Titre : L'Action française : organe du nationalisme intégral / directeur politique : Henri Vaugeois ; rédacteur en chef : Léon Daudet
Auteur : Action française. Auteur du texte
Éditeur : Action française (Paris)
Date d'édition : 1924-11-21
Contributeur : Vaugeois, Henri (1864-1916). Directeur de publication
Contributeur : Daudet, Léon (1867-1942). Directeur de publication
Contributeur : Maurras, Charles (1868-1952). Directeur de publication
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 21 novembre 1924 21 novembre 1924
Description : 1924/11/21 (Numéro 326). 1924/11/21 (Numéro 326).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG87 Collection numérique : BIPFPIG87
Description : Collection numérique : BIPFPIG69 Collection numérique : BIPFPIG69
Droits : Consultable en ligne
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Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, GR FOL-LC2-6354
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 18/01/2011
Dix - septième année « N° 326
9
jVencIrëïli 21 Novembre 1924
4 5 centimes. Seins et Sbihe-bt-Oim
20 centimes. D kpaiitemeuts et C olohies
ABONNEMENTS: OnAt. Sa Mois. IràiHois.
Franco et Colonies. 48 fr. a5 fr. i3 fr.
Etranger . .... . 8a » As » u i
Chèque postal : Compte 23.900 Paris.
ORGANE DU NATIONALISME INTÉGBAL
* Tout ce qui est national est noire. »
Le Duc d'ORLÉANS
héritier des quarante Rois qui en mille ans firent la France»
RÉDACTION * ADMïNIRTnATIOMX
i4, rue de Home, PARIS (8') .
••s Adresse télégraphique : ACTTOFHàN-PARÏS
l Téléphone: Administration : Louvro 36-49» aC -5o
Rédaction : Central 75-44 Publicité : Contrai 74-77
âpres 10 heures du aoir : Scgur iz-08
egistre de Commerce ; Seine N* 78.583
Fondateur s HENRI VAUGEOIS — Directeurs politiques
: LÉON DAUDET et CHARLES MAURRA^ Rédacteur, en chef s MAURICE PUJO
L'enthousiasme coûte cher
Pourquoi a-t-on saigne le Iîu3get cl'un créait
de 650.000 francs pour le transport de Jaurès
au Panthéon qui ne coûtera que 200.000 francs ?
Parce que 450.000 francs sont affectés au
voyage et à l'entretien gratuits dies loges maçon
niques ide province appelées à Paris pour jouer
les foules enthousiastes ï ^
^
A L'ACADEMIE GONCOURT
L'élection de Pol Neveux
Le.déjeuner chez Drouant, avant-hier
matin, pour l'élection du remplaçant de
notre: pauvre Céard, a été, comme, cha
que fois, tout'à fait aimable et cordial.
Menu soigné, vins excellents, et la pré
sence du .grand poète et du parfait convi
ve qu'est Raoul Ponchon ajoutait, à la
causerie, un lustre exquis et neuf. Nous
regrettions seulement l'absence de notre
bien cher ami Bourges, retenu chez lui
par la grippe. Naturellement il a été
question — pour en rire — de la ridi
cule campagne de Comœdia, reflet des
humeurs de Descaves. Alphaud, que je
lie connais pas, mais qu'on me dit très
averti, et même très 'dégourdi, sur tou
tes choses, a tort de prêter son journal
à ces sottises. Si Descaves — qui contre
vient aux statuts, en boudant notre dé
jeuner mensuel — ne peut plus suppor
ter l'Académié Goncourt, il n*a qu'à
donner sa démission. Elle sera acceptée
à regret, car Descaves est un confrère
d'un réel talent, mais nous n'en perdrons
pas un coup de dent pour cela. Il n'est
pas digne de lui, ni de-son esprit, de
jouer ainsi les sous-Paul-Souday. Pen
sait-il servir la candidature de Duhamel
— d'ailleurs très prématurée — en nous
la. présentant au bout d'une Verge ?
Tout cela est niais. L'Académie Gon
court sert la cause dea lettres — que
dessert l'Académie française — en se
moquant de la brigue, de l'intrigue, des
criailleries, des combinaisons de - toùtes
sortes, tant pour le recrutement de ses
membres, que pour l'attribution de son
prix annuel. Indirectement, et, comme on
dit au billard, par la bande, elle crée
aux œuvres intéressantes, au moins pen
dant un mois par an, une ambiance de
publicité gratuite, qui compense un peu
le vain tam-tam ou, mieux, le glas de
la publicité payée. Si elle n'existait pas,
l'Académie Goncourt, il faudrait l'inven
ter. Son honneur impérissable demeurera
d'avoir couronné et signalé au grand pu
blic, outre Claude Farrère, conteur, évo
cateur entraînant, outre Henri Béraud,
romancier plein de promesses et jour
ualiste étincelant, outre René Benja
min, maître de. la satire, ami de la lutte,
et qui jouera — vous verrez cela — un
rôle politique de premier plan, d'avoir
signalé, dis-je, - le génie pénétrant de
Marcel Proust.
Quand on voit un pauvre' primaire
comme Brieux faire l'éloge d'un crétin
comme Aicard — préféré à Mistral -—
quand on voit un Jonnart préféré à
Maurras, on se rend compte de l'ef
froyable misère critique que couvrirait
ce ' mot d'« Académie », s'il n'y avait,
autour de sa simple table de restaurant,
la « Goncourt ». J'ajoute qu'aucun de
nous n'a séduit, violenté dans sa famille,
puis abandonné, sans un sou ni un mot
de compassion, une malheureuse petite
jeune fille, comme l'a fait ce méprisa
ble Hanotaux (Gabriel) avec la char
mante et fine mademoiselle Verlain. Que
les verts larbins du bout du pont nom
ment donc vivement ce sous-Paul-Sou-
day, qui leur chauffe le nez de son en
cens rude, et n'en parlons plus !
Pol Neveux, qui succède à Céard, est,
comme son ami Céard, un grand lettré.
Il a tout lu, beaucoup retenu — il sait
Flaubert par cœur — et cependant son
œuvre, absolument originale, ne dérive
d'aucun écrivain contemporain. Elle se
distingue par une mélancolie rêveuse, par
une nostalgie douce-amère, qui l'appa-
renterait plutôt à Nerval, et qui a brillé,
éphémèrement, dans le Grand Meaul-
ties d'Alain Fournier. Ah ! quelle perte,
cet Alain Foumier, tué à la guerre !
Quel deuil affreux et irréparable ! Li
sons et relisons ce livre féerique. Mais
lisons et relisons aussi Golo et la Douce
Enfance de Thierry Seneuse, de Pol Ne
veux, où résonne, comme le chant, déchi
rant et lointain, du pâtre de Tristan et
Yseult ; où les souvenirs de ce qui fut,
et qui ne sera plus : jamais, étreignent le
cœur, à la façon du cor anglais, et de
l'alto. Limpide et claire comme la source
jaillissante, la phrase de Pol Neveux
laisse transparaître tous les scintille
ments lointains, de la rêverie. Ce Cham-
;)enois, finement railleur, a en lui un
yrique sans cësse blessé, un amoureux
des harmonies graves de la méditation et
des jours.
' H sait aussi, dans le récit, manier le
temps, élément de sécurité pour le lec
teur, qui jouit ainsi des perspectives.
jCelà, c'est le don des écrivains qui écri-
jrent pour'se soulager, non parce qu'ils
sont talonnés par un éditeur, ou la hâte
de se produire en produisant. Qui chante
ton mal enchante, a dit le maître des
nostalgiques, Théodore Aubanel. Ce pour
rait être la devise de Pol Neveux. Son
mal, commun à beaucoup d'hommes,
piais que peu savent rendre, c'est que
te qui a été ne soit plus, c'est que le
« ce qui aurait pu être — le might have
been de Rossetti — n'ait pas été. Qu'un
écrivain aussi rare, quant à la qualité 3e
ja pensée et de l'émotion, aussi accessi» <
ble quant à l'expression, ait besoin d'un
suffrage académique pour apparaître à
la lumière du succès de vente, c'est un
scandale. Ce scandale tient à l'ignorance
d'une presse dirigée trop souvent par des
négriers, et à l'abaissement d'une criti
que réduite, pour le Temps .par exemple,
à ce Paul Sous-Planche de Sous-day. Le
public est ainsi tenu systématiquement
dans l'ignorance des écrivains d'une va
leur réelle, et dans la vénération de
nullités de style, et de pensée aussi fla
grantes qu'un Marcel Prévost, ou qu'un
Henry Laveman.
« Pour que la cloche paraisse à la lu
mière — a dit Schiller — il faut que le
moule s'en aille en morceaux. » Pour que
l'écrivain paraisse à la lumière, il faut
que les moules s'en aillent en morceaux.
