Titre : L'Action française : organe du nationalisme intégral / directeur politique : Henri Vaugeois ; rédacteur en chef : Léon Daudet
Auteur : Action française. Auteur du texte
Éditeur : Action française (Paris)
Date d'édition : 1924-02-18
Contributeur : Vaugeois, Henri (1864-1916). Directeur de publication
Contributeur : Daudet, Léon (1867-1942). Directeur de publication
Contributeur : Maurras, Charles (1868-1952). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb326819451
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 18 février 1924 18 février 1924
Description : 1924/02/18 (Numéro 49). 1924/02/18 (Numéro 49).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG87 Collection numérique : BIPFPIG87
Description : Collection numérique : BIPFPIG69 Collection numérique : BIPFPIG69
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k761863t
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, GR FOL-LC2-6354
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 18/01/2011
Dix-septième Année, — N* 49
ÉDITION DU MATIN
Lundi 18 Février 1924
49 centimes. S kikb bt S eibb-bt- O isb
20 centimes D épiktembsts et C olories
ABONNEMENTS: tili Sâïtà Trahïi!»,
France et Colonies. 48 fr. j 5 fr. i3 fr.
Etranger 83 » il n n 1
Chique pestai : Compte 33.900 Paris.
ORGANE DU NATIONALISME INTÉGRAL
« Tout ce qui est national est notre. »
Le Due d 'ORLÉANS
héritier dos quarante Rois qui «n mille ans firent la Franco.
BfiDACTIOK * ADUIHISTRATIOK »
U. nu i» Rome. PARIS (3*>
Adra» têlégraphtqus : ACT10FRAR-PARÎ3
Téléphone : Administration r Lonvre i6-4g. a0-5o
Rédaction : Contrai 75-.14 Pnbllclti ' Central 7^-77
Apr6s 10 heures dn 1 soir : Sdgar 11-08
Rogistro de Commcrc» ; Seine S* 78.583
Fondateur : ÎIEMU VAUGEOIS — Directeurs politiques : LÉON DAUDET et CHAULES MALT&AS — Rédacteur en chef MAURICE Pl'JO
La giierré qui revient
« Les événements de ces derniers jours sont de
nature à encourager F Allemagne. On ne saurait
surtout calculer trop haut l'effet moral que le
massacre de Pirmasens a produit en Allemagne.
L'extermination des autonomistes du Palatinat par
une expédition armée venue d'outre-Rhin est
apparue telle qu'elle est en effet : une avant-pre
mière, la répétition générale de ce qui pourra être
tenté un jour contre nos troupes d'occupation, les
grandes manœuvres de la future revanche alle
mande. »
Jacques BAÎiWILLE, dans la Liberté.
À Maunoury
ministre de l'Intérieur
LA POLITIQUE
Monsieur le ministre,
Depuis trois jours vous avez entre les
mains — car le garde des Sceaux voua
les a certainement transmises, à ma de>
mande expresse — les preuves formelles
de l'infamie de votre directeur de la
Sûreté générale, M. Marlier. Ces preuves
sont irréfutables, et d'une constatation
immédiate, puisqu'elles émanent de M.
Marlier lui-même, puisqu'elles sont con
signées au greffe d'une instruction cri
minelle en cours. Vous savez de quoi je
veux parler ; vous êtes père de famille ;
mettez-vous à ma place ; je ne puis sup
poser une minute que votre indignation
n'a pas été égale II la mienne, à la lecture
de semblables allégations, qu'aggrave
l'hypocrite couvert d'une réprobation si
mulée et tardive.
Pour quiconque sait lire et raisonner,
votrè, subordonné M. Marlier établit lui-
même le bien-fondé de l'accusation ca
pitale que j'ai ici portée contre lui à plu
sieurs reprises, ainsi que contre messieurs
Lannes et Delange, et que je maintiens.
La présence d'un pareil scélérat au poste
élevé qu'il occupe dans la police cons
titue un danger public, que vous ne pou
vez plus ignorer.
Je me demande, depuis hier, com
ment vous n'avez/pàs encore appelé'dans
votre cabinet M. Marlier, comment vous
ne lui avez pas encore signifié sa révoca
tion. Je ne puis croire, monsieur, que
le sentiment familial et moral soit affai
bli chez vous au point de ne pas vous
laisser comprendre toute l'étendue de
l'indignité de votre haut fonctionnaire
M. Marlier, toute l'étendue de ses consé-
— quences possibles. Ces conséquences, ma
lettre à M. le garde des Sceaux, que jet
J\ii demandais de vous communiquer,
vous les laissait cependant entrevoir. Je
vais préciser.
Vons savez parfaitement qu'aucune
considération ne me retiendra — si jus
tice sur ce point ne m'est pas rendue,
EN ATTENDANT LE RESTE — pour saisir, à
très bref délai, la Chambre des députés
et l'opinion publique d'une abomination
sans précédent, je crois, daiis les annales
de l'administration. Un père, une mère
en deuil à jamais, un enfant de quatorze
ans, un bel enfant, pur et bon, assassiné
à l'instigation de vos trois bourreaux
Marlier, Lannes, Delange, cela ne vous
suffit pas, cela ne vous attendrit pas,
Monsieur le ministre Maunoury ? Vous
persisteriez à conserver dans vos services,
à-supposer que vous allez pouvoir conser
ver dans vos services, ce chien sanglant
et sanieux qu'est votre M. Mar
lier, qui dépose ses ordures sur une tom
be. Allons donc ! Si étranger que vous pa-
missiez, depuis quarante-huit heures, au
sentiment de la Justice, et à la simple
humanité, vous vous doutez un peu que
c'est impossible. Je vous rappelle le pro
verbe : reculer, pour mieux sauter.
Alors qu'attendez-vous ? Dites : qu'at-
îendez-vous ? Que le cabinet, dont vous
faites partie, soit renversé et que l'obli
gation de révoquer le criminel Marlier
passe à votre successeur ? Calcul émi
nemment politicien, mais qui ne serait
pas d'un homme d'honneur. Je ne puis
vous, croire descendu si bas. Réveillez
vous ! , .
Car c'est votre honneur à vous minis
tre,à vous Monsieur Maiinoury,qui est en
gagé là dedans depuis que vous connaissez
les textes abominables auxquels je fais
allusion. Mais c'est, avec votre honneur,
malheureusement pour vous et pour eux,
c'est aussi celui de tous les citoyens fran
çais que menace, dans leurs vies, dans
leurs enfants, dans leurs foyers, la pré
sence, à la Sûreté générale, d'un souilleur
de sépultures comme votre Marlier
Vous avez la parole, Monsieur Mau
noury. Je pense que, cette fois, vous avez
compris.
Léon DAUDET
Député de Paris.
Madame 'Séverine a écrit, avant-hier
matin, dans l'Ere nouvelle , sur le meur
tre de notre enfant, un article dont je la
remercie ; car il tranche 6ur le silence
embarrassé de la presse de Paris. Madame
Séverine a parfaitement compris toute
l'importance de la machination ténébreu
se soumise à la perspicacité de M. Bar-
naud; et qui tient a ceci que la pouce
est appelee a enqueter sur un crime
pont de hauts fonctionnaires de police
— MM. Marlier, Lannes et Delange
— ONT ETE LES INSTIGATEURS. Madame
Séverine sait enfin qu'un pareil forfait,
s'il demeure impuni, e6t capable, par ses
répercussions, d'emporter tout un régi
me; et elle tient à la République-
Qu'elle me permette seulement de lui
dire qu'elle ne connaît pas les déposi
tions, notamment celles de Marlier, Lan
nes et Delange. Si elle les connaissait,
elle penserait, comme nous le pensons,
nos amie, noa conseils, ma femme et moi,
que le doute est levé, quant aux inten
tions criminelles de ces trois bandits et
de leur complice, le libraire Le Flaout-
..tcr. Seulement, il n'est pas douteux que
les anarchistes du Libertaire — Le
Flaoutter est à la fois un indicateur de
police et un « libertaire », ainsi que Co
lomer, Vidal et Gruffy ■— ont été, dans
le rapt de l'enfant, sinon dans l'infan
ticide clôturai, les auxiliaires de la Sû
reté générale. Le numéro du Libertaire
du samedi premier décembre a été com
posé, pour donner le change, sur l'ordre
de la Sûreté générale, et à l'aide de do
cuments volés dans les poches de notre
petit garçon, après qu'il eut été meurtri,
le samedi 24 novembre, à quatre heu
res un quart, dans la souricière de Le
Flaoutter.
Je pense d'ailleurs que la vérité ne
tardera plus beaucoup à éclater. — L. D
EO
LES FAITS DU JOUR
— L'ambrai Boaê de Lepeyrère est mort.
—- En Angleterre le mouvement gréviste
menace de s'étendre. , ^ ,
— A Berlin, une manifestation m eu lien
en faveur du Palatinat et de la Ruhr.
On sait ' que le « Syndicat des Instituteurs
et Institutrices publics' », dissous par décret, n'en
continue pas moins son illégale et quiète exis
tence. Quiète, mais troublée de mauvais rêves :
le curé n'est pas encore expulsé, l'école libre
n'est pas fermée. Aussi le Syndicat vient-il d'a
dresser à ees adhérents un questionnaire en 21
articles sur les menées de l'Infâme. Exemple :
»5 (La lutte contre l'école laïque) se
fait-elle par les. mêmes moyens qu'avant
la guerre ?
