Titre : L'Action française : organe du nationalisme intégral / directeur politique : Henri Vaugeois ; rédacteur en chef : Léon Daudet
Auteur : Action française. Auteur du texte
Éditeur : Action française (Paris)
Date d'édition : 1924-06-22
Contributeur : Vaugeois, Henri (1864-1916). Directeur de publication
Contributeur : Daudet, Léon (1867-1942). Directeur de publication
Contributeur : Maurras, Charles (1868-1952). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb326819451
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 57453 Nombre total de vues : 57453
Description : 22 juin 1924 22 juin 1924
Description : 1924/06/22 (Numéro 174). 1924/06/22 (Numéro 174).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG87 Collection numérique : BIPFPIG87
Description : Collection numérique : BIPFPIG69 Collection numérique : BIPFPIG69
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k761988q
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, GR FOL-LC2-6354
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 18/01/2011
Dix-septième 3nnée — N° 174
Dimanche 22 Juin 1924
S?
Tffl
1S centimes. Seibe et Seire-bt-Oims
SOcentimçs Dé partemeu te ht Colonibs
AUONNfciSllîNri» : OcAn. iixrfeis irasaiib
Franco et Colonies. (58 fr a5 fr i3 fr.
Etranger „ Sa « lia s as »
Chèque T>crial » Compte a3.goo Parii.
ORGANE DU NATIONALISME INTÉGRAL
« IVwf ce qui est national est nôtre. »
Le Due d'ORLÉANS
feérltier dos quarante Rois qui en mille ans firent la France»
EÊDACTION & ADMiïîlSTQATIOHt
i4. "ue de Rome, PARIS <8*)
Adresse télégraphique . AGTâOFRÀîi-PARIS
Téléphone" Administration . Louvre 30-4$, 36-90
Rédaction ; Central 75-44 Publicité * Gontral 54-77
Après jû heures du soir : Ségur *11-68
Registre do Gomaaroo j Seine 78.583
Fondateur * HENRI VAUGEOIS — Directeurs politiques* LÉON DAUDET et CHAULES MAUURAS — Rédacteur eu chef: MAURICE PUJO
Hier matin, on annonçait' JK..' ;
était remplacé à la Sûreté gënéi
Hier soir, la nouvelle n'était pfasxrâS&.
'm ■ " ''
Mussolini a pu en deux jours changer tout
le haut personnel de sa police. Tout "comme
M. Poincaré, M. HERRIOT N'A PAS PU.
Le cas de l'Assassin jfiaiiier
O11 lisait hier, dans 3e Matin , cette note
d'allure officieuse :
«. Nous croyons saevoir que M. Marlier,
■J.€ appelé à de nouvelles fonctions, doit
4. quitter prochainement la direction de
« la Sûretjé générale..
« M. Camille Chautemps aurait l'in-
« tention de confier ce haut poste à M.
,« Jean Chiappe, directeur du contrôle et
« de la comptabilité ail ministère de l'In-
;« teneur. »
Démentie hier au soir par le Temps et
la Liberté, cette note ne- disait pas ce qu'il
adviendrait des sieurs Lannes et Delange,
contrôleurs à la Sûreté générale, que j'ai
accusés formellement d'avoir organisé,
avec Marlier et les indicateurs du Liber
taire, le guet-apens du samedi 24 novem
bre dernier, où mon fils Philippe Daudet,
âgé de quartorze ans et demi, a trouvé
une mort horrible. Je compte revenir à
fond sur le _ôle "de ces trois immondes
gredins, cqupables de l'organisation mé
thodique d'un forfait infiniment plus per
vers que l'assassinat de l'infortuné Mat-
teotti; puisqu'il s'agissait d'un pauvre
petit garçon fugueur, généreux et bon
comme le pain, contre lequel, en haine de
son père, fut montée une atroce machi
nation. Aujourd'hui, je signalerai sim
plement que le cabinet Herriot a failli
accomplir ce que le «abinet Poincaré
n'a pas osé accomplir, ce que la justice
et la simple humanité ordonnaient d'ac
complir dès le 5 février dernier, puis
finalement a reculé et conservé l'assassin
à son poste. Ewr effet, toute i/instkuc-
MON DE L'AFFAIRE A ETE FAUSSEE, JUSQU'A
PRESENT, PARUS FAIT QlflÇv'E PARTIE ÏM-
PORTÂîiTE DE LA POUCE POLITIQUE AVAIT
PRECISEMENT COMBINE ET EXECUTE LE CRI
ME QUE LA POLICE JUDICIAIRE AVAIT FOUR
HISSIO^ SE RECHERCHER. . »
J'ai déjà donné un exemple saisissant,
irréfutable et irréfnté, de la collusion de
la Sûreté générale et des indicateurs du
Libertaire : la communication du por
trait de Philippe'au Libertaire, par un
policier demeuré inconnu. J'en tiens un
autre en réserve, plus saisissant encore
et que j'ai gardé secret, jusqu'ici, afin de
ne pas gêner l'instruction. Mais l'ins
truction commencera seulement do
jour ou le juge n'aura plus affaire a
un service de recherches terrorise et
fausse par le maintien en fonction des
trois assassins marlier,; lannes et De-
1ange. ..
Le protecteur acharné de Marlier, de
Lannes-et de Delange, et surtout de Mar
lier, ce en fut pas; Poincaré, comme on
le répète généralement, à cause de sa pa
rent^ avec Lannes. Ce fut Millerand. La
sécheresse juridique de Poincaré est con
nue. 11 n'a pas. d'enfant et, dans une af
faire criminelle de cette envergure, il a
préféré demeurer sur le terrain de la
fôôôôrme stricte, sans même vouloir exa
miner l'évidence. La dignité ne lui a fait
défaut que le jour où il n'est pas venu à
' la séance de la Chambre, alors que j'ex
posais, à la tribune, le mensonge flagrant
et la forfaiture du sinistre Maunoury.
Cfest ce jour-là, — plus encore que lors
de l'interpellation de M. Ferdinand Buis
son, — que la majorité du Bloc national
,-fut le plus ignoble. J'ai encore la nausée
en y songeant. J'étais parvenu à mon
âge sans savoir que la lâcheté humaine et
d'assemblée était sans limites, comme
l'Océan. Je verrai toujours ces rangs de
(pleutres xu'écoutant passivement, sans
oser bouger pieds ni pattes, comme des
séries de Goyaux et de Doumics ; j'en
tendrai toujours, à ma gauche, la voix de
ce féroce Juif qu'est Léon Uluin : « Moi...
je ne le plains pas. » Ah ! les sales gens,
«ans courage, sans honneur et sans en
trailles !
Millerand [Alexandre], depuis décem
bre, et surtout depuis février, jusqu'à son
départ de l'Elysée, a soutenu l'assassin
Marlier avec acharnement. Marlier avait
flatté sa vanité, qui n'est pas mince, lors
d'un voyage dans l'Aisne, dès 1920, où il
avait organisé des manifestations en son
honneur. Ensuite, Marlier lui avait fait
croire qu'il était indispensable à sa sécu
rité personnelle. Enfin, le bruit court que
Marlier avait rendu quelques menus ser
vices dans l'entourage de Millerand. Mais
ceci est secondaire. La vérité est que Mil
lerand, très mauvais connaisseur d'hom
mes—■ l'affaire Duez en est la preuve, et
plus récemment l'invraisemblable et gro
tesque histoire Steeg — a toujours pré
féré,, et de, beaucoup, sa commodité à la
justice. C'est un esprit sans envergure. Les
événements récents ont fait la preuve qu'à
lui, comme à Poincaré,. le courage civi
que manquait totalement. Ce sont deux
hommes de second plan, deux bons com
mis, l'un plus lourd, l'autre plus sec, qUc
l'on avait pris pour des chefs.
C'est ainsi que fut maintenu en fonc
tions «e sanglant Marlier, et, auprès de
lui, son complice Lannes — effroyable et
cynique bandit, dans l'exercice de ses re
doutables, fonctions — et auprès d'eux le
sournois Delange, le metteur en scène de
l'assassinat de notre bon petit enfant,
celui qui alla trois fois — et indûment —
à Lariboisière — d'ordre de Marlier ef
frayé — pour savoir si Philippe avait
parle avant de mourir . Terroriser la
police judiciaire, mentir effrontément au
juge d'instruction, imaginer des trucs
susceptibles d'égarer la Justice, telle fut
désormais, comme bien l'on pense, la be
sogne de ces trois suppôts de bagne et.
de maison centrale, campés au sommet de
la police d'Etat. Au-dessous d'eux, les
onze policiers convoqués, par leurs soins,
à la curée chaude du « gosse à Daudet »,
— préalablement livré aux indicateurs
Colomer, Vidal, Gruffy. et autres, — et
notamment les commissaires Colombo,
Peudepièce, Garaijger et Blondel [QUI
SAVENT LA VERITE] se rassuraient et
se taisaient, en songeant que les « pa-
' trons » étaient solides au poste, que Poin
caré était immuable et Alexandre Mille
rand éternel. Aussitôt que Colrat, garde
des Sceaux, et de beaucoup le plus hu
main de l'affaire, élevait la voix contre
la manifeste infamie de Marlier, et la
nécessité de le sacquer, Millerand oppo
sait son veto.
