Titre : L'Action française : organe du nationalisme intégral / directeur politique : Henri Vaugeois ; rédacteur en chef : Léon Daudet
Auteur : Action française. Auteur du texte
Éditeur : Action française (Paris)
Date d'édition : 1924-12-26
Contributeur : Vaugeois, Henri (1864-1916). Directeur de publication
Contributeur : Daudet, Léon (1867-1942). Directeur de publication
Contributeur : Maurras, Charles (1868-1952). Directeur de publication
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 26 décembre 1924 26 décembre 1924
Description : 1924/12/26 (Numéro 361). 1924/12/26 (Numéro 361).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG87 Collection numérique : BIPFPIG87
Description : Collection numérique : BIPFPIG69 Collection numérique : BIPFPIG69
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k7621751
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, GR FOL-LC2-6354
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 18/01/2011
Dix - septième année - N° 361
9
Vendredi 26 Décembre 1924
16 centimes. S eihk et S kibe-et- O isb
20 centimes, D épautemesis et C olories
ABONNEMENTS: Boia. SiiHiiâ. IreitlWu
France et Colonies. 48 fr. a& fr. i3 fr.
Etranger .... . . ..-. 8a » 43 » sa »
Chèque postal : Compte a3 .goo Paris.
ORGANE DU NATIONALISME INTÉGRAL
« Tout ce qui est national est noire, »
Le Duc d'ORLÉANS
héritier des quarante Bois qui on mille ans flreat la France.
BSDA .CTION 4 ÀDMINïSTRÀTIOlll
44, rue de Rome, PARIS (S*)
Adresse télégraphique : àgtiofra.n -PA .ris
Téléphone: Administration ; Louvre 36-49» 36-5o'
Rédaction : Central 75-44 Publicité : Contrai 74-77
Après 10 heures du soir : Scgur **-«
Registre de Commerce : Seine V 78.5s»
Comment la France catholique
Fondateur /■ IÏENRS VÀUGEOïS — Directeurs politiques : LEON DAUDET et CHARLES MAURRAS — Rédacteur en eh et î MAURICE PUJO
va être, représentée en Syrie
- c En Syrie, les religions sont nombreuses ; on
me dit qu'il y a là-bas peut-être trente évêques de
différentes sectes. J'estime qu'aucune de ces sectes
ne doit prétendre à la domination sur les autres. »
Déclaration dn F. t. SarraS
Hercule promenant l 'éternelle justice...
LE MEURTRE DE PHILIPPE
¥oe d'ensemble
Nous avons, depuis six mois, des mil
liers de " nouveaux abonnés,- et de nou
veaux lecteurs au numéro. C'est à leur
intention, et aussi pour rafraîchir la
mémoire aux autres, que j'expose aujour
d'hui, le plus précisément possible, l'état
actuel de cette affaire criminelle, la plus
scélérate de notre temps. Je tairai néan-,
moins quelques précisions — à mon avis
décisives — qui sont, en ce moment, à
l'instruction, et dont s'occupe M. Bar
naud. Je tairai aussi quelques points nou
veaux, que je suis en train d'élucider. Je
traite ici seulement des points acquis.
Philippe, âgé de quatorze ans et demi,
grand et mince comme un jeune poulain,
mais de visage encore enfantin, et sans
moustaches, a quittô la maison paternelle,
en état de fugue, le mardi 20 novembre
1923, à 7 heures du matin. Il est allé au
Havre, dans l'intention de s'embarquer
pour le Canada. Il est revenu, attiré du
Havre, le jeudi 22 npvembre, à . quatre
heures dix. Quarante-huit heures après,
le samedi 24 novembre, à quatre heures
et demie, il arrivait, mourant, dans le
taxi de Bajot, à l'hôpital Larihoisière,
où il rendait le dernier soupir à 6 h. 1/2.
Il avait le crâne fracassé d'un coup de
feu, porté violemment à la tempe droite.
Il .avait, à ce moment là, dans la poche
gauche intérieure dç son veston, un petit
portefeuille vert, cadeau de son papa,
vidé de son contenu, où avait été oubliée
par les assassins la note aux six adresses,
II avait, dans la poche droite extérieure
de son veston, la somme de 84 fr. 50. Il
avait, dans la poche droite de son paletot,
deux chargeurs de browning 6.35, conte
nant chacun six cartouches, sans marque
spéciale. A ses pieds, un pistolet automa
tique, de fabrication espagnole,* marque
Atlas [ usité dans la police pendant la
guerre, a cause de l'occupation de la
fabrique d' H erstall, a L iège ]. Dans ce
pistolet était un chargeur d'Herstall,
. récent, portant la marque de fabriqué
F. N. L 'étiquette cousue par sa mère, et
portant son nom, avait été arrachée —
quelques fils blancs adhérant encore
de l'intérieur de la poche gauche de son
paletot. Ses initiales, cousues au fil rouge,
sous son col, avaient aussi été enlevées.
L a doublure de sa manche droite était
déchirée, ainsi que la doublure de la
poche droite de son pantalon.
Huit jours après, le samedi 1 er décem
bre, le Libertaire, organe censé anar
chiste, appointé en fait par Marlier, de
la Sûreté générale, et son obscène com
plice Lannes, beau-frère de Poincaré, et
que dirigeaient deux indicateurs, du nom
de Colomer et de Lecoin, publiait un
numéro spécial. Ce numéro reproduisait,
avec un billet de Philippe, se disant
anarchiste, à sa mère, reproduit en facsi-
mflé [ le photograveur est demeuré
inconnu ], un feuillet de la main de
Philippe, détaché d'un carnçt lui appar
tenant, [carnet qui fut retrouvé, 8, rue
de Chartres, dans la malle de l'anarchiste-
indicateur Gruffy] et quelques petits
poèmes en prose, nullement anarchistes,
que Philippe portait sur lui, dans son
portefeuille, ainsi que des exemplaires
et des médailles à son nom. Les canni
bales du Libertaire, qui l avaient attiré,
chambré et dévalisé de 1.700 francs,
d'ordre de la Sûreté générale, racontèrent
une demi-douzaine de fables contradictoi
res, mais tendant toutes à représenter l'en
fant comme décidé à commettre un atten
tat, d'ailleurs indéterminé . La machi
nation criminelle, au moins dans sa bran
che anarchiste, apparaissait à tous les
yeux. Je déposais, dès le 2 décembre,
une plainte en assassinat et en détourne
ment de mineur contre inconnu. Puis,
huit mois après, une plainte contre
Gruffy, en complicité : Gruffy m'ayant
écrit, sous une fausse signature, une lettre
où il s'accusait d'avoilr tué Philippe.
A la suite de cette plainte du 2 décem
bre 1923 trois faits nouveaux apparais
saient.
1° Gruffy avduait, à la police judi
ciaire, avoir chea lui du linge et des
objets ayant appartenu à Philippe, qui-
avait, assurait-il, passé chez lui, 8, rue de
Chartres, la nuit du 22 au 23 novembre.
C s objets furent en effet découverts, au
cours d'une perquisition chez Gruffy,
lequel cependant ne fvrl pas arrêté.
2° Mme Colomer, revenant de Mar
seille, était arrêtée par des inspecteurs
de la police judiciaire. On la fouillait et
on découvrait, dans son corsage, des
papiers ayant appartenu à Philippe, et
notamment les petits poèmes en prose,
. que la bourrique Vidal prétendait tenir
de Philippe [mensonge çvident] et que
Vidai avait envoyés che2 sa mère à Mar
seille, dans une intention inexpliquée.
3* La Sûreté générale — qui lui avait,
pendant six jours [du 27 novembre au
3 décembre], tout caché , — faisait
remettre à M. Barnaud, juge d'instruc
tion, des rapports de police concernant
une opération exécutée, le 24 novembre,
dans l'après-midi, chez le libraire Flaout
ter, 46, boulevard Beaumarchais. On
apprit bientôt que Philippe était venu
chez ce libraire, sans être aperçu des
onze policiers — dont quatre commis
saires, Blondel, Colombo, Peudepièce et
Garanger, et un contrôleur général, De-;
lange — officiellement avoués à ce
moment là. Qu'il y avait proféré des
menaces contre des personnes indéter
minées . dont le libraire, indicateur du
contrôleur Lannes, avait aussitôt conclu
qu'il s'agissait de Millerand, de Poincaré
et de Léon Daudet. Que Philippe s'en
était enfui, en passant à.travers les onze
policiers. De là, disait la police, il avait
sans doute sauté dans le taxi de Bajot,
où il s'était brûlé la cervelle — au
moment même ou il échappait a ses
persécuteurs ! — cinquante mètres, pré.
cisément, avant d'arriver à l'hôpital Lari
hoisière !
