Titre : L'Action française : organe du nationalisme intégral / directeur politique : Henri Vaugeois ; rédacteur en chef : Léon Daudet
Auteur : Action française. Auteur du texte
Éditeur : Action française (Paris)
Date d'édition : 1924-07-11
Contributeur : Vaugeois, Henri (1864-1916). Directeur de publication
Contributeur : Daudet, Léon (1867-1942). Directeur de publication
Contributeur : Maurras, Charles (1868-1952). Directeur de publication
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 11 juillet 1924 11 juillet 1924
Description : 1924/07/11 (Numéro 193). 1924/07/11 (Numéro 193).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG87 Collection numérique : BIPFPIG87
Description : Collection numérique : BIPFPIG69 Collection numérique : BIPFPIG69
Droits : Consultable en ligne
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Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, GR FOL-LC2-6354
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 18/01/2011
Dix-septième année - ïf 193
IVenilredi 11 Juilet 1924
4Soentimes. S bire bt S eïhe-bt- O isb
20 centimes. D é partemeh ts ht Coiorana
AliONfiKîilEMî'S France et Colonies. 48 fr- a5 fr. sS fr.
Etranger ...... 8* r il li sa »
Chèque postal « Compte 33.900 Paris.
ORGANE DU NATIONALISME INTÉGRAL
« Tout ce qui est national est nôtre. »
Le Duc d 'ORLÉANS
héritier des quarante Rois qui en mille ans firent la France»
BËDA.CSTIOH * ADMJNÎ8TBATIOUt
ii, rat de Rome, PARIS
Adresse télégraphique : AGTiOFAAN'FARIS
Téléphone : Administration ; Louvre îMpt a6-5o
Rédaction. ; Contrai Publicité ' Centrai 74-77
Après ic heures du soir '■ Sogur 11 -68
Registre «le Commeroo j Seine K" j 8.5S j
Fondateur' t
HENRI VAUGEOIS —' Directeurs politiques .• LÉON DAUDET et CHARLES MAURRAS — Rédacteur en Cheîi MAURICE TUJO
I,'honneur français en Alsace-Lorraine
'« Vous voulez l'impression de la torraîne sur
if l'attaque imprévue et ergoteuse de M. Herriot ?
« Notre amour pour la France comporte la
» Pour nous, que rien n'a pu détacher d'elle, elle
<£ représente une civilisation plus noble et plus
« complète, où l'âme l'emporte sur la force bru-
« taie, où l'élément d'honneur est prépondérant.
« Et voilà qu'il est question de traiter promesses
« et concordat comme de [vulgaires chiffons de
« papier,!»
Lettre de Lorraine à Vlnstilnteur français.
EN ATTENDANT LE COUPERET
Disgrâce de l'assassin Marlier
La nouvelle est, cette fois, officielle.
Cette « saloperie » de Marlier — comme
disait Herriot, parlant à ma personne lors
de l'interpellation Ferdinand Buisson —
quitte la direction de la Sûreté générale
pour la préfecture de la Corse. Ce magni
fique pays qu'est la Corse ne méritait pas
un tel outrage. Le fait n'en est pas moins
significatif: après bien des tergiversations,
et grâce au départ de Poincaré, parent
de Lannes [complice de Marlier] et surtout
d'Alexandre Millerand, ce « chef », au
dire de la Croix de Haute-Savoie , le bloc
de gauche ose balancèr Marlier, ce que
n'avait pas osé faire le bloc national. 11
n'ose pas faire arrêter Marlier, pour son
immonde déposition du 5 février devant
M. le juge Barnaud, déposition où appa
raissait le visage du crime. Mais le fait
même que Marlier s'en va permet au suc
cesseur de Marlier de faire son devoir et
d'abandonner à la justice les deux
contrôleurs Lannes et Delange ; les
quels ont combiné et exécuté, de conni
vence avec Marlier, la surveillance du 24
novembre et la souricière chez Le Flaout-
ter, au cours de laquelle, à 4 heures 10
minutes, notre petit Philippe a été assas
siné, d'un coup de revolver à la tempe
droite, lancé comme un coup de poing,
|>ar un policier.
Tout crime, grimé en suicide, doit être
'considéré comme d'origine policière.
Mais, pour découvrir l'auteur ou les au
teurs d'un crime., la Justice doit recou
rir à la police qui est, en l'occurrence, la
Police judiciaire. Dans l'affaire effroya
ble de notre malheureux enfant, la Po
lice judiciaire a été complètement inhi
bée par les manœuvres de la Sûreté géné
rale (je veux dire de Marlier, de Lannes
fct de Delange), qui manoeuvrait elle-mê-
tae ses agents directs et indicateurs, les
jeensés anarchistes du Libertaire , no
tamment Colomer et sa femme, le libraire
«obscène et indicateur Le Flaoutter, et
l 'horrible petit indicateur Vidal, ainsi que
le nommé Groffy, Les gens du Libertaire
)ne sont que des pantins, provocateurs, in-
idicateurs ou moutons dans les mains de la
" Sûreté générale, qui exerce elle-même une
porte de terreur sur le Quai des Orfèvres.
Il faut d'abord que Ton sache que la
jSûreté générale n'a pas à connaître des
crimes et délits, ou préparations d'atten
tats, perpétrés à Paris et dans le dépar
tement de la Seine. Ceux-ci relèvent de la
Police judiciaire à la préfecture de Po
lice et des Renseignements généraux, ainsi
que des commissaires de districts. La Sû
reté générale n'a pouvoir que sur le reste
du territoire, que sur la province, où elle
exécute les commissions rogatoires, s'il
y a lieu. C'est dire que la surveillance dé
onze policiers — avoués — dont huit ap
partenant à la Sûreté générale, exercée, le
samedi 24 novembre; dernier, sur l'ordre
de Marlier et de Lannes, complotant la
perte de Philippe, était parfaitement irré
gulière, même illégale. Ce premier point
laissait déjà présumer la culpabilité de
Marlier et de Lannes, et de leur homme à
tout faire, Delange. Je rappelle ici les
noms des policiers convoqués à la curée
chaude du 24 novembre, chez Le Flaout
ter, libraire et indicateur, demeurant 46,
boulevard Beaumarchais, à deux cents
pas et une minute de marche du domicile
de son infect patron et client Lannes, 38,
boulevard Richard-Lenoir-:
jl. Delange, contrôleur général des recher
ches à la S. G.;
2. Blondel, commissaire divisionnaire à
la S. G.;
5. Garanger (Emile), commissaire de Po
lice mobile à la S. G.;
'4. Colombo, commissaire de Police à la
S. G.;
5. Peudepièce, commissaire de Police à la
S. G.;
6. Roch, inspecteur; ;
■7. Gagneux, inspecteur;
8. Braise, inspecteur;
9. Revel, inspecteur des Recherches, pré
fecture de Police;
10. Fournier, brigadier des Reclterches,
préfecture de Police;
tll. Meslay, inspecteur des Recherches,
j préfecture de Police;
! Parmi ces onze hommes, se trouve celui
qui a porté le coup de revolver a Phi
lippe, sur la foi du « est armé » de la
note de Marlier, téléphonée à Labar-
rière de la préfecture de Police, et re
mise à Delange, puis communiquée par
Delange à ses subordonnés. Parmi ces
onze hommes se trouvent ceux qui, le
meurtre une fois accompli, ont —sur le
conseil dè Lannes, tenu aussitôt au cou
rant — grimé en suicide ce meurtre d'un
enfant, arraché les étiquettes d'identité
du paletot de Philippe, enlevé ses papiers
et les médailles portant son nom, de son
portefeuille, oublié la note aux six adres
ses et placé 84 francs dans la poche de son
veston. Parmi ces onze hommes — et il
y en a peut-être un douzième, qui a été
dissimulé à la justice — il y en a aussi
gai eoi|t parfaitement innocenta de l'as*
sassinat de Philippe. Si ceux-là n'ont pas
déjà parlé, c'est parce que le maintien de
Marlier et de Lannes leur donnait l'assu
rance que le parti du crime était toujours
le maître rue des Saussaies et au gouver
nement. C'est la fable de la police que
Lannes est le beau-frère de Poincaré, et
que Marlier avait rendu à l'entourage de
Millerand — de ce « chef », toujours
comme dit la Croix de Haute-Savoie —
quelques menus services, dont je connais
le détail. Aujourd'hui que Millerand s'est
sauvé comme un demi-péteux, comme un
serin ; aujourd'hui que Poincaré a
disparu de la scène politique, comme un
péteux complet, après avoir indignement
plaqué Albert Sarraut, Bérard et Colrat;
il n'y a aucune espèce de raison, Marlier
étant en disgrâce et chassé de son poste
qu'il ensanglantait, pour que ceux des
onze , hommes ci-dessus désignés, qui sa
vent ex qui sont innocents, ne parlent
pas. Il n'y a aucune espèce de rai
son pour que ceux-là n'aillent racon
ter ce qu'ils savent, et, au besoin,
avouer leurs réticences ou leurs men
songes antérieure à M. Barnaud. Ils
auraient tort de ne pas m'en croire.
