Titre : Le Radical
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1899-01-09
Contributeur : Maret, Henry (1837-1917). Rédacteur
Contributeur : Simond, Victor. Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32847124t
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 09 janvier 1899 09 janvier 1899
Description : 1899/01/09 (A19,N9). 1899/01/09 (A19,N9).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG33 Collection numérique : BIPFPIG33
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k7621514g
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-210
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 22/09/2014
U5 RAIMCAL
2
Une bagarre s'ensuivit et les quinze so-
eialistes furent repoussés, mais non sans
qu'ils aient eu le temps de prouver aux se-
cialistes de M. Rochefort qu'ils savaient se
défendre, même à un contre vingt 1
A la sortie de la réunion, M. Marcel Ha-
tert, escorté par une cinquantaine de
braillards, a parcouru la rue du Faubourg-
du-Temple, sans parvenir à attirer l'atten-
tion des passants.
Un meeting en faveur de la revision a
été tenu également hier soir à la salle
Cbayne, rue d'Allemagne.
Mille citoyens y assistaient et ont ap-
plaudi chaleureusement les orateurs les
citoyens Psichari, Joindy, Quillard, Valéry,
Jouvon, Bourdon, Briant, qui ont flétri élo-
quemment les manœuvres des faussaires
de l'état-major et de la presse immonde.
LES AFFAIRES DE HABABASCfiR
Les réclamations anglaises — Un Livre
bleu — Echange de dépêches
diplomatiques
Une dépêche de Londres annonce l'appa-
rition inopinée d'un Livre bleu, renfermant
trente-deux dépêches échangées entre nos
ministres des affaires étrangères et le Fo-
reign office depuis le 24 février 1898 jus-
qu'au 29 décembre dernier, relatives à de
prétendues entraves que l'administration
française susciterait au commerce britan-
nique à Madagascar.
Voici, d'après l'agence Havas, l'analyse de
ce document diplomatique, dont une plainte
de plusieurs commerçants de Mananjary,
accusant formellement l'administration de
se district d'avoir menacé de prison les in-
digènes qui feraient des affaires avec les
Anglais, est l'entrée en matière :
Le 26 mai, sir Edmund Monson communiqua
à lord Salisbury une citation du Journal officiel
malgache dans laquelle le général Galliéni dit
qu'il sera facile aux autorités de représenter
aux indigènes que les tissus français valent
les tissus des étrangers ; qu'il est convenable
que les Malgaches, devenus Français, se ser-
vent de produits français, que leurs vêtements
doivent être faits d'étoffes françaises.
Le 13 juin 1898, sir Edmund Monson commu-
nique à lord Salisbury un extrait du Journal
officiai français au sujet de modifications aux
tarifs de Madagascar sur les fourrages pour
les bestiaux destinés à l'élevage, sur les sacs
de jute et les tissus de coton.
Le consul anglais de Tamatave se plaint, le
12 mai, de la réclame faite dans un numéro du
Journal officiel malgache pour les tissus fran-
çais, et ajoute que cette réclame officielle,
Jointe aux droits préférentiels, empêche de
vendre les tissus anglais aux indigènes qui
déclarent ouvertement que les fonctionnaires
français s'opposent à leurs affaires avec les
étrangers.
Les dépêches postérieures de lord Salis-
bury revendiquent les privilèges que le
traité hova de 1865 faisait au commerce de
la Grande-Bretagne; il dit que, si le gou-
vernement anglais n'a pas soulevé de dif-
ficultés au cours de la campagne de Mada-
gascar, ce fut parce que la France avait
laissé entendre qu'elle n'avait pas d'autre
ïnjt que l'affermissement de son protec-
torat; c'est ainsi que M. Hanotaux admet-
tait le parallélisme complet entre le pro-
tectorat de Madagascar et celui de Zanzi-
bar, que M. Berthelot déclarait, le 27 no-
vembre 1895, que la France respecterait
les engagements contractés vis-à-vis des
puissances étrangères.
C'est donc sans appréhension que le gou-
vernement de la Grande-Bretagne voyait
l'expédition, mais s'il avait pu prévoir que
la guerre aurait pour résultat d'abolir le
commerce anglais dans l'île en le soumet-
tant à des impôts écrasants, l'opinion pu-
blique en Angleterre et son gouvernement
auraient fait entendre de très vives-re-
montrances. Lord Salisbury ajoute qu'un
décret du moins de juin augmente dans
une forte proportion les droits de douane
.sur les principaux articles anglais, en vio-
lation des traités de 1865 et de 1890 : <
J'ai déjà eu le devoir dé protester auprès de
M. Hanotaux, dit lord Salisbury, contre l'in-
justice faite et qui continue à être faite au
commerce anglais, soit que les mesures légis-
latives dont nous nous plaignons aient été
récemment approuvées, soit que les questions
soient maintenant soumises pour la première
fois à un autre ministère français j'ai l'hon-
neur de renouveler, au nom du gouvernement
britannique, ma protestation contre une atti-
tude inconciliable avec les droits internatio-
naux de l'Angleterre et les assurances fournies
par la République française.
le vous prie de laire tenir copie de cette dé-
pêche à M, Delcassé.
r- Le Livre bleu publie ensuite un extrait
du Journal officiel de Madagascar, concer-
nant les droits sur les marchandises étran-
gères et une lettre de lord Salisbury signa-
lant à sir Edmund Monson la circulaire du
général Galliéni, qui engage les Malgaches
à donner la préférence aux produits fran-
çais; le premier ministre croit que cette
recommandation équivaut à un ordre.
imposition de gros droits de préférence
et l'appui officiel du général Galliéni et des
fonctionnaires subalternes doit aboutir-à
la destruction complète du commerce an-
glais à Madagascar.
Les concessions foncières avec privilè-,
gès pour les colons français font égale-
ment l'objet des réclamations du gouver-
nement anglais ; le marquis de Salisbury
proteste, par lettre du 13 août; contre l'iné-
fralité de traitement contraire aux droits
de l'Angleterre et aux .assurances répétées
du gouvernement français.
! Le décret réservant au pavillon français
le cabotage à Madagascar, qui n'a jamais
; été appliqué, et les restrictions imposées
au commerce des Hindous font l'objet de
plusieurs dépêches; le premier ministre
ait que le gouvernement de Bombay n'a
tien trouvé justifiant l'accusation portée
contre les commerçants hindous relative-
ment au commerce des armes.
En terminant; lord Salisbury charge sir
Edmund Monson de protester, au nom du
gouvernement anglais, contre une action
nui - est une nouvelle atteinte contre les
Intérêts du commerce anglais à Mada-
gascar, incompatible avec les droits inter-
nationaux de l'Angleterre et avec les assu-
rances répétées du gouvernement fran-
çais, assurances sur lesquelles il a déjà,
tn plusieurs occasions, dit-il, appuyé
d'une manière spécifique.
Jes grandes Manœuvres en 1899
( Les manœuvres d'automne en 1899 se-
ront organisées et réglées de la manière
suivante: •
;' Les 58 et ge corps exécuteront des ma-
•Hœuvrés d'armée, sous la haute direction
ee M. le général Giovanninelli, membre du
conseil supérieur de la guerre.
i Pour ces manœuvres, la lre division de
cavalerie sera adjointe au 90 corps, la 5e
^vision au 5e corps.
t Les autres corps d'armée exécuteront
^Bes manœuvres de division et de brigade,
savoir
* Manœuvres de division : 1", 2e, 691 7e,
12e, 14°, 15e, 16., 17e, 18e corps (16 jours, al-
ler et retour compris).
20e corps (12 jours, aller et retour com-
ipris).
É- Manœuvres de brigade: 3', 4e, 8e, 10e, 11e,
13* corps )quinée jours, aller et retour
ompris).
Dans ios limites des allocations de jour-
Mss fixées pour les manœuvres de divi-
sion et de brigade, les commandants de
fcporjpB d'ar*-*" toute latitude peur QI-
ganiser les manœuvres et grouper les élé-
ments du corps d'armée au mieux des in-
térêts de l'instruction.
Tous les 4e bataillons participeront aux
manœuvres avec leurs régiments, à l'ex-
ception des 4e bataillons des 3e, 4e, 9e et 10e
corps, stationnés à Paris, et de ceux des 6e,
7° et 20° corps qui tiennent garnison dans
les places fortes et les forts de la région
frontière. Les 5e et 8e divisions, stationnées
à Paris, ne manœuvreront pas.
Les 4e, 6e, 7e, 8e, 10e, 11e, 12e, 13e, 14e, 15e,
16e, 17e, 18e, 20e brigades de cavalerie, ainsi
que les brigades des 3e et 7e divisions, exé-
cuteront des évolutions de brigade d'une
durée de huit jours, non compris l'aller et
le retour.
Des manœuvres d'ensemble seront exé-
cutées par la 4e division de cavalerie et
une division provisoire formée des tre, 2e,
3e brigades, sous la direction du général
président du comité technique de cava-
lerie.
En outre, prendront part aux manœu-
vres d'automne toutes les brigades de ca-
lerie de corps ; les lre et 5e divisions de
cavalerie, dans les conditions spécifiées
ci-dessus ; la 2e division de cavalerie avec
les troupes de la 20° région ; la 6° division
avec les troupes de la 7e région.
L'organisation des manœuvres dans les
Alpes et les Vosges, ainsi qu'en Algérie et
en Tunisie, fera l'objet d'instructions parti-
culières. -
HOMMES ET CHOSES
AGRÉÉS ET DÉFENSEURS
La cour d'appel de Lyon vient de donner
gain de cause aux agréés près le tribunal
commercial de cette grande ville, qui se
plaignaient d'une occurrence fâcheuse.
Il existe aux alentours de tout tribunal de
commerce une légion d'agents d'affaires,
mandataires officieux, qui s'offrent pour
représenter les parties devant la juridic-
tion consulaire. Ces mandataires n'ont au-
cun caractère légal. Les justiciables ont re-
cours à leurs services de leur plein gré. La
loi, en effet, qui a rendu obligatoire le mi-
nistère des avoués, devant le tribunal civil
et à la cour d'appel, a permis aux plai-
deurs de soutenir eux-mêmes leur cause à
la barre commerciale.
L'explication de cette distinction est fa-
cile. Il existe, pour les procès civils, de
nombreuses -difficultés de procédure, des
délais à observer, des formalités à remplir
sous peine de déchéance. On a pensé que
si le ministère d'un avoué assistant, rem-
plaçant les parties à la barre, n'était pas
strictement imposé, beaucoup de plaideurs,
par ignorance ou par économie, voudraient
suivre eux-mêmes la marche de leur pro-
cès, et le perdraient, soit en ne faisant pas
valoir les arguments de droit qui devraient
entraîner une décision favorable des juges,
soit en négligeant certains actes de procé-
dure nécessaires pour obtenir; gain de
cause. L'assistance d'un conseil, pourvu de
diplômes, reconnu capable par les exa-
mens, le stage et la pratique des affaires,
et offrant toutes garanties présumables de
moralité, de probité, est donc obligatoire
pour le plaideur civil, dans son intérêt
même. D'où le monopole des avoués.
En matière commerciale, où les affaires
sont généralement plus simples qu'au civil,
la loi a dispensé le plaideur de l'assistance
d'un conseil officiel, assermenté, faisant
partie d'une corporation limitée, contrôlée,
surveillée. Chacun peut donc librement,
au tribunal de commerce, se présenter en
personne ou se faire assister d'un défen-
seur de son choix. Tout le monde peut
plaider à la barre consulaire, pour lui-
même ou pour autrui. Il suffit dans ce der-
nier cas d'être muni d'un pouvoir sous
seings privés, signé et enregistré.
