Titre : L'Action française : organe du nationalisme intégral / directeur politique : Henri Vaugeois ; rédacteur en chef : Léon Daudet
Auteur : Action française. Auteur du texte
Éditeur : Action française (Paris)
Date d'édition : 1924-11-22
Contributeur : Vaugeois, Henri (1864-1916). Directeur de publication
Contributeur : Daudet, Léon (1867-1942). Directeur de publication
Contributeur : Maurras, Charles (1868-1952). Directeur de publication
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 22 novembre 1924 22 novembre 1924
Description : 1924/11/22 (Numéro 327). 1924/11/22 (Numéro 327).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG87 Collection numérique : BIPFPIG87
Description : Collection numérique : BIPFPIG69 Collection numérique : BIPFPIG69
Droits : Consultable en ligne
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Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, GR FOL-LC2-6354
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 18/01/2011
Dix - septième année » N° 327
Samedi 22 Novembre 1924
i 5 centimes. S eikb et S eiite-et- O ise
20 centimes. D épartements et C olombs
ABONNEMENTS : Un in. Siilois. TnisKais.
France et Colonies. 48 fr. a5 fr. i3 fr.
Etranger ...... 8a » (a » as »
Chèque postal t Compte a3^goo Paris.
ORGANE DU NATIONALISME INTÉGRAL.
mTout ce qui est national est notre. »
Le Duc-d'ORLÉANS
bérltier des quarante Rois qui en mille ans firent la France.
EÉDACTIOH * ADMINISTRATIF H t
i4, rue de Home. PARIS (8*)
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Téléphone : Administration : Louvre a6-49, a&-5o
Rédaction : Central 75-44 Publicité : Central 74-77
Après xo heures du soir : Ségurn-oé
Registre do Commerce : Seine H • 78.58a
Fondateur s HENRI VÀUGEOIS — Directeurs politiques : LÉON DAUDET et CHARLES MAURRAS — Rédacteur en cheî r MAURICE PUJO
Pour le salut de la France
L'amiral Schwerer, grand - officier
de la Légion d'honneiir, Mer encore
l'un des grands chefs de notre marine,
adhère à la Monarchie nationale et
devient président d'honneur de ; la
Ligue d'Action française.
rrminnTr™* g g jga
PERORAISON DU DIS COURS A LUNA PARK
La République
et le sang innocent
Messieurs,
Je parlais autrefois, dans notre journal,
de la chaîne de trahison, celle qui liait
Caillaux à Malvy, Malvy au Bonnet rouge
et à Almereyda, le Bonnet rouge à l'Alle
magne. La justice militaire, la seule qui,
6elon le mot de Baithou, ait échappé en
tièrement à la gangrène du régime, poux
dévider cette chaîne, avait commencé par
saisir, avec le Bonnet rouge, le chèque
Duval. Vous vous rappelez, én effet, que
Duval, fusillé depuis, était l'administra-
.leur de ce journal, réplique de la Ga
zette des Ardennes, moniteur du grand
quartier général allemand, que subven
tionnaient à la fois Caillaux, Malvy, Vi-
viani, c'est-à-dire les, chefs du Bloc, de
gauche' et merabi«s d'e la majorité de
-1914». majorité qui est la même aujour
d'hui.
C'est par le Bonnet rouge que la justice
militaire arriva sur Caillaux et Malvy,
condamnés alors, par la Haute-Cour, pour
connivence et complicité avec la bande
de traîtres et d'espions, groupée autour
d'Almereyd'a.
Or, que voyons-nous aujourd'hui ?
Pour réhabiliter les traîtres Caillaux
et Malvy, il a bien fallu reprendre la
chaîne et la prendre à rebours.
Au lieu que l'accusation allait de Du
val et d'Almereyda à Caillaux et à Mal
vy, leurs compères, la réhabilitation va
maintenant de Caillaux et - de Malvy —
déclarés « innocents » en raison des votes
du 11 mai — à Duval, à Almereyda et.au
Bonnet rouge , qu'il va bien falloir réha
biliter aussi, en même temps que leurs
patrons. Les uns ne vont pas saqs les
autres. La chaîne d'infamie est reconsti
tuée. Jamais, peut-être, dans l'histoire,
jamais à coup sûr dans notre histoire, pa
reille extravagance n'avait été: commise,
ni si homicide, car elle nous mène tout
droit —■ et vous le sentez tous — à une
nouvelle et prochaine guerre.
Celte nouvelle guerre sera une nouvel
le extermination de vos enfants. L'histoire
se répète, la publication des carnets ger
manophiles de l'ambassadeur- Louis par
Judet — avec la connivence de l'espion
Hartmann, condamné à mort, par contu
mace, par le 3" conseil de guerre de Pa
ris — nous reporte au procès de la tueuse
à Caillaux, en juillet 1914, où Judet ré
clamait la publicité du prétoire pour
les « documents verts », de la correspon
dance Jagow-Lancken au sujet de Cail
laux. Cette publication eût fourni à l'Al
lemagne le casus belli qu'elle cherchait.
La publication des carnets Louis porte de
l'eau -— ou, mieux, du sang —. au moulin
allemand, en exonérant l'Allemagne de
sa responsabilité dans le déclenchement
de la guerre de 1914. Cette publication,
c'est un epup terrible porté à la paix que
bêle - la Société des Nations, que brait
Herriot, cependant que ses auxiliaires
immédiats, et le journal auquel, hier en
core, il collaborait, font tout ce qu'ils
peuvent pour l'ébranler et l'anéantir.
Messieurs, il n'est pas toujours" vrai
de dire qu'on mérite ce que l'on suppor
te. La France n'a certainement pas méri
té ce que la farce macabre du respect du
suffrage universel la contraint à suppor
ter aujourd'hui. Le sacrifice de dix-sept
cent mille de ses meilleurs enfants est un
holocauste qui eût dû lui assurer la paix
pour une longue période : la paix et le
relèvement. Mais elle n'a pas seulement
eu affaire à la scélératesse et à la trahi
son. Elle a eu affaire à la bêtise et à la
peur : à la bêtise, dans la personne de
Millerand ; à la peur,'dans celle de Ray
mond Poincaré. On peut dire, d'une façon
sommaire, mais vraie, qu'après la victoi
re, cet imbécile épais — Millerand —
.et ce froussard —- Poincaré — ont tout
perdu. Cela est patent aujourd'hui, après
la fuite honteuse et ridicule de Mille*
rand, sous les coups de botte d'un sim
ple journaliste, Pierre Bertrand, après
l'abjecte et foireuse déclaration de Poin
caré, au sujet de Malvy, au Sénat.
Honte, messieurs, honte et mépris à ces
deux hommes ! Ce qu'on peut leur sou
haiter de mieux désormais, c'est l'oubli,
un oubli à fond de grotesque — quant à
Millerand — un oubli à fond de dégoût,
quant à Poincaré.
Cette immense réunion des patriotes,
si grave et si émouvante, de ce, soir, je la
mets, pour terminer, sous l'invocation de
nos deux martyrs, l'un et l'autre assassi
nés par Pa police, avec la~collaboration
de l'anarchie révolutionnaire,... sous l'in
vocation d'un héros, Marius Plateau, et
d'un enfant, Philippe. Daudet. Nous sa
vons -que jamais un tel appel n'est demeu.
ré inentendu. Puisse le sang innocent,
après tant de hontes et de crimes, épar
gner à notre patrie de nouveaux torrents
d'nn sang généreux !
Léon DAUDET.
P. S. — lie Matin nous apprend que
judet accepta carrément la pat erni té de
la publication des carnets de Georges
Louis. 11 nous apprend aussi que l'espion
Charles-Léopold Hartmann — dont il
ne dit pas a ses lecteurs que c'est un
condamne a mort par contumace et pour
trahison — a rencontré Judet au cours
de fréquents- voyages en Suisse.
Cette affaire s'éclaire donc tout à. fait.
Mais elle s'éclaire de'lueurs sinistres. En
n'ouvrant pas une instruction immédiate
sur cette tragique machination des carnets
Georges Louis — instruction qui établira
les responsabilités de chacun et mettra le
rôle de Judet en pleine lumière ■— le gou
vernement de Herriot commet une faute
grave, irréparable.
; .Dans J'Oeuvre, ,Téry, compère--dejudet
en l'occurrence, prend une allure embar
rassée. Il plaide que Georges Louis ne nie
pas la responsabilité de l'Allemagne dans
la guerre. Il publie de nouveaux extraits
des « carnets » Judet-Hartmann. Mais
ces nouveaux extraits ne sont ni moins
mensongers, ni moins redoutables —
quant aux conséquences — que les précé
dents.
