Titre : L'Action française : organe du nationalisme intégral / directeur politique : Henri Vaugeois ; rédacteur en chef : Léon Daudet
Auteur : Action française. Auteur du texte
Éditeur : Action française (Paris)
Date d'édition : 1925-02-17
Contributeur : Vaugeois, Henri (1864-1916). Directeur de publication
Contributeur : Daudet, Léon (1867-1942). Directeur de publication
Contributeur : Maurras, Charles (1868-1952). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb326819451
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 17 février 1925 17 février 1925
Description : 1925/02/17 (Numéro 48). 1925/02/17 (Numéro 48).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG87 Collection numérique : BIPFPIG87
Description : Collection numérique : BIPFPIG69 Collection numérique : BIPFPIG69
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k762228r
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, GR FOL-LC2-6354
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 18/01/2011
Dix-huitième année — N° 48>
Mar3ï X 3 ? femer 1925
1Scenl5mcs. S eihe ht S eihe-bt- O iw
20 centimes. D épartements et C oloîiib»
ABONNEMENTS: tiAi. .Siiïâs. Iri«H Franco et Colonies. 48 fr.. s5 fr. i3 fr.
Etranger . . 8a » hi » ai »
Chèque postal i Compte a3.goo Paris.
ORGANE DU NATIONALISME INTÉGRAL,
« Tout ce qui est national est notre. »
, LeDac d'ORLÉANS |
héritier des quarante Rois qui en mille ans firent la France.
RÉDA-CTlOfl 8t ADMINISTRATION^
i*, rue de Home, PARIS (S*)
Adresse télégraphique : AGTïOFRAN-PARIS .
Téléphoné : sirfminitfratfoA ; Louvre sG-ig, a(>-5o
Rédaction : Central 75-44 Publicité : Centrai 74-77
Après 10 heures du soir : Ségut ti-éa
RftfifttieâeÇaiameroe iSeiûo li* 78,58a
Fondateur s HENRI VAUGEOiS — Direeteui± À .Nuques : LÉON DAUDET et CHARLES MAL'IIRAS — Rédacteur eu cheî s. MAURICE PUJO
LE PAYS HUMILIE
« Lé fait que Germaine Berton, l'insolente meurtrière
d'un homme admirable et d'un vaillant soldat, Plateau, a été
transforméfe en héroïne par une bande d'anarchistes et de
communistes est une honte indéniable pour la France. ...Une
seconde preuve, encore plus flagrante, de la carence de la
justice, a été donnée à Paris, où le cruel meurtre de Philippe
Daudet est resté impuni. ...H n'est pas de crime plus horrible
dans les annales politiques depuis le commencement du
monde ; nous espérons et croyons que le courage et la téna
cité du père réussiront enfin à traîner devant la justice les
auteurs du crime. » .
Black Wood's Magasine
Là recSîutë do petit Franc
. De nouveau le petit Franc était étendu,
pâle et respirant avec difficulté, dans le
sanatorium du docteur Robineau. Assis
auprès de lui, assez anxieux, tirant 'sur
une bonne bouffarde lyonnaise, le doc
teur Herriot lui mesurait la tension arté-
rielle, comme il avait vu faire au pro
fesseur Vaquez.
—>■ Edouard — dit Je petit Franc, —
ta fumée me fait mal aucœur. Tu serais
bien gentil de cesser.
— Eh ! que ne le "disais-tu plus tôt,
petit gone ! Je m'en vais déjeuner avenue
Duquesne,^ chez Mme Fillioux, et je te
rapporterai un blanc de poule. Ça te fera
languette, hein, mon belin ? -
-— Hélas ! répondit Franc, avec un
sourire qui faisait peine à voir — quand
pourrai-je manger, comme Mme Sterlin-
gue, une bonne tranche de roastbeef sai
gnante, ou, comme ' M. Dollar, une
assiettée de veau à l'orange et au .chou-
fleur du Minnesota. Mais qui va me gar
der, pendant ton absence ? „
-^ Infirmier Clémentel, appela Her
riot— voulez-vous assurer, pendant ma
courte absence, le service de cet enfant.'
H faudra lui retirer le bordereau de
coupons qu'il a sur la poitrine, et lui
donner à boire, s'il a soif. Vous prendrez
sa température à cinq heures.
— Bien patron, fit le beau Clémentel.
H ne savait pas comment on retire un
bordereau, ni comment on prend la tem
pérature — pareil, en. cela, à tous les
spécialistes qui ignorent leur spécialité
— mais il articulait à merveille : bien
patron. Aussi était-il très demandé pour
son urbanité irréprochable.
Herriot se leva, écendra sa pipe, ouvrit
l'étui Israël, cadeau d'un groupe radical-
-socialiste, plaça la pipe bien au milieu ;
recommanda à Clémentel de ne recevoir
que Mlle Blum, qui viendrait donner tin
lavement au capital vers les quatre heu
respuis monta dans un avion, à desti
nation du 84 de l'avenue Duquesne, à
Lyon, ou Mme Fillioux active en délices
ses fameux fourneaux. Clémentel se mit
; à préparer tout ce qu'il faut pour retirer
le bdMeteau 3e coupons 'sans" déchirer
la 'peau du patient. Mais on entendit du
bruit à-la -porte : « Je veux le voir —-
disait une voix à l'accent méridional —
je viens de la part du savant docteur
Millefrand, Alexandre Millefrand, qui
avait une clinique à l'Elysée, et qui tient
maintenant un dispensaire à YEcho de
Paris.
— Oh ! oh ! s— dit petit Franc à Clé
mentel, qui déjà soulevait les draps —
je ne le connais que trop, ce Millefrand.
C'est un sinistre farceur et un individu
grossier. Je ne veux pas voir son envoyé.
Ça, doit être pour chiper mes économies.
Il a toujours besoin de galette.
Trop tard ! La porte s'ouvrait, livrant
passage au beau Eanowsky, qui a une
tête de lapin juif, une faconde intarissa
ble et des yeux roses sous des paupières
vertes. Tout de suite il dit à Clémentel ;
« Ma consultation est de mille francs ».
— Tiens, voilà cent sous, et fiche-moi
la paix, — répliqua le beau Clémentel
au beau Kanowsky. H y a trois francs
pour ton beau-frère Wolff.
Wolff -r-r- qui, en allemand, Bignifie
« loup » — vest un arbitragiste coté ;
lisez : un monsieur qui fait son beurre
dans les épinards des devises. En enten
dant ce nom, petit Franc s'était caché
sous, ses couvertures.
— Vous n'auriez pas une autre pièce
de cent sous ? Celle-ci sonne faux — fit.
le beau Kanowsky, [voyez bonneterie!]
avec une moue de dédain, baissant ses
paupières vertes sur ses yeux roses et son
museau de lapin d'Australie.
— C'est toi qui sonnes faux, et qui
épouvantes ce pauvre gosse. Tiens, voilà
vingt francs papier ; tu partageras avec
Loueheur.
Le bordereau de coupons était venu,
iniis aveo la peau de la poitrine. Le
pauvre petit Franc saignait et pleurait.
On annonça que Mlle Blum était là; avec
«on prélavement sur le capital et le pro
fesseur Horace, de la vieille tribu hon
groise des Fixialy, Aussitôt Clémentel se
mit. au por-l d'armes, les mains sur les
coutures de ses poches percées, et s'écria,
comme au régiment : «A vos francs...,
fixe ! »
-7- Mon Dieu, mon Dieu, qu'est-ce qui
va encore m'arriver ! gémit petit Franc,
en joignant les mains.,
■Léon Blum tient Je milieu entre Ado
nis, un peu flapi, et Pharaon, un peu
allongé. Son pantalon lui moule le der
rière, qui ressemble étonnamment à Re-
"toaudel. Il est péremptoire et pathétique";
et se tord les mains, quand on le contre
dit. Ses ongles de pieds et de mains sont
taillés en amandes, comme dans le Can
tique à la Sulamite, et sa démarche est
sautillante ; mais il passe pour avoir les
plus jolies rotules de la tribu de Manassé.
Il est honoré dans le temple du Quai
d'Orsay, aous le nom de Réintégrateur
des Berlhelot; 11 sonne l'heure au cartel
des gauches. 11 avait une seringue rituelle
à la main.
S'avançant vers le petit malade, il ten
dit les bras en avant, enroula entre eux
ses délicats métacarpiens, et .articula
ceci: « Je vous hais. Sale petit goy, je
te hais !»
