Titre : L'Action française : organe du nationalisme intégral / directeur politique : Henri Vaugeois ; rédacteur en chef : Léon Daudet
Auteur : Action française. Auteur du texte
Éditeur : Action française (Paris)
Date d'édition : 1924-05-25
Contributeur : Vaugeois, Henri (1864-1916). Directeur de publication
Contributeur : Daudet, Léon (1867-1942). Directeur de publication
Contributeur : Maurras, Charles (1868-1952). Directeur de publication
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 25 mai 1924 25 mai 1924
Description : 1924/05/25 (Numéro 146). 1924/05/25 (Numéro 146).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG87 Collection numérique : BIPFPIG87
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Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k7619600
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, GR FOL-LC2-6354
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 18/01/2011
D^-^ptièinc araiêe '— N°
Diœanclie 25 Mai 1924 **
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1b centimes. Seikb et Seïbe-et-Oisb
SO oentimea. DÉPiRTEMEs-rs tss Colonies
AtiOWNEMJÊNTrS : tînla SxiMi InîiMin.
France et Colonies.- 48 tr. aSfr. iS fr.
JStrangér ..... . ' 8* » ti » 22 »
Chèque postal » Compte 33.900 Paris.
ORGANE DU NATIONALISME INTÉGRAL
m Tout ce gui est national est notre. »
Le Duc d'ORLÉANS
héritier des quarante Rois qui en miïle ans firent l* Franc».
aÉÛACTIOJl * ADMINISTRATIONS
i4. r ae de Rome. PARIS SS")
Adresse télégraphique : AGTîOFRAS-PARIS
Téléphone: Administration ; Louvre a&-4$>-a&-3o
JiiMiaction : Central 7W4 Publicité : Centrai *34-77
Après se heures du soir : Ségur 11-68
ftefistro à« Cemmerca ; Seine K* «38,58a
Fondateur *• HENRI YAUGEOîS — Directeurs politiques s LÉON DAUDET et CHARLES MAURRAS —* Réducteur eu chef t MAURICE PUJO
Après les élections françaises
— La Deutscké 'Xeitimgf-e^''pT^B3^e> «le liaison
entre racistes et nationalistes? 'écrivait ]hier que'
« bientôt F Allemagne, sans jconp, ïérir, pourra
rentrer en possession «fc âiicfeaoateg, limites
dé 19JM » ■ ï
(Lettre «de BcrKij); ^Jfhéférmolion.
«
Brunequart
»
ou l'ingérence académique
Nous vivons à nue époque et dans un
moment où les responsabilités que l'on
prend sont sérieuses, surtout dans l'ordre
politique. Les élections du 11 mai, qui
ramènent à la Chambre une majorité
Caillaux-Malvy, et qui aiguillonnent et
encouragent le nationalisme allemand,
vainqueur du 4 mai, sont un malheur pu
blic. Chacun commence à s'en rendre
compte. Elles mettent la patrie en danger.
Une immense inquiétude est dans les es
prits et dans les cœurs. Les hommes qui
ont contribué à ce résultat, soit en don
nant le coup de barre à gauche, — comme
Poincaré dont le but sournois est terri
blement dépassé, —• soit en combattant
l'effort de droite [comme Goyau],
doivent être mis en présence de leur
coulpe. II serait immoral qu'il en fût au
trement. Les uns disent que Goyau a été,
dans cette affaire, le truchement de son
ïollègue académique Poincaré. D'autres
prétendent qu'il a été manié par Dou-
mic, en haine commune de l'Action fran
çaise. La chose est de peu d'importance.
Ce qui est grave, c'est l'intention. Ce
qui est plus grave encore, c'est le résultat.
Goyau, — que j'aurais cru plus réservé
et plus sagace, — a pris, en cette affaire,
la'suite de Brunetière, le « cardinal
vert » de la Revue des Deux Mondes,
qui donnait.des conseils et distribuait des
avertissements aux plus hautes autorités
ecclésiastiques, et même à Sa Sainteté
Pie X. J'ai bien connu Brunetière, per
sonnage falot, que distinguaient, comme
tous ses pareils, la terreur et l'admiration
des gens de gauche, ef qui raffolait de
Gustave Hervé, alors malthusianiste et
« crosse en l'air ». J'ai connu aussi Geor
ges Goyau, du temps que, gendre d'Infé-
lix Faure, il s'adonnait, avec plus de pers
picacité qu'aujourd'hui, à l'étude du
« Kulturkampf », qui est, comme chacun
sait, à l'origine de nos lois laïques, chères
à Poincaré. Si j'appelle Goyau Brune-
quart, ce n'est pas que je la trouve, litté
rairement parlant, inférieur d'une frac
tion à Brunetière, dont la valeur critique
était,. à mon avis, plus que médiocre.
Cest simplement parce que Goyau est
venu après Brunetière, dont il est, en po
litique, le continuateur.
Brunetière fut de la Patrie française
au début. H était sur l'estrade de la rue
d'Athènes, à la fameuse réunion inaugu
rale, où le bon Coppée fut si naturel, et
Lemaître si persuasif. Très vite sa vision
paradoxale et son goût passionné de l'ad
versaire, — qui est la tare des esprits fai
bles,— lui enlevèrent toute autorité, dans
ce milieu d'ailleurs disparate, et que
tiraillaient des influences opposées. Le
hasard fait que j'ai été à la fois dans l'in
timité de Lemaître, dans celle de Coppée,
dans celle de Drumont, et que j'ai pu
souvent servir de tampon entre ces trois
hommes, qui avaient en commun le seul
amour de la patrie. Tous trois considé
raient Brunetière comme un colis plutôt
encombrant. Quant à Rochefort, il décla
rait que son seul aspect le rendait ma
lade : « Oui, oui, c'est un magister de vil
lage du temps de Fourtou, et rien de
plus ! » Les jugements de Brunetière en
littérature sont abracadabrants et d'un
arbitraire inouï. D'ailleurs, on ne le lit
plus que pour en rire.
Brunequart Goyau a écrit des pages
plus documentaires, partant plus inté
ressantes, que son modèle, lequel était,
par contre, un conférencier né, — sinon
un orateur, — grâce à une voix d'un mor
dant admirable. Cette voix faisait croire
à son caractère. Brunetière professait
qu'en politique l'évolution a mis la droite
hors de combat depuis 1885, — où èurent
lieu les invalidations que l'on sait, — et
que le fin du fin consiste à diviser les gau
ches « en se mettant plus à gauche
qu'elles » et en jouant de leurs antagonis
mes latents. C'est le vieux truc libéral et
poncif^ qui a toujours échoué et qui
échouera toujours ; attendu qu'en poli
tique, comme partout, seule la bonne foi
fait des petits, et seule une doctrine ferme
fait des partisans résolus, c'est-à-dire ca
pables de faire reculer, -puiade mettre en
déconfiture l'adversaire. Pendant mes
quatre années de Parlement, j'ai toujours
tu réussir l'offensive directe et hardie,
•j'ai toujours vu échouer la manœuvre
oblique. De 1919 à 1924, la droite de la
Chambre a polarisé l'assemblée, parce
qu'elle est intervenue vigoureusement et
à fond dans toutes les questions traitées.
Quant au Bloc national, dindon de la
farce, il est battu précisément parce qu'il
n'a pas su être ce qu'il était, ni vouloir
sa survivance. D est battu parce qu'il a
suivi la tactique de Brunequart-Goyau et
de Brunetière ; parce qu'il a accepté des
ministres de gauche ; parce qu'il a joué
le jeu de la gauche ; parce qu'il n'a pous
sé à fond aucun de ses avantages. Les
journaux bien pensants raillent le Bloc
de gauche parce qu'il prétend occuper
tous les postes de direction de la Répu
blique, toutes les présidences. Le Bloc de
gauche a raison. Si le Bloc national avait
agi de cette façon, dès le 7 décembre 1919,
il n'en serait pas là ou il en est. Une
majorité doit s'imposer, prendre et tenir.
Déjà, lors des élections académiques du-'
19 avril 1923, Goyau, d'ordre de Doumic,
avait combattu vilainement la candida
ture de Maurras,— parce que de droite,
— et poussé la candidature de Jonnart,
nullité classée, mais nullité, de gauche,
donc respectable et sacrée. Alors que
Maurras, parce que de droite, et en dépit
de sa supériorité intellectuelle, littéraire
et politique, devait être, selon Goyau, con
sidéré comme dangereux. Pour Goyau,
comme pour Doumic, comme pour Bru
netière, quiconque regimbe et ne se sou
met pas aux autorités politiques républî-
caines, quiconque attaque le principe de
la démocratie meurtrière, doit être traité
en ennemi et combattu à fond, sournoi
sement ou ouvertement. Au yeux de
Goyau, comme de Doumic, un homme,
comme moi, qui dit les choses comme
elles sont, tout' à trac au liez des minis
tres, et qu'on ne fait pas taire, qui met
en accusation et fait condamner un Mal-
vy, dont la police tue le fils, âgé de qua
torze ans et demi, un pareil homme est
une calamité. Il faut à tout prix lui retirer
ses moyens d'action, écarter de lui l'assen
timent et les votes des gens « raisonna
bles », qui reçoivent sans broncher, de
puis 1875, les crachats et les coups de
bâton.