Afin de tirer cette extravagante his
toire au clair, le juge convoquait à son
cabinet tous les personnages connus du
drame, tant. du .côté du Libertaire que
du côté de la Sûreté générale. Il enten
dait successivement, pour le Libertaire :
Colomer, Lecoin, Vidal, Gruffy, Henri
Faure, Davray et Cie. Pour la Sûreté
générale: Lannes, Marlier, Delange, Blon
del, Colombo, Peudepièce, Garanger, et
les inspecteurs Roch, Gagneux, Braise,
Fournon, Revel et Meslait. Un homme
de métier, très haut fonctionnaire^ à qui
j'ai communiqué ce volumineux dossier,
et qui l'a examiné chez moi, à mes côtés,
pendant une quinzaine de jours, dans
une stupeur "quotidiennement croissante,
me disait récemment-: « C'est un amas,
« sans précédent, de contradictions et de
« mensonges. Mais la somme des extra-
« vagances y est encore très supérieure
« à celle des contradictions et des men-
« songes. » C'esf le résumé exact de la
situation. A un moment donné, le juge
dut perquisitionner à la Sûreté générale,
dans le bureau et le coffre de Delange.
Mais le rapport caché, qu'il cherchait,
était passé du coffre de -Delange dans
celui de Marlier. C'était le rapport du
commissaire Comps, où apparaît, pour
qui sait- lire, la trame ourdie autour de
notre enfant ; et ourdie de loin, depuis
. sa première fugue à Marseille, en mai
1921, laquelle avait été connue de la
police, chargée par moi de le rechercher.
Le pivot de la fable policière, maté
riellement invraisemblable, était et est
encore, le chauffeur Bajot, rave stylée
par la police, menteur fieffé, impertur
bable, qui a commencé par fournir deux
versions différentes de son attitude,
au moment du prétendu « suicide » de
l'enfant . L'une àu commissariat de Be-
nezech. L'autre devant M. Barnaud, qui
dit avoir vu l'enfant sans pardessus,
quand il avait son pardessus. En mars
dernier, Bajot a été sur le point de se
rétracter, avec une lettre au juge où sa
conviction avait remplacé sa certitude
antérieure, et où se trouvait cette restric
tion monumentale : « s'il y a eu meur
tre ... ». Bajot prenait ainsi ses précau
tions.
Mais si la douille de la cartouche du
prétendu. suicide a été ajoutée après
coup et dans une position invrai
semblable ! -— à l'intérieur du taxi de
Bajot,, la balle n'a jamais été retrouvée,
alors que les fenêtres étaient fermées,
...et pour cause ! Nulle empreinte digi
tale n'a été relevée sur le pistolet, que
l 'enfant aurait dû cependant serrer forte
ment dans sa main in experte. Sans
compter bien d'autres impossibilités, tant
matérielles que morales. Avant peu, ou
Bajot devra avouer qu'il a menti, [sous
la pression de l'évidence], ou il portera
la lourde responsabilité d'un mensonge,
devenu absurde et insoutenable par
l 'éclatement de la- vérité de fait ... je dis
de fait.
En outre, il est établi, dès aujourd'hui:
1° Que Philippe n'a pas pu se tuer. Je:
dis. matériellement. Qu'il a été tué, a
bout portant, d'un coup porté avec une
extrême violence. On sait les noms du
policier qui l'a meurtri ' et du policier
qui l'a accompagné, dans le taxi de Bajot,
et qui est l'inspecteur G agneux.
2° Que le pistolet, trouvé dans le taxi,
était unfc arme usitée dans la police^
3° Que Philippe a été tué au cours de
la descente de police organisée, chez
Flaoutter, par l'ignoble Lannes; descente
de police qui a été transformée, au der
nier moment, en « arrestation pour port
d'arme prohibée et menaces ».
4® Qu'il a été tué en vertu des instruc
tions féroces, données par Marlier et
Delange, instructions atténuées, en cours
de route, par Paul Guichard et Labar-
rière [de la Préfecture], qui sans doute
se méfiaient de l'équipe bizarre de la
Sûreté générale,
5° Que Lannes, Marlier et Delange
savaient fort bien qui était Philippe. Que
les anarchistes indicateurs du Libertaire
le savaient aussi. Que Flaoutter, indica
teur de Lannes, le savait.
. 6° Que le projet primitif de Flaoutter
et de Lannes était de compromettre Phi*
lippe dans une rafle chez Flaoutter, pour
scandale de mœurs.
7* Quç ce projet a été transformé, à
la dernière minute, en meurtre de l'en
fant censé « anarchiste » signalé comme
« armé » et très dangereux.
8° Qu'après ce crime, les policiers ont
tout mis en œuvre pour grimer — gros
sièrement — le crime en suicide, et en
suicide d'un inconnu.
9° Qu'ils ont trouvé des complaisances
tacites au commissariat de Betaezech, à
Saint-Vincent-de-Paul.
10° Qu'au cours de l'instruction, Mar
lier a encore essayé de salir la mémoire
de sa victime,, faisant ainsi deux fois
la preuve de son infamie.
11° Que c'est Lannes qui est allé en
personne, le 24 novembre. 1923, à trois
heures 'après-midi, transformer — trop
tard — la descente de police, à l'intérieur,
en arrestation éventuelle devant la librai
rie.
Léon DAUDET.
LA POLITIQUE
Sept moisde < vraie paix <
A LA BANQUE DE FRANCE
Le départ de M. Kobincau
Nous avons dimanche dernier signalé
le bruit qui s'était répandu, en Bourse
aussi bien qu'à la Chambre, du départ de
M. lîobineau, gouverneur de la Banque de
France, et nous posions, à ce sujet, une
série de questions auxquelles il n'a pas été
répondu.
Si nous sommes bien informés, la chose
serait maintenant décidée. M. Robineau
s'en irait et serait remplacé par M. Aupetit,
secrétaire général de la Banque.
Ainsi M. Herriot, cédant aux injonctions
de Léon Blum et de toute la juiverie qui
menait depuis longtemps l'intrigue, montre
une fois de plus quel cas il fait des grands
intérêts nationaux.
Nous hésitions à croire qu'il commet
trait une pareille sottise au moment où
nous avons besoin de tout notre, crédit
à l'étranger. Car, si M. Robineau s'en va
ce n'est pas, comme semblait le supposer
un journal du soir, parce qu'il « renonce »
de lui-même à son poste, à la suite d'un
simple désaccord entre lui et M. Clémen-
tel.
L'affaire est bien plus grave. Nous
dirons quelles influences bancaires et
quelle campagne dirigée, on lo devine,
par les hommes de la Banque de Paris
et des Pays-Bas, ont eu raison des pau
vres scrupules de M. Herriot, s'il en eut
jamais.
Mais Blum, Finaly et leurs complices
peuvent être tranquilles, le pays 'saura
quelle politique monétaire on lui prépare
et quels écumeurs ont exigé que M. Robi
neau cède la place.
Allons, M. Herriot; si vous n'êtes pas,
lié à 'toute cette bande, démentez 1 Mais:
n'est-oe pas déjà trop tard ?
La grève de Douarnenez
Une granSe partie des grévistes seraient
désireux de reprendre le travail, mais ils
en sont empêchés parles .communistes,
qui 1 continuent à troubler la malheureuse
ville de Douarnenez.
Les camions np peuvent circuler que
sur un « laissez passer > du comité de
grève. Des manifestants parcourent les
rues en chantant l'Internationale, brisent
les vitres à coups de pierres.
La Confédération générale de la pro
duction française vient d'adresser au pré
sident du Conseil une lettre, lui signalant
l'impression pénible produite parmi les
commerçais et industriels par l'inter
vention du gouvernement dans le désac
cord entre patrons, et ouvriers de Douar
nenez.
La Confédération admet fort bien que le
gouvernement ne doive pas demeurer indif
férent « à des conflits susceptibles de
compromettre la sécurité générale ». En
intervenant, il ne fait que s'acquitter du
« devoir de vigilance et de protection
qu'il doit au pays ». Mais il s'agit d'autre
chose.
. « Il s'agit ici d'un débat local, qui même eût
passé inaperça s'il n'avait pas été aigri par des
spéculations de parti. Le gouvernement l'évoque à
sa barre ; il notifie son intervention à la tribune
du Parlement. Cette intervention va jusqu'à pren
dre l'apparence d'une alliance avec l'une des
parties, et l'allié reçoit des- subsides aux frais do
Trésor public.
a Nous ne voulons pas discuter le sujet du
débat, qui, du. reste, a été exposé par les chefs
d'entreprise dans un document livré par eux s
la publicité.
c Ce qui nous émeut, c'est la disproportion entre
l'incident et les mesures prises, comme le caractère
même' de ces mesures ; c'est la négation des
principes, qui, consacrés en 1889 et en • 1900 par
M. Waldeck-Rousseau, président du Conseil, ont
été toujours observés par les pouvoirs publics dans
leurs rapports avec les citoyens : c'est une inter
prétation, abusive des devoirs de l'assistance publi'
que . et une méconnaissance de la liberté des
contrats privés. '
s Conçue dans un tel esprit, l'intervention
gouvernementale ne peut avoir pour effet que
d'aggraver le conflit au lieu de l'apaiser, de faire
naître des espoirs qui, non réalisés, laisseraient
derrière eux certaines rancoeurs nuisibles à la paix
sociale; s
A cette lettre, M. Herriot a répondu
avec sa mauvaise foi coutumière, que la
Confédération se méprend sur le rôle du
gouvernement, que celui-ci est demeuré
neutre dans le conflit et qu'il s'est borné
à assurer le maintien de l'ordre. •
Sans doute le gouvernement a envoyé
de l'argent aux grévistes. Mais il l'a fait
uniquement par humanité : « J'estime,
dit-il, qu'il (le gouvernement) a ainsi rem
pli un devoir d'humanité et contribué,
par là même, à éviter des excès ».
