnes de fleurs
blanches et leurs drapeaux tricolores les agents
de la brigade centrale, ce sera en vertu d'un
ukasé du Quotidien. »
Et il tirait aussitôt cette conclusion :
Evidemment, ces messieurs {les. communistes
et l'Aotion française) ne s'entendent que pour
chercher quelques apaohes qui veuillent bien
faire, & leur place, un mauvais coup.
J'avoue que j'ai cherché quelque temps
Je sens de ces lignes. J'ai fini par com
prendre que AL Pierre Bertrand avait peur
pour sa peau. J'avais averti les patriotes
parisiens de la valeur exacte et de l'au
torité qu'aurait l'interdiction éventuelle
du Cortege prononcée par. le Quotidien et,
par conséquent, de la mesure du respect
qu'elle méritait. L'imagination de M. Ber
trand y a lu une menace personnelle.
Il faut un peu plus de sang-froid, mon
cher confrère, quand on joue les dicta
teurs. Rassurez-vous et laissez pour cette
fois, dans votre arsenal, le fameux fusil
mitrailleur et les autres instruments ter
ribles que vous aviez mis en batterie, le
jour des obsèques de Plateau, derrière
votre porte barricadée.
Maurice PVJO.
LA POLITIQUE
I. Les élections municipales
Comme chacun le prévoyait, la droite
du Conseil municipal de Paris est réélue
haut la main, brillamment et facilement:
c'est le cœur et la tête de Paris qui ne va
rient point. La gauche est en ballottage.
Elle sera réélue. Mais, sur plus d'un
point peut être, sa réélection imposera
les procédés du- Cartel, et d'un Cartel ou
les communistes interviendront. Le di
manche noir du 11 mai 1914 aura officiel
lement introduit le socialisme comme par
tie prenante au gouvernement de la Fran
ce. Un dimanche non moins noir, le 10
mai 1925, menace-t-il d'introduire officiel-,
lement le communisme comme partie'inté
grante de l'administration parisienne ?
Avouons cependant une autre impres
sion : le tableau change peu, et le scrutin
d'hier fait admirer surtout la tenace fidé
lité des clientèles. Evénements, menaces,
problèmes, qu'est cela? Au commencement,
il v avait les clans. A la,fin, il y a les clans.
tin banlieue, les premiers résultats ar
rivés • paraissent moins mauvais qu'on
n'avait lieu de le redouter, quelques-uns
même sont franchement bons, je dis mo
dérés et patriotiques. La juste appréhen
sion du communisme aurait-elle. ,opén>:£
Ou n'est-ce qu'une première apparence^ et
aurons-nous demain des chiffres moins
rassurants ? Il est impossible d'en juger à
l'heure où j'écris. Mais, là aussi, le jeu du
Cartel menace.
Peu de nouvelles des grandes villes de
province. Les votes de Lyon ne semblent
pas fameux, et le charlatanisme d'Edouard
Herriot parait avoir complètement mys
tifié le pauvre électeur.
IL Quelles économies
fera M. Caillaux ?
Malgré tout le battage des journaux, mal
gré tout le papotage des salons, M. Cail
laux fait beaucoup plus de politique que
de finance. Avec son insolence ordinaire,
il ferait observer que tel était le conseil
du baron Louis. Mais le baron Louis par
lait de politique nationale : la politique de
M. Caillaux n'est qu'une politique de parti
ou plutôt de faction. Elle est tout entière
appliquée à de basses manœuvres de poli
ce, à des intrigues de sacristie, à d'inavoua
bles tractations internationales. En tant
que ministre technique, M. Caillaux s'est
contenté d'adresser à ses collègues une
circulaire que les feuilles libérales et mo
dérées ont approuvée ou n'ont pas criti
quée. Elle conseillait l'économie. Elle ■ de
mandait aux chefs des diverses adminis
trations de comprimer les dépenses'autant
qu'ils le-pourraient. Tout.le-monde a dit :
C'est fort bien ou, tout au moins : Ce n'est
pas mal. Il nous est impossible d'avoir la
mémoire aussi courte.
Il nous est impossible d'oublier que les
économies et compressions de M. Caillaux
ont fait couler un immense fleuve de sang
français. Il nous souviendra toujours que la
méthode ' des ' économies et compressions
caillautistes est, par essence, celle qui a
présidé au- désarmement national entre les
années 1899 et 1912. M. Caillaux n'a pas été
toujours ministre • dans ce laps de treize
ans. Mais il l'était en 1899, il l'était en
1911, si l'on enferme notre politique fi
nancière antinationale entre deux paren
thèses, la parenthèse d'ouverture s'appelle
Caillaux et.la parenthèse de fermeture s'ap
pelle Caillaux, sans compter que M. Cail
laux a aussi détenu les Finances pendant
l'enclave ' clemenciste de 1906 à 190à.
C'est M. Caillaux qui a systématique
ment réduit ou fait réduire, par les
ministres de la Guerre, les crédits sur
le matériel, sur l'armement, que les ser
vices compétents réclamaient. En 1900,
les services demandaient 104 millions 500
mille francs, M. Caillaux en faisait déduire
plus de 35 millions; en 1901, les services
demandaient 98 raillions, M. Caillaux s'ac
cordait avec le ministre de la Guerre pour
en rabattre 48 millions; en 1908, à peine
l'alerte de Tanger était-elle passée, les ser
vices demandaient 90 millions, M. Cail
laux les fit réduire à 57 millions. De
même en 1911, les 113 millions demandés
étaient ramenés à 86 millipns. 0
Que l'on ne se figure pas que je com
pose une thèse. Ce n'est pas moi qui parle,
ce sont les documents officiels. Les faits
et les chiffres que l'on vient de lire sont
tirés, comme le savent nos anciens lec
teurs, du compte rendu de la séance du
Sénat du 13 juillet 1914 où ils ont été portés
à la tribune par le ministre de la Guerre :
« J e constate un simple fait: pendant
« un grand nombre d'années, les ' ser-
« vices militaires ont reçu du départe-
« ment des finances l'ordre précis, for-
« mel, impératif de réduire de moitié,
« des trois quarts les prévisions de la
« troisième section (section du matériel
« militaire). J e suis dans l'obligation de
« LE FAIRE. .CONNAITRE AU PARLEMENT. »
C'est le ministre de la Guerre, je le ré
pète, qui parlait ainsi à quinze jours de
la déclaration de guerre. Quel ministre ?
Ur fidèle partisan de M. Caillaux, M. Mes-
simy. M. Caillaux, dans un débat public
où sa mauvaise foi et son infatuation se
donnèrent carrière, ne put me contester
ce témoignage d'un bon ami. Il s'en tira
en le blâmant comme inopportun et fâ
cheux. On l'en a cru sans peine ! H était
sans doute fâcheux d'avouer ainsi devant
le pays et- devant le monde quel perfide
rôle de désarmeur et de complice de l'en
nemi son patron avait joué rue de Rivoli
durant plus de douze ans. Mais, en juil
let 1914, les petites habiletés n'étaient plus
de mise et les événements qui grandis
saient à l'horizon arrachaient la vérité
iiërfond des gorges intéressées à la rava
ger.
