Titre : L'Action française : organe du nationalisme intégral / directeur politique : Henri Vaugeois ; rédacteur en chef : Léon Daudet
Auteur : Action française. Auteur du texte
Éditeur : Action française (Paris)
Date d'édition : 1924-12-06
Contributeur : Vaugeois, Henri (1864-1916). Directeur de publication
Contributeur : Daudet, Léon (1867-1942). Directeur de publication
Contributeur : Maurras, Charles (1868-1952). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb326819451
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 06 décembre 1924 06 décembre 1924
Description : 1924/12/06 (Numéro 341). 1924/12/06 (Numéro 341).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG87 Collection numérique : BIPFPIG87
Description : Collection numérique : BIPFPIG69 Collection numérique : BIPFPIG69
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k762155b
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, GR FOL-LC2-6354
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 18/01/2011
Dix - septième année -« N° 341
Samedi 6 Décembre 1924
18ecnHm«s. 9tm *t Sbij»b-»t-Oi«b
20 centimes. D épabtemektb kt C oloue»
AJBONNEMENITS : Iilv felolt TrrisIgU
France et Colonies. 48 fr. a5 £r. i3 fr.
Etranger . ..... 8a » 4a » sa s
Chèque postal s Compte 33.900 Pari*.
ORGANE DU NATIONALISME INTÉGRAL
« Tout ce qui est national est notre. »
Le Due d'ORLÉANS
héritier des quarante Rois qui ep mille ans firent la France.
RÉDACTION A A.DMIKI8TBATIOH :
rua de Rojm , PARIS (S*)
Adressa télégraphique : ACTÏOFR à N-PAKIS
Téléphone : Administration : Louvre 36-49» a ^*®°
Rédaction : Contrai 75-44 Publicité : Central 74-77
Après :o heures du soir : Ségar u<>3
Registre de Commerce ; Seine H° 78.58a
Fondateur s HENRI VAUGEOIS Directeurs politiques : LEON DAUDET Ct CIIAW j ES MAURRAS — Rédacteur en ehet s MAURICE PUIO
Là penséé du gouvernement
i Hier M. François Albert disait :
— Le communisme, mais c'est de la
RIGOLADE ( sic ) Il faut traiter cela
SUR LE TON BADIN.
M. BADIN, c'était le nom sous lequel
Duval signait ses articles du « BONNET
ROUGE.»
Cabine Al'f^ïiRÏ), dans la Liberté
L'émeute qui se prépare
avéc le consentement du gouvernement
Elle est bien bonne ! Voilà que l'affai
re Sadoul — laquelle n'est évidemment
qu'un prologue — a mis en déroule l'in-
' teetin, que l'on croyait mieux accroché, de
notre distingué confrère Pierre Bertrand,
du Quotidien. La chose est d'autant plus
comique que c'est Pierre Bertrand, et
- nul autre, qui a chassé de l'Elysée, à coups
de botte, ce valeureux froussard de Mille
rand. C'est tout à fait comme au cir
que: Bertrand botte Milleraûd et est bot
té par Treint-que-taille, lequel taille des
croupières à Bertrand. Oyez plutôt Ber
trand et son marastne :
« Aussi peut-être nous permettra-t-on
« de dire que si nous étions le gouver
ne nemeriî — oh ! prenez bien garde que
« ce n'est pas un vœu î — nous ne ferions
« pas aux amis de M. Sadoul le plaisir
« de l'arrêter...-
« Cela ferait l'affaire de tout le mon-
« de...
« Si cependant ce procédé n'était pas
« juge pratique, il y a un autre moyen
« d'a 1 . aisement : l'amnistie. Elle avait
« été accordée par la Chambre aux con-
« damnés par contumace. Le Sénat les
« en a exclus. Mais la situation nouvelle
« vaut qu'il revienne sur sa décision. »
C'est, clair : le défilé de Jaurès au Pan
théon — imaginé et préconisé par Ber
trand, à titre de cérémonie « symboli
que » a flanqué la trouille à Bertrand.
Il abaisse son pavillon, devant les Soviets
et le camarade Krassine, aussi vivement
que Unamuno et Blasco Ibanez ont àhais-
sé le leur devant la répression eje Barce
lone et Primo de Riveira. Le camarade
Bertrand (Pierre) a peur du tribunal ré
volutionnaire promis par Treint, les jours
pairs, et par Cachi'n, les jours impairs, à
quiconque ne fait pas ses dévotions a
saint Lénine. H est comme ces timides
néophytes qu'effrayait le rugissement des
bêtes féroces dans le cirque, et qui de
mandaient peureusement le registre des
abjurations. C'est qu'en réalité le Bloc
de gauche est plutôt un bol — alimentai
re ■— qu'un bloc d'airain. Déjà Blum en
voie son admirable argenterie à Genève
et serre ses valeurs avec ses fesses.
Rien n'est hilarant comme un révolu
tionnaire, radicalisant et électoral, qui a
peur de la menace réelle de révolution,
comme celle dont nous voyons présen
tement les débuts. Les choses s'aggravant
et les gens de l'Humanité jurant de dé-
cerveler, de griller, de paner et de pen
dre les gens du Quotidien, je ne donne
pas quinze jours au Quotidien pour arbo
rer le marteau et la faucille, et courir
pieds iras, chez Krassine, un cierge laïque
ou, plus exactement, une chandelle à la
main : d'après ce principe qu'il vaut
mieux en tenir une que d'en voir trente-
eis. Et je me rappelle le mot saisissant
du collègue et ami de ce bon Herriot :
« Si la révolution éclate à Paris, elle ne
trouvera certainement plus personne au
Quai d'Orsay A moins que ce vieil
Israël, cher à Sennep Mais c'est peu
probable. "
Quant au général Nollet, ministre de la
Guerre qui abandonne toute la Défense
nationale, en se couvrant du nom et des
« idées » de Jaurès, vous n'imaginez pas
une minute, je suppose, qu'il ferait tête
même à la simple émeute. Son nom de
Nolle signifie ne pas vouloir et il justifie
rait son nom. Treint, qui fut officier en
Pologne, et bouillant, et téméraire, aurait
tôt fait de l'enfermer dans un placard,
en lui donnant à copier cinq fois le verbe
sadouler s « Je sadoule, tu sadoules, nous
zsadoulons, etc... x> Je néglige ici le patron
Caillaux, qui est maboul et dont person
ne ne parle plus.
Tout cela relèverait du genre comique,
très rapidement senti par la foule pari
sienne, si la France avait un gouverne
ment. Malheureusement, nous n'avons pas
de gouvernement, et cela depuis le départ
du papa Clemenceau, qui était un hom
me, non une pauvre larve comme ses suc
cesseurs. Du point de vue de l'énergie gou
vernementale, et de la défense de la so
ciété menacée par les sanglantes calem
bredaines du bolchevisme renouvelé' de
Maxat, du simple point de vue de la fer
meté et de la fermeté intelligente, Mille-
rand valait Poincaré,'qui valait Herriot,
qui vaut Blum, qui ne vaut pas tripette.
Je ne parle même pas des idées, des doc
trines, acculées à cette absurdité de ré
futer la révolution russe au nom de son
modèle la Révolution française, et d'oppo
ser aux méchants massacres de Moscou-
1917, nos bons massacres de septembre
1792.
Non, je parla du caractère qui est ab
sent chez Millerand, comme chez Poinca
ré, comme chez Briand, comme chez Her
riot. J'ai vu ces hommes de près. J'ai enco
re leurs intonations dans les oreilles. 3'ai
eu la vision de leurs hésitations, de leurs
tremblements, de leurs secrète: paniques.
Je suis û?.è. Les bolchevistes aussi sont
fixée. L'assaut donné secrètement à la
société, l'annonce d'un « putsch » pour
le jour de Noël prochain, les préparatifs
incendiaires de grande banlieue, le com
plot des gares d'approvisionnement, ce
lui des usines de force et d'électricité, le
plan d'affamement et de terrorisation de
Paris, tout cela s'évanouirait, en quelques
heures, s'il y avait au gouvernement, au
lieu d'une poupée émotive, cordiale, cha
leureuse, mais écervelée comme Herriot,
un homme d'ordre, inaccessible aux me
naces, renseigné sur les dessons policiers
du régime, sachant ce qu'il veut, où il va,
et comment on. coupe le clés d'une révo
lution et les racines d'une émeute.
Mais la vérité est que Clemc: au mis
à part — et aussi horc de cause, par son
âge canonique — la République n"a plus
un chef, j'entends un chef civil. Les chefs
militaires abondent, et la guerre l'a mon
tré ; mais autre chose est de faire la
guerre, autre chose est de décréter e" de
ramener l'ordre politique, si une fois ce
lui-ci a été troublé. A mal politique, re
mède politique. Nul ne peut combattre
efficacement la révolution — en eût-il les
moyens intellectuels, moraux et. physi
ques — qui se réclame de la Révolution
de 1789 et de celle du quatre septembre,
c'est-à-dire 1 - la République. Il se fait
rire au nez, ou dans le dos. Civile ou mi
litaire, la jeunesse patriote française a
besoin de sérieux, parce que la situation
est sérieuse.