Hoscha, hosch sçjievanna carolyi.„ >
ajouta le professeur Horace, de Paris et
des Pays-Bas, cè qui èn youddisch danu
bien, signifie ; « Je mangerais volontiers
cè petit Franc, s'il était cuit a la croque
au sel, avec beaucoup de pommes dé"
terre avec ».
^ Là-dessus, Blum, saisissant sa seringue
rituelle, se dirigea vers le lit où était
caché petit Franc, avec le prélavement
sur le "capital. Mais, comme on relevait
les couvertures, petit Franc était haie-
tant, et proche de tournèr de l'œil.
~ C'était sur, c'était couru !... sôupira
Clementel... Que va dire Herriot ! •
Un groom apportait un télégramme
olfaciel, jaune, qni était précisément
a Herriot, et ainsi conçu en clair : « Trop
de monde chez Mme Fillioux. Stop. Dé
jeune chez Léon, rue Ple'net. Stop/ Rap
porterai petite saucisse à Franc. Stop.
Soignez bien. Stop. Si fièvre persiste,
appelez docteur Ton Jo. Amitiés. —
Jbidoiiard. » .■■■■<*■ *
Déjà Blum, emportant sa seringue, pré
cédé du professeur baron Horace dé Paris
et des Pays-Bas, et suivi de son derrière
moulé Renaudel, se retirait, la mine
vexée. H n'avait rien lu de pareil dans
la biographie de son modèle, Ferdinand
Lassalle, qu'il copie avec quelque servi
lité, jusqu'à Hélène de Dœnniges exclu
sivement. Se retournant sur le pas de la
porte, de telle façon que son derrière
Renaudel fût encadré dans le chinn-
bran e, il répéta avec , force : « Je vous
hais ! »
Clementel relisait le télégramme, au
près de petit Franc assoupi : « Appelez
docteur Ton Jo». Quel était ce praticien
inconnu ? Peut-être un nègre, ou un Chi
nois ; et Clémentel — l ç plus beau des
entants des hommes, comme feu Gaiffe,
de iortoni — se creusait une tête déjà
tort creuse, et pareille à une hoix de coco
vide. Heureusement qu'un dictionnaire
des synonymes traînait sur là 'tàblë'Mtf
sanatorium. II y chercha* à la lettre T,
et lut ceci : « Tore Jo... voyez Cailloux... »
Ce lui fut un trait de lumière ; comment
n y avait-il pas songé plus tôt !... H cou-
rut a la lettre C et trouva : « Caillaux,
voyez 1 rahison ». Mais voici que, cher-
çhant à Trahison il lut derechef : « Tra
hison, voyez Mulvy ». Seulement alors il
s aperçut que le dictionnaire des synony
mes était imprimé à la Haute-Cour, édi
tion' Poincaré 1919. Le garçon députe
1 ... ~ Fabry, allez donc me chercher» lé
dictionnaire des synonymes de 1925...»
lit Clementel lut, dans la nouvelle édi-
txon Poincaré 1925 du bouquin : « Ton
Jo, voyez président Caillaux... Caiilaux,
voyez Innocence... Innocence, voyez Mal-
vy. » Se. rappelant qu'un banque ten
1 honneur des deux Siamois de la Trahi-
son était organisé a Magic-Citv et qae
Pomcare, précisément, devait y prendre'
la parole, au nom des morts de l'après-
guerre, il dit joyeusement à petit Franc •
— Maintenant .que te voilà débarrassé
du bordereau de coupons, ça va aller
mieux, mon mignon ! Et quand le doc
teur ion Jo arrivera, tu seras tout à fait
guéri.
P ~ * e J e , aou lî a ' te — répondit petit
franc.Mais qui que c'cst-il, le docteur
loujo ?
Cinq heures sonnaient. Herriot reve
nait de Lyon. Au débarquer de l'avion
et comme il ouvrait l'étui Israël, pour y
cueillir encore pipette, il se heurta contre
un petit homme au crâne rouge, â la
mme égarée et inquiète, déjà maugréant:
c était Caillaux.
— Personne pour me recevoir avec les
honneurs dus, et les deux chandeliers
a argent, portés à reculons : votre Clé-
mentel est un « pignouf », dit Caillaux
llerriot leva et arrondît Içs bras, puis
° ,aissa retomber en cercles avant de
mettre ses mains retournées sur " ses
cuisses. Caillaux, regardant petit Franc,
ajouta : « Cet enfant est soigné en dépit
du bon sens. Je m'en vais le guérir illico,
i V nl S I1S . ( ;®: po , rer à son billet de banque
les 70 milliards de bons de la défense
nationale, qui auront ainsi force circu
lante. Ça me connaît. A moi Bolo, Ma-
mers et Lenoir !
est pas de l'inflation, au moins?
avec inquiétude.
— C'est vous qui êtes un enflé... répartit
insolemment Caillaux. Puis «'adressant à
petit Franc : « Petit serin, je vais vous
gi-erir Mais, les femmes ont les mains
plus douces et, d'abord, je vais mettre
auprès de vous, comme infirmière, Mme
Caillaux, q ui vous appliquera un rigolo...»
—Ah! mon Dieu! qu'a-t-il donc?...
Qu as-tu, petit Franc ? s'écrièrent simul
tanément Herriot et Clémentel, abasour-
dis.
Déjà le pauvre petit belin s'était rejeté
en arrière à cette effrayante nouvelle, et
evanom. I] avait eu peur du «rigolo»...
dame... vous comprenez...
Léon DAUDET.
LA P OLIT IQUE
I. Séparation ' <
des finances et de l 'Etat I.
Le baron Louis disait aux ministres du
Roi : — Faites-moi de bonne politique
et je vous ferai de bonnes finances.
Herriot a dit à la Chambre républicaine:
— Faisons, tous ensemble, de mauvaise
politique : rie nous laissons pas accuser de
faire de mauvaises, finances ! .
Son discours d'hier n'a, aucun autre
sens. De même que la vieille Psychologie,
non contente dé distinguer les facultés de
l'âme, les séparait complètement, ce dis
cours ridicule sépare les opérations de
la vie publique d'avçc ces oscillations
du crédit qui en sont les effets directs. 11
suffira de supposer une cloison, « une cloi
son étanche » entre les deux ordres, et
d'après Herriot, ils seront séparés en fait :
on fera toutes les mauvaises politiques reli
gieuses, sociales, nationales que l'on' vou
dra : lies partis ayant été dûment suppliés
de s'interdire toute immixtion dans le va-
et-vient des phénomènes financiers, ce-
coup de baguette du loyalisme et du fair
play affranchira ces phénomènes de la,
répercussion des événements, religieux,
speiaux ou nationaux. ,
Ainsi, les..gens seront .rassurés ou ^'n-
quiétés par la physionomie de Marseille*,,"ils
verront le communisme s'éloigner ou rete
nir vers eux au grand trot, ils envisage
ront le maintien de nos troupes sur' le
Rhin ou la ruée des avions'boches survie
ciel de Paris : de quelque façon et en quel
que sens que se tourne l'esprit public, ses
dispositions financières devront se trou
ver immuables, la rente sera priée de mon
ter, la livre et le dollar de baisser, etc.?,
En effet, pourquoi pas 1 Pourquoi les
idéales agitations' des partis auraient-
elles une action quelconque sur la vie de
l'homme ? M. Herriot se dit : est-ce que
le Pays n'est pas comme une grande Aca
démie, une grande salle de réunion pu
blique ? Là, il. est glorieux, il est bien, il
est beau, il est juste de se donner des coups
fictifs et de se l'aire des blessures oratoires.
Ce combat des partis, c'est la démooratie,
c'est la vie, c'est le droit, c'est la loi, "c'est
la légitimité : mais il faut maintenir
un tel combat dans un champ de nuées
suffisamment élevées au-dessus de la terre
de la patrie, et surtout, de sa bourse, ;et
surtout de la bourse de l'Etat ! Tolérer que
le combat spirituel descende des cieux
serait chose grave...
II. Le discours d'Herriot !
Croit-on . que je plaisante ou charge ?
Pas le moins du monde. Je me contente
de résumer et d'expliquer. Voici le texte
« analytique officiel » des solennelles bouf
fonneries portées à"la tribune par M. Her
riot :
Je le dis en terminant. C'est au nom des
intérêts 'de la démocratie, au nom de la
France que j'adresse cet appel à la con
fiance et à l'union qui sera entendu par
tout le pays. Attaquons-nous sur d'autres
sujets. ( Mouvements divers à droite et sur
divers bancs au centre).
