Titre : L'Action française : organe du nationalisme intégral / directeur politique : Henri Vaugeois ; rédacteur en chef : Léon Daudet
Auteur : Action française. Auteur du texte
Éditeur : Action française (Paris)
Date d'édition : 1923-12-17
Contributeur : Vaugeois, Henri (1864-1916). Directeur de publication
Contributeur : Daudet, Léon (1867-1942). Directeur de publication
Contributeur : Maurras, Charles (1868-1952). Directeur de publication
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 17 décembre 1923 17 décembre 1923
Description : 1923/12/17 (Numéro 350). 1923/12/17 (Numéro 350).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG87 Collection numérique : BIPFPIG87
Description : Collection numérique : BIPFPIG69 Collection numérique : BIPFPIG69
Droits : Consultable en ligne
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Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, GR FOL-LC2-6354
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 18/01/2011
Seizième Année. — N° 350
£
EDITION DU MATIN c
i
Lundi 17 Décembre 1923
IScenttmes. S eiwb *t S bim-it- O iii
20 centimes. Département» et CoLoain
ABONNEMENTS: Suit H i H j I i . TrobJM».
France et Colonici. 48 fr. j 5 fr. sS fr.
Etranger 8a » 4> » » »
Chèque postal : Compte 93.900 Pari».
ORGANE DU NATIONALISME INTÉGRAL
c Tout ce qui est national est notre. »
Le Duc d'ORLEANS
héritier de* quarante Rois qut en mille ans firent la Franc*
RSDACTIO!» k ADHUUSTKATIOH !
i$, rat d9 Home, PARIS (8*)
# télégraphiai© : A.CTiOFRÀÏf-PÀÏUS
Téléphoné: Administration : Louvre 5&-4$, a6-."tu
Rédaction : Central 75-44 Publicité ; Central 74-77.
Après *0 heures du soir : Ségnr it-68
Registre de Commerce ; Seine S* 78,58a
Fondateur : ÏIEIVRI VÀUGEOIS — Directeurs politiques : LÉQ1\ DAUDET et CHARLES MAURRAS —- Rédacteur en chef : MAURICE PUJO
le Flaonter.
bouche-trou et diversion
Pujo a immédiatement dégonflé la pi
toyable diversion du sieur Le Flaouter,
libraire anarchiste et indicateur de la Sû
reté générale. Ce personnage hybride — et
connu comme tel — n'est intervenu, tardi
vement, que contraint et forcé, pour bou
cher le trou des quatre-vingt-trois francs
\ trouvés dans le portefeuille vide de notre
malheureux enfant dévalisé; et aussi celui,
autrement gravej de l'emploi du temps du
samedi, jusqu'à quatre heures; et enfin pour
ajouter quelque poids à la fable du chauf
feur Bajot, quant à la prise en charge de
Philippe place de la Bastille. Il y a, en
effet, de bonnes raisons de penser : 1° que
Philippe n'est pas venu, dans l'après-
midi, chez le libraire, ou l'attendaient
lef det-huit 1nspkctf.wrs jw- î..v sustetv;
générale; 2° que Philippe a été assassi
né ailleurs, précisément a ce moment-la.
Je n'insiste pas sur la visite d'identifi
cation de l'anarchiste-indicateur Le Flaou
ter à Laribôisière, dont il a été bien em
barrassé d'indiquer la véritable inspiration
et le vrai mobile.
Néanmoins, la déposition, sans dçute
partiellement véridique (quant à la visite
matinale du samedi), du sieur Le Flaouter
présente, quant à l'ensemble de cette affaire
criminelle, dont notre pauvre petit garçon
a fait les frais, le plus vif intérêt. Elle est
a retenir et à examiner dans, tous ses
détails et dans toutes ses invraisemblances,
aux mêmes titres que celles du chauffeur
Bajot, de Georges Vidal et de Gruffy. Je
ne doute pas qu'elle retienne l'attention,
perspicace et sévère, du juge pénétrant
qu'est M. Barnaud. Un magistrat de sa force
psychologique tire peut-être encore plus de
ce que lui apporte le désarroi spontané des
comparses que de ce qu'il va chercher chez
les exécutants.
Le sieur Le Flaouter apparaît comme
placé, à l'heure de l'accomplissement du
crime, dans la même position que le sieur
Vidal, administrateur du Libertaire, à la
minute du déclenchement de la machina
tion criminelle. Il est, au samedi, ce que
Vidal est au jeudi. L'un et l'autre, anar
chistes et indicateurs, ont la main sur le
téléphone communiquant avec la Sûreté
générale. Je m'en tiens, actuellement, à
cette constatation de fait.
Après, comme avant la déposition Le
Flaouter, la double question demeure : Où
la pauvre petite victime, harassée de
fatigue et de sommeil, dévalisée, la tête
perdue, a-t-eixe passé la nuit du ven
dredi au samedi ? Ou a-t-elle déjeuné (si
elle a déjeune), le samedi matin, et passé
les trois heures precedant le moment
ou le gardien de la paix, requis par
Bajot, boulevard Magenta, l'a trouvé
pantelant dans le taxi?
Nous avons une affirmation des gens du
Grenier de Gringoire et du très suspect
Davray, disant que l'enfant A Dû passer la
nuit aux Halles et qu'il est venu au caba
ret sanglant le samedi matin. La première
conjecture ne compte pas. La deuxième
déclaration, étant contrôlable, est sans
doute exacte. Dë même est, sans doute,
exacte l'affirmation du libraire-indicateur
Le Flaouter quant à la première visite,
celle de la matinée du samedi. On peut
donc admettre que l'enfant, entre neuf-
heures et onze heures et demie, a été au
Grenier de Gringoire, puis au boulevard
Beaumarchais. Mais avant, et après, où
est-il allé, où était-il ?
C'est de la réponse à cette dernière ques
tion que dépend, manifestement, la solu
tion du problème criminel. Une lueur peut
nous guider dans cette nuit : le sac de
l'enfant, contenant son maigre trousseau,
a été retrouvé 3, rue de Chartres, exacte
ment derrière l'hôpital Laribôisière, chez
l'anarchiste Gruffy. Ce fut là un coup de
maître, dans les recherches opérées par
M. Faralicq. Connaissant notre petit gar
çon comme nous le connaissions, la mère
et moi, nous ne pouvons admettre, une
minute, qti'il se soit séparé, en son esprit,
du sac, lié, dans son imagination de fugueur
précoce, au lointain mirage du Canada, et
à la partie non commandée, spontanée.
de son équipée maladive. Il nous paraît
tout à fait invraisemblable que, dans sa
détresse financière et morale (combinée et
exploitée par ses bourreaux), il n'ait pas
cherché à retrouver au moins son sac.
Léon DAUDET
Député de Paris.
Hier, Lille patriote
a signifié au traître
Malvy qu'elle ne vou
lait pas revoir les Bo
ches.
La manifestation des agents
Les membres du bureau 'des médaillés
-militaires de la préfecture de police, réu
nis textraordinairement le 15 courant, ont
voté à l'unanimité la résolution suivante :
« Indignés des événements qui se sont
produits le 11 décembre dernier, réprou
vant les agissements de certains égarés,
envoient à leurs chefs l'assurance de leur
indéfectible attachement et de leur entier
dévouement.
« Le président : Hoj.lander,
i brigadier, du 11° arrondk$emep.U *
Comment
Philippe Daudet
est-il mort ?
LE CAS DE LA SURETE
S'il est un inciderlt qui était de nature
à donner un intérêt nouveau à l'histoire
de la mort tragique de Philippe Daudet,
c'est bien la déposition du libraire-policier
du boulevard Beaumarchais. Or il est im
possible qu'on n'ait pas été frappé de
l'extrême discrétion avec laquelle certains
journaux-en ont parlé hier matin. Les
Français les plus prévenus ont pu saisir là,
de leurs, yeux, ce que vaut le fameux prin
cipe de la liberté de la presse qui est line
des bases du régime. Il n'y a pas que les
anarchistes qui soient tenus par la Sûre
té générale. *
En dépit de tout, comme on le verra aux
extraits reproduits par notre Revue de la
Presse, la vérité est sortie. Il a fallu la re
connaître, aveuer que nous n'avions pus
exagéré, et le "public qu'on essayait d'en
dormir, se dira qu'il y a encore plus de
choses dans la police et dans l'anarchie
que n'en révélaient les prétendus « ro
mans policiers » de l'Action française.
Après la publication, faite par nous, des
termes mêmes de ses rapports qui se trou
vent au dossier de l'instruction, la Sûreté
générale ne pourra pas nier ce qui est déjà
établi. Elle cherchera seulement à expli
quer l'étrangeté de sa conduite en cette
affaire. Elle donnera d'autres causes au
bruit d'attèntat qui a couru dès le jeudi
soir, aux mesures prises par elle à la Cham
bre dans l'après-midi du vendredi. Elle as
surera qu'elle ne savait rien avant le sa
medi et qu'elle ignora même ce jour-là
qu'il s'agissait du fils de Léon Daudet. Il
lui faut en effet échapper au terrible re
proche d'avoir su cet enfant aux mains des
criminels ennemis de son père et de l'y
avoir laissé pour voir ce qui arriverait.
Hier soir, elle rectifiait l'effectif des ins
pecteurs envoyés par elle boulevard Beau
marchais. La surveillance établie aurait
compris : M. Delange, contrôleur général
des Recherches, M. Blondel, commissaire
de la Sûreté, et huit inspecteurs. C'est seu
lement un peu nlus tard qu'ils auraient
reçu des renforts envoyés par M. Guichard
dès qu'il v eut quelqu'un au téléphone de
la Préfecture de police.
