Titre : L'Action française : organe du nationalisme intégral / directeur politique : Henri Vaugeois ; rédacteur en chef : Léon Daudet
Auteur : Action française. Auteur du texte
Éditeur : Action française (Paris)
Date d'édition : 1924-09-27
Contributeur : Vaugeois, Henri (1864-1916). Directeur de publication
Contributeur : Daudet, Léon (1867-1942). Directeur de publication
Contributeur : Maurras, Charles (1868-1952). Directeur de publication
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 27 septembre 1924 27 septembre 1924
Description : 1924/09/27 (Numéro 271). 1924/09/27 (Numéro 271).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG87 Collection numérique : BIPFPIG87
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Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k7620852
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, GR FOL-LC2-6354
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 18/01/2011
Dix-septième année « -N° 271,
9
Samedi 27 septembre 1924
15centimes. S eine et S eise-bt- O isk
20 centimes. D épartements et C olokies
A BONNEMENTS : Un A l Six H«is. Trtistlois.
France et Colonies. 48 fr. a5 (r. îS fr.
Etranger 8a » 4a » a a »
Chèque postal : Compte 3B.900 Paris.
ORGANE DU NATIONALISME INTÉGRAI,
«Tout ce qui est national est notre. »
Le Due d'ORLÉANS
héritier des quarante Rois qui en millo ans firent la France.
Hédaction ft administration;
Jt, rue de Rome. PMJS {8•)
Adresse télégraphique : ACTIOFBAH-PA.HIS
Téléphone : Adminislraiion : Rouvre aô-4g>
Hédaction : Central 7^-44 Publicité : Centrai 74-7?
Après to heures du soir : Ségur ii-OS
ïieçistro do Commerça : Seiuo N* 78.53*
Fondateur
HENRI VAUGEOïS .— Directeurs politiques :
L'ASSASSIN LANNES ET SON INDICATEUR
LÉON DAUDET et CHARLES MAURRAS — Rédacteur en chef .* MAURICE PliJO
La manœuvre allemande
au IV e siècle avant Jésus-Christ
* Ce que nous ne pouvons pas re«
prendre maintenant par une guerre,
nous le recouvrerons facilement par
une ambassade. »
»
ÏSOCRATE (Vin, 22).
Dans les ténèbres de Flaoutter
« ce qui s'est passé. J'attribue cette ab-
« cence de mémoire sur ce point à l'état
Le Flaoutter est un indicateur secret
— et important — de la police politique.
On sait qu'il y a deux polices politiques:
l'une de Sûreté générale [pour les dé
partements] ; l'autre de la préfecture de
Police [Renseignements généraux] pour
Paris. Ancien dépositaire de l'Ouest-
Eclair de Trôchu, au Mans, Le Flaoutter.
appartient à la Sûreté générale. Il est
l'indicateur attitré de Lannes, comme Co-
lomer était la bourrique attitrée de Mar-
lier. Il habite à deux pas de Lannes, 46,
: boulevard., Beaumarchais et sa boutique,
truquée — en vue de la vente des livres
obscènes — était, avant le drame,, le ren
dez-vous des anarchistes du quartier et
d'ailleurs, qui y tenaient leurs concilia
bules. C'est le type même de la souri
cière. Le Flaoutter a été en relations avec
la Berton —qui, elle aussi, appartient à
la police —> avec Gohary, dont on n'a pas
oublié la fin tragique, et il a reçu à dé-
« d'esprit dans lequel je me trouvais. »
En effet, au moment où ces 84 francs fu
rent placés dans la poche de Philippe,
hâtivement, et afin que ceux qui re
cueilleraient. le cadavre de l'enfant
ne pussent croire qu'il avait été dé
valisé — les assassins l'avaient effecti
vement dévalisé — ni Flaoutter, ni les
policiers présents au maquillage du petit
moribond en mort anonyme, ne devaient
être parfaitement calmes. C'était le mo
ment où la concierge Mme Cottet enten
dait que l'on parlait fort dans l'arrière-
boutique de Le Flaoutter. La hâte, le
trouble, les préparations qui accompa
gnèrent cette sccne effroyable sont ins
crits : 1° dans l'oubli, au fond du porte
feuille, de cette note formée des six adres
ses qui, tout de suite, firen t tiquer la pers
picacité de Maurras ; 2° dans l'oubli,
tir* s
LA POLITIQUE
la lui v» m *- s — — 4
la pauvre sœur Claudia, envoyée parmi les petits poèmes en prose, tirés
tjue» iui par la Berton, quand celle-ci eut en hâte hors du portefeuille de l'enfant
quitté Saint-Lazare. Avec cela, il s'occupe du tragique petit billet « pauvre papa,
d'hypnotisme et .il prétend, comme tous' pauvre maman », remis par les policiers,
ses pareils, avoir un don spécial de sug- avec ses poèmes, à Colémer et à Lecoin,
gestion. C'est un type obscur, très xnen- qui repassèrent le paquet, en vrac, à leur
teur, et qui apparaît, à distance, comme petite bourrique Vidal,
singulièrement pierverti ; sans d'ailleurs U n'est pas étonnant, dans ces, condi
que sa responsabilité en soit diminuée tions, que Le Flaoutter — qui ne con-
en rien ; car c»est une perversion acquise, naît pas la déposition antérieure de, Vi-
Le Flaoutter tient la police politique dal au sujet des 80 francs, embrouille
— notamment Lannes, par le meurtre tout et serve au froid regard de M. Bar
de Philippe —-,et il est tenu par elle. Les naud, qui l'observe, ce sinistre et menson-
gens du Libertaire ont de lui une peur ger salmigondis,
bleue, car il connaît à fond leurs mani- m
gances.
Une demoiselle R..., qui a été en rela
tions . d'affaires avec lui, a rapporté à
M. Barnaud, au cours de sa déposition
du 25 mars dernier, une confidence que
lui avait faite Flaoutter: « On peut par-
;< faitement descendre quelqu'un au coin
'€ .d'une rue, sans que la police en sache
'•< jamais rien. Il y a vingt-cinq ans
'< je puis bien vous le dire, car mainte-
- i.
M. Barnaud demande à Flaoutter :
« Le jeune hommé a-t-il accepté tout de
suite votre offre d'argent, et vous a-t-il
offert un reçu ?» Le Flaoutter répond :
Il a accepté tout de suite et m'a dit :
« Je te rendrai ça quand je pourrai ».
Il était, du reste, à ce moment-là", absolu
ment troublé. » En effet, le pauvre pe
tit venait de recevoir une balle dans
la tête. Il y, avait de quoi être trou
blé, ! Mais je ne saurais trop souligner
« nanit je ne suis plus sous le coup de I l'invraisemblance de ce récit : Le Fla-
1 1-: -io A rVIniinIro rl'iin I mitfpr nnhlie — urins Son trouble per-
: quel
a M. Barnaud qu'il
I. La République et l'Eglise
Les nouvelles du matin nous ont apporté
les menaces du pouvoir civil. Les nouvelles
du soir nous apportent les protestations
des autorités ecclésiastiques. Qu'obtien
dront les-cardinaux français par leur belle
lettre ? Plus que probablement' des insul
tes et des railleries. Ne sont-ils pas des
prêtres ? L'autre jour, la Lanterne ne ca
chait pas à Mgr l'évêque de :Fréjus quelle
était bien la raison première et dernière
des inimitiés élevées d'elle à lui.
/ Ceux qui,
Et par droit de conquête et ,par droit de
[" naissance*,
s'intitulent les véritables républicains ont
un sens extrêmement vif de. ces inimitiés.
