Titre : L'Action française : organe du nationalisme intégral / directeur politique : Henri Vaugeois ; rédacteur en chef : Léon Daudet
Auteur : Action française. Auteur du texte
Éditeur : Action française (Paris)
Date d'édition : 1923-12-12
Contributeur : Vaugeois, Henri (1864-1916). Directeur de publication
Contributeur : Daudet, Léon (1867-1942). Directeur de publication
Contributeur : Maurras, Charles (1868-1952). Directeur de publication
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 12 décembre 1923 12 décembre 1923
Description : 1923/12/12 (Numéro 345). 1923/12/12 (Numéro 345).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG87 Collection numérique : BIPFPIG87
Description : Collection numérique : BIPFPIG69 Collection numérique : BIPFPIG69
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k7617959
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, GR FOL-LC2-6354
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 18/01/2011
Seizième Année. — N" 345.
\,
EDITION DU MATIN
Mercredi 12 Décembre. 1923i
1 5 centimes. SkIBB BT,Spi5E-ET-0lsa
, 2Qcorvtimes. Départements "et Colorie*
:< ' ABONNEMENTS : Cn A».- . !U*oS. Trois M oîl
•v . - France: et Colonies, i 48 fr.t aâ fr. - i3 fr.
s : ; Etranger;. .\ . . 8a • » 43 » ai »
Chèque-, postal : Compte 33.900. Pari».
ORGANE DU NATIONALISME INTÉGRAL
« Tout ce qui est national est notre. »
Le Due d'ORLÉAXS
héritier dos quarante Rois qui enmille ans firent la Franc».
ÏÉDA.CTI05 & A.DMIN ISTR a.tiok ï
i^, rue de Rome. PARIS (8*)
Adresse télégraphique : àgtiofr .AK -pà.ris
Téléphone: Administration :■ Louvre sti-tfg. 36-00
Rédaction : Central 75-44 Publicité : Central 7.^-7-r
Après 10 heures du soir : Ségur 11-éè
Registre de Commerce : Seine. N* 78.58a
Fondateur' : HENRI "VAUGEOïS —- Directeurs politiques : LÉON DAUDET ©t CHARLES MAURÏ1AS — Rédacteur en chef : 'MAURICE PUJO
1j Avertissement fraternel. — Les Hollandais
écrivent:
'MOHnaaM.:'
« Que reste-t-il à faire, aux Hollandais quine. se
« c'onsidèrent "pas comme les acolytes, de cette, Prusse
« cynique et vindicative ? Ils se font un devoir d'hon-
« rieur de donner à leurs amis français l'avertissement
suivant : <( Que leurs armées se hâtent de détruire
aujourd'hui encore Spandau, la ville des 500.000
mitrailleuses, ef^ demain Leune, la plus grande
entreprise du monde de produits chimiques* c'est-à-
dire de gaz asphyxiants ! Sinon le jour est proche
où les statues des villes françaises à Paris sueront
du sang. » ...
De Tijd d 'Amsterdam, du 8 décembre.
Que savait la
" .. , '' I ' ~ •
générale ?
Crime, et non suicide
' Certains confrères — sans mauvaise in
tention, je pense, mais à la légère — conti
nuent à parler du « suicide » de mon fils.
Dans, l'affolement de l'affreuse nouvelle,
' ignorant tout des conditions de la fugue et
• de la disparition de mon enfant, j'avais
• admis- aussi cette version, quelque invrai
semblable quelle fût dans le cas d'un petit
garçon gai et heureux, et d'une piété exem- ;
plaire. Pavais admis l'accès de fièvre
chaude. Mais, depuis la lettre effroyable
' da ; sieur Vidal à ma femme, et les événe
ments qui ont suivi; je suis —- comme tout
1$ ; monde — convaincu , du crime direct,
accompli soit pendant le sommeil, soit au/
cours d'une querelle. Les raisons sur/Jes-
quelles se fonde ma conviction sont les
suivantes :
i 1° .L'enfant n'avait aucun usage du ma
niement des armes à feu. Le browning est
un. .instrument de mort qui exige, dans 6on
, application ; meurtrière ou suicidaire, un
sang-froid et un doigté fort au-dessus de,
celui d'un jeune garçon dt moins de
. quinze ans et un entraînement. Cet avis est
• celui. des-,.armuriers ; - ...
> 2° On n'a retrouvé, dans le taxi, aucune
trace de balle . On a bien retrouvé une
douille, mais dans des conditions suspectes.
11 est inadmissible et invraisemblable que
la balle, après avoir traversé la tête de
t il'enfant, n'ait pas trouvé un panneau ou
=fait un dégât quelconque ;
' 3° Le prétendu coup de feu du boule
vard Magenta et l'arrêt çonsécutif de. la
voiture n'ont donné lieu à aucun rassemble
ment, à aucun attroupement, dont soit par
venu au juge aucun témoignage ; , ,
4° Le portefeuille de Tenfànt ne ren-;
fermait /plui d'autre: papier que la note
aux six adresses. ; —- ployée et manifeste-;
irritent, oubliée dans lé. désarroi, du drame''
final — et line somme" de 83 francs, laissée
là intentionnellement,: afin de parer à l'ac
cusation de vol et dépouillement préalables;
5® Enfin, pourquoi — s'il avait passé,
en quari -nte-huit heures, du royalisme à
l'anarchie — mon petit Philippe se serait-
il suicidé ? Le fait qu'on se fait anarchiste
comporte-t-il automatiquement le désir d'en
finir avec la vie ? Philippe ne craignait ni
sà'mère ni moi. Il connaissait, même dans
cette hypothèse absurde, -r- car il mépri
sait et blaguait la thèse anarchiste, — notre
tendresse sans bornes pour lui. Les canni-
.bsles du Libertaire ont si bien senti l'ina
nité de, cette explication qu'ils : en ont ima
giné une autre : Philippe avait résolu de
tuer soh père, et l'horreur de cette résolu
tion l 'a poussé à se tuer. Maurras a déjà
expliqué vingt fois comment, pour réaliser
cette, idée monstrueuse, — et qui fait haus-
«erlesépaules à tous ceux qui connais*
saieht Philippe et son affection et son
dévouement sans limites pour son père, —
Dion -fils n'avait qu'à rester.chez lui,
La veille de sa dernière fugue, le lundi
soir; au moment où l'enfant rentrait de
l'école Bossuet, je travaillais chez moj,
•dans nion cabinet. Philippe, selon ses habi
tudes filiales, poussa la porte, courut prs
moi, me prit la tête entre ses mains et.
m'embrassa joyeusement cinq ou six fois..
Je lui dis : « Gare à mon encrier, grand
gosse l.a.Il répondit : « Entendu, patron.' »
et repartit en gambadant. Telle fut la su
prême vision de mon petit aspirant « par
ricide» !
Notez que le fait du suicide serait aussi
.gsave, quant aux anarchistes du Libertaire,ï
que.,1e ïait'du crime direct. Car ce suicide
rie pourrait "découler que d'un désespoir
tragique, provoqué par eux. Mais, à toute
personne dé bonne foi, les raisons énumé-
$Ses plus haut : —qui sont peu de chose à
cBté de. celles que je dois provisoirement
garder pour l'instruction — sembleront, je
pense, convaincantes.
Je suis certain que la justice finira par
découvrir la vérité, qui est que l'enfant a
été assassiné le samedi après-midi, dans un
endroit propice et à détermiper. Le chauf
feur peut parfaitement avoir été dupe des
assassins. Mais son récit, actuel fourmille,
•^invraisemblances. :
Léon DAUDET
• Député de Paris.
P.-S.— Je ne puis m'smpêcher de
remarquer la différence d'attitude du chauf-
ieur du Havre ét de celui de Paris.
Le chauffeur du Havre, apprenant qu'il
a promené mon fils au cours, de sa fugue,
pensant que-cela m'intéresse, m'écrit une
longue lettre explicative, se .met à nia dis-*
position pour tous détails complémen
taires, etc. Il se comporte en brave homme,»
en père de famille, et je ne saurais trop-
l'en remercier.
. Le chauffeur de Paris, qui a ,transporté
le" corps pantelant de mon enfant, appre- "
liant que celui-ci e^t mon fils, n'éprouve le'
besoin de donner, de vive voix, aucun dé-*
mi à la mère jii à moi , suc cette .
affreuse tragé^e, sur les dernières minutes
de notre petit garçon. Il se comporte
comme si un chien ou un chat avait été
trouvé par lui mourant dans sa voiture,
avec cette différence qu'il le porte à Lari-
boisière au lieu de le porter à la four
rière. •
Cela aussi est saisissant. Il y a chauffeur
et chauffeur. L. D.
. .. p ■ ' ' '
Comment
Philippe Daudet
est-il mort ?