Voix à droite.— Voilà !
M. Soulier.— Chassez le naturel, il re
vient au galop.
AI. le président du. Conseil. .^— La vie
d'un pays, c'est le combat des partis. (In
terruptions à droite et sur divers bancs au
centre). Rien n'est plus légitime que de
voir des hommes dont les opinions diffè
rent affronter leurs idées. C'est- ce qui fait'
le progrès. (Applaudissements à gauche
et à l'extrême gauche).
Mais il serait grave, peut-être osei-ai-je
employer ce mot, il serait Criminel d'en
gager dans un tel combat les œuvres vives
d'un pays, son armature financière.
Herriot veut la.bataille des idées, avec
t.ôutes ses conséquences, mais à la condi
tion qu'elles n'en aient aucune pour les
choses réelles : les œuvres vives : d'un
pays que travaillent et que démembrent
les partis; doivent subir le supplice sans
en souffrir ! : .
Ainsi parle, ainsi pense ce rhétoricien*
échauffé qui n'rv rien compris de sa:.vie.
Ce qu'il y a de" réellement inéluctable et
nécessaire dans la liaison de la Politique
avec les Finances et, de façon plus géné
rale, avec le-bien et le mal du pays, ce lien
du réel au réel échappe, comme tout, à
Edouard Herriot. II croit que les rapports
dés choses se réduisent à des rapports d'i
dée, et il entend un rapport d'idées com-
pie. un simple enchaînement de mots, su
jet des seules conventions grammaticales.
La parole traçant des lignes de dé
marcation entre les métaphysiques ter
rains de la Politique 'et des Finances,
pourquoi, je vous prie, la réalité différe
rait-elle de la parole ? Encore faisons-nous
une large mesure à l'intelligence d'IIerriot
en lui prêtant une interrogation de cette
nature; Il n'y . a jamais pensé ni rêvé-
Sa pensée est un pur topo d'orateur, qui
ne, peut laisser place à la moindre in
quiétude de cette qualité.
III. Humaniste ou primaire
Dans le. remarquable portrait de M.
Herriot qu'il publie à la Revue univer
selle et que nous rangerons auprès de celui
que Pujo a recueilli dans notre Almanach
pour 1925, M. Charles Benoist paraît crain
dre que la réussite oratoire de M. Herriot
ne fournisse un argument aux adversaires
des 'humanités classiques. Qu'il se ras
sure ! Son scrupule tainien ne résiste pas
à la réflexion.
Briand exerce une action oratoire
beaucoup " plus forte qu'Edouard Herriotf
et les études d'Aristide Briand . ont été
d'un lézard .ou d'un cancre. Le succès de
leurs deux facondes ne vient nullement
de ce qu'elles comportent de discipline,
d'expérience, d'art véritable ou- de rhéto
rique substantielle, mais plutôt de robuste
ignorance, de forte négligence, de naïf
oubli universel. Cette étoffe-là vaut sur- «|
tout par ses trous, dont chacun correspond
à l'inconscience et à la sottise des audi
toires. Toutes choses étant égales d'ail
leurs, le bavard entraîné qui n'aura reçu
qu'une instruction primaire se sentira au
trement libre que Briand pour manier à
son plaisir une assemblée à sa mfesure.
Quoi qu'il en soit, du petit problème
ainsi soulevé, c'est une justice à rendre à
M. Charles Benoist, il n'a jamais été la
dupe d'Herriot. Je l'entends encore nous
dirè, en 1917, lors ■ des premiers débuts
ministériels du maire de Lyon,"qu'on ne
serait pas long à revenir sur les illusions
que faisaient naître sa jeunesse et sa bon
ne volonté étalées. C'était le- temps où,
devant l'ennemi, par système et par vo
lonté, nous nous appliquions à faire con
fiance à tout et à tous. : M. Charles Be
noist nous paraissait bien dur. Personne
ne le trouvera trop sévère aujourd'hui. ,
IV. Un blessé de Marseille
Ceux, _guivyeuleni, savoir comment les
assassins et métèques municipàuj; ont tra
vaillé l'autre lundi â Marseille liront avec
fruit une lettre qui nous est communiquée
« comme susceptible d'intéresser nos lec
teurs et même tous les Français » :
J'e suis plus abîmé que je ne l'aurais cru
par la sauvage agression dont j'ai été vic
time lundi. Les blessures elles-mêmes sont
guéries mais j'ai dû avoir, en me défen
dant, le nerf sciatique froissé et je souffre
beaucoup. Le coup que j'ai reçu derrière
la tête est un coup de «stylet à bague ».
C'est une sorte de bague qui laisse dépas
ser un petit stylet de trois centimètres...
Délicieux instrument 1 Mon fils va mieux
aussi niais garde un épanchement de syno
vie qui mettra des semaines à se guérir.
Il a été frappé, étant à terre, de trois
coups de matraque sur la iête. M. J., le
père de notre cousine, est gravement at
teint: Voyant frapper à côté. de lui un
prêtre de 79 ans, infirme, il a essayé de
le protéger. On l'a faii tomber; il a reçu
2. coups de stylet de chaque côté du visa
ge. On lui a donné, en outre, étant à terre,
uue vingtaine de coups de talon sur le
visage ; "un des acteurs disait : « Il faut
que la cervelle so~te ! » Elle n'est pas sor
tie, mais le malheureux, âgé de près de
60 ans, n'a plus figure humaine... il ne
lui reste qu'une 'seule dent !
On ne répétera jamais assez qu'il ne
is'agit pas-de bagarres, à l'issue ou à l'en
trée d'une coi.férencé, mais bien d' auhes-
sions contre des individus isolés. Ces ten
tatives d'assassinat ont en lieu dans des
Comme à Marseille
rues transversales, à 1.500 mètres de la
salle et souvent une heure avant l'arrivée
ou une demi-heure après la sortie.
Cette lettre émane d'un lecteur républi
cain de l'Eclair et de la Victoire. Depuis
l'agression dont il a été victime, il prend
aussi l'Action française, et n'a pas tort.
V. La police de Marseille
Quelques renseignements inexacts ayant
été donnés par la presse parisienne et
même locale, les commissaires de la sec
tion d'Action française de Marseille nous
communiquent la " déclaration suivante,
que le président de la section, le comman
dant Dromard, nous demande de publier,
et rien n'est plus juste, ainsi qu'on va le
voir :
DECLARATION. — Les convnissairës
de la section d'A. F. de Marseille affirment
que, contrairement à ce qui a été prétendu
à la Chambre des députés, la police mar-
scillaise-'a, dans la nuit du 9 février, fait
tout son devoir-
Chargés, d'assurer la garde extéricuYe
de la porte de la salle, puis placés au pre
mier rang, à la sortie des auditeurs, ils ont
été les témoins des efforts souvent méri
toires de la police qui, pendant près de
trois heures, a dû maintenir et repousser
les hordes arabes, italiennes, espagnoles,
arméniennes, armées de matraques, de
compas et de revolvers, recrutées et con
duites par les collaborateurs de M. Fiais-,
sières dont les noms suivent : Léon Bon,
Billiès, Massias,. Elisée Petit, Sosteu, Da
niel, Georges Fabre, auxquels s'était joint
le franc-maçon Edouard Gay.
C'est à la'faveur de la nuit qae ces ner
vis ont pu attaquer, massacrer et dévaliser
des. auditeurs isolés qui, la conférence
finie, croyaient pouvoir rentrer tranquil
lement chez .eux.
Leurs bandes n'auraient pu être disper
sées- que par des patrouilles de gendarmes
à cheval qua le préfet n'a pas jugé bon de
mettre en mouvement.
Les Commissaires d'A. F. de Marseille
adressent ' aux agents blessés, leurs vœux
de prompt rétablissement et à tout le corps
des gardiens de la paix, l'expression de-
leur sympathie.
L es comjpssaintis d' A . F. de M arseille.
Pour bien voir ce qui s'est passé, per
sonne n'était mieux posté que nos amis :
les. nombreux blessés qui se sont trouvés
parmi eux les rangent parmi ces témoins
qu'on ne récuse pas.
Tous les Français seront heureux d'ap
prendre ainsi, d'une source absolument^!
sûre, que la police d'Etat de Marseille a
fait son devoir : nous traversons des heu
res si étranges qu'il devient juste et néces
saire de l'en féliciter.
