Titre : L'Action française : organe du nationalisme intégral / directeur politique : Henri Vaugeois ; rédacteur en chef : Léon Daudet
Auteur : Action française. Auteur du texte
Éditeur : Action française (Paris)
Date d'édition : 1924-12-22
Contributeur : Vaugeois, Henri (1864-1916). Directeur de publication
Contributeur : Daudet, Léon (1867-1942). Directeur de publication
Contributeur : Maurras, Charles (1868-1952). Directeur de publication
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 22 décembre 1924 22 décembre 1924
Description : 1924/12/22 (Numéro 357). 1924/12/22 (Numéro 357).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG87 Collection numérique : BIPFPIG87
Description : Collection numérique : BIPFPIG69 Collection numérique : BIPFPIG69
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k762171h
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, GR FOL-LC2-6354
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 18/01/2011
Dix - septième âmieë - N° 357!
Lundi 22 Décembre 1924
4 6 centimes. S bihb si SEiBK -bt -Oifeg
2O centimes. D épartements et C olories
ABONNEMENTS s Du An. Six Huit. Trtisïtli.
France et Colonies. 48 fr. a5 fr. i3 fr..
Etranger . ..... 83 » 4a » 11 >
Chèque postal > Compte- 33.900 Paris.
ORGANE DU NATIONALISME INTÉGRAL
a Tout ce qui est national est notre. »
Le Duc d'ORLÉANS
héritier des quarante Rois qui on mfllô ans firent la France»
ft&dactioff & administration*
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Après xo heures du aoir ; Ségur 11 -g8
Begisirtde-Go-mmercfl ; Seiao K* 76.58s
Fondateur s IIËNÏtl VAUGEOIS. Directeurs politiques : LEON DAUDET et CHARLES MAU11RAS — Rédacteur en chef ; MAURICE PUJO
L'histoire est faite par les héros
Ce qui mène le inonde, ce qui vient à boni
de tont ici-bas, ce sont les minorités tenaces, con-
vaincues et bien dressées. Elles marchent de
l'avant et on les suit,* on emboîte le pas derrière
elles.
Mgr GIBIER, évêque de Versailles
dans la Vie Catholique
LE MEURTRE DE P HILIPPE GRIME EN SUICIDE ^
Où le commissaire Benezech
joue sa partie
Je rappelle que le commissaire Henri
Benezech, âgé de 45 ans, commissaire du
quartier Saint-Vincent-de-Paul, ne se
trouvait pas à son commissariat, quand
le brigadier Lhuissier, le samedi 24
novembre 1923, entre cinq heures et cinq
• heures et demie, est venu déposer, sur le
bureau du secrétaire Florentin Brune,
âgé de 25 ans, demeurant à Paris, 17, rue
■ Cavé [18°], « un revolver et trois char
geurs, le tout renfermé dans un journal,
taché de sang, qu'on lui avait prêté à
l'hôpital. »
Dans sa déposition du 9 décembre, le
commissaire Benezech dit, en effet : « Je
« ne me trouvais pas à môn commissa-
riat lorsqu'y est arrivé le chauffeur
« Bajot. J'étais sorti pour affaire de ser-
« vice. A ma rentrée, mon secrétaire
« [c'est-à-dire Brune] me fit connaître
« qu'il y avait eu un suicide dans un
« taxi, ajoutant qu'il avait fait le néces-
« saire , et que le blessé, dont l'identité
« n'était pas connue, était dans le coma
« et ne pouvait être entendu. »
Brune dit qu'il a fait le nécessaire.
Mais il semble bien que la première chose
nécessaire — puisque l'identité du « sui
cidé » de 14 ans 1/2 était inconnue —
eût été de demander les vêtements de
l'enfant, pour s'assurer que, dans les,
poches de ces vêtements, ne se trouvait
aucun papier, ni aucun renseignement,
susceptible de faire .connaître son nom et
eon adresse. En l'espèce, l'examen des
vêtements eût appris à' Brune certains
détails fort intéressants : notamment, la
déchirure d'une doublure a la manche
droite du veston et a la poche du pan
talon du même coté, comme si l'enfant
eut été happé a droite; l'arrachement
visible d'une étiquette a la poche gau-
jche du pardessus, quelques s'ils blancs
demeurant adhérents ; l'arrachement
d'initiales au m, rouge _sur le col
du paletot . Brune, peu curieux, ne
s'informa pas des vêtements du jeune
« suicidé », lesquels furent illico portés
jà l'étuve : selon la formule « ni vu, ni
connu, je t'embrouille ».
Quand Benezech dit que son secrétaire
Brune a fait le nécessaire , il exagère
■ donc.- Mais il signifie par là que Brune
avait rédigé, en Bon absence, un procès-
Verbal ainsi conçu :
« L'an 1923, le 24 novembre, à seize
« ïieures, nous, Henri Benezech, com-
« missaire de police du quartier Saint-
« Vincent-de-Paul, sommes informés
« qu'un jeune homme, paraissant âgé de
« 20 ans [c'est inexact, Philippe n'avait
€ pas de moustaches, et ne marquait pas
« plus de 15 ans, bien qu'il n'eût que
i 14 âns 1/2] vient de se tirer une balle
« de revolver dans la tête, pendant un
« parcours en taxi-auto, et qu'il a été
« admis à l'hôpital Lariboisière, le tout
€ dans les circonstances énoncées au ïap-
< port ci-joint du brigadier Lhuissier et
« du gardien Raffali. En avisons immé-
« diatement les services compétents.
« Constatons que, sur notre demande, la
« direction de l'hôpital Lariboisière nous
« fait connaître que Fétat du blessé est
« désespéré.
« Dépôt nous est fait d'un revolver,
« type browning, marque « Atlas », cali-
« bre 6.35, tout maculé de sang frais,
« lequel se trouvait dans le taxi auto n°
< son admission à l'hôpital. Dépôt noue
€ «est fait aussi de trois chargeurs, eonte-
€ nant au total dix-sept cartouches, trou-
€ vés sur le blessé. [Il n'est pas constaté
que deux de ces chargeurs, trouvés dans
la poche du paletot de Venfant-, où ils
ont été fourrés par les policiers meur
triers, ne sont pas du même type, ni de
la même fabrication que le chargeur du
pistolet Atlas].
« Constatons que, d'après les rensei-
« gnements pris auprès du directeur de
« l'hôpital, ce dernier [Venfant] n'avait
« sur lui aucun papier d'identité [Zes
« policiers assassins les avaient retirés
« du portefeuille, ainsi que les médaiU
€ /es]. Il portait seulement une somme
4! de 84 fr. 50 [ fourrée dans sa poche
« par Flaoutter, après le meurtre dans
« le sous-sol ]. Dépôt nous est fait d'une
« liste d'adresses, saisie sur le blessé [/a
€ note aux six adresses, oubliée, au cours
€ du maquillage en mort anonyme, par
« les meurtriers, dans le portefeuille].
/€ Nous l'annexons ' au présent.
«Le commissaire de police,
« Signé : Benezech. »
Ce constat, en l'absence de Benezech,
est dûment rédigé par Brune. C'est irré-
gnKer, .mais c'est monnaie courante, sur
tout quand, comme c'est le cas, le com
missaire de police est une vadrouille,
toujours absente de son commissariat.
Mais voici une addition au constat,
qui est, cette fois, de la main de Bene
zech, ..rentré à son commissariat. Je de
mande qu'on. y prête attention : « Et le
& même jour, à 18 h. 15,
« la direction de F hôpital Lariboisière
« nous avise du décès du blessé.
« Le commissaire de police,
« Signé : Benezech. »
Donc à 6 h. 15 du soir [18 h. 15]
Benezech sait que l'enfant inconnu — et
qu'on a tout fait pour ne pas identifier
.— est mort à Lariboisière.
Or, on trouve, au dossier, le télégram
me suivant :
« 24 novembre 1923,
Commissaire Saint-Vincent^de-Paul
à Préfet de Police et Procureur
18 h. 50. Suis avisé qu'un jeune hom
me, paraissant âgé de 20 ans, a tenté de
se suicider, vers 16 h. 15, dans un taxi
boulevard Magenta, en se tirant une balle
de revolver-dans la tête. Etat grave. Admis
Lariboisière. Aucun papierProcède à enquête. »
Ainsi donc, le commissaire Benezech,
prévenu, dès 6 h. 15. du soir, du décès
de son jeune inconnu, ne mentionne
pas le décjès dans le télégramme qu'a
6 h. 50, soit 35 minutes après, il adresse
au préfet de police et au parquet !...
!... !... C'est inouï !...
Il s'agit ici de pièces officielles , et
qui, par conséquent, ne sont point tru
quées. A quel trouble extraordinaire était
donc en proie le commissaire Benezech,
pour commettre une pareille bévue ?
N'était-ce point qu'il avait reçu déjà un
avertissement de la Sûreté générale —
ou /un émissaire — exigeant de lui» en
raison de ses fâcheux antécédents, une
collaboration discrète au maquillage du
erime en suicide et l'envoi, a l'Institut
médico-légal, du corps de l'enfant
inconnu ?