A OSTENDE
Le nouveau phare
Ostende, 25 décembre. —L'appareil lu
mineux du nouveau phare d'Ostende vient
d'arriver, venant de Paris, il était embal
lé dans 75 caisses. 4
On procédera prochainement au mon
tage de cet appareil, qui aura huit mètres
de hauteur. Il est à présumer qiie dans
deux mois, on pourra procéder aux pre
miers estais si su réglage du feu,
I. La sagesse sort de la bouche ;
d'un adolescent |
Un ami dévoué me raconte qu'un de ses
fils, qui étudie l'agriculture en province,
et que. les vacances ont ramené au foyer,
lui disait à la veillée d'avant-hier :
« Il y a une chose, papa, que je n'ar
rive pas à comprendre et qui me scan
dalise.
«Comment• ? Voilà le gouvernement
alarmé au point de supprimer aux troupes
les permissions de Noël et du l' r de l'an,
de les consigner dans leurs quartiers, de
leur faire distribuer des cartouches, enfin
de les ,mettre sur le pied de guerre. Il
prévoit donc des troubles communistes.
Il veut être en mesure de les réprimer.
Mais il les attendt l'arme au pied, et il s'en
tient là l Pourquoi ne prévient-il pas ce
qu'il prévoit ? Comment s'expliquer qi.'il
ne mette pas sa police et sa justice aux
trousses des organisateurs et des organi
sations communistes ?
« Qu'attend-il ? Qu'elles se soient pro
pagées ? Qu'elles aient une occasion favo
rable, difficultés économiques ou difficul
tés avec l'Etranger, pour mettre le feu an
pays ? , ,
« Pendant ce temps, la troupe enervee
de cette alerte et de sa consigne perpé
tuelle peut se démoraliser. Et que restera-
t-il alors pour maintenir l'ordre du pays
quand il sera troublé effectivement ? »
Tel est l'étonnemcnt d'un esprit jeune
et vif. Telle sera, de plus eu plus, la stu,-
peur de tous les esprits normaux. Avouer
le péril par les précautions de défense que
l'on prend et se réduire à cette position
de défensive éventuelle, c'est apposer im
plicitement sa signature, le sceau même de
son parti, à l'aveu manifeste qu 'oN n'est
PAS UN GOUVERNEMENT.
II. Le problème d'opinion
D faut dire une bonne chose à ces
bons esprits. Ils posent la question par
rapport à l'ordre public, à la société, à la
France. Mais le gouvernement songe jt
tout autre chose. I! songe à lui-même. 11
songe aux intérêts du vieux parti républi
cain dont il est le syndic. De ce point de
vue, l'unique problème est un problème
d'opinion : le communisme étant protégé
par les socialistes du Cartel est un mal
inévitable, sinon nécessaire : rien à ten
ter contre lui ! Mais l'alarme créée, depuis
Jaurès au Panthéon et la police à Bobigny,
par l'évidence de la menace communiste
étant d'abord un fait propre à ébranler le
régime et ensuite à troubler la vie écono
mique, comment, faire, quelle tangente
prendre pour se décharger des responsa
bilités dont't)ïi a le poids"
. Naturellement, il faut • les mettre sur
d'autres épaules. Mais comment opérer cet
te diversion 1 (
Les soldats sont mécontents de toutes les
gardes qu'on leur fait monter : ils accuse
ront les ûandes moscoutaires qui menacent
l'ordre, ou le gouvernement qui ne' sait
pas mettre ces bandes au pas. Ne peut-on
pas les mettre aux trousses de bons
citoyens qui ont prouvé à l'évidence les
dessèins des perturbateurs ?
L 'Humanité fait ce que voudraient bien
faire les journaux de M. Herriot : elle char
ge les fascistes qui ont beau dos.
Camarades ouvriers et paysans soldats,
écrit-elle, avec vous, nous exigeons les con
gés de fin d'annéè dont la suppression
n'est qu une provocation que vous devez
dénoncer vous-mêmes dans vos casernes■
Des permissionsl'Des permissions!
Mais, à travers des fanfaronades, on per
çoit l'inquétude :
Noc camarades soldats ne s'y laissent
pas prendre,- Monsieur Herriot. Ils ne
s marchent » pas! Les lettres reçues de nos
amis en font foi.
De vos amis, soit- Mais des autres? Ce
sont ceux-là qui comptent : :ils ne vous
.portent pas dans leur cœur!
, Car tel est le bon sens des. jeunes
soldats de France.
m. « Les pots cassés »
Mais, parallèlement à la diversion bol-
cheviste, voici, des profondeurs du réa
lisme républicain,du milieu de ces blocards
traditionnalistes dont Eugène Lautier a
pris le commandement, la même manœuvre
esquissée à l'adresse non des soldats, mais
des industriels et des commerçants. Les
étrangers se sont détournés de Paris, les
affaires ont été interrompues, et cette
bonne pièce d'Aristide Briand a rapporté
de Rome la « profonde impression »
qu'on fait,du mal à la France en agitant
le spectre'' rouge. Ce témoin si « auto
risé» oublie d'examiner si l'on fait du bien
au pays en promenant du Palais Bourbon
au Panthéon, une houle de drapeaux rou
ges et de pancartes rouges brandis par des
individus qui n'avaient-rien de spectral,
étant de chair et d'os. Eugène Lautier n'in
siste pas, et pour cause, sur cett; vue puis
sante de Briand, mais il demande à nos
marchands ainsi volés par l'Etat qui est-ce
qui paiera les pots cassés :
Hôteliers de Paris, grands magasins de
luxe de l'avenue des Champs-Elysées, de
la rue Royale, de la rue de la Paix, de la.
place Vendôme, etc., restaurateurs, théâ
tres, vous tous qui vivez de la richesse et
de la tranquillité publiques, vous savez
maintenant que vos pires ennemis sont ces
prétendus modérés et conservateurs qui
flattent vos passions inconsidérées mais
ui ruinent en-même temps votre bourse,
'ous êtes tous assez cosmopolites (!) pour
connaître le proverbe allemand :
« A FORCE DE PEINDRE LE DIABLE SUR lb
« MUR, ON LE FAIT VENIR. »
Si vous laissez continuer vos députés
et vos journalistes, messieurs les grands
commerçants de Paris, messieurs les in
dustriels et les financiers, ils créeront ce
communisme et ce bolchevisme dont ils
vous rabattent les oreilles.
. Et le jour où l'on mettrait le feu à votre
magasin, vous auriez du moins cette sa
tisfaction que cette catastrophe a été occa
sionnée par la légèreté du journal...
C'est ainsi que Lautier, à la cantonnade,
harangue ses anciens collègues et collabo
rateurs du Temps. Mais il n'est pas un
journal patriote , qui ne. soit visé par le"
volumineux paradoxe lancé de ce ton
judicieux,dont Lautier possède l'impayable
segrei :1a panique -est absutàe, le$ ceJteUss
d'usines et de • magasins n'existent pas,
les écoles militaires communistes n'exis
tent pas davantage, il n'y a qu'un ambas
sadeur ordinaire rue de Grenelle, les
champs de manœuvres, les armes volées,
les dépôts menacés, chimère pure 1 II n'y
a rien qu'un gouvernement affolé par l'opi
nion épouvantée, que la presse a tourne-
boulée...
C'est une thèse. Elle a contre elle les
faits. Mais il lui manque aussi d'être cohé
rente. Car, enfin, Lautier devrait être le
premier à savoir que, si la presse n'a à
répondre de rien, le gouvernement est res
ponsable, lui. Comment Lautier ne s'en
prend-il pas au gouvernement : au gouver
nement qui est allé au Panthéon, ou au
gouvernement qui est allé à Bobigny, qui
a défendu l'expédition de Bobigny à la
tribune du Palais Bourbon ? S'il a cédé à
des alarmes fausses et vaines, le gouver
nement n'cst-il pas le premier coupable.
C'est lui qui doit payer les pots cassés ?
Eh ! bien, pas du tout : Lautier, qui de
vrait charger Herriot, le défend. Il le dé
fend même si fort qu'il ose aller jusqu'à
affirmer que, malgré la lutte atroce, dé
loyale, effroyable et cannibalesque enga
gée contre "Herriot, celui-ci nest pas
« affaibli ». .Ce qui présente tous les ca
ractères d'un comble, écrit au lendemain
du jour , où le gouvernement a subi trois
échecs consécutifs au Sénat !
Autant brouillé avec la logique qu'avec
les faits, Lautier voudrait-il se brouilller
avec l'ordre lui-même. Voyons ! quand on
exhorte le plus grand journal de la Répu
blique à s'allier avec Cachin, non ! avec
Joffrin contre Boulanger, non ! contre
contre le général de Castelnau ou contre
Daudet, il faut avoir du goût à la révolu
tion. Mais un Latin comme Lautier exè
cre naturellement le désordre. Alors, quels
avantages peut-il espérer du Grand Soir?