Charles MAURRAS.
AU QUARTIER LATIN
Etudiants d'Action française
Le redressement
de
lu
La Ligue Millerwid organisant aujour
d'hui une réunion aux Sociétés savantes,
nous savons qu'un certain nombre de nos
amis Etudiants d'Action française comp
taient y aller pour porter la contradiction.
Mais nous sommes informés que des agents
provocateurs chercheraient à profiter de
cette occasion pour susciter des bagarres
qui mettraient. aux prises des étudiants
patriotes. Rien ne serait plus• inopportun
et regrettable, en ce moment; nous inteu-
disons donc formellement a tous nos
amis de se rendre a cette réunion.
Après-demain jeudi, à 8 h. 3/4 du soir,
33, rue Saint-André-des-Arts, notre ami
Daussin fera une conférence sur Louis XV
« mauvais roi; »
Le 5 mars, dans la grande salle des So
ciétés savantes, les Etudiants d'A. F. inau
gureront une série de grandes conférences
sur La politique de l'Action française dans
lesquelles nos maîtres traiteront des diffé
rents aspects de la situation actuelle et
des remèdes que nous proposons. Chaque
fois la parole sera donnée aux contradic
teurs.
Les Etudiants d'Action française se pro
posent pour objet l'étude et la propaga
tion des idées de salut national, lis orga
niseront toutes manifestations que ren
dent nécessaires les circonstances; mais
ils ne se prêtent pas aux manœuvres des
adversaires. ..
Maurice P ujo , Georges C alzant.
L'Action française
aux Marseillais
Et-ne nous embête pns, ou on te zigouillé î
La section d'Action française de Mar
seille vient de faire apposer sur les murs
de la ville l'affiche suivante :
MARSEILLAIS,
Vous avez vu, lundi soir', le visage hideux de la
Révolution.
■Pourquoi ?
Parce' que vous avez laissé, usurper l'Etat, qui
est le bien public, par son contraire : l'Anarchie.
Vous avez laissé un Flatssières, triste flatteur de
tontes les populaces, devenir le premier magistrat
de la Cité. " •
Vous avez laissé Bon, Daniel, Mâssias, Chatard,
Billes, Satiarti, Joblin. Elisée Fetil, Edou.ard Gay.
Cermolacce* Georges Fabre, etc.,'et toute la racail
le dont les noms vous sont connus, devenir con
seillers municipaux et adjoints, et vous leur avez
permis de conduire la lie cosmopolite de notre
ville ù l'assaut de vos libertés.
C'est au chant de l'Internationale qu'un géné
ral vainqueur a élé insulté et, que des catholiques,
isolés et sans armes, ont été massacrés.
Tout cela est scandaleux, mais le vrai scandale
c'est qu'une partie de l'autorité nationale soit
exercée par les ennemis de la Nation.
Marseillais, imissons-npus. Négligeons le; petites
misères qui divisent peur ne considérer que la
Patrie et l'intérêt national..'
Une ville comme la noire, qui est la plus an
cienne de tout l'Occident, ne doit pas, devenir
la proie, des ennemis de la Civilisation et de la
Religion.
Au lendemain des événements ' tragiques que
chacun déplore, l'action française vous invite à
réfléchir. .
Venez à elle, elle vous donnera :
Une Doctrine, une Discipline et des Chefs.
Le salut public est . sa loi suprême et RIEN
ne l'arrêtera dans sa volonté d'aboutir.
VIVE LA FRANCE !
L'ACTION FRANÇAISE
6, Cours Behunce.
Les observateurs qui reviennent d'Italie
— nous en avons vu ces jours-ci plusieurs
-— sont d'accord pour déclarer que le
calme est parfait et le gouvernement de
M. Mussolini solide. L'opposition reste
verbale. Et peut-être a-t-elle choisi une
mauvaise-allégorie en se retirant, au figuré,
sur l'Aventin. Les plébéiens dé l'ancienne
Rome avaient des revendications matérielles
à faire triompher. L'estomac, c'e^t-à-dire
le besoin de vivre, dans la fable de Mene-
nius Agrippa, est satisfait par M. Mussolini.
Une revue financière fortement orientée
à gauche publie cette semaine, sous la
signature sans doute peu suspecte de M.
Pierre Sée, une correspondance de Rome
qui rend compte du redressement du fas
cisme et des raisons pour lesquelles il s'est
redressé. Le fascisme était ébranlé à la fin
de l'année dernière. Il l'était par les ondes
qu'avaient propagées au dehors nos élec
tions du 11 mah La victoire du Cartel des
gauches en France a élé suivie d'une grande
offensive contre M. Mussolini. Les partis
de gauche italiens avaient repris courage.
Il faut bien constater aujourd'hui que cette
offensive, un moment redoutable, n'a pas
donné de résultat et qu'elle est en train de
faiblir.
■Le Cartel n'a été ni assez bienfaisant ni
assez heureux au dedans pour faire école
au dehors. Du reste, s'il s'agit de courants
et d'influences qui passent les frontières,
l'exemple «de l'Angleterre est allé contre
le nôtre. Celui de l'Allemagne aussi, avec
son. cabinet Luther. La France est à gauche
tandis que les Allemands et les Anglo-
Saxons sont à droite. II y a donc d'autres
modèles que le modèle français, et le nôtre
n'est pas tentant.
. Le relèvement financier de l'Italie, dont
nous parlions l'autre jour, ce relèvement
« merveilleux », comme l'appelle M. Pierre
Sée, n'a pu se produire que par l'autorité
et par l'ordre. Le même correspondant
ajoute, ce qui est le fond de la question,
ce qui résume tout : « Ceux qui ont connu
l'Italie aux heures sombres, «^.proches
encore, des grèves continuelles et de l'occu
pation des usines, ceux-là ne peuvent refuser
de porter témoignage au Duce. Car enfin,
si regrettables qu'ils soient, le cas Matteotti
et certains autres excès fascistes (affaires
de Bono, Balbo) ne sont que des épisodes
sauvagement exploités, des ombres sur un
grand tableau de prospérité, d'ordre maté
riel et moral. » . - ;
. Giolitti. Orlando, Salandra n'ont à pro
poser en échange que viande creuse. L'oppo
sition de l'Aventin ne promet que retour à
l'anarchie. C'est par là que dure le fas
cisme. Et il a pour lui des puissances de
sèntiments ■ plus jeunes que celles de la
démocratie. Dans des temps • comme les
nôtres, l'ordre est aussi un « idéal », plus
fort et plus exaltant que la liberté. — J. B.
A LA CHAMBRE
oeïa ra lions deffl. Herriot
sas' Sa situation financière
Il supprime le bordereau
de coupons
La politique du Cartel des gauches ayant
porté ses fruits, les discours révolution-
naires de Compère-Morel, de Renaudel —
« on prendra l'argent là où il est », de
Blum « ahl comme je vous hais! » ayant
effrayé l'épargne et éparpillé aux quatre
coins du monde la fortune mobilière fran
çaise, Herriot s'est dit : Faisons un grand
discours pour rassurer le bourgeois et
nous relèverons le franc qui fléchit.
Et', de sa voix la plus harmonieuse, le
geste engageant, le ton bon enfant, il a dit
à l'opposition. ; Nous ne voulons dépouil
ler personne, molester personne, ruiner
personne. Nous sommes de braves gens
qui avons quelques ennuis d'argent ; ai
dez-nous.
Ce reniement des doctrines chères à
l'aile gauche de la majorité, fuit sur le ton
patelin et pour les besoins de la cause, a
eu pour effet de déclencher la mauvaise
humeur des socialistes qui sont demeurés
boudeurs à leurs bancs sans jamais ap
plaudir celle défense « pour (a forrrïe »
du capital.
L'opposition, qui commence à connaître
son Herriot n'a pas paru convaincue par
cette fause bonhomie. Elle ne peut igno
rer que tant que le socialiste Vincent
Auriol sera à ta tête de la commission des
finances, tant que Blum sera dans les
conseils du gouvernement, la fortune ac
quise demeurera en danger. Aussi le prési
dent du Conseil n'a-t-il recueilli d'applau
dissements que sur les bancs des radicaux.
Au demeurant, dans son long discours,
qu a-l'il dit de précis pour rassurer l'épar
gne? Pas grand' chose. Il s'est contenté de
supprimer le bordereau de coupons, dont
l'application avait fait fuir les capitaux
français à l'étranger.