Quel est en particulier le rôle du cler
gé ?
_ a) Première communion,
b) Confession et sacrements,
c) Prédications,
d) ÂatreS moyens,
e) Papilles de la Nation.»
Admirable, cette « lutte » : si on enfant Faii
Ba première communion, si son père mourant re
çoit l'extrême onction, si l'évêque «'occupe des
orphelins de guerre, c'est une attaque, c'est un
crime de lèse-laïcité !
Quel loup déguise en berger osera noua dire
encore que l'école laïque c'est l'école neutre ?
Denier de Jeanne d'Arc
Caisse de Secours immédiats et Caisse de
Combat .des Commissaires d 'Action
Française et des Camelots
Cinquante-huitième liste
En mémoire de Marins Plateau : 1.000 fr. —
Pour les Camelots du Roi : 5 fr. — M. Auguste
X... ( transmis par l'O. P. A. F. ) : 8 fr. — Albert
Ott : 2 fr. — Un voyageur de commerce de passa
ge : 5 fr. — Georges Cléry : 5 fr. — Rémi» à
un Camelot devant Saint-Honoré d*Eylau : 20 fr. —■
Pour la lutte du droit : 5 fr. — Un jeune lec
teur de l'A. F. : 5 fr. — A la mémoire de Pla
teau et de Philippe Daudet, en haine de la Ré
publique judéo-maçonnique, complice des assas
sins, G. Vallery-Radot : 15 fr. — F. Goinard :
10 fr. — En mémoire de mon cher enfant mort'
au champ d'honneur, Emile Grandin : 200 fr. —
M. l'abbé Frazer de Villas : 6 fr. 70. — Alphonse
Balay : 5 fr. — A. T., La Rose, Marseille : 3 fr. —
Pour que la partie civile puisse payer les frais
de jugement, lieutenant Parison : 10 ft. — Peur
que des fleurs recueillent, 6ur la tombe de Philip»
pe, les pleurs d'une mère, Mme Parison : 10 fr.
— Hommage de mon respectueux souvenir à la
mémoire de Mariua Plateau, Maurice Barbudaux :
10 fr. — H. E. Mayot : 4 fr. — S. et H. Guiche-
merre : 5 fr. — Série 82; m'" 4379, RochebcOe :
2 fr. \— M. Arthur Beck : 10 fr. — Contre le
verdict do honte, Mme ' Raux : 20 fr. — Charles
Halna du Fretay : 3 fr. — R. P. Martin : 10 fr. —
Pour remercier Binet-Valmer, M. M. : 20 fr. —
Mme Chausson : 2 fr. — En mémoire de Georges
tûé à l'ennemi : 10 fr. — François de la Motte :
100 fr. — B. Tarbouriech : 10 fr. — En souvenir
de Plateau (transmis par Mlle Vercbère de Bor-
champs) : 5 fr. — Georges Vauthier : 15 fr. —
Pour protester contre la double infamie de l'ac
quittement de l'assassin et de la' condamnation des
Camelots du Roi de Lille, Mme Dugas : 10 fr. —
Jean Lacalmontié : 5 fr. — Remis à un Camelot
devant la Madeleine : 2 fr. — Remis à un Camelot
devant St-Roch : 1 fr 50. — R; G. : 1 fr. 50. —
Mme Bischoff : 10 fr. — Pour le Denier : 10 fr.
— A la mémoire de Marius Plateau, Mme Boisset:
2 fr. — François Girard : 7 fr. 50.
A la mémoire de Marius Plateau (I 07 anniversaire)
et de Maurice Lacour (9" anniversaire) tous deux
morts eu chsmp d'honneur, Pierre Chastres : 20 fr.
— Un fonctionnaire : 15 fr. — M. de la Rochers,
président de la section d'A. F. dn XVIII" arron
dissement : 25 fr. — Anonyme : 1 fr. — Remis A
un Camelot devant Notre-Dame : 5 fr M. Bour
geois : 2 fr. —; Mme Babule : 0 fr. 50. — A
la mémoire de Marins Plateau, Mlles de Tholo-
œiny 10 fr. — A. E. Dauney : 3 fr. — Les fu
turs Camelots de la famille Siméon : 20 fr. — En
mémoire de notre grand Marins Plateau, J. J.
20 fr. — M. Boucher, de BucarOJt : 23 fr. — Re
mis à Tézenas, à l'église des Carmes : 3 fr. — Ano
nyme 5 fr. — Remis à un Camelot rue de Grenelle,
un P. T. T. : 5 fr. — M. du Verdier : 12 fr. —
Edouard Bouchet : 2fr. — Pour venger Plateau, L, B.
et N. : 81 fr. — En souvenir de Plateau : 52 fr.
— F. Goirfard : 10 fr. — Robert Qucnon : 33 fr.
— Un bictrot royaliste : 15 fr. — Abbé R. Collet :
50 fr. — Pour la création d'un groupe de Came
lots du Roi au Puy : 20 fr. — Constant Régmauh :
15 fr. — Remis à un Camelot devant Saint-Sulpice:
5 fr. — Pour venger Philippe Daudet, de Saint-
Michel (Tonkiii) : 10 fr.
(Saite en 2 e page.)
I. Les producteurs
et les banquiers
11 n'est pas un lecteur de Y Action fran
çaise qui n'ait lu et relu la chronique
de Georges Valois dans notre feuille 'éco
nomique d'hier. Cependant, je veux les
prier de découper et de glisser dans leur
portefeuille les quatre-vingts lignes ainsi
conçues :
« Vons déposez 100.000 francs chez un
banquier. Multipliez ce chiffre par le nom
bre des déposants : cela fait une fameuse
somme. Ces dépôts vont et viennent, en
trent, sortent. Il reste chaque jour un sol
de disponible moyen que connaît tout ban
quier. Que ce solde soit à Paris, ou à
Brest, ou à Lons-le-Saulnier, , il constitue
une couverture considérable. Avec cette
couverture, tout banquier est en mesure de
garantir toute opération de change, qui
n'çngagerait même que cinquante pour
cent des disponibilités. La finance instal
lée en France dispose là d'une masse de
manœuvre sérieuse, le veux bien quer toum
les banquiers ne spéculent pas sur le chan
ge. Vous m'accorderez qu'il faut être un
héros pour se priver de ce moyen en temps
de baisse du franc. »
« Bref, vos 100.000 francs constituent
taie masse de manœuvre de 50.000 francs
qui servent à couvrir une opérations de
change. Le dollar est à 15 : la finance
achète 3.333 dollars. Deux mois plus tard,
le franc ayant fortement baissé, vous
avez besoin de tout votre argent. Vous
faites un retrait total. La finance vend ses
dollars : elle décaisse, d une part, 50.000
francs qu'elle avait prêté à votre' voisin
et vend, pour parfaire la somme de 100.000
francs, 2.500 dollars.
« Vons avez vos 100.000 francs légaux.
Le banquier gagne 833 dollars.
« Si vous aviez eu le droit reconnu de
déposer vos fonds en francs-or, vous au
riez dû recevoir, au jour de votre retrait,
une somme de francs-papier vous donnant
un pouvoir d'achat égal à celui du jour dn
dépôt. M. de Lasteyrie, voulant voiis in
terdire cette garantie, vous ruine au pro
fit du banquier ;
« Après les deux opérations ci-dessus,
en temps de baisse du franc, au bout de
quelques mois, votre caisse est à sec. Vos
100.000 francs de traites et vos 100.000
francs d'espèces devraient vous servir à
racheter des matières premières et h payer
vos salaires, t-'os 200.000 francs n'.tj suf
fisent plus.; Que vous manque-t-il ? Exac
tement ce qui a constitué le gain du ban
quier.
« Alors, vous allez trouver la banque.
Vons lui demandez les 50.000 francs qui.
vous manquent. La banque vous les prête.
Ce sont les vôtres. Trois mois plus tard,
elle vons les réclame. Le franc a continué
de baisser. La banque a perdu sur le prêt
qu'elle vous a consenti. Mais elle a conti
nué de gagner sur les traites que vous lui
avec remises, sur vos dépôts. Vous, pour
continuer- de travailler, vous êtes encore
obligé dé demander un nouveau crédit à
la banque. Cette fois la banque ne le con-
ent qu'avec des garanties ou une partici
pation dans l'affaire. Renouvc' z cette
opération deux ou trois fois et votre en
treprise passe entièrement sous le contrôle
de la banque, laquelle (vous en rendez-
vous bien compte?) n'a fait que vous
prêter votre propre argent. Vous êtes dé
possédé.
« C'est une opération beaucoup plus
subtile que la majoration de prix que vous
reprochez à votre boucher. Mais c'est celle-
là qui vous ruine. C'est parce que votre
argent diminue de valeur dans les caisses
de votre banquier, parce que la différence
reste entre les mains du banquier, que
cous ne pouvez plus payer votre bou
cher. s
Il est trop clair que l'enrichissement de
la Banque est fait de l'appauvrissement du
pays.
Avant de .demander un, cinquième sur
tous les impôts, le gouvernement serait
sage d'exiger des Banques au moins Jes
neuf dixièmes de leurs biens mal acquis.
Ces biens sont immenses. Ne dites pas
qu'ils sont volatils. Les personnes sont là
pour répondre des plus « anonymes » et
des pins « vagabondes » de leurs richesses.