Elle est sérieuse, parce que le gouverne
ment tolère, comme avant-hier, des appels
publics au meurtre et au pillage, meme
dans la rue . Elle est sérieuse, parce que
pour y parer, si Herriot tombe sous le
poids de son incapacité agitante, une lar
ve comme Briand, le Doriot de 1901, le
remplacera. Elle est sérieuse, parce que
la police politique est gangrenée —as
sassinats impunis de Plateau et de Philip
pe—' parce qu'il y a en elle les germes
d'une Tchéka, parcç que l'armée est dé
couragée, traquée, minée par une propa
gande qui ne se cache même pas, parce
que NoÙét, parce que Sarrail, parce que...
mais je m'arrête, ce qui me resterait à
dire est trop triste. Parce que la presse
parisienne est ce qu'elle est 0 société,
îu es défendue par Henry Simond, Léon
Bailby, Henry Letellier et les frères Du-
puy ! Ne compte pas trop sur ces défen
seurs, ni sur leurs papiers, ô société.
Maurras vous le disait hier, et Ceux
mêmes qui, parmi les libéraux et démo
cratisants de toute forme et de toute ca
tégorie, nous jalousent et nous détestent,
paraissent en être bien persuadés et en
sojit, au fond, bien persuadés. En face
de la révolution qui arrive il n'y a qu'une
armée de l'ordre réelle, solide et dont les
chefs ne flancheront pas, ont fait la preu
ve qu'ils ne flanchent pas : l'Action fran
çaise. Les choses s'aggravant — et elles ne
peuvent pas ne pas s'aggraver, car Her
riot et Blum nous ont mis sur la pente,
quittes à se débiner au moment du péril
— ceux mêmes qui, chez les libéraux, les
démocratisants, les salonnards, les blo-
queurs nationaux, etc... nous ont le plus
ardemment combattus, accourront là où
il y a une direction, des cadres, une dis
cipline et l'invincible amour de la patrie.
Je sais déjà que certains régi îttent de
n'avoir point parlé de cette réunion his
torique de Luna-Parfc, toute récente, où
— puisque l'on parle de masses — nous
groupions vingt mille hommes faits et
jeunes gens dans un enthousiasme com
mun.
Ce sentiment de notre force et la froi
de résolution qui nous anime nous per
mettent de considérer les menaces d'émeu
te, de massacre, de pillages — que tolère,
s'il ne les encourage, le gouvernement —■
avec quelque philosophie.
Le jour où la canaille qui veut notre
peau et celle de la patrie nous cherchera,
elle nous trouvera. Au pire — et s'il est
permis de parler dans un sujet si général,
en son nom personnel — la Tchéka ne
m'infligerait pas de pires tortures que
Marlier à Millerand et Lannes à Poinca-
ré, en tuant, fauté de pouvoir le désho
norer, mon enfant bien-aimé. Mais nous
ne sommes pas des moutons qu'on égor
ge, et ceux qui n'ont pas envie d'être égor
gés sont cordialement priés de se joindre
à nous.
Léon DAUDET.
Tu Œuvre condamnée
Le tribunal correctionnel da Mans a rendu hier
son jugement dans l'action en diffamation intentée
par l'évêque du Ma..8 au gérant du journal l'Œuvre
et à M. de la Fouchardière, auteur d'un article
paru dans ce journal le 24 octobre 1924 et Inti
tulé : < D'un bénéfice ecclésiastique, s
' Lf tribunal 8 condamné M. Potignat, gérant, &
50 francs d'tmende, et M. de la Fouchardière à
25 franos d'amende.
L'évêque du Mans obtient 100 francs de dom
mages-intérêts et l'insertion du jugement. dans
l'Œuvre et, par extraits, dans sis journaux de Pa
ri: ou de province-
LA POLITIQUE
I. Les sénateurs d'U. R.
oseront-ils parler de dissolution ?
L'initiative du groupe sénatorial de l'U
nion républicaine mérite deux observa
tions.
Ses membres sont inquiets, il y a lieu
de l'être : ils entendent rechercher quelles
« mesures les pouvoirs publics ont prises
« contre cette offensive révolutionnaire »,
ils sont résolus à mener une « campagne
« incessante pour mettre fin » à une_ « or
ganisation criminelle», à «une véritable
mobilisation des forces de désordre », à
« une menace directe et intolérable contre
« la sécurité de la nation et la sécurité
« des individus». C'est bravement écrit.
L'ordre- du jour ne manque pas d'ajouter
qu'on délibérera et qu'on se concertera.
Mais que peut-on espérer de faire ? La
pensée des pouvoirs publics est celle de
M. François Albert, que l'on voit rapportée
en tête "du journal. Le communisme est
un ami. Le communisme est un protecteur.
Le communisme, sans faire partie du Car
tel, dispose d'un pouvoir de vie et de mort
sur le ministère. Si, -en-effet, • fer ministère
marchait sérieusement contre les commu
nistes, il perdrait l'appui des socialistes
et ne reposerait plus que sur une minorité.
La structure de la Chambre et du Cartel
qui la gouverne détermine toutes les com
plaisances de M. Herriot envers Moscou et
les moscoutaires. Le Temps, les Débats
ont bien tort de plaindre la conséquence en
oubliant la cause et, quand la LibeHé nous
confirme ce que nous avons toujours an
noncé, à savoir que Moscou avait contri
bué pécuniairement au triompha du Car
tel, nous sommes tentés de juger que. la
preuve est bien superflue ! Il est clair
qu'Herriot ne. peut pas toucher à Blum,
qui ne peut pas toucher à Cachin. .11' y
aurait donc une seule ligne, d'action poli
tique : la dissolution de la Chambre-Mais
M. Doumergue aurait-il le courage de con
cevoir cette mesure de salut, aurait-il au
Sénat une majorité pour la voter ?
Certes, notre énergique et brillant con
frère Martin-Mamy a fait dans le Télé
gramme du Nord, depuis le 7 novembre,
une campagne lumineuse en faveur de la
dissolution. Les parlementaires, même
bien pensants, font considéré comme un
animal dangereux. Tant pis pour les par
lementaires ! Le salut est là. Cette Cham
bre n'est pas viable. Qu'une majorité nu
méro deux s'y forme avec la droite de la
gauche,, avec le centre et avec la gauche
dë la droite. Quelle sera son autorité.? Le
droit dont elle émane aura été escroqué.
Ceux qui se sont fait élire sur le'ur en
tente et sur leur union se seront séparés,
ils se feront la guerre. Que de reproches !
Que d'accusations ! Gomment répondre ?
Pour avoir situation nette, il est indis
pensable de retourner chez l'électeijr.
Comme c'est amusant ! Et quelle pers
pective l'unique solution constitutionnelle
et légale entrouve à ce malheureux grand
pays que menacent simultanément toutes
sortes de crises, religieuse, économique,
sociale, nationale.et internationale! Nous
disions à M.Poincaré que nos élections de
mai étaient une folie. Que cette folie rende
nécessaires des élections nouvelles en jan
vier ou février, c'est aujourd'hui la preuve
qu'il ne pouvait rien y avoir de plus fou,
en effet. Mais ainsi le voulaient le droit,
l'esprit et 'la religion de la République,. ré
gime dans lequel la souveraineté ne peut
ni ne doit appartenir au Salut public. Les
volontés votantes y sont juridiquement au-
dessus de la volonté de vivre de la na
tion !
II. Qui sont
les sénateurs dUnion républicaine?
La déclaration des bons jacobins du Sé
nat républicain appelle une autre observa
tion. Je la leur soumettrai dans une for
mule familière : ces messieurs se sont-ils
regardés ? »
Ils sont présidés par M. Chéron. M. Ché-
ron appartenait à ce ministère national
qui, après de longues et pitoyables hési
tations, a fini par amnistier le héros de la
mer Noire, Marty ! Quelques manifesta
tions électorales avaient suffi à l'intimider.
Elles ne l'ont pas instruit. Le mois der
nier, c'était le même M. Chéron qui, au
SénatA intervenait publiquement pour dé
cider M. Poincaré à verser les parolés d'ab
solution sacramentelle sur le front de
Malvy. En deux cas essentiels, sur deux
affaires décisives, M. Chéron s'est çom-t
porté de manière à semer tout ce qu'il a
horreur de voir sortir de terre: quelle
confiance veut-il que l'opinion Honnête
et patriote ait en lui ? Quelle crainte peut-
il inspirer à la tourbe des pires ? Protec
teur, avocat, réhabiliteur de-Malvy, amnis-
tieur de Marty, nul ne compte sérieuse
ment qu'il opposera une résistance quel
conque à l'assaut de la troisième vague,
de la vague Sadoul. Hommes d'ordre et
gens de désordre voient clairement qu'il a
cru apaiser par des concessions et qu'il
sera toujours enclin à donner de sembla
bles apaisements. .S'il les refusait, cette
fermeté ressemblerait à de l'injustice, l'é
meute irritée 1 en serait stimulée. Mais il
ne les refuserait pas ! Sa manifestation
de bonnets à poil tombera dans le vide
de l'Elysée et n'aura même, pas la valeur
d'une démarche d'hommes d'autorité jouis
sant de quelque prestige moral. Tout le
monde dira : — C'est de leur faute, de
quoi se plaignent-ils ?