Benezech s'en va, quoi qu'il en soit ;
et, à neuf heures et demie du soir, arrive
le second secrétaire, le jeune Pierre Manh-
wal [23 ans] demeurant 29, rue Malot,
à Montreuil, lequel dépose, le 8 décem
bre 1923: « Le samedi 24 novembre der-
« nier, étant entré dans le cabinet de
« mon collègue Brune, qui était absent,
« pour y voir une liste d'adresses, trou-
« vée sur la personne d'un jeune homme
« qu'on disait suicidé, — liste qui
« m'avait été signalée par le garçon
« de bureau (!) — car je ne m'étais
« pas occupé personnellement de cette
« affaire et...» et plus loin : « Je télépho-
« nai au commissariat du quartier Saint-
« Thomas-d'Aquin, pour qu'on avisât
« monsieur Havard de la Montagne,
« dont le nom figurait sur la liste dont
« j'ai parlé, et cela aux fins d'identifi-
« cation du blessé conduit à Lariboi-
« sière. »
En somme :
1° En l'absence de Benezech, de 5 heu
res 1/2 environ à 6 h. 15, le jeune Brune
reçoit les instruments du prétendu « sui
cide » de Philippe, la déclaration du
menteur Bajot [contraire à ses déposi
tions ultérieures devant M. Barnaud],
bref « fait le nécessaire » et rédige un
procès-verbal.
2° Vers 6 h. 15 arrive le patron, Bene
zech, qui apprend ce qui est arrivé, et
reçoit, de Lariboisière, un coup de télé
phone, l'avertissant du décès de l'enfant
inconnu, qu'il ne cherche nullement
a identifier . Pas plus qu'il ne fait mettre
le taxi sous séquestre, Benezech ne se
fait présenter les vêtements du jeune
inconnu. A-t-il donc peur de savoir quel
il est ?
3° A 6 h. 50, trente-cinq minutes
après, Beneaech, pas pressé, avise du
prétendu « suicide » lfe préfet de Police
et le procureur de la République, en
passant sous silence le décès de l'in-
connu. J e vous dirai pourquoi.
4° Ici un hiatus, où disparaît Bene
zech...
5° A neuf heures et demie du soir, arrive
le secrétaire n° 2 Manhwal, auquel « un
garçon de bureau » communique la note
aux six adresses, et qui choisit, sur cette
note, pour rechercher l'identité du « sui
cidé » inconnu, l'adresse la moins
voyante, celle qu'il estime avoir le moins
de chances de donner un résultat. *
Imagine-t-on rien de plus insolite, et
tout cela ne pue-t-il pas la machination
et le truquage ? Il importe ici de se rap
peler que Léon Cagneux, participant
au guet-apens du 24 novembre, inspec
teur de la Sûreté générale, a un pied a
terre 118, boulevard magenta, dans le
quartier de Benezech, et qu'il est l'ame
damnée de cette effroyable crapule
qu'est D elange, controleur général
des Recherches, qui a maquillé us cri
me en suicide.
Delange, Blondel, Colombo et Ga
gneux, premiers rôles dans le meurtre de
Philippe, ont choisi l'hôpital Lariboisière
pour y expédier leur victime, Philippe
moribond, dans le taxi du chauffeur,
docile et menteur, qu'est Bajot, parce
que l'hôpital Lariboisière dépend du
COMMISSARIAT BENEZECH.
~ Léon DAUDET.
LA POLITIQUE
I. Un appel
au bon sens public
« La défense nationale n'a que faire de
« discours ; ce dont elle a besoin pour une
« meilleure organisation, c'est de l'argent
« et on le lui refuse. Refuser les crédits
« nécessaires, diminuer constamment les
« effectifs, s'opposer à la convocation des
« réservistes, c'est faire consciemment ôti
« non le jeu de ceux qui veulent suppri-
« mer l'armée et enlever à ce pays les
« moyens de se défendre. Six ans après
« les effroyables épreuves de la guerre, en
« face d'une Allemagne qui se réorganise
« militairement et chez laquelle l'esprit
« de revanche se combine avec le désir de
.« ne pas nous payer, on n'a pas le droit
« d'affaiblir militairement la France. Lors-
« qu'un pays a souffert comme le nôtre, et
« qu'il a été exposé à tant de périls, il
« y a tout de meme des crimes qu'on ne
« doit pas commettre. »
Ces paroles fermes et sages ont été
dites par M. Maginot, au cœur de la Lor
raine, dans cette ville d'Epinal. où il im
portait de brûler du sucre et des aromates
sur les vestiges des misères et des nigau-
derics de M. Herriot. M. Maginot tient; sur 1
ce point majeur, le langage qu'il faut tenir.
Il s'était honoré au ministère de la Guerre
en refusant, malgré l'exemple de prédé
cesseurs immédiats, de consentir aucune
réduction sur le budget de la Guerre. Nous
l'en avons félicité èn temps utile. Il main
tient ses doctrines dans l'opposition. Nous
lui renouvelons ces justes compliments.
II. Etrange compagnie !
Mais nous ne pouvons pas lui dissimu
ler la contrariété qu'éprouvent un grand
nombre de Français de tout parti quand'
ils trouvent M. Maginot, et avec lui un cer
tain nombre de personnages consulaires
que leur âge, leurs titres, leur indépen
dance d'esprit honorent ou distinguent
sent guider par M. Millerand... Non ! n'en
ont-ils pas assez de se faire battre dans
cette armée ? N'ont-ils pas dîné et soupe
de cette étroitesse de vues, de cette bas
sesse d'esprit, de cette rigide et balourde
mesure des choses et des gens ? Nous
avons toujours rendu à M. Millerand et à
ses états de services, la justice qui leur
était due- Rue Saint-Dominique, au quai
d'Orsay, il a fait de bon ouvrage dans les
compartiments spéciaux où le hasard l'a
vait placé. Nous n'oublions ni l'envoi de
Weygand en Pologne, ni les deux réorgani-
"safiôns" de 19J2" et de 1914-15 àu ministère
de la Guerre. Mais un parfait commis du
roi n'est pas nécessairement un chef d'Etat
ni même un chef de parti. Quand il faut
prendre des décisions générales, M. Mil
lerand se trompe à peu près inévitable
ment parce, qu'il ne possède ni la hauteur
de l'intelligence ni la fierté du cœur. Sans
remonter dans son passé d'avant la guen-e,
n'est-ce pas lui qui, à l'automne 1919, prit
cette responsabilité honteuse tb faire des
distinctions politiques entre ]:-s patriotes
qui sortaient des tranchées r>, par un
hardi baptême à la Gorenflot, d'appeler
Bloc national un « bloc » qui ne contenait
que des républicains. Certes, la manœuvre
s'expliquait par le désir ardent d'écarter
les royalistes de la Chambre, mais elle
a été payée par l'état « decerebré et disso
cié » d'une Chambre où l'élément royalis
te, ferment du nationalisme, n'avait pu
obtenir l'importance que ses services et
ses vues de guere lui avaient méritée.
Le même M. Millerand, essuyant le résul
tat de cette vilenie et de cette sottise, a
tout lâché en juin 1924, après avoir ac-
noncé qu'il maintiendrait tout : c'est que
la lutte â ce moment-là lui semblait diffi
cile et aventureuse, il ne se disait pas
que son lamentable, recul dans l'opposition
coûterait à la France, à Londres, à Genève,
dans la Ruhr, sur le Rhin, d'irréparables
pertes, des ruines que rien ne relèverait !
Ceux qui prennent ça pour un chef ne
sont pas difficiles. Je fais tous mes com
pliments à ces moutons qui ont la vocation
de l'abattoir : la défaite leur semble la
plus naturelle des choses. Millerand leur
en procurera autant qu'ils en voudront.
Il est fait à leur mesure, ayant donné la
sienne au moment où, maître de l'Etat, il
a livré l'Etat à ses adversaires ! Chacun
peut dire à vieil Alexandre comme à la
grand'mère Eve :
Qu'on te rende le ciel tu le perdras encore !
L'opération peut recommencer indéfini
ment. Mais ces exerçices de gymnastique
morale devraient cesser, depuis longtemps,
d'occuper des esprits sérieux entre • les
quels, nous aurions plaisir à ranger M. Ma
ginot et quelques-uns de ses compagnons.
III. Quand l'Homme de parti
parle de la patrie
Les discours de M. Herriot aux journa
listes de son intimité ont produit l'ef
fet que nous prévoyions. Ces nouveaux Ca
quets de l'accouché l'ont fait conspuer à
la ronde. Ceux qui ne sifflent pas rient ou
sourient. La revue de la presse fait un
curieux tableau de ces mouvements du
public.