Du côté catholique, on se demande sou
vent avec une innocence qui n'a rien dé
feint : Mais pourquoi ? Enfin pour
quoi ? La réflexion et l'expérience sont
d'accord pour expliquer cette liaine ciu
catholicisme par les origines et l'esprit
du régime 11 y a eu la guerre ? Un l'ait
connue la. guerre, montrent .eiuffipayK,
avec beaucoup'sens, a m'oit dû -dissiper
les mauvais souvenirs et sceller les jeunes
amitiés. Cela était très naturel, en effet.
Cela n'a pas eu lieu dans la mesure où
1 esprit du vieux parti républicain a voulu
et pu l cmpecher. et il l a voulu de toutes
ses forces parce que ainsi l'exigeaient ses
intérêts, ses traditions et la structure même
de ce régime.
On a beau se dire en république démo
cratique. on est un gouvernement, et. pour
qu'il y ait gouvernement, il ne suffit pas
qu'il y ait des gouvernants, il faut des
gouvernés. Les gouvernés manqueraient si
les catholiques, qui sont l'immense majo
rité, composaient le gouvernement. En s'en
tenant à la vieille formule des quatre Etats
confédérés (Juif, Protestant, Maçon, Mé
tèque), maîtres du parti républicain et de
la République, on dispose de cadres tout
faits, réunis par un même esprit, par des
intérêts similaires, les uns et les autres
en concordance parfaite avec l'esprit ré
volutionnaire et la tradition de 89-93, qui
n'est pas un esprit national, mais interna
tional. On tombe d'accord de ne pas trop
afficher ce programme, pour ne pas don
ner des armes à la réaction, on proclame
que la République est ouverte, mais on
ne l'ouvre que dans une faible mesure.
L'essentiel de la chasse administrative et
gouvernementale doit être sévèrement gar
dé et réservé- au personnel du vieux parti
républicain. *On 'peut faire très prudem
ment la part du feu ; à aucun prix, on ne
veut être dessaisi.
* la loi — j'avais à me plaindre d'an I outter oublie
'< camarade dont j'ai voulu avoir rai- | sonnel — qu'il a affirmé quelques ini-
'« son. Quand je l'ai rencontré, je lui nutes auparavant à
« ai donné la correction qu'il méritait, voulait — par humanité ! — faire arrê-
« puis-je l'ai jeté à l'eau. On l'a retrou- ter cet enfant censé inconnu, pour port
(< vé plus tardj pris par la roue d'un mou- d'arme prohibée ; qu'il avait alerté la
. € lin. Comme il était en fort mauvais Sûreté générale à cet effet ; qu'il avait
' '<* on n'a pas pu déterminer si c'était un policiers, dont Un contrôleur général, un
'« crime ou un accident et l'affaire a été commissaire divisionnaire, et trois com-
• « classée. » Après cette déposition de missaires de police mobile ! Or, après
Mlle R..., le juge a fait faire, dans une tout cela, Flaoutter ne se contente pas de
partie de la Bretagne, une enquête qui faire partir le menaçant inconnu, qui a
n'a rien donné. Mais rien ne prouve que dans sa poché un revolver chargé, de le
c 'est en Bretagne que cc drame s'est pas- faire partir au nez et à la barbe des onze
eé. Je demanderai donc a tous Ceux qui policiers massés boulevard Beaumarchais,
liront ceci de rappeler leurs souve- et QUI le laissent passer, sans le se.
nirs, et de rechercher et de nous si- marquer . Mais encore il lui remet 80
GNALER A quel événement et A quelle francs, de 8a poche, alors qu'il pense
personne pourrait se rapporter cette que, sur le pas de la porte, l'enfant
confidence de Le Flaoutter . Car je suis va être arrêté par les policiers ! C'est
bien convaincu que Mlle R..., qui appa- ici le mensonge impudent,
xaît comme une personne de très bon- Même si nous ne savions pas tout le
ne foi et de beaucoup de tète, a dit la reste ; même si nous ignorions le va-et
vérité. Ce sont là des choses qu on n in- vient des policiers et de Flaoutter lui
yente pas. même entre le domicile de "Lannes, à
En quel endroit, entre 1898 et 1900, deux pas de là, et la boutique du librai-
la-t-on découvert un cadavre défiguré,
accroché a la roue d'un moulin, ou
dans le voisinage de cette ROVE ? DÉ
couverte ayant amené une enquête de
justice qui, ensuite, aurait été aban
donnée.
Les diverses dépositions de Flaoutter
devant M. Barnaud sont manifestement
bourrées de menson^ Mais Le Flaout
ter est un individu intelligent et ses men
songes côtoient la vérité. On le sent tout
à fait désarçonné, quand arrive la ques
tion des 80 francs trouvés dans la poche
du veston de Philippe arrivant mori
bond à Lariboisière. J'ai déjà dit que la
police, oubliant qu'elle avait chargé Vi
dal d'expliquer et de prendre à son comp
te l'existence de ces 80 francs, en avait
ensuite
sa
cation
« alors [à Philippe^ : as-tu de l'ar-
« gent ?... —r Non, dit-il. Je sortis alors
'« de mon portefeuille une somme que
« j'évalue à 80 francs ; mais, sur ce
« point, je rectifie encore le procès-ver-
'< bal de police, je ne puis pas affirmer
'« lui avoir remis 80 francs exactement,
€ ni dire en quels billets je les lui ai re-
,« mis ... »
Dans l'interrogatoire du 15 décembre,
le juge, revenant sur cette question des
80 francs [car il a dans l'esprit la dépo
sition antérieure de Vidal, expliquant
à sa façon les 80 francs dans la poche
du veston] fait remarquer à Flaoutter :
€ Il existe, entre la déposition que vous
avez faite à M. Faralicq, et la déposition
que vous nous avez faite, une différence,
en ce qui concerne les 80 francs. » Fla
outter répond : « Je le sais, et je l'ai
«'signalé. Il m'est encore, à l'heure ac-
tuelle, impossible de dire exactement
re son indicateur ; même si nous ne con
naissions pas le transport du taxi fantô
me [de Bajot] du 46, boulevard Beau
marchais au coin de la boutique de Gein
dre ; même si nous n'avions pas le ter
rible témoignage de l'honnête concierge
Mme Cottet sur le bruit de dispute, à
la même heure, chez Flaoutter ; même
si nous n'avions pas le terrible témoigna
ge de l'abbé H. et de sa triple rencontre,
à 4 h. 20, des trois inconnus dont deux
entrant en courant chez Lannes, 38, bou
levard Richard-Lenoir ; même si tout
cela et ce que je n'ai pas encore dit nous
manquait ; il émanerait, du récit de Le
Flaoutter, tel qu'il est, avec ses menson
ges, mais aussi ses allusions sinistres, la
certitude que l'enfant a été tué, chez lui.
le samedi 24 novembre, au cours de la
sévère, pour
Lannes,
instruction de
mort : « Est armé
Nous- continuerons, à la lumière des
faits acquis, l'examen attentif de la dé
position de Flaoutter.
Léon DAUDET.
La taxe de 26 pour cent
Le chargé d'affaires d'Allemagne
au quai d'Orsay
II. Le ralliement
C'est pour cette raison que le ralliement
n'a pas échoué par la faute des vieux par
tis, bonapartistes et royalistes. Le rallie
ment a échoué à cause de l'immense in
quiétude qui s'empara des républicains
dès qu'ils virent entrer en rangs serrés
dans la République les dévots, les prêtres,
les évêques, les moines et tout ce monde
postulant, obtenant des sièges, des places
demain, qui sait ? des portefeuilles, des
fauteuils !
