Titre : L'Action française : organe du nationalisme intégral / directeur politique : Henri Vaugeois ; rédacteur en chef : Léon Daudet
Auteur : Action française. Auteur du texte
Éditeur : Action française (Paris)
Date d'édition : 1925-04-11
Contributeur : Vaugeois, Henri (1864-1916). Directeur de publication
Contributeur : Daudet, Léon (1867-1942). Directeur de publication
Contributeur : Maurras, Charles (1868-1952). Directeur de publication
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 11 avril 1925 11 avril 1925
Description : 1925/04/11 (Numéro 101). 1925/04/11 (Numéro 101).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG87 Collection numérique : BIPFPIG87
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Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k7622815
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, GR FOL-LC2-6354
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 18/01/2011
Dix-huitième arniëe—N° 101)
Samedi 11 avril 1925
18 centimes. S bisb et S bibi - ht -O isb
20 centimes. D épabtemexts et C olonies
ABONNEMENTS : C« *a. Sii Mois. InitHds.
France et Colonies. 48 fr. a5 fr. iS fr.
Etranger ....... 8a » 4a » 91 »
Chèque postal t Compte s3.goo Paris.
ORGANE DU NATIONALISME INTÉGRAL
« Tout ce qui est national est notre, » ,
Le Duc d'ORLÉANS
héritier de« qa&raotô R qîs qui en mille nos firent 1 a ï'rance.
BÊDACTION & ADMINISTRATION t
14, rue de Rom*, PARIS (8*)
Aérasse télégraphique ; ACTÏOFRAK-PARIS
Téléphona : Administration, : Louvre s 6-49, a6*5o
/îéttariio/i : Central 75-44 Publicité : Centrai 74-77
Après 10 heures du eoir ; Sogur 11-68
Segistre de Commerce ; Seine N* 78.583
Fondateur s HENRI YAUGEOIS — Directeurs politiques : LEON DAUDET et CHARLES MAURRAS Rédacteur en chef s MAURICE PUJO
« Le temps des endormeurs est
passé ! »
Edouard HERRIOT hier au Sénat
{quelques heures ayant sa chiite) '
Et le premier acte de la France
réveillée est de chasser Herriot et sa
•1
bande. '
LA ■ POLITI QUE
Quatre assassins de la S. G.
cernés et acculés .
des questions si gomplexes, qu'auront,
dis-je, ces pamphlets muraux 1 Comment
ne pas reconnaître qu'an pareil système
fait, par définition et avec une rigueur
mathématique, le jeu des flagorneurs, des
menteurs, des prometteurs de lune?
Une affiche dur parti socialiste m'a, à
ce sujet,, particulièrepient frappé. Elle re
présente une petite fille modestement mise
— ouvrière ou petite employée — qui dit:
.« Petit papa, pense à maman et à moi
quand;tu iras voter, dimanche. Voie pour
les. socialistes. » Ainsi, le pain est à
1 fr. 65, la vie plus chère, le franc plus
bas que jamais, les finances de l'Etat vont
à là failtite, le commerce et l'industrie .se
débattent dans des complications sans fin,
le marasme est partout; dans tous les pays
d'Europe, ces résultats des théories de ces
messieurs' ont été ou sont inscrits en let
tres de feu ! Qu'importe 1 M entez tou
jours ! Et ce grand sentiment de l'amour
paternel, souvent si admirable chez les
humbles et les modestes, devient dans cette
mêlée stupide et hors de raison, une arme
aisée d'une monstrueuse nocivité entre
les mains de cyniques qui, eux, n'ont pas
attendu les élections pour avoir les pieds
au chaud et le ventre à table !
Le parti de la ruine l'emporte toujours
par des moyens qui varient très peu : l'in
térêt immédiat est pressé, la sensibilité
captée ; on leur sacrifie toutes les vérités
cachées, sûres et profondes, sans lesquelles
les productions sociales comme .les dé
fenses nationale tombent à rien !
Charles MAURRAS
DERNIERES MINUTES :
Réunion des groupes du Cartel
En sortant de chez M. Herriot, à minuit,
ses amis qui étaient venus le consoler,
Paul-Boncour, Delbos, Auriol, Varenne, Ar-
chimbauld, ont déclaré que les. comités di
recteurs des groupes du Cartel des gau
ches se réuniront ce matin, à 10 h. 30,
pour envisager la situation créée par le
vote du Sénat et la démission du cabinet.
Les groupes se réuniront ensuite séparé
ment, à 2 heures, à la Chambre, et ces
séances seront suivies d'une réunion plé-
nière.
Denier de Jeanne d'Arc
Caisse de secours immédiat et Caisse de
combat des Commissaires d'Action
française et des Camelots du Roi
• > . , . ...
SOIXANTE-SEPTIEME LISTE
(Suite)
Docteur et Mme Brel : 10 fr. ; Vive l'avant-garde
des honnêtes gens : 20 fr. ; Pour le Denier de
Jeanne d'Arc (remis à Henri Martin) : 55 fr. ;
Remis à un Camelot devan.t Notre-Dame-de-LoUr-
des 5,fr. ; Remis à un Camelot devant l'Immaculée
Conception : 20 fr. ; Pour le retour des Sœurs,
Villemomble : 1 fr. ; M. Claude Ogier \ 200 fr. ;
Anonyme : 38 fr. ; Remis à un Camelot devant
Saint-Jacques, une Arménienne et son fils : 5 fr. ;
Marcel Goune : 5 fr. ; Claude Gibert : 5 fr. ;
Mlle Lecler (versé par Foamier) : 5 fr. ; Remis
à un Camelot devant Saint-Médard : 2 fr ; J.G.L. :
1.000 fr. ; Docteur G. Rémondy : 25 fr. ; Remis
à un Camelot devant Saint-Ferdinand-des-Ternes,
une Lorraine : 10 fr. ; Un P. T. T. du Central
télégraphique : 5 fr. ; Remis aux Camelots du
XV", pendant le mois de février : 6 fr. 80
(A suivre.)
Adresser les souscriptions à André Guignard,
trésorier des Camelots du Roi, 12, rue de Rome,
Paris.
L'Allemagne
entre le sabre et le goupillon
Il est très difficile de dire si les natio
naux-allemands ont été bien inspirés ou
téméraires en choisissant Hindenburg pour
candidat au plébiscite du 26 avrill Nous
le verrons bien ce jour-là. Et le scrutin
tranchera une oiseuse question.
Il semble qu'ayant de porter leur choix
sur le vieux maréchal les droites se soient
sérieusement disputées. Nationaux et popu
listes sont d'accord sur le but, qui est le
relèvement intégral \ de l'Allemagne et la
restauration de la monarchie. Mais les popu
listes, dont M. Stresemann est le chef et le
penseur, estiment que la restauration doit
être préparée de loin et réalisée à l'heure
opportune et qu'une hâte maladroite la
compromettrait.
A la vérité, la doctrine de M. Stresemann
a déjà changé. Et elle a changé avec les
circonstances, ce qui n'est pas étonnant de
la part d'un opportuniste. Il y a trois on
quatre ans, lorsque la social-démocratie était
encore puissante, lorsqu'elle avait encore
du prestige et groupait tout près de la moi
tié du corps électoral allemand, M. Stress-
mann. pensait qu'il ne fallait pas couper les
ponts avec ce parti et qu'une restauration
se ferait par l'union nationale. Voulue par
une fraction du pays contre l'autre, elle
serait impossible ou sans lendemain. Depuis-,
la ruine financière et monétaire, œuvre des
social-démocrates, a discrédité le socialisme
en Allemagne. Otto Braun n'a eu, le
29 mars, que le quart des suffrages émis
dans un vote où l'on se comptait. M. Stre
semann ne croit plus aussi nécessaire dé
ménager la social-démocratie dont l'élimi.
nation seule a permis le relèvement da
l'Allemagne.