> Fâcheuse ou non, elle est connue ! On
sait sur quel chapitre portaient naturel
lement les économies de M. Caillaux : ce
qui eût sauvé les poitrines achetait les
bulletins de vote. Pour continuer ses dé
penses électorales, M. Caillaux a lésiné et
liardé douze ans sur les dépenses mili
taires. C'est donc pour gaver ses électeurs
qu'il a fait égorger nos soldats. Je con
seille aux Français qui seraient tentés
d'être dupes de ses allures de grand finan
cier de donner la plus grande attention
aux détails des économies et compressions
que pourra imposer M. Caillaux. Toute ré
duction des budgets de la Guerre, de la
Marine ou de l'Aeronautique doit être exa
minée à la lumière des réductions assas
sines de 1900 à 1912. Celles-ci nous ont
coûté quinze cent mille morts. Celui
que vers 1914 Daudet appelait Caillaux-de-
rang veut-il arrondir ses trois millions de
cadavres ? Tous les écrivains et orateurs
patriotes le lui demanderont.
m. « Le repaire de l 'émeute »
(Suite)
J'ai cité, avant-hier, le document qui
établit que M. Amédée Dunois, commu
niste fran'çais, a reçu son courrier à l'am
bassade rùsse. J'en publie. aujourd'hui le
fac-similé. Cette pièce a élà portée; par la.
marquis de La Ferronnays, député de' la
Loire-Inférieure, à M. Herriot alors pre
mier ministre. M. Herriot n'a rien fait.
Nous verrons si les Paul-Prudent Pain-
levé, les Briand, les Caillaux seront plus
dégourdis, ou si la crainte du Soviet con
tinuera de. les prosterner devant le petit
père Krassine,. digne successeur de cet
lsvolski que leurs prédécesseurs insultaient
dans l'ombre, mais sous le fouet de qui
tous ces messieurs allaient au pas.
Ne perdons pas de vue que lapièce est
datée du 10 décembre.
Le 20, nous la publiions. Nous avions
rempli notre fonction de publiciste.
Du 20 décembre au 2 mai, cette pièce
décisive n'a pas encore décidé le Gouver
nement à déplacer l'extrémité de son petit
doigt.
J'en conclus que le Gouvernement ne
fait pas la fonction pour laquelle on le
paie.
Charles MAURRAS.
L'ACTION FRANÇAISE
a plus de 37.000 abonnés
Chaque abonné, chaque ligueur, qui
veut seconder notre action, doit en
recruter un autre aujourd'hui même.
Dans les circonstances actuelles il ne
suffit pas de nous applaudir, tous
les patriotes doivent nous aider
efficacement.
Les communistes font adresser leur courrier
à l'ambassade russe
II. de Broqueville
et les libéraux belges
Hindenburg pourra faire, le 11 mai, à
Berlin, par la porte de Brandebourg, son
entrée triomphale. L'Allemagne, même celle
qui n'a pas voté pour lui, pourra s'associer
à son cortège. Le principal est gagné. L'Eu
rope consent. L'Europe oublie. Mise à
l'épreuve, elle a montré qu'elle avait perdu,
avec la mémoire, l'intelligence et l'énergie.
Les nationalistes, en recommandant de voter
pour le vieux maréchal, n'avaient pas tort
de dire : « C'est ainsi que le peuple alle
mand affirmera son indépendance et rejet
tera les chaînes du traité de Versailles ».
La Belgique elle-même ne paraît plus
réagir. De ce qui se passe en ce moment
chez elle, les Allemands auront le droit
de conclure que les souvenirs de l'invasion
sont effacés, les leçons de l'occupation
perdues.
Les socialistes n'ayant pas réussi (par un
grand bonheur pour nos voisins et pour
nous) à prendre le pouvoir, le roi avait
chargé M. de Broqueville de former le
cabinet. Choix excellent et plein de sens.
Au lendemain du plébiscite allemand,
c'était le signe que la Belgique comprenait.
Ministre de la Guerre avant 1914, M. de
Broqueville avait déjà remonté un courant
La neutralité entretenait les Belges dans
une sécurité fallacieuse dont Léopold II,
depuis longtemps, s'inquiétait. La neutra
lité détournait les Belges de s'armer. M. de
Broqueville avait organisé la défense natio
nale. Mais c'était une œuvre de longue
haleine et, avant qu'elle eût porté tous ses
fruits, l'invasion survint
Président du Conseil pendant la guerre,
quand le gouvernement belge était réfugié
à Sainte-Adresse, M. de Broqueville se rap
pelle que l'existence de son pays a été en
péril, que son unité, au moins, l'a été par
l'activisme, et que le maréchal Hindenburg,
jusqu'à la fin, exigeait l'annexion de la
Belgique. Il y a un mois à peine, dans un
discours prononcé à Dînant à l'occasion des
élections générales, M. de Broqueville mon-
trai t les incertitudes de la situation euro
péenne et Tes dangers de l'avenir. Après
l'élection de Hindenburg, personne n'était
plus qualifié pour prendre en Belgique la
direction d'un gouvernement d'union natio
nale.
Ce n'était qu'un beau rêve, puisque M. de
Broqueville s'est heurté au refus du parti
libéral. Que veut donc ce parti ? Il avait
résisté aux sollicitations de M. Vandervelde
et il convient de l'en féliciter. Mais c'est
grâce à des - hommes de droite qui ne sont
ni démocrates ni flamingants que le parti
catholique (et le parti libéral comme toute
la Belgique avec lui) a échappé, à la der
nière heure, à l'horrible et dissolvante con
fusion qu'eût été un cartel clérical-socialiste
sous le signe du « Lion de Flandre s. Est-ce
là que les libéraux veulent qu'on revienne?
Désirent-ils aller, avec leur pays, au fond
du trou de la démagogie flamingante que
creuserait M. Vandervelde aidé d'un certain
nombre de démocrates chrétiens ? Les libé
raux belges sont nationaux. Si les Janson
et les Max ne s'entendent pas avec un
Broqueville, on ne sait pas avec qui ils
s'entendront et ils laisseront penser que
le gouvernement des partis est une triste
chose partout — J. B.
La mainmise de Caillaux
sur la Banque de France
Certains journaux se sont fait l'écho
d'un bruit — qui court en Bourse depuis
quelques jours — d'après lequel M. Robi-
neau, gouverneur de la Banque de France,
aurait offert sa démission au ministre des
Finances. Ces mêmes journaux indiquent
que M. Sergent, président de la Banque de
1 Union parisienne, et M. Simon, directeur
général de la Société générale, avaient été
pressentis pour remplacer M. Robineau et
avaient décliné l'offre qui leur était faite.
Aux dernières nouvelles, on prononçait le
nom de M. Martin, président du Crédit na
tional, et surtout celui de M. Delanney, an
cien préfet de la Seine, et ami personnel
de M. Caillaux.
Nous ne savons pas si la nouvelle est
exacte. Toujours est-il qu'elle ne nous sur
prend pas.
M. Robineau est incontestablement un té
moin gênant qu'il convient de supprimer
au plus vite.