QUESTIONS
Commençons par poser quelques ques
tions. On pourra juger de leur, intérêt :
Est-ce que le jeudi 22 novembre, dans
la soirée, il n'y a pas eu un coup de
téléphone de quelqu'un du Libertaire au
ministère de l'Intérieur (Sûreté généra
le)? L'homme du -Libertaire disait :
« Nous avons, en ce moment un jeune
homme de bonne, famille qui veut faire
un mauvais coup. Que faut-il faire ? »
La réponse de la Sûreté générale fut
d'abord simplement : « Calmez-le »,
mais la conversation se prolongea
Est-ce que le lendemain, vendredi 23,
les députesj en arrivant à la Chambre, ne
furent pas surpris par un service d'ordre
inusité ? Tant aux abords de la porte que
dans les couloirs, on ne rencontrait que
des têtes policières. Ceux qui s'informè
rent du nwtif de ces précautions appri
rent que la Sûreté avait cu vent d'un pro
jet d'attentat contre M. Poincaré, projet
formé par un jeune homme appartenant
aux milieux libertaires. ■ (
Dans la semaine qui suivit, la Sûreté
générale ne fit-elle pas dire que le jeune
homme en question 'auaii été filé par lai
police le samedi 24, 'dans Ta ' mâtinée et
même .. l'après-midi, jusque "vers ' quatre
heures ?
C'est seulement quelques instants avant
le moment oà l'on place « le suicide »
de Philippe Daudet que la trace aurait
été perdue. On aurait ajouté que la^SUreté
générale avait ignoré, pendant tout ce
temps, l'identité du-jeune homme. ' '
C'est, lé point sur lequel on ne croira
pas davantage la Sûreté générale que ses
informateurs anarchistes. Philippe Dau
det, qu'il y soit venu spontanément, ou
qu'il y ait été conduit par des manœu
vres datant de plus loin, arrivant dans
l'après-midi du jeudi au Libertaire afin
de surprendre les secrets des ennemis de
son père ou pour venger Plateau, n'avait
rien trouvé 1 de "mieux pour gagner la
confiance des anarchistes que de .se dé
clarer prêt à commettre un attentat. Dès
ce moment les anarchistes connurent son
identité ou ils ne tardèrent pas à l'ap
prendre. Ils comprirent aussi ses desseins
véritables, mais c'était un jeu pour eux
de rouler le pauvre petit qui' croyait
pouvoir jouer au plus fin. Loin de le" cal
mer, ils acceptèrent le bras de cet enfant
de quatorze ans et demi. Ils armèrent ce
bras car, ainsi que l'a fait justement ob
server l'Echo de Paris, Philippe n'avait
pas réussi à acheter un revolver au" Ha
vre et, à Paris, ses nouveaux compagnons
l'avaient, dépouillé de son argent. Ils lui
fournirent des . noms d'avocats à qui, il
devrait faire appel après son- arrestation :
Henry Torrès,. Suzanne Lévy (femme de
M 0 Létrange), leurs défenseurs habituels.
Et sur la même note manuscrite, qui est
de leur mairi et non dç. la sienne, pour le
cas où il ne pourrait atteindre l'objectif
désigné" : Poincaré, ils lui indiquaient
d'autres buts éventuels d'Action française,
Maxime Réal del Sarte, l'ambassade "d'Es
pagne. /
Cette dernière indication est la signatu
re des criminels^ car Philippe ignorait
profondément la querelle des anarchistes
avec le gouvernement espagnol à propos
des assassins de M. Dato.
Quand le pauvre enfant, pris à son pro
pre piège, eût été cerné dans le réseau
de ses imprudentes compromissions, qu'il
fut mis en demeure d'exécuter ce qu'il
avait annoncé, que se passa-t-il ? Quel lut
le dernier acte de ,çe drame sanglant 7 II
faudra bien qu'on lé sache. .
L'INSTRUCTION
André Colomer,. rédacteur en chef du
Libertaire, . a été , interrogé hier par M.
Barn au d.
Il a déclaré qu'il n'avait pas vu Phi
lippe au Libertaire'. C'est le samedi seu
lement qiie Vidal .l'aurait informé de la
visite d'un jeune homme dont il ne con
naissait, lias l'identité. Vidal lui aurait
fait connaître, en outre, que le jeune in
connu était, décidé à commettre un at
tentat anarchiste.
Dans la soirée de dimanche, Colomer
serait allé au Grenier de. Gringoire avec
Vidal. Ce soir-là. .en sa présence, Davray
anuait remis à Vidal le billet attribué à
Philippe, annonçant le prêt de 35 fra'ncs.
Dans., Quelles conditions les gens du
Libertaire ont-ils con. u l'identité" de Phi
lippe Voici là version de Colomer. ^
Après que le corps fut sorti de Lari-
boisière, ils auraient appris —- par qui ?
Cîoiomer ne l'a pas . dit— que le jeune
homme qui avait été transporté blessé
dans un taxi et qui était mort à l'hôjii-
tal, était Philippe Daudèt. A ! ce moment-,
là; ils n'avaient pas encore 1:> conviction
définitive que le mort de Lariboisiêre
l'ut le jeune homme venu au Libertaire.
Mais après avoir lu dans. l'Action française.
que le, fils de Daudet , s'appelait Philippe,
■ qu'il" i tait . âgé de 15 ans mais fju'il par ais
sait plus que son âge [?] et qu'il avait un '
goût très vif pour les lettres, le « convic
tion» fut établie : le jeune inconnu était
Philippe Daudet. v
Et c est sur une « conviction » fondée
sur des bases aussi fragiles que les mi- ,
sérables auraient osé envoyer it. une .mère"
l'abominabla lettre qu'a reçue Mme Daur
det* ! C'est là-dessus qu'ils se seraient ap
puyés pour lancer leur odieux numéro
du Libertaire / plions donc !
* &
M. Barnaud a représenté à Jacques Al-
lard les vêtements que Philippe portait
au moment da son entrée à Lmi'iboisièrc, ;
fe sac retrouvé par M. Faraiiçq chez
'anarchiste Grulfy. les objets contenus.",
dans ce sa(^ et-,- enfin,-les trois. papiers ;
sais s sur -Miie Colomer à son re'our de
Marseille.
' Jacques Allard a reconnu successive-,
ment les vêtements : le complet, un tri^
cot de laine, le linge de corps, les chaus
sures. Il a réservé la question de savoir
si le sac avait été emporté de chez lui ou
-«■'il avait été pris aiHcursrCe sfi;c~contf'n;'?f^
une paire de Iegginven.cuir noir, à l'état';
de neuf, que le témoin n'avait jaiiutis vus;
un caleçon, des bas,, une chemise, un col
en piqué, qui est' très saie, ces quatre ob-i
jets provenant «le l'armoire de Ptiilippeîi
et un autre col mou, en toile .blanche
rayée bleu qui n'en provient pas.
Jacques Allard a .formellement."reconnu'-
le pardessus..Il avaitT&gaa!érï»rjtJ]^~«iUc .
Mme Léon Daudet avait cousu,-12 sa main, :
à l'intérieur de la patte qui recouvre :
la poche droite r de- ce pardessiu, uno- pe- •
tite fiche de calicot portant le nom, le '
prénom, l'adresse -de son fils. Cette fiche
a disparu- : on-voit encore tn>is bouts du
fil qui la fixait. i. ;: -
• Qui a fait disparaître ceUe fiche ? -11
n'est pas vraisemblable que ce soit Phi
lippe lui-même'■ car, au témoignage des,.,
siens, s'il :en ,'a' connu'I'cxistenccV'ïï"l'avait*"
certainement oubliée. -
Des.trois papiers qui lui ont été soumis,;
Jacques Allard a reconnu .comme étant
de l'écriture de Philippe le billet du H a-,
vre,'_ daté « mardi », et les poèmes.^ Sur_
l'écriture, do.Ta-lettré que- -Davïïiy-îrit- -hif"
avoir été remise par Philippe le sàmedr'
matin, annonçant le prêt de 35 francs à
Vidal, le témoin a fait toutes réserves.
Maurice PUJO
LA -POLITIQUE
"•■«fcl.H.I ' Il ■■■ • - - -
I. Avertissement fraternel
sur la guerre qui vient- - r
• Tout au début de ce bulletin, faisons
trêve, pour quelques instants, à nos deuils.
Oublions ifaême les soucis de politique
intérieure. Ou• représentons-nous ces. der-,
niers dans leur rapport- avec « ce -qui mc-
nacc la patrie tout entière.
fsos lecteurs savent- quels amis sûrs,
quels correspondants dévoués, quels véri
tables alliés de la. France .l'Action fran
çaise s'est assurés en Hollande. Pas un
de leurs renseignements' qui ri'ait-le sens
le plus sérieux et ne reçoive à bref délai,
des confirmations remarquables. Or, voi
ci ce que l'uu d'eux me fait savoir : -
« Proche de,. l'Allemagne>■ la Hollande a
pu remarifuer, ces Uèrnlè'pes semaines,
l'activité febrile qui règne chez ■sa voisine.'t'_
tout ce pays ressemble à une industrie
■en plein activité dirigée uniquement vers
la guerre. .»
A l'appui'de ce pronostic, mon corres
pondant m'envoie un certain nombre de
journaux hollandais' 'qui .révèlen-t- rin-
quiétude de leur pays.*, "Même des hom
mes qui ne nous portaient pas dans leur
cœur commencent à se demander ce qui
va de nouveau s'abattre sur le monde.