Les objections de M. Stresemann à la
candidature monarchiste du maréchal Hin
denburg auront donc été moins vigoureuses,
moins doctrinaires qu'elles ne l'auraient été
en 1920 ou 1921. Mais les nationalistes
avaient un argument fort : c'était que le
candidat ■ des droites' était battu d'une façon
certaine si Jarres était présenté par elles
au second tour.
Dans ce cas, en. effet, Ludendorff main
tenait sa candidature. M. Held, le chef des
populistes bavarois,. monarchistes mais
catholiques, en faisait autant. C'était, au
bas mot, un million de voix perdues, peut,
être deux millions. Devant Hindenburg,
Held et Ludendorff s'effacent, et la partie,
jouée contre Marx, redevient égale.
. Les dés sont jetés. Nous saurons dans
quinze jours si les monarchistes ont eu
raison de risquer un pareil coup. Mais
quelle évolution dans cette Allemagne que
les socialistes gouvernaient naguère et qui
a aujourd'hui le choix entre Hindenburg,
l'homme de Guillaume II, et Marx, l'homme
.du Pape, entre' le militarisme et le clérica
lisme, entre le sabré et le goupillon! — J. B.
LES BANQUEROUTIERS DU CARTEL DEVANT LE SENAT
Chute du » ministère
Après l'interpellation de M. Fr ançois-Marsal, un discours de
M. Poincaré et une piteuse défense de M. Herriot, le Sénat
par 156 voix contre 132 refuse la confiance.
Après seize mois d'instruction, d'en
quêtes et d'efforts, grâce à la chute de
Jean et d'Alexandre Millerand, protec
teurs protégés de Marlier, grâce à la
chute _ de Poincaré, protecteur protégé
de Lannes, grâce au remplacement de
M. Barnaud, canonisateur du faux témoin
JBajot, et malgré l'audacieuse prétention
des Janissaires de la Sûreté générale,
appuyés sur Malvy et Dalhiez, nous te
nons enfin solidement les quatre assassins
de notre bon petit Philippe : L'horrible
Lannes, sadique individu, dont vous avez
vu la trombine caractéristique hier dans
le journal. Le non moins horrible Mar
lier, aujourd'hui préfet de la Gorse, par
la grâce de Millerand et de Cîiaatemps.
Le sanglant Tartufe qu'est Louis De-
lange, contrôleur général des Recherches
et Joseph-Scipion Colombo. Quand je
dis que nous les tenons , je ne force pas
la note. Ces quatre scélérats et leurs
complices et compères de la descente de
police du 24 novembre [ce gredin de
Peudepièce, Garanger, l'homme au rap
port, Blondel dit double-jeu, Gagneux,
îe pochard du boulevard Magenta, Roch
dit « l'auxiliaire », Braise] tous, accou
rus en deux autos à la curée chaude du
24 novembre, sont saisis maintenant par
l'inexorable réalité.
Les commissaires Bourdrez, Bouchède,
Balthazard, Buffet et Revnaud, qui se
vantaient de plier à leur volonté le'Par
quet de Paris et la magistrature, ont
manqué leur coup. Ils ont obtenu de
Chautemps et de Renoult, ministre de
l'Intérieur et garde des Sceaux, cette
incroyable forfaiture, ce scandale inouï
du maintien en fonctions des inculpés.
Mais ils n'ont pu empêcher, par leurs
motions de cyniques canailles, la Justice
de suivre son cours. Dans d'autres affaires
de vols et de crimes policiers, quelques-
unes fort récentes — - et que Renoult et
Chautemps connaissent bien — le chan
tage et les menaces avaient fait taire
les victimes, qui n'avaient pas en outre
à leur disposition les journaux et audi
toires de l'A. F. Cette fois, les assassins
d'un petit garçon et leurs protecteurs,
policiers ou politiciens, ont affaire à des
hommes qui prétendent envoyer les uns
au couperet, les autres au bagne ou en
prison, dans un délai assez rapproché, et
qui se rient de leurs Anquetil, de leurs.
Omer' dit « André » Gaucher et autres
« musiciens » et provocateurs au meur
tre.
Quant à Millerand Alexandre-Jean, et
quant à Poincaré-Lannes, suprême cou
vercle de ce sanglant chaudron, — et
dont les manœuvres, égalent en ignomi
nie celles des Bourdrez, des Peudepièce
et des Bouchède — il n'y a pas de bloc,
national ou autre, qui tienne. Ils sont
ici avertis, par un homme qui n'a qu'une
parole, et avertis solennellement, qu'ils
pe seront pas plus ménagés qu'ils n'ont
ménagé la mémoire de mon fils. R ien,
comme disait notre cher Montesquiou,
bien ne m'arrêtera dans l'accomplisse
ment de mon devoir, vis-à-vis du petit
martyr qui, de là-haut, me tend les bras.
On sait aujourd'hui que le change
ment ministériel opéré par Poincaré
in extremis — où un homme de la valeur
du Sarraut fut remplacé par la grotes
que larve Fabry— eut, comme point de
départ, l'obstacle que l'honnêteté de
Colrat opposait au non-lieu sauveur,
qu'on espérait de la faiblesse de M.. Bar
naud. Afin de cacher cette manœuvre,
Maunoury, protecteur des assassins, fut
sacrifié en même temps que Colrat. A
la place de Colrat, un homme à tout
faire, un « libéral » comme par hasard,
le plat et vil Lefebvre du Prey, fut
appelé à la Chancellerie par Poincaré,
tel naguère Bonnevay par Briand. Ce
drôle qu'est Lefebvre du Prey promenait
dans les milieux «bien pensants», avec
ses moustaches gladiolées, sa décision de
m'asséner un non-lieu, et la gracieuse
formule que voici : « Ce Philippe Dau
det était un dément, comme son père ».
Heureusement pour lui, il tomba avant
d'avoir pu réaliser son projet, et nous
franchîmes le fossé des vacances. '
A la ïentrée, de Roux exigea de M.
Barnaud qui nous opposait la force
d'inertie — un nouvel interrogatoire de
Lannes sur sa présence à la surveillance
du 24 novembre, présence niée par Lan
nes et cachée par ses complices. Nous
savions, en toute certitude, quç Marlier
avait fait refaire un rapport à Delange
qui mentionnait, précisément, cette pré
sence de Lannes. Nous tenions déjà tous
les fils de la machination et l'existence
du rapport Comps, de fabrication mor
taise, où apparaît la préméditation. Lan
nes arriva, rigole ur. dans le cabinet du
juge, convaincu que c'était le non-lieu.
Il dut avouer la présence, cachant seu
lement, sous un<î pseudo-amnésie, qu'il
était accouru, en auto, boulevard Beau
marchais, pour iaire basculer l'ordre de
Marlier, « &'ii résiste, abattez-le comme
un chien » s applicable a l'intérieur de
la librairie . Il dut avouer aussi, en
lui donnant un faux prétexte, son vbyage
à Gourdon, où il était allé chercher le
signalement le plus récent de Philippe
[celui dit à l'imperméable beige ] qui
servit à l'assassinat de l'enfant. Ce fut
ainsi beaucoup moins drôle qu'il ne
l'imaginait en entrant dans le cabinet de
M. Barnaud. .
Dans le même temps, ce bandit de
Marlier, épouvanté à la lecture d'une
précision d'un de mes articles, accourait
de Corse à Paris, et montait, .vec son
indicateur Colomer, le coup du faux
suicide de la Berton, censée amante de
Philippe, âgé alors de treize ans et demi,
ejï mollets nus, et qui ne sortait jamais
seul ! Marlier avait puisé l'idée de cette
forgerie — car il est criminel, mais très
bête — dans une note à lui remise par
Perrette, alors contrôleur à la S. G., où
il était dit que le bruit d'une «liaison»
de Philippe et de la Berton lui avait
été apporté par «l'indicateur habituel»
[c'est-à-dire par Colomer]. Cette insanité
eut le mérite d'éveiller à nouveau l'at-
lention publique sur le crime le plus
atroce des temps contemporains. Puis,-
presque aussitôt, l'affaire du commissa-
riat Benezech et l'absence de cartouche
dans le canon du pistolet, constatée à
la fois par Lhuissiër et par Brune, vin
rent démontrer, de façon irréfutable,
l'impossibilité du suicide dans le taxi
et le faux témoignage du fétiche de
M. Barnaud, du chauffeur complaisant
Bajot.