Un fiasco si mérité reste incompris du
principal intéressé. Pourquoi ? Parce que
M. Herriot est très bête. 11 a ces deux pô
les : mensonge et bêtise. Il n'a pas compris
que ses trémolos pathétiques au nom de
la patrie, ces appels indignés dans le vo
cabulaire d'un nationalisme sans frein, ne
pouvaient" pas porter venant d'un homme
qui conçoit, pose, traite et résout tou
tes les affaires françaises du point de vue
dés intérêts ou des principes d'un parti
« Homme de parti ! > lui criait-on hier à
Epinal. C'est la vérité même. Une fois em
bourbé par les intérêts, le personnel, la
mystique même de sa bande.ee factieux de
métier atteint au frlus pur ridicule quand
il se met à invoquer ces règles _ de « l'u
nion sacrée » qu il fut le premier à dé
faire et à renier non seulement dans ses
déclarations ministérielles, mais dans les
harangues aux électeurs du 11 mai- L'hom
me du 11 mai qui proteste, la main sur son
cœur, ne vouloir laisser faire aucun mal
au pays: ressemble à Lacenaire ou à Tropp-
mann faisant un rempart de leur corps à
la vifctime abattue et pas encore morte.
Evidemment, les bons assassins ne veu
lent pas qu'elle ait le désagrément de périr
d'un autre surin que le leur. M., Herriot
joue le même jeu.
Tout le monde se moque de lui, et le
malheureux ne l'a pas volé. Mais un éclat
de rire, qui égayé la situation, ne la règle
pas.
IV. Ce que peuvent
les citoyens et les fonctionnaires
Il faut en revenir toujours au grave
questionnaire d'hier. Il est annoncé aux ci
toyens, de source sûre, par des renseigne
ments concordants et vérifiés, qu'ils se
ront attaqués. Les citoyens se mettent na
turellement en défense. Les organisations
militaires et les grands services de maté
riels qui en dépendent sont aussi avertis
qu'ils seront assaillis très vite, que l'in
surrection s'efforcera de leur arracher les
armes et les munitions qu'ils conservent
pour la patrie. Avec le patriotisme qui
leur est naturel, ces services, ces organi
sations prennent les précautions que com
portent de tels avertissements : revue des
postes, renforcement des effectifs, contrôle
de la surveillance. Rien de plus naturel.
Le devoir du citoyen est d'assurer sa légi
timé défense. Le devoir du militaire, de ne
pas. -v -laisscr.ravir les armes qiril a l hort-
npùr-fle porter ni chasser des postes glo
rieux dont le pays lui a confie la garde :
c'est ce qu'a dit avant-hier, dans une ma
gnifique réunion d'Action française, en
termes saisissants, notre éminent ami et
président d'honneur, l'amiral Schwerer :
«■Je mesure toute l'importance des paro
les que je prononce ici ce soir. En fait de
devoir militaire, je n'ai de leçon à rece
voir de personne. Je sais fort bien qu'un
militaire n'a pas à faire de politique, car
il est la France et non pas un régime, mais
je dis aussi que devant l'emeute révolu
tionnaire un officier general, un colo
nel ou un chef de corps qui ne ferait
pas marcher sa troupe, quels que soient
les ordres du gouvernement," serait un
criminel.
« Il ne s'agit pas en effet ici d'un régime
politique, mais de la Patrie et de la Civi
lisation. »
Tel est le devoir militaire, défini par ce
noble soldat. Le devoir de défense pri
vée prescrit aux citoyens par le salut
public n'est pas moins éclatant. Mais tout
cela n'est relatif qu'à des membres de
l'Etat, à des éléments ou à des portions de
l'Etat. Est-ce que l'Etat lui-même n'a pas
des devoirs spéciaux ?
Y. Ce que
peut et _ doit faire l'Etat
Est-ce que l'Etat, un Etat normal a le
droit d'attendre sur ses positions que les
ennemis de la patrie et de la civilisation
aiejnt achevé et fignolé dans toutes ses par
ties leur complot révolutionnaire, lui
fassent une guerre des rues en règle, sans
leur opposer autre chose que des « pré
cautions » ou des «défenses».
Est-ce qu'un Etat, un Etat normal a le
droit de laisser soumettre au régime de
la cellule ou du rayon, au régime, du noyau
tage universel ses administrations civiles,
ses administrations militaires et mariti
mes, jusqu'au jour où la perversion, la cor
ruption, la dissolution de tout rendra
l'universel effondrement non pas possible,
mais certain ?
Est-ce qu'un Etat, un Etat normal a le
droit de laisser l'anarchie pénétrer les usi
nes, les bureaux, les comptoirs, les banques
et y introduire en toute sûreté, en toute li
berté, non seulement les idées et les mœurs
révolutionnaires, mais une organisation ré
volutionnaire prête à faire sauter ce qui
compose encore aujourd'hui la propriété
et le patronat ?
Nous posons aux Français la question :
l'Etat fait-il son devoir en laissant s'exer
cer un pareil noyautage dans le corps ad
ministratif, militaire et civil ? L'Etat qui
voit le mal naître et grandir et n'use pas
des moyens d'état pour le briser, qui ne
prend aucune mesuré d'offensive directe
du indirecte pour l'écraser, cet Etat fait-il
son devoir et son métier ? Cet Etat est-il
un Etat ? Le mal menace tout le monde.
L'organe chargé de protéger tout le mon
de ne protège rien ni personne : songeant
seulement a protéger, le cas échéant,
pour une heure tardive, quelques-uns de
ses moyens d'action, armes ou instru
ments, il laisse aux citoyens et aux fonc
tionnaires le soin d'assurer le devoir et
le salut. Un tel Etat n'est-il pas un Etat
démi jionnaire ?
La question est sur toutes les lèvres.
Elle a déjà produit ses conséquencès dans
tous les esprits. Offensive anticommuniste
ou démission. C'est le dilemme de tous
ces derniers matins.
VI. Perplexité et inaction
bien républicaines
Les défenseurs de notre Etat carent, de
notre Etat absent ont beau nier les évi
dences qu'ils ont eux-mêmes proclamées,
car enfin le Quotidien a bien publié la cir
culaire 128j d'ailleurs arguée de faux par
les communistes, au lieu que nos infor
mations ont été vérifiées par l'événement,
ils ont beau chercher les diversions, tor
turer les textes, oublier de nous remercier
d'avertissements qui ont pu détourner des
malheurs. Cela compte pour rien devant
le fait. Des citoyens, des fonctionnaires
sont naturellement réduits aux « précau
tions » et à la défensive, mais l'Etat, lui,
qui peut et doit prendre l'offensive,
ne la prend pas. II trahit. Il trahit encore
quand il la prend. II envoie sa police à
Bobigny, mais prévient M. Clamamus. M.
Pierre Bertrand peut être fort malin, et
M. Herriot superlativement imbécile, toutes
leurs combinaisons de sottises et de roue
ries ne peuvent rien changer au sentiment
public qui exige de l'Etat une offensive
et une offensive loyale, et une offensive
efficace contre les destructeurs de la sûreté
et de la prospérité du pays. Nous payons
l'Etat pour cela : s'il ne fait pas son métier,
il viole sa charte et nous vole.
Oh ! nous sommes loin de méconnaître
les extrêmes difficultés d'un effort de ré
pression sérieux. Cela est difficile à ces
bons, à ces vrais, à ces purs républicains.
L'encouragement au communisme, c'est la
République. Comme disait Jaurès, elleest la
grande meneuse. Qui dit Communisme dit
mise en commun, partage entre tous de la
propriété. Mais qui dit République dit mise
en commun, partage e'ntre tous de l'auto
rité. Les bienfaits de l'autorité ont été rui
nés par le système républicain, les bien
faits de la propriété ne seraient pas
moins ruinés par le système communiste.
Mais qui défend l'un l'un amène l'autre.
Si nigaud qu'il soit, M. Herriot sent cela.
VII. Le réveillon rouge
est-il décommandé ?
Alors, il cherche. On cherche autour de
lui. Q.n négocie avec les révolutionnaires.
On demande aux communistes un sursis
et une accalmie. Et eux-mêmes se rendent
compte qu'ils y ont intérêt. Le sentiment
public est alerté et même alarme. Une
tentative armée serait roidement reçue,
reconduite tambour battant. La distrac
tion, la négligence, l'indifférence publique
offraient, le mois dernier, de bien meil
leurs matériaux à la révolution. Que celle-
ci feigne de s'endormir un peu, ce sera
tout- profit pour elle, et le petit répit ac
cordé à l'Etat radical socialiste procurera
un bénéfice centuple aux bons communis
tes. Toutes les informations concordent
pour nous représenter la thèse de l'accal
mie et du sursis comme acceptée par la
<-iirection du parti moscoutaire.
La semaine de réunions a été mollement
conduite Le ^ tous ftu Pre -Saint-Gci-
vais » n'a pas- été articulé bien vi-
"ourou'îcmcnt, et Ton s'est contenté ci un
rendement très faible. Les faits^ qui se
voient et les faits qui ne se voient pas
semblent converger, il y a tendance à
renuser le réveillon rouge comme on Et re
porté, par force et par sagesse, les explo-
sions promises pourrie 18 décembre, les
mouvements annoncés pour la nuit de
vendredi à samedi en banlieue. Avec le
concours du gouvernement, on va essayer
de rendormir le bourgeois.
Mais attention ! Le moscoutaire ne se^
rendort pas, lui. Le recrutement continue.
