Titre : L'Action française : organe du nationalisme intégral / directeur politique : Henri Vaugeois ; rédacteur en chef : Léon Daudet
Auteur : Action française. Auteur du texte
Éditeur : Action française (Paris)
Date d'édition : 1923-12-14
Contributeur : Vaugeois, Henri (1864-1916). Directeur de publication
Contributeur : Daudet, Léon (1867-1942). Directeur de publication
Contributeur : Maurras, Charles (1868-1952). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb326819451
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 14 décembre 1923 14 décembre 1923
Description : 1923/12/14 (Numéro 347). 1923/12/14 (Numéro 347).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG87 Collection numérique : BIPFPIG87
Description : Collection numérique : BIPFPIG69 Collection numérique : BIPFPIG69
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k7617972
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, GR FOL-LC2-6354
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 18/01/2011
X
\
Seizième année. — 1S° 34|
3 EDITION DU MATIN
yendredi 14 Décémlirè 1923
IBcentimcs. S eitib jjt S bihe-bt- O isb
20 centimes. D épartements et C olonies
ABONNEJfENiTS : Un As. Sis Mois. TreisMois.
France et Colonies. AS fr. a5 fr. i3 fr.
Etranger . ... . . 8a .» 4a » aa »
Chèque postal • Comptç a3.goo Paris;
ORGANE DU NATIONALISME INTEGRAI^
« Tout ce qui est national est notre . t
Le Duc d'ORLÉANS-
r ^ héritier des quaraulo Xlois qui en mille uns tirent la France.
BÊDA.GTION k ADMINTSTRATIOIÏ :
» i i, rue de Home, PARIS (8*)
Adresse félégraplûquo : A.GTIGFR AN-PAUIS
Téléphoné": Administration : Louvre sti-ic), a6-5o
: Rédaction. : Central 75^4 Publicité : Goatral" 74:77
Après'iç lipurep- du. so.ir : Sôgrur •
liegistr'o dti Coutsîcrue ; Seine
Fondateur ï HENRI VAUGEOIS t — Directeurs politiques : 3LÉON DAUDET et CHARLES MAUJIHAS —? Rédacteur en chef : MAURICE PUJO
Démocratie = liihiiiuaiiités !
Les Philistins réunis hier aux Sociétés Savantes avaierà
oublié ce verset de leur Prophète : *
4 Si vous né maintenez: pas aux élu*
des classiques une sorte de « prime
sociale », il est bien évident qu'elles dis
paraîtront devant des études plus fa
ciles, de même qu'en matière de circula
tion monétaire, c'est la mauvaise mon
naie qui chassera bonne.
JEAN JAURES
La
générale savait tout
L'emploi du temps
, "V Eiî neui jours ne recherches, en somme,
1 car ma plainte n'a clé déposée que le
mardi 4 décembre, la lellre atroce de
Yidal à ma femme étant du l cr j — deux
points importants ont cte acquis : le voyage
' inexpliqué de M 1 ""Coloïner a Marseille et
son; retour précipité avec les papiers de
Philippe, cachés dans son 'corsage, la sai
sie du sac de. l'enfant chez l'anarchiste
Gruffy, o,-rue de Chartres..Gruffy a dit que
les propos de Philippe et notamment « son
projet d'assassiner Léon -Daudet >> lavaient
jeté dans un trouble tel qu'il en avait, été
amené à. changer aussitôt de domicile.
. ,. J'ctais,féjwndil le témoin, si bouleverse par
■les propos qu& m'avait tenus Philippe Daudet, que
je çha.iigc(ii de. logis-» scitis faire aticiition ni ciu soc
ni. aux luibits laissés par lui. Je quittai la rue de
Chartres et j'allai habiter place Clichy. '
On n'aperçoit pas bien le lien de- cause
à effet. Sans doute pour être plus près de
.Vidal. Pas plus qu'on 11c voit . pourquoi
M 1!ID Colomer rapportait* en les dissimu
lant, lés .papiers de Philippe,, envoyés par
Vidal à sa •mère. Ce sentiment de panique,
chez Finie- comme chez .1 autre, ne peut
s'interpréter que d une seule façon : crainte
■ d'être iriipliqué de complicité dans une
; affaire criminelle dont on a eu coiuiais-
eance. v
Quoi qu'il en soit, remploi du temps de
notre malheureux, petit garçon est mainte
nant établi, à peu près, depuis son retour
du* Havre — îc jeudi après-midi ■—• jus
qu'au vendredi soir. . Mais ici commence
l'incertitude, car les' prétendus renseigne
ments, venus de l'entourage dé Davray et
du Grenier de, Gritigoire, sont, -naturelle
ment, très suspects'. Ces,gens affirment que
Philippe, après une nuit de déambulation
aux Halles, — dont on doit retrouver la
trace, —- serait venu se coucher, harassé,
au Grenier de Gritigoire; puis en serait
reparti quelque temps après. .-.Admettons-le-
provisoirement, sous réserve d. un con
trôle. Mais, de onze, heures du matin à
. quatre heures et demie, le samedi 24 no
vembre, où est allé l'enfant, qui a-t-il vu,
à qtii a-t-il parlé avant sa mort ?
On ne le retrouve plus que pantelant, la
lêle traversée d'une balle, dans un taxi aux
! yitres' relevées, où, au dire du gardien de
' la paix appelé, AtiGUN vestige i> odeuii ji-i
s de TUMÉE, consécutif a un coup 'de feu,
\ n' É tait relevé . D'ailleurs, la dame dont
' parlait Iè'chauffeur, et qui l'aurait pris au
.Stationnement pour- se faire conduire place
'.de la Bastille, ne s'est pas fait connaître.
(Enfin, je le répète, aucune, trace de balle
(du browning "dans un panneau ni dans une
ijritre.; Mai§ la critique du-, récit du chauf-
yfeur demanderait, à.elle seule, une étude
'à .part, eh raison de ses bizarreries et in
vraisemblances.
! Ainsi,-d'une part, la dernière nuit et la
{.dernière-journée de l'enfant demeurent en
} pleine obscurité. ' De l'autre, les filets de
lumière'découverts, jusqu'à présent, fepnt
;-extrêmement louches. •
' Une perquisition, opérée au cours de chant
- de Davray, passage lleilhac, sis entre la rue
id.u .Faubourg-Saint-Denis et: le boulevard
de Strasbourg, à deux pas du boulevard.
Magenta, n'aurait rien donné. Cependant
41 était indispensable qu'elle ..fût effectuée,
en raison du-rôle, encore non déterminé,
joué par le' directeur du Grenier de Crin-
goire dans-cette affaire,, après le rôle joué
par lui dans l'affaire de l'assassinat de
/Plateau. Aucune conjecture ne doit être
négligée quant à ce qui* concerne l'entou
rage de la .Berton, et l'on pense bien que
nous n'en négligerons. aucune. Les canni
bales de la presse anarchiste,, bolchevisté
ou radicale socialiste perdent leur temps
.et leur encre quand'ils s'indignent et voci
fèrent, ou menacen t," au sujet des efforts
que nous faisons,.tous, pour découvrir rapi
dement la icrité et seconder l'Instruction.
Leurs cris de colère, ont du moins pour
nous cpt avantage qu'ils nous ' indiquent
que nous : « brûlons ». Nous, avons, pour
nous diriger, ce fil d'Ariane : la. proximité
^du procès de la Berton, -rceuléj une pre
mière -fois, à *la demande de "la criminelle:
Léon DAUDET
' Députe de Paris.
. P.-S, — La manifestation des* gardiens
de. la paix, en civil, avant-hier, — quelle
que soit la légitimée de Igurs motifs de
mécontentement, — esL, un symptôme sé
rieux. Elle prouve, d'abord, que ni ' le
ministre-de l'Intérieur -ni le préfet de
Police ne connaissent un mot des deside
rata d.e .leurs agents de tous ordres, desi
derata réunis cependant et groupés, chaque
année, dans des ■ « cahiers » fort impres
sionnants. Elfe prouve, ensuite, que ni le
•: ministre de l'Intérieur ni le préfet de
Police ne connaissent l'état d'esprit véri
table d'une partie de leur personnel ni le
travail sourd opéré, dans ce personnel mal
rétribué et surmené,- par une petite partie,
gangrenée et virulente, de la police poli
tique de Lebreton et G 10 .
Ce n'est pas autrement que se préparent
les révolutions ou, tout au moins, les
émeutes d'agents d'autorité, éminemment
contagieuses, comme chacun sait. Je
souhaite, sans oser l'espérer, que le pré
sident Poincaré fasse enfin comprendre à
l'homme aimable, mais ignorant tout de
sa fonction, qu'est M. Maunoury, et au
préfet Nuudin (Laurent numéro deux) qu ? ils
doivent. céder la place à d'autres, 'plus
énergiques et plus capables. Je. le souhaite
d'autant plus qu'une émeute à Paris en ce
moment, — d'origine politico-policière —
aurait, au point de vue-extérieur, une gra
vité incalculable. L'Allemagne n'attend que
ça, ne guette'que ça.