On ne s'en étonnera pas moins que tout
ce monde ait ete mobilisé pour les propos
d'un enfant exalte après» un conseil de
guerre qui avait réuni les plus hautes au
torités de la Sûreté, si l'on ignorait le nom
de cet enfant. On ne croira pas davantage
que les agents de la Sûreté et leurs chefs
qui composaient la souricière, aient pu
laisser échapper sous leurs yeux celui
qu'ils cherchaient sous prétexte qu'on ne
leur avait pas indiqué exactement la nuan
ce de son pardessus.
Hélas ! pourquoi a-t-on retrouvé ce par
dessus à Laribôisière ! Le Flaoutter aurait
ajouté à son récit que Philippe le lui avait
laissé pour les 80 francs qu'il lui avait re
mis. Tout s'expliquait ainsi : la générosité
incroyable du libraire, la méprise des ins
pecteurs de la Sûreté, l'affirmation du
chauffeur Bajot. C'est à croire que c'était là
le programme primitif...
AU « LIBERTAIRE »
C'est avec une certaine curiosité qu'hier
matin nous avons ouvert le Libertaire. La
feuille des assassins anarchistes qui, jeudi
dernier, bouffonnait devant notre affirma
tion que l'un des siens avait avisé la Sû
reté, n'est pas fière. On peut même dire
qu'elle est effondrée, et, dès hier soir, VIn-
transigeant n'avait pas tort de trouver son
attitude étrange.
Le compagnon Le Flaoutter — qui est
bien le Flotter des chèques Zalewsky — le
secrétaire général du Comité pour l'amnis
tie, le militant dont la boutique était, avec
celle de la rue Louis-Blanc, un des
deux centres de l'anarchie parisienne, de
vient, dans l'article consacré hier par le
Libertaire à sa déposition, tin libraire
quelconque du boulevard Beaumarchais.
On résume en quelques lignes cette déposi
tion sans souffler mot de sâ visite à la
Sûreté et l'on ajoute d'un style morne ces
lignes auxquelles les lecteurs non^ préve
nus de cette feuille n'ont rien dû com
prendre :
Après une telle déposition, nous posons cette
question : « Est-ce que Philippe Daudet s'est
bien suicidé ? N'a-t-il pas-été assassiné par la.
police ? Pour quelles raisons ? Au service de
quelle personnalité se trouve donc la police qui
aurait exécuté ce meurtre ignoble ? »
Autant de points d'interrogation que nous po
sons avec la même loyauté qui nous a guidés pour
révéler l'identité du jeune mort qui nous avait
approchés.
Et aucune, considération- ne nous arrêtera pour
révéler les lambeaux de vérités que nous décou
vrirons, quelles que soient les conséquences de nos
révélations^
La lumière avant tout, toute la lumière.
•"La -lumière» ils l'auront bientôt plus com
plète qu'ils ne le désirent. En attendant,
remarquons la menace et le chantage sour
nois : « Au service de quelle personnalité
se trouve donc la police qui aurait exécuté
ce meurtre ignoble 1 t> Ce qui veut dire : si
nous sommes pris, nous ne le serons pas
tout seuls ; nous sommes tenus, oui, mais
nous tenons aussi... Ainsi parlait Almerey-
da. Qui trouvera-t-on au bout de la chaî
ne ?
Maurice PUJO
Le Denier de Jeanne d'Arc
CINQUANTE-SIXIEME LISTE (Suite)
Transmis par A. Castelbert, de Toulouse : Pour
le salut national, P. Saïgas : 5 fr. — Pour passer
la Gueuse « à tabac ». A. T.: 2 fr. — A la mémoi
re de mon bien-aimé père, Lya Lajus: 12 fr.
Section d'A. F. de Carcassonne ; Pour que Char
les Ebelot ait des disciples : Roger Mondin: 10 fr.
— Joachim Berga: 5 fr. — Roques: 10 fr. — Geor
ges Riart: 20 fr. — Joseph Fourès: 20 fr — Doc
teur Gazais: 20 fr. — Louis Cazals: 10 fr. — Jour-
net, père: 10 fr. — Journet, fils: 5 fr. — Andrieu:
10 fr. — Michel Talmié: 20 fr. — Montsarrat: 5
fr." — Jean Aubry: 5 fr. — Marcel Ruel: 20 fr. —
Rue! frère: 20 fr. — Siméon Joseph: 10 fr.
• (A suivre).
AVANT LE PROCES
On a lu plus haut la note embarrassée
et consternée, suant la peur à la fois et
le chantage, par laquelle les malfaiteurs
du Libertaire ont repondu aux récentes
révélations de l'instruction qui ont con
firmé les nôtres.
Mais leur -vraie réplique ■ n'est pas là.
Elle est dans un article voisin signé
« L'Union anarchiste ». Par un procédé
classique de provocation, ils inventent
que les Camelots du Roi ont l'intention
de manifester dans la rue contre la meui'-
trière de Plateau et, sous ce prétexte men
songer, ils appellent la tourbe anarchiste
à « plaquer le boulot- pour venir se
caser dans les cafés environnant le Pa
lais de Justice &.
Nos amis ont des métiers et des travaux
plus sérieux que le « boulot » des gens
du Grenier de Gringoire. Qu'ils ne les
abandonnent pas. Nous nous chargeons de
faire face de la bonne manière aux em
buscades des assassins de Marius Plateau
et de Philippe Daudet.
Mais,. cônime lés faits l'ont démontré
hier, les anarchistes sont, aux mains^de
la "Sûreté générale : ce ne peut < tu. is
sa permission qu'ils ont osé cette mena e
Nous avertissons donc M. Maunourv :
il est ministre de l'Intérieur ; au cours
de la semaine qui commence, c'est lui
qui sera responsable de l'ordre.
L'ACTION FRANÇAISE.
Les témoins de la défense
Voici la liste dès témoins de la défense,
cités à la, requête de la fille Berton :
Général Sarrail, MM. Romain, sous-préfet ; Ha-
mon, Gustave Kahn, Debierre, Herriot, Ramel,
Zerner, Blanchot, Fouchet, Mme Thermeau, MM.
Simon, secrétaire, de mairie à St-Pierre-des-Corps;
Bàrtori, Marc Sangnier, Vaillant-Couturier, Mme
Morand, MM. Loréal, Aulard, Content, Christin,
■Fontmy, Favre, Noël Gamier, Lecoin ;
M. Dubarry, Mme Colomer, MM. Georges Vidal,
Sabiani, Longuet, Grisoni, Gaucher, Berthon, La-
font, Marchand, Lazurick, Kobidet, Guespin, avo
cat à la Cour ; Poncet, Vallier, Alexandre Blanc,
Pradin, Marlio, Sébastien Faure, Flotter (le li
braire-policier), Le Trocquer, conseiller municipal
de Paris, Madeleine Marx, M. Cachin ;
MM. André Marty, de Larapidie, Lœwel Pierre,
de Moro-Giafferri, ■ Paul Boncour, colonel Gérard,
Frossard, Jouhaux, Mme Séverine, MM. Le Foyer,
Gouttenoire de Toury, Basch, Pierre Hamp, Mar
tial Boyer, Barbusse, Pioch, Rappoport, Méric,
Viollette, Léon Blum, Moutet, Urbain Gohier, Fer
dinand Buisson, Guernut :
MM. Robert de Jouvenel, Dominique, Lagasse,
de Lafègle, Judet, Pierre Bonardi, Pierre Moutier,
Dutailleux.
4»—,—.
ECHOS
LES FAITS DU JOUR
— La réponse française à la note remise
par M. von Hœseh a été transmise hier à Ber
lin.
— M. Georges Clemenceau est victime d'un
accident d'automobile.
— A Lille, les patriotes manifestent contre
le traître Malvy qui venait prononcer un
discours.
Le conseiller Pressard, qui doit présider les au
diences du procès de la fille Berton, prend ses
précautions d'avance. Les cartes de journalistes et
de dessinateurs devront être revêiues de la pho
tographie de leurs titulaires, cela afin d'empêcher
le petit trafic, par trop commode, des cartes, qui
s'était déroulé, à Versailles, lors de l'affaire Lan-
dru et qui avait abouti à remplir la salle d'une
foule quelque peu indésirable : les représentants
de certains journaux — d'une existence plutôt
éphémère ou problématique — après avoir été oc
cuper leurs places, déléguaient l'un des leurs pour
remettre, au dehors, le bienheureux carton à leurs
amis, amies et connaissances.
.M. Pressard désire que ce précédent fâcheux ne
se reproduise plus. Qu'il soit loué ! Il n'a, pour
cela, qu'à rompre avec la tradition de mollesse et
de veulerie des présidents d'assises ; il n'a qu'à
prendre son rôle au sérieux, il n'a qu'à présider
ai t
Les Griottes au kirsch de Fourey-Galland sont
des merveilles. Fourey-Galland, chocolatier de luxe,
124, Foubourg Saint ; Honoré, à l'angle de la rue de
Penthièvre. Téléphone : Elysées 10-36.
* *
Au Lys Royal, 13, rue de la Pépinière,
gourmets et connaisseurs trouveront, luxueuse
ment présentés dans des boîtes et coffrets de haut
goût, des chocolats exquis.
« SES BAPTÊMES CIIOCOI.AT »
* *
Genitrix.
C'est aujourd'hui que le nouveau roman de
François Mauriac Genitrix paraîtra aux « Ca
hiers Verts f.
En même temps que l'édition des « Cahiers
Verts » sera mise en vente une édition courante
de grande circulation, illustrée d'un bois de
Carlègle. <
i—■■■ '■^ii 'i ■
M. Georges Clemenceau
victime d'un accident
Les blessures de M. Clemenceau ne mettent
pas sa vie en danger
Saint-Germain-en-Laye, 16 décembre, —-
M. Georges Clemenceau, ancien président
du Conseil, a été victime, cet- après-midi,
à 3 h. 30, d'un accident d'automobile.