Dans la pratique il s'est établi l'usage de
ne recourir qu'à des mandataires spéciaux,
pris dans une catégorie particulière d'hom-
mes d'affaires, de légistes, de praticiens.
- Si à Lyon, à Marseille, à Bordeaux, dans
toutes les grandes villes, il existe, comme
à Paris, des chefs de contentieux, des rece-
veurs de rentes, des gérants de propriétés,
des agents d'affaires et des avocats, se pré-
sentent accidentellement pour défendre au
tribunal de commerce, des clients, des
maisons de commerce, des industries, des
compagnies et des sociétés, dont ils ont
habituellement administré les affaires con-
tentieuses, il s'est établi, pour les plaideurs
accidentels, pour le commun des justi-
ciables, une sorte de barreau à côté, une
coulisse judiciaire, que 'composent des
hommes, souvent capables, mais n'ayant
besoin de justifier d'aucun titre, d'aucun
diplôme, d'aucun stage : c'est-la corpora-
tion des mandataires qui s'intitulent « dé-
fenseurs officieux ».
Ces défenseurs, qu'on rencontre égale-
ment dans les prétoires des justices de
paix, ont de tout temps et partout suscité
contre eux l'animosité d'autres défenseurs,
privilégiés ceux-là, et qu'on nomme des
agréés. •
Ces avocats-agréés, tél est leur titre semi-
officiel, sont les benjamins des tribunaux
de commerce. Ils constituent le barreau
spécial de la juridiction. Les juges com-
merciaux sont très fiers d'avoir à leur
barre ces agréés, qui portent un costume,
qui sont à leurs ordres, et qui leur don-
nent l'illusion d'être un véritable tribunal.
Le tribunal de commerce choisit lui-
même les titulaires de ces charges illé-
gales. C'est-à-dire que lorsqu'un agréé en
exercice vend son étude, il y joint le titre
d'agréé qui n'existe pas d'une façon lé-
gale, et à la cession régulière et ferme
de ses dossiers, de s.a clientèle, de ses re-
couvrements, de l'ancienneté de son exer-
cice. C'est même ce titre d'agréé qui re-
présente la valeur réelle de l'office cédé.
Une étude d'agréé valant à Paris jusqu'à
cinq et six cent mille francs ne se vendait,
pas le dixième, si le successeur n'acqué-
rait pas du même coup son inscription
sur la liste des favoris du tribunal de com-
merce.
Investis de la confiance du tribunal, ac-
quérant par répercussion celle de la clien-
tèle, qui sait fort bien qu'il est dangereux
de donner sa cause à un mandataire qui
n'a pas l'oreille des juges, les agréés cons-
tituent une corporation puissante et redou-
table d'officiers judiciaires auxquels, la loi
n'avait point songé.
La loi avait dispensé les parties devant
la juridiction commerciale du ministère
des. avocats ; les juges commerciaux, se
campant au-dessus de la loi, ont institué,
sinon le ministère obligatoire, du moins
les pseudo-officiers ministériels, dont il est
parfois imprudent de se passer.
Mais le titre d'agréé, dépendant du ca-
price et du bon vouloir, des juges au com-
merce, constituait-il une désignation offi-
cielle, un titre légal, que nul ne pouvait
prendre sans commettre une usurpation ?
Les agents d'affaires et défenseurs offi-
ciels de la ville de Lyon. ont soumis le cas
aux tribunaux.
Ils prétendaient avoir le droit de prendre
eux aussi le titre d'agréés.
La cour d'appel a rejeté leur prétention.
Ils ont eu beau soutenir que, puisque le
titre d'agréé ne constituait légalement au-
cun privilège, aucun monopole, ils pou-
vaient le prendre librement, ils ont été dé-
boutés. Il était difficile qu'il en fût autre-
ment, bien qu'au fond ils eussent parfaite-
ment raison de se plaindre.
Mais comme leur prétention était mal
formulée 1 Ils réclamaient pour eux-
mêmes le droit de se parer du titre d'a-
gréé. C'était reconnaître ce titre. Ils ne
pouvaient le prendre, sans occasionner sur
la clientèle une confusion, sans faire naître
une erreur peut-être préjudiciable au plai-
deur, puisque précisément, comme la dé-
signation l'indiquait, c'étaient d'autres
hommes d'affaires qui étaient « agréés »
par le tribunal. Ils n'ont pas l'agrément du
tribunal, comment vont-ils se désigner
comme l'ayant ?
Ce qu'ils auraient dû demander aux tri-
bunaux, c'est non pas l'élargissement à leur
profit de la désignation d'agréés, non pas
l'augmentation de ce barreau commercial,
mais sa suppression complète.
Ils réclamaient le renforcement du mono-
pole illégal, inexistant au point de vue de la
loi, des agréés. Ils avaient au contraire été
solliciter un arrêt interdisant aux juges de
commerce de constituérun barreau spécial,
d'imposer à la clientèle des justiciables
un ministère d'avoués consulaires, et de
donner une investiture à des agents d'af-
faires spéciaux qui constitue un véritable
privilège, qui institue au profit du titu-
laire une charge non prévue par les lois et
règlements.
L'arrêt de la cour de Lyon, qui a rejeté la
prétention des agents d'affaires à se trans-
former en agréés, est donc juste et mérite
d'être approuvé. Mais n'interviendra-t-il
pas, à Lyon ou à Paris, sur une demande
mieux justifiée, un arrêt supprimant le ti-
tre d'agréé, interdisant aux tribunaux
de commerce de créer des offices, en refe-
sant des agréés, ce qu'ils sont en réalité,
des mandataires, des défenseurs officieux.
Le monopole des agréés, très onéreux
pour les justiciables, paraît malheureuse-
ment d'autant plus difficile à détruire qu'il
n'a pas d'existence légale, qu'il est une
abusive et scandaleuse fiction.
JEAN DE MONTMARTRE.
DERNIÈRE HEURE
Le crime de la rue Pierre-Lereux
Une femme assassinée
CeLte nuit, un peu avant minuit, un loca-
taire de la maison rue Pierre-Leroux, 20,
en rentrant, fut surpris de voir ouverte la
porte de l'appartement occupé par Mme
veuve Joly, épicière.
Il pénétra dans l'appartement et trouva
Mme Joly étendue sur le plancher de sa
chambre à coucher.
La pauvre femme avait un couteau planté
dans la région du cœur.
Un médecin appelé de suite arriva au
moment où Mme Joly expirait.
A l'heure où nous écrivons, le parquet
procède aux constatations avec le chef de
la sûreté.
ECHOS IJMm
Par décision du ministre de l'agriculture,
la clôture générale de la chasse à tir est
fixée au 29 janvier 1899 pour tout le terri-
toire.
L'envoi de témoins de M. le commandant
Myzkowski à M. Joseph Reinach a abouti à
un procès-verbal qui établit que M. Reinach
n'a pas excédé son droit de critique.
Un profession qui périclite.
Chacun sait que le métier de poète n'est
pas le plus rémunérateur qui 1 soit par le
temps qui court.
Toutefois, une profession existe encore :
celle de rimeur pour papillotes. De pau-
vres diables de « gens de lettres » sont en-
core engagés par certains confiseurs et
fournissent à ceux-ci, moyennant de très
maigres droits d'auteurs,,des quatrains ou
des distiques dçstinés à s'enrouler poéti-
quement autour des bonbons.
Eh bien! cette profession est dans le ma-
rasme. Les confiseurs, trouvant encore trop
chers les vers des poètes vivants, se met-
tent, paraît-il, à enrouler les sucreries
dans des vers de Corneille, de Racine, de
Boileau qui, eux, ne réclament pas leurs
droits d'auteurs.
Et l'on prétend que cette concurrence
déloyale de nos grands classiques va aider
puissamment au recrutement des « queues»
qui stationnent devant lès œuvres d'hos-
pitalité de nuit.
La Muse a toujours eu, sauf pour quel-
ques favoris, devrais instincts de marâtre.
LE DUEL DE DÉROULEDE
Mystérieuse affaire — Coup d'épée
ou mal de gorge
Il y a une quinzaine, M. Paul Déroulède
disparut de la circulation, et ses amis an-
noncèrent un peu partout qu'il était ma-
lade et était obligé de garder la chambre.
Quelques jours après, le Journal publia
cet entrefilet :
Par une brumeuse et glaciale matinée de la
semaine dernière, trois landaus traversaient à
grande allure le bois de Vincennes et s'arrê-
taient au plateau de Gravelle, sur la route,
près du petit bois de sapins.
Les voitures arrêtées, huit hommes en des-
cendirent qui s'acheminèrent rapidement vers
l'extrémité du plateau. On mesura le terrain,
on plaça les adversaires, et, les témoins et les
médecins rangés de côté, deux coups de feu
retentirent — puis deux autres encore.
Alors les groupes se rapprochèrent, on sortit
des épées, on replaça les adversaires, et le
duel recommença. Mais à peine les fers s'étaient
croisés qu'un des combattants s'affaissait, le
flanc troué de part en part.
Avec des difficultés infinies, on le transporta
dans une voiture et, moins d'une minute après
au grand galop des chevaux, tout*ce monde
disparaissait dans la direction de Paris.
Durant ce combat, un fiacre s'était arrêté
près du donjon de Vincennes, presque en face
de chez Pécoul. Dans ce fiacre, une des plus
séduisantes et des plus jolies actrices d'un
théâtre du boulevard suivait, avec angoisse,
les péripéties de la lutte.
Voilà, n'est-ce pas, un captivant chapitre de
roman. Il faut penser que les motifs de la
rencontre furent des plus graves, puisque,
malgré la situation des adversaires — un
homme politique très connu et un notoire et
brillant clubman — le secret a été, et l'est en-
core, aussi bien gardé.
Et tout de suite le bruit se mit à courir
que le.blessé n'était autre que M. Paul Dé-
roulède; mais on crut qu'il s'agissait d'une
affaire d'ordre privé et on n'insista pas.
Or hier, Les Droits de l'Homme, après avoir
reproduit le récit mystérieux qu'on a pu
lire plus haut le font suivre de ces explica-
tions :
Roman ? Invention de reporter hanté des
souvenirs du Maître de Forges ? Pas du tout,
mais au contraire belle et bonne réalité, et tou-
chant de plus près qu'on ne croit àl' Il Affaire »,
seule raison pour laquelle nous lui faisons une
nlace ici.
Les adversaires s'appelaient MM. Paul Dé-
roulède et Boni de Castellane ; la dame, Mlle
X., d'un théâtre subventionné.
Le motif de la rencontre — pas du tout une
histoire de femme, comme on pourrait le croire
— un motif futile, extrêmement futile, au dé-
but, une simple question de préséance, mais
aggravée par les termes de la discussion qui
suivit. -f "",,,'
On se dit des choses dures, il y fut question
de 1' « Affaire » et si bien que la rencontre
ayant été décidée, les témoins reconnurent
qu'elle devait être absolument sérieuse, et,
d'autre part, que pour ne pas montrer au pu-
blic la fêlure qui vient de se produire dans le
parti, on tiendrait le tout secret. Nous n'avons
pas les mêmes raisons de cacher ce qui appar-
tient à l'histoire.