Quand la gratitude naturelle à Poin
caré lui eut fait remplacer Colrat par
Lefebvre du Prey, Marlier poussa un hen
nissement de joie. Lefebvre du Prey est
un de ces sinistres libéraux qui nous dé
testent, une autre forme'de Doumic et de
Goyau ; et il a le culte de Marlier. [1
répétait, à qui voulait l'entendre, qu'un
non-lieu était imminent, que Marlier,
Lannes et Delange étaient les plus braves
gens de la terre, que j'étais un énergu-
mène dangereux.*Ce père de famille nom
breuse trouvait malséant qu'un père de
famille royaliste se permît de ne pas ad
mettre que la Sûreté générale fit tuer son
jeune fils. Lefebvre du Prey est de la race
politique de Bonnevay. C'est le peureux
qui hait ceux qui, n'ayant pas peur, ris
quent de lui valoir des c REPRESAIL
LES » ! C'est le « bien-pensant » qui n'a
de salamalecs et de courbettes que pour
les persécuteurs de sa religion. J. 7 ai cette
race de lièvres honorables en mépris, car
c'est par elle que fondent les révolutions
sur les peuples civilisés ; et le démocrate
violent est moins pernicieux cent fois que
ces démocrates tièdes et tartufes, qui
livrent, à l'adversaire, en pleurant et
gémissant, toutes les clés de la société.
Dans Lefebvre du Prey, il y a l'étoffe
de plusieurs César Chabrun, le sale petit
renégat de la Mayenne qui s'imagine,
en votant la persécution religieuse, ob
tenir un portefeuille des radicaux. ■ ■
, Mais la politique a des détours impré
vus, et la France en sait quelque chose.
Le baron Horace Finaly, omnipotent di
recteur de la Banque de Paris et des Pays-
Bas ayant décidé la perte de Millerand,
de cette pauvre tourte de Millerand, cou
pable de ne pas lui avoir livré le petit
Franc en mars dernier, et d'avoir appelé
le docteur Edouard de Rothschild à sa
place, la campagne antimillerandine com
mença. Deux académiciens, Goyau [lui,
toujours lui !] et Doumic, furent conviés
à un banquet politico-financier chez Fi
naly et, comble de rigolade, y lâchèrent
carrément Poincaré et Millerand. Goyau
embrassa Téry sur le groin et demanda,
avec force signes de croix, où l'on s'ins
crivait pour lécher les bottes de Herriot.
Millerand bascula. Marlier demeura seul
avec son guet-apens du 24 novembre., ■
H semble bien alors que le départ de
Marlier ait été décidé pendant quelques
heures, puis qu'une, pression X sur Ca«
mille Chautemps ait fait encore ajour
ner, dans la journée d'hier, la révocation
de ce bandit. Herriot aurait-il déjà oublié
la déclaration qu'il m'avait faite sponta
nément à la Chambre, il y a trois mois,
sur la « saloperie » de Marlier ? Je ne
cesserai de la lui rappeler. .
Léon DAUDET.
ABONNEZ-VOUS AUX
COURS DE L'INSTITUT
D'ACTI ON FRA NÇAISE
On a lu dans l'A. F. du 6 juin l'article
à la suite duquel Charles Maurras pres
sait nos amis de lire et faire lire la Revue
des Cours.
Ces cahiers trimestriels, dont chacun
contient la matière de quinze conférences
et plusieurs pages de critique ou d'ex
traits, permettent au grand public cultivé
de suivre le haut enseignement donné rue
Saint-André-des-Arts. Ils constituent une
mine de documents, d'exposés et d'argu
ments précieux, non seulement pour nos
conférenciers des provinces, mais pour tou
tes les personnes qui désirent approfondir
notre doctrine générale, tout en suivant
sérieusement le . mouvement des idées.
Les noms seuls des conférenciers de
l'INSTITUT d'A. F. et les titres de leurs
cours, rappelés dans notre article du 6
juin, suffisent à montrer le haut intérêt
de cette publication.
CONDITIONS D 'ABONNEMENT
UN AN . FRANCE-& COLONIES 201.
'quatre fascicules) ETRANGER ... 25 1
Les abonnements sont reçus à la Nouvelle
Librairie Nationale, 3, place du Panthéon.
PARIS (V e ).— Compte chèques postaux :
Paris-?,1Ô5. ■
LA POLITIQUE
I. Le Huron à l'Hôtel de Ville
La réputation de M. Gaston Doumergue
a fait, tous ces jours derniers, des progrès
rapides. On le savait bibliophile et même
bibliopple. Un critique nous a révélé des
vers de sa façon. Né poète, il lui reste à
devenir prosateur. Les respectueuses ob
servations que je lui présentais à ce sujet
l'autre matin sont restées sans influence
sur son esprit. Aux deux excellents secré
taires, nîmois, protestants et républicains,
que je lui présentais et qui auraient écrit
pour lui des oraisons magnifiques, il a pré
féré son vieux fond de maison qui n'est
pas brillant. Quelqu'un me dit que son
éloquence d'hier" â'l'Hôtel de Ville f:)b;tit
songer à celle du père .Fallières. Mais Fal-
lières avait coutume de répéter dans ses
discours une épilhète qui faisait bien : «in
défectible ». La locution favorite de M.
Doumergue fait moins bien : « Toujours
davantage ! », « chaque jour davantage ! »
Cette façon d'en remettre, chez un
homme de sens rassis et qui n'a pas la
réputation de se fouler la rate, ne manque
rait pas d'alarmer les intérêts si elle était
prise au mot.
Sa visite à l'IIôtel de iVlle obéit, nous,
dit-il, non à l'usage, non à la tradi
tion, non au protocole (frivolités !) mais
« au sentiment d'affection qu'il éprouve.
« pour toute la population de Paris et du
« département de la Seine, ainsi que pour
« ses représentants » (lesquels habitent la
lune), et il a raconté qu'il se souvenait
« avec une particulière satisfaction » de
son premier voyage à "Paris.'Non, il « ne
saurait oublier» ce premier contact avec la
Ville Lumière : '« le brillant éclat littéraire
« et artistique de la grande cité » l'avait
ému au yoint de lui révéler que lettres,
beaux-arts, patriotisme, démocratismc sont
des éléments « dont l'harmonieuse combi-
« naison constitue cette chose unique au
« monde : l'esprit de:Paris s. Aussi, dit-il
bien haut sa vive reconnaissance' pour la ;
noble cité initiatrice. Mais il a bien semblé
que -M; Doumergpe— remerpait beaucoup-
pour n'avoir, ricn'.-rççu. ■'
. On a écouté a\gec. une curiosité assez..
gaie le couplet étohriant où'M. Do umergiie
a raconté son tour de France par en hautè
Une destinée bienveillante voulait-
elle lui faire constater la grande situation
de la France ? Elle l'asseyait dans le fau
teuil du ministre des Affaires étrangères.
Rêvait-elle de lui montrer notre empire
colonial ? Au lieu de lui faire cadeau, d'un
atlas ou: de l'envoyer au cours spécial du
Collège dé France* la bonne fée le bombar
dait ministre des Colonies.. Avait-elle à lui j
faire entrevoir les soleils de la science et '
les clairs de lune de la philosophie ? Vite,
rue de Grenelle ! Devenu ministre de l'Ins
truction publique, M. Doumergue était bien
placé poqr tout apprendre vite. et bien.
L'expérience lui a suggéré le vœu que les
bienfaits-de la culture fussent désormais
dispensés à Tenscmbledescitoycns»et«non
plus seulement à une minorité » : plaise
aiïx dieux, que le grec soit su de ■ tout le
monde pour quetout le monde ait son bout.
de banc àTInstitut 1 - _
On peut juger, que ce procédé de forma
tions demanda plus d'efforts au budget
de l'Etat qu'auxméninges du jeune Anar-
chasis Doumergue. 'D'après lui, cependant,
cette école du soir pensa mal tourner. Té-
léinaque Doumergue eût pu se faire anar-.
chiste ou redevenix* criminei dé droit
commun. Eli bien ! pas du tout. Etant
resté tant bien que mal dans le devoir, il
en triomphe, sans modestie. : «Ainsi MM.»,
,s'ést-il écrié pour la s péroraison, « ma Ion--
,« gue vie politique "n'à fait que'dévelopr
« per Taitiocir fervent qui était en 'moi-
€ poiir le pays, ét mes* mauvais instincts
« ont été -fauchés net... » Je ne suis pas
bien sûr que les huit derniers mots aient
été fidèlement reproduits par la\ presse, -
mais, grâce à de bons yeux, je les ai fort
bien lus sur le manuscrit de M. le prési
dent de la Répul)lique, qui était de la
main de M. Jules Michel avec des correc
tions et des annotations, en très bon, pro
vençal, œuvre excellente pour laquelle
s'étaient cotisées, me dit-on, les plus
belles génisses du Cailar et d'Ainargues.
II. La droite et le ministère
Jeudi soir, un peu avant minuit, M. de
Kervenoaël, député royaliste de Vendée,
est monté à la tribune pour lire, au nom
de ses collègues de la droite;, une déclara*
tion à laquelle il importe de faire écho, car
elle tire une claire et prompte justice
des fables dangereuses de M. Herriot :.
Il faut, dites-vous, assurer la paix so
ciale, et vous imposez aux compagnies de
chemins de fer la réintégration des che
minots qui prêchaient le'sabotage et la
grève ••/••• (Applaudissements à droiie. In
terruptions à l'extrême gauche êt à gau
che.)
Il faut assurer tin meilleur rendement
de nos administrations ; et vous promet
tez aux fonctionnaires le droit de se syi&\
diquer, mais vous brandissez aussitôt aif*
dessus de leurs têtes la menace de la loi '
qui les frappera dès qu'ils s'uniront pour
une s action collective », après en avoir
usé. Vous n'osez pas parler de grève, mais
tout le monde a compris.