La voiture dans laquelle se trouvait l'an
cien président du Conseil, et qui revenait
dans la direction de Paris, est entrée en
collision, sur la route de Quarante-Sous, à
12 kilomètres environ avant d'arriver à
Saint-Germain-en-Laye, avec une autre
voiture. Sous la violence du choc, toutes les
vitres de la voiture qu'occupait M. Cle
menceau ont été brisées et l'ancien prési
dent du Conseil a été blessé à la lèvre, aa
nez et sur le front par des éclats de vitre.
D'abord transporté à l'hôpital de Saint-
Germain, où on lui a fait des points de su
ture sur trois plaies qu'il portait au visage,
l'ancien président du Conseil était recon
duit quelques instants plus tard à son do
micile, rue Franklin où son frère, M 0 Al
bert Clemenceau se rendait aussitôt.
Hier soir, à 23 heures, l'état de M. Cle
menceau ne semblait pas inspirer "d'in
quiétude. L'ancien président du Conseil
reposait et les docteurs n'étaient convo
qués que pour ce matin.
LA POLITIQUE
I. L'Etat et les gardiens de la paix
Nous avons reçu une bonne lettre. Elle
vient de l'Association professionnelle du
personnel de la préfecture de police, d'où
sont partis les manifestante de mardi.
D'abord, ils n'étaient pas cinq cents,
comme on l'a dit. Ils étaient cinq mille,
Sur 12.000 gardiens de la paix, la propor
tion serait coquette si elle était exacte.
Je n'en sais rien. Voici mon texte :
« Je vous serais très obligé de vouloir
bien compléter par les précisions suivan
tes les communiqués fournis par la Pré
fecture de Police au sujet de la manifes
tation du 11 courant et tendant à laisser
croire que c'était là l'action de 4 à 500
exaltés parmi les gardiens de la paix.
« La vérité est tout autre, les policiers de
tous les services convoqués à un compte
rendu qui devait avoir lieu 2; quai de Sè
vres, étaient au nombre de' 5.000 environ
et leurs intentions n'étaient pas de troubler
' ordre ; les paroles prononcées par moi en
présence d'un conseiller municipal en font
foi. Ils ne voulaient que démontrer aux
Pouvoirs Publics leurs désir légitime de
pouvoir vivre de leur fonction, eux et leur
famille. »
Nos sergents de Ville usaient donc « sim
plement » du droit que tous les dépositai
res de l'autorité de l'Etat se sont arrogé de
faire opposition à l'autorité de l'Etat. Ces
nouveaux féodaux ne paraissent pas sen
sibles à l'absurdité d'une telle opposi
tion. Ce n'est pas de leur faute, l'Etat, leur
chef, ne le leur a jamais appris. C'est
l'Etat qui aurait dù se charger de leur édu
cation administrative ou juridique et les
avertir longtemps à l'avance, qu'une
telle manifestation de leur part ne pou
vait être tolérée parce qu'elle ne pouvait
pas être.
Nos correspondants ne songent qu'à se
disculper des faits de .violence ou de bru
talité. Il paraît que tout se serait passé
tranquillement si le. démon n'eût envoyé
lin certain Martin, directeur-adjoint de la
police municipale, lequel aurait voulu à
tout prix des arrestations et des bouscula
des. Je n'y étais pas. Je n'en sais rien. Il se
peut que ce soit la faute à Martin, qui est
l'un des noms de Satan. On marchait tran
quillement vers la place de la Concorde,
« non pour envahir la Chambre des dé
putés », mais « simplement en signe de
protestation». A cent cinquante mètres,
ordre fut donné aux camarades de se dis
perser, ce qu'ils firent : c'est alors que
Martin et les hauts fonctionnaires dé sa
catégorie, perdant tout sang-froid, au
raient roué de coups de pauvres innocents
qui rentraient à leur domicile et les au
raient arrêtés au petit bonheur.
Telle est la version qui nous est adres
sée. Sans l'admettre, sans la contes
ter, je pose un problème. Beaucoup de pe
tits fonctionnaires de la police sont payés
misérablement. Par ce temps de vie chè
re, c'est très dur. Il est presque aussi
dur de constater dans l'Etat démocra
tique et républicain assez d'imprévoyance
et d'insouciance pour admettre un état
de chose pareil et pour n'en concevoir ni
honte ni crainte: c'est cependant par l'infi
délité des policiers que tous les troubles
sociaux ont commencé et recommencé.
Il est équitable d'ajouter que la démo
cratie et la République n'y peuvent rien.
On ne peut pas doter convenablement les
vraies fonctions d'Etat, armées, diploma
tie, justice, police, celles qu'il faut
vraiment que l'Etat paie, si l'on ne com
mence par retirer à l'État les fonctions
parasites qui lui coûtent et qui lui rap
porteraient si elles étaient rendues à l'ini
tiative privée. Aucune démocratie répu
blicaine ne saurait détacher de l'Etat les
services postiches qu'elle y, a enchaînés
une fois. Elle met là son point d'honneur.
Elle sent qu'il y a là une condition de sa
vie et de sa durée : sans les petits em
plois à donner aux électeurs, pas de bon
nes élections ! Il faut donc multiplier les
petits emplois sans utilité et lésiner cruel
lement sur les grands offices indispensa
bles.
Pour la même raison, la République a
couvert le territoire d'écoles pompeuses
qui n'ont pas diminué le nombre des illet
trés ; mais la voilà réduite à demander à
sa gendarmerie et à sa garde de payer sur
leur modique solde, jusqu'à leurs frais de
casernement !
Messieurs les membres de l'Association
générale et professionnelle de la préfec
ture de police, Messieurs les gendarmes,
et vous mêmes, Messieurs les gardes ré
publicains, vous n'arriverez à rien par
la République. J'ai dit.
II. Deux inactions bien combinées
Vous êtes boutiquier, avocat, concierge,
médecin, ou vous exercez l'une quelcon
que des industries qui rangent leur hom
me dans la catégorie des simples parti
culiers : que votre écliope, votre loge,
votre cabinet deviennent le. théâtre d'un
assassinat, d'un meurtre, d'une scène de
violence ou de simples menaces, vous est-
il jamais venu l'idée saugrenue de prendre
un auto-taxi pour déposer votre rapport ou
votre plainte place Beauvau, rue des
Saussaies, à la Sûreté générale? Non, vous
faites comme à Guignol, vous allez chez le
tommissaire, tantôt au commissariat pro
prement dit, tantôt, plus simplement, au
poste le plus voisin.
Le libraire anarchiste Le Flaouter-Flot-
ters a des goûts autrement distingués que
les vôtre :sur le vu. d'un adolescent excite,il
accourt au ministère de l'Intérieur, alerte
le plus haut fonctionnaire, et fait ainsi
rêver de l'importance et de la gravité des
collusions de la police et de l'anarchie.
Tout le monde sait grosso modo que
Paris est soumis à deux espèces de gar
des bien distinctes : l'une dépendant du
préfet, c'est la police proprement dite ;
,l'autre dépendant du ministre, c'est la po
lice spécialement politique ou Sûreté.
Le libraire anarchiste est allé à la Sû
reté plutôt qu'à la Préfecture, il savait sa
hiérarchie sur le bout du doigt.
On a vu, par l'admirable analyse que
Pujo a donnée de l'affaire, comment 'les
fonctionnaires de la Sûreté ont voulu gar
der pour eux l'intéressante histoire que
leur apportait Le Flaouter-Flotter. Il y a
d'ailleurs les plus graves raisons de pen-
*.
ser qu'ils étaient avertis déjà (par le librai
re ou autrement) de la présence de Philip
pe Daudet dans le monde anarchiste. Leur
inertie, à ce moment, est remarquable.
Presque aussi remarquable que l'inertie
et, le silence qui suivirent le drame. Les
plus légers indices trois lignes lues i dans
un journal aurons décidé le libraire à cou
rir vérifier à Laribôisière l'identité du
jeune « suicidé » de la veille. On est moins
ingambe à la Sûreté : on n'y a pas bougé.
Est-ce que cette inaction ne vous en rap
pelle pas une autre ? L'inaction de la Pré
fecture de Police, parbleu ! Dès le samedi
24 au soir, elle avait la note aux six adres
ses, elle s'en occupait, elle reconnaissait la
nécessité de prendre des renseignements
chez les personnes qui y étaient nom
mées, puisqu'elle envoyait un inspecteur
rue clé Grenelle, chez Mme Havard
de la Montagne, dont on avait lu le nom,
mais la prefecture se gardait d'envoyer
chez Maxime Real del Sarte ni a la Ligde
d'Action française . J'ai-demandé pour
quoi. Pourquoi, devant l'évidence- d'un
drame à desssous politiques, va-t-on chez
de simples particuliers en se privant de
prévenir l'intéressé le plus direct, l'inté
ressé politique ?
On peut redemander sur tous les tons > :
pourquoi ? Il n'y a toujours pas de ré
ponse. Mais voici le cas de formuler une
question nouvelle : par quelle merveilleuse
harmonie préétablie, la Préfecture et la
Sûreté dont on connait l'antagonisme tra
ditionnel, ont-elles pris dans cette : af
faire une attitude si parfaitement iden
tiques, silence et inaction, rue des Saus
saies, inaction et silence, quai des Orfè
vres ? Pour qui a l'habitude de leur jeu
divisé et parfois contradictoire, il est
bien curieux que la loi, la raison, l'hu
manité aient été violées si exactement et
de manière si semblable dans l'une et dans
l'autre maison. Cette concordance d'hor
loge fait penser à l'intervention d'un
commun horloger. Des ordres identiques
ont dû être donnés aux deux organisa
tions. De qui viennent ces ordres ? Il y
a un chef commun. Légalement, c'est M.