Donc on se battit dans les conditions que di-
sait rentre fil et du Journal, et Déroulède fut
blessé, après avoir lui-même atteint, mais très
légèrement son adversaire. Sa blessure à lui
est grave : perforation d'intestins qui eût né-
cessité ce que les médecins appellent la Il la-
parotomie d'urgence » : mais allez donc faire
de l'antisepsie sur le plateau de Gravelle. On
se contenta de ramener le blessé à Paris dans
un état fort grave qui ne s'est pas amélioré
jusqu'ici d'une façon bien notable.
Cependant, malgré cette précision de
détails, les amis de M. Déroulède conti-
nuent à affirmer qu'il n'y a pas eu de duel
que le chef de la L. D. P. était atteint d'une
laryngite et qu'il gardait la chambre par
ordre du médecin.
LE FÉMINISME
L'EXEMPTION DU BATARD
De tous les enfants qui naissent, n'ap-
partiennent réellement à la mère, que
ceux que leur père ont pu désavouer parce
qu'ils ont fait leur entrée dans le monde
en dehors de toutes les conventions so-
ciales et qui sont, en raison de ce dédain
des bienséances, qualifiés de naturels.
Etant sensé n'avoir pas de pères, ces bâ-
tards échappent à la-prise et à la poigne
masculine. Ils ne portent point le nom de
l'homme, ils ne sont pas sous sa domina-
tion.
De sorte que si la maman non mariée est
rabaissée par le préjugé, elle est par le
droit public véritablement élevée au rang
de l'homme, puisque parmi toutes les fem-
mes c'est la seule mère qui transmet son
nom à ses enfants et qui exerce sur eux
l'autorité paternelle.
Mais afin que les Françaises n'ambition-
nent pas ces avantages; et pour les décider
toutes à faire abdication de leur liberté en
même temps que don de leur chef-d'œuvre
non encore réalisé : l'enfant, on couvre
d'opprobre celles qui ont un bébé en dehors
du mariage et l'innocent traité en coupa-
ble, privé des dispenses de service mili-
taire, est mis hors la loi des successions.
Il semblerait que l'on dût laisser s'en-
tr'aider, vivre à leur guise ces parias :
l'enfant naturel et la mère illégale. Dès que
la société les a rejetés, elle n'est autorisée
à ne rien leur demander. Seulement, c'est
toujours à qui doit le moins, qu'il est le
plus réclamé.
Quand le fils de la mère, qui en sa qua-
lité d'enfant de l'amour est le plus souvent
beau, robuste, bien doué, a accompli sa
vingtième année, la République lui met un
fusil dans la main en disant : — Tu vas
défendre le territoire dont il ne peut t'être
attribué la parcelle qui t'est due, ou même
dont il ne peut rien t'être attribué du tout,
fusses-tu adultérin de milliardaire.
Si l'enfant naturel allègue qu'il est l'uni-
que appui de sa mère et sollicite la dis-
pense accordée aux aînés de veuve, il est
accueilli par des éclats de rire et des pro-
pos de soudards.
La non mariée, crucifiée en sa maternité,
ne peut-elle donc pas, autant que la veuve
qui a pour escorte la sympathie générale,
voir s'exercer envers elle le devoir filial?
Toutes les fois que reviennent les opéra-
tions du tirage au sort, nous sommes solli-
citée de demander l'abrogation du dogme
du péché originel introduit en la loi et l'é-
galité des enfants naturels et légitimes de-
vant le service militaire.
«Trouvez-vous qu'il soit juste, questionne
uue lectrice du Radical, que le fils de la
veuve ne fasse qu'un an de service mili-
taire comme soutien de famille, quand le
fils naturel reconnu, élevé par sa mère,
est forcé de faire trois ans ? »
On ne peut évidemment que qualifier de
criante iniquité la différente manière d'agir
enyers l'aîné de veuve et le bâtard. Puis-
que la loi encapucinée a fait de l'enfant
naturel un paria en son pays, de quel droit
lui demande-t-elle l'impôt du sang?
- Du droit d'injustice, qui fait exiger de
la femme,qui ne vote pas le budget,l'impôt
de l'argent.
L'enfant naturel et le fils de la veuve
sont en réalité deux orphelins de père, ils
devraient être assimilés, identiquement
traités.
> Si toutes les femmes étaient reconnues
aptes à transmettre leur nom à leurs en-
fants, on ne distinguerait plus entre les
mères légales ou illégales; alors, tous les
Français seraient égaux devant l'héritage
et le service militaire.
N'est-ce pas criminel, d'enlever à une
pauvre mère non mariée pendant trois ans
son fils, lorsqu'il est devenu un gagne-pain
pour.elle, alors que la veuve riche a le
sien exempté de deux années de service,
en qualité de. soutien de famille?
C'est parce que le ministre de la guerre
a compris que les femmes avec leur logi-
que et leurdroiture primesautière auraient
apporté la révolution en cet ordre de cho-
ses, qu'il a voulu les y laisser étrangères,
refusant de les admettre comme témoins
pour l'établissement des certificats de po-
sition que les soutiens de famille doivent
produire aux conseils de revision.
Mais cette restriction au témoignage fé-
minin subsistera-t-elle ? Les députés tolé-
reront-ils -que leur décret autorisant la
femme à être témoin soit annulé par une
fantaisie ministérielle?
Lorsque la Chambre discutera la propo-
sition de loi de MM. Baudin, Groussier
Vaillant, relative aux enfants naturels, nous
conjurons les députés radicaux-socialistes
de réclamer pour ces déshérités la dis-
pense militaire dont jouissent les fils de
veuves.
Relativement à la mère non mariée et à
son fils, nous devrions bien être aussi hu-
mains que les peuples que nous asservis-
sons et dépouillons sous prétexte de civi-
liser. Chez la plupart de nos barbares con-
quis, il n'y a pas d'enfants naturels, donc
pas de mères méprisées.
Dans le sud africain, la négresse esclave
est affranchie, quand elle a avec son maî-
tre appelé à la vie un enfant ; son fils hé-
rite, comme ses frères légitimes il est ho-
noré et elle est nommée L'onen-el-ouled, la
mère de l'enfant.
Pour les primitifs qui sont plus que
nous, avec toute notre suffisance, près de
la vérité et de la liberté, l'enfant est une
valeur ; tandis que pour les civilisés, écra-
sés parles obligations anciennes et asser-
vis à tant de besoins nouveaux, l'enfant su-
jet de dépense est moins prisé que le pou-
lain et le veau, source de profits immé-
diats.
Aussi, voyez s'il y a pour les animaux
rétifs comme pour les enfants indociles des
martinets et des cachots. On craindrait de
diminuer les bénéfices que l'on escompte
en privant les poulains et les génisses d'air
ou de nourriture, mais torturer les petits
humains qui ne sont pas marchandise
monnayable, cela ne tire pas à consé-
quence. Voilà pourquoi les époux Desjar-
dins, bourreaux de leur enfant mort mar-
tyr, viennent de voir réduire d'un an cha-
cun leur temps de prison et pourquoi, les
mutins d'Aniane seront punis à la place
des gardiens qui les ont forcés à se ré-
volter.
D'après le très intéressant rapport de M.
le docteur Napias, directeur de 1 assistance
publique, les enfants abandonnés Bavent
cependant s'attirer des sywpatlùès., puis-
que leurs nourrices et nourriciers, parfois
leur font des dons et leur lèguent par tes-
tament tout ce qu'ils possèdent.
Des familles traitent si bien ces petits
assistés, que, sur les réclamés par leurs
parents, huit ont formellement refusé de
quitter leur place pour les suivre. Est-elle
éloquente la voix du sang ?
Le directeur de l'Assistance, en sa qua-
lité de tuteur, autorise le mariage de ses
pupilles, il a paternellement accordé des
dots de mariage de 150 francs à 108 de ses
élèves, enfants trouvés ou moralement
abandonnés.
Lorsque l'on s'occupe avec tant de solli-
citude des assistés, ne pourrait-on pas être
équitable à l'égard des enfants naturels
élevés par leur mère, en les faisant, devant
le service militaire, égaux des aînés de
veuves?
HUBERTINE AUCLERT.
Nous prions ceux de nos souscripteurs
dont l'abonnement va expirer do nous
envoyer aussi vite que possible leur re-
nouvellement, s'ils ne veulent éprouver
aucun retard dans l'envoi de leur journal.
Toute demande de changement d'a-
dresse doit être accompagnée d'une bande
imprimée et de 50 centimes en timbres-
poste, pour frais de réimpression.
LE MÉRITE AGRICOLE
Le Journal officiel a publié hier matin les
promotions et nominations dans l'ordre du
Mérite agricole.
Parmi les nouveaux officiers, citons :
MM. Avenel, directeur de l'Annuaire de la
presse française, président d'honneur de la So-
ciété d'horticulture de Bougival; Bixio, direc-
teur de laCompagnie générale des petites voitu-
res à Paris ;Boitard,chef de bureau au ministère
de l'agriculture; Christian; directeur de l'im-
primerie Nationale à Paris; Combrau, con-
servateur des eaux et forêts à Niort; Delatour,
directeur général des contributions indirectes
au ministère des finances; Leroux, préfet du
Rhône; Lévêque de Vilmorin, horticulteur
grainier à Paris.
Masson, éditeur, président de la chambre de
commerce de Paris; Surugue, président de la
chambre syndicale des commissionnaires en
bestiaux et marchands à Paris; Vacherot, jar-
dinier en chef au service de la Ville de Paris ;
Vauchez, directeur de l'Ecole pratique d'agri-
culture et de laiterie de Pétré (Vendée) ; Vien-
not, horticulteur à Dijon, fondateur et vice-
président de la Société d'horticulture de la
Côte-d'Or.
Parmi les chevaliers :
MM. Bartoli, inspecteur des ventes aux Hal-
les à Paris ; Blanchard, vétérinaire ; de Berck-
heim, attaché militaire à l'ambassade à Ber-
lin ; Berlier, ingénieur civil ; Berthault, direc-
teur du Haras de Villebon ; Bordas, sous-di-
recteur du Laboratoire municipal ; Bunel, ar-
chitecte en chef de la préfecture de police ;
Buquet, membre de la commission de classe-
ment des chevaux et juments; Chevalier,
commissionnaire en semences agricoles ; Che-
villard, marchand de beurre et œufs ; Colli-
villard, directeur du personnel au ministère de
gnon,
l'intérieur ; Comby, avocat ; Conrat, fabricant
de salaisons ; Coudray, sous-chef jardinier au
Sénat ; Couvert, commis à l'Institut national
agronomique ; Daumont, publiciste ; Defrance,
directeur administratif de la voie publique ;
Dellard, de la Compagnie P.-L.-M. ; Descourty,
vice-président du conseil d'enseignement de
l'école de la meunerie française ; Desenne,
chef de service à la préfecture de la Seine ;
Duclaux, ingénieur agronome ; Dugoujon, ré-
dacteur en chef du journal Auteuil-Lonchamp ;
Duguay, avocat ; Dupont, préparateur à la Fa-
culté des sciences de Paris.