H. Un exemple de l'ataxie
républicaine: une adjudication
Quels que soient les requins, cormorans,
caïmans, loups-cerviers que le régime fait
pulluler sur le corps de la France;, il n'y
a pas de responsabilité perèonnelle qui
soit comparable à la responsabilité collec
tive du régime. Par exemple, l'absence de
Prince ou de Chef ôte à la Républiqus
l'unique moyen de coordonner tous ses
services : ce seul caractère du régime suf
fit pour aggraver toujours ce qu'il a de
pire et pour neutraliser souvent ce qu'il a
de meilleur.
Cette vue générale fera des incrédules ?
Je me permets de leur soumettre le petit
fait suivant qui m'est communique pat
une personne informée. Ils verront ce que
l'ataxie républicaine peut coûter ù la
France dans le moment même où tous les
services .du Gouvernement français sont
censés s'appliquer aux économies, aux
compressions de dépenses, à la lutte sacrée
pour le relèvement du franc :
« Vous avez pu lire dans un article paru
vendredi soir en première page du Temps
sur les changes, que la baisse du franc est
accélérée par les besoins immédiats de
dollars et de livrçs d'importateurs fran
çais. Et le Temps indiquait que la veiile.
une maison du Havre avait dû acheter un
million de dollars. Cette vente massive de
francs eut son effet immédiat.
« C'est plus d'un million, de dollars,
c'est probablement le double qui ont dû
être achetés le 13 ou le 14, niais par la
faute du qouv; nement français.
«. Ce jour-là, ou la veille, en effet, le
ministère des P. T. T. donnait en adjudi
cation une fourniture de fils de cuivre
dont le montant a dépasse 40 millions.
« Le cuivre devait être importé d'Amé
rique, les prix offerts ù Fadjudication de
vaient être fixés d'après le cours du dol
lar au jourd de l'adjudication.
« L'adjudication ayant été fixée au 13
février, les adjudicataires ont dû se cou
vrir, en achetant ce jour-là les dollars né
cessaires pour payer le cuivre.
« Or, il s'agissait de fournitures non
urgentes qui ne seront utilisables que
dans plusieurs mois et pas en même temps.
« Les maisons pouvant concourir à l'ad
judication possèdent des moyens paissants,
qui leur aifraient permis, le cas échéant, de
fournir à bref délai après adjudication.
« // fallait donc, étant donnée la hausse
actuelle du jehunge, renvoyer l'adjudica
tion à deux ou trois mois, et en réduire
les chiffres au strict minimum des tra
vaux indispensables. ,
« La date et les conditions ont été
MAINTENUES COMME SI RIEN NE S'ÉTAIT PASSÉ
SUR LE MARCHÉ DES DEVISES 1
« Donc, de deux choses l'une : ou le
gouvernement croit à l'efficacité de sa po
litique et à la. baisse du dollar, et de la
livre dans deux ou trois mois, et alors
pourquoi ne pas avoir renvoyé une ad
judication qui devait fatalement peser snr
le franc ;
Ou il n'y croit pas, et alors pourquoi
affoler le pays.
« La vérité n'est pas d'ailleurs proba
blement dans cette alternative.
t. Il est probable que les P. T. T. ont
fixé l'adjudication sans en savoir (ou suns
en considérer) les conséquences sur le
change.
« Il est probable que le ministère des
Finances ignorait l'adjudication et ses
conséquences.
« Incohérence, pas de direction, pas
d'unité, anarchie. ».
La conséquence de cette anarchie ou
absence d'autorité, c'est l'ataxie ou l'inco
ordination des mouvements. La consé
quence de cette ataxie, c'est la hausse du
dollar, telle que nous la voyons.
C'est cher, la République. Il y a vingt
ans que le Norvégien Nansen s'en était
aperçu. Aussi la Norvège fit-elle un roi.
Nous n'avons pas encore compris que les
dix mille rois du régime électif coûtent
plus qu'un seul et ne font pas la dix-
millionnième partie de sa besogne.
HI. « À bas la République »
' C'est une des raisons pour- lesquelles
notts haïssons la République au point
d'offenser le cher cœur de notre vieil ami
PAugiistë Gauvain. Hier, dans ses Débats,
il écrivait avec indignation : « Le 24 no-
« vèmbre dernier, l'Action française criait:
« A bas la République ! s. Pas possible.
Mais, doux!Gauvain, cet « A bas la Répu
blique I » est crié deux fois par jour, darts
l'Action française, édition du matin et édi
tion du soir. 11 est vrai que le cri du 24
novembre lui était resté sur l'estomac par
suite du renfoncement que nous y
avions joint à destination de l'Auguste en
personne. ; ,
L'Auguste Gauvain ebt content. Nos af
faires, croit-il, s'arrangent et même s'em
bellissent. Prussiens et Bavarois rentrent
dans le Palatinat et, bien mieux, le cabinet
de Berlin se prête à cet arrangement. Les
Anglais redeviennent les protecteurs de
nos anciens protégés. En foi de quoi, l'Alle
magne entière se montre plus souple. Elle
annonce même par la bouche de M. Strec-
Seman à Eberfeld que les accords avec la
M.I.C.U.M. ne seront pas prolongés, ee qui
prolongera la baisse du franc. Qu'est-ce
qu'Auguste peut souhaiter de meilleur î
Nous avons la félicité d'avoir dans nos
murs un ambassadeur allemand qui pro
nonce même des « mots amènes : a de tels
mots pour l'Auguste signifient « des
commencements d'acte». Nous collons à
l'Angleterre qui ne décolle pas de nous,
au point de nous imposer ses fantaisies
sur la Ruhr et même sur la Rhénanie. Nos
lâchages, nos» capitulations constituent
déjà ce qu'dn journal étranger ami de la
France nomme « une prime à l'inobserva
tion du traité, si bien que les Anglais de
Boulogne-sur-Mer peuvent enchérir sur le
discrédit de notre monnaie et se faire
payer leurs livres à cent francs... Je vous
demande ce qui manque au bonheur de
l'Auguste Gauvain.
Il lui manque de dire la vérité. Car ce
patte pelu, qui met près de trois mois à se
frotter le derrière quand nous y avons
logé une botte, joint a la lâcheté âu cœur
une rare effronterie de l'intelligence. Voici
comment il ose raconter les derniers évé
nements aux infortunés lecteurs des Dé
bats :
« Dès que les nationalistes allemands se
sont aperçus que les gouvernements an
glais et français, répudiant de fâcheuses
méthodes, étaient sur le point de s'entendre
en Rhénanie, ils ont monté Une combinai
son pour parer le coup. Ils ont organisé
une attaque à main armée avec pétrole et
bûchers, contre les séparatistes, et se s. livrés à des atrocités dont ils comptaient
que la responsabilité retomberait sur nous.
Ils voulaient à la fois mettre du sang entre
les Palatins cl les Français, et reje'.cr sur
les arrangements anglo-français rodienx
d'un massacre sauvage. »
Il suffit d'avoir suivi les événements
pour se rendre compte du travestissement
inouï que leur fait subir notre Auguste.
La ciounerie du cirque peut être plus
iijjile, mais elle n'est pas plus insolente à
l'égard de la vérité. L'entente anglo-fran
çaise était faite quand le massacre a eu
iieu, et il a eu lieu parce qu'elle était faite
aux dépens de la France et de ses pro
tégés. Le massacre a eu lieu parce que
les massacrés étaient complètement lâchés
par l'autorité occupante ; « l'odieux du
massacre sauvage » a bien été jeté sur la
France non seulement par les Allemands
mais par toute la presse anglaise. Elle a
été cifée par tous les journaux, lue par
tous les Français. Nous serions bien sur
pris s'il était possible à l'Auguste du cirque
des Débats de surprendre sur ce point la
religion de ses lecteurs.
Et quand ceux-ci liront dans les dé
pêches qu'hier un député du centre, ori
ginaire du Palatinat, M. Pfciffcr, dans urfe
cérémonie officielle au Reichstag, a comp
té Strasbourg parmi les villes allemandes
du Rhin à délivrer de l'occupation étran
gère, est-ce que les lecteurs des Débats
continueront de croire que l'Allemagne
« se montre déjà plus souple » ?
La vérité est qu'elle se raidit de plus
en pins. Tous les renseignements concor
dent, ceux qui m'arrivent directement,
ceux que ses propres fonctionnaires four
nissent au gouvernement, ceux des infor
mateurs les plus perspicaces de la presse
républicaine, Guillerville, Reboul, tant
d'autres ! Gauvain s'oppose à une politique
qui, dit-il, mènerait à « un désastre natio
nal î >, et nous le savons assez sot pour
terc sincère sur ce point. Mais nous y al
lons directement, nous y courons, à ce
désastre par la vertu de la solution qu'il
conseille et qui avilit notre crédit de jour
en jour. Seule l'action énergique le relè
verait. Les dépenses, les efforts qu'elle né
cessiterait seraient considérables, mais
aboutiraient à un tel redressement de
notre valeur que tout le reste nous se
rait donné par surcroit ! Que nous rappor
teront les capitulations ? Un délai dans
lequel notre puissance morale, financière,
fondra, et au bout duquel les efforts, les dé
penses ne seront pas moins nécessaires,
mais devront s'élever au décuple, au cen
tuple peut-être : c'est le type de l'écono
mie ruineuse, c'est la mesure de la ré
flexion et de l'intelligence de ce nigaud.