Maunoury. Je ne crois pas M. Maunoury
un scélérat. Mais il a des scélérats autour
de lui. Il a, également, autour de lui, des
gens qui obéissent à des scélérats.: prédé
cesseurs et successeurs éventuels qui ont
gardé d'innombrables intelligences dans
Ce mauvais lieu. ' •
III. Place Beauvau-Elysée
Je ne repose pas la question du Liber
taire, elle est examinée de main de maître
plus haut. Mais j'observe que deux poli
ces, généralement désaccordées, ont mar-.
ché en trop bon accord du 21 au 25 no
vembre, et cet accord a abouti à couvrir,
pour parler modérément, une machina
tion atroce et à laisser asssassiner le fils
d'un des plus redoutables ennemis des
scélérats qui inspirent ou composent l'en
tourage de M. Maunoury.
" A la place de cet homme politique, je
ne serais pas rassuré. A la place de ses
collègues, je lui poserais quelques « pour
quoi » qui sont de bon sens. Ou manque
raient-ils de courage ?
Quelle que soit mon horreur de la Ré
publique, cause commune de la plus gran
de partie dë nos maux, je ne puis dési
rer que ce régime en France roule aux
sanglantes infamies du gouvernement de
Moscou. Je ne crois pas que les membres
du gouvernement aient envie de se désho
norer, eux et le régime. On attend un acte
de volonté de leur part.
L'opinion ne désire pas attendre trop
longtemps. Elle est impatiente et irritée
déjà. Ell(^ entrevoit trop de mauvais et lou
ches symptômes. Il y a, dans la presse
officielle la plus directement inspirée, des
signes de détachement et d'indifférence
cruels qui peuvent s'expliquer par beau
coup de sottise et quelque manque de
cœur, mais qui peuvent aussi correspondre
à ce désir du « point d'affaires » qui nous
a déjà valu bien des revers sur d'autres
terrains ! Mon scandale d'hier était la
lecture de la feuille d'Hervé, prenant ar
gent comptant tout ce qu'a raconté le li
braire anarchiste et enveloppant dans
une prétérition dédaigneuse « la version
de M. Pujo». Ce n'est pas la première fois
depuis quelques jours que cette lâcheté est
commise. Nous savons qu'elle n'est pas
commise spontanément. La feuille d'Hervé
n'est pas la feuille d'Hervé. C'est la feuille
de M. Millerand. Avec l'esprit pratique un
pen grossier que l'on prend quelquefois
pour un bon sens solide, M. le président
de la République pense, là-dessus comme
sur d'autres points, que le plus simple est
de ne pas faire justice, de ne pas rétablir
l'ordre matériel et moral offensé, de glis
ser et de passer à d'autres affaires. Cette
politique de myope infatué ne correspond
ni au droit ni aux faits. C'est une insanité.
Mais elle montre clairement que si la subs
tance grise du chef de l'Etat est de qua
lité un peu brute, il y a aussi de grosses
lacunes quelque part dans sa conscience.
J'oublie ce qu'ont dit ou écrit les divers
Dangeau de l'Elysée et je demande si
M. Alexandre Millerand a des enfants,
des-parents, une famille, des amis, des
liens personnels de tête et de cœur : les
■mots d'ordre qu'il donne à sa presse dé
notent un degré d'inhumanité qui peut
convenir au régime, mais qui donne
une fois de plus un démenti direct à cer
taine légende de droiture et de bonhomie.
Charles MAURRAS
P.-S. —- L'espace et le temps font dé
faut pour citer et commenter les derniè
res révélations de l'Humanité sur «l'abo
minable vénalité de la presse française».
A demain, tout au moins quelques citations
savoureuses ! — Ch . M.;
UNE REUNION REGIONALISTE
Une importante réunion a eu lieu, di
manche, au Théâtre de Besançon, en faveur
de l'union administrative des trois dépar
tements de la Franche-Comté : Doubs,
Jura et Haute Saône, auxquels pourraient
s'unir, s'ils le désiraient, l'Ain et le ter
ritoire de Belfort. On y a préconisé les
échanges de vues entre les tribunaux de
Commerce, les Chambres de Commerce et
les Conseils généraux des départements in
téressés.
M. MARX
EST EN RETARD
Jusqu'au 11 janvier, mettons même jus
qu'en novembre, les Allemands de Berlin,
de Londres et de New-York nous ont tenus
sous le prestige de cette formule massive :
pour que l'Allemagne puisse payer, il faut
d'abord qu'elle ait une monnaie saine et
des finances normales. De là les moratoires
et les réductions de Spa, de Boulogne, de
Londres, de Paris. En effet, si l'on posait
en principe la bonne volonté du Rieich, il
n'y avait pas autre chose à faire: attendre...
Depuis le 11 janvier, nous nous sommes
révoltés contre cette logique vicieuse. Et,
depuis lors, le Reich, les Etats, les partis,'
les chefs civils, militaires et économiques
de l'Allemagne ont follement mais défini
tivement démontré deux choses : 1° la
bonne volonté allemande n'existe et ne
persiste que dans la mesure, pendant le
temps et sur les lieux où persiste la
menace ; 2° en marge de l'effondrement
volontaire du Reich, auquel nous ne pou
vons rien, nous avons le moyen, en orga
nisant les paj's occupés, d'assurer aux
Alliés la levée régulière de sommes limi
tées mais déjà considérables. Cette démons
tration nous a coûté onze mois d'efforts,
de périls, plusieurs cadavres et quelques
millions. Mais elle est faite : les industriels
ont cédé parce qu'il n'y avait pas pour eux
d'autre sortie. Ils tiendront parole parce
que la machine de contrainte qu'ils nous
ont amenés à construire reste près d'eux,
chez eux, menaçante. Le problème des
réparations, dans la mesure où il était
solubïe, est résolu : il a suffi d'éliminer le
Reich.
Et voilà le moment que M. Marx choisit
pour affirmer à Paris que la participation
de ce Reich est nécessaire au bon fonction
nement économique de la Rhénanie, et pour
offrir à Bruxelles de discuter avec tous les
Alliés l'ensemble du problème des répa
rations ! M. Marx a du retard. Sans doute,
la république, même en Allemagne, n'est
point le régime de la cohérence ni de la
continuité. Il ne peut cependant « faire
abstraction » de la défaite de la Ruhr et
des enseignements qu'elle comporte, sous
prétexte que c'est son prédécesseur qui l'a
enregistrée. MM. Poincaré et Jaspar lui
souhaiteront poliment bonne chance dans
ses efforts de redressement financier. Mais
ils lui prouveront sans peine que nous pou
vons nous passer de lui, comme nous nous
sommes passés de M. Stresemann et autres
Cuno.
Par intérim : G. D.
XIII. - LA VIE CHÈRE
AUTRES CAUSES ;
AUTRES RESPONSABILITES
Sans préjuger des conclusions généra
les par lesquelles nous aurons à clore
cette enquête, nous pouvons, avant de
poursuivre, noter les principaux points
que nous avons déjà examinés et les élé
ments de solution qui. nous ont été ap
portés.
Du côté de la production, il nous est
apparu que la hausse était souvent infé
rieure à ce qu'on pense généralement.
Dans la plupart des cas, elle s'accorde as
sez sensiblement au taux de dépréciation
du franc, qui est actuellement de plus de
300 0/0. Encore pourrait-elle être réduits,
avons-nous vu, le plus souvent, si la plu
part des productions que nous avons exa
minées étaient mieux organisées.
D'autre part, nous avons remarqué,
d'après un grand nombre de témoigno-
ges, que la vie chère est presque fatale
quand une consommation forcenée dévore
tous les produits avec avidité, et, non seu
lement, ne recule pas devant les hauts
prix, mais encore demande elle-méniv: les
objets les plus luxueux et les plus chers.
Ce n'est certes pas cette catégorie de con
sommateurs qui serait fondée à se plain
dre de la vie chère — encore qu'elle se
plaise trop souvent à y trouver prétexte
aux récriminations les plus injustes,
voire les plus dangereuses ou même les
plus perfides : il n*en est pas moins vrai
que le problème de la vie chère existe
pour le grand nombre des braves gens.
C'est même, dans bien des cas, un pro
blème très douloureux. Nous n'en voulons
pour preuve, entre tant d'autres que nous
pourrions produire, que cette lettre d'un
officier supérieur à la retraite.
« Ce qui est» certain, c'est que le prix
de la vie a, depuis le mois de juillet 1914,
pris une ascension affolante, tandis que
les ressources des . pensionnés de l'Etat,
sont, pour la plupart, restées les mêmes,
quand elles n'ont pas diminué.
« Prenons, pour termes de comparaison,
certaines denrées de première nécessité :
Avant 1914
Œufs, la douzaine : 0 fr. 90. — Lait, le
litre : 0 fr. 20. — Pommes de terre, les
100 kilos : 5 fr. — Viande (1" qualité),
le kilo : 2 fr ; 2° qualité : le kilo : 1 fr. 20.
— Poulet, la paire : 4 fr. 50. — Charbon,
les 100 kilos : 4 fr. — Pain, le kilo ;
0 fr. 35. — Beurre, le kilo : 2 fr. —
Filet de porc, le kilo : 2 fr. — Poireau,
les 25 : 0 fr. 50. — Lentilles, le kilo :
0 fr. 70. — Vin, le litre : 0 fr. 30.
E n decembre 1923.