Et le noyautage redouble. L'argent de Mos
cou.continue à couler pour corrompre les
fonctionnaires, énerver la défense publi
que. dissoudre la défense privée. La scien
ce d'exciter les hommes, celle de les orga
niser en silence, d'exploiter les ran
cunes, les mécontentements, les ennuis,
les dépits, les haines est poussée extrême
ment loin par ces artistes en révolution
qui sont venus d'Orient tout exprès pour
cela. Et, là-dessous, fermenté le messianis
me mvstique dont l'école primaire offi
cielle â déposé le germe dans les cerveaux
de tout électeur laïque, organisé et con
scient. Jamais le recrutement n'a' été plus
actif'et plus productif. Les effets en seront
terribles si, comme on l'assure, les mos-
coutaires se décident à attendre la crise
économique imminente et peut-être autre
chose de plus sérieux.
Devant, ce péril aggrave, l'Etat est
immobile par la volonté des hommes qui
le conduisent. Par sa propre nature, il
est désarmé...
Que les citoyens prennent garde ! En la
carence de l'Etat, des dommages immenses
sont suspendus sur la société et sur la na
tion,
Charles MAURRAS.
P.-S. — Etudiant en droit. — Merci lettre
très intelligente sur l'origine des idées libé
rales et démocratiques. C'est bien cela,
l'Acfion • française' l'a toujours compris
EO
Le rhum Saint-James doit à son origine célèbre
(Grands crus de Saint-James, Antilles), d'être
unanimement recommandé par le corps médical
pendant les périodes humides et froides de l'hiver.
L'emploi du lait ou du grog au rhum Saint-James,
contre les rhumes, grippes, refroidissements, est
classique dans tous les pays.
V%
A tous ceux qui, par la grâce des dieux, savent
se réjouir des bonnes choses, aux vrais et fins
gourmets nous adressons cette prière : Goûter les
Chocolats Fourey-Galland. Les créations de ce
chocolatier sont d'un art inimitable. Maisons :
3, avenue Victor-Hugo (Etoile) et 124, faubourg
Saint-Honoré (angle de la rue de Penthièvre).
w
Au, Lys Royal, chocolatier, 13, rue de la
Pépinière (Tél. : Central 61-94).
« C hocolats exquis »
Présentation parfaite
Nous apprenons les fiançailles de Mlle
de Mas Latrie avec le commandant Henri
Robin, capitaine de vaisseau en retraite,
commandeur de la Légion d'honneur, dé
coré de la Croix de guerre, qui, pendant
la guerre, commanda successivement une
escadrille de contre-torpilleurs, puis un
cuirassé d'escadre, et fut attaché naval
â Borne. '
Nous prions la très dévouée secrétaire
des Jeunes filles royalistes et le comman
dant Robin qui a été candidat sur les
listes d'Action française d'agréer nos fé
licitations et nos vœux les plus chaleu
reux.
A VERDUN
Le radical-socialiste Montigny
se fait conspuer
Verdun, 21 décembre. — Aujourd'hui
à eu lieu une réunion du parti radical
et radical socialiste du département. Le?
chefs du parti qui s'étaient rendus la
veille à Paris, pour faire venir le ministre
de rintérieur, n'ont ramené avec eux que
le député radical socialiste Montigny.
Faute de grives-..
A la gare ils étaient attendus par cent
cinquante radicaux, la plupart étrangers à
la région. On remarquait dans ce groupe le
trop ïameux Charles Humbert.
' Plusieurs dé nos amis assistaient à l'ar
rivée, décidés à s'abstenir de manifester,
si la réception n'avait eu aucun caractère
officiel.
Mais, dès la descente du train, quelques
cris — assez rares d'ailleurs — se sont éle
vés : « Vive Herriot ! Vive la paix ! *
Nos amis ont alors répondu vigoureuse
ment par ceux de : « A bas les sectaires !
Vive la France ! », puis ils ont eu l'occa
sion de dire que le gouvernement d'Herr
riot n'était qu'un gouvernement d'embus
qués-
Cette brève réaction a décontenancé les
arrivants, qui ont quitté le plus vite possi
ble et dans le désordre, cette gare inhos
pitalière- ,
L'impression à Verdun $ été exceUente,
LA RESOLUTION DE M. MUSSOLINI
L'Allemagne
et le 10 janvier
Le fascisme est dans une situation diffi
cile. Comment sortira-t-il de là ? dçman-
dions-nous il y a deux-jours. M. Mussolini
a donné une réponse étonnante : ,il ira
devant les électeurs, il invitera l 'opposition
à un combat loyal. Plus de listes marquées
du faisceau avec garantie de majorité. Plus
même de proportionnelle : .le vieux scrutin
uninominal, notre scrutin d'arrondissement,
celui des Anglais, sera rétabli.
Ici, la pensée de M. Mussolini reste
mystérieuse. De deux choses l 'une: ou
bien, assailli de difficultés insolubles^ il a
trouvé ce moyen élégant d'abdiquer ; ou
bien il se prépare à une nouvelle sorte de
lutte. La première hypothèse semble mal
s'accorder avec son caractère. Dans la
seconde, quelles chances de succès peut-il
.avoir ? ■ - ■ - ■' . -. -
De même que nos radicaux, peut-être se
dit-il que le scrutin d'arrondissèment est
conservateur du gouvernement établi. Il est
plus facile d'agir sur une circonscription
que sur des masses. On s'expose à de
moindres hasards. Les mouvements d'opi
nion sont brisés ou prennent moins d'am
plitude. Tel peut être le calcul de M.
Mussolini. Appuyé sur l'administration et
les organisations fascistes, il considère sans
doute qu'il ne lui est pas interdit d 'espérer
un succès. C'était le système de Napo
léon III, repris par le radicalisme fran
çais. M. Mussolini en serait-il à l'Empire
libéral? Ou bien rend-il les rênes à M.
Giolitti ?
Il est curieux, en tout cas, de remarquer
ce nouveau déclin de la représentation pro
portionnelle. C'est un système que les
Anglais, inventeurs du régime parlemen
taire, n'ont jamais admis. Inventé pour
corriger les vices de ce régime, il les a
aggravés. Il les a parfois poussés jusqu'à
l'anarchie.
En Allemagne, où les partis sont mul
tiples et tranchés, il fait du gouvernement
une sorte de jeu de patience; Tantôt 1 e'est
un groupe qui .tient tout en .échec, tantôt
c'est l'autre. Cependant, on ne peut s'em
pêcher de remarquer que la constitution du
ministère a été remise au 10 janvier. Le
chantage pour l'évacuation de Cologne est
évident : la presse allemande menace d 'un
ministère de droite si la première zone n?est
pas évacuée. Le chantage réussira-t-il ?
C'est toute la question. — J. B. ■
Vicaires et défaites
de la
Ligue des Droits de l'Homme
en 'Rhenanie
Mayence, 10 décembre. ;
La politique de guerre civile qui est,
pour le moment, le seul résultat tangible
de la victoire remportée par le bloc des
gauches le 11 mai, porte ses fruits en
Rhénanie. Les Français, jusqu 'ici, présen
taient à l'ancien ennemi un front uni. Pas
de politique intérieure, pas de querelles
intestines. Commerçants, fonctionnaires,
officiers avaient à cœur de faire leur mé
tier, et rien que leur métier. La ■ « Ligue
des Droits de l'Homme t> a changé cela-
Ses sections locales, sorties de terre an
peu partout après l'arrivée au pouvoir de
M. Herriot, ont tout d'abord voté à tour
de bras des ordres du jour blâmant la po
litique de la Ruhr (afin, probablement, de.
faciliter sa liquidation !) et demandant la
réintégration des cheminots révoqués
(pour maintenir l'union sacrée à la regie
franco-belge !) •
Elles ont ensuite apporté un concotirs
aussi ardent qu'irréfléchi aux tapageuses
manifestations pacifistes des mois de juil
let et d'aôût. 'Ce fut l'époque héroïque
où Grumbach et Breitscheid déversaient
à Mayence-ou à Wiesbade des 'torrents
d'éloquence franco-allemande sur des fou
les inondées de soleil et de bière — - l'é
poque où de belliqueux disciples, va-t-en-
guerre impénitents, accompagnaient au
train de Paris leur vieux pontife Ferdi
nand Buisson, aux cris de : « Vive" la
paix ! Mort à Daudet ! » et menaçaient
de casser la g... à un paisible civil ■ qui
souriait obstinément, de la fenêtre d'un
compartiment voisin.
Cet enthousiasme guerrier tomba assez
vite, et les pitoyables exhibitions aux
quelles se livra, en octobre dernier, le
général Verraux, flanqué d'un compère
allemand de même grade, ne connurent
qu'un succès d'estime. Ce grand chef
d'avant-gucrre ' ne négligea rien, cepen
dant, des saints principes de la stratégie
électorale. Il appela' à son secours, pour
réveiller les masses un peu figées,- mal
déridées par l'annonce de la grève des
généraux, le super-Zeppelin d'Amérique,
la vraie machine à faire la paix, comme
chacun sait. Son cornac, répétiteur au
lycée, pointant un doigt vengéur dans la.
direction des membres de la presse, le
présenta comme un oiseau rare, ' un""gé
néral pas ordinaire, ajoutant : « Et vous,
messieurs les rédacteurs, faites savoir au
monde ouc nous lui déclarons la paix ! »
Le inonae n'en sut rien. La salle ne vibra
pas ; la T.S.F. non plus. Le cœur n'y
était plus. ■
Aujourd'hui, la discorde règne au camp
d'Agramant. Le préfet de police de Wies
bade, qui se croit tout permis depuis que
les champions de M. Herriot ont .obtenu
le retrait de son expulsion, a fait coffrer,
sans autre forme de procès, un commer
çant français, M. Victor Bondon. Relâ-
Lundi 22 Décembre 1924
4 6 centimes. S bihb si SEiBK -bt -Oifeg
2O centimes. D épartements et C olories
ABONNEMENTS s Du An. Six Huit. Trtisïtli.