J'entends, par. « m Jules », les dispen
sateurs d'une critique vidé, ratatinée, ef
fondrée, ou avariée, béante et offerte en
tre ses coquilles, comme il arrive trop
souvent à ce fruit de mer.
Dans trois semaines environ, le mer
credi dix décembre, nrus nous réunirons
de nouveau pour décerner, cette fois, le
prix Goncourt. D'ici là, Descaves a en
core le teinpa-dc. nous dissoudre en ef
figie chez Aphaud, 'ou chez Nez-Henri-
Letellier. On vit fort bien à l'état de
dissolution descavienne, ou paulsoudayse.
D'aillénrs les corps vivant en général à
Fétat de dissolution pu de précipité,
quand ils sont plonges dans un liquide
— en l'espèce l'encre de Comœdia — je
préfère l'état de dissolution à celui de
précipité. Chacun son goût.
Je préviens ce yieux* Descaves et sa
Comœdia que j'ai un candidat extraro
manesque, qui est un philosophe catholi
que et qui a écrit, à mon sens, le plus
beau livre et le plus important de l'an
née : je veux parler de Relexions sur
l'Intelligence , de Jacques Maritain, ré
cemment paru à la Nouvelle Librairie
nationale. Ce livre est un éblouissement,
une splendeur. Il a exactement la couleur
du ciel, par une belle journée, entre
Maillane et Saint-Réiny. J'en suis encore
tout transporté ; car contrairement à Ha
notaux, déjà nommé, je pense que rien
n'est plui utile ici bas que les ordres
contemplatifs, et la doctrine de saint
Thomas d'Aquin. Donc au premier tour,
je voterai pour Maritain, et" j'inviterai
mes collègues et amis à faire comme
moi.
Mais si les statuts nous obligent à
un choix romanesque, strictement tel,
alors je voterai pour... Eh ! là-bas, pas
de bêtises ! Je pourrais nuire à mon can
didat, en livrant son nom au chœur in
nombrable des comiques ennemis de
l'Académie Goncourt. Excusez-moi donc.
Je vous conterai cela le onze décembre.
Léon DAUDET.
La redoutable affaire des « carnets
Louis » prend de l'ampleur. Le démenti
de Mme Louis est de pure forme et ne
signifie pas grand'chose. Judet est dans
l'affaire. Mais, à l'autre bout du ' fil,
Chajles-Léopold Hartmann aussi est dans
l'affaire — de son propre . aveu — ; et
Hartmann, espion condamné à mort par
contumace, est un des plus dangereux
ennemis de notre pays. L'amitié du mé
nage Louis et de Judet était d'ailleurs
de notoriété publique. On sait quelle
haine Judet a vouée au froussard Poin-
càré. On dit maintenant que Judet, lors
de son procès, avait menacé des « car
nets Louis », comme il menaçait, au pro
cès de la Tueuse à Caillaux, des « docu
ments verts ».
Tout ceci nous mène droit à la guerre,
si une instruction n'est pas ouverte im
médiatement, par le garde des Sceaux,
sur la publication des « carnets Louis ».
J'y reviendrai.
L. D.
LA POLITIQUE
-o-
SERVIR
S. A. R.' Monseigneur le Duc de Ne
mours s'est rendu jeudi, 19 novembre,
à Neuilly, au conseil de révision de la
l 1 "" portion de la classe 1925 dont il fait
partie et auquel il avait été convoqué no
minativement.
Monseigneur le Duc de Nemours, à sa
demande de servir « là et où l'on voudrait
l'envoyer a s'est vu opposer un refus,
motivé sur la lecture des textes des ini
ques lois républicaines de 1883 et de 1886,
qui excluent les princes des familles
ayant régné sur Ja France, du service mi
litaire et de toutes les fonctions, sauf celie
de leur qualité d'électeur.
Monseigneur le Duc de Nemours a main
tenu son droit et exprimé sa profonde dou
leur de ne pouvoir point l'exercer.
Nous devons reconnaître que Monsei
gneur le Duc de Nemours a été reçu et
traité avec une extrême courtoisie.
Il était accompagné de M. le baron
Tristan Lambert. "
Le Prince, né et éle.vé à Neuilly, ou sa
famille et les siens ont laissé tant de sou
venirs, s'est retiré au milieu des témoi
gnages de sympathie de tous les assistants.
I. Le sénateur Jeanneney s
ou la Chose -et les Mots
Notre cher ami et collaborateur regretté
Leroy-Fournier ne parlait jamais de M.
Jeanneney, sénateur de là Ilaute-Saône,
qu'avec un accent d'estime et de considé
ration singulières. Leroy, avait connu 'M.
Jeanneney d'assez près. Il avait gardé l'im
pression d'un homme de bon sens et de
caractère. Si Leroy-Fournier était là, cette
nuit, il ne manquerait pas de venir à ma
table de travail et, les bras croisés, l'œil
rieur, la tête hochée en cadence, il me
demanderait une fois de plus : — Vous
avais-je trompé ?
Le diagnostic parlementaire de Leroy-
Fournier était très lin, toutes les fois
qu'il s'agissait du vieux personnel. L'é
quipe de 1919, composée de trop de
profanes, lui échappait un peu. Mais,
pour la Chambre comme pour le Sénat, il
savait sur le bout du doigt son personnel
radical et libéral, opportuniste et socia
liste. Pour chacun, il pouvait dire dans
quelle mesure l'esprit national ou l'esprit
de justice avait chance de l'emporter sur y.
l'esprit de parti. Son Jeanneney, le JeaniTe-*
ney qu'il nous peignait, était une espèce'
de stoïcien'radical sur qui l'on pourrai
faire fonds 'toutes les fois que le sujet en,
vaudrait la peine. Il est certain qu'hier
M. Jeanneney a fait aux adversaires du
parlementarisme la surprise inouïe d'uni
opinion sensée moins attentive aux mot
qu'aux choses et-consciente de l'effet d'uni
vote, de la répercussion d'une loi. ;>
M. Jeanneney avait voté l'amnistie com-«
me toutes les amnisties, sous le couvert-
des promesses d'oubli et des espérances
d'apaisement. Il s'est aperçu que le pre
mier effet de la mesure de clémence
était l'excitation et l'irritation. Malvy an
nonce qu'il va courir sus à ses juges. Cail-'
laux en fait autant. — Eh ! bien, s'écrie
M. Jeanneney, je n'accepte pas d'être leur
dupe ou leur complice. Je ne puis rattra
per mon vote d'avant-hier, mais je m'en',
vais voter contre l'ensemble de la loi..."
Et M. Jeanneney a fait comme il l'a dit.
Cette action très simple, mais très rare,
va susciter - beaucoup d'admirations.- Je
viens de. signer au registre. Ce- devoir- ac
compli, force est bien de ipe demander :
— Et puis après ? La protestation est ac
quise, la parole énergique a résonné. On a
même entendu, au rapport de l'Analytique
officiel, des « applaudissements sur de
nombreux blancs ». Mais qu'en est-il sor
ti ? La loi, votée article .par article,vA^été
adoptée dans l'ensemble, et les quelques
minutes de grave émotion, produite par
les déclarations de M. Jeanneney, se sont
déjà évanouies comme la fumée dans les
airs. Il n'en reste plus trace. Et cependant
ces déclarations, d'un sens moral si fort,
étaient des déclarations politiques.- Elles
auraient dû dresser l'assemblée entière,
ou tout au moins les partie? saines
les éléments conscients de la mino
rité, et les entraîner à un acte. Rien !
M. Martin-Mamy a bien raison de dire que
la confiance montrée au Sénat en mai-juin
dernier était une grande illusion. Mais il
serait plus vrai encore d'ajouter que toute
confiance' faite au régime, de la parole
et de la loi est ime illusion plus forte et
plus dangereuse. Ce régime donne en par
tage à la vérité, à la vertu, au bon sens,
au salut public le royaume des mots. Pour
les choses, elles sont livrées tout entière
aux puissances du mal, aux forces de la
mort.^ Rien de plus estimable que la pro
testation de M. Jeanneney. Rien de moins
opérant ni de plus impuissant; Il devrait
être* le premier à s'en apercevoir et mé
diter avec amertume sur la condition des
« vieux républicains » qui n'ont pas per
du tout bon sens.
II. Le prix des funérailles
Au premier coup d'œil qu'ils ont jeté
sur le journal, nos. lecteurs se sont rendus
compte du nouvel abus de confiance com
mis aux dépens du pays.
Combien pouvaient coûter les funérail
les de Jaurès ? La Liberté et I'Echo df,
Paris ont fait des calculs qu'il vaut la
peine de reproduire :
...Tout cela ne fait jamais que 107.000 fr.