Œufs, la douzaine : 9 fr. — Laii, le
litre : 0 fr. 80. — Pommes de terre, les
100 kilos : 48 fr. — Viande (1" qualité),
le kilo : 14 fr. ; 2* qualité, le kilo* : 8 fr.
— Poulet, la pièce ; 15 fr. —- Charbon,
les 100 kilos : 300 fr. — Pain, le kilo :
Voir VAclio .i française «les 1, 7, »? 10, 15, 18,
20, 25, 26, 29 novembre, 2, 4, 10 décembre.
£
EDITION DU MATIN c
i
Lundi 17 Décembre 1923
IScenttmes. S eiwb *t S bim-it- O iii
20 centimes. Département» et CoLoain
ABONNEMENTS: Suit H i H j I i . TrobJM».
France et Colonici. 48 fr. j 5 fr. sS fr.
Etranger 8a » 4> » » »
Chèque postal : Compte 93.900 Pari».
ORGANE DU NATIONALISME INTÉGRAL
c Tout ce qui est national est notre. »
Le Duc d'ORLEANS
héritier de* quarante Rois qut en mille ans firent la Franc*
RSDACTIO!» k ADHUUSTKATIOH !
i$, rat d9 Home, PARIS (8*)
# télégraphiai© : A.CTiOFRÀÏf-PÀÏUS
Téléphoné: Administration : Louvre 5&-4$, a6-."tu
Rédaction : Central 75-44 Publicité ; Central 74-77.
Après *0 heures du soir : Ségnr it-68
Registre de Commerce ; Seine S* 78,58a
Fondateur : ÏIEIVRI VÀUGEOIS — Directeurs politiques : LÉQ1\ DAUDET et CHARLES MAURRAS —- Rédacteur en chef : MAURICE PUJO
le Flaonter.
bouche-trou et diversion
Pujo a immédiatement dégonflé la pi
toyable diversion du sieur Le Flaouter,
libraire anarchiste et indicateur de la Sû
reté générale. Ce personnage hybride — et
connu comme tel — n'est intervenu, tardi
vement, que contraint et forcé, pour bou
cher le trou des quatre-vingt-trois francs
\ trouvés dans le portefeuille vide de notre
malheureux enfant dévalisé; et aussi celui,
autrement gravej de l'emploi du temps du
samedi, jusqu'à quatre heures; et enfin pour
ajouter quelque poids à la fable du chauf
feur Bajot, quant à la prise en charge de
Philippe place de la Bastille. Il y a, en
effet, de bonnes raisons de penser : 1° que
Philippe n'est pas venu, dans l'après-
midi, chez le libraire, ou l'attendaient
lef det-huit 1nspkctf.wrs jw- î..v sustetv;
générale; 2° que Philippe a été assassi
né ailleurs, précisément a ce moment-la.
Je n'insiste pas sur la visite d'identifi
cation de l'anarchiste-indicateur Le Flaou
ter à Laribôisière, dont il a été bien em
barrassé d'indiquer la véritable inspiration
et le vrai mobile.
Néanmoins, la déposition, sans dçute
partiellement véridique (quant à la visite
matinale du samedi), du sieur Le Flaouter
présente, quant à l'ensemble de cette affaire
criminelle, dont notre pauvre petit garçon
a fait les frais, le plus vif intérêt. Elle est
a retenir et à examiner dans, tous ses
détails et dans toutes ses invraisemblances,
aux mêmes titres que celles du chauffeur
Bajot, de Georges Vidal et de Gruffy. Je
ne doute pas qu'elle retienne l'attention,
perspicace et sévère, du juge pénétrant
qu'est M. Barnaud. Un magistrat de sa force
psychologique tire peut-être encore plus de
ce que lui apporte le désarroi spontané des
comparses que de ce qu'il va chercher chez
les exécutants.
Le sieur Le Flaouter apparaît comme
placé, à l'heure de l'accomplissement du
crime, dans la même position que le sieur
Vidal, administrateur du Libertaire, à la
minute du déclenchement de la machina
tion criminelle. Il est, au samedi, ce que
Vidal est au jeudi. L'un et l'autre, anar
chistes et indicateurs, ont la main sur le
téléphone communiquant avec la Sûreté
générale. Je m'en tiens, actuellement, à
cette constatation de fait.
Après, comme avant la déposition Le
Flaouter, la double question demeure : Où
la pauvre petite victime, harassée de
fatigue et de sommeil, dévalisée, la tête
perdue, a-t-eixe passé la nuit du ven
dredi au samedi ? Ou a-t-elle déjeuné (si
elle a déjeune), le samedi matin, et passé
les trois heures precedant le moment
ou le gardien de la paix, requis par
Bajot, boulevard Magenta, l'a trouvé
pantelant dans le taxi?
Nous avons une affirmation des gens du
Grenier de Gringoire et du très suspect
Davray, disant que l'enfant A Dû passer la
nuit aux Halles et qu'il est venu au caba
ret sanglant le samedi matin. La première
conjecture ne compte pas. La deuxième
déclaration, étant contrôlable, est sans
doute exacte. Dë même est, sans doute,
exacte l'affirmation du libraire-indicateur
Le Flaouter quant à la première visite,
celle de la matinée du samedi. On peut
donc admettre que l'enfant, entre neuf-
heures et onze heures et demie, a été au
Grenier de Gringoire, puis au boulevard
Beaumarchais. Mais avant, et après, où
est-il allé, où était-il ?
C'est de la réponse à cette dernière ques
tion que dépend, manifestement, la solu
tion du problème criminel. Une lueur peut
nous guider dans cette nuit : le sac de
l'enfant, contenant son maigre trousseau,
a été retrouvé 3, rue de Chartres, exacte
ment derrière l'hôpital Laribôisière, chez
l'anarchiste Gruffy. Ce fut là un coup de
maître, dans les recherches opérées par
M. Faralicq. Connaissant notre petit gar
çon comme nous le connaissions, la mère
et moi, nous ne pouvons admettre, une
minute, qti'il se soit séparé, en son esprit,
du sac, lié, dans son imagination de fugueur
précoce, au lointain mirage du Canada, et
à la partie non commandée, spontanée.
de son équipée maladive. Il nous paraît
tout à fait invraisemblable que, dans sa
détresse financière et morale (combinée et
exploitée par ses bourreaux), il n'ait pas
cherché à retrouver au moins son sac.
Léon DAUDET
Député de Paris.
Hier, Lille patriote
a signifié au traître
Malvy qu'elle ne vou
lait pas revoir les Bo
ches.
La manifestation des agents
Les membres du bureau 'des médaillés
-militaires de la préfecture de police, réu
nis textraordinairement le 15 courant, ont
voté à l'unanimité la résolution suivante :
« Indignés des événements qui se sont
produits le 11 décembre dernier, réprou
vant les agissements de certains égarés,
envoient à leurs chefs l'assurance de leur
indéfectible attachement et de leur entier
dévouement.
« Le président : Hoj.lander,
i brigadier, du 11° arrondk$emep.U *
Comment
Philippe Daudet
est-il mort ?
LE CAS DE LA SURETE
S'il est un inciderlt qui était de nature
à donner un intérêt nouveau à l'histoire
de la mort tragique de Philippe Daudet,
c'est bien la déposition du libraire-policier
du boulevard Beaumarchais. Or il est im
possible qu'on n'ait pas été frappé de
l'extrême discrétion avec laquelle certains
journaux-en ont parlé hier matin. Les
Français les plus prévenus ont pu saisir là,
de leurs, yeux, ce que vaut le fameux prin
cipe de la liberté de la presse qui est line
des bases du régime. Il n'y a pas que les
anarchistes qui soient tenus par la Sûre
té générale. *
En dépit de tout, comme on le verra aux
extraits reproduits par notre Revue de la
Presse, la vérité est sortie. Il a fallu la re
connaître, aveuer que nous n'avions pus
exagéré, et le "public qu'on essayait d'en
dormir, se dira qu'il y a encore plus de
choses dans la police et dans l'anarchie
que n'en révélaient les prétendus « ro
mans policiers » de l'Action française.
Après la publication, faite par nous, des
termes mêmes de ses rapports qui se trou
vent au dossier de l'instruction, la Sûreté
générale ne pourra pas nier ce qui est déjà
établi. Elle cherchera seulement à expli
quer l'étrangeté de sa conduite en cette
affaire. Elle donnera d'autres causes au
bruit d'attèntat qui a couru dès le jeudi
soir, aux mesures prises par elle à la Cham
bre dans l'après-midi du vendredi. Elle as
surera qu'elle ne savait rien avant le sa
medi et qu'elle ignora même ce jour-là
qu'il s'agissait du fils de Léon Daudet. Il
lui faut en effet échapper au terrible re
proche d'avoir su cet enfant aux mains des
criminels ennemis de son père et de l'y
avoir laissé pour voir ce qui arriverait.
Hier soir, elle rectifiait l'effectif des ins
pecteurs envoyés par elle boulevard Beau
marchais. La surveillance établie aurait
compris : M. Delange, contrôleur général
des Recherches, M. Blondel, commissaire
de la Sûreté, et huit inspecteurs. C'est seu
lement un peu nlus tard qu'ils auraient
reçu des renforts envoyés par M. Guichard
dès qu'il v eut quelqu'un au téléphone de
la Préfecture de police.
On ne s'en étonnera pas moins que tout
ce monde ait ete mobilisé pour les propos
d'un enfant exalte après» un conseil de
guerre qui avait réuni les plus hautes au
torités de la Sûreté, si l'on ignorait le nom
de cet enfant. On ne croira pas davantage
que les agents de la Sûreté et leurs chefs
qui composaient la souricière, aient pu
laisser échapper sous leurs yeux celui
qu'ils cherchaient sous prétexte qu'on ne
leur avait pas indiqué exactement la nuan
ce de son pardessus.