Le coup, de l'affaire Dreyfus a été fait en
grande partie contre le ralliement : si
le vieux parti républicain a marché comme
un seul homme pour la la revision du
procès Dreyfus, c'est que l'occasion était
unique de mettre les catholiques jdans la
nécessité de choisir entre leur fraîche foi
républicaine et la vieille fidélité au dra
peau, leur respect de l'armée, leur con
fiance dans la juridiction militaire. Les
catholiques étant en immense majorité des
Français patriotes, il fut facile de leur
dire ensuite : — Vous n'êtes pas républi
cains ! vous avez été des républicains dé
loyaux... Au lieu de s'indigner de l'iniquité
ou de l'absurdité de ce jugement, il faut
comprendre qu'on voulait, avoir à le
rendre, et qu'on y avait le plus grand
intérêt. Si les catholiques avaient pénétré
dans la République, la République aurait
perdu son parti gouvernemental, l'équipe
sans laquelle un gouvernement ne tient pas.
Sans compter que l'équipé nouvelle eût
dû renouveler de fond en comble les prin
cipes et la politique.
Nous assistons à une opération du même
genre. Le critère de la République n'est
plus l'innocence de Dreyfur. On dit : les
lois laïques. On dira demain autre chose.
Un moment associés au pouvoir dans la
personne des Isaac et des Le Trocqucr, les
Français catholiques du Bloc national n'a
vaient peut-être pas la verdeur de tempé
rament ni la vigueur de doctrine de leurs
aînés (le 1897-99. Ils n'ont ni cru ni voulu
croire à ce que nous montrions de la
structure essentielle de la République. Ce
scepticisme uni à leur timidité naturelle
leur a interdit de rien entreprendre de dé
cisif. Ces hommes qui se méfiaient des
avis de 1 experierice, reçus avec tous les
sourires de la présomption, ne se méfiaient
pas du Temps si particulièrement corro
sif en démocratie élective ! Ils ont porté
dans la politique religieuse la même im
prévoyance que M. Poincaré dans la poli
tique extérieure. Les infiltrations du libéra
lisme et du démocratisme s'en sont mê
lées, comme on pense! et l'étendue de cette
confiance trompée autorise aujourd'hui
toutes les revanches de la mémoire et du
bon sens.
IED Famille, Individu, Etat
Comme pour ajouter à ce retour des
évidences, voici qu'une lettre du cardinal
Charost, parue dans la Croix d'hier, fait'
tomber la lumière au point vif de l'antago
nisme des principes. Ce document vient
d'être adressé aux organisateurs d'une
« journée familiale s> tenue à Lannion. Je
le citerai tout entier.
. Monsieur le président, les travaux ab
sorbants de. ma charge pastorale ne me
permettent pas d'être avec vous ni mê
me de vous écrire plus qu'un mot de
chaleureux encouragement.
C'est la seule réaction efficace contre
la révolution. Sa faute capitale et la plus
meurtrière pour la nation fut, par son
esprit et ses lois, de faire de la France
si fortement familiale de jadis, une Fran
ce individualiste. Désormais, tous les
liens organiques entre l'individu et ses
aïeux et ses descendants étaient tranchés.
La cohésion même de chaque génération
familiale qui passe, au lieu d'être proté
gée par la loi, était ébranlée par elle. J'ai
cherché dans notre Code civil, tel qu'il
fut élaboré à l'issue de la Révolution, !e
mot de famille. Je ne l'ai pas trouvé, je
n'ai trouvé que le mot de divorce.
Or, la- famille est l'assise primordiale
et fondamentale de la région d'abord,
puis par les agglutinations régionales, de
la nation. Elle est le support profond et ;
le plus lentement modifiable des tradi
tions de cette nation et de ses mœurs,
elle assure la persistance de ses traits''
ethniques et de son esprit et des inclina
tions ataviques qu'on appelle son âme■
et son cœur.
La famille fait jaillir. les forces mora
les et les affections dont la douceur tient
le mieux en échec le dur égoïsme, et où
une patrie puise sa vie profonde. Elle est
le lieu d!'.élection et l'apprentissage normal
de l'autorité et de la dépendance, de ia
grave tendresse et de la fidélité, du dé
vouement et du travail, du souci de la
considération publique et de l'honneur ou
personnel eu collectif. Toute la force
d'expansion de la vitalité nationale et
de la productivité économique, toute la
continuité des vues qu'on observe sous
nos agitations de surface prennent là leur
source. La religion, stimulatrice et sau
vegarde nécessaire des vertus et des qua
lités familiales, trouve dans les familles
où celles-ci s'acclimatent un second sanc
tuaire.
Aussi, dans toutes les nations sur qui
tombe la lumière de l'histoire, sur le fo
rum romain ou aux portes des cités jui
ves, c'est le père de famille dont l'avis et
la parole comptent.. Car op. savait que
sa parole- çtait chargée d'expértëhce, et la
famille, ce chef-d'œuvre humain et celle
grande force sociale dont il était l'auteur
et le bon ouvrier, multipliait avec son nom
et sa postérité, son emprise et son ascen
dant sur tout ce qui l'entourait. L'autorité
sociale qu'il exerçait dans les Conseils où
il siégeait tirait de tout cela une gravité et
une fixité que le jeu et les hasards de nos
scrutins ne retrouveront jamais
AUX MORTS:' DE CHAMPAGNE
Le chargé d'affaires d'Allemagne à
ris, en l'absence de l'ambassadeur
Pa
ris, en rausence ue i auiuauaui-ui von
Hoesch, a été reçu ce matin par le sous-
direc-teur des affaires politiques au quai
d'Orsay, M. Laroche. Il s'est entretenu
avec celui-ci de la question du prélève
ment de 26 0/0 qui sera effectué à partir
du 1" octobre au profit des réparations,
sur la valeur des marchandises alleman-
[ -des à leur entrée en France.
Vous voulez que la famille redevienne
dans notre France livrée à l'imprêvision
et à l'incohérence, un élément sain et sta
bilisateur, un organisme de la cité donné
par la nature elle-même ou plutôt par l'ins
titution divine, laquelle est autrement
créatrice de vie et de durée pour une na
tion que nos artificielles Constitutions.
Je ne puis m'empêcher de vous dire :
Vous avez touché le point vital, tenez-vous-
g. Et puissent nos familles françaises,
éclairées par vos Journées régionales, re
prendre le sentiment de leur force et de
leur droit !
Evidemment, ces magnifiques paroles
n'ont rien qui soit contraire à l'esprit d'un
régime républicain théorique, ni à l'esprit
d'une République romaine, ni, comme di
rait l'abbé Lantaigne, d'une République
carthaginoise. Mais, contre l'élément orga
nisateur, directeur, plastique de la Ré
publique française, contre ce qui fait le
nerf et l'âme du vieux parti républicain,
contre l'esprit et'la tradition' de 1785-1793,
ces paroles tombent à pic*
Evidemment encore, on peut dire que
cet esprit, cette tradition, ce personnel de
la République ne sont pas la République elle
même. Mais ils la font et ils la tiennent. On
peut juger. facile de les évincer, eux qui
forment une classe, un clan, un faisceau
de traditions et d'intérêts, plutôt que de
chasser le régime même. Mais il est de
fait que ces animaux-là se défendent, et
bien.
Plus on présume leur faible résistance
pour minimiser les forces d'assaut néces
saires, mieux ils résistent. Ei les program
mes à souscrire, les manœuvres à exécu
ter pour entrer dans la place et s'associer
au pouvoir sont d'un* tel ordre qu'elles
tendent à faire perdre de vue, même
à faire oublier les doctrines si hautes eet
si fortes rappelées par le cardinal Cha
rost : de la démocratie pratiquée et pro
fessée à l'individualisme complet, il y
de faibles nuances. Au bout du compte
tel est pris qui croyait prendre. En adhé
rant à la République-fait, puis à la Répu
blique-principe, on en arrive à la Répu
blique-religion. Car cette République est
une religion. Comme le pangermanisme.