Au surplus, il suffit de réfléchir un peu
à la situation de la Trésorerie pour se
rendre compte que. les dernières avances
obtenues de la Banque de France — on sait
à quelles conditions et à la suite de quels
incidents — ne sauraient permettre au
Trésor d'aller plus loin que quelques se
maines. (Tout le bluff de M. Caillaux, qui
s'est manifesté par l'annonce d'une aug
mentation des secours aux Régions dévas
tées pour le mois de mai, n'avait qu'une
portée électorale.) Il faudra bien qu'à ce
moment-là M. Caillaux sorte de la discré
tion qu'il paraît s'être imposée en prenant
le ministère des Finances, et dise com
ment il entend résoudre les difficultés en
face desquelles va se trouver la Trésore
rie.
On comprend qu'il soit désireux de pré
parer cette échéance en mettant à la tête
de la Banque de France un homme à lui,
qui lui livrera sans difficulté la planche à
assignats. '
M. Painlevé a fait à.M. Caillaux une bien
mauvaise plaisanterie: l'homme de Mamers
s'attendait à n'être appelé que comme syn
dic d'une banqueroute dont d'autres au
raient pris l'initiative et auraient endossé
le discrédit.
Voilà qu'on l'appelle comme administra
teur délégué d'une affaire bien mal en
point et; qu'on lui fait toute confiance
pour la remettre en état dans les meilleu
res conditions. Nous comprenons qu'il
soit gêné d'un pareil cadeau et qu'il s'ef
force de placer sur les différentes cases de
l'échiquier financier des pions suscepti
bles de l'aider à jouer une partie dont il t
ne sait pas trop lui-même comment il la
pourra conduire.
Le pays a le droit de savoir ce qu'on
lui prépare et nous avons, nous, le devoir
de démasquer des manœuvres qui ne sont
rien de moins que l'organisation de la ban
queroute.
Le résultat
des Elections municipales
Les a Camarades de Combat »
iront au cortège
Nous recevons le communiqué suivant :
Le comité central de l'Association nationale des
Camarades de combat, dont le siège est à Paria, 8,
rue Nouvelle, a décidé de rendre, le dimanche
10 mai, le traditionnel hommage à Jeanne d'Arc
en organisant son cortège habituel auquel soni
conviés tous les anciens combattants.
Ce cortège, qui se joindra, s'il y a lieu, à celu
formé par d'autres Ligues ou Associations, ne
sera en aucun cas supprimé, quelles que soient
les décisions qui pourraient être prises par ail
leurs.
Les membres de l'A.N.C.C sont spécialement
et très instamment priés de participer à cette '
pieuse et patriotique manifestation, dont rien ne
justifierait cette année la suppression.
Des indications précises seront données en temps
utile soit par la presse, soit par convocation in
dividuelle.
L* président: CHAUVIN.
Il est trop tôt pour avoir une idée géné
rale du résultat des élections municipales
dans toute la France.
A Paris, le premier tour de scrutin n'an
nonce pas de changements importants dans
le conseil municipal. Il faudra comparer
les chiffres d'hier à ceux des scrutins anté
rieurs. Toutefois on peut remarquer dès
maintenant que les conseillers sortants de
droite sont presque tous réélus à ce pre
mier tour, tandis que beaucoup de leurs
collègues cartellistes ou communistes sont
en ballottage. Ces ballottages ne seront fa
vorables aux uns ou aux autres que si leurs
partis font alliance. Voilà le cartel et le
communisme rivés plus étroitement que
jamais.
En banlieue, les premiers résultats indi
queraient une certaine poussée à droite.
Pour la province, les nouvelles sont trop
incomplètes pour qu'on puisse donner en
core aucune indication.
A PARI&
; ytï -* * rj' . -
• ' ' "w*""-' r,.-. ■
!?Éltl|tlll
S»
He Vtgr s>«r-ifens t&xr t aos ♦ sl»aàro s s aluta*
- il; *" T<• S03 sittl* £>23 S3i
.. -
* " -j*. * ** ..) „ - - v ' 1 f
h r — r
mmmmt
-t ■
Comme on le voit sur le cliché ci-dessus, la librairie de l'Humanité envoyait, le 10 décembre,
à un important libraire la lettre.dont nous reproduisons la photographie et qui était ainsi conçue:
s. Monsieur,, — . Veuillez envoyer votre catalogue général en deux exemplaires à M. Amédée Da
nois, Ambassade de l'U.R.S.S., 79, rue de Grenelle, Paris. Veuillez agréer, Monsieur, aos sincères
salutations. Signé.: U. SUCHET. -
PREMIER ARRONDISSEMENT
Saint-Getfmain-l'Auxerroi»
Inscrits : 1.299 ; votants : 1.167 ; blancs et
nuls : 27 ; majorité absolue : 571.
MM. Le Menuet, U. R. N. c. a. 674 ELU
Defrance, concent. rép. 206 voix
Dobert, S. F. I. O. ...» 125 —
Paoli, com, 135 —
M/Le Menuet avait été élu en 1919 au premier
tour de scrutin par 742 voix.
Palais-Royal
Inscrits : 2.213 ; votants : 1.804 ; blancs et
nuls : 43 ; majorité absolue : 881.
MM. F. Levée, U. R. N. c. s. 1.279 ELU
Salfati, rad. soc. ............ 195 voix
Smétana,S. F. I. O. ............ 166 —
M. F. Levée avait été élu en 1919 au premier
VDur de scrutin par 1.504 voix.
Place Vendôme
Inscrits : 2.113 ; votants : 1.715 ; blancs et
nuls : 21 ; majorité absolue : 848.
MM. Aug. Lefébure, U. R. N. c. s. .. 1.027 ELU
Mittiaux, rad. soc 366 voix
Veylet, concent, rép. 220 —
M. Leftbi -e avait été élu en 1919, as deuxième
tour de scrutin par 898 voix.
Les Halles
Inscrits : 6.178 ; votants : 4.902 .*; blancs el
nuls : 98 ; majorité absolue : 2.403.
MM. 'Maurice Quentin, U. R. S, c. g. 3.312 ELU ;
Teissèdre, S. F. L 0 859 voix
Persoons, com. 623 —
M. Maurice Quentin avait été élu en 1919 an pre
mier tour de scrutin, par 2.191 voix.
DEUXIEME ARRONDISSEMENT
Caillou
Inscrits : 1.049 ; votants : 850 ; bulletins blancs
et nuls : 10 ; majorité absolue : 421.
MM. Louis Aucoc, U.R.N., c.s. .... 611 ELU
Paul Jegn-Baptiste, rép. ..... 134 voix
Chabert, S.F.I.Q. .............. 60 —
Forceau, com. ................. 35
M. Louis Aucoc, avait été élu, en 1919 au pre-
mier tour de scrutin, par 704 voix, contre M. Del-
peuch, soc, unif, 124 voix.
. Vivienne
Inscrits : 2.060 ; votants : 1.574 ; bulletins blancs :
et nuls : 39 ; majorité absolue : 768.
MM. Henri Béquet, U.R.N., c.s 1.173 ELU
Guirach, S.F.I.O : 197 voix
Ramard, communiste, .......... 158 —
Mme Coulmy, fém., 2
Divers 5 —
M. Béquet avait été élu en 1919, au 2" tour de
scrutin, par 618 voix, contre MM. Sourdès, lép.
483 voix, et Azard, rép. démocr.,160 voix.
Mail
Inscrits : 3.534; votants : 2.777; bulletins blancs
et nuls : il ; majorité absolue : 1.361.