Je ne suis pas député, pour le moment,
mais, du train dont vont les choses, il est
très possible et même vraisemblable que
l'A- F. vint au pouvoir un jour. Auquel
cap j'aurai l'aveu de la vérité dans les
deux heures. Mais même en dehors de
cette circonstance les onze commissaires et
inspecteurs dont j'ai publié les noms ci-
dessus, doivent bien se rendre compte
qu'ils en ont, avec moi, pour tout ,1e
temps qui me reste à vivre, et que je ne
cesserai de leur demander compte du sa
crifice d'un bon et beau petit garçon de
quatorze ans et demi, qu'ils ont — sur
l'ordre de leurs indignes chefs — traqué
et abattu comme un pauvre petit lapin,
parce qu'il était « le gosse à Daudet
Je suivrai leur avancement, qui sera sans
deute moins rapide, maintenant que Mil
lerand, Poincaré et Marlier ne sont plus
la, [les deux premiers pour leur obéir, le
troisième pour leur commander] ; je les
accompagnerai dans leur carrière. Ils
n'auront plus une minute de répit, ja
mais.
Il leur reste, il est vrai, la faculté de me
zigouiller, comme Syveton, Gohary, le
papa Dubost, Joseph Dumas, ou mon
fils. Mais cela, c'est plus difficile.
Quant à Lannes, le « voyeur » immonde
et le sanglant manigancier du Contrôle
général, quant à Delange, l'homme du
« ça y est » victorieux du 24 novembre
— quand l'enfant fut tué — ils iront, tôt
on tard, à la guillotine. Marlier aussi,
bien que préfet de la Corse; car on exé
cute aussi à Ajaccio.
Reste Maunoury, ancien ministre de
l'Intérieur, le sale menteur, auquel les
pleutres sans entrailles du bloc national
donnèrent, vingt-quatre heures avant sa
chute, un inutile satisfecit pour avoir
bien couvert, d'ordre de Millerand, l'in-
famie et le crime de son Marlier. Je n'ou
blie pas non plus Maurice Maunoury et
vous connaîtrez ce Tartufe en même
temps que ses maîtres, par la publica
tion de pièces et l'analyse que je com
mencerai prochainement.
Léon DAUDET.
LA POLITIQUE
LE ONZIEME CONGRES
D'ACTION FRANÇAISE
Ainsi que nous l'àvons déjà annoncé
dans l'Action française du 13 mai, le pro
chain Congrès d'Action française se tien
dra à Paris du 16 au 21-novembre. Nous
publierons d'ici peu l'ordre du jour des
différentes séances et le détail des diver
ses manifestations auxquelles il doit don
ner lieu.
Nous pouvons dire déjà que les séances
d'études auront lieu le matin et l'après-
midi dans la grande salle des Sociétés sa
vantes.
Afin de permettre au secrétariat de la
Ligué de préparer utilement ces séances,
les présidents de sections et de centres et
les correspondants recevront, avant la fin
du présent mois, un questionnaire par
l'intermédiaire de leur secrétaire régional
ou par des soins du siège central. Ces
questionnaires remplis conformément
aux instructions qui y sont jointes devront
êtrè retournés aux secrétaires régionaux
ou au siège central enire le 1" et le 25
septembre.
En ce qui concerne les sections, centres
et correspondants appartenant à la Fédé
ration des sections de Paris, banlieue et
Seine-et-Oise, les réponses devront par
venir aux mêmes dates au président de
la Fédération.
Les secrétaires régionaux grouperont
les réponses des sections, centres et cor
respondants de leur zone et feront un rap
port d'ensemble qu'ils expédieront avec
les questionnaires au siège central. Leurs
envois devront parvenir à celui-ci pour
le 15 octobre dernier délai.
Toute la correspondance et les rapports
relatifs au Congres devront être adressés
à Pierre Lecœur,'secrétariat de la Ligue,
12, rue de Rome, Paris (8*).
EN QUATRIEME PAGE :
Les cours du Franc-or,
I. Caillaux et Malvy
Les débats sur l'amnistie ont continué
dans une atmosphère assez orageuse. La
droite et le centre ont réagi à la mesure
de leurs moyens qui ne sont pas négli
geable dans l'ordre de la discussion ou de
l'exclamation. Le procès de Caillaux a été
fait avec énergie et clarté, la pleine évi
dence du crime a découlé de la simple
lecture de l'arrêt de condamnation. La ré
sistance a été moins ferme sur l'article.
Malvy. D'abord l'accusé était là. A défaut
de camaraderie une certaine solidarité de
collègiw à collègue a joué. Peu de mem
bres \lu Parlement ont la vertu de M. le
général de Salnt-Just, et le Parlement tout
entier sent confusément qu'il existe une
sorte d'antinomie entre le fait de dire ses
vérités à un traître et le fait de vivre
avec lui sous le même plafond, dans le
même hémicycle, dans la même atmos
phère de basse légalité. «L'honorable M.
Marty», devait dire le ministre de la
Guerre lui-même en parlant d'un individu
qui voulut vendre sari navire pour sub
venir aux besoins des siens : il y a aussi
pour' certains bancs du centre, quelque
chose comme un « honorable M. Malvy ».
On l'a senti aux paroles finales de. M. Fa-
bry. Elles marquaient la volonté de ne pas
hésiter, mais l'hésitation en est flagrante
aussi bien d'après les. Bleus de séance que
d'après l'Analytique. Le honteux plaidoyer
de Briand venait de troubler tout le monde.
II. Une confusion volontaire
M. Briand a l'habitude de débiter des
âneries d'un ton pathétique et sensé.
L'histoire du Conseil des ministres em
pêchant Malvy de poursuivre l'auteur d'un
tract pacifiste (Sébastien Faure) est une
chose et l'intégration de ce même tract dans
le « plan concerté à la fin de 1914 pour rai-
« ner la défense du pays en portant al-
« teinte à la force morale de la nation et
« à l'esprit de discipline de l'armée », est
une chose toute différente. Le détail
isolé du reste ne présentait qu'un faible
intérêt, et l'on comprend que le con
seil des ministres adroitement mis au fait
par Malvy ait conclu à l'expectative pure
et simple. Mais le même détail,
replacé dans son ordre, à son rang, dans
la série des complaisances pour tous les
traîtres et tous les espions, dans la trame
des complicités avec le Bonnet rouç/e, un
tel détail reprend sa figure véritable : il ap
pelle le châtiment que la Haute-Cour a ad
ministré.
Prenons un autre exemple. Un témoin
proinalvyste, l'ancien directeur de la Sû
reté générale Richard, déposa devant la
Haute Cour qu'un certain espion nommé
Rabbat, avait été l'objet d'un arrêté d'ex
pulsion. On avait demandé à M. Richard
de rapporter cette expulsion. Il avait re
fusé. Malvy étant intervenu, il y consen
tit. Voilà un fait : tel quel, on peut le
discuter. L'arrêté était bien ou mal fondé.
On a eu tort ou raison de le rapporter.
Malvy s'est trompé ou ne s'est pas trompé.
Mais voici autre chose :
— Il le fit sur l'intervention d'Almerey-
da ? demande-t-on à M. Richard.
Et celui-ci de répondre :
— Oui.
Ce oui change tout. Le ministre de l'In
térieur de 1914-1917 a agi une fois de plus
sous l'influence de l'espionnage allemand.
III. Lettre d'un Alsacien
Une ligueuse d'Action française a reçu
d'un cousin, petit fonctionnaire en Alsace,
la belle lettre suivante qu'elle nous fait
l'honneur de nous communiquer :
5juin. — Maintenant, je veux te parler
de mes transes. Depuis le 11 mai le vent
a tourné et on en voit déjà l'effet. L'orage
s'abat sur notre pauvre Alsace., Mais je
crois que M. le président Herriot s'as
soit sur un hérisson. Les Alsaciens ne .se
laisseront pas faire comme les catholi
ques de l'Intérieur.
La lutte !... Tu n'as qu'à lire l'extrait du
journal que je joins à ma lettre. On ne
peut pas rester indifférent quand il s'a
git de défendre ce qui nous est le plus
précieux. Vois-tu cette république qui
veut maltraiter ses enfants retrouvés com
me le ferait une marâtre ? Elle a d'ail
leurs peu d'amateurs, chez nous, ei il y
en a beaucoup qui en ont mangé.