Comme l'Islam. Comme le mouvement de
la Réforme dont elle est un effet sournois,
une conséquence honteuse. Son système
scolaire qui n'admet ni famille ni religion
entre l'individu enfant et l'Etat, ce sys
tème devrait donner à chacun la clef du
régime entier. Comment fait-on pour ne
pas le voir ?
Charles MAVRRAS
Errata. — Hier, sur Jaurès, au bas
de la deuxième colonne, on m'a fait dire
aux Césars qui humanisèrent l'Europe;
au lieu de « qui romanisèrent ». J'ai ap
pelé Jaurès « fabricant » de nuées. Sa por
tée d'esprit assez faible ne lui permettait
pas de fabriquer. Il vulgarisait.
Correspondance. — Le deuxième P.-S
du 15 était bien pour vous. Hautes-Pyré
nées.
C'est demain, dimanche, qu'aura lieu à Navarin l'inauguration de cc monument
qui constitue; avec l'ensemble architectural, uiie imposante masse de vingt mètres
de haut. On sait qu'il est l'œuvre de notre cher Maxime Real del Sarte pour la
sculpture et de notre ami A. Bauer pour la partie architecturale.
Nombreux seront demain , les anciens combattants des champs de bataille de
Champagne qui assisteront à celte inauguration. Ilélas, Maxime, retenu par la mala
die, ne sera pas parmi ses frères d'armes. Qu'il permette ici, à l'un d'eux, de le
refinercier pour avoir si magnifiquement fait revivre, dans la pierre, l'effort héroï
que des grands morts à qui nous devons tout. — P. Hericourt.
« Ne pas prendre
trop au sérieux... »
, Selon les observateurs les moins malveil
lants, la délibération de Genève tourne au
gâchis. L 'autre jour, la délégation fran
çaise avait ingénieusement retourné les
termes d'une; proposition- qui jetait tout le
système par terre. On avait demandé que
le cas d'agression fût reconnu à l'unani
mité. C'était demander qu'il ne fût jamais
reconnu puisqu'il eût suffi d'une vojx, qui
aurait pu être celle de l'agresseur lui-même,
pour assurer l'impunité de I'agresseuri; Alors
un délégué français avait renversé le pro
blème : mettons, avait-il dit, qu'il faudra
l'unanimité pour décider qu'il n'y a pas eu
agression.
La commission approuva, peut-être par
surprise. Il semble qu'il y ait là des esprits
un peu lourds et peu familiers avec ces
•jeux d'école. A la réflexion, quelques-uns
d'entre eux ont dû s'apercevoir' de là subti
lité. Un journal "anglais a renversé à son
tour l'objection de la délégation française.
Une seule voix, avaient dit nos délégués,
peut empecher qu'une agression soit punie.
Lne seule voix, riposte le Daily Telegraph,
pourrait, dans la version nouvelle, obliger
les pays qui auraient voté contre à recon
naître un agresseur et à intervenir contre lui. ■
Les flottements des délégués britanniques
sont d'ailleurs curieux et constituent un bon
sujet d'observation. Les Anglais craignent
également de trop s'engager et de ruiner le
projet parce que ce projet doit conduire à
la Conférence du désarmement qui est leur
but. C'est pourquoi ils annulent le lende
main ce qu'ils ont dit la veille. Lord Par-
moor semblait avoir mis la flotte anglaise
à la disposition de la Ligue. Il s'est rétracté.
M. Henderson avait dit à son tour quelque
chose qui semblait signifier que le concours
de l'Angleterre avec toutes ses forces serait
acquis à la Ligue en cas d'agression. Avant-
hier, il a battu en retraite et ce travailliste
a parlé dans le même sens que M. Schanzer,
représentant de l'Italie et du gouvernement
fasciste : aucun Etat ne pèut abdiquer sa
souveraineté ; tout Etat doit rester juge de
la nature et de la mesure de son interven
tion. ' -
Sans nous étendre davantage, il est facile
de comprendre qu'un journal de juste-milieu
comme le Times ait pu écrire avant-hier :
Le plan de la Ligue paraît être une ten
tative d'esquiver les réalités immédiates...
S'il était pris trop au sérieux, il conduirait
certainement à des déceptions nouvelles et
multiplierait les périls qu'il est destiné à
prévenir ».
Il faudra encore, conclut le Times , au
lieu d'organiser la paix perpétuelle par la
guerre à la guerre, «considérer sérieuse
ment et pratiquement le problème limité et
défini de la sécurité dans l'Europe :oc~id?n-
tale ». C'est- à quoi tout se réduit, en elfe!,
et c'est aussi ce qui détermine à Genève les
réactions de tous les délégués. Rien cle
significatif comme l'expression dont s'est
servi le Suédois Branting et la distinction
qu'il a établie entre les Etats « non signa
taires des traites » et les autres. Ainsi il
subsiste, a l intérieur de la Ligue: une Ligue
des Neutres. La question de 1 întangibiliîé
des traites, qui est venue ivant-hier. est au
fond de tout. C est elle qui emerge toujours.
JuSqu iCi 1Cd..I, guv,^ fiauijuia Ont iCUSSl a
l'écarter. Elle reviendra malgré eux car
elle est imposée par leur propre sys
tème. — J. B.
CONTRE LA PERSECUTION
RELIGIEUSE.
LE TRAITE ANGLO-RUSSE
Une résolution
de la Chambre de Commerce
d'AIdershot
Londres, 26 septembre. — La Chambre
de commerce d'AIdershot a voté à l'una
nimité une résolution condamnant le trai
té anglo-russe et demandant au représen
tant de la circonscription au Parlement
de voter contre sa ratification.
Prochaine déclaration de M. Macdonald
Londres, 26 septembre. — On croit sa
voir que, dans le discours qu'il pronon
cera demain à Derby, M. Macdonald par
lera du traité anglo-russe et du plan
I)a\vcs, dans leurs rapports avec les in
dustries britanniques.
Il répondra ainsi aux critiques acerbes
des conservateurs et des libéraux.
L'AFFAIRE DU MULHOUSE
Le pirate Pliaff a été transféré à Brest
Brest, 26 septembre. — Le pirate Pliaff,
accusé d'avoir organisé le pillage dans
les eaux neutres de l'Atlantique ^u vapeur
français Mulhouse, chargé de 36.000 cais
ses de liqueurs, est arrivé aujourd'hui à
Brest et a été conduit au parquet du tri
bunal maritime, puis écroué a la prison
de Pontaniou.
Le capitaine de vaisseau Fournier pro
preté, à l'interrogatoire d'identité. Phaff
cédera demain, en présence d'un inter-
a choisi comme défenseur M' Gide, du
barreau de Paris.
Les Cardiiiatix français
adressent à 1. llerriot
une solennelle protestation
Le président du Conseil avait annoncé
qu'à son retour de Londres et de Genève
il s'occuperait des questions intérieures, •
c'est-à-dire qu'après avoir rapidement exa
miné le budget et cette terrible vie chère,
il passerait à la persécution religieuse.
Par la lettre dont nous donnons ci-des
sous le texte, les six cardinaux français
ont adressé au président du Conseil," au
chef du Cartel des gauches, un^avertis-
sement solennel et énergique :
Monsieur le président du Conseil,
Vous n'ignorez pas l'émotion profonde
causée chez les catholiques de France par
les passages de votre déclaration minis
térielle, relatifs à la suppression de l'am
bassade française auprès du Vatican, à
l'introduction* des lois « laïques » en Al
sace et en Lorraine, et à' l'application
stricte des lois existantes aiix congréga
tions religieuses.
