Titre : L'Action française : organe du nationalisme intégral / directeur politique : Henri Vaugeois ; rédacteur en chef : Léon Daudet
Auteur : Action française. Auteur du texte
Éditeur : Action française (Paris)
Date d'édition : 1924-12-09
Contributeur : Vaugeois, Henri (1864-1916). Directeur de publication
Contributeur : Daudet, Léon (1867-1942). Directeur de publication
Contributeur : Maurras, Charles (1868-1952). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb326819451
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 09 décembre 1924 09 décembre 1924
Description : 1924/12/09 (Numéro 344). 1924/12/09 (Numéro 344).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG87 Collection numérique : BIPFPIG87
Description : Collection numérique : BIPFPIG69 Collection numérique : BIPFPIG69
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k762158g
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, GR FOL-LC2-6354
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 18/01/2011
Dix - septième année — N° 344
Mardi 9 Décembre 1924
IBccnlimcs. S eine et S eihe-et- O isk
20 centimes. D épautemehts et C olosibs
ABONNEMENTS; En A il SiiHois. TnfsHwi.
France et Colonies. 48 fr. a5 fr. i3 fr.
Etranger 8a » A a » sa »
Chèque postal « Compte 33.900 Paris»
ORGANE DU NATIONALISME INTÉGRAL
« Tout ce qui est national est notre* »
Le Duo d'ORLÉAIS'S
héritier dos quarante Rois qui en mille ans firent la Franco,
RÉDACTION & ADMIKISTRATIOa»
ib, ni * dt Borne, PAJSI3 (8")
Adresse t
Téléphone :
Rédaction : i
Après 10 heures fiegisUe de Commerce : Seine W 7^681
Adresse télégraphlqae ; AGTIOFRAlf-PAltl3
téléphoné : Administration : Louvre >6*49. >6^0
Rédaction : Central 75-44 Publicité : CeDfcral 74-99
2 fondateur s ÏÏEIMItï VÀUGEOIS Directeurs politiques .• LEOIV DAUDET ©t CHARLES MAURRAS — Rédacteur en chet : MAURICE PU JO
« En terminant son exposé sur la poli tiqué
.navale du gouvernement, le ministre de la Marine
a exprimé l'espoir de voir les prochains projets
discutés devant une Chambre plus nombreuse*
Etait-ce une ironie en face des banquettes #ux
trois quarts vides ? »
LE TEMPS.
La Marine : Chose du Roi,
KT7 l TX.V.-rCT£Sa*
COMMENT ON FAIT TUER UN ENFANT
Des ordres de Marîier et de Lannes
aux instructions de Labarrière
Il ressort des textes de l'instruction, et
des témoignages actuellement recueillis,
que l'enfant de quatorze ans et demi
que l'on avait dû renoncer à compromet
tre dans une rafle, au cours d'une descen
te de police chez le sadique Flaoutter —
que cet innocent enfant, une fois signalé
comme anarchiste, et se reconnaissant
anarchiste dans un papier signé « Phi
lippe », était irrévocablement condamné
à mort.
La grande idée de Lannes, habitué du
« voyeur » de Flaoutter, spécialiste en
la matière et qui excelle aux affaires
de mœurs, c'était la raf|e. Mais dans la
soirée ténébreuse du vendredi au samedi,
Philippe, chambré par l'effroyable «Flot
ter », écrivit softs sa dictéè, et terrorisé, lë~
billet : « Ma mère chérie... ». Le samedi
matin Flotter portait ce billet à Lannes,
qui alertait aussitôt Marlier. A partir de
là, Philippe devait mourir car, s'il en ré
chappait, moi sen père, rt -leigné par
lui, j'aurais promptement tout compris.
C'est ce qui explique les instructions fé
roces données par Marlier et Delange à
leurs subordonnés.
Tout d'abord, voyons les variations
dans le signalement de l'anarchiste dan
gereux : Lannes, dans son rapport à Mar
lier du 27 novembre 1923, rapporte ainsi
le langage que lui aurait tenu l'indica
teur Flaoutter :
— Je n'ai eu de lui (du jeune anarchis
te)' aucune autre précision, et j'ai cru
comprendre qu'il s'agissait d'un attentat
contre M. Poincaré, M. Daudet, peut-
etre meme contre le président de la Ré
publique.
Flaoutter dit, de son côté, dans sa dépo
sition du 15 décembre 1923 :
■— Après les confidences du jeune hom
me, je me suis demande quelles person
nes un anarchiste pouvait desirer voir
disparaître. J'ai pensé aux chefs du par
ti communiste, à MM. Millerand ou Poin
caré, ou à l'Action française. J'ai éliminé
les premiers, et c'est pourquoi j'ai parlé
des autres à M. Lannes, sans, du reste,
rien preciser.
Il s'agit donc d'une simple conjecture ;
et Lannes le précise encore, ce côté con
jectural, et en l'air, de la menace du jeu
ne anarchiste, quand il dépose, le 2 jan
vier 1924, devant le juge :
— Je lui fis observer (à Flaoutter) que
ce qu'il me racontait était grave et lui
demandai si le jeune homme, dont il me
parlait, lui avait désigi-é la personnalité
contre laquelle il devait commettre un
attentat. Il me répondit que non, mais
me déclara qu'il avait cru comprendre
qu'il s'agissait du president de la repu
blique, du president du conseil, ou de
M. D audet.
Or, cette simple conjecture hypothéti
que, concernant les projets homicides
d'un petit garçon inconnu (pas de mous
taches, dit imprudemment Lannes dans
son rapport du 27 novembre, donc a
peine adolescent ) cette simple conjec
ture devint une certitude d'intention
meurtrière dans le coup de .téléphone
de Marlier à Paul Guichard, de la pré
fecture de Police, et dans la note de
service remise par Paul Guichard à l'ins
pecteur principal. Alphonse Labarriè
re, de la P. P., qui alerte aussitôt Four-
non, Revel et Meslait.
Je rappelle ici cette note de service,
véritable ordre de tuer, non seulement
par le. « est arme », mais encore par
l'énoncé laconique et sans plus de la
menace portant sur les deux chefs de
l'Etat. On remarquera aussi que le pas
de mpustackes (remplacé par un imber
be dans les instructions aux policiers de
la Sûreté générale) disparaît bizarre
ment, même sous l'atténuation imberbe,
dans la note Guichard-Labarrière, que
voici dans son laconisme tragique :
Le 24 novembre 1923.
Personnalité prévenue qu'un anar-
chiste doit faire un coup aujourd'hui à
Paris.
Passera entre 3 .et 4 à la librairië,
deuxième maison après la rue du Che
min-Vert, boulevard Beaumarchais.
(Entre parenthèses, cette précision fait
tomber l'explication de Lannes quant à
sa participation au début de la surveil
lance ; à s avoir qu'il craignait une con
fusion avec une autre librairie, située
de l'autre côté du boulevard Beaumar
chais).
Sûreté générale a envoyé provisoi
rement inspecteurs.
Corpulence moyenne, 18 à 20 ans,
ayant pardessus beige, grands pieds,
est arme.
Au bas de la note on lit encore :
Elysée. — Président du Conseil. —
Léon Daudet.
. Pour toute personne au' courant des
usages de police, la conjonction du est
arme et de la suprême importance poli
tique des deux premiers personnages vi
ces (le p rési dent du Con seil et celui de
la République) rendent le coup de feu
par méprise policière inevitable. Quand
le policier qui a tué Philippe, en le frap
pant à la tempe, avec rage, de son pis
tolet automatique — le même que celui
trouvé, dans le taxi de Bajot — dans le
sous-sol de Flaoutter, policier dont on
sait le nom , se sera décidé à avouer, il
pourra alléguer pour son excuse :
1° Qu'on lui avait caché le tout jeune
âge du terrible « anarchiste », en sup
primant le pas de moustache, ou en le
remplaçant par un imberbe, qui n'a pas
du tout la même signification. En fait,
Philippe avait le visage frais et l'air
candide du petit garçon monté en graine.
2° Qu'on lui avait donné comme une
certitude une terrible menace contre la
vie de Millerand et celle de Poincaré, qui
était une simple conjecture hypothéti
que dans l'esprit de Flaoutter et de Lan
nes, et cela, de leurs propres dires.
Quand je dis « une simple conjectu
re », je me place au point de vue de
leur fable mensongère. En fait, Flaout
ter et Lannes, sachant parfaitement qui
était Philippe, et voulant le faire tuer
— faute d'avoir pu le déshonorer —
avaient mis Poincaré et Millerand en
avant, pour rendre inévitable le coup de
feu que légitimait le est arme. Quant à
«Daudet », venant.là comme un cheveu
sur la soupe, c'était l'alibi. C'est aussi
le signe évident que le Philippe du bil
let « Ma mère chérie » était connu com
me Philippe Daudet. Cette sanglante
malice, cousue de fil blanc, est un aveu
indirect.