Durand, organisateur d'expositions canines ;
Durin, rédacteur agricole à la Dépêche colo-
niale; Falquières, dégusteur au laboratoire
municipal ; de Fourcauld, attaché militaire
d'ambassade, à Vienne ; Griffol, laitier-nour-
risseur ; Hyérard, chef de cabinet du préfet de
la Seine ; Joliez, vétérinaire : Josset, dit Ger--
sond, chimiste et publiciste Jussin, président
du syndicat de la charcuterie française ; La-
montagne et Leblond, commis à la direction
des eaux et forêts ; Lemarley, marchand de
cidres et eaux-de-vie; Lesecq, vétérinaire;
Malleyre, professeur à l'Institut agronomique;
Marlin, ingénieur-constructeur , Masson, jardi-
nier aux Pépinières du bois de Boulogne ; Mo-
rand du Puch, chef de bureau au ministère de
l'intérieur ; Moreau, secrétaire des Moulins
Abel Leblanc, à Pantin : Morellet, rédacteur au
ministère de l'agriculture ; Morin (annonces
agricoles) ; Moynet, horticulteur ; Niepce de
Saint-Victor (ministère de l'agriculture) ; Nivet
(ministère de l'agriculture) ; Noël (Halles et
Marchés) ; Page (plantations de la ville de Pa-
ris) ; Pasquier, vice président de la chambre
syndicale de la boucherie ;
Pelletier, publiciste ; Perrot, jardinier en
chef du Jardin d'Acclimatation ; Petit (minis-
tère de l'agriculture) ; Petsche, ingénieur des
ponts et chaussées ; Picot (ministère de l'ins-
truction publique) ; Prat, rédacteur au Bulletin
des Halles; Racagel (ministère de l'agriculture);
Regnault (ministère des travaux publics); Rey-
mond, chef de cabinet (ministère des travaux
publics);* Rocher, commissionnaire en bes-
tiaux ; Roze, ancien président de la Société bo-
tanique de France ; Saint-Ouen, rédacteur de
la Chasse illustrée; Schlœsing, ingénieur au
ministère des nuances ; Maurice Souriou, pu-
bliciste; Thiébaut, vice-président de la cham-
bre syndicale de l'union des débitants de vins
de Paris; Tinardon, ingénieur des ponts et
chaussées; Tissier, conférencier agricole ; Van-
del, secrétaire général des Journaux officiels ;
Vaucourt, cours d'agriculture; Vigneau, ins-
pecteur des halles centrales ; Wagner (minis-
tère de l'agriculture) ; Worms, auditeur au
conseil d'Etat.
Parmi les nominations on remarque éga-
lement celle de M. Laferrière, gouverneur
général de l'Algérie, qui est nommé officier,
et celles de MM. Dufoix, préfet de Constan-
tine, et de Malherbe, préfet d'Oran, au
grade de chevalier.
La Vie en Famille
Tout le mois de janvier est entièrement
consacré aux effusions de la famille, aux
visites et aux réunions du soir. C'est le
mois où l'on reçoit, c'est le mois où l'on
sort.
Pour toutes ces réceptions obligatoires,
une foule de nouveautés ont surgi et j'a-
vouerai qu'il y a quelques égarements, où
le bon goût traditionnel de la mode pari-
sienne s'est laissé entraîner un peu. A côté
des choses jolies et pratiques, il en est de
vraiment trop originales et par conséquent
reconnues laides, puisqu'il est impossible
de les porter.
Je ne chercherai point à vous les dé-
crire ; vous-mêmes, en consultant vos
journaux de modes, reconnaîtrez vite les
modèles qui sont dans l'erreur et ceux qui
sont dans le vrai. Bien qu'on ne cesse de
répéter que cela se porte, que cela va
se porter beaucoup, je ne pense pas que
ce soit là la vraie note dominante. Ces ju-
pes d'une seule pièce, sans couture der-
rière, et malgré cela excessivement com-
pliquées, ont beaucoup de difficulté à
prendre ; les femmes pratiques ne pour-
raient s'en arranger.
Les jolies jupes en forme, modelant les
hanches et s'évasant du bas en plumeau
sont celles encore adoptées par les fem-
mes dont on ne saurait discuter et le bon
goût et l'élégance.
- Quant aux chapeaux ils sont, eux, vrai
ment bien jolis ; le toquet tout en four-
rure, en lophophore, en grèbe, se portent
avec tout et sont très seyants. Les fleurs à
la mode sont les nénuphars et le magno-
lia ; deux fleurs suffisent pour armer un
loquet de velours avec une légère bran-
che de gui, toute d'actualité. Tout cela est
jëune, frais et gentil.
On ne peut s'empêcher de frissonner en
pensant au jour redouté où la beauté com-
mence à déclina où il n'est plus permis
de porter des choses fines et délicates. Des
soins minutieux éloignent le terme de cette
fatale échéance ; on conserve à la peau son
éclatante blancheur, au teint sa fraîcheur
veloutée sans lesquels il ne serait de beauté
complète, avec la véritable Eau de Ninon,
qui donne au visage une grâce juvénile ; je
ne saurais assez recommander ce produit
merveilleux dont l'elfe L puissant ravit de
joie toutes celles qui en font usage. Mes ai-
mables lectrices pourront donc se procurer
cette Eau de jeunesse à la parfumerie
Ninon, 31, rue du 4-Septembre.
Si la bise d'hiver amené quelques ger-
çures à vos mains, la Pâte et le Savon des
Prélats en auront vite raison en même
temps qu'ils blanchiront la peau et lui
donneront une finesse remarquable. Il suf-
fit d'adresser un mandat de 5 fr. 50 à la
Parfumerie Exotique, 35, rue du 4-Septem-
bre, pour recevoir franco un pot de cette
pâte exquise.
GABRIELLE.
CAUSERIE FINANCIÈRE
LA BOURSE
La dernière séance de la semaine est beau-
coup moins satisfaisante que celle d'hier. Peut-
être doit-on attribuer ce nouveau tassement
à la vivacité de la reprise de la veille. Bon
nombre de spéculateurs se sont, selon toutes
probabilités, empressés d'effectuer des i éali-
sations de bénéfice, sans attendre davantage.
Toujours est-il que les dispositions sont gé-
néralement plus lourdes. Nos rentes s'inscri-
vent aux cours suivants : Le 3 0/0 à 101 60 ; le
3 1/2 010 à 104 20.
Les fonds étrangers sont plus faibles, à l'ex-
ception de la Rente espagnole qui progresse à
46 65. Le change est cependant plus élevé à 34 50.
L'Italien recule à 92 65; les valeurs ottoma-
nes sont calmes: le Turc C cote 26 97; la série D
22 87. La Banque reste à 518.
Notons la baisse du 4 0/8 Brésilien à 56 95, et
du 3 0/0 Portugais à 23 40.
Les établissements de crédit ont une bonne
tenue. La Banque vaut 3,860 ; la Banque de Pa-
ris est calme a 935; le Crédit Lyonnais vaut
860 fr.
La Banque spéciale des valeurs industrielles
se négocie à 254.
Notons une légère hausse sur les Chemins
de fer.
Le Lyon gagne 10 francs à 1892, le Midi vaut
1,390, le Nord est à 2,100, l'Orléans à 1,790.
L'obligation des chemins éthiopiens est en
hausse à 300.
Les lignes étrangères, surtout le comparti-
ment espagnol, est très soutenu.
Les valeurs industrielles ne varient guère,
nous retrouvons le Suez à 3,490, le Gaz à
1,235.
L'action de la Compagnie générale de Trac-
tion est très ferme à 115.
Sur le marché en banque notons la bonne
tenue de l'action de la Mode nationale àl28.
L'action Novo Pavlovka a coté aujourd'hui
50 fr. au plus bas pour clôturer à 85. Cette,
baisse aurait été provoquée par un gros dé-
port dénoncé à l'échéance du 6 janvier.
On estime que cette réaction ne saurait en
rien toucher à la valeur intrinsèque de l'af-
faire.
J. LEGRAND.
LES 3VEHSTES
Le marehé minier accuse quelques hésita,
tions.
La Chartered recule à 75 25, la Goldsfielf
reste à 133, la Durban; à 90,50; l'East Rand, t
162 60 ; la Geldenhuis, à 20i ; la Lancaster, i
76; la Ranfontein, à 52; la Robinson, à 229.
La May Consolitaded est très ferme' à 111.
l e Rio vaut 821, la de Beers, 677 50.
La New Emerald est en vif progrès à 91.
INFORMATIONS FINANCIERES
On annonce, pour le samedi 14 janvier, l'é-
mission de la première tranche de l'emprunt
de 200 millions du gouvernement général de'
l'Indo-Chine. Il s'agit de 110,000 obligations
de 500 fr. 3 1/2 0/0 qui seront offertes à 450 fr.
et rapporteront 17 fr. 50 par an. Exemptes de
tous impôts, taxes, charges ou retenues quel-
conques établis ou à établir, elles seront rem-
boursables en 75 ans à partir du 1er octobre
1899 par tirage semestriels.
On versera 50 fr. par titre le 14 janvier, puis
150 fr. à la répartition, 150 fr. le 24 février et
100 fr. le 2 mars.
Toutefois, on aura la faculté de se libérer
entièrement à la répartition.
CllROMOUE JUDICIAIRE
Les adultères de Madame Trezza
La neuvième chambre correctionnelle a.
commencé hier l'examen d'un procès d'a-
dultère extrêmement curieux, mais où le
diable lui-même ne saurait démêler la vé-
rité.
L'héroïne, trente-cinq à quarante ans, se
nommait Hélène Knowler, quand elle était
demoiselle. Elle est originaire de l'Améri-
que du Nord, comme Clara Ward, ex-prin-
cesse de Chimay. Elle a épousé d'abord un
M. Despéché, avec lequel elle est divorcée,
puis elle s'est mariée en secondes noces
avec M. Trezza, dit de Muzella, qui a intro-
duit à son tour contre elle une action en
divorce, a obtenu, contre sa femme, le 8
août dernier, un jugement par défaut la
condamnant à trois mois de prison pour
adultère.
C'est à ce jugement qu'elle fait opposi-
tion.
Me Léon Renault l'assiste. s
Me Clunet représente le mari, partie ci-
vile.
Mme Trezza a dû être souverainement
belle; elle possède encore des restes, di-
gnes d'admiration : une opulente chevelure
blonde, des traits fins, une bouche bien
dessinée, de grands yeux d'acier; seule-
ment, son buste trop copieux, et ses chairs.
trop débordantes un peu partout, donnent
à sa personne une apparence massive, qytl
ne plairait pas certainement à un statuaire
grec.
Elle porte une élégante jaquette ornée de
fourrures qui s'ouvre en carré sur un cor-
sage blanc, et ce corsage semble une nappe
recouvrant deux énormes mappemondes
iumelles.
Mme Trezzade Muzella aurait eu de nom-
breux amants, parmi lesquels, notamment
M. de Mier et M. le colonel Panizzardi, l'an-
cien attaché militaire de l'ambassade d'I-
talie : voilà le thème que, du côté du mari,
il s'agit de démontrer. <
On produit, contre elle : 1° des lettres,
ou plutôt des photographies de lettres ;
2° des témoins.
Les lettres, adressées à M. de Mier, con-
tiennent un texte assez innocent, mais
émaillé de phrases brûlantes, comme cel-
les-ci : « my dear ungel » (mon cher ange) ;
« my dearest love» (mon très cher amour).
Mme Trezza avoue le texte, mais prétend
que les phrases brûlantes ont été ajoutées
après coup.
Pour les témoins, deux surtout sont im-
portants, et il convient de dire qu'un vau-
devilliste n'eût pu mieux les choisir : c'est
une ancienne suivante de Mme Trezza,
congédiée par elle, et un ancien larbin de
M. de Mier, que celui-ci a expulsé. Ajou-
tons ceci : le larbin et la suivante font l'a-
mour ensemble, et ils auraient été les con-
fidents intimes, comme dans les comédies
de jadis ; le premier, de son maître, la se-
conde de sa maîtresse.