Peut-être nous le dira-t-il. Qu'il parle ou
se taise, je ne puis m'empêcher de revenir
à mes réflexions d'avant-hier : il- y a
maintenant, hors du 1 parti communiste,
des hommes, des esprits, dés intérêts qui
jouent la carte communiste. C'est ainsi que
des capitalistes importants jouaient Jaurès
vers 1907. C'est ainsi qu'en 1921 Briand
jouait la carte Zalewski. C'est le tour de
la carte Cachin, elle n'est pas fameuse.
Mais, Lautier, le jeu est plein de dangers.
— On parle toujours d'un Herriot-Ke-
rensky , disait l'autre jour Georges Valois,
on ne parle jamais d'Herriot-Karolyi. Ce
pendant cela s'est vu en Hongrie.
On peut laisser le comunisme se faire.
On peut aussi l'appeler, l'introduire, l'ex
ploiter. Quelques-uns de. nos républicains
professionnels ; rêveraient"ils de collaborer
avec Bêla Kun ? * .
Charles MAURRAS.
A VEZ-VOVS LV i
au
Herriot
pays des merveilles
par Maurice PUJO
dans. YAlmanach '■ tPAction française
fz:
LES FAITS DU JOUR
—— Un service spécial a été créé à la Sûreté
générale, pour la surveillance des étrangers
indésirables et des agitateurs communistes.
La Société française de bienfaisance de Québec
avait demandé à des écrivains français des ouvra
ges autographiés. pour une vente de charité. Char
les Maurras a envoyé un exemplaire de l'Enquête
sur la Monarchie, à la première page duquel il
a écrit : < Placée en d'autres conditions politiques,
la race française continue à montrer une fécondi
té splendide ; les épreuves du Canada et de l'Aca-
dia l'établissent. »
La vente a eu lieu au début de ce mois avec un
plein succès, et un journal de. Québec, l'Evéne
ment, nous apprend que le livre de Maurras a
été acheté 17 ' dollars, soit, au cours actuel, 310
francs environ.
Noos avons reçu la note dactylographiée sui
vante, qui tend à montrer comment le minis-
tricule de l'Instruction publique entend la gra
tuité promise aux boursiers des écoles, et avec
quelle désitivolture oe bon démocrate, en plein
èxercice scolaire, sans aucun préavis, décide de
faire supporter aux familles une charge qu'elles
n'avaient 1 pas eu à envisager.
Monsieur,
Je reçois aujourd'hui, de M. le ministre, des
instructions formelles qui m'obligent à laisser à
la charge des familles des boursiers la différence
entre les anciens tarifs et les tarifs applicables
à partir du 1" octobre dernier.
Le tarif actuel pour la classe de votre fils
s'élève à 756 »
Sa bourse est de ' 666 »
La différence reste à votre charge. 90 »
Je vous serais obligé de vouloir bien le
plus tôt possible, en acquitter le tiers
applicable au trimestre actuel, soit.... 30 »
Timbre ....... 0 25
, T otal ........ 30 23
Veuillez agréer, etc...
Le proviseur
Notre correspondant demande en terminant, s'il
n'y a pas là une sorte d'escroquerie.
C'est tout à fait notre avis.
Graffiti.
Sur les zaurs du Conseil de l'Ordre des avocats,
un enthousiaste (ou un farceur) a écrit au crayon
les lignes suivantes : < M' André Berthon,' chef
de la cellule communiste du Palais ».
Mais une autre main a tracé immédiatement au
dessous ceci : « Chef de cellule ? J« la vois plutôt
chef de rayon... »
Et M 1 André Berthon passe, quelques instants
après, gros, gras et joufflu...
M
Toutes les créations du chocolatier Fourey-
Calland sont inspirées du goût le plus sûr. Ses
fameuses Griottes,au kirsch sont des merveilles.
Maisons ; 3, avenue Victor-Hugo (Etoile) et 124,
fbg Saint-Honoré (angle de la rue de Penthièvre).
An Lys Royal, chocolatier, 13, rue de la
Pépinière (Tél. : Central 61-94).
« C hocolats exqdis »
sJ&âsssaësB v
Ge n'est pas de son plein gré, ce n'est
pas par choix mais sous la pression des
faits que M. Herriot a refusé d'évacuer la
zone de Cologne. Il fallait rester, appliquer
le traité de Versailles, ou bien prendre son
parti du réarmement, dûment constaté, de
l'Allemagne. Seulement, il faut désormais
accepter les conséquences de ce qu'on a
subi.
Ces conséquences, c'est dans l'ordre dé
nos rapports avec l'Allemagne qu'il faut
les voir franchement. La doctrine du gou
vernement français eût voulu qu'il fû{ pos
sible de s'entendre avec une Allemagne
républicaine. L'Allsmagne, qui n'a pas
désarmé, est pourtant une République. Cette
République, sauf pendant le ministère Cuno,
a été gouvernée par des partis républicains
ou réputés tels. Les socialistes y ont eu
longtemps la haute main. En dernier lieu,
la coalition sur laquelle reposait le minis
tère Marx comprenait le centre catholique,
considéré (d'ailleurs curieusement), e«
France, comme parti de gauche, et les
démocrates. Admettons, toutefois, .qu'en
raison de la présence des populistes ce
ministère ne puisse être regardé comme
assez orthodoxe au point de vue républi.
cain. Que devrait-il arriver ?
C'est sur lui, en dernière analyse et en
bonne justice, que porte la responsabilité
des infractions aux clauses militaires du
traité de .Versailles. On attendrait donc que
la gauche authentique reprochât à la « coa
lition du milieu », aux Stresemann, aux
Gessler et aux Marx, d'avoir donné aux
Alliés une raison de ne pas évacuer Cologne.
Trouve-t-on rien de tel dans la presse socia
liste ?
Nullement. La presse socialiste jette feu
et flamme, non pas contre le' général von
Seeckt, mais contre la Fiance. Pour le Vor-
weerts, toute occupation militaire est « une
menace pour la paix, une honte pour la
civilisation j et, au surplus, un non-sens ».
Ce n'est pas seulement Col8gne qu'il faut
libérer, c'est, et tout de suite, la rive gauche
du Rhin entière. Tandis ique les journaux
modérés ou de droite ne parlent que de la
première zone, le Vorwœrts écrit que « la
social-démocratie, sur la base des droits
démocratiques, réclame l'évacuation de tous
les territoires occupés ». Pas de réconcilia
tion, pas de rapprochement avec la France
avant le jour « où le dernier soldat étranger
aura quitté le sol allemand ».
Le langage des démocrates bourgeois est
moins violent que celui des socialistes. »Les
démocrates tendent pourtant aux mêmes
fins. Le but suprême, dit George Bernhard,
c'est de ne plus subir la pression militaire
de l'étranger. La vraie politique de l'Alle
magne ne doit pas s'appeler exécution ou
conciliation mais libération. Le? nationa
listes veulent libérer l'Allemagne par la
force. Erreur. Il y a d'autres moyens. Et
George Bernhard brandit l'arme écono
mique, la menace de ne pas conclure lo
traité de commerce franco-allemand. Il ne
cache pas l'intention du gouvernement de
Berlin qui, par le traité de commerce, vise
une transaction sur Cologne et la Ruhr.
En somme, M. Herriot se trouve ramené
aux difficultés élémentaires du problème
franco-allemand. Après un détour, nous en
sommes revenus à l'origine. « Situation in
changée », dirait le communiqué diploma
tique. Pour la fin de 1924, et après sept
mois d'expérience, c'est le bilan de la
« vraie paix ». — J. B.
Les obsèques
du. docteur Maurras
Le courrier d'Extrême-Orient nous api
poi'te des détails émouvants sur les der*
niers moments, la mort et les obsèques du
docteur Maurras. Les lecteurs de l'Action
française, qui se sont associés de façon si
touchante au grand deuil de notre "direc
teur, doivent être informés de ces der
nières nouvelles, que les fatalités terrestres
ont vieillies de plus d'un mois.
Le docteur Maurras avait ressenti depuis
quelques mois une fatigue qui allait s'ag-
gravant. Il avait énergiquement refusé de
se soigner. Ce « bourreau de travail »,
comme l'appelle noire confrère Camille
Devillars, était aussi « l'apôtre du dévoue
ment». «Rien ne lui coulait. Une nuit
passée en partie au chevet d'un malade
qu'il voulait sauver à tout prix, ou d'une
mère en travail d'enfantement le fatiguait
sans le briser et, le lendemain, méprisant
la fatigue, n'ayant parfois pris aucun repos,
il allait de. maison en maison porter la
guérison ou l'espoir.