IIL Un homme-drapeau ?
J'ai pris la peine -de scruter le person
nage de M. Chéron à qui je ne veux ni
mal ni bien, mais qui est le personnage
représentatif de la Commission sénato
riale. Les mêmes objections s'élèveraient
contre M. Millefand, si M. Millerand était
sénateur.
Mais il n'est rien. Il est tombé de tout.
Les conservateurs et les hommes d'ordre
qui commettent l'erreur de se grouper au
tour de lui se doutent-ils de l'incroyable
découragement qu'ils vont semer partout ?
Je n'ai aucun grief personne 1 ! contre M. Mil
lerand, je n'oublie pas ses services de
guerre ni de paix et, s'il était question de
lui assurer dans une combinaison minis
térielle viable un portefeuille du Travail,
ou des Travaux publics, je n'hésiterais pas
H
à dire : va pour Millerand. Mais il ^e s'agit
plus de prendre son rang dans le tchinn
politique et administratif du régime : ce
dont on parle pour Millerand, c'est de
mettre à sa disposition les moyens moraux
et matériels de conduire une réaction gé
nérale. Or, ces moyens, il les a eus, et il
n'en a rien,fait. Ni à coups de réunion pu
blique, ni à coups de millions, ni à coups
d'élections partielles ou générales, on ne
mettra dans sa main plus de moyens qu'il
n'en avait en avril, ou en mai, ou en juin
derniers.
Ces grands moyens, il n'en a rien fait.
Comment le bon sens public peut-il le sup
poser capable d'atteindre un résultat meil
leur avec des moyens moins puissants ?
Voilà ce que devraient considérer les
deux ou trois mille hommes politiques, in
dustriels, financiers, commerçants jni ré
pètent de vive voix ou par écrit : Mille
rand ! Millerand ! Cela prendra sur eux,
sur ce qu'on appellera leur élite ou leur
petite élite. Les masses, d'une part, et, de
l'autre, les véritables élites s'accrocheront
inébranlablement à cette évidence que ce
lui qui n'a rien fait d'une force chiffrée
cinq cents ne peut mieux réussir avec une
force chiffrée cinquante. Ni les valeurs in-
teilectuelles et morale ne seront persua
dées et convaincues, ni les masses ne se
ront mises en mouvement..Les unes et les
autres seront irrésistiblement refroidies,
immobilisées, <' orientées par ce choix.
Si l'on veut la > ,'aite en voilà le chemin.
C'est la mauvaise manœuvre type. Nous
ne conseillons pas d'y persévérer. Il faut
chercher autre chose. II faut surtout le
trouver. Et plus vite que ça !
IV. Heure critique !
L'urgence de la situation semblait de
puis hier soir se faire sentir à fond dans
les milieux de presse gouvernementale,mi-
officieuse, mi-officielle. Le plus grand jour
nal de la République, avec ses grandes
pages bardées, truffées de renseignements
sur les cellules et sur les rayons, fait vé
ritablement peine à voir depuis quarante-
huit heures. Cela ne l'empêche pas de
maintenir de son mieux l'anarchie causale
et, tout en l'abhorrant quand elle est effec
tive, il s'applique tant qu'il peut à écarter
de son vaste public le moindre germe de
hautes réflexions politiques ; on admirait
encore mercredi soir comment son criti
que attitré, son Bekannte^ Temps re-
dakteur „ enfant chéri de la Gazette de
Francfort, M, Souday, s'appliquait sournoi
sement à diminuer la valeur et à limiter
le succès des très beaux Dialogues sur le
commandement qu'André Maurois vient de
publier chez Grasset.' Ce livre représente
un effort en profondeur de l'esprit natio
nal. L'écrivain y ter.ie, avec bonheur, une
reprise de quelques vérités vitales obscur
cies par des sophismes très médiocres
Ces bas sophismes tiennent à l'âme du
régime. Le critique d'Etat exerce sa fonc
tion en les couvrant : il ne veut pas que
l'opinion de Français moyens, moyenne
ment cultivés, puisse douter que la victoi
re n'ait été obtenue par hasard et que l'art
de la guerre, qui est le premier de tous,
l'art de mener les hommes et de les sau
ver, ne soit à la .portée du moindre goujat.
Le Temps est là, et le Bekanhte dans le
Temps fait le service de ce mensonge dé
mocratique.
Tout de même ils ont peur des consé
quences de leur démocratie. Ah ! qu'ils
en ont peur ! Si la haute anarchie les en
chante, ils s'accomodent moins de l'anar
chie qui met en péril les personnes et les
biens. C'est que les nouvelles arrivent! Les
précisions s'accumulent. Les gens au pou
voir voient revenir de l'étranger des avis
que la police ne leur avait pas donnés
par ici. Ainsi la Morning Post d'il y a six
jours :
Je tiens d'une information reçue aujour
d'hui et que je considère comme digne de
foi, que 30 Comités révolutionnaires com
munistes existent actuellement dans Paris
même, et environ 2.000 dans le pays tout
entier. A peu près 100 feuilles révolution
naires se publient quotidiennement dans
les diverses usines de la capitales et dans
d'autres centres industriels et la circula
tion en est soigneusement assurée parmi les
travailleurs.
Une nouvelle alarmante. — Ultérieure
ment, on m'apprend qu'il y a quelques se
maines le Comité exécutif de la III' Inter
nationale a décidé, en considération de la
situation favorable actuelle en France, de
faire éclater la Révolution communiste le
jour de Noël. Le même Comité a décidé que
le mouvement devra commencer simulta
nément à Paris et à Toulon, Brest, Cher
bourg, Là Rochelle et autres ports fran
çais. Je donne cette information sous tou
tes réserves mais... »
Il est de fait que l'attitude des partisans
de Moscou dans ces dernières semaines et
l'impunité de leur propagande donne cré
dit à ces renseignements.
Nous tirons notre montre. Combien va
durer l'alarme des hommes du Temps ?
A quel moment cesseront-ils d'avoir, com
me dit Bourget, ce beau courage d'avoir
peur ? Quand commenceront-ils à dire :
si l'on s'entendait avec l'ennemi ? Car ils
ont la capitulation dans le sang.
V. Au premier rang
Pour nous, réimprimons avec orgueil,
avec joie, avec gloire, l'appel que publiait
dans l'Humanité d'avant-hier le Bureau po
litique du parti communiste :
L'Action française et son organisation de
combat, «.les Camelots du Roi », redou
blent d'activité. &
Aux prolétariat, aux petits jjfavailleurs
des villes et des champs nous crions :
Alerté ! Défendez-vous I
Organisez-vous pour résister au fascis
me agresseur !
Et pour commencer :
Dissolution immédiate des Camelots du
Roi, organisation de combat des monar
chistes ! *
LICENCIEMENT IMMEDIAT DE TOUS
LES OFFICIERS ADHERANT A L'ACTION
FRANÇAISE I •
Ils commencent par là parce qu'ils sa
vent que, par là, il y a autre chose, il y a
mieux qu'une barrière de millions, d'ar
ticles de loi ci de hauts fonctionnaires
à la retraite. Il v^a des hommes, des vo
lontés, des pensées, des actions. II y a
!
le sens positif et offensif d'une évolution
nationale nouvelle, digne de la victoire et
digne du pays ! II y a ce que Valois appelle,
dans son grand livre né d'hier, une véri
table « Révolution nationale » : l'écroule
ment d'institutions indignes, d'un person
nel inerte, l'avènement des patriotes et des
combattants.
Charles MAURRAS.
■
LES FAITS DU JOUR
— M. Chamberlain, après s'être entretenu
avec M. Herriot, a quitté Paris hier soir pour
Rome.
— Le Salon de l 'aéronautique s'est ou
vert hier.
Bonnes nouvelles de la célèbre bilbiothèque
Méjones. l'une des gloires d'Aix-en-Provence. Ce
n'est plus « un trésor dans la misère-», comme
l'appelait naguère M. Gabriel Boissy. Le conseil
général du Rhône a élevé son budget de 2.356 frs
à 12.35C ; elle a pu commencer d'installer vingt
m'ile volumes dont elle s'est enrichie par le legs
Pccoul ; enfin, l'auteur du livre fi retentissant et
si précieux paru il y & quelques,mois : Ce que j'ai
tu en Orient. M. Laurent Vibert, non moins patient
srudit qu'économiste sagace, inlassable voyageur et
savant historien, s'est mfë à éditer le catalpgue des
incunables, resté manuscrit depuis vingt ans, et il
s ; attclle à l'inventaire des fameux recueils de piè-
cet". *
%%
Au Lys Royal , chocolatier, 13, rue de la
Pépinière (Tél. : Central 61-94).