France et Colonies. 48 fr. a5 fr. i3 fr..
Etranger . ..... 83 » 4a » 11 >
Chèque postal > Compte- 33.900 Paris.
ORGANE DU NATIONALISME INTÉGRAL
a Tout ce qui est national est notre. »
Le Duc d'ORLÉANS
héritier des quarante Rois qui on mfllô ans firent la France»
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Après xo heures du aoir ; Ségur 11 -g8
Begisirtde-Go-mmercfl ; Seiao K* 76.58s
Fondateur s IIËNÏtl VAUGEOIS. Directeurs politiques : LEON DAUDET et CHARLES MAU11RAS — Rédacteur en chef ; MAURICE PUJO
L'histoire est faite par les héros
Ce qui mène le inonde, ce qui vient à boni
de tont ici-bas, ce sont les minorités tenaces, con-
vaincues et bien dressées. Elles marchent de
l'avant et on les suit,* on emboîte le pas derrière
elles.
Mgr GIBIER, évêque de Versailles
dans la Vie Catholique
LE MEURTRE DE P HILIPPE GRIME EN SUICIDE ^
Où le commissaire Benezech
joue sa partie
Je rappelle que le commissaire Henri
Benezech, âgé de 45 ans, commissaire du
quartier Saint-Vincent-de-Paul, ne se
trouvait pas à son commissariat, quand
le brigadier Lhuissier, le samedi 24
novembre 1923, entre cinq heures et cinq
• heures et demie, est venu déposer, sur le
bureau du secrétaire Florentin Brune,
âgé de 25 ans, demeurant à Paris, 17, rue
■ Cavé [18°], « un revolver et trois char
geurs, le tout renfermé dans un journal,
taché de sang, qu'on lui avait prêté à
l'hôpital. »
Dans sa déposition du 9 décembre, le
commissaire Benezech dit, en effet : « Je
« ne me trouvais pas à môn commissa-
riat lorsqu'y est arrivé le chauffeur
« Bajot. J'étais sorti pour affaire de ser-
« vice. A ma rentrée, mon secrétaire
« [c'est-à-dire Brune] me fit connaître
« qu'il y avait eu un suicide dans un
« taxi, ajoutant qu'il avait fait le néces-
« saire , et que le blessé, dont l'identité
« n'était pas connue, était dans le coma
« et ne pouvait être entendu. »
Brune dit qu'il a fait le nécessaire.
Mais il semble bien que la première chose
nécessaire — puisque l'identité du « sui
cidé » de 14 ans 1/2 était inconnue —
eût été de demander les vêtements de
l'enfant, pour s'assurer que, dans les,
poches de ces vêtements, ne se trouvait
aucun papier, ni aucun renseignement,
susceptible de faire .connaître son nom et
eon adresse. En l'espèce, l'examen des
vêtements eût appris à' Brune certains
détails fort intéressants : notamment, la
déchirure d'une doublure a la manche
droite du veston et a la poche du pan
talon du même coté, comme si l'enfant
eut été happé a droite; l'arrachement
visible d'une étiquette a la poche gau-
jche du pardessus, quelques s'ils blancs
demeurant adhérents ; l'arrachement
d'initiales au m, rouge _sur le col
du paletot . Brune, peu curieux, ne
s'informa pas des vêtements du jeune
« suicidé », lesquels furent illico portés
jà l'étuve : selon la formule « ni vu, ni
connu, je t'embrouille ».
Quand Benezech dit que son secrétaire
Brune a fait le nécessaire , il exagère
■ donc.- Mais il signifie par là que Brune
avait rédigé, en Bon absence, un procès-
Verbal ainsi conçu :
« L'an 1923, le 24 novembre, à seize
« ïieures, nous, Henri Benezech, com-
« missaire de police du quartier Saint-
« Vincent-de-Paul, sommes informés
« qu'un jeune homme, paraissant âgé de
« 20 ans [c'est inexact, Philippe n'avait
€ pas de moustaches, et ne marquait pas
« plus de 15 ans, bien qu'il n'eût que
i 14 âns 1/2] vient de se tirer une balle
« de revolver dans la tête, pendant un
« parcours en taxi-auto, et qu'il a été
« admis à l'hôpital Lariboisière, le tout
€ dans les circonstances énoncées au ïap-
< port ci-joint du brigadier Lhuissier et
« du gardien Raffali. En avisons immé-
« diatement les services compétents.
« Constatons que, sur notre demande, la
« direction de l'hôpital Lariboisière nous
« fait connaître que Fétat du blessé est
« désespéré.
« Dépôt nous est fait d'un revolver,
« type browning, marque « Atlas », cali-
« bre 6.35, tout maculé de sang frais,
« lequel se trouvait dans le taxi auto n°
€ «est fait aussi de trois chargeurs, eonte-
€ nant au total dix-sept cartouches, trou-
€ vés sur le blessé. [Il n'est pas constaté
que deux de ces chargeurs, trouvés dans
la poche du paletot de Venfant-, où ils
ont été fourrés par les policiers meur
triers, ne sont pas du même type, ni de
la même fabrication que le chargeur du
pistolet Atlas].
« Constatons que, d'après les rensei-
« gnements pris auprès du directeur de
« l'hôpital, ce dernier [Venfant] n'avait
« sur lui aucun papier d'identité [Zes
« policiers assassins les avaient retirés
« du portefeuille, ainsi que les médaiU
€ /es]. Il portait seulement une somme
4! de 84 fr. 50 [ fourrée dans sa poche
« par Flaoutter, après le meurtre dans
« le sous-sol ]. Dépôt nous est fait d'une
« liste d'adresses, saisie sur le blessé [/a
€ note aux six adresses, oubliée, au cours
€ du maquillage en mort anonyme, par
« les meurtriers, dans le portefeuille].
/€ Nous l'annexons ' au présent.
«Le commissaire de police,
« Signé : Benezech. »
Ce constat, en l'absence de Benezech,
est dûment rédigé par Brune. C'est irré-
gnKer, .mais c'est monnaie courante, sur
tout quand, comme c'est le cas, le com
missaire de police est une vadrouille,
toujours absente de son commissariat.
Mais voici une addition au constat,
qui est, cette fois, de la main de Bene
zech, ..rentré à son commissariat. Je de
mande qu'on. y prête attention : « Et le
& même jour, à 18 h. 15,
« la direction de F hôpital Lariboisière
« nous avise du décès du blessé.
« Le commissaire de police,
« Signé : Benezech. »
Donc à 6 h. 15 du soir [18 h. 15]
Benezech sait que l'enfant inconnu — et
qu'on a tout fait pour ne pas identifier
.— est mort à Lariboisière.
Or, on trouve, au dossier, le télégram
me suivant :
« 24 novembre 1923,
Commissaire Saint-Vincent^de-Paul
à Préfet de Police et Procureur
18 h. 50. Suis avisé qu'un jeune hom
me, paraissant âgé de 20 ans, a tenté de
se suicider, vers 16 h. 15, dans un taxi
boulevard Magenta, en se tirant une balle
de revolver-dans la tête. Etat grave. Admis
Lariboisière. Aucun papier
Ainsi donc, le commissaire Benezech,
prévenu, dès 6 h. 15. du soir, du décès
de son jeune inconnu, ne mentionne
pas le décjès dans le télégramme qu'a
6 h. 50, soit 35 minutes après, il adresse
au préfet de police et au parquet !...
!... !... C'est inouï !...
Il s'agit ici de pièces officielles , et
qui, par conséquent, ne sont point tru
quées. A quel trouble extraordinaire était
donc en proie le commissaire Benezech,
pour commettre une pareille bévue ?
N'était-ce point qu'il avait reçu déjà un
avertissement de la Sûreté générale —
ou /un émissaire — exigeant de lui» en
raison de ses fâcheux antécédents, une
collaboration discrète au maquillage du
erime en suicide et l'envoi, a l'Institut
médico-légal, du corps de l'enfant
inconnu ?