Les cardinaux français, également dé
voués à l'Eglise et à là France, croient de
leur devoir de vous soumettre à ce sujet
quelques cohsidérations dont la gravité
ne vous échappera pas, et qui intéressent
en même temps leur foi religieuse et leur
patriotisme.
Les mesures prévues par votre gouver
nement, Monsieur le président du Conseil,
constituent de graves menaces pour la paix
intérieure ; pour la justice et la liberté ;
pour l'intérêt du pays, pour-la-considéra-
9
Samedi 27 septembre 1924
15centimes. S eine et S eise-bt- O isk
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A BONNEMENTS : Un A l Six H«is. Trtistlois.
France et Colonies. 48 fr. a5 (r. îS fr.
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«Tout ce qui est national est notre. »
Le Due d'ORLÉANS
héritier des quarante Rois qui en millo ans firent la France.
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L'ASSASSIN LANNES ET SON INDICATEUR
LÉON DAUDET et CHARLES MAURRAS — Rédacteur en chef .* MAURICE PliJO
La manœuvre allemande
au IV e siècle avant Jésus-Christ
* Ce que nous ne pouvons pas re«
prendre maintenant par une guerre,
nous le recouvrerons facilement par
une ambassade. »
»
ÏSOCRATE (Vin, 22).
Dans les ténèbres de Flaoutter
« ce qui s'est passé. J'attribue cette ab-
« cence de mémoire sur ce point à l'état
Le Flaoutter est un indicateur secret
— et important — de la police politique.
On sait qu'il y a deux polices politiques:
l'une de Sûreté générale [pour les dé
partements] ; l'autre de la préfecture de
Police [Renseignements généraux] pour
Paris. Ancien dépositaire de l'Ouest-
Eclair de Trôchu, au Mans, Le Flaoutter.
appartient à la Sûreté générale. Il est
l'indicateur attitré de Lannes, comme Co-
lomer était la bourrique attitrée de Mar-
lier. Il habite à deux pas de Lannes, 46,
: boulevard., Beaumarchais et sa boutique,
truquée — en vue de la vente des livres
obscènes — était, avant le drame,, le ren
dez-vous des anarchistes du quartier et
d'ailleurs, qui y tenaient leurs concilia
bules. C'est le type même de la souri
cière. Le Flaoutter a été en relations avec
la Berton —qui, elle aussi, appartient à
la police —> avec Gohary, dont on n'a pas
oublié la fin tragique, et il a reçu à dé-
« d'esprit dans lequel je me trouvais. »
En effet, au moment où ces 84 francs fu
rent placés dans la poche de Philippe,
hâtivement, et afin que ceux qui re
cueilleraient. le cadavre de l'enfant
ne pussent croire qu'il avait été dé
valisé — les assassins l'avaient effecti
vement dévalisé — ni Flaoutter, ni les
policiers présents au maquillage du petit
moribond en mort anonyme, ne devaient
être parfaitement calmes. C'était le mo
ment où la concierge Mme Cottet enten
dait que l'on parlait fort dans l'arrière-
boutique de Le Flaoutter. La hâte, le
trouble, les préparations qui accompa
gnèrent cette sccne effroyable sont ins
crits : 1° dans l'oubli, au fond du porte
feuille, de cette note formée des six adres
ses qui, tout de suite, firen t tiquer la pers
picacité de Maurras ; 2° dans l'oubli,
tir* s
LA POLITIQUE
la lui v» m *- s — — 4
la pauvre sœur Claudia, envoyée parmi les petits poèmes en prose, tirés
tjue» iui par la Berton, quand celle-ci eut en hâte hors du portefeuille de l'enfant
quitté Saint-Lazare. Avec cela, il s'occupe du tragique petit billet « pauvre papa,
d'hypnotisme et .il prétend, comme tous' pauvre maman », remis par les policiers,
ses pareils, avoir un don spécial de sug- avec ses poèmes, à Colémer et à Lecoin,
gestion. C'est un type obscur, très xnen- qui repassèrent le paquet, en vrac, à leur
teur, et qui apparaît, à distance, comme petite bourrique Vidal,
singulièrement pierverti ; sans d'ailleurs U n'est pas étonnant, dans ces, condi
que sa responsabilité en soit diminuée tions, que Le Flaoutter — qui ne con-
en rien ; car c»est une perversion acquise, naît pas la déposition antérieure de, Vi-
Le Flaoutter tient la police politique dal au sujet des 80 francs, embrouille
— notamment Lannes, par le meurtre tout et serve au froid regard de M. Bar
de Philippe —-,et il est tenu par elle. Les naud, qui l'observe, ce sinistre et menson-
gens du Libertaire ont de lui une peur ger salmigondis,
bleue, car il connaît à fond leurs mani- m
gances.
Une demoiselle R..., qui a été en rela
tions . d'affaires avec lui, a rapporté à
M. Barnaud, au cours de sa déposition
du 25 mars dernier, une confidence que
lui avait faite Flaoutter: « On peut par-
;< faitement descendre quelqu'un au coin
'€ .d'une rue, sans que la police en sache
'•< jamais rien. Il y a vingt-cinq ans
'< je puis bien vous le dire, car mainte-
- i.
M. Barnaud demande à Flaoutter :
« Le jeune hommé a-t-il accepté tout de
suite votre offre d'argent, et vous a-t-il
offert un reçu ?» Le Flaoutter répond :
Il a accepté tout de suite et m'a dit :
« Je te rendrai ça quand je pourrai ».
Il était, du reste, à ce moment-là", absolu
ment troublé. » En effet, le pauvre pe
tit venait de recevoir une balle dans
la tête. Il y, avait de quoi être trou
blé, ! Mais je ne saurais trop souligner
« nanit je ne suis plus sous le coup de I l'invraisemblance de ce récit : Le Fla-
1 1-: -io A rVIniinIro rl'iin I mitfpr nnhlie — urins Son trouble per-
: quel
a M. Barnaud qu'il
I. La République et l'Eglise
Les nouvelles du matin nous ont apporté
les menaces du pouvoir civil. Les nouvelles
du soir nous apportent les protestations
des autorités ecclésiastiques. Qu'obtien
dront les-cardinaux français par leur belle
lettre ? Plus que probablement' des insul
tes et des railleries. Ne sont-ils pas des
prêtres ? L'autre jour, la Lanterne ne ca
chait pas à Mgr l'évêque de :Fréjus quelle
était bien la raison première et dernière
des inimitiés élevées d'elle à lui.
/ Ceux qui,
Et par droit de conquête et ,par droit de
[" naissance*,
s'intitulent les véritables républicains ont
un sens extrêmement vif de. ces inimitiés.
Du côté catholique, on se demande sou
vent avec une innocence qui n'a rien dé
feint : Mais pourquoi ? Enfin pour
quoi ? La réflexion et l'expérience sont
d'accord pour expliquer cette liaine ciu
catholicisme par les origines et l'esprit
du régime 11 y a eu la guerre ? Un l'ait
connue la. guerre, montrent .eiuffipayK,
avec beaucoup'sens, a m'oit dû -dissiper
les mauvais souvenirs et sceller les jeunes
amitiés. Cela était très naturel, en effet.
Cela n'a pas eu lieu dans la mesure où
1 esprit du vieux parti républicain a voulu
et pu l cmpecher. et il l a voulu de toutes
ses forces parce que ainsi l'exigeaient ses
intérêts, ses traditions et la structure même
de ce régime.