C'était l'écroulement des divers obsta
cles, accumulés devant la vérité, par deux
politiciens peureux et sans honneur,
Millerand et Poincaré, par une camarilla
policière habituée à commander au gou
vernement, endurcie dans le chantage,
le vol et le crime, et par les . quatre-
assassins patentés de la rue des Saus
saies. C'est à ce moment que Poincaré,
dans l'espoir de sauver Lannes, osa pro
clamer, en plein Sénat, le « patriotisme »
du traître Jean-Louis Malvy, amant de
la fille Béryl, complice, puis étrangleùr
d'Almereyda, et qu'il, avait laissé con
damner ! Cette ignominie en surcroît ne
devait pas sauver Lannes. Un peu plus
tard, Bourdrez, Bouchède, Balthazard,
Buffet et Reynaud se brisaient contre
l'ordre d'informer, lancé par le Procu
reur général.
Je le répète, le drame s'ouvre seu
lement. Il s'ouvre avec les récents inter
rogatoires des quatre bêtes fauves de la
S. G. et de leur complice- Landru-Flaout-
ter. H s'ouvre avec les dépositions accu
satrices du malheureux ' papa du petit
Philippe. Quand on connaîtra les unes
et les autres, quand les confrontations
et opérations de justice indispensables
auront eu lieu, un cri d'horreur s'élèvera,
non seulement dans la France entière,
mais encore dans le monde civilisé.
Drame plus atroce, maquillage plus per
vers ne s'est peut-être j'amais vu.
.. Ce jour-là, il faudra bien que Mille
rand, Jean Millerand et Poincaré s'ex
pliquent publiquement. Ce jour-là, les
Janissaires infâmes de la S. G., Bour
drez, Bouchède, Balthazard, Buffet et
Reynaud, regretteront de s'être portés
au secours des chiens sanglants du c Tiet-
apena du 24 novembre. Mais, pendant
les courtes vacances de Pâques, où l'ins
truction .chôme, je compte examiner
quelques points saisissants, et jusqu'ici
mal élucidés, ou « barnaudés », de la
première instruction.
Léon DAUDET.
!É0HO8
H 7 a aujourd'hui neuf ans qu'Henri Vaugeois,
fondateur et premier directeur politique de l'Ac
tion, française, nous a été enlevé au milieu des
angoisses de la guerre qui avaient trop serré son
cœur ardent.
A l'occasion de cet anniversaire, les amis et
compagnons qu'il a connus et tous les Français
qui sont venus, depuis sa mort, adhérer à son
œuvre de salut public : toute l'Action française
reconnaissante adresse à Mlle Marie-France Henri
Vaugeois, sa fille, l'hommage de «on affectueuse
sympathie.
Epitaphe pour M. François Albert :
Ci-gît, de l'Université,
Le grand maître
Il mesurait, en vérité,
Presqu'un mètre.
Au Vésinet. — Pavillon des Ibis. Le nouveau
directeur, un fin traiteur qui connaît tous les
secrets de son art, vous servira à des prix raison
nables des festins délicats. Quant à sa cave, vous
nous en donnerez des nouvelles. TéL Le Vési
net 630.
. ' .
Les royaux cadeaux de Pâques : Fourey-Gal-
land est le chocolatier de l'aristocratie et de la
grande bourgeoisie. Maisons : 124, faubourg Saint-
Honoré (angle de k rue de Penthièvre) et 3,
avenue Victor-Hugo). .
»*■■■■■■■■■
De Mlle M. L. Roif, à Paris
O mon Dieu !... faites que nos cloches,
Nous revenant sans anicroches,
Au lieu d'œufs, portent au clocher
Des flacons de «Cherry Rocher!» i
I. Politique d'abord.
Mais politique nationale !
L'ordre du jour qui met par terre le
cabinet Herriot est ainsi formulé :
« Le Sénat, convaincu que la solution
s <£ du problème financier est étroitement
« liée à la politique générale et résolu à
« n'accorder sa confiance qu'à un gouver-
« nenient qui rétablira, par l'union des
« républicains, la paix intérieure et la
« concorde nationale, passe à l'ordre du
« jour. »
Nous n'avons pas soutenu d'autre doc
trine tous ces jours-ci. Crédit égale Con
fiance. La confiance suppose une politique
générale d'ordre, de concorde et de paix.
Mais espérer ce résultat par l'union des
républicains, quelle immense illusion !
Le scrutin du Sénat d'hier a profondé
ment divisé les républicains, et lès vain
queurs de .la journée, s'ils sont unis à tou-
tes les droites, ont séparé d'eux un grand
nombre de leurs coreligionnairespolitiques,
ceux qui se vantent de représenter la vraie
République, la Trtire, ceux qui ne connais-,
sent ni amis à droite ni ennemis à gauche.
La concentration sera T d'autant moins com
mode que les radicaux et socialistes de
la Chambre dont le Cartel est maître ne
"veulent pas entendre parler d'un autre ca
binet que celui que préside Herriot.
II. Tu sais vaincre, Aimibal...
Une action sénatoriale énergique, conti
nuant le vote d'hier, le complétant par une
pointe vive et utilisant la victoire, réglerait
facilement la situation d'Herriot. Ses-men-
songes, ses imprudences, ses criminelles en
treprises contre la loi et les finances du
pays, les calomnies par lesquelles il a cru
se tirer d'affaire, ont été. dévoilées et dé
noncées avec une clarté farouche par M.
François-Marsal, dont le rôle pyaît gran
dir, et par M. Poincaré, qui, sous l'attaque,
s'est repris. L'immolation rituelle a été
faite proprement et rapidement. H ne rests
aux sacrificateurs due de savoir ajouter à
l'exécution politique l'exécution judi
ciaire que la logique appelle. Si A1. Her
riot a fait tout ce dont il a été chargé et
convaincu,-M. Herriot doit être mis en ac
cusation, M. Herriot doit passer sans tar
der en Haute Cour. M. ■ Herriot doit être,
condamné à perdre les droits civiques et
politiques grâce auxquels il a saboté les
affaires-du peuple français. A ce minimum
nécessaires pourrait s'ajouter une condam
nation à des peines de contrainte et d'em-=*
prisonnement qu'iltlui serait loisible de
purger dans une maison de santé. Après
quoi, le Cartel pourrait crier tout à son
aise, la carrière du cabinet Herriot serait
finie pour quelque temps.
Si M. Pierre Bertrand était à la tête de
la majorité sénatoriale, telle serait l'issue
rationnelle de l'aventure. •
Mais n'attendons rien de pareil.
III. M. Herriot et M. Poincaré
Il y a trop de liens secrets et publics
entre les deux armées qui se combattent.
M. Poincaré a défait Herriot.
Mais ne Pavait-il pas fait, à la lettre ? De
quelles politesses choisies le chef du gou
vernement ne comblait-il pas le chef de
la gauche à chacun de leurs assauts mou
chetés 1 Quelle considération, quelle fa
veur, quellle pluie, dedistinctionsd amtf.ités
à l'adresse du malheureux garçon qu elles
on teertainement contribué à griser d'une.
part, mais à accréditer de l'autre ! M.