MM. Léopold Bellan, rép. g., c.s. .... 2.033 ELU
Yignal, S.F.I.O. . 349 voix
Gateau, com. 335 —
M. L. Bellan avait été élu en 1919 au premier
tour de scrutin par 2.530 voix.
Bonne-Nouvelle
Inscrits : 6.127 ; votants : 4.943 ; blancs et
nuls : 69 ; majorité absolue : 2.433.
MM. E. Rebeillar rad. soc., c. s. .... 2.407 voix
Boullenger, U. R. N. 1.617 —
ûriol, com. 548 —
Périvier, S. F. I. O. ............ 302 —>
Ballottage
M. Rebeillard avait été élu en 1919, au deuxième
tour de scrutin, par 2.368 voix.
£un3i ï mal 1925
16 centimes. P^SIS
20 centimes. D épartements et C oionob T
ABONNEMENTS: CiiL 9zl*. Ml*.
France et Colonies. 48 fr. -a5 fr. «3 fr.
Etranger ...... 8a » 4a « m »
Chèque postal i Compte 33.900 Palis.
ORGANE DU NATIONALISME INTÉGRAL
uTout ce qui est national est notre. »
Le Duc d'ORLÉANS *
héritier dès quarante Rois qui en mille ans firent la France.
aCDACTIOIf i ÀDMIÎUSTB ATIOBI
li. ne de Ram, PHUS (ff)
Adrcnatélégraphique . ACTIOVRA1I-PARIS
Téléphone : Administration : Louvre 36-49, 36-60
Rédaction ■ Central 75-4i PablItUi i Central 74-77
Aprèi 10 heures du soir ; Ségur 11-68
Eegtstre de Commerce : Seine H' 78.58*
Fondateur ? IIENUI VAUGEOIS Directeurs politiques t LÉON DAUDET et CHARLES MAURRAS — Rédacteur en chef t MAURICE PUJO
la discontinuité rlpubliarincruînc la France
« Nous avons, depuis le 11 mai 1924, aban-
« donné, avec la Ruhr, tout ce qui avait été fait
« jusque là. Nous avons le franc à cinq sous et
« une rechute dans l'inflation. A la continuité
« cju'on remarque ailleurs né répondent chez
«c nous que des desseins sans suite et des propos
c interrompus. »
Jacques BAEWILLE dans la Liberté»
Une candidature
Aux prochains délégués sénatoriaux de Maine-et-Loire
Messieurs les Délégués sénatoriaux,
J 'ai l'honueur de , ous faire savoir que
j'ai adressé to-* récei m 't, à M. le
pr ident du Ce nité conservateur J e
II-ine-et-Loire, une lettre où lui fai
sais part de f-n intention de me é-
sti^ter ar, siège sén .orial devenu vacant
par la mort de Jules Delahaye. Je le
priais de vo"'o"r îen o: niquer cette
in ter Ion aux me. res de so.i coincé,
avec ma demande d'inveotitur. ; l'asau-
r..nt qu'admirateur et am< de Juli~ Dela-
hr.ye, depuis de rès lo* gues années,
j'avais, acquis la certitude qu'il voyait en
moi son remplaçant lés: îé, au cas où
l'état de sa santé l'eût contraint d'inter
rompre son 1 :ndat.
Je n'ignor : pas, messieurs les délé
gués, la lourde tâçhe qu'imposant au suc
cesseur de Jules Delahaye la fermeté de
car -itère, la puissance du labeui et le
x-^gnifique taleut de cet émi lent défen
seur de la cause religieuse, îation^le et
royale. Nul ne saurait préteudr. l'Cgaler.
Au moins peu ton suivre, son exemple.
C'est ce que j'ai tenté, pendant qua. e
ans, à la tribune de la Chambre des dé
putés, où il s'en est fallu de peu, à cer
tains jours, que la majorité suivît la
droite royaliste dans le chemin du re
dressement national. En quoi elle eût
été mieux avisée que d'accepter, des
mains du président du Conseil Mille-
rand, le ministre Steeg, aujourd'hui mi
nistre du bloc de gauche, et des mains
du président de la République Mille-
rand, le président du Conseil Briand,
aujourd'hui ministre aes Affaires étran
gères de ce même bloe anticlérical et
antinational.
Sur la question des lois laïques, ac
tuellement tranchée par la récente Décla
ration des cardinaux et archevêques de
'France, j'ai démontré, à la tribune, en
plusieurs occasions, leur origine bismarc-
kienne et leur malfaisance. Il n'est pas
unj des grandes questions de défense na
tionale et fiscale où, dan- la mesure de
me? moyens — et l'Officiel en fait foi —
je n'aie combattu de mon mieux pour
v les grands intérêts patriotiques et fa
miliaux dont dépend l'avenir du pays.
Je citerai notamment la chute du cabinet
Briand de 1921, obtenue à la suite d'une
motion en séance, et l'appui décisif ap
porté au cabinet Poincaré pour l'occupa
tion de la Ruhr.
C'est ma conviction absolue, messieurs,
et qui me porte à solliciter vos suffrages,
que les méthodes d'Action française, is
sues de la doctrine de Maurras, sont au
jourd'hui les. seules capables d'écarter de
notre pays le triple et menaçant péril de
la banqueroute, de la révolution et de
la guerre. Avant la guerre, pendant la
guerre — où elles ont eu raison de l'en
nemi de l'intérieur — et depuis la guerre,
ce., méthodes ont fait leurs preuves. Ulles
nous ont valu, notamment à Paris, une
puissance de recrutement — non seule
ment chez les étudiants et les employés,
mais dans toutes les classes sociales, —
et de résistance, même physique, au bol-
chevisme révolutionnaire et à son auxi
liaire, la police politique républicaine,
que personne n'égale, même de loin, ni
ne cherche plus à contester. H dépend
de vous qu'elles aient, en' plus, le reten
tissement, en France et au dehors, qu'as
sure la tribune sénatoriale, et que leur
garantissait un Jules Delahaye. .
Dans le combat mené pour les inté
rêts et les idées sur lesquels repose l'idée
de Patrie, nous avons souffert, vous le
savez, cruellement, et la Justice a souf
fert avec nous. Deux meurtres abomina
bles, celui d'un héros, celui d'un enfant,
perpétrés férocement et, à l'heure où je
vous écris, encore impunis, ont ouvert la
voie aux toutes récentes tueries de Mar
seille et-'de la rue Damrémont. Comment
s'en étonner, quand le mari de Mme Cail
laux, condamné lui-même, par le Sénat,
pour aide à l'ennemi en temps de guerre,
fait aujourd'hui partie du cabinet ! Vos
votes, s'ils me sont favorables, en me
permettant de me trouver face à face,
quand l'intérêt de la Justice l'exigera,
avec les personnages au pouvoir, no
tamment avec le ministre de l'Intérieur
et le garde des Sceaux, remédieront, dans
une certaine mesure, à de tels excès.'De
toutes façons, ils en assureront l'inscrip
tion au Journal officiel , en vue des ré
parations ultérieures, que nous ne cesse
rons de réclami et que nous exigerons,
le moment venu.
Je m'au. esse à vous, messieurs, avec
confiance, comme aux représentants qua
lifiés du meilleur département de
France, qui n'a jamais désespéré, jamais
reculé, jamais renoncé, et où toutes les
solides vertus nationales sont demru ées
en honneur. Sans nous connaître per
sonnellement, nous sommes liés, les uns
et les autres, par ce qui attache le plus
fortement les hommes : un corps de
croyances en commun, de doctrines, de
traditions, et un ensemble d'espérances,
que, .pour ma part, j'estime prochaines.