On a beau se dire en république démo
cratique. on est un gouvernement, et. pour
qu'il y ait gouvernement, il ne suffit pas
qu'il y ait des gouvernants, il faut des
gouvernés. Les gouvernés manqueraient si
les catholiques, qui sont l'immense majo
rité, composaient le gouvernement. En s'en
tenant à la vieille formule des quatre Etats
confédérés (Juif, Protestant, Maçon, Mé
tèque), maîtres du parti républicain et de
la République, on dispose de cadres tout
faits, réunis par un même esprit, par des
intérêts similaires, les uns et les autres
en concordance parfaite avec l'esprit ré
volutionnaire et la tradition de 89-93, qui
n'est pas un esprit national, mais interna
tional. On tombe d'accord de ne pas trop
afficher ce programme, pour ne pas don
ner des armes à la réaction, on proclame
que la République est ouverte, mais on
ne l'ouvre que dans une faible mesure.
L'essentiel de la chasse administrative et
gouvernementale doit être sévèrement gar
dé et réservé- au personnel du vieux parti
républicain. *On 'peut faire très prudem
ment la part du feu ; à aucun prix, on ne
veut être dessaisi.
* la loi — j'avais à me plaindre d'an I outter oublie
'< camarade dont j'ai voulu avoir rai- | sonnel — qu'il a affirmé quelques ini-
'« son. Quand je l'ai rencontré, je lui nutes auparavant à
« ai donné la correction qu'il méritait, voulait — par humanité ! — faire arrê-
« puis-je l'ai jeté à l'eau. On l'a retrou- ter cet enfant censé inconnu, pour port
(< vé plus tardj pris par la roue d'un mou- d'arme prohibée ; qu'il avait alerté la
. € lin. Comme il était en fort mauvais Sûreté générale à cet effet ; qu'il avait
'
'« crime ou un accident et l'affaire a été commissaire divisionnaire, et trois com-
• « classée. » Après cette déposition de missaires de police mobile ! Or, après
Mlle R..., le juge a fait faire, dans une tout cela, Flaoutter ne se contente pas de
partie de la Bretagne, une enquête qui faire partir le menaçant inconnu, qui a
n'a rien donné. Mais rien ne prouve que dans sa poché un revolver chargé, de le
c 'est en Bretagne que cc drame s'est pas- faire partir au nez et à la barbe des onze
eé. Je demanderai donc a tous Ceux qui policiers massés boulevard Beaumarchais,
liront ceci de rappeler leurs souve- et QUI le laissent passer, sans le se.
nirs, et de rechercher et de nous si- marquer . Mais encore il lui remet 80
GNALER A quel événement et A quelle francs, de 8a poche, alors qu'il pense
personne pourrait se rapporter cette que, sur le pas de la porte, l'enfant
confidence de Le Flaoutter . Car je suis va être arrêté par les policiers ! C'est
bien convaincu que Mlle R..., qui appa- ici le mensonge impudent,
xaît comme une personne de très bon- Même si nous ne savions pas tout le
ne foi et de beaucoup de tète, a dit la reste ; même si nous ignorions le va-et
vérité. Ce sont là des choses qu on n in- vient des policiers et de Flaoutter lui
yente pas. même entre le domicile de "Lannes, à
En quel endroit, entre 1898 et 1900, deux pas de là, et la boutique du librai-
la-t-on découvert un cadavre défiguré,
accroché a la roue d'un moulin, ou
dans le voisinage de cette ROVE ? DÉ
couverte ayant amené une enquête de
justice qui, ensuite, aurait été aban
donnée.
Les diverses dépositions de Flaoutter
devant M. Barnaud sont manifestement
bourrées de menson^ Mais Le Flaout
ter est un individu intelligent et ses men
songes côtoient la vérité. On le sent tout
à fait désarçonné, quand arrive la ques
tion des 80 francs trouvés dans la poche
du veston de Philippe arrivant mori
bond à Lariboisière. J'ai déjà dit que la
police, oubliant qu'elle avait chargé Vi
dal d'expliquer et de prendre à son comp
te l'existence de ces 80 francs, en avait
ensuite
sa
cation
« alors [à Philippe^ : as-tu de l'ar-
« gent ?... —r Non, dit-il. Je sortis alors
'« de mon portefeuille une somme que
« j'évalue à 80 francs ; mais, sur ce
« point, je rectifie encore le procès-ver-
'< bal de police, je ne puis pas affirmer
'« lui avoir remis 80 francs exactement,
€ ni dire en quels billets je les lui ai re-
,« mis ... »
Dans l'interrogatoire du 15 décembre,
le juge, revenant sur cette question des
80 francs [car il a dans l'esprit la dépo
sition antérieure de Vidal, expliquant
à sa façon les 80 francs dans la poche
du veston] fait remarquer à Flaoutter :
€ Il existe, entre la déposition que vous
avez faite à M. Faralicq, et la déposition
que vous nous avez faite, une différence,
en ce qui concerne les 80 francs. » Fla
outter répond : « Je le sais, et je l'ai
«'signalé. Il m'est encore, à l'heure ac-
tuelle, impossible de dire exactement
re son indicateur ; même si nous ne con
naissions pas le transport du taxi fantô
me [de Bajot] du 46, boulevard Beau
marchais au coin de la boutique de Gein
dre ; même si nous n'avions pas le ter
rible témoignage de l'honnête concierge
Mme Cottet sur le bruit de dispute, à
la même heure, chez Flaoutter ; même
si nous n'avions pas le terrible témoigna
ge de l'abbé H. et de sa triple rencontre,
à 4 h. 20, des trois inconnus dont deux
entrant en courant chez Lannes, 38, bou
levard Richard-Lenoir ; même si tout
cela et ce que je n'ai pas encore dit nous
manquait ; il émanerait, du récit de Le
Flaoutter, tel qu'il est, avec ses menson
ges, mais aussi ses allusions sinistres, la
certitude que l'enfant a été tué, chez lui.
le samedi 24 novembre, au cours de la
sévère, pour
Lannes,
instruction de
mort : « Est armé
Nous- continuerons, à la lumière des
faits acquis, l'examen attentif de la dé
position de Flaoutter.
Léon DAUDET.
La taxe de 26 pour cent
Le chargé d'affaires d'Allemagne
au quai d'Orsay
II. Le ralliement
C'est pour cette raison que le ralliement
n'a pas échoué par la faute des vieux par
tis, bonapartistes et royalistes. Le rallie
ment a échoué à cause de l'immense in
quiétude qui s'empara des républicains
dès qu'ils virent entrer en rangs serrés
dans la République les dévots, les prêtres,
les évêques, les moines et tout ce monde
postulant, obtenant des sièges, des places
demain, qui sait ? des portefeuilles, des
fauteuils !
Le coup, de l'affaire Dreyfus a été fait en
grande partie contre le ralliement : si
le vieux parti républicain a marché comme
un seul homme pour la la revision du
procès Dreyfus, c'est que l'occasion était
unique de mettre les catholiques jdans la
nécessité de choisir entre leur fraîche foi
républicaine et la vieille fidélité au dra
peau, leur respect de l'armée, leur con
fiance dans la juridiction militaire. Les
catholiques étant en immense majorité des
Français patriotes, il fut facile de leur
dire ensuite : — Vous n'êtes pas républi
cains ! vous avez été des républicains dé
loyaux... Au lieu de s'indigner de l'iniquité
ou de l'absurdité de ce jugement, il faut
comprendre qu'on voulait, avoir à le
rendre, et qu'on y avait le plus grand
intérêt. Si les catholiques avaient pénétré
dans la République, la République aurait
perdu son parti gouvernemental, l'équipe
sans laquelle un gouvernement ne tient pas.