En matière d'impôt, nous tenons à ré
péter que nous restons partisans de l'im
pôt réel, et que nous repoussons, par prin
cipe, l'impôt personnel avec les vexations,
les inquisitions et les injustices qu'il en
traîne. C'était la. seule réforme utile qu'a
vait apportée la Révolution française, et
c'est pourquoi, sans doute, vous l'aban
donnez ! (Applaudissements sur quelques
bancs à droite.)
Sur la politique étrangère :
Prenez-vous à votre compte toutes ces
conditions posées par M. Poincaré, ou
dans quelle mesure les laissez-vous tom
ber ? Nous aurions en besoin de le savoir
et de savoir aussi comment vous envisa
gez le règlement des dettes interalliées.
Dans nos relations avec l'Allemagne et
la ;Russie, vous souhaitez des garanties.
Mais le problème n'est pas de lès souhait
ter, c'est de Aes obtenir. Comment ? Votre
acte de foi en la Société des Nations,
cette Babel internationale de la judéo-
maçonnerie n'arrive pas- à nous convain
cre.
Voiiis nous parlez aussi de réduire le\
service militaire. Certes, nous ne sommes
pas des partisans théoriques du service
militiare obligatoire : nous vous laissons
cette conquête de la Révolution du même
cœur que nous restons fidèles à la réforme
révolutionnaire de l'impôt personnel par
l'impôt réel. Mais, dans l'Etat présent de
l'Europe et du monde, nous sommes bien
obligés de nous demander ce qui est indis
pensable à la sécurité de la France.
M. de Kervenoaël qualifiait ensuite l'a
bandon du «merveilleux poste d'écoute»,
iet « poste d'influence » à peine rétabli au
Vatican, le retour à la politique aniica-
tholique, et terminait ainsi;
Qu'appelez-vous donc, monsieur Herriot,
«. persécution et intolérance » ? M. Com
bes a-t-il fait autre chose que ce que vous
nous promettez ? Un esprit aussi laïque
que M. Gustave Bervé ne s'y est pas trom
pé, il appelle votre programme « une dé
claration de guerre religieuse ». Il est dès
lors inutile d'ajouter que toute notre dé
fiance vous est acquise. (Applaudissements :
sur divers bapes à droite. — Interruptions
à gauche et à l'extrême gauche.)
. Jmuossible de mieux» dire ou de mieux
"pt'Sisêr. La force aveugle et intraitable
-d'une majorité passe, comme un bétail fu
rieux sur ces évidences. Les passions et les
intérêts des politiciens avant tout !
III. Le point Hoir qui graatSiî
Pendant ce temps, d'autres peuples agis
sent. Je lis au Journal d'Alsace et de Lor
raine ce résumé d'un article de la Gazette
de Varsovie qui révèle . comment l'Aiie-
magne médite sa revanche « pour une
date plus rapprochée qu'on ne le croit gé
néralement ». Il faut lire et relire ce ta
bleau des préparatifs :
Ce n'est pas seulement chez elle que, en-
dépit du contrôle militaire interallié, elle
fabrique et stocke diverses armes de guer
re et explosifs, mais c'est surtout dans plu
sieurs provinces du territoire soviétique
qu'elle a mis en- marche de nombreuses
usines de guerre qui travaillent à plein
rendement 'et dont tout le haut personnel
est composé exclusivement de techniciens
allemands.
A Moscou, m Pétrograd, à Rybinsk, ele, dit la
Gazette de Varsorie, on jabrique surtout des aéro
planes de guerre. On a constaté, d'autre part, que
la gare de marchandises de Moscou reçoit cons
tamment des caisses de dimensions inusitées qui
contiennent des parties, séparées d'aéroplanes. Ces
caisses ne sont même pas déchargées,, mais tout
simplement stockées dans des dépôts récemment
construits. Dans les usines de Toula, Poutiloio,
Nijni-Novgorod, Briansk, Ziotoust, qui sont diri
gées par des Allemands, on fabrique des fusils,
des canons, des explosifs. Les ateliers d'Ochta,,
Schostta, ainsi que Vusine Bogorodzka, dans , la
région de Moscou, ont été, il n'y a pas longtemps
spécialement adaptées jtour la fabrication de ma
tières explosives.
La grande usine de Maltzef, dans le gouverne
ment de Tambof, qui a été militarisée pendant la
guerre,. vient également d'être remise entre les
mains ' dés Allemands. Les énormes^ terrains de
26.000 hectares que les Soviets ont cédés à Krupp,
dans là région de Doniets, et qui devraient servir
â l'installation de fermes modèles, sont dans leur
plus grande partie occupés par des usines métal
lurgiques qui se multiplient constamment sous la
direction d'ingénieurs et de techniciens allemands.
On "y a fait même venir plusieurs centaines d'ou
vriers allemands.
Il paraît, d'autre part, continue le
« Journal d'Alsace et de Lorraine », que
le .reste de la flotte baltiqûe russe, com
posée de cuirassés, de deux croiseurs et
de nombreux torpilleurs, a été transférée
dans des» ports allemands, sous pretexte
de réparations, mais en réalité chargée
de grandes quantités d'artillerie.
& Voici comment, conclut la Gazette de
Varsovie, l'Allemagne se prépare à la re
vanche sur le territoire de ses alliés soyié-
tisles, sans parler des préparatifs militai
res qu'elle effectue sur son propre ter
ritoire et dont une partie des renseigne
ments seulement parvient aux Alliés. Il
faut ajouter que la plupart des savants et
des professeurs allemands déploient à
toute occasion une propagande militaire,
ne parlant que de guerre, des armements,
de la construction de forteresses, etc. »
Et voilà, dirons-rnous à notre tour, ce que
fabrique l'Allemagne pendant que le
gouvernement républicain de la France
s'applique à fabriquer de la désaffection,
en Alsace et en Lorraine !
IV. Vers le troisième million
Nous en étions à 2.320.836 fr. 65 avant-
hier, nous en sommes à 2.322.016 fr. 65.
A quelques versements de cent; francs près,
ce sont les gros bataillons de souscripteurs
à cinq ou dix fraïics qui ont déterminé
ce -léger relèvement. Mais quelles lettres j
d'envoi ! Un ouvrier parisien, qui n'admet
ni toutes nos idées ni toutes nos méthodes,
nous dit cependant : i 1
Je ne suis pas encore royaliste, mais
je siiis en train de le devenir, car en exa
minant avec attention le fond des pro
grammes de tous les partis actuellement
en lutte, je constate que vous représen-,
tez avec M. Daudet les seules idées de pa
triotisme et de justice. Vous seuls y vôyez
clair dans ce gâchis, et il est indigne de
se voir gouverner par un Bloc des gau
ches si peu français 1 •
Je ne puis-vous adresser qne cinq
francs, c'est peu pour vous, et c'est beau
coup pour moi, mais je voudrais pouvoir
mieux faire.
Je garde bôn espoir que votre campa
gne vigilante et audacieuse saura ouvrir
les yeux à peine réveillés depuis le 11
mai des gouvernants modérés et de la
droite, et que votre désir, que je partage,
d'être dirigé par quelqu'un de responsa
ble se réalisera avec moins de sang qu'on
peut le craindre.
Un lecteur écrit de la frontièré lorraine :
Depuis longtemps j'éprouvais un vif .dé
sir de vous écrire toute mon admiration
pour l'A. F.
J'appartiens à la classe moyenne et
suis un simple dessinateur, mais, officier
de réserve, j'aime passionnément ma-pa
trie et souffre de la voit abaissée et con
duite â sa ruine par les Antifrançais.
Lecteur de l' Action française^ seulement \
depuis la semaine qui a précédé les élec
tions, je m'en veux d'être resté aussi long
temps sans vous connaître. Vos sentiments
patriotiques sont si bien ceux qui j'ai
toujours ressentis que votre journal m'a
immédiatement conquis et depuis le jour
où je F ai vu pour la première fois, je
n'ai pas cessé de le lire quotidiennement
d'un bout à l'autre. Il constitue> à mon
avis, une source d'énergie à laquelle on
aime à puiser aux instants de fatigue ou ;
de défaillance. Lorsque je suis sur le point'
de faiblir, je pense à l'Action française, 1
et mon courage renaît ; je suis persuadé '
que c'est en elle seule que tous les bons
Français doivent placer leur confiance:
Je m'efforce de répandre vos idées
sur la politique actuelle et de convaincre
mes camarades de la justesse de vos vues.
Je me heurte souvent à l'indifférence.
« Il n'y a qu'à attendre, me répond-on,
pour voir si les nouveaux députés feront
mieux que les autres. » Ou bien d'anciens
combattants m'affirment sans rire que les
Boches « sont comme nous et ne tiennent
pas à revoir une nouvelle guerre ». Je
suis triste de voir des gens se fermer
volontairement les• yeux alors qu'il m'a
suffi de lire plusieurs fois Z'Action fran
çaise pour voir . se projeter sur les évé
nements un vive lumière. Malgré cela,
je ne me décourage pas et reste persuadé
que, dans le milieu où je me trouve, il
y a beaucoup à faire et, comme' vous le
disiez . à propos des élections, beaucoup
d'hommes à gagner.