C'est ce qui vous explique l'ingérence
académique, d'abord tortueuse, puis pu
blique et haineuse de Goyau contre nous
et notre effort, dans les élections du
11 mai. Cette ingérence a indubitable
ment agi dans la mesure permise à sa
malfaisance. Elle a servi le Bloc national,
et ses larves à la manière de Fabry, de
Rollin, de Paté, de Charles Bertrand
[au nom. des anciens combattants] dont
l'action politique a été, est et sera nulle,
et qui seront, pour le Bloc de l'Anti
france, des adversaires de tout repos; Per
sonne à la Chambre n'écoute Fabrpv rap
porteur docile et ennuyeux ; ni Rollin,
— ordinairement muet — ; ni Paté, inexis
tant ; ni Charles Bertrand. Cette oppo
sition-là est néant. Le Bloc de gauche le
sait à merveille, et l'on voit assez qu'il
s'en moque et qu'il prend ses dispositions
exactement comme si elle n'existait pas.
•La moralité de cette affaire, c'est que,
daus les désastres sans contrepoids qui
s'annoncent, l'Académie française, — où
l'on prépare déjà le fauteuil de ce brave
Herriot, — aura eu son rôle et sa petite
part. Elle a travaillé, par Poincaré et par
Goyau, contre les hommes d'ordre et d'au
torité, contre les seuls qui, en face de la
Révolution et de l'Antifrance, aient un
programme, des dévouements et des
troupes, et qui aient fait leurs preuves.
Le jour prochain où la balance aura bas
culé en notre faveur, dans l'immense sur
saut national qui s'annonce, .nous saurons
le rappeler et vous le rappeler. Je pré
fère de beaucoup, à un mauvais allié,
un ennemi franc.
Léon DAUDE T.
jë : o o i®
LES F AITS DU JOUR
— lift septième blessé du cuirassé Patrie
est mort à l'hôpital. /
~ Dans la Ruhr, les pourparlers mire les
mineurf et les patrons ont échouât
Poésie.
Les dccrets-lois avaient inspiré qn poète, M. Ja
mier, avocat à Ja Cour d'appel, qui a chanté avec
éloquence les efforts de M. Poincaré et du Bloc-
national pour rétablir l'équilibre du budget :
« Ne voulant à nul prix d'un sauveur dictateur,
Au milieu des lenteurs du parlementarisme,
Vivent les Décrets-Lois! C'est du bon éclectisme!
Mais qu'on n'en fasse pas un abus destructeur !
Employés à propos, avec ordre et méthode,
En' cas d'urgence extrême, et par nécessité,
On pent beaucoup' de bien, préserver la cité
Des maux les plus cruels... etc... »
Et M. Jamier concluait :
< Honneur à' Poincaré, qui gagne la partie
Et n'a fait, Dieu merci, qu'une fausse sortie ! >
M. Jamier va être obligé de mettre son poème au
point. C'est dommage...
M ? ^
La Revue mét'apsychique de mars-avril (p. 152)
publie le récit d'expériences faites par le docteur
Ricliet avec le médium Guzik. On lit ceci :
« Séance du 18 mai 1923, 9 heures du soir,
dans le grand salon de l'Institut.
« Assistants, MM. Painlevé, professeur Richet,
professeur Leclainehe, Mme de Bert, marquise de
B.., docteur Gcley, M. de Jelski. Contrôle habituel
du médium, des expérimentateurs de la salle.
c Première partie : contrôleur de droite, Mme
de B... ; contrôleur de gauche, M. Painlevé. Quel
ques contacts sur Mme de B.., et c'est tout.
« Deuxième partie : contrôleur de gauche M.
Painlevé ; contrôleur de droite professeur Leclain
ehe. Contact unique sur M. Painlevé (épaule), et
quelques contacts sur le professeur Leclainehe ;
une lumière apparaît... »
P.-P. Painlevé ferait mieux 'de songer à contrô
ler l'Allemagne.
Un petit journal étranger, VIndépendance belge,
a cru devoir publier un article, assez faible, sur
Vantijascisme français, c'est-à-dii*e sur l'échec élec
toral de Y Action française-
Quelle n'a pas été la stupéfaction des Parisiens
qui visitaient hier la foire de Paris de voir des
camelots leur proposer, leur imposer gratuitement
des numéros de cette feuille étrangère...
Qui fait les frais de la distribution ? Bloc na
tional ou Bloc des gauches ? Goyau ou Sangnier ?
En tout cas, que nos adversaires se livrent à cette
petite manœuvré alors que les élections sont pas
sées depuis quinze jours, voilà qui montre assez
que l'A. F., dont on célèbre l'échec et la mort,
est jugée encore redoutable. Et ils n'ont pas fini
do la tuer L
%%
Hymens.
Lu l'annonce suivante dans une revue qui s'est
donné la tâche, d'ailleurs louable, de favoriser les
unions légitimés :
« Adjudant de bureau, décoré, 22 ans, beauté
remarquable, intelligent, distingué organisateur,
homme d'affaires précieux, épouserait j. fille ou
veuve sans enfant, française ou étrangère. >
Cet adjudant est rempli de qualités, mais il
ignore la modestie. ,
Et que dites-vous de cette autre annonce, relevée
dans la même revue ? .
< Veuve, 58 ans, femme d'intérieur, employée,
épouserait monsieur seul pour tenir intérieur. »
Cette façon de résoudre la crise des domestiques
par le mariage ne manque pas d'un certain cynis
me...
-"%V ■ ï-
Pourquoi payer très cher bijoux et argenterie,
quand vous pouvez bénéficier des prix de gros
chez Pinson, 15 rue Lévis (de 9 h. à 12 h., ou sur
rendez-vous).
' w . .-
* De M. Camille .Vilain, à Paris~ ;
Coucher à dix, lever à six,
A chaque repas • déguster
Un verre de v. Cherry Rocher » ï
Voilà potir vivre dix fois dix !—
AU PALAIS DE MONTECITORIO
LA RENTREE
DE LA CHAMBRE ITALIENNE
Hier, jour anniversaire de la déclara
tion de guerre de l'Italie, la nouvelle lé
gislature a été inaugurée.
La capitale est pavoisée. Les écoles, les
bureaux, les magasins sont fermés. Dès
les premières heures une foule nombreu
se se presse dans le rues et sur les pla
ces où passera le cortège royal ; elle est
maintenue par des cordons de-troupe et
des détachements de la milice.
Un peu avant 10 heures, commencent à
îtriver les hauts dignitaires dë l'Etat. En
fin au milieu de longues acclamations ar
rive M. Mussolini, en uniforme, accompa
gné d# MM. Acerbo et Finzi.
Tandis, que sonnent les cloches de Mon*
tecitorio, le cortège de : la Pleine* du prince
héritier et des 'princesses: escorté d'une
garde d'honneur arrive au milieu des ac
clamations qui n'ont, cessé^tout le io agad n-
parcours. La reine', le 'prince, et lés prin
cesses sont reçus par une délégation du
Sénat et de la Chambre qui offre des. ger
bes de fleurs à la souveraine.
A 10 b. 30, le roi part; du Quirinal dans
une vpîttire de grapd galay précédé d^ùne
escorte de cuirassiers. Il- arrive à; Montè-
citorio au milieu, des acclamations et des
ovations. de la foule. Les troupes rendent
les honneurs tandis que la musique joue
! 'hymne royal. M. Tittoni, président du
Sénat, s'avance à la rencontre du souve
rain et l'introduit dans le .palais. ,
L'entrée des souverains est saluée par
une ovation indescriptible ; tous les dé
putés, les ministres, les invités se lèvent
et crient : « Vive lé roi I » pendant plu
sieurs minutes. Lé souverain prend pla
ce sur un trône spécial, érigé à la place
où se. trouve habituellement le siège du
président et qui est < surmonté d'une
grande couronne rOyale.
Le discours du roi
Aussitôt après l'appel des députés, le
roi debout prononce un grand discours.
' Après' avoir ■ rappelé que le 24 mai , est
le neuvième anniversaire de l'entrée en
guerre de l'Italie, il a dit que le choix de
cette date pour la réouverture du Parle
ment a une haute signification. Aujour
d'hui, la génération de la victoire m le
gouvernement en mains et représente la
majorité absçlae dans l'Assemblée. Le
peuple italien renouvelle sa gratitude à
tous ceux qui ont collaboré à sa grandeur.
Le roi a. rappelé ensuite l'annexion de
Fiume à l'Italie cÇ la direction qui a été
donnée à la politique étrangère, dans le
but d'assurer à l'Italie la place à laquelle
elle a droit parmi les nations.
Sur la défense nationale le roi s'est
exprimé ainsi : L'Italie ne peut pas rester
inerte en ce qui concerne les armements.
Elle ne put pas courir Vénorme danger
d'être surprise par les événements. La
consolidation de la situation intérieure et
de la situation financière du pays donne
la possibilité de suivre une politique
étrangère pacifique, mais avec une digni
té et avec le souci constant de la* défense
de ses intérêts. '
Victor-Emmanuel espère que les conven
tions passées avec la Yougoslavie permet
tront une active et amiable collaboration
dans l'intérêt même de l'Europe danu
bienne et balkanique. Les accords avec la
Russie.et le traité de Lausanne favorisent
l'œuvre de paix de l'Italie.
Il a terminé en disant :
« Le Parlement sera la fidèle expres
sion de la volonté nationale qui veut in
tangibles les véritables libertés, mais qui,
en même temps, a clairement condamné
tout symptôme de dégénérescence, toute
licence, toute faiblesse, toute tolérance
qui pourraient ébranler la solidité de la
nation. Les intérêts individuels et de clas
ses doivent céder aux intérêts généraux
et collectifs. Dans la conscience des de
voirs, dans la discipline de la vie civile
s'accompliront les destinées de la patrie. »
Le discours du roi a été accueilli par de
longues, et enthousiastes acclamations et
par les cris de « vive le roi ».
LA POLITIQUE
L'ACTION FRA NÇAISE BU DIMANCHE
Sommaire du 25 mai 1924
Léon DAUDET. — L'Antifrance chez nous, le
nationalisme à Berlin.