L'heure du tocsin de la mobilisation
approche. Elle sonnera bientôt. Le mal
heureux Herriot, collaborateur. incons
cient de Téry comme"il.fut collaborateur
inconscient d'Almereyda,- regrettera alors,
de ne pas nous avoir écoutés et de s'être
bouché les yeux. Il m'écrira, comme en
octobre 1914 : « Daudet, vous aviez rai
son... . » 11 ne sera pas moins coupable,
comme l'amiral anglais Bing, « de n'a
voir pas fait,- dans -une circonstance inté
ressant gravement les intérêts du pays,
tout ce qu'il était en son.pouvoir de fai
re ». — L. D.
Lundi* prochain, -'24' novembre, à onze
heures du matin, en l'église-Saint-Thomas-
d'Aquin) A l'occasion du premier anniver
saire de son martyre, un service solennel
sera célébré pour 'le repos de l'âme de
Philippe Daudet, Camelot du Roi.
Tous ' nos .amis, tous les bons Français
qu'a émus d'horreur et de compassion le
crime affreux du 24 novembre 1923, se
joindront à nous, dans le pieux souvenir
de l'innocente victime.
UNION
DES CORPORATIONS, FRANÇAISES
CONGRES DE 192 4
(Salle des- Sociétés Savantes, 8, rue Danton)
DEUXIEME JOURNEE
(Aujourd'hui 22 novembre)
MATIN -
10 heures. — 1° Résumé îles travaux
par M. G. Valois ;
2° Etude de quelques centres U. C. F.
en province.
a) Groupe agricole de Claira, par M., Ri-
poull ;
b) Syndicat français, des constructions
navales de Saint-Nazaire, par M. Tiffon ;
c) Section normande U. C. F. de Rouen,
par M. Navarre-Carrol ;
d) Autre centres, par M. Pierre Du
mas.
APRES-MIDI
2 heures. — a )Examen des différentes
questions d'organisation et de propagande
auquel prennent part les délégués.
■ b) Les problèmes actuels : le problème
monétaire ; le problème des salaires ; le
problème de la vie chère, par M. G. Va
lois.
Conclusion.
P.-S. — Des cartes spéciales seront exi
gées à l'entrée du congrès de l'U.C.F. On
peut les demander dès maintenant au
siège de l'U.C.l 7 ., 10, rue du Havre, ou à
l'Action française, 12. rue de Rome.
Les figurants du cortège. Jaurès
Une protestation
On nous communique la lettre suivante
adressée à M. Herriot par le président de
l'Association des Elèves de l'Institut de
chimie appliquée :
Monsieur le président du Conseil,
Vous avez décidé que 100 mineurs de Carmaux,
qui doivent prendre part au transfert des cendres
de Jaurès au Panthéon, seraient logés pendant
leur séjour à Paris dans les bâtiments de l'Institut
de chimie appliquée, 1, rue Pierre-Curie, qui dé
pend de la Faculté des sciences.
Par suite les laboratoires seront fermés lundi
24 novembre pendant tojite la matinée.
Au nom de tous mes camarades et en évitant
soigneusement de me placer sur le terrain poli
tique, je proteste énergiquement contre cette dé
cision qui est une entrave intolérable à nos étu
des, pour lesquelles nous acquittons des droits
très, importants.
Je ■ toos prie de croire, Monsieur le président
du Conseil, à nos sentiments très respectueux.
■' Le président de VAssociation
'des Elèves de VInstitut de Chimie.
g» da Kactto s .
LA POLITIQUE
L La réunion de Luna Park
Chaque journée, chaque séance de notre
Congrès se résumaient dans le mot de con
fiance. La réunion de Luna-Park impose
le mot de puissance. Nous n'avions encore
rien vu de tel. Nous n'avions jamais reçu
pareil flot d'adhérents. Jamais 'salle aussi
vaste, salle aussi homogène. Jamais cri
d'adhésion aussi unanime et ardent. Par
ces vingt mille voix de Parisiens patriotes,
parmi lesquels un nombre inouï, un
nombre presq'ue inattendu de jeunes gens,
la France traduisait ses craintes, son ma
laise, sa tristesse, son horreur et son espé
rance. Comme disait Lemaître au déclin
du combisme « ils en font trop ! » Des
deux côtés, les choses iront plus vite qu'en
1904 et en 1905.
L'amiral Schwerer, que nous avons ap
pris à honorer et aimer comme citoyen,
après l'avoir admiré comme chef de guerre,
était candidat républicain sur nos listes
en mai dernier. Le voilà séparé de l'er
reur républicaine, président d'honneur de
la Ligue d'Action française et, au poste
illustré par Buffet, par Saluces, par Le-
maître, par le général Mercier, il porte té--,
moignage du progrès régulier, constafttf 1 -
accéléré de nos doctrines dans l'esprit et
dans le cœur d'une élite indéfiniment éten-
dup. Depuis plus d'un trimestre, je dois
à nos lecteurs un rapport circonstancié
sur l'effet de I'Enqute sur. la Monarchie
et de son Discours préliminaire paru en
juillet dernier : la moisson silencieuse, un
peu mystérieuse même, a été splendide,
j'aurai à citer bien des confidences signi
ficatives, bien des actes de ralliement qui,
poignants,-douloureux, ont été des mer
veilles de raison et de foi. Mais l'adhésion
de l'amiral Schwerer reste la plus signi- 1
ficative de toutes, et par ce qu'elle a de per
sonnel, et par le caractère politique-na
tional d'une longue et belle carrière de
grand serviteur de l'Etat.
II. Une croix d'honneur
On est particulièrement fier d'entendre
un homme de là valeur èt de l'autorité de
l'amiral Schwerer rendre pleine justice
aux Camelots du Roi. Ces admirables jeu
nes gens -si honteusement diffamés dans
tous les milieux libéraux, ont reçu de cet
homme qui se connaît en hommes le dé
dommagement moral auquel ils avaient
droit. .Quels services rendus au pays dès
les temps lointains où ces nobles jeunes
gens n'étaient qu'une poignée ! Et comme
ces * sei-vices ont rgrandi aii "fur et "à" me
sure de la croissance de leur association
magnifique! Leurs sacrifices de guerre sont
légendaires, comme leurs martyres du
•temps de paix, mais c'est en eux que ger
ment, lèvent et déjà refleurissent toutes les
promesses d'un meilleur avenir français.
En voyant l'amiral, par ses chaudes pa
roles, rétablir sur eux les mesures du
vrai et du juste, on croyait voir ce qui se
ra ; un Fils de France s'approcher d'eux,
féliciter lcurs\chefs, et suspendre la croix
■d'honneur à leur drapeau.
III. La Marine,* chose royale
v L'adhésion de l'amiral nous cause une
autre sorte de satisfaction. Elle rapproche
l'Action française du corps d'état français
le plus maltraité, le plus •abandonné," le
plus sacrifié par la République : notre Ma*
line !
Tout a été dit dans ces colonnes sur ce
naufrage immense consécutif à notre vic
toire. Quand le-eliœurs des Perses gémit :
Hélas ! hélas ! nos vaisseaux.
Hélas! hclas! ont péri!
c'est que les vaisseaux des Perses ont
subi l'amcre défaite. Nous n'avons pas été
défaits. Nous avons été victorieux. Cepen
dant nous avons perdu nos vaisseaux.
Nous ne les avons pas remplacés. Nous
avons aliéné jusqu'au droit de les 'rem
placer. Nous avons laissé aller à vau-l'eau
tout ce qui restait de notre fortune navale.
Cela sous les bons ministères ! Sous la pré
sidence de Millerand ! Spus le signe de
la République nationale, antiallemande,
lorraine ! On se demande ce que le Bloc
des gauches pourra faire de pis.
Ceci : il rend aux soviets l'escadre russe
réfugiée à Bizerte. Il rend les vaisseaux,
les matelots, les officiers. Et il charge les
chefs de la marine française de consom
mer le déshonneur de cette reddition.
On murmure que plusieurs chefs, agis
sant dans la mesure de la discipline et du
droit, ont refusé de se prêter à cette honte.
Le gouvernement de M. Dumesnil cherche
l'homme docile, l'officier complaisant. Y
réiissira-t-il ? On dit que l'amiral Violette
y met tout son talent. L'amiral Violette
est le seul marin français qui, en 1902-
1904, se soit prêté à la besogne des fiches.
Cela n'a pas. trop nui à son avancement
avant mai 1924. Cela assure sa carrière
sous le Bloc des gauches. La voilà faite. Elle
consacre notre évanouissement sur la mer
à l'heure même où les difficultés que subit
l'Angleterre auraient peut-être pu ouvrir
des horizohs de renaissance et de recons
truction !
IV. Les Rois d'Hervé
Hervé consacre des colonnes nouvelles à
ce qu'il appelle une polémique sans intéét.
Il .traite de même nos recours à une doc
trine politique. Cet homme est né dédai
gneux de tout ce qui n'est pas perpendi
culaire au bout de son nez. Mais je dois
le dire, et c'est ce qui cause", l'espèce de
sympathie qu'il s'est acquise dans mon
cœur : une fois que l'objet lui est devenu
tangent, il dit comme -Sarcey qu'il le voit,
et fort bien, et beaucoup mieux que nous.