< Ce régime l'a prématurément conduit
au tombeau. Toute son attention était por-'
tée sur autrui. Il n'avait pas le temps de
songer à lui-même. »
La maladie et l'agonie
Le 11 novembre, ayant ressenti une forte
douleur, il avait consenti à se laisser,ra
diographier. L'examen révéla une crise,
pas très nette, d'appendicite. I] se mit au
lit pour essayer du repos, mais lut, reçut
ses amis, écrivit même, le 15, à son frère
sans lui faire part d'aucune inquiétude. Le
jeudi 20, quatre de ses collègues, lui
ayant donné une consultation, il porta lui-.
même son diagnostic et indiqua l'opéra
tion à faire. « Cela n'a aucune impor
tance s>, redisait-il. Son camarade d'études,
le docteur Lecomtc, assisté des- docteurs
L'Herminier et Pécarére, procéda à l'opé
ration, qui eut lieu dans la nintinér* du
3.1. SftV -e .mbr . e, Ui n'y survé cut qw
9
Vendredi 26 Décembre 1924
16 centimes. S eihk et S kibe-et- O isb
20 centimes, D épautemesis et C olories
ABONNEMENTS: Boia. SiiHiiâ. IreitlWu
France et Colonies. 48 fr. a& fr. i3 fr.
Etranger .... . . ..-. 8a » 43 » sa »
Chèque postal : Compte a3 .goo Paris.
ORGANE DU NATIONALISME INTÉGRAL
« Tout ce qui est national est noire, »
Le Duc d'ORLÉANS
héritier des quarante Bois qui on mille ans flreat la France.
BSDA .CTION 4 ÀDMINïSTRÀTIOlll
44, rue de Rome, PARIS (S*)
Adresse télégraphique : àgtiofra.n -PA .ris
Téléphone: Administration ; Louvre 36-49» 36-5o'
Rédaction : Central 75-44 Publicité : Contrai 74-77
Après 10 heures du soir : Scgur **-«
Registre de Commerce : Seine V 78.5s»
Comment la France catholique
Fondateur /■ IÏENRS VÀUGEOïS — Directeurs politiques : LEON DAUDET et CHARLES MAURRAS — Rédacteur en eh et î MAURICE PUJO
va être, représentée en Syrie
- c En Syrie, les religions sont nombreuses ; on
me dit qu'il y a là-bas peut-être trente évêques de
différentes sectes. J'estime qu'aucune de ces sectes
ne doit prétendre à la domination sur les autres. »
Déclaration dn F. t. SarraS
Hercule promenant l 'éternelle justice...
LE MEURTRE DE PHILIPPE
¥oe d'ensemble
Nous avons, depuis six mois, des mil
liers de " nouveaux abonnés,- et de nou
veaux lecteurs au numéro. C'est à leur
intention, et aussi pour rafraîchir la
mémoire aux autres, que j'expose aujour
d'hui, le plus précisément possible, l'état
actuel de cette affaire criminelle, la plus
scélérate de notre temps. Je tairai néan-,
moins quelques précisions — à mon avis
décisives — qui sont, en ce moment, à
l'instruction, et dont s'occupe M. Bar
naud. Je tairai aussi quelques points nou
veaux, que je suis en train d'élucider. Je
traite ici seulement des points acquis.
Philippe, âgé de quatorze ans et demi,
grand et mince comme un jeune poulain,
mais de visage encore enfantin, et sans
moustaches, a quittô la maison paternelle,
en état de fugue, le mardi 20 novembre
1923, à 7 heures du matin. Il est allé au
Havre, dans l'intention de s'embarquer
pour le Canada. Il est revenu, attiré du
Havre, le jeudi 22 npvembre, à . quatre
heures dix. Quarante-huit heures après,
le samedi 24 novembre, à quatre heures
et demie, il arrivait, mourant, dans le
taxi de Bajot, à l'hôpital Larihoisière,
où il rendait le dernier soupir à 6 h. 1/2.
Il avait le crâne fracassé d'un coup de
feu, porté violemment à la tempe droite.
Il .avait, à ce moment là, dans la poche
gauche intérieure dç son veston, un petit
portefeuille vert, cadeau de son papa,
vidé de son contenu, où avait été oubliée
par les assassins la note aux six adresses,
II avait, dans la poche droite extérieure
de son veston, la somme de 84 fr. 50. Il
avait, dans la poche droite de son paletot,
deux chargeurs de browning 6.35, conte
nant chacun six cartouches, sans marque
spéciale. A ses pieds, un pistolet automa
tique, de fabrication espagnole,* marque
Atlas [ usité dans la police pendant la
guerre, a cause de l'occupation de la
fabrique d' H erstall, a L iège ]. Dans ce
pistolet était un chargeur d'Herstall,
. récent, portant la marque de fabriqué
F. N. L 'étiquette cousue par sa mère, et
portant son nom, avait été arrachée —
quelques fils blancs adhérant encore
de l'intérieur de la poche gauche de son
paletot. Ses initiales, cousues au fil rouge,
sous son col, avaient aussi été enlevées.
L a doublure de sa manche droite était
déchirée, ainsi que la doublure de la
poche droite de son pantalon.
Huit jours après, le samedi 1 er décem
bre, le Libertaire, organe censé anar
chiste, appointé en fait par Marlier, de
la Sûreté générale, et son obscène com
plice Lannes, beau-frère de Poincaré, et
que dirigeaient deux indicateurs, du nom
de Colomer et de Lecoin, publiait un
numéro spécial. Ce numéro reproduisait,
avec un billet de Philippe, se disant
anarchiste, à sa mère, reproduit en facsi-
mflé [ le photograveur est demeuré
inconnu ], un feuillet de la main de
Philippe, détaché d'un carnçt lui appar
tenant, [carnet qui fut retrouvé, 8, rue
de Chartres, dans la malle de l'anarchiste-
indicateur Gruffy] et quelques petits
poèmes en prose, nullement anarchistes,
que Philippe portait sur lui, dans son
portefeuille, ainsi que des exemplaires
et des médailles à son nom. Les canni
bales du Libertaire, qui l avaient attiré,
chambré et dévalisé de 1.700 francs,
d'ordre de la Sûreté générale, racontèrent
une demi-douzaine de fables contradictoi
res, mais tendant toutes à représenter l'en
fant comme décidé à commettre un atten
tat, d'ailleurs indéterminé . La machi
nation criminelle, au moins dans sa bran
che anarchiste, apparaissait à tous les
yeux. Je déposais, dès le 2 décembre,
une plainte en assassinat et en détourne
ment de mineur contre inconnu. Puis,
huit mois après, une plainte contre
Gruffy, en complicité : Gruffy m'ayant
écrit, sous une fausse signature, une lettre
où il s'accusait d'avoilr tué Philippe.
A la suite de cette plainte du 2 décem
bre 1923 trois faits nouveaux apparais
saient.
1° Gruffy avduait, à la police judi
ciaire, avoir chea lui du linge et des
objets ayant appartenu à Philippe, qui-
avait, assurait-il, passé chez lui, 8, rue de
Chartres, la nuit du 22 au 23 novembre.
C s objets furent en effet découverts, au
cours d'une perquisition chez Gruffy,
lequel cependant ne fvrl pas arrêté.
2° Mme Colomer, revenant de Mar
seille, était arrêtée par des inspecteurs
de la police judiciaire. On la fouillait et
on découvrait, dans son corsage, des
papiers ayant appartenu à Philippe, et
notamment les petits poèmes en prose,
. que la bourrique Vidal prétendait tenir
de Philippe [mensonge çvident] et que
Vidai avait envoyés che2 sa mère à Mar
seille, dans une intention inexpliquée.
3* La Sûreté générale — qui lui avait,
pendant six jours [du 27 novembre au
3 décembre], tout caché , — faisait
remettre à M. Barnaud, juge d'instruc
tion, des rapports de police concernant
une opération exécutée, le 24 novembre,
dans l'après-midi, chez le libraire Flaout
ter, 46, boulevard Beaumarchais. On
apprit bientôt que Philippe était venu
chez ce libraire, sans être aperçu des
onze policiers — dont quatre commis
saires, Blondel, Colombo, Peudepièce et
Garanger, et un contrôleur général, De-;
lange — officiellement avoués à ce
moment là. Qu'il y avait proféré des
menaces contre des personnes indéter
minées . dont le libraire, indicateur du
contrôleur Lannes, avait aussitôt conclu
qu'il s'agissait de Millerand, de Poincaré
et de Léon Daudet. Que Philippe s'en
était enfui, en passant à.travers les onze
policiers. De là, disait la police, il avait
sans doute sauté dans le taxi de Bajot,
où il s'était brûlé la cervelle — au
moment même ou il échappait a ses
persécuteurs ! — cinquante mètres, pré.
cisément, avant d'arriver à l'hôpital Lari
hoisière !
Afin de tirer cette extravagante his
toire au clair, le juge convoquait à son
cabinet tous les personnages connus du
drame, tant. du .côté du Libertaire que
du côté de la Sûreté générale. Il enten
dait successivement, pour le Libertaire :
Colomer, Lecoin, Vidal, Gruffy, Henri
Faure, Davray et Cie. Pour la Sûreté
générale: Lannes, Marlier, Delange, Blon
del, Colombo, Peudepièce, Garanger, et
les inspecteurs Roch, Gagneux, Braise,
Fournon, Revel et Meslait. Un homme
de métier, très haut fonctionnaire^ à qui
j'ai communiqué ce volumineux dossier,
et qui l'a examiné chez moi, à mes côtés,
pendant une quinzaine de jours, dans
une stupeur "quotidiennement croissante,
me disait récemment-: « C'est un amas,
« sans précédent, de contradictions et de
« mensonges. Mais la somme des extra-
« vagances y est encore très supérieure
« à celle des contradictions et des men-
« songes. » C'esf le résumé exact de la
situation. A un moment donné, le juge
dut perquisitionner à la Sûreté générale,
dans le bureau et le coffre de Delange.