Restent 543.000, et l'on a beau en défalquer
le transport des troupes (celles qui défi
leront devant le drapeau rouge), les frais
du catafalque, le « voile de deuil » du
Palais-Bourbon, on reste encore loin 4e
compte. A moins que, toutefois...
A moins que les 500.000 francs restants
ne soient prévus pour cette dépense que
le protocole_ des fonds secrets, lors des
élections présidentielles, désigne pudique
ment sous le terme d'acclamations et que-
le peuple de Paris appelle plus simplement
*la claque ». Alors, c'est.très bien. Tout
s'explique..
Ces réflexions sont la justesse même.
Mais peut-être les chiffres posés par nos
confrères sont-ils un peu courts. Notre
enquête personnelle permet d'évaluer à
deux cents mille francs environ le prix
du bel enterrement où toutes pompes au
raient été déployées grandement, soldées
royalement. Restent donc lés 450.000 fr.
dont notre manchette indique l'usage pré
cis : ils seront consacrés à payer les en
thousiasmes provinciaux accourus à Pa
ris pour doubler un cortège dont on redou
tait la maigreur.
Quatre cent cinquante mille francs, cela
fait une somme, et l'on peut acheter du
monde à ce prix-là. Mais, comme on veut
beaucoup de monde, on s'est appliqué.dans
le détail, aux méthodes de la plus stricte
économie. Par exemple, beaucoup de pèle
rins du culte jaurésiste ne seront pas hé
bergés à l'hôtel, il s'en faut ! On leur pré
pare des dortoirs dans certains établisse
ments universitaires. Pauvre Pecus, qu'on
saigne à blanc : toujours mal nourri, mal
logé !
Charles MAURRAS.
Nous irons dimanche
à la tombe de Marius Plateau
PATRIOTES PARISIENS,
Le Cartel des gauches veut exploiter, pour
amnistier la funeste carrière oratoire de JEAN
JAURES, la' légitime horreur qui s'attache à
l'assassinat politique.
Vous ne seres pas dupes !
Vous ne pouvez pa6 oublier que M. François
Albert ministre de l'Instruction publique, pro
moteur de la cérémonie maçonnique de di
manche, a écrit :
« A partir de 1906, tout change. Désormais,
comme l'a justement remarqué un jour
M. André Tardieu, quand un intérêt français
est en cause. U y a toujours M. Jaurès de
, Vautre côté. »
II ajoutait : « Il (Jaurès) n'a que des ten
dresses pour l'Allemagne »
Vous ne pouvez pas oublier non plus qu'un
des plus sublimes -soldats de la guerre, un
grand mutile,
MARIUS PLATEAU
a été lâchement assassiné le 22 janvier 1923
par la main d'une anarchiste policière qui
voulait venger l'Allemagne, et que ce crime
est resté impuni. 1
•Les chefs du Cartel des gauches portent
Jaurès au Panthéon après avoir réclamé, à
la barre de la cour d'assises, l'acquittement
de l'indigne meurtrière de Plateau.
FRANÇAIS î
Entre ces deux morts, entre le RHETEUR
pacifiste .qui, en désarmant la France, aug
menta le chiffre des victimes et le HEROS
qui couvrit de son corps sanglant le sol et
la liberté de la France, vous n'hésiteres
pas !
Combattants, jeunes gens, pères de famille,
vous laisserez les embusqués, les déserteurs
et les traîtres suivre la pompe officielle de
Jaurès. Vous viendrez au cimetière de Vaugi-
rard honorer avec nous dans le calme et la
dignité, en déposant une couronne sur sa
tombe, Marius Plateau qui se sacrifia deux
fois pour le salut de la Patrie.
Rendez-vous : Dimanche 23 novembre
à TROIS HEURES
de l'après-midi
Rue Lecourbe, angle de la rue Péclet
(Devant la mairie du XV e arrond.)
L'ACTION FRANÇAISE.
3B30
Bien des gens se plaignent do Ja cherté de la
vie et parlent de réduire leur budget sut bien
de.= points.
Une économie qui s'impose est celle qui n'im
plique aucune privation, n'est-ce pas votre avis ?
Employez donc des lampes Mazda, elles sont d'un
excellent usage et leur consommation d'électricité
est faible. Jugez-en : une Mazda 25 bougies brû-
1 jnt 7 heures ne consomme pas tout à fait pour
10 fr. 20 d'électricité au tarif de Paris.
VOIR EN DEUXIEME PAGE :
Le compte rendu de notre_ XI e Con
grès L ( quatrième journée); ^
POUR LA FRANCE
Contre la révolution, la banqueroute, la guerre religieuse
et la revanche allemande
■ GRANDE REUNION
SALLE LUNA PARK
Rond-point de lf. Porte Maillot
AUJOURD'HUI 21 NOVEMBRE 1924
à 8 h. 45 du soir
sous la présidence de Bernard de YESIÏNS
ORAÏEURb ; Amiral SCHWERER, Marie die ROUX, Georges VALOIS
Léon DAUDET
■Moyens de communication. — Métro :■ porte
Maillot: Autobus : lignes C et A T. —- Tram
ways : lignes 41 et 43. — Station ceinture : porte
Maillot.
On trouve des cartes : A l'institut d'Action
française, 33, rue Saint-André-des-Arts. — Nou-
vejJe Librairie Nationale, 3j place do. Panthéon
(de 8 heures à midi et de 2 heures à 6 heures). —
Permanence du VII* arrondissement. 116, rue du
Bac. — Librairie d'Action française, 12, rue de
l'isly. 7- Permanènce du XI" arrondissement, 16, rue
Pétion. — Permanence du XVI* arrondissement,
13 bis, rue de l'Annonciation. — Permanence du
XVII" arrondissement, 21, me Lamandé. — Mai
son Montard, 152, avenue de Neuilly, à Neuilly,
AU SENAT
L 'amnistie
de Charles Maurras
Voici, d'après /'Officiel, le texte complet
du chapitre de la discussion de la loi
d'amnistie où fut traité le cas de Charles
Maurras :
M. le président. — M. Lisbonne propose
d'ajouter la disposition suivante :
« Et l'alinéa 2 dudit article, lorsque la
peine prononcée ne dépasse pas le ma
ximum prévu par l'alinéa 1 er du même
article. »
M. Lisbonne. — Messieurs, la Chambre
des députés, dans son texte, a visé l'am
nistie pour les cas prévus à l'article 311
du code pénal, sans distinction, c'est-à-
dire pour les coups et blessures. La com
mission du Sénat a écarté l'alinéa 2 de
cet article qui prévoit les coups et bles
sures avec guet-apens ou préméditation.
A première vue, cela paraît tout navi
re!.
Toutefois, vous serez certainement' d'ac
cord avec moi lorsque je vous aurai si--
gnalé ce fait que, dans de très nombreuses
affaires de coups et blessures ou de vio
lences déférées à un tribunal avec tous les
éléments d'appréciation, guet-apens ou
préméditation, le tribunal^ appréciant
l'affaire dans son ensemble, écarte le guet-
apens ou la préméditation,, conserve l'un
de ces éléments, mais faisant jouer l'ar
ticle 463 du code pénal, applique des pei
nes inférieures à celles prévues par l'ali
néa 1" de l'article 311, c'est-à-dire consi
dère que le fait, malgré un guet-apens
ou une préméditation, plus ou moins ca
ractérisés, est d'une gravité moindre que
des coups et blessures purs et simples.
Je vous demande, par mon amendement,
auquel ont bien voulu-s'associer mes col
lègues MM. Reboul et Gallet, de compren
dre l'alinéa 2 dans le texte.
M. le garde des Sceaux. — C'était le
texte primitif du gouvernement.
M. Lisbonne. —C'était d'ailleurs letexte
qu'avait présenté le gouvernement —
avec cette restriction que la peine pro
noncée par le tribunal ne devra pas dé
passer le maximum prévu par le paragra
phe 1".
Ma proposition ne soulèvera, je pense,
aucune difficulté. Mais je ne dois pas lais
ser ignorer à l'Assemblée que cette mo
dification du texte a une conséquence po
litique : l'amnistie des faits. pour lesquels
'S été condamné M... Charles Maurras. Ce
"sont des faits-dont je n'ai pas à apprécier
les circonstances ni le caractère de gravi
té, mais qui, à n'en pas douter, ont été
dominés par une idée ou une passion po
litique. Aujourd'hui, nous faisons une am
nistie. J'estime qu'elle doit, être complète.
(Très bien ! et applaudissements à gau
che).
- M. Dominique liélahayc. —' 11 ne vous
demande pas l'amnistie, Charles Maurras ;
il n'a jamais rien demandé.
