Titre : L'Action française : organe du nationalisme intégral / directeur politique : Henri Vaugeois ; rédacteur en chef : Léon Daudet
Auteur : Action française. Auteur du texte
Éditeur : Action française (Paris)
Date d'édition : 1924-09-13
Contributeur : Vaugeois, Henri (1864-1916). Directeur de publication
Contributeur : Daudet, Léon (1867-1942). Directeur de publication
Contributeur : Maurras, Charles (1868-1952). Directeur de publication
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 13 septembre 1924 13 septembre 1924
Description : 1924/09/13 (Numéro 257). 1924/09/13 (Numéro 257).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG87 Collection numérique : BIPFPIG87
Description : Collection numérique : BIPFPIG69 Collection numérique : BIPFPIG69
Droits : Consultable en ligne
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Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, GR FOL-LC2-6354
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 18/01/2011
ÎDix^septic^ë fcœneë -- N° 2571
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48oenlime«. Ssi*8 * t S bi*b-bt- O isb
SO centimes. D épartements bt C olohios
ABONNEMiSWTS s Uu/B. Sxtlfe WisW
France et Colonies. 48 fr. a 5 fr, j3 fr.
Etranger . Sa » fa p as »
Chèque postal i Compte 33 .900 Paris.
Samedi 13 septembre 1924
ORGANE DU NATIONALISME INTÉGRAL
« Tout ce qui est national est nôtre, »
Le Duc d'ORLÉANS 4
fcéHtier des quarante Rois qui en mille ans Cirent la France*
RÉDACTION & ADMINISTHAHO»?
ib, "ut âc Rome» PARIS 'fi*)
Adresse télégraphique . AC'i'î.OfttA.ft-PA.RïS
Téléphone Administration ; Louvre 96-69, *6*5° .
Rédaction : Central «75-44 Publicité • Central 7/1-77
Après ic beurec du ■soir : Scgur 31*6»
Registre do Commerça ; Seine N° nS-58.3
Fondateur t HENRI VAUGEOIS — Directeurs politiques,' LÉON DAUDET et CHARLES MALRRAS — Rédacteur en chef .« MAURICE PUJO
On lit dans la Croix,:
' - . \ * «. ■ ■ - v ,^. .
« Monseigneur de la Villeraliel nous adresse
à propots dès Qarisses d'Evian, une déclaration très
intéressante : les religieuses ont bien reçu l'ordre
de quitter leur couvent, mais elles ont refusé
d'obéir à l'injonction donnée ; elles n'obéiront
pas. » . . v:
COMMENT LES POLICIERS ONT TUE PHILIPPE
Quelques points acquis
(Suite)
Nous en étions demeurés au huitième
point, à l'adresse personnelle du contrô
leur général Lannes, beau-Frère de Poin-
caré, et qui n'a pas de bureau rue des
Saussaies. Cette adresse (38, boulevard
Rich ard-Lenoir) est, à la surveillance du
24 novembre, ce que l'adresse person
nelle de l'inspecteur Gagneux (118 bou
levard Magenta) est à l'arrêt, avant Lari-
boisière, du taxi de Bajot : une indica
tion de premier plan.
Il semblait invraisemblable que Lan
nes, ayant, de concert avec son indica
teur et voisin Flaoutter, monté la souri
cière du 24 novembre — avec la compli
cité de Marlier, directeur de la Sûreté
'générale — et étant.rentré chez lui, ce
même samedi à deux heures et demie,
n'eut pas la curiosité de voir comment
les-choses s'organisaient. Il eût été pluB
habile, et de beaucoup, de sa part, de
déposer qu'il avait "été, à deux pas de
chez lui, surveiller l'opération au début.
Mais, dans son trouble, il l'a nié devant
M. Barnaud. Il a osé, lui, haut fonction
naire, homme de métier, et qui sait ce
que parler veut dire, affirmer au magis
trat instructeur qu'il ne s'était plus oc
cupé,. ni le samedi, de deux heures et
demie au soir, ni le dimanche 25 no
vembre, de ce qui l'avait amené, le sa
medi avant deux heures et demie, à usur
per le rôle de la préfecture de Police.
. Ce n'est pçs tout : Lannes a osé éga
lement déclarer devant M. Barnaud qu'il
ne connaissait pas le nom du libraire,
Bon voisin immédiat, et auquel il avait
encore . commandé tout récennhent une
édition de Balzac ! Pourquoi, vous de-
manderez-vous, a-t-il avoué ce dernier
achat- ? Parce qu'il a eu peur que M.
Barnaud, poussant son investigation plus
loin, et examinant les livres et la compta
bilité de Flaoutter, ne tombât sur une
mention faite de cet achat et de cette Tt-
. vraison. Tout est calculé, dans le cas de
Lannes, avec la précision d'un scélérat
consommé, et je suis bien convaincu, et
tous, ceux qui suivent l'affaire sont bien
convaincus comme moi, qu'en matière de
crime ou délit, le beau-frère policier de
Poincaré n'en est pas à son coup d'es-
eai.
Marlier a déposé de son côté, devant
ïe juge, qu'à sept heures du soir, le jour
;dù meurtre de Philippe, Delange revenu
xue des Saussaies — où Lannes n'a pas
de bureau, et pour cause ! — a recher
ché le dossier de Flaoutter, et qu ? ils l'ont
examiné ensemble. Je me demande com
ment ce dossier n'a pas encore été sou
mis à M. Barnaud, qui y trouvera sans
doute quelques renseignements, non en
core fournis par l'effroyable personnage
qu'est l'indicateur libraire du 46 boule-
yard Beaumarchais.
On peut se rendre compte, par ce sim
ple trait, des difficultés que rencontre,
à chaque pas, la Justice, quand il s'ag'î
d'un crime de police. -Puisqu'on ce cas
la Police, au lieu de seconder la Justice,
l'entrave dè toutes les façons. C'est la
constatation du réseau de mensonges
dont il était environné qui a décidé M.
Barnaud à rechercher, par voie de per
quisition légale, jusque dans le bureau
(de Delange, ce fameux rapport de Ga-
'gneux à Delange, rapport ultra secret—
iévidemment détruit depuis — et où Ga
gneux expliquait sans doute à son patron
la coïncidence remarquable de son do
micile particulier, 118, boulevard Magen-
ita, et de l'emplacement, 124, boulevard
Magenta, où Philippe, au dire dè Bajot-
pe serait tiré un coup de pistolet !
Mais, outre cette difficulté de fond —
tet c'est ici le dixième point — un autre
obstacle, politique celui-là, se dressait
devant la justice : la volonté, manifestée
au conseil des ministres, et à trois repri
ses, la volonté cynique de Millerand de
garer Marlier à tout prix de toute inves
tigation gênante. Ancien rédacteur en
chef de la Lanterne , qui n'a jamais été
qu'un journal de police, depuis le temps
lointain d'Eugène Mayer, jusqu'à Fla-
chon et à Aristide Briand, Alexandre
Millerand n'est pas un enfant. H sait exa
miner un dossier d'instruction. Les ren
seignements publiés ici suffiraient am
plement à l'édifier sur le rôle de la po
lice politique dans le meurtre de Phi;
lippe, venant après le meurtre de Pla
teau.
Il a connu, par deux interpellations à
la Chambre—celle de M. Ferdinand Buis
son et la mienne — le rôle immonde de
son aini et protégé Marlier. Mais com
me il se croyait alors tout puissant, et
comme il avait, d'autre part, certaines
obligations à Marlier, du côté de son
fils Jean Millerand, il a froidement dé
cidé que le meurtre d'un enfant de qua
torze ans et demi, fils d'un écrivain roya
liste, ne comptait pas et que Marlier de
vait être maintenu en fonctions coûte
que coûte.
Comme Poincaré, alors président du
Conseil, ne voulait pas admettre, de son
côté, que son cher beau-frère Lannes fût
une sanglante crapule et le complice d'un
Flaoutter — alors que l'évidence le lui
criait chaque jour —- il y a lieu de s'é
tonner qu'un non-lieu n'ait pas été im-.
posé à M. Barnaud, dès le mois d'avril,
dès le remplacement de Colrat qui, lui,
est un honnête homme, par le tartufe li
béral Lefebvre du Prey. Ce non-lieu, la
presse dite d'information, qui tremble de
vant la Sûreté générale, comme devant
l'antichambre de n'importe quel minis--
tre, l'annonçait de semaine en semaine,
avec le chagrin manifeste qu'il fût encore
question du drame, et, que ma femme et
moi n'eussions pas encore pris notre par
ti de l'assassinat de notre enfant.
Mais, les voies de la Providence étant
inattendues et soudaines, ce'même Mil
lerand, qui se croyait inébranlable, et
omnipotent au point de maintenir deux
gredins qualifiés à la tête de la police
de sûreté, est descendu du fauteuil ély-.
séen comme un pleutre, sous les coups
de : botte de Pierre Bertrand, du Quo
tidien. Cependant que Raymond Poin
caré filait de son côté, à la façon d'un la
vement, sans même oser se faire renver
ser par la nouvelle Chambre Caillaux-
Malvy, dont son aveuglement stupide
avait permis le retour. Quelques semai
nes plus tard, son cher Sénat, suprême
espéranoe et suprême pensée, donnait
tout ses votes à Herriot « triumphator »
et laissait tomber l'infortuné Raymond.