Jacques BAINV1LLE. — Et après ?
Firmin BACCONNIER. — Au jour le jour.
Léon ALLARD. — Chronique Agricole (oi
sons et canetons).,
Noël FRANCES. — Les faits de la semaine.
René BRECY. — Revue de la presse.
Auguste NEGRIER. •— Viticulture. -
Chroniques régionales. — Cours et marchés.
— La vie financière. — Le potager. —► La mai
son. — Le troupeau. — Les oiseaux.
Dessin de Jehan Sennep. /
I. Vers l'enfantement difficile
Dans le livre de conversations et, comme
dit Marsan, d'interviouves, qu'ils ont publié
la quinzaine dernière sous -le titre « Le
11 mai s>, nos confrères Georges Suarez
et Kessel ont souligné avec un intérêt
narquois même un peu ironique, le
tableau que je leur traçais des immenses
facilités que trouverait, du seul fait de
son existence, un gouvernement monar
chique : mes jeunes confrères ne sont-ils
pas frappés des prodigieuses difficultés de
vivre que rencontre n'importe quel gou
vernement républicain ?
Les difficultés d'un Bloc de droite, on
les a vues pendant quatre ans. On ne les
voit plus, il est mort. Mais celle du Bloc
de gauche, qui ne fait que de naître, font
trembler tour à tour la loyauté et le bons
sens*
Le Bloc des gauches n'a qu'à appliquer le
programme dont les pluies de printemps,
n'ont pas essuyé nos murs : le crédit na
tional est par terre, avec la politique
étrangère de la nation, les finances, la jus
tice, l'honneur même et tout: le reste, s'il
peut rester quelque chose !. Mais, si le pro
gramme mural est escamoté, c'est le Bloc
de gauche lui-même qui sera renversé. Le
Temps lui promet bien le contraire. Le
Temps raconte qu'il est prêt à soutenir
tout ce que les radicaux et radicaux socia
listes essaieront de faire de sage. Mais ce
n'est i»s au Temps que les radicaux iront
demander des soutiens. Ce qu'il leur faut,
c'est la tolérance de l'extrême gauche. L'au
ront-ils ? Pourront^ils l'avoir ?
Je ne crois pas du tout à l'héroïsme ré
volutionnaire des socialistes. Mais ils ont
dans le dos les communistes qui les har
cèlent et qui seuls constituent une force
véritable dans le pays. Les socialistes bé
néficiaires du cartel aux élections sont d'a
vis de garder le même avantage dans le
Parlement. Ils y comptent. Ils l'escomp
tent même, et ne sont pas les seuls. Dans
la maison d'en face, M. Millerand fait ses
paquets. On dit bien qu'il veut et qu'il va
résister. Demain ! Demain 1 En attendant,
la famille de M. Millerand, son entourage
immédiat s'occupent activement de savoir
où le futur ancien président de la Répu
blique reposera sa tête en juillet prochain :
l'appartement de M. Guist'hau a même été
visité à cette intention. Est-il exact que M.
Poincaré rêve d'emménager aù Luxem
bourg pour y remplacer le locataire'acftuel
appelé à de plus hautes destinées ? Cela ne
serait pas très digne" de" M. Poincaré, mais
cet attachement à l'apparence et à l'appa-
réi( du régime expliquerait finalement
beaucoup de choses.
II. Le droit et 1'a.voir
.; Mais les affaires générales en sont-elles
iàniéliôi'ées ? On dit : an changement de
personnel parlementaire ne change rien à
l'être des choses. On a raison. Les difficul
tés étant ce qu'elles sont, il faut les sur
monter ou les subir, et il n'y a pas trente-
six mille moyens de les surmonter, ni
même une collection de moyens radicaux
essentiellement différents de la collection
des moyens nationalistes. Tout cela est
exact. Mais ceux qui en concluent que le
règlement sous la Chambre du 11 mai sera
le . même que sous la Chambre du 16 no
vembre sont des sophistes, des polissons
ou des badauds. Je parie pour badauds. L'é
loquence parlementaire a tellement abruti
les têtes politiques de ce pays-ci que l'on
n'y fait plus de différence entre le fait et
le droit, entre ce qui est ou sera, et ce qui
devrait être. Eh 1 oui, il y a des « facteurs
réels », comme dit le Temps , qui compo
sent le .« devoir du gouvernement». Mais
s'entendre rappeler ces devoirs est une cho
se, les reconnaître en est une autre, les
accomplir en est une troisième, toute dif
férente. La « solidarité des dirigeants
« d'hier et des dirigeants de demain dans
, « l'œuvre nécessaire de défense ds intérêts
« et des droits de la nation », c'est un
vœu, c'est un souhait,c'est une convenance
c'est un pieux désir qui exprime ce que
devrait être pour réparer la révolution
électorale qui s'est produite il y a quin
ze jours, mais la force morale et poli
tique, capable de réaliser ce désir, cette
convenance, ce souhait, ce vœu, voilà ce
que personne ne voit ni ne peut voir.
. L'électeur demande à être allégé des
charges fiscales et des charges mili
taires, il veut recevoir des retraites et des
pensions, il exige en somme que l'on ajoute
au budget plusieurs milliards de dépenses
nouvelles en surcharge du milliard des
économies récentes qu'il prétend suppri
mer. Les nouveaux députés se sont faits élire
en souscrivant à ces promesses. Quel rêve
de continuité, quelle théorie de stabilité
les dispenseront d'être conséquents avec
eux-mêmes et d'accord avec leur électeur !
Le même électeur demande qu'on éva
cue la Ruhr, que l'on lâche les gages, que
l'on cesse dp l'ennuyer avec des program
mes de politique étrangère qu'on lui a dit
ruisseler de mégalomanie. M. Herriot s'est
prononcé tout ae suite pour le plan des
experts, auquel M. Poincaré avait fini par
se résigner sans trop l'avouer. Mais le
plan des experts nous concédait la su
prême garantie d'une occupation militaire:
c'est à quoi M. Painlevé a publiquement
renoncé. Devant cette émulation dans le
lâchage et cette surenchère dans les con
cessions, il est trop évident que les négo
ciateurs étrangers l'auront belle 1 Les jour
naux de doctrine républicaine pourront di
re et redire au nouveau gouvernement qu'il
est solidaire du précédent:Solidarité idéale,
inorale ! Matériellement, réellement, il sera
solidaire de ses idées, de ses promesses,
de son parti, de son programme, de ses
électeurs et tout ce qui ne tiendra pas
par quelque bout aux thèmes de gauche ou
d'extrême gauche sera traité par un mépris
plus ou moins public. ,Veut-on savoir ce
qui ne changera pas ? Quelques phrases.
III. Les nouveautés tragiques
On lira et relira, on entendra et réen
tendra des déclarations dans le goût de
celles que M. Herriot a faités à son retour
à Paris sur l'obligation de concilier l'inté
rêt du pays et le devoir républicain. M.
Poincaré mettait plus volontiers l'accent
sur le premier terme. M. Herriot le mettra
sur le second. A cela près, les mêmes dis
cours. Mais, sur le fond, il y aura deux dif
férences. D'abord, à tort ou à raison, et,
je crois, à tort et à raison, M. Poincaré
inspirait un certain respect à l'Allemagne,
son mauvais caractère le faisait même ap
précier, quoique détester des Anglais. M.
Herriot souffrira dès les premiers jours
du prestige inverse. M. Ramsay Macdonald
lui tapera sur le ventre, et les nationalistes
allemands multiplieront les pieds de nez.
Ensuite, la vertu de son germanisme secret.
opérant dans les profondeurs de son es
prit, M. Ed. Herriot étant tout à fait dé
pourvu de la méfiance héréditaire des'
hommes de Lorraine est une victime dési
gnée pour toutes les mystifications sangui
naires que préparent les Allemands. Il
y aurait un troisième ou un quatrième pé
rils à redouter de son manque de franchise
(devant le pays) et de son manque de ca
ractère (devant l'étranger).
Les derniers malheurs du dernier cabi
net Poincaré seront venus des erreurs per
sonnelles, des volontés personnelles de son
chef. Les . malheurs du gouvernement,
que l'on s'efforce péniblement de consti
tuer, procéderont de sa nature essen
tielle, de ses nécessités.
On eût conjuré les premiers avec un-
peu d'énergie, de résolution, de liberté
d'esprit. Mais les seconds ne pourront être
écartés qu'au prix d'efforts immenses as
sociant toutes les forces du pays.
Il faut donc dire aux patriotes, avec har
diesse et clarté : — En vérité, ne vous lais
sez pas rassurer. Rien n'est sûr. Tout est
mis en doute, tout est en çuspens sur le
tragique abîme. Les profiteurs fripons, les
sots officiels peuvent s'en aller répé
tant que nous ne risquons rien ou très peu
de chose, et que les incendiaires sont déjà
en train do se faire pompiers. Cela est
faux. Le casque ne fait pas le pompier.
Tels qui font les Caton ou qui jouent les
Brutus ne sont ni ne seront jamais rien
que des Kerensky. Ce n'est pas en trom
pant sur la qualité des personnes que l'on
modifiera' ni la qualité dés programmes ni
la qualité des partis. La situation est ex
trêmement grave, voilà la vérité, et il faut
le dire afin que le pays ne coure pas à
l'abîme les yeux bandés. Tant que la vue
demeure claire, une chance subsiste. Si l'on
s'aveugle ou si l'on se laisse aveugler, tout
est perdu.
Rien ne sera perdu, tant qu'il subsistera,
en France, des convictions solides de pa
triotes clairvoyants organisés en force et
résolus à tout. Les dizaines de milliers
d'hommes que nos amis ont -rassemblés
flans lés ..réunions, magnifiques d'avril, .et
de mai, n'ont pas été fauchés par le dé
luge de papiers truqués et faussés qui s'est
abattu sur. Paris et la France le 11 mai.