D'après Hervé, nous avons en commun,
aujourd'hui, quatre-vingts potir cent de
nos idées. Fort bien ! Nous n'avions
pas un pour cent d'idées communes en
1906. Comme les nôtres n'ont pas bougé,
celles d'Hervé ont fait du cljemin. Mais
il leur reste à faire une petite trotte.
L'ancien agrégé d'histoire se fâche pres
que. des réminiscences d'histoire que je lui
proposais avant-hier. Elles n'ont rien d'in
jurieux pour lui, cependant. Elles s'effor
çaient de le renseigner et surtout de lui
mettre le nez sur la, vraie question. Tout
pour lui se réduit à des histoires de pres
tige. Il a besoin de voir le roi comme au
théâtre, entouré diun nuage de poussière
.dorée, dans l 'encens, dans la gloire, au fra
cas des chars et des canons. De vrais rois,
de grands rois étaient d'équipage modeste.
Quel petit compagnon que le grand
Louis XI, pour ne citer que lui ! L'impor
tant pour le roi véritable ne tient pas aux
splendeur d'un train napoléonien, mais à
la solidité, à la durée, au sérieux de
l'acquisition et de la construction. On
peut rire du parapluie de Louis-Philippe,
du scapulaire de Charles X, des pantoufles
de Louis XVIÏI, ces rois n'en font pas
moins les seuls régimes qui nous aient
gardé de la grande guerre, depuis 1789.
Hervé ne comprend rien à la haute
bienfaisance statique de la monarchie. Le
mouvement nationaliste italien date de 1905
nous existions depuis six ans déjà, et nous
lui fournissions une doctrine et une mé
thode comme nous les avons fournies* plus
tard au fascisme; En 1912, le nationalisme
italien avait pris le pouvoir, et, dix ans
après, c'était le fascisme. Hervé est-il sùr
que la monarchie italienne n'ait pas rendu
de fréquents services à.ces deux réactions
nationale et sociale ? Avec la monarchie,
Mussolini et Federzoni ont eu, en leur fa
veur, en faveur de l'ordre, des complai
sances dans l'Etat. Nous avons eu, nous, à
lutter contre l'Etat entier et les républi
cains qui avaient 80 pour 100 d'idées com
munes avec nous viennent d'être trahis ri
diculement par les portions de l'Etat ré
publicain sur lesquelles ils comptaient.
Qu'Hervé compare ces deux tableaux de la
réaction "nationale en France et en Italie :
peut-être comprendra-t-L le jeu de la mo
narchie là-bas.
J'en dirai bien plus long sur les rois
boches ou russes, mais Hervé me répond
que j'argumente comme ceci :
S'il pleut, c'est la faute de la République:
ah ! sous la royauté, il ne pleuvait que
quand c'était utile aux récoltes.
S'il y a de la sécheresse, c'est de la fau
te à la République : sous les rois, il n'y
avait pas de sécheresse.
D me semble que ces paroles dispensent
de rien ajouter. Mais, comme Hervé tient
à ressembler à l'oncle Sarcey !
Il ne me hait point, dit-il. Je ne suis
pas un ennemi pour lui. Cachin non plus.
L'ennemi vrai, c'est Blum, c'est Caillaux.
Voilà ceux qu'il faut pulvériser tout de
suite, ditil.
L'enfant Hervé n'a pas tort. Il aurait
plus raison s'il ne s'obstinait à demander
que la réaction nécessaire soit accomplie,
par des bataillons d'aveugles com
mandés par un peloton d'aliénés.
., V. L'armée nouvelle
évitera Jaurès
Une note officielle annonçait hier que
les honneurs militaires seraient réduits au
minimum par le gouvernement
Cette nuit, l'on apprenait que ce mini
mum serait égal au néant : les « galon-
nards », que Jean Jaurès a si copieusement
enguirlandés au temps de Dreyfus, ne se
ront reçus dans son cortège que sans armes
et porteurs d'instruments de musique.
Telle était l'exigence des partis révolu
tionnaires. Telle a été l'obéissance d'Her-
riot. Tous les Français dignes de ce nom
interpréteront cette absence de l'armée
comme un châtiment que voulait, qu'impo
sait la nature des choses.
On a fait avaler l'apothéose de Zola à
l'armée du temps de paix. L'armée qui a
fait, la guerre aurait-elle avalé l'apothéose
de Jaurcs?
Charles MAURRAS.
OHOS
LES FAITS DU JOUR
— lin nouvel emprunt Morgan a été ra
tifié hier soir par, les Chambres.
— L'attaché nçval à la légation de Grèce
à Paris a été blessé à coups de revolver par
un de ses compatriotes.
— Le traité anglo-russe ne sera même pas
soumis au Parlement anglais.
On sait le rôle peu reluisant de M. André Ott,
ck-légué de la Ligue des Droits de l'Homme et col
laborateur de l'Ere nouvelle, dans l'instruction en
cours sur les incidents qui ont troublé la réunion
du juif Bach aux Sociétés savantes.
M. Georges Ott, propriétaire à Vïlleveyrac (Hé
raut), tient à signaler qu'il n'a rien de commun
avec ce monsieur.
M
Nous avions signalé naguère le tribunal de Tours
pour avoir, dans une même séance, condamné
« : une part à une grosse amende avec frais un cu
ré qui avait corrigé d'une gifle le chef d'une trou
pe de gamins acharnés à l'insulter, et de l'autre
à une petite amende de rien du tout un gaillard
qui avait frappé sa propre mère. Un généreux ano
nyme nous a envoyé cent francs pour aider ce
prête courageux. Le curé nous prie de remer
cier le donateur et nous dit que. pour le remer
cier, il célébrera la messe à l'intention de l'Action
française.
%%
Rendement intensif.
Ce jeune avocat, charmant et plein de talent
d'ailleurs, était fort entouré par ses confrères, ces
jours-ci. Dame ! U a plaidé aux assises, et son
client a été condamné à mort. C'est fort triste pour
le-client, mais c'est plus qu'il n'en faut pour va
loir au défenseur une considération, où se mêle un
peu de jalousie. .
— Quelle magnifique réclame pour vous, con
frère ! s'exclame, jovial et pratique, M" Lévy (ou
M" David, ;:i M* Israël). Un client condamné à
mort ! Vous pouvez vous vanter d'avoir de la chan
ce ! La presse a déjà parlé de vous longuement et
avf c éloges. Mais vous allez avoir mieux : la visite
à l'Elysée, l'entretien suprême avec M. Doumer-
gue. Nouvelles notes dans les journaux. Votre pho
to dans ïe Petit Parisien. Enfin, le jour de l'exé
cution. Vous accompagnerez votre homme à l'é-
cliafaud... .
— Je ne crois •>«;• dit timidement -le jeune maî
tre, que les choses aillent jusque là. Les jurés ont
sipné un recours, en grâce, la commission des
grâces a émis un vœu favorable. Je n'aurai à aller
ni à l'Elysée ni à l'exécution.
—JAh l fit M" Lévy. (Un silence.) Cest dom
mage !...
A la tombe de Plateau !
Demain dimanche, à l'heure où un cor-
tèqe officiel conduira au Panthéon le rhé
teur que les antipatriotes ont choisi pour
patron, les patriotes parisiens se join
dront à rAction française pour, aller au
cimetière de Vaugirard porter une cou
ronne sur la tombe d'un des plus purs
héros de la Patrie, grièvement blesse dans
laL querre au cours d'un sublime fait a ar-
ities, assassiné dans la paix par la main
de l'anarchie à la solde de. I Allemagne .
MARIUS PLATEAU
Le gouvernement n'a pas osé interdire
notre 'manifestation. C'est donc d'accord
avec la préfecture t> de Police que les dé
tails suivants ont été réglés :
; rassemblement-
Demain, à 3 heures
Rue Lecourbe
au croisement de la rue Péclet
(Mairie du XV' arrondissement)
: Les moyens de communication suivants
permettront à. nos amis de se transporter à
proximité du point de rassemblement■_ {
Nord-Sud (station Place de Vaugirard).
Autobus : Vaugirard-Gare-St-Lazare ; Gre*
nelle-Bastille ; Porte de Versailles-Bourse.
Tramways î Porte Saint-Cloud-Saint-Sul-
pice ; Cours de Vincennes-Mairie du XV"
et Clamart-Hôtel de Ville.
Voici l'indication précise des points de
réunion des groupes ■ qui prendront part
au cortège. Ûordre est celui dans lequel
ils défileront.
L — TETE DU CORTEGE : Rue Péclet
(angle de la rue Lecourbe) :
La couronne de l'Action française, le drapeau
et sa garde. . . •
Les comités directeurs de l'Action française.
Les délégués régionaux et départementaux.