Mais les mesures envisagées par le gou
vernement pour le remplacer ne semblent
pas de nature à ramener la confiance.
Aussi le président du Conseil a-t-il glissé
prudemment sur ces projets■ On sent qu'ils
ne résisteront pus à une discussion serrée.
Herriot, s'il veut eniai;er la baisse du
franc, devra jeter d'antre lest et- rompre
en visière avec les socialistes.
Aura-l-il '.le. courage de le faire?
Nous n'en croyons rien, car, dans son
appel à l'union, sacrée devant la gravité de
Mar3ï X 3 ? femer 1925
1Scenl5mcs. S eihe ht S eihe-bt- O iw
20 centimes. D épartements et C oloîiib»
ABONNEMENTS: tiAi. .Siiïâs. Iri«H
Etranger . . 8a » hi » ai »
Chèque postal i Compte a3.goo Paris.
ORGANE DU NATIONALISME INTÉGRAL,
« Tout ce qui est national est notre. »
, LeDac d'ORLÉANS |
héritier des quarante Rois qui en mille ans firent la France.
RÉDA-CTlOfl 8t ADMINISTRATION^
i*, rue de Home, PARIS (S*)
Adresse télégraphique : AGTïOFRAN-PARIS .
Téléphoné : sirfminitfratfoA ; Louvre sG-ig, a(>-5o
Rédaction : Central 75-44 Publicité : Centrai 74-77
Après 10 heures du soir : Ségut ti-éa
RftfifttieâeÇaiameroe iSeiûo li* 78,58a
Fondateur s HENRI VAUGEOiS — Direeteui± À .Nuques : LÉON DAUDET et CHARLES MAL'IIRAS — Rédacteur eu cheî s. MAURICE PUJO
LE PAYS HUMILIE
« Lé fait que Germaine Berton, l'insolente meurtrière
d'un homme admirable et d'un vaillant soldat, Plateau, a été
transforméfe en héroïne par une bande d'anarchistes et de
communistes est une honte indéniable pour la France. ...Une
seconde preuve, encore plus flagrante, de la carence de la
justice, a été donnée à Paris, où le cruel meurtre de Philippe
Daudet est resté impuni. ...H n'est pas de crime plus horrible
dans les annales politiques depuis le commencement du
monde ; nous espérons et croyons que le courage et la téna
cité du père réussiront enfin à traîner devant la justice les
auteurs du crime. » .
Black Wood's Magasine
Là recSîutë do petit Franc
. De nouveau le petit Franc était étendu,
pâle et respirant avec difficulté, dans le
sanatorium du docteur Robineau. Assis
auprès de lui, assez anxieux, tirant 'sur
une bonne bouffarde lyonnaise, le doc
teur Herriot lui mesurait la tension arté-
rielle, comme il avait vu faire au pro
fesseur Vaquez.
—>■ Edouard — dit Je petit Franc, —
ta fumée me fait mal aucœur. Tu serais
bien gentil de cesser.
— Eh ! que ne le "disais-tu plus tôt,
petit gone ! Je m'en vais déjeuner avenue
Duquesne,^ chez Mme Fillioux, et je te
rapporterai un blanc de poule. Ça te fera
languette, hein, mon belin ? -
-— Hélas ! répondit Franc, avec un
sourire qui faisait peine à voir — quand
pourrai-je manger, comme Mme Sterlin-
gue, une bonne tranche de roastbeef sai
gnante, ou, comme ' M. Dollar, une
assiettée de veau à l'orange et au .chou-
fleur du Minnesota. Mais qui va me gar
der, pendant ton absence ? „
-^ Infirmier Clémentel, appela Her
riot— voulez-vous assurer, pendant ma
courte absence, le service de cet enfant.'
H faudra lui retirer le bordereau de
coupons qu'il a sur la poitrine, et lui
donner à boire, s'il a soif. Vous prendrez
sa température à cinq heures.
— Bien patron, fit le beau Clémentel.
H ne savait pas comment on retire un
bordereau, ni comment on prend la tem
pérature — pareil, en. cela, à tous les
spécialistes qui ignorent leur spécialité
— mais il articulait à merveille : bien
patron. Aussi était-il très demandé pour
son urbanité irréprochable.
Herriot se leva, écendra sa pipe, ouvrit
l'étui Israël, cadeau d'un groupe radical-
-socialiste, plaça la pipe bien au milieu ;
recommanda à Clémentel de ne recevoir
que Mlle Blum, qui viendrait donner tin
lavement au capital vers les quatre heu
respuis monta dans un avion, à desti
nation du 84 de l'avenue Duquesne, à
Lyon, ou Mme Fillioux active en délices
ses fameux fourneaux. Clémentel se mit
; à préparer tout ce qu'il faut pour retirer
le bdMeteau 3e coupons 'sans" déchirer
la 'peau du patient. Mais on entendit du
bruit à-la -porte : « Je veux le voir —-
disait une voix à l'accent méridional —
je viens de la part du savant docteur
Millefrand, Alexandre Millefrand, qui
avait une clinique à l'Elysée, et qui tient
maintenant un dispensaire à YEcho de
Paris.
— Oh ! oh ! s— dit petit Franc à Clé
mentel, qui déjà soulevait les draps —
je ne le connais que trop, ce Millefrand.
C'est un sinistre farceur et un individu
grossier. Je ne veux pas voir son envoyé.
Ça, doit être pour chiper mes économies.
Il a toujours besoin de galette.
Trop tard ! La porte s'ouvrait, livrant
passage au beau Eanowsky, qui a une
tête de lapin juif, une faconde intarissa
ble et des yeux roses sous des paupières
vertes. Tout de suite il dit à Clémentel ;
« Ma consultation est de mille francs ».
— Tiens, voilà cent sous, et fiche-moi
la paix, — répliqua le beau Clémentel
au beau Kanowsky. H y a trois francs
pour ton beau-frère Wolff.
Wolff -r-r- qui, en allemand, Bignifie
« loup » — vest un arbitragiste coté ;
lisez : un monsieur qui fait son beurre
dans les épinards des devises. En enten
dant ce nom, petit Franc s'était caché
sous, ses couvertures.
— Vous n'auriez pas une autre pièce
de cent sous ? Celle-ci sonne faux — fit.
le beau Kanowsky, [voyez bonneterie!]
avec une moue de dédain, baissant ses
paupières vertes sur ses yeux roses et son
museau de lapin d'Australie.
— C'est toi qui sonnes faux, et qui
épouvantes ce pauvre gosse. Tiens, voilà
vingt francs papier ; tu partageras avec
Loueheur.
Le bordereau de coupons était venu,
iniis aveo la peau de la poitrine. Le
pauvre petit Franc saignait et pleurait.
On annonça que Mlle Blum était là; avec
«on prélavement sur le capital et le pro
fesseur Horace, de la vieille tribu hon
groise des Fixialy, Aussitôt Clémentel se
mit. au por-l d'armes, les mains sur les
coutures de ses poches percées, et s'écria,
comme au régiment : «A vos francs...,
fixe ! »
-7- Mon Dieu, mon Dieu, qu'est-ce qui
va encore m'arriver ! gémit petit Franc,
en joignant les mains.,
■Léon Blum tient Je milieu entre Ado
nis, un peu flapi, et Pharaon, un peu
allongé. Son pantalon lui moule le der
rière, qui ressemble étonnamment à Re-
"toaudel. Il est péremptoire et pathétique";
et se tord les mains, quand on le contre
dit. Ses ongles de pieds et de mains sont
taillés en amandes, comme dans le Can
tique à la Sulamite, et sa démarche est
sautillante ; mais il passe pour avoir les
plus jolies rotules de la tribu de Manassé.
Il est honoré dans le temple du Quai
d'Orsay, aous le nom de Réintégrateur
des Berlhelot; 11 sonne l'heure au cartel
des gauches. 11 avait une seringue rituelle
à la main.
S'avançant vers le petit malade, il ten
dit les bras en avant, enroula entre eux
ses délicats métacarpiens, et .articula
ceci: « Je vous hais. Sale petit goy, je
te hais !»
Hoscha, hosch sçjievanna carolyi.„ >
ajouta le professeur Horace, de Paris et
des Pays-Bas, cè qui èn youddisch danu
bien, signifie ; « Je mangerais volontiers
cè petit Franc, s'il était cuit a la croque
au sel, avec beaucoup de pommes dé"
terre avec ».
