Titre : L'Action française : organe du nationalisme intégral / directeur politique : Henri Vaugeois ; rédacteur en chef : Léon Daudet
Auteur : Action française. Auteur du texte
Éditeur : Action française (Paris)
Date d'édition : 1923-11-30
Contributeur : Vaugeois, Henri (1864-1916). Directeur de publication
Contributeur : Daudet, Léon (1867-1942). Directeur de publication
Contributeur : Maurras, Charles (1868-1952). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb326819451
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 30 novembre 1923 30 novembre 1923
Description : 1923/11/30 (Numéro 333). 1923/11/30 (Numéro 333).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG87 Collection numérique : BIPFPIG87
Description : Collection numérique : BIPFPIG69 Collection numérique : BIPFPIG69
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k7617836
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, GR FOL-LC2-6354
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 18/01/2011
Seizième Année* •—»■ N* 333.
EDITION DU MATIN
Vendredi 30 Novembre 1923
15
cent.
■m■ •
Seine * Sea&eïOis*.
20 œ "
cent.
m ■
Départements. Coionia.
ABONNEMENTS :«» J»
Franco et Colonies. 48 fr. 25 te. 13fr.
Etranger. 82 » 42 » 22»
ORGANE DU NATIONALISME INTEGRAL
« Tout ce qui est national est notre. »
Le Duc d'ORLÉANS
héritier des quarante Rois qui en mille ans firent la Franco^
REDACTION Se ADMINISTRATION
14, rue de Rome, PARIS (S'i
Adr. télégraphireué f ACTIOFR AN-PARIS
Chèque postal : Compte 23.900 Paris
Tél. : Administration : Louvre 26-49, 26-50
Publier,6: Central 74-77
Rédaction i Central 75-44
Après 10 h. du soir: Ségur 11-68
Registre de Commerce : Seine 78.58*2
Fondateur, HENRI VAUGEOIS — Directeurs politiques * LÉON DAUDET et CHARLES MAURRAS — Rédacteur en chef ? MAURICE PUJO
< Si le gouvernement est sans force,
le Parlement sans voix et l'opinion
sans pouls, où réside la réalité du pou-
i . * ^ .....
voir ? A n'en pas douter, dans la per
sonne du Roi. Si l'Espagne n'est ças en
traînée dans une catastrophe sociale,
c'est à la Couronne qu'^ïle le doit, i
al^rt mousset,
VEspagne Retins la Politique mondiale (p. 18)
Le nationalisme intégral
et l 'Alsace-Lorraine
(Suite)
Après le général Mercier, je citerai, dans
âne sphère plus modeste, ce vieux brave,
né aussi de souche messine, notre secrétaire
de la rédaction pendant plusieurs années,
le commandant Biot, dont le souvenir m'est
également cher pour tant de sympathies
violentes et de gais dissentiments qui nous
unissaient !
î. Nous possédons, dans les archives de
Y Action française, un graphique de Biot,
daté des premiers jours de septembre 1914,
qui prévoyait, annonçait, prédisait l'oblique
de Von Kluck et la victoire qui suivrait. J'ai
encore dans l'oreille son pronostic victo
riens pour Verdun. Pas royaliste, lui non
plus; au sens traditionnel et héréditaire,
mais si bon Français, si véhément ennemi
de la République, tellement décidé à rallier
tout régime d'ordre, de continuité, de patrio
tisme tçu'un mot du Duc d'Orléans, que je
lui rapportai, lui mit un jour la flamme
de l'espoir dans les yeux.
Biot est mort pendant la guerre et un
peu de la guerre. Lionel des Rieux a reçu
en plein cœur une mort envoyée d'Alle
magne : c'était devant Malancourt, en pays
lorrain. Quoique Provençal et Périgourdin
én ligne paternelle et maternelle, son lieu
de naissance^ était la Lorraine, son père
étant sous-préfet de Neufchâteau pendant
l'invasion de 1870. Le major prussien qui
délivra sà mère donna au nationalisme
français un champion complet, car, avant
de périr les armes à la main, ce héros
avait pris part à toutes nos campagnes de
patriotisme intellectuel ; le rude vent de
l'Est, qui avait mordu sur lui unç fois
pour toutes, l'avait averti du péril constant.
Notrç commune vie d'esprit à Paris se res
sentit toujours de l'obsession qui le
dominait ; 'durant les années d'oubli, de
distraction et de négligence, il 7 fut à nos
côtés toutes les fois que nous eûmes à redire
au pays le funèbre avertissement sans lequel
la victoire n'eût pas été rêvée.