La situation périlleuse où est le pays ne
saurait en effet se prolonger, sans ame
ner une nouvelle catastrophe, pire peut-
être qu'en août 1914 ; et l'élection de
Hindenburg, conséquence de la politique
d'Herriot et du Cartel, est un terrible
avertissement. Mais de nombreux symp
tômes existent d'un réveil de l'opinion
publique, malheureusement endormie au
11 mai 1924, au dimanche noir ; réveil
qui, cette fois, portera la France- irritée
bien au delà des formations, vagues et en-
-core constitutionnelles, où elle s'était
arrêtée et enlisée au 16 novembre 1919.
Notre rôle, si vous nous ouvrez l'accès
du Sénat, sera, là comme au dehors, de
la guider dans son élan. Pour cette beso
gne indispensable, rien ne nous fera lecu-
1er, vous le savez.
'Veuillez trouver ici, Messieurs les pro-,
chains délégués sénatoriaux de Maine-et-
Loire, l'assurance de ma très haute con
sidération.
Léon DAUDET.
Ee cortège traditionnel
de Jeanne d'Arc
aura lieu le 10 mai
La journée d'hier s'est écoulée sans
qu'Abraham Schrameck ait donné sa ré
ponse au cardinal Dubois sur la question
de savoir si le Cortège serait" autorisé le
17 mai au cas où on le jugerait incompa
tible avec le scrutin de ballottage du
10 mai; mais, dès le matin, le Warwick
de la République cartelliste, M. Pierre
Bertrand, répondait à sa place dans le
Quotidien :
La 'manifestation ne saurait être permise, ni
le 10 mal ni le 17 mai. Et l'on se permet de
faire observer au cardinal Dubois que le 1" mai,
où tout cortège « été interdit sur la voie pu
blique, n'était pas jour d'élection.
Le Quotidien serait bien aimable de
nous dire en quelle année les cortèges révo
lutionnaires et même simplement syndica
listes ont été autorisés le 1 er mai. H. n'y a,
à cet égard, aucun précédent, aucune tra
dition à invoquer. Au contraire, depuis
1912, le Cortege de Jeanne d'Arc a été
régulièrement autorisé par le gouverne
ment et organisé, dans ses moindres dé
tails, d'accord avec la préfecture de po
lice. Dans les instructions ministérielles
ou administratives qui réglaient la célé
bration de.-cette fête nationale, le «défilé
des Sociétés patriotiques » était expressé
ment prévu après les discours officiels et
le défilé des troupes. Les organisateurs du
Cortège s'entendaient avec la direction des
beaux-arts de la Ville qui comptait sur les
couronnes apportées par ce Cortège pour
la décoration des statues.. Le Conseil mu
nicipal avait sa place marquée, place de
Rivoli, pour le voir défiler, et le ministre
de la Guerre fournissait deux musiques
militaires pour l'encadrer.
Oui, le temps de ces «parallèles» est
passé. Depuis est intervenue la loi du
10 juillet 1920. Ni la fantaisie d'un mi
nistre ni même la volonté impérieuse du
Quotidien ne peuvent prévaloir contre elle.
Nous réclamons l'application intégrale de
cette loi, qui établit la fête nationale de
Jeanne d'Arc, telle qu'elle a été réglemen
tée par l'usage et par les dispositions ad
ministratives antérieures.
Ne quittons pas M. Pierre Bertrand sans
lui donner un apaisement personnel. Sa
medi, après avoir cité un passage de l'Hu
manité qui le * dénonçait » comme ayant
réclamé des mesures de police pour le
1" mai, il citait l'extrait suivant de mon
article de la Teille :
« Les patriotes parisiens sauront que, si, le
10 mai, on lance sur leurs couronnes de fleurs
blanches et leurs drapeaux tricolores les agents
de la brigade centrale, ce sera en vertu d'un
ukasé du Quotidien. »
Et il tirait aussitôt cette conclusion :
Evidemment, ces messieurs {les. communistes
et l'Aotion française) ne s'entendent que pour
chercher quelques apaohes qui veuillent bien
faire, & leur place, un mauvais coup.
J'avoue que j'ai cherché quelque temps
Je sens de ces lignes. J'ai fini par com
prendre que AL Pierre Bertrand avait peur
pour sa peau. J'avais averti les patriotes
parisiens de la valeur exacte et de l'au
torité qu'aurait l'interdiction éventuelle
du Cortege prononcée par. le Quotidien et,
par conséquent, de la mesure du respect
qu'elle méritait. L'imagination de M. Ber
trand y a lu une menace personnelle.
Il faut un peu plus de sang-froid, mon
cher confrère, quand on joue les dicta
teurs. Rassurez-vous et laissez pour cette
fois, dans votre arsenal, le fameux fusil
mitrailleur et les autres instruments ter
ribles que vous aviez mis en batterie, le
jour des obsèques de Plateau, derrière
votre porte barricadée.
Maurice PVJO.
LA POLITIQUE
I. Les élections municipales
Comme chacun le prévoyait, la droite
du Conseil municipal de Paris est réélue
haut la main, brillamment et facilement:
c'est le cœur et la tête de Paris qui ne va
rient point. La gauche est en ballottage.
Elle sera réélue. Mais, sur plus d'un
point peut être, sa réélection imposera
les procédés du- Cartel, et d'un Cartel ou
les communistes interviendront. Le di
manche noir du 11 mai 1914 aura officiel
lement introduit le socialisme comme par
tie prenante au gouvernement de la Fran
ce. Un dimanche non moins noir, le 10
mai 1925, menace-t-il d'introduire officiel-,
lement le communisme comme partie'inté
grante de l'administration parisienne ?
Avouons cependant une autre impres
sion : le tableau change peu, et le scrutin
d'hier fait admirer surtout la tenace fidé
lité des clientèles. Evénements, menaces,
problèmes, qu'est cela? Au commencement,
il v avait les clans. A la,fin, il y a les clans.
tin banlieue, les premiers résultats ar
rivés • paraissent moins mauvais qu'on
n'avait lieu de le redouter, quelques-uns
même sont franchement bons, je dis mo
dérés et patriotiques. La juste appréhen
sion du communisme aurait-elle. ,opén>:£
Ou n'est-ce qu'une première apparence^ et
aurons-nous demain des chiffres moins
rassurants ? Il est impossible d'en juger à
l'heure où j'écris. Mais, là aussi, le jeu du
Cartel menace.
Peu de nouvelles des grandes villes de
province. Les votes de Lyon ne semblent
pas fameux, et le charlatanisme d'Edouard
Herriot parait avoir complètement mys
tifié le pauvre électeur.
IL Quelles économies
fera M. Caillaux ?