Ils vivent, ils réfléchissent, ils sentent, et
l'alarme profonde dont le pays est pénétré
chasse de leur côté, de notre côté, des mul
titudes inquiètes. De toutes parts on leur
demande, on nous demande de grouper les
honnêtes gens que l'on a trompés, les pa
triotes que l'on a bernés, les petits possé
dants, les petits épargnants dont on a ex
posé les intérêts avec une légèreté tra
gique. Que 1 nos amis en soient assurés,
cette œuvre de recrutement et d'organisa
tion est commencée, et rien ne pourra l'ar
rêter.
Charles MAURRAS
Une attaque
contre le projet d es experts
Le «bouillonnement de démocratie », qui
se produit en divers pays —- sauf en Alle
magne — donne lieu à des manifestations
qui gênent les gouvernements démocratïqner
eux-mêmes. M. Ramsay Macdonald a dû,
avant-hier, désapprouver une motion de la
célèbre Union of Démocratie Conirol dont
il a été, en 1914, le propre fondateur avec
deux de ses collaborateurs actuels, MM.
Trevelyan et Ponsonby.
V Union, dont l'âme est E. D. Moreî,
condamné à six mois de prison pendant la
guerre, S 'est mise à contrôler démocratique
ment le rapport des experts. Elle ne 1'$ pas.,
trouvé à son goût. Elle partage l'opinion. «fa
ces associations d'industriels allemands qui
se plaignent que le rapport contienne des
exigences inexécutables. En somme l'Union
aide de son mieux les nationalistes alie*'
mands.
Gêné par l'éclat de ses anciens camarade,
M. Ramsay Macdonald a publié un commu»
nique dans lequel il les désavoue. Une-
autre note dit que» sans doute, tout ne lui
plaît pas dans le projet des experts. Mais-
le gouvernement travailliste considère qu'il-
n'y a pas autre chose à faire que^Taçcepter
et d'appliquer ce projet comme im tout. • -
Les réserves de l'Allemagne étant à peu
près certaines, il s'agirait donc de lai poser » .le plan des. experts. C'est ce que je
général Dawes avait prévu. Quello qu'elle
soit, toute solution qui tendra à faire payet
l'Allemagne se heurtera à la résistance de
l'Allemagne. Il faudrait avoir la mémoire
bien courte pour s'y tromper. Ya-t^on re.
commencer avec le plan des experts les expê*
riences qu'on avait faites anr VEtai des
Paiements? ■-•'7'^";"'
Il faut, déclare la note inspirée par 3 IL
Macdonald, que les Alliés soient unis pour
que l'Allemagne accepte et exécute la rap»
port. Il le fallait aussi pour que VEtat des,
Paiements ne fût pas un yàin mot,, et cette
unité n'a. pas été obtenue. Le sera-t-ellè-da*
vannage pour réaliser la nouvelle combinai*
son, pour la réaliser intégralement et
« comme un tout »-? Le. Daily XelegrapL
rappelle assez traîtreusement^ lès paroles
prononcées naguère par ' M. Macdonald à
l'Albert Hall : « Si, dans l'exéciition, noua
nous heurtons, à des difficultés, le sens coin*
mun ne perdra pas ses droits,, et nous pour*
rons encore ajuster. les conditions ».
L'intégralité du plan des experts est-eîlè
déjà menacée ? > Le rappel de ses para fr»
suffit à justifier et à encourager la résis
tance de3 nationalistes allemands et leur
politique qui consiste à accepter le rapport
pour le « saboter ». S'ils remarquent déjà,
chez , les Alliés, des signes de fléchissement^
la partie sera belle pour eux. —- J. B.
APRES LES ELECTIONS
Le ralliement à l'Action Française
Que d'intelligence, que de sagesse, dans
les innombrables lettres où les Français
clairvoyants nous parlent des élections
du 11 mai ! Cette enquête spontanée, ces
réflexions qui se recoupent et se com
plètent laissent loin derrière elles les
balivernes et les banalités qui s'étalent
chaque jour au long de la presse « indé
pendante ». La France vaut mieux que
ceux qui prétendent la conseiller ou la
représenter.
Un médecin aide-major de première
classe nous explique comment cette abdi
cation du corps électoral achève sa con
version à l'Action française, que la guerre
avait commencée : ■
Patriotes de sentiments, d'autres le sont. Pa
triotes de tête et de cœur en'même temps, seuls
vous l'êtes.
, Fils de républicain, élevé dans l'idée intangi
ble des dogmes républicains, il ne s'agissait pas
de renier ma foi républicaine car je n'avais aucun
parti pris politique. Il s'agissait de me faire con
cevoir l'univers comme pouvant obéir à d'autres
lois que celles que j'avais toujours cru être les
lois naturelles. Quelque chose comme comprendre
un espace à 4 dimensions.
Le passé, la confirmation de Kid et Tanger et
de l'Avenir de l'intelligence par les faits depuis
1914 ont pris à mes yeux la valeur d'une expéri
mentation biologique. Mais des coïncidences sont,
aprà tout, possibles. Votre système, outre qu'il
est, à la lettre, renversant pour l'esprit façonné
comme le mien, est « trop logique ». Il est im
placable. D terrifie par cela même : on n'a pas
le choix. D faut le fuir, le nier, le taire (comme l'ont
fait vos adversaires aux élections) mais une fois
un doigt dans l'engrenage tout y passe : corps,
esprit ,et cœur.
Bref, j'admettrais toutes ces critiques du régime
et la logique de la conclusion :1a monarchie.
Mais logique n'est pas vie. Vous avez eu raison
dans le passé. ^
Mais les élections récentes ont demoptré que
votre logique s'appliquerait à la réalité présente
et qu'elle avait, dans la biologie des peuples, la ri
gueur des calculs astronomiques. Ces élections, où
les listes d'A. F. sont battues, sont un triomphe
pour l'A. F.
Tout est casse entre la France et vous d'une
part, et les élus du dimanche noir d'autre part. Il
n'y a plua. d'hésitation possiblç. Tout est cassé en
tre la religion catholique et vous d'une part, et
les élus du dimanche noir d'autre part. On peut re
gretter que les faits vous donnent raison et que la
bonne République soit un mirage, mais on ne peut
nier qu'elle n'ait rien à faire avec la France. La
République est un masque qui nous cachait là
.France. C'était un piège qui nous séparait de Dieu.
1 Vous nous l'avez démontré. Vous avez, de ce fait,
acquis plein droit sur nos existences.
Aussi librement que mon fils était allé vers
vous dans ses dix-sept aDs, épris du bel idéal que
vous représentez, aussi totalement je viens à vous
dans la fermeté de ma maturité, daus la plénitude
'de mon raisonnement. Si la France peut être eau-
vée, ce ne sera que par l'Action française.
Mais la France ne pent périr.
_ Donc l'Action française «era finalement ittf».
rieuse. ' '
Et puis, elle le serait, de toutea façonSj iien
qu'à cause de ses martyrs morts et vivants et do
sa patronne Jeanne qui prient pour la France.
Un médecin de Marseille nous exprime
pareillement sa foi. L'A. F. doit parvenir
aux masses par les élites, nous dit-il.
Le peuple ne peut qu'accepter dëâ'Tdéés toute)
faites, il est ce que ses meneurs le font, mai»
plus profondément ce que le font ses éducateurs)
et je crois que là est votre vrai rôle. Si -nom
breux qu'aient été vos auditeurs des diversa(
réunions, vous n'aviez , pas là le peuplé, main «M
élite. Enseignez cette élite et elle-même sera
l'éducatrice de la masse qui n'a ni le temps
l'outil de la réflexion, l'expérience ne l'a que trop
prouvé. '
• Pour moi bien qu'extrêmement pessimiste
(l'expérience de la. vie 1) je ne douie pas ttri
instant jmaintenant que la victoire ne vous reste s'
il fallait des hommes comme vous, insensibles
aux coups, aux revers et il: n'est, pas un « Fran
çais d'abord », qui ne vous regarde avec sympa
thie. Comme vous le répétez chaque jour .Je mai
de la France se joue en ce moment, arrivée A
ce point d'affaiblissement, elle ne peut que mou
rir, ce qui serait le cas sans vous, ou réagir dou
loureusement mais guérir.
Enseignez-nous de la voix et du geste et nouai
enseignerons à notre. tour. En vous regardant,
j'ai vu que le courage était encore françain, j'en
doutais jusque-là et désespérais du pays. Hannibal
ne savait pas profiter de la victoire. Vous,, vous
profitez de votre, défaite et vous mettrez de plus
en plus la main sur le royaume de l'intelligence
qui n'est pas la masses mais celle-ci vous sera
donnée ensuite par surcroît.
Nombreux sont ceux qui, jpàr dea ^ anec
dotes vécues, cherchent à taire la « psy
chologie 'de l 'électeur » et à expliquer la
défaillance de la volonté française. Un
ami nous écrit de Nice :
Lé paysan ne sait paâ étabSr 3e' ififférence
dans les étiquettes. H n'y comprend ziea. Il ne v
connaît que l'homme.
Mon jardinier ne m'a-t-3 pas répondu en
1914 s « Ma fol j'ai voté pou X~. parce que
monsieur ne se'présentait pas.
— Mais malheureux moi je ens im 'enragé
royaliste et lui un anarchiste, ua fou, un homme
de désordre. Cest avee des cocos comme celui-
là qu'on finira par avoir la guerre, tu verras- !