Mais le rapport caché, qu'il cherchait,
était passé du coffre de -Delange dans
celui de Marlier. C'était le rapport du
commissaire Comps, où apparaît, pour
qui sait- lire, la trame ourdie autour de
notre enfant ; et ourdie de loin, depuis
. sa première fugue à Marseille, en mai
1921, laquelle avait été connue de la
police, chargée par moi de le rechercher.
Le pivot de la fable policière, maté
riellement invraisemblable, était et est
encore, le chauffeur Bajot, rave stylée
par la police, menteur fieffé, impertur
bable, qui a commencé par fournir deux
versions différentes de son attitude,
au moment du prétendu « suicide » de
l'enfant . L'une àu commissariat de Be-
nezech. L'autre devant M. Barnaud, qui
dit avoir vu l'enfant sans pardessus,
quand il avait son pardessus. En mars
dernier, Bajot a été sur le point de se
rétracter, avec une lettre au juge où sa
conviction avait remplacé sa certitude
antérieure, et où se trouvait cette restric
tion monumentale : « s'il y a eu meur
tre ... ». Bajot prenait ainsi ses précau
tions.
Mais si la douille de la cartouche du
prétendu. suicide a été ajoutée après
coup et dans une position invrai
semblable ! -— à l'intérieur du taxi de
Bajot,, la balle n'a jamais été retrouvée,
alors que les fenêtres étaient fermées,
...et pour cause ! Nulle empreinte digi
tale n'a été relevée sur le pistolet, que
l 'enfant aurait dû cependant serrer forte
ment dans sa main in experte. Sans
compter bien d'autres impossibilités, tant
matérielles que morales. Avant peu, ou
Bajot devra avouer qu'il a menti, [sous
la pression de l'évidence], ou il portera
la lourde responsabilité d'un mensonge,
devenu absurde et insoutenable par
l 'éclatement de la- vérité de fait ... je dis
de fait.
En outre, il est établi, dès aujourd'hui:
1° Que Philippe n'a pas pu se tuer. Je:
dis. matériellement. Qu'il a été tué, a
bout portant, d'un coup porté avec une
extrême violence. On sait les noms du
policier qui l'a meurtri ' et du policier
qui l'a accompagné, dans le taxi de Bajot,
et qui est l'inspecteur G agneux.
2° Que le pistolet, trouvé dans le taxi,
était unfc arme usitée dans la police^
3° Que Philippe a été tué au cours de
la descente de police organisée, chez
Flaoutter, par l'ignoble Lannes; descente
de police qui a été transformée, au der
nier moment, en « arrestation pour port
d'arme prohibée et menaces ».
4® Qu'il a été tué en vertu des instruc
tions féroces, données par Marlier et
Delange, instructions atténuées, en cours
de route, par Paul Guichard et Labar-
rière [de la Préfecture], qui sans doute
se méfiaient de l'équipe bizarre de la
Sûreté générale,
5° Que Lannes, Marlier et Delange
savaient fort bien qui était Philippe. Que
les anarchistes indicateurs du Libertaire
le savaient aussi. Que Flaoutter, indica
teur de Lannes, le savait.
. 6° Que le projet primitif de Flaoutter
et de Lannes était de compromettre Phi*
lippe dans une rafle chez Flaoutter, pour
scandale de mœurs.
7* Quç ce projet a été transformé, à
la dernière minute, en meurtre de l'en
fant censé « anarchiste » signalé comme
« armé » et très dangereux.
8° Qu'après ce crime, les policiers ont
tout mis en œuvre pour grimer — gros
sièrement — le crime en suicide, et en
suicide d'un inconnu.
9° Qu'ils ont trouvé des complaisances
tacites au commissariat de Betaezech, à
Saint-Vincent-de-Paul.
10° Qu'au cours de l'instruction, Mar
lier a encore essayé de salir la mémoire
de sa victime,, faisant ainsi deux fois
la preuve de son infamie.
11° Que c'est Lannes qui est allé en
personne, le 24 novembre. 1923, à trois
heures 'après-midi, transformer — trop
tard — la descente de police, à l'intérieur,
en arrestation éventuelle devant la librai
rie.
Léon DAUDET.
LA POLITIQUE
Sept moisde < vraie paix <
A LA BANQUE DE FRANCE
Le départ de M. Kobincau
Nous avons dimanche dernier signalé
le bruit qui s'était répandu, en Bourse
aussi bien qu'à la Chambre, du départ de
M. lîobineau, gouverneur de la Banque de
France, et nous posions, à ce sujet, une
série de questions auxquelles il n'a pas été
répondu.
Si nous sommes bien informés, la chose
serait maintenant décidée. M. Robineau
s'en irait et serait remplacé par M. Aupetit,
secrétaire général de la Banque.
Ainsi M. Herriot, cédant aux injonctions
de Léon Blum et de toute la juiverie qui
menait depuis longtemps l'intrigue, montre
une fois de plus quel cas il fait des grands
intérêts nationaux.
Nous hésitions à croire qu'il commet
trait une pareille sottise au moment où
nous avons besoin de tout notre, crédit
à l'étranger. Car, si M. Robineau s'en va
ce n'est pas, comme semblait le supposer
un journal du soir, parce qu'il « renonce »
de lui-même à son poste, à la suite d'un
simple désaccord entre lui et M. Clémen-
tel.
L'affaire est bien plus grave. Nous
dirons quelles influences bancaires et
quelle campagne dirigée, on lo devine,
par les hommes de la Banque de Paris
et des Pays-Bas, ont eu raison des pau
vres scrupules de M. Herriot, s'il en eut
jamais.
Mais Blum, Finaly et leurs complices
peuvent être tranquilles, le pays 'saura
quelle politique monétaire on lui prépare
et quels écumeurs ont exigé que M. Robi
neau cède la place.
Allons, M. Herriot; si vous n'êtes pas,
lié à 'toute cette bande, démentez 1 Mais:
n'est-oe pas déjà trop tard ?
La grève de Douarnenez
Une granSe partie des grévistes seraient
désireux de reprendre le travail, mais ils
en sont empêchés parles .communistes,
qui 1 continuent à troubler la malheureuse
ville de Douarnenez.
Les camions np peuvent circuler que
sur un « laissez passer > du comité de
grève. Des manifestants parcourent les
rues en chantant l'Internationale, brisent
les vitres à coups de pierres.
La Confédération générale de la pro
duction française vient d'adresser au pré
sident du Conseil une lettre, lui signalant
l'impression pénible produite parmi les
commerçais et industriels par l'inter
vention du gouvernement dans le désac
cord entre patrons, et ouvriers de Douar
nenez.
La Confédération admet fort bien que le
gouvernement ne doive pas demeurer indif
férent « à des conflits susceptibles de
compromettre la sécurité générale ». En
intervenant, il ne fait que s'acquitter du
« devoir de vigilance et de protection
qu'il doit au pays ». Mais il s'agit d'autre
chose.
. « Il s'agit ici d'un débat local, qui même eût
passé inaperça s'il n'avait pas été aigri par des
spéculations de parti. Le gouvernement l'évoque à
sa barre ; il notifie son intervention à la tribune
du Parlement. Cette intervention va jusqu'à pren
dre l'apparence d'une alliance avec l'une des
parties, et l'allié reçoit des- subsides aux frais do
Trésor public.
a Nous ne voulons pas discuter le sujet du
débat, qui, du. reste, a été exposé par les chefs
d'entreprise dans un document livré par eux s
la publicité.
c Ce qui nous émeut, c'est la disproportion entre
l'incident et les mesures prises, comme le caractère
même' de ces mesures ; c'est la négation des
principes, qui, consacrés en 1889 et en • 1900 par
M. Waldeck-Rousseau, président du Conseil, ont
été toujours observés par les pouvoirs publics dans
leurs rapports avec les citoyens : c'est une inter
prétation, abusive des devoirs de l'assistance publi'
que . et une méconnaissance de la liberté des
contrats privés. '
s Conçue dans un tel esprit, l'intervention
gouvernementale ne peut avoir pour effet que
d'aggraver le conflit au lieu de l'apaiser, de faire
naître des espoirs qui, non réalisés, laisseraient
derrière eux certaines rancoeurs nuisibles à la paix
sociale; s
A cette lettre, M. Herriot a répondu
avec sa mauvaise foi coutumière, que la
Confédération se méprend sur le rôle du
gouvernement, que celui-ci est demeuré
neutre dans le conflit et qu'il s'est borné
à assurer le maintien de l'ordre. •
Sans doute le gouvernement a envoyé
de l'argent aux grévistes. Mais il l'a fait
uniquement par humanité : « J'estime,
dit-il, qu'il (le gouvernement) a ainsi rem
pli un devoir d'humanité et contribué,
par là même, à éviter des excès ».