Malgré tout le battage des journaux, mal
gré tout le papotage des salons, M. Cail
laux fait beaucoup plus de politique que
de finance. Avec son insolence ordinaire,
il ferait observer que tel était le conseil
du baron Louis. Mais le baron Louis par
lait de politique nationale : la politique de
M. Caillaux n'est qu'une politique de parti
ou plutôt de faction. Elle est tout entière
appliquée à de basses manœuvres de poli
ce, à des intrigues de sacristie, à d'inavoua
bles tractations internationales. En tant
que ministre technique, M. Caillaux s'est
contenté d'adresser à ses collègues une
circulaire que les feuilles libérales et mo
dérées ont approuvée ou n'ont pas criti
quée. Elle conseillait l'économie. Elle ■ de
mandait aux chefs des diverses adminis
trations de comprimer les dépenses'autant
qu'ils le-pourraient. Tout.le-monde a dit :
C'est fort bien ou, tout au moins : Ce n'est
pas mal. Il nous est impossible d'avoir la
mémoire aussi courte.
Il nous est impossible d'oublier que les
économies et compressions de M. Caillaux
ont fait couler un immense fleuve de sang
français. Il nous souviendra toujours que la
méthode ' des ' économies et compressions
caillautistes est, par essence, celle qui a
présidé au- désarmement national entre les
années 1899 et 1912. M. Caillaux n'a pas été
toujours ministre • dans ce laps de treize
ans. Mais il l'était en 1899, il l'était en
1911, si l'on enferme notre politique fi
nancière antinationale entre deux paren
thèses, la parenthèse d'ouverture s'appelle
Caillaux et.la parenthèse de fermeture s'ap
pelle Caillaux, sans compter que M. Cail
laux a aussi détenu les Finances pendant
l'enclave ' clemenciste de 1906 à 190à.
C'est M. Caillaux qui a systématique
ment réduit ou fait réduire, par les
ministres de la Guerre, les crédits sur
le matériel, sur l'armement, que les ser
vices compétents réclamaient. En 1900,
les services demandaient 104 millions 500
mille francs, M. Caillaux en faisait déduire
plus de 35 millions; en 1901, les services
demandaient 98 raillions, M. Caillaux s'ac
cordait avec le ministre de la Guerre pour
en rabattre 48 millions; en 1908, à peine
l'alerte de Tanger était-elle passée, les ser
vices demandaient 90 millions, M. Cail
laux les fit réduire à 57 millions. De
même en 1911, les 113 millions demandés
étaient ramenés à 86 millipns. 0
Que l'on ne se figure pas que je com
pose une thèse. Ce n'est pas moi qui parle,
ce sont les documents officiels. Les faits
et les chiffres que l'on vient de lire sont
tirés, comme le savent nos anciens lec
teurs, du compte rendu de la séance du
Sénat du 13 juillet 1914 où ils ont été portés
à la tribune par le ministre de la Guerre :
« J e constate un simple fait: pendant
« un grand nombre d'années, les ' ser-
« vices militaires ont reçu du départe-
« ment des finances l'ordre précis, for-
« mel, impératif de réduire de moitié,
« des trois quarts les prévisions de la
« troisième section (section du matériel
« militaire). J e suis dans l'obligation de
« LE FAIRE. .CONNAITRE AU PARLEMENT. »
C'est le ministre de la Guerre, je le ré
pète, qui parlait ainsi à quinze jours de
la déclaration de guerre. Quel ministre ?
Ur fidèle partisan de M. Caillaux, M. Mes-
simy. M. Caillaux, dans un débat public
où sa mauvaise foi et son infatuation se
donnèrent carrière, ne put me contester
ce témoignage d'un bon ami. Il s'en tira
en le blâmant comme inopportun et fâ
cheux. On l'en a cru sans peine ! H était
sans doute fâcheux d'avouer ainsi devant
le pays et- devant le monde quel perfide
rôle de désarmeur et de complice de l'en
nemi son patron avait joué rue de Rivoli
durant plus de douze ans. Mais, en juil
let 1914, les petites habiletés n'étaient plus
de mise et les événements qui grandis
saient à l'horizon arrachaient la vérité
iiërfond des gorges intéressées à la rava
ger.
> Fâcheuse ou non, elle est connue ! On
sait sur quel chapitre portaient naturel
lement les économies de M. Caillaux : ce
qui eût sauvé les poitrines achetait les
bulletins de vote. Pour continuer ses dé
penses électorales, M. Caillaux a lésiné et
liardé douze ans sur les dépenses mili
taires. C'est donc pour gaver ses électeurs
qu'il a fait égorger nos soldats. Je con
seille aux Français qui seraient tentés
d'être dupes de ses allures de grand finan
cier de donner la plus grande attention
aux détails des économies et compressions
que pourra imposer M. Caillaux. Toute ré
duction des budgets de la Guerre, de la
Marine ou de l'Aeronautique doit être exa
minée à la lumière des réductions assas
sines de 1900 à 1912. Celles-ci nous ont
coûté quinze cent mille morts. Celui
que vers 1914 Daudet appelait Caillaux-de-
rang veut-il arrondir ses trois millions de
cadavres ? Tous les écrivains et orateurs
patriotes le lui demanderont.
m. « Le repaire de l 'émeute »
(Suite)
J'ai cité, avant-hier, le document qui
établit que M. Amédée Dunois, commu
niste fran'çais, a reçu son courrier à l'am
bassade rùsse. J'en publie. aujourd'hui le
fac-similé. Cette pièce a élà portée; par la.
marquis de La Ferronnays, député de' la
Loire-Inférieure, à M. Herriot alors pre
mier ministre. M. Herriot n'a rien fait.
Nous verrons si les Paul-Prudent Pain-
levé, les Briand, les Caillaux seront plus
dégourdis, ou si la crainte du Soviet con
tinuera de. les prosterner devant le petit
père Krassine,. digne successeur de cet
lsvolski que leurs prédécesseurs insultaient
dans l'ombre, mais sous le fouet de qui
tous ces messieurs allaient au pas.
Ne perdons pas de vue que lapièce est
datée du 10 décembre.
Le 20, nous la publiions. Nous avions
rempli notre fonction de publiciste.
Du 20 décembre au 2 mai, cette pièce
décisive n'a pas encore décidé le Gouver
nement à déplacer l'extrémité de son petit
doigt.
J'en conclus que le Gouvernement ne
fait pas la fonction pour laquelle on le
paie.
Charles MAURRAS.
L'ACTION FRANÇAISE
a plus de 37.000 abonnés
Chaque abonné, chaque ligueur, qui
veut seconder notre action, doit en
recruter un autre aujourd'hui même.
Dans les circonstances actuelles il ne
suffit pas de nous applaudir, tous
les patriotes doivent nous aider
efficacement.
Les communistes font adresser leur courrier
à l'ambassade russe
II. de Broqueville
et les libéraux belges
Hindenburg pourra faire, le 11 mai, à
Berlin, par la porte de Brandebourg, son
entrée triomphale. L'Allemagne, même celle
qui n'a pas voté pour lui, pourra s'associer
à son cortège. Le principal est gagné. L'Eu
rope consent. L'Europe oublie. Mise à
l'épreuve, elle a montré qu'elle avait perdu,
avec la mémoire, l'intelligence et l'énergie.
Les nationalistes, en recommandant de voter
pour le vieux maréchal, n'avaient pas tort
de dire : « C'est ainsi que le peuple alle
mand affirmera son indépendance et rejet
tera les chaînes du traité de Versailles ».
La Belgique elle-même ne paraît plus
réagir. De ce qui se passe en ce moment
chez elle, les Allemands auront le droit
de conclure que les souvenirs de l'invasion
sont effacés, les leçons de l'occupation
perdues.