^ Là-dessus, Blum, saisissant sa seringue
rituelle, se dirigea vers le lit où était
caché petit Franc, avec le prélavement
sur le "capital. Mais, comme on relevait
les couvertures, petit Franc était haie-
tant, et proche de tournèr de l'œil.
~ C'était sur, c'était couru !... sôupira
Clementel... Que va dire Herriot ! •
Un groom apportait un télégramme
olfaciel, jaune, qni était précisément
a Herriot, et ainsi conçu en clair : « Trop
de monde chez Mme Fillioux. Stop. Dé
jeune chez Léon, rue Ple'net. Stop/ Rap
porterai petite saucisse à Franc. Stop.
Soignez bien. Stop. Si fièvre persiste,
appelez docteur Ton Jo. Amitiés. —
Jbidoiiard. » .■■■■<*■ *
Déjà Blum, emportant sa seringue, pré
cédé du professeur baron Horace dé Paris
et des Pays-Bas, et suivi de son derrière
moulé Renaudel, se retirait, la mine
vexée. H n'avait rien lu de pareil dans
la biographie de son modèle, Ferdinand
Lassalle, qu'il copie avec quelque servi
lité, jusqu'à Hélène de Dœnniges exclu
sivement. Se retournant sur le pas de la
porte, de telle façon que son derrière
Renaudel fût encadré dans le chinn-
bran e, il répéta avec , force : « Je vous
hais ! »
Clementel relisait le télégramme, au
près de petit Franc assoupi : « Appelez
docteur Ton Jo». Quel était ce praticien
inconnu ? Peut-être un nègre, ou un Chi
nois ; et Clémentel — l ç plus beau des
entants des hommes, comme feu Gaiffe,
de iortoni — se creusait une tête déjà
tort creuse, et pareille à une hoix de coco
vide. Heureusement qu'un dictionnaire
des synonymes traînait sur là 'tàblë'Mtf
sanatorium. II y chercha* à la lettre T,
et lut ceci : « Tore Jo... voyez Cailloux... »
Ce lui fut un trait de lumière ; comment
n y avait-il pas songé plus tôt !... H cou-
rut a la lettre C et trouva : « Caillaux,
voyez 1 rahison ». Mais voici que, cher-
çhant à Trahison il lut derechef : « Tra
hison, voyez Mulvy ». Seulement alors il
s aperçut que le dictionnaire des synony
mes était imprimé à la Haute-Cour, édi
tion' Poincaré 1919. Le garçon députe
1
dictionnaire des synonymes de 1925...»
lit Clementel lut, dans la nouvelle édi-
txon Poincaré 1925 du bouquin : « Ton
Jo, voyez président Caillaux... Caiilaux,
voyez Innocence... Innocence, voyez Mal-
vy. » Se. rappelant qu'un banque ten
1 honneur des deux Siamois de la Trahi-
son était organisé a Magic-Citv et qae
Pomcare, précisément, devait y prendre'
la parole, au nom des morts de l'après-
guerre, il dit joyeusement à petit Franc •
— Maintenant .que te voilà débarrassé
du bordereau de coupons, ça va aller
mieux, mon mignon ! Et quand le doc
teur ion Jo arrivera, tu seras tout à fait
guéri.
P ~ * e J e , aou lî a ' te — répondit petit
franc.Mais qui que c'cst-il, le docteur
loujo ?
Cinq heures sonnaient. Herriot reve
nait de Lyon. Au débarquer de l'avion
et comme il ouvrait l'étui Israël, pour y
cueillir encore pipette, il se heurta contre
un petit homme au crâne rouge, â la
mme égarée et inquiète, déjà maugréant:
c était Caillaux.
— Personne pour me recevoir avec les
honneurs dus, et les deux chandeliers
a argent, portés à reculons : votre Clé-
mentel est un « pignouf », dit Caillaux
llerriot leva et arrondît Içs bras, puis
° ,aissa retomber en cercles avant de
mettre ses mains retournées sur " ses
cuisses. Caillaux, regardant petit Franc,
ajouta : « Cet enfant est soigné en dépit
du bon sens. Je m'en vais le guérir illico,
i V nl S I1S . ( ;®: po , rer à son billet de banque
les 70 milliards de bons de la défense
nationale, qui auront ainsi force circu
lante. Ça me connaît. A moi Bolo, Ma-
mers et Lenoir !
est pas de l'inflation, au moins?
avec inquiétude.
— C'est vous qui êtes un enflé... répartit
insolemment Caillaux. Puis «'adressant à
petit Franc : « Petit serin, je vais vous
gi-erir Mais, les femmes ont les mains
plus douces et, d'abord, je vais mettre
auprès de vous, comme infirmière, Mme
Caillaux, q ui vous appliquera un rigolo...»
—Ah! mon Dieu! qu'a-t-il donc?...
Qu as-tu, petit Franc ? s'écrièrent simul
tanément Herriot et Clémentel, abasour-
dis.
Déjà le pauvre petit belin s'était rejeté
en arrière à cette effrayante nouvelle, et
evanom. I] avait eu peur du «rigolo»...
dame... vous comprenez...
Léon DAUDET.
LA P OLIT IQUE
I. Séparation ' <
des finances et de l 'Etat I.
Le baron Louis disait aux ministres du
Roi : — Faites-moi de bonne politique
et je vous ferai de bonnes finances.
Herriot a dit à la Chambre républicaine:
— Faisons, tous ensemble, de mauvaise
politique : rie nous laissons pas accuser de
faire de mauvaises, finances ! .
Son discours d'hier n'a, aucun autre
sens. De même que la vieille Psychologie,
non contente dé distinguer les facultés de
l'âme, les séparait complètement, ce dis
cours ridicule sépare les opérations de
la vie publique d'avçc ces oscillations
du crédit qui en sont les effets directs. 11
suffira de supposer une cloison, « une cloi
son étanche » entre les deux ordres, et
d'après Herriot, ils seront séparés en fait :
on fera toutes les mauvaises politiques reli
gieuses, sociales, nationales que l'on' vou
dra : lies partis ayant été dûment suppliés
de s'interdire toute immixtion dans le va-
et-vient des phénomènes financiers, ce-
coup de baguette du loyalisme et du fair
play affranchira ces phénomènes de la,
répercussion des événements, religieux,
speiaux ou nationaux. ,
Ainsi, les..gens seront .rassurés ou ^'n-
quiétés par la physionomie de Marseille*,,"ils
verront le communisme s'éloigner ou rete
nir vers eux au grand trot, ils envisage
ront le maintien de nos troupes sur' le
Rhin ou la ruée des avions'boches survie
ciel de Paris : de quelque façon et en quel
que sens que se tourne l'esprit public, ses
dispositions financières devront se trou
ver immuables, la rente sera priée de mon
ter, la livre et le dollar de baisser, etc.?,
En effet, pourquoi pas 1 Pourquoi les
idéales agitations' des partis auraient-
elles une action quelconque sur la vie de
l'homme ? M. Herriot se dit : est-ce que
le Pays n'est pas comme une grande Aca
démie, une grande salle de réunion pu
blique ? Là, il. est glorieux, il est bien, il
est beau, il est juste de se donner des coups
fictifs et de se l'aire des blessures oratoires.
Ce combat des partis, c'est la démooratie,
c'est la vie, c'est le droit, c'est la loi, "c'est
la légitimité : mais il faut maintenir
un tel combat dans un champ de nuées
suffisamment élevées au-dessus de la terre
de la patrie, et surtout, de sa bourse, ;et
surtout de la bourse de l'Etat ! Tolérer que
le combat spirituel descende des cieux
serait chose grave...
II. Le discours d'Herriot !
Croit-on . que je plaisante ou charge ?
Pas le moins du monde. Je me contente
de résumer et d'expliquer. Voici le texte
« analytique officiel » des solennelles bouf
fonneries portées à"la tribune par M. Her
riot :
Je le dis en terminant. C'est au nom des
intérêts 'de la démocratie, au nom de la
France que j'adresse cet appel à la con
fiance et à l'union qui sera entendu par
tout le pays. Attaquons-nous sur d'autres
sujets. ( Mouvements divers à droite et sur
divers bancs au centre).
Voix à droite.— Voilà !
M. Soulier.— Chassez le naturel, il re
vient au galop.
AI. le président du. Conseil. .^— La vie
d'un pays, c'est le combat des partis. (In
terruptions à droite et sur divers bancs au
centre). Rien n'est plus légitime que de
voir des hommes dont les opinions diffè
rent affronter leurs idées. C'est- ce qui fait'
le progrès. (Applaudissements à gauche
et à l'extrême gauche).