Notre ami ajoute :
- S F all (~'l admettre que. la Hollande,
voisine de l'Allemagne, ést particulière
ment bien située pour, juger ce qui .se
passe là-bas"? Lesyeux s'ouvrent au dan-
jusqu' . .. .... .
trer la même fermeté t »
Quelqtie réserve qu'il y ait lieu de gar
der en France sur les courants d'opinion
.quivtraversent et agitent un'peuple étran
ger, et ami, on ne peut en effet lire sans
une curiosité anxieuse ces lignes du grand!
journal catholique De-Tijd -.du- 8 décem
bre-: :
« Qu'est-ce qu'on voit actuellement en
Allemagne ? Partout des affiches contre,
le traité de Versailles, des cpllectès pour
la « Ruhrhilfe », c'est-ci-dir.e pour la résis
tance passive contre la France, des cris de
revanche pour le « scandale » de 1:119, et
enfin,— ce qui est le plus criminel de tout
- le transfert des capitaux allemands vers
l'étranger dans des entreprises « neutres »
et quinze grandes banques alfemandes,
rien qu'à Amsterdam, qui se chargent prin-.
cipalement du placement des capitaux al
lemands transférés en Hàllande:
«. Comme il' esl agréable, dans ces cir
constances, pour la pai.v. de notre cons
cience, de nous boucher les oreilles, 'de ne
pas écouter les arguments irréfutables de
'Poincai'é quand il parle des droits de la
France .' Sinon non* verrions qu'Amster
dam devient un repaire.-de< recéleurs, où
s'entasse l'argent qui revient à la France et
qu'on vole à Ici petite bourgeoisie alle
mande. - .' ,
« Que resle-t-il à faire aux Hollandais
qui ne se considèrent- pas comme -les.cieo-
lytes.de celte Prusse cynique et vindica
tive -? Ils se font un devoir d'honneur de.
donner a leurs amis .français-.l'avertisse*
ment suivant : « que leurs armées se hâtent
« de détruire aujourd'hui encore Spandau,:
« la ville des 500.000 mitrailleuses, et de-
« main Leune, .la plus grande entreprise
« du inonde de, produits chimiques C 'est-,
<.. à-dire de gaz asphyxiants ! Sinon le
dfjpur est proche où les statues, des villes
« françaises à Paris « sueront.du sang d'.
Bares, extrêmement rares sont les Fran-
çais
guerre ainsi suspendues dans le ciel et
de cette pressante nécessité d'abattre, de
trancher; au plus tôt, la main qui les bran-
dit.
II. A M. Raymond Poincaré
Les:.Français- attentif sont des Français
sans aucune part aux pouvoirs publics,
citoyens sans action gouvernementale. Les
autres, ceux qui font de la politique, n'ont
plus guère qu'une pensée : les élections.
Du président de la République au dernier
marmiton de la cuisine des ministères,"
leur esprit est tourné uniquement vers le
urnes. - Seul, dans un groupe infime, M.
Poincaré procède à'son énergique labeur
d'organisation rhénane et. de diplomatie
générale,- --mais l'absorption est telle .qu'il
oublie même ses conditions intérieures de
durée et ses causes de chute. v
Qui montrera au chef du gouvernement
•français l'action révolutionnaire intérieure
en liaison avec Inaction ennemie '?
Qui lui démontrera, qui lui rendra sen-
'.ibk- -la nécessiît 1 "Uè'"'ïreiiiei'"'avcc ïoit ' i v
■au--dethuis pour rallier le pays, à l'action
"décisive contre la guerre qui vient. Si la
mobilisation d'une classe, ou de deux
classes," a été définitivement sabotée par
Briand. eli ! bien, qu'on tourne la. diffi
culté si elle ne-peut être tranchée : qu'un
grand appel de volontaires soit fait sans
retard ! Moins le public y prête atten-
tton;; .plus Je gouvernement a d'urgents
devoirs, le pi;eiïiier de tous étant de répé
ter au pays* le mot d'ordre que lui souffle
la Ligue civique « face au d,vngiîit '» :
« Les chefs des partis politiques lan
cent à leurs troupes des mots d'ordre qui
se heurtent. « Le péril est -à droite », af
firment les uns. « Non, le péril est à
« gauche », répliquent les autres.
« La" Ligue civique diîclaiuî que le
vrai, le' seul peiul, c'est l'allemagne.
La Ligue Civique est composée d'hom-
. mes à qui l'on a donné le sobriquet de
dreyfusards patriotes. On sait que nous
n'hésitons pas à donner raison, à toute ini
tiative ^patriotique, d'où qu'elle vienne.
••ESbut&ifrf monsieur Poincaré, écoutez le
conseil" de la Ligue Civique. Ecoutez la
voix de • nos amis "de Hollande. Et
gouvernez à l'intérieur pour agir au
dehors de telle manière qu'il n'y ait pas
de. sueur de sang- sur les- statues des -gran-
•ttes Villes de^France. Vous avez proba-
Blemeht encore un peu de temps devant
vous. Si peu ! Les moments perdus sont
des siècles.
III. Les gardiens de la paix
feront-ils la guerre civile ?
, La manifestation des gardiens de la
paix donne un peu à sourire. 11 est.
assez difficile de parler gravement d'un
pareil- camouflet adressé à l'administra
tion- de l'Intérieur. On en rira d'un bout
du monde à l'autre. Ici, chez nous, mieux
vaut parler" sérieusement. D'abord, par
ce qu'il y a là le commencement de quel
que chose qui ne sent pas la paix. En-.
suite, 1 parce que la manifestation rend
très clair l'absurde mal qui , ronge notre
Etat. Cet Etat, qui a des écoles, des télé
phones, des chemins de fer, des fabriques
d'allumettes et de \ cigares,- semble avoir
oublié--le- moyen de paver, de vêtir,
ide nourrir et ds discipliner une bon-
iiMj-" police-! Il y eut de tout temps des
révoltes de janissaires et de mameloucks,
mais elles ont rarement coïncidé avec
cet étatisme pléthorique dont la démo-
ploutacratie nous donne un spectacle aussi
amer que bouffon. Enfin,- troisièmement,
.cette manifestation pour l'indemnité de
vie • chère n'était peut-être p?is aussi
professionnelle qu'pn nous le dit. Est-ce
qu'il est « professionnel », l'ordre du jour
voté « à l'unanimité », par le conseil d'ad
ministration de l'Association générale et
professionnelle-du personnel de la--Pré
fecture de police, M, rue Dupleix '? Il n'y
a aucune indiscrétion à le publier, ce soiit
i-es.. messieurs qui ont eu la bonté de
•me--l'adresser par l'organe de leur secré
taire général, au sceau bleu de leur tinjbre
humide. Le voici :
•« Le Conseil, etc... .
« Regrette que le gouvernement n'est
pas crû présenter au Parlement et. faire
voter l'amnistie pleine et entière, tant
pour faits politiques, pour faits de grève,
que .pour-faits administratifs...
« S'associe aux protestations émises
par plusieurs groupes parlementaires et
demande au gouvernement que, dans un
but de paix publique v il dépose et fasse
voter au plus tôt une loi d'amnistie dans
laquelle seront compris les fonctionnai
res et les policiers. »
Les derniers mots indiquent seuls par
quel fil extrêmement ténu le désir de
l'amnistie peut .dériver des soucis des
intérêts professionnels. Mais bien qu'il y
ait des avocats, des notaires, des méde
cins, des commerçants, des industriels en
prison ou au bagne, les membres de leur
corps do métier ne sollicitent d'amnistie
que pour des raisons de politique révolu
tionnaire. A la préfecture comme ailleurs,
le', vœu est donc politique, i et d'une poli
tique singulièrement dangereuse une fois
qu'elle s'insinue dans le corps des* îonc-.
tionnaires d'autorité. "
: M. Maunoury y a-t-il réfléchi ?
,'JV. Les deux, polices
L'es nuages qui roulent - sur • le ciel alle
mand, les élections françaises, les énor
mes intérêts que l'Allemagne et que la Rus-
*sie ont; engagés dans ces élections, tout'
compose une atmosphère singulièrement"
orageuse. Ou je me trompe fort ou, dans
l'esprit de quelques meneurs, sans doute
rares, mais d'autant plus nuisibles, la ma
nifestation d'hier esquissait la première de
ces grandes manœuvres de désordre, publie
que tant d'individus veulent fomenter.
AvantJiier,, nous n'eu étions qu'au si
nistres mystères qui ont armé l'assassin
de Plateau, entraîné tout à tour la mort
de Goh ary et celle de. Dumas, déterminé
l'assassinat de l'innocent petit Philippe
'Daudet.
Hier, c'était la manifestation «profes
sionnelle» en corps, avec accompagne
ment de violences.
Demain, cette police noire peut surgir
du pavé pour faire cause commune avec
les brigands qu'elle a secondés dans l'om
bre et "avec ceux qu'elle travaille à faire
sortir de prison.
Il v a trop d'esprits honnêtes, de cœurs
patriotes, de citoyens loyaux et droits,
dans la police parisienne pour que nous
soyons suspects de la confondre tout en
tière dans la petite fraction qui 'aspire à
l'anarchie' et -qui.la .favorise. -Mais que les
meilleurs, que les bons (si nombreux et si,
forts -.qu-ils _se croient), y prennent bien
garde ! Tput le mal qu'ils laisseront
"l'aire opérera contre eux, , ils en- seront
fatalement les premières victimes. Leur
résistance active aux prétentions et' aux
agitations d'une écume reste le seul moyen
d'assurer, avec la -"défense - de.-l'ordre, le
^ut de,la, t jjp.eip.té ej^jejeur, t
"" " Charles MAVRR4S
P.-S. — L'Ifumanilé d'hier a grand tort
de s'étonner'du plaisir que m'a fait l'ini
tiative du Malin, j'ai toujours été fort
sensible.-à -l'honneur ..'de la presse et je-
n'ai pas,besoin de rappeler à l'Humanité
combien ' j'aurais été heureux que l'Huma
nité me Vît condamner pour diffamations
mensongères lorsque j'ai dénoncé les dou
ze capitalistes juifs qui l'ont fondée, les
social-démocrates allemands qui l'ont ra-;
vitaillée et le généreux Abramovitch Za-
levvskv, son dernier bienfaiteur.