—■ Ali ! ça ! monsieur sait bien que nous
autres on ne s'occupe pas de {a. On n'y con
naît rien en tout. Nous, on vote pour celui qu'on
connaît et voyez-vous, X», monsieur,, ic'êst lui
qui a vain à mon grand-père sa place de can
tonnier. Ah 1 si monsieur s'était présenté, bien
sur j'aurais donné la préférence â monsieur- .1
Nous étions à quelques' jours de la guerre. Le
malheureux jardinier est parti et n'est pw ro
-.venu. • ■■- ■■ :
Mais il y s antre chose : l'hostilitô
Diœanclie 25 Mai 1924 **
'MT
1b centimes. Seikb et Seïbe-et-Oisb
SO oentimea. DÉPiRTEMEs-rs tss Colonies
AtiOWNEMJÊNTrS : tînla SxiMi InîiMin.
France et Colonies.- 48 tr. aSfr. iS fr.
JStrangér ..... . ' 8* » ti » 22 »
Chèque postal » Compte 33.900 Paris.
ORGANE DU NATIONALISME INTÉGRAL
m Tout ce gui est national est notre. »
Le Duc d'ORLÉANS
héritier des quarante Rois qui en miïle ans firent l* Franc».
aÉÛACTIOJl * ADMINISTRATIONS
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Adresse télégraphique : AGTîOFRAS-PARIS
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JiiMiaction : Central 7W4 Publicité : Centrai *34-77
Après se heures du soir : Ségur 11-68
ftefistro à« Cemmerca ; Seine K* «38,58a
Fondateur *• HENRI YAUGEOîS — Directeurs politiques s LÉON DAUDET et CHARLES MAURRAS —* Réducteur eu chef t MAURICE PUJO
Après les élections françaises
— La Deutscké 'Xeitimgf-e^''pT^B3^e> «le liaison
entre racistes et nationalistes? 'écrivait ]hier que'
« bientôt F Allemagne, sans jconp, ïérir, pourra
rentrer en possession «fc âiicfeaoateg, limites
dé 19JM » ■ ï
(Lettre «de BcrKij); ^Jfhéférmolion.
«
Brunequart
»
ou l'ingérence académique
Nous vivons à nue époque et dans un
moment où les responsabilités que l'on
prend sont sérieuses, surtout dans l'ordre
politique. Les élections du 11 mai, qui
ramènent à la Chambre une majorité
Caillaux-Malvy, et qui aiguillonnent et
encouragent le nationalisme allemand,
vainqueur du 4 mai, sont un malheur pu
blic. Chacun commence à s'en rendre
compte. Elles mettent la patrie en danger.
Une immense inquiétude est dans les es
prits et dans les cœurs. Les hommes qui
ont contribué à ce résultat, soit en don
nant le coup de barre à gauche, — comme
Poincaré dont le but sournois est terri
blement dépassé, —• soit en combattant
l'effort de droite [comme Goyau],
doivent être mis en présence de leur
coulpe. II serait immoral qu'il en fût au
trement. Les uns disent que Goyau a été,
dans cette affaire, le truchement de son
ïollègue académique Poincaré. D'autres
prétendent qu'il a été manié par Dou-
mic, en haine commune de l'Action fran
çaise. La chose est de peu d'importance.
Ce qui est grave, c'est l'intention. Ce
qui est plus grave encore, c'est le résultat.
Goyau, — que j'aurais cru plus réservé
et plus sagace, — a pris, en cette affaire,
la'suite de Brunetière, le « cardinal
vert » de la Revue des Deux Mondes,
qui donnait.des conseils et distribuait des
avertissements aux plus hautes autorités
ecclésiastiques, et même à Sa Sainteté
Pie X. J'ai bien connu Brunetière, per
sonnage falot, que distinguaient, comme
tous ses pareils, la terreur et l'admiration
des gens de gauche, ef qui raffolait de
Gustave Hervé, alors malthusianiste et
« crosse en l'air ». J'ai connu aussi Geor
ges Goyau, du temps que, gendre d'Infé-
lix Faure, il s'adonnait, avec plus de pers
picacité qu'aujourd'hui, à l'étude du
« Kulturkampf », qui est, comme chacun
sait, à l'origine de nos lois laïques, chères
à Poincaré. Si j'appelle Goyau Brune-
quart, ce n'est pas que je la trouve, litté
rairement parlant, inférieur d'une frac
tion à Brunetière, dont la valeur critique
était,. à mon avis, plus que médiocre.
Cest simplement parce que Goyau est
venu après Brunetière, dont il est, en po
litique, le continuateur.
Brunetière fut de la Patrie française
au début. H était sur l'estrade de la rue
d'Athènes, à la fameuse réunion inaugu
rale, où le bon Coppée fut si naturel, et
Lemaître si persuasif. Très vite sa vision
paradoxale et son goût passionné de l'ad
versaire, — qui est la tare des esprits fai
bles,— lui enlevèrent toute autorité, dans
ce milieu d'ailleurs disparate, et que
tiraillaient des influences opposées. Le
hasard fait que j'ai été à la fois dans l'in
timité de Lemaître, dans celle de Coppée,
dans celle de Drumont, et que j'ai pu
souvent servir de tampon entre ces trois
hommes, qui avaient en commun le seul
amour de la patrie. Tous trois considé
raient Brunetière comme un colis plutôt
encombrant. Quant à Rochefort, il décla
rait que son seul aspect le rendait ma
lade : « Oui, oui, c'est un magister de vil
lage du temps de Fourtou, et rien de
plus ! » Les jugements de Brunetière en
littérature sont abracadabrants et d'un
arbitraire inouï. D'ailleurs, on ne le lit
plus que pour en rire.
Brunequart Goyau a écrit des pages
plus documentaires, partant plus inté
ressantes, que son modèle, lequel était,
par contre, un conférencier né, — sinon
un orateur, — grâce à une voix d'un mor
dant admirable. Cette voix faisait croire
à son caractère. Brunetière professait
qu'en politique l'évolution a mis la droite
hors de combat depuis 1885, — où èurent
lieu les invalidations que l'on sait, — et
que le fin du fin consiste à diviser les gau
ches « en se mettant plus à gauche
qu'elles » et en jouant de leurs antagonis
mes latents. C'est le vieux truc libéral et
poncif^ qui a toujours échoué et qui
échouera toujours ; attendu qu'en poli
tique, comme partout, seule la bonne foi
fait des petits, et seule une doctrine ferme
fait des partisans résolus, c'est-à-dire ca
pables de faire reculer, -puiade mettre en
déconfiture l'adversaire. Pendant mes
quatre années de Parlement, j'ai toujours
tu réussir l'offensive directe et hardie,
•j'ai toujours vu échouer la manœuvre
oblique. De 1919 à 1924, la droite de la
Chambre a polarisé l'assemblée, parce
qu'elle est intervenue vigoureusement et
à fond dans toutes les questions traitées.
Quant au Bloc national, dindon de la
farce, il est battu précisément parce qu'il
n'a pas su être ce qu'il était, ni vouloir
sa survivance. D est battu parce qu'il a
suivi la tactique de Brunequart-Goyau et
de Brunetière ; parce qu'il a accepté des
ministres de gauche ; parce qu'il a joué
le jeu de la gauche ; parce qu'il n'a pous
sé à fond aucun de ses avantages. Les
journaux bien pensants raillent le Bloc
de gauche parce qu'il prétend occuper
tous les postes de direction de la Répu
blique, toutes les présidences. Le Bloc de
gauche a raison. Si le Bloc national avait
agi de cette façon, dès le 7 décembre 1919,
il n'en serait pas là ou il en est. Une
majorité doit s'imposer, prendre et tenir.
Déjà, lors des élections académiques du-'
19 avril 1923, Goyau, d'ordre de Doumic,
avait combattu vilainement la candida
ture de Maurras,— parce que de droite,
— et poussé la candidature de Jonnart,
nullité classée, mais nullité, de gauche,
donc respectable et sacrée. Alors que
Maurras, parce que de droite, et en dépit
de sa supériorité intellectuelle, littéraire
et politique, devait être, selon Goyau, con
sidéré comme dangereux. Pour Goyau,
comme pour Doumic, comme pour Bru
netière, quiconque regimbe et ne se sou
met pas aux autorités politiques républî-
caines, quiconque attaque le principe de
la démocratie meurtrière, doit être traité
en ennemi et combattu à fond, sournoi
sement ou ouvertement. Au yeux de
Goyau, comme de Doumic, un homme,
comme moi, qui dit les choses comme
elles sont, tout' à trac au liez des minis
tres, et qu'on ne fait pas taire, qui met
en accusation et fait condamner un Mal-
vy, dont la police tue le fils, âgé de qua
torze ans et demi, un pareil homme est
une calamité. Il faut à tout prix lui retirer
ses moyens d'action, écarter de lui l'assen
timent et les votes des gens « raisonna
bles », qui reçoivent sans broncher, de
puis 1875, les crachats et les coups de
bâton.
C'est ce qui vous explique l'ingérence
académique, d'abord tortueuse, puis pu
blique et haineuse de Goyau contre nous
et notre effort, dans les élections du
11 mai. Cette ingérence a indubitable
ment agi dans la mesure permise à sa
malfaisance. Elle a servi le Bloc national,
et ses larves à la manière de Fabry, de
Rollin, de Paté, de Charles Bertrand
[au nom. des anciens combattants] dont
l'action politique a été, est et sera nulle,
et qui seront, pour le Bloc de l'Anti
france, des adversaires de tout repos; Per
sonne à la Chambre n'écoute Fabrpv rap
porteur docile et ennuyeux ; ni Rollin,
— ordinairement muet — ; ni Paté, inexis
tant ; ni Charles Bertrand. Cette oppo
sition-là est néant. Le Bloc de gauche le
sait à merveille, et l'on voit assez qu'il
s'en moque et qu'il prend ses dispositions
exactement comme si elle n'existait pas.