' Pour moi, jè ne puis dire encore que
je sois royaliste, car j'avais au fond du
cœur l'aversion du régime monarchique
qui m'avait été inspirée — je m'en rends
mieux compte maintenant que je lis votre
journal — lorsque j'étais A l'école primaire
et même, plus tard, au cours de mes-études
secondaires. Je vais d'ailleurs m'instruire
pour me débarrasser de cette aversion ir
réfléchie et vous serais reconnaissant de
vouloir bien me faire adresser une liste
des livres qui m'aideront le mieux à me
pénétrer de vos idées. Jusqu'à présent, je
n'ai lu que deux ouvagres ■■ empruntés à
un de mes amis gagné avant moi à votre
cause. Ce sont Moloch et Minerve et La
Chambre nationale du 16 novembre 19,
de M. Daudet. Ils m'ont déjà .permis
d'avoir une idée exacte de la vilenie da
régime actuel et de connaître une partie
ds hommes politiques les plus en vue.
Bientôt je vais lire THistoire de France
de Jacques Bainville, et j'espère connaître,
rapidement la véritable histoire de France
en formant en même temps mon éduca
tion politique que j'ai négligée jusqu'alors
faute de temps.
Je vous adresse 10 francs pour le troi
sième million en souvenir du pàuvre petit
martyr Philippe Daudet. Je regrette de ne
pouvoir envoyer davantage, mais j'espère
que ma situation va sous peu s'améliorer
et qu'il me sera > permis alors de partici
per plus activement à votre propagande.
Nous ne publierons pas de tels docu
ments sans avouer notre fierté et notre
espérance. UActioh française est destinée
à rallier tous les honnêtes gens et tous les
patriotes qui ne professent pas que le mo
nopole de l'énergie doive être laissé à la
trahison. 1
Charles MAURRAS,
Le service pour les morts
de l'Action française
Le service annuel pour les Morts de l'Ac
tion française a ètc célébré hier à Saint-
Louis d'Ântin, paroisse de l'Action fran
çaise, devant une nombreuse assistance oà
l'on remarquait bien des parents, des épou
ses et des sœurs de nos héroïques combat
tants.
Avant de donner l'absoute, M. le chanoi
ne Sabatier, curé de là paroisse, a prononcé
ces paroles ;
« Mes Frères, à ceux gui sont morts la
« gloire éternelle et la piété.reconnaissan-
« te de ceux qui restent. A ceux qui vivent,
« et qui veulent vivre, l'exemple du bon
« roi Lois, neuvième du nom. Il nous mon-
« tre la couronne d'épines pour nous rap-
«' peler que rien de grand ne se fait sans
« le sacrifice et sans la volonté persévé-
« rante » »
Les Comités directeurs de l'Action fran
çaise étaient -représentés par Léon Dau
det, Charles Maurras, Bernard de Vesins,
Maurice Pujo, Georges Valois à qui s'étaient
joint M. Ferdinand Beau, délégué régionnal
de Monseigneur le Duc d'Orléans pour la
Normandie. Le Comité des Camelots du
' Roi par Maxime Real del Sorte et Pierre
Lccœur.,Les Etudiants d'Action française
par leur secrétaire général, G. Calzant.
Les Dames d'Action française par Mme
la comtesse de Lur-Saluces, les Jeunes Fil
les royalistes par Mlles de Mas Latrie et de
Cabricres. .
Les chœurs étaient dirigés/par Mlle Alice
Lefèvre. Uorgue était tenu par M. Henri
Elie, maître de chapelle de Saint-Lambert
de Vaugirard.
BOJHO
LES FAI TS D U JOUR
; —- M. Herriot est arrivé hier toir à Che-
quers.
— Les magistrats italiens protestent
contre l'attitude des travaillistes anglais dans
l'affaire Matteotti. ,
u
Chez M. Herriot, comme chez beaucoup de poli
ticiens, . l'anticléricalisme est une ingratitude :
avant l'Ecole normale, avant le lycée il a été él&
vé au presbytère de Saint-Pouange, près de Troyes,
par son oncle, l'abbé C—
Le 6 juillet, a Troyes, le parti radical prépare
à son grand homme sinon le triomphe, du moins
l'ovation. On dit que,.l'après-midi, le grand hom.
me se rendra à Saint-Pouange. Puissent les souve
nirs d'enfance lui porter conseil !
w
Si, profitant de la hausse, vous désirez vendre
vos bijoux, faites-les expertiser gratuitement par
Pinson, 15, rue Lévis (de 9 heures à 12 heures,
ou sur rendez-vous).
Madame, avant de partir â la campagne et pour
qu'au retour le'confort du home eoit un plaisir,
songez à faire refaire toute votre literie par
G ateau- A mourOux , 11, fanbourg Saint-Honoré.
Téléphonez à Elys. 06-55 et Elys. 06-31, on pren
dra à domicile, et après réfection ou transfor
mation on rapportera aux' jour et heure fixés sans
frais de garde. -
L'entrevue
llerriot-Hacdonald
La bombe de Canton *,
' . * ■ j
L'attentat de Canton est fort mystérieux,
A un moment où il serait juste de dire que
l'Asie bouge, voilà un phénomène dont les
raisons auraient besoin d'être éclàircies. -
Quels sont les faits ? M, Merlin, gouver
neur de l'Indochine, est allé à Tokio rem
plir une mission diplomatique fort impôt- -
tante, car il s'agissait des rapports ;d'intérêt9 "*i
entre la France et le. Japon en Extrême. i
Orient au moment où l'affaire de l'itnmi- «
gration et du bill atoéricàin excitait l'indi
gnation des Japonais contre les Etats-Unis. f
Au retour, M. Merlin se proposait .de visi
ter plusieurs villes chinoises' et d'y voir la '
colonie française. Il était â; Canton, dînant
avec plusieurs de nos compatriotes, lors
qu'une bombe, jetée par un criminel in
connu, tua ou blessa plusieurs d'entre eux :
ce n'est que par hasard que le gouverneur
général a échappé à la mort , -
A quoi peut répondre cet attentat ? A
quelle idée ? A quel sentiment ? A quelle .
passion ? Une dépêche de Hong-Kong, pu
bliée hier par le Times, suggérait qu'il fau
drait peut-être rechercher l'auteur de l'at
tentat parmi les Russes qui résident à Can
ton et qui y ont ouvert de nombreux « càba-
rets» dont on n'a guère besQin de deman
der s'ils sont, louches ou mal ' famés.; Mais
nous ne voyons guère, l'utilité de mettre
cette bombe ; sur la conscience dés bolche
viks. Depuis les élections du 11, mai, dont
le bruit -s'est répandu jusqu'en Chine, et
peut-être plus vite qu'on ne pense, les
Soviets ont la promesse d'être reconnus* pBr
le nouveau gouvernement français. !! "ne
semble pas, d'après les précédents, qu'ils
6oient assez sots pour risquer," par un crime
gratuit, d'empêcher ce qu'ils" désirent le
plus., . , ' ... •... .
Toutes ■. les explications sont - d'ailleurs
possibles. "Mais" la "plus 'vraisemblable est
aussi la plus inquiétante. Si l'attentat de
Canton est l'œuvre d'un xénophobie, comme
il y a apparence, c'est un grave avertisse
ment parce que c'est une manifestation de
nationalisme asiatique., C'est: contre les
Français maîtres de l'Indocliine. quasi-pro-
tecléurs du Yunnan, qu'il a été dirigé. Et
ce terrorisme est quelque chose de nouveau
en tant qu'il s'applique à nous, jusqu'ici la
domination anglaise aux Indes en avait eu
le privilège. <
Beaucoup de forces s'agitent eu ce ma
rnent dans le monde qu'on a l'air de no
pas voir. Beaucoup de choses ont changé,
beaucoup de prestiges ont décliné et beau
coup d'idées nouvelles se. sont répandues.
Les empires coloniaux seront' peut-être plus
difficiles , à garder demain qu'hier. La
bombe de Canton doit faire réfléchir- -— J. B.
M. Perretti délia Rocca
à accompagne M. . Herriot
jusqu'à Londres
M. Herriot, président du Conseil, a quit
té. Paris hier matin, à dix heures.-il se
rend, on le sait, en Angleterre, où il doit
avoir, avec Ml Macdonald, une : entrevue
au cours de laquelle sera évoqué le plan
des experts, et le problème de la sécurité
de la France. M. Herriot, qui séjournera
aujourd'hui et demain aux Chequers, est
accompagné dans son voyage par MM. Ber-
gery, chef de son cabinet ; Caponat, secré
taire particulier ; et Camerlynck, inter
prète. ■
. Tous les: membres du cabinet étaient ve
nus le saluer avant son-départ, sur^..le quai
de la gare. Etaient également - présents :
sir Eric Phipps, consul de Grande-Breta
gne à Paris, MM. Ripault, .chef-adjoint du
cabinet au ministère des Affaires étran
gères ; du Castel» directeur des chemins dé
fer au ministère des Travaux publics ;
Naudin, préfet de police ; Marlier, direc
teur de la sûreté 1 générale ; Javary, direc
teur des chemins de fer du Nord ; Moi-
rand, ingénieur en chef de l'exploitation,
et Vâgogne, secrétaire général adjoint;
M. Israël, secrétaire général (Je la pré
sidence du Conseil, quelques instants
avant le départ, a apporté des lettres à M.
Herriot, qui a signé son courrier.
Puis le président du Conseil s'est entrer
tenu, dans son Vagon, avec le général Nol-
let, ministre de la Guerre, et Perretti délia
Rocca, directeur des affaires politiques àu
ministère des Affaires étrangères, qui l'ont
accompagné jusqu'à Calais.
Le président du Conseil, au cours de cet
entretien prolongé, a achevé de mettre au
point avec ses collaborateurs .lés"vues qu'il
pourrait être amené & exposer à M. Mac
donald au nom du gouvernement français,
tant au point de vue des réparations que
de la sécurité.