Lionel des Rieux était un compagnon
d'enfance et de jeunesse. J'ai à peine en
trevu Pierre Villard. Cet enfant de Ver
dun n'a pu agir sur ma pensée quand elle
se formait, mais il a pris une part morale,
idéale, pratique à tout ce qu'il y a de
matériel dans notre action, car, avant de
partir pour le secteur du front d'où il
revint dans un cercueil, Pierre Villard me
léguait la moitié de sa fortune. Ce demi-
million ne pouvait être appliqué qu'à des
dépenses impersonnelles et nationales, mais,
par ce moyen, j'ai pu soutenir et continuer
nn grand nombre de nos œuvres de propa
gande. Ainsi, après avoir donné à mon en
fance et à ma jeunesse quelques-unes de
ses directives, l'âme lorraine m'a fourni
jme arme pour les appliquer.
♦ *
Qu'en conclure, à cette place? Pour
inoi, rien, cela n'a pas d'intérêt Mais cela
signifie peut-être, pour le composé fran
çais, que nos affinités du Nord-Est et du
Sud-Est savent jouer avec une extrême faci
lité. Cela .peut vouloir dire que les an
ciennes communications par la Saône et le
Rhône ont quelque chose de durable qui
établit entre les terres et les races des cou
rants d'amitié d'une réelle fixité. Cela peut
signifier encore que ce n'est pas pour rien
que notre roi René se tint auprès de Jeanne
d'Arc, que suivaient, d'autre part, les méri
dionaux du parti Armagnac !
; Entre les pays comme entre les personnes,
U est des noeuds secrets, il est des sympathies
Je .ne me suis jamais promené au Musée
du Louvre sans avoir à me confirmer, par
le témoignage des yeux ce que l'évidence
des-souvenirs m'a redit de tout temps : je
n'ai -.qu'un peintre à aimer sans réserve,
sans'embarras, sans limitation ni critique,
et ç'est Le Lorrain. Il n'y a. pas la moindre
impiété à le déclarer, il est aussi mien que
Mistral- Pourquoi? Action et réaction! Jeu
d'influences, retour d'atavismes ! Riches et
puissants va-et-vient des échanges au plus
profond du cerveau et du sang! Peùt-êtrè
même appel des régions de lumière supé
rieure où les colonnades de marbre, lés
vaisseaux'.de haut bord, la forte dentelure
des feiiillès du chêne sacré composeraient
au genre humain .une patrie commune dont
l'esprit classique définirait seul les fron-
tièrès, mais dont la France resterait forcé
ment la tête et le cœur !
L'explication peut se débattre, l'impres
sion importe seule ici, mais, à côté de celle
que? me donne toujours la moindre touche
de Claude. Gelée, je dois évoquer le mou
vement d'horreur que m'a causé, aux
Offices de. Florence, l'exposition de ses
chefs -d'œuvre au rayon des .« Tedeschi » :
oui, à une Section de l'Ecole allemande! Il
me semblait que ma plus profonde fibre
française .se déchirât sur ce contresens
d-'un archéologue ivre ou fou. Que la Lor
raine ait été pays du Saint-Empire (comme
la Provence), qu'elle ne nous soit revenue,
j»n'deux morceaux, que sous Henri II et
JiOuia XV» cela empêche-t-il la Lorraine,
comme l'Alsace, de faire corps et cœur
avec le corps et le cœur de la France ?
« Et Jeanne la bonne Lorraine », disait
Villon plus de cinquante ans avant la réu
nion de Metz, Toul et Verdun. Bien que
Jeanne fût née dans ce pays de Bar, per
sonne ne s'offusquait de voir classer hors
des limites officielles du royaume celle qui
le délivra des Anglais. Tout le monde sa
vait que, tôt ou tard, ce qui n'était pas du
royaumç, en devait être et en serait.
♦ • +
La moralité à tirer de ces acquisitions
d'une belle histoire est donc qu'il importe
de ne pas laisser redéfaire ce qui a été
fait, puis défait, puis refait au prix de si
hauts efforts séculaires ! De 1914 à 1918,
les armées françaises ont soutenu et gagné
une guerre énergique ; l'Etat républicain
n'a pas su élaborer une bonne paix.