Les socialistes n'ayant pas réussi (par un
grand bonheur pour nos voisins et pour
nous) à prendre le pouvoir, le roi avait
chargé M. de Broqueville de former le
cabinet. Choix excellent et plein de sens.
Au lendemain du plébiscite allemand,
c'était le signe que la Belgique comprenait.
Ministre de la Guerre avant 1914, M. de
Broqueville avait déjà remonté un courant
La neutralité entretenait les Belges dans
une sécurité fallacieuse dont Léopold II,
depuis longtemps, s'inquiétait. La neutra
lité détournait les Belges de s'armer. M. de
Broqueville avait organisé la défense natio
nale. Mais c'était une œuvre de longue
haleine et, avant qu'elle eût porté tous ses
fruits, l'invasion survint
Président du Conseil pendant la guerre,
quand le gouvernement belge était réfugié
à Sainte-Adresse, M. de Broqueville se rap
pelle que l'existence de son pays a été en
péril, que son unité, au moins, l'a été par
l'activisme, et que le maréchal Hindenburg,
jusqu'à la fin, exigeait l'annexion de la
Belgique. Il y a un mois à peine, dans un
discours prononcé à Dînant à l'occasion des
élections générales, M. de Broqueville mon-
trai t les incertitudes de la situation euro
péenne et Tes dangers de l'avenir. Après
l'élection de Hindenburg, personne n'était
plus qualifié pour prendre en Belgique la
direction d'un gouvernement d'union natio
nale.
Ce n'était qu'un beau rêve, puisque M. de
Broqueville s'est heurté au refus du parti
libéral. Que veut donc ce parti ? Il avait
résisté aux sollicitations de M. Vandervelde
et il convient de l'en féliciter. Mais c'est
grâce à des - hommes de droite qui ne sont
ni démocrates ni flamingants que le parti
catholique (et le parti libéral comme toute
la Belgique avec lui) a échappé, à la der
nière heure, à l'horrible et dissolvante con
fusion qu'eût été un cartel clérical-socialiste
sous le signe du « Lion de Flandre s. Est-ce
là que les libéraux veulent qu'on revienne?
Désirent-ils aller, avec leur pays, au fond
du trou de la démagogie flamingante que
creuserait M. Vandervelde aidé d'un certain
nombre de démocrates chrétiens ? Les libé
raux belges sont nationaux. Si les Janson
et les Max ne s'entendent pas avec un
Broqueville, on ne sait pas avec qui ils
s'entendront et ils laisseront penser que
le gouvernement des partis est une triste
chose partout — J. B.
La mainmise de Caillaux
sur la Banque de France
Certains journaux se sont fait l'écho
d'un bruit — qui court en Bourse depuis
quelques jours — d'après lequel M. Robi-
neau, gouverneur de la Banque de France,
aurait offert sa démission au ministre des
Finances. Ces mêmes journaux indiquent
que M. Sergent, président de la Banque de
1 Union parisienne, et M. Simon, directeur
général de la Société générale, avaient été
pressentis pour remplacer M. Robineau et
avaient décliné l'offre qui leur était faite.
Aux dernières nouvelles, on prononçait le
nom de M. Martin, président du Crédit na
tional, et surtout celui de M. Delanney, an
cien préfet de la Seine, et ami personnel
de M. Caillaux.
Nous ne savons pas si la nouvelle est
exacte. Toujours est-il qu'elle ne nous sur
prend pas.
M. Robineau est incontestablement un té
moin gênant qu'il convient de supprimer
au plus vite.
Au surplus, il suffit de réfléchir un peu
à la situation de la Trésorerie pour se
rendre compte que. les dernières avances
obtenues de la Banque de France — on sait
à quelles conditions et à la suite de quels
incidents — ne sauraient permettre au
Trésor d'aller plus loin que quelques se
maines. (Tout le bluff de M. Caillaux, qui
s'est manifesté par l'annonce d'une aug
mentation des secours aux Régions dévas
tées pour le mois de mai, n'avait qu'une
portée électorale.) Il faudra bien qu'à ce
moment-là M. Caillaux sorte de la discré
tion qu'il paraît s'être imposée en prenant
le ministère des Finances, et dise com
ment il entend résoudre les difficultés en
face desquelles va se trouver la Trésore
rie.
On comprend qu'il soit désireux de pré
parer cette échéance en mettant à la tête
de la Banque de France un homme à lui,
qui lui livrera sans difficulté la planche à
assignats. '
M. Painlevé a fait à.M. Caillaux une bien
mauvaise plaisanterie: l'homme de Mamers
s'attendait à n'être appelé que comme syn
dic d'une banqueroute dont d'autres au
raient pris l'initiative et auraient endossé
le discrédit.
Voilà qu'on l'appelle comme administra
teur délégué d'une affaire bien mal en
point et; qu'on lui fait toute confiance
pour la remettre en état dans les meilleu
res conditions. Nous comprenons qu'il
soit gêné d'un pareil cadeau et qu'il s'ef
force de placer sur les différentes cases de
l'échiquier financier des pions suscepti
bles de l'aider à jouer une partie dont il t
ne sait pas trop lui-même comment il la
pourra conduire.
Le pays a le droit de savoir ce qu'on
lui prépare et nous avons, nous, le devoir
de démasquer des manœuvres qui ne sont
rien de moins que l'organisation de la ban
queroute.
Le résultat
des Elections municipales
Les a Camarades de Combat »
iront au cortège
Nous recevons le communiqué suivant :
Le comité central de l'Association nationale des
Camarades de combat, dont le siège est à Paria, 8,
rue Nouvelle, a décidé de rendre, le dimanche
10 mai, le traditionnel hommage à Jeanne d'Arc
en organisant son cortège habituel auquel soni
conviés tous les anciens combattants.
Ce cortège, qui se joindra, s'il y a lieu, à celu
formé par d'autres Ligues ou Associations, ne
sera en aucun cas supprimé, quelles que soient
les décisions qui pourraient être prises par ail
leurs.
Les membres de l'A.N.C.C sont spécialement
et très instamment priés de participer à cette '
pieuse et patriotique manifestation, dont rien ne
justifierait cette année la suppression.
Des indications précises seront données en temps
utile soit par la presse, soit par convocation in
dividuelle.
L* président: CHAUVIN.
Il est trop tôt pour avoir une idée géné
rale du résultat des élections municipales
dans toute la France.
A Paris, le premier tour de scrutin n'an
nonce pas de changements importants dans
le conseil municipal. Il faudra comparer
les chiffres d'hier à ceux des scrutins anté
rieurs. Toutefois on peut remarquer dès
maintenant que les conseillers sortants de
droite sont presque tous réélus à ce pre
mier tour, tandis que beaucoup de leurs
collègues cartellistes ou communistes sont
en ballottage. Ces ballottages ne seront fa
vorables aux uns ou aux autres que si leurs
partis font alliance. Voilà le cartel et le
communisme rivés plus étroitement que
jamais.
En banlieue, les premiers résultats indi
queraient une certaine poussée à droite.
Pour la province, les nouvelles sont trop
incomplètes pour qu'on puisse donner en
core aucune indication.