II. — LA JEUNESSE DES ECOLES : entre le
28, rue Péclet et la rue Bausset :
à) Groupe des Etudiantes d'Action française :
à la hauteur du 28, rue Péclet.
b ) Grandes écoles et candidats : 102, rue Blo-
met.
c) Etudiants des Facultés : angle de la rue Pé-
tel et de la rue Blomet.
d) Lycéens et collégiens : ,109, rue Blomet et
1, rue Gerbert.
III — SECTIONS D'ACTION FRANÇAISE
AVEC LEURS FANIONS ET TOUS LES PA
TRIOTES
2, place de Vaugirard :
: Pour'les délégations "des I" et II", IH° et IV",.
V, VI", VIP et VIII" arrpndissenients.
Rue de Vaugirard (angle du square) :
Pour les IX", X", XI" et XII" arrondissements.
Place de Vaugirard, angle de la rue de Vaugi
rard : ,
' Pour les XIIP, XIV', XV*, XVI', XVII", XVIII',
XIX", XX" Sections d'A. F. de Banlieue, ■Neuilly,
secteurs Nord^Est, Sud et Ouest.
Rue Blomet (angle du square) :
Dames et Jeunes Filles royalistes.
L 'indépendance de l 'Egypte
remise en question
L'assassinat du Sirdar oblige le,^,
de Londres, dès. ses débuts, à traiter à:lond
une des-affaires pour lesquelles la-«iriajorita
conservatrice a été élue . la ' sécurité de
l'Empire britannique.
On se rappelle que Zagloul pacha était
venu s'entretenir avec M. Macdonàld peu
de temps avant 1k chute du gouvernement
travailliste et que Zagloul était reparti
brusquement sans qu'on fût arrivé à • nn
accord. Pas plus qu'il n'avait accepté ie
pacte d'assurance mutuelle avant que M.
Baldwin écartât le protocole de Genève, le
premier ministre travailliste n'avait pu
céder sur ces deux points essentiels pour
l'Angleterre : protéger par ses garnisons
le canal de Suez et garder le Soudan.
Le Sirdar était, au Soudan, le comman
dant anglais des forces égyptiennes. Il était
au service du roi Fouad. Ce n'est donc plus,
pour le gouvernement, britannique, la ques
tion du Soudan que pose le crime c(u (Caire.
Pour le cabinet de Londres, il n'y a plus
de question du Soudan. Mais il y a les
responsabilités du gouvernement égyptien,
ce qui pose de nouveau la question
d'Egypte. «Si une note est envoyée, dit le
Times, il est probable qu'elle contiendra
une déclaration affirmant que la Grande-
Bretagne a le droit d'intervenir en Egypte
pour défendre les sujets étrangers et, à plus
forte raison, les sujets britanniques, droit
résultant des traités qui gouvernent les rela
tions anglo-égyptiennes. »
Le correspondant du même journal télé
graphie du Caire que les colonies euro^
péennes attendent que l'Angleterre agisse.
Il ajoute que l'Egypte elle-même redoute
une action énergique. Pour la défense de
ses communications vitales, pour la sécurité
de-l'Empire britannique, dont la grande
voie passe par Suez, le ministère ^Baldwin
est sollicité de prendre des mesures graves.
On ne peut guère se dissimuler que l'indé
pendance égyptienne est en jeu. •-
Occupé de pareils sujets, on comprend
que le gouvernement britannique n'ait pas
d'oreilles pour le protocole de Genève. Au
point -de vue «des- idées-et des intérêts,- «ous;,
voilà dans une tout autre sphère. A cette,-
politique anglaise, comment adapter la.poli
tique française ? Embarras très sérieux. Caç -
mainlenant ce n'est plus en persistant dans
la direction de la Ruhr, c'est "en persistant
dans l'idéalisme de la Société ,des Nations
et dans le droit des peuples à disposer
d'eux-mêmes que M. Herriot a chance de.
s'écarter des Anglais. — J. B.
La séance de clôture de notre Congrès
A LUNA PARK
VOUS ETES ABONNE s c'est bien.
Mais pourquoi ne faites-vous pas ahon?
. ner vos amis £
Vingt mille audi teurs acclament
le programme de l'Action française
Etait-il possible de réunir une assis-
Lance plus nombreuse que celle que nous
avions vue le 9 mai dans celle même ' sçtl-
le ? C'était incroyable, mais il a fallu se
rendre à l'évidence, quand hier soir, vingt
mille personnes eurent trouvé place, grâ
ce à un service d'ordre admirablement
organisé, dans la grande salle de Luna-
Park ; quand, les galeries_ étant surchar
gées et les travées obstruées par la foule
debout, il a fallu■ se résoudre à fermer
les portes et à laisser dehors les innom
brables retardataires qui ne cessaient de
déboucher du métro et de l'avenue de la
Grande-Armée. On peut chiffrer à vingt-
cinq mille le nombre des Parisiens qui
avaient répondu à notre appel.
Sur F estrade avaient pris place S. A.
R. la princesse Geneviève d'Orléans et le
comte de Chaponay, le baron Tristan Lam
bert, MM. Etienne de Resnes, du Guiny,
colonel Milleret, le comte de Montlaur, les
membres des comités directeurs de /'Ac
tion française, les secrétaires régionaux
et de nombreux délégués des provinces ;
Maxime Real del Sarte, Lucien Lacour,
Pierre Héricourt, Tissier de Mallerais,
Francis Chanot, M. de Kervenoaël, député
de la Vendée, etc. De frénétiques ovations
saluent l'arrivée de Daudet et celle de
Maurras.
Puis, dès les premiers mots de Vesins,
dès le discours de l'amiral Schwerer une
ardente communication s'établit entre la
salle et les orateurs. Pas une phrase qui
ne soit ponctuée d'énergiques applaudis
sements. Plus les paroles lancées àcet au
ditoire frémissant seront chargées d'nn
sens grave et parfois même redoutable,
plus les acclamations montreront avec
quelle fermeté de cœur les troupes d'Ac
tion française sont prêtes à accepter les
sacrifices'exigés par le salut du-pays-,.
\ Cette soirée, véritablement sans pareille,
s'est achevée sur des minutes • d'émotion
intense quand Léon Daudet, Après avoir
évoqué nos deux martyrs, a fait jurer aux
vingt mille assistants de cette inoubliable
séance, dé sauver la France en ramenant le
roi. Par deux fois, toute la salle debout a
salué la mémoire de Marius Plateau et de
Philippe Daudet. La. foule, levée une troi
sième fois, tous les bras tendus, le serment
solennel a été prêté que le sang innocent
n'avait pas coulé en vain pour le salut de
la patrie.
La décision qu'on pouvait lire dans tous
les regards, la vaillance de tant de cœurs
battant à l'unisson, sont garants 'que les
ennemis de la France ne tenteront pas
impunément la ruine de notre peuple et
de notre pays»
L'amiral Schwerer
l.'.i'uii'-al Schwerer est-visiblement ému-,
quand Bernard de Vesins lui. donne . la
parole en disant :
— Ce n'est plus, comnje il y a six mois,
un candidat républicain de la liste Dau->
det qui vous parle, mais un ligueur d'Ac
tion française, bien mieux : le nouveau
président d'honneur de la ligue d'Action
française. ■ . . . . ■.
— Me voici arrivé au port, dit 1 amiral
Schwerer, telle est l'image qui S'impose à
moi .-ce soir.
« J'ai souffert profondément de voir
ténèbres. - , .
« Mon excuse est la mystique républi
caine qui a pesé sur les cerveaux de vina
génération. Tant de scandales, tant de
maux dont souffrait ma patrie;auraient dû
m'éclairer. Quand l'invasion alleinande
est venue, j'ai vu de près les actes -d'un
parlement que Daudet a appelé justement
Chambre de trahison. Je me contentais
de maudire les hommes sans ouvrir assez
les yeux pour incriminer le régime.-
« Avant .de toucher, .au port, j'ai cédé
à plusieurs espérances " illusoires.- C'est
Charles Maurras qui m'a .aidé, à, sorti#, des
ténèbres.-Je ne dirai jamais asse* -quelle
reconnaissance je lui dois. » ]
A ces mots une Ovation sans" fin -monte
de la sallÊ. Les chapeaux s'agitent au
bout des bras tendus. L'amiral Schwerer
a peine à reprendre la -parole.
Il fait applaudir par la salle enthou
siaste les chefs de l'Action française et
nos admirables Camelots du Roi. Puis,
après avoir tracé, avec un esprit étince-
lant, le tableau de la politique libérale,
il s'écrie : " *" -
— A l'heure critique oit nous sommes,
qui assurera l'œuvre de salut ? La Ligue
républicaine nationale 1
la salle répond par un immense; fou-rire.
« La Ligue Millerand n'est qu'un" syndi
cat électoral. Nous n'en avons pas besoifi.