Ces immondes scélérats se sont perdus
par le raffinement même de leurs pré-
cautions. Ils sont, en outre, Dieu merci,
assez bêtes ; et c'est par l'anse de leur
bêtise que nous les avons pris. H a fallu
du temps, à cause de l'imbroglio ; mais,
comme on le voit, tout l'essentiel est
débrouillé cette fois.
Rappelons-nous, en outre, les instruc
tions certaines et que marlier ne pour
ra pas nifer, au moment du départ en
taxi de Delange, Blondel, Colombo (ar
mé), Roch et Gagneux : « S 'il résisté,
abattez-le comme un chien ». Delange,
lui, dit dans le taxi de Renonce, qui em
portait la petite troupe, à toute allure,
boulevard Beaumarchais : « Vous. ti
rerez a mon premier signal ». H s'agis-
sait encore, en effet, de la descente de po
lice, avant que Lannes fût accouru à son
tour, sur les pas des précédents, pour
leur dire son fameux : « N 'entrez pas,
la librairie est propre », puis son si
nistre « B onne chance ». Delange avait
gardé Renoncé et son taxi, en vue soit
de l'arrestation, soit du coup de feu et
du corps à transporter.
On le voit, le compte de notre petit
Philippe était bon... et le lecteur stupé
fait doit me trouver, devant de pareilles
preuves accumulées de l'intention crimi
nelle, bien patient ! Je yeux, en effet,
me contenir, pour que la démonstration
soit faite jusqu'au bout et que la justice
régulière soit en mesure de saisir, avec
le meurtrier de mon fils, peut-être in
conscient, les criminels instigateurs, eux
parfaitement conscients, de ce meurtre.
Mais — et ceci n'est pas la partie la
moins étrange de l'affaire la plus per
verse des temps modernes — il semble
bien que Labarrière (sinon Paul Gui
chard) qui, cependant, ne connaissait
rien de la trame sanglante, quand il re
çut la note plus haut citée, se soit méfié
de quelque chose. L'inspecteur principal
Labarrière passe, à la préfecture, pour
un fonctionnaire de gauche, et même de
bloc de gauche, mais perspicace, très
prudent et très sérieux. 13 le montra en
cette circonstance. Je vous dirai com
ment demain ou après-demain.
Léon DAUDET.
PLUS DE TRENTE MILLIONS. — Une expo
sition éblouissante entre toutes, où défileront sous
vos yeux ravis des pierreries scintillantes et des
bijoux délicieux d'une incomparable variété, aura
lieu, 22, Place Vendôme, du 10 au 31 décembre.
Cette année les célèbres joailliers VAN CLEEF
et ARPELS, dont on se rappelle la somptueuse
manifestation de l'an dernier ont de nouveau
battu leurs précédents records.
Plus ds trente millions de francs de bijoux,
occasions sans précédent, seront exposés dans les
vitrines intérieures des Magasins. Celles-ci seront-
sûrement prises d'aseaut rien, qu'à en juger d'après
les prix exceptionnels du catalogue qui feront
l'étonnement universel,
M
Ait Lys Royal, chocolatier, 13. rue- de la
Pépinière (Tél. : Central 61-94).
« Chocolats exquis »
Présentation parfaHe
V»
Deux avis valent mieux qu'un...
Après avoir consulté le bijoutier de votre choix,
venez, voir les fabricants Sirop et Pauliet, 222,
rue Saint-Martin, vous aurez probablement une
agréable surprise, 9oit pour la vente,, l'achat ou
la transformation d'un bijou»
LA P OLIT IQUE
I. Herriot lie comprendra pas
M. Edouard Herriot reçoit leçons sur le
çons. Après Epinal Roubaix, après Rou
baix la Sorbonne. La caution de son cœur,
suffit de moii\s en moins aux Français.
Ils s'inquiètent de la faiblesse, de son in
telligence. Mais les moments prédits par
son vieux camarade Maurice Pujo dans un
article mémorable (que vient justement de
recueillir I'Almanach de l'Action fran
çaise pour 1925), les temps où sa fureur,
sa déception de se sentir inégal aux évé
nements le jetteront dans des colères de
dindon et achèveront de le rendre mal
faisant, peut être méchant, ces beaux temps
accourent grand train.
Déjà dimanche, à Roubaix, dans sa voi
ture conspuée, on l'a entendu échanger des
impressions rabiqueà avec les personnages
de son escorte : — C'est l'Action française
qui siffle ?... — Non, elle inspire les sif-'
fleurs... — Oh ! je la sabrerai.
Ce jour-là, l'Action française avait vou
lu laisser son pauvre Edouard Herriot en
tête à tête avec ces deux conséquences na
turelles de ses sottises : la juste irritation
des catholiques, l'effervescence communis
te. Elles avaient sufffi à monter un b^-au
charivari, car on nous écrit de Roubaix
Devant la gare, des enfants des écoles
agitaient des drapeaux tricolores et accla
maient Herriot.
Le cortège officiel, composé d'une fan
fare qui ouvrait la marche, des enfants des
écoles, d'une seconde fanfare et du lan
dau présidentiel attelé de 4 chevaux, a des
cendu au pas la rue qui, sur une longueur
de près d'un kilomètre, conduit de la gare
à l'hôtel de ville.
Deux maisons seulement avaient arboré
chacune un drapeau.
Sur tout le parcours, des maisons, des
trottoirs la foule n'a cessé de siffler et de
huer le,ministre. Les stridulences et les cris
couvraient le bruit des fanfares. Des salves
de sifflet, déchaînés par la foule qui suivait
le cortège le long de la rue, flagellaient le
visage vert d'émotion, de peur et de rage
du premier ministre. La violence des sif
flets et des huées a redoublé lorsque 'le mi-
sirable est arrivé devant l'hôtel de ville. La
foule de catholiques massés devant l'égli
se Saint-Martin, tendait vers lui les poings.
Pendant une heure la même scène s'est
prolongée.
Celte manifestation n'a été organisée par
aucun parti. Elle est le fruit spontané de
la conscience publique, écœurée par Vin-
dignité de l'homme qui gouverne contre la
France.
Comme le dit fort bien la Croix, l'Action,
française « avait donné ordre à ses grou-
« pements de ne pas intervenir au cours
« de la manifestation de ce matin ;la con-
« signe a été parfaitement suivie : ceci
« laisse à penser l'accueil qu'eût reçu M.
« Herriot si les centaines de camelots du
« Roi, présents place de la Gare, avaient
« pris part à l'action ». Nous ne refusons,
du reste, aucune responsabilité dans là
suite des commentaires qui,en définissant
et en qualifiant la politique de M. Herriot,
l'ont naturellement dévouée au sifflet jus
ticier.
II. Un bas trafic
Si spontanées qu'aient été hier les ma
nifestations de la Sorbonne, où les étu
diants étaient indignés par l'invasion su
bite de leur paisible maison, nous sommes
fiers de constater que, sur onze patriotes
arrêtés, il y en avait dix d'inscrits dans
nos organisations. Que ces généreux jeunes
gens nous permettent de les féliciter et dë
les remercier dè leur énergie. Il st bon
qu l'élite de la jeunesse dise ce qu'elle
pense du malheureux rhéteur qui est en
train de déshonorer au pouvoir, par là
bassesse de son esprit, par son acharne
ment aux formes les. plus plates de la nien-
terie oratoire, ce corps professoral
'auquelil a appartenu et ce monde intel
lectuel auquel on avait la faiblesse de le
rattacher.
Mais les profiteurs des Lettres et des
Sciences ont beau faire : ils ne sont ni de;
vrais lettrés ni des savants véritables, leur
trafic électoral et parlementaire d'une
noble culture que la patrie leur a dispen
sée et qu'ils tournent contre la patrie est
une simonie doublée ici d'une espèce d'es
croquerie, car cette culture profanée, cette
intelligence avilie sont (on s'en aperçoit !)
des valeurs bien surfaites, et l'on peut dire
del'esprit de M. Herriot qu'il ne serait ja
mais tombé aussi bas s'il eût possédé quel
que dignité authentique. Il peut montrer le
poing, crier, tempêter, menacer de tout cas
ser, fi peut pousser la sottise et .l'agitation
jusqu'à faire un si mauvais parti à d'inno
centes porcelaines du Quai d'Orsay'que l'on
tremble pour le mobilier de l'Elysée, les
jours de Conseil des miûistres (riot est si susceptible ! »), tout ce ridicule
fracas ne trouble ni n'intimide qui que ce
soit : une opinion solide s'établit peu à
peu, que le président du Conseil ne com
prend pas ce qu'il voit et se rend à peine
compte de ce qu'il dit. C'est un imbéci
le. Il n'était pas bien malin, au ornent
de prendre la direction du parti radical.
La griserie du premier rang dans sa faction
ne. 1 avait pas amélioré : le fauteuil de pre
mier ministre l'a complètement hébété.