Hélas ! pourquoi a-t-on retrouvé ce par
dessus à Laribôisière ! Le Flaoutter aurait
ajouté à son récit que Philippe le lui avait
laissé pour les 80 francs qu'il lui avait re
mis. Tout s'expliquait ainsi : la générosité
incroyable du libraire, la méprise des ins
pecteurs de la Sûreté, l'affirmation du
chauffeur Bajot. C'est à croire que c'était là
le programme primitif...
AU « LIBERTAIRE »
C'est avec une certaine curiosité qu'hier
matin nous avons ouvert le Libertaire. La
feuille des assassins anarchistes qui, jeudi
dernier, bouffonnait devant notre affirma
tion que l'un des siens avait avisé la Sû
reté, n'est pas fière. On peut même dire
qu'elle est effondrée, et, dès hier soir, VIn-
transigeant n'avait pas tort de trouver son
attitude étrange.
Le compagnon Le Flaoutter — qui est
bien le Flotter des chèques Zalewsky — le
secrétaire général du Comité pour l'amnis
tie, le militant dont la boutique était, avec
celle de la rue Louis-Blanc, un des
deux centres de l'anarchie parisienne, de
vient, dans l'article consacré hier par le
Libertaire à sa déposition, tin libraire
quelconque du boulevard Beaumarchais.
On résume en quelques lignes cette déposi
tion sans souffler mot de sâ visite à la
Sûreté et l'on ajoute d'un style morne ces
lignes auxquelles les lecteurs non^ préve
nus de cette feuille n'ont rien dû com
prendre :
Après une telle déposition, nous posons cette
question : « Est-ce que Philippe Daudet s'est
bien suicidé ? N'a-t-il pas-été assassiné par la.
police ? Pour quelles raisons ? Au service de
quelle personnalité se trouve donc la police qui
aurait exécuté ce meurtre ignoble ? »
Autant de points d'interrogation que nous po
sons avec la même loyauté qui nous a guidés pour
révéler l'identité du jeune mort qui nous avait
approchés.
Et aucune, considération- ne nous arrêtera pour
révéler les lambeaux de vérités que nous décou
vrirons, quelles que soient les conséquences de nos
révélations^
La lumière avant tout, toute la lumière.
•"La -lumière» ils l'auront bientôt plus com
plète qu'ils ne le désirent. En attendant,
remarquons la menace et le chantage sour
nois : « Au service de quelle personnalité
se trouve donc la police qui aurait exécuté
ce meurtre ignoble 1 t> Ce qui veut dire : si
nous sommes pris, nous ne le serons pas
tout seuls ; nous sommes tenus, oui, mais
nous tenons aussi... Ainsi parlait Almerey-
da. Qui trouvera-t-on au bout de la chaî
ne ?
Maurice PUJO
Le Denier de Jeanne d'Arc
CINQUANTE-SIXIEME LISTE (Suite)
Transmis par A. Castelbert, de Toulouse : Pour
le salut national, P. Saïgas : 5 fr. — Pour passer
la Gueuse « à tabac ». A. T.: 2 fr. — A la mémoi
re de mon bien-aimé père, Lya Lajus: 12 fr.
Section d'A. F. de Carcassonne ; Pour que Char
les Ebelot ait des disciples : Roger Mondin: 10 fr.
— Joachim Berga: 5 fr. — Roques: 10 fr. — Geor
ges Riart: 20 fr. — Joseph Fourès: 20 fr — Doc
teur Gazais: 20 fr. — Louis Cazals: 10 fr. — Jour-
net, père: 10 fr. — Journet, fils: 5 fr. — Andrieu:
10 fr. — Michel Talmié: 20 fr. — Montsarrat: 5
fr." — Jean Aubry: 5 fr. — Marcel Ruel: 20 fr. —
Rue! frère: 20 fr. — Siméon Joseph: 10 fr.
• (A suivre).
AVANT LE PROCES
On a lu plus haut la note embarrassée
et consternée, suant la peur à la fois et
le chantage, par laquelle les malfaiteurs
du Libertaire ont repondu aux récentes
révélations de l'instruction qui ont con
firmé les nôtres.
Mais leur -vraie réplique ■ n'est pas là.
Elle est dans un article voisin signé
« L'Union anarchiste ». Par un procédé
classique de provocation, ils inventent
que les Camelots du Roi ont l'intention
de manifester dans la rue contre la meui'-
trière de Plateau et, sous ce prétexte men
songer, ils appellent la tourbe anarchiste
à « plaquer le boulot- pour venir se
caser dans les cafés environnant le Pa
lais de Justice &.
Nos amis ont des métiers et des travaux
plus sérieux que le « boulot » des gens
du Grenier de Gringoire. Qu'ils ne les
abandonnent pas. Nous nous chargeons de
faire face de la bonne manière aux em
buscades des assassins de Marius Plateau
et de Philippe Daudet.
Mais,. cônime lés faits l'ont démontré
hier, les anarchistes sont, aux mains^de
la "Sûreté générale : ce ne peut < tu. is
sa permission qu'ils ont osé cette mena e
Nous avertissons donc M. Maunourv :
il est ministre de l'Intérieur ; au cours
de la semaine qui commence, c'est lui
qui sera responsable de l'ordre.
L'ACTION FRANÇAISE.
Les témoins de la défense
Voici la liste dès témoins de la défense,
cités à la, requête de la fille Berton :
Général Sarrail, MM. Romain, sous-préfet ; Ha-
mon, Gustave Kahn, Debierre, Herriot, Ramel,
Zerner, Blanchot, Fouchet, Mme Thermeau, MM.
Simon, secrétaire, de mairie à St-Pierre-des-Corps;
Bàrtori, Marc Sangnier, Vaillant-Couturier, Mme
Morand, MM. Loréal, Aulard, Content, Christin,
■Fontmy, Favre, Noël Gamier, Lecoin ;
M. Dubarry, Mme Colomer, MM. Georges Vidal,
Sabiani, Longuet, Grisoni, Gaucher, Berthon, La-
font, Marchand, Lazurick, Kobidet, Guespin, avo
cat à la Cour ; Poncet, Vallier, Alexandre Blanc,
Pradin, Marlio, Sébastien Faure, Flotter (le li
braire-policier), Le Trocquer, conseiller municipal
de Paris, Madeleine Marx, M. Cachin ;
MM. André Marty, de Larapidie, Lœwel Pierre,
de Moro-Giafferri, ■ Paul Boncour, colonel Gérard,
Frossard, Jouhaux, Mme Séverine, MM. Le Foyer,
Gouttenoire de Toury, Basch, Pierre Hamp, Mar
tial Boyer, Barbusse, Pioch, Rappoport, Méric,
Viollette, Léon Blum, Moutet, Urbain Gohier, Fer
dinand Buisson, Guernut :
MM. Robert de Jouvenel, Dominique, Lagasse,
de Lafègle, Judet, Pierre Bonardi, Pierre Moutier,
Dutailleux.
4»—,—.
ECHOS
LES FAITS DU JOUR
— La réponse française à la note remise
par M. von Hœseh a été transmise hier à Ber
lin.
— M. Georges Clemenceau est victime d'un
accident d'automobile.
— A Lille, les patriotes manifestent contre
le traître Malvy qui venait prononcer un
discours.
Le conseiller Pressard, qui doit présider les au
diences du procès de la fille Berton, prend ses
précautions d'avance. Les cartes de journalistes et
de dessinateurs devront être revêiues de la pho
tographie de leurs titulaires, cela afin d'empêcher
le petit trafic, par trop commode, des cartes, qui
s'était déroulé, à Versailles, lors de l'affaire Lan-
dru et qui avait abouti à remplir la salle d'une
foule quelque peu indésirable : les représentants
de certains journaux — d'une existence plutôt
éphémère ou problématique — après avoir été oc
cuper leurs places, déléguaient l'un des leurs pour
remettre, au dehors, le bienheureux carton à leurs
amis, amies et connaissances.
.M. Pressard désire que ce précédent fâcheux ne
se reproduise plus. Qu'il soit loué ! Il n'a, pour
cela, qu'à rompre avec la tradition de mollesse et
de veulerie des présidents d'assises ; il n'a qu'à
prendre son rôle au sérieux, il n'a qu'à présider
ai t
Les Griottes au kirsch de Fourey-Galland sont
des merveilles. Fourey-Galland, chocolatier de luxe,
124, Foubourg Saint ; Honoré, à l'angle de la rue de
Penthièvre. Téléphone : Elysées 10-36.
* *
Au Lys Royal, 13, rue de la Pépinière,
gourmets et connaisseurs trouveront, luxueuse
ment présentés dans des boîtes et coffrets de haut
goût, des chocolats exquis.
« SES BAPTÊMES CIIOCOI.AT »
* *
Genitrix.
C'est aujourd'hui que le nouveau roman de
François Mauriac Genitrix paraîtra aux « Ca
hiers Verts f.
En même temps que l'édition des « Cahiers
Verts » sera mise en vente une édition courante
de grande circulation, illustrée d'un bois de
Carlègle. <
i—■■■ '■^ii 'i ■
M. Georges Clemenceau
victime d'un accident
Les blessures de M. Clemenceau ne mettent
pas sa vie en danger
Saint-Germain-en-Laye, 16 décembre, —-
M. Georges Clemenceau, ancien président
du Conseil, a été victime, cet- après-midi,
à 3 h. 30, d'un accident d'automobile.