Benezech s'en va, quoi qu'il en soit ;
et, à neuf heures et demie du soir, arrive
le second secrétaire, le jeune Pierre Manh-
wal [23 ans] demeurant 29, rue Malot,
à Montreuil, lequel dépose, le 8 décem
bre 1923: « Le samedi 24 novembre der-
« nier, étant entré dans le cabinet de
« mon collègue Brune, qui était absent,
« pour y voir une liste d'adresses, trou-
« vée sur la personne d'un jeune homme
« qu'on disait suicidé, — liste qui
« m'avait été signalée par le garçon
« de bureau (!) — car je ne m'étais
« pas occupé personnellement de cette
« affaire et...» et plus loin : « Je télépho-
« nai au commissariat du quartier Saint-
« Thomas-d'Aquin, pour qu'on avisât
« monsieur Havard de la Montagne,
« dont le nom figurait sur la liste dont
« j'ai parlé, et cela aux fins d'identifi-
« cation du blessé conduit à Lariboi-
« sière. »
En somme :
1° En l'absence de Benezech, de 5 heu
res 1/2 environ à 6 h. 15, le jeune Brune
reçoit les instruments du prétendu « sui
cide » de Philippe, la déclaration du
menteur Bajot [contraire à ses déposi
tions ultérieures devant M. Barnaud],
bref « fait le nécessaire » et rédige un
procès-verbal.
2° Vers 6 h. 15 arrive le patron, Bene
zech, qui apprend ce qui est arrivé, et
reçoit, de Lariboisière, un coup de télé
phone, l'avertissant du décès de l'enfant
inconnu, qu'il ne cherche nullement
a identifier . Pas plus qu'il ne fait mettre
le taxi sous séquestre, Benezech ne se
fait présenter les vêtements du jeune
inconnu. A-t-il donc peur de savoir quel
il est ?
3° A 6 h. 50, trente-cinq minutes
après, Beneaech, pas pressé, avise du
prétendu « suicide » lfe préfet de Police
et le procureur de la République, en
passant sous silence le décès de l'in-
connu. J e vous dirai pourquoi.
4° Ici un hiatus, où disparaît Bene
zech...
5° A neuf heures et demie du soir, arrive
le secrétaire n° 2 Manhwal, auquel « un
garçon de bureau » communique la note
aux six adresses, et qui choisit, sur cette
note, pour rechercher l'identité du « sui
cidé » inconnu, l'adresse la moins
voyante, celle qu'il estime avoir le moins
de chances de donner un résultat. *
Imagine-t-on rien de plus insolite, et
tout cela ne pue-t-il pas la machination
et le truquage ? Il importe ici de se rap
peler que Léon Cagneux, participant
au guet-apens du 24 novembre, inspec
teur de la Sûreté générale, a un pied a
terre 118, boulevard magenta, dans le
quartier de Benezech, et qu'il est l'ame
damnée de cette effroyable crapule
qu'est D elange, controleur général
des Recherches, qui a maquillé us cri
me en suicide.
Delange, Blondel, Colombo et Ga
gneux, premiers rôles dans le meurtre de
Philippe, ont choisi l'hôpital Lariboisière
pour y expédier leur victime, Philippe
moribond, dans le taxi du chauffeur,
docile et menteur, qu'est Bajot, parce
que l'hôpital Lariboisière dépend du
COMMISSARIAT BENEZECH.
~ Léon DAUDET.
LA POLITIQUE
I. Un appel
au bon sens public
« La défense nationale n'a que faire de
« discours ; ce dont elle a besoin pour une
« meilleure organisation, c'est de l'argent
« et on le lui refuse. Refuser les crédits
« nécessaires, diminuer constamment les
« effectifs, s'opposer à la convocation des
« réservistes, c'est faire consciemment ôti
« non le jeu de ceux qui veulent suppri-
« mer l'armée et enlever à ce pays les
« moyens de se défendre. Six ans après
« les effroyables épreuves de la guerre, en
« face d'une Allemagne qui se réorganise
« militairement et chez laquelle l'esprit
« de revanche se combine avec le désir de
.« ne pas nous payer, on n'a pas le droit
« d'affaiblir militairement la France. Lors-
« qu'un pays a souffert comme le nôtre, et
« qu'il a été exposé à tant de périls, il
« y a tout de meme des crimes qu'on ne
« doit pas commettre. »
Ces paroles fermes et sages ont été
dites par M. Maginot, au cœur de la Lor
raine, dans cette ville d'Epinal. où il im
portait de brûler du sucre et des aromates
sur les vestiges des misères et des nigau-
derics de M. Herriot. M. Maginot tient; sur 1
ce point majeur, le langage qu'il faut tenir.
Il s'était honoré au ministère de la Guerre
en refusant, malgré l'exemple de prédé
cesseurs immédiats, de consentir aucune
réduction sur le budget de la Guerre. Nous
l'en avons félicité èn temps utile. Il main
tient ses doctrines dans l'opposition. Nous
lui renouvelons ces justes compliments.
II. Etrange compagnie !
Mais nous ne pouvons pas lui dissimu
ler la contrariété qu'éprouvent un grand
nombre de Français de tout parti quand'
ils trouvent M. Maginot, et avec lui un cer
tain nombre de personnages consulaires
que leur âge, leurs titres, leur indépen
dance d'esprit honorent ou distinguent
ont-ils pas assez de se faire battre dans
cette armée ? N'ont-ils pas dîné et soupe
de cette étroitesse de vues, de cette bas
sesse d'esprit, de cette rigide et balourde
mesure des choses et des gens ? Nous
avons toujours rendu à M. Millerand et à
ses états de services, la justice qui leur
était due- Rue Saint-Dominique, au quai
d'Orsay, il a fait de bon ouvrage dans les
compartiments spéciaux où le hasard l'a
vait placé. Nous n'oublions ni l'envoi de
Weygand en Pologne, ni les deux réorgani-
"safiôns" de 19J2" et de 1914-15 àu ministère
de la Guerre. Mais un parfait commis du
roi n'est pas nécessairement un chef d'Etat
ni même un chef de parti. Quand il faut
prendre des décisions générales, M. Mil
lerand se trompe à peu près inévitable
ment parce, qu'il ne possède ni la hauteur
de l'intelligence ni la fierté du cœur. Sans
remonter dans son passé d'avant la guen-e,
n'est-ce pas lui qui, à l'automne 1919, prit
cette responsabilité honteuse tb faire des
distinctions politiques entre ]:-s patriotes
qui sortaient des tranchées r>, par un
hardi baptême à la Gorenflot, d'appeler
Bloc national un « bloc » qui ne contenait
que des républicains. Certes, la manœuvre
s'expliquait par le désir ardent d'écarter
les royalistes de la Chambre, mais elle
a été payée par l'état « decerebré et disso
cié » d'une Chambre où l'élément royalis
te, ferment du nationalisme, n'avait pu
obtenir l'importance que ses services et
ses vues de guere lui avaient méritée.
Le même M. Millerand, essuyant le résul
tat de cette vilenie et de cette sottise, a
tout lâché en juin 1924, après avoir ac-
noncé qu'il maintiendrait tout : c'est que
la lutte â ce moment-là lui semblait diffi
cile et aventureuse, il ne se disait pas
que son lamentable, recul dans l'opposition
coûterait à la France, à Londres, à Genève,
dans la Ruhr, sur le Rhin, d'irréparables
pertes, des ruines que rien ne relèverait !
Ceux qui prennent ça pour un chef ne
sont pas difficiles. Je fais tous mes com
pliments à ces moutons qui ont la vocation
de l'abattoir : la défaite leur semble la
plus naturelle des choses. Millerand leur
en procurera autant qu'ils en voudront.
Il est fait à leur mesure, ayant donné la
sienne au moment où, maître de l'Etat, il
a livré l'Etat à ses adversaires ! Chacun
peut dire à vieil Alexandre comme à la
grand'mère Eve :
Qu'on te rende le ciel tu le perdras encore !
L'opération peut recommencer indéfini
ment. Mais ces exerçices de gymnastique
morale devraient cesser, depuis longtemps,
d'occuper des esprits sérieux entre • les
quels, nous aurions plaisir à ranger M. Ma
ginot et quelques-uns de ses compagnons.
III. Quand l'Homme de parti
parle de la patrie
Les discours de M. Herriot aux journa
listes de son intimité ont produit l'ef
fet que nous prévoyions. Ces nouveaux Ca
quets de l'accouché l'ont fait conspuer à
la ronde. Ceux qui ne sifflent pas rient ou
sourient. La revue de la presse fait un
curieux tableau de ces mouvements du
public.
Un fiasco si mérité reste incompris du
principal intéressé. Pourquoi ? Parce que
M. Herriot est très bête. 11 a ces deux pô
les : mensonge et bêtise. Il n'a pas compris
que ses trémolos pathétiques au nom de
la patrie, ces appels indignés dans le vo
cabulaire d'un nationalisme sans frein, ne
pouvaient" pas porter venant d'un homme
qui conçoit, pose, traite et résout tou
tes les affaires françaises du point de vue
dés intérêts ou des principes d'un parti
« Homme de parti ! > lui criait-on hier à
Epinal. C'est la vérité même. Une fois em
bourbé par les intérêts, le personnel, la
mystique même de sa bande.ee factieux de
métier atteint au frlus pur ridicule quand
il se met à invoquer ces règles _ de « l'u
nion sacrée » qu il fut le premier à dé
faire et à renier non seulement dans ses
déclarations ministérielles, mais dans les
harangues aux électeurs du 11 mai- L'hom
me du 11 mai qui proteste, la main sur son
cœur, ne vouloir laisser faire aucun mal
au pays: ressemble à Lacenaire ou à Tropp-
mann faisant un rempart de leur corps à
la vifctime abattue et pas encore morte.