•La moralité de cette affaire, c'est que,
daus les désastres sans contrepoids qui
s'annoncent, l'Académie française, — où
l'on prépare déjà le fauteuil de ce brave
Herriot, — aura eu son rôle et sa petite
part. Elle a travaillé, par Poincaré et par
Goyau, contre les hommes d'ordre et d'au
torité, contre les seuls qui, en face de la
Révolution et de l'Antifrance, aient un
programme, des dévouements et des
troupes, et qui aient fait leurs preuves.
Le jour prochain où la balance aura bas
culé en notre faveur, dans l'immense sur
saut national qui s'annonce, .nous saurons
le rappeler et vous le rappeler. Je pré
fère de beaucoup, à un mauvais allié,
un ennemi franc.
Léon DAUDE T.
jë : o o i®
LES F AITS DU JOUR
— lift septième blessé du cuirassé Patrie
est mort à l'hôpital. /
~ Dans la Ruhr, les pourparlers mire les
mineurf et les patrons ont échouât
Poésie.
Les dccrets-lois avaient inspiré qn poète, M. Ja
mier, avocat à Ja Cour d'appel, qui a chanté avec
éloquence les efforts de M. Poincaré et du Bloc-
national pour rétablir l'équilibre du budget :
« Ne voulant à nul prix d'un sauveur dictateur,
Au milieu des lenteurs du parlementarisme,
Vivent les Décrets-Lois! C'est du bon éclectisme!
Mais qu'on n'en fasse pas un abus destructeur !
Employés à propos, avec ordre et méthode,
En' cas d'urgence extrême, et par nécessité,
On pent beaucoup' de bien, préserver la cité
Des maux les plus cruels... etc... »
Et M. Jamier concluait :
< Honneur à' Poincaré, qui gagne la partie
Et n'a fait, Dieu merci, qu'une fausse sortie ! >
M. Jamier va être obligé de mettre son poème au
point. C'est dommage...
M ? ^
La Revue mét'apsychique de mars-avril (p. 152)
publie le récit d'expériences faites par le docteur
Ricliet avec le médium Guzik. On lit ceci :
« Séance du 18 mai 1923, 9 heures du soir,
dans le grand salon de l'Institut.
« Assistants, MM. Painlevé, professeur Richet,
professeur Leclainehe, Mme de Bert, marquise de
B.., docteur Gcley, M. de Jelski. Contrôle habituel
du médium, des expérimentateurs de la salle.
c Première partie : contrôleur de droite, Mme
de B... ; contrôleur de gauche, M. Painlevé. Quel
ques contacts sur Mme de B.., et c'est tout.
« Deuxième partie : contrôleur de gauche M.
Painlevé ; contrôleur de droite professeur Leclain
ehe. Contact unique sur M. Painlevé (épaule), et
quelques contacts sur le professeur Leclainehe ;
une lumière apparaît... »
P.-P. Painlevé ferait mieux 'de songer à contrô
ler l'Allemagne.
Un petit journal étranger, VIndépendance belge,
a cru devoir publier un article, assez faible, sur
Vantijascisme français, c'est-à-dii*e sur l'échec élec
toral de Y Action française-
Quelle n'a pas été la stupéfaction des Parisiens
qui visitaient hier la foire de Paris de voir des
camelots leur proposer, leur imposer gratuitement
des numéros de cette feuille étrangère...
Qui fait les frais de la distribution ? Bloc na
tional ou Bloc des gauches ? Goyau ou Sangnier ?
En tout cas, que nos adversaires se livrent à cette
petite manœuvré alors que les élections sont pas
sées depuis quinze jours, voilà qui montre assez
que l'A. F., dont on célèbre l'échec et la mort,
est jugée encore redoutable. Et ils n'ont pas fini
do la tuer L
%%
Hymens.
Lu l'annonce suivante dans une revue qui s'est
donné la tâche, d'ailleurs louable, de favoriser les
unions légitimés :
« Adjudant de bureau, décoré, 22 ans, beauté
remarquable, intelligent, distingué organisateur,
homme d'affaires précieux, épouserait j. fille ou
veuve sans enfant, française ou étrangère. >
Cet adjudant est rempli de qualités, mais il
ignore la modestie. ,
Et que dites-vous de cette autre annonce, relevée
dans la même revue ? .
< Veuve, 58 ans, femme d'intérieur, employée,
épouserait monsieur seul pour tenir intérieur. »
Cette façon de résoudre la crise des domestiques
par le mariage ne manque pas d'un certain cynis
me...
-"%V ■ ï-
Pourquoi payer très cher bijoux et argenterie,
quand vous pouvez bénéficier des prix de gros
chez Pinson, 15 rue Lévis (de 9 h. à 12 h., ou sur
rendez-vous).
' w . .-
* De M. Camille .Vilain, à Paris~ ;
Coucher à dix, lever à six,
A chaque repas • déguster
Un verre de v. Cherry Rocher » ï
Voilà potir vivre dix fois dix !—
AU PALAIS DE MONTECITORIO
LA RENTREE
DE LA CHAMBRE ITALIENNE
Hier, jour anniversaire de la déclara
tion de guerre de l'Italie, la nouvelle lé
gislature a été inaugurée.
La capitale est pavoisée. Les écoles, les
bureaux, les magasins sont fermés. Dès
les premières heures une foule nombreu
se se presse dans le rues et sur les pla
ces où passera le cortège royal ; elle est
maintenue par des cordons de-troupe et
des détachements de la milice.
Un peu avant 10 heures, commencent à
îtriver les hauts dignitaires dë l'Etat. En
fin au milieu de longues acclamations ar
rive M. Mussolini, en uniforme, accompa
gné d# MM. Acerbo et Finzi.
Tandis, que sonnent les cloches de Mon*
tecitorio, le cortège de : la Pleine* du prince
héritier et des 'princesses: escorté d'une
garde d'honneur arrive au milieu des ac
clamations qui n'ont, cessé^tout le io agad n-
parcours. La reine', le 'prince, et lés prin
cesses sont reçus par une délégation du
Sénat et de la Chambre qui offre des. ger
bes de fleurs à la souveraine.
A 10 b. 30, le roi part; du Quirinal dans
une vpîttire de grapd galay précédé d^ùne
escorte de cuirassiers. Il- arrive à; Montè-
citorio au milieu, des acclamations et des
ovations. de la foule. Les troupes rendent
les honneurs tandis que la musique joue
! 'hymne royal. M. Tittoni, président du
Sénat, s'avance à la rencontre du souve
rain et l'introduit dans le .palais. ,
L'entrée des souverains est saluée par
une ovation indescriptible ; tous les dé
putés, les ministres, les invités se lèvent
et crient : « Vive lé roi I » pendant plu
sieurs minutes. Lé souverain prend pla
ce sur un trône spécial, érigé à la place
où se. trouve habituellement le siège du
président et qui est < surmonté d'une
grande couronne rOyale.
Le discours du roi
Aussitôt après l'appel des députés, le
roi debout prononce un grand discours.
' Après' avoir ■ rappelé que le 24 mai , est
le neuvième anniversaire de l'entrée en
guerre de l'Italie, il a dit que le choix de
cette date pour la réouverture du Parle
ment a une haute signification. Aujour
d'hui, la génération de la victoire m le
gouvernement en mains et représente la
majorité absçlae dans l'Assemblée. Le
peuple italien renouvelle sa gratitude à
tous ceux qui ont collaboré à sa grandeur.
Le roi a. rappelé ensuite l'annexion de
Fiume à l'Italie cÇ la direction qui a été
donnée à la politique étrangère, dans le
but d'assurer à l'Italie la place à laquelle
elle a droit parmi les nations.
Sur la défense nationale le roi s'est
exprimé ainsi : L'Italie ne peut pas rester
inerte en ce qui concerne les armements.
Elle ne put pas courir Vénorme danger
d'être surprise par les événements. La
consolidation de la situation intérieure et
de la situation financière du pays donne
la possibilité de suivre une politique
étrangère pacifique, mais avec une digni
té et avec le souci constant de la* défense
de ses intérêts. '
Victor-Emmanuel espère que les conven
tions passées avec la Yougoslavie permet
tront une active et amiable collaboration
dans l'intérêt même de l'Europe danu
bienne et balkanique. Les accords avec la
Russie.et le traité de Lausanne favorisent
l'œuvre de paix de l'Italie.
Il a terminé en disant :
« Le Parlement sera la fidèle expres
sion de la volonté nationale qui veut in
tangibles les véritables libertés, mais qui,
en même temps, a clairement condamné
tout symptôme de dégénérescence, toute
licence, toute faiblesse, toute tolérance
qui pourraient ébranler la solidité de la
nation. Les intérêts individuels et de clas
ses doivent céder aux intérêts généraux
et collectifs. Dans la conscience des de
voirs, dans la discipline de la vie civile
s'accompliront les destinées de la patrie. »
Le discours du roi a été accueilli par de
longues, et enthousiastes acclamations et
par les cris de « vive le roi ».
LA POLITIQUE
L'ACTION FRA NÇAISE BU DIMANCHE
Sommaire du 25 mai 1924
Léon DAUDET. — L'Antifrance chez nous, le
nationalisme à Berlin.
Jacques BAINV1LLE. — Et après ?
Firmin BACCONNIER. — Au jour le jour.
Léon ALLARD. — Chronique Agricole (oi
sons et canetons).,
Noël FRANCES. — Les faits de la semaine.
René BRECY. — Revue de la presse.
Auguste NEGRIER. •— Viticulture. -
Chroniques régionales. — Cours et marchés.