A OSTENDE
Le nouveau phare
Ostende, 25 décembre. —L'appareil lu
mineux du nouveau phare d'Ostende vient
d'arriver, venant de Paris, il était embal
lé dans 75 caisses. 4
On procédera prochainement au mon
tage de cet appareil, qui aura huit mètres
de hauteur. Il est à présumer qiie dans
deux mois, on pourra procéder aux pre
miers estais si su réglage du feu,
I. La sagesse sort de la bouche ;
d'un adolescent |
Un ami dévoué me raconte qu'un de ses
fils, qui étudie l'agriculture en province,
et que. les vacances ont ramené au foyer,
lui disait à la veillée d'avant-hier :
« Il y a une chose, papa, que je n'ar
rive pas à comprendre et qui me scan
dalise.
«Comment• ? Voilà le gouvernement
alarmé au point de supprimer aux troupes
les permissions de Noël et du l' r de l'an,
de les consigner dans leurs quartiers, de
leur faire distribuer des cartouches, enfin
de les ,mettre sur le pied de guerre. Il
prévoit donc des troubles communistes.
Il veut être en mesure de les réprimer.
Mais il les attendt l'arme au pied, et il s'en
tient là l Pourquoi ne prévient-il pas ce
qu'il prévoit ? Comment s'expliquer qi.'il
ne mette pas sa police et sa justice aux
trousses des organisateurs et des organi
sations communistes ?
« Qu'attend-il ? Qu'elles se soient pro
pagées ? Qu'elles aient une occasion favo
rable, difficultés économiques ou difficul
tés avec l'Etranger, pour mettre le feu an
pays ? , ,
« Pendant ce temps, la troupe enervee
de cette alerte et de sa consigne perpé
tuelle peut se démoraliser. Et que restera-
t-il alors pour maintenir l'ordre du pays
quand il sera troublé effectivement ? »
Tel est l'étonnemcnt d'un esprit jeune
et vif. Telle sera, de plus eu plus, la stu,-
peur de tous les esprits normaux. Avouer
le péril par les précautions de défense que
l'on prend et se réduire à cette position
de défensive éventuelle, c'est apposer im
plicitement sa signature, le sceau même de
son parti, à l'aveu manifeste qu 'oN n'est
PAS UN GOUVERNEMENT.
II. Le problème d'opinion
D faut dire une bonne chose à ces
bons esprits. Ils posent la question par
rapport à l'ordre public, à la société, à la
France. Mais le gouvernement songe jt
tout autre chose. I! songe à lui-même. 11
songe aux intérêts du vieux parti républi
cain dont il est le syndic. De ce point de
vue, l'unique problème est un problème
d'opinion : le communisme étant protégé
par les socialistes du Cartel est un mal
inévitable, sinon nécessaire : rien à ten
ter contre lui ! Mais l'alarme créée, depuis
Jaurès au Panthéon et la police à Bobigny,
par l'évidence de la menace communiste
étant d'abord un fait propre à ébranler le
régime et ensuite à troubler la vie écono
mique, comment, faire, quelle tangente
prendre pour se décharger des responsa
bilités dont't)ïi a le poids"
. Naturellement, il faut • les mettre sur
d'autres épaules. Mais comment opérer cet
te diversion 1 (
Les soldats sont mécontents de toutes les
gardes qu'on leur fait monter : ils accuse
ront les ûandes moscoutaires qui menacent
l'ordre, ou le gouvernement qui ne' sait
pas mettre ces bandes au pas. Ne peut-on
pas les mettre aux trousses de bons
citoyens qui ont prouvé à l'évidence les
dessèins des perturbateurs ?
L 'Humanité fait ce que voudraient bien
faire les journaux de M. Herriot : elle char
ge les fascistes qui ont beau dos.
Camarades ouvriers et paysans soldats,
écrit-elle, avec vous, nous exigeons les con
gés de fin d'annéè dont la suppression
n'est qu une provocation que vous devez
dénoncer vous-mêmes dans vos casernes■
Des permissionsl'Des permissions!
Mais, à travers des fanfaronades, on per
çoit l'inquétude :
Noc camarades soldats ne s'y laissent
pas prendre,- Monsieur Herriot. Ils ne
s marchent » pas! Les lettres reçues de nos
amis en font foi.
De vos amis, soit- Mais des autres? Ce
sont ceux-là qui comptent : :ils ne vous
.portent pas dans leur cœur!
, Car tel est le bon sens des. jeunes
soldats de France.
m. « Les pots cassés »
Mais, parallèlement à la diversion bol-
cheviste, voici, des profondeurs du réa
lisme républicain,du milieu de ces blocards
traditionnalistes dont Eugène Lautier a
pris le commandement, la même manœuvre
esquissée à l'adresse non des soldats, mais
des industriels et des commerçants. Les
étrangers se sont détournés de Paris, les
affaires ont été interrompues, et cette
bonne pièce d'Aristide Briand a rapporté
de Rome la « profonde impression »
qu'on fait,du mal à la France en agitant
le spectre'' rouge. Ce témoin si « auto
risé» oublie d'examiner si l'on fait du bien
au pays en promenant du Palais Bourbon
au Panthéon, une houle de drapeaux rou
ges et de pancartes rouges brandis par des
individus qui n'avaient-rien de spectral,
étant de chair et d'os. Eugène Lautier n'in
siste pas, et pour cause, sur cett; vue puis
sante de Briand, mais il demande à nos
marchands ainsi volés par l'Etat qui est-ce
qui paiera les pots cassés :
Hôteliers de Paris, grands magasins de
luxe de l'avenue des Champs-Elysées, de
la rue Royale, de la rue de la Paix, de la.
place Vendôme, etc., restaurateurs, théâ
tres, vous tous qui vivez de la richesse et
de la tranquillité publiques, vous savez
maintenant que vos pires ennemis sont ces
prétendus modérés et conservateurs qui
flattent vos passions inconsidérées mais
ui ruinent en-même temps votre bourse,
'ous êtes tous assez cosmopolites (!) pour
connaître le proverbe allemand :
« A FORCE DE PEINDRE LE DIABLE SUR lb
« MUR, ON LE FAIT VENIR. »
Si vous laissez continuer vos députés
et vos journalistes, messieurs les grands
commerçants de Paris, messieurs les in
dustriels et les financiers, ils créeront ce
communisme et ce bolchevisme dont ils
vous rabattent les oreilles.
. Et le jour où l'on mettrait le feu à votre
magasin, vous auriez du moins cette sa
tisfaction que cette catastrophe a été occa
sionnée par la légèreté du journal...
C'est ainsi que Lautier, à la cantonnade,
harangue ses anciens collègues et collabo
rateurs du Temps. Mais il n'est pas un
journal patriote , qui ne. soit visé par le"
volumineux paradoxe lancé de ce ton
judicieux,dont Lautier possède l'impayable
segrei :1a panique -est absutàe, le$ ceJteUss
d'usines et de • magasins n'existent pas,
les écoles militaires communistes n'exis
tent pas davantage, il n'y a qu'un ambas
sadeur ordinaire rue de Grenelle, les
champs de manœuvres, les armes volées,
les dépôts menacés, chimère pure 1 II n'y
a rien qu'un gouvernement affolé par l'opi
nion épouvantée, que la presse a tourne-
boulée...
C'est une thèse. Elle a contre elle les
faits. Mais il lui manque aussi d'être cohé
rente. Car, enfin, Lautier devrait être le
premier à savoir que, si la presse n'a à
répondre de rien, le gouvernement est res
ponsable, lui. Comment Lautier ne s'en
prend-il pas au gouvernement : au gouver
nement qui est allé au Panthéon, ou au
gouvernement qui est allé à Bobigny, qui
a défendu l'expédition de Bobigny à la
tribune du Palais Bourbon ? S'il a cédé à
des alarmes fausses et vaines, le gouver
nement n'cst-il pas le premier coupable.
C'est lui qui doit payer les pots cassés ?
Eh ! bien, pas du tout : Lautier, qui de
vrait charger Herriot, le défend. Il le dé
fend même si fort qu'il ose aller jusqu'à
affirmer que, malgré la lutte atroce, dé
loyale, effroyable et cannibalesque enga
gée contre "Herriot, celui-ci nest pas
« affaibli ». .Ce qui présente tous les ca
ractères d'un comble, écrit au lendemain
du jour , où le gouvernement a subi trois
échecs consécutifs au Sénat !
Autant brouillé avec la logique qu'avec
les faits, Lautier voudrait-il se brouilller
avec l'ordre lui-même. Voyons ! quand on
exhorte le plus grand journal de la Répu
blique à s'allier avec Cachin, non ! avec
Joffrin contre Boulanger, non ! contre
contre le général de Castelnau ou contre
Daudet, il faut avoir du goût à la révolu
tion. Mais un Latin comme Lautier exè
cre naturellement le désordre. Alors, quels
avantages peut-il espérer du Grand Soir?
Peut-être nous le dira-t-il. Qu'il parle ou
se taise, je ne puis m'empêcher de revenir
à mes réflexions d'avant-hier : il- y a
maintenant, hors du 1 parti communiste,
des hommes, des esprits, dés intérêts qui
jouent la carte communiste. C'est ainsi que
des capitalistes importants jouaient Jaurès
vers 1907. C'est ainsi qu'en 1921 Briand
jouait la carte Zalewski. C'est le tour de
la carte Cachin, elle n'est pas fameuse.