Mais il serait grave, peut-être osei-ai-je
employer ce mot, il serait Criminel d'en
gager dans un tel combat les œuvres vives
d'un pays, son armature financière.
Herriot veut la.bataille des idées, avec
t.ôutes ses conséquences, mais à la condi
tion qu'elles n'en aient aucune pour les
choses réelles : les œuvres vives : d'un
pays que travaillent et que démembrent
les partis; doivent subir le supplice sans
en souffrir ! : .
Ainsi parle, ainsi pense ce rhétoricien*
échauffé qui n'rv rien compris de sa:.vie.
Ce qu'il y a de" réellement inéluctable et
nécessaire dans la liaison de la Politique
avec les Finances et, de façon plus géné
rale, avec le-bien et le mal du pays, ce lien
du réel au réel échappe, comme tout, à
Edouard Herriot. II croit que les rapports
dés choses se réduisent à des rapports d'i
dée, et il entend un rapport d'idées com-
pie. un simple enchaînement de mots, su
jet des seules conventions grammaticales.
La parole traçant des lignes de dé
marcation entre les métaphysiques ter
rains de la Politique 'et des Finances,
pourquoi, je vous prie, la réalité différe
rait-elle de la parole ? Encore faisons-nous
une large mesure à l'intelligence d'IIerriot
en lui prêtant une interrogation de cette
nature; Il n'y . a jamais pensé ni rêvé-
Sa pensée est un pur topo d'orateur, qui
ne, peut laisser place à la moindre in
quiétude de cette qualité.
III. Humaniste ou primaire
Dans le. remarquable portrait de M.
Herriot qu'il publie à la Revue univer
selle et que nous rangerons auprès de celui
que Pujo a recueilli dans notre Almanach
pour 1925, M. Charles Benoist paraît crain
dre que la réussite oratoire de M. Herriot
ne fournisse un argument aux adversaires
des 'humanités classiques. Qu'il se ras
sure ! Son scrupule tainien ne résiste pas
à la réflexion.
Briand exerce une action oratoire
beaucoup " plus forte qu'Edouard Herriotf
et les études d'Aristide Briand . ont été
d'un lézard .ou d'un cancre. Le succès de
leurs deux facondes ne vient nullement
de ce qu'elles comportent de discipline,
d'expérience, d'art véritable ou- de rhéto
rique substantielle, mais plutôt de robuste
ignorance, de forte négligence, de naïf
oubli universel. Cette étoffe-là vaut sur- «|
tout par ses trous, dont chacun correspond
à l'inconscience et à la sottise des audi
toires. Toutes choses étant égales d'ail
leurs, le bavard entraîné qui n'aura reçu
qu'une instruction primaire se sentira au
trement libre que Briand pour manier à
son plaisir une assemblée à sa mfesure.
Quoi qu'il en soit, du petit problème
ainsi soulevé, c'est une justice à rendre à
M. Charles Benoist, il n'a jamais été la
dupe d'Herriot. Je l'entends encore nous
dirè, en 1917, lors ■ des premiers débuts
ministériels du maire de Lyon,"qu'on ne
serait pas long à revenir sur les illusions
que faisaient naître sa jeunesse et sa bon
ne volonté étalées. C'était le- temps où,
devant l'ennemi, par système et par vo
lonté, nous nous appliquions à faire con
fiance à tout et à tous. : M. Charles Be
noist nous paraissait bien dur. Personne
ne le trouvera trop sévère aujourd'hui. ,
IV. Un blessé de Marseille
Ceux, _guivyeuleni, savoir comment les
assassins et métèques municipàuj; ont tra
vaillé l'autre lundi â Marseille liront avec
fruit une lettre qui nous est communiquée
« comme susceptible d'intéresser nos lec
teurs et même tous les Français » :
J'e suis plus abîmé que je ne l'aurais cru
par la sauvage agression dont j'ai été vic
time lundi. Les blessures elles-mêmes sont
guéries mais j'ai dû avoir, en me défen
dant, le nerf sciatique froissé et je souffre
beaucoup. Le coup que j'ai reçu derrière
la tête est un coup de «stylet à bague ».
C'est une sorte de bague qui laisse dépas
ser un petit stylet de trois centimètres...
Délicieux instrument 1 Mon fils va mieux
aussi niais garde un épanchement de syno
vie qui mettra des semaines à se guérir.
Il a été frappé, étant à terre, de trois
coups de matraque sur la iête. M. J., le
père de notre cousine, est gravement at
teint: Voyant frapper à côté. de lui un
prêtre de 79 ans, infirme, il a essayé de
le protéger. On l'a faii tomber; il a reçu
2. coups de stylet de chaque côté du visa
ge. On lui a donné, en outre, étant à terre,
uue vingtaine de coups de talon sur le
visage ; "un des acteurs disait : « Il faut
que la cervelle so~te ! » Elle n'est pas sor
tie, mais le malheureux, âgé de près de
60 ans, n'a plus figure humaine... il ne
lui reste qu'une 'seule dent !
On ne répétera jamais assez qu'il ne
is'agit pas-de bagarres, à l'issue ou à l'en
trée d'une coi.férencé, mais bien d' auhes-
sions contre des individus isolés. Ces ten
tatives d'assassinat ont en lieu dans des
Comme à Marseille
rues transversales, à 1.500 mètres de la
salle et souvent une heure avant l'arrivée
ou une demi-heure après la sortie.
Cette lettre émane d'un lecteur républi
cain de l'Eclair et de la Victoire. Depuis
l'agression dont il a été victime, il prend
aussi l'Action française, et n'a pas tort.
V. La police de Marseille
Quelques renseignements inexacts ayant
été donnés par la presse parisienne et
même locale, les commissaires de la sec
tion d'Action française de Marseille nous
communiquent la " déclaration suivante,
que le président de la section, le comman
dant Dromard, nous demande de publier,
et rien n'est plus juste, ainsi qu'on va le
voir :
DECLARATION. — Les convnissairës
de la section d'A. F. de Marseille affirment
que, contrairement à ce qui a été prétendu
à la Chambre des députés, la police mar-
scillaise-'a, dans la nuit du 9 février, fait
tout son devoir-
Chargés, d'assurer la garde extéricuYe
de la porte de la salle, puis placés au pre
mier rang, à la sortie des auditeurs, ils ont
été les témoins des efforts souvent méri
toires de la police qui, pendant près de
trois heures, a dû maintenir et repousser
les hordes arabes, italiennes, espagnoles,
arméniennes, armées de matraques, de
compas et de revolvers, recrutées et con
duites par les collaborateurs de M. Fiais-,
sières dont les noms suivent : Léon Bon,
Billiès, Massias,. Elisée Petit, Sosteu, Da
niel, Georges Fabre, auxquels s'était joint
le franc-maçon Edouard Gay.
C'est à la'faveur de la nuit qae ces ner
vis ont pu attaquer, massacrer et dévaliser
des. auditeurs isolés qui, la conférence
finie, croyaient pouvoir rentrer tranquil
lement chez .eux.
Leurs bandes n'auraient pu être disper
sées- que par des patrouilles de gendarmes
à cheval qua le préfet n'a pas jugé bon de
mettre en mouvement.
Les Commissaires d'A. F. de Marseille
adressent ' aux agents blessés, leurs vœux
de prompt rétablissement et à tout le corps
des gardiens de la paix, l'expression de-
leur sympathie.
L es comjpssaintis d' A . F. de M arseille.
Pour bien voir ce qui s'est passé, per
sonne n'était mieux posté que nos amis :
les. nombreux blessés qui se sont trouvés
parmi eux les rangent parmi ces témoins
qu'on ne récuse pas.
Tous les Français seront heureux d'ap
prendre ainsi, d'une source absolument^!
sûre, que la police d'Etat de Marseille a
fait son devoir : nous traversons des heu
res si étranges qu'il devient juste et néces
saire de l'en féliciter.
Charles MAURRAS.
AU QUARTIER LATIN
Etudiants d'Action française
Le redressement
de
lu
La Ligue Millerwid organisant aujour
d'hui une réunion aux Sociétés savantes,
nous savons qu'un certain nombre de nos
amis Etudiants d'Action française comp
taient y aller pour porter la contradiction.
Mais nous sommes informés que des agents
provocateurs chercheraient à profiter de
cette occasion pour susciter des bagarres
qui mettraient. aux prises des étudiants
patriotes. Rien ne serait plus• inopportun
et regrettable, en ce moment; nous inteu-
disons donc formellement a tous nos
amis de se rendre a cette réunion.