— La vie financière. — Le potager. —► La mai
son. — Le troupeau. — Les oiseaux.
Dessin de Jehan Sennep. /
I. Vers l'enfantement difficile
Dans le livre de conversations et, comme
dit Marsan, d'interviouves, qu'ils ont publié
la quinzaine dernière sous -le titre « Le
11 mai s>, nos confrères Georges Suarez
et Kessel ont souligné avec un intérêt
narquois même un peu ironique, le
tableau que je leur traçais des immenses
facilités que trouverait, du seul fait de
son existence, un gouvernement monar
chique : mes jeunes confrères ne sont-ils
pas frappés des prodigieuses difficultés de
vivre que rencontre n'importe quel gou
vernement républicain ?
Les difficultés d'un Bloc de droite, on
les a vues pendant quatre ans. On ne les
voit plus, il est mort. Mais celle du Bloc
de gauche, qui ne fait que de naître, font
trembler tour à tour la loyauté et le bons
sens*
Le Bloc des gauches n'a qu'à appliquer le
programme dont les pluies de printemps,
n'ont pas essuyé nos murs : le crédit na
tional est par terre, avec la politique
étrangère de la nation, les finances, la jus
tice, l'honneur même et tout: le reste, s'il
peut rester quelque chose !. Mais, si le pro
gramme mural est escamoté, c'est le Bloc
de gauche lui-même qui sera renversé. Le
Temps lui promet bien le contraire. Le
Temps raconte qu'il est prêt à soutenir
tout ce que les radicaux et radicaux socia
listes essaieront de faire de sage. Mais ce
n'est i»s au Temps que les radicaux iront
demander des soutiens. Ce qu'il leur faut,
c'est la tolérance de l'extrême gauche. L'au
ront-ils ? Pourront^ils l'avoir ?
Je ne crois pas du tout à l'héroïsme ré
volutionnaire des socialistes. Mais ils ont
dans le dos les communistes qui les har
cèlent et qui seuls constituent une force
véritable dans le pays. Les socialistes bé
néficiaires du cartel aux élections sont d'a
vis de garder le même avantage dans le
Parlement. Ils y comptent. Ils l'escomp
tent même, et ne sont pas les seuls. Dans
la maison d'en face, M. Millerand fait ses
paquets. On dit bien qu'il veut et qu'il va
résister. Demain ! Demain 1 En attendant,
la famille de M. Millerand, son entourage
immédiat s'occupent activement de savoir
où le futur ancien président de la Répu
blique reposera sa tête en juillet prochain :
l'appartement de M. Guist'hau a même été
visité à cette intention. Est-il exact que M.
Poincaré rêve d'emménager aù Luxem
bourg pour y remplacer le locataire'acftuel
appelé à de plus hautes destinées ? Cela ne
serait pas très digne" de" M. Poincaré, mais
cet attachement à l'apparence et à l'appa-
réi( du régime expliquerait finalement
beaucoup de choses.
II. Le droit et 1'a.voir
.; Mais les affaires générales en sont-elles
iàniéliôi'ées ? On dit : an changement de
personnel parlementaire ne change rien à
l'être des choses. On a raison. Les difficul
tés étant ce qu'elles sont, il faut les sur
monter ou les subir, et il n'y a pas trente-
six mille moyens de les surmonter, ni
même une collection de moyens radicaux
essentiellement différents de la collection
des moyens nationalistes. Tout cela est
exact. Mais ceux qui en concluent que le
règlement sous la Chambre du 11 mai sera
le . même que sous la Chambre du 16 no
vembre sont des sophistes, des polissons
ou des badauds. Je parie pour badauds. L'é
loquence parlementaire a tellement abruti
les têtes politiques de ce pays-ci que l'on
n'y fait plus de différence entre le fait et
le droit, entre ce qui est ou sera, et ce qui
devrait être. Eh 1 oui, il y a des « facteurs
réels », comme dit le Temps , qui compo
sent le .« devoir du gouvernement». Mais
s'entendre rappeler ces devoirs est une cho
se, les reconnaître en est une autre, les
accomplir en est une troisième, toute dif
férente. La « solidarité des dirigeants
« d'hier et des dirigeants de demain dans
, « l'œuvre nécessaire de défense ds intérêts
« et des droits de la nation », c'est un
vœu, c'est un souhait,c'est une convenance
c'est un pieux désir qui exprime ce que
devrait être pour réparer la révolution
électorale qui s'est produite il y a quin
ze jours, mais la force morale et poli
tique, capable de réaliser ce désir, cette
convenance, ce souhait, ce vœu, voilà ce
que personne ne voit ni ne peut voir.
. L'électeur demande à être allégé des
charges fiscales et des charges mili
taires, il veut recevoir des retraites et des
pensions, il exige en somme que l'on ajoute
au budget plusieurs milliards de dépenses
nouvelles en surcharge du milliard des
économies récentes qu'il prétend suppri
mer. Les nouveaux députés se sont faits élire
en souscrivant à ces promesses. Quel rêve
de continuité, quelle théorie de stabilité
les dispenseront d'être conséquents avec
eux-mêmes et d'accord avec leur électeur !
Le même électeur demande qu'on éva
cue la Ruhr, que l'on lâche les gages, que
l'on cesse dp l'ennuyer avec des program
mes de politique étrangère qu'on lui a dit
ruisseler de mégalomanie. M. Herriot s'est
prononcé tout ae suite pour le plan des
experts, auquel M. Poincaré avait fini par
se résigner sans trop l'avouer. Mais le
plan des experts nous concédait la su
prême garantie d'une occupation militaire:
c'est à quoi M. Painlevé a publiquement
renoncé. Devant cette émulation dans le
lâchage et cette surenchère dans les con
cessions, il est trop évident que les négo
ciateurs étrangers l'auront belle 1 Les jour
naux de doctrine républicaine pourront di
re et redire au nouveau gouvernement qu'il
est solidaire du précédent:Solidarité idéale,
inorale ! Matériellement, réellement, il sera
solidaire de ses idées, de ses promesses,
de son parti, de son programme, de ses
électeurs et tout ce qui ne tiendra pas
par quelque bout aux thèmes de gauche ou
d'extrême gauche sera traité par un mépris
plus ou moins public. ,Veut-on savoir ce
qui ne changera pas ? Quelques phrases.
III. Les nouveautés tragiques
On lira et relira, on entendra et réen
tendra des déclarations dans le goût de
celles que M. Herriot a faités à son retour
à Paris sur l'obligation de concilier l'inté
rêt du pays et le devoir républicain. M.
Poincaré mettait plus volontiers l'accent
sur le premier terme. M. Herriot le mettra
sur le second. A cela près, les mêmes dis
cours. Mais, sur le fond, il y aura deux dif
férences. D'abord, à tort ou à raison, et,
je crois, à tort et à raison, M. Poincaré
inspirait un certain respect à l'Allemagne,
son mauvais caractère le faisait même ap
précier, quoique détester des Anglais. M.
Herriot souffrira dès les premiers jours
du prestige inverse. M. Ramsay Macdonald
lui tapera sur le ventre, et les nationalistes
allemands multiplieront les pieds de nez.
Ensuite, la vertu de son germanisme secret.
opérant dans les profondeurs de son es
prit, M. Ed. Herriot étant tout à fait dé
pourvu de la méfiance héréditaire des'
hommes de Lorraine est une victime dési
gnée pour toutes les mystifications sangui
naires que préparent les Allemands. Il
y aurait un troisième ou un quatrième pé
rils à redouter de son manque de franchise
(devant le pays) et de son manque de ca
ractère (devant l'étranger).
Les derniers malheurs du dernier cabi
net Poincaré seront venus des erreurs per
sonnelles, des volontés personnelles de son
chef. Les . malheurs du gouvernement,
que l'on s'efforce péniblement de consti
tuer, procéderont de sa nature essen
tielle, de ses nécessités.
On eût conjuré les premiers avec un-
peu d'énergie, de résolution, de liberté
d'esprit. Mais les seconds ne pourront être
écartés qu'au prix d'efforts immenses as
sociant toutes les forces du pays.
Il faut donc dire aux patriotes, avec har
diesse et clarté : — En vérité, ne vous lais
sez pas rassurer. Rien n'est sûr. Tout est
mis en doute, tout est en çuspens sur le
tragique abîme. Les profiteurs fripons, les
sots officiels peuvent s'en aller répé
tant que nous ne risquons rien ou très peu
de chose, et que les incendiaires sont déjà
en train do se faire pompiers. Cela est
faux. Le casque ne fait pas le pompier.
Tels qui font les Caton ou qui jouent les
Brutus ne sont ni ne seront jamais rien
que des Kerensky. Ce n'est pas en trom
pant sur la qualité des personnes que l'on
modifiera' ni la qualité dés programmes ni
la qualité des partis. La situation est ex
trêmement grave, voilà la vérité, et il faut
le dire afin que le pays ne coure pas à
l'abîme les yeux bandés. Tant que la vue
demeure claire, une chance subsiste. Si l'on
s'aveugle ou si l'on se laisse aveugler, tout
est perdu.
Rien ne sera perdu, tant qu'il subsistera,
en France, des convictions solides de pa
triotes clairvoyants organisés en force et
résolus à tout. Les dizaines de milliers
d'hommes que nos amis ont -rassemblés
flans lés ..réunions, magnifiques d'avril, .et
de mai, n'ont pas été fauchés par le dé
luge de papiers truqués et faussés qui s'est
abattu sur. Paris et la France le 11 mai.