Il ne sert de rien de dissimuler ce que
M. Jean Herbette appelle « les dangers
que court la paix s>. Etant encore les plus
forts, assurés de la supériorité matérielle,
il nous est encore possible d'empêcher la
guerre qui vient au moyen d'une opéra
tion de police européenne. Si nous la man
quons, si nous laissons l'Allemagne re
monter jusqu'à ce point de l'égalité mili
taire qui marque la possibilité du com
bat, nous sommes perdus, et l'Europe, et la
paix, et peut-être le monde entier.
Ce langage est inintelligible à Gauvain.
Ce spécialiste est trop bête. Vieux conser
vateur libéral, sorte de John Lemoine et
de Ribot redivivi, il aime de cœur la dé
faite. Enfin, le point de vue de l'intérêt
national est complètement étranger à sa
cervelle de partisan. Je traite donc par le
dédain le plus complet son accusation, sa
plate accusation de rechercher un désas
tre pour établir un régime sauveur. Quant
à ne s allier aux démagogues, le reproche
fait rire, venant du .publiciste libéral, qui
est l'idole du Popu t e t dont tons lés inter
nationalistes ont fa.it leur docteur '! Lors
que; en 1908, nous ayons déploré avec in
dignation le sang, versé! à Draveil-Vigneux
et salué les cris antirépublicains qui sor
taient justement dçs poitrines ouvrières,
nous croyions n'avoir eu ' à blâmer
qu'un massacre inutile; des révélations ul
térieures ont montré que c'était, en outre,
un guet-apens tendu aux syndicats par la
police clémenc.iste et par son agent Méti-
vier. Qu'un Gauvain approuve ces façons
de traiter les foules françaises, cela n'a
rien que de naturel : sa politique, sangui
naire à force d'imbécillité, conduit à bien
d'autres massacres !
Charles MAURRÂS
LA DECADENCE
de la social-démocratie
Philippe Scheidemann, le chef socialiste
allemand qui disait, en 1919, que sa main
sécherait plutôt que de signer le traité de
Versailles, a récemment publié une étude
fort mélancolique sur le sort de la social-
démocratie. Cette étude peut se résumer par
ees deux propositions : 1° le parti social-
démocrate est le seul défenseur de la Cons
titution de Weimar et de l'idée .républi
caine ; 2® le parti social-démocrate souffre
d'une sérieuse impopularité, il est très affai
bli, rongé d'un côté par le communisme,
de l'autre par la réaction.
De cette décadence de la social-démocra
tie, Scheidemann accuse l'ingratitude et la
« mauvaise éducation » des masses. Il rap
pelle avec tristesse les « conquêtes » de la
révolution. Quelles conquêtes ? Il suffit de
connaître les conditions d'existence de l'ou
vrier allemand après cinq ans de régime
socialiste ou socialisant pour se rendre
compte de ses déceptions et de son état
d'esprit.
.Le Vorwœrts vient d'ouvrir une enquête
sous ce titre : « Qu'est-ce (fui est devenu
meilleur ? î> On y trouve une peinture vraie
de la vie allemande après la « stabilisation
du mark » (stabilisation encore bien rttal
assurée) et après le retour aux « salaires-
or ». On y voit, par exemple, qu'un tra
vailleur marié, père de trois enfants, a
112 marks net par mois, soii. 140 francs
d'avant-guerre. Un autre, petit employé,
avec deux enfants, a 105 marks. Un autre,
ouvrier en bois, établit des calculs en pfen
nigs et en liards, d'où il résulte que, pour
six personnes, il y a au logis 16 marks à
dépenser par semaine. Encore tout ce
monde s'estime-t-il heureux que la période
où la valeur du mark-papier fondait tous
les jours soit finie ou paraisse l'être, encore
plus heureux quand il y a du travail assuré.
Sans doute la situation de l'ouvrier alle
mand est encore meilleure que celle de
l'ouvrier russe qui ne gagne pas même au
tant : c'est l'unique supériorité de la social-
démocratie sur le communisme qui s'ex
prime dans ces chiffres lamentables. Mais,*
comme tout le monde sait que les prix-or'
ont augmenté dans le monde entier et que
le prix de la vie a doublé aux Etats-Unis
depuis 1913, la centaine de marks que
gagnent mensuellement en Allemagne les
ouvriers les plus favorisés est une triste
« conquête » du socialisme. Avis aux ama
teurs. — J. B.
LA VIE CHERE
Les responsabilités du commerce de détail (suite)
Nous avons don«»é la parole, dans notre
dernier ; article, a«x défenseurs du petit
commerce. Mais ceux qui estiment que
la plupart des détaillants prélèvent des
bénéfices trop importants ne cessent pas
de nous écrire. Il nous faut encore citer
quelques-uns de leurs griefs.
Nous n'avons pai publié, parmi les do
cuments à la décharge des commerçants,
une lettre, qui — on va le voir — se re
tourne contre ceux qu'elle veut défendre.
Voici le texte, que nous commenterons
tout à l'heure :
« Il ne faut pas conclure, d'une grande
différence entre le prix d'achat et le prix
de vente, à une exagération certaine du
bénéfice.
« Prenons un exemple.
« J'ai vu un marchand ambulant ven
dre soixante-dix centimes la pièce des
choux qu'il avait payés quatre francs le
eent, le matin, aux Halles. Le consomma
teur en donnait donc 17 ou 18 fois le prix
touché par le producteur. Et cependant
pas d'abus. Pour des raisons diverses, les
affaires du marchand dont je parle se li
mitent à ses cent choux. Recette totale
70 francs au maximum, quelques choux
étant perdus ou cédés au rabais en fin de
marché. En déduisant de cette recette le
prix d'achat, les frais de manutention et
de transport au lieu de vente, le loyer du
garage à petite voiture, etc., il reste au
plus quarante francs de bénéfices. Est-ce
exagéré, compte tenu du travail fourni
et du risque couru ? Certes non. »
Notre correspondant nous donne cet
exemple comme une observation qu'il a
faite, et non comme une expérience per-
sonnelle.Nous n'avons jamais,nous-mêmes,
vendu de choux sur fane petite voiture.
Nous pensons néanmoins que -cela se passe
beaucoup moins simplement que dans le ta
bleau de notre correspondant et qu'il y
a plus d'irrégularité, plus d'imprévu, plus
de risques et de déboires dans la vente des
cbeux au détail.Mais si nous nous en tenons
(sans les vérifier) aux chiffres donnés par
notre correspondant, nous ne les appré
cions pas de la même façon. Quarante
francs par jour, peste, cela fait douze cents
francs par moin, presque quinze mille
francs par an. C'est ce que gagne, dans
une administration publique, un sous-
chef de bureau. Pour peu que la femme de
notre marchand de choux pousse aussi
une petite voiture et gagne à peu près au
tant, voilà un ménage qui aura une situa
tion de quelque vingt cinq mille francs.
Pour les marchands des « quaire-saisons »
avouons que ce no serait pas mal et que
le métier s'il est dur, serait bien rému
néré.
Faisons toutes réserves sur le fait/ allé
gué lui-même. Il nous paraît trop proba-
' ble. pour notre part, que les marchands
des petites voitures gagnent beaucoup
UiO.ns, tout juste leur vie peut-être. Nous
sommes donc bien éloignés d'aller cher
cher des mercantis dans leurs rangs.
Ce qu'il faut retenir de la lettre qu'on
vient de lire, et qui nous semble écrite en
toute bonne foi, c'est l'incroyable dérè
glement qu'elle nous donne l'occasion de
constater dans les esprits. Ainsi, parce
qu'un commerçant aurait a priori décidé
qu'il doit gagner telle somme au bout de sa
journée, il ne serait « certes » pas exagéré
qu'il perçût un bénéfice de 900 pour cent.
L'énormité du chiffre suffit pour établir
que notre, correspondant se trompe sur le
fait; — mais la conclusion qu'il en a
tirée nous a d'abord donné à penser qu'il
voulait nous mystifier.
Elle ne fait pourtant qu'appliquer, en
l'exagérant jusqu'à l'absurde, une façon de
raisonner dont on ne rencontre chaque
jour que trop d'exemples. Et c'est pourquoi
nous avons jugé utile de la signaler à nos
lecteurs.
* *
Toutes les victimes de la vie chère n'ont
pa^ cette indulgenèe.
Un lecteur nous écrit pour protester
contre l'affirmation d'un épicier, repro
duite par nous dans notre dernier article,
que les bénéfices bruts moyens ne dépas
sent guère 15 0/0 dans le commerce de
l'épicerie :
« A part le sucre, pour lequel les fabri
cants réservent exclusivement pour leur
industrie la presque totalité de gains scan
daleux, tous les autres produits d'alimen
tation sont majorés par les détaillants
dans des proportions qui dépassaient il y
a 5 ans, 25, 0/0, pourcentage qui a été lar
gement augmenté depuis lors. Certains
produits font la « culbute » — terme dé
métier, qui veut dire que les marchandises
achetées à un prix donné, sont revendues
le doublé.
s « Je vous en parle en connaissance de
cause. »
Un autre de nos lecteurs nie qu'à l'heure
actuelle, les fonds de commerce soient cé
dés pour cause de mauvaises affaires. Il
nous fait au contraire le tableau d'une
activité commerciale très prospère :
, « Très au courant de ce qui se passe au
tour de moi, dans mon chef-lieu de can
ton et en ville, je ne connais pas d'exemple
d'épiceries cédées pour cause de mauvaises
affaires, et je les fréquente beaucoup. Au
contraire, j'en vois se créer de nouvelles
à tout instant, preuve que le métier est
tentant, et c'est 'à le danger, pour le com
merce, d'une trop grande concurrence.
