Titre : L'Action française : organe du nationalisme intégral / directeur politique : Henri Vaugeois ; rédacteur en chef : Léon Daudet
Auteur : Action française. Auteur du texte
Éditeur : Action française (Paris)
Date d'édition : 1924-12-13
Contributeur : Vaugeois, Henri (1864-1916). Directeur de publication
Contributeur : Daudet, Léon (1867-1942). Directeur de publication
Contributeur : Maurras, Charles (1868-1952). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb326819451
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 57453 Nombre total de vues : 57453
Description : 13 décembre 1924 13 décembre 1924
Description : 1924/12/13 (Numéro 348). 1924/12/13 (Numéro 348).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG87 Collection numérique : BIPFPIG87
Description : Collection numérique : BIPFPIG69 Collection numérique : BIPFPIG69
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k762162j
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, GR FOL-LC2-6354
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 18/01/2011
Dix - septième année - N° 348
iLi^
45 centimes. S kihb »t S eise-bt -O ish
20 centimes. DÉPinTEMExiB et C oi/ohibs
ABONNEMENTS s toAn. s!il «k TraiHA.
Franco et Colonies; . 48 fr. s5 fr. z3 fr.
Etranger 8a » 4a » aa »
Chique postal s Compte a3.gqp Paris.
Samedi 13 Décembre 1924 |
ORGANE DU NATIONALISME INTÉGRAL,
cr Tout ce qui est national est notre. »
Le Dac d'ORLÉANS
héritier desquarante Hols qui en mille ans firent la Franeew
BËDAGTIOW & ADMIfflSTRiTIOU*
ib, rue de Borne» PARIS (8")
Adresse télégraphique ; ACTI0FB.AN-PAR1S
Téléphone : Administration : Louvre 36-49, sW*
Rédaction : Central 7JM4 Publicité : Central 76-77
Après 10 heures du soir : Ségor ïi-éâ
Registre do Commerce : Seine h' 78.58a
Fondateur 1 HENRI VAUGEOIS — Directeurs politiques : LÉON DAUDET et CHARLES MAURRAS —- Rédacteur en chef s MAURICE PL JO
« Nous approchons à grands pas de
l 'état où se trouvait l'Italie de Nitti,« »
Pierre TAÏTTINGER,
dans ta Liberté.
OBJECTION : Dans l'Italie de Nitti
il y avait Mussolini qu'a rendu pos
sible le roi Victor-Emmanuel.
La « Révolution Nationale »
et la « Justice Républicaine
Voici le nouveau volume de Valois. :
La Révolution nationale, dont le titre
signifie que l'ordre nouveau, national,
professionnel, provincial, c'est-à-dire
rotal, ne peut s'instaurer que sur les
ruines et débris du désordre, ou mieux,
du chaos politique et social actuel. Il
s'agit de reconstruire et vivement. On ne
peut reconstruire dans l'amas de démo
litions, eupliémiquement qualifié de « dé
mocratie victorieuse » par ce chaleureux
dindon de Herriot, cômme par les ex
traordinaires et sinistres gourdes qui
s'appelèrent Waldeck-Rousseau, Mille*
rand, Poincaré et compagnie. La niaise
rie de ces « juristes » incendiaires et de
'leurs concepts, relavures de Diderot et de
Rousseau, reprise par la phraséologie ro
mantique, est au moins aussi frappante
et écœurante que leur nocivité. Aujour
d'hui, les étudiants les sifflent. Demain,
quand sera balayée une administration
radicale -socialiste, dont on ne sait si elle
est plus désuète que pourrie, ou plus
pourrie que désuète, c'est toute la France
ressaisie qui les sifflera.
Je n'entrerai pas plus dans l'examen
critique des problèmes soulevés par Va
lois que je ne suis entré l'autre jour dans
l'examen-critique ae3 problème soulevés
par Maritain. Ce que Valois dit de la
nécessité de collaboration de l'élite des
classes, pour la restauration de demain,
de tout à l'heure, est l'évidence même.
Le rôle exclusif qu'il attribue au combat
tant dans cette réfection, comme sa cri
tique du rôle de la bourgeoisie, depuis
un siècle, appellerait, de ma part, plus
d'une réflexion. Le combattant a été,
jusqu'ici, terriblement timoré et docile.
La paysannerie a fait la bourgeoisie par
l'épargne, qui permet d'instruire les en
fants. Ce flot n'est pas interrompu. Des
cendu de petits vigerons du Midi et de
petits artisans bretons par l'amalgame
classique et traditionnel, je suis natu
rellement attaché à la moyenne bour
geoisie par toute mes fibres, comme par
ma reconnaissance envers mes ascendants.
Ils ne m'encombrent pas ; je n'entre pas
dans la formule, trop figée, selon moi, de
Barrés ; mais je les aime bien et je leur
sais gré d'avoir mis de côté l'argent né
cessaire à mes études. « Vive labeur ! »
disait Jeanne d'Arc. Je dirai aussi « Vive
culture ! », qu'elle soit de champ, ou
d'intelligence. Le problème de l'enseigne
ment est capital, et ne peut être résolu,
comme celui connexe du travail, que par
le RoL
Mais le soi$met de l'ouvrage de Valois
est, à mes yeux, le chapitre consacré au
« lac sacré » de la civilisation (la Méditer
ranée) et à la menace d'assaut des bar
bares. Ce n'est pas pour rien qu'un ci
toyen de Maillane — auquel l'imbécile
Académie française a préféré ce trognon
de Jean Aicard — a rénové l'esprit latin,
en le reportant à ses racines et traditions;
qu'un citoyen de Martigues —■ auquel
l'imbécile Académie française a préféré
ce détritus de Jonnart — a réappris,, à
cet esprit latin, avec la prééminence de
l'action politique, l'unique moyen de son
salut, qui est celui de la civilisation. Que
de fois, assis au bord de la Méditerranée,
ayant devant moi les nappes bleues où
voguèrent les saintes Maries, derrière
moi le petit sanctuaire grisâtre et battu
par le vent, je suis entré dans cette médi
tation sur la sauvegarde du trésor sans
prix où Dante et Mistral continuent et
complètent Virgile et Lucrèce. Mais inu
tile de recommencer ici l'admirable et
récent discours de Mgr Charost sur la
force bien dirigée et sur les maux de la
subversion barbare.
C'est ainsi que le livre de Valois, élo
quent et prenant comme tout ce qu'écrit,
comme tout ce qu'énonce le premier éco-
nomiste du royaume de France, ouvre des
fenêtres sur la résistance et la contre-
attaque aux insanités qui menacent de
submerger tout. Je lui sais gré enfin de
prouver que résister ne suffira pas. D'ail
leurs, on ne résiste qu'en contre-atta
quant. Mais celui-là seul se bat bien,
pour ses autels et pour son foyer, qui a
dans l'esprit une vue claire, ou, comme
nous disons, une vue d'acte. Agir, c'est
discerner, non seulement son but, mais
son mobile. Pour discerner, il faut com
prendre; et l'on ne comprend qu'en mé
ditant. Se concentrer,. avant de se dé
ployer, c'est la condition de toute vic
toire. ■
Henri Dutrait-Crozon, c'est le Tacite de
l'histoire contemporaine. Je vous parle
rai un jour, en long et en large, de cet
extraordinaire auteur, auquel nous de
vons Joseph Reinach historien, Gambetta
et la Défense nationale, et ce chef-d'œu
vre qu'est le Précis de VAffaire Dreyfus.
Flaubert parlait de cette matrice de bron
ze, où est coulé le langage des annalistes,
romains et qui n'admet aucune bavure,
même brillante, aucun copeau, même d'or
authentique. Ainsi en va-t-il pour Dutrait-
Crozon. Le monument qu'il élève lente
ment, modestement, sur d'inébranlables
assises, est lui aussi œrc perennius j>.
Ce maître caché est un grand maître.
Vous trouverez dans la Justice répu.
blicaine de Dutrait-Crozon, récemment
paru chez Valois, un résumé définitif
de l'Union générale, du procès AVilson,
de l'affaire Humbert, du Panama, de l'as
sassinat de Calmette et des Hautes-Cours.
Ce* scandales du régime, marqués tous
du rnSme abaissement de la magistrature
assise — abaissement qui tient essentiel
lement aux remous poétiques et policiers
de la démocratie — ces scandales d'argent
et de sang sont tracés à l'eau-forte, sans
plus. L'essentiel y,est marqué d'un trait
définitif. On y voit notamment, par la dis
grâce du juge Vigneau [affaire WilsonJ,
ce que pèse la fameuse séparation des
pouvoirs, dont a usé éperdument Poin
caré, pour couvrir son immonde et san-.
glant beau-frère, le contrôleur Lannes, et
le complice de celui-ci. Marlier. dans
l'affaire de mon malheureux fils.
Dutrait-Crozon écrit; à la page 25 de
son nouvel ouvrage, après avoir exposé
le cas historique du juge Vigneau : « La
« règle du secret de l'instruction n'em-
« pêche cependant pas de le frapper.MaiS
« elle interdit, paraît-il, selon le prési-
« dent Poincaré, de sévir contre un fonc-
« témoin pour déverser un « torrent
« d'horreurs », dont il a d'ailleurs soin
« de ne pas se porter garant, sur ur.