." . . : nu H.—i
/.'Action française publiera demain un
nouveau feuilleton :
Bans la ronde des Faunes
f par Isabelle SANDY
qui obtint-, en 1921, le grand prix national.
C'est le roman, on- pourrait dire : le
poème, a d'un village pyrénéen où, dans
une naiure traduite avec une saveur et un
lyrisme émouvant, l'antique passion (le
F amour développe son cours fatal.
i
Ë CAHOTS
LES FAITS DU JOUR
— M. Myron T. lierrick a inauguré à
Saint -ÂignaH (Loir-et-Cher), un monument
âlevé en souvenir des soldats américains. •
Huit cents agents de police manifes
tent devant l'Hôtel de Ville et la place de
là Concorde pour l 'indemnité de vie chère.
-— En Angleterre, M. Haldwin -conserve,
le. pouvoir ; il se présentera, le 3 janvier,
devant le Parlement.
— Au Portugal, une tentative de dicta
ture militaire, échoue.
' Au. Lvs Royal, 13, rue do la Pépinière,
gourmets et connaisseurs trouveront, luxueu
sement présentés dans, des boîtes et coffrets de
haut goût, des chocolats exquis.
. « SES 'BAPTÊMES CHOCOLAT »,
*■ - *
Soirs d r été ; où donc êtes-vous ?
Brises tiècles et parfums doux.
Voici venir Jes soirs de givre. -
Soirs de musique, soirs de livres.
Où nous resterons tous les deux, ,
Tranquilles, rêvant près du feu
Et mazda . dorant vos cheveux...
Terra clausa
« Terre fermée. » Dans un petit livre qui
vient de paraître et qui porte ce titre en
latin, i \l. de Mouzic demande si la France,
jadis accueiïîante à Mazarin, à Maurice de
Saxe, aux Broglie et à bien d'autres, si la
France, qui s'est constituée par les allu-
vions de.-tant de races, se murera contre
l'étranger. Nous n'examinerons pas ici la
question particulière (celle de la propriété)
à propos . de laquelle M. de Monzie a' écrit
cet ouvrage qui a souvent l'allure d'une
sorte de pamphlet. ,-Nous .retiendrons/seule
ment la formulé générale dont s'est' servi"
l'auteur de Rome sans Canossa : « La xéno-
pholjie laïque moderne ».
Cette xénophobie «laïque» diffère, au
-moins en - apparence, de la xénophobie 1
d'origine religieuse qui écartait comme
impurs les hommes d'une autre tribu. Il y
■a une vingtaine d'années, par la révolte des
Boxers qui-excitaient la Chine contre les
« diables étrangers », l'Europe eut la révé
lation d'une Asie qui pourrait bien suivre
le contraire de révolution du peuple japo
nais et rejeter la civilisation européenne.
Depuis, d'autres révélations sont venues
surprendre péniblement les Occidentaux.
La Turquie, longtemps vantée pour- sa
tolérance, aura donné l'exemple-. Ie*-plus
complet de cette intransigeante xénophobie,
et elle le donne depuis qu'elle est passée à
l'état de' démocratie directe .et pure. Le
programme d'exclusion s'accomplit, peu à
peu et chacune de ses réalisations a -l 'air
d'une surprise. Hier, au célèbre lycée de
Galata-Seraï, >le personnel enseignant fran
çais était dépossédé de ses chaires et de ses
privilèges par ..un, décret d'Àiigora. Quel
ques jours plus tôt, un véritable coup de
force avait été exécuté au Phanar et -le
patriarche orthodoxe jeté à la porte de son
palais. Ces man if es tations. §ont. nombreuses
et presque quotidiennes. r Et," "dans "tous" lés
ordres d'idées, qu'il s'agisse; d'idées ou de
mai-chandises : (et; particulièrement de ces
marchandises qui portent les idées et qu'on
appelle' les ' livres)-, qu'il'is'agisse.'de' rela
tions intellectuelles, commerciales ou finan
cières, l'exclusion est _la même et aussi
farouche la volonté de ne pas subir !e
contact de l'étranger.
Terra clausa : ce sera bientôt, si.ee mou
vement continue, le vrai nom de la Tur
quie. Tous les Français qui-' en reviennent
sont d'accord pour dire que la xénophobie
s'aggrave sous l'influence d'Angorar-Qu'y
faire ? Pourrions-nous, même par ' la ma
nière forte, arrêter la marche des idées
dont le point de départ était dans la révo
lution jeune-turque ? Ce n'est pas à 1922
'ni à Tehanak, c'est à 19Û8 et à Salonique
qu'il faudrait remonter. De notre part, le
temps, là patience et la volonté de ne pas
renoncer à l'Orient, l'expérience peut-être
de la part des Turcs, permettront de réta
blir ce qui a disparu' avec la vieille Tur
quie. — J. B. . !
L'ASSASSINAT DE MAR IUS PLATEAU
La tille Germaine Bertori
va passer aux Assises
C'est le mardi 18 décembre que la filie
Gt'rmaino Berjton comparaîtra devant la
cour d'assises de la Seine pour répondre
de l'assassinat de Marius Plateau, secré
taire général de la « Ligue d'Action fran
çaise. », commis, le 22 janvier dernier,
dans les bureaux de la Ligue. ,
i ■-. ■:* *
Curricuhàn vitœ d'une ribaiule anar
chiste. ' ,
Germaine-Jeanne-Yv.onne Berton est née
le 7 juiiivl902 à Puteaux. Son père était
constructeur mécanicien, sa mère insti
tutrice libre. Lorsqu'elle avait 10 ans, ses
parents l'emmenèrent à Tours. Elle y per
dit son père en 191!). Dès lors, âgée de 17
ans seulement, se.ns plus s'inquiéter de sa
mère,-elle fréquente les .milieux révolu
tionnaires de Tours. En 1921, elle vient a
Paris, ' et, plutôt, que- de travailler, elle
préfère vivre au jour le jour, « subsister
misérablement^ comme dit l'acte-d'accusa
tion, des libéralités incertaines de divers
camarades libertaires, dont elle devenait la
maîtresse passagère ». Elle exerce, en - un-
mot,-la-profession, de fille publique.
' C'est par cette existence de crap.ule et
de fange, de coueheries. à deux —^ par
iais à trois. ( i'oit' les lettres à la lier nain,)
que la Cl'ifirlolie Corda.y anarchiste com
mence son -apostolat "glorieux.
Entre temps, elle est gratifiée de diverses
condamnations :--.trois mois de ]>rison en
3!)21 par le tribunal de ia Seine pour ou
trages et violences aux agents ; lô jours
de prison en 1922 jjour port d'arme ])ro-
hibé.'». A Saint-L--i:4ar(\, où elle purge la
prison à laquelle elle a été condamnée,
elle fait la connaissance de la Bernain de
Ra-visi à qui « on » l'a recommandée, et
elle devient sa femme de chambre. Ce sera
l'origine des relations intimes et d'une
correspondance - *— dont nous ayons p»-.
• -bLié'-r.cMentiel,^- eu.g aza nt»
Dans ces lettres, la Berton appelle ia
Bernain « Ma chère marraine », la prend
comme confidente de ses coueheries, mê
me d'un de ses avortements, la tape de
temps en temps de demandes* d'argent,
proteste sans relâche de son dévouement
et de sa gratitude : « Si vous aviez en quoi
que ce soit besoin de moi, faites-moi: pré
venir, je suis entièrement à votre disposi
tion. »
La Bernain n'est pas en reste de tél.
moignages de tendresse- envers sa « fil
leule », sa « chérie », sa « chère salaman
dre ». Elle raconte ses ennuis et ceux de
Faul-Meunier, victime .de Clemenceau et
de l'Action française. Les deux amies, sur
ce chapitre, s'entendent à merveille : Mê
mes amitiés, même,haines.
La genèse du crime
D'un caractère extrêmement violent, en
core exaltée par ses lectures et ses fré
quentations, Germaine Berton est amenée,
vers la fin de 1922, à concevoir- l'idée
d'exécuter un attentat criminel ' suri l'un
des chefs de l 'Action française, soit Léon
Daudet, soit Charles Maurrâs, parc'e qu'elle
les considère 'comme « les plus dangereux
ennemis du prolétariat » (sic) et aussi
parce qu'elle les juge en partie responsa
bles de l'occupation de la Ruhr, qualiCiée
par elle « d'agression contre l'Allemagne. ».