« Chocolats exqdis »
Présentation parfaite
A L'HOTEL DE VILLii
La fermeture hebdomadaire
des pharmacies
;M. Florent-Matter a demandé hier au
préfet de police de rapporter son arrêté
sur la fermeture hebdomadaire des phar
macies. Il a développé à la tribune du
conseil municipal les arguments gue les
adversaires de cette mesure ont déjà for
mulés maintes fois dans la presse : L'ar
rêté du préfet serait illégal ; le roule
ment établi librement par les pharma
ciens assurait le repos et ne mécontentait
personne ; la fermeture obligatoire a en
traîné de nombreuses suppressions d 'evi-
plois de préparateurs ; enfin, le système
préfectoral a pour le public 1er, plus gra
ves inconvénients. M. Florent Matter, ap-
Eorte à l'appui de sa protestation de nom-
reuses lettres de parisiens de divers quar
tiers, et les signatures de 53 membres du
conseil municipal.
Plusieurs de ceux-ci viennent appuyer
leur collègue. D'autres approuvent l'arrêté
préfectoral. M, Morain défend la légalité
de la mesure qu'il a prise, mais ne refuse
pas de remettre la question à l'étude. Il
en est ainsi décidé, par renvoi à la 2°
commission.
Nous avons la douleur d'apprendre la
mort de notre maître eminenl le marquis
de La Tour du Pin-Chambly de la Charce,
fondateur de l'Ecole sociale catholique,
l'auteur des Aphorismes de politique so
ciale et des Jalons de route vers un ordre
social chrétien, qui ouvrirent leur voie
à. plusieurs générations d'économistes, de
sociologues, de politiciens, d'hommes d'œu-
vres et d'hommes d'action.
Nous ne le nommions jamais qu'avec
des sentiments d'admiration émue et de
profonde vénération. C'est un des très
grands noms de l'histoire intellectuelle de
ia patrie. L'Action fhançaise essaiera de
dire demain quelques-uns des bienfaits de
cette longue et lumineuse carrière.
Vers le huitième miracle
de l 'Allemagne
A la veille des élections allemandes, et
si l'on en juge seulement par les indices
psychologiques, la campagne des partis de
gauche (où le centre caméléon est compris)
aura été plus heureuse que celle des partis
de droite. Ces derniers, en effet, n'ont pas
eu grand'chose à se mettre sous la dent,
sauf la revalorisation des emprunts d'avant-
guerre et de guerre, que les partis de gauche
se gardent, d'ailleurs, d'écarter absolument.
Les nationaux allemands, vainqueurs au
mois de mai, semblent bien perdre du .ter
rain. On ne s'en étonnera pas étant donné
qu'ils n'ont pu se mettre d'accord sur le
plan Dawes. La position de leurs adversaires
était bien meilleure. Mais c'est justement ce
qui a conduit les partisans de la politique
d'exécution à d'étranges aveux.
Comment viennent-ils de combattre les
nationalistes ? En démontrant par des argu
ments sans cesse renouvelés que la politique
d'exécution avait déjà apporté des résultats
plus sûrs qu'une politique de résistance, de
refus et de revanche. Les partis de gauche
invitent l'électeur allemand à se placer nu
point de vue national et à dire si les natio
nalistes auraient fait mieux.
Dans un article du Berliner Tageblatt,
qui est le modèle du genre, Erich Dom-
hrowski met le relèvement de l'Allemagne
à l'actif des partis démocratiques. Il dé
montre les •« sept miracles de.l'Allemagne »
qui sont : 1° après la révolution de no
vembre 1918, l'échec du bolchevisme et le
rétablissement de l'ordre par des gaillards
comme Noske venus de la social-démocra
tie ; 2° l'unité du Reich a été sauvée : de
même que le communisme, le séparatisme
a été écrasé, la Ruhr évacuée ; 3° grâce à
des hommes tels qu'Erzberger, Rathenau et
Wirth, l'Allemagne a échappé à l'étau des
réparations et elle en est au plan Dawes,
en attendant mieux ; 4° de la ruine du
mark, elle est passée à une monnaie-or
supérieure à la livre sterling, et c'est
l'œuvre du démocrate Schacht' ; 5° l'auto
nomie allemande, menacée d'écroulement,
renaît de ses' cendres, comme -le phériix ;
6° les finances sont saines et le budget-or
en excédent ; 7° l'Allemagne a regagné la
confiance du monde et pourra entrer bientôt,
la tête haute, dans la Société des Nations.
Voilà ce que la République a valu a
l'Allemagne. De quoi les Allemands se
plaindraient-ils ? Les plus patriotes d'entre
eux, après la défaite et la catastrophe, ne
pouvaient en rêver autant. Et ce n'est pas
tout. Les partis démocratiques promettent
un « huitième miracle », la réunion de
l'Autriche, le retour à la mère Germanie
de plusieurs millions de frères, allemands.
Seuls, les partis démocratiques peuvent
apporter à l'Allemagne cette révanehe paci
fique, qui compensera les pertes que le
Reich a subies, qui, sous la bannière répu
blicaine, sous le drapeau noir, rouge et or,
le fera aussi grand et aussi puissant que
sous Guillaume II..
Cette argumentation est convaincante. Il
est probable qu'elle vaudra des succès aux
partis de gauche, lesquels ont su se placer
sur le terrain national et retirer aux partis
de droite le pain de la bouche. Mais on ne
saurait dire qu'il y ait de quoi rassurer les
voisins de l'Allemagne, Français et Belges,
Tchèques et Polonais. —- J. B.
MAGNIFIQUE REUNION DE RENTREE DES ETUDIANTS D'A. F.
Tout le quartier latin patriote
à l 'Action française
Les Etudiants efAction française te
naient hier soir, dans la salle des Sociétés
savantes, leur réunion de rentrée. Nous
avions vu, l'an dernier, une magnifique
assemblée d'étudiants écouter nos orateurs;
nous avions dit qu'elle avait marqué un
immense progrès. Mais la réunion d'hier
soir a été un triomphe, le, triomphe évi
dent de l' Action française et de la doctrine
de Charles Maurras au Quartier latin, qui'
fut jadis la terre propice aux poussées
révolutionnaires. . v
Dès 8 h. 45, la grande salle des Socié
tés Savantes était pleine à craquer. Les
vestibules jusqu'à la rué, leà abords de
la tribune, les escaliers d'accès, la gale
rie supérieure étaient littéralement bon
dés de jeunes gens serrés les ans contre
les autres..- Il fallait, aux portes de la
salle, interdire l'entrée à plus de 500 étu
diants qui n'auraient pu trouver place.
Et cette assemblée formidable était une
assemblée intelligente : les applaudisse
ments et les ovations dont elle saluait les
exposés de l'amiral Schwerer, de Calzant,
de Henri Massis, de Marie de Roux, de
Georges Valois, étaiçnt l'expression d'une
adhésion réfléchie et totale.
Pendant le superbe discours de Léon
Daudet, on pouvait suivre sur tous ces
jeunes■ visages que chacun ne donnait pas
seulement son adhésion intellectuelle,
mais que l'action suivrait la pensée pour
le salut de la France, mise en péril par
l'effroyable incurie républicaine. — C. J.
L'amiral Schwerer
L'amiral Schwerer, qui préside, ouvre
la séance.
« Je veux essayer, dit-il, de montrer
aux jeunes ce que ma génération a fait
ou n'a pas fait pour l'embellissement et
la grandeur de la patrie. »
Et l'amiral Schwerer, écouté avec la
plus -grande attention va montrer avec
clarté ce qu'a subi sa génération, issue
des désastres de 1870, une génération de
vaincus, le redressement qu'elle a dû opé
rer, et enfin les devoirs des jeunes à qui
il incombe de sauver la patrie de la
ruine.
Et avec une sobre éloquence, l'amiral
Schwerer fait parler les grands morts de
la guerre qui nous avaient donné le pres
tige de la victoire. Aujourd'hui, la France
est dans une situation plus humiliée qu'el
le ne l'était en 1871. Que voyons-nous ?
Les fruits de la victoire gâches, les répa
rations impayées, les anciens combats
tants exploités, dont quelques-uns vont
être jetés hors de la France qu'ils avaient
défendue et pour laquelle ils ont versé
leur sang.
Maintenant, les embusqués sont minis
tres, quant aux déserteurs, ils sont accueil
lis à bras oruverts !
Ainsi prépare-t-on le lit de la révolu
tion qui menace d'assassiner la patrie.
Quand les applaudissements se sont cal
més, la parole est donnée à notre ami
Georges Calzant.
Georges Calzant
Le secrétaire général des Etudiants d'Ac
tion française constate tout d'abord que
cette fois la Salle des Sociétés Savantes est
trop petite pour contenir la foule des étu
diants accourus à notre réunion.