« plaignant, à la condition, bien enten-
« du, que ce témoin soit un ennemi .du
« régime. »
L'avilissement des caractères, consé
quence fatale de l'obscurcissement des es
prits par le libéralisme, est une caracté-:
ristique de notre époque. C'est pourquoi
ceux qui se tiennent fermement a la doc-"
trine de la raison, qui est celle du salut
public, sont certains de l'emporter à un
moment donné. C'est non seulement une
de nos fiertés, mais une de nos meilleures
assurances de victoire, d'avoir parmi nos
auteurs un Dutrait-Crozon, qui poursuit
uniquement le vrai et le. juste, sans se
soucier d'aucune autre considération.
Quand la France sera restaurée,.quand
la sécurité royale aura succédé aux inces
santes révolutions, aux invasions et aux
guerres issues de toute démocratie, quelle
qu'elle sony plébiscitaire, ou parlemen
taire, quand le souvenir d'un Miller and,
d'un Poincaré ne sera plus qu'une mépri
sante risée, quand les policiers assassins-
d'un héros et d'un enfant seront dûment
exécutés, quand les voleurs auront rendu
gorge,, quand les choses seront remises
dans leur axe, et les corps sociaux dans
leur hiérarchie, quand le travail et le
métier auront la parole à la placï des
banquiers, refoulés dans leurs comptoirs,
quand l'accès aux Humanités, libératrices
de l'esprit humain, sera rendu possible à
tous, alors Dutrait-Crozon aura sa place.
Educateur et formateur d'intelligences,
iï sera lu et enseigné dans les écoles, ly
cées et collèges de la monarchie. H sera
célébré aussi comme la seule voix indé
pendante d'une époque plate et menson
gère, où des institutions imbéciles et ho
micides tournaient les Français contre
leur Patrie. '
Léon DAUDET.
La messe
pour le docteur Maurras
Le service annoncé pour le repos de
l'âme du docteur Maurras, médecin princi
pal de la marine, a été célébré hier à l'égli
se Saint-Louis d'Antin. L'abbé Ottaviani a
dit la messe ; en l'absence de M. le cha
noine Sabbatier, curé de la paroisse, M.
l'abbé • Raffln, premier vicaire, a donné
l'absoute. La Schola d'Action Française,
sous la direction de Mlle Alice Lefèvre, a
exécuté, avec sa coutumière perfection, les,
chants de l'office funèbre. Une très nom
breuse assistance, au premier rang de la
quelle on remarquait S. A. R. la Princesse
Geneviève d'Orléans, comtesse de Chapon-
này, était venue apporter à notre ami le
témoignage de sa très profonde sympathie
douloureuse.
Nous regrettons de ne pouvoir donner
les noms de tous ceux qui se joignirent aux
Comités directeurs de l'Action française#
aux ligueurs, étudiants et Camelots du Roi.
On remarquait dans l'assistance de nom
breuses personnalités du monde politique*
littéraire et scientifique, ainsi que beau
coup d'amis et d'anciens compagnons d'ar
mes, qu'une amitié fidèle liait au docteur
Maurras.
3
LA POL1T1QU
I. Un Etat mystique
Ceux qui liront plus loin les discours
échangés entre M. Krassine, ambassadeur
moscoutaire, et le président de la Répu
blique française seront frappés sans doute
d'une particularité : tandis que M. Dou-
mergue nomme, une fois, le « peuple rus
se » et parle à plusieurs reprises des deux
«pays», il n'est pas dit un mot Je la Rus
sie ni du pays russe dans le discours de
M. Krassine : nos deux peuples, nos deux
gouvernements, un point, c'est tout. Si l'on
demande à M. Krassine ce qu'il représente,
il répondra : l'Union des Républiques so
cialistes soviétiques. Que cette Union soit
dans la lune, dans l'ancien monde ou dans
le nouveau,' il n'en est pas dit mot. Détail,
et négligeable ! Le moscoutaire ignore pa
trie et nation, le lieu de naissance, la nais
sance elle-même sont des éléments trop
matériels pour être recueillis dans son lan
gage officiel. On est d'une patrie par la
faute de ses pères, on est d'une nation par
'le malheur de sa naissance, mais on peut
et l'on doit faire partie d'un peuple par
le libre choix de la volonté consciente, par
la grâce de l'esprit pur.
t t — mm. a in «irtifî
vers une sorte de substance angejique.
- Lasanglante et boueuse histoire du bol-
chevisine montre une fois de plus que qui
veut faire l'ange roule forcément à la bete.
Mais il ne faudrait pas croire que de_ tel
les prétentions à l'idéalisme politique
soient particulières à la mystique orien
tale des révolutionnaires de 1917. Notre
révolution présente les mêmes stigmates,
et sa doctrine se continue chez ses adep
tes contemporains. Aux débuts du mouve
ment de 1789, le nom de « patriote » ne
désignait plus un patriote français, mais
se superposait très exactement à cosmopo
lite car il signifiait citoyen de toutes les
patries : il fallut la guerre, et de longues
guerres, pour rendre à ce mot son sens
humblement, glorieusement particu'ariste
et national. Les lecteurs de mon livre
la République et la Décentralisation (en
collaboration avec Paul-Boncour !) y verr
ront que, si le socialiste Eugène Four-
nière se déclarait partisan du fédéralisme,
il traitait avec horreur et dégoût ce qu'il
appelait « le fédéralisme de lieu », .Je
sentiment municipal et provincial attaché
îux caractères de la race et aux formes
du sol. Ceux qui ont lu mon Dilemme de
Marc Sangnier savent "qu'à la fondation
de la petite église, les sillonnistés ne vou
laient pas qu'il y eût un Sillon breton ou
provençal, bourguignon ou languedocien,
mais seulement lin Sillon' en Bretagne, un
Sillon en- Provence, un Sillon en Bour
gogne et en Languedoc. Ces pieux révo
lutionnaires voulaient exactement comme
les révolutionnaires impies commencer par
détacher leurs adeptes des liens pesants du
sang des pères et de la terre de la patrie.
Les bolchevistes ont poussé la doctrine à
l'extrême et, comme dirait un mathémati
cien, ils ont passé à la limite. Ils n'ont
rien inventé, ainsi qu'on peut lé voir.
II. U çl nouveau malentendu
franco-russe
Se conformeront-ils toujours à ce canon
théorique ? Oublieront-ils les intérêts éco
nomiques de leur « peuple » ? Perdront-
ils de vue les visées historiques de la
sainte Russie ? Cela est une autre paire
de manches î Personne ne le croit, per
sonne ne peut le croire. Bainville nous a
déjà contraints à prendre garde que Lé
nine et Trotsky négociaient dans la Bal
tique et la mer Noire exactement comme
les gouvernements tsariens. Refuser de s'a
vouer Russe n'équivaut pas à oublier les
traditions de Moscou et de Pétrograd. Peut-
être même est-ce commodité de . plus pour
les servir et les avancer. Le premier mou
vement des soviets est de se déclarer un
Etatpurement'spirituel,ou tout d'abord spi
rituel, à la manière de l'Islam. Mais, si
cette déclaration leur permet de s'annexer
pratiquement des centaines de milliers et
des millions d'âmes crédules, adhérentes
et fanatiques, ils n'en seront que plus forts
pour s'annexer ensuite d'appréciables
grandeurs de chair. Leur propagande spi
rituelle, leur influence morale serviront
leurs affaires, couvriront leurs sujets, sa
creront leurs empiétements. Si bien que
tous ceux qui auront traité avec eux s'aper
cevront que, sur quelque terrain que les
conversations aient été poussées, ils seront
en perte et en diminution, non seulement
parce que leurs propres nationaux auront
été gagnés à des vues de désordre et de
révolution, mais parce que ceux-ci seront
demeurés en même temps les serviteurs
dociles ou les complaisants naturels de
leurs frères en religion politique et que tout
ce qui tendra au'bien matériel, économique
ou politique, de leurs soviets sera consi
déré ailleurs comme une œuvre pie et un
exercice de gymnastique morale agréable
à la déesse. Evolution ou Révolution.
Nos pauvres gouvernements croiront
tantôt avoir affaire à un peuple, à un Etat
comme, un autre, et le Kremlin fonction
nera contre eux à la manière d'un Vati
can diabolique.-D'autres fois, ils se figu
reront avoir' devant eux un Etat de purs
philosophes, appliqués à manœuvrer du
point de vue des dogmes de 89, de 48 ou de
1917,et nos malheureux se heurteront à un
empire moderne dont la masse et la force
élèveront à la millième puissance leur pre
mier pouvoir moral de propagande et de
persuasion. Que de malentendus ! Mais ils
sont-, à peu près constants entre Russes et
Français. Ceux qui ont lu dans mon Kiet
et Tanger l'exposé de l'histoire de l'al
liance russe savent que telle fut, durant
longtemps la règle : pendant que nous
demandions aux tsars de nous couvrir con
tre l'Allemagne, ceux-ci ne rêvaient que
de nous marier à l'Allemagne contre l'An
gleterre. Et nous les écoutions, chapeau à
la main, bouche bée. Je serais bien curieux
de savoir si, tout au moins, ces attitudes
extérieures changeront. Je n'en crois rien.
C'est Krassine qui parle haut. C'est Her
riot qui file doux. Comme en 1894. Comme
en 1900. Comme en 1904. Comme en 1912.