III, L'Etat et la Révolution
Si, comme déjà, le raconte notre con
frère Eugène Lautier, le mouvement conj-
muniste est douteux tandis que le profit que
la réaction en tire est certain, pourquoi M.
Chautemps a-t-il envoyé toute sa police à
Bobigny ? Un pouvoir fort, honnête et
droit peut se rire des excitations de la
presse, et les poursuites pour propagation
de fausses nouvelles n'ont pas été imagi
nées pour les chiens. On est allé à Bobi
gny parce qu'on ne pouvait faire autre
ment.
Comédie' ? oui, mais il fallait la donner
ou laisser écrire partout que le communis
me était du Cartel et que toutes les pro
priétés individuelles allaient être sabotées
avec la collaboration du gouvernement.
L'opinion a vu la feinte. Elle n'est heu
reusement pas aussi rassurée que le vou
drait le binôme Herriot-Blum. Les patrio
tes de la banlieue sont aux premières loges
pour se rendre compte du ridicule de l'ex
pédition de samedi. On nous écrit de Bo
bigny même :
Monsieur Maurras, v ous aviez ra ison ce
matin : l'opération policière de Bobigny
était une mascarade de vaste envergure.
Car les chefs de centuries bolcheviques
sont revenus ce matin lundi, dans la salle
Jean-Jaurès, pour g continuer leurs cours
de stratégie révolutionnaire. On les voyait
dans les rues pleins d'une exubérante gai-
té, riant aux éclats et parlant toutes sor
tes de langues étrangères.
Ce serait à croire que les expulsés d'à?
vant-hier sont allés faire uné promenade
d'agrément à la frontière, avec cartes de
retour.
Il est bon de noter la protestation du con
seil municipal de Bobigny contre les « me
surés de basse police du gouvernement
Herriot » dont furent victimes leurs frè
res en Internationale. Et l'illustre Clama-
mus est d'une gaieté folle.
Pendant ce temps M. le ministre de l'In
térieur publie la circulaire où, tout en s'ex-
cusant de la liberté grande, il annonce des
intentions de sévérité farouche à l'adres
se des révolutionnaires étrangers. Nous
serions disposés à faire un minimum de
crédit à ces velléités si nous ne savions,
d'autre part, que le chef de l'armature
administrative française fraternise ouver
tement avec tout ce qui conspire la fin de
la société : où croyez-vous qu'aient été
publiées les annonces suivantes ?
Groupe libertaire. — L» Groupe liber
taire invite tous ses adhérents et les sym
pathisants à assister à sa prochaine réu
nion qui aura lieu le samedi 6 décembre, à
2Q h, 30, à la Maison du Peuple. Le cama
rade Colomer fera une causerie.
Conférence Colomer. — La Jeunesse
anarchiste de Tours organise le lundi S
décembre, à 20 h. 30, salle du Manège, une
grande conférence publique et contradic
toire, avec le concours du camarade André
Colomer, rédacteur au « Libertaire », qui
traitera : Amnistie 1 Amnistie 1 Plus de
conseils de guerre 1 Plus de bagne ! La
révolution et l'anarchie l Liberté de pen
sée et de paroles en France pour Ips étran
gers ; respect du droit d'asile.
Syndicat unitaire du personnel munici
pal de la ville de Tours. — Les membres
du Syndicat unitaire du personnel muni
cipal sont invités à assister à la réunion
générale, qui aura lieu le samedi 6 dé
cembre, à 20 heures précises, Bourse du
Travail.
Ordre du jour : Appel nominal ; récep
tion des nouveaux adhérents ; lecture du
procès-verbal dernière séance ; lecture de
là correspondance ; paiement des cotisa
tions ; compte rendu de la commission des
huit heures ; désignation des délégués au
Congrès de l'Union ; questions diverses.
Ces annonces, j'allais dire ces convoca
tions, ont paru les 4, 5 et 6 décembre, dans
la Dépêche de Tours, La Dépêche de Tours
est l'organe de M, le député Camille Chau
temps, ministre de l'Intérieur.
Comment voulez-vous que M. Chautemps
marche sérieusement contre le communis
me et contre l'anarchie ? IMeur fait de la
réclame dans son journal.
Par ce qui est,.public, calculez ce qui
peut se passer et se tramer dans l'ombre.
IV. L'enquête sur les élections
L'alerte communiste a fait perdre de vue
la fameuse enquête sur les rapports de la
politique électorale avec l'Union des inté
rêts économiques dont M. Raynaldy et
d'autres ont été les clients avant d'en de
venir les ennemis. Comment font ces
messieurs pour déclarer damnable ou seu
lement peccamineux en 1924 ce qui leur
semblait pur et droit en 1919 ? Ils ne pa
raissent pas avoir répondu à cette ques
tion, Raison de plus pour placer sous leurs
yeux les deux lettres que publie le Ventoux
de Carpentras. Elles émanent de deux mem
bres de la majorité, dont un ministre. El
les constituent, dit le Ventoux, un « acte
« d'adhésion à l'Union des intérêts éco-
« nomiques à côté de M. Méritan » :
Le 7 novembre 1919.
Mon cher Président,
Je vous fais connaître que j'approuve
le programme économique adopté ,à l'As-
semblee générale du 3 avril 1919 par les
groupements commerciaux, industriels et
agricoles et que je ferai tous mes efforts
pour le faire triompher.
Cordialement à vous.
GUICHARD.
Carpentras, 10 novembre 1919.
Monsieur le Président,
J'ai bien reçu de vous une lettre adres
sée à mon collègue de liste, M. Serre, mais
je pense qu'il y a eu simplement confu
sion dans les enveloppes et j'ai l'honneur
de vous faire connaître que j'adhère en
tièrement au programme que vous avez
bien voulu me soumettre.
J'ai d'ailleurs doné la même adhésion
pour le même programme à l'Association
régionale d'Avignon.
Veuillez agréer, AÇonsieur le Président,
l'expression de mes sentiments très dis
tingués.
Ed- DALADIER.
A M. le Président du Syndicat des
Commerçants d'Orange.
«Nous n'insinuons nullement», dit M.
Camille Lauzon dans le Ventoux, «que
« MM. Guichard et Daladier aient touché
« une somme quelconque de l'Union des
« Intérêts économiques. Nous constatons
« seulement qu'ils ont bénéficié de l'ap-
« ment et nous nous étonnons grandement
« qu'ils aient flétri, avec la dernière éner-
< gie, ceux qui sont restés fidèles à un
« programme économique et social, au-
« quel l'un, cinq ans plus tôt avait adhéré
« entièrement, et auquel l'autre avait pro-
« mis de faire tous ses efforts pour le
« faire triompher. »
Nous n'attendons pas sans intérêt les
motions par lesquelles la Chambre du 11
mai frappera de flétrissure et notera d'in
famie les parlementaires de 1924 assez per
vers pour demeurer fidèles à leurs con
victions de 1919. Un petit ordre du jour
bien senti serait d'un bel effet dans le
paysage parlementaire, si surtout il était
signé Raynaldy, Godard, Guichard et
Daladier.
Charles MAURRAS.
P.-S. — L'Etudiant français . — Je re
commande à tous nos lecteurs, spéciale
ment à nos amis du Quartier Latin, l'inté
ressant dialogue do l'etudiant français où
Eugène Marsan expose à Claude Jeantet
comment il est venu à l'Action française
et à la Monarchie. C'est une belle page des
mémoires de l'intelligence qu'il f aut §.ans
cesse tefiir à jour* Ch. M,
Le communiqué !
M. Herriot avait chargé, hier soir, son
chef de cabinet, M. Bei-gery, de faire une
petite conférence à quelques membres de
la presse sur' les raisons d'être optimistes.
La tâche de M. Berge ry était rude. Il s'a
gissait d'abord de démontrer que les élec
tions allemandes constituent le « triom
phe » des partis de gauche en Allemagne.
C'est le plus beau couronnement de la po
litique de M- Herriot, aurait dit M. Berga-
ry, de cette politique pacifiste entreprise
à Londres et continuée à Genève.
M. Bergery ne recule devant rien, pas mê
me devant la force brutale des chiffres. Le
chef de cabinet de M. Herriot s'est en
suite attaché à -démontrer que la défaite
des communistes allemands était d'excel
lent augure pour la France car elle af
faiblirait d'autant la position de nos com
munistes. Au demeurant, dit en substance
M. Bergery, le mouvement communiste ne
présenterait pas de gravité s'il n'était
« abominablement exploité » par nos gens
de droite. Parfaitement ! D'où vient l'ar-
fent ? D'une part, répond M. Bergery, de
losebu — on sait qu'il y eut des envois
de bijoux, ces .temps-ci, à Paris — d'au
tre part... des réactionnaires.
Tout comme M. Raynaldy, les commu
nistes toucheraient aux caisses de M. Bil-
liet ou à d'autres !