M. Lisb'one. — Il est possible qu'il ne
demande pas l'amnistie, mais nous propo
sons de la lui accorder. D'ailleurs, cette
proposition, permettez-moi de vous le dire,
demeure. conforme à la doctrine que j'ai
cru devoir soutenir à la commission de
législation dont j'ai l'honneur de faire
partie. Je considère, en effet, qu'autant il
était nécessaire de faire une amnistie
aussi large et généreuse cpie possible pour
tous les faits qui ont été, plus ou moins,
les conséquences de la grande tourmente,
pour tous les faits' qui ont été dominés par
des passions ou, même, qui ont pu être
la conséquence d'erreurs, autant nous de
vons nous montrer réservés en ce qui
concerne l'amnistie de droit commun.
(Très bien ! très bien /). Je prétends que
cette doctrine respecte l'ordre social que
nous; républicains, avons la prétention de
défendre autant que les autres, et qu'en
même temps elle répond à un vœu certai
nement affirmé par la majorité républi
caine du 11 mai. (Très bien 1 très bien !)
Messieurs, je n'ai pas d'autre observa
tion à faire. Je crois qu'en votant cet
amendement vous appliquerez un principe
dont vous ne vous êtes jamais départis, à
savoir qu'il ne peut y avoir deux poids et
deux mesures et que la justice et la clé
mence doivent être égales pour tous. .(Très
bien ! très bien ! et applaudissements).
M. Jules Delahaye. — C'est parce que
vous avez eu peur de le mettre en prison,
ce n'est pas autre chose !
M. le rapporteur. — Je demande la pa
role.
M. le président. — La parole est à M.
le rapporteur.
M. le rapporteur. — Messieurs, la com
mission a examiné l'amendement de l'ho
norable M. Lisbonne et de ses collègues et
elle l'accepte avec les restrictions pruden
tes qui y sont indiquées, et je dois dire
également, sans aucune arrière-pensée,
avec les répercussions personnelles qu'il
a mentionnées. (Très bien ! très bien i).
M. le président du Conseil. — Je deman
de la parole.
M. le président. — La parole est à M.
le président du Conseil.
M. le président du Conseil.' — Messieurs,
le gouvernement'déclare Accepter le-texte
qui vous est proposé, qui correspond d'ail
leurs au texte qu'il avait eu lui-même l'in
tention de vous soumettre. En effet, com
me vient de le dire un des orateurs, quand
il s'agit d'amnistie, le gouvernement ne
connaît ni amis ni adversaires ; il veut
donner à tous la même clémence. (Très
bien ! très bien l et applaudissements à
gauche).
M. Jules Delahaye. — Comparaison bien
offensante 1
Lundi prochain, 24 novembre, à onze
heures du matin, en l'église Saint-Thomas-
d'Aquin, à l'occasion du premier anniver
saire de son martyre, un service solennel
sera-Célébré pour le repos de l'âme de
Philippe. Daudet, Camelot du Roi..
. Tous' nos amis, tous les bons Français
qu'a émus d'horreur et de compassion le
crime .affreux du 24 novembre 1923, se
joindront à nous, dans le pieux souvenir
de l'innocente victime.
Les pactes malheureux
4 . <* «?"-*•
«Le protocole dé Genève est- jeté' an
panier. Tel est du moins, en boff âû'giaia,
le sens de l'euphémisme diplomatique
employé par la note du gouvernements bri
tannique... En d'autres termes, "c'est'un
ajournement sine die que le gouvernement
britannique a demandé à l'honorable sir
Eric Drummond, secrétaire- général dg la
S. D.N.»
Ainsi s'exprime le Daily Telegraph,
redevenu plus que jamais le confident $u
Foreign Office. L'événement est jugé'de la
même manière à New-York. Le correspon
dant de la Chicago Tribune résumé l'opi
nion américaine dans des termes identiques
à ceux du journal anglais en ajoutant ce"Va
remarque intéressante, clef de beaucoup de
choses qui sont arrivées et qui arriveront :
« Celte nouvelle cause ici.beaucoup-de- joie
et de satisfaction parce que l'on-avoue-que
le Protocole plaçait l'Amérique dans urie
situation très embarrassante puisqu'elle
n'est pas membre de la Société des Nations
et qu'elle est pourtant directement intéres
sée à certaines questions vitales impliquées
dans le Protocole. » '
Le sens est clair: l'attraction de l'Amé
rique a été plus forte sur l'Angleterre que
l'attraction de la Société des Nations. L'An
gleterre gravite dans un système plus vaste
que le système européen. Comment l'attirer
de nouveau vers l'Europe, l'intéresser à nos
questions de sécurité et de frontières ? Le
communiqué Reuter, qui a suivi et expliqué
la . note de M. Baldwin, parle sans doute
de substituer au protocole «un autre plan '
bien établi ». Etabli sur quoi ? Voilà ce
qui est resté jusqu'à présent indiscernable
et voilà l'important. •
Les coups de feu du Caire révèlent "des
possibilités. Jamais nous'ne convaincrons
tout à fait l'Angleterre que, sur le Rhin, la
sécurité est pour elle la même que pour
nous. Peut-être ne sommes-nous pas assez
convaincus que la séeurité des communica- ;
tions avec l'Extrême-Orient est la même
pour nous et pour elle. La protection du
canal de • Suez n'est pas différente da la
protection du Rhin. On dit toujours, pour
l'Angleterre : « Le chemiij.dçs Indes C'est
celui de l'Indochine, apparemment^ "
Quand ces vues d'ensemble seront fami
lières aux deux pays, on parlera utilement
d'entente et de pacte. Pas avant.
Il n'y a pas de pacte sans communauté
d'intérêts et réciprocité de services. Et,-dans
cette voie, on trouvera aussi le .moyen de
régler les dettes de guerre. Nous ne savons
plus si nous sommes, pour les Anglais, des
associés ou des débiteurs. .Tout s'éclairera
quand les Anglais verront que, s'ils affai
blissaient un associé, ce serait de l'argent
qui leur coûterait cher. — J. B.
AUTOUR DES CARNETS LOUIS
La personnalité
tîe Ch. L. Hartmann,
condamné à mort
Daudet a déjà dévoilé la personnalité
de ce Ch. L. Hartmann qui, dans la
Deutsche Rundschau de juin dernier, se
vantait d'avoir à sa disposition les carnets
de M. I^ouis et annonçait leur publication
prochaine. On sait que l'Œuvre s'est char
gée de la besogne. ■ .
Ch. L, Hartmann fut, pendant toute la
guerre, un des agents les plus dévoués de
la propagande allemande. Ce fut unco
pain ? de Guilbeaux, comme lui..d'ailleurs
condamné à mort par contumace, çn<|919,
pour intelligences avec l'ennemi...ïî .était
en relations avec Almereyda, comme l'in
dique une lettre en date du 6 mars 1917
saisie dans le coffre-fort du Bonnet rouge.
De quelle nationalité est Hartmann ? II
apparaît bien, disait le rapport du «conseil
de guerre, que cet individu est, en" réalité,
de nationalité, française, qu'il >est né le
15 novembre 1855 à Nordheim (Bas-Rhin)
et a opté pour la nationalité française, le
24 septembre 1873, au consulat de-France
à New-York. • ........'....
Ayant habité bien avant la guerre en
Amérique, cet individu aurait;-épousé là-
bas, bien qu'aucune, trace de son,mariage
n'ait jamais été retrouvée, une fiIle,.Thoù-
venin, qui eut, elle aussi, son heur# de
triste célébrité pendant la tourmente,
Ch.-L. Hartmann n'attendit,pas la .guerre
pour montrer comment il comprenait ses"
devoirs envers la patrie.
C'était en 1912. Gustave Hervc,. alor^ anti
militariste à tous crins, avait * entrepris,
dans la Guerre sociale, une v.ioienfe,cam
pagne contre r?rmée, qui lui valut de vi
vre « à l'ombre » pendant plusieurs mois.
Or, tandis qu'Hervé était détenu, un in
connu, qui se donnait pour < un ancien
lieutenant revenu de toutes les théories »,
lui envoya, six mois-durant, une souscrip
tion mensuelle de mille francs.
Quel était ce généreux -lonateur .qui cou
vrait ainsi d'or l'homme qui traînait"— à
cette époque — le drapeau-dans -le fu
mier ?
C'était Ch.-Léopold Hartmann. Mais d'où '
venait l'argent ? ; '
Au début de la guerre, Hartmann. Se trou
vait aux Etats-Unis. Tout aussitôt titi. le vit
commencer une violente campagne " pour
obtenir du gouvernement américain qu'il
défendît l'exportation deç munitions.