Le malentendu franco-russe ' est d'un tel
ordre que nous y avons constamment le
dessous. Faute de quoi, l'affaire se gâte :
comme en 1917. Comme à Brest-Litovsk.
m. Herriot-Cachin par Blum
L'échec piteux de la manifestation d'à?,
vant-hier est-il dû à la seule énergie des
mesures policières autorisées par le gouver
nement ? Ne porte-t-il aucune trace des.
collusions si souvent observées entre M.
Herriot et M. Gachin par l'intermédiaire
de M. Blum ?
Le gouvernement, nous dit-on, a sans
duote tenu à faire dire à quelques ra
dicaux, insensés, trop heureux de se
rassurer à bon compte et de ré-enfourcher
leur dada : ;
«Vous voyez bien que le péril commu-
« niste est insignifiant ! Les réactionnai-
« res ne l'avaient enflé que pour prouver
« que leur organisation contrerévolution-
« naire est nécessaire. Ne nous laissons
« pas prendre à ce piège grossier : lé
« seul péril existant actuellement est le
« péril réactionnaire■ Sus-au fascisme,
« etc... »
Dans tous les cas, voici un renseigne
ment qu'il sera sage de méditer. Je le
transcris tel qu'il m'est arrivé hier :
Vous savez qu'hier au soir il devait y
avoir Gaie Saint-Lazare une grande mani
festation qu'annonçai Z'Humanité. Eh
■^>T"We.li !' Mcfions-nous. Je sais de- bonne
source que c'est une tactique communiste.
En prévision d'un grand coup qui est
proche, ces derniers veulent faire marcher
le gouvernement qui alertera la police
d'un côté comme ils. viennent de faire à
la gare Saint-Lazare. Et ils attaqueront
l'autre, lorsqu'ils auront fatigué le gouver
nement avec un certain nombre de comé
dies comme celle qui s'est déroulée hier*.
Soyez vigilants et suivez les événements
« avec précision. Les cellulards sont pleins
« d'entrain, la propagande ne cesse pas,
« elle gagne toujours, et j'ai saisi cette
« conversation entre gens de cellules. »
Un autre observateur des "manœuvres
moscoiiiaires fait observer que, si nos gens
avaient voulu faire un effort sérieux, le
jour fixé n'aurait pas été un jeudi, mais un
samedi.
Les petites comédies à trois, jouées par
MM. Blum, Cachin et Herriot, ne doivent
pas tromper la vigilance des citoyens.
Veut-on voir par un détail topique, de quel
côté s'exerce la véritable diligence des
pouvoirs publics? Deux jours avant la
manifestations de Quimper, l'Intérieur a,
par téléphone, essayé de joindre nommé
ment, de hauts dirigeants du réseau d'Or
léans, pour les «prier» au nom du gou
vernement :
1" De n'organiser aucun train supplé
mentaire ; . :
" 2°"De réduire" lé~nombre ■ des voitures
des trains normaux vers Quimper ; .
3® De ne pas aviser de ces dispositions
les orgainsateurs, de façon qu'aucun sys
tème de transport par camions ne soit pré-,
vu. :.....
Cela après les trains spéciaux et les 300
bons de transport gratuit imposés au
même réseau pour Jaurès !
IV. Le passé de M. le recteur Appell
Le temps nous manque pour examiner
dans tous ses détails la conduite de M., le
recteur Appell dans les affaires univer
sitaires de ces jours derniers. Mais il nous
est possible de relever un trait caractéris
tique. de son passé. Sa tyrannie, à l'égard»
des étudiants, et sa servilité envers le pou
voir ne datent pas d'hier. On va voir com
ment un héros, de la guerre a failli en
souffrir s'il n'avait été défendu par un
fonctionnaire digne de sa fonction. On'
écrti à Maurice Pujo :
Cher monsieur, j'ai lu avec indignation,
dans l'A. F. d'hier, que notre jeune ami
Christian Perra, élève au lycée Saint-Louis,
en a été renvoyé par le proviseur, pour
avoir manifesté contre Herriot dans la cour
de la Sorbonne. *
Comme ancien élève du lycée Saint-•
Louis, je tiens à protester hautement con
tre une mesure aussi odieuse, et je suis
sûr que tous mes anciens camarades m'ap
prouveront. Mais' cette mesure n'a pu être
prise qu'avec l'assentiment du recteur de
VAcadémie de Paris, M. Appel, celui qui,
l'antre jour, a fait établir sur les étudiants
dont la police venait de fouiller les porté-
feuilles, des fiches qui les suivront pen
dant toutes leurs études. Je voudrais qu'on
lui rappelât un fait d'avant-gàerre dont
lui et moi nous avons été témoins.
C'était en 1908, au moment des manifes
tations contre Thalamas; l'insulteur de
Jeanne d'Arc. J'étais à l'Ecole Centrale,
où M. Appel était professeur. Un de nos
camarades, Henru d'Argenton, avait été ar
rêté devant la Sorbonne pour avoir crié
« A bas Thalams » et avait été condamné
à plusieurs jours de prison. Le ministre
du Commerce, dont dépendait alors l'Ecole
Centrale, donna Fordre à notre directeur,
M. Buquet, de traduire d'Argenton devant
le conseil de l'école et de faire prononcer
son renvoi. M. Buquet, qui cependant, avec
ses allures de vieux général de cavalerie,
nous faisait tous trembler, répondit fière
ment au ministre que, si d'Argenton était
renvoyé de l'Ecole, il en sortirait avec lui.
Et le ministre politicien dut capituler.
Depuis, Henry d'Argenton est sorti bril
lamment. de l'Ecole Centrale. Et quelques
années plus tard, redevenu à la mobilisa
tion officier d'artillerie, il est mort glorieu
sement pour la France, avec 26 de ses ca
marades de promotion,suivant dans la tom
be, à 2 mois d'intervalle, le vieux directeur
qui n'avait pas voulu que la carrière d'un
de ses élèves fût brisée pour des raisons
politiques.
M. Appell, en fouillant ses souvenirs, se
rappellera certainement cette affaire, car i
faisait partie, à ce moment, du Conseil de
l'Ecole centrale. Il y avait alors des hom
mes à la tête des grands services publics.
Peut-être y en a-t-il encore, mais M. Appell
n'est pas de ceux-là.
M. Appell appartiet à une catégorie de
faux héros sur laquelle il est bon de l'en
seigner le public. Nous y travaillerons.
V. A nos ligueurs
Devant la crise révolutionnaire que tout
confirme, rien n'est plus important que la
discipline énergiqjie d'une action coordon^
née.
Nous avons dit'à plusieurs reprises que
les Ligueurs d'Action française ne peuvent
appartenir à une autre Ligue politique, et
que toute dérogation à ce principe d ordre
tutélaire entraînerait d'immédiates sanc
tions.
Le bureau de la Ligue me communique
la pièce suivante adressée au président
d'une de nos sections de province :
Paris,, le 12 décembre 1924.
Monsieur le Président,
Nous avons reçu aujourd'hui la visite
de M. X..-, membre de votre section.
De la communication qu'il nous a faite,
il résulte :
1°) Que, contrairement aux instructions
formelles données par la Ligue d'Action
française à ses adhérents, M. X... a accepté
de faire partie d'un groupement politique
étranger à l'Action française ;
2") Que M. X... a reçu de ce groupement
des instructions tout à fait contraires à
celles données par la Ligue.
Dans ces conditions, la Ligue ne pou
vant admettre aucune 'infraction à ses
disciplines, nous vous demandons de vou
loir bien avertir M. X..- qu'il a été rayé
à la date de ce jour des contrôles de la
Ligue.
Nous vous ? prions de faire toutes dé
marches utiles pour rentrer en possession
de la carte qui avait été donnée à ce li
gueur et nous la faire parvenir.
Il vous appartient d'informer vos li
gueurs que la même sanction devra être
prise dans tous les cas semblables.
Veuillez agréer, Monsieur le Président,
l'expression de- Ynes sentiments dévoués.
Le . principe de bon sens auquel nous
nous référons n'a pas besoin d'être dé
montré. Des Ligues amies, des Ligues con
vergentes peuvent donner des instructions
différentes des nôtres. La Ligue A
dit à son militant : vous irez défendre le
drapeau français à Ménilmontant. La Ligue
B dit au même militant: vous irez le
même jour, à la même heure, défendre le
drapeau français à Auteuil. Comme le mi
litant ne peut pas se couper en deux, il
est obligé à choisir entre ces ordres, à
répudier l'autre. Ni pour nous, ni pour
les Ligues amies,' nous ne voulons de cette
pagaïe ni de cette confusion.
A plus forte raison, ne pouvons-nous
admettre que des Ligueurs d'Action fran
çaise qui, à ce titre, ont souscrit l'inter
diction de telle ou telle pratique puissent
se permettre la même pratique à titre de
militant de telle ou telle Ligue-sœur.
Encore une fois, il faut choisir et le choix
doit être opéré en temps utile, à peine
d'un désordre dont la cause commune
souffrirait manifestement.
Charles MAURRAS
POUR LA LIBERTE DES ETUDIANTS
L'Université Appell
Deux journaux parisiens ont pris posi
tion contre ' les étudiants brimés par
M. François Albert. Le Petit Bleu de M.
Alfred Oulman exprime toutes ses féli
citations au ministre en cause pour la
circulaire affichée dans les lycees ;. M.
Oulman-présente même à ses quinze ou
vingt lecteurs une photo de l'affreux mi-
nistricule de l'Instruction publique.