Attendons-nous, un de-ces quatre matins
à le voir blackbouler par le conseil gé
néral de la Meuse, dans le même temps
que Doumic et Pinon lui montreront la
porte de la Revue des Deux Immondes.
Cette digression était nécessaire pour
fairè comprendre la ' profondeur du fos«
sé- creusé entrft le jugé' d'instruction et
•l'association de malfaiteurs î— hauts po
liciers et indicateurs du Libertaire — qui
a dévalisé, attiré dans un traquenard,-
puis, tué notre enfant. Je vaiq examiner
maintenant, à la lumière des dépositions,
quelques circonstances, matérielles et
morales, de cet effroyable forfait, jus
qu'ici demeuré dans l'ombré et qui ap-
- portent avec elles l'évidence. , ;
LéonDAUÛET.
UN GRAND MALHEUR
Marcel Azaïs
vient de mourir
« Montpellier, 21 h. 25. — Votre dévoué
« collaborateur et (uni Marcel Azaïs, étant
« chez ses parents à Pignan (Hérault) a
« été électrocuté cet après-midi, à 5 heu-
« res, en mettant en marche r.n moteur
« électrique. La mort a été instantanée.
« Agé de 30 ans, il laisse une femme' et
« un enfant en bas âge. » ,
Telle est la brève et tragique dépêche
que nous avons reçue hier soir.
Critique musical 1 de l'Action française,
Marcel Azaïs était également directeur et
seul rédacteur dé» Essais critiques, revue
qu'il avait fondée et que son talent avait
placé au premier rang des revues politi
ques et littéraires.
Royaliste dè tradition et de raison, Ora
teur brillant et conférencier plein de ver
ve et de suc, Marcel Azaïs avait porté
avec un égal succès dans toutes les pro
vinces françaises la! doctrine et les idées
de l'Action française pour lesquelles il ne
ménageait ni la peine, ni le travail;
Candidat aux dernières élections légis
latives, dans le deuxième secteur, sur les
listes de llUnion nationale révisionniste,
il avait, aux côtés de M* de Roux, sou* nu
(avec quelle carrure !) devant le peuple de
Paris les;idées de patriotisme, de hiérar
chie, d'ordre et d'autorité nécessaire,au sa
lut public ; et durant cette période. élec
torale, admirable mais dure, sa bonne hu
meur, sa verve, sa fougue lui avaient at
tiré les sympathies de totfs les points de
l'horizon politique. Enfin les étudiants
n'ont pas oublie les cour„ qu'il * ofessa
durant plusieurs années à l'Institut d'A.F.
sur Je mouvement et les hommes de l'Ac
tion française.
L'EMPRUNT MORGAN
Une demande d'interpellation
de M. Poitou-Duplessy
M. Poitou-Duplessy, député de la Cha
rente, a adressé hier au ministre des Fi
nances la lettre suivante :
Monsieur le Ministre,
J'ai l'honneur de vous aviser que je
dépose sur le bureau de la Chambre une
demande d'interpellation dont l'objet sera
de vous prier de donner les raisons qui
vous ont incité à autoriser la Banque de
France à renouveler l'emprunt « Morgan >
venant à, échéance le 12 courant, alors
que l'ancienne minorité devenue aujourd'
hui majorité gouvernementale, était netr
tement opposée à cette opération financiè
re, dont elle s'était fait un argument de
combat lors des élections de mai 1924
contre la majorité du Bloc national.
, Je vous prierai, Monsieur le ministre,
de vouloir bien répondre à cette demande
d'interpellation dès la rentrée des Cham
bres. .
LA POLITIQUE
I. Le silence du cimetière !
Toujours silence dans la presse. Tou
jours autour de nous la solitude de la rai
son. Mais l'isolement np nous a jamais
intimidés. Il n'y a pas de plus grand inté
rêt natioftal que celui que M; le général
Nollet est en traiu de compromettre si
gravement. Nous ne nous lasserons pas
de poser la question de sa compétence,
de son jugement, de ses facultés d'apprécia
tion et de prévision. Dans un monde où
tout est à feu, où la France excite des
jalousies et des convoitises universelles,
faire-porter l'économie sur le budget de la
guerre est une folie qui" conduira au cime
tière des millions "d'hommes de notre sang.
Personne ne crie. Nous crions.. Et les
journaux français qui ont le courage de
vendra trois ou quatre sous leurs numé-,
ros sans crier comme nous non seulement
volent leur public,, mais se rendent com
plices des mauvais bergers qui préparent
froidement cette, boucherie.
En 1900 et 1912, les politiciens radicaux
disaient : — Il n'y aura plus de guerre, les
budgets de. la guerre n'importent pas, cou
pons, tranchons, réduisons à plaisir.
En 1914, les politiciens radicaux n'ont
plus discuté l'utilité des armements et,
comme leur politique avait désarmé, ils
accusaient du désarmement les services du
ministère de la Guerre.
Après la-guerre, de 1918 à 1924, tant
qu'ils ont été la minorité, ils ont continué
à confesser l'utilité.des canons et des. ipu-
nitions et à rejeter loin d'eux la responsa
bilité de ces économies ruineuses.
Mais, depuis . le 11 mai - 1924, depuis
qu'ils ,sont la majorité, Tahtimilitarisme.
qui les gouverne ' redevient le plus fort,
ils recommencent à affirmer la théorie que
l'on peut ôter trois quarts de milliard au
budget de la" guerre sans toucher à un or
gane essentiel dè défe'nsé nationale et cette
théorie les .possède, si bien qu'au premier
manque d'argent qui. se fait sentir dans
leur poche, c'est cette théorie qu'ils pra
tiquent d'abord.
Il s'agit de ne pas laisser recommencer
cette, pratique. 1 Il s'agit de tout mettre en
œuvre pour empêcher la prochaine guerre
d'être faite avec d£S:poitrines..parce .qu'on
n'aura pas voulu donner assez d'argent
pour la faire avec du matériel.
II. Lettre d'un général
, Un chef militaire é'minent me fait l'hon
neur de m'écrire : ' • ■
■ Vous avez'' hautement i-aison-en signa-:
lant^çeMatins seul, dans toute la pfèbfë.
« nationaliste » française, —- la responsa
bilité qu'endossent le gouvernement et son
ministre de la Guerre quand ils réduisent
de 700 1 millions le budget de la guerre !
Vous, prenez acte de ce qu'il s'agit d'une
réduction d'ordre politique par rapport à
ce que. réclament lès techniciens, les ex
perts et les militaires. Ceux-ci sont hors de
cause... Oui, mais à condition que la vé
rité se fasse jour et que l'on sache sur
quoi ont porte ces réductions.
, Sinon, comme évidemment le ministre.
va se faire soumettre de nouvelles propo
sitions .par. ses bureaux (directions et
étçit-major de.-.l'armée) les politiciens et
parlementaires de l'avenir pourraient en
core une fois: répéter ce mensonge légal,
•qu'ils n'ont jamais rien refusé de ce qui
leur était demandé pour la ' défense na
tionale ! Mensonge légal puisque le minis
tre de la Guerre} homme politique en la
circonstance, obéissant à son président
du Conseil, donne Vordre à ses bureaux
de lui proposer des chapitres de budgets
réduits en conséquence de la réduction
totale exigée. Sur quels chapitres porte
ront ces réductions ? Il faudra le savoir,
on le saura, on vous le aira. -
Or, déjà, tous .les chefs de l'armée le
déclarent, que les crédits nécessaires à
l'instruction,, à l'entretien e£ à la prépa
ration à la mobilisation de l'armée sont
comprimés au point que l'organisme mi
litaire s'étiole. Sur quoi va-t-on réduire
l'effort financier ?
Sur les manœuvres? On n'en fait près*
que plus en France depuis la guerre alors
que les divisions alllemandes ont cette an
née-ci 50 jours de manœuvres l *
Sur le matériel d'instruction ? Sachez
que nos unités peuvent à peine faire leurs
tirs dans des stands ou champs de tir mal
organisés (faute de crédits). Notre instruc
tion des liaisons dont la guerre nous a rap
pelé la nécessité ne peut se faire faute
d'appareils, de fil, de matériel, etc. (cré
dits). • ■ ■ "
Sur la convocation des réservistes et
officiers de réserve ? Rien n'a pu être fait
cette année faute de crédits.
Sur ^habillement de nos soldats? //
est déjà plus que médiocre, mal fabriqué,
mal coupé et de mauvaise qualité faute de
crédits. •
Sur l'alimentation de nos hommes ?
Elle est déjà insuffisante en qualité et je
puis vous annoncer que si à ce point de
vue on n'augmente pas les crédits, les dif
ficultés vont devenir aiguës.
Sur la situation non pas seulement mo
rale, mais aussi matérielle de nos cadres ?
Il n'est guère possible pourtant de les plus
mal traiter qu'ils ne sont en ce moment.
Leur recrutement, leurs possibilités de
travail s'en ressentent.