En avril 1915, Hàrtmann^fut arrêté paf 1
les autorités anglaises à bord du Taormair,
navire battant pavillon italien, qui se- ren
dait d'Amérique à Gênes. La *■ situation
d'Hartmann ne parut pas claire aux auto
rités britanniques, qui, le 27 avril 1915, le
faisaient interner à Gibraltar. En février
1916, grâce aux démarches de la femme
Thouvenin, Hartmann était remis en liber*
té eî t .du 7 au 14 avril 191.6, ou .trouyail
9
jVencIrëïli 21 Novembre 1924
4 5 centimes. Seins et Sbihe-bt-Oim
20 centimes. D kpaiitemeuts et C olohies
ABONNEMENTS: OnAt. Sa Mois. IràiHois.
Franco et Colonies. 48 fr. a5 fr. i3 fr.
Etranger . .... . 8a » As » u i
Chèque postal : Compte 23.900 Paris.
ORGANE DU NATIONALISME INTÉGBAL
* Tout ce qui est national est noire. »
Le Duc d'ORLÉANS
héritier des quarante Rois qui en mille ans firent la France»
RÉDACTION * ADMïNIRTnATIOMX
i4, rue de Home, PARIS (8') .
••s Adresse télégraphique : ACTTOFHàN-PARÏS
l Téléphone: Administration : Louvro 36-49» aC -5o
Rédaction : Central 75-44 Publicité : Contrai 74-77
âpres 10 heures du aoir : Scgur iz-08
egistre de Commerce ; Seine N* 78.583
Fondateur s HENRI VAUGEOIS — Directeurs politiques
: LÉON DAUDET et CHARLES MAURRA^ Rédacteur, en chef s MAURICE PUJO
L'enthousiasme coûte cher
Pourquoi a-t-on saigne le Iîu3get cl'un créait
de 650.000 francs pour le transport de Jaurès
au Panthéon qui ne coûtera que 200.000 francs ?
Parce que 450.000 francs sont affectés au
voyage et à l'entretien gratuits dies loges maçon
niques ide province appelées à Paris pour jouer
les foules enthousiastes ï ^
^
A L'ACADEMIE GONCOURT
L'élection de Pol Neveux
Le.déjeuner chez Drouant, avant-hier
matin, pour l'élection du remplaçant de
notre: pauvre Céard, a été, comme, cha
que fois, tout'à fait aimable et cordial.
Menu soigné, vins excellents, et la pré
sence du .grand poète et du parfait convi
ve qu'est Raoul Ponchon ajoutait, à la
causerie, un lustre exquis et neuf. Nous
regrettions seulement l'absence de notre
bien cher ami Bourges, retenu chez lui
par la grippe. Naturellement il a été
question — pour en rire — de la ridi
cule campagne de Comœdia, reflet des
humeurs de Descaves. Alphaud, que je
lie connais pas, mais qu'on me dit très
averti, et même très 'dégourdi, sur tou
tes choses, a tort de prêter son journal
à ces sottises. Si Descaves — qui contre
vient aux statuts, en boudant notre dé
jeuner mensuel — ne peut plus suppor
ter l'Académié Goncourt, il n*a qu'à
donner sa démission. Elle sera acceptée
à regret, car Descaves est un confrère
d'un réel talent, mais nous n'en perdrons
pas un coup de dent pour cela. Il n'est
pas digne de lui, ni de-son esprit, de
jouer ainsi les sous-Paul-Souday. Pen
sait-il servir la candidature de Duhamel
— d'ailleurs très prématurée — en nous
la. présentant au bout d'une Verge ?
Tout cela est niais. L'Académie Gon
court sert la cause dea lettres — que
dessert l'Académie française — en se
moquant de la brigue, de l'intrigue, des
criailleries, des combinaisons de - toùtes
sortes, tant pour le recrutement de ses
membres, que pour l'attribution de son
prix annuel. Indirectement, et, comme on
dit au billard, par la bande, elle crée
aux œuvres intéressantes, au moins pen
dant un mois par an, une ambiance de
publicité gratuite, qui compense un peu
le vain tam-tam ou, mieux, le glas de
la publicité payée. Si elle n'existait pas,
l'Académie Goncourt, il faudrait l'inven
ter. Son honneur impérissable demeurera
d'avoir couronné et signalé au grand pu
blic, outre Claude Farrère, conteur, évo
cateur entraînant, outre Henri Béraud,
romancier plein de promesses et jour
ualiste étincelant, outre René Benja
min, maître de. la satire, ami de la lutte,
et qui jouera — vous verrez cela — un
rôle politique de premier plan, d'avoir
signalé, dis-je, - le génie pénétrant de
Marcel Proust.
Quand on voit un pauvre' primaire
comme Brieux faire l'éloge d'un crétin
comme Aicard — préféré à Mistral -—
quand on voit un Jonnart préféré à
Maurras, on se rend compte de l'ef
froyable misère critique que couvrirait
ce ' mot d'« Académie », s'il n'y avait,
autour de sa simple table de restaurant,
la « Goncourt ». J'ajoute qu'aucun de
nous n'a séduit, violenté dans sa famille,
puis abandonné, sans un sou ni un mot
de compassion, une malheureuse petite
jeune fille, comme l'a fait ce méprisa
ble Hanotaux (Gabriel) avec la char
mante et fine mademoiselle Verlain. Que
les verts larbins du bout du pont nom
ment donc vivement ce sous-Paul-Sou-
day, qui leur chauffe le nez de son en
cens rude, et n'en parlons plus !
Pol Neveux, qui succède à Céard, est,
comme son ami Céard, un grand lettré.
Il a tout lu, beaucoup retenu — il sait
Flaubert par cœur — et cependant son
œuvre, absolument originale, ne dérive
d'aucun écrivain contemporain. Elle se
distingue par une mélancolie rêveuse, par
une nostalgie douce-amère, qui l'appa-
renterait plutôt à Nerval, et qui a brillé,
éphémèrement, dans le Grand Meaul-
ties d'Alain Fournier. Ah ! quelle perte,
cet Alain Foumier, tué à la guerre !
Quel deuil affreux et irréparable ! Li
sons et relisons ce livre féerique. Mais
lisons et relisons aussi Golo et la Douce
Enfance de Thierry Seneuse, de Pol Ne
veux, où résonne, comme le chant, déchi
rant et lointain, du pâtre de Tristan et
Yseult ; où les souvenirs de ce qui fut,
et qui ne sera plus : jamais, étreignent le
cœur, à la façon du cor anglais, et de
l'alto. Limpide et claire comme la source
jaillissante, la phrase de Pol Neveux
laisse transparaître tous les scintille
ments lointains, de la rêverie. Ce Cham-
;)enois, finement railleur, a en lui un
yrique sans cësse blessé, un amoureux
des harmonies graves de la méditation et
des jours.
' H sait aussi, dans le récit, manier le
temps, élément de sécurité pour le lec
teur, qui jouit ainsi des perspectives.
jCelà, c'est le don des écrivains qui écri-
jrent pour'se soulager, non parce qu'ils
sont talonnés par un éditeur, ou la hâte
de se produire en produisant. Qui chante
ton mal enchante, a dit le maître des
nostalgiques, Théodore Aubanel. Ce pour
rait être la devise de Pol Neveux. Son
mal, commun à beaucoup d'hommes,
piais que peu savent rendre, c'est que
te qui a été ne soit plus, c'est que le
« ce qui aurait pu être — le might have
been de Rossetti — n'ait pas été. Qu'un
écrivain aussi rare, quant à la qualité 3e
ja pensée et de l'émotion, aussi accessi» <
ble quant à l'expression, ait besoin d'un
suffrage académique pour apparaître à
la lumière du succès de vente, c'est un
scandale. Ce scandale tient à l'ignorance
d'une presse dirigée trop souvent par des
négriers, et à l'abaissement d'une criti
que réduite, pour le Temps .par exemple,
à ce Paul Sous-Planche de Sous-day. Le
public est ainsi tenu systématiquement
dans l'ignorance des écrivains d'une va
leur réelle, et dans la vénération de
nullités de style, et de pensée aussi fla
grantes qu'un Marcel Prévost, ou qu'un
Henry Laveman.
« Pour que la cloche paraisse à la lu
mière — a dit Schiller — il faut que le
moule s'en aille en morceaux. » Pour que
l'écrivain paraisse à la lumière, il faut
que les moules s'en aillent en morceaux.
J'entends, par. « m Jules », les dispen
sateurs d'une critique vidé, ratatinée, ef
fondrée, ou avariée, béante et offerte en
tre ses coquilles, comme il arrive trop
souvent à ce fruit de mer.