Le second journal, ennemi des étu
diants, est naturellement l'Ere Nouvelle,
ôù un certain Charles Fraval demandait
avant-hier au gouvernement de sévir en
core davantage contre les : étudiants d'Ac-
tion française qui introduisent « le fas
cisme ' au quartier Latin :
« Des sanctions universitaires, écrit M.
Fraval, ont déjà été prises, sur les instruc
tions du recteur Appell, contre quelques-
uns des manifestants de lundi dernier,
mais ce n'est pas suffisant, il faut que le
quartier Latin soit définitivement à l'abri
de tous les meneurs d'extrême-droite, et
qu'ils soiènt réduits au silence ».
• Ce Fraval est allé voir M. Ostoya, se
crétaire général d'une certaine Ligue
d'Action universitaire républicaine et so
cialiste. Comme M. Ostoya ne peut comp-
Ligue compte"d'ail
leurs sur l'aide du gouvernement pour
cette épuration nécessaire ».
Nous demandons à tous les étudiants
d'apprécier comme il convient ces paro
les d'un métèque, président d'une ligue (?)
d'étudiants (?) contre d'autres étudiants.
Nos amis s'en souviendront.
Quant à M. Guyot, secrétaire de l'Acadé
mie de Paris, obéissant avec ardeur aux
instructions de MM. François Albert et
Appell, il développe son offensive- Les cir
culaires sont lues .dans les classes des ly
cées au milieu des rires et des murmures ;
des élèves, soupçbnnés de faire de la pro
pagande politique sont mandés par les cen
seurs ou les proviseurs. On parle de nou
velles exclusions.
A la Sorbonne, les étudiants qui avaient
été arrêtés ne sont pas encore fixés sur
leur sort. Le recteur Appell a fait dire au
représentant de l'Association des Etudiants
qu'ils ne comparaîtraient peut-être pas de
vant le conseil de discipline... mais qu'au
cune décision n'avait encore été prise
à ce sujet. Dans tous les cas, les fiches res
tent, n'est-ce pas, M. Guyot ?
Dans les cours de préparation aux gran
des Ecoles, des pétitions réclamant la
réintégration de Pierra et Vallete-Vial-
lard, se cou viit de signatures... Chez M.
Appell, on a déclaré que • cette réintégra
tion ne pourrait être, en aucune façon,
prononcée par l'Académie de Paris ; il
faudrait s'adresser personnellement à M.
François Albert et demander grâce à ce
ridicule tyranneau.
,V. B. — Nous apprenons qu'aucun élè
ve n'a été renvoyé de Janson-de-Sailly.
Le bruit en avait couru dans tout le lycée,
où 1 la circulaire François Albert avait pro
voqué une indignation générale, et c'est
ain^i que s'explique notre erreur et celle
de nos confrères.
"ÈOJHOS
LES FAITS DU JOUR
— La Chàltibre, sur l'injonction des socia
listes, supprime . 5.000 officier».
— Krassine a remis ses lettres de créance
à M. Doumergue, .
Au Lys Royal , chocolatier, 13, rue de la
Pépiuière (Tél. : Central 61-94).
«Chocolats exquis»
Présentation parfaite
Le dédale des crétacés
et des dettes
Le gouvernement britannique a désormais
une dpetrine en ce qui concerne les dettes
de guerre. Cette doctrine a l'avantage d'être
simple et impérative. Nous voudrions bien
savoir quel est le point de vue officiel do
la France. r '
L'exposé de M. Churchill est. générale
ment bien accueilli à Londres. En effet, il
ne se perd pas dan3 les arguties. 11 va droit
au fait. II concilie une sorte de générosité
avec de la rigueur. Il y a un principe amé
ricain : « Toutes les dettes doivent, être
payées. Elles sont indépendantes les unes
des autres. Le gouvernement américain reste
juge, des conditions qu'il fera à ses débi
teurs ». A ce principe, M. Churchill en
oppose un autre pour le compte de l'Angle
terre : « Nous remboursons les Etats-Unis.
Nous prétendons être remboursés nous-
mêmes par nos propres débiteurs dans la
même mesure,».
Or la France est également déliitrloo û«>-
Etats-Unis et de l'Angleterre. Elle est créan
cière de pays qui ont presque tous un crédit,
moins bon que le sien ou qui n'ont plus de
crédit du tout, comme la Russie. Quel est :
le moyen de sortir de là ? On dit à Wash-
ington : «Peu nous importe que nos débi
teur- soient eux-mêmes créanciers. ' Cela ne
nous regarde pas ». On dit à Londres :
« Puisque l'Amérique exige que nous la
payions, nous nous paierons sur la bête ».
Que dit-on à Paris ?
Pas grand'enose et même rien. Il faudra
pourtant se décider. Il ne suffit pas do
protester que nous ne songeons pas à renier
nos dettes. Par cette méthode paresseuse,
la prescription court et elle ne court pas
en notre faveur. Car plus le temps passe
et plus s'efface le souvenir de l'usage auquel
était destiné l'argent qui nous a été fourni,-
plus la comptabilité en devient même diffi
cile. Quant à nos propres créances, il n'en
est jamais question. Nous sommes tous les
six mois rappelés à la mémoire par ceux
à qui lious devons et nous respectons la.
tranquillité de ceux qui nous doivent.
Cet été, à Londres,: M. Herriot espérait
arriver à un arrangement avec M. Macdo-
nald. Ce fut une déception dont nou& savons
aujourd'hui la cau% Le ministre des
Finances du ministère travailliste, M. Phi
lippe Snowden, a déclaré l'autre jour, aux
Communes, qu'il trouvait la doctrine de M;
Churchill trop généreuse parce qu'elle lais^
sait subsister un lien entre les réparations
de l'Allemagne et les dettes interalliées.
« Le cabinet Macdonald, a ajouté M. Snow
den, a résolument refusé de les laisser lier
les unes aux autres. J'espère que M. Chur
chill ne va pas- faire ce que le . cabinet
travailliste avait refusé d'accepter. »
Et l'on comptait sur la bonne volonté
des socialistes anglais à notre égard ! II
était difficile de se tromper davantage, étant
donné surtout que les seize milliards d'obli
gations allemandes prévues par le plan
Dawes ne sont pas émises , et que nous
n'avons même pas de garantie qu'elles le
seront. Est-il d'ailleurs inutile "de faire
remarquer que M. Churchill a laissé-percer
son scepticisme quant à l'exécution intégrale
du plan Dawes ? — J. B.
LA REPUBLIQUE ET LES LIBERTES
La démission des députés
Alsaciens et Lorrains
M. Emile Borel tente d'expliquer Pin*
cident, mais M. Aîtorffer précise.
Et les députés Alsaciens -Lorrains
maintiennent leur démission. :
Nous avons relaté hier l'incident à Iaf
suite duquel les députés d'Alsace et de Lor
raine avaient donné leur démission de la
commission d'Alsace et de Lorraine. Emus
par les commentaires parus dans la presse
et craignant de s'aliéner définitivement les.
quelques cartellistes qui subsistent encore
dans'nos départements recouvrés, les mem
bres de la gauche, qui appartiennent à cet
te commission, ont chargé M. Emile Borel,
leur président, de donner des explications
à la presse.
Les déclarations de ce dernier ont été
des plus amphigouriques et des" plus em
barrassées. 11 déclare qu'il est tout à fait
inexact que la commission ait cherché à
étouffer le débat sur la suppression du
commissariat général d'Alsace et de Lor
raine.
M. Borel affirme que ses collègues d'Al
sace et de Lorraine ont eu en une heure de
temps la faculté de s'expliquer à fond sur
les amendements présentés par eux au pro
jet du gouvernement, et il ajoute qu'il n'a
levé la séance qu'après avoir acquis, la
conviction que la discussion de la question
ne pouvait être terminée dans la soirée.
Apres avoir déclaré que tous les membres
de la commission et lui étaient d'accord
pour regretter le départ de leurs collègues,
il exprime le désir de les voir revenir pren
dre leur place sur les bancs de la commis
sion. .
La réplique des démissionnaires
Cette explication rendue publique, Jes
députés alsaciens et lorrains se sont réu
nis quelques instants dans l'après-midi
pour en prendre.connaissance.
Dans les couloirs, M. Aîtorffer, députâ
du Bas-Rhin, faisait la déclaration sui
vante :
« Nous avons eu hier, me fois que le fait se produit, l'impression
iLi^
45 centimes. S kihb »t S eise-bt -O ish
20 centimes. DÉPinTEMExiB et C oi/ohibs
ABONNEMENTS s toAn. s!il «k TraiHA.
Franco et Colonies; . 48 fr. s5 fr. z3 fr.
Etranger 8a » 4a » aa »
Chique postal s Compte a3.gqp Paris.
Samedi 13 Décembre 1924 |
ORGANE DU NATIONALISME INTÉGRAL,
cr Tout ce qui est national est notre. »
Le Dac d'ORLÉANS
héritier desquarante Hols qui en mille ans firent la Franeew
BËDAGTIOW & ADMIfflSTRiTIOU*
ib, rue de Borne» PARIS (8")
Adresse télégraphique ; ACTI0FB.AN-PAR1S
Téléphone : Administration : Louvre 36-49, sW*
Rédaction : Central 7JM4 Publicité : Central 76-77
Après 10 heures du soir : Ségor ïi-éâ
Registre do Commerce : Seine h' 78.58a
Fondateur 1 HENRI VAUGEOIS — Directeurs politiques : LÉON DAUDET et CHARLES MAURRAS —- Rédacteur en chef s MAURICE PL JO
« Nous approchons à grands pas de
l 'état où se trouvait l'Italie de Nitti,« »
Pierre TAÏTTINGER,
dans ta Liberté.