D'après la suivante, Lina de son petit;
nom, fine mouche noiraude, de langue'
alerte, partant sujette à caution, Mme,
Vrezza aurait conquis de haute lutte M. de
Mier, qu'slle ne connaissait pas », un jour
dans un voyage de Paris à Saint-Leu, et
l'aurait amené triomphalement en un pa- j
Villon de chasse qu'elle possède là-bas
2
Une bagarre s'ensuivit et les quinze so-
eialistes furent repoussés, mais non sans
qu'ils aient eu le temps de prouver aux se-
cialistes de M. Rochefort qu'ils savaient se
défendre, même à un contre vingt 1
A la sortie de la réunion, M. Marcel Ha-
tert, escorté par une cinquantaine de
braillards, a parcouru la rue du Faubourg-
du-Temple, sans parvenir à attirer l'atten-
tion des passants.
Un meeting en faveur de la revision a
été tenu également hier soir à la salle
Cbayne, rue d'Allemagne.
Mille citoyens y assistaient et ont ap-
plaudi chaleureusement les orateurs les
citoyens Psichari, Joindy, Quillard, Valéry,
Jouvon, Bourdon, Briant, qui ont flétri élo-
quemment les manœuvres des faussaires
de l'état-major et de la presse immonde.
LES AFFAIRES DE HABABASCfiR
Les réclamations anglaises — Un Livre
bleu — Echange de dépêches
diplomatiques
Une dépêche de Londres annonce l'appa-
rition inopinée d'un Livre bleu, renfermant
trente-deux dépêches échangées entre nos
ministres des affaires étrangères et le Fo-
reign office depuis le 24 février 1898 jus-
qu'au 29 décembre dernier, relatives à de
prétendues entraves que l'administration
française susciterait au commerce britan-
nique à Madagascar.
Voici, d'après l'agence Havas, l'analyse de
ce document diplomatique, dont une plainte
de plusieurs commerçants de Mananjary,
accusant formellement l'administration de
se district d'avoir menacé de prison les in-
digènes qui feraient des affaires avec les
Anglais, est l'entrée en matière :
Le 26 mai, sir Edmund Monson communiqua
à lord Salisbury une citation du Journal officiel
malgache dans laquelle le général Galliéni dit
qu'il sera facile aux autorités de représenter
aux indigènes que les tissus français valent
les tissus des étrangers ; qu'il est convenable
que les Malgaches, devenus Français, se ser-
vent de produits français, que leurs vêtements
doivent être faits d'étoffes françaises.
Le 13 juin 1898, sir Edmund Monson commu-
nique à lord Salisbury un extrait du Journal
officiai français au sujet de modifications aux
tarifs de Madagascar sur les fourrages pour
les bestiaux destinés à l'élevage, sur les sacs
de jute et les tissus de coton.
Le consul anglais de Tamatave se plaint, le
12 mai, de la réclame faite dans un numéro du
Journal officiel malgache pour les tissus fran-
çais, et ajoute que cette réclame officielle,
Jointe aux droits préférentiels, empêche de
vendre les tissus anglais aux indigènes qui
déclarent ouvertement que les fonctionnaires
français s'opposent à leurs affaires avec les
étrangers.
Les dépêches postérieures de lord Salis-
bury revendiquent les privilèges que le
traité hova de 1865 faisait au commerce de
la Grande-Bretagne; il dit que, si le gou-
vernement anglais n'a pas soulevé de dif-
ficultés au cours de la campagne de Mada-
gascar, ce fut parce que la France avait
laissé entendre qu'elle n'avait pas d'autre
ïnjt que l'affermissement de son protec-
torat; c'est ainsi que M. Hanotaux admet-
tait le parallélisme complet entre le pro-
tectorat de Madagascar et celui de Zanzi-
bar, que M. Berthelot déclarait, le 27 no-
vembre 1895, que la France respecterait
les engagements contractés vis-à-vis des
puissances étrangères.
C'est donc sans appréhension que le gou-
vernement de la Grande-Bretagne voyait
l'expédition, mais s'il avait pu prévoir que
la guerre aurait pour résultat d'abolir le
commerce anglais dans l'île en le soumet-
tant à des impôts écrasants, l'opinion pu-
blique en Angleterre et son gouvernement
auraient fait entendre de très vives-re-
montrances. Lord Salisbury ajoute qu'un
décret du moins de juin augmente dans
une forte proportion les droits de douane
.sur les principaux articles anglais, en vio-
lation des traités de 1865 et de 1890 : <
J'ai déjà eu le devoir dé protester auprès de
M. Hanotaux, dit lord Salisbury, contre l'in-
justice faite et qui continue à être faite au
commerce anglais, soit que les mesures légis-
latives dont nous nous plaignons aient été
récemment approuvées, soit que les questions
soient maintenant soumises pour la première
fois à un autre ministère français j'ai l'hon-
neur de renouveler, au nom du gouvernement
britannique, ma protestation contre une atti-
tude inconciliable avec les droits internatio-
naux de l'Angleterre et les assurances fournies
par la République française.
le vous prie de laire tenir copie de cette dé-
pêche à M, Delcassé.
r- Le Livre bleu publie ensuite un extrait
du Journal officiel de Madagascar, concer-
nant les droits sur les marchandises étran-
gères et une lettre de lord Salisbury signa-
lant à sir Edmund Monson la circulaire du
général Galliéni, qui engage les Malgaches
à donner la préférence aux produits fran-
çais; le premier ministre croit que cette
recommandation équivaut à un ordre.
imposition de gros droits de préférence
et l'appui officiel du général Galliéni et des
fonctionnaires subalternes doit aboutir-à
la destruction complète du commerce an-
glais à Madagascar.
Les concessions foncières avec privilè-,
gès pour les colons français font égale-
ment l'objet des réclamations du gouver-
nement anglais ; le marquis de Salisbury
proteste, par lettre du 13 août; contre l'iné-
fralité de traitement contraire aux droits
de l'Angleterre et aux .assurances répétées
du gouvernement français.
! Le décret réservant au pavillon français
le cabotage à Madagascar, qui n'a jamais
; été appliqué, et les restrictions imposées
au commerce des Hindous font l'objet de
plusieurs dépêches; le premier ministre
ait que le gouvernement de Bombay n'a
tien trouvé justifiant l'accusation portée
contre les commerçants hindous relative-
ment au commerce des armes.
En terminant; lord Salisbury charge sir
Edmund Monson de protester, au nom du
gouvernement anglais, contre une action
nui - est une nouvelle atteinte contre les
Intérêts du commerce anglais à Mada-
gascar, incompatible avec les droits inter-
nationaux de l'Angleterre et avec les assu-
rances répétées du gouvernement fran-
çais, assurances sur lesquelles il a déjà,
tn plusieurs occasions, dit-il, appuyé
d'une manière spécifique.
Jes grandes Manœuvres en 1899
( Les manœuvres d'automne en 1899 se-
ront organisées et réglées de la manière
suivante: •
;' Les 58 et ge corps exécuteront des ma-
•Hœuvrés d'armée, sous la haute direction
ee M. le général Giovanninelli, membre du
conseil supérieur de la guerre.
i Pour ces manœuvres, la lre division de
cavalerie sera adjointe au 90 corps, la 5e
^vision au 5e corps.
t Les autres corps d'armée exécuteront
^Bes manœuvres de division et de brigade,
savoir
* Manœuvres de division : 1", 2e, 691 7e,
12e, 14°, 15e, 16., 17e, 18e corps (16 jours, al-
ler et retour compris).
20e corps (12 jours, aller et retour com-
ipris).
É- Manœuvres de brigade: 3', 4e, 8e, 10e, 11e,
13* corps )quinée jours, aller et retour
ompris).
Dans ios limites des allocations de jour-
Mss fixées pour les manœuvres de divi-
sion et de brigade, les commandants de
fcporjpB d'ar*-*" toute latitude peur QI-
ganiser les manœuvres et grouper les élé-
ments du corps d'armée au mieux des in-
térêts de l'instruction.
Tous les 4e bataillons participeront aux
manœuvres avec leurs régiments, à l'ex-
ception des 4e bataillons des 3e, 4e, 9e et 10e
corps, stationnés à Paris, et de ceux des 6e,
7° et 20° corps qui tiennent garnison dans
les places fortes et les forts de la région
frontière. Les 5e et 8e divisions, stationnées
à Paris, ne manœuvreront pas.
Les 4e, 6e, 7e, 8e, 10e, 11e, 12e, 13e, 14e, 15e,
16e, 17e, 18e, 20e brigades de cavalerie, ainsi
que les brigades des 3e et 7e divisions, exé-
cuteront des évolutions de brigade d'une
durée de huit jours, non compris l'aller et
le retour.
Des manœuvres d'ensemble seront exé-
cutées par la 4e division de cavalerie et
une division provisoire formée des tre, 2e,
3e brigades, sous la direction du général
président du comité technique de cava-
lerie.
En outre, prendront part aux manœu-
vres d'automne toutes les brigades de ca-
lerie de corps ; les lre et 5e divisions de
cavalerie, dans les conditions spécifiées
ci-dessus ; la 2e division de cavalerie avec
les troupes de la 20° région ; la 6° division
avec les troupes de la 7e région.
L'organisation des manœuvres dans les
Alpes et les Vosges, ainsi qu'en Algérie et
en Tunisie, fera l'objet d'instructions parti-
culières. -
HOMMES ET CHOSES
AGRÉÉS ET DÉFENSEURS
La cour d'appel de Lyon vient de donner
gain de cause aux agréés près le tribunal
commercial de cette grande ville, qui se
plaignaient d'une occurrence fâcheuse.
Il existe aux alentours de tout tribunal de
commerce une légion d'agents d'affaires,
mandataires officieux, qui s'offrent pour
représenter les parties devant la juridic-
tion consulaire. Ces mandataires n'ont au-
cun caractère légal. Les justiciables ont re-
cours à leurs services de leur plein gré. La
loi, en effet, qui a rendu obligatoire le mi-
nistère des avoués, devant le tribunal civil
et à la cour d'appel, a permis aux plai-
deurs de soutenir eux-mêmes leur cause à
la barre commerciale.
L'explication de cette distinction est fa-
cile. Il existe, pour les procès civils, de
nombreuses -difficultés de procédure, des
délais à observer, des formalités à remplir
sous peine de déchéance. On a pensé que
si le ministère d'un avoué assistant, rem-
plaçant les parties à la barre, n'était pas
strictement imposé, beaucoup de plaideurs,
par ignorance ou par économie, voudraient
suivre eux-mêmes la marche de leur pro-
cès, et le perdraient, soit en ne faisant pas
valoir les arguments de droit qui devraient
entraîner une décision favorable des juges,
soit en négligeant certains actes de procé-
dure nécessaires pour obtenir; gain de
cause. L'assistance d'un conseil, pourvu de
diplômes, reconnu capable par les exa-
mens, le stage et la pratique des affaires,
et offrant toutes garanties présumables de
moralité, de probité, est donc obligatoire
pour le plaideur civil, dans son intérêt
même. D'où le monopole des avoués.
En matière commerciale, où les affaires
sont généralement plus simples qu'au civil,
la loi a dispensé le plaideur de l'assistance
d'un conseil officiel, assermenté, faisant
partie d'une corporation limitée, contrôlée,
surveillée. Chacun peut donc librement,
au tribunal de commerce, se présenter en
personne ou se faire assister d'un défen-
seur de son choix. Tout le monde peut
plaider à la barre consulaire, pour lui-
même ou pour autrui. Il suffit dans ce der-
nier cas d'être muni d'un pouvoir sous
seings privés, signé et enregistré.