On pourrait continuer ainsi en énumé-',
rant presque tous les chapitres du* budget
de la guerre.
..En sommes-nous déjà revenus à l'épo
que où nous avions des ministres de la
guerre : Picquart, Brun, qui acceptaient
toutes les réductions en disant : « Oui,
mais il n'y aura pas la guerre ! ! »
Or, la guerre est venue — malgré eux,
à cause d'eux peut-être — et le général
Nollet a-t-il oublié ce que c'est que la
guerre et ce qu'il a « contrôlé » à Ber
lin ?
En tout cas, dès maintenant, il faut éta
blir les responsabilités et dévoiler les res
ponsables.
C'est ce- que nous entreprenons quant
à nous. .
III. Le général Nollet ?
Mais comment est-il possible à des écri
vains patriotes de nous laisser l'honneur
et la. peine dé dénoncer tout seuls l'im
mense péril ? Ils ne sont pas dupes de Ge
nève. Ils lo disent, partout. Leur inquié
tudes, sont communiquées tous les jours à
leur public. -Pourquoi donc lui font-ils
mystère des conséquences de la déciskfn
consentie par le 'général Nollet ? Pour
quoi s'abstiennent-ils de poser devant toute
la France la question de confiance que
nous avons formulée avant-hier ?
M. le général Nollet est-il l'homme qui,
en 1914-, ne voulait entendre parler d'au
cun autre canon que le 75 et qui truquait
les expériences de tir d'artillerie plutôt
que de se rendre à l'évidence de la néces-
stié du canon lourd ? ■ ■
Et, si nos renseignements sont exacts,
si ; le général Nollet est bien l'homme de
cette erreur, de ce parti pris passionné,
est-il prudent de se fier à son jugement
dans une matière où les finances et la po
litique, l'intérêt de parti et l'idéalisme ré
publicain jouent un rôle de premier plan ?
IV. L'idéalisme républicain
Dix ans après la déclaration de guerre,
M. le garde des Sceaux Renoult vient d'a
voir l'impudence d'élever à un nouveau
grade dans la Légion d'honneur le conseil-
lelr aujourd'hui président Bard, le confl-
rdent et-le quasi complice-de Picquart : l'un
des hommes qui ont mené l'assaut le pliis
violent et le plus efficace contre la défense
nationale, l'armée et la patrie au temps,
de l'affaire Dreyfus.
Le nom de M. Bard est désigné à l'atten
tion des Français, beaucoup moins par "sa
plaque de grand-officier que pap les Forain
immortels dont il est le héros.
M. Bard appartient au groupe historique
de ceux qui ont désarmé leur pays devant
l'ennemi, les André, les Picquart, les Brun,
les Goiran, les Waldeck, les Combes. Est-
il de ceux qui ont voulu le faire ? Ou n'a-t- ;
il fait le mal que par irréflexion ou par ;
imprévoyance ? La destruction du service
des renseignements et l'amoindrissement
annuel du budget du matériel ont-ils été
œuvres de traîtres ou méprises de mala
droits ?
Les cas personnels importent fort peu.
Le fait est que tout s'est passé comme si
la France eût été la victime d'une trahi
son formelle, délibérée et concertée avec
ses ennemis. S'iLen a été autrement, c'est
bien pis ! C'est bien pis, si la faute en
revient tout -entière aux passions de parti
et à l'idéalisme républicain !
Là-dessus, ne nous montons pas le
bourrichon.'
Un idéalisme politique qui se trompe.et
qui trompe sur ses objets directs n'est
qu'un ramas d'idées fausses et de princi
pes controuvés, il n'y a pas à le ménagpr.
Le jour où Herriot se vanta de tempérer cet
idéalisme par un réalisme équivalent,
il dit une bêtise et il fit un. aveu: Quand
.elles sont vraies, lbs "idee'S sortent des cho
se;;. Elles sont naturellement conformes
à cette loi des choses qu'on appelle réa
lisme ou réalité. Jamais banquier de bonne
foi n'a eu, faisant ses comptes, à tempérer
la table de Pytagore par des vues plus
voisines de la réalité. Les principes justes
sont comme les aphorismes de la table de
multiplication. Us conduisent au réel, ils
l'éclairent, ils le débrouillent, ils aident
l'action au lieu de là gêner et de l'égarer.
Les tempéraments que préconise M. Her
riot signifient simplement qu'il sent l'ab
surdité de ses doctrines, qu'il n'ose pas
la confesser, mais qu'il discerne l'obliga
tion où il sera prochainement de . donner
des coups de pouce à ses principes pour
éviter le choc des démentis trop brutaux
dans l'ordre réel.
Cette prudence rèprésenteerait un pro
grès si elle ne coïncidait pas avec l'apolo
gie, avec l'apothéose d'un corps d'idées'
dont il doit reconnaître l'infirmité et la
nocivité pratiques.
V. Un pacifisme utilitaire
Cependant, les^ vrais idéalistes et lès
vrais praticiens habitent l'Angleterre, ' au
tour de M. Mac Donald : messieurs les An
glais professent la métaphysique et même
la théologie politique dans la mesure où
ce double opium destiné aux peuples du
continent, tourneboule ceux-ci au profit
de leur propre intérêt national. Le rédac
teur de la Gazette de Lausanne, qui signe
Éd. R., ne s'y^est pas trompé. Tandis que
1 e Journal^ed Genève engage des campa
gnes de plus en plus appuyées contre la vé-*
rité européenne et contre l'intérêt fran
çais, son confrère vaudois écrit avec une
entière indépendance dont il importe de
le' féliciter :
« Il me semble que, depuis l'entrevue de
Chequers où M. Herriot a acquiescé béné
volement au plan de M. Macdonald qui hl-
lait soulever l'opinion publique de la Fran
ce, jusqu'à la signature de l'accord de Lon-
. dres qui prive la Commission des répara
tions du plus clair de ses pouvoirs, met
l'Allémagne à l'abri des sanctions, as.?ure
l'évacuation économique de la Ruhr en at
tendant, à bref délai, l'évacuation militaire,
c'est, l'opinion de l'Angleterre qui a pré
valu. Sans doute, dans un moment diffi
cile, M. Macdonald s'est empressé de pas
ser le détroit pour venir ait secours.de son
collègue en détresse ;%mais il avait de bon
nes raisons pour cela et, dans la suite, il
n'a pas paru s'embarrasse r beaucoup des
engagements qu'il avait souscrits dans le,
mémorandum du 9 juillet. » '
L'arbitrage ? « L'Angleterre, qui a l'ha
bitude de parler haut, aurait quelque peine
à soumettre à des cours arbitrales les con-.
flits qui pourraient survenir aoec l'Afgha-
.nistan, l'Lthiapie, l'Egypte oc même' l'Ir-
' lande. Sa haute situation dans le monde g
survivrait malaisément. « En matière de
politique, disait le jurisconsulte Bièlfeld,
tout se réduit finalement à la puissance. »
C'est bien la loi qui a présidé à la forma-,
tion de l'empire britannique et qui le main-
tiint dans son contour prodigieux.
« Mais, en Europe, il faut que les armées
disparaissent... Quelle situation magnifique;
la Grande-Bretagne n'aura-t-elle pas en fa
ce d'une Europe impuissante l
« Le premier ministre anglais procédé
donc avec logique ; il a le grand avantage,
dans ses combinaisons, d'unir les intérêts
de son pays et les doctrines de la phi
lanthropie avec le but de cla^e... »
Nous ne saurions trop répéter qu'en fai
sant les affaires de son parti, M. Mac Do
nald comme M. Lloyd Georgç n'a cessé:
de subir l'impulsion de l'Office extérieuç,
de l'Office colonial et de l'Amirauté bri
tanniques. Son programme de'désarmement
continental et de navalisme impérial fait*
la preuve par neuf de cette vérité.
Charles MAURRAS
La Russie et la Géorgie
ou les deux internationales
Le socialisme, ayant grandi, transpose ses
divisions dans la politique universelle et il
ne la pacifie pas. La lutte que soutient la
Géorgie contre la Russie bolcheviste est
celle de la deuxième" Internationale contre
la troisième, l'Internationale de Moscou.
Hier soir, M. Renaudel, ami des Géorgiens,
comme M. Mac Donald et M. Vandervelde,
partait en guerre contre -M. Cachin. S'il y a
un jour une Croisade contre les Soviets,.qui
sait si elle ne sera pas prêchée par les socia
listes démocrates ? Ce n'est pas un symp
tôme médiocre que M. Paul-Boncour, à Ge
nève, ait fait honte à la Société dès Na
tions de son indifférence pour le drame de
la Géorgie.
Les Géorgiens veulent leur indépendance
qui a été reconnue par les puissances et que
les Russes leur ont ravie. Les bolcheviks
cherchent sans doute moins à persécuter les
mencheviks de Tiflis qu'à rester maîtres du
Caucase, de Batoum et du pétrole. Le Cau
case est, au Sud, le verrou de la Russie,
comme Reval et Riga en sont, au Nord, les
fenêtres. Jadis, l'Occident s'est ému en faveur
du Caucasien Schamyl qui résistait aux sol
dats du tsar comme M. Renaudel et M. Paul-
Boncour s'émeuvent en faveur des insurgés
géorgiens.