Poincaré disait ouvertement, à l'heure de
sa chute, qu'il serait impossible- à M.
Herriot de suivre une autre politique eu
ropéenne que celle dont il avait tracé les
grandes directions. Il n'avait pas fini de
parler qu'Herriot courait se vautrer sur le
gazon gras de Chequers. Le son des pa
roles de M. Poincaré ne s'était pas éteint
sous les coupoles officielles que la fumée
des pipes d'Herriot et.de Macdonald con-.
joints emportait dans les nues les der
niers restes de son effort national dans
la Ruhr. Depuis ces événements de l'été
dernier, les nombreux échanges de vues-
opérés et publiés entre l'ancien et le nou
veau président du Conseil montraient que'
les illusions bienveillantes de Poincaré
envers Herriot n'étaient pas tombées et
n'avaient même pas beaucoup pâli. Il avait
fallu l'attaque directe et grossièrement folle
de ces jours-ci pour déterminer la contre-
offensive violente que bien peu osaient
espérer. Elle est faite. Elle a réussi. Soyons
persuadés qu'elle ne changera rien au
fond des choses. Demain, l'auteur.de tou
tes les iniquités énumérées par M. Poincaré
redeviendra pour lui" un très honorable
préopinant. Ainsi le veulent les usages de
l'hémicycle. Mais ce n'est pas ce que vou
drait le bien, public. Le, bien public exi
gerait qu'un misérable esclave de l'occa
sion, le jouet de l'air et de l'eau, disant
blanc aujourd'hui après avoir dit noir'
hier, fût placé au plus tôt dans la solide
impossibilité de nuire. Quelque mal qu'il
se fasse à lui-même avec les « transposi
tions » dont parle spirituellement Paul-
Boncour, Herriot a fait plus de mal encore
au pays, et il peut recommencer dès
après-demain. ■ ■ -s
IV. Chienlit nocturne
Los farces de carnaval qui ont couronné
-■la .soirée de sa démission ne Jui-causeroiu
•pas tout le discrédit qu'il mérite. 11 s'est
trouvé des imbéciles pour lui faire une
ovation à sa sortie de l'Elysée. Il s'en
trouvera, d'autres, même dans le public,
pour entonner en son honneur la chan
son anglaise a qu'il est, par-dessus tout, un
bon et gentil garçon. Monté sur le .siège
de son auto, à côté du chauffeur, l'ancien
conducteur du char de la démocratie fran
çaise, convoyant par le plus burlesque des
symboles le juif Israël et le juif Salomon,
tous deux assis au fond de la voiture a cer
tainement cru qu'une parodie sans 'dignité
pourrait bien ne pas nuire à sa popularité,
et je ne suis pas sûr qu'il ait fait un mau
vais calcul. Tout le monde -sait aujourd'hui,
tout le monde convient qu'Edouard Herriot
est un imbécile, Gustave Hervé lui-même
en est tombé d'accord et, toutes ces der
nières semaines, plus d'un enfant à la ma
melle bégaya doucement : Herriot, l'Idiot!
Mais les pires faiblesses de l'esprit n'ôtent
pas une certaine finesse du sens que
j'appellerai olfactif et qui oriente, non pas
l'homme public, mais l'homme populaire,
non pas le ministre, mais le candidat au
ministère, non pas l'homme po'itiqùe, mais
l'agitateur et le perturbateur. Herriot n'a
peut-être pas perdu cet organe, qui lui a
dit que ses bouffonneries nocturnes ne se
raient mal vues ni de l'épais Démos ni
du corroyeur et du charcutier qui sont
-conseillers de Démos. ■
Et, des vainqueurs d'hier, en est-il un
qui-soit capable de comprendre que la so
lution, consisterait tout d'abord à prendre
en main, fût-ce contre Démos lui-
même, les véritables intérêts de Demos et
à barrer sévèrement contre tout retour
offensif de démocratie? Le salut public
qui l'exige ne paraît avoir, à l'heure où
j'écris, ni organe, ni volonté, ni pensée.
V. Eu Belgique...
Notre malheur ne nous empêche pas de
voir et de ressentir le malheur échu en par
tage à la noble. Belgique. Là aussi, semble-
t-il, le revers est sorti de fautes de manœu
vre venues de la timidité des bons, enchaî
nés à une déplorable légalité. Bien des jeu
nes Belges, ardents, qui se souviennent et
qui prévoient, accusent comme nous le ré
gime parlementaire. Certains d'entre eux
poussent même l'accusation droit à la per
versité inhérente à l'essence même de la
démocratie. Même tempérée par la mon
archie et par l'hérédité, par l'autorité d'une
forte race royale et d'un souverain émi-
nent, le régime électif est un dur fléau.
Un ami de nos doctrines nous écrivait
de Bruxelles le 4 avril :
Ici, la compagne « électorale » bat son
plein. La propagande par l'image est très
active. Je regarde et lis avec un vif intérêt
imites les affiches : c'est cruellement ins
tructif., .
Il ;/ en a de bonnes et ce serait drôle
parfois s'il ne s'agissait de choses très sé
rieuses à une époque aussi grave que la
nôtre. Et puis comment ne pas être mé
dusé a la pensée que le sort de tout un
pays va dépendre du succès qu'auront,
sur des esprits généralement, incapables
d'une enitique personnelle valable dans
Le cabinet Herriot a vécu ! Par 156 voix
contre 132, le Sénat a mis fin à sa malfai
sante existence.
Le coup de grâce lui a été donné à la
suite d'une bataille ardente ; le premier
assaut a été donné par M. François-Mar
sal, av.ec une superbe vigueur. Herriot s'est
efforcé de riposter et de passer à l'offen
sive. M. Poincaré est alors intervenu et a
contribué, par les incidents qu'il a fait
naître, et au cours desquels MM. Milliès-,
Lacroix et Henry Bérenger ont dû prendre
parti contre le président du Conseil, à
consommer la défaite de celui-ci.
LA SEANCE
On avait appris, vers midi, que M. Fran
çois-Marsal venait de déposer une deman
de d'interpellation et qu'Herriot avait an
noncé son intention craccepter lé débat.
La nouvelle, bien que tardivement annon
cée, avait cependant attiré au Sénat une
affluence considérable ; les députés étaient
venus nombreux pour suivre les phases
de la bataille que l'on prévoyait devoir
être ardente, et les tribunes publiques
étaient bondées. • ■ -
A 2 h. 30, le président du Conseil faisait
son entrée et prenait, place au banc du
gouvernement, à côté de M. de Monzie ;
tous les membres du cabinet ne tardaient
pas à venir le rejoindre. _
Sitôt la séance ouverte, M. dë Selves fai
sait connaître que M. François-Marsal de
mandait à interpeller le gouvernement sur
les déclarations financières faites la veille,
à la tribune de la Chambre, par le prési
dent du Conseil. ,
Réquisitoire
de M. François-Marsal
Herriot déclarait accepter la discussion
immédiate. Elle était ordonnée* et 31. Fran
çois-Marsal prenait aussitôt la parole.
Dès les premiers mots, il précisait le.
motif de son intervention :
Mon interpellation est motivée par le fait que
M. le président du Conseil a traité hier les pro
blèmes les plus ardus de l'heure actuelle, et qu'il
a mis en cause les gouvernements précédents. H
convenait de reprendre la conversation ici, les par
ties étant face à face.