Tu Sais bien que le mot république a
un autre sens en Alsace ; quand il y a
du désordre, on dit : c'est la république.
Eh bien l ma chère cousine, je viens te
dire quelque chose qui te fera plaisir. J'ai
pris une décision. Je me suis mis de FA.
F., car je trouve que c'est le seul moyen
de sortir de ce marasme. Depuis long
temps, je suis lecteur assidu de. t'A. F.
et je voudrais que tous lés Alsaciens en li
sent les articles. '
Il ne suffit pas de se déclarer pour, il
faut aussi prendre part à la lutte selon
ses moyens. Je ne suis pas un Rothschild
et j'ai toutes les peines du monde à join
dre les deux bouts. Pour ne pas déranger
l'équilibre de mon petit budget, je suis
tombé sur une idée originale : j'ai re
noncé à ma chère pipe. Et maintenant
je viens te demander un service. Tu sais
que ma profession me défend de prendre
part ouvertement à la propagande. Je
risquerais L'avenir de ma famille, c'est
ce que je veux éviter. J'avais d'abord
l'intention d'écrire directement à Paris,
mais je préfère que tu sais mon inter
médiaire. Si tu acceptes, je t enverrai les
premiers 5 francs économisés sur ma
pipe, pour que tu les transmettes à l'A.F.
...En lisant /Action française j'ai trouvé
l'annonce : « Aux fumeurs ». Voilà com
ment je l'ai modifiée ; l' Action française
la publierait peut-être dans sa chronique
du 3 e million :
« Aux Fumeurs / Vous pouvez vaincre
« l'habitude de fumer en 5 secondes, si
« vous lancez votre pipe au diable et en-
« voyez les économies réalisées à l'A. F.
« pour arrondir le 3' million. La pensée
« de contribuer à faire lâcher au prési-
« dent Herriot le monopole avec sa pipe
« do us causera an bien-être suprême. Si
« la tentation vous harcèle, pensez qu'en
« fumant, vous faites le jeu du Bloc des
« gauches. Que vous fumiez la cigarette,
« le cigare ou la pipe, suivez mon conseil.
« Il vaut son pesant d'or. Signé : Jean du
, « Trou des Cousins, 19, quai du Renard,
« qui prêche aux Canards, Strasbourg. »
On sait que l'Alsace, si ferme, est aussi
très rieuse. Nous donnerions une idée
fausse de nos recrues nouvelles dans ce
niagnifique pays si nous expurgions leurs
lettres de plaisanteries faites de si bon
cœur !
Ce n'est pas parce que les hommes du
bagne sont au pouvoir qu'il conviendrait
de supprimer aux honnêtes gens des fan
taisies aussi innocentes. Nous acceptons la
pipe alsacienne comme un porte-bonheur.
Que ce nouvel ami reçoive donc nos re
merciements les plus vifs 1
Charles MAURRAS.
Erratum. — L'étude impartiale sur le
général Sarrail, signée colonel X..., que
'nous avons résumée ici même lundi der
nier, était extraite de l'Eclair de l'Est, et
non de VEclaireur de l'Est, comme il a été
imprimé.
A LA SOCIETE DES NATIONS
Les Etnts-Unis repoussent
le projet de traité d'assistance mutuelle
Genève, 10 juillet. — Le gouvernement
des Etats-Unis vient de répondre au se
crétaire général de la Société des Nations,
touchant le projet de traité d'assistance
mutuelle qui lui avait été communiqué
comme à tous les gouvernements.
Cette réponse des Etats-Unis est en
somme un refus d'adliérer au projet de
traité.
« Sans entrer dans une analyse de ces
dispositions ou d'autres dispositions du
projet de traité, il est absolument ma
nifeste que le principe fondamental de
ce projet est de prévoir des garanties
d'assistance mutuelle et d'établir la com
pétence du Conseil de la Société des Na
tions en ce qui concerne les décisions
envisagées. Or, étant donné l'organisation
constitutionnelle du gouvernement des
Etats-Unis et le fait que les Etats-Unis ne
sont pas membre de la Société des Na
tions, le dit gou-ernement serait dans
l'impossibilité d'y adhérer. »
A LA COUR D'ASSISES
DE MONTPELLIER
Le vol des œuvres d'art
Montpellier, 10 juillet. — L'affaire du
vol des œuvres d'art de Montpellier est
yenue aujourd'hui devant la cour d'assises
-de l'Hérault.
C'est devant une salle comble que le
conseiller Michel,. président de la cour
d'assises, ouvre la première audience.
M. César Bonnet et le professeur Sou-
beyran, de la Faculté de médecine, répon
dent aux questions préliminaires habi
tuelles, puis M. Négri, greffier, donne lec
ture de l'acte d'accusation que les deux
accusés écoutent avec une attention sou
tenue.
Bonnet est inculpé de vols qualifiés et de
vols simples et le professeur de vol com
mis le lundi de Pâques et de recel dans les
vols simples.
M. Bonnet est interrogé le premier. Après
avoir nié avoir vendu au professeur Sou-
beyran le moindre objet provenant de
chez M"" Matet, M. Bonnet reconnaît s'être
rendu au domicile de celle-ci alors qu'elle
était absenté, et en compagnie du chirur
gien. Toutefois, ni lui ni M. Soubeyran
n'ont, suivant ses affirmations, emporté
aucune des œuvres d'art qui se trouvaient
dans l'appartement.
A la séance de l'après-midi, le profes
seur Soubeyran interrogé oppose le plus
formel démenti aux allégations de M.
Bonnet. Il reconnaît lui avoir acheté des
objets d'art trouvés à son domicile, parce
que M. Bonnet s'était donné comme
l'homme de confiance de Mme Matet.
ECHOS
Charles Maurras a reçu la proprette invitation
que voici :
« L es D îners de. la C ontroverse . Dîner du 7
juillet. Controverse sur le livre de M. Léon Accam'
bray : Qu'est-ce que la République ?
« Monsieur,
« Nous vous serions extrêmement reconnaissants
de vouloir bien assister au dîner donné le 7 juil
let 1924 aux Sociétés Savantes sous la présidence
de M. Maurice V iolette , député, ancien ministre,
On discutera Fœuvre. de M. Accambray...
« Nous- comptons beaucoup sur votre présence
animatrice à ce dîner et au débat qui le suivra. »
Voilà cinquante ans que nous avons la Rép -.:Mi-
que, et lèi purs en sont encore à essayer de la dé
finir !... Qui donc disait naguères que la ques
tion de régime ne se posait plus ? Quand on ne
la pose pas, il la posent eux-mêmes...
POUR CONNAITRE LES PROCES
CAILLAUX
MALVY
BONNET ROUGE
demander les -comptes rendus des débats
judiciaires d'après la sténographie avec
croquis pris à l'audience, qui ont été pu
bliés par
LA REVUE DES CAUSES CELEBRES
L'affaire Caillaux est complète en huit
fascicules à 2 fr. 50, soit 20 fr. ;
L'affaire Malvy est complète en huit fasci
cules à 2 fr. 50 et un fascicule à 1 fr. 25,
soit 21 fr. 25 ;
L'affaire Bonnet Rouge est complète en six
fascicules à 1 fr. 25, soit 7 fr. 50.
Ces prix comprennent le port et l'em
ballage.
Le nombre des exemplaires qui restent
est limité.
Adresser ics commandes à M. l'Adminis
trateur de l'Action française, 14; rue de
Rome, Paris.
Compte Chèques Postaux : Paris 23.900.
Le retour d'Ulysse
Lundi, avant de partir pour Paris, M.
Vlacdonald avait eu une assez mauvaise
séance à la Chambre des Communes. M.
Asquith ne l'avait pas ménagé. On avait
'impression qu'il était affaibli sur le point
où, jusque-là, il s'était montré fort.
Eh effet, si la politique intérieure de M.
Vlacdonald, pourtant très modérée au point
de vue socialiste, ne soulevait aucun enthou
siasme et prêtait même à de vives critiques,
sa politique extérieure était généralement
approuvée. On le trouvait plus adroit que
lord Curzon et le fait est que, par la ma
nière douce ou doucereuse, il avait obtenu
des résultats que son prédécesseur n'avait
jamais recueillis. Mais, après six mois de
prudence et de souple manœuvre, M. Mac-
donald avait commis une faute. En brus
quant M. Herriot par la lettre d'invitation
à la Conférence de Londres, il avait ranimé
et redressé le gouvernement français, il
l'avait même mis en danger en donnant une
arme à l'opposition. Par cette maladresse,
M. Macdonald avait failli gâter tout son
ouvrage. D'où, évidemment, la fraîcheur
avec laquelle la Chambre des Communes
l'avait reçu lundi.