En laissant debout l'unité allemande, on
a maintenu à nos portes une force ethnique
et surtout une idée ethnique nécessairement
conquérantes : l'Allemagne une doit se dé
chirer ou s'accroître, et c'est pour ne pas
se déchirer qu'elle est naturellement tour
née vers la nécessité de grandir. La volonté
des hommes n'y peut rien et les esprits ne
peuvent que s'incliner devant la loi des
situations résolues par l'histoire et par la
géographie. Il faut donc ou nous garder
ou nous résigner : si nous ne nous rési
gnons pas à nous laisser séparer de nos
frères de l'Est et du seul rempart qui
puisse les couvrir avec nous, il* faut que
nos défenses aillent briser les préparatifs
militaires de la revanche germanique immi
nents, sensibles partout.
(A suivre.)
Charles MAURRAS
Nous sommes heureux d'annoncer que
Léon Daudet reprendra dimanche matin
sa collaboration au journal.
La mort de Philippe Baudet
En nous excusant une fois de plus de ne
pouvoir citer les innombrables témoigna
ges personnels de sympathie qui ont été
adressés à l'Action française pour M. et
Mine Léon Daudet, ajoutons à la liste de
ceux qui émanent des groupements ceux
qui nous sont parvenus depuis hier :
Le comte de Montlaur, délégué régional
de .Monseigneur le Duc d'Orléans* en son
nom et au nom de la région du Centre ;
les Etudiants d'A. F. de Poitiers ; les Etu
diants d'À. F. de Montpellier ; les sections
d'A. F. de Montbrison, Pignan, Riom, Ni
vernais, Halluin, Basses-Alpes, Cholet,
Clermont-Ferrand, Rennes, Prades, Crest,
Montauban ; le groupe des Dames d'Action
française d'Amiens, etc.
M. de Vichet, la rédaction et l'adminis
tration de l'Eclair de Montpellier.
ECHOS
LÈS FAITS DU JOUR
— A la Chambre, discussion de la loi élec
torale. La suppression de la prime à la ma
jorité absolue est votée, malgré une manœu
vre do M. Briand.
— Après l'échec de M. Stegermald, c'est
M. Marx qui est chargé de former le cabinet
allemand.
— L'Agence Renter publie une note, sur
les armements de F Allemagne.
Heureuse nouvelle : la publication littéraire
spéciale pour les jebnes filles, le « Lisez-Moi
Bleu » reparaît. Comme autrefois, il fera la sé
lection d'œuvres de premier ordre, signées des
meilleurs noms et que toutes les jeunes filles
peuvent et doivent connaître, que toutes peu
vent et doivent lire. Le premier fascicule est en
venté partout au prix de 1 fr. 50. Editions Jules
Tallandier, 75 rue Dareau, Paris (nvO
GRANDE REUNION
PATRIOTIQUE
Salle Wagram (39, aven. de Wagram)
Aujourd'hui vendredi, à 9 heures du soir
(Ouverture des portes à 8 h. 1/2)
L'Allemagne prépare
la guerre
Elle prépare aussi nos élections
Orateurs : Bernard de Vesins, Georges
Valois, Marie de Roux, Paul Robain,
On trouve des cartes à l'Action française, 14, nie
de Rome; à la Librairie d'Action française, 12, rue
de llsly; à l'Institut d'Action française, 33, rue
Saint-André-des-Arts; à la permanence du VII*
arrondissement, 116, rue du Bac; à la permanence
d'A. F. du XI e , 16, rue Petion. à la permanence
d'A. F. du XV', 97, rue Blomet; à la permanence
du XVI*, 13 bis, rue de l'Annonciation; à la perma
nence du XYIP, 21, rue Laruandé.
LA POLITIQUE.
L Une voix de majorité :
Pourquoi ?
Allait-on supprimer la prime à la ma
jorité ? La commission le demandait,
le président du Conseil le demandait
aussi; mais M. Briand avait prononcé un
discours pour le statu quo. M. Briand ne
s'est pas fait suivre par la majorité, mais
la thèse gouvernementale ne l'a empor
té qu'à une voix de majorité. 281 contre
280.
Cela démontre au moins deux choses.
D'abord, il y a quelque chose de chan
gé à la Chambre lorsque Léon Daudet
ne peut se rendre à la seance.
Ensuite, il y a toujours de gros dan
gers à écouter et à contredire Briand
comme une personne naturelle, comme un
honorable collègue. Briand, c'est Briand.