M. le président du Conseil a parlé d'un docu
ment publié hier matin par la presse ; or, aucune
des opérations relatées dans ce document, n'a été
faite sous mon ministère. En outre, je
que, quand un homme se croit de taille à rempla
cer un ministre, il ne doit pas se plaindre de la
tâche, assumée par lui. Je parlerai donc des opéra
tions en question comme Si j'en étais l'auteur.
Cette netteté conquiert d'emblée la ma
jorité de l'Assemblée, qui souligne cha
que phrase de ses applaudissements.
L'ancien ministre des Finances fait un
long exposé des opérations de -trésorerie
effectuées jusqu'au, début de 1924. 11 s'at
tache à démontrer, chiffres à l'appui, que
jamais, jusqu'à cette époque, la circula-
Super flumina Babylônis, Israël...
« Sous les ponts de Paris... »
Samedi 11 avril 1925
18 centimes. S bisb et S bibi - ht -O isb
20 centimes. D épabtemexts et C olonies
ABONNEMENTS : C« *a. Sii Mois. InitHds.
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ORGANE DU NATIONALISME INTÉGRAL
« Tout ce qui est national est notre, » ,
Le Duc d'ORLÉANS
héritier de« qa&raotô R qîs qui en mille nos firent 1 a ï'rance.
BÊDACTION & ADMINISTRATION t
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Fondateur s HENRI YAUGEOIS — Directeurs politiques : LEON DAUDET et CHARLES MAURRAS Rédacteur en chef s MAURICE PUJO
« Le temps des endormeurs est
passé ! »
Edouard HERRIOT hier au Sénat
{quelques heures ayant sa chiite) '
Et le premier acte de la France
réveillée est de chasser Herriot et sa
•1
bande. '
LA ■ POLITI QUE
Quatre assassins de la S. G.
cernés et acculés .
des questions si gomplexes, qu'auront,
dis-je, ces pamphlets muraux 1 Comment
ne pas reconnaître qu'an pareil système
fait, par définition et avec une rigueur
mathématique, le jeu des flagorneurs, des
menteurs, des prometteurs de lune?
Une affiche dur parti socialiste m'a, à
ce sujet,, particulièrepient frappé. Elle re
présente une petite fille modestement mise
— ouvrière ou petite employée — qui dit:
.« Petit papa, pense à maman et à moi
quand;tu iras voter, dimanche. Voie pour
les. socialistes. » Ainsi, le pain est à
1 fr. 65, la vie plus chère, le franc plus
bas que jamais, les finances de l'Etat vont
à là failtite, le commerce et l'industrie .se
débattent dans des complications sans fin,
le marasme est partout; dans tous les pays
d'Europe, ces résultats des théories de ces
messieurs' ont été ou sont inscrits en let
tres de feu ! Qu'importe 1 M entez tou
jours ! Et ce grand sentiment de l'amour
paternel, souvent si admirable chez les
humbles et les modestes, devient dans cette
mêlée stupide et hors de raison, une arme
aisée d'une monstrueuse nocivité entre
les mains de cyniques qui, eux, n'ont pas
attendu les élections pour avoir les pieds
au chaud et le ventre à table !
Le parti de la ruine l'emporte toujours
par des moyens qui varient très peu : l'in
térêt immédiat est pressé, la sensibilité
captée ; on leur sacrifie toutes les vérités
cachées, sûres et profondes, sans lesquelles
les productions sociales comme .les dé
fenses nationale tombent à rien !
Charles MAURRAS
DERNIERES MINUTES :
Réunion des groupes du Cartel
En sortant de chez M. Herriot, à minuit,
ses amis qui étaient venus le consoler,
Paul-Boncour, Delbos, Auriol, Varenne, Ar-
chimbauld, ont déclaré que les. comités di
recteurs des groupes du Cartel des gau
ches se réuniront ce matin, à 10 h. 30,
pour envisager la situation créée par le
vote du Sénat et la démission du cabinet.
Les groupes se réuniront ensuite séparé
ment, à 2 heures, à la Chambre, et ces
séances seront suivies d'une réunion plé-
nière.
Denier de Jeanne d'Arc
Caisse de secours immédiat et Caisse de
combat des Commissaires d'Action
française et des Camelots du Roi
• > . , . ...
SOIXANTE-SEPTIEME LISTE
(Suite)
Docteur et Mme Brel : 10 fr. ; Vive l'avant-garde
des honnêtes gens : 20 fr. ; Pour le Denier de
Jeanne d'Arc (remis à Henri Martin) : 55 fr. ;
Remis à un Camelot devan.t Notre-Dame-de-LoUr-
des 5,fr. ; Remis à un Camelot devant l'Immaculée
Conception : 20 fr. ; Pour le retour des Sœurs,
Villemomble : 1 fr. ; M. Claude Ogier \ 200 fr. ;
Anonyme : 38 fr. ; Remis à un Camelot devant
Saint-Jacques, une Arménienne et son fils : 5 fr. ;
Marcel Goune : 5 fr. ; Claude Gibert : 5 fr. ;
Mlle Lecler (versé par Foamier) : 5 fr. ; Remis
à un Camelot devant Saint-Médard : 2 fr ; J.G.L. :
1.000 fr. ; Docteur G. Rémondy : 25 fr. ; Remis
à un Camelot devant Saint-Ferdinand-des-Ternes,
une Lorraine : 10 fr. ; Un P. T. T. du Central
télégraphique : 5 fr. ; Remis aux Camelots du
XV", pendant le mois de février : 6 fr. 80
(A suivre.)
Adresser les souscriptions à André Guignard,
trésorier des Camelots du Roi, 12, rue de Rome,
Paris.
L'Allemagne
entre le sabre et le goupillon
Il est très difficile de dire si les natio
naux-allemands ont été bien inspirés ou
téméraires en choisissant Hindenburg pour
candidat au plébiscite du 26 avrill Nous
le verrons bien ce jour-là. Et le scrutin
tranchera une oiseuse question.
Il semble qu'ayant de porter leur choix
sur le vieux maréchal les droites se soient
sérieusement disputées. Nationaux et popu
listes sont d'accord sur le but, qui est le
relèvement intégral \ de l'Allemagne et la
restauration de la monarchie. Mais les popu
listes, dont M. Stresemann est le chef et le
penseur, estiment que la restauration doit
être préparée de loin et réalisée à l'heure
opportune et qu'une hâte maladroite la
compromettrait.
A la vérité, la doctrine de M. Stresemann
a déjà changé. Et elle a changé avec les
circonstances, ce qui n'est pas étonnant de
la part d'un opportuniste. Il y a trois on
quatre ans, lorsque la social-démocratie était
encore puissante, lorsqu'elle avait encore
du prestige et groupait tout près de la moi
tié du corps électoral allemand, M. Stress-
mann. pensait qu'il ne fallait pas couper les
ponts avec ce parti et qu'une restauration
se ferait par l'union nationale. Voulue par
une fraction du pays contre l'autre, elle
serait impossible ou sans lendemain. Depuis-,
la ruine financière et monétaire, œuvre des
social-démocrates, a discrédité le socialisme
en Allemagne. Otto Braun n'a eu, le
29 mars, que le quart des suffrages émis
dans un vote où l'on se comptait. M. Stre
semann ne croit plus aussi nécessaire dé
ménager la social-démocratie dont l'élimi.
nation seule a permis le relèvement da
l'Allemagne.
Les objections de M. Stresemann à la
candidature monarchiste du maréchal Hin
denburg auront donc été moins vigoureuses,
moins doctrinaires qu'elles ne l'auraient été
en 1920 ou 1921. Mais les nationalistes
avaient un argument fort : c'était que le
candidat ■ des droites' était battu d'une façon
certaine si Jarres était présenté par elles
au second tour.