La voiture dans laquelle se trouvait l'an
cien président du Conseil, et qui revenait
dans la direction de Paris, est entrée en
collision, sur la route de Quarante-Sous, à
12 kilomètres environ avant d'arriver à
Saint-Germain-en-Laye, avec une autre
voiture. Sous la violence du choc, toutes les
vitres de la voiture qu'occupait M. Cle
menceau ont été brisées et l'ancien prési
dent du Conseil a été blessé à la lèvre, aa
nez et sur le front par des éclats de vitre.
D'abord transporté à l'hôpital de Saint-
Germain, où on lui a fait des points de su
ture sur trois plaies qu'il portait au visage,
l'ancien président du Conseil était recon
duit quelques instants plus tard à son do
micile, rue Franklin où son frère, M 0 Al
bert Clemenceau se rendait aussitôt.
Hier soir, à 23 heures, l'état de M. Cle
menceau ne semblait pas inspirer "d'in
quiétude. L'ancien président du Conseil
reposait et les docteurs n'étaient convo
qués que pour ce matin.
LA POLITIQUE
I. L'Etat et les gardiens de la paix
Nous avons reçu une bonne lettre. Elle
vient de l'Association professionnelle du
personnel de la préfecture de police, d'où
sont partis les manifestante de mardi.
D'abord, ils n'étaient pas cinq cents,
comme on l'a dit. Ils étaient cinq mille,
Sur 12.000 gardiens de la paix, la propor
tion serait coquette si elle était exacte.
Je n'en sais rien. Voici mon texte :
« Je vous serais très obligé de vouloir
bien compléter par les précisions suivan
tes les communiqués fournis par la Pré
fecture de Police au sujet de la manifes
tation du 11 courant et tendant à laisser
croire que c'était là l'action de 4 à 500
exaltés parmi les gardiens de la paix.
« La vérité est tout autre, les policiers de
tous les services convoqués à un compte
rendu qui devait avoir lieu 2; quai de Sè
vres, étaient au nombre de' 5.000 environ
et leurs intentions n'étaient pas de troubler
' ordre ; les paroles prononcées par moi en
présence d'un conseiller municipal en font
foi. Ils ne voulaient que démontrer aux
Pouvoirs Publics leurs désir légitime de
pouvoir vivre de leur fonction, eux et leur
famille. »
Nos sergents de Ville usaient donc « sim
plement » du droit que tous les dépositai
res de l'autorité de l'Etat se sont arrogé de
faire opposition à l'autorité de l'Etat. Ces
nouveaux féodaux ne paraissent pas sen
sibles à l'absurdité d'une telle opposi
tion. Ce n'est pas de leur faute, l'Etat, leur
chef, ne le leur a jamais appris. C'est
l'Etat qui aurait dù se charger de leur édu
cation administrative ou juridique et les
avertir longtemps à l'avance, qu'une
telle manifestation de leur part ne pou
vait être tolérée parce qu'elle ne pouvait
pas être.
Nos correspondants ne songent qu'à se
disculper des faits de .violence ou de bru
talité. Il paraît que tout se serait passé
tranquillement si le. démon n'eût envoyé
lin certain Martin, directeur-adjoint de la
police municipale, lequel aurait voulu à
tout prix des arrestations et des bouscula
des. Je n'y étais pas. Je n'en sais rien. Il se
peut que ce soit la faute à Martin, qui est
l'un des noms de Satan. On marchait tran
quillement vers la place de la Concorde,
« non pour envahir la Chambre des dé
putés », mais « simplement en signe de
protestation». A cent cinquante mètres,
ordre fut donné aux camarades de se dis
perser, ce qu'ils firent : c'est alors que
Martin et les hauts fonctionnaires dé sa
catégorie, perdant tout sang-froid, au
raient roué de coups de pauvres innocents
qui rentraient à leur domicile et les au
raient arrêtés au petit bonheur.
Telle est la version qui nous est adres
sée. Sans l'admettre, sans la contes
ter, je pose un problème. Beaucoup de pe
tits fonctionnaires de la police sont payés
misérablement. Par ce temps de vie chè
re, c'est très dur. Il est presque aussi
dur de constater dans l'Etat démocra
tique et républicain assez d'imprévoyance
et d'insouciance pour admettre un état
de chose pareil et pour n'en concevoir ni
honte ni crainte: c'est cependant par l'infi
délité des policiers que tous les troubles
sociaux ont commencé et recommencé.
Il est équitable d'ajouter que la démo
cratie et la République n'y peuvent rien.
On ne peut pas doter convenablement les
vraies fonctions d'Etat, armées, diploma
tie, justice, police, celles qu'il faut
vraiment que l'Etat paie, si l'on ne com
mence par retirer à l'État les fonctions
parasites qui lui coûtent et qui lui rap
porteraient si elles étaient rendues à l'ini
tiative privée. Aucune démocratie répu
blicaine ne saurait détacher de l'Etat les
services postiches qu'elle y, a enchaînés
une fois. Elle met là son point d'honneur.
Elle sent qu'il y a là une condition de sa
vie et de sa durée : sans les petits em
plois à donner aux électeurs, pas de bon
nes élections ! Il faut donc multiplier les
petits emplois sans utilité et lésiner cruel
lement sur les grands offices indispensa
bles.
Pour la même raison, la République a
couvert le territoire d'écoles pompeuses
qui n'ont pas diminué le nombre des illet
trés ; mais la voilà réduite à demander à
sa gendarmerie et à sa garde de payer sur
leur modique solde, jusqu'à leurs frais de
casernement !
Messieurs les membres de l'Association
générale et professionnelle de la préfec
ture de police, Messieurs les gendarmes,
et vous mêmes, Messieurs les gardes ré
publicains, vous n'arriverez à rien par
la République. J'ai dit.
II. Deux inactions bien combinées
Vous êtes boutiquier, avocat, concierge,
médecin, ou vous exercez l'une quelcon
que des industries qui rangent leur hom
me dans la catégorie des simples parti
culiers : que votre écliope, votre loge,
votre cabinet deviennent le. théâtre d'un
assassinat, d'un meurtre, d'une scène de
violence ou de simples menaces, vous est-
il jamais venu l'idée saugrenue de prendre
un auto-taxi pour déposer votre rapport ou
votre plainte place Beauvau, rue des
Saussaies, à la Sûreté générale? Non, vous
faites comme à Guignol, vous allez chez le
tommissaire, tantôt au commissariat pro
prement dit, tantôt, plus simplement, au
poste le plus voisin.
Le libraire anarchiste Le Flaouter-Flot-
ters a des goûts autrement distingués que
les vôtre :sur le vu. d'un adolescent excite,il
accourt au ministère de l'Intérieur, alerte
le plus haut fonctionnaire, et fait ainsi
rêver de l'importance et de la gravité des
collusions de la police et de l'anarchie.
Tout le monde sait grosso modo que
Paris est soumis à deux espèces de gar
des bien distinctes : l'une dépendant du
préfet, c'est la police proprement dite ;
,l'autre dépendant du ministre, c'est la po
lice spécialement politique ou Sûreté.
Le libraire anarchiste est allé à la Sû
reté plutôt qu'à la Préfecture, il savait sa
hiérarchie sur le bout du doigt.
On a vu, par l'admirable analyse que
Pujo a donnée de l'affaire, comment 'les
fonctionnaires de la Sûreté ont voulu gar
der pour eux l'intéressante histoire que
leur apportait Le Flaouter-Flotter. Il y a
d'ailleurs les plus graves raisons de pen-
*.
ser qu'ils étaient avertis déjà (par le librai
re ou autrement) de la présence de Philip
pe Daudet dans le monde anarchiste. Leur
inertie, à ce moment, est remarquable.
Presque aussi remarquable que l'inertie
et, le silence qui suivirent le drame. Les
plus légers indices trois lignes lues i dans
un journal aurons décidé le libraire à cou
rir vérifier à Laribôisière l'identité du
jeune « suicidé » de la veille. On est moins
ingambe à la Sûreté : on n'y a pas bougé.
Est-ce que cette inaction ne vous en rap
pelle pas une autre ? L'inaction de la Pré
fecture de Police, parbleu ! Dès le samedi
24 au soir, elle avait la note aux six adres
ses, elle s'en occupait, elle reconnaissait la
nécessité de prendre des renseignements
chez les personnes qui y étaient nom
mées, puisqu'elle envoyait un inspecteur
rue clé Grenelle, chez Mme Havard
de la Montagne, dont on avait lu le nom,
mais la prefecture se gardait d'envoyer
chez Maxime Real del Sarte ni a la Ligde
d'Action française . J'ai-demandé pour
quoi. Pourquoi, devant l'évidence- d'un
drame à desssous politiques, va-t-on chez
de simples particuliers en se privant de
prévenir l'intéressé le plus direct, l'inté
ressé politique ?
On peut redemander sur tous les tons > :
pourquoi ? Il n'y a toujours pas de ré
ponse. Mais voici le cas de formuler une
question nouvelle : par quelle merveilleuse
harmonie préétablie, la Préfecture et la
Sûreté dont on connait l'antagonisme tra
ditionnel, ont-elles pris dans cette : af
faire une attitude si parfaitement iden
tiques, silence et inaction, rue des Saus
saies, inaction et silence, quai des Orfè
vres ? Pour qui a l'habitude de leur jeu
divisé et parfois contradictoire, il est
bien curieux que la loi, la raison, l'hu
manité aient été violées si exactement et
de manière si semblable dans l'une et dans
l'autre maison. Cette concordance d'hor
loge fait penser à l'intervention d'un
commun horloger. Des ordres identiques
ont dû être donnés aux deux organisa
tions. De qui viennent ces ordres ? Il y
a un chef commun. Légalement, c'est M.