OBJECTION : Dans l'Italie de Nitti
il y avait Mussolini qu'a rendu pos
sible le roi Victor-Emmanuel.
La « Révolution Nationale »
et la « Justice Républicaine
Voici le nouveau volume de Valois. :
La Révolution nationale, dont le titre
signifie que l'ordre nouveau, national,
professionnel, provincial, c'est-à-dire
rotal, ne peut s'instaurer que sur les
ruines et débris du désordre, ou mieux,
du chaos politique et social actuel. Il
s'agit de reconstruire et vivement. On ne
peut reconstruire dans l'amas de démo
litions, eupliémiquement qualifié de « dé
mocratie victorieuse » par ce chaleureux
dindon de Herriot, cômme par les ex
traordinaires et sinistres gourdes qui
s'appelèrent Waldeck-Rousseau, Mille*
rand, Poincaré et compagnie. La niaise
rie de ces « juristes » incendiaires et de
'leurs concepts, relavures de Diderot et de
Rousseau, reprise par la phraséologie ro
mantique, est au moins aussi frappante
et écœurante que leur nocivité. Aujour
d'hui, les étudiants les sifflent. Demain,
quand sera balayée une administration
radicale -socialiste, dont on ne sait si elle
est plus désuète que pourrie, ou plus
pourrie que désuète, c'est toute la France
ressaisie qui les sifflera.
Je n'entrerai pas plus dans l'examen
critique des problèmes soulevés par Va
lois que je ne suis entré l'autre jour dans
l'examen-critique ae3 problème soulevés
par Maritain. Ce que Valois dit de la
nécessité de collaboration de l'élite des
classes, pour la restauration de demain,
de tout à l'heure, est l'évidence même.
Le rôle exclusif qu'il attribue au combat
tant dans cette réfection, comme sa cri
tique du rôle de la bourgeoisie, depuis
un siècle, appellerait, de ma part, plus
d'une réflexion. Le combattant a été,
jusqu'ici, terriblement timoré et docile.
La paysannerie a fait la bourgeoisie par
l'épargne, qui permet d'instruire les en
fants. Ce flot n'est pas interrompu. Des
cendu de petits vigerons du Midi et de
petits artisans bretons par l'amalgame
classique et traditionnel, je suis natu
rellement attaché à la moyenne bour
geoisie par toute mes fibres, comme par
ma reconnaissance envers mes ascendants.
Ils ne m'encombrent pas ; je n'entre pas
dans la formule, trop figée, selon moi, de
Barrés ; mais je les aime bien et je leur
sais gré d'avoir mis de côté l'argent né
cessaire à mes études. « Vive labeur ! »
disait Jeanne d'Arc. Je dirai aussi « Vive
culture ! », qu'elle soit de champ, ou
d'intelligence. Le problème de l'enseigne
ment est capital, et ne peut être résolu,
comme celui connexe du travail, que par
le RoL
Mais le soi$met de l'ouvrage de Valois
est, à mes yeux, le chapitre consacré au
« lac sacré » de la civilisation (la Méditer
ranée) et à la menace d'assaut des bar
bares. Ce n'est pas pour rien qu'un ci
toyen de Maillane — auquel l'imbécile
Académie française a préféré ce trognon
de Jean Aicard — a rénové l'esprit latin,
en le reportant à ses racines et traditions;
qu'un citoyen de Martigues —■ auquel
l'imbécile Académie française a préféré
ce détritus de Jonnart — a réappris,, à
cet esprit latin, avec la prééminence de
l'action politique, l'unique moyen de son
salut, qui est celui de la civilisation. Que
de fois, assis au bord de la Méditerranée,
ayant devant moi les nappes bleues où
voguèrent les saintes Maries, derrière
moi le petit sanctuaire grisâtre et battu
par le vent, je suis entré dans cette médi
tation sur la sauvegarde du trésor sans
prix où Dante et Mistral continuent et
complètent Virgile et Lucrèce. Mais inu
tile de recommencer ici l'admirable et
récent discours de Mgr Charost sur la
force bien dirigée et sur les maux de la
subversion barbare.
C'est ainsi que le livre de Valois, élo
quent et prenant comme tout ce qu'écrit,
comme tout ce qu'énonce le premier éco-
nomiste du royaume de France, ouvre des
fenêtres sur la résistance et la contre-
attaque aux insanités qui menacent de
submerger tout. Je lui sais gré enfin de
prouver que résister ne suffira pas. D'ail
leurs, on ne résiste qu'en contre-atta
quant. Mais celui-là seul se bat bien,
pour ses autels et pour son foyer, qui a
dans l'esprit une vue claire, ou, comme
nous disons, une vue d'acte. Agir, c'est
discerner, non seulement son but, mais
son mobile. Pour discerner, il faut com
prendre; et l'on ne comprend qu'en mé
ditant. Se concentrer,. avant de se dé
ployer, c'est la condition de toute vic
toire. ■
Henri Dutrait-Crozon, c'est le Tacite de
l'histoire contemporaine. Je vous parle
rai un jour, en long et en large, de cet
extraordinaire auteur, auquel nous de
vons Joseph Reinach historien, Gambetta
et la Défense nationale, et ce chef-d'œu
vre qu'est le Précis de VAffaire Dreyfus.
Flaubert parlait de cette matrice de bron
ze, où est coulé le langage des annalistes,
romains et qui n'admet aucune bavure,
même brillante, aucun copeau, même d'or
authentique. Ainsi en va-t-il pour Dutrait-
Crozon. Le monument qu'il élève lente
ment, modestement, sur d'inébranlables
assises, est lui aussi œrc perennius j>.
Ce maître caché est un grand maître.
Vous trouverez dans la Justice répu.
blicaine de Dutrait-Crozon, récemment
paru chez Valois, un résumé définitif
de l'Union générale, du procès AVilson,
de l'affaire Humbert, du Panama, de l'as
sassinat de Calmette et des Hautes-Cours.
Ce* scandales du régime, marqués tous
du rnSme abaissement de la magistrature
assise — abaissement qui tient essentiel
lement aux remous poétiques et policiers
de la démocratie — ces scandales d'argent
et de sang sont tracés à l'eau-forte, sans
plus. L'essentiel y,est marqué d'un trait
définitif. On y voit notamment, par la dis
grâce du juge Vigneau [affaire WilsonJ,
ce que pèse la fameuse séparation des
pouvoirs, dont a usé éperdument Poin
caré, pour couvrir son immonde et san-.
glant beau-frère, le contrôleur Lannes, et
le complice de celui-ci. Marlier. dans
l'affaire de mon malheureux fils.
Dutrait-Crozon écrit; à la page 25 de
son nouvel ouvrage, après avoir exposé
le cas historique du juge Vigneau : « La
« règle du secret de l'instruction n'em-
« pêche cependant pas de le frapper.MaiS
« elle interdit, paraît-il, selon le prési-
« dent Poincaré, de sévir contre un fonc-
« d'horreurs », dont il a d'ailleurs soin
« de ne pas se porter garant, sur ur.
« plaignant, à la condition, bien enten-
« du, que ce témoin soit un ennemi .du
« régime. »
L'avilissement des caractères, consé
quence fatale de l'obscurcissement des es
prits par le libéralisme, est une caracté-:
ristique de notre époque. C'est pourquoi
ceux qui se tiennent fermement a la doc-"
trine de la raison, qui est celle du salut
public, sont certains de l'emporter à un
moment donné. C'est non seulement une
de nos fiertés, mais une de nos meilleures
assurances de victoire, d'avoir parmi nos
auteurs un Dutrait-Crozon, qui poursuit
uniquement le vrai et le. juste, sans se
soucier d'aucune autre considération.
Quand la France sera restaurée,.quand
la sécurité royale aura succédé aux inces
santes révolutions, aux invasions et aux
guerres issues de toute démocratie, quelle
qu'elle sony plébiscitaire, ou parlemen
taire, quand le souvenir d'un Miller and,
d'un Poincaré ne sera plus qu'une mépri
sante risée, quand les policiers assassins-
d'un héros et d'un enfant seront dûment
exécutés, quand les voleurs auront rendu
gorge,, quand les choses seront remises
dans leur axe, et les corps sociaux dans
leur hiérarchie, quand le travail et le
métier auront la parole à la placï des
banquiers, refoulés dans leurs comptoirs,
quand l'accès aux Humanités, libératrices
de l'esprit humain, sera rendu possible à
tous, alors Dutrait-Crozon aura sa place.
Educateur et formateur d'intelligences,
iï sera lu et enseigné dans les écoles, ly
cées et collèges de la monarchie. H sera
célébré aussi comme la seule voix indé
pendante d'une époque plate et menson
gère, où des institutions imbéciles et ho
micides tournaient les Français contre
leur Patrie. '
Léon DAUDET.