Dans ce cas, en. effet, Ludendorff main
tenait sa candidature. M. Held, le chef des
populistes bavarois,. monarchistes mais
catholiques, en faisait autant. C'était, au
bas mot, un million de voix perdues, peut,
être deux millions. Devant Hindenburg,
Held et Ludendorff s'effacent, et la partie,
jouée contre Marx, redevient égale.
. Les dés sont jetés. Nous saurons dans
quinze jours si les monarchistes ont eu
raison de risquer un pareil coup. Mais
quelle évolution dans cette Allemagne que
les socialistes gouvernaient naguère et qui
a aujourd'hui le choix entre Hindenburg,
l'homme de Guillaume II, et Marx, l'homme
.du Pape, entre' le militarisme et le clérica
lisme, entre le sabré et le goupillon! — J. B.
LES BANQUEROUTIERS DU CARTEL DEVANT LE SENAT
Chute du » ministère
Après l'interpellation de M. Fr ançois-Marsal, un discours de
M. Poincaré et une piteuse défense de M. Herriot, le Sénat
par 156 voix contre 132 refuse la confiance.
Après seize mois d'instruction, d'en
quêtes et d'efforts, grâce à la chute de
Jean et d'Alexandre Millerand, protec
teurs protégés de Marlier, grâce à la
chute _ de Poincaré, protecteur protégé
de Lannes, grâce au remplacement de
M. Barnaud, canonisateur du faux témoin
JBajot, et malgré l'audacieuse prétention
des Janissaires de la Sûreté générale,
appuyés sur Malvy et Dalhiez, nous te
nons enfin solidement les quatre assassins
de notre bon petit Philippe : L'horrible
Lannes, sadique individu, dont vous avez
vu la trombine caractéristique hier dans
le journal. Le non moins horrible Mar
lier, aujourd'hui préfet de la Gorse, par
la grâce de Millerand et de Cîiaatemps.
Le sanglant Tartufe qu'est Louis De-
lange, contrôleur général des Recherches
et Joseph-Scipion Colombo. Quand je
dis que nous les tenons , je ne force pas
la note. Ces quatre scélérats et leurs
complices et compères de la descente de
police du 24 novembre [ce gredin de
Peudepièce, Garanger, l'homme au rap
port, Blondel dit double-jeu, Gagneux,
îe pochard du boulevard Magenta, Roch
dit « l'auxiliaire », Braise] tous, accou
rus en deux autos à la curée chaude du
24 novembre, sont saisis maintenant par
l'inexorable réalité.
Les commissaires Bourdrez, Bouchède,
Balthazard, Buffet et Revnaud, qui se
vantaient de plier à leur volonté le'Par
quet de Paris et la magistrature, ont
manqué leur coup. Ils ont obtenu de
Chautemps et de Renoult, ministre de
l'Intérieur et garde des Sceaux, cette
incroyable forfaiture, ce scandale inouï
du maintien en fonctions des inculpés.
Mais ils n'ont pu empêcher, par leurs
motions de cyniques canailles, la Justice
de suivre son cours. Dans d'autres affaires
de vols et de crimes policiers, quelques-
unes fort récentes — - et que Renoult et
Chautemps connaissent bien — le chan
tage et les menaces avaient fait taire
les victimes, qui n'avaient pas en outre
à leur disposition les journaux et audi
toires de l'A. F. Cette fois, les assassins
d'un petit garçon et leurs protecteurs,
policiers ou politiciens, ont affaire à des
hommes qui prétendent envoyer les uns
au couperet, les autres au bagne ou en
prison, dans un délai assez rapproché, et
qui se rient de leurs Anquetil, de leurs.
Omer' dit « André » Gaucher et autres
« musiciens » et provocateurs au meur
tre.
Quant à Millerand Alexandre-Jean, et
quant à Poincaré-Lannes, suprême cou
vercle de ce sanglant chaudron, — et
dont les manœuvres, égalent en ignomi
nie celles des Bourdrez, des Peudepièce
et des Bouchède — il n'y a pas de bloc,
national ou autre, qui tienne. Ils sont
ici avertis, par un homme qui n'a qu'une
parole, et avertis solennellement, qu'ils
pe seront pas plus ménagés qu'ils n'ont
ménagé la mémoire de mon fils. R ien,
comme disait notre cher Montesquiou,
bien ne m'arrêtera dans l'accomplisse
ment de mon devoir, vis-à-vis du petit
martyr qui, de là-haut, me tend les bras.
On sait aujourd'hui que le change
ment ministériel opéré par Poincaré
in extremis — où un homme de la valeur
du Sarraut fut remplacé par la grotes
que larve Fabry— eut, comme point de
départ, l'obstacle que l'honnêteté de
Colrat opposait au non-lieu sauveur,
qu'on espérait de la faiblesse de M.. Bar
naud. Afin de cacher cette manœuvre,
Maunoury, protecteur des assassins, fut
sacrifié en même temps que Colrat. A
la place de Colrat, un homme à tout
faire, un « libéral » comme par hasard,
le plat et vil Lefebvre du Prey, fut
appelé à la Chancellerie par Poincaré,
tel naguère Bonnevay par Briand. Ce
drôle qu'est Lefebvre du Prey promenait
dans les milieux «bien pensants», avec
ses moustaches gladiolées, sa décision de
m'asséner un non-lieu, et la gracieuse
formule que voici : « Ce Philippe Dau
det était un dément, comme son père ».
Heureusement pour lui, il tomba avant
d'avoir pu réaliser son projet, et nous
franchîmes le fossé des vacances. '
A la ïentrée, de Roux exigea de M.
Barnaud qui nous opposait la force
d'inertie — un nouvel interrogatoire de
Lannes sur sa présence à la surveillance
du 24 novembre, présence niée par Lan
nes et cachée par ses complices. Nous
savions, en toute certitude, quç Marlier
avait fait refaire un rapport à Delange
qui mentionnait, précisément, cette pré
sence de Lannes. Nous tenions déjà tous
les fils de la machination et l'existence
du rapport Comps, de fabrication mor
taise, où apparaît la préméditation. Lan
nes arriva, rigole ur. dans le cabinet du
juge, convaincu que c'était le non-lieu.
Il dut avouer la présence, cachant seu
lement, sous un<î pseudo-amnésie, qu'il
était accouru, en auto, boulevard Beau
marchais, pour iaire basculer l'ordre de
Marlier, « &'ii résiste, abattez-le comme
un chien » s applicable a l'intérieur de
la librairie . Il dut avouer aussi, en
lui donnant un faux prétexte, son vbyage
à Gourdon, où il était allé chercher le
signalement le plus récent de Philippe
[celui dit à l'imperméable beige ] qui
servit à l'assassinat de l'enfant. Ce fut
ainsi beaucoup moins drôle qu'il ne
l'imaginait en entrant dans le cabinet de
M. Barnaud. .
Dans le même temps, ce bandit de
Marlier, épouvanté à la lecture d'une
précision d'un de mes articles, accourait
de Corse à Paris, et montait, .vec son
indicateur Colomer, le coup du faux
suicide de la Berton, censée amante de
Philippe, âgé alors de treize ans et demi,
ejï mollets nus, et qui ne sortait jamais
seul ! Marlier avait puisé l'idée de cette
forgerie — car il est criminel, mais très
bête — dans une note à lui remise par
Perrette, alors contrôleur à la S. G., où
il était dit que le bruit d'une «liaison»
de Philippe et de la Berton lui avait
été apporté par «l'indicateur habituel»
[c'est-à-dire par Colomer]. Cette insanité
eut le mérite d'éveiller à nouveau l'at-
lention publique sur le crime le plus
atroce des temps contemporains. Puis,-
presque aussitôt, l'affaire du commissa-
riat Benezech et l'absence de cartouche
dans le canon du pistolet, constatée à
la fois par Lhuissiër et par Brune, vin
rent démontrer, de façon irréfutable,
l'impossibilité du suicide dans le taxi
et le faux témoignage du fétiche de
M. Barnaud, du chauffeur complaisant
Bajot.