Dans la pratique il s'est établi l'usage de
ne recourir qu'à des mandataires spéciaux,
pris dans une catégorie particulière d'hom-
mes d'affaires, de légistes, de praticiens.
- Si à Lyon, à Marseille, à Bordeaux, dans
toutes les grandes villes, il existe, comme
à Paris, des chefs de contentieux, des rece-
veurs de rentes, des gérants de propriétés,
des agents d'affaires et des avocats, se pré-
sentent accidentellement pour défendre au
tribunal de commerce, des clients, des
maisons de commerce, des industries, des
compagnies et des sociétés, dont ils ont
habituellement administré les affaires con-
tentieuses, il s'est établi, pour les plaideurs
accidentels, pour le commun des justi-
ciables, une sorte de barreau à côté, une
coulisse judiciaire, que 'composent des
hommes, souvent capables, mais n'ayant
besoin de justifier d'aucun titre, d'aucun
diplôme, d'aucun stage : c'est-la corpora-
tion des mandataires qui s'intitulent « dé-
fenseurs officieux ».
Ces défenseurs, qu'on rencontre égale-
ment dans les prétoires des justices de
paix, ont de tout temps et partout suscité
contre eux l'animosité d'autres défenseurs,
privilégiés ceux-là, et qu'on nomme des
agréés. •
Ces avocats-agréés, tél est leur titre semi-
officiel, sont les benjamins des tribunaux
de commerce. Ils constituent le barreau
spécial de la juridiction. Les juges com-
merciaux sont très fiers d'avoir à leur
barre ces agréés, qui portent un costume,
qui sont à leurs ordres, et qui leur don-
nent l'illusion d'être un véritable tribunal.
Le tribunal de commerce choisit lui-
même les titulaires de ces charges illé-
gales. C'est-à-dire que lorsqu'un agréé en
exercice vend son étude, il y joint le titre
d'agréé qui n'existe pas d'une façon lé-
gale, et à la cession régulière et ferme
de ses dossiers, de s.a clientèle, de ses re-
couvrements, de l'ancienneté de son exer-
cice. C'est même ce titre d'agréé qui re-
présente la valeur réelle de l'office cédé.
Une étude d'agréé valant à Paris jusqu'à
cinq et six cent mille francs ne se vendait,
pas le dixième, si le successeur n'acqué-
rait pas du même coup son inscription
sur la liste des favoris du tribunal de com-
merce.
Investis de la confiance du tribunal, ac-
quérant par répercussion celle de la clien-
tèle, qui sait fort bien qu'il est dangereux
de donner sa cause à un mandataire qui
n'a pas l'oreille des juges, les agréés cons-
tituent une corporation puissante et redou-
table d'officiers judiciaires auxquels, la loi
n'avait point songé.
La loi avait dispensé les parties devant
la juridiction commerciale du ministère
des. avocats ; les juges commerciaux, se
campant au-dessus de la loi, ont institué,
sinon le ministère obligatoire, du moins
les pseudo-officiers ministériels, dont il est
parfois imprudent de se passer.
Mais le titre d'agréé, dépendant du ca-
price et du bon vouloir, des juges au com-
merce, constituait-il une désignation offi-
cielle, un titre légal, que nul ne pouvait
prendre sans commettre une usurpation ?
Les agents d'affaires et défenseurs offi-
ciels de la ville de Lyon. ont soumis le cas
aux tribunaux.
Ils prétendaient avoir le droit de prendre
eux aussi le titre d'agréés.
La cour d'appel a rejeté leur prétention.
Ils ont eu beau soutenir que, puisque le
titre d'agréé ne constituait légalement au-
cun privilège, aucun monopole, ils pou-
vaient le prendre librement, ils ont été dé-
boutés. Il était difficile qu'il en fût autre-
ment, bien qu'au fond ils eussent parfaite-
ment raison de se plaindre.
Mais comme leur prétention était mal
formulée 1 Ils réclamaient pour eux-
mêmes le droit de se parer du titre d'a-
gréé. C'était reconnaître ce titre. Ils ne
pouvaient le prendre, sans occasionner sur
la clientèle une confusion, sans faire naître
une erreur peut-être préjudiciable au plai-
deur, puisque précisément, comme la dé-
signation l'indiquait, c'étaient d'autres
hommes d'affaires qui étaient « agréés »
par le tribunal. Ils n'ont pas l'agrément du
tribunal, comment vont-ils se désigner
comme l'ayant ?
Ce qu'ils auraient dû demander aux tri-
bunaux, c'est non pas l'élargissement à leur
profit de la désignation d'agréés, non pas
l'augmentation de ce barreau commercial,
mais sa suppression complète.
Ils réclamaient le renforcement du mono-
pole illégal, inexistant au point de vue de la
loi, des agréés. Ils avaient au contraire été
solliciter un arrêt interdisant aux juges de
commerce de constituérun barreau spécial,
d'imposer à la clientèle des justiciables
un ministère d'avoués consulaires, et de
donner une investiture à des agents d'af-
faires spéciaux qui constitue un véritable
privilège, qui institue au profit du titu-
laire une charge non prévue par les lois et
règlements.
L'arrêt de la cour de Lyon, qui a rejeté la
prétention des agents d'affaires à se trans-
former en agréés, est donc juste et mérite
d'être approuvé. Mais n'interviendra-t-il
pas, à Lyon ou à Paris, sur une demande
mieux justifiée, un arrêt supprimant le ti-
tre d'agréé, interdisant aux tribunaux
de commerce de créer des offices, en refe-
sant des agréés, ce qu'ils sont en réalité,
des mandataires, des défenseurs officieux.
Le monopole des agréés, très onéreux
pour les justiciables, paraît malheureuse-
ment d'autant plus difficile à détruire qu'il
n'a pas d'existence légale, qu'il est une
abusive et scandaleuse fiction.
JEAN DE MONTMARTRE.
DERNIÈRE HEURE
Le crime de la rue Pierre-Lereux
Une femme assassinée
CeLte nuit, un peu avant minuit, un loca-
taire de la maison rue Pierre-Leroux, 20,
en rentrant, fut surpris de voir ouverte la
porte de l'appartement occupé par Mme
veuve Joly, épicière.
Il pénétra dans l'appartement et trouva
Mme Joly étendue sur le plancher de sa
chambre à coucher.
La pauvre femme avait un couteau planté
dans la région du cœur.
Un médecin appelé de suite arriva au
moment où Mme Joly expirait.
A l'heure où nous écrivons, le parquet
procède aux constatations avec le chef de
la sûreté.
ECHOS IJMm
Par décision du ministre de l'agriculture,
la clôture générale de la chasse à tir est
fixée au 29 janvier 1899 pour tout le terri-
toire.
L'envoi de témoins de M. le commandant
Myzkowski à M. Joseph Reinach a abouti à
un procès-verbal qui établit que M. Reinach
n'a pas excédé son droit de critique.
Un profession qui périclite.
Chacun sait que le métier de poète n'est
pas le plus rémunérateur qui 1 soit par le
temps qui court.
Toutefois, une profession existe encore :
celle de rimeur pour papillotes. De pau-
vres diables de « gens de lettres » sont en-
core engagés par certains confiseurs et
fournissent à ceux-ci, moyennant de très
maigres droits d'auteurs,,des quatrains ou
des distiques dçstinés à s'enrouler poéti-
quement autour des bonbons.
Eh bien! cette profession est dans le ma-
rasme. Les confiseurs, trouvant encore trop
chers les vers des poètes vivants, se met-
tent, paraît-il, à enrouler les sucreries
dans des vers de Corneille, de Racine, de
Boileau qui, eux, ne réclament pas leurs
droits d'auteurs.
Et l'on prétend que cette concurrence
déloyale de nos grands classiques va aider
puissamment au recrutement des « queues»
qui stationnent devant lès œuvres d'hos-
pitalité de nuit.
La Muse a toujours eu, sauf pour quel-
ques favoris, devrais instincts de marâtre.
LE DUEL DE DÉROULEDE
Mystérieuse affaire — Coup d'épée
ou mal de gorge
Il y a une quinzaine, M. Paul Déroulède
disparut de la circulation, et ses amis an-
noncèrent un peu partout qu'il était ma-
lade et était obligé de garder la chambre.
Quelques jours après, le Journal publia
cet entrefilet :
Par une brumeuse et glaciale matinée de la
semaine dernière, trois landaus traversaient à
grande allure le bois de Vincennes et s'arrê-
taient au plateau de Gravelle, sur la route,
près du petit bois de sapins.
Les voitures arrêtées, huit hommes en des-
cendirent qui s'acheminèrent rapidement vers
l'extrémité du plateau. On mesura le terrain,
on plaça les adversaires, et, les témoins et les
médecins rangés de côté, deux coups de feu
retentirent — puis deux autres encore.
Alors les groupes se rapprochèrent, on sortit
des épées, on replaça les adversaires, et le
duel recommença. Mais à peine les fers s'étaient
croisés qu'un des combattants s'affaissait, le
flanc troué de part en part.
Avec des difficultés infinies, on le transporta
dans une voiture et, moins d'une minute après
au grand galop des chevaux, tout*ce monde
disparaissait dans la direction de Paris.
Durant ce combat, un fiacre s'était arrêté
près du donjon de Vincennes, presque en face
de chez Pécoul. Dans ce fiacre, une des plus
séduisantes et des plus jolies actrices d'un
théâtre du boulevard suivait, avec angoisse,
les péripéties de la lutte.
Voilà, n'est-ce pas, un captivant chapitre de
roman. Il faut penser que les motifs de la
rencontre furent des plus graves, puisque,
malgré la situation des adversaires — un
homme politique très connu et un notoire et
brillant clubman — le secret a été, et l'est en-
core, aussi bien gardé.
Et tout de suite le bruit se mit à courir
que le.blessé n'était autre que M. Paul Dé-
roulède; mais on crut qu'il s'agissait d'une
affaire d'ordre privé et on n'insista pas.
Or hier, Les Droits de l'Homme, après avoir
reproduit le récit mystérieux qu'on a pu
lire plus haut le font suivre de ces explica-
tions :
Roman ? Invention de reporter hanté des
souvenirs du Maître de Forges ? Pas du tout,
mais au contraire belle et bonne réalité, et tou-
chant de plus près qu'on ne croit àl' Il Affaire »,
seule raison pour laquelle nous lui faisons une
nlace ici.
Les adversaires s'appelaient MM. Paul Dé-
roulède et Boni de Castellane ; la dame, Mlle
X., d'un théâtre subventionné.
Le motif de la rencontre — pas du tout une
histoire de femme, comme on pourrait le croire
— un motif futile, extrêmement futile, au dé-
but, une simple question de préséance, mais
aggravée par les termes de la discussion qui
suivit. -f "",,,'
On se dit des choses dures, il y fut question
de 1' « Affaire » et si bien que la rencontre
ayant été décidée, les témoins reconnurent
qu'elle devait être absolument sérieuse, et,
d'autre part, que pour ne pas montrer au pu-
blic la fêlure qui vient de se produire dans le
parti, on tiendrait le tout secret. Nous n'avons
pas les mêmes raisons de cacher ce qui appar-
tient à l'histoire.
Donc on se battit dans les conditions que di-
sait rentre fil et du Journal, et Déroulède fut
blessé, après avoir lui-même atteint, mais très
légèrement son adversaire. Sa blessure à lui
est grave : perforation d'intestins qui eût né-
cessité ce que les médecins appellent la Il la-
parotomie d'urgence » : mais allez donc faire
de l'antisepsie sur le plateau de Gravelle. On
se contenta de ramener le blessé à Paris dans
un état fort grave qui ne s'est pas amélioré
jusqu'ici d'une façon bien notable.