La messe
pour le docteur Maurras
Le service annoncé pour le repos de
l'âme du docteur Maurras, médecin princi
pal de la marine, a été célébré hier à l'égli
se Saint-Louis d'Antin. L'abbé Ottaviani a
dit la messe ; en l'absence de M. le cha
noine Sabbatier, curé de la paroisse, M.
l'abbé • Raffln, premier vicaire, a donné
l'absoute. La Schola d'Action Française,
sous la direction de Mlle Alice Lefèvre, a
exécuté, avec sa coutumière perfection, les,
chants de l'office funèbre. Une très nom
breuse assistance, au premier rang de la
quelle on remarquait S. A. R. la Princesse
Geneviève d'Orléans, comtesse de Chapon-
này, était venue apporter à notre ami le
témoignage de sa très profonde sympathie
douloureuse.
Nous regrettons de ne pouvoir donner
les noms de tous ceux qui se joignirent aux
Comités directeurs de l'Action française#
aux ligueurs, étudiants et Camelots du Roi.
On remarquait dans l'assistance de nom
breuses personnalités du monde politique*
littéraire et scientifique, ainsi que beau
coup d'amis et d'anciens compagnons d'ar
mes, qu'une amitié fidèle liait au docteur
Maurras.
3
LA POL1T1QU
I. Un Etat mystique
Ceux qui liront plus loin les discours
échangés entre M. Krassine, ambassadeur
moscoutaire, et le président de la Répu
blique française seront frappés sans doute
d'une particularité : tandis que M. Dou-
mergue nomme, une fois, le « peuple rus
se » et parle à plusieurs reprises des deux
«pays», il n'est pas dit un mot Je la Rus
sie ni du pays russe dans le discours de
M. Krassine : nos deux peuples, nos deux
gouvernements, un point, c'est tout. Si l'on
demande à M. Krassine ce qu'il représente,
il répondra : l'Union des Républiques so
cialistes soviétiques. Que cette Union soit
dans la lune, dans l'ancien monde ou dans
le nouveau,' il n'en est pas dit mot. Détail,
et négligeable ! Le moscoutaire ignore pa
trie et nation, le lieu de naissance, la nais
sance elle-même sont des éléments trop
matériels pour être recueillis dans son lan
gage officiel. On est d'une patrie par la
faute de ses pères, on est d'une nation par
'le malheur de sa naissance, mais on peut
et l'on doit faire partie d'un peuple par
le libre choix de la volonté consciente, par
la grâce de l'esprit pur.
t t — mm. a in «irtifî
vers une sorte de substance angejique.
- Lasanglante et boueuse histoire du bol-
chevisine montre une fois de plus que qui
veut faire l'ange roule forcément à la bete.
Mais il ne faudrait pas croire que de_ tel
les prétentions à l'idéalisme politique
soient particulières à la mystique orien
tale des révolutionnaires de 1917. Notre
révolution présente les mêmes stigmates,
et sa doctrine se continue chez ses adep
tes contemporains. Aux débuts du mouve
ment de 1789, le nom de « patriote » ne
désignait plus un patriote français, mais
se superposait très exactement à cosmopo
lite car il signifiait citoyen de toutes les
patries : il fallut la guerre, et de longues
guerres, pour rendre à ce mot son sens
humblement, glorieusement particu'ariste
et national. Les lecteurs de mon livre
la République et la Décentralisation (en
collaboration avec Paul-Boncour !) y verr
ront que, si le socialiste Eugène Four-
nière se déclarait partisan du fédéralisme,
il traitait avec horreur et dégoût ce qu'il
appelait « le fédéralisme de lieu », .Je
sentiment municipal et provincial attaché
îux caractères de la race et aux formes
du sol. Ceux qui ont lu mon Dilemme de
Marc Sangnier savent "qu'à la fondation
de la petite église, les sillonnistés ne vou
laient pas qu'il y eût un Sillon breton ou
provençal, bourguignon ou languedocien,
mais seulement lin Sillon' en Bretagne, un
Sillon en- Provence, un Sillon en Bour
gogne et en Languedoc. Ces pieux révo
lutionnaires voulaient exactement comme
les révolutionnaires impies commencer par
détacher leurs adeptes des liens pesants du
sang des pères et de la terre de la patrie.
Les bolchevistes ont poussé la doctrine à
l'extrême et, comme dirait un mathémati
cien, ils ont passé à la limite. Ils n'ont
rien inventé, ainsi qu'on peut lé voir.
II. U çl nouveau malentendu
franco-russe
Se conformeront-ils toujours à ce canon
théorique ? Oublieront-ils les intérêts éco
nomiques de leur « peuple » ? Perdront-
ils de vue les visées historiques de la
sainte Russie ? Cela est une autre paire
de manches î Personne ne le croit, per
sonne ne peut le croire. Bainville nous a
déjà contraints à prendre garde que Lé
nine et Trotsky négociaient dans la Bal
tique et la mer Noire exactement comme
les gouvernements tsariens. Refuser de s'a
vouer Russe n'équivaut pas à oublier les
traditions de Moscou et de Pétrograd. Peut-
être même est-ce commodité de . plus pour
les servir et les avancer. Le premier mou
vement des soviets est de se déclarer un
Etatpurement'spirituel,ou tout d'abord spi
rituel, à la manière de l'Islam. Mais, si
cette déclaration leur permet de s'annexer
pratiquement des centaines de milliers et
des millions d'âmes crédules, adhérentes
et fanatiques, ils n'en seront que plus forts
pour s'annexer ensuite d'appréciables
grandeurs de chair. Leur propagande spi
rituelle, leur influence morale serviront
leurs affaires, couvriront leurs sujets, sa
creront leurs empiétements. Si bien que
tous ceux qui auront traité avec eux s'aper
cevront que, sur quelque terrain que les
conversations aient été poussées, ils seront
en perte et en diminution, non seulement
parce que leurs propres nationaux auront
été gagnés à des vues de désordre et de
révolution, mais parce que ceux-ci seront
demeurés en même temps les serviteurs
dociles ou les complaisants naturels de
leurs frères en religion politique et que tout
ce qui tendra au'bien matériel, économique
ou politique, de leurs soviets sera consi
déré ailleurs comme une œuvre pie et un
exercice de gymnastique morale agréable
à la déesse. Evolution ou Révolution.
Nos pauvres gouvernements croiront
tantôt avoir affaire à un peuple, à un Etat
comme, un autre, et le Kremlin fonction
nera contre eux à la manière d'un Vati
can diabolique.-D'autres fois, ils se figu
reront avoir' devant eux un Etat de purs
philosophes, appliqués à manœuvrer du
point de vue des dogmes de 89, de 48 ou de
1917,et nos malheureux se heurteront à un
empire moderne dont la masse et la force
élèveront à la millième puissance leur pre
mier pouvoir moral de propagande et de
persuasion. Que de malentendus ! Mais ils
sont-, à peu près constants entre Russes et
Français. Ceux qui ont lu dans mon Kiet
et Tanger l'exposé de l'histoire de l'al
liance russe savent que telle fut, durant
longtemps la règle : pendant que nous
demandions aux tsars de nous couvrir con
tre l'Allemagne, ceux-ci ne rêvaient que
de nous marier à l'Allemagne contre l'An
gleterre. Et nous les écoutions, chapeau à
la main, bouche bée. Je serais bien curieux
de savoir si, tout au moins, ces attitudes
extérieures changeront. Je n'en crois rien.
C'est Krassine qui parle haut. C'est Her
riot qui file doux. Comme en 1894. Comme
en 1900. Comme en 1904. Comme en 1912.
Le malentendu franco-russe ' est d'un tel
ordre que nous y avons constamment le
dessous. Faute de quoi, l'affaire se gâte :
comme en 1917. Comme à Brest-Litovsk.
m. Herriot-Cachin par Blum
L'échec piteux de la manifestation d'à?,
vant-hier est-il dû à la seule énergie des
mesures policières autorisées par le gouver
nement ? Ne porte-t-il aucune trace des.
collusions si souvent observées entre M.
Herriot et M. Gachin par l'intermédiaire
de M. Blum ?
Le gouvernement, nous dit-on, a sans
duote tenu à faire dire à quelques ra
dicaux, insensés, trop heureux de se
rassurer à bon compte et de ré-enfourcher
leur dada : ;
«Vous voyez bien que le péril commu-
« niste est insignifiant ! Les réactionnai-
« res ne l'avaient enflé que pour prouver
« que leur organisation contrerévolution-
« naire est nécessaire. Ne nous laissons
« pas prendre à ce piège grossier : lé
« seul péril existant actuellement est le
« péril réactionnaire■ Sus-au fascisme,
« etc... »
Dans tous les cas, voici un renseigne
ment qu'il sera sage de méditer. Je le
transcris tel qu'il m'est arrivé hier :
Vous savez qu'hier au soir il devait y
avoir Gaie Saint-Lazare une grande mani
festation qu'annonçai Z'Humanité. Eh
■^>T"We.li !' Mcfions-nous. Je sais de- bonne
source que c'est une tactique communiste.
En prévision d'un grand coup qui est
proche, ces derniers veulent faire marcher
le gouvernement qui alertera la police
d'un côté comme ils. viennent de faire à
la gare Saint-Lazare. Et ils attaqueront
l'autre, lorsqu'ils auront fatigué le gouver
nement avec un certain nombre de comé
dies comme celle qui s'est déroulée hier*.