C'était l'écroulement des divers obsta
cles, accumulés devant la vérité, par deux
politiciens peureux et sans honneur,
Millerand et Poincaré, par une camarilla
policière habituée à commander au gou
vernement, endurcie dans le chantage,
le vol et le crime, et par les . quatre-
assassins patentés de la rue des Saus
saies. C'est à ce moment que Poincaré,
dans l'espoir de sauver Lannes, osa pro
clamer, en plein Sénat, le « patriotisme »
du traître Jean-Louis Malvy, amant de
la fille Béryl, complice, puis étrangleùr
d'Almereyda, et qu'il, avait laissé con
damner ! Cette ignominie en surcroît ne
devait pas sauver Lannes. Un peu plus
tard, Bourdrez, Bouchède, Balthazard,
Buffet et Reynaud se brisaient contre
l'ordre d'informer, lancé par le Procu
reur général.
Je le répète, le drame s'ouvre seu
lement. Il s'ouvre avec les récents inter
rogatoires des quatre bêtes fauves de la
S. G. et de leur complice- Landru-Flaout-
ter. H s'ouvre avec les dépositions accu
satrices du malheureux ' papa du petit
Philippe. Quand on connaîtra les unes
et les autres, quand les confrontations
et opérations de justice indispensables
auront eu lieu, un cri d'horreur s'élèvera,
non seulement dans la France entière,
mais encore dans le monde civilisé.
Drame plus atroce, maquillage plus per
vers ne s'est peut-être j'amais vu.
.. Ce jour-là, il faudra bien que Mille
rand, Jean Millerand et Poincaré s'ex
pliquent publiquement. Ce jour-là, les
Janissaires infâmes de la S. G., Bour
drez, Bouchède, Balthazard, Buffet et
Reynaud, regretteront de s'être portés
au secours des chiens sanglants du c Tiet-
apena du 24 novembre. Mais, pendant
les courtes vacances de Pâques, où l'ins
truction .chôme, je compte examiner
quelques points saisissants, et jusqu'ici
mal élucidés, ou « barnaudés », de la
première instruction.
Léon DAUDET.
!É0HO8
H 7 a aujourd'hui neuf ans qu'Henri Vaugeois,
fondateur et premier directeur politique de l'Ac
tion, française, nous a été enlevé au milieu des
angoisses de la guerre qui avaient trop serré son
cœur ardent.
A l'occasion de cet anniversaire, les amis et
compagnons qu'il a connus et tous les Français
qui sont venus, depuis sa mort, adhérer à son
œuvre de salut public : toute l'Action française
reconnaissante adresse à Mlle Marie-France Henri
Vaugeois, sa fille, l'hommage de «on affectueuse
sympathie.
Epitaphe pour M. François Albert :
Ci-gît, de l'Université,
Le grand maître
Il mesurait, en vérité,
Presqu'un mètre.
Au Vésinet. — Pavillon des Ibis. Le nouveau
directeur, un fin traiteur qui connaît tous les
secrets de son art, vous servira à des prix raison
nables des festins délicats. Quant à sa cave, vous
nous en donnerez des nouvelles. TéL Le Vési
net 630.
. ' .
Les royaux cadeaux de Pâques : Fourey-Gal-
land est le chocolatier de l'aristocratie et de la
grande bourgeoisie. Maisons : 124, faubourg Saint-
Honoré (angle de k rue de Penthièvre) et 3,
avenue Victor-Hugo). .
»*■■■■■■■■■
De Mlle M. L. Roif, à Paris
O mon Dieu !... faites que nos cloches,
Nous revenant sans anicroches,
Au lieu d'œufs, portent au clocher
Des flacons de «Cherry Rocher!» i
I. Politique d'abord.
Mais politique nationale !
L'ordre du jour qui met par terre le
cabinet Herriot est ainsi formulé :
« Le Sénat, convaincu que la solution
s <£ du problème financier est étroitement
« liée à la politique générale et résolu à
« n'accorder sa confiance qu'à un gouver-
« nenient qui rétablira, par l'union des
« républicains, la paix intérieure et la
« concorde nationale, passe à l'ordre du
« jour. »
Nous n'avons pas soutenu d'autre doc
trine tous ces jours-ci. Crédit égale Con
fiance. La confiance suppose une politique
générale d'ordre, de concorde et de paix.
Mais espérer ce résultat par l'union des
républicains, quelle immense illusion !
Le scrutin du Sénat d'hier a profondé
ment divisé les républicains, et lès vain
queurs de .la journée, s'ils sont unis à tou-
tes les droites, ont séparé d'eux un grand
nombre de leurs coreligionnairespolitiques,
ceux qui se vantent de représenter la vraie
République, la Trtire, ceux qui ne connais-,
sent ni amis à droite ni ennemis à gauche.
La concentration sera T d'autant moins com
mode que les radicaux et socialistes de
la Chambre dont le Cartel est maître ne
"veulent pas entendre parler d'un autre ca
binet que celui que préside Herriot.
II. Tu sais vaincre, Aimibal...
Une action sénatoriale énergique, conti
nuant le vote d'hier, le complétant par une
pointe vive et utilisant la victoire, réglerait
facilement la situation d'Herriot. Ses-men-
songes, ses imprudences, ses criminelles en
treprises contre la loi et les finances du
pays, les calomnies par lesquelles il a cru
se tirer d'affaire, ont été. dévoilées et dé
noncées avec une clarté farouche par M.
François-Marsal, dont le rôle pyaît gran
dir, et par M. Poincaré, qui, sous l'attaque,
s'est repris. L'immolation rituelle a été
faite proprement et rapidement. H ne rests
aux sacrificateurs due de savoir ajouter à
l'exécution politique l'exécution judi
ciaire que la logique appelle. Si A1. Her
riot a fait tout ce dont il a été chargé et
convaincu,-M. Herriot doit être mis en ac
cusation, M. Herriot doit passer sans tar
der en Haute Cour. M. ■ Herriot doit être,
condamné à perdre les droits civiques et
politiques grâce auxquels il a saboté les
affaires-du peuple français. A ce minimum
nécessaires pourrait s'ajouter une condam
nation à des peines de contrainte et d'em-=*
prisonnement qu'iltlui serait loisible de
purger dans une maison de santé. Après
quoi, le Cartel pourrait crier tout à son
aise, la carrière du cabinet Herriot serait
finie pour quelque temps.
Si M. Pierre Bertrand était à la tête de
la majorité sénatoriale, telle serait l'issue
rationnelle de l'aventure. •
Mais n'attendons rien de pareil.
III. M. Herriot et M. Poincaré
Il y a trop de liens secrets et publics
entre les deux armées qui se combattent.
M. Poincaré a défait Herriot.
Mais ne Pavait-il pas fait, à la lettre ? De
quelles politesses choisies le chef du gou
vernement ne comblait-il pas le chef de
la gauche à chacun de leurs assauts mou
chetés 1 Quelle considération, quelle fa
veur, quellle pluie, dedistinctionsd amtf.ités
à l'adresse du malheureux garçon qu elles
on teertainement contribué à griser d'une.
part, mais à accréditer de l'autre ! M.
Poincaré disait ouvertement, à l'heure de
sa chute, qu'il serait impossible- à M.