Schamyl, c'était au temps de- la guerre
de Crimée, lorsque la.France et l'Angleterre
étaient les alliées de la Turqifie contre le
tyran moscovite. Un libéral, un esprit avan
cé, au milieu du XVIII e siècle, était proturc
et antirusse. Or il est probable, et on le
croit fermement à Londres comme on le
croit à Moscou, que la révolte géorgienne
est entretenue par le gouvernement d'An
gora." Derrière la rivalité des socialistes et
des communistes, derrière le conflit des
deux Internationales, c'est, sous sa forme la
plus classique, celle de l'antagonisme russo-
turc, la question d'Orient qui vient de sè
ranimer.
Personne ne semble pressé d'entrer dans
ce guêpier, surtout à si peu de temps du
traité de Lausanne. Mais, par, une coïnci
dence que tout le monde remarque, Je
moment où les chefs socialistes adjurent le
monde de ne pas laisser périr la Géorgie
est celui où une Commission est nommée à
Paris pour étudier la reprise des relations
avec la Russie et la reconnaissance des
Soviets.
M. de Monzie, nommé président de cette
Commission, a un garant. C'est son livre,
Du Kremlin au Luxembourg , placé sous le
signe du réalisme. Il est allé à Moscou, il
a regardé la Russie en réaliste et, en réaliste
aussi, il a conclu que la France ne pouvait
pas ignorer la Russie parce qu'elle n'avait
pas la même notion de la ' propriété que
nous, les rois" de France ayant hien traité
avec le grand Turc, qui n'avait pas la même
religion qu'eux.
Tel étant le point de vue de M. de Mon
zie, on peut penser qu'il sera: un. pçu: moins
troublé qUe MM. Renaudel .et Paul-Boncour
par le drame géorgien. Mais il pourra en
être gêné. Il est curieux de constater qu'au
moment où le parti radical -veut''examiner
la reprise des relations avec la ..Russie
comme « une affaire » (c'est l'idée. que M.
Herriot, quand il était dans l'opposition, a
maintes fois exprimée), l'idéalisme socia
liste vient y mêler un élément sentimen
tal. — J. B. '
La retraite de M. Barrère
M. Camille Barrère, qui représentait la
France au Quirinal depuis le 29 décembre
1897. .vient .de demander à'être 'relevé ~de
ses fonctions. L'éminent ambassadeur Iais- ;
sèra dans < l'histoire diplomatique un très
grand souvenir. Né.en 1851 M. Barrère dé
lita en 1880 dans la carrière comme dé
légué à la commission européenne au Da
nube. En 1885 il fut nommé ministre plé
nipotentiaire à Stockholm. En 1888 il oc
cupa le .poste de Munich. En 1894, il fut
ambassadeur de France à Berne où il signa
l'accord commercial franco-suisse qui met
tait fin à une longue querelle douanière.
En 1897 M., Camille Barrère fut envoyé
à Rome. C'est lui l'auteur du rapproche
ment franco-italien qui rendit possible
l'entrée en guerre de l'ïlalie aux côtés des
Alliés. Pendant la conférence de Versail
les, M. Barrère fut l'un des rares diploma
tes qui vit clairement les erreurs qui
étaient commises. Ses avertissements, qui
n'ont pas manqué, n'ont pas été écoutés.
La politique que M. Paul Cambon suivit
à Londres, M. Barrère la suivit à Rome.
En 1914 et en 1915 on put en me
surer les heureux effets. Aujourd'hui que
M. Barrère veut se reposer des fatigues
d'une vie bien remplie, il n'est que juste
de rendre hommage à celui qui fut un
grand serviteur de la France.
A LYON
Les histoires de Tite-Live
Le Temps, qui n'emprunte ni à un jour
nal italien, ni à l'Action française le texte
authentique d'une lettre du professeur de
Martino en personne; au sujet de sa décou
verte, rapporte d'après la Gazette de Foss
l'opinion favorable d'un professeur alle
mand.
Les journaux italiens publient aujour
d'hui un communiqué du ministère de
l'Instruction publique. Le voici :
Lé surintendant des archives pour la
Campanie et la Galabre a rendu compte au
ministre de l'Instruction publique qu'il
a eu l'assurance que les manuscrits qui,
comme il a été affirmé, auraient été dé
couverts par le professeur de Martino Fus-
co et qui contiendraient l'œuvre de Tite
Live, se trouvent en lieu sûr. »
Le ministre, malgré cela, a télégraphié
au préfet de Naples de prendre des me
sures, avec l'assistance de son intendant
dés archives, pour que soit appliqué im
médiatement l'article 18 de la loi du 20
juin 1909.
Il est aussi notifié au professeur de Mar
tino Fusco l'obligation de révéler tous les
renseignements de temps et de lieu de
sa découverte afin que les autorités corn?
pétentes puissent procéder à l'examen
prescrit par la loi.
Son excellence, ce matin même, a con
féré sur cette grave question avec le séna
teur Cocchia, professeur de l'Université
royale de Naples, et lui a fait part de son
intention de nommer sur le champ une
commission qui sera présidée par le sé
nateur lui-même et dont fera partie le
professeur di Martino et qui sera char
gée de procéder aux premières vérifica
tions détaillées.
Les journaux commentent ce commu
nique : les manuscrits sont en sûreté,
donc ils existent, le ministre nomme^une
commission présidée par le maître* du
professeur di Martino et ne dérangerait
pas pour rien l'illustre personnage, le'^pro-
fesseur di Martino est maintenant considé
ré comme d'une valeur et d'une probité
au-dessus de tout soupçon. .
MOTION FRANÇAISE DU DIMANCHE
HEDUOMADAjlltË RURAL >
ABONNEMENTS;
Un an 10 »
Six mois 5 50
Le numéro : 20 centimes
Un congrès
de renseignement libre
Le 8 e congrès national de l'Enseigne
ment libre, qui vient de se tenir à Lyon,
sous la présidence de S. E. ' le cardinal
Maurin,-mérite de retenir l'attention au
tant pour l'opportunité des sujcts*traités
que pour l'importance des décisions pri
ses. Un problème domina tous les autres :
celui des lois dites intangibles dont deux
rapports remarquables, l'un" do M' Moni-
court, du barreau de Lyon, loutre de M.«
Henri Poupon, le grand industriel de Di
jon, furent étudiés successivement : l'ori
gine de ces lois, leurs raisons-philosophi- .
ques^. leur historique, leurS coriséquerices,
les moyens de les combattre victorieuse
ment. \ V. " "
M c Monicourt établit qu'auctme loi ne
peut être dite intangible mais que si les
lois laïques/sont considérées: :£0«ûiie tel- '
les, c'est -parce que -leurs ;-auteurs .en vi
vent. Us se refusent donc toujours à les
abroger. Ils les aggravent' au besoin. M$is
rien n'autorise les catholiques à profes-
sor le moindre respect pour cette législa
tion athée. « Nous ne pouvons, catholi
ques et Français, admettre l'apostasie offi
cielle que ces lois comportent.-Notre de
voir est d'en réclamer l'abrogation.: Et
l'orateur d'évoquer le. souvenir des .grands
ancêtres (les vrais) qui, en 1793, n'hésitè
rent pas à défendre leurs libertés, les ar
mes a là main.
M. Henri Poupon, après avoir dénoncé
l'origine révolutionnaire et anticléricale ,
des lois laïques, définit les buts pratiques
que les catholiques doivent se proposer :
a) Buts prochains : Conserver et amé
nager ce qui nous reste de libertés, sco
laires. Utiliser certaines lois ef'jurispru-
dénees récentes du droit commun, entre
autres :
La loi du 2 juillet 1901 sur les associa
tions ;
La loi du 12 mars 1920, extensive de cel
le, de 1884 sur les syndicats et unions de
syndicats professionnels ; . -
La loi du 25 juillet 1919 (Loi Astier) orga
nisant l'enseignement technique et com
mercial ;
La loi de finances de 1923, créant et dotant
une caisse nationale de prêts d'honeur
aux étudiants ; ■ '
Les lois diverses sur les Pupilles de la
nation ;
La jurisprudence constante du Conseil
■ d'Etat permettant une répartition pro-
• portionnelle scolaire réduite s'àppli-
quant aux enfants de toutes les écoles.
b) Buts à échéances plus ou moins loin
taines : ' '
Obtenir qu'une législation libérale (Com
me celle de la loi belge du 27 juin 1920)' re
connaisse à toutes lés associations en rè
gle avec la loi, le droit de recevoir des
fondations, sans entraves administratives
et exemptes de droits de mutation et de
mainmorte, à la seule condition qu'elles
ne poursuivent pas un but lucratif — cl
que l'avenir des fondations et les volontés
des fondateurs soient assurés par cette
loi. ,
Restituer le droit d'enseigner aux mem
bres des congrégations religieuses — et
d'abord aux religieux anciens combat
tants ;
Autoriser le retour des congrégations
enseignantes et leur restituer le droit de
tenir écoles, sous un régime de droit com
mun — et d'abord pour la formation dé
ceux de-leurs sujets qu'elles destinent aux
missions ;
Réclamer la R. P. S. intégrale ;
Réclamer le droit pour toutes les éco
les à participer à la « Cajsse des Ecoles » ;
Rendre aux communes le droit de choi
sir leurs écoles, confessionnelles ou laï-v
ques ;
Assurer aux minorités le droit d'exiger
l'ouverture d'écoles de leur choix.