Mais, Lautier, le jeu est plein de dangers.
— On parle toujours d'un Herriot-Ke-
rensky , disait l'autre jour Georges Valois,
on ne parle jamais d'Herriot-Karolyi. Ce
pendant cela s'est vu en Hongrie.
On peut laisser le comunisme se faire.
On peut aussi l'appeler, l'introduire, l'ex
ploiter. Quelques-uns de. nos républicains
professionnels ; rêveraient"ils de collaborer
avec Bêla Kun ? * .
Charles MAURRAS.
A VEZ-VOVS LV i
au
Herriot
pays des merveilles
par Maurice PUJO
dans. YAlmanach '■ tPAction française
fz:
LES FAITS DU JOUR
—— Un service spécial a été créé à la Sûreté
générale, pour la surveillance des étrangers
indésirables et des agitateurs communistes.
La Société française de bienfaisance de Québec
avait demandé à des écrivains français des ouvra
ges autographiés. pour une vente de charité. Char
les Maurras a envoyé un exemplaire de l'Enquête
sur la Monarchie, à la première page duquel il
a écrit : < Placée en d'autres conditions politiques,
la race française continue à montrer une fécondi
té splendide ; les épreuves du Canada et de l'Aca-
dia l'établissent. »
La vente a eu lieu au début de ce mois avec un
plein succès, et un journal de. Québec, l'Evéne
ment, nous apprend que le livre de Maurras a
été acheté 17 ' dollars, soit, au cours actuel, 310
francs environ.
Noos avons reçu la note dactylographiée sui
vante, qui tend à montrer comment le minis-
tricule de l'Instruction publique entend la gra
tuité promise aux boursiers des écoles, et avec
quelle désitivolture oe bon démocrate, en plein
èxercice scolaire, sans aucun préavis, décide de
faire supporter aux familles une charge qu'elles
n'avaient 1 pas eu à envisager.
Monsieur,
Je reçois aujourd'hui, de M. le ministre, des
instructions formelles qui m'obligent à laisser à
la charge des familles des boursiers la différence
entre les anciens tarifs et les tarifs applicables
à partir du 1" octobre dernier.
Le tarif actuel pour la classe de votre fils
s'élève à 756 »
Sa bourse est de ' 666 »
La différence reste à votre charge. 90 »
Je vous serais obligé de vouloir bien le
plus tôt possible, en acquitter le tiers
applicable au trimestre actuel, soit.... 30 »
Timbre ....... 0 25
, T otal ........ 30 23
Veuillez agréer, etc...
Le proviseur
Notre correspondant demande en terminant, s'il
n'y a pas là une sorte d'escroquerie.
C'est tout à fait notre avis.
Graffiti.
Sur les zaurs du Conseil de l'Ordre des avocats,
un enthousiaste (ou un farceur) a écrit au crayon
les lignes suivantes : < M' André Berthon,' chef
de la cellule communiste du Palais ».
Mais une autre main a tracé immédiatement au
dessous ceci : « Chef de cellule ? J« la vois plutôt
chef de rayon... »
Et M 1 André Berthon passe, quelques instants
après, gros, gras et joufflu...
M
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Calland sont inspirées du goût le plus sûr. Ses
fameuses Griottes,au kirsch sont des merveilles.
Maisons ; 3, avenue Victor-Hugo (Etoile) et 124,
fbg Saint-Honoré (angle de la rue de Penthièvre).
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Pépinière (Tél. : Central 61-94).
« C hocolats exqdis »
sJ&âsssaësB v
Ge n'est pas de son plein gré, ce n'est
pas par choix mais sous la pression des
faits que M. Herriot a refusé d'évacuer la
zone de Cologne. Il fallait rester, appliquer
le traité de Versailles, ou bien prendre son
parti du réarmement, dûment constaté, de
l'Allemagne. Seulement, il faut désormais
accepter les conséquences de ce qu'on a
subi.
Ces conséquences, c'est dans l'ordre dé
nos rapports avec l'Allemagne qu'il faut
les voir franchement. La doctrine du gou
vernement français eût voulu qu'il fû{ pos
sible de s'entendre avec une Allemagne
républicaine. L'Allsmagne, qui n'a pas
désarmé, est pourtant une République. Cette
République, sauf pendant le ministère Cuno,
a été gouvernée par des partis républicains
ou réputés tels. Les socialistes y ont eu
longtemps la haute main. En dernier lieu,
la coalition sur laquelle reposait le minis
tère Marx comprenait le centre catholique,
considéré (d'ailleurs curieusement), e«
France, comme parti de gauche, et les
démocrates. Admettons, toutefois, .qu'en
raison de la présence des populistes ce
ministère ne puisse être regardé comme
assez orthodoxe au point de vue républi.
cain. Que devrait-il arriver ?
C'est sur lui, en dernière analyse et en
bonne justice, que porte la responsabilité
des infractions aux clauses militaires du
traité de .Versailles. On attendrait donc que
la gauche authentique reprochât à la « coa
lition du milieu », aux Stresemann, aux
Gessler et aux Marx, d'avoir donné aux
Alliés une raison de ne pas évacuer Cologne.
Trouve-t-on rien de tel dans la presse socia
liste ?
Nullement. La presse socialiste jette feu
et flamme, non pas contre le' général von
Seeckt, mais contre la Fiance. Pour le Vor-
weerts, toute occupation militaire est « une
menace pour la paix, une honte pour la
civilisation j et, au surplus, un non-sens ».
Ce n'est pas seulement Col8gne qu'il faut
libérer, c'est, et tout de suite, la rive gauche
du Rhin entière. Tandis ique les journaux
modérés ou de droite ne parlent que de la
première zone, le Vorwœrts écrit que « la
social-démocratie, sur la base des droits
démocratiques, réclame l'évacuation de tous
les territoires occupés ». Pas de réconcilia
tion, pas de rapprochement avec la France
avant le jour « où le dernier soldat étranger
aura quitté le sol allemand ».
Le langage des démocrates bourgeois est
moins violent que celui des socialistes. »Les
démocrates tendent pourtant aux mêmes
fins. Le but suprême, dit George Bernhard,
c'est de ne plus subir la pression militaire
de l'étranger. La vraie politique de l'Alle
magne ne doit pas s'appeler exécution ou
conciliation mais libération. Le? nationa
listes veulent libérer l'Allemagne par la
force. Erreur. Il y a d'autres moyens. Et
George Bernhard brandit l'arme écono
mique, la menace de ne pas conclure lo
traité de commerce franco-allemand. Il ne
cache pas l'intention du gouvernement de
Berlin qui, par le traité de commerce, vise
une transaction sur Cologne et la Ruhr.
En somme, M. Herriot se trouve ramené
aux difficultés élémentaires du problème
franco-allemand. Après un détour, nous en
sommes revenus à l'origine. « Situation in
changée », dirait le communiqué diploma
tique. Pour la fin de 1924, et après sept
mois d'expérience, c'est le bilan de la
« vraie paix ». — J. B.
Les obsèques
du. docteur Maurras
Le courrier d'Extrême-Orient nous api
poi'te des détails émouvants sur les der*
niers moments, la mort et les obsèques du
docteur Maurras. Les lecteurs de l'Action
française, qui se sont associés de façon si
touchante au grand deuil de notre "direc
teur, doivent être informés de ces der
nières nouvelles, que les fatalités terrestres
ont vieillies de plus d'un mois.
Le docteur Maurras avait ressenti depuis
quelques mois une fatigue qui allait s'ag-
gravant. Il avait énergiquement refusé de
se soigner. Ce « bourreau de travail »,
comme l'appelle noire confrère Camille
Devillars, était aussi « l'apôtre du dévoue
ment». «Rien ne lui coulait. Une nuit
passée en partie au chevet d'un malade
qu'il voulait sauver à tout prix, ou d'une
mère en travail d'enfantement le fatiguait
sans le briser et, le lendemain, méprisant
la fatigue, n'ayant parfois pris aucun repos,
il allait de. maison en maison porter la
guérison ou l'espoir.
< Ce régime l'a prématurément conduit
au tombeau. Toute son attention était por-'
tée sur autrui. Il n'avait pas le temps de
songer à lui-même. »
La maladie et l'agonie
Le 11 novembre, ayant ressenti une forte
douleur, il avait consenti à se laisser,ra
diographier. L'examen révéla une crise,
pas très nette, d'appendicite. I] se mit au
lit pour essayer du repos, mais lut, reçut
ses amis, écrivit même, le 15, à son frère
sans lui faire part d'aucune inquiétude. Le
jeudi 20, quatre de ses collègues, lui
ayant donné une consultation, il porta lui-.
même son diagnostic et indiqua l'opéra
tion à faire. « Cela n'a aucune impor
tance s>, redisait-il. Son camarade d'études,
le docteur Lecomtc, assisté des- docteurs
L'Herminier et Pécarére, procéda à l'opé
ration, qui eut lieu dans la nintinér* du
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