Herriot de suivre une autre politique eu
ropéenne que celle dont il avait tracé les
grandes directions. Il n'avait pas fini de
parler qu'Herriot courait se vautrer sur le
gazon gras de Chequers. Le son des pa
roles de M. Poincaré ne s'était pas éteint
sous les coupoles officielles que la fumée
des pipes d'Herriot et.de Macdonald con-.
joints emportait dans les nues les der
niers restes de son effort national dans
la Ruhr. Depuis ces événements de l'été
dernier, les nombreux échanges de vues-
opérés et publiés entre l'ancien et le nou
veau président du Conseil montraient que'
les illusions bienveillantes de Poincaré
envers Herriot n'étaient pas tombées et
n'avaient même pas beaucoup pâli. Il avait
fallu l'attaque directe et grossièrement folle
de ces jours-ci pour déterminer la contre-
offensive violente que bien peu osaient
espérer. Elle est faite. Elle a réussi. Soyons
persuadés qu'elle ne changera rien au
fond des choses. Demain, l'auteur.de tou
tes les iniquités énumérées par M. Poincaré
redeviendra pour lui" un très honorable
préopinant. Ainsi le veulent les usages de
l'hémicycle. Mais ce n'est pas ce que vou
drait le bien, public. Le, bien public exi
gerait qu'un misérable esclave de l'occa
sion, le jouet de l'air et de l'eau, disant
blanc aujourd'hui après avoir dit noir'
hier, fût placé au plus tôt dans la solide
impossibilité de nuire. Quelque mal qu'il
se fasse à lui-même avec les « transposi
tions » dont parle spirituellement Paul-
Boncour, Herriot a fait plus de mal encore
au pays, et il peut recommencer dès
après-demain. ■ ■ -s
IV. Chienlit nocturne
Los farces de carnaval qui ont couronné
-■la .soirée de sa démission ne Jui-causeroiu
•pas tout le discrédit qu'il mérite. 11 s'est
trouvé des imbéciles pour lui faire une
ovation à sa sortie de l'Elysée. Il s'en
trouvera, d'autres, même dans le public,
pour entonner en son honneur la chan
son anglaise a qu'il est, par-dessus tout, un
bon et gentil garçon. Monté sur le .siège
de son auto, à côté du chauffeur, l'ancien
conducteur du char de la démocratie fran
çaise, convoyant par le plus burlesque des
symboles le juif Israël et le juif Salomon,
tous deux assis au fond de la voiture a cer
tainement cru qu'une parodie sans 'dignité
pourrait bien ne pas nuire à sa popularité,
et je ne suis pas sûr qu'il ait fait un mau
vais calcul. Tout le monde -sait aujourd'hui,
tout le monde convient qu'Edouard Herriot
est un imbécile, Gustave Hervé lui-même
en est tombé d'accord et, toutes ces der
nières semaines, plus d'un enfant à la ma
melle bégaya doucement : Herriot, l'Idiot!
Mais les pires faiblesses de l'esprit n'ôtent
pas une certaine finesse du sens que
j'appellerai olfactif et qui oriente, non pas
l'homme public, mais l'homme populaire,
non pas le ministre, mais le candidat au
ministère, non pas l'homme po'itiqùe, mais
l'agitateur et le perturbateur. Herriot n'a
peut-être pas perdu cet organe, qui lui a
dit que ses bouffonneries nocturnes ne se
raient mal vues ni de l'épais Démos ni
du corroyeur et du charcutier qui sont
-conseillers de Démos. ■
Et, des vainqueurs d'hier, en est-il un
qui-soit capable de comprendre que la so
lution, consisterait tout d'abord à prendre
en main, fût-ce contre Démos lui-
même, les véritables intérêts de Demos et
à barrer sévèrement contre tout retour
offensif de démocratie? Le salut public
qui l'exige ne paraît avoir, à l'heure où
j'écris, ni organe, ni volonté, ni pensée.
V. Eu Belgique...
Notre malheur ne nous empêche pas de
voir et de ressentir le malheur échu en par
tage à la noble. Belgique. Là aussi, semble-
t-il, le revers est sorti de fautes de manœu
vre venues de la timidité des bons, enchaî
nés à une déplorable légalité. Bien des jeu
nes Belges, ardents, qui se souviennent et
qui prévoient, accusent comme nous le ré
gime parlementaire. Certains d'entre eux
poussent même l'accusation droit à la per
versité inhérente à l'essence même de la
démocratie. Même tempérée par la mon
archie et par l'hérédité, par l'autorité d'une
forte race royale et d'un souverain émi-
nent, le régime électif est un dur fléau.
Un ami de nos doctrines nous écrivait
de Bruxelles le 4 avril :
Ici, la compagne « électorale » bat son
plein. La propagande par l'image est très
active. Je regarde et lis avec un vif intérêt
imites les affiches : c'est cruellement ins
tructif., .
Il ;/ en a de bonnes et ce serait drôle
parfois s'il ne s'agissait de choses très sé
rieuses à une époque aussi grave que la
nôtre. Et puis comment ne pas être mé
dusé a la pensée que le sort de tout un
pays va dépendre du succès qu'auront,
sur des esprits généralement, incapables
d'une enitique personnelle valable dans
Le cabinet Herriot a vécu ! Par 156 voix
contre 132, le Sénat a mis fin à sa malfai
sante existence.
Le coup de grâce lui a été donné à la
suite d'une bataille ardente ; le premier
assaut a été donné par M. François-Mar
sal, av.ec une superbe vigueur. Herriot s'est
efforcé de riposter et de passer à l'offen
sive. M. Poincaré est alors intervenu et a
contribué, par les incidents qu'il a fait
naître, et au cours desquels MM. Milliès-,
Lacroix et Henry Bérenger ont dû prendre
parti contre le président du Conseil, à
consommer la défaite de celui-ci.
LA SEANCE
On avait appris, vers midi, que M. Fran
çois-Marsal venait de déposer une deman
de d'interpellation et qu'Herriot avait an
noncé son intention craccepter lé débat.
La nouvelle, bien que tardivement annon
cée, avait cependant attiré au Sénat une
affluence considérable ; les députés étaient
venus nombreux pour suivre les phases
de la bataille que l'on prévoyait devoir
être ardente, et les tribunes publiques
étaient bondées. • ■ -
A 2 h. 30, le président du Conseil faisait
son entrée et prenait, place au banc du
gouvernement, à côté de M. de Monzie ;
tous les membres du cabinet ne tardaient
pas à venir le rejoindre. _
Sitôt la séance ouverte, M. dë Selves fai
sait connaître que M. François-Marsal de
mandait à interpeller le gouvernement sur
les déclarations financières faites la veille,
à la tribune de la Chambre, par le prési
dent du Conseil. ,
Réquisitoire
de M. François-Marsal
Herriot déclarait accepter la discussion
immédiate. Elle était ordonnée* et 31. Fran
çois-Marsal prenait aussitôt la parole.
Dès les premiers mots, il précisait le.
motif de son intervention :
Mon interpellation est motivée par le fait que
M. le président du Conseil a traité hier les pro
blèmes les plus ardus de l'heure actuelle, et qu'il
a mis en cause les gouvernements précédents. H
convenait de reprendre la conversation ici, les par
ties étant face à face.
M. le président du Conseil a parlé d'un docu
ment publié hier matin par la presse ; or, aucune
des opérations relatées dans ce document, n'a été
faite sous mon ministère. En outre, je
que, quand un homme se croit de taille à rempla
cer un ministre, il ne doit pas se plaindre de la
tâche, assumée par lui. Je parlerai donc des opéra
tions en question comme Si j'en étais l'auteur.
Cette netteté conquiert d'emblée la ma
jorité de l'Assemblée, qui souligne cha
que phrase de ses applaudissements.
L'ancien ministre des Finances fait un
long exposé des opérations de -trésorerie
effectuées jusqu'au, début de 1924. 11 s'at
tache à démontrer, chiffres à l'appui, que
jamais, jusqu'à cette époque, la circula-
Super flumina Babylônis, Israël...
« Sous les ponts de Paris... »
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