Si les graves incidents de mardi n'éclai
rent pas M. Millerand et Poincaré, je me
demande ce qui les éclairera!
.- L. 1). '
—«USs-
Les avances (Je là Banque
de France à -PElat
Nous avons eu hier soir les déclarations
publiques que nous demandions à AI. de
Lastevric.
En effet, le.ministère- des Finances a
communiqué aux journaux du soir la note
suiyante • : . , .
L'information parue : dans certains journaux,
aux tonnes "do laquelle. »le gouvernement se pro
poserait de ne pas affecter le .montant du fonds
d'amortissement au remboursement des avances
de la Banque de France à 1 Etat, est entièrement
con trouvée.
Il est, - d'ailleurs, superflu de fairp remarquer,
que les cônveations réglant les rapports de l'Etat
et -de, la - Banque' de "France -ne peuvent être mo
difiés sans accord préalable entre les. deux parties
contractantes et sans l'assentiment du Parlement.
Nous sommes heureux de publier cette
déclaration qui, sous la forme d'un dé
menti, donne l'assurance que M. de Lastev
ric abandonne les. projets qu'il formait
ces jours derniers et dont il préparait
l'exécution.'
L'alerte est passée, liais il faut continuer
à veiller d'ici la lin du mois. M. de Lastey-
rie rappej2 que l'assentiment du Parle
ment-est nécessaire pour l'opération qui
était -projetée. Nul ne l'ignore. Mais nul
n'ignore qu'il y a au Parlement aujourd'hui
une majorité contre, les remboursements.
' Et l'on n'ignore pas que les présidents
des Commissions des finances de la Cham
bre et du Sénat; poussent M. de Lastevric:
à se procurer de l'argent par- tous les
moyens. ;
Les protestations de la presse ont amené
M. de Lasteyrie à une mesure négative.
Cette mesure ne; remplit pas le Trésor.
Nous maintenons donc tout ce que nous
avons dit hier et sur. quoi nous < revien
drons prochainement;.
" ■' ïs,' G eorges VALOIS
ECHOS
LES FAITS DU JOUE
—i L'Allemagne demanda à négocier.
.4 Is Chambre, l'interpellation Ybar-
négaray est ajournée.
—: Les troupes mexicaines ont pris con
tact avec les rebelles.
' .....
Pendant la représentation du Cirque de Paris,
l'autre soir, ,1e chansonnier montmartrois. Saint.
Granier, 'faisait, une elianson-improvisée. Au mo
ment où il demandait des rimes, une basse cra
pule de la haute finance lui donna le nom de'Dau-
det. ; aussitôt .la-salle entière> fut debout et cria
Qon.-indignation au voyou en smoking. . ,
* *
Le grand romancier anglais 'Wells, grand
admirateur, de Moscou, ne siégera plus aux Com
munes. 11 a essuyé aux dernières élections. une
défaite cinglante.
Son concurrent, un conservateur, s'appelait lui
aussi Wells. Devant cette affinité de' noms;, des
agents électoraux se promenaient avant l'élection
dans la ville en criant : .
«. Votoz pour Wells... celui qui no lit pas. dans
la lune. » . , .
Génitrix. ,
C'est lundi prochain 17 décembre, et non. lo
14 comme il avait été; primitivement annoncé, que
"le nouveau roman. de François, Maurice Génitrix
paraîtra aux « Cahiers \ erts ». :
lin même temps que l'édition « Cahiers Verts »
sera mise en vente une édition, courante de grande
circulation, illustrée d'un bois de-Carlègle.
Nous ne saurions trop recommander à 1 MM.
les bibliophiles: dé. se présenter chez leur libraire
dès lundi, s'ils tiennent à acquérir l'édition .ori-
pinalc: de • Génitrix . qui. est., l'édition .« Cahiers
Verts ». 11 est, vraisemblable, en effet,.qu'en rai.
son de l.a grande valeur du livre; cette- édition
sera épuisée le jour ..menu; de sa mise en vente.
❖ *
•v Peràgia , bottier, • IL - faubourg Saint-Honoré,
solde à partir du 17'décembre et pour quelques
jours seulement., sa. collection de modèles d'hiver.
Vente strictement au ..comptant.
Comment
PSiiSippe Baudet
esi4i mort ?
NOUS AFFIRMONS...
L'Action française -a. ]>osé le 12 décem-
hrc.nue série de questions -qu'elle transfor
me aujourd'lnii en - .affirmations..
L'Action française affirme que la pré
sence ihi jeune homme au , Libertaire et
i'intention i/u'il aurait manifestée de coth-
inellre un altenlat ont été communiquées
à la Sûreté i/énérale par un coup de télé
phone d'une personne appartenant aux
milieux anarchistes.
Elle affirme qu'à la suite de. cette com
munication, dès le soir du jeudi 22 no
vembre, le, bruit a couru, dans Paris, d'jtk
attentat préparé contre. M. Poincaré ; que
le. lendemain, vendredi 23, un service d'oih
dre particulier fut vn/anisé. à la Chambre,
elliu, dar*; l'aprca-midi du samedi
21, une surveillance importante fui établie
dans un quartier voisin de la Bastille.
L'AçUon française demande pourquoi
onze jours après l'ouverture de l'enquête
la liolice de sûreté n'a pas encore porté ces
fuity. A la connaissance de l'instruction.
//Action française. estime que les anar
chistes ont fuit, connaître eux-mêmes à
lu police les jirojets d'attentat qu'ils prê
tent an prétendu inconnu, soit afin de
provoquer l'arrestation du fils de Léon
Daudel, soit afin• de se préparer un
airiiLiy.c.nl en javeur de leur innocence
dans la morl de cet enfant*
Hier, -dans -leur feuille,- Les misérables
du Libertaire, ne, pouvant tout à l'ait pas
ser sous silence, nos questions de.,,ipardi,
en. reproduisaient une partie, et .pour
toute réponse, se contentaient de bouf-
lonner : « Le Libeiittire téléphonerait ;i
la .-Sûrelé générale !..." quelle profonde
ineptie !... » •
Nous retenons ce ■ démenti. • Les crimi
nels se sont crus jusqu'à- • présent assurés
que, malgré les contradictions, les absur
dités et tout ce: qui est inexplicable dans
leur version de la première heure —ia
justice et l'Action française né parvien
draient pas à établir la vérité. Ils ont
cru qu'ils n'auraient .'.pas besoin d'avoir
recours à leur explication à retardement,
à leur couverture -suprême qui est tout
de même un peu compromettante et un
pe.u- risquée : ils avaient prévenu la po
lice ! - ' . •
Mais nous arrachons leur-premier mas
que et nous voici en face du second. Il
laisse transparaître la vraie figure de ce
monile de l'anarchie, où, sur trois indi
vidus, il y a deux indicateurs de la rue
des Saussaies, le troisième émargeant sans
doute au <[uai des Orfèvres, ce qui ne les
empêche .pas, tous trois, de- passer aux
caisses de l'ennemi ; monde de paresse et
de vice où l'on n'a pas d'autres moyens
d'existence,' monde de trahison, de boue
et de sang ! - .
Le silence des anarchistes, puis le dé
menti qu'ils ont osé nous donner hier sont
accablants, pour. eux. Mais le silence de
la police-., au.- sujet • d'une' -affaire oii elle
était trop bien informée n'est pas moins
terrible pour. elle. Si on le rapproche de
son impuissance, à répondre aux ques
tions pressantes (le Maurras louchant son
étrange conduite devant la note aux six
adresses, on entrevoit des perspectives
singulièrement graves. M. Maunoury, mi
nistre-de l'Intérieur, il s'agit ici d'un
crime affreux r.. il-, ne '-suffira plus d'allé
guer que vous ignorez vos services ; votre
honneur est engagé à ce que toute la lu
mière soit faite. Nous saurons l'exiger
de vous.
L'INSTRUCTION
La journée de M. Baruaud devait être
consacrée hier iV l'audition de deux anar
chistes, familiers du Libertaire. Henri
I 7 aure et Férandel. Le premier seul est.
venu au cabinet du juge.
Henri Fa-ure. était--le vendredi 23 no
vembre dans, le bureau de Vidal lorsque
Philippe est arrivé. Devant lui, Philippe
aurait parle de son dessein de commet
tre un attentat et Vidal, co'mme lui-même,
l'en aurait dissuadé et lui aurait conseillé
le calme. Tous trois ont déjeuné ensem
ble au restaurant Roy.
Faure a. connu ce jour-là, dit-il, Je pré
nom du jeune inconnu sans avoir soup
çonné son identité. Lorsque, celui-ci eut
écrit la lettre destinée à sa mère, il l'att
rait tendue à Vidal, sans. l'avoir placée
sous enveloppe et sans même avoir plié
le feuillet en deux de-sorte qu'il put lire
au bas. la signature : Philippe;-' -. •
Ce serait vers 3 h. 30, au dire de l'anar
chiste, que Philippe Daudet serait parti du
Libertaire, après avoir donné rendez-vous
pour le soir à Vidal, au (irenier de Cli-in-
goire. Il ne l'aurait pas revu depuis.