On peut déduire de là que si M. Macdo
nald s'est maintenu au pouvoir dans des
conditions paradoxales et sans posséder de
majorité, c'est en raison des services qu'il
a rendus en politique étrangère. Il est
l'homme qui a réussi, tandis que M. Lloyd
George et lord Curzon avaient échoué :
sans violence, il a liquidé l'affaire de la
Ruhr et il a rendu impossible pour l'avenir
le retour aux gages et aux occupations.
Il sera donc intéressant de connaître, ce
qui n'apparaît pas encore nettement, le
retentissement de la note commune sur la
position parlementaire de M. Macdonald. Il
semble bien que le premier ministre re
vienne consolidé et que la conférence de
Londres — à laquelle' il avait tant de rai
sons de tenir — doive le consolider encore.
En ce cas, les Anglais passeraient condam
nation sur ses idées socialistes en considé
ration des services qu'il leur aurait rendus
au dehors. Et le socialisme aurait acquis
droit de cité dans le royaume en réalisant
lè programme européen dont ni Lloyd
George ni lord Curzon n'étaient venus à
bout. Le socialisme aurait pris racine en
Angleterre aux dépens des Alliés du conti
nent, la France et la Belgique, qui avaient
pris au sérieux les promesses et les ser
ments de la guerre et dont les revendica
tions étaient devenues fastidieuses -et gê
nantes pour l'Angleterre. C'est la fable du
cheval s'étant voulu venger du cerf. On sait
ce qu'il advint du cheval.
Il sera également intéressant de savoir ce
que la Belgique pensera de la note commune
d'avant-hier. La Belgique n'a pas été con
sultée. Comme en 1919, elle est restée à la
porte de cette réduction du Conseil suprême.
Pourtant, la Belgique est allée avec nous
dans la Ruhr. Pourtant, c'est la voix de son
délégué qui, avec celle de notre président,
perd de sa valeur à la Commission des
réparations. On a oublié la Belgique. Cen-
drillon n"a pas été invitée au bal. M. Her
riot aura encore quelque chose à arranger
de ce côté-là.
Une dernière observation. On n'a peut-
être pas assez remarqué la situation bizarre
qui sera- créée par l'adjonction à la Com
mission des réparations de cet Américain
qui représentera non les intérêts de son pays
mais ceux des porteurs d'obligations alle
mandes. Les Etats-Unis n'ont pas signé le
traité de Versailles. C'est pour eux res inter
alios ac.la. Qu'il constate le manquement ou
qu'il estime qu'il n'y ait pas lieu de le
constater, ce sera la même chose. En cas de
constatation positive, le gouvernement des
Etats-Unis ne sera pas derrière lui pour
prendre la sanction correspondante. Est-ce
que tout cela ne veut pas dire qu'on enterre
à jamais les sanctions ? C'est à quoi, du
re3te, toute l'opération tendait. — J. B.
L'AMNISTIE DES TRAITRES
ALA CHAMBRE
La journée de Caillaux et de Malvy
a.
La discussion de la loi d'amnistie ne de
vait pas donner lieu seulement à des scè
nes de violences, mais devait aboutir à ce
scandale de voir Malvy venir se poser en
victime du Sénat devant la Chambre et
d'entendre Briand faire la glorification de
l'homme que la Haute Assemblée a con
damné à cinq ans de bannissement pour
forfaiture.
L'absence de Daudet au Parlement a per
mis au traître Malvy et à Briand la canail
le, de prononcer des paroles qui dé
shonorent à jamais une assemblée.
Seul Ybarnégaray a pu, en dépit des gla
pissements de la majorité, affirmer la cul
pabilité d'un Caillaux et repousser pour ses
crimes, toute idée de pardon.
LA SEANCE DU MATIN
Sous la présidence d'Alexandre Varenne,
le traître Marty a poursuivi hier matin
pendant plus d'une heure la lecture de
son topo, au cours duquel il réclame l'am
nistie la plus large pour les « copains »
de son espèce qui emplissent les bagnes
militaires.
Il s'efforce d'intéresser la Chambre, par
un tableau poussé au noir, des actes de
férocité dont sont coutumiers les gar
diens de « Biribi », voir de Clair-
vaux, où, d'après lui, 258 prisonniers se
raient morts de faim.
Ces exagérations font rire la Chambre,
à l'exception de l'austère. René Renoult,
garde des Sceaux, qui promet, le plus sé-
, rieusement du monde, d'ordonner une en
quête.
Marty termine en menaçant la Cham
bre des colères du prolétariat qui, si
l'amnistie la plus large n'était pas votée,
descendrait dans la rue pour ouvrir les
portes des prisons (sic).
Ces inepties terminées, le bon M. René
Renoult monte à la tribune pour expliquer
au nom du gouvernement dans quel es
prit a été élaboré le projet d'amnistie. La
nécessité d'apaisement, a-t-il dit, a été
reconnue par Gambetta et Waldeck-Rous-
seau. Cette référence, probablement, lui
suffit. Il invoque également l'autorité du
colonel Picot, mais celui-ci proteste.
Le colonel Picot. — J'ai dit qu'il ne fallait pas
confondre les traîtres avec les soldats qui ont eu
une défaillance pasagère, mais distinguer entre
les hommes qui ont souffert et ceux qui ont fait
la « noce » à l'arrière.
M. de La Ferronnays. — Ceux du Chapon fin !
M. René Renoult déclare que l'heure est
venue de faire acte de générosité, que le
gouvernement et la commission sont d'ac
cord sur presque tous les points où l'am
nistie doit jouer, mais qu'il ne faut pas
perdre de vue la nécessité de sauvegarder
les droits de la société.
La présence de M. About, à la tribune,
va de nouveau déchaîner les colères de
la gauche et de l'extrême gauche.
L'orateur voit dans le projet soumis à
la Chambre la manifestation d'une crise
d'idéalisme dangereux. Il se demande si
on ne va pas décourager les braves gens,
tous ceux qui ont fait leur devoir.
Quant à lui, il ne peut concevoir que
l'on accorde.l'amnistie à des défai
tistes qui se sont efforcés de livrer leur
pays à l'étranger.
Berthon. — Qu'est-ce qu'un défaitiste ?
M. Rillart de Verneuil. — C'est vous,
M. Berthon 1
La gauche proteste avec violence, le
centre et la droite applaudissent.
Le silence une fois rétabli, M. About
proteste contre-un projet qui aurait pour
résultat d'ouvrir toutes grandes les portes
des prisons.
Les socialistes et les communistes se li
vrent à des manifestations violentes.
Uhry déchaîné s'en prend à M. Maginot
qui riposte :
M. Maginot. — M. Uhry, ne dites donc
pas de bêtises, sinon je serai obligé de
vous demander si vous en prenez la res
ponsabilité personnelle, et vous vous em
presserez de vous dérober.
C'est ce qui se produit. L'anthropoïde
Uhry regagne son cocotier et se taît.
L incident réglé, M. About, qui est un
grand mutilé de la guerre, lit les protes
tations des anciens combattants contre le
traitement accordé aux déserteurs et à
ceux qui ont été punis pour forfaiture et
correspondance avec l'ennemi.
Il donne lecture des arrêts de la Haute-
Cour, concernant Caillaux et Malvy, ce
qui provoque un nouveau tumulte de' la
part de la gauche, surtout quand l'ora
teur s'écrie que l'amnistie de pareils faits
serait un véritable défi aux morts de la
guerre. s
Mais les manifestations redoublent
quand M. About démontre, textes en
main, que la réintégration des cheminots
violerait formellement le statut des com
pagnies.
— .Vendu ! Vendu,! lui crie-t-on à gau
che.
— Vous avez bien gagné votre avoine*
lui crie le socialiste Nouelle.
Ces paroles déclenchent un chahut gé
néral ; des députés de la droite et du
centre quittent leurs bancs et gagnent l'hé
micycle ; des députés de l'extrême gauche
en font autant. Va-t-on en venir aux
mains ? Déjà les huissiers s'apprêtent à
intervenir, mais M. Varenne agitant sa
sonnette désespérément, impose silence
à ses amis et le calme se rétablit un ins
tant.
Le juif André Hesse, président de lai
commission, qui veut étouffer le débat,
demande la clôture, aux applaudissements
de la majorité, bien qu'il y ait encore 15
orateurs inscrits. M. Varenne explique que
d'après le règlement, la-clôture ne pourra
être mise aux voix qu'après le discours
de M. Poncet, un orateur ayant toujours le
droit de répondre au président de la
commmission.