Se conformant au désir manifesté par le
premier ministre anglais, M. Herriot s'est
refusé à faire aux représentants de la pres
se française qui l'accompagnaient aucune
déclaration sur ses intentions. Il s'est bor
né à manifester sa confiance dans l'issue,
des négociations qui vont s'engager entre
les deux pays. -• . ..
Il a tenu à insister sur le caractère pré
paratoire qu'aura l'entretien des Chequers.
Selon M. Herriot, l'entrevue aura atteint
son , but si, par le contact personnel des
deux premiers ministres et par la sy>~
pathie confiante qui s'en dégagera elle fa-
facilite dans l'avenir le règlement des pro-
Dimanche 22 Juin 1924
S?
Tffl
1S centimes. Seibe et Seire-bt-Oims
SOcentimçs Dé partemeu te ht Colonibs
AUONNfciSllîNri» : OcAn. iixrfeis irasaiib
Franco et Colonies. (58 fr a5 fr i3 fr.
Etranger „ Sa « lia s as »
Chèque T>crial » Compte a3.goo Parii.
ORGANE DU NATIONALISME INTÉGRAL
« IVwf ce qui est national est nôtre. »
Le Due d'ORLÉANS
feérltier dos quarante Rois qui en mille ans firent la France»
EÊDACTION & ADMiïîlSTQATIOHt
i4. "ue de Rome, PARIS <8*)
Adresse télégraphique . AGTâOFRÀîi-PARIS
Téléphone" Administration . Louvre 30-4$, 36-90
Rédaction ; Central 75-44 Publicité * Gontral 54-77
Après jû heures du soir : Ségur *11-68
Registre do Gomaaroo j Seine 78.583
Fondateur * HENRI VAUGEOIS — Directeurs politiques* LÉON DAUDET et CHAULES MAUURAS — Rédacteur eu chef: MAURICE PUJO
Hier matin, on annonçait
était remplacé à la Sûreté gënéi
Hier soir, la nouvelle n'était pfasxrâS&.
'm ■ " ''
Mussolini a pu en deux jours changer tout
le haut personnel de sa police. Tout "comme
M. Poincaré, M. HERRIOT N'A PAS PU.
Le cas de l'Assassin jfiaiiier
O11 lisait hier, dans 3e Matin , cette note
d'allure officieuse :
«. Nous croyons saevoir que M. Marlier,
■J.€ appelé à de nouvelles fonctions, doit
4. quitter prochainement la direction de
« la Sûretjé générale..
« M. Camille Chautemps aurait l'in-
« tention de confier ce haut poste à M.
,« Jean Chiappe, directeur du contrôle et
« de la comptabilité ail ministère de l'In-
;« teneur. »
Démentie hier au soir par le Temps et
la Liberté, cette note ne- disait pas ce qu'il
adviendrait des sieurs Lannes et Delange,
contrôleurs à la Sûreté générale, que j'ai
accusés formellement d'avoir organisé,
avec Marlier et les indicateurs du Liber
taire, le guet-apens du samedi 24 novem
bre dernier, où mon fils Philippe Daudet,
âgé de quartorze ans et demi, a trouvé
une mort horrible. Je compte revenir à
fond sur le _ôle "de ces trois immondes
gredins, cqupables de l'organisation mé
thodique d'un forfait infiniment plus per
vers que l'assassinat de l'infortuné Mat-
teotti; puisqu'il s'agissait d'un pauvre
petit garçon fugueur, généreux et bon
comme le pain, contre lequel, en haine de
son père, fut montée une atroce machi
nation. Aujourd'hui, je signalerai sim
plement que le cabinet Herriot a failli
accomplir ce que le «abinet Poincaré
n'a pas osé accomplir, ce que la justice
et la simple humanité ordonnaient d'ac
complir dès le 5 février dernier, puis
finalement a reculé et conservé l'assassin
à son poste. Ewr effet, toute i/instkuc-
MON DE L'AFFAIRE A ETE FAUSSEE, JUSQU'A
PRESENT, PARUS FAIT QlflÇv'E PARTIE ÏM-
PORTÂîiTE DE LA POUCE POLITIQUE AVAIT
PRECISEMENT COMBINE ET EXECUTE LE CRI
ME QUE LA POLICE JUDICIAIRE AVAIT FOUR
HISSIO^ SE RECHERCHER. . »
J'ai déjà donné un exemple saisissant,
irréfutable et irréfnté, de la collusion de
la Sûreté générale et des indicateurs du
Libertaire : la communication du por
trait de Philippe'au Libertaire, par un
policier demeuré inconnu. J'en tiens un
autre en réserve, plus saisissant encore
et que j'ai gardé secret, jusqu'ici, afin de
ne pas gêner l'instruction. Mais l'ins
truction commencera seulement do
jour ou le juge n'aura plus affaire a
un service de recherches terrorise et
fausse par le maintien en fonction des
trois assassins marlier,; lannes et De-
1ange. ..
Le protecteur acharné de Marlier, de
Lannes-et de Delange, et surtout de Mar
lier, ce en fut pas; Poincaré, comme on
le répète généralement, à cause de sa pa
rent^ avec Lannes. Ce fut Millerand. La
sécheresse juridique de Poincaré est con
nue. 11 n'a pas. d'enfant et, dans une af
faire criminelle de cette envergure, il a
préféré demeurer sur le terrain de la
fôôôôrme stricte, sans même vouloir exa
miner l'évidence. La dignité ne lui a fait
défaut que le jour où il n'est pas venu à
' la séance de la Chambre, alors que j'ex
posais, à la tribune, le mensonge flagrant
et la forfaiture du sinistre Maunoury.
Cfest ce jour-là, — plus encore que lors
de l'interpellation de M. Ferdinand Buis
son, — que la majorité du Bloc national
,-fut le plus ignoble. J'ai encore la nausée
en y songeant. J'étais parvenu à mon
âge sans savoir que la lâcheté humaine et
d'assemblée était sans limites, comme
l'Océan. Je verrai toujours ces rangs de
(pleutres xu'écoutant passivement, sans
oser bouger pieds ni pattes, comme des
séries de Goyaux et de Doumics ; j'en
tendrai toujours, à ma gauche, la voix de
ce féroce Juif qu'est Léon Uluin : « Moi...
je ne le plains pas. » Ah ! les sales gens,
«ans courage, sans honneur et sans en
trailles !
Millerand [Alexandre], depuis décem
bre, et surtout depuis février, jusqu'à son
départ de l'Elysée, a soutenu l'assassin
Marlier avec acharnement. Marlier avait
flatté sa vanité, qui n'est pas mince, lors
d'un voyage dans l'Aisne, dès 1920, où il
avait organisé des manifestations en son
honneur. Ensuite, Marlier lui avait fait
croire qu'il était indispensable à sa sécu
rité personnelle. Enfin, le bruit court que
Marlier avait rendu quelques menus ser
vices dans l'entourage de Millerand. Mais
ceci est secondaire. La vérité est que Mil
lerand, très mauvais connaisseur d'hom
mes—■ l'affaire Duez en est la preuve, et
plus récemment l'invraisemblable et gro
tesque histoire Steeg — a toujours pré
féré,, et de, beaucoup, sa commodité à la
justice. C'est un esprit sans envergure. Les
événements récents ont fait la preuve qu'à
lui, comme à Poincaré,. le courage civi
que manquait totalement. Ce sont deux
hommes de second plan, deux bons com
mis, l'un plus lourd, l'autre plus sec, qUc
l'on avait pris pour des chefs.
C'est ainsi que fut maintenu en fonc
tions «e sanglant Marlier, et, auprès de
lui, son complice Lannes — effroyable et
cynique bandit, dans l'exercice de ses re
doutables, fonctions — et auprès d'eux le
sournois Delange, le metteur en scène de
l'assassinat de notre bon petit enfant,
celui qui alla trois fois — et indûment —
à Lariboisière — d'ordre de Marlier ef
frayé — pour savoir si Philippe avait
parle avant de mourir . Terroriser la
police judiciaire, mentir effrontément au
juge d'instruction, imaginer des trucs
susceptibles d'égarer la Justice, telle fut
désormais, comme bien l'on pense, la be
sogne de ces trois suppôts de bagne et.
de maison centrale, campés au sommet de
la police d'Etat. Au-dessous d'eux, les
onze policiers convoqués, par leurs soins,
à la curée chaude du « gosse à Daudet »,
— préalablement livré aux indicateurs
Colomer, Vidal, Gruffy. et autres, — et
notamment les commissaires Colombo,
Peudepièce, Garaijger et Blondel [QUI
SAVENT LA VERITE] se rassuraient et
se taisaient, en songeant que les « pa-
' trons » étaient solides au poste, que Poin
caré était immuable et Alexandre Mille
rand éternel. Aussitôt que Colrat, garde
des Sceaux, et de beaucoup le plus hu
main de l'affaire, élevait la voix contre
la manifeste infamie de Marlier, et la
nécessité de le sacquer, Millerand oppo
sait son veto.