D'ailleurs les gens de droite n'hési
tent pas à se camoufler en communistes
pour exploiter le péril révolutionnaire.
Exemple, dit M. Bergery, à Roubaix, les
jeunes gens qui ont conspué M.
Herriot.... étaient des Camelots du
Roi déguisés en communistes. Dix
ont été arrêtés, précise le chef de cabi
net de M. Herriot, et neuf ont été recon
nus pour des camelots.
C'est un mensonge intéressé. Tous les
gens de bonne foi ont constaté l'absten
tion de nos amis. Mais ceci prouve com
bien le président du Conseil aurait préfé
ré pouvoir opposer les violences de droi
te a celles de ses amis d'extrême gauche,
pour justifier les dernières.
A l'appui de ses dires, M. Bergery parle
d'un télégramme expédié par un « des
chefs de l'extrême-droite » en Amérique
du Sud. Dans ce télégramme, il serait dit
que la révolution est en marche, que « des
actes terroristes ont lieu aux quatre coins
de la France »...
Cette histoire de télégramme intercep
té par la censure de M. Herriot sert M.
Bergery pour déclarer que ceux qui mon
trent le péril révolutionnaire font œuvre
de mauvais Français... » La formidable
évasion des capitaux constatée actuelle
ment serait due non pas au danger révo
lutionnaire, „.à JSflÇttsie-du.:: gouverner
ment, mais à là méchanceté des réac
tionnaires! S'il était vrai que Jupiter rend
fous ceux qu'il veut perdre, les arguments
et les boniments de M. Herriot seraient de
bon augure.
' J. L. B.
Un service funèbre sera célébré vendredi
prochain 12 décembre, à onze heures, en
l'église Saint-Louis d'Antin, en mémoire et
pour le repos de l'âme du docteur Joseph
Maurras, médecin principal de la marine
en retraite, frère de Charles Maurras, dé
cédé à Saigon, le 22 novémbre dernier.
Tous les amis de /'Action française qu'a
émus le deuil çruel de notre directeur, y
sont cordialement conviés.
Les
élections allemandes
Les nationalistes allemands, qui avaient
fait tout ce qu'il fallait pour être écrasés,
ne le sont pas. Les voix perdues par les
racistes sont allées a eux comme les voix
perdues par les communistes sont allées aux
social-démocrates. Tel est le fait qui dominé
ces élections.
Il en résulte.que le nouveau Reichstag
aura une droite à peine moins nombreuse
mais moins divisée que l'ancien. Par con-i
séquent, cette droite comptera encore. Elle
agira sur les éléments conservatèurs et
monarchistes du centre catholique, princi
palement les éléments bavarois, et le mou
vement réactionnaire en Bavière ne paraît
pas avoir faibli. Un gouvernement de gauche
à Berlin risquerait de renforcer le courant
en faveur d'une restauration des Wittelsbach.
Il ne faut pas oublier que tout a commencé
à Munich par le cri de*: « Guerre au
marxisme prussien ! »
D'autre part, là social-démocratie, avec
son nouvel apport de suffrages qui étaient
communistes il y a encore sept mois, risque
d'être poussée vers l'extrême-gauche un peu
plus qu'elle ne l'était hier. Les démocrates
bourgeois, malgré ce qu'on avait cru, ne
reviennent pas assez forts pour mettre un
élément de modération dans un bloc de
gauche. Ce parti fait figure, grâce à sa
clientèle juive, à sa clientèle de commer
çants et de banquiers : par exemple, I<=
docteur Schacht, directeur de la Reiclisbank,
en est. Le parti démocrate possède quelques-
uns des organes les plus importants de la
presse, ce qui est cause qu'on l'entend beau
coup à l'étranger. Mais il n'a que de faibles
racines populaires.
Autant qu'on en peut juger, la difficulté
de dégager une majorité stable et de cons
tituer" un gouvernemeni défini subsistera
dans Je Reichstag nouveau. La décision
appartiendra encore au centre catholique
dont l'attitude hésitante, il y a deux mois,
avait provoqué la dissolution d'où ces élec
tions sont sorties.
Au point de vue de nos intérêts, ca
flottement n'est pas ce qu'il, y. aurait de.
pire. Ûn gouvernement de droite en Alle
magne serait un grand danger. Un gou
vernement de gauche ne tarderait pas à
demander un encouragement, sinon un
salaire. Il pourrait le demander du côté des
frontières orientales du Reich, c'est-à-dire
aux dépens de la Pologne. Il le demanderait
sans doute d'abord par la réunion de l'Au
triche à l'Allemagne sous les plis du dra
peau noir, rouge et or, réunion qui a été
promise par la social-déinocratie. Ce serait
une erreur de croire qu'une victoire des
républicains en Allemagne ne nous offri
rait que des agréments et des commodités.
J. B.
ENCORE SIFFLE
Herriot vomi de Sorbonne
Le recteur Appell...
On célébrait hier, au grand amphithéâ
tre de la Sorbonne^ le centenaire de la
bataille d'Ayacucho, qui a consacré l'in
dépendance du Pérou. La cérémonie, pré
sidée par M- Herriot, se déroulait en pré
sence de M. Doumergue. A côté du mi
nistre du Pérou, avaient pris place les
ministres de Colombie, Bolivie, Venezue
la et Equateur, représentant les Républi
ques créées par Bolivar. A l'intérieur de
la Sorbonne, la commémoration a eu lieu
sans incidents, et les -représentants du
gouvernement français, au premier rang
desquels brillait le général Mangin, se sont
associés à nos amis de l'Amérique latine,
pour évoquer les victoires de Bolivar et
du général Sucre. Mais au dehors, la pré
sence dè M. Herriot a tout gâté. Le pauvre
Edouard ne peut plus se montrer dans la
rue sans soulever des tempêtes de sifflets.
Après Saint-Dié, Epinal, Roubaix, on va
voir quel accueil lui réservait le Quartier
Latin.
Dans la cour de la Sorbonne
Dès deux heures de l'après-midi, des
forces de police considérables : gardes
républicains, agents, policiers en civil,
étaient réunis dans les différents couloirs
de la Sorbonne. M. Guichard arrivait un
peu avant quatre heures et organisait le
service d'ordre dans la cour de la Sor
bonne, par laquelle M. Herriot et tous les
personnages officiels devaient entrer et se
rendre au grand amphithéâtre.
Intrigués par ce déploiement inusité
de forces, nos amis alertèrent les étudiants
qui sortaient des cours ou de la bibliothè
que de la Faculté des lettres, et qui se mas
sèrent dans la cour. M. Guichard désirait
sans doute que l'entrée de M. Herriot
n'eût pas d'autres spectateurs que ses po
liciers, car il essayait de disperser les
attroupements. C'était en vain.
Quahd M. Herriot descendit de son au
tomobile et pénétra dans la cour entre
deux rangées de gardes républicains, un
cri retentit : « Conspuez Herriot I » aus
sitôt repris par deux ou trois cents étu
diants. Comme aucHn «. Vive Herriot 1 »
ne répond à cette manifestation, les
agents arrêtent douze étudiants, dont onze
étaient de nos amis, tandis que M. Her
riot traverse la cour au milieu des cla
meurs redoublées du public et se réfugie
dans le grand amphithéâtre. Un instant
après, une formidable ovation accueille
le général Mangin.
Au grand amphitéâtre
A l'intérieur de la Sorbonne, dans le
g rand am phithéâtre , aucun Jyuit ne par
venait de ce tumulte. Les invités des répu
bliques sud-américaines achevaient de
prendre place sur les gradins, quand la
Marseillaise annonce l'entrée du cortège
officiel. M. Doumergue marche en tête et
s'assied au premier rang de l'assistance.
M. Herriot, l'œil encore un peu effaré,,
s'installe au fauteuil présidentiel, entré le
ministre du Pérou et l'ambassadeur des
Etats-Unis. Et les discours commencent.
Après M. Mariano H. Cornejo, ministre!
du Pérou, le professeur Humbert retrace
l'histoire de l'indépendance sud-améri
caine et de la bataille d'Ayacucho, victoire
décisive des insurgés. Quand le général
Mangin se lève pour prendre la parole,
une ovation formidable s'élève dans l'am
phithéâtre. Les acclamations et les applau
dissements se prolongent, interminables.
M. Herriot en paraît indisposé et se tré
mousse dans son fauteuil, comme s'il était
assis sur une pelote d'épingles- Le général
Mangin prononce un fort beau discours
sur l'histoire de l'Amérique du Sud. Après
une allocution de M. Herriot, le professeur
Verneau fait une conférence sur la bataille
d'Ayacucho, tandis que des projections
défilent sur l'écran. La séance se termine
par des chansons créoles d'Amérique et
des airs de flûte indiens, dont M. Herriot
prolongerait volontiers l'audition. Maig
une autre musique l'attend dehors.
La sortie
indignés de la brutalité avec laquelle
certains' de leurs camarades avaient été
frappés, arrêtés et fouillés par des poli
ciers, les étudiants ont continué à mani
fester pendant tout le temps que durait la
cérémonie.