Maunoury. Je ne crois pas M. Maunoury
un scélérat. Mais il a des scélérats autour
de lui. Il a, également, autour de lui, des
gens qui obéissent à des scélérats.: prédé
cesseurs et successeurs éventuels qui ont
gardé d'innombrables intelligences dans
Ce mauvais lieu. ' •
III. Place Beauvau-Elysée
Je ne repose pas la question du Liber
taire, elle est examinée de main de maître
plus haut. Mais j'observe que deux poli
ces, généralement désaccordées, ont mar-.
ché en trop bon accord du 21 au 25 no
vembre, et cet accord a abouti à couvrir,
pour parler modérément, une machina
tion atroce et à laisser asssassiner le fils
d'un des plus redoutables ennemis des
scélérats qui inspirent ou composent l'en
tourage de M. Maunoury.
" A la place de cet homme politique, je
ne serais pas rassuré. A la place de ses
collègues, je lui poserais quelques « pour
quoi » qui sont de bon sens. Ou manque
raient-ils de courage ?
Quelle que soit mon horreur de la Ré
publique, cause commune de la plus gran
de partie dë nos maux, je ne puis dési
rer que ce régime en France roule aux
sanglantes infamies du gouvernement de
Moscou. Je ne crois pas que les membres
du gouvernement aient envie de se désho
norer, eux et le régime. On attend un acte
de volonté de leur part.
L'opinion ne désire pas attendre trop
longtemps. Elle est impatiente et irritée
déjà. Ell(^ entrevoit trop de mauvais et lou
ches symptômes. Il y a, dans la presse
officielle la plus directement inspirée, des
signes de détachement et d'indifférence
cruels qui peuvent s'expliquer par beau
coup de sottise et quelque manque de
cœur, mais qui peuvent aussi correspondre
à ce désir du « point d'affaires » qui nous
a déjà valu bien des revers sur d'autres
terrains ! Mon scandale d'hier était la
lecture de la feuille d'Hervé, prenant ar
gent comptant tout ce qu'a raconté le li
braire anarchiste et enveloppant dans
une prétérition dédaigneuse « la version
de M. Pujo». Ce n'est pas la première fois
depuis quelques jours que cette lâcheté est
commise. Nous savons qu'elle n'est pas
commise spontanément. La feuille d'Hervé
n'est pas la feuille d'Hervé. C'est la feuille
de M. Millerand. Avec l'esprit pratique un
pen grossier que l'on prend quelquefois
pour un bon sens solide, M. le président
de la République pense, là-dessus comme
sur d'autres points, que le plus simple est
de ne pas faire justice, de ne pas rétablir
l'ordre matériel et moral offensé, de glis
ser et de passer à d'autres affaires. Cette
politique de myope infatué ne correspond
ni au droit ni aux faits. C'est une insanité.
Mais elle montre clairement que si la subs
tance grise du chef de l'Etat est de qua
lité un peu brute, il y a aussi de grosses
lacunes quelque part dans sa conscience.
J'oublie ce qu'ont dit ou écrit les divers
Dangeau de l'Elysée et je demande si
M. Alexandre Millerand a des enfants,
des-parents, une famille, des amis, des
liens personnels de tête et de cœur : les
■mots d'ordre qu'il donne à sa presse dé
notent un degré d'inhumanité qui peut
convenir au régime, mais qui donne
une fois de plus un démenti direct à cer
taine légende de droiture et de bonhomie.
Charles MAURRAS
P.-S. —- L'espace et le temps font dé
faut pour citer et commenter les derniè
res révélations de l'Humanité sur «l'abo
minable vénalité de la presse française».
A demain, tout au moins quelques citations
savoureuses ! — Ch . M.;
UNE REUNION REGIONALISTE
Une importante réunion a eu lieu, di
manche, au Théâtre de Besançon, en faveur
de l'union administrative des trois dépar
tements de la Franche-Comté : Doubs,
Jura et Haute Saône, auxquels pourraient
s'unir, s'ils le désiraient, l'Ain et le ter
ritoire de Belfort. On y a préconisé les
échanges de vues entre les tribunaux de
Commerce, les Chambres de Commerce et
les Conseils généraux des départements in
téressés.
M. MARX
EST EN RETARD
Jusqu'au 11 janvier, mettons même jus
qu'en novembre, les Allemands de Berlin,
de Londres et de New-York nous ont tenus
sous le prestige de cette formule massive :
pour que l'Allemagne puisse payer, il faut
d'abord qu'elle ait une monnaie saine et
des finances normales. De là les moratoires
et les réductions de Spa, de Boulogne, de
Londres, de Paris. En effet, si l'on posait
en principe la bonne volonté du Rieich, il
n'y avait pas autre chose à faire: attendre...
Depuis le 11 janvier, nous nous sommes
révoltés contre cette logique vicieuse. Et,
depuis lors, le Reich, les Etats, les partis,'
les chefs civils, militaires et économiques
de l'Allemagne ont follement mais défini
tivement démontré deux choses : 1° la
bonne volonté allemande n'existe et ne
persiste que dans la mesure, pendant le
temps et sur les lieux où persiste la
menace ; 2° en marge de l'effondrement
volontaire du Reich, auquel nous ne pou
vons rien, nous avons le moyen, en orga
nisant les paj's occupés, d'assurer aux
Alliés la levée régulière de sommes limi
tées mais déjà considérables. Cette démons
tration nous a coûté onze mois d'efforts,
de périls, plusieurs cadavres et quelques
millions. Mais elle est faite : les industriels
ont cédé parce qu'il n'y avait pas pour eux
d'autre sortie. Ils tiendront parole parce
que la machine de contrainte qu'ils nous
ont amenés à construire reste près d'eux,
chez eux, menaçante. Le problème des
réparations, dans la mesure où il était
solubïe, est résolu : il a suffi d'éliminer le
Reich.
Et voilà le moment que M. Marx choisit
pour affirmer à Paris que la participation
de ce Reich est nécessaire au bon fonction
nement économique de la Rhénanie, et pour
offrir à Bruxelles de discuter avec tous les
Alliés l'ensemble du problème des répa
rations ! M. Marx a du retard. Sans doute,
la république, même en Allemagne, n'est
point le régime de la cohérence ni de la
continuité. Il ne peut cependant « faire
abstraction » de la défaite de la Ruhr et
des enseignements qu'elle comporte, sous
prétexte que c'est son prédécesseur qui l'a
enregistrée. MM. Poincaré et Jaspar lui
souhaiteront poliment bonne chance dans
ses efforts de redressement financier. Mais
ils lui prouveront sans peine que nous pou
vons nous passer de lui, comme nous nous
sommes passés de M. Stresemann et autres
Cuno.
Par intérim : G. D.
XIII. - LA VIE CHÈRE
AUTRES CAUSES ;
AUTRES RESPONSABILITES
Sans préjuger des conclusions généra
les par lesquelles nous aurons à clore
cette enquête, nous pouvons, avant de
poursuivre, noter les principaux points
que nous avons déjà examinés et les élé
ments de solution qui. nous ont été ap
portés.
Du côté de la production, il nous est
apparu que la hausse était souvent infé
rieure à ce qu'on pense généralement.
Dans la plupart des cas, elle s'accorde as
sez sensiblement au taux de dépréciation
du franc, qui est actuellement de plus de
300 0/0. Encore pourrait-elle être réduits,
avons-nous vu, le plus souvent, si la plu
part des productions que nous avons exa
minées étaient mieux organisées.
D'autre part, nous avons remarqué,
d'après un grand nombre de témoigno-
ges, que la vie chère est presque fatale
quand une consommation forcenée dévore
tous les produits avec avidité, et, non seu
lement, ne recule pas devant les hauts
prix, mais encore demande elle-méniv: les
objets les plus luxueux et les plus chers.
Ce n'est certes pas cette catégorie de con
sommateurs qui serait fondée à se plain
dre de la vie chère — encore qu'elle se
plaise trop souvent à y trouver prétexte
aux récriminations les plus injustes,
voire les plus dangereuses ou même les
plus perfides : il n*en est pas moins vrai
que le problème de la vie chère existe
pour le grand nombre des braves gens.
C'est même, dans bien des cas, un pro
blème très douloureux. Nous n'en voulons
pour preuve, entre tant d'autres que nous
pourrions produire, que cette lettre d'un
officier supérieur à la retraite.
« Ce qui est» certain, c'est que le prix
de la vie a, depuis le mois de juillet 1914,
pris une ascension affolante, tandis que
les ressources des . pensionnés de l'Etat,
sont, pour la plupart, restées les mêmes,
quand elles n'ont pas diminué.
« Prenons, pour termes de comparaison,
certaines denrées de première nécessité :
Avant 1914
Œufs, la douzaine : 0 fr. 90. — Lait, le
litre : 0 fr. 20. — Pommes de terre, les
100 kilos : 5 fr. — Viande (1" qualité),
le kilo : 2 fr ; 2° qualité : le kilo : 1 fr. 20.
— Poulet, la paire : 4 fr. 50. — Charbon,
les 100 kilos : 4 fr. — Pain, le kilo ;
0 fr. 35. — Beurre, le kilo : 2 fr. —
Filet de porc, le kilo : 2 fr. — Poireau,
les 25 : 0 fr. 50. — Lentilles, le kilo :
0 fr. 70. — Vin, le litre : 0 fr. 30.
E n decembre 1923.
Œufs, la douzaine : 9 fr. — Laii, le
litre : 0 fr. 80. — Pommes de terre, les
100 kilos : 48 fr. — Viande (1" qualité),
le kilo : 14 fr. ; 2* qualité, le kilo* : 8 fr.
— Poulet, la pièce ; 15 fr. —- Charbon,
les 100 kilos : 300 fr. — Pain, le kilo :
Voir VAclio .i française «les 1, 7, »? 10, 15, 18,
20, 25, 26, 29 novembre, 2, 4, 10 décembre.
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