Briand; c'est la manœuvre, l'intrigue, le
mensonge au service d'inavouables inté
rêts. Le mettre élégamment dans sa po
che.. comme l'a fait l'autre; jour M. Poin-
caré, est un exercice habilè et joyeux
qui fait la joie des connaisseur . Mais ce
n'est pas le réduire, à l'incapacité de
nuire. Ce n'est pas défendre -l'Assemblée
et le pays des coups certains, subtils,
fréquents et de plus en plus sûrs que
ce malheureux porte à l'intérêt et au sa
lut publics. Il faut oser parler comme
Léon Daudet. Il faut dire : Briand c'est
Washington ou la ruine de notre ma
rine; Briand, c'est Cannes oû un effort
pour nous mettre dans le: vasselage de
Londres ; Briand, c'est Athènes ou l'im
punité du guet-apens tendu à nos marins
pour les beaux yeux du prince Georges
de Grèce. Il faut dire encore : Briand,
c'est le tripotage de Berthelot et le règne
de la Banque Industrielle de Chine ;
Briand, c'est le mensonge public fait à
la Chambre sur le, régime de la Sarre,
pour en mieux dépouiller la Part du
Combattant. Avec des misérables comme
Briand, feindre, tromper le fer, est tout
à la fois dangereux et inutile. Il ima
ginera toujours quelque tromperie ou quel
que feinte plus grossière qui agira plus
sûrement que le jeu le plus raffiné. Sa
honteuse argumentation d hier se bornait
à dire : prenez garde, vous allez troubler
le pays, vous sautez dans l'inconnu,
vous ne serez même pas réélus... Briand
avait déjà manifesté cé principe dans :
son intervention de l'autre jour. On était
averti. Le président du Conseil lui-même
avait saisi l'avertissement, car hier même,
prenant avec des pincettes la pensée de
M. Briand, mais traitant celui-ci avec une
cordialité solennelle, il avait dit :
« Je ne crois pas non pltïs — et j'en
demande pardon à mon ami M. Briand —
que la question soit de, trouver" le régi
me électoral le plus favorable aux espé
rances du,; parti auquel nous pouvons ap
partenir. Je comprends très bien que
chaque parti ambitionne d'arriver au pou
voir ; c'est même, de cette émulation né
cessaire que vient là fécondité de la vie
publique. (Très bien i très bien !)
« Mais le mode de scrutin doit être éta
bli pour donner à tous les partis la juste
liberté de se faire entendre. (Applaudis
sements.)
La Chambre a' applaudi M. Poincaré,
qui parlait justice, mais elle a donné une
minorité formidable à « son ami » M.
Briand qui parlait intérêt C'est le Con
traire qui nous aurait étonné.
II. (( Ce canaille de B... ))
Néanmoins, il y a quelque chose de
plus intéressant que le succès d'un per
sonnage crapuleux jouant ainsi de l'inté
rêt et de la peur, c'est l'espèce'de pro
gramme politique dont il l'a fait procéder.
Le programme tient en une ligne et
demi : devant les électeurs, « mettons
« la question extérieure et le patriotis-
« me de côté », cela a peu d'importance
électorale. Le patriotisme appartient à
tout le monde. La patrie, aussi. Donc,
sur ce point tout le monde est égal, tout
le monde se vaut. Les Gaillaux, les. Tur-
rnel, les Malvy qui ont trahi ou noué des
intelligences avec l'ennemi valent les
Chevillon, les Nortier, les duc de Rohan,
qui se sont fait tuer au même ennemi.
• « Donc » que sert de disputer sur ce
point ? Egalité, vous dis-je. Identité,
Quei-« que soit la composition d'un mi
nistère, si on a la guerre, eh bien ! il
la fera comme l'ont faite les hommes de
gauche du ministère Viviani : s'il y a
là-dedans un traître, la belle affaire, et
le petit malheur 1 N'est-on pas content
tout de même ? C'est peu de dire que M.
Briand est content, il est fier et si-au lieu
de quinze cent mille hommes nous en
avions perdu deux ou trois millions, si,
au lieu de 55 matelots, les. Grecs nous en
avaient massacrés trois oû quatre cents,
M. Briand, impassible, répéterait : — De
quoi ! De quoi ! N'avons-nous' pas eu la
victoire ?
Je vous dis que cet homme est aussi
sanglant et aussi sanguinaire que M. Léon
Bourgeois en personne.