Dans trois semaines environ, le mer
credi dix décembre, nrus nous réunirons
de nouveau pour décerner, cette fois, le
prix Goncourt. D'ici là, Descaves a en
core le teinpa-dc. nous dissoudre en ef
figie chez Aphaud, 'ou chez Nez-Henri-
Letellier. On vit fort bien à l'état de
dissolution descavienne, ou paulsoudayse.
D'aillénrs les corps vivant en général à
Fétat de dissolution pu de précipité,
quand ils sont plonges dans un liquide
— en l'espèce l'encre de Comœdia — je
préfère l'état de dissolution à celui de
précipité. Chacun son goût.
Je préviens ce yieux* Descaves et sa
Comœdia que j'ai un candidat extraro
manesque, qui est un philosophe catholi
que et qui a écrit, à mon sens, le plus
beau livre et le plus important de l'an
née : je veux parler de Relexions sur
l'Intelligence , de Jacques Maritain, ré
cemment paru à la Nouvelle Librairie
nationale. Ce livre est un éblouissement,
une splendeur. Il a exactement la couleur
du ciel, par une belle journée, entre
Maillane et Saint-Réiny. J'en suis encore
tout transporté ; car contrairement à Ha
notaux, déjà nommé, je pense que rien
n'est plui utile ici bas que les ordres
contemplatifs, et la doctrine de saint
Thomas d'Aquin. Donc au premier tour,
je voterai pour Maritain, et" j'inviterai
mes collègues et amis à faire comme
moi.
Mais si les statuts nous obligent à
un choix romanesque, strictement tel,
alors je voterai pour... Eh ! là-bas, pas
de bêtises ! Je pourrais nuire à mon can
didat, en livrant son nom au chœur in
nombrable des comiques ennemis de
l'Académie Goncourt. Excusez-moi donc.
Je vous conterai cela le onze décembre.
Léon DAUDET.
La redoutable affaire des « carnets
Louis » prend de l'ampleur. Le démenti
de Mme Louis est de pure forme et ne
signifie pas grand'chose. Judet est dans
l'affaire. Mais, à l'autre bout du ' fil,
Chajles-Léopold Hartmann aussi est dans
l'affaire — de son propre . aveu — ; et
Hartmann, espion condamné à mort par
contumace, est un des plus dangereux
ennemis de notre pays. L'amitié du mé
nage Louis et de Judet était d'ailleurs
de notoriété publique. On sait quelle
haine Judet a vouée au froussard Poin-
càré. On dit maintenant que Judet, lors
de son procès, avait menacé des « car
nets Louis », comme il menaçait, au pro
cès de la Tueuse à Caillaux, des « docu
ments verts ».
Tout ceci nous mène droit à la guerre,
si une instruction n'est pas ouverte im
médiatement, par le garde des Sceaux,
sur la publication des « carnets Louis ».
J'y reviendrai.
L. D.
LA POLITIQUE
-o-
SERVIR
S. A. R.' Monseigneur le Duc de Ne
mours s'est rendu jeudi, 19 novembre,
à Neuilly, au conseil de révision de la
l 1 "" portion de la classe 1925 dont il fait
partie et auquel il avait été convoqué no
minativement.
Monseigneur le Duc de Nemours, à sa
demande de servir « là et où l'on voudrait
l'envoyer a s'est vu opposer un refus,
motivé sur la lecture des textes des ini
ques lois républicaines de 1883 et de 1886,
qui excluent les princes des familles
ayant régné sur Ja France, du service mi
litaire et de toutes les fonctions, sauf celie
de leur qualité d'électeur.
Monseigneur le Duc de Nemours a main
tenu son droit et exprimé sa profonde dou
leur de ne pouvoir point l'exercer.
Nous devons reconnaître que Monsei
gneur le Duc de Nemours a été reçu et
traité avec une extrême courtoisie.
Il était accompagné de M. le baron
Tristan Lambert. "
Le Prince, né et éle.vé à Neuilly, ou sa
famille et les siens ont laissé tant de sou
venirs, s'est retiré au milieu des témoi
gnages de sympathie de tous les assistants.
I. Le sénateur Jeanneney s
ou la Chose -et les Mots
Notre cher ami et collaborateur regretté
Leroy-Fournier ne parlait jamais de M.
Jeanneney, sénateur de là Ilaute-Saône,
qu'avec un accent d'estime et de considé
ration singulières. Leroy, avait connu 'M.
Jeanneney d'assez près. Il avait gardé l'im
pression d'un homme de bon sens et de
caractère. Si Leroy-Fournier était là, cette
nuit, il ne manquerait pas de venir à ma
table de travail et, les bras croisés, l'œil
rieur, la tête hochée en cadence, il me
demanderait une fois de plus : — Vous
avais-je trompé ?
Le diagnostic parlementaire de Leroy-
Fournier était très lin, toutes les fois
qu'il s'agissait du vieux personnel. L'é
quipe de 1919, composée de trop de
profanes, lui échappait un peu. Mais,
pour la Chambre comme pour le Sénat, il
savait sur le bout du doigt son personnel
radical et libéral, opportuniste et socia
liste. Pour chacun, il pouvait dire dans
quelle mesure l'esprit national ou l'esprit
de justice avait chance de l'emporter sur y.
l'esprit de parti. Son Jeanneney, le JeaniTe-*
ney qu'il nous peignait, était une espèce'
de stoïcien'radical sur qui l'on pourrai
faire fonds 'toutes les fois que le sujet en,
vaudrait la peine. Il est certain qu'hier
M. Jeanneney a fait aux adversaires du
parlementarisme la surprise inouïe d'uni
opinion sensée moins attentive aux mot
qu'aux choses et-consciente de l'effet d'uni
vote, de la répercussion d'une loi. ;>
M. Jeanneney avait voté l'amnistie com-«
me toutes les amnisties, sous le couvert-
des promesses d'oubli et des espérances
d'apaisement. Il s'est aperçu que le pre
mier effet de la mesure de clémence
était l'excitation et l'irritation. Malvy an
nonce qu'il va courir sus à ses juges. Cail-'
laux en fait autant. — Eh ! bien, s'écrie
M. Jeanneney, je n'accepte pas d'être leur
dupe ou leur complice. Je ne puis rattra
per mon vote d'avant-hier, mais je m'en',
vais voter contre l'ensemble de la loi..."
Et M. Jeanneney a fait comme il l'a dit.
Cette action très simple, mais très rare,
va susciter - beaucoup d'admirations.- Je
viens de. signer au registre. Ce- devoir- ac
compli, force est bien de ipe demander :
— Et puis après ? La protestation est ac
quise, la parole énergique a résonné. On a
même entendu, au rapport de l'Analytique
officiel, des « applaudissements sur de
nombreux blancs ». Mais qu'en est-il sor
ti ? La loi, votée article .par article,vA^été
adoptée dans l'ensemble, et les quelques
minutes de grave émotion, produite par
les déclarations de M. Jeanneney, se sont
déjà évanouies comme la fumée dans les
airs. Il n'en reste plus trace. Et cependant
ces déclarations, d'un sens moral si fort,
étaient des déclarations politiques.- Elles
auraient dû dresser l'assemblée entière,
ou tout au moins les partie? saines
les éléments conscients de la mino
rité, et les entraîner à un acte. Rien !
M. Martin-Mamy a bien raison de dire que
la confiance montrée au Sénat en mai-juin
dernier était une grande illusion. Mais il
serait plus vrai encore d'ajouter que toute
confiance' faite au régime, de la parole
et de la loi est ime illusion plus forte et
plus dangereuse. Ce régime donne en par
tage à la vérité, à la vertu, au bon sens,
au salut public le royaume des mots. Pour
les choses, elles sont livrées tout entière
aux puissances du mal, aux forces de la
mort.^ Rien de plus estimable que la pro
testation de M. Jeanneney. Rien de moins
opérant ni de plus impuissant; Il devrait
être* le premier à s'en apercevoir et mé
diter avec amertume sur la condition des
« vieux républicains » qui n'ont pas per
du tout bon sens.
II. Le prix des funérailles
Au premier coup d'œil qu'ils ont jeté
sur le journal, nos. lecteurs se sont rendus
compte du nouvel abus de confiance com
mis aux dépens du pays.
Combien pouvaient coûter les funérail
les de Jaurès ? La Liberté et I'Echo df,
Paris ont fait des calculs qu'il vaut la
peine de reproduire :
...Tout cela ne fait jamais que 107.000 fr.
Restent 543.000, et l'on a beau en défalquer
le transport des troupes (celles qui défi
leront devant le drapeau rouge), les frais
du catafalque, le « voile de deuil » du
Palais-Bourbon, on reste encore loin 4e
compte. A moins que, toutefois...