Quand la gratitude naturelle à Poin
caré lui eut fait remplacer Colrat par
Lefebvre du Prey, Marlier poussa un hen
nissement de joie. Lefebvre du Prey est
un de ces sinistres libéraux qui nous dé
testent, une autre forme'de Doumic et de
Goyau ; et il a le culte de Marlier. [1
répétait, à qui voulait l'entendre, qu'un
non-lieu était imminent, que Marlier,
Lannes et Delange étaient les plus braves
gens de la terre, que j'étais un énergu-
mène dangereux.*Ce père de famille nom
breuse trouvait malséant qu'un père de
famille royaliste se permît de ne pas ad
mettre que la Sûreté générale fit tuer son
jeune fils. Lefebvre du Prey est de la race
politique de Bonnevay. C'est le peureux
qui hait ceux qui, n'ayant pas peur, ris
quent de lui valoir des c REPRESAIL
LES » ! C'est le « bien-pensant » qui n'a
de salamalecs et de courbettes que pour
les persécuteurs de sa religion. J. 7 ai cette
race de lièvres honorables en mépris, car
c'est par elle que fondent les révolutions
sur les peuples civilisés ; et le démocrate
violent est moins pernicieux cent fois que
ces démocrates tièdes et tartufes, qui
livrent, à l'adversaire, en pleurant et
gémissant, toutes les clés de la société.
Dans Lefebvre du Prey, il y a l'étoffe
de plusieurs César Chabrun, le sale petit
renégat de la Mayenne qui s'imagine,
en votant la persécution religieuse, ob
tenir un portefeuille des radicaux. ■ ■
, Mais la politique a des détours impré
vus, et la France en sait quelque chose.
Le baron Horace Finaly, omnipotent di
recteur de la Banque de Paris et des Pays-
Bas ayant décidé la perte de Millerand,
de cette pauvre tourte de Millerand, cou
pable de ne pas lui avoir livré le petit
Franc en mars dernier, et d'avoir appelé
le docteur Edouard de Rothschild à sa
place, la campagne antimillerandine com
mença. Deux académiciens, Goyau [lui,
toujours lui !] et Doumic, furent conviés
à un banquet politico-financier chez Fi
naly et, comble de rigolade, y lâchèrent
carrément Poincaré et Millerand. Goyau
embrassa Téry sur le groin et demanda,
avec force signes de croix, où l'on s'ins
crivait pour lécher les bottes de Herriot.
Millerand bascula. Marlier demeura seul
avec son guet-apens du 24 novembre., ■
H semble bien alors que le départ de
Marlier ait été décidé pendant quelques
heures, puis qu'une, pression X sur Ca«
mille Chautemps ait fait encore ajour
ner, dans la journée d'hier, la révocation
de ce bandit. Herriot aurait-il déjà oublié
la déclaration qu'il m'avait faite sponta
nément à la Chambre, il y a trois mois,
sur la « saloperie » de Marlier ? Je ne
cesserai de la lui rappeler. .
Léon DAUDET.
ABONNEZ-VOUS AUX
COURS DE L'INSTITUT
D'ACTI ON FRA NÇAISE
On a lu dans l'A. F. du 6 juin l'article
à la suite duquel Charles Maurras pres
sait nos amis de lire et faire lire la Revue
des Cours.
Ces cahiers trimestriels, dont chacun
contient la matière de quinze conférences
et plusieurs pages de critique ou d'ex
traits, permettent au grand public cultivé
de suivre le haut enseignement donné rue
Saint-André-des-Arts. Ils constituent une
mine de documents, d'exposés et d'argu
ments précieux, non seulement pour nos
conférenciers des provinces, mais pour tou
tes les personnes qui désirent approfondir
notre doctrine générale, tout en suivant
sérieusement le . mouvement des idées.
Les noms seuls des conférenciers de
l'INSTITUT d'A. F. et les titres de leurs
cours, rappelés dans notre article du 6
juin, suffisent à montrer le haut intérêt
de cette publication.
CONDITIONS D 'ABONNEMENT
UN AN . FRANCE-& COLONIES 201.
'quatre fascicules) ETRANGER ... 25 1
Les abonnements sont reçus à la Nouvelle
Librairie Nationale, 3, place du Panthéon.
PARIS (V e ).— Compte chèques postaux :
Paris-?,1Ô5. ■
LA POLITIQUE
I. Le Huron à l'Hôtel de Ville
La réputation de M. Gaston Doumergue
a fait, tous ces jours derniers, des progrès
rapides. On le savait bibliophile et même
bibliopple. Un critique nous a révélé des
vers de sa façon. Né poète, il lui reste à
devenir prosateur. Les respectueuses ob
servations que je lui présentais à ce sujet
l'autre matin sont restées sans influence
sur son esprit. Aux deux excellents secré
taires, nîmois, protestants et républicains,
que je lui présentais et qui auraient écrit
pour lui des oraisons magnifiques, il a pré
féré son vieux fond de maison qui n'est
pas brillant. Quelqu'un me dit que son
éloquence d'hier" â'l'Hôtel de Ville f:)b;tit
songer à celle du père .Fallières. Mais Fal-
lières avait coutume de répéter dans ses
discours une épilhète qui faisait bien : «in
défectible ». La locution favorite de M.
Doumergue fait moins bien : « Toujours
davantage ! », « chaque jour davantage ! »
Cette façon d'en remettre, chez un
homme de sens rassis et qui n'a pas la
réputation de se fouler la rate, ne manque
rait pas d'alarmer les intérêts si elle était
prise au mot.
Sa visite à l'IIôtel de iVlle obéit, nous,
dit-il, non à l'usage, non à la tradi
tion, non au protocole (frivolités !) mais
« au sentiment d'affection qu'il éprouve.
« pour toute la population de Paris et du
« département de la Seine, ainsi que pour
« ses représentants » (lesquels habitent la
lune), et il a raconté qu'il se souvenait
« avec une particulière satisfaction » de
son premier voyage à "Paris.'Non, il « ne
saurait oublier» ce premier contact avec la
Ville Lumière : '« le brillant éclat littéraire
« et artistique de la grande cité » l'avait
ému au yoint de lui révéler que lettres,
beaux-arts, patriotisme, démocratismc sont
des éléments « dont l'harmonieuse combi-
« naison constitue cette chose unique au
« monde : l'esprit de:Paris s. Aussi, dit-il
bien haut sa vive reconnaissance' pour la ;
noble cité initiatrice. Mais il a bien semblé
que -M; Doumergpe— remerpait beaucoup-
pour n'avoir, ricn'.-rççu. ■'
. On a écouté a\gec. une curiosité assez..
gaie le couplet étohriant où'M. Do umergiie
a raconté son tour de France par en hautè
Une destinée bienveillante voulait-
elle lui faire constater la grande situation
de la France ? Elle l'asseyait dans le fau
teuil du ministre des Affaires étrangères.
Rêvait-elle de lui montrer notre empire
colonial ? Au lieu de lui faire cadeau, d'un
atlas ou: de l'envoyer au cours spécial du
Collège dé France* la bonne fée le bombar
dait ministre des Colonies.. Avait-elle à lui j
faire entrevoir les soleils de la science et '
les clairs de lune de la philosophie ? Vite,
rue de Grenelle ! Devenu ministre de l'Ins
truction publique, M. Doumergue était bien
placé poqr tout apprendre vite. et bien.
L'expérience lui a suggéré le vœu que les
bienfaits-de la culture fussent désormais
dispensés à Tenscmbledescitoycns»et«non
plus seulement à une minorité » : plaise
aiïx dieux, que le grec soit su de ■ tout le
monde pour quetout le monde ait son bout.
de banc àTInstitut 1 - _
On peut juger, que ce procédé de forma
tions demanda plus d'efforts au budget
de l'Etat qu'auxméninges du jeune Anar-
chasis Doumergue. 'D'après lui, cependant,
cette école du soir pensa mal tourner. Té-
léinaque Doumergue eût pu se faire anar-.
chiste ou redevenix* criminei dé droit
commun. Eli bien ! pas du tout. Etant
resté tant bien que mal dans le devoir, il
en triomphe, sans modestie. : «Ainsi MM.»,
,s'ést-il écrié pour la s péroraison, « ma Ion--
,« gue vie politique "n'à fait que'dévelopr
« per Taitiocir fervent qui était en 'moi-
€ poiir le pays, ét mes* mauvais instincts
« ont été -fauchés net... » Je ne suis pas
bien sûr que les huit derniers mots aient
été fidèlement reproduits par la\ presse, -
mais, grâce à de bons yeux, je les ai fort
bien lus sur le manuscrit de M. le prési
dent de la Répul)lique, qui était de la
main de M. Jules Michel avec des correc
tions et des annotations, en très bon, pro
vençal, œuvre excellente pour laquelle
s'étaient cotisées, me dit-on, les plus
belles génisses du Cailar et d'Ainargues.
II. La droite et le ministère
Jeudi soir, un peu avant minuit, M. de
Kervenoaël, député royaliste de Vendée,
est monté à la tribune pour lire, au nom
de ses collègues de la droite;, une déclara*
tion à laquelle il importe de faire écho, car
elle tire une claire et prompte justice
des fables dangereuses de M. Herriot :.
Il faut, dites-vous, assurer la paix so
ciale, et vous imposez aux compagnies de
chemins de fer la réintégration des che
minots qui prêchaient le'sabotage et la
grève ••/••• (Applaudissements à droiie. In
terruptions à l'extrême gauche êt à gau
che.)
Il faut assurer tin meilleur rendement
de nos administrations ; et vous promet
tez aux fonctionnaires le droit de se syi&\
diquer, mais vous brandissez aussitôt aif*
dessus de leurs têtes la menace de la loi '
qui les frappera dès qu'ils s'uniront pour
une s action collective », après en avoir
usé. Vous n'osez pas parler de grève, mais
tout le monde a compris.