Dans les bourgs, le nombre 'de revendeurs,
1
)
ÉDITION DU MATIN
Lundi 18 Février 1924
49 centimes. S kikb bt S eibb-bt- O isb
20 centimes D épiktembsts et C olories
ABONNEMENTS: tili Sâïtà Trahïi!»,
France et Colonies. 48 fr. j 5 fr. i3 fr.
Etranger 83 » il n n 1
Chique pestai : Compte 33.900 Paris.
ORGANE DU NATIONALISME INTÉGRAL
« Tout ce qui est national est notre. »
Le Due d 'ORLÉANS
héritier dos quarante Rois qui «n mille ans firent la Franco.
BfiDACTIOK * ADUIHISTRATIOK »
U. nu i» Rome. PARIS (3*>
Adra» têlégraphtqus : ACT10FRAR-PARÎ3
Téléphone : Administration r Lonvre i6-4g. a0-5o
Rédaction : Contrai 75-.14 Pnbllclti ' Central 7^-77
Apr6s 10 heures dn 1 soir : Sdgar 11-08
Rogistro de Commcrc» ; Seine S* 78.583
Fondateur : ÎIEMU VAUGEOIS — Directeurs politiques : LÉON DAUDET et CHAULES MALT&AS — Rédacteur en chef MAURICE Pl'JO
La giierré qui revient
« Les événements de ces derniers jours sont de
nature à encourager F Allemagne. On ne saurait
surtout calculer trop haut l'effet moral que le
massacre de Pirmasens a produit en Allemagne.
L'extermination des autonomistes du Palatinat par
une expédition armée venue d'outre-Rhin est
apparue telle qu'elle est en effet : une avant-pre
mière, la répétition générale de ce qui pourra être
tenté un jour contre nos troupes d'occupation, les
grandes manœuvres de la future revanche alle
mande. »
Jacques BAÎiWILLE, dans la Liberté.
À Maunoury
ministre de l'Intérieur
LA POLITIQUE
Monsieur le ministre,
Depuis trois jours vous avez entre les
mains — car le garde des Sceaux voua
les a certainement transmises, à ma de>
mande expresse — les preuves formelles
de l'infamie de votre directeur de la
Sûreté générale, M. Marlier. Ces preuves
sont irréfutables, et d'une constatation
immédiate, puisqu'elles émanent de M.
Marlier lui-même, puisqu'elles sont con
signées au greffe d'une instruction cri
minelle en cours. Vous savez de quoi je
veux parler ; vous êtes père de famille ;
mettez-vous à ma place ; je ne puis sup
poser une minute que votre indignation
n'a pas été égale II la mienne, à la lecture
de semblables allégations, qu'aggrave
l'hypocrite couvert d'une réprobation si
mulée et tardive.
Pour quiconque sait lire et raisonner,
votrè, subordonné M. Marlier établit lui-
même le bien-fondé de l'accusation ca
pitale que j'ai ici portée contre lui à plu
sieurs reprises, ainsi que contre messieurs
Lannes et Delange, et que je maintiens.
La présence d'un pareil scélérat au poste
élevé qu'il occupe dans la police cons
titue un danger public, que vous ne pou
vez plus ignorer.
Je me demande, depuis hier, com
ment vous n'avez/pàs encore appelé'dans
votre cabinet M. Marlier, comment vous
ne lui avez pas encore signifié sa révoca
tion. Je ne puis croire, monsieur, que
le sentiment familial et moral soit affai
bli chez vous au point de ne pas vous
laisser comprendre toute l'étendue de
l'indignité de votre haut fonctionnaire
M. Marlier, toute l'étendue de ses consé-
— quences possibles. Ces conséquences, ma
lettre à M. le garde des Sceaux, que jet
J\ii demandais de vous communiquer,
vous les laissait cependant entrevoir. Je
vais préciser.
Vons savez parfaitement qu'aucune
considération ne me retiendra — si jus
tice sur ce point ne m'est pas rendue,
EN ATTENDANT LE RESTE — pour saisir, à
très bref délai, la Chambre des députés
et l'opinion publique d'une abomination
sans précédent, je crois, daiis les annales
de l'administration. Un père, une mère
en deuil à jamais, un enfant de quatorze
ans, un bel enfant, pur et bon, assassiné
à l'instigation de vos trois bourreaux
Marlier, Lannes, Delange, cela ne vous
suffit pas, cela ne vous attendrit pas,
Monsieur le ministre Maunoury ? Vous
persisteriez à conserver dans vos services,
à-supposer que vous allez pouvoir conser
ver dans vos services, ce chien sanglant
et sanieux qu'est votre M. Mar
lier, qui dépose ses ordures sur une tom
be. Allons donc ! Si étranger que vous pa-
missiez, depuis quarante-huit heures, au
sentiment de la Justice, et à la simple
humanité, vous vous doutez un peu que
c'est impossible. Je vous rappelle le pro
verbe : reculer, pour mieux sauter.
Alors qu'attendez-vous ? Dites : qu'at-
îendez-vous ? Que le cabinet, dont vous
faites partie, soit renversé et que l'obli
gation de révoquer le criminel Marlier
passe à votre successeur ? Calcul émi
nemment politicien, mais qui ne serait
pas d'un homme d'honneur. Je ne puis
vous, croire descendu si bas. Réveillez
vous ! , .
Car c'est votre honneur à vous minis
tre,à vous Monsieur Maiinoury,qui est en
gagé là dedans depuis que vous connaissez
les textes abominables auxquels je fais
allusion. Mais c'est, avec votre honneur,
malheureusement pour vous et pour eux,
c'est aussi celui de tous les citoyens fran
çais que menace, dans leurs vies, dans
leurs enfants, dans leurs foyers, la pré
sence, à la Sûreté générale, d'un souilleur
de sépultures comme votre Marlier
Vous avez la parole, Monsieur Mau
noury. Je pense que, cette fois, vous avez
compris.
Léon DAUDET
Député de Paris.
Madame 'Séverine a écrit, avant-hier
matin, dans l'Ere nouvelle , sur le meur
tre de notre enfant, un article dont je la
remercie ; car il tranche 6ur le silence
embarrassé de la presse de Paris. Madame
Séverine a parfaitement compris toute
l'importance de la machination ténébreu
se soumise à la perspicacité de M. Bar-
naud; et qui tient a ceci que la pouce
est appelee a enqueter sur un crime
pont de hauts fonctionnaires de police
— MM. Marlier, Lannes et Delange
— ONT ETE LES INSTIGATEURS. Madame
Séverine sait enfin qu'un pareil forfait,
s'il demeure impuni, e6t capable, par ses
répercussions, d'emporter tout un régi
me; et elle tient à la République-
Qu'elle me permette seulement de lui
dire qu'elle ne connaît pas les déposi
tions, notamment celles de Marlier, Lan
nes et Delange. Si elle les connaissait,
elle penserait, comme nous le pensons,
nos amie, noa conseils, ma femme et moi,
que le doute est levé, quant aux inten
tions criminelles de ces trois bandits et
de leur complice, le libraire Le Flaout-
..tcr. Seulement, il n'est pas douteux que
les anarchistes du Libertaire — Le
Flaoutter est à la fois un indicateur de
police et un « libertaire », ainsi que Co
lomer, Vidal et Gruffy ■— ont été, dans
le rapt de l'enfant, sinon dans l'infan
ticide clôturai, les auxiliaires de la Sû
reté générale. Le numéro du Libertaire
du samedi premier décembre a été com
posé, pour donner le change, sur l'ordre
de la Sûreté générale, et à l'aide de do
cuments volés dans les poches de notre
petit garçon, après qu'il eut été meurtri,
le samedi 24 novembre, à quatre heu
res un quart, dans la souricière de Le
Flaoutter.
Je pense d'ailleurs que la vérité ne
tardera plus beaucoup à éclater. — L. D
EO
LES FAITS DU JOUR
— L'ambrai Boaê de Lepeyrère est mort.
—- En Angleterre le mouvement gréviste
menace de s'étendre. , ^ ,
— A Berlin, une manifestation m eu lien
en faveur du Palatinat et de la Ruhr.
On sait ' que le « Syndicat des Instituteurs
et Institutrices publics' », dissous par décret, n'en
continue pas moins son illégale et quiète exis
tence. Quiète, mais troublée de mauvais rêves :
le curé n'est pas encore expulsé, l'école libre
n'est pas fermée. Aussi le Syndicat vient-il d'a
dresser à ees adhérents un questionnaire en 21
articles sur les menées de l'Infâme. Exemple :
»5 (La lutte contre l'école laïque) se
fait-elle par les. mêmes moyens qu'avant
la guerre ?
Quel est en particulier le rôle du cler
gé ?
_ a) Première communion,
b) Confession et sacrements,
c) Prédications,
d) ÂatreS moyens,
e) Papilles de la Nation.»
Admirable, cette « lutte » : si on enfant Faii
Ba première communion, si son père mourant re
çoit l'extrême onction, si l'évêque «'occupe des
orphelins de guerre, c'est une attaque, c'est un
crime de lèse-laïcité !