Daudet et Maurras ne sont-ils pas cause
de la triste fin de Paul-Meunier F-'-v: ami
de la classe-souffrante » *? A Saint-Lazare,
la e'dhère marraine » le lui a souvent ré
pété. Dans l'Ere nouvelle, une campagne
de menaces de - mort est menée contre
Daudet (17 et 19 janvier). Parallèlement,
l'Œuvre du gros Téry accuse -mensongère-
ment les .Camelots du Roi d'avoir assassiné
le chansonnier Laufl" (lfi et 20 janvier).
Germaine Berton fréquente précisément à
£ç moment 1g s .Greni er de 'Gringoire;'
\,
EDITION DU MATIN
Mercredi 12 Décembre. 1923i
1 5 centimes. SkIBB BT,Spi5E-ET-0lsa
, 2Qcorvtimes. Départements "et Colorie*
:< ' ABONNEMENTS : Cn A».- . !U*oS. Trois M oîl
•v . - France: et Colonies, i 48 fr.t aâ fr. - i3 fr.
s : ; Etranger;. .\ . . 8a • » 43 » ai »
Chèque-, postal : Compte 33.900. Pari».
ORGANE DU NATIONALISME INTÉGRAL
« Tout ce qui est national est notre. »
Le Due d'ORLÉAXS
héritier dos quarante Rois qui enmille ans firent la Franc».
ÏÉDA.CTI05 & A.DMIN ISTR a.tiok ï
i^, rue de Rome. PARIS (8*)
Adresse télégraphique : àgtiofr .AK -pà.ris
Téléphone: Administration :■ Louvre sti-tfg. 36-00
Rédaction : Central 75-44 Publicité : Central 7.^-7-r
Après 10 heures du soir : Ségur 11-éè
Registre de Commerce : Seine. N* 78.58a
Fondateur' : HENRI "VAUGEOïS —- Directeurs politiques : LÉON DAUDET ©t CHARLES MAURÏ1AS — Rédacteur en chef : 'MAURICE PUJO
1j Avertissement fraternel. — Les Hollandais
écrivent:
'MOHnaaM.:'
« Que reste-t-il à faire, aux Hollandais quine. se
« c'onsidèrent "pas comme les acolytes, de cette, Prusse
« cynique et vindicative ? Ils se font un devoir d'hon-
« rieur de donner à leurs amis français l'avertissement
suivant : <( Que leurs armées se hâtent de détruire
aujourd'hui encore Spandau, la ville des 500.000
mitrailleuses, ef^ demain Leune, la plus grande
entreprise du monde de produits chimiques* c'est-à-
dire de gaz asphyxiants ! Sinon le jour est proche
où les statues des villes françaises à Paris sueront
du sang. » ...
De Tijd d 'Amsterdam, du 8 décembre.
Que savait la
" .. , '' I ' ~ •
générale ?
Crime, et non suicide
' Certains confrères — sans mauvaise in
tention, je pense, mais à la légère — conti
nuent à parler du « suicide » de mon fils.
Dans, l'affolement de l'affreuse nouvelle,
' ignorant tout des conditions de la fugue et
• de la disparition de mon enfant, j'avais
• admis- aussi cette version, quelque invrai
semblable quelle fût dans le cas d'un petit
garçon gai et heureux, et d'une piété exem- ;
plaire. Pavais admis l'accès de fièvre
chaude. Mais, depuis la lettre effroyable
' da ; sieur Vidal à ma femme, et les événe
ments qui ont suivi; je suis —- comme tout
1$ ; monde — convaincu , du crime direct,
accompli soit pendant le sommeil, soit au/
cours d'une querelle. Les raisons sur/Jes-
quelles se fonde ma conviction sont les
suivantes :
i 1° .L'enfant n'avait aucun usage du ma
niement des armes à feu. Le browning est
un. .instrument de mort qui exige, dans 6on
, application ; meurtrière ou suicidaire, un
sang-froid et un doigté fort au-dessus de,
celui d'un jeune garçon dt moins de
. quinze ans et un entraînement. Cet avis est
• celui. des-,.armuriers ; - ...
> 2° On n'a retrouvé, dans le taxi, aucune
trace de balle . On a bien retrouvé une
douille, mais dans des conditions suspectes.
11 est inadmissible et invraisemblable que
la balle, après avoir traversé la tête de
t il'enfant, n'ait pas trouvé un panneau ou
=fait un dégât quelconque ;
' 3° Le prétendu coup de feu du boule
vard Magenta et l'arrêt çonsécutif de. la
voiture n'ont donné lieu à aucun rassemble
ment, à aucun attroupement, dont soit par
venu au juge aucun témoignage ; , ,
4° Le portefeuille de Tenfànt ne ren-;
fermait /plui d'autre: papier que la note
aux six adresses. ; —- ployée et manifeste-;
irritent, oubliée dans lé. désarroi, du drame''
final — et line somme" de 83 francs, laissée
là intentionnellement,: afin de parer à l'ac
cusation de vol et dépouillement préalables;
5® Enfin, pourquoi — s'il avait passé,
en quari -nte-huit heures, du royalisme à
l'anarchie — mon petit Philippe se serait-
il suicidé ? Le fait qu'on se fait anarchiste
comporte-t-il automatiquement le désir d'en
finir avec la vie ? Philippe ne craignait ni
sà'mère ni moi. Il connaissait, même dans
cette hypothèse absurde, -r- car il mépri
sait et blaguait la thèse anarchiste, — notre
tendresse sans bornes pour lui. Les canni-
.bsles du Libertaire ont si bien senti l'ina
nité de, cette explication qu'ils : en ont ima
giné une autre : Philippe avait résolu de
tuer soh père, et l'horreur de cette résolu
tion l 'a poussé à se tuer. Maurras a déjà
expliqué vingt fois comment, pour réaliser
cette, idée monstrueuse, — et qui fait haus-
«erlesépaules à tous ceux qui connais*
saieht Philippe et son affection et son
dévouement sans limites pour son père, —
Dion -fils n'avait qu'à rester.chez lui,
La veille de sa dernière fugue, le lundi
soir; au moment où l'enfant rentrait de
l'école Bossuet, je travaillais chez moj,
•dans nion cabinet. Philippe, selon ses habi
tudes filiales, poussa la porte, courut prs
moi, me prit la tête entre ses mains et.
m'embrassa joyeusement cinq ou six fois..
Je lui dis : « Gare à mon encrier, grand
gosse l.a.Il répondit : « Entendu, patron.' »
et repartit en gambadant. Telle fut la su
prême vision de mon petit aspirant « par
ricide» !
Notez que le fait du suicide serait aussi
.gsave, quant aux anarchistes du Libertaire,ï
que.,1e ïait'du crime direct. Car ce suicide
rie pourrait "découler que d'un désespoir
tragique, provoqué par eux. Mais, à toute
personne dé bonne foi, les raisons énumé-
$Ses plus haut : —qui sont peu de chose à
cBté de. celles que je dois provisoirement
garder pour l'instruction — sembleront, je
pense, convaincantes.
Je suis certain que la justice finira par
découvrir la vérité, qui est que l'enfant a
été assassiné le samedi après-midi, dans un
endroit propice et à détermiper. Le chauf
feur peut parfaitement avoir été dupe des
assassins. Mais son récit, actuel fourmille,
•^invraisemblances. :
Léon DAUDET
• Député de Paris.
P.-S.— Je ne puis m'smpêcher de
remarquer la différence d'attitude du chauf-
ieur du Havre ét de celui de Paris.
Le chauffeur du Havre, apprenant qu'il
a promené mon fils au cours, de sa fugue,
pensant que-cela m'intéresse, m'écrit une
longue lettre explicative, se .met à nia dis-*
position pour tous détails complémen
taires, etc. Il se comporte en brave homme,»
en père de famille, et je ne saurais trop-
l'en remercier.
. Le chauffeur de Paris, qui a ,transporté
le" corps pantelant de mon enfant, appre- "
liant que celui-ci e^t mon fils, n'éprouve le'
besoin de donner, de vive voix, aucun dé-*
mi à la mère jii à moi , suc cette .
affreuse tragé^e, sur les dernières minutes
de notre petit garçon. Il se comporte
comme si un chien ou un chat avait été
trouvé par lui mourant dans sa voiture,
avec cette différence qu'il le porte à Lari-
boisière au lieu de le porter à la four
rière. •
Cela aussi est saisissant. Il y a chauffeur
et chauffeur. L. D.
. .. p ■ ' ' '
Comment
Philippe Daudet
est-il mort ?
QUESTIONS
Commençons par poser quelques ques
tions. On pourra juger de leur, intérêt :
Est-ce que le jeudi 22 novembre, dans
la soirée, il n'y a pas eu un coup de
téléphone de quelqu'un du Libertaire au
ministère de l'Intérieur (Sûreté généra
le)? L'homme du -Libertaire disait :
« Nous avons, en ce moment un jeune
homme de bonne, famille qui veut faire
un mauvais coup. Que faut-il faire ? »
La réponse de la Sûreté générale fut
d'abord simplement : « Calmez-le »,
mais la conversation se prolongea
Est-ce que le lendemain, vendredi 23,
les députesj en arrivant à la Chambre, ne
furent pas surpris par un service d'ordre
inusité ? Tant aux abords de la porte que
dans les couloirs, on ne rencontrait que
des têtes policières. Ceux qui s'informè
rent du nwtif de ces précautions appri
rent que la Sûreté avait cu vent d'un pro
jet d'attentat contre M. Poincaré, projet
formé par un jeune homme appartenant
aux milieux libertaires. ■ (
Dans la semaine qui suivit, la Sûreté
générale ne fit-elle pas dire que le jeune
homme en question 'auaii été filé par lai
police le samedi 24, 'dans Ta ' mâtinée et
même .. l'après-midi, jusque "vers ' quatre
heures ?