'.Chaque-témoin-anarchiste répète à tour
de rôle'et de son mieux la version', signée
par Vidal dans le Libertaire du 2 décem
bre, Si soigneusement étudiée qu'elle-' ait
été avant d'être rendue publique, on a vu
qu'elle « accroche » en plus d'un endroit:
sur le rôle, d'abord caché, de (îrul'fy, sur
•la question du pardessus et des 83 francs,
etc., qui y forment d'énormes trons. Mais
là où elle n'est pas strictement contradic
toire, elle porte.'encore .(lés traces de sa
confection laborieuse ; telle est l'histoire
■ de la lettre à-la mère qui récriture de Philippe mais qui est du style
du Libertaire, —- cette lettre qu'ils disent
avoir, acceptée sans adresse, cette lettre
d'un inconnu à une mère inconnue et
.qu'ils' osèrent,-adresser tout droit à Mme
Léon Daudet !
Maurice PUJO,
L 'Â\P 0 L 5 TI Q U E
î. IVr. Maunoury cl M. Ybariicgaray
Jl. Maunoury ne se portait pas^bien au
début de la séance d'hier après-midi;, il a
repris des forces au crépuscule. .Ce\mi
nistre de. la Police (car le ininistèreNde
l'Intérieur ne signifie ]>as autre chose que
I'enseinhle de nos polices civiles), ce mi
nistre de la Police préside à des services
qiii lui font peu d'honneur : la -manifes
tation de mardi-Je rendait au moins ridi
cule, ij£s,..mysté.re J s. nombreux amoncelés
autour des affaires Berton, Gohary et Du
mas l'ont rendu suspect ; l'horrible- lac
de sang coagulé et de boue pestilentielle
que découvre l'assassinat de Philippe Dau
det, laisse voir elairenient de sombres vé
rités, la complaisance ou la complicité
des • polices, -la négligence - ou le scepti
cisme ou l'incapacité de- leurs, chefs, la
responsabilité générale de M. Maunoury.
11 a dit à M. Ybarnegaray que Je texte
de l'interpellation visait sans doute sa
personne. l;n peu f Très peu. 1-e vrai cou
pable n'est peut-être pas M. Maunoury,
c'est l'esprit de parti et l'esprit de bu
reau. Une confiance aveugle ne sait
donner qtie de „ détestables . conseils. Il y
a-là. une'démesure. 31. Maunoury Ja jus
tifiera par l'explication rilueile : son
attachement à la République. Si l'esprit
républicain, .trop longtemps indifférent à
la défense nationale, se détache aussi
cruellement de Ja défense sociale, de
la sécurité des personnes, de la pro
tection due à des enfants innocents, quelle
différence M. Maunoury laissera-td sub
sister entre l'esprit de l'Anarchie et l'es
prit de la République ?
Iï. Les lois électorales
Avec beaucoup déraison, notre col
laborateur parlementaire suit et: inter
prète les'débats-de-la Chambre à la faible
et-incertaine lueur de l'intérêt électoral
-qui 1 , anime les neuf dixièmes (les dépu
tés.' Ajoutez que la Chambre vou
drait -en iinir avec, les statuts électoraux
et qu'elle, ne suit pas comment s'y prc.n-
tïre : ses ennemis intimes, les plus grands,
les plus acharnés, ceux qu'elle compte
dans son sein, savent tout au contraire,
très bien, comment la l'aire trébucher.
On veut rendre le vole obligatoire.
Comme., l'instruction - .primaire. Est-ce
que le nombre croissant des illettrés ne
montre pas. l'inefficacité d'une obligation
dénuée de sanction ?
Et par.celle crise de la fonction et de
l'autorité publiques, entre quels gendar
mes spéciaux l'électeur va-t-ii être con
duit au scrutin '?
Tant mieux si le remède à l'abstention
nisme est là. J'en serais très surpris. .
IÏI. Le vote plural
Les avant-derniers débats, autour du
suffrage avaient été très confus. Une
habileté compliquée (le l'auteur du projet,
M. Roullcaux-Dugajfc, très digne représen
tant de, la subtile, et riche Normandie,
avait eu pour effet d'amalgamer dans la
même majorité les partisans du vote des:
femmes et ceux du vote 'du père de fa
mille au nom de tous les siens. (On ne
me fera pas écrire familial. Pas plus qu'in
terview.-) .le ne sais comment jouera (ou
jouerait) le système, en fait . Mais il pro
cède de principes contradictoires. Le
vote des femmes vérifie le principe in-
(lividualisle : un être humain, un vote.
Le vote domestique est issu du principe
communautaire et organique, celui qui,
considère non l'individu, mais le groupe
et l'ait de la famille, l'unité fondamentale
de la cité, la cellule première de Ja so
ciété.
Dans ce . principe, . c'est le père' et le
chef qui este en politique, aux noms et
titres de tous ceux qu'il représente au
civil. Selon J'attire principe, un élément
du groupe, du- couple, du l'oycr s'en dé
tache et fait bande à part, à titre de per
sonne indépendante. Dans un jirincipe
■ mixte -l'élément féminin ne vole plus
seulement pour son compte, il dispose du
suffrage dès filles, tandis que le père "ne'
réunirait que les voix des garçons ! Je re
nonce à dire .de -combien de façons celte
transaction me parait absurde et ataxique,-
On y reconnaît la marque et le sceau-per
pétuels de ce que Frédéric. Le Play nom
mait « l'erreur des honnêtes gens'».
Mais elle n'est ..pas corrigible^ Tout ce
qui se réfère à l'organisation du .Comman
dement-et de la-Puissance par l'élection
comporte-la même absurdité radicale.» Il
est absurde qu'un poivrot puisse voter et
■ qu'une, femme de génie ne .le puisse .pas.
Mais il est beaucoup plus absurde tic con
fier une part de la souveraineté au poi
vrot dénué de tout sentiment des intérêts
nationaux que de la refuser à Madame Sé
verine.. II n'y a , rien de plus- absurde
que de faire nommer : le supérieur par
inférieur et de demander à l'autorité
d'être elle-même alors qu'elle vient d'être
élue au profit avoué de l'insurbordina-
tien et de l'anarchie. Dans cet ordre oit
l'électeur est incompétent, oit sa préten
due souveraineté est dénuée de tout exis
tence réelle, les contradictions sont, irré
ductibles. ;
■Mais, changeons là compétence, de Té-
lecleur. Cessons de lui faire nommer un
chef ou un électeur de chef, comme c'est
Je cas véritable aujourd'hui : recevons ce
chef de la nature et. de l'histoire-, et. (le
vant ce souverain-né, dépositaire de l'au
torité, donnons à l'électeur le soin de. se
faire, représenter.'Qu'il choisisse, non ce-
Jui (lin .commandera, mais celui qui ex
posera ail Pouvoir préexistant ses intérêts
tels qu'il les sent et.-qu'il" les voit. Là. et
là seulement, la querelle du vote des fem
mes et du vote des familles s'apaise et
j se simplifie conformément , à une égalité
| qui ne choque pas la raison. Aux Etats gé
néraux que nous formons ainsi, la famille
cellule sociale, a le droit d'être représen
tée la,.;première; Elle l'est .naturellement
par son chef et.-comme nous ne vivons
pas sous le .régime .matriarcal, (lequel
vaudrait bien--mieux que le régi me du
ménage à deux chefs) il va de soi que le
mari ou le père, est 1 tout désigné par la loi
:Nl.e. nos nucurs. Eu l'absence du mari, la
Aiu'vc. En l'absence (lu père, la mère, l'a
foîten 'une--voLv. -Tous les autres intérêts
recelaient la même loi, abstraction bien
faite fhi'sexe. Comme, dans nos anciens
lîlats,- leK liefs possédés par* des femmes,
étaient représentés par leurs titulaires,
les monasteKçs de femmes par leurs supé
rieures, ainsi\pmnierçantes,' industrielles,
femmes avocats, femmes médecins, fem
mes profcsseursX représenteraient leurs
chaires, leurs cabinvfs, leurs maisons, leurs
usines. Une .seule clu)\e importé e!) effet, en
matière de représentât km sociale et natio
nale, non pas l'individu/^ niais la fonction,
quelque personne qui la détienne. Cela'i'eut
comporter des difficultés, kcs périls, des
excès des abus, - comme touK' chose hu
maine ". on "échappera à rahstrvdité pure,
tant .que la souveraineté ne sera jxis éinict-
tée ni -dissoute, -tant que, selon^ - sage'
maxime de-Renan, la décision suprême-
restera « séquestrée » en des régionVoù
puissent s'accumuler, même à défaut.d'huî
tres lumières, le .sentiment et la noUotv,
des instérèts vitaux du salut national.
L'absurdité politique commence, •• s'ac
croît,- décroît et varie selon que. com
mence, s'accroît, ou décroît ou varie, en
toute affî^re, la dose de démocratie.