Ce qu'il nous faut, c'est une solide colon
ne d'assaut. Seule l'A. F. peut nous la don
ner. Mais il faut que nous soyons prêts à
faire pour le salut de la France tous-les sa
crifices, y compris celui de la liberté et ce
lui de notre vie 1 » .
« Yos acclamations, déclare Bernard de
Vesins à la salle qui éclate en applaudisse,
ments prouvent que nous avons un bon
président d'honneur ». ..
Georges, Valois
Quand les applaudissements out pris
fin, Bernard de Vesins donne la parole à.
George^ yalois. ■ .
Samedi 22 Novembre 1924
i 5 centimes. S eikb et S eiite-et- O ise
20 centimes. D épartements et C olombs
ABONNEMENTS : Un in. Siilois. TnisKais.
France et Colonies. 48 fr. a5 fr. i3 fr.
Etranger ...... 8a » (a » as »
Chèque postal t Compte a3^goo Paris.
ORGANE DU NATIONALISME INTÉGRAL.
mTout ce qui est national est notre. »
Le Duc-d'ORLÉANS
bérltier des quarante Rois qui en mille ans firent la France.
EÉDACTIOH * ADMINISTRATIF H t
i4, rue de Home. PARIS (8*)
Adresse télégraphique : AGTIOFRA.5-PA.RIB •
Téléphone : Administration : Louvre a6-49, a&-5o
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Après xo heures du soir : Ségurn-oé
Registre do Commerce : Seine H • 78.58a
Fondateur s HENRI VÀUGEOIS — Directeurs politiques : LÉON DAUDET et CHARLES MAURRAS — Rédacteur en cheî r MAURICE PUJO
Pour le salut de la France
L'amiral Schwerer, grand - officier
de la Légion d'honneiir, Mer encore
l'un des grands chefs de notre marine,
adhère à la Monarchie nationale et
devient président d'honneur de ; la
Ligue d'Action française.
rrminnTr™* g g jga
PERORAISON DU DIS COURS A LUNA PARK
La République
et le sang innocent
Messieurs,
Je parlais autrefois, dans notre journal,
de la chaîne de trahison, celle qui liait
Caillaux à Malvy, Malvy au Bonnet rouge
et à Almereyda, le Bonnet rouge à l'Alle
magne. La justice militaire, la seule qui,
6elon le mot de Baithou, ait échappé en
tièrement à la gangrène du régime, poux
dévider cette chaîne, avait commencé par
saisir, avec le Bonnet rouge, le chèque
Duval. Vous vous rappelez, én effet, que
Duval, fusillé depuis, était l'administra-
.leur de ce journal, réplique de la Ga
zette des Ardennes, moniteur du grand
quartier général allemand, que subven
tionnaient à la fois Caillaux, Malvy, Vi-
viani, c'est-à-dire les, chefs du Bloc, de
gauche' et merabi«s d'e la majorité de
-1914». majorité qui est la même aujour
d'hui.
C'est par le Bonnet rouge que la justice
militaire arriva sur Caillaux et Malvy,
condamnés alors, par la Haute-Cour, pour
connivence et complicité avec la bande
de traîtres et d'espions, groupée autour
d'Almereyd'a.
Or, que voyons-nous aujourd'hui ?
Pour réhabiliter les traîtres Caillaux
et Malvy, il a bien fallu reprendre la
chaîne et la prendre à rebours.
Au lieu que l'accusation allait de Du
val et d'Almereyda à Caillaux et à Mal
vy, leurs compères, la réhabilitation va
maintenant de Caillaux et - de Malvy —
déclarés « innocents » en raison des votes
du 11 mai — à Duval, à Almereyda et.au
Bonnet rouge , qu'il va bien falloir réha
biliter aussi, en même temps que leurs
patrons. Les uns ne vont pas saqs les
autres. La chaîne d'infamie est reconsti
tuée. Jamais, peut-être, dans l'histoire,
jamais à coup sûr dans notre histoire, pa
reille extravagance n'avait été: commise,
ni si homicide, car elle nous mène tout
droit —■ et vous le sentez tous — à une
nouvelle et prochaine guerre.
Celte nouvelle guerre sera une nouvel
le extermination de vos enfants. L'histoire
se répète, la publication des carnets ger
manophiles de l'ambassadeur- Louis par
Judet — avec la connivence de l'espion
Hartmann, condamné à mort, par contu
mace, par le 3" conseil de guerre de Pa
ris — nous reporte au procès de la tueuse
à Caillaux, en juillet 1914, où Judet ré
clamait la publicité du prétoire pour
les « documents verts », de la correspon
dance Jagow-Lancken au sujet de Cail
laux. Cette publication eût fourni à l'Al
lemagne le casus belli qu'elle cherchait.
La publication des carnets Louis porte de
l'eau -— ou, mieux, du sang —. au moulin
allemand, en exonérant l'Allemagne de
sa responsabilité dans le déclenchement
de la guerre de 1914. Cette publication,
c'est un epup terrible porté à la paix que
bêle - la Société des Nations, que brait
Herriot, cependant que ses auxiliaires
immédiats, et le journal auquel, hier en
core, il collaborait, font tout ce qu'ils
peuvent pour l'ébranler et l'anéantir.
Messieurs, il n'est pas toujours" vrai
de dire qu'on mérite ce que l'on suppor
te. La France n'a certainement pas méri
té ce que la farce macabre du respect du
suffrage universel la contraint à suppor
ter aujourd'hui. Le sacrifice de dix-sept
cent mille de ses meilleurs enfants est un
holocauste qui eût dû lui assurer la paix
pour une longue période : la paix et le
relèvement. Mais elle n'a pas seulement
eu affaire à la scélératesse et à la trahi
son. Elle a eu affaire à la bêtise et à la
peur : à la bêtise, dans la personne de
Millerand ; à la peur,'dans celle de Ray
mond Poincaré. On peut dire, d'une façon
sommaire, mais vraie, qu'après la victoi
re, cet imbécile épais — Millerand —
.et ce froussard —- Poincaré — ont tout
perdu. Cela est patent aujourd'hui, après
la fuite honteuse et ridicule de Mille*
rand, sous les coups de botte d'un sim
ple journaliste, Pierre Bertrand, après
l'abjecte et foireuse déclaration de Poin
caré, au sujet de Malvy, au Sénat.
Honte, messieurs, honte et mépris à ces
deux hommes ! Ce qu'on peut leur sou
haiter de mieux désormais, c'est l'oubli,
un oubli à fond de grotesque — quant à
Millerand — un oubli à fond de dégoût,
quant à Poincaré.
Cette immense réunion des patriotes,
si grave et si émouvante, de ce, soir, je la
mets, pour terminer, sous l'invocation de
nos deux martyrs, l'un et l'autre assassi
nés par Pa police, avec la~collaboration
de l'anarchie révolutionnaire,... sous l'in
vocation d'un héros, Marius Plateau, et
d'un enfant, Philippe. Daudet. Nous sa
vons -que jamais un tel appel n'est demeu.
ré inentendu. Puisse le sang innocent,
après tant de hontes et de crimes, épar
gner à notre patrie de nouveaux torrents
d'nn sang généreux !
Léon DAUDET.
P. S. — lie Matin nous apprend que
judet accepta carrément la pat erni té de
la publication des carnets de Georges
Louis. 11 nous apprend aussi que l'espion
Charles-Léopold Hartmann — dont il
ne dit pas a ses lecteurs que c'est un
condamne a mort par contumace et pour
trahison — a rencontré Judet au cours
de fréquents- voyages en Suisse.
Cette affaire s'éclaire donc tout à. fait.
Mais elle s'éclaire de'lueurs sinistres. En
n'ouvrant pas une instruction immédiate
sur cette tragique machination des carnets
Georges Louis — instruction qui établira
les responsabilités de chacun et mettra le
rôle de Judet en pleine lumière ■— le gou
vernement de Herriot commet une faute
grave, irréparable.
; .Dans J'Oeuvre, ,Téry, compère--dejudet
en l'occurrence, prend une allure embar
rassée. Il plaide que Georges Louis ne nie
pas la responsabilité de l'Allemagne dans
la guerre. Il publie de nouveaux extraits
des « carnets » Judet-Hartmann. Mais
ces nouveaux extraits ne sont ni moins
mensongers, ni moins redoutables —
quant aux conséquences — que les précé
dents.
L'heure du tocsin de la mobilisation
approche. Elle sonnera bientôt. Le mal
heureux Herriot, collaborateur. incons
cient de Téry comme"il.fut collaborateur
inconscient d'Almereyda,- regrettera alors,
de ne pas nous avoir écoutés et de s'être
bouché les yeux. Il m'écrira, comme en
octobre 1914 : « Daudet, vous aviez rai
son... . » 11 ne sera pas moins coupable,
comme l'amiral anglais Bing, « de n'a
voir pas fait,- dans -une circonstance inté
ressant gravement les intérêts du pays,
tout ce qu'il était en son.pouvoir de fai
re ». — L. D.