Quel loup déguise en berger osera noua dire
encore que l'école laïque c'est l'école neutre ?
Denier de Jeanne d'Arc
Caisse de Secours immédiats et Caisse de
Combat .des Commissaires d 'Action
Française et des Camelots
Cinquante-huitième liste
En mémoire de Marins Plateau : 1.000 fr. —
Pour les Camelots du Roi : 5 fr. — M. Auguste
X... ( transmis par l'O. P. A. F. ) : 8 fr. — Albert
Ott : 2 fr. — Un voyageur de commerce de passa
ge : 5 fr. — Georges Cléry : 5 fr. — Rémi» à
un Camelot devant Saint-Honoré d*Eylau : 20 fr. —■
Pour la lutte du droit : 5 fr. — Un jeune lec
teur de l'A. F. : 5 fr. — A la mémoire de Pla
teau et de Philippe Daudet, en haine de la Ré
publique judéo-maçonnique, complice des assas
sins, G. Vallery-Radot : 15 fr. — F. Goinard :
10 fr. — En mémoire de mon cher enfant mort'
au champ d'honneur, Emile Grandin : 200 fr. —
M. l'abbé Frazer de Villas : 6 fr. 70. — Alphonse
Balay : 5 fr. — A. T., La Rose, Marseille : 3 fr. —
Pour que la partie civile puisse payer les frais
de jugement, lieutenant Parison : 10 ft. — Peur
que des fleurs recueillent, 6ur la tombe de Philip»
pe, les pleurs d'une mère, Mme Parison : 10 fr.
— Hommage de mon respectueux souvenir à la
mémoire de Mariua Plateau, Maurice Barbudaux :
10 fr. — H. E. Mayot : 4 fr. — S. et H. Guiche-
merre : 5 fr. — Série 82; m'" 4379, RochebcOe :
2 fr. \— M. Arthur Beck : 10 fr. — Contre le
verdict do honte, Mme ' Raux : 20 fr. — Charles
Halna du Fretay : 3 fr. — R. P. Martin : 10 fr. —
Pour remercier Binet-Valmer, M. M. : 20 fr. —
Mme Chausson : 2 fr. — En mémoire de Georges
tûé à l'ennemi : 10 fr. — François de la Motte :
100 fr. — B. Tarbouriech : 10 fr. — En souvenir
de Plateau (transmis par Mlle Vercbère de Bor-
champs) : 5 fr. — Georges Vauthier : 15 fr. —
Pour protester contre la double infamie de l'ac
quittement de l'assassin et de la' condamnation des
Camelots du Roi de Lille, Mme Dugas : 10 fr. —
Jean Lacalmontié : 5 fr. — Remis à un Camelot
devant la Madeleine : 2 fr. — Remis à un Camelot
devant St-Roch : 1 fr 50. — R; G. : 1 fr. 50. —
Mme Bischoff : 10 fr. — Pour le Denier : 10 fr.
— A la mémoire de Marius Plateau, Mme Boisset:
2 fr. — François Girard : 7 fr. 50.
A la mémoire de Marius Plateau (I 07 anniversaire)
et de Maurice Lacour (9" anniversaire) tous deux
morts eu chsmp d'honneur, Pierre Chastres : 20 fr.
— Un fonctionnaire : 15 fr. — M. de la Rochers,
président de la section d'A. F. dn XVIII" arron
dissement : 25 fr. — Anonyme : 1 fr. — Remis A
un Camelot devant Notre-Dame : 5 fr M. Bour
geois : 2 fr. —; Mme Babule : 0 fr. 50. — A
la mémoire de Marins Plateau, Mlles de Tholo-
œiny 10 fr. — A. E. Dauney : 3 fr. — Les fu
turs Camelots de la famille Siméon : 20 fr. — En
mémoire de notre grand Marins Plateau, J. J.
20 fr. — M. Boucher, de BucarOJt : 23 fr. — Re
mis à Tézenas, à l'église des Carmes : 3 fr. — Ano
nyme 5 fr. — Remis à un Camelot rue de Grenelle,
un P. T. T. : 5 fr. — M. du Verdier : 12 fr. —
Edouard Bouchet : 2fr. — Pour venger Plateau, L, B.
et N. : 81 fr. — En souvenir de Plateau : 52 fr.
— F. Goirfard : 10 fr. — Robert Qucnon : 33 fr.
— Un bictrot royaliste : 15 fr. — Abbé R. Collet :
50 fr. — Pour la création d'un groupe de Came
lots du Roi au Puy : 20 fr. — Constant Régmauh :
15 fr. — Remis à un Camelot devant Saint-Sulpice:
5 fr. — Pour venger Philippe Daudet, de Saint-
Michel (Tonkiii) : 10 fr.
(Saite en 2 e page.)
I. Les producteurs
et les banquiers
11 n'est pas un lecteur de Y Action fran
çaise qui n'ait lu et relu la chronique
de Georges Valois dans notre feuille 'éco
nomique d'hier. Cependant, je veux les
prier de découper et de glisser dans leur
portefeuille les quatre-vingts lignes ainsi
conçues :
« Vons déposez 100.000 francs chez un
banquier. Multipliez ce chiffre par le nom
bre des déposants : cela fait une fameuse
somme. Ces dépôts vont et viennent, en
trent, sortent. Il reste chaque jour un sol
de disponible moyen que connaît tout ban
quier. Que ce solde soit à Paris, ou à
Brest, ou à Lons-le-Saulnier, , il constitue
une couverture considérable. Avec cette
couverture, tout banquier est en mesure de
garantir toute opération de change, qui
n'çngagerait même que cinquante pour
cent des disponibilités. La finance instal
lée en France dispose là d'une masse de
manœuvre sérieuse, le veux bien quer toum
les banquiers ne spéculent pas sur le chan
ge. Vous m'accorderez qu'il faut être un
héros pour se priver de ce moyen en temps
de baisse du franc. »
« Bref, vos 100.000 francs constituent
taie masse de manœuvre de 50.000 francs
qui servent à couvrir une opérations de
change. Le dollar est à 15 : la finance
achète 3.333 dollars. Deux mois plus tard,
le franc ayant fortement baissé, vous
avez besoin de tout votre argent. Vous
faites un retrait total. La finance vend ses
dollars : elle décaisse, d une part, 50.000
francs qu'elle avait prêté à votre' voisin
et vend, pour parfaire la somme de 100.000
francs, 2.500 dollars.
« Vons avez vos 100.000 francs légaux.
Le banquier gagne 833 dollars.
« Si vous aviez eu le droit reconnu de
déposer vos fonds en francs-or, vous au
riez dû recevoir, au jour de votre retrait,
une somme de francs-papier vous donnant
un pouvoir d'achat égal à celui du jour dn
dépôt. M. de Lasteyrie, voulant voiis in
terdire cette garantie, vous ruine au pro
fit du banquier ;
« Après les deux opérations ci-dessus,
en temps de baisse du franc, au bout de
quelques mois, votre caisse est à sec. Vos
100.000 francs de traites et vos 100.000
francs d'espèces devraient vous servir à
racheter des matières premières et h payer
vos salaires, t-'os 200.000 francs n'.tj suf
fisent plus.; Que vous manque-t-il ? Exac
tement ce qui a constitué le gain du ban
quier.
« Alors, vous allez trouver la banque.
Vons lui demandez les 50.000 francs qui.
vous manquent. La banque vous les prête.
Ce sont les vôtres. Trois mois plus tard,
elle vons les réclame. Le franc a continué
de baisser. La banque a perdu sur le prêt
qu'elle vous a consenti. Mais elle a conti
nué de gagner sur les traites que vous lui
avec remises, sur vos dépôts. Vous, pour
continuer- de travailler, vous êtes encore
obligé dé demander un nouveau crédit à
la banque. Cette fois la banque ne le con-
ent qu'avec des garanties ou une partici
pation dans l'affaire. Renouvc' z cette
opération deux ou trois fois et votre en
treprise passe entièrement sous le contrôle
de la banque, laquelle (vous en rendez-
vous bien compte?) n'a fait que vous
prêter votre propre argent. Vous êtes dé
possédé.
« C'est une opération beaucoup plus
subtile que la majoration de prix que vous
reprochez à votre boucher. Mais c'est celle-
là qui vous ruine. C'est parce que votre
argent diminue de valeur dans les caisses
de votre banquier, parce que la différence
reste entre les mains du banquier, que
cous ne pouvez plus payer votre bou
cher. s
Il est trop clair que l'enrichissement de
la Banque est fait de l'appauvrissement du
pays.
Avant de .demander un, cinquième sur
tous les impôts, le gouvernement serait
sage d'exiger des Banques au moins Jes
neuf dixièmes de leurs biens mal acquis.
Ces biens sont immenses. Ne dites pas
qu'ils sont volatils. Les personnes sont là
pour répondre des plus « anonymes » et
des pins « vagabondes » de leurs richesses.
H. Un exemple de l'ataxie
républicaine: une adjudication
Quels que soient les requins, cormorans,
caïmans, loups-cerviers que le régime fait
pulluler sur le corps de la France;, il n'y
a pas de responsabilité perèonnelle qui
soit comparable à la responsabilité collec
tive du régime. Par exemple, l'absence de
Prince ou de Chef ôte à la Républiqus
l'unique moyen de coordonner tous ses
services : ce seul caractère du régime suf
fit pour aggraver toujours ce qu'il a de
pire et pour neutraliser souvent ce qu'il a
de meilleur.