A PARI&
; ytï -* * rj' . -
• ' ' "w*""-' r,.-. ■
!?Éltl|tlll
S»
He Vtgr s>«r-ifens t&xr t aos ♦ sl»aàro s s aluta*
- il; *" T<• S03 sittl* £>23 S3i
.. -
* " -j*. * ** ..) „ - - v ' 1 f
h r — r
mmmmt
-t ■
Comme on le voit sur le cliché ci-dessus, la librairie de l'Humanité envoyait, le 10 décembre,
à un important libraire la lettre.dont nous reproduisons la photographie et qui était ainsi conçue:
s. Monsieur,, — . Veuillez envoyer votre catalogue général en deux exemplaires à M. Amédée Da
nois, Ambassade de l'U.R.S.S., 79, rue de Grenelle, Paris. Veuillez agréer, Monsieur, aos sincères
salutations. Signé.: U. SUCHET. -
PREMIER ARRONDISSEMENT
Saint-Getfmain-l'Auxerroi»
Inscrits : 1.299 ; votants : 1.167 ; blancs et
nuls : 27 ; majorité absolue : 571.
MM. Le Menuet, U. R. N. c. a. 674 ELU
Defrance, concent. rép. 206 voix
Dobert, S. F. I. O. ...» 125 —
Paoli, com, 135 —
M/Le Menuet avait été élu en 1919 au premier
tour de scrutin par 742 voix.
Palais-Royal
Inscrits : 2.213 ; votants : 1.804 ; blancs et
nuls : 43 ; majorité absolue : 881.
MM. F. Levée, U. R. N. c. s. 1.279 ELU
Salfati, rad. soc. ............ 195 voix
Smétana,S. F. I. O. ............ 166 —
M. F. Levée avait été élu en 1919 au premier
VDur de scrutin par 1.504 voix.
Place Vendôme
Inscrits : 2.113 ; votants : 1.715 ; blancs et
nuls : 21 ; majorité absolue : 848.
MM. Aug. Lefébure, U. R. N. c. s. .. 1.027 ELU
Mittiaux, rad. soc 366 voix
Veylet, concent, rép. 220 —
M. Leftbi -e avait été élu en 1919, as deuxième
tour de scrutin par 898 voix.
Les Halles
Inscrits : 6.178 ; votants : 4.902 .*; blancs el
nuls : 98 ; majorité absolue : 2.403.
MM. 'Maurice Quentin, U. R. S, c. g. 3.312 ELU ;
Teissèdre, S. F. L 0 859 voix
Persoons, com. 623 —
M. Maurice Quentin avait été élu en 1919 an pre
mier tour de scrutin, par 2.191 voix.
DEUXIEME ARRONDISSEMENT
Caillou
Inscrits : 1.049 ; votants : 850 ; bulletins blancs
et nuls : 10 ; majorité absolue : 421.
MM. Louis Aucoc, U.R.N., c.s. .... 611 ELU
Paul Jegn-Baptiste, rép. ..... 134 voix
Chabert, S.F.I.Q. .............. 60 —
Forceau, com. ................. 35
M. Louis Aucoc, avait été élu, en 1919 au pre-
mier tour de scrutin, par 704 voix, contre M. Del-
peuch, soc, unif, 124 voix.
. Vivienne
Inscrits : 2.060 ; votants : 1.574 ; bulletins blancs :
et nuls : 39 ; majorité absolue : 768.
MM. Henri Béquet, U.R.N., c.s 1.173 ELU
Guirach, S.F.I.O : 197 voix
Ramard, communiste, .......... 158 —
Mme Coulmy, fém., 2
Divers 5 —
M. Béquet avait été élu en 1919, au 2" tour de
scrutin, par 618 voix, contre MM. Sourdès, lép.
483 voix, et Azard, rép. démocr.,160 voix.
Inscrits : 3.534; votants : 2.777; bulletins blancs
et nuls : il ; majorité absolue : 1.361.
MM. Léopold Bellan, rép. g., c.s. .... 2.033 ELU
Yignal, S.F.I.O. . 349 voix
Gateau, com. 335 —
M. L. Bellan avait été élu en 1919 au premier
tour de scrutin par 2.530 voix.
Bonne-Nouvelle
Inscrits : 6.127 ; votants : 4.943 ; blancs et
nuls : 69 ; majorité absolue : 2.433.
MM. E. Rebeillar rad. soc., c. s. .... 2.407 voix
Boullenger, U. R. N. 1.617 —
ûriol, com. 548 —
Périvier, S. F. I. O. ............ 302 —>
Ballottage
M. Rebeillard avait été élu en 1919, au deuxième
tour de scrutin, par 2.368 voix.
Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 80.72%.
En savoir plus sur l'OCR
En savoir plus sur l'OCR
Le texte affiché peut comporter un certain nombre d'erreurs. En effet, le mode texte de ce document a été généré de façon automatique par un programme de reconnaissance optique de caractères (OCR). Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 80.72%.
- Collections numériques similaires Arts de la marionnette Arts de la marionnette /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=colnum adj "Pam1"Paris, Sèvres, Saint-Cloud, Versailles, Saint-Germain, Fontainebleau, Saint-Denis, Chantilly : avec la liste des rues de Paris / par Paul Joanne... /ark:/12148/bd6t5774757r.highres La comédie à la cour : les théâtres de société royale pendant le siècle dernier, la duchesse du Maine et les grandes nuits de Sceaux, Mme de Pompadour et le théâtre des petits cabinets, le théâtre de Marie-Antoinette à Trianon / Adolphe Jullien /ark:/12148/bd6t5773930r.highres
- Auteurs similaires Arts de la marionnette Arts de la marionnette /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=colnum adj "Pam1"Paris, Sèvres, Saint-Cloud, Versailles, Saint-Germain, Fontainebleau, Saint-Denis, Chantilly : avec la liste des rues de Paris / par Paul Joanne... /ark:/12148/bd6t5774757r.highres La comédie à la cour : les théâtres de société royale pendant le siècle dernier, la duchesse du Maine et les grandes nuits de Sceaux, Mme de Pompadour et le théâtre des petits cabinets, le théâtre de Marie-Antoinette à Trianon / Adolphe Jullien /ark:/12148/bd6t5773930r.highres
-
-
Page
chiffre de pagination vue 1/4
- Recherche dans le document Recherche dans le document https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/search/ark:/12148/bpt6k762304v/f1.image ×
Recherche dans le document
- Partage et envoi par courriel Partage et envoi par courriel https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/share/ark:/12148/bpt6k762304v/f1.image
- Téléchargement / impression Téléchargement / impression https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/download/ark:/12148/bpt6k762304v/f1.image
- Mise en scène Mise en scène ×
Mise en scène
Créer facilement :
- Marque-page Marque-page https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/bookmark/ark:/12148/bpt6k762304v/f1.image ×
Gérer son espace personnel
Ajouter ce document
Ajouter/Voir ses marque-pages
Mes sélections ()Titre - Acheter une reproduction Acheter une reproduction https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/pa-ecommerce/ark:/12148/bpt6k762304v
- Acheter le livre complet Acheter le livre complet https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/indisponible/achat/ark:/12148/bpt6k762304v
- Signalement d'anomalie Signalement d'anomalie https://sindbadbnf.libanswers.com/widget_standalone.php?la_widget_id=7142
- Aide Aide https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/aide/ark:/12148/bpt6k762304v/f1.image × Aide
Facebook
Twitter
Pinterest