Calzant va s'attacher à montrer briè
vement et avec force les méfaits de la
République. « Nous trouvons des partis
alors que nous voilions un Etat, s'écrie-
t-il ».
Notre génération ne veut pas être une
deuxième génération sacrifiée ; aussi bar-
rera-t-elle la route et aux factions qu'elle
méprise et à la. révolution qui menace.
Et pour cette besogne il n'est plus pos
sible de compter sur des chefs républicains,
« pas même sur Poincaré qui, en ne
Samedi 6 Décembre 1924
18ecnHm«s. 9tm *t Sbij»b-»t-Oi«b
20 centimes. D épabtemektb kt C oloue»
AJBONNEMENITS : Iilv felolt TrrisIgU
France et Colonies. 48 fr. a5 £r. i3 fr.
Etranger . ..... 8a » 4a » sa s
Chèque postal s Compte 33.900 Pari*.
ORGANE DU NATIONALISME INTÉGRAL
« Tout ce qui est national est notre. »
Le Due d'ORLÉANS
héritier des quarante Rois qui ep mille ans firent la France.
RÉDACTION A A.DMIKI8TBATIOH :
rua de Rojm , PARIS (S*)
Adressa télégraphique : ACTÏOFR à N-PAKIS
Téléphone : Administration : Louvre 36-49» a ^*®°
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Après :o heures du soir : Ségar u<>3
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Fondateur s HENRI VAUGEOIS Directeurs politiques : LEON DAUDET Ct CIIAW j ES MAURRAS — Rédacteur en ehet s MAURICE PUIO
Là penséé du gouvernement
i Hier M. François Albert disait :
— Le communisme, mais c'est de la
RIGOLADE ( sic ) Il faut traiter cela
SUR LE TON BADIN.
M. BADIN, c'était le nom sous lequel
Duval signait ses articles du « BONNET
ROUGE.»
Cabine Al'f^ïiRÏ), dans la Liberté
L'émeute qui se prépare
avéc le consentement du gouvernement
Elle est bien bonne ! Voilà que l'affai
re Sadoul — laquelle n'est évidemment
qu'un prologue — a mis en déroule l'in-
' teetin, que l'on croyait mieux accroché, de
notre distingué confrère Pierre Bertrand,
du Quotidien. La chose est d'autant plus
comique que c'est Pierre Bertrand, et
- nul autre, qui a chassé de l'Elysée, à coups
de botte, ce valeureux froussard de Mille
rand. C'est tout à fait comme au cir
que: Bertrand botte Milleraûd et est bot
té par Treint-que-taille, lequel taille des
croupières à Bertrand. Oyez plutôt Ber
trand et son marastne :
« Aussi peut-être nous permettra-t-on
« de dire que si nous étions le gouver
ne nemeriî — oh ! prenez bien garde que
« ce n'est pas un vœu î — nous ne ferions
« pas aux amis de M. Sadoul le plaisir
« de l'arrêter...-
« Cela ferait l'affaire de tout le mon-
« de...
« Si cependant ce procédé n'était pas
« juge pratique, il y a un autre moyen
« d'a 1 . aisement : l'amnistie. Elle avait
« été accordée par la Chambre aux con-
« damnés par contumace. Le Sénat les
« en a exclus. Mais la situation nouvelle
« vaut qu'il revienne sur sa décision. »
C'est, clair : le défilé de Jaurès au Pan
théon — imaginé et préconisé par Ber
trand, à titre de cérémonie « symboli
que » a flanqué la trouille à Bertrand.
Il abaisse son pavillon, devant les Soviets
et le camarade Krassine, aussi vivement
que Unamuno et Blasco Ibanez ont àhais-
sé le leur devant la répression eje Barce
lone et Primo de Riveira. Le camarade
Bertrand (Pierre) a peur du tribunal ré
volutionnaire promis par Treint, les jours
pairs, et par Cachi'n, les jours impairs, à
quiconque ne fait pas ses dévotions a
saint Lénine. H est comme ces timides
néophytes qu'effrayait le rugissement des
bêtes féroces dans le cirque, et qui de
mandaient peureusement le registre des
abjurations. C'est qu'en réalité le Bloc
de gauche est plutôt un bol — alimentai
re ■— qu'un bloc d'airain. Déjà Blum en
voie son admirable argenterie à Genève
et serre ses valeurs avec ses fesses.
Rien n'est hilarant comme un révolu
tionnaire, radicalisant et électoral, qui a
peur de la menace réelle de révolution,
comme celle dont nous voyons présen
tement les débuts. Les choses s'aggravant
et les gens de l'Humanité jurant de dé-
cerveler, de griller, de paner et de pen
dre les gens du Quotidien, je ne donne
pas quinze jours au Quotidien pour arbo
rer le marteau et la faucille, et courir
pieds iras, chez Krassine, un cierge laïque
ou, plus exactement, une chandelle à la
main : d'après ce principe qu'il vaut
mieux en tenir une que d'en voir trente-
eis. Et je me rappelle le mot saisissant
du collègue et ami de ce bon Herriot :
« Si la révolution éclate à Paris, elle ne
trouvera certainement plus personne au
Quai d'Orsay A moins que ce vieil
Israël, cher à Sennep Mais c'est peu
probable. "
Quant au général Nollet, ministre de la
Guerre qui abandonne toute la Défense
nationale, en se couvrant du nom et des
« idées » de Jaurès, vous n'imaginez pas
une minute, je suppose, qu'il ferait tête
même à la simple émeute. Son nom de
Nolle signifie ne pas vouloir et il justifie
rait son nom. Treint, qui fut officier en
Pologne, et bouillant, et téméraire, aurait
tôt fait de l'enfermer dans un placard,
en lui donnant à copier cinq fois le verbe
sadouler s « Je sadoule, tu sadoules, nous
zsadoulons, etc... x> Je néglige ici le patron
Caillaux, qui est maboul et dont person
ne ne parle plus.
Tout cela relèverait du genre comique,
très rapidement senti par la foule pari
sienne, si la France avait un gouverne
ment. Malheureusement, nous n'avons pas
de gouvernement, et cela depuis le départ
du papa Clemenceau, qui était un hom
me, non une pauvre larve comme ses suc
cesseurs. Du point de vue de l'énergie gou
vernementale, et de la défense de la so
ciété menacée par les sanglantes calem
bredaines du bolchevisme renouvelé' de
Maxat, du simple point de vue de la fer
meté et de la fermeté intelligente, Mille-
rand valait Poincaré,'qui valait Herriot,
qui vaut Blum, qui ne vaut pas tripette.
Je ne parle même pas des idées, des doc
trines, acculées à cette absurdité de ré
futer la révolution russe au nom de son
modèle la Révolution française, et d'oppo
ser aux méchants massacres de Moscou-
1917, nos bons massacres de septembre
1792.
Non, je parla du caractère qui est ab
sent chez Millerand, comme chez Poinca
ré, comme chez Briand, comme chez Her
riot. J'ai vu ces hommes de près. J'ai enco
re leurs intonations dans les oreilles. 3'ai
eu la vision de leurs hésitations, de leurs
tremblements, de leurs secrète: paniques.
Je suis û?.è. Les bolchevistes aussi sont
fixée. L'assaut donné secrètement à la
société, l'annonce d'un « putsch » pour
le jour de Noël prochain, les préparatifs
incendiaires de grande banlieue, le com
plot des gares d'approvisionnement, ce
lui des usines de force et d'électricité, le
plan d'affamement et de terrorisation de
Paris, tout cela s'évanouirait, en quelques
heures, s'il y avait au gouvernement, au
lieu d'une poupée émotive, cordiale, cha
leureuse, mais écervelée comme Herriot,
un homme d'ordre, inaccessible aux me
naces, renseigné sur les dessons policiers
du régime, sachant ce qu'il veut, où il va,
et comment on. coupe le clés d'une révo
lution et les racines d'une émeute.
Mais la vérité est que Clemc: au mis
à part — et aussi horc de cause, par son
âge canonique — la République n"a plus
un chef, j'entends un chef civil. Les chefs
militaires abondent, et la guerre l'a mon
tré ; mais autre chose est de faire la
guerre, autre chose est de décréter e" de
ramener l'ordre politique, si une fois ce
lui-ci a été troublé. A mal politique, re
mède politique. Nul ne peut combattre
efficacement la révolution — en eût-il les
moyens intellectuels, moraux et. physi
ques — qui se réclame de la Révolution
de 1789 et de celle du quatre septembre,
c'est-à-dire 1 - la République. Il se fait
rire au nez, ou dans le dos. Civile ou mi
litaire, la jeunesse patriote française a
besoin de sérieux, parce que la situation
est sérieuse.