A moins que les 500.000 francs restants
ne soient prévus pour cette dépense que
le protocole_ des fonds secrets, lors des
élections présidentielles, désigne pudique
ment sous le terme d'acclamations et que-
le peuple de Paris appelle plus simplement
*la claque ». Alors, c'est.très bien. Tout
s'explique..
Ces réflexions sont la justesse même.
Mais peut-être les chiffres posés par nos
confrères sont-ils un peu courts. Notre
enquête personnelle permet d'évaluer à
deux cents mille francs environ le prix
du bel enterrement où toutes pompes au
raient été déployées grandement, soldées
royalement. Restent donc lés 450.000 fr.
dont notre manchette indique l'usage pré
cis : ils seront consacrés à payer les en
thousiasmes provinciaux accourus à Pa
ris pour doubler un cortège dont on redou
tait la maigreur.
Quatre cent cinquante mille francs, cela
fait une somme, et l'on peut acheter du
monde à ce prix-là. Mais, comme on veut
beaucoup de monde, on s'est appliqué.dans
le détail, aux méthodes de la plus stricte
économie. Par exemple, beaucoup de pèle
rins du culte jaurésiste ne seront pas hé
bergés à l'hôtel, il s'en faut ! On leur pré
pare des dortoirs dans certains établisse
ments universitaires. Pauvre Pecus, qu'on
saigne à blanc : toujours mal nourri, mal
logé !
Charles MAURRAS.
Nous irons dimanche
à la tombe de Marius Plateau
PATRIOTES PARISIENS,
Le Cartel des gauches veut exploiter, pour
amnistier la funeste carrière oratoire de JEAN
JAURES, la' légitime horreur qui s'attache à
l'assassinat politique.
Vous ne seres pas dupes !
Vous ne pouvez pa6 oublier que M. François
Albert ministre de l'Instruction publique, pro
moteur de la cérémonie maçonnique de di
manche, a écrit :
« A partir de 1906, tout change. Désormais,
comme l'a justement remarqué un jour
M. André Tardieu, quand un intérêt français
est en cause. U y a toujours M. Jaurès de
, Vautre côté. »
II ajoutait : « Il (Jaurès) n'a que des ten
dresses pour l'Allemagne »
Vous ne pouvez pas oublier non plus qu'un
des plus sublimes -soldats de la guerre, un
grand mutile,
MARIUS PLATEAU
a été lâchement assassiné le 22 janvier 1923
par la main d'une anarchiste policière qui
voulait venger l'Allemagne, et que ce crime
est resté impuni. 1
•Les chefs du Cartel des gauches portent
Jaurès au Panthéon après avoir réclamé, à
la barre de la cour d'assises, l'acquittement
de l'indigne meurtrière de Plateau.
FRANÇAIS î
Entre ces deux morts, entre le RHETEUR
pacifiste .qui, en désarmant la France, aug
menta le chiffre des victimes et le HEROS
qui couvrit de son corps sanglant le sol et
la liberté de la France, vous n'hésiteres
pas !
Combattants, jeunes gens, pères de famille,
vous laisserez les embusqués, les déserteurs
et les traîtres suivre la pompe officielle de
Jaurès. Vous viendrez au cimetière de Vaugi-
rard honorer avec nous dans le calme et la
dignité, en déposant une couronne sur sa
tombe, Marius Plateau qui se sacrifia deux
fois pour le salut de la Patrie.
Rendez-vous : Dimanche 23 novembre
à TROIS HEURES
de l'après-midi
Rue Lecourbe, angle de la rue Péclet
(Devant la mairie du XV e arrond.)
L'ACTION FRANÇAISE.
3B30
Bien des gens se plaignent do Ja cherté de la
vie et parlent de réduire leur budget sut bien
de.= points.
Une économie qui s'impose est celle qui n'im
plique aucune privation, n'est-ce pas votre avis ?
Employez donc des lampes Mazda, elles sont d'un
excellent usage et leur consommation d'électricité
est faible. Jugez-en : une Mazda 25 bougies brû-
1 jnt 7 heures ne consomme pas tout à fait pour
10 fr. 20 d'électricité au tarif de Paris.
VOIR EN DEUXIEME PAGE :
Le compte rendu de notre_ XI e Con
grès L ( quatrième journée); ^
POUR LA FRANCE
Contre la révolution, la banqueroute, la guerre religieuse
et la revanche allemande
■ GRANDE REUNION
SALLE LUNA PARK
Rond-point de lf. Porte Maillot
AUJOURD'HUI 21 NOVEMBRE 1924
à 8 h. 45 du soir
sous la présidence de Bernard de YESIÏNS
ORAÏEURb ; Amiral SCHWERER, Marie die ROUX, Georges VALOIS
Léon DAUDET
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Maillot: Autobus : lignes C et A T. —- Tram
ways : lignes 41 et 43. — Station ceinture : porte
Maillot.
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française, 33, rue Saint-André-des-Arts. — Nou-
vejJe Librairie Nationale, 3j place do. Panthéon
(de 8 heures à midi et de 2 heures à 6 heures). —
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Bac. — Librairie d'Action française, 12, rue de
l'isly. 7- Permanènce du XI" arrondissement, 16, rue
Pétion. — Permanence du XVI* arrondissement,
13 bis, rue de l'Annonciation. — Permanence du
XVII" arrondissement, 21, me Lamandé. — Mai
son Montard, 152, avenue de Neuilly, à Neuilly,
AU SENAT
L 'amnistie
de Charles Maurras
Voici, d'après /'Officiel, le texte complet
du chapitre de la discussion de la loi
d'amnistie où fut traité le cas de Charles
Maurras :
M. le président. — M. Lisbonne propose
d'ajouter la disposition suivante :
« Et l'alinéa 2 dudit article, lorsque la
peine prononcée ne dépasse pas le ma
ximum prévu par l'alinéa 1 er du même
article. »
M. Lisbonne. — Messieurs, la Chambre
des députés, dans son texte, a visé l'am
nistie pour les cas prévus à l'article 311
du code pénal, sans distinction, c'est-à-
dire pour les coups et blessures. La com
mission du Sénat a écarté l'alinéa 2 de
cet article qui prévoit les coups et bles
sures avec guet-apens ou préméditation.
A première vue, cela paraît tout navi
re!.
Toutefois, vous serez certainement' d'ac
cord avec moi lorsque je vous aurai si--
gnalé ce fait que, dans de très nombreuses
affaires de coups et blessures ou de vio
lences déférées à un tribunal avec tous les
éléments d'appréciation, guet-apens ou
préméditation, le tribunal^ appréciant
l'affaire dans son ensemble, écarte le guet-
apens ou la préméditation,, conserve l'un
de ces éléments, mais faisant jouer l'ar
ticle 463 du code pénal, applique des pei
nes inférieures à celles prévues par l'ali
néa 1" de l'article 311, c'est-à-dire consi
dère que le fait, malgré un guet-apens
ou une préméditation, plus ou moins ca
ractérisés, est d'une gravité moindre que
des coups et blessures purs et simples.
Je vous demande, par mon amendement,
auquel ont bien voulu-s'associer mes col
lègues MM. Reboul et Gallet, de compren
dre l'alinéa 2 dans le texte.
M. le garde des Sceaux. — C'était le
texte primitif du gouvernement.
M. Lisbonne. —C'était d'ailleurs letexte
qu'avait présenté le gouvernement —
avec cette restriction que la peine pro
noncée par le tribunal ne devra pas dé
passer le maximum prévu par le paragra
phe 1".
Ma proposition ne soulèvera, je pense,
aucune difficulté. Mais je ne dois pas lais
ser ignorer à l'Assemblée que cette mo
dification du texte a une conséquence po
litique : l'amnistie des faits. pour lesquels
'S été condamné M... Charles Maurras. Ce
"sont des faits-dont je n'ai pas à apprécier
les circonstances ni le caractère de gravi
té, mais qui, à n'en pas douter, ont été
dominés par une idée ou une passion po
litique. Aujourd'hui, nous faisons une am
nistie. J'estime qu'elle doit, être complète.
(Très bien ! et applaudissements à gau
che).
- M. Dominique liélahayc. —' 11 ne vous
demande pas l'amnistie, Charles Maurras ;
il n'a jamais rien demandé.
M. Lisb'one. — Il est possible qu'il ne
demande pas l'amnistie, mais nous propo
sons de la lui accorder. D'ailleurs, cette
proposition, permettez-moi de vous le dire,
demeure. conforme à la doctrine que j'ai
cru devoir soutenir à la commission de
législation dont j'ai l'honneur de faire
partie. Je considère, en effet, qu'autant il
était nécessaire de faire une amnistie
aussi large et généreuse cpie possible pour
tous les faits qui ont été, plus ou moins,
les conséquences de la grande tourmente,
pour tous les faits' qui ont été dominés par
des passions ou, même, qui ont pu être
la conséquence d'erreurs, autant nous de
vons nous montrer réservés en ce qui
concerne l'amnistie de droit commun.