Après-demain jeudi, à 8 h. 3/4 du soir,
33, rue Saint-André-des-Arts, notre ami
Daussin fera une conférence sur Louis XV
« mauvais roi; »
Le 5 mars, dans la grande salle des So
ciétés savantes, les Etudiants d'A. F. inau
gureront une série de grandes conférences
sur La politique de l'Action française dans
lesquelles nos maîtres traiteront des diffé
rents aspects de la situation actuelle et
des remèdes que nous proposons. Chaque
fois la parole sera donnée aux contradic
teurs.
Les Etudiants d'Action française se pro
posent pour objet l'étude et la propaga
tion des idées de salut national, lis orga
niseront toutes manifestations que ren
dent nécessaires les circonstances; mais
ils ne se prêtent pas aux manœuvres des
adversaires. ..
Maurice P ujo , Georges C alzant.
L'Action française
aux Marseillais
Et-ne nous embête pns, ou on te zigouillé î
La section d'Action française de Mar
seille vient de faire apposer sur les murs
de la ville l'affiche suivante :
MARSEILLAIS,
Vous avez vu, lundi soir', le visage hideux de la
Révolution.
■Pourquoi ?
Parce' que vous avez laissé, usurper l'Etat, qui
est le bien public, par son contraire : l'Anarchie.
Vous avez laissé un Flatssières, triste flatteur de
tontes les populaces, devenir le premier magistrat
de la Cité. " •
Vous avez laissé Bon, Daniel, Mâssias, Chatard,
Billes, Satiarti, Joblin. Elisée Fetil, Edou.ard Gay.
Cermolacce* Georges Fabre, etc.,'et toute la racail
le dont les noms vous sont connus, devenir con
seillers municipaux et adjoints, et vous leur avez
permis de conduire la lie cosmopolite de notre
ville ù l'assaut de vos libertés.
C'est au chant de l'Internationale qu'un géné
ral vainqueur a élé insulté et, que des catholiques,
isolés et sans armes, ont été massacrés.
Tout cela est scandaleux, mais le vrai scandale
c'est qu'une partie de l'autorité nationale soit
exercée par les ennemis de la Nation.
Marseillais, imissons-npus. Négligeons le; petites
misères qui divisent peur ne considérer que la
Patrie et l'intérêt national..'
Une ville comme la noire, qui est la plus an
cienne de tout l'Occident, ne doit pas, devenir
la proie, des ennemis de la Civilisation et de la
Religion.
Au lendemain des événements ' tragiques que
chacun déplore, l'action française vous invite à
réfléchir. .
Venez à elle, elle vous donnera :
Une Doctrine, une Discipline et des Chefs.
Le salut public est . sa loi suprême et RIEN
ne l'arrêtera dans sa volonté d'aboutir.
VIVE LA FRANCE !
L'ACTION FRANÇAISE
6, Cours Behunce.
Les observateurs qui reviennent d'Italie
— nous en avons vu ces jours-ci plusieurs
-— sont d'accord pour déclarer que le
calme est parfait et le gouvernement de
M. Mussolini solide. L'opposition reste
verbale. Et peut-être a-t-elle choisi une
mauvaise-allégorie en se retirant, au figuré,
sur l'Aventin. Les plébéiens dé l'ancienne
Rome avaient des revendications matérielles
à faire triompher. L'estomac, c'e^t-à-dire
le besoin de vivre, dans la fable de Mene-
nius Agrippa, est satisfait par M. Mussolini.
Une revue financière fortement orientée
à gauche publie cette semaine, sous la
signature sans doute peu suspecte de M.
Pierre Sée, une correspondance de Rome
qui rend compte du redressement du fas
cisme et des raisons pour lesquelles il s'est
redressé. Le fascisme était ébranlé à la fin
de l'année dernière. Il l'était par les ondes
qu'avaient propagées au dehors nos élec
tions du 11 mah La victoire du Cartel des
gauches en France a élé suivie d'une grande
offensive contre M. Mussolini. Les partis
de gauche italiens avaient repris courage.
Il faut bien constater aujourd'hui que cette
offensive, un moment redoutable, n'a pas
donné de résultat et qu'elle est en train de
faiblir.
■Le Cartel n'a été ni assez bienfaisant ni
assez heureux au dedans pour faire école
au dehors. Du reste, s'il s'agit de courants
et d'influences qui passent les frontières,
l'exemple «de l'Angleterre est allé contre
le nôtre. Celui de l'Allemagne aussi, avec
son. cabinet Luther. La France est à gauche
tandis que les Allemands et les Anglo-
Saxons sont à droite. II y a donc d'autres
modèles que le modèle français, et le nôtre
n'est pas tentant.
. Le relèvement financier de l'Italie, dont
nous parlions l'autre jour, ce relèvement
« merveilleux », comme l'appelle M. Pierre
Sée, n'a pu se produire que par l'autorité
et par l'ordre. Le même correspondant
ajoute, ce qui est le fond de la question,
ce qui résume tout : « Ceux qui ont connu
l'Italie aux heures sombres, «^.proches
encore, des grèves continuelles et de l'occu
pation des usines, ceux-là ne peuvent refuser
de porter témoignage au Duce. Car enfin,
si regrettables qu'ils soient, le cas Matteotti
et certains autres excès fascistes (affaires
de Bono, Balbo) ne sont que des épisodes
sauvagement exploités, des ombres sur un
grand tableau de prospérité, d'ordre maté
riel et moral. » . - ;
. Giolitti. Orlando, Salandra n'ont à pro
poser en échange que viande creuse. L'oppo
sition de l'Aventin ne promet que retour à
l'anarchie. C'est par là que dure le fas
cisme. Et il a pour lui des puissances de
sèntiments ■ plus jeunes que celles de la
démocratie. Dans des temps • comme les
nôtres, l'ordre est aussi un « idéal », plus
fort et plus exaltant que la liberté. — J. B.
A LA CHAMBRE
oeïa ra lions deffl. Herriot
sas' Sa situation financière
Il supprime le bordereau
de coupons
La politique du Cartel des gauches ayant
porté ses fruits, les discours révolution-
naires de Compère-Morel, de Renaudel —
« on prendra l'argent là où il est », de
Blum « ahl comme je vous hais! » ayant
effrayé l'épargne et éparpillé aux quatre
coins du monde la fortune mobilière fran
çaise, Herriot s'est dit : Faisons un grand
discours pour rassurer le bourgeois et
nous relèverons le franc qui fléchit.
Et', de sa voix la plus harmonieuse, le
geste engageant, le ton bon enfant, il a dit
à l'opposition. ; Nous ne voulons dépouil
ler personne, molester personne, ruiner
personne. Nous sommes de braves gens
qui avons quelques ennuis d'argent ; ai
dez-nous.
Ce reniement des doctrines chères à
l'aile gauche de la majorité, fuit sur le ton
patelin et pour les besoins de la cause, a
eu pour effet de déclencher la mauvaise
humeur des socialistes qui sont demeurés
boudeurs à leurs bancs sans jamais ap
plaudir celle défense « pour (a forrrïe »
du capital.
L'opposition, qui commence à connaître
son Herriot n'a pas paru convaincue par
cette fause bonhomie. Elle ne peut igno
rer que tant que le socialiste Vincent
Auriol sera à ta tête de la commission des
finances, tant que Blum sera dans les
conseils du gouvernement, la fortune ac
quise demeurera en danger. Aussi le prési
dent du Conseil n'a-t-il recueilli d'applau
dissements que sur les bancs des radicaux.
Au demeurant, dans son long discours,
qu a-l'il dit de précis pour rassurer l'épar
gne? Pas grand' chose. Il s'est contenté de
supprimer le bordereau de coupons, dont
l'application avait fait fuir les capitaux
français à l'étranger.
Mais les mesures envisagées par le gou
vernement pour le remplacer ne semblent
pas de nature à ramener la confiance.
Aussi le président du Conseil a-t-il glissé
prudemment sur ces projets■ On sent qu'ils
ne résisteront pus à une discussion serrée.
Herriot, s'il veut eniai;er la baisse du
franc, devra jeter d'antre lest et- rompre
en visière avec les socialistes.
Aura-l-il '.le. courage de le faire?
Nous n'en croyons rien, car, dans son
appel à l'union, sacrée devant la gravité de
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