Cependant, malgré cette précision de
détails, les amis de M. Déroulède conti-
nuent à affirmer qu'il n'y a pas eu de duel
que le chef de la L. D. P. était atteint d'une
laryngite et qu'il gardait la chambre par
ordre du médecin.
LE FÉMINISME
L'EXEMPTION DU BATARD
De tous les enfants qui naissent, n'ap-
partiennent réellement à la mère, que
ceux que leur père ont pu désavouer parce
qu'ils ont fait leur entrée dans le monde
en dehors de toutes les conventions so-
ciales et qui sont, en raison de ce dédain
des bienséances, qualifiés de naturels.
Etant sensé n'avoir pas de pères, ces bâ-
tards échappent à la-prise et à la poigne
masculine. Ils ne portent point le nom de
l'homme, ils ne sont pas sous sa domina-
tion.
De sorte que si la maman non mariée est
rabaissée par le préjugé, elle est par le
droit public véritablement élevée au rang
de l'homme, puisque parmi toutes les fem-
mes c'est la seule mère qui transmet son
nom à ses enfants et qui exerce sur eux
l'autorité paternelle.
Mais afin que les Françaises n'ambition-
nent pas ces avantages; et pour les décider
toutes à faire abdication de leur liberté en
même temps que don de leur chef-d'œuvre
non encore réalisé : l'enfant, on couvre
d'opprobre celles qui ont un bébé en dehors
du mariage et l'innocent traité en coupa-
ble, privé des dispenses de service mili-
taire, est mis hors la loi des successions.
Il semblerait que l'on dût laisser s'en-
tr'aider, vivre à leur guise ces parias :
l'enfant naturel et la mère illégale. Dès que
la société les a rejetés, elle n'est autorisée
à ne rien leur demander. Seulement, c'est
toujours à qui doit le moins, qu'il est le
plus réclamé.
Quand le fils de la mère, qui en sa qua-
lité d'enfant de l'amour est le plus souvent
beau, robuste, bien doué, a accompli sa
vingtième année, la République lui met un
fusil dans la main en disant : — Tu vas
défendre le territoire dont il ne peut t'être
attribué la parcelle qui t'est due, ou même
dont il ne peut rien t'être attribué du tout,
fusses-tu adultérin de milliardaire.
Si l'enfant naturel allègue qu'il est l'uni-
que appui de sa mère et sollicite la dis-
pense accordée aux aînés de veuve, il est
accueilli par des éclats de rire et des pro-
pos de soudards.
La non mariée, crucifiée en sa maternité,
ne peut-elle donc pas, autant que la veuve
qui a pour escorte la sympathie générale,
voir s'exercer envers elle le devoir filial?
Toutes les fois que reviennent les opéra-
tions du tirage au sort, nous sommes solli-
citée de demander l'abrogation du dogme
du péché originel introduit en la loi et l'é-
galité des enfants naturels et légitimes de-
vant le service militaire.
«Trouvez-vous qu'il soit juste, questionne
uue lectrice du Radical, que le fils de la
veuve ne fasse qu'un an de service mili-
taire comme soutien de famille, quand le
fils naturel reconnu, élevé par sa mère,
est forcé de faire trois ans ? »
On ne peut évidemment que qualifier de
criante iniquité la différente manière d'agir
enyers l'aîné de veuve et le bâtard. Puis-
que la loi encapucinée a fait de l'enfant
naturel un paria en son pays, de quel droit
lui demande-t-elle l'impôt du sang?
- Du droit d'injustice, qui fait exiger de
la femme,qui ne vote pas le budget,l'impôt
de l'argent.
L'enfant naturel et le fils de la veuve
sont en réalité deux orphelins de père, ils
devraient être assimilés, identiquement
traités.
> Si toutes les femmes étaient reconnues
aptes à transmettre leur nom à leurs en-
fants, on ne distinguerait plus entre les
mères légales ou illégales; alors, tous les
Français seraient égaux devant l'héritage
et le service militaire.
N'est-ce pas criminel, d'enlever à une
pauvre mère non mariée pendant trois ans
son fils, lorsqu'il est devenu un gagne-pain
pour.elle, alors que la veuve riche a le
sien exempté de deux années de service,
en qualité de. soutien de famille?
C'est parce que le ministre de la guerre
a compris que les femmes avec leur logi-
que et leurdroiture primesautière auraient
apporté la révolution en cet ordre de cho-
ses, qu'il a voulu les y laisser étrangères,
refusant de les admettre comme témoins
pour l'établissement des certificats de po-
sition que les soutiens de famille doivent
produire aux conseils de revision.
Mais cette restriction au témoignage fé-
minin subsistera-t-elle ? Les députés tolé-
reront-ils -que leur décret autorisant la
femme à être témoin soit annulé par une
fantaisie ministérielle?
Lorsque la Chambre discutera la propo-
sition de loi de MM. Baudin, Groussier
Vaillant, relative aux enfants naturels, nous
conjurons les députés radicaux-socialistes
de réclamer pour ces déshérités la dis-
pense militaire dont jouissent les fils de
veuves.
Relativement à la mère non mariée et à
son fils, nous devrions bien être aussi hu-
mains que les peuples que nous asservis-
sons et dépouillons sous prétexte de civi-
liser. Chez la plupart de nos barbares con-
quis, il n'y a pas d'enfants naturels, donc
pas de mères méprisées.
Dans le sud africain, la négresse esclave
est affranchie, quand elle a avec son maî-
tre appelé à la vie un enfant ; son fils hé-
rite, comme ses frères légitimes il est ho-
noré et elle est nommée L'onen-el-ouled, la
mère de l'enfant.
Pour les primitifs qui sont plus que
nous, avec toute notre suffisance, près de
la vérité et de la liberté, l'enfant est une
valeur ; tandis que pour les civilisés, écra-
sés parles obligations anciennes et asser-
vis à tant de besoins nouveaux, l'enfant su-
jet de dépense est moins prisé que le pou-
lain et le veau, source de profits immé-
diats.
Aussi, voyez s'il y a pour les animaux
rétifs comme pour les enfants indociles des
martinets et des cachots. On craindrait de
diminuer les bénéfices que l'on escompte
en privant les poulains et les génisses d'air
ou de nourriture, mais torturer les petits
humains qui ne sont pas marchandise
monnayable, cela ne tire pas à consé-
quence. Voilà pourquoi les époux Desjar-
dins, bourreaux de leur enfant mort mar-
tyr, viennent de voir réduire d'un an cha-
cun leur temps de prison et pourquoi, les
mutins d'Aniane seront punis à la place
des gardiens qui les ont forcés à se ré-
volter.
D'après le très intéressant rapport de M.
le docteur Napias, directeur de 1 assistance
publique, les enfants abandonnés Bavent
cependant s'attirer des sywpatlùès., puis-
que leurs nourrices et nourriciers, parfois
leur font des dons et leur lèguent par tes-
tament tout ce qu'ils possèdent.
Des familles traitent si bien ces petits
assistés, que, sur les réclamés par leurs
parents, huit ont formellement refusé de
quitter leur place pour les suivre. Est-elle
éloquente la voix du sang ?
Le directeur de l'Assistance, en sa qua-
lité de tuteur, autorise le mariage de ses
pupilles, il a paternellement accordé des
dots de mariage de 150 francs à 108 de ses
élèves, enfants trouvés ou moralement
abandonnés.
Lorsque l'on s'occupe avec tant de solli-
citude des assistés, ne pourrait-on pas être
équitable à l'égard des enfants naturels
élevés par leur mère, en les faisant, devant
le service militaire, égaux des aînés de
veuves?
HUBERTINE AUCLERT.
Nous prions ceux de nos souscripteurs
dont l'abonnement va expirer do nous
envoyer aussi vite que possible leur re-
nouvellement, s'ils ne veulent éprouver
aucun retard dans l'envoi de leur journal.
Toute demande de changement d'a-
dresse doit être accompagnée d'une bande
imprimée et de 50 centimes en timbres-
poste, pour frais de réimpression.
LE MÉRITE AGRICOLE
Le Journal officiel a publié hier matin les
promotions et nominations dans l'ordre du
Mérite agricole.
Parmi les nouveaux officiers, citons :
MM. Avenel, directeur de l'Annuaire de la
presse française, président d'honneur de la So-
ciété d'horticulture de Bougival; Bixio, direc-
teur de laCompagnie générale des petites voitu-
res à Paris ;Boitard,chef de bureau au ministère
de l'agriculture; Christian; directeur de l'im-
primerie Nationale à Paris; Combrau, con-
servateur des eaux et forêts à Niort; Delatour,
directeur général des contributions indirectes
au ministère des finances; Leroux, préfet du
Rhône; Lévêque de Vilmorin, horticulteur
grainier à Paris.
Masson, éditeur, président de la chambre de
commerce de Paris; Surugue, président de la
chambre syndicale des commissionnaires en
bestiaux et marchands à Paris; Vacherot, jar-
dinier en chef au service de la Ville de Paris ;
Vauchez, directeur de l'Ecole pratique d'agri-
culture et de laiterie de Pétré (Vendée) ; Vien-
not, horticulteur à Dijon, fondateur et vice-
président de la Société d'horticulture de la
Côte-d'Or.
Parmi les chevaliers :
MM. Bartoli, inspecteur des ventes aux Hal-
les à Paris ; Blanchard, vétérinaire ; de Berck-
heim, attaché militaire à l'ambassade à Ber-
lin ; Berlier, ingénieur civil ; Berthault, direc-
teur du Haras de Villebon ; Bordas, sous-di-
recteur du Laboratoire municipal ; Bunel, ar-
chitecte en chef de la préfecture de police ;
Buquet, membre de la commission de classe-
ment des chevaux et juments; Chevalier,
commissionnaire en semences agricoles ; Che-
villard, marchand de beurre et œufs ; Colli-
villard, directeur du personnel au ministère de
gnon,
l'intérieur ; Comby, avocat ; Conrat, fabricant
de salaisons ; Coudray, sous-chef jardinier au
Sénat ; Couvert, commis à l'Institut national
agronomique ; Daumont, publiciste ; Defrance,
directeur administratif de la voie publique ;
Dellard, de la Compagnie P.-L.-M. ; Descourty,
vice-président du conseil d'enseignement de
l'école de la meunerie française ; Desenne,
chef de service à la préfecture de la Seine ;
Duclaux, ingénieur agronome ; Dugoujon, ré-
dacteur en chef du journal Auteuil-Lonchamp ;
Duguay, avocat ; Dupont, préparateur à la Fa-
culté des sciences de Paris.