La suite de la discussion est renvoyée
à l'après-midi à 3 heures.
LA SEANCE DE L'APRES-MIDI
Au début de la séance que préside Paul-
Prudent Painlevé, la Chambre discute les
conclusions du 2 e bureau relatives aux opé
rations électorales de l'Aveyron. MM. Rey-
naldy, Jean Molinié, Coucoureux et Borel
sont admis sans débat. Pour le dernier
siège, le 2 e bureau propose de proclamer
élu M. Balitrand, radical, à la place de
M. Roquette, du Bloc national. Naturelle-
riient, malgré les efforts de MM. Lafarge,
Coucoureux et Roquette lui-même, le Bloc
des gauches adopte ces conclusions.
On reprend ensuite la discussion de
l'amnistie et la parole est donnée à M.
François Poncet.
Il n'a pas ouvert la bouche que déjà les
communistes le couvrent d,'injures. M. Ca-
chin lui crie qu'il est l'associé des capita
listes allemands.
La droite proteste ; la gauche soutient
IVenilredi 11 Juilet 1924
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HENRI VAUGEOIS —' Directeurs politiques .• LÉON DAUDET et CHARLES MAURRAS — Rédacteur en Cheîi MAURICE TUJO
I,'honneur français en Alsace-Lorraine
'« Vous voulez l'impression de la torraîne sur
if l'attaque imprévue et ergoteuse de M. Herriot ?
« Notre amour pour la France comporte la
<£ représente une civilisation plus noble et plus
« complète, où l'âme l'emporte sur la force bru-
« taie, où l'élément d'honneur est prépondérant.
« Et voilà qu'il est question de traiter promesses
« et concordat comme de [vulgaires chiffons de
« papier,!»
Lettre de Lorraine à Vlnstilnteur français.
EN ATTENDANT LE COUPERET
Disgrâce de l'assassin Marlier
La nouvelle est, cette fois, officielle.
Cette « saloperie » de Marlier — comme
disait Herriot, parlant à ma personne lors
de l'interpellation Ferdinand Buisson —
quitte la direction de la Sûreté générale
pour la préfecture de la Corse. Ce magni
fique pays qu'est la Corse ne méritait pas
un tel outrage. Le fait n'en est pas moins
significatif: après bien des tergiversations,
et grâce au départ de Poincaré, parent
de Lannes [complice de Marlier] et surtout
d'Alexandre Millerand, ce « chef », au
dire de la Croix de Haute-Savoie , le bloc
de gauche ose balancèr Marlier, ce que
n'avait pas osé faire le bloc national. 11
n'ose pas faire arrêter Marlier, pour son
immonde déposition du 5 février devant
M. le juge Barnaud, déposition où appa
raissait le visage du crime. Mais le fait
même que Marlier s'en va permet au suc
cesseur de Marlier de faire son devoir et
d'abandonner à la justice les deux
contrôleurs Lannes et Delange ; les
quels ont combiné et exécuté, de conni
vence avec Marlier, la surveillance du 24
novembre et la souricière chez Le Flaout-
ter, au cours de laquelle, à 4 heures 10
minutes, notre petit Philippe a été assas
siné, d'un coup de revolver à la tempe
droite, lancé comme un coup de poing,
|>ar un policier.
Tout crime, grimé en suicide, doit être
'considéré comme d'origine policière.
Mais, pour découvrir l'auteur ou les au
teurs d'un crime., la Justice doit recou
rir à la police qui est, en l'occurrence, la
Police judiciaire. Dans l'affaire effroya
ble de notre malheureux enfant, la Po
lice judiciaire a été complètement inhi
bée par les manœuvres de la Sûreté géné
rale (je veux dire de Marlier, de Lannes
fct de Delange), qui manoeuvrait elle-mê-
tae ses agents directs et indicateurs, les
jeensés anarchistes du Libertaire , no
tamment Colomer et sa femme, le libraire
«obscène et indicateur Le Flaoutter, et
l 'horrible petit indicateur Vidal, ainsi que
le nommé Groffy, Les gens du Libertaire
)ne sont que des pantins, provocateurs, in-
idicateurs ou moutons dans les mains de la
" Sûreté générale, qui exerce elle-même une
porte de terreur sur le Quai des Orfèvres.
Il faut d'abord que Ton sache que la
jSûreté générale n'a pas à connaître des
crimes et délits, ou préparations d'atten
tats, perpétrés à Paris et dans le dépar
tement de la Seine. Ceux-ci relèvent de la
Police judiciaire à la préfecture de Po
lice et des Renseignements généraux, ainsi
que des commissaires de districts. La Sû
reté générale n'a pouvoir que sur le reste
du territoire, que sur la province, où elle
exécute les commissions rogatoires, s'il
y a lieu. C'est dire que la surveillance dé
onze policiers — avoués — dont huit ap
partenant à la Sûreté générale, exercée, le
samedi 24 novembre; dernier, sur l'ordre
de Marlier et de Lannes, complotant la
perte de Philippe, était parfaitement irré
gulière, même illégale. Ce premier point
laissait déjà présumer la culpabilité de
Marlier et de Lannes, et de leur homme à
tout faire, Delange. Je rappelle ici les
noms des policiers convoqués à la curée
chaude du 24 novembre, chez Le Flaout
ter, libraire et indicateur, demeurant 46,
boulevard Beaumarchais, à deux cents
pas et une minute de marche du domicile
de son infect patron et client Lannes, 38,
boulevard Richard-Lenoir-:
jl. Delange, contrôleur général des recher
ches à la S. G.;
2. Blondel, commissaire divisionnaire à
la S. G.;
5. Garanger (Emile), commissaire de Po
lice mobile à la S. G.;
'4. Colombo, commissaire de Police à la
S. G.;
5. Peudepièce, commissaire de Police à la
S. G.;
6. Roch, inspecteur; ;
■7. Gagneux, inspecteur;
8. Braise, inspecteur;
9. Revel, inspecteur des Recherches, pré
fecture de Police;
10. Fournier, brigadier des Reclterches,
préfecture de Police;
tll. Meslay, inspecteur des Recherches,
j préfecture de Police;
! Parmi ces onze hommes, se trouve celui
qui a porté le coup de revolver a Phi
lippe, sur la foi du « est armé » de la
note de Marlier, téléphonée à Labar-
rière de la préfecture de Police, et re
mise à Delange, puis communiquée par
Delange à ses subordonnés. Parmi ces
onze hommes se trouvent ceux qui, le
meurtre une fois accompli, ont —sur le
conseil dè Lannes, tenu aussitôt au cou
rant — grimé en suicide ce meurtre d'un
enfant, arraché les étiquettes d'identité
du paletot de Philippe, enlevé ses papiers
et les médailles portant son nom, de son
portefeuille, oublié la note aux six adres
ses et placé 84 francs dans la poche de son
veston. Parmi ces onze hommes — et il
y en a peut-être un douzième, qui a été
dissimulé à la justice — il y en a aussi
gai eoi|t parfaitement innocenta de l'as*
sassinat de Philippe. Si ceux-là n'ont pas
déjà parlé, c'est parce que le maintien de
Marlier et de Lannes leur donnait l'assu
rance que le parti du crime était toujours
le maître rue des Saussaies et au gouver
nement. C'est la fable de la police que
Lannes est le beau-frère de Poincaré, et
que Marlier avait rendu à l'entourage de
Millerand — de ce « chef », toujours
comme dit la Croix de Haute-Savoie —
quelques menus services, dont je connais
le détail. Aujourd'hui que Millerand s'est
sauvé comme un demi-péteux, comme un
serin ; aujourd'hui que Poincaré a
disparu de la scène politique, comme un
péteux complet, après avoir indignement
plaqué Albert Sarraut, Bérard et Colrat;
il n'y a aucune espèce de raison, Marlier
étant en disgrâce et chassé de son poste
qu'il ensanglantait, pour que ceux des
onze , hommes ci-dessus désignés, qui sa
vent ex qui sont innocents, ne parlent
pas. Il n'y a aucune espèce de rai
son pour que ceux-là n'aillent racon
ter ce qu'ils savent, et, au besoin,
avouer leurs réticences ou leurs men
songes antérieure à M. Barnaud. Ils
auraient tort de ne pas m'en croire.