C'est seulement quelques instants avant
le moment oà l'on place « le suicide »
de Philippe Daudet que la trace aurait
été perdue. On aurait ajouté que la^SUreté
générale avait ignoré, pendant tout ce
temps, l'identité du-jeune homme. ' '
C'est, lé point sur lequel on ne croira
pas davantage la Sûreté générale que ses
informateurs anarchistes. Philippe Dau
det, qu'il y soit venu spontanément, ou
qu'il y ait été conduit par des manœu
vres datant de plus loin, arrivant dans
l'après-midi du jeudi au Libertaire afin
de surprendre les secrets des ennemis de
son père ou pour venger Plateau, n'avait
rien trouvé 1 de "mieux pour gagner la
confiance des anarchistes que de .se dé
clarer prêt à commettre un attentat. Dès
ce moment les anarchistes connurent son
identité ou ils ne tardèrent pas à l'ap
prendre. Ils comprirent aussi ses desseins
véritables, mais c'était un jeu pour eux
de rouler le pauvre petit qui' croyait
pouvoir jouer au plus fin. Loin de le" cal
mer, ils acceptèrent le bras de cet enfant
de quatorze ans et demi. Ils armèrent ce
bras car, ainsi que l'a fait justement ob
server l'Echo de Paris, Philippe n'avait
pas réussi à acheter un revolver au" Ha
vre et, à Paris, ses nouveaux compagnons
l'avaient, dépouillé de son argent. Ils lui
fournirent des . noms d'avocats à qui, il
devrait faire appel après son- arrestation :
Henry Torrès,. Suzanne Lévy (femme de
M 0 Létrange), leurs défenseurs habituels.
Et sur la même note manuscrite, qui est
de leur mairi et non dç. la sienne, pour le
cas où il ne pourrait atteindre l'objectif
désigné" : Poincaré, ils lui indiquaient
d'autres buts éventuels d'Action française,
Maxime Réal del Sarte, l'ambassade "d'Es
pagne. /
Cette dernière indication est la signatu
re des criminels^ car Philippe ignorait
profondément la querelle des anarchistes
avec le gouvernement espagnol à propos
des assassins de M. Dato.
Quand le pauvre enfant, pris à son pro
pre piège, eût été cerné dans le réseau
de ses imprudentes compromissions, qu'il
fut mis en demeure d'exécuter ce qu'il
avait annoncé, que se passa-t-il ? Quel lut
le dernier acte de ,çe drame sanglant 7 II
faudra bien qu'on lé sache. .
L'INSTRUCTION
André Colomer,. rédacteur en chef du
Libertaire, . a été , interrogé hier par M.
Barn au d.
Il a déclaré qu'il n'avait pas vu Phi
lippe au Libertaire'. C'est le samedi seu
lement qiie Vidal .l'aurait informé de la
visite d'un jeune homme dont il ne con
naissait, lias l'identité. Vidal lui aurait
fait connaître, en outre, que le jeune in
connu était, décidé à commettre un at
tentat anarchiste.
Dans la soirée de dimanche, Colomer
serait allé au Grenier de. Gringoire avec
Vidal. Ce soir-là. .en sa présence, Davray
anuait remis à Vidal le billet attribué à
Philippe, annonçant le prêt de 35 fra'ncs.
Dans., Quelles conditions les gens du
Libertaire ont-ils con. u l'identité" de Phi
lippe Voici là version de Colomer. ^
Après que le corps fut sorti de Lari-
boisière, ils auraient appris —- par qui ?
Cîoiomer ne l'a pas . dit— que le jeune
homme qui avait été transporté blessé
dans un taxi et qui était mort à l'hôjii-
tal, était Philippe Daudèt. A ! ce moment-,
là; ils n'avaient pas encore 1:> conviction
définitive que le mort de Lariboisiêre
l'ut le jeune homme venu au Libertaire.
Mais après avoir lu dans. l'Action française.
que le, fils de Daudet , s'appelait Philippe,
■ qu'il" i tait . âgé de 15 ans mais fju'il par ais
sait plus que son âge [?] et qu'il avait un '
goût très vif pour les lettres, le « convic
tion» fut établie : le jeune inconnu était
Philippe Daudet. v
Et c est sur une « conviction » fondée
sur des bases aussi fragiles que les mi- ,
sérables auraient osé envoyer it. une .mère"
l'abominabla lettre qu'a reçue Mme Daur
det* ! C'est là-dessus qu'ils se seraient ap
puyés pour lancer leur odieux numéro
du Libertaire / plions donc !
* &
M. Barnaud a représenté à Jacques Al-
lard les vêtements que Philippe portait
au moment da son entrée à Lmi'iboisièrc, ;
fe sac retrouvé par M. Faraiiçq chez
'anarchiste Grulfy. les objets contenus.",
dans ce sa(^ et-,- enfin,-les trois. papiers ;
sais s sur -Miie Colomer à son re'our de
Marseille.
' Jacques Allard a reconnu successive-,
ment les vêtements : le complet, un tri^
cot de laine, le linge de corps, les chaus
sures. Il a réservé la question de savoir
si le sac avait été emporté de chez lui ou
-«■'il avait été pris aiHcursrCe sfi;c~contf'n;'?f^
une paire de Iegginven.cuir noir, à l'état';
de neuf, que le témoin n'avait jaiiutis vus;
un caleçon, des bas,, une chemise, un col
en piqué, qui est' très saie, ces quatre ob-i
jets provenant «le l'armoire de Ptiilippeîi
et un autre col mou, en toile .blanche
rayée bleu qui n'en provient pas.
Jacques Allard a .formellement."reconnu'-
le pardessus..Il avaitT&gaa!érï»rjtJ]^~«iUc .
Mme Léon Daudet avait cousu,-12 sa main, :
à l'intérieur de la patte qui recouvre :
la poche droite r de- ce pardessiu, uno- pe- •
tite fiche de calicot portant le nom, le '
prénom, l'adresse -de son fils. Cette fiche
a disparu- : on-voit encore tn>is bouts du
fil qui la fixait. i. ;: -
• Qui a fait disparaître ceUe fiche ? -11
n'est pas vraisemblable que ce soit Phi
lippe lui-même'■ car, au témoignage des,.,
siens, s'il :en ,'a' connu'I'cxistenccV'ïï"l'avait*"
certainement oubliée. -
Des.trois papiers qui lui ont été soumis,;
Jacques Allard a reconnu .comme étant
de l'écriture de Philippe le billet du H a-,
vre,'_ daté « mardi », et les poèmes.^ Sur_
l'écriture, do.Ta-lettré que- -Davïïiy-îrit- -hif"
avoir été remise par Philippe le sàmedr'
matin, annonçant le prêt de 35 francs à
Vidal, le témoin a fait toutes réserves.
Maurice PUJO
LA -POLITIQUE
"•■«fcl.H.I ' Il ■■■ • - - -
I. Avertissement fraternel
sur la guerre qui vient- - r
• Tout au début de ce bulletin, faisons
trêve, pour quelques instants, à nos deuils.
Oublions ifaême les soucis de politique
intérieure. Ou• représentons-nous ces. der-,
niers dans leur rapport- avec « ce -qui mc-
nacc la patrie tout entière.
fsos lecteurs savent- quels amis sûrs,
quels correspondants dévoués, quels véri
tables alliés de la. France .l'Action fran
çaise s'est assurés en Hollande. Pas un
de leurs renseignements' qui ri'ait-le sens
le plus sérieux et ne reçoive à bref délai,
des confirmations remarquables. Or, voi
ci ce que l'uu d'eux me fait savoir : -
« Proche de,. l'Allemagne>■ la Hollande a
pu remarifuer, ces Uèrnlè'pes semaines,
l'activité febrile qui règne chez ■sa voisine.'t'_
tout ce pays ressemble à une industrie
■en plein activité dirigée uniquement vers
la guerre. .»
A l'appui'de ce pronostic, mon corres
pondant m'envoie un certain nombre de
journaux hollandais' 'qui .révèlen-t- rin-
quiétude de leur pays.*, "Même des hom
mes qui ne nous portaient pas dans leur
cœur commencent à se demander ce qui
va de nouveau s'abattre sur le monde.