Durand, organisateur d'expositions canines ;
Durin, rédacteur agricole à la Dépêche colo-
niale; Falquières, dégusteur au laboratoire
municipal ; de Fourcauld, attaché militaire
d'ambassade, à Vienne ; Griffol, laitier-nour-
risseur ; Hyérard, chef de cabinet du préfet de
la Seine ; Joliez, vétérinaire : Josset, dit Ger--
sond, chimiste et publiciste Jussin, président
du syndicat de la charcuterie française ; La-
montagne et Leblond, commis à la direction
des eaux et forêts ; Lemarley, marchand de
cidres et eaux-de-vie; Lesecq, vétérinaire;
Malleyre, professeur à l'Institut agronomique;
Marlin, ingénieur-constructeur , Masson, jardi-
nier aux Pépinières du bois de Boulogne ; Mo-
rand du Puch, chef de bureau au ministère de
l'intérieur ; Moreau, secrétaire des Moulins
Abel Leblanc, à Pantin : Morellet, rédacteur au
ministère de l'agriculture ; Morin (annonces
agricoles) ; Moynet, horticulteur ; Niepce de
Saint-Victor (ministère de l'agriculture) ; Nivet
(ministère de l'agriculture) ; Noël (Halles et
Marchés) ; Page (plantations de la ville de Pa-
ris) ; Pasquier, vice président de la chambre
syndicale de la boucherie ;
Pelletier, publiciste ; Perrot, jardinier en
chef du Jardin d'Acclimatation ; Petit (minis-
tère de l'agriculture) ; Petsche, ingénieur des
ponts et chaussées ; Picot (ministère de l'ins-
truction publique) ; Prat, rédacteur au Bulletin
des Halles; Racagel (ministère de l'agriculture);
Regnault (ministère des travaux publics); Rey-
mond, chef de cabinet (ministère des travaux
publics);* Rocher, commissionnaire en bes-
tiaux ; Roze, ancien président de la Société bo-
tanique de France ; Saint-Ouen, rédacteur de
la Chasse illustrée; Schlœsing, ingénieur au
ministère des nuances ; Maurice Souriou, pu-
bliciste; Thiébaut, vice-président de la cham-
bre syndicale de l'union des débitants de vins
de Paris; Tinardon, ingénieur des ponts et
chaussées; Tissier, conférencier agricole ; Van-
del, secrétaire général des Journaux officiels ;
Vaucourt, cours d'agriculture; Vigneau, ins-
pecteur des halles centrales ; Wagner (minis-
tère de l'agriculture) ; Worms, auditeur au
conseil d'Etat.
Parmi les nominations on remarque éga-
lement celle de M. Laferrière, gouverneur
général de l'Algérie, qui est nommé officier,
et celles de MM. Dufoix, préfet de Constan-
tine, et de Malherbe, préfet d'Oran, au
grade de chevalier.
La Vie en Famille
Tout le mois de janvier est entièrement
consacré aux effusions de la famille, aux
visites et aux réunions du soir. C'est le
mois où l'on reçoit, c'est le mois où l'on
sort.
Pour toutes ces réceptions obligatoires,
une foule de nouveautés ont surgi et j'a-
vouerai qu'il y a quelques égarements, où
le bon goût traditionnel de la mode pari-
sienne s'est laissé entraîner un peu. A côté
des choses jolies et pratiques, il en est de
vraiment trop originales et par conséquent
reconnues laides, puisqu'il est impossible
de les porter.
Je ne chercherai point à vous les dé-
crire ; vous-mêmes, en consultant vos
journaux de modes, reconnaîtrez vite les
modèles qui sont dans l'erreur et ceux qui
sont dans le vrai. Bien qu'on ne cesse de
répéter que cela se porte, que cela va
se porter beaucoup, je ne pense pas que
ce soit là la vraie note dominante. Ces ju-
pes d'une seule pièce, sans couture der-
rière, et malgré cela excessivement com-
pliquées, ont beaucoup de difficulté à
prendre ; les femmes pratiques ne pour-
raient s'en arranger.
Les jolies jupes en forme, modelant les
hanches et s'évasant du bas en plumeau
sont celles encore adoptées par les fem-
mes dont on ne saurait discuter et le bon
goût et l'élégance.
- Quant aux chapeaux ils sont, eux, vrai
ment bien jolis ; le toquet tout en four-
rure, en lophophore, en grèbe, se portent
avec tout et sont très seyants. Les fleurs à
la mode sont les nénuphars et le magno-
lia ; deux fleurs suffisent pour armer un
loquet de velours avec une légère bran-
che de gui, toute d'actualité. Tout cela est
jëune, frais et gentil.
On ne peut s'empêcher de frissonner en
pensant au jour redouté où la beauté com-
mence à déclina où il n'est plus permis
de porter des choses fines et délicates. Des
soins minutieux éloignent le terme de cette
fatale échéance ; on conserve à la peau son
éclatante blancheur, au teint sa fraîcheur
veloutée sans lesquels il ne serait de beauté
complète, avec la véritable Eau de Ninon,
qui donne au visage une grâce juvénile ; je
ne saurais assez recommander ce produit
merveilleux dont l'elfe L puissant ravit de
joie toutes celles qui en font usage. Mes ai-
mables lectrices pourront donc se procurer
cette Eau de jeunesse à la parfumerie
Ninon, 31, rue du 4-Septembre.
Si la bise d'hiver amené quelques ger-
çures à vos mains, la Pâte et le Savon des
Prélats en auront vite raison en même
temps qu'ils blanchiront la peau et lui
donneront une finesse remarquable. Il suf-
fit d'adresser un mandat de 5 fr. 50 à la
Parfumerie Exotique, 35, rue du 4-Septem-
bre, pour recevoir franco un pot de cette
pâte exquise.
GABRIELLE.
CAUSERIE FINANCIÈRE
LA BOURSE
La dernière séance de la semaine est beau-
coup moins satisfaisante que celle d'hier. Peut-
être doit-on attribuer ce nouveau tassement
à la vivacité de la reprise de la veille. Bon
nombre de spéculateurs se sont, selon toutes
probabilités, empressés d'effectuer des i éali-
sations de bénéfice, sans attendre davantage.
Toujours est-il que les dispositions sont gé-
néralement plus lourdes. Nos rentes s'inscri-
vent aux cours suivants : Le 3 0/0 à 101 60 ; le
3 1/2 010 à 104 20.
Les fonds étrangers sont plus faibles, à l'ex-
ception de la Rente espagnole qui progresse à
46 65. Le change est cependant plus élevé à 34 50.
L'Italien recule à 92 65; les valeurs ottoma-
nes sont calmes: le Turc C cote 26 97; la série D
22 87. La Banque reste à 518.
Notons la baisse du 4 0/8 Brésilien à 56 95, et
du 3 0/0 Portugais à 23 40.
Les établissements de crédit ont une bonne
tenue. La Banque vaut 3,860 ; la Banque de Pa-
ris est calme a 935; le Crédit Lyonnais vaut
860 fr.
La Banque spéciale des valeurs industrielles
se négocie à 254.
Notons une légère hausse sur les Chemins
de fer.
Le Lyon gagne 10 francs à 1892, le Midi vaut
1,390, le Nord est à 2,100, l'Orléans à 1,790.
L'obligation des chemins éthiopiens est en
hausse à 300.
Les lignes étrangères, surtout le comparti-
ment espagnol, est très soutenu.
Les valeurs industrielles ne varient guère,
nous retrouvons le Suez à 3,490, le Gaz à
1,235.
L'action de la Compagnie générale de Trac-
tion est très ferme à 115.
Sur le marché en banque notons la bonne
tenue de l'action de la Mode nationale àl28.
L'action Novo Pavlovka a coté aujourd'hui
50 fr. au plus bas pour clôturer à 85. Cette,
baisse aurait été provoquée par un gros dé-
port dénoncé à l'échéance du 6 janvier.
On estime que cette réaction ne saurait en
rien toucher à la valeur intrinsèque de l'af-
faire.
J. LEGRAND.
LES 3VEHSTES
Le marehé minier accuse quelques hésita,
tions.
La Chartered recule à 75 25, la Goldsfielf
reste à 133, la Durban; à 90,50; l'East Rand, t
162 60 ; la Geldenhuis, à 20i ; la Lancaster, i
76; la Ranfontein, à 52; la Robinson, à 229.
La May Consolitaded est très ferme' à 111.
l e Rio vaut 821, la de Beers, 677 50.
La New Emerald est en vif progrès à 91.
INFORMATIONS FINANCIERES
On annonce, pour le samedi 14 janvier, l'é-
mission de la première tranche de l'emprunt
de 200 millions du gouvernement général de'
l'Indo-Chine. Il s'agit de 110,000 obligations
de 500 fr. 3 1/2 0/0 qui seront offertes à 450 fr.
et rapporteront 17 fr. 50 par an. Exemptes de
tous impôts, taxes, charges ou retenues quel-
conques établis ou à établir, elles seront rem-
boursables en 75 ans à partir du 1er octobre
1899 par tirage semestriels.
On versera 50 fr. par titre le 14 janvier, puis
150 fr. à la répartition, 150 fr. le 24 février et
100 fr. le 2 mars.
Toutefois, on aura la faculté de se libérer
entièrement à la répartition.
CllROMOUE JUDICIAIRE
Les adultères de Madame Trezza
La neuvième chambre correctionnelle a.
commencé hier l'examen d'un procès d'a-
dultère extrêmement curieux, mais où le
diable lui-même ne saurait démêler la vé-
rité.
L'héroïne, trente-cinq à quarante ans, se
nommait Hélène Knowler, quand elle était
demoiselle. Elle est originaire de l'Améri-
que du Nord, comme Clara Ward, ex-prin-
cesse de Chimay. Elle a épousé d'abord un
M. Despéché, avec lequel elle est divorcée,
puis elle s'est mariée en secondes noces
avec M. Trezza, dit de Muzella, qui a intro-
duit à son tour contre elle une action en
divorce, a obtenu, contre sa femme, le 8
août dernier, un jugement par défaut la
condamnant à trois mois de prison pour
adultère.
C'est à ce jugement qu'elle fait opposi-
tion.
Me Léon Renault l'assiste. s
Me Clunet représente le mari, partie ci-
vile.
Mme Trezza a dû être souverainement
belle; elle possède encore des restes, di-
gnes d'admiration : une opulente chevelure
blonde, des traits fins, une bouche bien
dessinée, de grands yeux d'acier; seule-
ment, son buste trop copieux, et ses chairs.
trop débordantes un peu partout, donnent
à sa personne une apparence massive, qytl
ne plairait pas certainement à un statuaire
grec.
Elle porte une élégante jaquette ornée de
fourrures qui s'ouvre en carré sur un cor-
sage blanc, et ce corsage semble une nappe
recouvrant deux énormes mappemondes
iumelles.
Mme Trezzade Muzella aurait eu de nom-
breux amants, parmi lesquels, notamment
M. de Mier et M. le colonel Panizzardi, l'an-
cien attaché militaire de l'ambassade d'I-
talie : voilà le thème que, du côté du mari,
il s'agit de démontrer. <
On produit, contre elle : 1° des lettres,
ou plutôt des photographies de lettres ;
2° des témoins.
Les lettres, adressées à M. de Mier, con-
tiennent un texte assez innocent, mais
émaillé de phrases brûlantes, comme cel-
les-ci : « my dear ungel » (mon cher ange) ;
« my dearest love» (mon très cher amour).
Mme Trezza avoue le texte, mais prétend
que les phrases brûlantes ont été ajoutées
après coup.
Pour les témoins, deux surtout sont im-
portants, et il convient de dire qu'un vau-
devilliste n'eût pu mieux les choisir : c'est
une ancienne suivante de Mme Trezza,
congédiée par elle, et un ancien larbin de
M. de Mier, que celui-ci a expulsé. Ajou-
tons ceci : le larbin et la suivante font l'a-
mour ensemble, et ils auraient été les con-
fidents intimes, comme dans les comédies
de jadis ; le premier, de son maître, la se-
conde de sa maîtresse.
D'après la suivante, Lina de son petit;
nom, fine mouche noiraude, de langue'
alerte, partant sujette à caution, Mme,
Vrezza aurait conquis de haute lutte M. de
Mier, qu'slle ne connaissait pas », un jour
dans un voyage de Paris à Saint-Leu, et
l'aurait amené triomphalement en un pa- j
Villon de chasse qu'elle possède là-bas
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