Plus de cinq cents étudiants remplis
saient la cour et les couloirs environ
nants et conspuaient vigoureusement Her
riot sans qu'une seule contre-manifesta
tion se produisît.
Comme les efforts de la police restent
sans effet, M. Guichard fait établir des
barrages -à toutes les entrées de la Sor
bonne et même dans les rues voisines,
où la circulation est momentanément in
terdite.
Malgré toutes ces mesures, les clameurs
redoublent ; et lorsque M. Herriot veut,
la cérémonie terminée, regagner sa voi
ture en se faufilant dan§.les couloirs, une
huée formidable s'élève. Les barrages cè
dent en plusieurs points. Enfin, au mo
ment où le président du Conseil monte
dans son automobile,- les gardes républi
cains et les agents chargent si brutalement
Mardi 9 Décembre 1924
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téléphoné : Administration : Louvre >6*49. >6^0
Rédaction : Central 75-44 Publicité : CeDfcral 74-99
2 fondateur s ÏÏEIMItï VÀUGEOIS Directeurs politiques .• LEOIV DAUDET ©t CHARLES MAURRAS — Rédacteur en chet : MAURICE PU JO
« En terminant son exposé sur la poli tiqué
.navale du gouvernement, le ministre de la Marine
a exprimé l'espoir de voir les prochains projets
discutés devant une Chambre plus nombreuse*
Etait-ce une ironie en face des banquettes #ux
trois quarts vides ? »
LE TEMPS.
La Marine : Chose du Roi,
KT7 l TX.V.-rCT£Sa*
COMMENT ON FAIT TUER UN ENFANT
Des ordres de Marîier et de Lannes
aux instructions de Labarrière
Il ressort des textes de l'instruction, et
des témoignages actuellement recueillis,
que l'enfant de quatorze ans et demi
que l'on avait dû renoncer à compromet
tre dans une rafle, au cours d'une descen
te de police chez le sadique Flaoutter —
que cet innocent enfant, une fois signalé
comme anarchiste, et se reconnaissant
anarchiste dans un papier signé « Phi
lippe », était irrévocablement condamné
à mort.
La grande idée de Lannes, habitué du
« voyeur » de Flaoutter, spécialiste en
la matière et qui excelle aux affaires
de mœurs, c'était la raf|e. Mais dans la
soirée ténébreuse du vendredi au samedi,
Philippe, chambré par l'effroyable «Flot
ter », écrivit softs sa dictéè, et terrorisé, lë~
billet : « Ma mère chérie... ». Le samedi
matin Flotter portait ce billet à Lannes,
qui alertait aussitôt Marlier. A partir de
là, Philippe devait mourir car, s'il en ré
chappait, moi sen père, rt -leigné par
lui, j'aurais promptement tout compris.
C'est ce qui explique les instructions fé
roces données par Marlier et Delange à
leurs subordonnés.
Tout d'abord, voyons les variations
dans le signalement de l'anarchiste dan
gereux : Lannes, dans son rapport à Mar
lier du 27 novembre 1923, rapporte ainsi
le langage que lui aurait tenu l'indica
teur Flaoutter :
— Je n'ai eu de lui (du jeune anarchis
te)' aucune autre précision, et j'ai cru
comprendre qu'il s'agissait d'un attentat
contre M. Poincaré, M. Daudet, peut-
etre meme contre le président de la Ré
publique.
Flaoutter dit, de son côté, dans sa dépo
sition du 15 décembre 1923 :
■— Après les confidences du jeune hom
me, je me suis demande quelles person
nes un anarchiste pouvait desirer voir
disparaître. J'ai pensé aux chefs du par
ti communiste, à MM. Millerand ou Poin
caré, ou à l'Action française. J'ai éliminé
les premiers, et c'est pourquoi j'ai parlé
des autres à M. Lannes, sans, du reste,
rien preciser.
Il s'agit donc d'une simple conjecture ;
et Lannes le précise encore, ce côté con
jectural, et en l'air, de la menace du jeu
ne anarchiste, quand il dépose, le 2 jan
vier 1924, devant le juge :
— Je lui fis observer (à Flaoutter) que
ce qu'il me racontait était grave et lui
demandai si le jeune homme, dont il me
parlait, lui avait désigi-é la personnalité
contre laquelle il devait commettre un
attentat. Il me répondit que non, mais
me déclara qu'il avait cru comprendre
qu'il s'agissait du president de la repu
blique, du president du conseil, ou de
M. D audet.
Or, cette simple conjecture hypothéti
que, concernant les projets homicides
d'un petit garçon inconnu (pas de mous
taches, dit imprudemment Lannes dans
son rapport du 27 novembre, donc a
peine adolescent ) cette simple conjec
ture devint une certitude d'intention
meurtrière dans le coup de .téléphone
de Marlier à Paul Guichard, de la pré
fecture de Police, et dans la note de
service remise par Paul Guichard à l'ins
pecteur principal. Alphonse Labarriè
re, de la P. P., qui alerte aussitôt Four-
non, Revel et Meslait.
Je rappelle ici cette note de service,
véritable ordre de tuer, non seulement
par le. « est arme », mais encore par
l'énoncé laconique et sans plus de la
menace portant sur les deux chefs de
l'Etat. On remarquera aussi que le pas
de mpustackes (remplacé par un imber
be dans les instructions aux policiers de
la Sûreté générale) disparaît bizarre
ment, même sous l'atténuation imberbe,
dans la note Guichard-Labarrière, que
voici dans son laconisme tragique :
Le 24 novembre 1923.
Personnalité prévenue qu'un anar-
chiste doit faire un coup aujourd'hui à
Paris.
Passera entre 3 .et 4 à la librairië,
deuxième maison après la rue du Che
min-Vert, boulevard Beaumarchais.
(Entre parenthèses, cette précision fait
tomber l'explication de Lannes quant à
sa participation au début de la surveil
lance ; à s avoir qu'il craignait une con
fusion avec une autre librairie, située
de l'autre côté du boulevard Beaumar
chais).
Sûreté générale a envoyé provisoi
rement inspecteurs.
Corpulence moyenne, 18 à 20 ans,
ayant pardessus beige, grands pieds,
est arme.
Au bas de la note on lit encore :
Elysée. — Président du Conseil. —
Léon Daudet.
. Pour toute personne au' courant des
usages de police, la conjonction du est
arme et de la suprême importance poli
tique des deux premiers personnages vi
ces (le p rési dent du Con seil et celui de
la République) rendent le coup de feu
par méprise policière inevitable. Quand
le policier qui a tué Philippe, en le frap
pant à la tempe, avec rage, de son pis
tolet automatique — le même que celui
trouvé, dans le taxi de Bajot — dans le
sous-sol de Flaoutter, policier dont on
sait le nom , se sera décidé à avouer, il
pourra alléguer pour son excuse :
1° Qu'on lui avait caché le tout jeune
âge du terrible « anarchiste », en sup
primant le pas de moustache, ou en le
remplaçant par un imberbe, qui n'a pas
du tout la même signification. En fait,
Philippe avait le visage frais et l'air
candide du petit garçon monté en graine.
2° Qu'on lui avait donné comme une
certitude une terrible menace contre la
vie de Millerand et celle de Poincaré, qui
était une simple conjecture hypothéti
que dans l'esprit de Flaoutter et de Lan
nes, et cela, de leurs propres dires.
Quand je dis « une simple conjectu
re », je me place au point de vue de
leur fable mensongère. En fait, Flaout
ter et Lannes, sachant parfaitement qui
était Philippe, et voulant le faire tuer
— faute d'avoir pu le déshonorer —
avaient mis Poincaré et Millerand en
avant, pour rendre inévitable le coup de
feu que légitimait le est arme. Quant à
«Daudet », venant.là comme un cheveu
sur la soupe, c'était l'alibi. C'est aussi
le signe évident que le Philippe du bil
let « Ma mère chérie » était connu com
me Philippe Daudet. Cette sanglante
malice, cousue de fil blanc, est un aveu
indirect.
Ces immondes scélérats se sont perdus
par le raffinement même de leurs pré-
cautions. Ils sont, en outre, Dieu merci,
assez bêtes ; et c'est par l'anse de leur
bêtise que nous les avons pris. H a fallu
du temps, à cause de l'imbroglio ; mais,
comme on le voit, tout l'essentiel est
débrouillé cette fois.
Rappelons-nous, en outre, les instruc
tions certaines et que marlier ne pour
ra pas nifer, au moment du départ en
taxi de Delange, Blondel, Colombo (ar
mé), Roch et Gagneux : « S 'il résisté,
abattez-le comme un chien ». Delange,
lui, dit dans le taxi de Renonce, qui em
portait la petite troupe, à toute allure,
boulevard Beaumarchais : « Vous. ti
rerez a mon premier signal ». H s'agis-
sait encore, en effet, de la descente de po
lice, avant que Lannes fût accouru à son
tour, sur les pas des précédents, pour
leur dire son fameux : « N 'entrez pas,
la librairie est propre », puis son si
nistre « B onne chance ». Delange avait
gardé Renoncé et son taxi, en vue soit
de l'arrestation, soit du coup de feu et
du corps à transporter.