Notre ami ajoute :
- S F all (~'l admettre que. la Hollande,
voisine de l'Allemagne, ést particulière
ment bien située pour, juger ce qui .se
passe là-bas"? Lesyeux s'ouvrent au dan-
jusqu' . .. .... .
trer la même fermeté t »
Quelqtie réserve qu'il y ait lieu de gar
der en France sur les courants d'opinion
.quivtraversent et agitent un'peuple étran
ger, et ami, on ne peut en effet lire sans
une curiosité anxieuse ces lignes du grand!
journal catholique De-Tijd -.du- 8 décem
bre-: :
« Qu'est-ce qu'on voit actuellement en
Allemagne ? Partout des affiches contre,
le traité de Versailles, des cpllectès pour
la « Ruhrhilfe », c'est-ci-dir.e pour la résis
tance passive contre la France, des cris de
revanche pour le « scandale » de 1:119, et
enfin,— ce qui est le plus criminel de tout
- le transfert des capitaux allemands vers
l'étranger dans des entreprises « neutres »
et quinze grandes banques alfemandes,
rien qu'à Amsterdam, qui se chargent prin-.
cipalement du placement des capitaux al
lemands transférés en Hàllande:
«. Comme il' esl agréable, dans ces cir
constances, pour la pai.v. de notre cons
cience, de nous boucher les oreilles, 'de ne
pas écouter les arguments irréfutables de
'Poincai'é quand il parle des droits de la
France .' Sinon non* verrions qu'Amster
dam devient un repaire.-de< recéleurs, où
s'entasse l'argent qui revient à la France et
qu'on vole à Ici petite bourgeoisie alle
mande. - .' ,
« Que resle-t-il à faire aux Hollandais
qui ne se considèrent- pas comme -les.cieo-
lytes.de celte Prusse cynique et vindica
tive -? Ils se font un devoir d'honneur de.
donner a leurs amis .français-.l'avertisse*
ment suivant : « que leurs armées se hâtent
« de détruire aujourd'hui encore Spandau,:
« la ville des 500.000 mitrailleuses, et de-
« main Leune, .la plus grande entreprise
« du inonde de, produits chimiques C 'est-,
<.. à-dire de gaz asphyxiants ! Sinon le
dfjpur est proche où les statues, des villes
« françaises à Paris « sueront.du sang d'.
Bares, extrêmement rares sont les Fran-
çais
guerre ainsi suspendues dans le ciel et
de cette pressante nécessité d'abattre, de
trancher; au plus tôt, la main qui les bran-
dit.
II. A M. Raymond Poincaré
Les:.Français- attentif sont des Français
sans aucune part aux pouvoirs publics,
citoyens sans action gouvernementale. Les
autres, ceux qui font de la politique, n'ont
plus guère qu'une pensée : les élections.
Du président de la République au dernier
marmiton de la cuisine des ministères,"
leur esprit est tourné uniquement vers le
urnes. - Seul, dans un groupe infime, M.
Poincaré procède à'son énergique labeur
d'organisation rhénane et. de diplomatie
générale,- --mais l'absorption est telle .qu'il
oublie même ses conditions intérieures de
durée et ses causes de chute. v
Qui montrera au chef du gouvernement
•français l'action révolutionnaire intérieure
en liaison avec Inaction ennemie '?
Qui lui démontrera, qui lui rendra sen-
'.ibk- -la nécessiît 1 "Uè'"'ïreiiiei'"'avcc ïoit ' i v
■au--dethuis pour rallier le pays, à l'action
"décisive contre la guerre qui vient. Si la
mobilisation d'une classe, ou de deux
classes," a été définitivement sabotée par
Briand. eli ! bien, qu'on tourne la. diffi
culté si elle ne-peut être tranchée : qu'un
grand appel de volontaires soit fait sans
retard ! Moins le public y prête atten-
tton;; .plus Je gouvernement a d'urgents
devoirs, le pi;eiïiier de tous étant de répé
ter au pays* le mot d'ordre que lui souffle
la Ligue civique « face au d,vngiîit '» :
« Les chefs des partis politiques lan
cent à leurs troupes des mots d'ordre qui
se heurtent. « Le péril est -à droite », af
firment les uns. « Non, le péril est à
« gauche », répliquent les autres.
« La" Ligue civique diîclaiuî que le
vrai, le' seul peiul, c'est l'allemagne.
La Ligue Civique est composée d'hom-
. mes à qui l'on a donné le sobriquet de
dreyfusards patriotes. On sait que nous
n'hésitons pas à donner raison, à toute ini
tiative ^patriotique, d'où qu'elle vienne.
••ESbut&ifrf monsieur Poincaré, écoutez le
conseil" de la Ligue Civique. Ecoutez la
voix de • nos amis "de Hollande. Et
gouvernez à l'intérieur pour agir au
dehors de telle manière qu'il n'y ait pas
de. sueur de sang- sur les- statues des -gran-
•ttes Villes de^France. Vous avez proba-
Blemeht encore un peu de temps devant
vous. Si peu ! Les moments perdus sont
des siècles.
III. Les gardiens de la paix
feront-ils la guerre civile ?
, La manifestation des gardiens de la
paix donne un peu à sourire. 11 est.
assez difficile de parler gravement d'un
pareil- camouflet adressé à l'administra
tion- de l'Intérieur. On en rira d'un bout
du monde à l'autre. Ici, chez nous, mieux
vaut parler" sérieusement. D'abord, par
ce qu'il y a là le commencement de quel
que chose qui ne sent pas la paix. En-.
suite, 1 parce que la manifestation rend
très clair l'absurde mal qui , ronge notre
Etat. Cet Etat, qui a des écoles, des télé
phones, des chemins de fer, des fabriques
d'allumettes et de \ cigares,- semble avoir
oublié--le- moyen de paver, de vêtir,
ide nourrir et ds discipliner une bon-
iiMj-" police-! Il y eut de tout temps des
révoltes de janissaires et de mameloucks,
mais elles ont rarement coïncidé avec
cet étatisme pléthorique dont la démo-
ploutacratie nous donne un spectacle aussi
amer que bouffon. Enfin,- troisièmement,
.cette manifestation pour l'indemnité de
vie • chère n'était peut-être p?is aussi
professionnelle qu'pn nous le dit. Est-ce
qu'il est « professionnel », l'ordre du jour
voté « à l'unanimité », par le conseil d'ad
ministration de l'Association générale et
professionnelle-du personnel de la--Pré
fecture de police, M, rue Dupleix '? Il n'y
a aucune indiscrétion à le publier, ce soiit
i-es.. messieurs qui ont eu la bonté de
•me--l'adresser par l'organe de leur secré
taire général, au sceau bleu de leur tinjbre
humide. Le voici :
•« Le Conseil, etc... .
« Regrette que le gouvernement n'est
pas crû présenter au Parlement et. faire
voter l'amnistie pleine et entière, tant
pour faits politiques, pour faits de grève,
que .pour-faits administratifs...
« S'associe aux protestations émises
par plusieurs groupes parlementaires et
demande au gouvernement que, dans un
but de paix publique v il dépose et fasse
voter au plus tôt une loi d'amnistie dans
laquelle seront compris les fonctionnai
res et les policiers. »
Les derniers mots indiquent seuls par
quel fil extrêmement ténu le désir de
l'amnistie peut .dériver des soucis des
intérêts professionnels. Mais bien qu'il y
ait des avocats, des notaires, des méde
cins, des commerçants, des industriels en
prison ou au bagne, les membres de leur
corps do métier ne sollicitent d'amnistie
que pour des raisons de politique révolu
tionnaire. A la préfecture comme ailleurs,
le', vœu est donc politique, i et d'une poli
tique singulièrement dangereuse une fois
qu'elle s'insinue dans le corps des* îonc-.
tionnaires d'autorité. "
: M. Maunoury y a-t-il réfléchi ?
,'JV. Les deux, polices
L'es nuages qui roulent - sur • le ciel alle
mand, les élections françaises, les énor
mes intérêts que l'Allemagne et que la Rus-
*sie ont; engagés dans ces élections, tout'
compose une atmosphère singulièrement"
orageuse. Ou je me trompe fort ou, dans
l'esprit de quelques meneurs, sans doute
rares, mais d'autant plus nuisibles, la ma
nifestation d'hier esquissait la première de
ces grandes manœuvres de désordre, publie
que tant d'individus veulent fomenter.
AvantJiier,, nous n'eu étions qu'au si
nistres mystères qui ont armé l'assassin
de Plateau, entraîné tout à tour la mort
de Goh ary et celle de. Dumas, déterminé
l'assassinat de l'innocent petit Philippe
'Daudet.
Hier, c'était la manifestation «profes
sionnelle» en corps, avec accompagne
ment de violences.
Demain, cette police noire peut surgir
du pavé pour faire cause commune avec
les brigands qu'elle a secondés dans l'om
bre et "avec ceux qu'elle travaille à faire
sortir de prison.
Il v a trop d'esprits honnêtes, de cœurs
patriotes, de citoyens loyaux et droits,
dans la police parisienne pour que nous
soyons suspects de la confondre tout en
tière dans la petite fraction qui 'aspire à
l'anarchie' et -qui.la .favorise. -Mais que les
meilleurs, que les bons (si nombreux et si,
forts -.qu-ils _se croient), y prennent bien
garde ! Tput le mal qu'ils laisseront
"l'aire opérera contre eux, , ils en- seront
fatalement les premières victimes. Leur
résistance active aux prétentions et' aux
agitations d'une écume reste le seul moyen
d'assurer, avec la -"défense - de.-l'ordre, le
^ut de,la, t jjp.eip.té ej^jejeur, t
"" " Charles MAVRR4S
P.-S. — L'Ifumanilé d'hier a grand tort
de s'étonner'du plaisir que m'a fait l'ini
tiative du Malin, j'ai toujours été fort
sensible.-à -l'honneur ..'de la presse et je-
n'ai pas,besoin de rappeler à l'Humanité
combien ' j'aurais été heureux que l'Huma
nité me Vît condamner pour diffamations
mensongères lorsque j'ai dénoncé les dou
ze capitalistes juifs qui l'ont fondée, les
social-démocrates allemands qui l'ont ra-;
vitaillée et le généreux Abramovitch Za-
levvskv, son dernier bienfaiteur.