Evidemment, les bons assassins ne veu
lent pas qu'elle ait le désagrément de périr
d'un autre surin que le leur. M., Herriot
joue le même jeu.
Tout le monde se moque de lui, et le
malheureux ne l'a pas volé. Mais un éclat
de rire, qui égayé la situation, ne la règle
pas.
IV. Ce que peuvent
les citoyens et les fonctionnaires
Il faut en revenir toujours au grave
questionnaire d'hier. Il est annoncé aux ci
toyens, de source sûre, par des renseigne
ments concordants et vérifiés, qu'ils se
ront attaqués. Les citoyens se mettent na
turellement en défense. Les organisations
militaires et les grands services de maté
riels qui en dépendent sont aussi avertis
qu'ils seront assaillis très vite, que l'in
surrection s'efforcera de leur arracher les
armes et les munitions qu'ils conservent
pour la patrie. Avec le patriotisme qui
leur est naturel, ces services, ces organi
sations prennent les précautions que com
portent de tels avertissements : revue des
postes, renforcement des effectifs, contrôle
de la surveillance. Rien de plus naturel.
Le devoir du citoyen est d'assurer sa légi
timé défense. Le devoir du militaire, de ne
pas. -v -laisscr.ravir les armes qiril a l hort-
npùr-fle porter ni chasser des postes glo
rieux dont le pays lui a confie la garde :
c'est ce qu'a dit avant-hier, dans une ma
gnifique réunion d'Action française, en
termes saisissants, notre éminent ami et
président d'honneur, l'amiral Schwerer :
«■Je mesure toute l'importance des paro
les que je prononce ici ce soir. En fait de
devoir militaire, je n'ai de leçon à rece
voir de personne. Je sais fort bien qu'un
militaire n'a pas à faire de politique, car
il est la France et non pas un régime, mais
je dis aussi que devant l'emeute révolu
tionnaire un officier general, un colo
nel ou un chef de corps qui ne ferait
pas marcher sa troupe, quels que soient
les ordres du gouvernement," serait un
criminel.
« Il ne s'agit pas en effet ici d'un régime
politique, mais de la Patrie et de la Civi
lisation. »
Tel est le devoir militaire, défini par ce
noble soldat. Le devoir de défense pri
vée prescrit aux citoyens par le salut
public n'est pas moins éclatant. Mais tout
cela n'est relatif qu'à des membres de
l'Etat, à des éléments ou à des portions de
l'Etat. Est-ce que l'Etat lui-même n'a pas
des devoirs spéciaux ?
Y. Ce que
peut et _ doit faire l'Etat
Est-ce que l'Etat, un Etat normal a le
droit d'attendre sur ses positions que les
ennemis de la patrie et de la civilisation
aiejnt achevé et fignolé dans toutes ses par
ties leur complot révolutionnaire, lui
fassent une guerre des rues en règle, sans
leur opposer autre chose que des « pré
cautions » ou des «défenses».
Est-ce qu'un Etat, un Etat normal a le
droit de laisser soumettre au régime de
la cellule ou du rayon, au régime, du noyau
tage universel ses administrations civiles,
ses administrations militaires et mariti
mes, jusqu'au jour où la perversion, la cor
ruption, la dissolution de tout rendra
l'universel effondrement non pas possible,
mais certain ?
Est-ce qu'un Etat, un Etat normal a le
droit de laisser l'anarchie pénétrer les usi
nes, les bureaux, les comptoirs, les banques
et y introduire en toute sûreté, en toute li
berté, non seulement les idées et les mœurs
révolutionnaires, mais une organisation ré
volutionnaire prête à faire sauter ce qui
compose encore aujourd'hui la propriété
et le patronat ?
Nous posons aux Français la question :
l'Etat fait-il son devoir en laissant s'exer
cer un pareil noyautage dans le corps ad
ministratif, militaire et civil ? L'Etat qui
voit le mal naître et grandir et n'use pas
des moyens d'état pour le briser, qui ne
prend aucune mesuré d'offensive directe
du indirecte pour l'écraser, cet Etat fait-il
son devoir et son métier ? Cet Etat est-il
un Etat ? Le mal menace tout le monde.
L'organe chargé de protéger tout le mon
de ne protège rien ni personne : songeant
seulement a protéger, le cas échéant,
pour une heure tardive, quelques-uns de
ses moyens d'action, armes ou instru
ments, il laisse aux citoyens et aux fonc
tionnaires le soin d'assurer le devoir et
le salut. Un tel Etat n'est-il pas un Etat
démi jionnaire ?
La question est sur toutes les lèvres.
Elle a déjà produit ses conséquencès dans
tous les esprits. Offensive anticommuniste
ou démission. C'est le dilemme de tous
ces derniers matins.
VI. Perplexité et inaction
bien républicaines
Les défenseurs de notre Etat carent, de
notre Etat absent ont beau nier les évi
dences qu'ils ont eux-mêmes proclamées,
car enfin le Quotidien a bien publié la cir
culaire 128j d'ailleurs arguée de faux par
les communistes, au lieu que nos infor
mations ont été vérifiées par l'événement,
ils ont beau chercher les diversions, tor
turer les textes, oublier de nous remercier
d'avertissements qui ont pu détourner des
malheurs. Cela compte pour rien devant
le fait. Des citoyens, des fonctionnaires
sont naturellement réduits aux « précau
tions » et à la défensive, mais l'Etat, lui,
qui peut et doit prendre l'offensive,
ne la prend pas. II trahit. Il trahit encore
quand il la prend. II envoie sa police à
Bobigny, mais prévient M. Clamamus. M.
Pierre Bertrand peut être fort malin, et
M. Herriot superlativement imbécile, toutes
leurs combinaisons de sottises et de roue
ries ne peuvent rien changer au sentiment
public qui exige de l'Etat une offensive
et une offensive loyale, et une offensive
efficace contre les destructeurs de la sûreté
et de la prospérité du pays. Nous payons
l'Etat pour cela : s'il ne fait pas son métier,
il viole sa charte et nous vole.
Oh ! nous sommes loin de méconnaître
les extrêmes difficultés d'un effort de ré
pression sérieux. Cela est difficile à ces
bons, à ces vrais, à ces purs républicains.
L'encouragement au communisme, c'est la
République. Comme disait Jaurès, elleest la
grande meneuse. Qui dit Communisme dit
mise en commun, partage entre tous de la
propriété. Mais qui dit République dit mise
en commun, partage e'ntre tous de l'auto
rité. Les bienfaits de l'autorité ont été rui
nés par le système républicain, les bien
faits de la propriété ne seraient pas
moins ruinés par le système communiste.
Mais qui défend l'un l'un amène l'autre.
Si nigaud qu'il soit, M. Herriot sent cela.
VII. Le réveillon rouge
est-il décommandé ?
Alors, il cherche. On cherche autour de
lui. Q.n négocie avec les révolutionnaires.
On demande aux communistes un sursis
et une accalmie. Et eux-mêmes se rendent
compte qu'ils y ont intérêt. Le sentiment
public est alerté et même alarme. Une
tentative armée serait roidement reçue,
reconduite tambour battant. La distrac
tion, la négligence, l'indifférence publique
offraient, le mois dernier, de bien meil
leurs matériaux à la révolution. Que celle-
ci feigne de s'endormir un peu, ce sera
tout- profit pour elle, et le petit répit ac
cordé à l'Etat radical socialiste procurera
un bénéfice centuple aux bons communis
tes. Toutes les informations concordent
pour nous représenter la thèse de l'accal
mie et du sursis comme acceptée par la
<-iirection du parti moscoutaire.
La semaine de réunions a été mollement
conduite Le ^ tous ftu Pre -Saint-Gci-
vais » n'a pas- été articulé bien vi-
"ourou'îcmcnt, et Ton s'est contenté ci un
rendement très faible. Les faits^ qui se
voient et les faits qui ne se voient pas
semblent converger, il y a tendance à
renuser le réveillon rouge comme on Et re
porté, par force et par sagesse, les explo-
sions promises pourrie 18 décembre, les
mouvements annoncés pour la nuit de
vendredi à samedi en banlieue. Avec le
concours du gouvernement, on va essayer
de rendormir le bourgeois.
Mais attention ! Le moscoutaire ne se^
rendort pas, lui. Le recrutement continue.
Et le noyautage redouble. L'argent de Mos
cou.continue à couler pour corrompre les
fonctionnaires, énerver la défense publi
que. dissoudre la défense privée. La scien
ce d'exciter les hommes, celle de les orga
niser en silence, d'exploiter les ran
cunes, les mécontentements, les ennuis,
les dépits, les haines est poussée extrême
ment loin par ces artistes en révolution
qui sont venus d'Orient tout exprès pour
cela. Et, là-dessous, fermenté le messianis
me mvstique dont l'école primaire offi
cielle â déposé le germe dans les cerveaux
de tout électeur laïque, organisé et con
scient. Jamais le recrutement n'a' été plus
actif'et plus productif. Les effets en seront
terribles si, comme on l'assure, les mos-
coutaires se décident à attendre la crise
économique imminente et peut-être autre
chose de plus sérieux.