On le voit, le compte de notre petit
Philippe était bon... et le lecteur stupé
fait doit me trouver, devant de pareilles
preuves accumulées de l'intention crimi
nelle, bien patient ! Je yeux, en effet,
me contenir, pour que la démonstration
soit faite jusqu'au bout et que la justice
régulière soit en mesure de saisir, avec
le meurtrier de mon fils, peut-être in
conscient, les criminels instigateurs, eux
parfaitement conscients, de ce meurtre.
Mais — et ceci n'est pas la partie la
moins étrange de l'affaire la plus per
verse des temps modernes — il semble
bien que Labarrière (sinon Paul Gui
chard) qui, cependant, ne connaissait
rien de la trame sanglante, quand il re
çut la note plus haut citée, se soit méfié
de quelque chose. L'inspecteur principal
Labarrière passe, à la préfecture, pour
un fonctionnaire de gauche, et même de
bloc de gauche, mais perspicace, très
prudent et très sérieux. 13 le montra en
cette circonstance. Je vous dirai com
ment demain ou après-demain.
Léon DAUDET.
PLUS DE TRENTE MILLIONS. — Une expo
sition éblouissante entre toutes, où défileront sous
vos yeux ravis des pierreries scintillantes et des
bijoux délicieux d'une incomparable variété, aura
lieu, 22, Place Vendôme, du 10 au 31 décembre.
Cette année les célèbres joailliers VAN CLEEF
et ARPELS, dont on se rappelle la somptueuse
manifestation de l'an dernier ont de nouveau
battu leurs précédents records.
Plus ds trente millions de francs de bijoux,
occasions sans précédent, seront exposés dans les
vitrines intérieures des Magasins. Celles-ci seront-
sûrement prises d'aseaut rien, qu'à en juger d'après
les prix exceptionnels du catalogue qui feront
l'étonnement universel,
M
Ait Lys Royal, chocolatier, 13. rue- de la
Pépinière (Tél. : Central 61-94).
« Chocolats exquis »
Présentation parfaHe
V»
Deux avis valent mieux qu'un...
Après avoir consulté le bijoutier de votre choix,
venez, voir les fabricants Sirop et Pauliet, 222,
rue Saint-Martin, vous aurez probablement une
agréable surprise, 9oit pour la vente,, l'achat ou
la transformation d'un bijou»
LA P OLIT IQUE
I. Herriot lie comprendra pas
M. Edouard Herriot reçoit leçons sur le
çons. Après Epinal Roubaix, après Rou
baix la Sorbonne. La caution de son cœur,
suffit de moii\s en moins aux Français.
Ils s'inquiètent de la faiblesse, de son in
telligence. Mais les moments prédits par
son vieux camarade Maurice Pujo dans un
article mémorable (que vient justement de
recueillir I'Almanach de l'Action fran
çaise pour 1925), les temps où sa fureur,
sa déception de se sentir inégal aux évé
nements le jetteront dans des colères de
dindon et achèveront de le rendre mal
faisant, peut être méchant, ces beaux temps
accourent grand train.
Déjà dimanche, à Roubaix, dans sa voi
ture conspuée, on l'a entendu échanger des
impressions rabiqueà avec les personnages
de son escorte : — C'est l'Action française
qui siffle ?... — Non, elle inspire les sif-'
fleurs... — Oh ! je la sabrerai.
Ce jour-là, l'Action française avait vou
lu laisser son pauvre Edouard Herriot en
tête à tête avec ces deux conséquences na
turelles de ses sottises : la juste irritation
des catholiques, l'effervescence communis
te. Elles avaient sufffi à monter un b^-au
charivari, car on nous écrit de Roubaix
Devant la gare, des enfants des écoles
agitaient des drapeaux tricolores et accla
maient Herriot.
Le cortège officiel, composé d'une fan
fare qui ouvrait la marche, des enfants des
écoles, d'une seconde fanfare et du lan
dau présidentiel attelé de 4 chevaux, a des
cendu au pas la rue qui, sur une longueur
de près d'un kilomètre, conduit de la gare
à l'hôtel de ville.
Deux maisons seulement avaient arboré
chacune un drapeau.
Sur tout le parcours, des maisons, des
trottoirs la foule n'a cessé de siffler et de
huer le,ministre. Les stridulences et les cris
couvraient le bruit des fanfares. Des salves
de sifflet, déchaînés par la foule qui suivait
le cortège le long de la rue, flagellaient le
visage vert d'émotion, de peur et de rage
du premier ministre. La violence des sif
flets et des huées a redoublé lorsque 'le mi-
sirable est arrivé devant l'hôtel de ville. La
foule de catholiques massés devant l'égli
se Saint-Martin, tendait vers lui les poings.
Pendant une heure la même scène s'est
prolongée.
Celte manifestation n'a été organisée par
aucun parti. Elle est le fruit spontané de
la conscience publique, écœurée par Vin-
dignité de l'homme qui gouverne contre la
France.
Comme le dit fort bien la Croix, l'Action,
française « avait donné ordre à ses grou-
« pements de ne pas intervenir au cours
« de la manifestation de ce matin ;la con-
« signe a été parfaitement suivie : ceci
« laisse à penser l'accueil qu'eût reçu M.
« Herriot si les centaines de camelots du
« Roi, présents place de la Gare, avaient
« pris part à l'action ». Nous ne refusons,
du reste, aucune responsabilité dans là
suite des commentaires qui,en définissant
et en qualifiant la politique de M. Herriot,
l'ont naturellement dévouée au sifflet jus
ticier.
II. Un bas trafic
Si spontanées qu'aient été hier les ma
nifestations de la Sorbonne, où les étu
diants étaient indignés par l'invasion su
bite de leur paisible maison, nous sommes
fiers de constater que, sur onze patriotes
arrêtés, il y en avait dix d'inscrits dans
nos organisations. Que ces généreux jeunes
gens nous permettent de les féliciter et dë
les remercier dè leur énergie. Il st bon
qu l'élite de la jeunesse dise ce qu'elle
pense du malheureux rhéteur qui est en
train de déshonorer au pouvoir, par là
bassesse de son esprit, par son acharne
ment aux formes les. plus plates de la nien-
terie oratoire, ce corps professoral
'auquelil a appartenu et ce monde intel
lectuel auquel on avait la faiblesse de le
rattacher.
Mais les profiteurs des Lettres et des
Sciences ont beau faire : ils ne sont ni de;
vrais lettrés ni des savants véritables, leur
trafic électoral et parlementaire d'une
noble culture que la patrie leur a dispen
sée et qu'ils tournent contre la patrie est
une simonie doublée ici d'une espèce d'es
croquerie, car cette culture profanée, cette
intelligence avilie sont (on s'en aperçoit !)
des valeurs bien surfaites, et l'on peut dire
del'esprit de M. Herriot qu'il ne serait ja
mais tombé aussi bas s'il eût possédé quel
que dignité authentique. Il peut montrer le
poing, crier, tempêter, menacer de tout cas
ser, fi peut pousser la sottise et .l'agitation
jusqu'à faire un si mauvais parti à d'inno
centes porcelaines du Quai d'Orsay'que l'on
tremble pour le mobilier de l'Elysée, les
jours de Conseil des miûistres (
fracas ne trouble ni n'intimide qui que ce
soit : une opinion solide s'établit peu à
peu, que le président du Conseil ne com
prend pas ce qu'il voit et se rend à peine
compte de ce qu'il dit. C'est un imbéci
le. Il n'était pas bien malin, au ornent
de prendre la direction du parti radical.
La griserie du premier rang dans sa faction
ne. 1 avait pas amélioré : le fauteuil de pre
mier ministre l'a complètement hébété.
III, L'Etat et la Révolution
Si, comme déjà, le raconte notre con
frère Eugène Lautier, le mouvement conj-
muniste est douteux tandis que le profit que
la réaction en tire est certain, pourquoi M.
Chautemps a-t-il envoyé toute sa police à
Bobigny ? Un pouvoir fort, honnête et
droit peut se rire des excitations de la
presse, et les poursuites pour propagation
de fausses nouvelles n'ont pas été imagi
nées pour les chiens. On est allé à Bobi
gny parce qu'on ne pouvait faire autre
ment.
Comédie' ? oui, mais il fallait la donner
ou laisser écrire partout que le communis
me était du Cartel et que toutes les pro
priétés individuelles allaient être sabotées
avec la collaboration du gouvernement.