Je ne suis pas député, pour le moment,
mais, du train dont vont les choses, il est
très possible et même vraisemblable que
l'A- F. vint au pouvoir un jour. Auquel
cap j'aurai l'aveu de la vérité dans les
deux heures. Mais même en dehors de
cette circonstance les onze commissaires et
inspecteurs dont j'ai publié les noms ci-
dessus, doivent bien se rendre compte
qu'ils en ont, avec moi, pour tout ,1e
temps qui me reste à vivre, et que je ne
cesserai de leur demander compte du sa
crifice d'un bon et beau petit garçon de
quatorze ans et demi, qu'ils ont — sur
l'ordre de leurs indignes chefs — traqué
et abattu comme un pauvre petit lapin,
parce qu'il était « le gosse à Daudet
Je suivrai leur avancement, qui sera sans
deute moins rapide, maintenant que Mil
lerand, Poincaré et Marlier ne sont plus
la, [les deux premiers pour leur obéir, le
troisième pour leur commander] ; je les
accompagnerai dans leur carrière. Ils
n'auront plus une minute de répit, ja
mais.
Il leur reste, il est vrai, la faculté de me
zigouiller, comme Syveton, Gohary, le
papa Dubost, Joseph Dumas, ou mon
fils. Mais cela, c'est plus difficile.
Quant à Lannes, le « voyeur » immonde
et le sanglant manigancier du Contrôle
général, quant à Delange, l'homme du
« ça y est » victorieux du 24 novembre
— quand l'enfant fut tué — ils iront, tôt
on tard, à la guillotine. Marlier aussi,
bien que préfet de la Corse; car on exé
cute aussi à Ajaccio.
Reste Maunoury, ancien ministre de
l'Intérieur, le sale menteur, auquel les
pleutres sans entrailles du bloc national
donnèrent, vingt-quatre heures avant sa
chute, un inutile satisfecit pour avoir
bien couvert, d'ordre de Millerand, l'in-
famie et le crime de son Marlier. Je n'ou
blie pas non plus Maurice Maunoury et
vous connaîtrez ce Tartufe en même
temps que ses maîtres, par la publica
tion de pièces et l'analyse que je com
mencerai prochainement.
Léon DAUDET.
LA POLITIQUE
LE ONZIEME CONGRES
D'ACTION FRANÇAISE
Ainsi que nous l'àvons déjà annoncé
dans l'Action française du 13 mai, le pro
chain Congrès d'Action française se tien
dra à Paris du 16 au 21-novembre. Nous
publierons d'ici peu l'ordre du jour des
différentes séances et le détail des diver
ses manifestations auxquelles il doit don
ner lieu.
Nous pouvons dire déjà que les séances
d'études auront lieu le matin et l'après-
midi dans la grande salle des Sociétés sa
vantes.
Afin de permettre au secrétariat de la
Ligué de préparer utilement ces séances,
les présidents de sections et de centres et
les correspondants recevront, avant la fin
du présent mois, un questionnaire par
l'intermédiaire de leur secrétaire régional
ou par des soins du siège central. Ces
questionnaires remplis conformément
aux instructions qui y sont jointes devront
êtrè retournés aux secrétaires régionaux
ou au siège central enire le 1" et le 25
septembre.
En ce qui concerne les sections, centres
et correspondants appartenant à la Fédé
ration des sections de Paris, banlieue et
Seine-et-Oise, les réponses devront par
venir aux mêmes dates au président de
la Fédération.
Les secrétaires régionaux grouperont
les réponses des sections, centres et cor
respondants de leur zone et feront un rap
port d'ensemble qu'ils expédieront avec
les questionnaires au siège central. Leurs
envois devront parvenir à celui-ci pour
le 15 octobre dernier délai.
Toute la correspondance et les rapports
relatifs au Congres devront être adressés
à Pierre Lecœur,'secrétariat de la Ligue,
12, rue de Rome, Paris (8*).
EN QUATRIEME PAGE :
Les cours du Franc-or,
I. Caillaux et Malvy
Les débats sur l'amnistie ont continué
dans une atmosphère assez orageuse. La
droite et le centre ont réagi à la mesure
de leurs moyens qui ne sont pas négli
geable dans l'ordre de la discussion ou de
l'exclamation. Le procès de Caillaux a été
fait avec énergie et clarté, la pleine évi
dence du crime a découlé de la simple
lecture de l'arrêt de condamnation. La ré
sistance a été moins ferme sur l'article.
Malvy. D'abord l'accusé était là. A défaut
de camaraderie une certaine solidarité de
collègiw à collègue a joué. Peu de mem
bres \lu Parlement ont la vertu de M. le
général de Salnt-Just, et le Parlement tout
entier sent confusément qu'il existe une
sorte d'antinomie entre le fait de dire ses
vérités à un traître et le fait de vivre
avec lui sous le même plafond, dans le
même hémicycle, dans la même atmos
phère de basse légalité. «L'honorable M.
Marty», devait dire le ministre de la
Guerre lui-même en parlant d'un individu
qui voulut vendre sari navire pour sub
venir aux besoins des siens : il y a aussi
pour' certains bancs du centre, quelque
chose comme un « honorable M. Malvy ».
On l'a senti aux paroles finales de. M. Fa-
bry. Elles marquaient la volonté de ne pas
hésiter, mais l'hésitation en est flagrante
aussi bien d'après les. Bleus de séance que
d'après l'Analytique. Le honteux plaidoyer
de Briand venait de troubler tout le monde.
II. Une confusion volontaire
M. Briand a l'habitude de débiter des
âneries d'un ton pathétique et sensé.
L'histoire du Conseil des ministres em
pêchant Malvy de poursuivre l'auteur d'un
tract pacifiste (Sébastien Faure) est une
chose et l'intégration de ce même tract dans
le « plan concerté à la fin de 1914 pour rai-
« ner la défense du pays en portant al-
« teinte à la force morale de la nation et
« à l'esprit de discipline de l'armée », est
une chose toute différente. Le détail
isolé du reste ne présentait qu'un faible
intérêt, et l'on comprend que le con
seil des ministres adroitement mis au fait
par Malvy ait conclu à l'expectative pure
et simple. Mais le même détail,
replacé dans son ordre, à son rang, dans
la série des complaisances pour tous les
traîtres et tous les espions, dans la trame
des complicités avec le Bonnet rouç/e, un
tel détail reprend sa figure véritable : il ap
pelle le châtiment que la Haute-Cour a ad
ministré.
Prenons un autre exemple. Un témoin
proinalvyste, l'ancien directeur de la Sû
reté générale Richard, déposa devant la
Haute Cour qu'un certain espion nommé
Rabbat, avait été l'objet d'un arrêté d'ex
pulsion. On avait demandé à M. Richard
de rapporter cette expulsion. Il avait re
fusé. Malvy étant intervenu, il y consen
tit. Voilà un fait : tel quel, on peut le
discuter. L'arrêté était bien ou mal fondé.
On a eu tort ou raison de le rapporter.
Malvy s'est trompé ou ne s'est pas trompé.
Mais voici autre chose :
— Il le fit sur l'intervention d'Almerey-
da ? demande-t-on à M. Richard.
Et celui-ci de répondre :
— Oui.
Ce oui change tout. Le ministre de l'In
térieur de 1914-1917 a agi une fois de plus
sous l'influence de l'espionnage allemand.
III. Lettre d'un Alsacien
Une ligueuse d'Action française a reçu
d'un cousin, petit fonctionnaire en Alsace,
la belle lettre suivante qu'elle nous fait
l'honneur de nous communiquer :
5juin. — Maintenant, je veux te parler
de mes transes. Depuis le 11 mai le vent
a tourné et on en voit déjà l'effet. L'orage
s'abat sur notre pauvre Alsace., Mais je
crois que M. le président Herriot s'as
soit sur un hérisson. Les Alsaciens ne .se
laisseront pas faire comme les catholi
ques de l'Intérieur.
La lutte !... Tu n'as qu'à lire l'extrait du
journal que je joins à ma lettre. On ne
peut pas rester indifférent quand il s'a
git de défendre ce qui nous est le plus
précieux. Vois-tu cette république qui
veut maltraiter ses enfants retrouvés com
me le ferait une marâtre ? Elle a d'ail
leurs peu d'amateurs, chez nous, ei il y
en a beaucoup qui en ont mangé.
Tu Sais bien que le mot république a
un autre sens en Alsace ; quand il y a
du désordre, on dit : c'est la république.
Eh bien l ma chère cousine, je viens te
dire quelque chose qui te fera plaisir. J'ai
pris une décision. Je me suis mis de FA.