Elle est sérieuse, parce que le gouverne
ment tolère, comme avant-hier, des appels
publics au meurtre et au pillage, meme
dans la rue . Elle est sérieuse, parce que
pour y parer, si Herriot tombe sous le
poids de son incapacité agitante, une lar
ve comme Briand, le Doriot de 1901, le
remplacera. Elle est sérieuse, parce que
la police politique est gangrenée —as
sassinats impunis de Plateau et de Philip
pe—' parce qu'il y a en elle les germes
d'une Tchéka, parcç que l'armée est dé
couragée, traquée, minée par une propa
gande qui ne se cache même pas, parce
que NoÙét, parce que Sarrail, parce que...
mais je m'arrête, ce qui me resterait à
dire est trop triste. Parce que la presse
parisienne est ce qu'elle est 0 société,
îu es défendue par Henry Simond, Léon
Bailby, Henry Letellier et les frères Du-
puy ! Ne compte pas trop sur ces défen
seurs, ni sur leurs papiers, ô société.
Maurras vous le disait hier, et Ceux
mêmes qui, parmi les libéraux et démo
cratisants de toute forme et de toute ca
tégorie, nous jalousent et nous détestent,
paraissent en être bien persuadés et en
sojit, au fond, bien persuadés. En face
de la révolution qui arrive il n'y a qu'une
armée de l'ordre réelle, solide et dont les
chefs ne flancheront pas, ont fait la preu
ve qu'ils ne flanchent pas : l'Action fran
çaise. Les choses s'aggravant — et elles ne
peuvent pas ne pas s'aggraver, car Her
riot et Blum nous ont mis sur la pente,
quittes à se débiner au moment du péril
— ceux mêmes qui, chez les libéraux, les
démocratisants, les salonnards, les blo-
queurs nationaux, etc... nous ont le plus
ardemment combattus, accourront là où
il y a une direction, des cadres, une dis
cipline et l'invincible amour de la patrie.
Je sais déjà que certains régi îttent de
n'avoir point parlé de cette réunion his
torique de Luna-Parfc, toute récente, où
— puisque l'on parle de masses — nous
groupions vingt mille hommes faits et
jeunes gens dans un enthousiasme com
mun.
Ce sentiment de notre force et la froi
de résolution qui nous anime nous per
mettent de considérer les menaces d'émeu
te, de massacre, de pillages — que tolère,
s'il ne les encourage, le gouvernement —■
avec quelque philosophie.
Le jour où la canaille qui veut notre
peau et celle de la patrie nous cherchera,
elle nous trouvera. Au pire — et s'il est
permis de parler dans un sujet si général,
en son nom personnel — la Tchéka ne
m'infligerait pas de pires tortures que
Marlier à Millerand et Lannes à Poinca-
ré, en tuant, fauté de pouvoir le désho
norer, mon enfant bien-aimé. Mais nous
ne sommes pas des moutons qu'on égor
ge, et ceux qui n'ont pas envie d'être égor
gés sont cordialement priés de se joindre
à nous.
Léon DAUDET.
Tu Œuvre condamnée
Le tribunal correctionnel da Mans a rendu hier
son jugement dans l'action en diffamation intentée
par l'évêque du Ma..8 au gérant du journal l'Œuvre
et à M. de la Fouchardière, auteur d'un article
paru dans ce journal le 24 octobre 1924 et Inti
tulé : < D'un bénéfice ecclésiastique, s
' Lf tribunal 8 condamné M. Potignat, gérant, &
50 francs d'tmende, et M. de la Fouchardière à
25 franos d'amende.
L'évêque du Mans obtient 100 francs de dom
mages-intérêts et l'insertion du jugement. dans
l'Œuvre et, par extraits, dans sis journaux de Pa
ri: ou de province-
LA POLITIQUE
I. Les sénateurs d'U. R.
oseront-ils parler de dissolution ?
L'initiative du groupe sénatorial de l'U
nion républicaine mérite deux observa
tions.
Ses membres sont inquiets, il y a lieu
de l'être : ils entendent rechercher quelles
« mesures les pouvoirs publics ont prises
« contre cette offensive révolutionnaire »,
ils sont résolus à mener une « campagne
« incessante pour mettre fin » à une_ « or
ganisation criminelle», à «une véritable
mobilisation des forces de désordre », à
« une menace directe et intolérable contre
« la sécurité de la nation et la sécurité
« des individus». C'est bravement écrit.
L'ordre- du jour ne manque pas d'ajouter
qu'on délibérera et qu'on se concertera.
Mais que peut-on espérer de faire ? La
pensée des pouvoirs publics est celle de
M. François Albert, que l'on voit rapportée
en tête "du journal. Le communisme est
un ami. Le communisme est un protecteur.
Le communisme, sans faire partie du Car
tel, dispose d'un pouvoir de vie et de mort
sur le ministère. Si, -en-effet, • fer ministère
marchait sérieusement contre les commu
nistes, il perdrait l'appui des socialistes
et ne reposerait plus que sur une minorité.
La structure de la Chambre et du Cartel
qui la gouverne détermine toutes les com
plaisances de M. Herriot envers Moscou et
les moscoutaires. Le Temps, les Débats
ont bien tort de plaindre la conséquence en
oubliant la cause et, quand la LibeHé nous
confirme ce que nous avons toujours an
noncé, à savoir que Moscou avait contri
bué pécuniairement au triompha du Car
tel, nous sommes tentés de juger que. la
preuve est bien superflue ! Il est clair
qu'Herriot ne. peut pas toucher à Blum,
qui ne peut pas toucher à Cachin. .11' y
aurait donc une seule ligne, d'action poli
tique : la dissolution de la Chambre-Mais
M. Doumergue aurait-il le courage de con
cevoir cette mesure de salut, aurait-il au
Sénat une majorité pour la voter ?
Certes, notre énergique et brillant con
frère Martin-Mamy a fait dans le Télé
gramme du Nord, depuis le 7 novembre,
une campagne lumineuse en faveur de la
dissolution. Les parlementaires, même
bien pensants, font considéré comme un
animal dangereux. Tant pis pour les par
lementaires ! Le salut est là. Cette Cham
bre n'est pas viable. Qu'une majorité nu
méro deux s'y forme avec la droite de la
gauche,, avec le centre et avec la gauche
dë la droite. Quelle sera son autorité.? Le
droit dont elle émane aura été escroqué.
Ceux qui se sont fait élire sur le'ur en
tente et sur leur union se seront séparés,
ils se feront la guerre. Que de reproches !
Que d'accusations ! Gomment répondre ?
Pour avoir situation nette, il est indis
pensable de retourner chez l'électeijr.
Comme c'est amusant ! Et quelle pers
pective l'unique solution constitutionnelle
et légale entrouve à ce malheureux grand
pays que menacent simultanément toutes
sortes de crises, religieuse, économique,
sociale, nationale.et internationale! Nous
disions à M.Poincaré que nos élections de
mai étaient une folie. Que cette folie rende
nécessaires des élections nouvelles en jan
vier ou février, c'est aujourd'hui la preuve
qu'il ne pouvait rien y avoir de plus fou,
en effet. Mais ainsi le voulaient le droit,
l'esprit et 'la religion de la République,. ré
gime dans lequel la souveraineté ne peut
ni ne doit appartenir au Salut public. Les
volontés votantes y sont juridiquement au-
dessus de la volonté de vivre de la na
tion !
II. Qui sont
les sénateurs dUnion républicaine?
La déclaration des bons jacobins du Sé
nat républicain appelle une autre observa
tion. Je la leur soumettrai dans une for
mule familière : ces messieurs se sont-ils
regardés ? »
Ils sont présidés par M. Chéron. M. Ché-
ron appartenait à ce ministère national
qui, après de longues et pitoyables hési
tations, a fini par amnistier le héros de la
mer Noire, Marty ! Quelques manifesta
tions électorales avaient suffi à l'intimider.
Elles ne l'ont pas instruit. Le mois der
nier, c'était le même M. Chéron qui, au
SénatA intervenait publiquement pour dé
cider M. Poincaré à verser les parolés d'ab
solution sacramentelle sur le front de
Malvy. En deux cas essentiels, sur deux
affaires décisives, M. Chéron s'est çom-t
porté de manière à semer tout ce qu'il a
horreur de voir sortir de terre: quelle
confiance veut-il que l'opinion Honnête
et patriote ait en lui ? Quelle crainte peut-
il inspirer à la tourbe des pires ? Protec
teur, avocat, réhabiliteur de-Malvy, amnis-
tieur de Marty, nul ne compte sérieuse
ment qu'il opposera une résistance quel
conque à l'assaut de la troisième vague,
de la vague Sadoul. Hommes d'ordre et
gens de désordre voient clairement qu'il a
cru apaiser par des concessions et qu'il
sera toujours enclin à donner de sembla
bles apaisements. .S'il les refusait, cette
fermeté ressemblerait à de l'injustice, l'é
meute irritée 1 en serait stimulée. Mais il
ne les refuserait pas ! Sa manifestation
de bonnets à poil tombera dans le vide
de l'Elysée et n'aura même, pas la valeur
d'une démarche d'hommes d'autorité jouis
sant de quelque prestige moral. Tout le
monde dira : — C'est de leur faute, de
quoi se plaignent-ils ?