Sans compter que l'équipé nouvelle eût
dû renouveler de fond en comble les prin
cipes et la politique.
Nous assistons à une opération du même
genre. Le critère de la République n'est
plus l'innocence de Dreyfur. On dit : les
lois laïques. On dira demain autre chose.
Un moment associés au pouvoir dans la
personne des Isaac et des Le Trocqucr, les
Français catholiques du Bloc national n'a
vaient peut-être pas la verdeur de tempé
rament ni la vigueur de doctrine de leurs
aînés (le 1897-99. Ils n'ont ni cru ni voulu
croire à ce que nous montrions de la
structure essentielle de la République. Ce
scepticisme uni à leur timidité naturelle
leur a interdit de rien entreprendre de dé
cisif. Ces hommes qui se méfiaient des
avis de 1 experierice, reçus avec tous les
sourires de la présomption, ne se méfiaient
pas du Temps si particulièrement corro
sif en démocratie élective ! Ils ont porté
dans la politique religieuse la même im
prévoyance que M. Poincaré dans la poli
tique extérieure. Les infiltrations du libéra
lisme et du démocratisme s'en sont mê
lées, comme on pense! et l'étendue de cette
confiance trompée autorise aujourd'hui
toutes les revanches de la mémoire et du
bon sens.
IED Famille, Individu, Etat
Comme pour ajouter à ce retour des
évidences, voici qu'une lettre du cardinal
Charost, parue dans la Croix d'hier, fait'
tomber la lumière au point vif de l'antago
nisme des principes. Ce document vient
d'être adressé aux organisateurs d'une
« journée familiale s> tenue à Lannion. Je
le citerai tout entier.
. Monsieur le président, les travaux ab
sorbants de. ma charge pastorale ne me
permettent pas d'être avec vous ni mê
me de vous écrire plus qu'un mot de
chaleureux encouragement.
C'est la seule réaction efficace contre
la révolution. Sa faute capitale et la plus
meurtrière pour la nation fut, par son
esprit et ses lois, de faire de la France
si fortement familiale de jadis, une Fran
ce individualiste. Désormais, tous les
liens organiques entre l'individu et ses
aïeux et ses descendants étaient tranchés.
La cohésion même de chaque génération
familiale qui passe, au lieu d'être proté
gée par la loi, était ébranlée par elle. J'ai
cherché dans notre Code civil, tel qu'il
fut élaboré à l'issue de la Révolution, !e
mot de famille. Je ne l'ai pas trouvé, je
n'ai trouvé que le mot de divorce.
Or, la- famille est l'assise primordiale
et fondamentale de la région d'abord,
puis par les agglutinations régionales, de
la nation. Elle est le support profond et ;
le plus lentement modifiable des tradi
tions de cette nation et de ses mœurs,
elle assure la persistance de ses traits''
ethniques et de son esprit et des inclina
tions ataviques qu'on appelle son âme■
et son cœur.
La famille fait jaillir. les forces mora
les et les affections dont la douceur tient
le mieux en échec le dur égoïsme, et où
une patrie puise sa vie profonde. Elle est
le lieu d!'.élection et l'apprentissage normal
de l'autorité et de la dépendance, de ia
grave tendresse et de la fidélité, du dé
vouement et du travail, du souci de la
considération publique et de l'honneur ou
personnel eu collectif. Toute la force
d'expansion de la vitalité nationale et
de la productivité économique, toute la
continuité des vues qu'on observe sous
nos agitations de surface prennent là leur
source. La religion, stimulatrice et sau
vegarde nécessaire des vertus et des qua
lités familiales, trouve dans les familles
où celles-ci s'acclimatent un second sanc
tuaire.
Aussi, dans toutes les nations sur qui
tombe la lumière de l'histoire, sur le fo
rum romain ou aux portes des cités jui
ves, c'est le père de famille dont l'avis et
la parole comptent.. Car op. savait que
sa parole- çtait chargée d'expértëhce, et la
famille, ce chef-d'œuvre humain et celle
grande force sociale dont il était l'auteur
et le bon ouvrier, multipliait avec son nom
et sa postérité, son emprise et son ascen
dant sur tout ce qui l'entourait. L'autorité
sociale qu'il exerçait dans les Conseils où
il siégeait tirait de tout cela une gravité et
une fixité que le jeu et les hasards de nos
scrutins ne retrouveront jamais
AUX MORTS:' DE CHAMPAGNE
Le chargé d'affaires d'Allemagne à
ris, en l'absence de l'ambassadeur
Pa
ris, en rausence ue i auiuauaui-ui von
Hoesch, a été reçu ce matin par le sous-
direc-teur des affaires politiques au quai
d'Orsay, M. Laroche. Il s'est entretenu
avec celui-ci de la question du prélève
ment de 26 0/0 qui sera effectué à partir
du 1" octobre au profit des réparations,
sur la valeur des marchandises alleman-
[ -des à leur entrée en France.
Vous voulez que la famille redevienne
dans notre France livrée à l'imprêvision
et à l'incohérence, un élément sain et sta
bilisateur, un organisme de la cité donné
par la nature elle-même ou plutôt par l'ins
titution divine, laquelle est autrement
créatrice de vie et de durée pour une na
tion que nos artificielles Constitutions.
Je ne puis m'empêcher de vous dire :
Vous avez touché le point vital, tenez-vous-
g. Et puissent nos familles françaises,
éclairées par vos Journées régionales, re
prendre le sentiment de leur force et de
leur droit !
Evidemment, ces magnifiques paroles
n'ont rien qui soit contraire à l'esprit d'un
régime républicain théorique, ni à l'esprit
d'une République romaine, ni, comme di
rait l'abbé Lantaigne, d'une République
carthaginoise. Mais, contre l'élément orga
nisateur, directeur, plastique de la Ré
publique française, contre ce qui fait le
nerf et l'âme du vieux parti républicain,
contre l'esprit et'la tradition' de 1785-1793,
ces paroles tombent à pic*
Evidemment encore, on peut dire que
cet esprit, cette tradition, ce personnel de
la République ne sont pas la République elle
même. Mais ils la font et ils la tiennent. On
peut juger. facile de les évincer, eux qui
forment une classe, un clan, un faisceau
de traditions et d'intérêts, plutôt que de
chasser le régime même. Mais il est de
fait que ces animaux-là se défendent, et
bien.
Plus on présume leur faible résistance
pour minimiser les forces d'assaut néces
saires, mieux ils résistent. Ei les program
mes à souscrire, les manœuvres à exécu
ter pour entrer dans la place et s'associer
au pouvoir sont d'un* tel ordre qu'elles
tendent à faire perdre de vue, même
à faire oublier les doctrines si hautes eet
si fortes rappelées par le cardinal Cha
rost : de la démocratie pratiquée et pro
fessée à l'individualisme complet, il y
de faibles nuances. Au bout du compte
tel est pris qui croyait prendre. En adhé
rant à la République-fait, puis à la Répu
blique-principe, on en arrive à la Répu
blique-religion. Car cette République est
une religion. Comme le pangermanisme.
Comme l'Islam. Comme le mouvement de
la Réforme dont elle est un effet sournois,
une conséquence honteuse. Son système
scolaire qui n'admet ni famille ni religion
entre l'individu enfant et l'Etat, ce sys
tème devrait donner à chacun la clef du
régime entier. Comment fait-on pour ne
pas le voir ?