M. Poupon, très appraudi, fit également
admettre qu'une campagne d'opinion fût
VM j
48oenlime«. Ssi*8 * t S bi*b-bt- O isb
SO centimes. D épartements bt C olohios
ABONNEMiSWTS s Uu/B. Sxtlfe WisW
France et Colonies. 48 fr. a 5 fr, j3 fr.
Etranger . Sa » fa p as »
Chèque postal i Compte 33 .900 Paris.
Samedi 13 septembre 1924
ORGANE DU NATIONALISME INTÉGRAL
« Tout ce qui est national est nôtre, »
Le Duc d'ORLÉANS 4
fcéHtier des quarante Rois qui en mille ans Cirent la France*
RÉDACTION & ADMINISTHAHO»?
ib, "ut âc Rome» PARIS 'fi*)
Adresse télégraphique . AC'i'î.OfttA.ft-PA.RïS
Téléphone Administration ; Louvre 96-69, *6*5° .
Rédaction : Central «75-44 Publicité • Central 7/1-77
Après ic beurec du ■soir : Scgur 31*6»
Registre do Commerça ; Seine N° nS-58.3
Fondateur t HENRI VAUGEOIS — Directeurs politiques,' LÉON DAUDET et CHARLES MALRRAS — Rédacteur en chef .« MAURICE PUJO
On lit dans la Croix,:
' - . \ * «. ■ ■ - v ,^. .
« Monseigneur de la Villeraliel nous adresse
à propots dès Qarisses d'Evian, une déclaration très
intéressante : les religieuses ont bien reçu l'ordre
de quitter leur couvent, mais elles ont refusé
d'obéir à l'injonction donnée ; elles n'obéiront
pas. » . . v:
COMMENT LES POLICIERS ONT TUE PHILIPPE
Quelques points acquis
(Suite)
Nous en étions demeurés au huitième
point, à l'adresse personnelle du contrô
leur général Lannes, beau-Frère de Poin-
caré, et qui n'a pas de bureau rue des
Saussaies. Cette adresse (38, boulevard
Rich ard-Lenoir) est, à la surveillance du
24 novembre, ce que l'adresse person
nelle de l'inspecteur Gagneux (118 bou
levard Magenta) est à l'arrêt, avant Lari-
boisière, du taxi de Bajot : une indica
tion de premier plan.
Il semblait invraisemblable que Lan
nes, ayant, de concert avec son indica
teur et voisin Flaoutter, monté la souri
cière du 24 novembre — avec la compli
cité de Marlier, directeur de la Sûreté
'générale — et étant.rentré chez lui, ce
même samedi à deux heures et demie,
n'eut pas la curiosité de voir comment
les-choses s'organisaient. Il eût été pluB
habile, et de beaucoup, de sa part, de
déposer qu'il avait "été, à deux pas de
chez lui, surveiller l'opération au début.
Mais, dans son trouble, il l'a nié devant
M. Barnaud. Il a osé, lui, haut fonction
naire, homme de métier, et qui sait ce
que parler veut dire, affirmer au magis
trat instructeur qu'il ne s'était plus oc
cupé,. ni le samedi, de deux heures et
demie au soir, ni le dimanche 25 no
vembre, de ce qui l'avait amené, le sa
medi avant deux heures et demie, à usur
per le rôle de la préfecture de Police.
. Ce n'est pçs tout : Lannes a osé éga
lement déclarer devant M. Barnaud qu'il
ne connaissait pas le nom du libraire,
Bon voisin immédiat, et auquel il avait
encore . commandé tout récennhent une
édition de Balzac ! Pourquoi, vous de-
manderez-vous, a-t-il avoué ce dernier
achat- ? Parce qu'il a eu peur que M.
Barnaud, poussant son investigation plus
loin, et examinant les livres et la compta
bilité de Flaoutter, ne tombât sur une
mention faite de cet achat et de cette Tt-
. vraison. Tout est calculé, dans le cas de
Lannes, avec la précision d'un scélérat
consommé, et je suis bien convaincu, et
tous, ceux qui suivent l'affaire sont bien
convaincus comme moi, qu'en matière de
crime ou délit, le beau-frère policier de
Poincaré n'en est pas à son coup d'es-
eai.
Marlier a déposé de son côté, devant
ïe juge, qu'à sept heures du soir, le jour
;dù meurtre de Philippe, Delange revenu
xue des Saussaies — où Lannes n'a pas
de bureau, et pour cause ! — a recher
ché le dossier de Flaoutter, et qu ? ils l'ont
examiné ensemble. Je me demande com
ment ce dossier n'a pas encore été sou
mis à M. Barnaud, qui y trouvera sans
doute quelques renseignements, non en
core fournis par l'effroyable personnage
qu'est l'indicateur libraire du 46 boule-
yard Beaumarchais.
On peut se rendre compte, par ce sim
ple trait, des difficultés que rencontre,
à chaque pas, la Justice, quand il s'ag'î
d'un crime de police. -Puisqu'on ce cas
la Police, au lieu de seconder la Justice,
l'entrave dè toutes les façons. C'est la
constatation du réseau de mensonges
dont il était environné qui a décidé M.
Barnaud à rechercher, par voie de per
quisition légale, jusque dans le bureau
(de Delange, ce fameux rapport de Ga-
'gneux à Delange, rapport ultra secret—
iévidemment détruit depuis — et où Ga
gneux expliquait sans doute à son patron
la coïncidence remarquable de son do
micile particulier, 118, boulevard Magen-
ita, et de l'emplacement, 124, boulevard
Magenta, où Philippe, au dire dè Bajot-
pe serait tiré un coup de pistolet !
Mais, outre cette difficulté de fond —
tet c'est ici le dixième point — un autre
obstacle, politique celui-là, se dressait
devant la justice : la volonté, manifestée
au conseil des ministres, et à trois repri
ses, la volonté cynique de Millerand de
garer Marlier à tout prix de toute inves
tigation gênante. Ancien rédacteur en
chef de la Lanterne , qui n'a jamais été
qu'un journal de police, depuis le temps
lointain d'Eugène Mayer, jusqu'à Fla-
chon et à Aristide Briand, Alexandre
Millerand n'est pas un enfant. H sait exa
miner un dossier d'instruction. Les ren
seignements publiés ici suffiraient am
plement à l'édifier sur le rôle de la po
lice politique dans le meurtre de Phi;
lippe, venant après le meurtre de Pla
teau.
Il a connu, par deux interpellations à
la Chambre—celle de M. Ferdinand Buis
son et la mienne — le rôle immonde de
son aini et protégé Marlier. Mais com
me il se croyait alors tout puissant, et
comme il avait, d'autre part, certaines
obligations à Marlier, du côté de son
fils Jean Millerand, il a froidement dé
cidé que le meurtre d'un enfant de qua
torze ans et demi, fils d'un écrivain roya
liste, ne comptait pas et que Marlier de
vait être maintenu en fonctions coûte
que coûte.
Comme Poincaré, alors président du
Conseil, ne voulait pas admettre, de son
côté, que son cher beau-frère Lannes fût
une sanglante crapule et le complice d'un
Flaoutter — alors que l'évidence le lui
criait chaque jour —- il y a lieu de s'é
tonner qu'un non-lieu n'ait pas été im-.
posé à M. Barnaud, dès le mois d'avril,
dès le remplacement de Colrat qui, lui,
est un honnête homme, par le tartufe li
béral Lefebvre du Prey. Ce non-lieu, la
presse dite d'information, qui tremble de
vant la Sûreté générale, comme devant
l'antichambre de n'importe quel minis--
tre, l'annonçait de semaine en semaine,
avec le chagrin manifeste qu'il fût encore
question du drame, et, que ma femme et
moi n'eussions pas encore pris notre par
ti de l'assassinat de notre enfant.
Mais, les voies de la Providence étant
inattendues et soudaines, ce'même Mil
lerand, qui se croyait inébranlable, et
omnipotent au point de maintenir deux
gredins qualifiés à la tête de la police
de sûreté, est descendu du fauteuil ély-.
séen comme un pleutre, sous les coups
de : botte de Pierre Bertrand, du Quo
tidien. Cependant que Raymond Poin
caré filait de son côté, à la façon d'un la
vement, sans même oser se faire renver
ser par la nouvelle Chambre Caillaux-
Malvy, dont son aveuglement stupide
avait permis le retour. Quelques semai
nes plus tard, son cher Sénat, suprême
espéranoe et suprême pensée, donnait
tout ses votes à Herriot « triumphator »
et laissait tomber l'infortuné Raymond.
Attendons-nous, un de-ces quatre matins
à le voir blackbouler par le conseil gé
néral de la Meuse, dans le même temps
que Doumic et Pinon lui montreront la
porte de la Revue des Deux Immondes.