F., car je trouve que c'est le seul moyen
de sortir de ce marasme. Depuis long
temps, je suis lecteur assidu de. t'A. F.
et je voudrais que tous lés Alsaciens en li
sent les articles. '
Il ne suffit pas de se déclarer pour, il
faut aussi prendre part à la lutte selon
ses moyens. Je ne suis pas un Rothschild
et j'ai toutes les peines du monde à join
dre les deux bouts. Pour ne pas déranger
l'équilibre de mon petit budget, je suis
tombé sur une idée originale : j'ai re
noncé à ma chère pipe. Et maintenant
je viens te demander un service. Tu sais
que ma profession me défend de prendre
part ouvertement à la propagande. Je
risquerais L'avenir de ma famille, c'est
ce que je veux éviter. J'avais d'abord
l'intention d'écrire directement à Paris,
mais je préfère que tu sais mon inter
médiaire. Si tu acceptes, je t enverrai les
premiers 5 francs économisés sur ma
pipe, pour que tu les transmettes à l'A.F.
...En lisant /Action française j'ai trouvé
l'annonce : « Aux fumeurs ». Voilà com
ment je l'ai modifiée ; l' Action française
la publierait peut-être dans sa chronique
du 3 e million :
« Aux Fumeurs / Vous pouvez vaincre
« l'habitude de fumer en 5 secondes, si
« vous lancez votre pipe au diable et en-
« voyez les économies réalisées à l'A. F.
« pour arrondir le 3' million. La pensée
« de contribuer à faire lâcher au prési-
« dent Herriot le monopole avec sa pipe
« do us causera an bien-être suprême. Si
« la tentation vous harcèle, pensez qu'en
« fumant, vous faites le jeu du Bloc des
« gauches. Que vous fumiez la cigarette,
« le cigare ou la pipe, suivez mon conseil.
« Il vaut son pesant d'or. Signé : Jean du
, « Trou des Cousins, 19, quai du Renard,
« qui prêche aux Canards, Strasbourg. »
On sait que l'Alsace, si ferme, est aussi
très rieuse. Nous donnerions une idée
fausse de nos recrues nouvelles dans ce
niagnifique pays si nous expurgions leurs
lettres de plaisanteries faites de si bon
cœur !
Ce n'est pas parce que les hommes du
bagne sont au pouvoir qu'il conviendrait
de supprimer aux honnêtes gens des fan
taisies aussi innocentes. Nous acceptons la
pipe alsacienne comme un porte-bonheur.
Que ce nouvel ami reçoive donc nos re
merciements les plus vifs 1
Charles MAURRAS.
Erratum. — L'étude impartiale sur le
général Sarrail, signée colonel X..., que
'nous avons résumée ici même lundi der
nier, était extraite de l'Eclair de l'Est, et
non de VEclaireur de l'Est, comme il a été
imprimé.
A LA SOCIETE DES NATIONS
Les Etnts-Unis repoussent
le projet de traité d'assistance mutuelle
Genève, 10 juillet. — Le gouvernement
des Etats-Unis vient de répondre au se
crétaire général de la Société des Nations,
touchant le projet de traité d'assistance
mutuelle qui lui avait été communiqué
comme à tous les gouvernements.
Cette réponse des Etats-Unis est en
somme un refus d'adliérer au projet de
traité.
« Sans entrer dans une analyse de ces
dispositions ou d'autres dispositions du
projet de traité, il est absolument ma
nifeste que le principe fondamental de
ce projet est de prévoir des garanties
d'assistance mutuelle et d'établir la com
pétence du Conseil de la Société des Na
tions en ce qui concerne les décisions
envisagées. Or, étant donné l'organisation
constitutionnelle du gouvernement des
Etats-Unis et le fait que les Etats-Unis ne
sont pas membre de la Société des Na
tions, le dit gou-ernement serait dans
l'impossibilité d'y adhérer. »
A LA COUR D'ASSISES
DE MONTPELLIER
Le vol des œuvres d'art
Montpellier, 10 juillet. — L'affaire du
vol des œuvres d'art de Montpellier est
yenue aujourd'hui devant la cour d'assises
-de l'Hérault.
C'est devant une salle comble que le
conseiller Michel,. président de la cour
d'assises, ouvre la première audience.
M. César Bonnet et le professeur Sou-
beyran, de la Faculté de médecine, répon
dent aux questions préliminaires habi
tuelles, puis M. Négri, greffier, donne lec
ture de l'acte d'accusation que les deux
accusés écoutent avec une attention sou
tenue.
Bonnet est inculpé de vols qualifiés et de
vols simples et le professeur de vol com
mis le lundi de Pâques et de recel dans les
vols simples.
M. Bonnet est interrogé le premier. Après
avoir nié avoir vendu au professeur Sou-
beyran le moindre objet provenant de
chez M"" Matet, M. Bonnet reconnaît s'être
rendu au domicile de celle-ci alors qu'elle
était absenté, et en compagnie du chirur
gien. Toutefois, ni lui ni M. Soubeyran
n'ont, suivant ses affirmations, emporté
aucune des œuvres d'art qui se trouvaient
dans l'appartement.
A la séance de l'après-midi, le profes
seur Soubeyran interrogé oppose le plus
formel démenti aux allégations de M.
Bonnet. Il reconnaît lui avoir acheté des
objets d'art trouvés à son domicile, parce
que M. Bonnet s'était donné comme
l'homme de confiance de Mme Matet.
ECHOS
Charles Maurras a reçu la proprette invitation
que voici :
« L es D îners de. la C ontroverse . Dîner du 7
juillet. Controverse sur le livre de M. Léon Accam'
bray : Qu'est-ce que la République ?
« Monsieur,
« Nous vous serions extrêmement reconnaissants
de vouloir bien assister au dîner donné le 7 juil
let 1924 aux Sociétés Savantes sous la présidence
de M. Maurice V iolette , député, ancien ministre,
On discutera Fœuvre. de M. Accambray...
« Nous- comptons beaucoup sur votre présence
animatrice à ce dîner et au débat qui le suivra. »
Voilà cinquante ans que nous avons la Rép -.:Mi-
que, et lèi purs en sont encore à essayer de la dé
finir !... Qui donc disait naguères que la ques
tion de régime ne se posait plus ? Quand on ne
la pose pas, il la posent eux-mêmes...
POUR CONNAITRE LES PROCES
CAILLAUX
MALVY
BONNET ROUGE
demander les -comptes rendus des débats
judiciaires d'après la sténographie avec
croquis pris à l'audience, qui ont été pu
bliés par
LA REVUE DES CAUSES CELEBRES
L'affaire Caillaux est complète en huit
fascicules à 2 fr. 50, soit 20 fr. ;
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cules à 2 fr. 50 et un fascicule à 1 fr. 25,
soit 21 fr. 25 ;
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fascicules à 1 fr. 25, soit 7 fr. 50.
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ballage.
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trateur de l'Action française, 14; rue de
Rome, Paris.
Compte Chèques Postaux : Paris 23.900.
Le retour d'Ulysse
Lundi, avant de partir pour Paris, M.
Vlacdonald avait eu une assez mauvaise
séance à la Chambre des Communes. M.
Asquith ne l'avait pas ménagé. On avait
'impression qu'il était affaibli sur le point
où, jusque-là, il s'était montré fort.
Eh effet, si la politique intérieure de M.
Vlacdonald, pourtant très modérée au point
de vue socialiste, ne soulevait aucun enthou
siasme et prêtait même à de vives critiques,
sa politique extérieure était généralement
approuvée. On le trouvait plus adroit que
lord Curzon et le fait est que, par la ma
nière douce ou doucereuse, il avait obtenu
des résultats que son prédécesseur n'avait
jamais recueillis. Mais, après six mois de
prudence et de souple manœuvre, M. Mac-
donald avait commis une faute. En brus
quant M. Herriot par la lettre d'invitation
à la Conférence de Londres, il avait ranimé
et redressé le gouvernement français, il
l'avait même mis en danger en donnant une
arme à l'opposition. Par cette maladresse,
M. Macdonald avait failli gâter tout son
ouvrage. D'où, évidemment, la fraîcheur
avec laquelle la Chambre des Communes
l'avait reçu lundi.
On peut déduire de là que si M. Macdo
nald s'est maintenu au pouvoir dans des
conditions paradoxales et sans posséder de
majorité, c'est en raison des services qu'il
a rendus en politique étrangère. Il est
l'homme qui a réussi, tandis que M. Lloyd
George et lord Curzon avaient échoué :
sans violence, il a liquidé l'affaire de la
Ruhr et il a rendu impossible pour l'avenir
le retour aux gages et aux occupations.
Il sera donc intéressant de connaître, ce
qui n'apparaît pas encore nettement, le
retentissement de la note commune sur la
position parlementaire de M. Macdonald. Il
semble bien que le premier ministre re
vienne consolidé et que la conférence de
Londres — à laquelle' il avait tant de rai
sons de tenir — doive le consolider encore.