Soyez vigilants et suivez les événements
« avec précision. Les cellulards sont pleins
« d'entrain, la propagande ne cesse pas,
« elle gagne toujours, et j'ai saisi cette
« conversation entre gens de cellules. »
Un autre observateur des "manœuvres
moscoiiiaires fait observer que, si nos gens
avaient voulu faire un effort sérieux, le
jour fixé n'aurait pas été un jeudi, mais un
samedi.
Les petites comédies à trois, jouées par
MM. Blum, Cachin et Herriot, ne doivent
pas tromper la vigilance des citoyens.
Veut-on voir par un détail topique, de quel
côté s'exerce la véritable diligence des
pouvoirs publics? Deux jours avant la
manifestations de Quimper, l'Intérieur a,
par téléphone, essayé de joindre nommé
ment, de hauts dirigeants du réseau d'Or
léans, pour les «prier» au nom du gou
vernement :
1" De n'organiser aucun train supplé
mentaire ; . :
" 2°"De réduire" lé~nombre ■ des voitures
des trains normaux vers Quimper ; .
3® De ne pas aviser de ces dispositions
les orgainsateurs, de façon qu'aucun sys
tème de transport par camions ne soit pré-,
vu. :.....
Cela après les trains spéciaux et les 300
bons de transport gratuit imposés au
même réseau pour Jaurès !
IV. Le passé de M. le recteur Appell
Le temps nous manque pour examiner
dans tous ses détails la conduite de M., le
recteur Appell dans les affaires univer
sitaires de ces jours derniers. Mais il nous
est possible de relever un trait caractéris
tique. de son passé. Sa tyrannie, à l'égard»
des étudiants, et sa servilité envers le pou
voir ne datent pas d'hier. On va voir com
ment un héros, de la guerre a failli en
souffrir s'il n'avait été défendu par un
fonctionnaire digne de sa fonction. On'
écrti à Maurice Pujo :
Cher monsieur, j'ai lu avec indignation,
dans l'A. F. d'hier, que notre jeune ami
Christian Perra, élève au lycée Saint-Louis,
en a été renvoyé par le proviseur, pour
avoir manifesté contre Herriot dans la cour
de la Sorbonne. *
Comme ancien élève du lycée Saint-•
Louis, je tiens à protester hautement con
tre une mesure aussi odieuse, et je suis
sûr que tous mes anciens camarades m'ap
prouveront. Mais' cette mesure n'a pu être
prise qu'avec l'assentiment du recteur de
VAcadémie de Paris, M. Appel, celui qui,
l'antre jour, a fait établir sur les étudiants
dont la police venait de fouiller les porté-
feuilles, des fiches qui les suivront pen
dant toutes leurs études. Je voudrais qu'on
lui rappelât un fait d'avant-gàerre dont
lui et moi nous avons été témoins.
C'était en 1908, au moment des manifes
tations contre Thalamas; l'insulteur de
Jeanne d'Arc. J'étais à l'Ecole Centrale,
où M. Appel était professeur. Un de nos
camarades, Henru d'Argenton, avait été ar
rêté devant la Sorbonne pour avoir crié
« A bas Thalams » et avait été condamné
à plusieurs jours de prison. Le ministre
du Commerce, dont dépendait alors l'Ecole
Centrale, donna Fordre à notre directeur,
M. Buquet, de traduire d'Argenton devant
le conseil de l'école et de faire prononcer
son renvoi. M. Buquet, qui cependant, avec
ses allures de vieux général de cavalerie,
nous faisait tous trembler, répondit fière
ment au ministre que, si d'Argenton était
renvoyé de l'Ecole, il en sortirait avec lui.
Et le ministre politicien dut capituler.
Depuis, Henry d'Argenton est sorti bril
lamment. de l'Ecole Centrale. Et quelques
années plus tard, redevenu à la mobilisa
tion officier d'artillerie, il est mort glorieu
sement pour la France, avec 26 de ses ca
marades de promotion,suivant dans la tom
be, à 2 mois d'intervalle, le vieux directeur
qui n'avait pas voulu que la carrière d'un
de ses élèves fût brisée pour des raisons
politiques.
M. Appell, en fouillant ses souvenirs, se
rappellera certainement cette affaire, car i
faisait partie, à ce moment, du Conseil de
l'Ecole centrale. Il y avait alors des hom
mes à la tête des grands services publics.
Peut-être y en a-t-il encore, mais M. Appell
n'est pas de ceux-là.
M. Appell appartiet à une catégorie de
faux héros sur laquelle il est bon de l'en
seigner le public. Nous y travaillerons.
V. A nos ligueurs
Devant la crise révolutionnaire que tout
confirme, rien n'est plus important que la
discipline énergiqjie d'une action coordon^
née.
Nous avons dit'à plusieurs reprises que
les Ligueurs d'Action française ne peuvent
appartenir à une autre Ligue politique, et
que toute dérogation à ce principe d ordre
tutélaire entraînerait d'immédiates sanc
tions.
Le bureau de la Ligue me communique
la pièce suivante adressée au président
d'une de nos sections de province :
Paris,, le 12 décembre 1924.
Monsieur le Président,
Nous avons reçu aujourd'hui la visite
de M. X..-, membre de votre section.
De la communication qu'il nous a faite,
il résulte :
1°) Que, contrairement aux instructions
formelles données par la Ligue d'Action
française à ses adhérents, M. X... a accepté
de faire partie d'un groupement politique
étranger à l'Action française ;
2") Que M. X... a reçu de ce groupement
des instructions tout à fait contraires à
celles données par la Ligue.
Dans ces conditions, la Ligue ne pou
vant admettre aucune 'infraction à ses
disciplines, nous vous demandons de vou
loir bien avertir M. X..- qu'il a été rayé
à la date de ce jour des contrôles de la
Ligue.
Nous vous ? prions de faire toutes dé
marches utiles pour rentrer en possession
de la carte qui avait été donnée à ce li
gueur et nous la faire parvenir.
Il vous appartient d'informer vos li
gueurs que la même sanction devra être
prise dans tous les cas semblables.
Veuillez agréer, Monsieur le Président,
l'expression de- Ynes sentiments dévoués.
Le . principe de bon sens auquel nous
nous référons n'a pas besoin d'être dé
montré. Des Ligues amies, des Ligues con
vergentes peuvent donner des instructions
différentes des nôtres. La Ligue A
dit à son militant : vous irez défendre le
drapeau français à Ménilmontant. La Ligue
B dit au même militant: vous irez le
même jour, à la même heure, défendre le
drapeau français à Auteuil. Comme le mi
litant ne peut pas se couper en deux, il
est obligé à choisir entre ces ordres, à
répudier l'autre. Ni pour nous, ni pour
les Ligues amies,' nous ne voulons de cette
pagaïe ni de cette confusion.
A plus forte raison, ne pouvons-nous
admettre que des Ligueurs d'Action fran
çaise qui, à ce titre, ont souscrit l'inter
diction de telle ou telle pratique puissent
se permettre la même pratique à titre de
militant de telle ou telle Ligue-sœur.
Encore une fois, il faut choisir et le choix
doit être opéré en temps utile, à peine
d'un désordre dont la cause commune
souffrirait manifestement.
Charles MAURRAS
POUR LA LIBERTE DES ETUDIANTS
L'Université Appell
Deux journaux parisiens ont pris posi
tion contre ' les étudiants brimés par
M. François Albert. Le Petit Bleu de M.
Alfred Oulman exprime toutes ses féli
citations au ministre en cause pour la
circulaire affichée dans les lycees ;. M.
Oulman-présente même à ses quinze ou
vingt lecteurs une photo de l'affreux mi-
nistricule de l'Instruction publique.
Le second journal, ennemi des étu
diants, est naturellement l'Ere Nouvelle,
ôù un certain Charles Fraval demandait
avant-hier au gouvernement de sévir en
core davantage contre les : étudiants d'Ac-
tion française qui introduisent « le fas
cisme ' au quartier Latin :
« Des sanctions universitaires, écrit M.
Fraval, ont déjà été prises, sur les instruc
tions du recteur Appell, contre quelques-
uns des manifestants de lundi dernier,
mais ce n'est pas suffisant, il faut que le
quartier Latin soit définitivement à l'abri
de tous les meneurs d'extrême-droite, et
qu'ils soiènt réduits au silence ».
• Ce Fraval est allé voir M. Ostoya, se
crétaire général d'une certaine Ligue
d'Action universitaire républicaine et so
cialiste. Comme M. Ostoya ne peut comp-
Ligue compte"d'ail
leurs sur l'aide du gouvernement pour
cette épuration nécessaire ».
Nous demandons à tous les étudiants
d'apprécier comme il convient ces paro
les d'un métèque, président d'une ligue (?)
d'étudiants (?) contre d'autres étudiants.
Nos amis s'en souviendront.
Quant à M. Guyot, secrétaire de l'Acadé
mie de Paris, obéissant avec ardeur aux
instructions de MM. François Albert et
Appell, il développe son offensive- Les cir
culaires sont lues .dans les classes des ly
cées au milieu des rires et des murmures ;
des élèves, soupçbnnés de faire de la pro
pagande politique sont mandés par les cen
seurs ou les proviseurs. On parle de nou
velles exclusions.
A la Sorbonne, les étudiants qui avaient
été arrêtés ne sont pas encore fixés sur
leur sort. Le recteur Appell a fait dire au
représentant de l'Association des Etudiants
qu'ils ne comparaîtraient peut-être pas de
vant le conseil de discipline... mais qu'au
cune décision n'avait encore été prise
à ce sujet. Dans tous les cas, les fiches res
tent, n'est-ce pas, M. Guyot ?