Cette digression était nécessaire pour
fairè comprendre la ' profondeur du fos«
sé- creusé entrft le jugé' d'instruction et
•l'association de malfaiteurs î— hauts po
liciers et indicateurs du Libertaire — qui
a dévalisé, attiré dans un traquenard,-
puis, tué notre enfant. Je vaiq examiner
maintenant, à la lumière des dépositions,
quelques circonstances, matérielles et
morales, de cet effroyable forfait, jus
qu'ici demeuré dans l'ombré et qui ap-
- portent avec elles l'évidence. , ;
LéonDAUÛET.
UN GRAND MALHEUR
Marcel Azaïs
vient de mourir
« Montpellier, 21 h. 25. — Votre dévoué
« collaborateur et (uni Marcel Azaïs, étant
« chez ses parents à Pignan (Hérault) a
« été électrocuté cet après-midi, à 5 heu-
« res, en mettant en marche r.n moteur
« électrique. La mort a été instantanée.
« Agé de 30 ans, il laisse une femme' et
« un enfant en bas âge. » ,
Telle est la brève et tragique dépêche
que nous avons reçue hier soir.
Critique musical 1 de l'Action française,
Marcel Azaïs était également directeur et
seul rédacteur dé» Essais critiques, revue
qu'il avait fondée et que son talent avait
placé au premier rang des revues politi
ques et littéraires.
Royaliste dè tradition et de raison, Ora
teur brillant et conférencier plein de ver
ve et de suc, Marcel Azaïs avait porté
avec un égal succès dans toutes les pro
vinces françaises la! doctrine et les idées
de l'Action française pour lesquelles il ne
ménageait ni la peine, ni le travail;
Candidat aux dernières élections légis
latives, dans le deuxième secteur, sur les
listes de llUnion nationale révisionniste,
il avait, aux côtés de M* de Roux, sou* nu
(avec quelle carrure !) devant le peuple de
Paris les;idées de patriotisme, de hiérar
chie, d'ordre et d'autorité nécessaire,au sa
lut public ; et durant cette période. élec
torale, admirable mais dure, sa bonne hu
meur, sa verve, sa fougue lui avaient at
tiré les sympathies de totfs les points de
l'horizon politique. Enfin les étudiants
n'ont pas oublie les cour„ qu'il * ofessa
durant plusieurs années à l'Institut d'A.F.
sur Je mouvement et les hommes de l'Ac
tion française.
L'EMPRUNT MORGAN
Une demande d'interpellation
de M. Poitou-Duplessy
M. Poitou-Duplessy, député de la Cha
rente, a adressé hier au ministre des Fi
nances la lettre suivante :
Monsieur le Ministre,
J'ai l'honneur de vous aviser que je
dépose sur le bureau de la Chambre une
demande d'interpellation dont l'objet sera
de vous prier de donner les raisons qui
vous ont incité à autoriser la Banque de
France à renouveler l'emprunt « Morgan >
venant à, échéance le 12 courant, alors
que l'ancienne minorité devenue aujourd'
hui majorité gouvernementale, était netr
tement opposée à cette opération financiè
re, dont elle s'était fait un argument de
combat lors des élections de mai 1924
contre la majorité du Bloc national.
, Je vous prierai, Monsieur le ministre,
de vouloir bien répondre à cette demande
d'interpellation dès la rentrée des Cham
bres. .
LA POLITIQUE
I. Le silence du cimetière !
Toujours silence dans la presse. Tou
jours autour de nous la solitude de la rai
son. Mais l'isolement np nous a jamais
intimidés. Il n'y a pas de plus grand inté
rêt natioftal que celui que M; le général
Nollet est en traiu de compromettre si
gravement. Nous ne nous lasserons pas
de poser la question de sa compétence,
de son jugement, de ses facultés d'apprécia
tion et de prévision. Dans un monde où
tout est à feu, où la France excite des
jalousies et des convoitises universelles,
faire-porter l'économie sur le budget de la
guerre est une folie qui" conduira au cime
tière des millions "d'hommes de notre sang.
Personne ne crie. Nous crions.. Et les
journaux français qui ont le courage de
vendra trois ou quatre sous leurs numé-,
ros sans crier comme nous non seulement
volent leur public,, mais se rendent com
plices des mauvais bergers qui préparent
froidement cette, boucherie.
En 1900 et 1912, les politiciens radicaux
disaient : — Il n'y aura plus de guerre, les
budgets de. la guerre n'importent pas, cou
pons, tranchons, réduisons à plaisir.
En 1914, les politiciens radicaux n'ont
plus discuté l'utilité des armements et,
comme leur politique avait désarmé, ils
accusaient du désarmement les services du
ministère de la Guerre.
Après la-guerre, de 1918 à 1924, tant
qu'ils ont été la minorité, ils ont continué
à confesser l'utilité.des canons et des. ipu-
nitions et à rejeter loin d'eux la responsa
bilité de ces économies ruineuses.
Mais, depuis . le 11 mai - 1924, depuis
qu'ils ,sont la majorité, Tahtimilitarisme.
qui les gouverne ' redevient le plus fort,
ils recommencent à affirmer la théorie que
l'on peut ôter trois quarts de milliard au
budget de la" guerre sans toucher à un or
gane essentiel dè défe'nsé nationale et cette
théorie les .possède, si bien qu'au premier
manque d'argent qui. se fait sentir dans
leur poche, c'est cette théorie qu'ils pra
tiquent d'abord.
Il s'agit de ne pas laisser recommencer
cette, pratique. 1 Il s'agit de tout mettre en
œuvre pour empêcher la prochaine guerre
d'être faite avec d£S:poitrines..parce .qu'on
n'aura pas voulu donner assez d'argent
pour la faire avec du matériel.
II. Lettre d'un général
, Un chef militaire é'minent me fait l'hon
neur de m'écrire : ' • ■
■ Vous avez'' hautement i-aison-en signa-:
lant^çeMatins seul, dans toute la pfèbfë.
« nationaliste » française, —- la responsa
bilité qu'endossent le gouvernement et son
ministre de la Guerre quand ils réduisent
de 700 1 millions le budget de la guerre !
Vous, prenez acte de ce qu'il s'agit d'une
réduction d'ordre politique par rapport à
ce que. réclament lès techniciens, les ex
perts et les militaires. Ceux-ci sont hors de
cause... Oui, mais à condition que la vé
rité se fasse jour et que l'on sache sur
quoi ont porte ces réductions.
, Sinon, comme évidemment le ministre.
va se faire soumettre de nouvelles propo
sitions .par. ses bureaux (directions et
étçit-major de.-.l'armée) les politiciens et
parlementaires de l'avenir pourraient en
core une fois: répéter ce mensonge légal,
•qu'ils n'ont jamais rien refusé de ce qui
leur était demandé pour la ' défense na
tionale ! Mensonge légal puisque le minis
tre de la Guerre} homme politique en la
circonstance, obéissant à son président
du Conseil, donne Vordre à ses bureaux
de lui proposer des chapitres de budgets
réduits en conséquence de la réduction
totale exigée. Sur quels chapitres porte
ront ces réductions ? Il faudra le savoir,
on le saura, on vous le aira. -
Or, déjà, tous .les chefs de l'armée le
déclarent, que les crédits nécessaires à
l'instruction,, à l'entretien e£ à la prépa
ration à la mobilisation de l'armée sont
comprimés au point que l'organisme mi
litaire s'étiole. Sur quoi va-t-on réduire
l'effort financier ?
Sur les manœuvres? On n'en fait près*
que plus en France depuis la guerre alors
que les divisions alllemandes ont cette an
née-ci 50 jours de manœuvres l *
Sur le matériel d'instruction ? Sachez
que nos unités peuvent à peine faire leurs
tirs dans des stands ou champs de tir mal
organisés (faute de crédits). Notre instruc
tion des liaisons dont la guerre nous a rap
pelé la nécessité ne peut se faire faute
d'appareils, de fil, de matériel, etc. (cré
dits). • ■ ■ "
Sur la convocation des réservistes et
officiers de réserve ? Rien n'a pu être fait
cette année faute de crédits.
Sur ^habillement de nos soldats? //
est déjà plus que médiocre, mal fabriqué,
mal coupé et de mauvaise qualité faute de
crédits. •
Sur l'alimentation de nos hommes ?
Elle est déjà insuffisante en qualité et je
puis vous annoncer que si à ce point de
vue on n'augmente pas les crédits, les dif
ficultés vont devenir aiguës.
Sur la situation non pas seulement mo
rale, mais aussi matérielle de nos cadres ?
Il n'est guère possible pourtant de les plus
mal traiter qu'ils ne sont en ce moment.
Leur recrutement, leurs possibilités de
travail s'en ressentent.
On pourrait continuer ainsi en énumé-',
rant presque tous les chapitres du* budget
de la guerre.
..En sommes-nous déjà revenus à l'épo
que où nous avions des ministres de la
guerre : Picquart, Brun, qui acceptaient
toutes les réductions en disant : « Oui,
mais il n'y aura pas la guerre ! ! »
Or, la guerre est venue — malgré eux,
à cause d'eux peut-être — et le général
Nollet a-t-il oublié ce que c'est que la
guerre et ce qu'il a « contrôlé » à Ber
lin ?