IIL Un homme-drapeau ?
J'ai pris la peine -de scruter le person
nage de M. Chéron à qui je ne veux ni
mal ni bien, mais qui est le personnage
représentatif de la Commission sénato
riale. Les mêmes objections s'élèveraient
contre M. Millefand, si M. Millerand était
sénateur.
Mais il n'est rien. Il est tombé de tout.
Les conservateurs et les hommes d'ordre
qui commettent l'erreur de se grouper au
tour de lui se doutent-ils de l'incroyable
découragement qu'ils vont semer partout ?
Je n'ai aucun grief personne 1 ! contre M. Mil
lerand, je n'oublie pas ses services de
guerre ni de paix et, s'il était question de
lui assurer dans une combinaison minis
térielle viable un portefeuille du Travail,
ou des Travaux publics, je n'hésiterais pas
H
à dire : va pour Millerand. Mais il ^e s'agit
plus de prendre son rang dans le tchinn
politique et administratif du régime : ce
dont on parle pour Millerand, c'est de
mettre à sa disposition les moyens moraux
et matériels de conduire une réaction gé
nérale. Or, ces moyens, il les a eus, et il
n'en a rien,fait. Ni à coups de réunion pu
blique, ni à coups de millions, ni à coups
d'élections partielles ou générales, on ne
mettra dans sa main plus de moyens qu'il
n'en avait en avril, ou en mai, ou en juin
derniers.
Ces grands moyens, il n'en a rien fait.
Comment le bon sens public peut-il le sup
poser capable d'atteindre un résultat meil
leur avec des moyens moins puissants ?
Voilà ce que devraient considérer les
deux ou trois mille hommes politiques, in
dustriels, financiers, commerçants jni ré
pètent de vive voix ou par écrit : Mille
rand ! Millerand ! Cela prendra sur eux,
sur ce qu'on appellera leur élite ou leur
petite élite. Les masses, d'une part, et, de
l'autre, les véritables élites s'accrocheront
inébranlablement à cette évidence que ce
lui qui n'a rien fait d'une force chiffrée
cinq cents ne peut mieux réussir avec une
force chiffrée cinquante. Ni les valeurs in-
teilectuelles et morale ne seront persua
dées et convaincues, ni les masses ne se
ront mises en mouvement..Les unes et les
autres seront irrésistiblement refroidies,
immobilisées, <' orientées par ce choix.
Si l'on veut la > ,'aite en voilà le chemin.
C'est la mauvaise manœuvre type. Nous
ne conseillons pas d'y persévérer. Il faut
chercher autre chose. II faut surtout le
trouver. Et plus vite que ça !
IV. Heure critique !
L'urgence de la situation semblait de
puis hier soir se faire sentir à fond dans
les milieux de presse gouvernementale,mi-
officieuse, mi-officielle. Le plus grand jour
nal de la République, avec ses grandes
pages bardées, truffées de renseignements
sur les cellules et sur les rayons, fait vé
ritablement peine à voir depuis quarante-
huit heures. Cela ne l'empêche pas de
maintenir de son mieux l'anarchie causale
et, tout en l'abhorrant quand elle est effec
tive, il s'applique tant qu'il peut à écarter
de son vaste public le moindre germe de
hautes réflexions politiques ; on admirait
encore mercredi soir comment son criti
que attitré, son Bekannte^ Temps re-
dakteur „ enfant chéri de la Gazette de
Francfort, M, Souday, s'appliquait sournoi
sement à diminuer la valeur et à limiter
le succès des très beaux Dialogues sur le
commandement qu'André Maurois vient de
publier chez Grasset.' Ce livre représente
un effort en profondeur de l'esprit natio
nal. L'écrivain y ter.ie, avec bonheur, une
reprise de quelques vérités vitales obscur
cies par des sophismes très médiocres
Ces bas sophismes tiennent à l'âme du
régime. Le critique d'Etat exerce sa fonc
tion en les couvrant : il ne veut pas que
l'opinion de Français moyens, moyenne
ment cultivés, puisse douter que la victoi
re n'ait été obtenue par hasard et que l'art
de la guerre, qui est le premier de tous,
l'art de mener les hommes et de les sau
ver, ne soit à la .portée du moindre goujat.
Le Temps est là, et le Bekanhte dans le
Temps fait le service de ce mensonge dé
mocratique.
Tout de même ils ont peur des consé
quences de leur démocratie. Ah ! qu'ils
en ont peur ! Si la haute anarchie les en
chante, ils s'accomodent moins de l'anar
chie qui met en péril les personnes et les
biens. C'est que les nouvelles arrivent! Les
précisions s'accumulent. Les gens au pou
voir voient revenir de l'étranger des avis
que la police ne leur avait pas donnés
par ici. Ainsi la Morning Post d'il y a six
jours :
Je tiens d'une information reçue aujour
d'hui et que je considère comme digne de
foi, que 30 Comités révolutionnaires com
munistes existent actuellement dans Paris
même, et environ 2.000 dans le pays tout
entier. A peu près 100 feuilles révolution
naires se publient quotidiennement dans
les diverses usines de la capitales et dans
d'autres centres industriels et la circula
tion en est soigneusement assurée parmi les
travailleurs.
Une nouvelle alarmante. — Ultérieure
ment, on m'apprend qu'il y a quelques se
maines le Comité exécutif de la III' Inter
nationale a décidé, en considération de la
situation favorable actuelle en France, de
faire éclater la Révolution communiste le
jour de Noël. Le même Comité a décidé que
le mouvement devra commencer simulta
nément à Paris et à Toulon, Brest, Cher
bourg, Là Rochelle et autres ports fran
çais. Je donne cette information sous tou
tes réserves mais... »
Il est de fait que l'attitude des partisans
de Moscou dans ces dernières semaines et
l'impunité de leur propagande donne cré
dit à ces renseignements.
Nous tirons notre montre. Combien va
durer l'alarme des hommes du Temps ?
A quel moment cesseront-ils d'avoir, com
me dit Bourget, ce beau courage d'avoir
peur ? Quand commenceront-ils à dire :
si l'on s'entendait avec l'ennemi ? Car ils
ont la capitulation dans le sang.
V. Au premier rang
Pour nous, réimprimons avec orgueil,
avec joie, avec gloire, l'appel que publiait
dans l'Humanité d'avant-hier le Bureau po
litique du parti communiste :
L'Action française et son organisation de
combat, «.les Camelots du Roi », redou
blent d'activité. &
Aux prolétariat, aux petits jjfavailleurs
des villes et des champs nous crions :
Alerté ! Défendez-vous I
Organisez-vous pour résister au fascis
me agresseur !
Et pour commencer :
Dissolution immédiate des Camelots du
Roi, organisation de combat des monar
chistes ! *
LICENCIEMENT IMMEDIAT DE TOUS
LES OFFICIERS ADHERANT A L'ACTION
FRANÇAISE I •
Ils commencent par là parce qu'ils sa
vent que, par là, il y a autre chose, il y a
mieux qu'une barrière de millions, d'ar
ticles de loi ci de hauts fonctionnaires
à la retraite. Il v^a des hommes, des vo
lontés, des pensées, des actions. II y a
!
le sens positif et offensif d'une évolution
nationale nouvelle, digne de la victoire et
digne du pays ! II y a ce que Valois appelle,
dans son grand livre né d'hier, une véri
table « Révolution nationale » : l'écroule
ment d'institutions indignes, d'un person
nel inerte, l'avènement des patriotes et des
combattants.
Charles MAURRAS.
■
LES FAITS DU JOUR
— M. Chamberlain, après s'être entretenu
avec M. Herriot, a quitté Paris hier soir pour
Rome.
— Le Salon de l 'aéronautique s'est ou
vert hier.
Bonnes nouvelles de la célèbre bilbiothèque
Méjones. l'une des gloires d'Aix-en-Provence. Ce
n'est plus « un trésor dans la misère-», comme
l'appelait naguère M. Gabriel Boissy. Le conseil
général du Rhône a élevé son budget de 2.356 frs
à 12.35C ; elle a pu commencer d'installer vingt
m'ile volumes dont elle s'est enrichie par le legs
Pccoul ; enfin, l'auteur du livre fi retentissant et
si précieux paru il y & quelques,mois : Ce que j'ai
tu en Orient. M. Laurent Vibert, non moins patient
srudit qu'économiste sagace, inlassable voyageur et
savant historien, s'est mfë à éditer le catalpgue des
incunables, resté manuscrit depuis vingt ans, et il
s ; attclle à l'inventaire des fameux recueils de piè-
cet". *
%%
Au Lys Royal , chocolatier, 13, rue de la
Pépinière (Tél. : Central 61-94).