Ils vivent, ils réfléchissent, ils sentent, et
l'alarme profonde dont le pays est pénétré
chasse de leur côté, de notre côté, des mul
titudes inquiètes. De toutes parts on leur
demande, on nous demande de grouper les
honnêtes gens que l'on a trompés, les pa
triotes que l'on a bernés, les petits possé
dants, les petits épargnants dont on a ex
posé les intérêts avec une légèreté tra
gique. Que 1 nos amis en soient assurés,
cette œuvre de recrutement et d'organisa
tion est commencée, et rien ne pourra l'ar
rêter.
Charles MAURRAS
Une attaque
contre le projet d es experts
Le «bouillonnement de démocratie », qui
se produit en divers pays —- sauf en Alle
magne — donne lieu à des manifestations
qui gênent les gouvernements démocratïqner
eux-mêmes. M. Ramsay Macdonald a dû,
avant-hier, désapprouver une motion de la
célèbre Union of Démocratie Conirol dont
il a été, en 1914, le propre fondateur avec
deux de ses collaborateurs actuels, MM.
Trevelyan et Ponsonby.
V Union, dont l'âme est E. D. Moreî,
condamné à six mois de prison pendant la
guerre, S 'est mise à contrôler démocratique
ment le rapport des experts. Elle ne 1'$ pas.,
trouvé à son goût. Elle partage l'opinion. «fa
ces associations d'industriels allemands qui
se plaignent que le rapport contienne des
exigences inexécutables. En somme l'Union
aide de son mieux les nationalistes alie*'
mands.
Gêné par l'éclat de ses anciens camarade,
M. Ramsay Macdonald a publié un commu»
nique dans lequel il les désavoue. Une-
autre note dit que» sans doute, tout ne lui
plaît pas dans le projet des experts. Mais-
le gouvernement travailliste considère qu'il-
n'y a pas autre chose à faire que^Taçcepter
et d'appliquer ce projet comme im tout. • -
Les réserves de l'Allemagne étant à peu
près certaines, il s'agirait donc de lai
général Dawes avait prévu. Quello qu'elle
soit, toute solution qui tendra à faire payet
l'Allemagne se heurtera à la résistance de
l'Allemagne. Il faudrait avoir la mémoire
bien courte pour s'y tromper. Ya-t^on re.
commencer avec le plan des experts les expê*
riences qu'on avait faites anr VEtai des
Paiements? ■-•'7'^";"'
Il faut, déclare la note inspirée par 3 IL
Macdonald, que les Alliés soient unis pour
que l'Allemagne accepte et exécute la rap»
port. Il le fallait aussi pour que VEtat des,
Paiements ne fût pas un yàin mot,, et cette
unité n'a. pas été obtenue. Le sera-t-ellè-da*
vannage pour réaliser la nouvelle combinai*
son, pour la réaliser intégralement et
« comme un tout »-? Le. Daily XelegrapL
rappelle assez traîtreusement^ lès paroles
prononcées naguère par ' M. Macdonald à
l'Albert Hall : « Si, dans l'exéciition, noua
nous heurtons, à des difficultés, le sens coin*
mun ne perdra pas ses droits,, et nous pour*
rons encore ajuster. les conditions ».
L'intégralité du plan des experts est-eîlè
déjà menacée ? > Le rappel de ses para fr»
suffit à justifier et à encourager la résis
tance de3 nationalistes allemands et leur
politique qui consiste à accepter le rapport
pour le « saboter ». S'ils remarquent déjà,
chez , les Alliés, des signes de fléchissement^
la partie sera belle pour eux. —- J. B.
APRES LES ELECTIONS
Le ralliement à l'Action Française
Que d'intelligence, que de sagesse, dans
les innombrables lettres où les Français
clairvoyants nous parlent des élections
du 11 mai ! Cette enquête spontanée, ces
réflexions qui se recoupent et se com
plètent laissent loin derrière elles les
balivernes et les banalités qui s'étalent
chaque jour au long de la presse « indé
pendante ». La France vaut mieux que
ceux qui prétendent la conseiller ou la
représenter.
Un médecin aide-major de première
classe nous explique comment cette abdi
cation du corps électoral achève sa con
version à l'Action française, que la guerre
avait commencée : ■
Patriotes de sentiments, d'autres le sont. Pa
triotes de tête et de cœur en'même temps, seuls
vous l'êtes.
, Fils de républicain, élevé dans l'idée intangi
ble des dogmes républicains, il ne s'agissait pas
de renier ma foi républicaine car je n'avais aucun
parti pris politique. Il s'agissait de me faire con
cevoir l'univers comme pouvant obéir à d'autres
lois que celles que j'avais toujours cru être les
lois naturelles. Quelque chose comme comprendre
un espace à 4 dimensions.
Le passé, la confirmation de Kid et Tanger et
de l'Avenir de l'intelligence par les faits depuis
1914 ont pris à mes yeux la valeur d'une expéri
mentation biologique. Mais des coïncidences sont,
aprà tout, possibles. Votre système, outre qu'il
est, à la lettre, renversant pour l'esprit façonné
comme le mien, est « trop logique ». Il est im
placable. D terrifie par cela même : on n'a pas
le choix. D faut le fuir, le nier, le taire (comme l'ont
fait vos adversaires aux élections) mais une fois
un doigt dans l'engrenage tout y passe : corps,
esprit ,et cœur.
Bref, j'admettrais toutes ces critiques du régime
et la logique de la conclusion :1a monarchie.
Mais logique n'est pas vie. Vous avez eu raison
dans le passé. ^
Mais les élections récentes ont demoptré que
votre logique s'appliquerait à la réalité présente
et qu'elle avait, dans la biologie des peuples, la ri
gueur des calculs astronomiques. Ces élections, où
les listes d'A. F. sont battues, sont un triomphe
pour l'A. F.
Tout est casse entre la France et vous d'une
part, et les élus du dimanche noir d'autre part. Il
n'y a plua. d'hésitation possiblç. Tout est cassé en
tre la religion catholique et vous d'une part, et
les élus du dimanche noir d'autre part. On peut re
gretter que les faits vous donnent raison et que la
bonne République soit un mirage, mais on ne peut
nier qu'elle n'ait rien à faire avec la France. La
République est un masque qui nous cachait là
.France. C'était un piège qui nous séparait de Dieu.
1 Vous nous l'avez démontré. Vous avez, de ce fait,
acquis plein droit sur nos existences.
Aussi librement que mon fils était allé vers
vous dans ses dix-sept aDs, épris du bel idéal que
vous représentez, aussi totalement je viens à vous
dans la fermeté de ma maturité, daus la plénitude
'de mon raisonnement. Si la France peut être eau-
vée, ce ne sera que par l'Action française.
Mais la France ne pent périr.
_ Donc l'Action française «era finalement ittf».
rieuse. ' '
Et puis, elle le serait, de toutea façonSj iien
qu'à cause de ses martyrs morts et vivants et do
sa patronne Jeanne qui prient pour la France.
Un médecin de Marseille nous exprime
pareillement sa foi. L'A. F. doit parvenir
aux masses par les élites, nous dit-il.
Le peuple ne peut qu'accepter dëâ'Tdéés toute)
faites, il est ce que ses meneurs le font, mai»
plus profondément ce que le font ses éducateurs)
et je crois que là est votre vrai rôle. Si -nom
breux qu'aient été vos auditeurs des diversa(
réunions, vous n'aviez , pas là le peuplé, main «M
élite. Enseignez cette élite et elle-même sera
l'éducatrice de la masse qui n'a ni le temps
l'outil de la réflexion, l'expérience ne l'a que trop
prouvé. '
• Pour moi bien qu'extrêmement pessimiste
(l'expérience de la. vie 1) je ne douie pas ttri
instant jmaintenant que la victoire ne vous reste s'
il fallait des hommes comme vous, insensibles
aux coups, aux revers et il: n'est, pas un « Fran
çais d'abord », qui ne vous regarde avec sympa
thie. Comme vous le répétez chaque jour .Je mai
de la France se joue en ce moment, arrivée A
ce point d'affaiblissement, elle ne peut que mou
rir, ce qui serait le cas sans vous, ou réagir dou
loureusement mais guérir.
Enseignez-nous de la voix et du geste et nouai
enseignerons à notre. tour. En vous regardant,
j'ai vu que le courage était encore françain, j'en
doutais jusque-là et désespérais du pays. Hannibal
ne savait pas profiter de la victoire. Vous,, vous
profitez de votre, défaite et vous mettrez de plus
en plus la main sur le royaume de l'intelligence
qui n'est pas la masses mais celle-ci vous sera
donnée ensuite par surcroît.
Nombreux sont ceux qui, jpàr dea ^ anec
dotes vécues, cherchent à taire la « psy
chologie 'de l 'électeur » et à expliquer la
défaillance de la volonté française. Un
ami nous écrit de Nice :
Lé paysan ne sait paâ étabSr 3e' ififférence
dans les étiquettes. H n'y comprend ziea. Il ne v
connaît que l'homme.
Mon jardinier ne m'a-t-3 pas répondu en
1914 s « Ma fol j'ai voté pou X~. parce que
monsieur ne se'présentait pas.
— Mais malheureux moi je ens im 'enragé
royaliste et lui un anarchiste, ua fou, un homme
de désordre. Cest avee des cocos comme celui-
là qu'on finira par avoir la guerre, tu verras- !
—■ Ali ! ça ! monsieur sait bien que nous
autres on ne s'occupe pas de {a. On n'y con
naît rien en tout. Nous, on vote pour celui qu'on
connaît et voyez-vous, X», monsieur,, ic'êst lui
qui a vain à mon grand-père sa place de can
tonnier. Ah 1 si monsieur s'était présenté, bien
sur j'aurais donné la préférence â monsieur- .1
Nous étions à quelques' jours de la guerre. Le
malheureux jardinier est parti et n'est pw ro
-.venu. • ■■- ■■ :
Mais il y s antre chose : l'hostilitô
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