En tout cas, dès maintenant, il faut éta
blir les responsabilités et dévoiler les res
ponsables.
C'est ce- que nous entreprenons quant
à nous. .
III. Le général Nollet ?
Mais comment est-il possible à des écri
vains patriotes de nous laisser l'honneur
et la. peine dé dénoncer tout seuls l'im
mense péril ? Ils ne sont pas dupes de Ge
nève. Ils lo disent, partout. Leur inquié
tudes, sont communiquées tous les jours à
leur public. -Pourquoi donc lui font-ils
mystère des conséquences de la déciskfn
consentie par le 'général Nollet ? Pour
quoi s'abstiennent-ils de poser devant toute
la France la question de confiance que
nous avons formulée avant-hier ?
M. le général Nollet est-il l'homme qui,
en 1914-, ne voulait entendre parler d'au
cun autre canon que le 75 et qui truquait
les expériences de tir d'artillerie plutôt
que de se rendre à l'évidence de la néces-
stié du canon lourd ? ■ ■
Et, si nos renseignements sont exacts,
si ; le général Nollet est bien l'homme de
cette erreur, de ce parti pris passionné,
est-il prudent de se fier à son jugement
dans une matière où les finances et la po
litique, l'intérêt de parti et l'idéalisme ré
publicain jouent un rôle de premier plan ?
IV. L'idéalisme républicain
Dix ans après la déclaration de guerre,
M. le garde des Sceaux Renoult vient d'a
voir l'impudence d'élever à un nouveau
grade dans la Légion d'honneur le conseil-
lelr aujourd'hui président Bard, le confl-
rdent et-le quasi complice-de Picquart : l'un
des hommes qui ont mené l'assaut le pliis
violent et le plus efficace contre la défense
nationale, l'armée et la patrie au temps,
de l'affaire Dreyfus.
Le nom de M. Bard est désigné à l'atten
tion des Français, beaucoup moins par "sa
plaque de grand-officier que pap les Forain
immortels dont il est le héros.
M. Bard appartient au groupe historique
de ceux qui ont désarmé leur pays devant
l'ennemi, les André, les Picquart, les Brun,
les Goiran, les Waldeck, les Combes. Est-
il de ceux qui ont voulu le faire ? Ou n'a-t- ;
il fait le mal que par irréflexion ou par ;
imprévoyance ? La destruction du service
des renseignements et l'amoindrissement
annuel du budget du matériel ont-ils été
œuvres de traîtres ou méprises de mala
droits ?
Les cas personnels importent fort peu.
Le fait est que tout s'est passé comme si
la France eût été la victime d'une trahi
son formelle, délibérée et concertée avec
ses ennemis. S'iLen a été autrement, c'est
bien pis ! C'est bien pis, si la faute en
revient tout -entière aux passions de parti
et à l'idéalisme républicain !
Là-dessus, ne nous montons pas le
bourrichon.'
Un idéalisme politique qui se trompe.et
qui trompe sur ses objets directs n'est
qu'un ramas d'idées fausses et de princi
pes controuvés, il n'y a pas à le ménagpr.
Le jour où Herriot se vanta de tempérer cet
idéalisme par un réalisme équivalent,
il dit une bêtise et il fit un. aveu: Quand
.elles sont vraies, lbs "idee'S sortent des cho
se;;. Elles sont naturellement conformes
à cette loi des choses qu'on appelle réa
lisme ou réalité. Jamais banquier de bonne
foi n'a eu, faisant ses comptes, à tempérer
la table de Pytagore par des vues plus
voisines de la réalité. Les principes justes
sont comme les aphorismes de la table de
multiplication. Us conduisent au réel, ils
l'éclairent, ils le débrouillent, ils aident
l'action au lieu de là gêner et de l'égarer.
Les tempéraments que préconise M. Her
riot signifient simplement qu'il sent l'ab
surdité de ses doctrines, qu'il n'ose pas
la confesser, mais qu'il discerne l'obliga
tion où il sera prochainement de . donner
des coups de pouce à ses principes pour
éviter le choc des démentis trop brutaux
dans l'ordre réel.
Cette prudence rèprésenteerait un pro
grès si elle ne coïncidait pas avec l'apolo
gie, avec l'apothéose d'un corps d'idées'
dont il doit reconnaître l'infirmité et la
nocivité pratiques.
V. Un pacifisme utilitaire
Cependant, les^ vrais idéalistes et lès
vrais praticiens habitent l'Angleterre, ' au
tour de M. Mac Donald : messieurs les An
glais professent la métaphysique et même
la théologie politique dans la mesure où
ce double opium destiné aux peuples du
continent, tourneboule ceux-ci au profit
de leur propre intérêt national. Le rédac
teur de la Gazette de Lausanne, qui signe
Éd. R., ne s'y^est pas trompé. Tandis que
1 e Journal^ed Genève engage des campa
gnes de plus en plus appuyées contre la vé-*
rité européenne et contre l'intérêt fran
çais, son confrère vaudois écrit avec une
entière indépendance dont il importe de
le' féliciter :
« Il me semble que, depuis l'entrevue de
Chequers où M. Herriot a acquiescé béné
volement au plan de M. Macdonald qui hl-
lait soulever l'opinion publique de la Fran
ce, jusqu'à la signature de l'accord de Lon-
. dres qui prive la Commission des répara
tions du plus clair de ses pouvoirs, met
l'Allémagne à l'abri des sanctions, as.?ure
l'évacuation économique de la Ruhr en at
tendant, à bref délai, l'évacuation militaire,
c'est, l'opinion de l'Angleterre qui a pré
valu. Sans doute, dans un moment diffi
cile, M. Macdonald s'est empressé de pas
ser le détroit pour venir ait secours.de son
collègue en détresse ;%mais il avait de bon
nes raisons pour cela et, dans la suite, il
n'a pas paru s'embarrasse r beaucoup des
engagements qu'il avait souscrits dans le,
mémorandum du 9 juillet. » '
L'arbitrage ? « L'Angleterre, qui a l'ha
bitude de parler haut, aurait quelque peine
à soumettre à des cours arbitrales les con-.
flits qui pourraient survenir aoec l'Afgha-
.nistan, l'Lthiapie, l'Egypte oc même' l'Ir-
' lande. Sa haute situation dans le monde g
survivrait malaisément. « En matière de
politique, disait le jurisconsulte Bièlfeld,
tout se réduit finalement à la puissance. »
C'est bien la loi qui a présidé à la forma-,
tion de l'empire britannique et qui le main-
tiint dans son contour prodigieux.
« Mais, en Europe, il faut que les armées
disparaissent... Quelle situation magnifique;
la Grande-Bretagne n'aura-t-elle pas en fa
ce d'une Europe impuissante l
« Le premier ministre anglais procédé
donc avec logique ; il a le grand avantage,
dans ses combinaisons, d'unir les intérêts
de son pays et les doctrines de la phi
lanthropie avec le but de cla^e... »
Nous ne saurions trop répéter qu'en fai
sant les affaires de son parti, M. Mac Do
nald comme M. Lloyd Georgç n'a cessé:
de subir l'impulsion de l'Office extérieuç,
de l'Office colonial et de l'Amirauté bri
tanniques. Son programme de'désarmement
continental et de navalisme impérial fait*
la preuve par neuf de cette vérité.
Charles MAURRAS
La Russie et la Géorgie
ou les deux internationales
Le socialisme, ayant grandi, transpose ses
divisions dans la politique universelle et il
ne la pacifie pas. La lutte que soutient la
Géorgie contre la Russie bolcheviste est
celle de la deuxième" Internationale contre
la troisième, l'Internationale de Moscou.
Hier soir, M. Renaudel, ami des Géorgiens,
comme M. Mac Donald et M. Vandervelde,
partait en guerre contre -M. Cachin. S'il y a
un jour une Croisade contre les Soviets,.qui
sait si elle ne sera pas prêchée par les socia
listes démocrates ? Ce n'est pas un symp
tôme médiocre que M. Paul-Boncour, à Ge
nève, ait fait honte à la Société dès Na
tions de son indifférence pour le drame de
la Géorgie.
Les Géorgiens veulent leur indépendance
qui a été reconnue par les puissances et que
les Russes leur ont ravie. Les bolcheviks
cherchent sans doute moins à persécuter les
mencheviks de Tiflis qu'à rester maîtres du
Caucase, de Batoum et du pétrole. Le Cau
case est, au Sud, le verrou de la Russie,
comme Reval et Riga en sont, au Nord, les
fenêtres. Jadis, l'Occident s'est ému en faveur
du Caucasien Schamyl qui résistait aux sol
dats du tsar comme M. Renaudel et M. Paul-
Boncour s'émeuvent en faveur des insurgés
géorgiens.
Schamyl, c'était au temps de- la guerre
de Crimée, lorsque la.France et l'Angleterre
étaient les alliées de la Turqifie contre le
tyran moscovite. Un libéral, un esprit avan
cé, au milieu du XVIII e siècle, était proturc
et antirusse. Or il est probable, et on le
croit fermement à Londres comme on le
croit à Moscou, que la révolte géorgienne
est entretenue par le gouvernement d'An
gora." Derrière la rivalité des socialistes et
des communistes, derrière le conflit des
deux Internationales, c'est, sous sa forme la
plus classique, celle de l'antagonisme russo-
turc, la question d'Orient qui vient de sè
ranimer.