En ce cas, les Anglais passeraient condam
nation sur ses idées socialistes en considé
ration des services qu'il leur aurait rendus
au dehors. Et le socialisme aurait acquis
droit de cité dans le royaume en réalisant
lè programme européen dont ni Lloyd
George ni lord Curzon n'étaient venus à
bout. Le socialisme aurait pris racine en
Angleterre aux dépens des Alliés du conti
nent, la France et la Belgique, qui avaient
pris au sérieux les promesses et les ser
ments de la guerre et dont les revendica
tions étaient devenues fastidieuses -et gê
nantes pour l'Angleterre. C'est la fable du
cheval s'étant voulu venger du cerf. On sait
ce qu'il advint du cheval.
Il sera également intéressant de savoir ce
que la Belgique pensera de la note commune
d'avant-hier. La Belgique n'a pas été con
sultée. Comme en 1919, elle est restée à la
porte de cette réduction du Conseil suprême.
Pourtant, la Belgique est allée avec nous
dans la Ruhr. Pourtant, c'est la voix de son
délégué qui, avec celle de notre président,
perd de sa valeur à la Commission des
réparations. On a oublié la Belgique. Cen-
drillon n"a pas été invitée au bal. M. Her
riot aura encore quelque chose à arranger
de ce côté-là.
Une dernière observation. On n'a peut-
être pas assez remarqué la situation bizarre
qui sera- créée par l'adjonction à la Com
mission des réparations de cet Américain
qui représentera non les intérêts de son pays
mais ceux des porteurs d'obligations alle
mandes. Les Etats-Unis n'ont pas signé le
traité de Versailles. C'est pour eux res inter
alios ac.la. Qu'il constate le manquement ou
qu'il estime qu'il n'y ait pas lieu de le
constater, ce sera la même chose. En cas de
constatation positive, le gouvernement des
Etats-Unis ne sera pas derrière lui pour
prendre la sanction correspondante. Est-ce
que tout cela ne veut pas dire qu'on enterre
à jamais les sanctions ? C'est à quoi, du
re3te, toute l'opération tendait. — J. B.
L'AMNISTIE DES TRAITRES
ALA CHAMBRE
La journée de Caillaux et de Malvy
a.
La discussion de la loi d'amnistie ne de
vait pas donner lieu seulement à des scè
nes de violences, mais devait aboutir à ce
scandale de voir Malvy venir se poser en
victime du Sénat devant la Chambre et
d'entendre Briand faire la glorification de
l'homme que la Haute Assemblée a con
damné à cinq ans de bannissement pour
forfaiture.
L'absence de Daudet au Parlement a per
mis au traître Malvy et à Briand la canail
le, de prononcer des paroles qui dé
shonorent à jamais une assemblée.
Seul Ybarnégaray a pu, en dépit des gla
pissements de la majorité, affirmer la cul
pabilité d'un Caillaux et repousser pour ses
crimes, toute idée de pardon.
LA SEANCE DU MATIN
Sous la présidence d'Alexandre Varenne,
le traître Marty a poursuivi hier matin
pendant plus d'une heure la lecture de
son topo, au cours duquel il réclame l'am
nistie la plus large pour les « copains »
de son espèce qui emplissent les bagnes
militaires.
Il s'efforce d'intéresser la Chambre, par
un tableau poussé au noir, des actes de
férocité dont sont coutumiers les gar
diens de « Biribi », voir de Clair-
vaux, où, d'après lui, 258 prisonniers se
raient morts de faim.
Ces exagérations font rire la Chambre,
à l'exception de l'austère. René Renoult,
garde des Sceaux, qui promet, le plus sé-
, rieusement du monde, d'ordonner une en
quête.
Marty termine en menaçant la Cham
bre des colères du prolétariat qui, si
l'amnistie la plus large n'était pas votée,
descendrait dans la rue pour ouvrir les
portes des prisons (sic).
Ces inepties terminées, le bon M. René
Renoult monte à la tribune pour expliquer
au nom du gouvernement dans quel es
prit a été élaboré le projet d'amnistie. La
nécessité d'apaisement, a-t-il dit, a été
reconnue par Gambetta et Waldeck-Rous-
seau. Cette référence, probablement, lui
suffit. Il invoque également l'autorité du
colonel Picot, mais celui-ci proteste.
Le colonel Picot. — J'ai dit qu'il ne fallait pas
confondre les traîtres avec les soldats qui ont eu
une défaillance pasagère, mais distinguer entre
les hommes qui ont souffert et ceux qui ont fait
la « noce » à l'arrière.
M. de La Ferronnays. — Ceux du Chapon fin !
M. René Renoult déclare que l'heure est
venue de faire acte de générosité, que le
gouvernement et la commission sont d'ac
cord sur presque tous les points où l'am
nistie doit jouer, mais qu'il ne faut pas
perdre de vue la nécessité de sauvegarder
les droits de la société.
La présence de M. About, à la tribune,
va de nouveau déchaîner les colères de
la gauche et de l'extrême gauche.
L'orateur voit dans le projet soumis à
la Chambre la manifestation d'une crise
d'idéalisme dangereux. Il se demande si
on ne va pas décourager les braves gens,
tous ceux qui ont fait leur devoir.
Quant à lui, il ne peut concevoir que
l'on accorde.l'amnistie à des défai
tistes qui se sont efforcés de livrer leur
pays à l'étranger.
Berthon. — Qu'est-ce qu'un défaitiste ?
M. Rillart de Verneuil. — C'est vous,
M. Berthon 1
La gauche proteste avec violence, le
centre et la droite applaudissent.
Le silence une fois rétabli, M. About
proteste contre-un projet qui aurait pour
résultat d'ouvrir toutes grandes les portes
des prisons.
Les socialistes et les communistes se li
vrent à des manifestations violentes.
Uhry déchaîné s'en prend à M. Maginot
qui riposte :
M. Maginot. — M. Uhry, ne dites donc
pas de bêtises, sinon je serai obligé de
vous demander si vous en prenez la res
ponsabilité personnelle, et vous vous em
presserez de vous dérober.
C'est ce qui se produit. L'anthropoïde
Uhry regagne son cocotier et se taît.
L incident réglé, M. About, qui est un
grand mutilé de la guerre, lit les protes
tations des anciens combattants contre le
traitement accordé aux déserteurs et à
ceux qui ont été punis pour forfaiture et
correspondance avec l'ennemi.
Il donne lecture des arrêts de la Haute-
Cour, concernant Caillaux et Malvy, ce
qui provoque un nouveau tumulte de' la
part de la gauche, surtout quand l'ora
teur s'écrie que l'amnistie de pareils faits
serait un véritable défi aux morts de la
guerre. s
Mais les manifestations redoublent
quand M. About démontre, textes en
main, que la réintégration des cheminots
violerait formellement le statut des com
pagnies.
— .Vendu ! Vendu,! lui crie-t-on à gau
che.
— Vous avez bien gagné votre avoine*
lui crie le socialiste Nouelle.
Ces paroles déclenchent un chahut gé
néral ; des députés de la droite et du
centre quittent leurs bancs et gagnent l'hé
micycle ; des députés de l'extrême gauche
en font autant. Va-t-on en venir aux
mains ? Déjà les huissiers s'apprêtent à
intervenir, mais M. Varenne agitant sa
sonnette désespérément, impose silence
à ses amis et le calme se rétablit un ins
tant.
Le juif André Hesse, président de lai
commission, qui veut étouffer le débat,
demande la clôture, aux applaudissements
de la majorité, bien qu'il y ait encore 15
orateurs inscrits. M. Varenne explique que
d'après le règlement, la-clôture ne pourra
être mise aux voix qu'après le discours
de M. Poncet, un orateur ayant toujours le
droit de répondre au président de la
commmission.
La suite de la discussion est renvoyée
à l'après-midi à 3 heures.
LA SEANCE DE L'APRES-MIDI
Au début de la séance que préside Paul-
Prudent Painlevé, la Chambre discute les
conclusions du 2 e bureau relatives aux opé
rations électorales de l'Aveyron. MM. Rey-
naldy, Jean Molinié, Coucoureux et Borel
sont admis sans débat. Pour le dernier
siège, le 2 e bureau propose de proclamer
élu M. Balitrand, radical, à la place de
M. Roquette, du Bloc national. Naturelle-
riient, malgré les efforts de MM. Lafarge,
Coucoureux et Roquette lui-même, le Bloc
des gauches adopte ces conclusions.
On reprend ensuite la discussion de
l'amnistie et la parole est donnée à M.
François Poncet.
Il n'a pas ouvert la bouche que déjà les
communistes le couvrent d,'injures. M. Ca-
chin lui crie qu'il est l'associé des capita
listes allemands.
La droite proteste ; la gauche soutient
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