Sur l'inutilité de soulever la question
extérieure en temps électoral (devant le
souverain, le seul jour où le peuple soit
souverain !)■ le, raisonnement de Briand
n'est pas moins digne de dégoût. Il faut
citer tout le morceau :
« Ceux qui ont assisté à l'admirable mo
bilisation française ont pu voir que, quels
que fussent les partis et les hommes, tous
se rassemblaient autour de la patrie. (Nou
veaux applaudissements à gauche, au cen
tre et sur divers bancs à l'extrême gau
che.)
« M. Barillet. — Trop tard 1 C'est noais
qui avons payé l'impréparation à la guer
re. (Interruptions à gauche et à Vextrême
gauche.)
« M. Aristide Briand. — Soyons justes,
car, sur ce terrain du patriotisme, nous
pouvons parler entre rous avec justice.
« La République durait depuis un cer
tain nombre d'années, elle avait fait face
à sa tâche, et, quand la guerre a éclaté...
« M. Barillet. — Nous n'avions pas de
canons. (Vives protestations à gauche et à
l'extrême gauche.)
tiés'que la France a trouvées... {Interrup
tions à droite. — Bruit.)
i £ M. Rillart de VçrncuU. ■—* Les socia
listes n'ont pas fait la guerre. (Violentes
exclamations à l'extrême gauche et à gau
che.)
« M. Aristide Briand. — Je dis qu'à ce
moment la France, sur le champ de batail
le, s'est trouvée entourée d''amitiés et d'al
liances qui ne sont pas le fruit d'une géné
ration spontanée. ( Applaudissements à
gauche et sur divers bancs au centre.) »
Félicitation aux applaudisseurs du
centre. Ils savent l'histoire contemporai
ne aussi bien que M. Briand. Rappelons-
leur que l'alliance russe a été une ries
causes directes de la guerre, que l'ail; van-
ce belge a été due à l'invasion de la 'Bel
gique, l'alliance anglaise de même, l'al-
"iance américaine à la guerre sous-mari
ne, et ainsi de suite. Ne laissons pas
nommer des bienfaits de la Répmblique
les précieux- cadeaux que nous, a faits.
l'Allemand.
, L'ignorance de- l'aiiditoire lui a permis
d'écouter M. Briand. Son bon 'sens aurait
dû suffire à le mettre en gardfc contre les
graves embûches contenues dans le con
seil dè ne pas « traîner la patrie sur
les tréteaux de la place publique pen
dant la période électorale s. Parbleu !
Là est bien la menace pour le gouverne
ment des partis, menacte de l'union na
tionale, de l'union sacrée, qui leur ôterait
le pain de . la bouche- Là formule de
Briand est celle que nous lisons parfois
dans le Temps, contre toute doctrine et
tout mouvement naticmalistes. « La naïion
n'a pas besoin d'être invoquée devant le
pays. Cela va sans dïre. » Mais cela va si
peu sans dire que, pendant plus de douze
années entières, de 1300 à 1912, les partis
;ouvernants ont gouverné contre la patrie.
le qui fait que selon la juste interruption
de M. Barillet, « nous n'avions pas de
canons ».
En démocratie, où toutes les idées na
tionales, internationales, antinatiohales ont
le champ libre, il faut bien un parti de
« la France tout court s>, (somme disait
notre ami Magne, du moment qu'elle
n'est pas représentée au pouvoir par
l'hérédité !
Mais suivons jusqu'au bout le program
me de cette canaille de Briand: — Il ne faut
pas faire de politique électoralé patrio
tique... Il en profite ppiur ouvrir la porte à
une politique extérieure révolutionnai
re, purement « justicière», étrangère à
notre défense et à nos intérêts : ;
un corps politique au plus haut -chef.
Il ne se substitue pas au pouvoir Politi
que, dites-vous î Grave, grave il le fait. Il le crée. Il lui donne l^ s moyens
de naître. C'est une associatif^ 4 on t i» un
des principaux objëts est de ^ire les élec
tions, ce qui veut dire ocelle travaille à
la création du souverain. Peut-on empié
ter davantage sur les pouvoirs publics ?
Petrt-on mieux s y s^siituer ou sortir da
vantage du rôle consultatif ?
/ Je confie atys ouvriers linotypistes de"
l'Action française l'original de la circu
laire par .laquelle M. Biïliet a quêté auprès
des assr/oiès de l'Union des Intérêts éco-
nonviq'aes. Elle est du 27 mars 1923. Elle
est a ; /nsi conçue :
«, Paris, le 27 mars 1923. Monsieur, Vous
avt'z bien voulu, jusqu'ici nous assurer les
ressources dont une Association comme la
'jtôlre a besoin, quand elle veut poursuivre
une action continue.