Lundi* prochain, -'24' novembre, à onze
heures du matin, en l'église-Saint-Thomas-
d'Aquin) A l'occasion du premier anniver
saire de son martyre, un service solennel
sera célébré pour 'le repos de l'âme de
Philippe Daudet, Camelot du Roi.
Tous ' nos .amis, tous les bons Français
qu'a émus d'horreur et de compassion le
crime affreux du 24 novembre 1923, se
joindront à nous, dans le pieux souvenir
de l'innocente victime.
UNION
DES CORPORATIONS, FRANÇAISES
CONGRES DE 192 4
(Salle des- Sociétés Savantes, 8, rue Danton)
DEUXIEME JOURNEE
(Aujourd'hui 22 novembre)
MATIN -
10 heures. — 1° Résumé îles travaux
par M. G. Valois ;
2° Etude de quelques centres U. C. F.
en province.
a) Groupe agricole de Claira, par M., Ri-
poull ;
b) Syndicat français, des constructions
navales de Saint-Nazaire, par M. Tiffon ;
c) Section normande U. C. F. de Rouen,
par M. Navarre-Carrol ;
d) Autre centres, par M. Pierre Du
mas.
APRES-MIDI
2 heures. — a )Examen des différentes
questions d'organisation et de propagande
auquel prennent part les délégués.
■ b) Les problèmes actuels : le problème
monétaire ; le problème des salaires ; le
problème de la vie chère, par M. G. Va
lois.
Conclusion.
P.-S. — Des cartes spéciales seront exi
gées à l'entrée du congrès de l'U.C.F. On
peut les demander dès maintenant au
siège de l'U.C.l 7 ., 10, rue du Havre, ou à
l'Action française, 12. rue de Rome.
Les figurants du cortège. Jaurès
Une protestation
On nous communique la lettre suivante
adressée à M. Herriot par le président de
l'Association des Elèves de l'Institut de
chimie appliquée :
Monsieur le président du Conseil,
Vous avez décidé que 100 mineurs de Carmaux,
qui doivent prendre part au transfert des cendres
de Jaurès au Panthéon, seraient logés pendant
leur séjour à Paris dans les bâtiments de l'Institut
de chimie appliquée, 1, rue Pierre-Curie, qui dé
pend de la Faculté des sciences.
Par suite les laboratoires seront fermés lundi
24 novembre pendant tojite la matinée.
Au nom de tous mes camarades et en évitant
soigneusement de me placer sur le terrain poli
tique, je proteste énergiquement contre cette dé
cision qui est une entrave intolérable à nos étu
des, pour lesquelles nous acquittons des droits
très, importants.
Je ■ toos prie de croire, Monsieur le président
du Conseil, à nos sentiments très respectueux.
■' Le président de VAssociation
'des Elèves de VInstitut de Chimie.
g» da Kactto s .
LA POLITIQUE
L La réunion de Luna Park
Chaque journée, chaque séance de notre
Congrès se résumaient dans le mot de con
fiance. La réunion de Luna-Park impose
le mot de puissance. Nous n'avions encore
rien vu de tel. Nous n'avions jamais reçu
pareil flot d'adhérents. Jamais 'salle aussi
vaste, salle aussi homogène. Jamais cri
d'adhésion aussi unanime et ardent. Par
ces vingt mille voix de Parisiens patriotes,
parmi lesquels un nombre inouï, un
nombre presq'ue inattendu de jeunes gens,
la France traduisait ses craintes, son ma
laise, sa tristesse, son horreur et son espé
rance. Comme disait Lemaître au déclin
du combisme « ils en font trop ! » Des
deux côtés, les choses iront plus vite qu'en
1904 et en 1905.
L'amiral Schwerer, que nous avons ap
pris à honorer et aimer comme citoyen,
après l'avoir admiré comme chef de guerre,
était candidat républicain sur nos listes
en mai dernier. Le voilà séparé de l'er
reur républicaine, président d'honneur de
la Ligue d'Action française et, au poste
illustré par Buffet, par Saluces, par Le-
maître, par le général Mercier, il porte té--,
moignage du progrès régulier, constafttf 1 -
accéléré de nos doctrines dans l'esprit et
dans le cœur d'une élite indéfiniment éten-
dup. Depuis plus d'un trimestre, je dois
à nos lecteurs un rapport circonstancié
sur l'effet de I'Enqute sur. la Monarchie
et de son Discours préliminaire paru en
juillet dernier : la moisson silencieuse, un
peu mystérieuse même, a été splendide,
j'aurai à citer bien des confidences signi
ficatives, bien des actes de ralliement qui,
poignants,-douloureux, ont été des mer
veilles de raison et de foi. Mais l'adhésion
de l'amiral Schwerer reste la plus signi- 1
ficative de toutes, et par ce qu'elle a de per
sonnel, et par le caractère politique-na
tional d'une longue et belle carrière de
grand serviteur de l'Etat.
II. Une croix d'honneur
On est particulièrement fier d'entendre
un homme de là valeur èt de l'autorité de
l'amiral Schwerer rendre pleine justice
aux Camelots du Roi. Ces admirables jeu
nes gens -si honteusement diffamés dans
tous les milieux libéraux, ont reçu de cet
homme qui se connaît en hommes le dé
dommagement moral auquel ils avaient
droit. .Quels services rendus au pays dès
les temps lointains où ces nobles jeunes
gens n'étaient qu'une poignée ! Et comme
ces * sei-vices ont rgrandi aii "fur et "à" me
sure de la croissance de leur association
magnifique! Leurs sacrifices de guerre sont
légendaires, comme leurs martyres du
•temps de paix, mais c'est en eux que ger
ment, lèvent et déjà refleurissent toutes les
promesses d'un meilleur avenir français.
En voyant l'amiral, par ses chaudes pa
roles, rétablir sur eux les mesures du
vrai et du juste, on croyait voir ce qui se
ra ; un Fils de France s'approcher d'eux,
féliciter lcurs\chefs, et suspendre la croix
■d'honneur à leur drapeau.
III. La Marine,* chose royale
v L'adhésion de l'amiral nous cause une
autre sorte de satisfaction. Elle rapproche
l'Action française du corps d'état français
le plus maltraité, le plus •abandonné," le
plus sacrifié par la République : notre Ma*
line !
Tout a été dit dans ces colonnes sur ce
naufrage immense consécutif à notre vic
toire. Quand le-eliœurs des Perses gémit :
Hélas ! hélas ! nos vaisseaux.
Hélas! hclas! ont péri!
c'est que les vaisseaux des Perses ont
subi l'amcre défaite. Nous n'avons pas été
défaits. Nous avons été victorieux. Cepen
dant nous avons perdu nos vaisseaux.
Nous ne les avons pas remplacés. Nous
avons aliéné jusqu'au droit de les 'rem
placer. Nous avons laissé aller à vau-l'eau
tout ce qui restait de notre fortune navale.
Cela sous les bons ministères ! Sous la pré
sidence de Millerand ! Spus le signe de
la République nationale, antiallemande,
lorraine ! On se demande ce que le Bloc
des gauches pourra faire de pis.
Ceci : il rend aux soviets l'escadre russe
réfugiée à Bizerte. Il rend les vaisseaux,
les matelots, les officiers. Et il charge les
chefs de la marine française de consom
mer le déshonneur de cette reddition.
On murmure que plusieurs chefs, agis
sant dans la mesure de la discipline et du
droit, ont refusé de se prêter à cette honte.
Le gouvernement de M. Dumesnil cherche
l'homme docile, l'officier complaisant. Y
réiissira-t-il ? On dit que l'amiral Violette
y met tout son talent. L'amiral Violette
est le seul marin français qui, en 1902-
1904, se soit prêté à la besogne des fiches.
Cela n'a pas. trop nui à son avancement
avant mai 1924. Cela assure sa carrière
sous le Bloc des gauches. La voilà faite. Elle
consacre notre évanouissement sur la mer
à l'heure même où les difficultés que subit
l'Angleterre auraient peut-être pu ouvrir
des horizohs de renaissance et de recons
truction !
IV. Les Rois d'Hervé
Hervé consacre des colonnes nouvelles à
ce qu'il appelle une polémique sans intéét.
Il .traite de même nos recours à une doc
trine politique. Cet homme est né dédai
gneux de tout ce qui n'est pas perpendi
culaire au bout de son nez. Mais je dois
le dire, et c'est ce qui cause", l'espèce de
sympathie qu'il s'est acquise dans mon
cœur : une fois que l'objet lui est devenu
tangent, il dit comme -Sarcey qu'il le voit,
et fort bien, et beaucoup mieux que nous.
D'après Hervé, nous avons en commun,
aujourd'hui, quatre-vingts potir cent de
nos idées. Fort bien ! Nous n'avions
pas un pour cent d'idées communes en
1906. Comme les nôtres n'ont pas bougé,
celles d'Hervé ont fait du cljemin. Mais
il leur reste à faire une petite trotte.