Dans les cours de préparation aux gran
des Ecoles, des pétitions réclamant la
réintégration de Pierra et Vallete-Vial-
lard, se cou viit de signatures... Chez M.
Appell, on a déclaré que • cette réintégra
tion ne pourrait être, en aucune façon,
prononcée par l'Académie de Paris ; il
faudrait s'adresser personnellement à M.
François Albert et demander grâce à ce
ridicule tyranneau.
,V. B. — Nous apprenons qu'aucun élè
ve n'a été renvoyé de Janson-de-Sailly.
Le bruit en avait couru dans tout le lycée,
où 1 la circulaire François Albert avait pro
voqué une indignation générale, et c'est
ain^i que s'explique notre erreur et celle
de nos confrères.
"ÈOJHOS
LES FAITS DU JOUR
— La Chàltibre, sur l'injonction des socia
listes, supprime . 5.000 officier».
— Krassine a remis ses lettres de créance
à M. Doumergue, .
Au Lys Royal , chocolatier, 13, rue de la
Pépiuière (Tél. : Central 61-94).
«Chocolats exquis»
Présentation parfaite
Le dédale des crétacés
et des dettes
Le gouvernement britannique a désormais
une dpetrine en ce qui concerne les dettes
de guerre. Cette doctrine a l'avantage d'être
simple et impérative. Nous voudrions bien
savoir quel est le point de vue officiel do
la France. r '
L'exposé de M. Churchill est. générale
ment bien accueilli à Londres. En effet, il
ne se perd pas dan3 les arguties. 11 va droit
au fait. II concilie une sorte de générosité
avec de la rigueur. Il y a un principe amé
ricain : « Toutes les dettes doivent, être
payées. Elles sont indépendantes les unes
des autres. Le gouvernement américain reste
juge, des conditions qu'il fera à ses débi
teurs ». A ce principe, M. Churchill en
oppose un autre pour le compte de l'Angle
terre : « Nous remboursons les Etats-Unis.
Nous prétendons être remboursés nous-
mêmes par nos propres débiteurs dans la
même mesure,».
Or la France est également déliitrloo û«>-
Etats-Unis et de l'Angleterre. Elle est créan
cière de pays qui ont presque tous un crédit,
moins bon que le sien ou qui n'ont plus de
crédit du tout, comme la Russie. Quel est :
le moyen de sortir de là ? On dit à Wash-
ington : «Peu nous importe que nos débi
teur- soient eux-mêmes créanciers. ' Cela ne
nous regarde pas ». On dit à Londres :
« Puisque l'Amérique exige que nous la
payions, nous nous paierons sur la bête ».
Que dit-on à Paris ?
Pas grand'enose et même rien. Il faudra
pourtant se décider. Il ne suffit pas do
protester que nous ne songeons pas à renier
nos dettes. Par cette méthode paresseuse,
la prescription court et elle ne court pas
en notre faveur. Car plus le temps passe
et plus s'efface le souvenir de l'usage auquel
était destiné l'argent qui nous a été fourni,-
plus la comptabilité en devient même diffi
cile. Quant à nos propres créances, il n'en
est jamais question. Nous sommes tous les
six mois rappelés à la mémoire par ceux
à qui lious devons et nous respectons la.
tranquillité de ceux qui nous doivent.
Cet été, à Londres,: M. Herriot espérait
arriver à un arrangement avec M. Macdo-
nald. Ce fut une déception dont nou& savons
aujourd'hui la cau% Le ministre des
Finances du ministère travailliste, M. Phi
lippe Snowden, a déclaré l'autre jour, aux
Communes, qu'il trouvait la doctrine de M;
Churchill trop généreuse parce qu'elle lais^
sait subsister un lien entre les réparations
de l'Allemagne et les dettes interalliées.
« Le cabinet Macdonald, a ajouté M. Snow
den, a résolument refusé de les laisser lier
les unes aux autres. J'espère que M. Chur
chill ne va pas- faire ce que le . cabinet
travailliste avait refusé d'accepter. »
Et l'on comptait sur la bonne volonté
des socialistes anglais à notre égard ! II
était difficile de se tromper davantage, étant
donné surtout que les seize milliards d'obli
gations allemandes prévues par le plan
Dawes ne sont pas émises , et que nous
n'avons même pas de garantie qu'elles le
seront. Est-il d'ailleurs inutile "de faire
remarquer que M. Churchill a laissé-percer
son scepticisme quant à l'exécution intégrale
du plan Dawes ? — J. B.
LA REPUBLIQUE ET LES LIBERTES
La démission des députés
Alsaciens et Lorrains
M. Emile Borel tente d'expliquer Pin*
cident, mais M. Aîtorffer précise.
Et les députés Alsaciens -Lorrains
maintiennent leur démission. :
Nous avons relaté hier l'incident à Iaf
suite duquel les députés d'Alsace et de Lor
raine avaient donné leur démission de la
commission d'Alsace et de Lorraine. Emus
par les commentaires parus dans la presse
et craignant de s'aliéner définitivement les.
quelques cartellistes qui subsistent encore
dans'nos départements recouvrés, les mem
bres de la gauche, qui appartiennent à cet
te commission, ont chargé M. Emile Borel,
leur président, de donner des explications
à la presse.
Les déclarations de ce dernier ont été
des plus amphigouriques et des" plus em
barrassées. 11 déclare qu'il est tout à fait
inexact que la commission ait cherché à
étouffer le débat sur la suppression du
commissariat général d'Alsace et de Lor
raine.
M. Borel affirme que ses collègues d'Al
sace et de Lorraine ont eu en une heure de
temps la faculté de s'expliquer à fond sur
les amendements présentés par eux au pro
jet du gouvernement, et il ajoute qu'il n'a
levé la séance qu'après avoir acquis, la
conviction que la discussion de la question
ne pouvait être terminée dans la soirée.
Apres avoir déclaré que tous les membres
de la commission et lui étaient d'accord
pour regretter le départ de leurs collègues,
il exprime le désir de les voir revenir pren
dre leur place sur les bancs de la commis
sion. .
La réplique des démissionnaires
Cette explication rendue publique, Jes
députés alsaciens et lorrains se sont réu
nis quelques instants dans l'après-midi
pour en prendre.connaissance.
Dans les couloirs, M. Aîtorffer, députâ
du Bas-Rhin, faisait la déclaration sui
vante :
« Nous avons eu hier, me fois que le fait se produit, l'impression
Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 79.89%.
En savoir plus sur l'OCR
En savoir plus sur l'OCR
Le texte affiché peut comporter un certain nombre d'erreurs. En effet, le mode texte de ce document a été généré de façon automatique par un programme de reconnaissance optique de caractères (OCR). Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 79.89%.
- Collections numériques similaires Dickens Charles Dickens Charles /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=(dc.creator adj "Dickens Charles" or dc.contributor adj "Dickens Charles")Aventures de M. Pickwick. Tome 2 / par Charles Dickens ; roman anglais traduit sous la direction de P. Lorain, par P. Grolier /ark:/12148/bd6t54198609s.highres Les contes de Ch. Dickens. Série 3 / traduits de l'anglais et précédés d'une notice biobraphique sur l'auteur par Amédée Pichot... /ark:/12148/bd6t54181722j.highresLorain Paul Lorain Paul /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=(dc.creator adj "Lorain Paul" or dc.contributor adj "Lorain Paul")
- Auteurs similaires Dickens Charles Dickens Charles /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=(dc.creator adj "Dickens Charles" or dc.contributor adj "Dickens Charles")Aventures de M. Pickwick. Tome 2 / par Charles Dickens ; roman anglais traduit sous la direction de P. Lorain, par P. Grolier /ark:/12148/bd6t54198609s.highres Les contes de Ch. Dickens. Série 3 / traduits de l'anglais et précédés d'une notice biobraphique sur l'auteur par Amédée Pichot... /ark:/12148/bd6t54181722j.highresLorain Paul Lorain Paul /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=(dc.creator adj "Lorain Paul" or dc.contributor adj "Lorain Paul")
-
-
Page
chiffre de pagination vue 1/4
- Recherche dans le document Recherche dans le document https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/search/ark:/12148/bpt6k762162j/f1.image ×
Recherche dans le document
- Partage et envoi par courriel Partage et envoi par courriel https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/share/ark:/12148/bpt6k762162j/f1.image
- Téléchargement / impression Téléchargement / impression https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/download/ark:/12148/bpt6k762162j/f1.image
- Mise en scène Mise en scène ×
Mise en scène
Créer facilement :
- Marque-page Marque-page https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/bookmark/ark:/12148/bpt6k762162j/f1.image ×
Gérer son espace personnel
Ajouter ce document
Ajouter/Voir ses marque-pages
Mes sélections ()Titre - Acheter une reproduction Acheter une reproduction https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/pa-ecommerce/ark:/12148/bpt6k762162j
- Acheter le livre complet Acheter le livre complet https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/indisponible/achat/ark:/12148/bpt6k762162j
- Signalement d'anomalie Signalement d'anomalie https://sindbadbnf.libanswers.com/widget_standalone.php?la_widget_id=7142
- Aide Aide https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/aide/ark:/12148/bpt6k762162j/f1.image × Aide
Facebook
Twitter
Pinterest