Devant, ce péril aggrave, l'Etat est
immobile par la volonté des hommes qui
le conduisent. Par sa propre nature, il
est désarmé...
Que les citoyens prennent garde ! En la
carence de l'Etat, des dommages immenses
sont suspendus sur la société et sur la na
tion,
Charles MAURRAS.
P.-S. — Etudiant en droit. — Merci lettre
très intelligente sur l'origine des idées libé
rales et démocratiques. C'est bien cela,
l'Acfion • française' l'a toujours compris
EO
Le rhum Saint-James doit à son origine célèbre
(Grands crus de Saint-James, Antilles), d'être
unanimement recommandé par le corps médical
pendant les périodes humides et froides de l'hiver.
L'emploi du lait ou du grog au rhum Saint-James,
contre les rhumes, grippes, refroidissements, est
classique dans tous les pays.
V%
A tous ceux qui, par la grâce des dieux, savent
se réjouir des bonnes choses, aux vrais et fins
gourmets nous adressons cette prière : Goûter les
Chocolats Fourey-Galland. Les créations de ce
chocolatier sont d'un art inimitable. Maisons :
3, avenue Victor-Hugo (Etoile) et 124, faubourg
Saint-Honoré (angle de la rue de Penthièvre).
w
Au, Lys Royal, chocolatier, 13, rue de la
Pépinière (Tél. : Central 61-94).
« C hocolats exquis »
Présentation parfaite
Nous apprenons les fiançailles de Mlle
de Mas Latrie avec le commandant Henri
Robin, capitaine de vaisseau en retraite,
commandeur de la Légion d'honneur, dé
coré de la Croix de guerre, qui, pendant
la guerre, commanda successivement une
escadrille de contre-torpilleurs, puis un
cuirassé d'escadre, et fut attaché naval
â Borne. '
Nous prions la très dévouée secrétaire
des Jeunes filles royalistes et le comman
dant Robin qui a été candidat sur les
listes d'Action française d'agréer nos fé
licitations et nos vœux les plus chaleu
reux.
A VERDUN
Le radical-socialiste Montigny
se fait conspuer
Verdun, 21 décembre. — Aujourd'hui
à eu lieu une réunion du parti radical
et radical socialiste du département. Le?
chefs du parti qui s'étaient rendus la
veille à Paris, pour faire venir le ministre
de rintérieur, n'ont ramené avec eux que
le député radical socialiste Montigny.
Faute de grives-..
A la gare ils étaient attendus par cent
cinquante radicaux, la plupart étrangers à
la région. On remarquait dans ce groupe le
trop ïameux Charles Humbert.
' Plusieurs dé nos amis assistaient à l'ar
rivée, décidés à s'abstenir de manifester,
si la réception n'avait eu aucun caractère
officiel.
Mais, dès la descente du train, quelques
cris — assez rares d'ailleurs — se sont éle
vés : « Vive Herriot ! Vive la paix ! *
Nos amis ont alors répondu vigoureuse
ment par ceux de : « A bas les sectaires !
Vive la France ! », puis ils ont eu l'occa
sion de dire que le gouvernement d'Herr
riot n'était qu'un gouvernement d'embus
qués-
Cette brève réaction a décontenancé les
arrivants, qui ont quitté le plus vite possi
ble et dans le désordre, cette gare inhos
pitalière- ,
L'impression à Verdun $ été exceUente,
LA RESOLUTION DE M. MUSSOLINI
L'Allemagne
et le 10 janvier
Le fascisme est dans une situation diffi
cile. Comment sortira-t-il de là ? dçman-
dions-nous il y a deux-jours. M. Mussolini
a donné une réponse étonnante : ,il ira
devant les électeurs, il invitera l 'opposition
à un combat loyal. Plus de listes marquées
du faisceau avec garantie de majorité. Plus
même de proportionnelle : .le vieux scrutin
uninominal, notre scrutin d'arrondissement,
celui des Anglais, sera rétabli.
Ici, la pensée de M. Mussolini reste
mystérieuse. De deux choses l 'une: ou
bien, assailli de difficultés insolubles^ il a
trouvé ce moyen élégant d'abdiquer ; ou
bien il se prépare à une nouvelle sorte de
lutte. La première hypothèse semble mal
s'accorder avec son caractère. Dans la
seconde, quelles chances de succès peut-il
.avoir ? ■ - ■ - ■' . -. -
De même que nos radicaux, peut-être se
dit-il que le scrutin d'arrondissèment est
conservateur du gouvernement établi. Il est
plus facile d'agir sur une circonscription
que sur des masses. On s'expose à de
moindres hasards. Les mouvements d'opi
nion sont brisés ou prennent moins d'am
plitude. Tel peut être le calcul de M.
Mussolini. Appuyé sur l'administration et
les organisations fascistes, il considère sans
doute qu'il ne lui est pas interdit d 'espérer
un succès. C'était le système de Napo
léon III, repris par le radicalisme fran
çais. M. Mussolini en serait-il à l'Empire
libéral? Ou bien rend-il les rênes à M.
Giolitti ?
Il est curieux, en tout cas, de remarquer
ce nouveau déclin de la représentation pro
portionnelle. C'est un système que les
Anglais, inventeurs du régime parlemen
taire, n'ont jamais admis. Inventé pour
corriger les vices de ce régime, il les a
aggravés. Il les a parfois poussés jusqu'à
l'anarchie.
En Allemagne, où les partis sont mul
tiples et tranchés, il fait du gouvernement
une sorte de jeu de patience; Tantôt 1 e'est
un groupe qui .tient tout en .échec, tantôt
c'est l'autre. Cependant, on ne peut s'em
pêcher de remarquer que la constitution du
ministère a été remise au 10 janvier. Le
chantage pour l'évacuation de Cologne est
évident : la presse allemande menace d 'un
ministère de droite si la première zone n?est
pas évacuée. Le chantage réussira-t-il ?
C'est toute la question. — J. B. ■
Vicaires et défaites
de la
Ligue des Droits de l'Homme
en 'Rhenanie
Mayence, 10 décembre. ;
La politique de guerre civile qui est,
pour le moment, le seul résultat tangible
de la victoire remportée par le bloc des
gauches le 11 mai, porte ses fruits en
Rhénanie. Les Français, jusqu 'ici, présen
taient à l'ancien ennemi un front uni. Pas
de politique intérieure, pas de querelles
intestines. Commerçants, fonctionnaires,
officiers avaient à cœur de faire leur mé
tier, et rien que leur métier. La ■ « Ligue
des Droits de l'Homme t> a changé cela-
Ses sections locales, sorties de terre an
peu partout après l'arrivée au pouvoir de
M. Herriot, ont tout d'abord voté à tour
de bras des ordres du jour blâmant la po
litique de la Ruhr (afin, probablement, de.
faciliter sa liquidation !) et demandant la
réintégration des cheminots révoqués
(pour maintenir l'union sacrée à la regie
franco-belge !) •
Elles ont ensuite apporté un concotirs
aussi ardent qu'irréfléchi aux tapageuses
manifestations pacifistes des mois de juil
let et d'aôût. 'Ce fut l'époque héroïque
où Grumbach et Breitscheid déversaient
à Mayence-ou à Wiesbade des 'torrents
d'éloquence franco-allemande sur des fou
les inondées de soleil et de bière — - l'é
poque où de belliqueux disciples, va-t-en-
guerre impénitents, accompagnaient au
train de Paris leur vieux pontife Ferdi
nand Buisson, aux cris de : « Vive" la
paix ! Mort à Daudet ! » et menaçaient
de casser la g... à un paisible civil ■ qui
souriait obstinément, de la fenêtre d'un
compartiment voisin.
Cet enthousiasme guerrier tomba assez
vite, et les pitoyables exhibitions aux
quelles se livra, en octobre dernier, le
général Verraux, flanqué d'un compère
allemand de même grade, ne connurent
qu'un succès d'estime. Ce grand chef
d'avant-gucrre ' ne négligea rien, cepen
dant, des saints principes de la stratégie
électorale. Il appela' à son secours, pour
réveiller les masses un peu figées,- mal
déridées par l'annonce de la grève des
généraux, le super-Zeppelin d'Amérique,
la vraie machine à faire la paix, comme
chacun sait. Son cornac, répétiteur au
lycée, pointant un doigt vengéur dans la.
direction des membres de la presse, le
présenta comme un oiseau rare, ' un""gé
néral pas ordinaire, ajoutant : « Et vous,
messieurs les rédacteurs, faites savoir au
monde ouc nous lui déclarons la paix ! »
Le inonae n'en sut rien. La salle ne vibra
pas ; la T.S.F. non plus. Le cœur n'y
était plus. ■
Aujourd'hui, la discorde règne au camp
d'Agramant. Le préfet de police de Wies
bade, qui se croit tout permis depuis que
les champions de M. Herriot ont .obtenu
le retrait de son expulsion, a fait coffrer,
sans autre forme de procès, un commer
çant français, M. Victor Bondon. Relâ-
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