Non pas que je refuse au peuple un
droit quelconque. Mais ' parce que, ce
droit de souveraineté, s'il l'a, ce que j'i
gnore, il ne l'cxei-'ec pas et ne peut pas
l'exercer. C'est une fantaisie labiale qui,
lin jour' ou l'autre, disparaîtra du voca
bulaire. « Mystification oppressive »,
mensonge ignoble, disait Comte. Tout le
monde finira nar !i
unira par le redire après lui.
IV. Mon vote "!
Mais enfin, dira-t-on. nous sommes sous
Millerand. non sous Philippe VIII. un cer
tain projet est On discussion à la Cham
bre ; si. vous étiez député, que feriez-vous
du -projet. Houlleaux-Dugage '?
J'en dirais tout le bien et tout le
mal. que l'on vient de voir. Cela éelairei-
rait les idées, " celles de la Chambre et
celles' du pays. Exercice qui n'a rien de
fâcheux. Après quoi (et ce premier de
voir tiendrait de la place et du temps), je
n'hésiterais pas à voler-l'expérience. Voi
ci pourquoi. En théorie pure, le projet
Roulleaux-Dugagc comprend cinquante
pour cent d'anarchie et cinquante pour
cent d'organisation. En . • pratique, dans
le brottillis des réactions des êtres vivants,
i! se peut que le principe individualiste
du vole des femmes l'emporte sur le prin
cipe. organisateur du vote du père et du
(•hef. Mais le contraire nie parait, malgré
tout; plus probable. Le courant se pro
nonce aujourd'hui dans le sens de l'orga
nisation. Le vole plural, si l'on a le'cou
rage,de l'établir, par la très précieuse iné
galité qu'il institue entre les citbvens-
rois, par. ce que- ce bon M. Pinard flétrit
comme « attentat au suffrage universel »,
ce vote sera secondé et favorisé par les J)e-
soins généraux, de plus en plus sensibles,
des hommes de France. Bref, je vote pour.
Sans illusion. Sans espérance. Renfor
cer Ja famille d-iinc part, la diviser du
l'autre, ce jeu en vaut-il la chandelle
Peut-être que oui. Peut-être que non. Pa
rions pour le bien, mais sachons que
c'est - un pari.
V. Contre la guerre qui vient .
Tandis que l'assemblée nationale se perd
dans ce inzantinisme, Je vieil, esprit aris
tocrate; la vieille organisation monar
chique d'Allemagne continu de se re-
•cqnstiluer militairement. M. de Guiller-
villc, correspondant sagace et bien placé,
écrivait à Ja date du 12 décembre au- plus
grand journal de la--République :
« La consolidation du nationalisme en
Allemagne se- poursuit...
« Inutile, de récriminer sur le
passé, ainsi que sur les résultais du con
trôle militaire interallié. Tel qiiil a fonc
tionné dès le début, nous l'avons prédit
en 1!)20, il ne. pouvait rien empêcher. »
C'est ce que nous disions aussi en 1Ô14,
au général Donnai qui. tout royaliste qu'il
élait, avait l'esprit imbu du principe na
poléonien des '« convention:: militaires »
les plus inopérantes-de foules !
<: En liesse et Bade, ...à quelques kilomè
1res-de nos postes-frontières, on fait des
exercices en cuinpugne. auxquels succè
dent des mium'iivres dans la Forêt-Noire,
qui durent,plusieurs jours. Ofliciers et sol
dats ont été cantonnés chez les /tai/sans, les
quels effrayés demandent : « Est-ce la
guerre qui recommence. ».
Les paysans ont peur de la guerre.
Comment Jaisse-t-on les militaires, les
professeurs,,les étudiants, les instituteurs,
les industriels et.lcs Juifs la préparer os
tensiblement:, à nos; portes ? Oui, jusque
dans la-zone, neutre ! Le colonel Reboul
n'avait pas tort de nous dire, l'autre jour,
qu'un' bon convoi d'aulos-camions, mené
où il faut, comme il i'aul, aurait raison
de bien des préparatifs de.dévastation !
On attend, que l'ennemi commence ';
Je sais. Mais il ne commencera que
lorsqu'il aura gagné quelque chance d'é
galité de forces. Et alors ce sera la guerre
justement ce qu'il faut éviter !" Comment
tous les pacifistes du monde ne supplient-,
ils pas la force française d'imposer la
paix ? ,
Charles M/ibRRAS
Pourquoi l'Alkiiiapc
demande à négocier
D ici peu de jour», -commencera* -l'en» .
qucle des experts sur la capacité de paie»
menl cle LAllcmagnc avec la participation
des Llats-Uiiis, .participation moins" qu'offi
cieuse : fibre et sans .responsabilités.', C'est
Je .moment que, -choisit le gouvernement de
Berlin pour-jouer..mie grande partie. Déjà
le chancelier Marx cl'Je ministre des
Finances Luther avaient jeté le cri d'alarme
devant Je peuple allemand. Aujourd'hui,
c i',-t devant fu Commission-des réparations,
lu Société des ÎNations et. le monde entier
que Je chancelier proeJame proclame que
le ileieh est a bout de forces. 'Ln même
temps, il se déclare prêt à entrer en'négo.
ciations avec la l'rance. pour ne pas s'esx-
posci au rcproclu; d intransigeance et jxiur
intéresser tous (M. chacun à* sa misère.
• On lie peut donner d'autre sens à la
comnituijcatiou ijui est annoncée do Berlin.
On ne-doit- paa aon plus'sa dissimuler qoe
la situation (économique et financière tlo
l'Allemagne est devenue réellement grave.
Lue enquête approfondie révélerait "sans
Xfoule que le'gaspillage général, celui de la
'"^(■démocratie et celui des magnats, a
p.recVjjité rinJIation, que Ja folle politique
de léHsUncc dans la Ruhr a dilapidé en
pute perte au moins douze milliards de
marks-or. .-loql. cela était guérissable. A.
1 oi iginç dè la catastrophe, il y a un aut^e
phénomène qu on découvre- mieux aujour
d'hui. .
Le problème qui'se-pose à l'Allema-rne
de i a maniera la pju.s.aiguë est déjà celui
qu (die avait à résoudre uvunt l'JJ.4, et
qu elle avait cru résoudre p-jr la - ••iuerÀ',
Po>|. Jinirj' vivre une industrl.; excessive',
nni%-'sc-iile^fcpa];ie ci" nojfrfir un paij *
mcdioçiei>M(W>. leriik' ■<,:! -«nrpeuplé, il faut
que les prix-? de revient, soient, m». Aile,
magne, hdùrinirs à ceux des attires-yays.
Le dumping de -!a j)ériod(' antérieure, à. la
guerre était devenu intolérable ; en 101L IV
191o a 1923, le, .dumping du. change IV
remplacé et ne pouvait être éternel. Ld
mark ayant succombé, le mark-rente, son
uccédanc, étant deja près de., mourir, force)
est de revenir aux prix calculés en or, c'est,
à-dire à la réalité.
Lt la réalité, c est que, les prix-or avant
monté dans le monde entier. la production
allemande -— les syndicats ouvriers eux.
mêmes font reconnu — ne pourrait inêmé
pas supporter des salaires égaux à ceux
de 191o. Celte situation a été expliquéa
tres-clairement. par l'économiste Ilodolp'ia
Dissmann dans le Journal des mines aile,
mandes ; « L appauvrissement général, dit*
il, rend nécessaire la réduction des salaires
d avant-guerre à un tiers. Sinon notre iir.
dustrie devra renoncer à concurrencer les
industiies étrangères. iVlais comment fairei^
Dira-l-on simplement que Je salaire sera
réduit d un tiers par rapjiort au-temps.dd
paix, que cette réduction, se traduira dans
le mouvement des prix cl que Jâ guéri'son
viendra.'' Mais, avant que la réduction des
salaires -ait pu produire ses effets, nos
ouvriers, même s'ils étaient pavés eu nioh*--
naie stable, seraient morts de\faim. Il'n'y
a, ,d ailleurs, pas d'espoir qu'ils acceptent
patiemment la mesure. II. est impossible
que, dans les conditions actuelles, Pou<
vrier \ ivc et fasse vivre les siens avec les
deux tiers de son salaire d'avant-tïucrre. ^
Aous- iiommes ici au cœtrr du probicTtiS
et nous n'avons aucun -intérêt, à Je dissî-
mulet ni atix autres ni à nous-mêmes,
L'Allemagne souffre d'hypertrophie. Ella
souffre (luit excès-d'industrie et. de popu.
lalion. Comment rcviendra-l-elle à l'équi
libré cl au normal, à travers quelles cou.
vuJsions ? C'est ce qu'il est bien difficile
de dire. Impossible de-méconnaître que,
là dedau.-,, nos réparations sonL comjiro'
mises. Qu'en rcsicra->il ? Plus vraiscmbla-
blcincnl quc ' j a'mais, ce q û& 'donnèiônt "noi
g^tges. Si f occupation de la Rulir u'exis*-
tait pas, il famirait l'inventer. Et mainte
nant que nous l'occupons, nous ayons; uni
raison, de plus de n'en pas laisser échappe!
le fruit dans les négociations que demande
le chancelier Marx. — j. B.