Charles MAVRRAS
Errata. — Hier, sur Jaurès, au bas
de la deuxième colonne, on m'a fait dire
aux Césars qui humanisèrent l'Europe;
au lieu de « qui romanisèrent ». J'ai ap
pelé Jaurès « fabricant » de nuées. Sa por
tée d'esprit assez faible ne lui permettait
pas de fabriquer. Il vulgarisait.
Correspondance. — Le deuxième P.-S
du 15 était bien pour vous. Hautes-Pyré
nées.
C'est demain, dimanche, qu'aura lieu à Navarin l'inauguration de cc monument
qui constitue; avec l'ensemble architectural, uiie imposante masse de vingt mètres
de haut. On sait qu'il est l'œuvre de notre cher Maxime Real del Sarte pour la
sculpture et de notre ami A. Bauer pour la partie architecturale.
Nombreux seront demain , les anciens combattants des champs de bataille de
Champagne qui assisteront à celte inauguration. Ilélas, Maxime, retenu par la mala
die, ne sera pas parmi ses frères d'armes. Qu'il permette ici, à l'un d'eux, de le
refinercier pour avoir si magnifiquement fait revivre, dans la pierre, l'effort héroï
que des grands morts à qui nous devons tout. — P. Hericourt.
« Ne pas prendre
trop au sérieux... »
, Selon les observateurs les moins malveil
lants, la délibération de Genève tourne au
gâchis. L 'autre jour, la délégation fran
çaise avait ingénieusement retourné les
termes d'une; proposition- qui jetait tout le
système par terre. On avait demandé que
le cas d'agression fût reconnu à l'unani
mité. C'était demander qu'il ne fût jamais
reconnu puisqu'il eût suffi d'une vojx, qui
aurait pu être celle de l'agresseur lui-même,
pour assurer l'impunité de I'agresseuri; Alors
un délégué français avait renversé le pro
blème : mettons, avait-il dit, qu'il faudra
l'unanimité pour décider qu'il n'y a pas eu
agression.
La commission approuva, peut-être par
surprise. Il semble qu'il y ait là des esprits
un peu lourds et peu familiers avec ces
•jeux d'école. A la réflexion, quelques-uns
d'entre eux ont dû s'apercevoir' de là subti
lité. Un journal "anglais a renversé à son
tour l'objection de la délégation française.
Une seule voix, avaient dit nos délégués,
peut empecher qu'une agression soit punie.
Lne seule voix, riposte le Daily Telegraph,
pourrait, dans la version nouvelle, obliger
les pays qui auraient voté contre à recon
naître un agresseur et à intervenir contre lui. ■
Les flottements des délégués britanniques
sont d'ailleurs curieux et constituent un bon
sujet d'observation. Les Anglais craignent
également de trop s'engager et de ruiner le
projet parce que ce projet doit conduire à
la Conférence du désarmement qui est leur
but. C'est pourquoi ils annulent le lende
main ce qu'ils ont dit la veille. Lord Par-
moor semblait avoir mis la flotte anglaise
à la disposition de la Ligue. Il s'est rétracté.
M. Henderson avait dit à son tour quelque
chose qui semblait signifier que le concours
de l'Angleterre avec toutes ses forces serait
acquis à la Ligue en cas d'agression. Avant-
hier, il a battu en retraite et ce travailliste
a parlé dans le même sens que M. Schanzer,
représentant de l'Italie et du gouvernement
fasciste : aucun Etat ne pèut abdiquer sa
souveraineté ; tout Etat doit rester juge de
la nature et de la mesure de son interven
tion. ' -
Sans nous étendre davantage, il est facile
de comprendre qu'un journal de juste-milieu
comme le Times ait pu écrire avant-hier :
Le plan de la Ligue paraît être une ten
tative d'esquiver les réalités immédiates...
S'il était pris trop au sérieux, il conduirait
certainement à des déceptions nouvelles et
multiplierait les périls qu'il est destiné à
prévenir ».
Il faudra encore, conclut le Times , au
lieu d'organiser la paix perpétuelle par la
guerre à la guerre, «considérer sérieuse
ment et pratiquement le problème limité et
défini de la sécurité dans l'Europe :oc~id?n-
tale ». C'est- à quoi tout se réduit, en elfe!,
et c'est aussi ce qui détermine à Genève les
réactions de tous les délégués. Rien cle
significatif comme l'expression dont s'est
servi le Suédois Branting et la distinction
qu'il a établie entre les Etats « non signa
taires des traites » et les autres. Ainsi il
subsiste, a l intérieur de la Ligue: une Ligue
des Neutres. La question de 1 întangibiliîé
des traites, qui est venue ivant-hier. est au
fond de tout. C est elle qui emerge toujours.
JuSqu iCi 1Cd..I, guv,^ fiauijuia Ont iCUSSl a
l'écarter. Elle reviendra malgré eux car
elle est imposée par leur propre sys
tème. — J. B.
CONTRE LA PERSECUTION
RELIGIEUSE.
LE TRAITE ANGLO-RUSSE
Une résolution
de la Chambre de Commerce
d'AIdershot
Londres, 26 septembre. — La Chambre
de commerce d'AIdershot a voté à l'una
nimité une résolution condamnant le trai
té anglo-russe et demandant au représen
tant de la circonscription au Parlement
de voter contre sa ratification.
Prochaine déclaration de M. Macdonald
Londres, 26 septembre. — On croit sa
voir que, dans le discours qu'il pronon
cera demain à Derby, M. Macdonald par
lera du traité anglo-russe et du plan
I)a\vcs, dans leurs rapports avec les in
dustries britanniques.
Il répondra ainsi aux critiques acerbes
des conservateurs et des libéraux.
L'AFFAIRE DU MULHOUSE
Le pirate Pliaff a été transféré à Brest
Brest, 26 septembre. — Le pirate Pliaff,
accusé d'avoir organisé le pillage dans
les eaux neutres de l'Atlantique ^u vapeur
français Mulhouse, chargé de 36.000 cais
ses de liqueurs, est arrivé aujourd'hui à
Brest et a été conduit au parquet du tri
bunal maritime, puis écroué a la prison
de Pontaniou.
Le capitaine de vaisseau Fournier pro
preté, à l'interrogatoire d'identité. Phaff
cédera demain, en présence d'un inter-
a choisi comme défenseur M' Gide, du
barreau de Paris.
Les Cardiiiatix français
adressent à 1. llerriot
une solennelle protestation
Le président du Conseil avait annoncé
qu'à son retour de Londres et de Genève
il s'occuperait des questions intérieures, •
c'est-à-dire qu'après avoir rapidement exa
miné le budget et cette terrible vie chère,
il passerait à la persécution religieuse.
Par la lettre dont nous donnons ci-des
sous le texte, les six cardinaux français
ont adressé au président du Conseil," au
chef du Cartel des gauches, un^avertis-
sement solennel et énergique :
Monsieur le président du Conseil,
Vous n'ignorez pas l'émotion profonde
causée chez les catholiques de France par
les passages de votre déclaration minis
térielle, relatifs à la suppression de l'am
bassade française auprès du Vatican, à
l'introduction* des lois « laïques » en Al
sace et en Lorraine, et à' l'application
stricte des lois existantes aiix congréga
tions religieuses.
Les cardinaux français, également dé
voués à l'Eglise et à là France, croient de
leur devoir de vous soumettre à ce sujet
quelques cohsidérations dont la gravité
ne vous échappera pas, et qui intéressent
en même temps leur foi religieuse et leur
patriotisme.
Les mesures prévues par votre gouver
nement, Monsieur le président du Conseil,
constituent de graves menaces pour la paix
intérieure ; pour la justice et la liberté ;
pour l'intérêt du pays, pour-la-considéra-
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