Cette vue générale fera des incrédules ?
Je me permets de leur soumettre le petit
fait suivant qui m'est communique pat
une personne informée. Ils verront ce que
l'ataxie républicaine peut coûter ù la
France dans le moment même où tous les
services .du Gouvernement français sont
censés s'appliquer aux économies, aux
compressions de dépenses, à la lutte sacrée
pour le relèvement du franc :
« Vous avez pu lire dans un article paru
vendredi soir en première page du Temps
sur les changes, que la baisse du franc est
accélérée par les besoins immédiats de
dollars et de livrçs d'importateurs fran
çais. Et le Temps indiquait que la veiile.
une maison du Havre avait dû acheter un
million de dollars. Cette vente massive de
francs eut son effet immédiat.
« C'est plus d'un million, de dollars,
c'est probablement le double qui ont dû
être achetés le 13 ou le 14, niais par la
faute du qouv; nement français.
«. Ce jour-là, ou la veille, en effet, le
ministère des P. T. T. donnait en adjudi
cation une fourniture de fils de cuivre
dont le montant a dépasse 40 millions.
« Le cuivre devait être importé d'Amé
rique, les prix offerts ù Fadjudication de
vaient être fixés d'après le cours du dol
lar au jourd de l'adjudication.
« L'adjudication ayant été fixée au 13
février, les adjudicataires ont dû se cou
vrir, en achetant ce jour-là les dollars né
cessaires pour payer le cuivre.
« Or, il s'agissait de fournitures non
urgentes qui ne seront utilisables que
dans plusieurs mois et pas en même temps.
« Les maisons pouvant concourir à l'ad
judication possèdent des moyens paissants,
qui leur aifraient permis, le cas échéant, de
fournir à bref délai après adjudication.
« // fallait donc, étant donnée la hausse
actuelle du jehunge, renvoyer l'adjudica
tion à deux ou trois mois, et en réduire
les chiffres au strict minimum des tra
vaux indispensables. ,
« La date et les conditions ont été
MAINTENUES COMME SI RIEN NE S'ÉTAIT PASSÉ
SUR LE MARCHÉ DES DEVISES 1
« Donc, de deux choses l'une : ou le
gouvernement croit à l'efficacité de sa po
litique et à la. baisse du dollar, et de la
livre dans deux ou trois mois, et alors
pourquoi ne pas avoir renvoyé une ad
judication qui devait fatalement peser snr
le franc ;
Ou il n'y croit pas, et alors pourquoi
affoler le pays.
« La vérité n'est pas d'ailleurs proba
blement dans cette alternative.
t. Il est probable que les P. T. T. ont
fixé l'adjudication sans en savoir (ou suns
en considérer) les conséquences sur le
change.
« Il est probable que le ministère des
Finances ignorait l'adjudication et ses
conséquences.
« Incohérence, pas de direction, pas
d'unité, anarchie. ».
La conséquence de cette anarchie ou
absence d'autorité, c'est l'ataxie ou l'inco
ordination des mouvements. La consé
quence de cette ataxie, c'est la hausse du
dollar, telle que nous la voyons.
C'est cher, la République. Il y a vingt
ans que le Norvégien Nansen s'en était
aperçu. Aussi la Norvège fit-elle un roi.
Nous n'avons pas encore compris que les
dix mille rois du régime électif coûtent
plus qu'un seul et ne font pas la dix-
millionnième partie de sa besogne.
HI. « À bas la République »
' C'est une des raisons pour- lesquelles
notts haïssons la République au point
d'offenser le cher cœur de notre vieil ami
PAugiistë Gauvain. Hier, dans ses Débats,
il écrivait avec indignation : « Le 24 no-
« vèmbre dernier, l'Action française criait:
« A bas la République ! s. Pas possible.
Mais, doux!Gauvain, cet « A bas la Répu
blique I » est crié deux fois par jour, darts
l'Action française, édition du matin et édi
tion du soir. 11 est vrai que le cri du 24
novembre lui était resté sur l'estomac par
suite du renfoncement que nous y
avions joint à destination de l'Auguste en
personne. ; ,
L'Auguste Gauvain ebt content. Nos af
faires, croit-il, s'arrangent et même s'em
bellissent. Prussiens et Bavarois rentrent
dans le Palatinat et, bien mieux, le cabinet
de Berlin se prête à cet arrangement. Les
Anglais redeviennent les protecteurs de
nos anciens protégés. En foi de quoi, l'Alle
magne entière se montre plus souple. Elle
annonce même par la bouche de M. Strec-
Seman à Eberfeld que les accords avec la
M.I.C.U.M. ne seront pas prolongés, ee qui
prolongera la baisse du franc. Qu'est-ce
qu'Auguste peut souhaiter de meilleur î
Nous avons la félicité d'avoir dans nos
murs un ambassadeur allemand qui pro
nonce même des « mots amènes : a de tels
mots pour l'Auguste signifient « des
commencements d'acte». Nous collons à
l'Angleterre qui ne décolle pas de nous,
au point de nous imposer ses fantaisies
sur la Ruhr et même sur la Rhénanie. Nos
lâchages, nos» capitulations constituent
déjà ce qu'dn journal étranger ami de la
France nomme « une prime à l'inobserva
tion du traité, si bien que les Anglais de
Boulogne-sur-Mer peuvent enchérir sur le
discrédit de notre monnaie et se faire
payer leurs livres à cent francs... Je vous
demande ce qui manque au bonheur de
l'Auguste Gauvain.
Il lui manque de dire la vérité. Car ce
patte pelu, qui met près de trois mois à se
frotter le derrière quand nous y avons
logé une botte, joint a la lâcheté âu cœur
une rare effronterie de l'intelligence. Voici
comment il ose raconter les derniers évé
nements aux infortunés lecteurs des Dé
bats :
« Dès que les nationalistes allemands se
sont aperçus que les gouvernements an
glais et français, répudiant de fâcheuses
méthodes, étaient sur le point de s'entendre
en Rhénanie, ils ont monté Une combinai
son pour parer le coup. Ils ont organisé
une attaque à main armée avec pétrole et
bûchers, contre les séparatistes, et se s.
que la responsabilité retomberait sur nous.
Ils voulaient à la fois mettre du sang entre
les Palatins cl les Français, et reje'.cr sur
les arrangements anglo-français rodienx
d'un massacre sauvage. »
Il suffit d'avoir suivi les événements
pour se rendre compte du travestissement
inouï que leur fait subir notre Auguste.
La ciounerie du cirque peut être plus
iijjile, mais elle n'est pas plus insolente à
l'égard de la vérité. L'entente anglo-fran
çaise était faite quand le massacre a eu
iieu, et il a eu lieu parce qu'elle était faite
aux dépens de la France et de ses pro
tégés. Le massacre a eu lieu parce que
les massacrés étaient complètement lâchés
par l'autorité occupante ; « l'odieux du
massacre sauvage » a bien été jeté sur la
France non seulement par les Allemands
mais par toute la presse anglaise. Elle a
été cifée par tous les journaux, lue par
tous les Français. Nous serions bien sur
pris s'il était possible à l'Auguste du cirque
des Débats de surprendre sur ce point la
religion de ses lecteurs.
Et quand ceux-ci liront dans les dé
pêches qu'hier un député du centre, ori
ginaire du Palatinat, M. Pfciffcr, dans urfe
cérémonie officielle au Reichstag, a comp
té Strasbourg parmi les villes allemandes
du Rhin à délivrer de l'occupation étran
gère, est-ce que les lecteurs des Débats
continueront de croire que l'Allemagne
« se montre déjà plus souple » ?
La vérité est qu'elle se raidit de plus
en pins. Tous les renseignements concor
dent, ceux qui m'arrivent directement,
ceux que ses propres fonctionnaires four
nissent au gouvernement, ceux des infor
mateurs les plus perspicaces de la presse
républicaine, Guillerville, Reboul, tant
d'autres ! Gauvain s'oppose à une politique
qui, dit-il, mènerait à « un désastre natio
nal î >, et nous le savons assez sot pour
terc sincère sur ce point. Mais nous y al
lons directement, nous y courons, à ce
désastre par la vertu de la solution qu'il
conseille et qui avilit notre crédit de jour
en jour. Seule l'action énergique le relè
verait. Les dépenses, les efforts qu'elle né
cessiterait seraient considérables, mais
aboutiraient à un tel redressement de
notre valeur que tout le reste nous se
rait donné par surcroit ! Que nous rappor
teront les capitulations ? Un délai dans
lequel notre puissance morale, financière,
fondra, et au bout duquel les efforts, les dé
penses ne seront pas moins nécessaires,
mais devront s'élever au décuple, au cen
tuple peut-être : c'est le type de l'écono
mie ruineuse, c'est la mesure de la ré
flexion et de l'intelligence de ce nigaud.
Il ne sert de rien de dissimuler ce que
M. Jean Herbette appelle « les dangers
que court la paix s>. Etant encore les plus
forts, assurés de la supériorité matérielle,
il nous est encore possible d'empêcher la
guerre qui vient au moyen d'une opéra
tion de police européenne. Si nous la man
quons, si nous laissons l'Allemagne re
monter jusqu'à ce point de l'égalité mili
taire qui marque la possibilité du com
bat, nous sommes perdus, et l'Europe, et la
paix, et peut-être le monde entier.