L'opinion a vu la feinte. Elle n'est heu
reusement pas aussi rassurée que le vou
drait le binôme Herriot-Blum. Les patrio
tes de la banlieue sont aux premières loges
pour se rendre compte du ridicule de l'ex
pédition de samedi. On nous écrit de Bo
bigny même :
Monsieur Maurras, v ous aviez ra ison ce
matin : l'opération policière de Bobigny
était une mascarade de vaste envergure.
Car les chefs de centuries bolcheviques
sont revenus ce matin lundi, dans la salle
Jean-Jaurès, pour g continuer leurs cours
de stratégie révolutionnaire. On les voyait
dans les rues pleins d'une exubérante gai-
té, riant aux éclats et parlant toutes sor
tes de langues étrangères.
Ce serait à croire que les expulsés d'à?
vant-hier sont allés faire uné promenade
d'agrément à la frontière, avec cartes de
retour.
Il est bon de noter la protestation du con
seil municipal de Bobigny contre les « me
surés de basse police du gouvernement
Herriot » dont furent victimes leurs frè
res en Internationale. Et l'illustre Clama-
mus est d'une gaieté folle.
Pendant ce temps M. le ministre de l'In
térieur publie la circulaire où, tout en s'ex-
cusant de la liberté grande, il annonce des
intentions de sévérité farouche à l'adres
se des révolutionnaires étrangers. Nous
serions disposés à faire un minimum de
crédit à ces velléités si nous ne savions,
d'autre part, que le chef de l'armature
administrative française fraternise ouver
tement avec tout ce qui conspire la fin de
la société : où croyez-vous qu'aient été
publiées les annonces suivantes ?
Groupe libertaire. — L» Groupe liber
taire invite tous ses adhérents et les sym
pathisants à assister à sa prochaine réu
nion qui aura lieu le samedi 6 décembre, à
2Q h, 30, à la Maison du Peuple. Le cama
rade Colomer fera une causerie.
Conférence Colomer. — La Jeunesse
anarchiste de Tours organise le lundi S
décembre, à 20 h. 30, salle du Manège, une
grande conférence publique et contradic
toire, avec le concours du camarade André
Colomer, rédacteur au « Libertaire », qui
traitera : Amnistie 1 Amnistie 1 Plus de
conseils de guerre 1 Plus de bagne ! La
révolution et l'anarchie l Liberté de pen
sée et de paroles en France pour Ips étran
gers ; respect du droit d'asile.
Syndicat unitaire du personnel munici
pal de la ville de Tours. — Les membres
du Syndicat unitaire du personnel muni
cipal sont invités à assister à la réunion
générale, qui aura lieu le samedi 6 dé
cembre, à 20 heures précises, Bourse du
Travail.
Ordre du jour : Appel nominal ; récep
tion des nouveaux adhérents ; lecture du
procès-verbal dernière séance ; lecture de
là correspondance ; paiement des cotisa
tions ; compte rendu de la commission des
huit heures ; désignation des délégués au
Congrès de l'Union ; questions diverses.
Ces annonces, j'allais dire ces convoca
tions, ont paru les 4, 5 et 6 décembre, dans
la Dépêche de Tours, La Dépêche de Tours
est l'organe de M, le député Camille Chau
temps, ministre de l'Intérieur.
Comment voulez-vous que M. Chautemps
marche sérieusement contre le communis
me et contre l'anarchie ? IMeur fait de la
réclame dans son journal.
Par ce qui est,.public, calculez ce qui
peut se passer et se tramer dans l'ombre.
IV. L'enquête sur les élections
L'alerte communiste a fait perdre de vue
la fameuse enquête sur les rapports de la
politique électorale avec l'Union des inté
rêts économiques dont M. Raynaldy et
d'autres ont été les clients avant d'en de
venir les ennemis. Comment font ces
messieurs pour déclarer damnable ou seu
lement peccamineux en 1924 ce qui leur
semblait pur et droit en 1919 ? Ils ne pa
raissent pas avoir répondu à cette ques
tion, Raison de plus pour placer sous leurs
yeux les deux lettres que publie le Ventoux
de Carpentras. Elles émanent de deux mem
bres de la majorité, dont un ministre. El
les constituent, dit le Ventoux, un « acte
« d'adhésion à l'Union des intérêts éco-
« nomiques à côté de M. Méritan » :
Le 7 novembre 1919.
Mon cher Président,
Je vous fais connaître que j'approuve
le programme économique adopté ,à l'As-
semblee générale du 3 avril 1919 par les
groupements commerciaux, industriels et
agricoles et que je ferai tous mes efforts
pour le faire triompher.
Cordialement à vous.
GUICHARD.
Carpentras, 10 novembre 1919.
Monsieur le Président,
J'ai bien reçu de vous une lettre adres
sée à mon collègue de liste, M. Serre, mais
je pense qu'il y a eu simplement confu
sion dans les enveloppes et j'ai l'honneur
de vous faire connaître que j'adhère en
tièrement au programme que vous avez
bien voulu me soumettre.
J'ai d'ailleurs doné la même adhésion
pour le même programme à l'Association
régionale d'Avignon.
Veuillez agréer, AÇonsieur le Président,
l'expression de mes sentiments très dis
tingués.
Ed- DALADIER.
A M. le Président du Syndicat des
Commerçants d'Orange.
«Nous n'insinuons nullement», dit M.
Camille Lauzon dans le Ventoux, «que
« MM. Guichard et Daladier aient touché
« une somme quelconque de l'Union des
« Intérêts économiques. Nous constatons
« seulement qu'ils ont bénéficié de l'ap-
« qu'ils aient flétri, avec la dernière éner-
< gie, ceux qui sont restés fidèles à un
« programme économique et social, au-
« quel l'un, cinq ans plus tôt avait adhéré
« entièrement, et auquel l'autre avait pro-
« mis de faire tous ses efforts pour le
« faire triompher. »
Nous n'attendons pas sans intérêt les
motions par lesquelles la Chambre du 11
mai frappera de flétrissure et notera d'in
famie les parlementaires de 1924 assez per
vers pour demeurer fidèles à leurs con
victions de 1919. Un petit ordre du jour
bien senti serait d'un bel effet dans le
paysage parlementaire, si surtout il était
signé Raynaldy, Godard, Guichard et
Daladier.
Charles MAURRAS.
P.-S. — L'Etudiant français . — Je re
commande à tous nos lecteurs, spéciale
ment à nos amis du Quartier Latin, l'inté
ressant dialogue do l'etudiant français où
Eugène Marsan expose à Claude Jeantet
comment il est venu à l'Action française
et à la Monarchie. C'est une belle page des
mémoires de l'intelligence qu'il f aut §.ans
cesse tefiir à jour* Ch. M,
Le communiqué !
M. Herriot avait chargé, hier soir, son
chef de cabinet, M. Bei-gery, de faire une
petite conférence à quelques membres de
la presse sur' les raisons d'être optimistes.
La tâche de M. Berge ry était rude. Il s'a
gissait d'abord de démontrer que les élec
tions allemandes constituent le « triom
phe » des partis de gauche en Allemagne.
C'est le plus beau couronnement de la po
litique de M- Herriot, aurait dit M. Berga-
ry, de cette politique pacifiste entreprise
à Londres et continuée à Genève.
M. Bergery ne recule devant rien, pas mê
me devant la force brutale des chiffres. Le
chef de cabinet de M. Herriot s'est en
suite attaché à -démontrer que la défaite
des communistes allemands était d'excel
lent augure pour la France car elle af
faiblirait d'autant la position de nos com
munistes. Au demeurant, dit en substance
M. Bergery, le mouvement communiste ne
présenterait pas de gravité s'il n'était
« abominablement exploité » par nos gens
de droite. Parfaitement ! D'où vient l'ar-
fent ? D'une part, répond M. Bergery, de
losebu — on sait qu'il y eut des envois
de bijoux, ces .temps-ci, à Paris — d'au
tre part... des réactionnaires.
Tout comme M. Raynaldy, les commu
nistes toucheraient aux caisses de M. Bil-
liet ou à d'autres !
D'ailleurs les gens de droite n'hési
tent pas à se camoufler en communistes
pour exploiter le péril révolutionnaire.
Exemple, dit M. Bergery, à Roubaix, les
jeunes gens qui ont conspué M.
Herriot.... étaient des Camelots du
Roi déguisés en communistes. Dix
ont été arrêtés, précise le chef de cabi
net de M. Herriot, et neuf ont été recon
nus pour des camelots.
C'est un mensonge intéressé. Tous les
gens de bonne foi ont constaté l'absten
tion de nos amis. Mais ceci prouve com
bien le président du Conseil aurait préfé
ré pouvoir opposer les violences de droi
te a celles de ses amis d'extrême gauche,
pour justifier les dernières.
A l'appui de ses dires, M. Bergery parle
d'un télégramme expédié par un « des
chefs de l'extrême-droite » en Amérique
du Sud. Dans ce télégramme, il serait dit
que la révolution est en marche, que « des
actes terroristes ont lieu aux quatre coins
de la France »...