En matière d'impôt, nous tenons à ré
péter que nous restons partisans de l'im
pôt réel, et que nous repoussons, par prin
cipe, l'impôt personnel avec les vexations,
les inquisitions et les injustices qu'il en
traîne. C'était la. seule réforme utile qu'a
vait apportée la Révolution française, et
c'est pourquoi, sans doute, vous l'aban
donnez ! (Applaudissements sur quelques
bancs à droite.)
Sur la politique étrangère :
Prenez-vous à votre compte toutes ces
conditions posées par M. Poincaré, ou
dans quelle mesure les laissez-vous tom
ber ? Nous aurions en besoin de le savoir
et de savoir aussi comment vous envisa
gez le règlement des dettes interalliées.
Dans nos relations avec l'Allemagne et
la ;Russie, vous souhaitez des garanties.
Mais le problème n'est pas de lès souhait
ter, c'est de Aes obtenir. Comment ? Votre
acte de foi en la Société des Nations,
cette Babel internationale de la judéo-
maçonnerie n'arrive pas- à nous convain
cre.
Voiiis nous parlez aussi de réduire le\
service militaire. Certes, nous ne sommes
pas des partisans théoriques du service
militiare obligatoire : nous vous laissons
cette conquête de la Révolution du même
cœur que nous restons fidèles à la réforme
révolutionnaire de l'impôt personnel par
l'impôt réel. Mais, dans l'Etat présent de
l'Europe et du monde, nous sommes bien
obligés de nous demander ce qui est indis
pensable à la sécurité de la France.
M. de Kervenoaël qualifiait ensuite l'a
bandon du «merveilleux poste d'écoute»,
iet « poste d'influence » à peine rétabli au
Vatican, le retour à la politique aniica-
tholique, et terminait ainsi;
Qu'appelez-vous donc, monsieur Herriot,
«. persécution et intolérance » ? M. Com
bes a-t-il fait autre chose que ce que vous
nous promettez ? Un esprit aussi laïque
que M. Gustave Bervé ne s'y est pas trom
pé, il appelle votre programme « une dé
claration de guerre religieuse ». Il est dès
lors inutile d'ajouter que toute notre dé
fiance vous est acquise. (Applaudissements :
sur divers bapes à droite. — Interruptions
à gauche et à l'extrême gauche.)
. Jmuossible de mieux» dire ou de mieux
"pt'Sisêr. La force aveugle et intraitable
-d'une majorité passe, comme un bétail fu
rieux sur ces évidences. Les passions et les
intérêts des politiciens avant tout !
III. Le point Hoir qui graatSiî
Pendant ce temps, d'autres peuples agis
sent. Je lis au Journal d'Alsace et de Lor
raine ce résumé d'un article de la Gazette
de Varsovie qui révèle . comment l'Aiie-
magne médite sa revanche « pour une
date plus rapprochée qu'on ne le croit gé
néralement ». Il faut lire et relire ce ta
bleau des préparatifs :
Ce n'est pas seulement chez elle que, en-
dépit du contrôle militaire interallié, elle
fabrique et stocke diverses armes de guer
re et explosifs, mais c'est surtout dans plu
sieurs provinces du territoire soviétique
qu'elle a mis en- marche de nombreuses
usines de guerre qui travaillent à plein
rendement 'et dont tout le haut personnel
est composé exclusivement de techniciens
allemands.
A Moscou, m Pétrograd, à Rybinsk, ele, dit la
Gazette de Varsorie, on jabrique surtout des aéro
planes de guerre. On a constaté, d'autre part, que
la gare de marchandises de Moscou reçoit cons
tamment des caisses de dimensions inusitées qui
contiennent des parties, séparées d'aéroplanes. Ces
caisses ne sont même pas déchargées,, mais tout
simplement stockées dans des dépôts récemment
construits. Dans les usines de Toula, Poutiloio,
Nijni-Novgorod, Briansk, Ziotoust, qui sont diri
gées par des Allemands, on fabrique des fusils,
des canons, des explosifs. Les ateliers d'Ochta,,
Schostta, ainsi que Vusine Bogorodzka, dans , la
région de Moscou, ont été, il n'y a pas longtemps
spécialement adaptées jtour la fabrication de ma
tières explosives.
La grande usine de Maltzef, dans le gouverne
ment de Tambof, qui a été militarisée pendant la
guerre,. vient également d'être remise entre les
mains ' dés Allemands. Les énormes^ terrains de
26.000 hectares que les Soviets ont cédés à Krupp,
dans là région de Doniets, et qui devraient servir
â l'installation de fermes modèles, sont dans leur
plus grande partie occupés par des usines métal
lurgiques qui se multiplient constamment sous la
direction d'ingénieurs et de techniciens allemands.
On "y a fait même venir plusieurs centaines d'ou
vriers allemands.
Il paraît, d'autre part, continue le
« Journal d'Alsace et de Lorraine », que
le .reste de la flotte baltiqûe russe, com
posée de cuirassés, de deux croiseurs et
de nombreux torpilleurs, a été transférée
dans des» ports allemands, sous pretexte
de réparations, mais en réalité chargée
de grandes quantités d'artillerie.
& Voici comment, conclut la Gazette de
Varsovie, l'Allemagne se prépare à la re
vanche sur le territoire de ses alliés soyié-
tisles, sans parler des préparatifs militai
res qu'elle effectue sur son propre ter
ritoire et dont une partie des renseigne
ments seulement parvient aux Alliés. Il
faut ajouter que la plupart des savants et
des professeurs allemands déploient à
toute occasion une propagande militaire,
ne parlant que de guerre, des armements,
de la construction de forteresses, etc. »
Et voilà, dirons-rnous à notre tour, ce que
fabrique l'Allemagne pendant que le
gouvernement républicain de la France
s'applique à fabriquer de la désaffection,
en Alsace et en Lorraine !
IV. Vers le troisième million
Nous en étions à 2.320.836 fr. 65 avant-
hier, nous en sommes à 2.322.016 fr. 65.
A quelques versements de cent; francs près,
ce sont les gros bataillons de souscripteurs
à cinq ou dix fraïics qui ont déterminé
ce -léger relèvement. Mais quelles lettres j
d'envoi ! Un ouvrier parisien, qui n'admet
ni toutes nos idées ni toutes nos méthodes,
nous dit cependant : i 1
Je ne suis pas encore royaliste, mais
je siiis en train de le devenir, car en exa
minant avec attention le fond des pro
grammes de tous les partis actuellement
en lutte, je constate que vous représen-,
tez avec M. Daudet les seules idées de pa
triotisme et de justice. Vous seuls y vôyez
clair dans ce gâchis, et il est indigne de
se voir gouverner par un Bloc des gau
ches si peu français 1 •
Je ne puis-vous adresser qne cinq
francs, c'est peu pour vous, et c'est beau
coup pour moi, mais je voudrais pouvoir
mieux faire.
Je garde bôn espoir que votre campa
gne vigilante et audacieuse saura ouvrir
les yeux à peine réveillés depuis le 11
mai des gouvernants modérés et de la
droite, et que votre désir, que je partage,
d'être dirigé par quelqu'un de responsa
ble se réalisera avec moins de sang qu'on
peut le craindre.
Un lecteur écrit de la frontièré lorraine :
Depuis longtemps j'éprouvais un vif .dé
sir de vous écrire toute mon admiration
pour l'A. F.
J'appartiens à la classe moyenne et
suis un simple dessinateur, mais, officier
de réserve, j'aime passionnément ma-pa
trie et souffre de la voit abaissée et con
duite â sa ruine par les Antifrançais.
Lecteur de l' Action française^ seulement \
depuis la semaine qui a précédé les élec
tions, je m'en veux d'être resté aussi long
temps sans vous connaître. Vos sentiments
patriotiques sont si bien ceux qui j'ai
toujours ressentis que votre journal m'a
immédiatement conquis et depuis le jour
où je F ai vu pour la première fois, je
n'ai pas cessé de le lire quotidiennement
d'un bout à l'autre. Il constitue> à mon
avis, une source d'énergie à laquelle on
aime à puiser aux instants de fatigue ou ;
de défaillance. Lorsque je suis sur le point'
de faiblir, je pense à l'Action française, 1
et mon courage renaît ; je suis persuadé '
que c'est en elle seule que tous les bons
Français doivent placer leur confiance:
Je m'efforce de répandre vos idées
sur la politique actuelle et de convaincre
mes camarades de la justesse de vos vues.
Je me heurte souvent à l'indifférence.
« Il n'y a qu'à attendre, me répond-on,
pour voir si les nouveaux députés feront
mieux que les autres. » Ou bien d'anciens
combattants m'affirment sans rire que les
Boches « sont comme nous et ne tiennent
pas à revoir une nouvelle guerre ». Je
suis triste de voir des gens se fermer
volontairement les• yeux alors qu'il m'a
suffi de lire plusieurs fois Z'Action fran
çaise pour voir . se projeter sur les évé
nements un vive lumière. Malgré cela,
je ne me décourage pas et reste persuadé
que, dans le milieu où je me trouve, il
y a beaucoup à faire et, comme' vous le
disiez . à propos des élections, beaucoup
d'hommes à gagner.