ABONNEZ- VOLS dans le premier bu'
reau de poste, ou par mandat-curie adressé
à noire numéro de chèques - postaux :
A ction f::anç;aisi ; 23.900 P aris . Les frais,
pour chèque.postal, ne sont que de. 0 fr. 25,
quel que soit le montant de la sommé
versée.
TAKIF DES ACO. vnkmems
1 au Cniois
France et Colonies.. Û8.» 25»
Etranger <32 » 42 »
3' mois
û i
22 4
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\
Seizième année. — 1S° 34|
3 EDITION DU MATIN
yendredi 14 Décémlirè 1923
IBcentimcs. S eitib jjt S bihe-bt- O isb
20 centimes. D épartements et C olonies
ABONNEJfENiTS : Un As. Sis Mois. TreisMois.
France et Colonies. AS fr. a5 fr. i3 fr.
Etranger . ... . . 8a .» 4a » aa »
Chèque postal • Comptç a3.goo Paris;
ORGANE DU NATIONALISME INTEGRAI^
« Tout ce qui est national est notre . t
Le Duc d'ORLÉANS-
r ^ héritier des quaraulo Xlois qui en mille uns tirent la France.
BÊDA.GTION k ADMINTSTRATIOIÏ :
» i i, rue de Home, PARIS (8*)
Adresse félégraplûquo : A.GTIGFR AN-PAUIS
Téléphoné": Administration : Louvre sti-ic), a6-5o
: Rédaction. : Central 75^4 Publicité : Goatral" 74:77
Après'iç lipurep- du. so.ir : Sôgrur •
liegistr'o dti Coutsîcrue ; Seine
Fondateur ï HENRI VAUGEOIS t — Directeurs politiques : 3LÉON DAUDET et CHARLES MAUJIHAS —? Rédacteur en chef : MAURICE PUJO
Démocratie = liihiiiuaiiités !
Les Philistins réunis hier aux Sociétés Savantes avaierà
oublié ce verset de leur Prophète : *
4 Si vous né maintenez: pas aux élu*
des classiques une sorte de « prime
sociale », il est bien évident qu'elles dis
paraîtront devant des études plus fa
ciles, de même qu'en matière de circula
tion monétaire, c'est la mauvaise mon
naie qui chassera bonne.
JEAN JAURES
La
générale savait tout
L'emploi du temps
, "V Eiî neui jours ne recherches, en somme,
1 car ma plainte n'a clé déposée que le
mardi 4 décembre, la lellre atroce de
Yidal à ma femme étant du l cr j — deux
points importants ont cte acquis : le voyage
' inexpliqué de M 1 ""Coloïner a Marseille et
son; retour précipité avec les papiers de
Philippe, cachés dans son 'corsage, la sai
sie du sac de. l'enfant chez l'anarchiste
Gruffy, o,-rue de Chartres..Gruffy a dit que
les propos de Philippe et notamment « son
projet d'assassiner Léon -Daudet >> lavaient
jeté dans un trouble tel qu'il en avait, été
amené à. changer aussitôt de domicile.
. ,. J'ctais,féjwndil le témoin, si bouleverse par
■les propos qu& m'avait tenus Philippe Daudet, que
je çha.iigc(ii de. logis-» scitis faire aticiition ni ciu soc
ni. aux luibits laissés par lui. Je quittai la rue de
Chartres et j'allai habiter place Clichy. '
On n'aperçoit pas bien le lien de- cause
à effet. Sans doute pour être plus près de
.Vidal. Pas plus qu'on 11c voit . pourquoi
M 1!ID Colomer rapportait* en les dissimu
lant, lés .papiers de Philippe,, envoyés par
Vidal à sa •mère. Ce sentiment de panique,
chez Finie- comme chez .1 autre, ne peut
s'interpréter que d une seule façon : crainte
■ d'être iriipliqué de complicité dans une
; affaire criminelle dont on a eu coiuiais-
eance. v
Quoi qu'il en soit, remploi du temps de
notre malheureux, petit garçon est mainte
nant établi, à peu près, depuis son retour
du* Havre — îc jeudi après-midi ■—• jus
qu'au vendredi soir. . Mais ici commence
l'incertitude, car les' prétendus renseigne
ments, venus de l'entourage dé Davray et
du Grenier de, Gritigoire, sont, -naturelle
ment, très suspects'. Ces,gens affirment que
Philippe, après une nuit de déambulation
aux Halles, — dont on doit retrouver la
trace, —- serait venu se coucher, harassé,
au Grenier de Gritigoire; puis en serait
reparti quelque temps après. .-.Admettons-le-
provisoirement, sous réserve d. un con
trôle. Mais, de onze, heures du matin à
. quatre heures et demie, le samedi 24 no
vembre, où est allé l'enfant, qui a-t-il vu,
à qtii a-t-il parlé avant sa mort ?
On ne le retrouve plus que pantelant, la
lêle traversée d'une balle, dans un taxi aux
! yitres' relevées, où, au dire du gardien de
' la paix appelé, AtiGUN vestige i> odeuii ji-i
s de TUMÉE, consécutif a un coup 'de feu,
\ n' É tait relevé . D'ailleurs, la dame dont
' parlait Iè'chauffeur, et qui l'aurait pris au
.Stationnement pour- se faire conduire place
'.de la Bastille, ne s'est pas fait connaître.
(Enfin, je le répète, aucune, trace de balle
(du browning "dans un panneau ni dans une
ijritre.; Mai§ la critique du-, récit du chauf-
yfeur demanderait, à.elle seule, une étude
'à .part, eh raison de ses bizarreries et in
vraisemblances.
! Ainsi,-d'une part, la dernière nuit et la
{.dernière-journée de l'enfant demeurent en
} pleine obscurité. ' De l'autre, les filets de
lumière'découverts, jusqu'à présent, fepnt
;-extrêmement louches. •
' Une perquisition, opérée au cours de chant
- de Davray, passage lleilhac, sis entre la rue
id.u .Faubourg-Saint-Denis et: le boulevard
de Strasbourg, à deux pas du boulevard.
Magenta, n'aurait rien donné. Cependant
41 était indispensable qu'elle ..fût effectuée,
en raison du-rôle, encore non déterminé,
joué par le' directeur du Grenier de Crin-
goire dans-cette affaire,, après le rôle joué
par lui dans l'affaire de l'assassinat de
/Plateau. Aucune conjecture ne doit être
négligée quant à ce qui* concerne l'entou
rage de la .Berton, et l'on pense bien que
nous n'en négligerons. aucune. Les canni
bales de la presse anarchiste,, bolchevisté
ou radicale socialiste perdent leur temps
.et leur encre quand'ils s'indignent et voci
fèrent, ou menacen t," au sujet des efforts
que nous faisons,.tous, pour découvrir rapi
dement la icrité et seconder l'Instruction.
Leurs cris de colère, ont du moins pour
nous cpt avantage qu'ils nous ' indiquent
que nous : « brûlons ». Nous, avons, pour
nous diriger, ce fil d'Ariane : la. proximité
^du procès de la Berton, -rceuléj une pre
mière -fois, à *la demande de "la criminelle:
Léon DAUDET
' Députe de Paris.
. P.-S, — La manifestation des* gardiens
de. la paix, en civil, avant-hier, — quelle
que soit la légitimée de Igurs motifs de
mécontentement, — esL, un symptôme sé
rieux. Elle prouve, d'abord, que ni ' le
ministre-de l'Intérieur -ni le préfet de
Police ne connaissent un mot des deside
rata d.e .leurs agents de tous ordres, desi
derata réunis cependant et groupés, chaque
année, dans des ■ « cahiers » fort impres
sionnants. Elfe prouve, ensuite, que ni le
•: ministre de l'Intérieur ni le préfet de
Police ne connaissent l'état d'esprit véri
table d'une partie de leur personnel ni le
travail sourd opéré, dans ce personnel mal
rétribué et surmené,- par une petite partie,
gangrenée et virulente, de la police poli
tique de Lebreton et G 10 .
Ce n'est pas autrement que se préparent
les révolutions ou, tout au moins, les
émeutes d'agents d'autorité, éminemment
contagieuses, comme chacun sait. Je
souhaite, sans oser l'espérer, que le pré
sident Poincaré fasse enfin comprendre à
l'homme aimable, mais ignorant tout de
sa fonction, qu'est M. Maunoury, et au
préfet Nuudin (Laurent numéro deux) qu ? ils
doivent. céder la place à d'autres, 'plus
énergiques et plus capables. Je. le souhaite
d'autant plus qu'une émeute à Paris en ce
moment, — d'origine politico-policière —
aurait, au point de vue-extérieur, une gra
vité incalculable. L'Allemagne n'attend que
ça, ne guette'que ça.
Si les graves incidents de mardi n'éclai
rent pas M. Millerand et Poincaré, je me
demande ce qui les éclairera!
.- L. 1). '
—«USs-
Les avances (Je là Banque
de France à -PElat
Nous avons eu hier soir les déclarations
publiques que nous demandions à AI. de
Lastevric.
En effet, le.ministère- des Finances a
communiqué aux journaux du soir la note
suiyante • : . , .