(Très bien ! très bien /). Je prétends que
cette doctrine respecte l'ordre social que
nous; républicains, avons la prétention de
défendre autant que les autres, et qu'en
même temps elle répond à un vœu certai
nement affirmé par la majorité républi
caine du 11 mai. (Très bien 1 très bien !)
Messieurs, je n'ai pas d'autre observa
tion à faire. Je crois qu'en votant cet
amendement vous appliquerez un principe
dont vous ne vous êtes jamais départis, à
savoir qu'il ne peut y avoir deux poids et
deux mesures et que la justice et la clé
mence doivent être égales pour tous. .(Très
bien ! très bien ! et applaudissements).
M. Jules Delahaye. — C'est parce que
vous avez eu peur de le mettre en prison,
ce n'est pas autre chose !
M. le rapporteur. — Je demande la pa
role.
M. le président. — La parole est à M.
le rapporteur.
M. le rapporteur. — Messieurs, la com
mission a examiné l'amendement de l'ho
norable M. Lisbonne et de ses collègues et
elle l'accepte avec les restrictions pruden
tes qui y sont indiquées, et je dois dire
également, sans aucune arrière-pensée,
avec les répercussions personnelles qu'il
a mentionnées. (Très bien ! très bien i).
M. le président du Conseil. — Je deman
de la parole.
M. le président. — La parole est à M.
le président du Conseil.
M. le président du Conseil.' — Messieurs,
le gouvernement'déclare Accepter le-texte
qui vous est proposé, qui correspond d'ail
leurs au texte qu'il avait eu lui-même l'in
tention de vous soumettre. En effet, com
me vient de le dire un des orateurs, quand
il s'agit d'amnistie, le gouvernement ne
connaît ni amis ni adversaires ; il veut
donner à tous la même clémence. (Très
bien ! très bien l et applaudissements à
gauche).
M. Jules Delahaye. — Comparaison bien
offensante 1
Lundi prochain, 24 novembre, à onze
heures du matin, en l'église Saint-Thomas-
d'Aquin, à l'occasion du premier anniver
saire de son martyre, un service solennel
sera-Célébré pour le repos de l'âme de
Philippe. Daudet, Camelot du Roi..
. Tous' nos amis, tous les bons Français
qu'a émus d'horreur et de compassion le
crime .affreux du 24 novembre 1923, se
joindront à nous, dans le pieux souvenir
de l'innocente victime.
Les pactes malheureux
4 . <* «?"-*•
«Le protocole dé Genève est- jeté' an
panier. Tel est du moins, en boff âû'giaia,
le sens de l'euphémisme diplomatique
employé par la note du gouvernements bri
tannique... En d'autres termes, "c'est'un
ajournement sine die que le gouvernement
britannique a demandé à l'honorable sir
Eric Drummond, secrétaire- général dg la
S. D.N.»
Ainsi s'exprime le Daily Telegraph,
redevenu plus que jamais le confident $u
Foreign Office. L'événement est jugé'de la
même manière à New-York. Le correspon
dant de la Chicago Tribune résumé l'opi
nion américaine dans des termes identiques
à ceux du journal anglais en ajoutant ce"Va
remarque intéressante, clef de beaucoup de
choses qui sont arrivées et qui arriveront :
« Celte nouvelle cause ici.beaucoup-de- joie
et de satisfaction parce que l'on-avoue-que
le Protocole plaçait l'Amérique dans urie
situation très embarrassante puisqu'elle
n'est pas membre de la Société des Nations
et qu'elle est pourtant directement intéres
sée à certaines questions vitales impliquées
dans le Protocole. » '
Le sens est clair: l'attraction de l'Amé
rique a été plus forte sur l'Angleterre que
l'attraction de la Société des Nations. L'An
gleterre gravite dans un système plus vaste
que le système européen. Comment l'attirer
de nouveau vers l'Europe, l'intéresser à nos
questions de sécurité et de frontières ? Le
communiqué Reuter, qui a suivi et expliqué
la . note de M. Baldwin, parle sans doute
de substituer au protocole «un autre plan '
bien établi ». Etabli sur quoi ? Voilà ce
qui est resté jusqu'à présent indiscernable
et voilà l'important. •
Les coups de feu du Caire révèlent "des
possibilités. Jamais nous'ne convaincrons
tout à fait l'Angleterre que, sur le Rhin, la
sécurité est pour elle la même que pour
nous. Peut-être ne sommes-nous pas assez
convaincus que la séeurité des communica- ;
tions avec l'Extrême-Orient est la même
pour nous et pour elle. La protection du
canal de • Suez n'est pas différente da la
protection du Rhin. On dit toujours, pour
l'Angleterre : « Le chemiij.dçs Indes C'est
celui de l'Indochine, apparemment^ "
Quand ces vues d'ensemble seront fami
lières aux deux pays, on parlera utilement
d'entente et de pacte. Pas avant.
Il n'y a pas de pacte sans communauté
d'intérêts et réciprocité de services. Et,-dans
cette voie, on trouvera aussi le .moyen de
régler les dettes de guerre. Nous ne savons
plus si nous sommes, pour les Anglais, des
associés ou des débiteurs. .Tout s'éclairera
quand les Anglais verront que, s'ils affai
blissaient un associé, ce serait de l'argent
qui leur coûterait cher. — J. B.
AUTOUR DES CARNETS LOUIS
La personnalité
tîe Ch. L. Hartmann,
condamné à mort
Daudet a déjà dévoilé la personnalité
de ce Ch. L. Hartmann qui, dans la
Deutsche Rundschau de juin dernier, se
vantait d'avoir à sa disposition les carnets
de M. I^ouis et annonçait leur publication
prochaine. On sait que l'Œuvre s'est char
gée de la besogne. ■ .
Ch. L, Hartmann fut, pendant toute la
guerre, un des agents les plus dévoués de
la propagande allemande. Ce fut unco
pain ? de Guilbeaux, comme lui..d'ailleurs
condamné à mort par contumace, çn<|919,
pour intelligences avec l'ennemi...ïî .était
en relations avec Almereyda, comme l'in
dique une lettre en date du 6 mars 1917
saisie dans le coffre-fort du Bonnet rouge.
De quelle nationalité est Hartmann ? II
apparaît bien, disait le rapport du «conseil
de guerre, que cet individu est, en" réalité,
de nationalité, française, qu'il >est né le
15 novembre 1855 à Nordheim (Bas-Rhin)
et a opté pour la nationalité française, le
24 septembre 1873, au consulat de-France
à New-York. • ........'....
Ayant habité bien avant la guerre en
Amérique, cet individu aurait;-épousé là-
bas, bien qu'aucune, trace de son,mariage
n'ait jamais été retrouvée, une fiIle,.Thoù-
venin, qui eut, elle aussi, son heur# de
triste célébrité pendant la tourmente,
Ch.-L. Hartmann n'attendit,pas la .guerre
pour montrer comment il comprenait ses"
devoirs envers la patrie.
C'était en 1912. Gustave Hervc,. alor^ anti
militariste à tous crins, avait * entrepris,
dans la Guerre sociale, une v.ioienfe,cam
pagne contre r?rmée, qui lui valut de vi
vre « à l'ombre » pendant plusieurs mois.
Or, tandis qu'Hervé était détenu, un in
connu, qui se donnait pour < un ancien
lieutenant revenu de toutes les théories »,
lui envoya, six mois-durant, une souscrip
tion mensuelle de mille francs.
Quel était ce généreux -lonateur .qui cou
vrait ainsi d'or l'homme qui traînait"— à
cette époque — le drapeau-dans -le fu
mier ?
C'était Ch.-Léopold Hartmann. Mais d'où '
venait l'argent ? ; '
Au début de la guerre, Hartmann. Se trou
vait aux Etats-Unis. Tout aussitôt titi. le vit
commencer une violente campagne " pour
obtenir du gouvernement américain qu'il
défendît l'exportation deç munitions.
En avril 1915, Hàrtmann^fut arrêté paf 1
les autorités anglaises à bord du Taormair,
navire battant pavillon italien, qui se- ren
dait d'Amérique à Gênes. La *■ situation
d'Hartmann ne parut pas claire aux auto
rités britanniques, qui, le 27 avril 1915, le
faisaient interner à Gibraltar. En février
1916, grâce aux démarches de la femme
Thouvenin, Hartmann était remis en liber*
té eî t .du 7 au 14 avril 191.6, ou .trouyail
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