Ce langage est inintelligible à Gauvain.
Ce spécialiste est trop bête. Vieux conser
vateur libéral, sorte de John Lemoine et
de Ribot redivivi, il aime de cœur la dé
faite. Enfin, le point de vue de l'intérêt
national est complètement étranger à sa
cervelle de partisan. Je traite donc par le
dédain le plus complet son accusation, sa
plate accusation de rechercher un désas
tre pour établir un régime sauveur. Quant
à ne s allier aux démagogues, le reproche
fait rire, venant du .publiciste libéral, qui
est l'idole du Popu t e t dont tons lés inter
nationalistes ont fa.it leur docteur '! Lors
que; en 1908, nous ayons déploré avec in
dignation le sang, versé! à Draveil-Vigneux
et salué les cris antirépublicains qui sor
taient justement dçs poitrines ouvrières,
nous croyions n'avoir eu ' à blâmer
qu'un massacre inutile; des révélations ul
térieures ont montré que c'était, en outre,
un guet-apens tendu aux syndicats par la
police clémenc.iste et par son agent Méti-
vier. Qu'un Gauvain approuve ces façons
de traiter les foules françaises, cela n'a
rien que de naturel : sa politique, sangui
naire à force d'imbécillité, conduit à bien
d'autres massacres !
Charles MAURRÂS
LA DECADENCE
de la social-démocratie
Philippe Scheidemann, le chef socialiste
allemand qui disait, en 1919, que sa main
sécherait plutôt que de signer le traité de
Versailles, a récemment publié une étude
fort mélancolique sur le sort de la social-
démocratie. Cette étude peut se résumer par
ees deux propositions : 1° le parti social-
démocrate est le seul défenseur de la Cons
titution de Weimar et de l'idée .républi
caine ; 2® le parti social-démocrate souffre
d'une sérieuse impopularité, il est très affai
bli, rongé d'un côté par le communisme,
de l'autre par la réaction.
De cette décadence de la social-démocra
tie, Scheidemann accuse l'ingratitude et la
« mauvaise éducation » des masses. Il rap
pelle avec tristesse les « conquêtes » de la
révolution. Quelles conquêtes ? Il suffit de
connaître les conditions d'existence de l'ou
vrier allemand après cinq ans de régime
socialiste ou socialisant pour se rendre
compte de ses déceptions et de son état
d'esprit.
.Le Vorwœrts vient d'ouvrir une enquête
sous ce titre : « Qu'est-ce (fui est devenu
meilleur ? î> On y trouve une peinture vraie
de la vie allemande après la « stabilisation
du mark » (stabilisation encore bien rttal
assurée) et après le retour aux « salaires-
or ». On y voit, par exemple, qu'un tra
vailleur marié, père de trois enfants, a
112 marks net par mois, soii. 140 francs
d'avant-guerre. Un autre, petit employé,
avec deux enfants, a 105 marks. Un autre,
ouvrier en bois, établit des calculs en pfen
nigs et en liards, d'où il résulte que, pour
six personnes, il y a au logis 16 marks à
dépenser par semaine. Encore tout ce
monde s'estime-t-il heureux que la période
où la valeur du mark-papier fondait tous
les jours soit finie ou paraisse l'être, encore
plus heureux quand il y a du travail assuré.
Sans doute la situation de l'ouvrier alle
mand est encore meilleure que celle de
l'ouvrier russe qui ne gagne pas même au
tant : c'est l'unique supériorité de la social-
démocratie sur le communisme qui s'ex
prime dans ces chiffres lamentables. Mais,*
comme tout le monde sait que les prix-or'
ont augmenté dans le monde entier et que
le prix de la vie a doublé aux Etats-Unis
depuis 1913, la centaine de marks que
gagnent mensuellement en Allemagne les
ouvriers les plus favorisés est une triste
« conquête » du socialisme. Avis aux ama
teurs. — J. B.
LA VIE CHERE
Les responsabilités du commerce de détail (suite)
Nous avons don«»é la parole, dans notre
dernier ; article, a«x défenseurs du petit
commerce. Mais ceux qui estiment que
la plupart des détaillants prélèvent des
bénéfices trop importants ne cessent pas
de nous écrire. Il nous faut encore citer
quelques-uns de leurs griefs.
Nous n'avons pai publié, parmi les do
cuments à la décharge des commerçants,
une lettre, qui — on va le voir — se re
tourne contre ceux qu'elle veut défendre.
Voici le texte, que nous commenterons
tout à l'heure :
« Il ne faut pas conclure, d'une grande
différence entre le prix d'achat et le prix
de vente, à une exagération certaine du
bénéfice.
« Prenons un exemple.
« J'ai vu un marchand ambulant ven
dre soixante-dix centimes la pièce des
choux qu'il avait payés quatre francs le
eent, le matin, aux Halles. Le consomma
teur en donnait donc 17 ou 18 fois le prix
touché par le producteur. Et cependant
pas d'abus. Pour des raisons diverses, les
affaires du marchand dont je parle se li
mitent à ses cent choux. Recette totale
70 francs au maximum, quelques choux
étant perdus ou cédés au rabais en fin de
marché. En déduisant de cette recette le
prix d'achat, les frais de manutention et
de transport au lieu de vente, le loyer du
garage à petite voiture, etc., il reste au
plus quarante francs de bénéfices. Est-ce
exagéré, compte tenu du travail fourni
et du risque couru ? Certes non. »
Notre correspondant nous donne cet
exemple comme une observation qu'il a
faite, et non comme une expérience per-
sonnelle.Nous n'avons jamais,nous-mêmes,
vendu de choux sur fane petite voiture.
Nous pensons néanmoins que -cela se passe
beaucoup moins simplement que dans le ta
bleau de notre correspondant et qu'il y
a plus d'irrégularité, plus d'imprévu, plus
de risques et de déboires dans la vente des
cbeux au détail.Mais si nous nous en tenons
(sans les vérifier) aux chiffres donnés par
notre correspondant, nous ne les appré
cions pas de la même façon. Quarante
francs par jour, peste, cela fait douze cents
francs par moin, presque quinze mille
francs par an. C'est ce que gagne, dans
une administration publique, un sous-
chef de bureau. Pour peu que la femme de
notre marchand de choux pousse aussi
une petite voiture et gagne à peu près au
tant, voilà un ménage qui aura une situa
tion de quelque vingt cinq mille francs.
Pour les marchands des « quaire-saisons »
avouons que ce no serait pas mal et que
le métier s'il est dur, serait bien rému
néré.
Faisons toutes réserves sur le fait/ allé
gué lui-même. Il nous paraît trop proba-
' ble. pour notre part, que les marchands
des petites voitures gagnent beaucoup
UiO.ns, tout juste leur vie peut-être. Nous
sommes donc bien éloignés d'aller cher
cher des mercantis dans leurs rangs.
Ce qu'il faut retenir de la lettre qu'on
vient de lire, et qui nous semble écrite en
toute bonne foi, c'est l'incroyable dérè
glement qu'elle nous donne l'occasion de
constater dans les esprits. Ainsi, parce
qu'un commerçant aurait a priori décidé
qu'il doit gagner telle somme au bout de sa
journée, il ne serait « certes » pas exagéré
qu'il perçût un bénéfice de 900 pour cent.
L'énormité du chiffre suffit pour établir
que notre, correspondant se trompe sur le
fait; — mais la conclusion qu'il en a
tirée nous a d'abord donné à penser qu'il
voulait nous mystifier.
Elle ne fait pourtant qu'appliquer, en
l'exagérant jusqu'à l'absurde, une façon de
raisonner dont on ne rencontre chaque
jour que trop d'exemples. Et c'est pourquoi
nous avons jugé utile de la signaler à nos
lecteurs.
* *
Toutes les victimes de la vie chère n'ont
pa^ cette indulgenèe.
Un lecteur nous écrit pour protester
contre l'affirmation d'un épicier, repro
duite par nous dans notre dernier article,
que les bénéfices bruts moyens ne dépas
sent guère 15 0/0 dans le commerce de
l'épicerie :
« A part le sucre, pour lequel les fabri
cants réservent exclusivement pour leur
industrie la presque totalité de gains scan
daleux, tous les autres produits d'alimen
tation sont majorés par les détaillants
dans des proportions qui dépassaient il y
a 5 ans, 25, 0/0, pourcentage qui a été lar
gement augmenté depuis lors. Certains
produits font la « culbute » — terme dé
métier, qui veut dire que les marchandises
achetées à un prix donné, sont revendues
le doublé.
s « Je vous en parle en connaissance de
cause. »
Un autre de nos lecteurs nie qu'à l'heure
actuelle, les fonds de commerce soient cé
dés pour cause de mauvaises affaires. Il
nous fait au contraire le tableau d'une
activité commerciale très prospère :
, « Très au courant de ce qui se passe au
tour de moi, dans mon chef-lieu de can
ton et en ville, je ne connais pas d'exemple
d'épiceries cédées pour cause de mauvaises
affaires, et je les fréquente beaucoup. Au
contraire, j'en vois se créer de nouvelles
à tout instant, preuve que le métier est
tentant, et c'est 'à le danger, pour le com
merce, d'une trop grande concurrence.
Dans les bourgs, le nombre 'de revendeurs,
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