L'information parue : dans certains journaux,
aux tonnes "do laquelle. »le gouvernement se pro
poserait de ne pas affecter le .montant du fonds
d'amortissement au remboursement des avances
de la Banque de France à 1 Etat, est entièrement
con trouvée.
Il est, - d'ailleurs, superflu de fairp remarquer,
que les cônveations réglant les rapports de l'Etat
et -de, la - Banque' de "France -ne peuvent être mo
difiés sans accord préalable entre les. deux parties
contractantes et sans l'assentiment du Parlement.
Nous sommes heureux de publier cette
déclaration qui, sous la forme d'un dé
menti, donne l'assurance que M. de Lastev
ric abandonne les. projets qu'il formait
ces jours derniers et dont il préparait
l'exécution.'
L'alerte est passée, liais il faut continuer
à veiller d'ici la lin du mois. M. de Lastey-
rie rappej2 que l'assentiment du Parle
ment-est nécessaire pour l'opération qui
était -projetée. Nul ne l'ignore. Mais nul
n'ignore qu'il y a au Parlement aujourd'hui
une majorité contre, les remboursements.
' Et l'on n'ignore pas que les présidents
des Commissions des finances de la Cham
bre et du Sénat; poussent M. de Lastevric:
à se procurer de l'argent par- tous les
moyens. ;
Les protestations de la presse ont amené
M. de Lasteyrie à une mesure négative.
Cette mesure ne; remplit pas le Trésor.
Nous maintenons donc tout ce que nous
avons dit hier et sur. quoi nous < revien
drons prochainement;.
" ■' ïs,' G eorges VALOIS
ECHOS
LES FAITS DU JOUE
—i L'Allemagne demanda à négocier.
.4 Is Chambre, l'interpellation Ybar-
négaray est ajournée.
—: Les troupes mexicaines ont pris con
tact avec les rebelles.
' .....
Pendant la représentation du Cirque de Paris,
l'autre soir, ,1e chansonnier montmartrois. Saint.
Granier, 'faisait, une elianson-improvisée. Au mo
ment où il demandait des rimes, une basse cra
pule de la haute finance lui donna le nom de'Dau-
det. ; aussitôt .la-salle entière> fut debout et cria
Qon.-indignation au voyou en smoking. . ,
* *
Le grand romancier anglais 'Wells, grand
admirateur, de Moscou, ne siégera plus aux Com
munes. 11 a essuyé aux dernières élections. une
défaite cinglante.
Son concurrent, un conservateur, s'appelait lui
aussi Wells. Devant cette affinité de' noms;, des
agents électoraux se promenaient avant l'élection
dans la ville en criant : .
«. Votoz pour Wells... celui qui no lit pas. dans
la lune. » . , .
Génitrix. ,
C'est lundi prochain 17 décembre, et non. lo
14 comme il avait été; primitivement annoncé, que
"le nouveau roman. de François, Maurice Génitrix
paraîtra aux « Cahiers \ erts ». :
lin même temps que l'édition « Cahiers Verts »
sera mise en vente une édition, courante de grande
circulation, illustrée d'un bois de-Carlègle.
Nous ne saurions trop recommander à 1 MM.
les bibliophiles: dé. se présenter chez leur libraire
dès lundi, s'ils tiennent à acquérir l'édition .ori-
pinalc: de • Génitrix . qui. est., l'édition .« Cahiers
Verts ». 11 est, vraisemblable, en effet,.qu'en rai.
son de l.a grande valeur du livre; cette- édition
sera épuisée le jour ..menu; de sa mise en vente.
❖ *
•v Peràgia , bottier, • IL - faubourg Saint-Honoré,
solde à partir du 17'décembre et pour quelques
jours seulement., sa. collection de modèles d'hiver.
Vente strictement au ..comptant.
Comment
PSiiSippe Baudet
esi4i mort ?
NOUS AFFIRMONS...
L'Action française -a. ]>osé le 12 décem-
hrc.nue série de questions -qu'elle transfor
me aujourd'lnii en - .affirmations..
L'Action française affirme que la pré
sence ihi jeune homme au , Libertaire et
i'intention i/u'il aurait manifestée de coth-
inellre un altenlat ont été communiquées
à la Sûreté i/énérale par un coup de télé
phone d'une personne appartenant aux
milieux anarchistes.
Elle affirme qu'à la suite de. cette com
munication, dès le soir du jeudi 22 no
vembre, le, bruit a couru, dans Paris, d'jtk
attentat préparé contre. M. Poincaré ; que
le. lendemain, vendredi 23, un service d'oih
dre particulier fut vn/anisé. à la Chambre,
el
21, une surveillance importante fui établie
dans un quartier voisin de la Bastille.
L'AçUon française demande pourquoi
onze jours après l'ouverture de l'enquête
la liolice de sûreté n'a pas encore porté ces
fuity. A la connaissance de l'instruction.
//Action française. estime que les anar
chistes ont fuit, connaître eux-mêmes à
lu police les jirojets d'attentat qu'ils prê
tent an prétendu inconnu, soit afin de
provoquer l'arrestation du fils de Léon
Daudel, soit afin• de se préparer un
airiiLiy.c.nl en javeur de leur innocence
dans la morl de cet enfant*
Hier, -dans -leur feuille,- Les misérables
du Libertaire, ne, pouvant tout à l'ait pas
ser sous silence, nos questions de.,,ipardi,
en. reproduisaient une partie, et .pour
toute réponse, se contentaient de bouf-
lonner : « Le Libeiittire téléphonerait ;i
la .-Sûrelé générale !..." quelle profonde
ineptie !... » •
Nous retenons ce ■ démenti. • Les crimi
nels se sont crus jusqu'à- • présent assurés
que, malgré les contradictions, les absur
dités et tout ce: qui est inexplicable dans
leur version de la première heure —ia
justice et l'Action française né parvien
draient pas à établir la vérité. Ils ont
cru qu'ils n'auraient .'.pas besoin d'avoir
recours à leur explication à retardement,
à leur couverture -suprême qui est tout
de même un peu compromettante et un
pe.u- risquée : ils avaient prévenu la po
lice ! - ' . •
Mais nous arrachons leur-premier mas
que et nous voici en face du second. Il
laisse transparaître la vraie figure de ce
monile de l'anarchie, où, sur trois indi
vidus, il y a deux indicateurs de la rue
des Saussaies, le troisième émargeant sans
doute au <[uai des Orfèvres, ce qui ne les
empêche .pas, tous trois, de- passer aux
caisses de l'ennemi ; monde de paresse et
de vice où l'on n'a pas d'autres moyens
d'existence,' monde de trahison, de boue
et de sang ! - .
Le silence des anarchistes, puis le dé
menti qu'ils ont osé nous donner hier sont
accablants, pour. eux. Mais le silence de
la police-., au.- sujet • d'une' -affaire oii elle
était trop bien informée n'est pas moins
terrible pour. elle. Si on le rapproche de
son impuissance, à répondre aux ques
tions pressantes (le Maurras louchant son
étrange conduite devant la note aux six
adresses, on entrevoit des perspectives
singulièrement graves. M. Maunoury, mi
nistre-de l'Intérieur, il s'agit ici d'un
crime affreux r.. il-, ne '-suffira plus d'allé
guer que vous ignorez vos services ; votre
honneur est engagé à ce que toute la lu
mière soit faite. Nous saurons l'exiger
de vous.
L'INSTRUCTION
La journée de M. Baruaud devait être
consacrée hier iV l'audition de deux anar
chistes, familiers du Libertaire. Henri
I 7 aure et Férandel. Le premier seul est.
venu au cabinet du juge.
Henri Fa-ure. était--le vendredi 23 no
vembre dans, le bureau de Vidal lorsque
Philippe est arrivé. Devant lui, Philippe
aurait parle de son dessein de commet
tre un attentat et Vidal, co'mme lui-même,
l'en aurait dissuadé et lui aurait conseillé
le calme. Tous trois ont déjeuné ensem
ble au restaurant Roy.
Faure a. connu ce jour-là, dit-il, Je pré
nom du jeune inconnu sans avoir soup
çonné son identité. Lorsque, celui-ci eut
écrit la lettre destinée à sa mère, il l'att
rait tendue à Vidal, sans. l'avoir placée
sous enveloppe et sans même avoir plié
le feuillet en deux de-sorte qu'il put lire
au bas. la signature : Philippe;-' -. •
Ce serait vers 3 h. 30, au dire de l'anar
chiste, que Philippe Daudet serait parti du
Libertaire, après avoir donné rendez-vous
pour le soir à Vidal, au (irenier de Cli-in-
goire. Il ne l'aurait pas revu depuis.