Cette histoire de télégramme intercep
té par la censure de M. Herriot sert M.
Bergery pour déclarer que ceux qui mon
trent le péril révolutionnaire font œuvre
de mauvais Français... » La formidable
évasion des capitaux constatée actuelle
ment serait due non pas au danger révo
lutionnaire, „.à JSflÇttsie-du.:: gouverner
ment, mais à là méchanceté des réac
tionnaires! S'il était vrai que Jupiter rend
fous ceux qu'il veut perdre, les arguments
et les boniments de M. Herriot seraient de
bon augure.
' J. L. B.
Un service funèbre sera célébré vendredi
prochain 12 décembre, à onze heures, en
l'église Saint-Louis d'Antin, en mémoire et
pour le repos de l'âme du docteur Joseph
Maurras, médecin principal de la marine
en retraite, frère de Charles Maurras, dé
cédé à Saigon, le 22 novémbre dernier.
Tous les amis de /'Action française qu'a
émus le deuil çruel de notre directeur, y
sont cordialement conviés.
Les
élections allemandes
Les nationalistes allemands, qui avaient
fait tout ce qu'il fallait pour être écrasés,
ne le sont pas. Les voix perdues par les
racistes sont allées a eux comme les voix
perdues par les communistes sont allées aux
social-démocrates. Tel est le fait qui dominé
ces élections.
Il en résulte.que le nouveau Reichstag
aura une droite à peine moins nombreuse
mais moins divisée que l'ancien. Par con-i
séquent, cette droite comptera encore. Elle
agira sur les éléments conservatèurs et
monarchistes du centre catholique, princi
palement les éléments bavarois, et le mou
vement réactionnaire en Bavière ne paraît
pas avoir faibli. Un gouvernement de gauche
à Berlin risquerait de renforcer le courant
en faveur d'une restauration des Wittelsbach.
Il ne faut pas oublier que tout a commencé
à Munich par le cri de*: « Guerre au
marxisme prussien ! »
D'autre part, là social-démocratie, avec
son nouvel apport de suffrages qui étaient
communistes il y a encore sept mois, risque
d'être poussée vers l'extrême-gauche un peu
plus qu'elle ne l'était hier. Les démocrates
bourgeois, malgré ce qu'on avait cru, ne
reviennent pas assez forts pour mettre un
élément de modération dans un bloc de
gauche. Ce parti fait figure, grâce à sa
clientèle juive, à sa clientèle de commer
çants et de banquiers : par exemple, I<=
docteur Schacht, directeur de la Reiclisbank,
en est. Le parti démocrate possède quelques-
uns des organes les plus importants de la
presse, ce qui est cause qu'on l'entend beau
coup à l'étranger. Mais il n'a que de faibles
racines populaires.
Autant qu'on en peut juger, la difficulté
de dégager une majorité stable et de cons
tituer" un gouvernemeni défini subsistera
dans Je Reichstag nouveau. La décision
appartiendra encore au centre catholique
dont l'attitude hésitante, il y a deux mois,
avait provoqué la dissolution d'où ces élec
tions sont sorties.
Au point de vue de nos intérêts, ca
flottement n'est pas ce qu'il, y. aurait de.
pire. Ûn gouvernement de droite en Alle
magne serait un grand danger. Un gou
vernement de gauche ne tarderait pas à
demander un encouragement, sinon un
salaire. Il pourrait le demander du côté des
frontières orientales du Reich, c'est-à-dire
aux dépens de la Pologne. Il le demanderait
sans doute d'abord par la réunion de l'Au
triche à l'Allemagne sous les plis du dra
peau noir, rouge et or, réunion qui a été
promise par la social-déinocratie. Ce serait
une erreur de croire qu'une victoire des
républicains en Allemagne ne nous offri
rait que des agréments et des commodités.
J. B.
ENCORE SIFFLE
Herriot vomi de Sorbonne
Le recteur Appell...
On célébrait hier, au grand amphithéâ
tre de la Sorbonne^ le centenaire de la
bataille d'Ayacucho, qui a consacré l'in
dépendance du Pérou. La cérémonie, pré
sidée par M- Herriot, se déroulait en pré
sence de M. Doumergue. A côté du mi
nistre du Pérou, avaient pris place les
ministres de Colombie, Bolivie, Venezue
la et Equateur, représentant les Républi
ques créées par Bolivar. A l'intérieur de
la Sorbonne, la commémoration a eu lieu
sans incidents, et les -représentants du
gouvernement français, au premier rang
desquels brillait le général Mangin, se sont
associés à nos amis de l'Amérique latine,
pour évoquer les victoires de Bolivar et
du général Sucre. Mais au dehors, la pré
sence dè M. Herriot a tout gâté. Le pauvre
Edouard ne peut plus se montrer dans la
rue sans soulever des tempêtes de sifflets.
Après Saint-Dié, Epinal, Roubaix, on va
voir quel accueil lui réservait le Quartier
Latin.
Dans la cour de la Sorbonne
Dès deux heures de l'après-midi, des
forces de police considérables : gardes
républicains, agents, policiers en civil,
étaient réunis dans les différents couloirs
de la Sorbonne. M. Guichard arrivait un
peu avant quatre heures et organisait le
service d'ordre dans la cour de la Sor
bonne, par laquelle M. Herriot et tous les
personnages officiels devaient entrer et se
rendre au grand amphithéâtre.
Intrigués par ce déploiement inusité
de forces, nos amis alertèrent les étudiants
qui sortaient des cours ou de la bibliothè
que de la Faculté des lettres, et qui se mas
sèrent dans la cour. M. Guichard désirait
sans doute que l'entrée de M. Herriot
n'eût pas d'autres spectateurs que ses po
liciers, car il essayait de disperser les
attroupements. C'était en vain.
Quahd M. Herriot descendit de son au
tomobile et pénétra dans la cour entre
deux rangées de gardes républicains, un
cri retentit : « Conspuez Herriot I » aus
sitôt repris par deux ou trois cents étu
diants. Comme aucHn «. Vive Herriot 1 »
ne répond à cette manifestation, les
agents arrêtent douze étudiants, dont onze
étaient de nos amis, tandis que M. Her
riot traverse la cour au milieu des cla
meurs redoublées du public et se réfugie
dans le grand amphithéâtre. Un instant
après, une formidable ovation accueille
le général Mangin.
Au grand amphitéâtre
A l'intérieur de la Sorbonne, dans le
g rand am phithéâtre , aucun Jyuit ne par
venait de ce tumulte. Les invités des répu
bliques sud-américaines achevaient de
prendre place sur les gradins, quand la
Marseillaise annonce l'entrée du cortège
officiel. M. Doumergue marche en tête et
s'assied au premier rang de l'assistance.
M. Herriot, l'œil encore un peu effaré,,
s'installe au fauteuil présidentiel, entré le
ministre du Pérou et l'ambassadeur des
Etats-Unis. Et les discours commencent.
Après M. Mariano H. Cornejo, ministre!
du Pérou, le professeur Humbert retrace
l'histoire de l'indépendance sud-améri
caine et de la bataille d'Ayacucho, victoire
décisive des insurgés. Quand le général
Mangin se lève pour prendre la parole,
une ovation formidable s'élève dans l'am
phithéâtre. Les acclamations et les applau
dissements se prolongent, interminables.
M. Herriot en paraît indisposé et se tré
mousse dans son fauteuil, comme s'il était
assis sur une pelote d'épingles- Le général
Mangin prononce un fort beau discours
sur l'histoire de l'Amérique du Sud. Après
une allocution de M. Herriot, le professeur
Verneau fait une conférence sur la bataille
d'Ayacucho, tandis que des projections
défilent sur l'écran. La séance se termine
par des chansons créoles d'Amérique et
des airs de flûte indiens, dont M. Herriot
prolongerait volontiers l'audition. Maig
une autre musique l'attend dehors.
La sortie
indignés de la brutalité avec laquelle
certains' de leurs camarades avaient été
frappés, arrêtés et fouillés par des poli
ciers, les étudiants ont continué à mani
fester pendant tout le temps que durait la
cérémonie.
Plus de cinq cents étudiants remplis
saient la cour et les couloirs environ
nants et conspuaient vigoureusement Her
riot sans qu'une seule contre-manifesta
tion se produisît.
Comme les efforts de la police restent
sans effet, M. Guichard fait établir des
barrages -à toutes les entrées de la Sor
bonne et même dans les rues voisines,
où la circulation est momentanément in
terdite.
Malgré toutes ces mesures, les clameurs
redoublent ; et lorsque M. Herriot veut,
la cérémonie terminée, regagner sa voi
ture en se faufilant dan§.les couloirs, une
huée formidable s'élève. Les barrages cè
dent en plusieurs points. Enfin, au mo
ment où le président du Conseil monte
dans son automobile,- les gardes républi
cains et les agents chargent si brutalement
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