." . . : nu H.—i
/.'Action française publiera demain un
nouveau feuilleton :
Bans la ronde des Faunes
f par Isabelle SANDY
qui obtint-, en 1921, le grand prix national.
C'est le roman, on- pourrait dire : le
poème, a d'un village pyrénéen où, dans
une naiure traduite avec une saveur et un
lyrisme émouvant, l'antique passion (le
F amour développe son cours fatal.
i
Ë CAHOTS
LES FAITS DU JOUR
— M. Myron T. lierrick a inauguré à
Saint -ÂignaH (Loir-et-Cher), un monument
âlevé en souvenir des soldats américains. •
Huit cents agents de police manifes
tent devant l'Hôtel de Ville et la place de
là Concorde pour l 'indemnité de vie chère.
-— En Angleterre, M. Haldwin -conserve,
le. pouvoir ; il se présentera, le 3 janvier,
devant le Parlement.
— Au Portugal, une tentative de dicta
ture militaire, échoue.
' Au. Lvs Royal, 13, rue do la Pépinière,
gourmets et connaisseurs trouveront, luxueu
sement présentés dans, des boîtes et coffrets de
haut goût, des chocolats exquis.
. « SES 'BAPTÊMES CHOCOLAT »,
*■ - *
Soirs d r été ; où donc êtes-vous ?
Brises tiècles et parfums doux.
Voici venir Jes soirs de givre. -
Soirs de musique, soirs de livres.
Où nous resterons tous les deux, ,
Tranquilles, rêvant près du feu
Et mazda . dorant vos cheveux...
Terra clausa
« Terre fermée. » Dans un petit livre qui
vient de paraître et qui porte ce titre en
latin, i \l. de Mouzic demande si la France,
jadis accueiïîante à Mazarin, à Maurice de
Saxe, aux Broglie et à bien d'autres, si la
France, qui s'est constituée par les allu-
vions de.-tant de races, se murera contre
l'étranger. Nous n'examinerons pas ici la
question particulière (celle de la propriété)
à propos . de laquelle M. de Monzie a' écrit
cet ouvrage qui a souvent l'allure d'une
sorte de pamphlet. ,-Nous .retiendrons/seule
ment la formulé générale dont s'est' servi"
l'auteur de Rome sans Canossa : « La xéno-
pholjie laïque moderne ».
Cette xénophobie «laïque» diffère, au
-moins en - apparence, de la xénophobie 1
d'origine religieuse qui écartait comme
impurs les hommes d'une autre tribu. Il y
■a une vingtaine d'années, par la révolte des
Boxers qui-excitaient la Chine contre les
« diables étrangers », l'Europe eut la révé
lation d'une Asie qui pourrait bien suivre
le contraire de révolution du peuple japo
nais et rejeter la civilisation européenne.
Depuis, d'autres révélations sont venues
surprendre péniblement les Occidentaux.
La Turquie, longtemps vantée pour- sa
tolérance, aura donné l'exemple-. Ie*-plus
complet de cette intransigeante xénophobie,
et elle le donne depuis qu'elle est passée à
l'état de' démocratie directe .et pure. Le
programme d'exclusion s'accomplit, peu à
peu et chacune de ses réalisations a -l 'air
d'une surprise. Hier, au célèbre lycée de
Galata-Seraï, >le personnel enseignant fran
çais était dépossédé de ses chaires et de ses
privilèges par ..un, décret d'Àiigora. Quel
ques jours plus tôt, un véritable coup de
force avait été exécuté au Phanar et -le
patriarche orthodoxe jeté à la porte de son
palais. Ces man if es tations. §ont. nombreuses
et presque quotidiennes. r Et," "dans "tous" lés
ordres d'idées, qu'il s'agisse; d'idées ou de
mai-chandises : (et; particulièrement de ces
marchandises qui portent les idées et qu'on
appelle' les ' livres)-, qu'il'is'agisse.'de' rela
tions intellectuelles, commerciales ou finan
cières, l'exclusion est _la même et aussi
farouche la volonté de ne pas subir !e
contact de l'étranger.
Terra clausa : ce sera bientôt, si.ee mou
vement continue, le vrai nom de la Tur
quie. Tous les Français qui-' en reviennent
sont d'accord pour dire que la xénophobie
s'aggrave sous l'influence d'Angorar-Qu'y
faire ? Pourrions-nous, même par ' la ma
nière forte, arrêter la marche des idées
dont le point de départ était dans la révo
lution jeune-turque ? Ce n'est pas à 1922
'ni à Tehanak, c'est à 19Û8 et à Salonique
qu'il faudrait remonter. De notre part, le
temps, là patience et la volonté de ne pas
renoncer à l'Orient, l'expérience peut-être
de la part des Turcs, permettront de réta
blir ce qui a disparu' avec la vieille Tur
quie. — J. B. . !
L'ASSASSINAT DE MAR IUS PLATEAU
La tille Germaine Bertori
va passer aux Assises
C'est le mardi 18 décembre que la filie
Gt'rmaino Berjton comparaîtra devant la
cour d'assises de la Seine pour répondre
de l'assassinat de Marius Plateau, secré
taire général de la « Ligue d'Action fran
çaise. », commis, le 22 janvier dernier,
dans les bureaux de la Ligue. ,
i ■-. ■:* *
Curricuhàn vitœ d'une ribaiule anar
chiste. ' ,
Germaine-Jeanne-Yv.onne Berton est née
le 7 juiiivl902 à Puteaux. Son père était
constructeur mécanicien, sa mère insti
tutrice libre. Lorsqu'elle avait 10 ans, ses
parents l'emmenèrent à Tours. Elle y per
dit son père en 191!). Dès lors, âgée de 17
ans seulement, se.ns plus s'inquiéter de sa
mère,-elle fréquente les .milieux révolu
tionnaires de Tours. En 1921, elle vient a
Paris, ' et, plutôt, que- de travailler, elle
préfère vivre au jour le jour, « subsister
misérablement^ comme dit l'acte-d'accusa
tion, des libéralités incertaines de divers
camarades libertaires, dont elle devenait la
maîtresse passagère ». Elle exerce, en - un-
mot,-la-profession, de fille publique.
' C'est par cette existence de crap.ule et
de fange, de coueheries. à deux —^ par
iais à trois. ( i'oit' les lettres à la lier nain,)
que la Cl'ifirlolie Corda.y anarchiste com
mence son -apostolat "glorieux.
Entre temps, elle est gratifiée de diverses
condamnations :--.trois mois de ]>rison en
3!)21 par le tribunal de ia Seine pour ou
trages et violences aux agents ; lô jours
de prison en 1922 jjour port d'arme ])ro-
hibé.'». A Saint-L--i:4ar(\, où elle purge la
prison à laquelle elle a été condamnée,
elle fait la connaissance de la Bernain de
Ra-visi à qui « on » l'a recommandée, et
elle devient sa femme de chambre. Ce sera
l'origine des relations intimes et d'une
correspondance - *— dont nous ayons p»-.
• -bLié'-r.cMentiel,^- eu.g aza nt»
Dans ces lettres, la Berton appelle ia
Bernain « Ma chère marraine », la prend
comme confidente de ses coueheries, mê
me d'un de ses avortements, la tape de
temps en temps de demandes* d'argent,
proteste sans relâche de son dévouement
et de sa gratitude : « Si vous aviez en quoi
que ce soit besoin de moi, faites-moi: pré
venir, je suis entièrement à votre disposi
tion. »
La Bernain n'est pas en reste de tél.
moignages de tendresse- envers sa « fil
leule », sa « chérie », sa « chère salaman
dre ». Elle raconte ses ennuis et ceux de
Faul-Meunier, victime .de Clemenceau et
de l'Action française. Les deux amies, sur
ce chapitre, s'entendent à merveille : Mê
mes amitiés, même,haines.
La genèse du crime
D'un caractère extrêmement violent, en
core exaltée par ses lectures et ses fré
quentations, Germaine Berton est amenée,
vers la fin de 1922, à concevoir- l'idée
d'exécuter un attentat criminel ' suri l'un
des chefs de l 'Action française, soit Léon
Daudet, soit Charles Maurrâs, parc'e qu'elle
les considère 'comme « les plus dangereux
ennemis du prolétariat » (sic) et aussi
parce qu'elle les juge en partie responsa
bles de l'occupation de la Ruhr, qualiCiée
par elle « d'agression contre l'Allemagne. ».
Daudet et Maurras ne sont-ils pas cause
de la triste fin de Paul-Meunier F-'-v: ami
de la classe-souffrante » *? A Saint-Lazare,
la e'dhère marraine » le lui a souvent ré
pété. Dans l'Ere nouvelle, une campagne
de menaces de - mort est menée contre
Daudet (17 et 19 janvier). Parallèlement,
l'Œuvre du gros Téry accuse -mensongère-
ment les .Camelots du Roi d'avoir assassiné
le chansonnier Laufl" (lfi et 20 janvier).
Germaine Berton fréquente précisément à
£ç moment 1g s .Greni er de 'Gringoire;'
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