'.Chaque-témoin-anarchiste répète à tour
de rôle'et de son mieux la version', signée
par Vidal dans le Libertaire du 2 décem
bre, Si soigneusement étudiée qu'elle-' ait
été avant d'être rendue publique, on a vu
qu'elle « accroche » en plus d'un endroit:
sur le rôle, d'abord caché, de (îrul'fy, sur
•la question du pardessus et des 83 francs,
etc., qui y forment d'énormes trons. Mais
là où elle n'est pas strictement contradic
toire, elle porte.'encore .(lés traces de sa
confection laborieuse ; telle est l'histoire
■ de la lettre à-la mère qui récriture de Philippe mais qui est du style
du Libertaire, —- cette lettre qu'ils disent
avoir, acceptée sans adresse, cette lettre
d'un inconnu à une mère inconnue et
.qu'ils' osèrent,-adresser tout droit à Mme
Léon Daudet !
Maurice PUJO,
L 'Â\P 0 L 5 TI Q U E
î. IVr. Maunoury cl M. Ybariicgaray
Jl. Maunoury ne se portait pas^bien au
début de la séance d'hier après-midi;, il a
repris des forces au crépuscule. .Ce\mi
nistre de. la Police (car le ininistèreNde
l'Intérieur ne signifie ]>as autre chose que
I'enseinhle de nos polices civiles), ce mi
nistre de la Police préside à des services
qiii lui font peu d'honneur : la -manifes
tation de mardi-Je rendait au moins ridi
cule, ij£s,..mysté.re J s. nombreux amoncelés
autour des affaires Berton, Gohary et Du
mas l'ont rendu suspect ; l'horrible- lac
de sang coagulé et de boue pestilentielle
que découvre l'assassinat de Philippe Dau
det, laisse voir elairenient de sombres vé
rités, la complaisance ou la complicité
des • polices, -la négligence - ou le scepti
cisme ou l'incapacité de- leurs, chefs, la
responsabilité générale de M. Maunoury.
11 a dit à M. Ybarnegaray que Je texte
de l'interpellation visait sans doute sa
personne. l;n peu f Très peu. 1-e vrai cou
pable n'est peut-être pas M. Maunoury,
c'est l'esprit de parti et l'esprit de bu
reau. Une confiance aveugle ne sait
donner qtie de „ détestables . conseils. Il y
a-là. une'démesure. 31. Maunoury Ja jus
tifiera par l'explication rilueile : son
attachement à la République. Si l'esprit
républicain, .trop longtemps indifférent à
la défense nationale, se détache aussi
cruellement de Ja défense sociale, de
la sécurité des personnes, de la pro
tection due à des enfants innocents, quelle
différence M. Maunoury laissera-td sub
sister entre l'esprit de l'Anarchie et l'es
prit de la République ?
Iï. Les lois électorales
Avec beaucoup déraison, notre col
laborateur parlementaire suit et: inter
prète les'débats-de-la Chambre à la faible
et-incertaine lueur de l'intérêt électoral
-qui 1 , anime les neuf dixièmes (les dépu
tés.' Ajoutez que la Chambre vou
drait -en iinir avec, les statuts électoraux
et qu'elle, ne suit pas comment s'y prc.n-
tïre : ses ennemis intimes, les plus grands,
les plus acharnés, ceux qu'elle compte
dans son sein, savent tout au contraire,
très bien, comment la l'aire trébucher.
On veut rendre le vole obligatoire.
Comme., l'instruction - .primaire. Est-ce
que le nombre croissant des illettrés ne
montre pas. l'inefficacité d'une obligation
dénuée de sanction ?
Et par.celle crise de la fonction et de
l'autorité publiques, entre quels gendar
mes spéciaux l'électeur va-t-ii être con
duit au scrutin '?
Tant mieux si le remède à l'abstention
nisme est là. J'en serais très surpris. .
IÏI. Le vote plural
Les avant-derniers débats, autour du
suffrage avaient été très confus. Une
habileté compliquée (le l'auteur du projet,
M. Roullcaux-Dugajfc, très digne représen
tant de, la subtile, et riche Normandie,
avait eu pour effet d'amalgamer dans la
même majorité les partisans du vote des:
femmes et ceux du vote 'du père de fa
mille au nom de tous les siens. (On ne
me fera pas écrire familial. Pas plus qu'in
terview.-) .le ne sais comment jouera (ou
jouerait) le système, en fait . Mais il pro
cède de principes contradictoires. Le
vote des femmes vérifie le principe in-
(lividualisle : un être humain, un vote.
Le vote domestique est issu du principe
communautaire et organique, celui qui,
considère non l'individu, mais le groupe
et l'ait de la famille, l'unité fondamentale
de la cité, la cellule première de Ja so
ciété.
Dans ce . principe, . c'est le père' et le
chef qui este en politique, aux noms et
titres de tous ceux qu'il représente au
civil. Selon J'attire principe, un élément
du groupe, du- couple, du l'oycr s'en dé
tache et fait bande à part, à titre de per
sonne indépendante. Dans un jirincipe
■ mixte -l'élément féminin ne vole plus
seulement pour son compte, il dispose du
suffrage dès filles, tandis que le père "ne'
réunirait que les voix des garçons ! Je re
nonce à dire .de -combien de façons celte
transaction me parait absurde et ataxique,-
On y reconnaît la marque et le sceau-per
pétuels de ce que Frédéric. Le Play nom
mait « l'erreur des honnêtes gens'».
Mais elle n'est ..pas corrigible^ Tout ce
qui se réfère à l'organisation du .Comman
dement-et de la-Puissance par l'élection
comporte-la même absurdité radicale.» Il
est absurde qu'un poivrot puisse voter et
■ qu'une, femme de génie ne .le puisse .pas.
Mais il est beaucoup plus absurde tic con
fier une part de la souveraineté au poi
vrot dénué de tout sentiment des intérêts
nationaux que de la refuser à Madame Sé
verine.. II n'y a , rien de plus- absurde
que de faire nommer : le supérieur par
inférieur et de demander à l'autorité
d'être elle-même alors qu'elle vient d'être
élue au profit avoué de l'insurbordina-
tien et de l'anarchie. Dans cet ordre oit
l'électeur est incompétent, oit sa préten
due souveraineté est dénuée de tout exis
tence réelle, les contradictions sont, irré
ductibles. ;
■Mais, changeons là compétence, de Té-
lecleur. Cessons de lui faire nommer un
chef ou un électeur de chef, comme c'est
Je cas véritable aujourd'hui : recevons ce
chef de la nature et. de l'histoire-, et. (le
vant ce souverain-né, dépositaire de l'au
torité, donnons à l'électeur le soin de. se
faire, représenter.'Qu'il choisisse, non ce-
Jui (lin .commandera, mais celui qui ex
posera ail Pouvoir préexistant ses intérêts
tels qu'il les sent et.-qu'il" les voit. Là. et
là seulement, la querelle du vote des fem
mes et du vote des familles s'apaise et
j se simplifie conformément , à une égalité
| qui ne choque pas la raison. Aux Etats gé
néraux que nous formons ainsi, la famille
cellule sociale, a le droit d'être représen
tée la,.;première; Elle l'est .naturellement
par son chef et.-comme nous ne vivons
pas sous le .régime .matriarcal, (lequel
vaudrait bien--mieux que le régi me du
ménage à deux chefs) il va de soi que le
mari ou le père, est 1 tout désigné par la loi
:Nl.e. nos nucurs. Eu l'absence du mari, la
Aiu'vc. En l'absence (lu père, la mère, l'a
foîten 'une--voLv. -Tous les autres intérêts
recelaient la même loi, abstraction bien
faite fhi'sexe. Comme, dans nos anciens
lîlats,- leK liefs possédés par* des femmes,
étaient représentés par leurs titulaires,
les monasteKçs de femmes par leurs supé
rieures, ainsi\pmnierçantes,' industrielles,
femmes avocats, femmes médecins, fem
mes profcsseursX représenteraient leurs
chaires, leurs cabinvfs, leurs maisons, leurs
usines. Une .seule clu)\e importé e!) effet, en
matière de représentât km sociale et natio
nale, non pas l'individu/^ niais la fonction,
quelque personne qui la détienne. Cela'i'eut
comporter des difficultés, kcs périls, des
excès des abus, - comme touK' chose hu
maine ". on "échappera à rahstrvdité pure,
tant .que la souveraineté ne sera jxis éinict-
tée ni -dissoute, -tant que, selon^ - sage'
maxime de-Renan, la décision suprême-
restera « séquestrée » en des régionVoù
puissent s'accumuler, même à défaut.d'huî
tres lumières, le .sentiment et la noUotv,
des instérèts vitaux du salut national.
L'absurdité politique commence, •• s'ac
croît,- décroît et varie selon que. com
mence, s'accroît, ou décroît ou varie, en
toute affî^re, la dose de démocratie.
Non pas que je refuse au peuple un
droit quelconque. Mais ' parce que, ce
droit de souveraineté, s'il l'a, ce que j'i
gnore, il ne l'cxei-'ec pas et ne peut pas
l'exercer. C'est une fantaisie labiale qui,
lin jour' ou l'autre, disparaîtra du voca
bulaire. « Mystification oppressive »,
mensonge ignoble, disait Comte. Tout le
monde finira nar !i
unira par le redire après lui.
IV. Mon vote "!
Mais enfin, dira-t-on. nous sommes sous
Millerand. non sous Philippe VIII. un cer
tain projet est On discussion à la Cham
bre ; si. vous étiez député, que feriez-vous
du -projet. Houlleaux-Dugage '?