' Pour moi, jè ne puis dire encore que
je sois royaliste, car j'avais au fond du
cœur l'aversion du régime monarchique
qui m'avait été inspirée — je m'en rends
mieux compte maintenant que je lis votre
journal — lorsque j'étais A l'école primaire
et même, plus tard, au cours de mes-études
secondaires. Je vais d'ailleurs m'instruire
pour me débarrasser de cette aversion ir
réfléchie et vous serais reconnaissant de
vouloir bien me faire adresser une liste
des livres qui m'aideront le mieux à me
pénétrer de vos idées. Jusqu'à présent, je
n'ai lu que deux ouvagres ■■ empruntés à
un de mes amis gagné avant moi à votre
cause. Ce sont Moloch et Minerve et La
Chambre nationale du 16 novembre 19,
de M. Daudet. Ils m'ont déjà .permis
d'avoir une idée exacte de la vilenie da
régime actuel et de connaître une partie
ds hommes politiques les plus en vue.
Bientôt je vais lire THistoire de France
de Jacques Bainville, et j'espère connaître,
rapidement la véritable histoire de France
en formant en même temps mon éduca
tion politique que j'ai négligée jusqu'alors
faute de temps.
Je vous adresse 10 francs pour le troi
sième million en souvenir du pàuvre petit
martyr Philippe Daudet. Je regrette de ne
pouvoir envoyer davantage, mais j'espère
que ma situation va sous peu s'améliorer
et qu'il me sera > permis alors de partici
per plus activement à votre propagande.
Nous ne publierons pas de tels docu
ments sans avouer notre fierté et notre
espérance. UActioh française est destinée
à rallier tous les honnêtes gens et tous les
patriotes qui ne professent pas que le mo
nopole de l'énergie doive être laissé à la
trahison. 1
Charles MAURRAS,
Le service pour les morts
de l'Action française
Le service annuel pour les Morts de l'Ac
tion française a ètc célébré hier à Saint-
Louis d'Ântin, paroisse de l'Action fran
çaise, devant une nombreuse assistance oà
l'on remarquait bien des parents, des épou
ses et des sœurs de nos héroïques combat
tants.
Avant de donner l'absoute, M. le chanoi
ne Sabatier, curé de là paroisse, a prononcé
ces paroles ;
« Mes Frères, à ceux gui sont morts la
« gloire éternelle et la piété.reconnaissan-
« te de ceux qui restent. A ceux qui vivent,
« et qui veulent vivre, l'exemple du bon
« roi Lois, neuvième du nom. Il nous mon-
« tre la couronne d'épines pour nous rap-
«' peler que rien de grand ne se fait sans
« le sacrifice et sans la volonté persévé-
« rante » »
Les Comités directeurs de l'Action fran
çaise étaient -représentés par Léon Dau
det, Charles Maurras, Bernard de Vesins,
Maurice Pujo, Georges Valois à qui s'étaient
joint M. Ferdinand Beau, délégué régionnal
de Monseigneur le Duc d'Orléans pour la
Normandie. Le Comité des Camelots du
' Roi par Maxime Real del Sorte et Pierre
Lccœur.,Les Etudiants d'Action française
par leur secrétaire général, G. Calzant.
Les Dames d'Action française par Mme
la comtesse de Lur-Saluces, les Jeunes Fil
les royalistes par Mlles de Mas Latrie et de
Cabricres. .
Les chœurs étaient dirigés/par Mlle Alice
Lefèvre. Uorgue était tenu par M. Henri
Elie, maître de chapelle de Saint-Lambert
de Vaugirard.
BOJHO
LES FAI TS D U JOUR
; —- M. Herriot est arrivé hier toir à Che-
quers.
— Les magistrats italiens protestent
contre l'attitude des travaillistes anglais dans
l'affaire Matteotti. ,
u
Chez M. Herriot, comme chez beaucoup de poli
ticiens, . l'anticléricalisme est une ingratitude :
avant l'Ecole normale, avant le lycée il a été él&
vé au presbytère de Saint-Pouange, près de Troyes,
par son oncle, l'abbé C—
Le 6 juillet, a Troyes, le parti radical prépare
à son grand homme sinon le triomphe, du moins
l'ovation. On dit que,.l'après-midi, le grand hom.
me se rendra à Saint-Pouange. Puissent les souve
nirs d'enfance lui porter conseil !
w
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frais de garde. -
L'entrevue
llerriot-Hacdonald
La bombe de Canton *,
' . * ■ j
L'attentat de Canton est fort mystérieux,
A un moment où il serait juste de dire que
l'Asie bouge, voilà un phénomène dont les
raisons auraient besoin d'être éclàircies. -
Quels sont les faits ? M, Merlin, gouver
neur de l'Indochine, est allé à Tokio rem
plir une mission diplomatique fort impôt- -
tante, car il s'agissait des rapports ;d'intérêt9 "*i
entre la France et le. Japon en Extrême. i
Orient au moment où l'affaire de l'itnmi- «
gration et du bill atoéricàin excitait l'indi
gnation des Japonais contre les Etats-Unis. f
Au retour, M. Merlin se proposait .de visi
ter plusieurs villes chinoises' et d'y voir la '
colonie française. Il était â; Canton, dînant
avec plusieurs de nos compatriotes, lors
qu'une bombe, jetée par un criminel in
connu, tua ou blessa plusieurs d'entre eux :
ce n'est que par hasard que le gouverneur
général a échappé à la mort , -
A quoi peut répondre cet attentat ? A
quelle idée ? A quel sentiment ? A quelle .
passion ? Une dépêche de Hong-Kong, pu
bliée hier par le Times, suggérait qu'il fau
drait peut-être rechercher l'auteur de l'at
tentat parmi les Russes qui résident à Can
ton et qui y ont ouvert de nombreux « càba-
rets» dont on n'a guère besQin de deman
der s'ils sont, louches ou mal ' famés.; Mais
nous ne voyons guère, l'utilité de mettre
cette bombe ; sur la conscience dés bolche
viks. Depuis les élections du 11, mai, dont
le bruit -s'est répandu jusqu'en Chine, et
peut-être plus vite qu'on ne pense, les
Soviets ont la promesse d'être reconnus* pBr
le nouveau gouvernement français. !! "ne
semble pas, d'après les précédents, qu'ils
6oient assez sots pour risquer," par un crime
gratuit, d'empêcher ce qu'ils" désirent le
plus., . , ' ... •... .
Toutes ■. les explications sont - d'ailleurs
possibles. "Mais" la "plus 'vraisemblable est
aussi la plus inquiétante. Si l'attentat de
Canton est l'œuvre d'un xénophobie, comme
il y a apparence, c'est un grave avertisse
ment parce que c'est une manifestation de
nationalisme asiatique., C'est: contre les
Français maîtres de l'Indocliine. quasi-pro-
tecléurs du Yunnan, qu'il a été dirigé. Et
ce terrorisme est quelque chose de nouveau
en tant qu'il s'applique à nous, jusqu'ici la
domination anglaise aux Indes en avait eu
le privilège. <
Beaucoup de forces s'agitent eu ce ma
rnent dans le monde qu'on a l'air de no
pas voir. Beaucoup de choses ont changé,
beaucoup de prestiges ont décliné et beau
coup d'idées nouvelles se. sont répandues.
Les empires coloniaux seront' peut-être plus
difficiles , à garder demain qu'hier. La
bombe de Canton doit faire réfléchir- -— J. B.
M. Perretti délia Rocca
à accompagne M. . Herriot
jusqu'à Londres
M. Herriot, président du Conseil, a quit
té. Paris hier matin, à dix heures.-il se
rend, on le sait, en Angleterre, où il doit
avoir, avec Ml Macdonald, une : entrevue
au cours de laquelle sera évoqué le plan
des experts, et le problème de la sécurité
de la France. M. Herriot, qui séjournera
aujourd'hui et demain aux Chequers, est
accompagné dans son voyage par MM. Ber-
gery, chef de son cabinet ; Caponat, secré
taire particulier ; et Camerlynck, inter
prète. ■
. Tous les: membres du cabinet étaient ve
nus le saluer avant son-départ, sur^..le quai
de la gare. Etaient également - présents :
sir Eric Phipps, consul de Grande-Breta
gne à Paris, MM. Ripault, .chef-adjoint du
cabinet au ministère des Affaires étran
gères ; du Castel» directeur des chemins dé
fer au ministère des Travaux publics ;
Naudin, préfet de police ; Marlier, direc
teur de la sûreté 1 générale ; Javary, direc
teur des chemins de fer du Nord ; Moi-
rand, ingénieur en chef de l'exploitation,
et Vâgogne, secrétaire général adjoint;
M. Israël, secrétaire général (Je la pré
sidence du Conseil, quelques instants
avant le départ, a apporté des lettres à M.
Herriot, qui a signé son courrier.
Puis le président du Conseil s'est entrer
tenu, dans son Vagon, avec le général Nol-
let, ministre de la Guerre, et Perretti délia
Rocca, directeur des affaires politiques àu
ministère des Affaires étrangères, qui l'ont
accompagné jusqu'à Calais.
Le président du Conseil, au cours de cet
entretien prolongé, a achevé de mettre au
point avec ses collaborateurs .lés"vues qu'il
pourrait être amené & exposer à M. Mac
donald au nom du gouvernement français,
tant au point de vue des réparations que
de la sécurité.
Se conformant au désir manifesté par le
premier ministre anglais, M. Herriot s'est
refusé à faire aux représentants de la pres
se française qui l'accompagnaient aucune
déclaration sur ses intentions. Il s'est bor
né à manifester sa confiance dans l'issue,
des négociations qui vont s'engager entre
les deux pays. -• . ..
Il a tenu à insister sur le caractère pré
paratoire qu'aura l'entretien des Chequers.
Selon M. Herriot, l'entrevue aura atteint
son , but si, par le contact personnel des
deux premiers ministres et par la sy>~
pathie confiante qui s'en dégagera elle fa-
facilite dans l'avenir le règlement des pro-
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