Personne ne semble pressé d'entrer dans
ce guêpier, surtout à si peu de temps du
traité de Lausanne. Mais, par, une coïnci
dence que tout le monde remarque, Je
moment où les chefs socialistes adjurent le
monde de ne pas laisser périr la Géorgie
est celui où une Commission est nommée à
Paris pour étudier la reprise des relations
avec la Russie et la reconnaissance des
Soviets.
M. de Monzie, nommé président de cette
Commission, a un garant. C'est son livre,
Du Kremlin au Luxembourg , placé sous le
signe du réalisme. Il est allé à Moscou, il
a regardé la Russie en réaliste et, en réaliste
aussi, il a conclu que la France ne pouvait
pas ignorer la Russie parce qu'elle n'avait
pas la même notion de la ' propriété que
nous, les rois" de France ayant hien traité
avec le grand Turc, qui n'avait pas la même
religion qu'eux.
Tel étant le point de vue de M. de Mon
zie, on peut penser qu'il sera: un. pçu: moins
troublé qUe MM. Renaudel .et Paul-Boncour
par le drame géorgien. Mais il pourra en
être gêné. Il est curieux de constater qu'au
moment où le parti radical -veut''examiner
la reprise des relations avec la ..Russie
comme « une affaire » (c'est l'idée. que M.
Herriot, quand il était dans l'opposition, a
maintes fois exprimée), l'idéalisme socia
liste vient y mêler un élément sentimen
tal. — J. B. '
La retraite de M. Barrère
M. Camille Barrère, qui représentait la
France au Quirinal depuis le 29 décembre
1897. .vient .de demander à'être 'relevé ~de
ses fonctions. L'éminent ambassadeur Iais- ;
sèra dans < l'histoire diplomatique un très
grand souvenir. Né.en 1851 M. Barrère dé
lita en 1880 dans la carrière comme dé
légué à la commission européenne au Da
nube. En 1885 il fut nommé ministre plé
nipotentiaire à Stockholm. En 1888 il oc
cupa le .poste de Munich. En 1894, il fut
ambassadeur de France à Berne où il signa
l'accord commercial franco-suisse qui met
tait fin à une longue querelle douanière.
En 1897 M., Camille Barrère fut envoyé
à Rome. C'est lui l'auteur du rapproche
ment franco-italien qui rendit possible
l'entrée en guerre de l'ïlalie aux côtés des
Alliés. Pendant la conférence de Versail
les, M. Barrère fut l'un des rares diploma
tes qui vit clairement les erreurs qui
étaient commises. Ses avertissements, qui
n'ont pas manqué, n'ont pas été écoutés.
La politique que M. Paul Cambon suivit
à Londres, M. Barrère la suivit à Rome.
En 1914 et en 1915 on put en me
surer les heureux effets. Aujourd'hui que
M. Barrère veut se reposer des fatigues
d'une vie bien remplie, il n'est que juste
de rendre hommage à celui qui fut un
grand serviteur de la France.
A LYON
Les histoires de Tite-Live
Le Temps, qui n'emprunte ni à un jour
nal italien, ni à l'Action française le texte
authentique d'une lettre du professeur de
Martino en personne; au sujet de sa décou
verte, rapporte d'après la Gazette de Foss
l'opinion favorable d'un professeur alle
mand.
Les journaux italiens publient aujour
d'hui un communiqué du ministère de
l'Instruction publique. Le voici :
Lé surintendant des archives pour la
Campanie et la Galabre a rendu compte au
ministre de l'Instruction publique qu'il
a eu l'assurance que les manuscrits qui,
comme il a été affirmé, auraient été dé
couverts par le professeur de Martino Fus-
co et qui contiendraient l'œuvre de Tite
Live, se trouvent en lieu sûr. »
Le ministre, malgré cela, a télégraphié
au préfet de Naples de prendre des me
sures, avec l'assistance de son intendant
dés archives, pour que soit appliqué im
médiatement l'article 18 de la loi du 20
juin 1909.
Il est aussi notifié au professeur de Mar
tino Fusco l'obligation de révéler tous les
renseignements de temps et de lieu de
sa découverte afin que les autorités corn?
pétentes puissent procéder à l'examen
prescrit par la loi.
Son excellence, ce matin même, a con
féré sur cette grave question avec le séna
teur Cocchia, professeur de l'Université
royale de Naples, et lui a fait part de son
intention de nommer sur le champ une
commission qui sera présidée par le sé
nateur lui-même et dont fera partie le
professeur di Martino et qui sera char
gée de procéder aux premières vérifica
tions détaillées.
Les journaux commentent ce commu
nique : les manuscrits sont en sûreté,
donc ils existent, le ministre nomme^une
commission présidée par le maître* du
professeur di Martino et ne dérangerait
pas pour rien l'illustre personnage, le'^pro-
fesseur di Martino est maintenant considé
ré comme d'une valeur et d'une probité
au-dessus de tout soupçon. .
MOTION FRANÇAISE DU DIMANCHE
HEDUOMADAjlltË RURAL >
ABONNEMENTS;
Un an 10 »
Six mois 5 50
Le numéro : 20 centimes
Un congrès
de renseignement libre
Le 8 e congrès national de l'Enseigne
ment libre, qui vient de se tenir à Lyon,
sous la présidence de S. E. ' le cardinal
Maurin,-mérite de retenir l'attention au
tant pour l'opportunité des sujcts*traités
que pour l'importance des décisions pri
ses. Un problème domina tous les autres :
celui des lois dites intangibles dont deux
rapports remarquables, l'un" do M' Moni-
court, du barreau de Lyon, loutre de M.«
Henri Poupon, le grand industriel de Di
jon, furent étudiés successivement : l'ori
gine de ces lois, leurs raisons-philosophi- .
ques^. leur historique, leurS coriséquerices,
les moyens de les combattre victorieuse
ment. \ V. " "
M c Monicourt établit qu'auctme loi ne
peut être dite intangible mais que si les
lois laïques/sont considérées: :£0«ûiie tel- '
les, c'est -parce que -leurs ;-auteurs .en vi
vent. Us se refusent donc toujours à les
abroger. Ils les aggravent' au besoin. M$is
rien n'autorise les catholiques à profes-
sor le moindre respect pour cette législa
tion athée. « Nous ne pouvons, catholi
ques et Français, admettre l'apostasie offi
cielle que ces lois comportent.-Notre de
voir est d'en réclamer l'abrogation.: Et
l'orateur d'évoquer le. souvenir des .grands
ancêtres (les vrais) qui, en 1793, n'hésitè
rent pas à défendre leurs libertés, les ar
mes a là main.
M. Henri Poupon, après avoir dénoncé
l'origine révolutionnaire et anticléricale ,
des lois laïques, définit les buts pratiques
que les catholiques doivent se proposer :
a) Buts prochains : Conserver et amé
nager ce qui nous reste de libertés, sco
laires. Utiliser certaines lois ef'jurispru-
dénees récentes du droit commun, entre
autres :
La loi du 2 juillet 1901 sur les associa
tions ;
La loi du 12 mars 1920, extensive de cel
le, de 1884 sur les syndicats et unions de
syndicats professionnels ; . -
La loi du 25 juillet 1919 (Loi Astier) orga
nisant l'enseignement technique et com
mercial ;
La loi de finances de 1923, créant et dotant
une caisse nationale de prêts d'honeur
aux étudiants ; ■ '
Les lois diverses sur les Pupilles de la
nation ;
La jurisprudence constante du Conseil
■ d'Etat permettant une répartition pro-
• portionnelle scolaire réduite s'àppli-
quant aux enfants de toutes les écoles.
b) Buts à échéances plus ou moins loin
taines : ' '
Obtenir qu'une législation libérale (Com
me celle de la loi belge du 27 juin 1920)' re
connaisse à toutes lés associations en rè
gle avec la loi, le droit de recevoir des
fondations, sans entraves administratives
et exemptes de droits de mutation et de
mainmorte, à la seule condition qu'elles
ne poursuivent pas un but lucratif — cl
que l'avenir des fondations et les volontés
des fondateurs soient assurés par cette
loi. ,
Restituer le droit d'enseigner aux mem
bres des congrégations religieuses — et
d'abord aux religieux anciens combat
tants ;
Autoriser le retour des congrégations
enseignantes et leur restituer le droit de
tenir écoles, sous un régime de droit com
mun — et d'abord pour la formation dé
ceux de-leurs sujets qu'elles destinent aux
missions ;
Réclamer la R. P. S. intégrale ;
Réclamer le droit pour toutes les éco
les à participer à la « Cajsse des Ecoles » ;
Rendre aux communes le droit de choi
sir leurs écoles, confessionnelles ou laï-v
ques ;
Assurer aux minorités le droit d'exiger
l'ouverture d'écoles de leur choix.
M. Poupon, très appraudi, fit également
admettre qu'une campagne d'opinion fût
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