« Chocolats exqdis »
Présentation parfaite
A L'HOTEL DE VILLii
La fermeture hebdomadaire
des pharmacies
;M. Florent-Matter a demandé hier au
préfet de police de rapporter son arrêté
sur la fermeture hebdomadaire des phar
macies. Il a développé à la tribune du
conseil municipal les arguments gue les
adversaires de cette mesure ont déjà for
mulés maintes fois dans la presse : L'ar
rêté du préfet serait illégal ; le roule
ment établi librement par les pharma
ciens assurait le repos et ne mécontentait
personne ; la fermeture obligatoire a en
traîné de nombreuses suppressions d 'evi-
plois de préparateurs ; enfin, le système
préfectoral a pour le public 1er, plus gra
ves inconvénients. M. Florent Matter, ap-
Eorte à l'appui de sa protestation de nom-
reuses lettres de parisiens de divers quar
tiers, et les signatures de 53 membres du
conseil municipal.
Plusieurs de ceux-ci viennent appuyer
leur collègue. D'autres approuvent l'arrêté
préfectoral. M, Morain défend la légalité
de la mesure qu'il a prise, mais ne refuse
pas de remettre la question à l'étude. Il
en est ainsi décidé, par renvoi à la 2°
commission.
Nous avons la douleur d'apprendre la
mort de notre maître eminenl le marquis
de La Tour du Pin-Chambly de la Charce,
fondateur de l'Ecole sociale catholique,
l'auteur des Aphorismes de politique so
ciale et des Jalons de route vers un ordre
social chrétien, qui ouvrirent leur voie
à. plusieurs générations d'économistes, de
sociologues, de politiciens, d'hommes d'œu-
vres et d'hommes d'action.
Nous ne le nommions jamais qu'avec
des sentiments d'admiration émue et de
profonde vénération. C'est un des très
grands noms de l'histoire intellectuelle de
ia patrie. L'Action fhançaise essaiera de
dire demain quelques-uns des bienfaits de
cette longue et lumineuse carrière.
Vers le huitième miracle
de l 'Allemagne
A la veille des élections allemandes, et
si l'on en juge seulement par les indices
psychologiques, la campagne des partis de
gauche (où le centre caméléon est compris)
aura été plus heureuse que celle des partis
de droite. Ces derniers, en effet, n'ont pas
eu grand'chose à se mettre sous la dent,
sauf la revalorisation des emprunts d'avant-
guerre et de guerre, que les partis de gauche
se gardent, d'ailleurs, d'écarter absolument.
Les nationaux allemands, vainqueurs au
mois de mai, semblent bien perdre du .ter
rain. On ne s'en étonnera pas étant donné
qu'ils n'ont pu se mettre d'accord sur le
plan Dawes. La position de leurs adversaires
était bien meilleure. Mais c'est justement ce
qui a conduit les partisans de la politique
d'exécution à d'étranges aveux.
Comment viennent-ils de combattre les
nationalistes ? En démontrant par des argu
ments sans cesse renouvelés que la politique
d'exécution avait déjà apporté des résultats
plus sûrs qu'une politique de résistance, de
refus et de revanche. Les partis de gauche
invitent l'électeur allemand à se placer nu
point de vue national et à dire si les natio
nalistes auraient fait mieux.
Dans un article du Berliner Tageblatt,
qui est le modèle du genre, Erich Dom-
hrowski met le relèvement de l'Allemagne
à l'actif des partis démocratiques. Il dé
montre les •« sept miracles de.l'Allemagne »
qui sont : 1° après la révolution de no
vembre 1918, l'échec du bolchevisme et le
rétablissement de l'ordre par des gaillards
comme Noske venus de la social-démocra
tie ; 2° l'unité du Reich a été sauvée : de
même que le communisme, le séparatisme
a été écrasé, la Ruhr évacuée ; 3° grâce à
des hommes tels qu'Erzberger, Rathenau et
Wirth, l'Allemagne a échappé à l'étau des
réparations et elle en est au plan Dawes,
en attendant mieux ; 4° de la ruine du
mark, elle est passée à une monnaie-or
supérieure à la livre sterling, et c'est
l'œuvre du démocrate Schacht' ; 5° l'auto
nomie allemande, menacée d'écroulement,
renaît de ses' cendres, comme -le phériix ;
6° les finances sont saines et le budget-or
en excédent ; 7° l'Allemagne a regagné la
confiance du monde et pourra entrer bientôt,
la tête haute, dans la Société des Nations.
Voilà ce que la République a valu a
l'Allemagne. De quoi les Allemands se
plaindraient-ils ? Les plus patriotes d'entre
eux, après la défaite et la catastrophe, ne
pouvaient en rêver autant. Et ce n'est pas
tout. Les partis démocratiques promettent
un « huitième miracle », la réunion de
l'Autriche, le retour à la mère Germanie
de plusieurs millions de frères, allemands.
Seuls, les partis démocratiques peuvent
apporter à l'Allemagne cette révanehe paci
fique, qui compensera les pertes que le
Reich a subies, qui, sous la bannière répu
blicaine, sous le drapeau noir, rouge et or,
le fera aussi grand et aussi puissant que
sous Guillaume II..
Cette argumentation est convaincante. Il
est probable qu'elle vaudra des succès aux
partis de gauche, lesquels ont su se placer
sur le terrain national et retirer aux partis
de droite le pain de la bouche. Mais on ne
saurait dire qu'il y ait de quoi rassurer les
voisins de l'Allemagne, Français et Belges,
Tchèques et Polonais. —- J. B.
MAGNIFIQUE REUNION DE RENTREE DES ETUDIANTS D'A. F.
Tout le quartier latin patriote
à l 'Action française
Les Etudiants efAction française te
naient hier soir, dans la salle des Sociétés
savantes, leur réunion de rentrée. Nous
avions vu, l'an dernier, une magnifique
assemblée d'étudiants écouter nos orateurs;
nous avions dit qu'elle avait marqué un
immense progrès. Mais la réunion d'hier
soir a été un triomphe, le, triomphe évi
dent de l' Action française et de la doctrine
de Charles Maurras au Quartier latin, qui'
fut jadis la terre propice aux poussées
révolutionnaires. . v
Dès 8 h. 45, la grande salle des Socié
tés Savantes était pleine à craquer. Les
vestibules jusqu'à la rué, leà abords de
la tribune, les escaliers d'accès, la gale
rie supérieure étaient littéralement bon
dés de jeunes gens serrés les ans contre
les autres..- Il fallait, aux portes de la
salle, interdire l'entrée à plus de 500 étu
diants qui n'auraient pu trouver place.
Et cette assemblée formidable était une
assemblée intelligente : les applaudisse
ments et les ovations dont elle saluait les
exposés de l'amiral Schwerer, de Calzant,
de Henri Massis, de Marie de Roux, de
Georges Valois, étaiçnt l'expression d'une
adhésion réfléchie et totale.
Pendant le superbe discours de Léon
Daudet, on pouvait suivre sur tous ces
jeunes■ visages que chacun ne donnait pas
seulement son adhésion intellectuelle,
mais que l'action suivrait la pensée pour
le salut de la France, mise en péril par
l'effroyable incurie républicaine. — C. J.
L'amiral Schwerer
L'amiral Schwerer, qui préside, ouvre
la séance.
« Je veux essayer, dit-il, de montrer
aux jeunes ce que ma génération a fait
ou n'a pas fait pour l'embellissement et
la grandeur de la patrie. »
Et l'amiral Schwerer, écouté avec la
plus -grande attention va montrer avec
clarté ce qu'a subi sa génération, issue
des désastres de 1870, une génération de
vaincus, le redressement qu'elle a dû opé
rer, et enfin les devoirs des jeunes à qui
il incombe de sauver la patrie de la
ruine.
Et avec une sobre éloquence, l'amiral
Schwerer fait parler les grands morts de
la guerre qui nous avaient donné le pres
tige de la victoire. Aujourd'hui, la France
est dans une situation plus humiliée qu'el
le ne l'était en 1871. Que voyons-nous ?
Les fruits de la victoire gâches, les répa
rations impayées, les anciens combats
tants exploités, dont quelques-uns vont
être jetés hors de la France qu'ils avaient
défendue et pour laquelle ils ont versé
leur sang.
Maintenant, les embusqués sont minis
tres, quant aux déserteurs, ils sont accueil
lis à bras oruverts !
Ainsi prépare-t-on le lit de la révolu
tion qui menace d'assassiner la patrie.
Quand les applaudissements se sont cal
més, la parole est donnée à notre ami
Georges Calzant.
Georges Calzant
Le secrétaire général des Etudiants d'Ac
tion française constate tout d'abord que
cette fois la Salle des Sociétés Savantes est
trop petite pour contenir la foule des étu
diants accourus à notre réunion.
Calzant va s'attacher à montrer briè
vement et avec force les méfaits de la
République. « Nous trouvons des partis
alors que nous voilions un Etat, s'écrie-
t-il ».
Notre génération ne veut pas être une
deuxième génération sacrifiée ; aussi bar-
rera-t-elle la route et aux factions qu'elle
méprise et à la. révolution qui menace.
Et pour cette besogne il n'est plus pos
sible de compter sur des chefs républicains,
« pas même sur Poincaré qui, en ne
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