L'ancien agrégé d'histoire se fâche pres
que. des réminiscences d'histoire que je lui
proposais avant-hier. Elles n'ont rien d'in
jurieux pour lui, cependant. Elles s'effor
çaient de le renseigner et surtout de lui
mettre le nez sur la, vraie question. Tout
pour lui se réduit à des histoires de pres
tige. Il a besoin de voir le roi comme au
théâtre, entouré diun nuage de poussière
.dorée, dans l 'encens, dans la gloire, au fra
cas des chars et des canons. De vrais rois,
de grands rois étaient d'équipage modeste.
Quel petit compagnon que le grand
Louis XI, pour ne citer que lui ! L'impor
tant pour le roi véritable ne tient pas aux
splendeur d'un train napoléonien, mais à
la solidité, à la durée, au sérieux de
l'acquisition et de la construction. On
peut rire du parapluie de Louis-Philippe,
du scapulaire de Charles X, des pantoufles
de Louis XVIÏI, ces rois n'en font pas
moins les seuls régimes qui nous aient
gardé de la grande guerre, depuis 1789.
Hervé ne comprend rien à la haute
bienfaisance statique de la monarchie. Le
mouvement nationaliste italien date de 1905
nous existions depuis six ans déjà, et nous
lui fournissions une doctrine et une mé
thode comme nous les avons fournies* plus
tard au fascisme; En 1912, le nationalisme
italien avait pris le pouvoir, et, dix ans
après, c'était le fascisme. Hervé est-il sùr
que la monarchie italienne n'ait pas rendu
de fréquents services à.ces deux réactions
nationale et sociale ? Avec la monarchie,
Mussolini et Federzoni ont eu, en leur fa
veur, en faveur de l'ordre, des complai
sances dans l'Etat. Nous avons eu, nous, à
lutter contre l'Etat entier et les républi
cains qui avaient 80 pour 100 d'idées com
munes avec nous viennent d'être trahis ri
diculement par les portions de l'Etat ré
publicain sur lesquelles ils comptaient.
Qu'Hervé compare ces deux tableaux de la
réaction "nationale en France et en Italie :
peut-être comprendra-t-L le jeu de la mo
narchie là-bas.
J'en dirai bien plus long sur les rois
boches ou russes, mais Hervé me répond
que j'argumente comme ceci :
S'il pleut, c'est la faute de la République:
ah ! sous la royauté, il ne pleuvait que
quand c'était utile aux récoltes.
S'il y a de la sécheresse, c'est de la fau
te à la République : sous les rois, il n'y
avait pas de sécheresse.
D me semble que ces paroles dispensent
de rien ajouter. Mais, comme Hervé tient
à ressembler à l'oncle Sarcey !
Il ne me hait point, dit-il. Je ne suis
pas un ennemi pour lui. Cachin non plus.
L'ennemi vrai, c'est Blum, c'est Caillaux.
Voilà ceux qu'il faut pulvériser tout de
suite, ditil.
L'enfant Hervé n'a pas tort. Il aurait
plus raison s'il ne s'obstinait à demander
que la réaction nécessaire soit accomplie,
par des bataillons d'aveugles com
mandés par un peloton d'aliénés.
., V. L'armée nouvelle
évitera Jaurès
Une note officielle annonçait hier que
les honneurs militaires seraient réduits au
minimum par le gouvernement
Cette nuit, l'on apprenait que ce mini
mum serait égal au néant : les « galon-
nards », que Jean Jaurès a si copieusement
enguirlandés au temps de Dreyfus, ne se
ront reçus dans son cortège que sans armes
et porteurs d'instruments de musique.
Telle était l'exigence des partis révolu
tionnaires. Telle a été l'obéissance d'Her-
riot. Tous les Français dignes de ce nom
interpréteront cette absence de l'armée
comme un châtiment que voulait, qu'impo
sait la nature des choses.
On a fait avaler l'apothéose de Zola à
l'armée du temps de paix. L'armée qui a
fait, la guerre aurait-elle avalé l'apothéose
de Jaurcs?
Charles MAURRAS.
OHOS
LES FAITS DU JOUR
— lin nouvel emprunt Morgan a été ra
tifié hier soir par, les Chambres.
— L'attaché nçval à la légation de Grèce
à Paris a été blessé à coups de revolver par
un de ses compatriotes.
— Le traité anglo-russe ne sera même pas
soumis au Parlement anglais.
On sait le rôle peu reluisant de M. André Ott,
ck-légué de la Ligue des Droits de l'Homme et col
laborateur de l'Ere nouvelle, dans l'instruction en
cours sur les incidents qui ont troublé la réunion
du juif Bach aux Sociétés savantes.
M. Georges Ott, propriétaire à Vïlleveyrac (Hé
raut), tient à signaler qu'il n'a rien de commun
avec ce monsieur.
M
Nous avions signalé naguère le tribunal de Tours
pour avoir, dans une même séance, condamné
« : une part à une grosse amende avec frais un cu
ré qui avait corrigé d'une gifle le chef d'une trou
pe de gamins acharnés à l'insulter, et de l'autre
à une petite amende de rien du tout un gaillard
qui avait frappé sa propre mère. Un généreux ano
nyme nous a envoyé cent francs pour aider ce
prête courageux. Le curé nous prie de remer
cier le donateur et nous dit que. pour le remer
cier, il célébrera la messe à l'intention de l'Action
française.
%%
Rendement intensif.
Ce jeune avocat, charmant et plein de talent
d'ailleurs, était fort entouré par ses confrères, ces
jours-ci. Dame ! U a plaidé aux assises, et son
client a été condamné à mort. C'est fort triste pour
le-client, mais c'est plus qu'il n'en faut pour va
loir au défenseur une considération, où se mêle un
peu de jalousie. .
— Quelle magnifique réclame pour vous, con
frère ! s'exclame, jovial et pratique, M" Lévy (ou
M" David, ;:i M* Israël). Un client condamné à
mort ! Vous pouvez vous vanter d'avoir de la chan
ce ! La presse a déjà parlé de vous longuement et
avf c éloges. Mais vous allez avoir mieux : la visite
à l'Elysée, l'entretien suprême avec M. Doumer-
gue. Nouvelles notes dans les journaux. Votre pho
to dans ïe Petit Parisien. Enfin, le jour de l'exé
cution. Vous accompagnerez votre homme à l'é-
cliafaud... .
— Je ne crois •>«;• dit timidement -le jeune maî
tre, que les choses aillent jusque là. Les jurés ont
sipné un recours, en grâce, la commission des
grâces a émis un vœu favorable. Je n'aurai à aller
ni à l'Elysée ni à l'exécution.
—JAh l fit M" Lévy. (Un silence.) Cest dom
mage !...
A la tombe de Plateau !
Demain dimanche, à l'heure où un cor-
tèqe officiel conduira au Panthéon le rhé
teur que les antipatriotes ont choisi pour
patron, les patriotes parisiens se join
dront à rAction française pour, aller au
cimetière de Vaugirard porter une cou
ronne sur la tombe d'un des plus purs
héros de la Patrie, grièvement blesse dans
laL querre au cours d'un sublime fait a ar-
ities, assassiné dans la paix par la main
de l'anarchie à la solde de. I Allemagne .
MARIUS PLATEAU
Le gouvernement n'a pas osé interdire
notre 'manifestation. C'est donc d'accord
avec la préfecture t> de Police que les dé
tails suivants ont été réglés :
; rassemblement-
Demain, à 3 heures
Rue Lecourbe
au croisement de la rue Péclet
(Mairie du XV' arrondissement)
: Les moyens de communication suivants
permettront à. nos amis de se transporter à
proximité du point de rassemblement■_ {
Nord-Sud (station Place de Vaugirard).
Autobus : Vaugirard-Gare-St-Lazare ; Gre*
nelle-Bastille ; Porte de Versailles-Bourse.
Tramways î Porte Saint-Cloud-Saint-Sul-
pice ; Cours de Vincennes-Mairie du XV"
et Clamart-Hôtel de Ville.
Voici l'indication précise des points de
réunion des groupes ■ qui prendront part
au cortège. Ûordre est celui dans lequel
ils défileront.
L — TETE DU CORTEGE : Rue Péclet
(angle de la rue Lecourbe) :
La couronne de l'Action française, le drapeau
et sa garde. . . •
Les comités directeurs de l'Action française.
Les délégués régionaux et départementaux.
II. — LA JEUNESSE DES ECOLES : entre le
28, rue Péclet et la rue Bausset :
à) Groupe des Etudiantes d'Action française :
à la hauteur du 28, rue Péclet.
b ) Grandes écoles et candidats : 102, rue Blo-
met.
c) Etudiants des Facultés : angle de la rue Pé-
tel et de la rue Blomet.
d) Lycéens et collégiens : ,109, rue Blomet et
1, rue Gerbert.