J'en dirais tout le bien et tout le
mal. que l'on vient de voir. Cela éelairei-
rait les idées, " celles de la Chambre et
celles' du pays. Exercice qui n'a rien de
fâcheux. Après quoi (et ce premier de
voir tiendrait de la place et du temps), je
n'hésiterais pas à voler-l'expérience. Voi
ci pourquoi. En théorie pure, le projet
Roulleaux-Dugagc comprend cinquante
pour cent d'anarchie et cinquante pour
cent d'organisation. En . • pratique, dans
le brottillis des réactions des êtres vivants,
i! se peut que le principe individualiste
du vole des femmes l'emporte sur le prin
cipe. organisateur du vote du père et du
(•hef. Mais le contraire nie parait, malgré
tout; plus probable. Le courant se pro
nonce aujourd'hui dans le sens de l'orga
nisation. Le vole plural, si l'on a le'cou
rage,de l'établir, par la très précieuse iné
galité qu'il institue entre les citbvens-
rois, par. ce que- ce bon M. Pinard flétrit
comme « attentat au suffrage universel »,
ce vote sera secondé et favorisé par les J)e-
soins généraux, de plus en plus sensibles,
des hommes de France. Bref, je vote pour.
Sans illusion. Sans espérance. Renfor
cer Ja famille d-iinc part, la diviser du
l'autre, ce jeu en vaut-il la chandelle
Peut-être que oui. Peut-être que non. Pa
rions pour le bien, mais sachons que
c'est - un pari.
V. Contre la guerre qui vient .
Tandis que l'assemblée nationale se perd
dans ce inzantinisme, Je vieil, esprit aris
tocrate; la vieille organisation monar
chique d'Allemagne continu de se re-
•cqnstiluer militairement. M. de Guiller-
villc, correspondant sagace et bien placé,
écrivait à Ja date du 12 décembre au- plus
grand journal de la--République :
« La consolidation du nationalisme en
Allemagne se- poursuit...
« Inutile, de récriminer sur le
passé, ainsi que sur les résultais du con
trôle militaire interallié. Tel qiiil a fonc
tionné dès le début, nous l'avons prédit
en 1!)20, il ne. pouvait rien empêcher. »
C'est ce que nous disions aussi en 1Ô14,
au général Donnai qui. tout royaliste qu'il
élait, avait l'esprit imbu du principe na
poléonien des '« convention:: militaires »
les plus inopérantes-de foules !
<: En liesse et Bade, ...à quelques kilomè
1res-de nos postes-frontières, on fait des
exercices en cuinpugne. auxquels succè
dent des mium'iivres dans la Forêt-Noire,
qui durent,plusieurs jours. Ofliciers et sol
dats ont été cantonnés chez les /tai/sans, les
quels effrayés demandent : « Est-ce la
guerre qui recommence. ».
Les paysans ont peur de la guerre.
Comment Jaisse-t-on les militaires, les
professeurs,,les étudiants, les instituteurs,
les industriels et.lcs Juifs la préparer os
tensiblement:, à nos; portes ? Oui, jusque
dans la-zone, neutre ! Le colonel Reboul
n'avait pas tort de nous dire, l'autre jour,
qu'un' bon convoi d'aulos-camions, mené
où il faut, comme il i'aul, aurait raison
de bien des préparatifs de.dévastation !
On attend, que l'ennemi commence ';
Je sais. Mais il ne commencera que
lorsqu'il aura gagné quelque chance d'é
galité de forces. Et alors ce sera la guerre
justement ce qu'il faut éviter !" Comment
tous les pacifistes du monde ne supplient-,
ils pas la force française d'imposer la
paix ? ,
Charles M/ibRRAS
Pourquoi l'Alkiiiapc
demande à négocier
D ici peu de jour», -commencera* -l'en» .
qucle des experts sur la capacité de paie»
menl cle LAllcmagnc avec la participation
des Llats-Uiiis, .participation moins" qu'offi
cieuse : fibre et sans .responsabilités.', C'est
Je .moment que, -choisit le gouvernement de
Berlin pour-jouer..mie grande partie. Déjà
le chancelier Marx cl'Je ministre des
Finances Luther avaient jeté le cri d'alarme
devant Je peuple allemand. Aujourd'hui,
c i',-t devant fu Commission-des réparations,
lu Société des ÎNations et. le monde entier
que Je chancelier proeJame proclame que
le ileieh est a bout de forces. 'Ln même
temps, il se déclare prêt à entrer en'négo.
ciations avec la l'rance. pour ne pas s'esx-
posci au rcproclu; d intransigeance et jxiur
intéresser tous (M. chacun à* sa misère.
• On lie peut donner d'autre sens à la
comnituijcatiou ijui est annoncée do Berlin.
On ne-doit- paa aon plus'sa dissimuler qoe
la situation (économique et financière tlo
l'Allemagne est devenue réellement grave.
Lue enquête approfondie révélerait "sans
Xfoule que le'gaspillage général, celui de la
'"^(■démocratie et celui des magnats, a
p.recVjjité rinJIation, que Ja folle politique
de léHsUncc dans la Ruhr a dilapidé en
pute perte au moins douze milliards de
marks-or. .-loql. cela était guérissable. A.
1 oi iginç dè la catastrophe, il y a un aut^e
phénomène qu on découvre- mieux aujour
d'hui. .
Le problème qui'se-pose à l'Allema-rne
de i a maniera la pju.s.aiguë est déjà celui
qu (die avait à résoudre uvunt l'JJ.4, et
qu elle avait cru résoudre p-jr la - ••iuerÀ',
Po>|. Jinirj' vivre une industrl.; excessive',
nni%-'sc-iile^fcpa];ie ci" nojfrfir un paij *
mcdioçiei>M(W>. leriik' ■<,:! -«nrpeuplé, il faut
que les prix-? de revient, soient, m». Aile,
magne, hdùrinirs à ceux des attires-yays.
Le dumping de -!a j)ériod(' antérieure, à. la
guerre était devenu intolérable ; en 101L IV
191o a 1923, le, .dumping du. change IV
remplacé et ne pouvait être éternel. Ld
mark ayant succombé, le mark-rente, son
uccédanc, étant deja près de., mourir, force)
est de revenir aux prix calculés en or, c'est,
à-dire à la réalité.
Lt la réalité, c est que, les prix-or avant
monté dans le monde entier. la production
allemande -— les syndicats ouvriers eux.
mêmes font reconnu — ne pourrait inêmé
pas supporter des salaires égaux à ceux
de 191o. Celte situation a été expliquéa
tres-clairement. par l'économiste Ilodolp'ia
Dissmann dans le Journal des mines aile,
mandes ; « L appauvrissement général, dit*
il, rend nécessaire la réduction des salaires
d avant-guerre à un tiers. Sinon notre iir.
dustrie devra renoncer à concurrencer les
industiies étrangères. iVlais comment fairei^
Dira-l-on simplement que Je salaire sera
réduit d un tiers par rapjiort au-temps.dd
paix, que cette réduction, se traduira dans
le mouvement des prix cl que Jâ guéri'son
viendra.'' Mais, avant que la réduction des
salaires -ait pu produire ses effets, nos
ouvriers, même s'ils étaient pavés eu nioh*--
naie stable, seraient morts de\faim. Il'n'y
a, ,d ailleurs, pas d'espoir qu'ils acceptent
patiemment la mesure. II. est impossible
que, dans les conditions actuelles, Pou<
vrier \ ivc et fasse vivre les siens avec les
deux tiers de son salaire d'avant-tïucrre. ^
Aous- iiommes ici au cœtrr du probicTtiS
et nous n'avons aucun -intérêt, à Je dissî-
mulet ni atix autres ni à nous-mêmes,
L'Allemagne souffre d'hypertrophie. Ella
souffre (luit excès-d'industrie et. de popu.
lalion. Comment rcviendra-l-elle à l'équi
libré cl au normal, à travers quelles cou.
vuJsions ? C'est ce qu'il est bien difficile
de dire. Impossible de-méconnaître que,
là dedau.-,, nos réparations sonL comjiro'
mises. Qu'en rcsicra->il ? Plus vraiscmbla-
blcincnl quc ' j a'mais, ce q û& 'donnèiônt "noi
g^tges. Si f occupation de la Rulir u'exis*-
tait pas, il famirait l'inventer. Et mainte
nant que nous l'occupons, nous ayons; uni
raison, de plus de n'en pas laisser échappe!
le fruit dans les négociations que demande
le chancelier Marx. — j. B.
ABONNEZ- VOLS dans le premier bu'
reau de poste, ou par mandat-curie adressé
à noire numéro de chèques - postaux :
A ction f::anç;aisi ; 23.900 P aris . Les frais,
pour chèque.postal, ne sont que de. 0 fr. 25,
quel que soit le montant de la sommé
versée.
TAKIF DES ACO. vnkmems
1 au Cniois
France et Colonies.. Û8.» 25»
Etranger <32 » 42 »
3' mois
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