III — SECTIONS D'ACTION FRANÇAISE
AVEC LEURS FANIONS ET TOUS LES PA
TRIOTES
2, place de Vaugirard :
: Pour'les délégations "des I" et II", IH° et IV",.
V, VI", VIP et VIII" arrpndissenients.
Rue de Vaugirard (angle du square) :
Pour les IX", X", XI" et XII" arrondissements.
Place de Vaugirard, angle de la rue de Vaugi
rard : ,
' Pour les XIIP, XIV', XV*, XVI', XVII", XVIII',
XIX", XX" Sections d'A. F. de Banlieue, ■Neuilly,
secteurs Nord^Est, Sud et Ouest.
Rue Blomet (angle du square) :
Dames et Jeunes Filles royalistes.
L 'indépendance de l 'Egypte
remise en question
L'assassinat du Sirdar oblige le,^,
de Londres, dès. ses débuts, à traiter à:lond
une des-affaires pour lesquelles la-«iriajorita
conservatrice a été élue . la ' sécurité de
l'Empire britannique.
On se rappelle que Zagloul pacha était
venu s'entretenir avec M. Macdonàld peu
de temps avant 1k chute du gouvernement
travailliste et que Zagloul était reparti
brusquement sans qu'on fût arrivé à • nn
accord. Pas plus qu'il n'avait accepté ie
pacte d'assurance mutuelle avant que M.
Baldwin écartât le protocole de Genève, le
premier ministre travailliste n'avait pu
céder sur ces deux points essentiels pour
l'Angleterre : protéger par ses garnisons
le canal de Suez et garder le Soudan.
Le Sirdar était, au Soudan, le comman
dant anglais des forces égyptiennes. Il était
au service du roi Fouad. Ce n'est donc plus,
pour le gouvernement, britannique, la ques
tion du Soudan que pose le crime c(u (Caire.
Pour le cabinet de Londres, il n'y a plus
de question du Soudan. Mais il y a les
responsabilités du gouvernement égyptien,
ce qui pose de nouveau la question
d'Egypte. «Si une note est envoyée, dit le
Times, il est probable qu'elle contiendra
une déclaration affirmant que la Grande-
Bretagne a le droit d'intervenir en Egypte
pour défendre les sujets étrangers et, à plus
forte raison, les sujets britanniques, droit
résultant des traités qui gouvernent les rela
tions anglo-égyptiennes. »
Le correspondant du même journal télé
graphie du Caire que les colonies euro^
péennes attendent que l'Angleterre agisse.
Il ajoute que l'Egypte elle-même redoute
une action énergique. Pour la défense de
ses communications vitales, pour la sécurité
de-l'Empire britannique, dont la grande
voie passe par Suez, le ministère ^Baldwin
est sollicité de prendre des mesures graves.
On ne peut guère se dissimuler que l'indé
pendance égyptienne est en jeu. •-
Occupé de pareils sujets, on comprend
que le gouvernement britannique n'ait pas
d'oreilles pour le protocole de Genève. Au
point -de vue «des- idées-et des intérêts,- «ous;,
voilà dans une tout autre sphère. A cette,-
politique anglaise, comment adapter la.poli
tique française ? Embarras très sérieux. Caç -
mainlenant ce n'est plus en persistant dans
la direction de la Ruhr, c'est "en persistant
dans l'idéalisme de la Société ,des Nations
et dans le droit des peuples à disposer
d'eux-mêmes que M. Herriot a chance de.
s'écarter des Anglais. — J. B.
La séance de clôture de notre Congrès
A LUNA PARK
VOUS ETES ABONNE s c'est bien.
Mais pourquoi ne faites-vous pas ahon?
. ner vos amis £
Vingt mille audi teurs acclament
le programme de l'Action française
Etait-il possible de réunir une assis-
Lance plus nombreuse que celle que nous
avions vue le 9 mai dans celle même ' sçtl-
le ? C'était incroyable, mais il a fallu se
rendre à l'évidence, quand hier soir, vingt
mille personnes eurent trouvé place, grâ
ce à un service d'ordre admirablement
organisé, dans la grande salle de Luna-
Park ; quand, les galeries_ étant surchar
gées et les travées obstruées par la foule
debout, il a fallu■ se résoudre à fermer
les portes et à laisser dehors les innom
brables retardataires qui ne cessaient de
déboucher du métro et de l'avenue de la
Grande-Armée. On peut chiffrer à vingt-
cinq mille le nombre des Parisiens qui
avaient répondu à notre appel.
Sur F estrade avaient pris place S. A.
R. la princesse Geneviève d'Orléans et le
comte de Chaponay, le baron Tristan Lam
bert, MM. Etienne de Resnes, du Guiny,
colonel Milleret, le comte de Montlaur, les
membres des comités directeurs de /'Ac
tion française, les secrétaires régionaux
et de nombreux délégués des provinces ;
Maxime Real del Sarte, Lucien Lacour,
Pierre Héricourt, Tissier de Mallerais,
Francis Chanot, M. de Kervenoaël, député
de la Vendée, etc. De frénétiques ovations
saluent l'arrivée de Daudet et celle de
Maurras.
Puis, dès les premiers mots de Vesins,
dès le discours de l'amiral Schwerer une
ardente communication s'établit entre la
salle et les orateurs. Pas une phrase qui
ne soit ponctuée d'énergiques applaudis
sements. Plus les paroles lancées àcet au
ditoire frémissant seront chargées d'nn
sens grave et parfois même redoutable,
plus les acclamations montreront avec
quelle fermeté de cœur les troupes d'Ac
tion française sont prêtes à accepter les
sacrifices'exigés par le salut du-pays-,.
\ Cette soirée, véritablement sans pareille,
s'est achevée sur des minutes • d'émotion
intense quand Léon Daudet, Après avoir
évoqué nos deux martyrs, a fait jurer aux
vingt mille assistants de cette inoubliable
séance, dé sauver la France en ramenant le
roi. Par deux fois, toute la salle debout a
salué la mémoire de Marius Plateau et de
Philippe Daudet. La. foule, levée une troi
sième fois, tous les bras tendus, le serment
solennel a été prêté que le sang innocent
n'avait pas coulé en vain pour le salut de
la patrie.
La décision qu'on pouvait lire dans tous
les regards, la vaillance de tant de cœurs
battant à l'unisson, sont garants 'que les
ennemis de la France ne tenteront pas
impunément la ruine de notre peuple et
de notre pays»
L'amiral Schwerer
l.'.i'uii'-al Schwerer est-visiblement ému-,
quand Bernard de Vesins lui. donne . la
parole en disant :
— Ce n'est plus, comnje il y a six mois,
un candidat républicain de la liste Dau->
det qui vous parle, mais un ligueur d'Ac
tion française, bien mieux : le nouveau
président d'honneur de la ligue d'Action
française. ■ . . . . ■.
— Me voici arrivé au port, dit 1 amiral
Schwerer, telle est l'image qui S'impose à
moi .-ce soir.
« J'ai souffert profondément de voir
ténèbres. - , .
« Mon excuse est la mystique républi
caine qui a pesé sur les cerveaux de vina
génération. Tant de scandales, tant de
maux dont souffrait ma patrie;auraient dû
m'éclairer. Quand l'invasion alleinande
est venue, j'ai vu de près les actes -d'un
parlement que Daudet a appelé justement
Chambre de trahison. Je me contentais
de maudire les hommes sans ouvrir assez
les yeux pour incriminer le régime.-
« Avant .de toucher, .au port, j'ai cédé
à plusieurs espérances " illusoires.- C'est
Charles Maurras qui m'a .aidé, à, sorti#, des
ténèbres.-Je ne dirai jamais asse* -quelle
reconnaissance je lui dois. » ]
A ces mots une Ovation sans" fin -monte
de la sallÊ. Les chapeaux s'agitent au
bout des bras tendus. L'amiral Schwerer
a peine à reprendre la -parole.
Il fait applaudir par la salle enthou
siaste les chefs de l'Action française et
nos admirables Camelots du Roi. Puis,
après avoir tracé, avec un esprit étince-
lant, le tableau de la politique libérale,
il s'écrie : " *" -
— A l'heure critique oit nous sommes,
qui assurera l'œuvre de salut ? La Ligue
républicaine nationale 1
la salle répond par un immense; fou-rire.
« La Ligue Millerand n'est qu'un" syndi
cat électoral. Nous n'en avons pas besoifi.
Ce qu'il nous faut, c'est une solide colon
ne d'assaut. Seule l'A. F. peut nous la don
ner. Mais il faut que nous soyons prêts à
faire pour le salut de la France tous-les sa
crifices, y compris celui de la liberté et ce
lui de notre vie 1 » .
« Yos acclamations, déclare Bernard de
Vesins à la salle qui éclate en applaudisse,
ments prouvent que nous avons un bon
président d'honneur ». ..
Georges, Valois
Quand les applaudissements out pris
fin, Bernard de Vesins donne la parole à.
George^ yalois. ■ .
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