« Nous n'avons pas besoin de vous dire
que notre œuvre se poursuit méthodique
ment et que nos dépenses fixes et incom
pressibles sont considérables. A ces dé
penses viennent s'ajouter, des maintenant,
des frais de propagande d'autant plus im
portants que iiôus nous rapprochons da
vantage des élections...
«...Nous venons donc vqns demander de
nous donner les moyens de mener à bien
l'œuvre commencée r il ya déjà plus de
12 ans. Si votre concours nous était refusé
ou marchandé, nous nous verrions dans
la nécessité de décliner toute responsabi
lité quant aux résultats que le monde éco
nomique est en droit de désirer et d'obte
nir, soit aux élections sénatoriales de jan
vier 1924, soit avjx élections législatives du
mois de mai de la même année.
« Veuillez agréer, Monsieur, etc.
« L'un des vice-présidents :
« Billiet.
« Sénateur de la Seine ».
« Donc, meitons la question extérieu
re et le patr.oïisme de coté ; ils ne sont
ni l'un ni l'autre en péril, et si je reconnais
avec vous que la politique intérieure réa
git dans-une certaine mesure sur la politi
que eoctérieure, je déclare, que je ne verrais
aucun inconvénient: à ce que, aux yeux du
monde, la France apparût comme la Fran
ce de la Révolution, toujours tournée vers
la justice. (Applaudissements vifs et répé
tés à gauche, au centre et sur divers bancs
à l'extrême gauche. —Interruptions à
droite.) »
Cette canaille de Briand a posé en ces
termes sa candidature à la succession de
M. Poincaré et des hommes de l'Est :
le ministère de la nouvelle impréparation
et de la nouvelle invasion.
Problème : ; Quelles peuvent être l'éten
due et la profondeur de la niaiserie des'
députés du centre qui ont pu acclamer ce
programme et ce candidat ? •
III. Contre les Etats généraux :
Ce que soutient la Défense
républicaine
A propos des paroles prononcées par
M. Poincaré à 1'lînion des Intérêts éco
nomiques, le Temps d'hier par une allu
sion frappante au mouvement des Etats
généraux, faisait le commentaire suivant
de ce discours :
« Premier point. Des associations, tel
les que l'Union des intérêts économiques,
n'ont pas, sous couleur de groupements
professionnels, à se substituer aux pou
voirs publics, c'est de gouverner et c'est
de légiférer. L rôle des groupements pro
fessionnels, c'est, dans l'ordre politique,
un rôle simplement consultatif : « Rien
de plus, rien de moins. » Ceux qui s'es
sayent à donner à des groupements pro
fessionnels une autre mission cherchent
en réalité à faire revivre une institution
passée et à mutiler une institution pré
sente. Ils rêvent de reconstituer les corpo
rations abolies par la Révolution et de
diminuer le rôle deà assemblées législa
tives créés par la Révolution. »
J'ai lu avec attention le discours de
^ï. Poincaré. Je n'y ai pas trouvé, à l'état
d'idée distincte, ni de tendance, ce que
prétend y voir le Temps. M. Poincaré
doit penser comme le Temps. B n'a pas
parlé comble le veut le Temps. Son « rien
de plus, rien de moins » Rapplique évi
demment à la lutte de classes aux accu
sations dont les socialistes chargent la
bourgeoisie, à la qualité de « classe ou
verte » que la bourgeoisie doit garder.
Cela n'a aucun rapport avec l'idée des
Etats généraux.
Il y a même une page du discours de
M. Poincaré qui aurait pu être adressée
fort bien à une séance d'ouverture des
Etats. Je la cite, on en jugera :
Vous n'avez pas, non plus, l'intention
de vous substituer aux pouvoirs publics
et de leur imposer vos volontés. Ils ont
leur rôle et vous avez le vôtre. Le leur est
de gouverner et de légiférer. Le vôtre est
de renseigner le gouvernement et les
Chambres, de les avertir, de les seconder,
de les stimuler, de les mettre en garde
contre les négligences, les erreurs et les
périls, de leur soumettre les cahiers de
vos revendications et les suggestions de
votre expérience.
Des cahiers ! Le Temps a dû tiquer.
« Institution passée » que l'on veut faire
revivre ! Et c'est le président du Conseil
qui demande à M. Billiet el à ses commet
tants de. lui rédiger et de lui apporter
les ci-devant Cahiers ! Je dois ajouter un
mot : M. Poincaré se trompait d'adresse.
Et le Temps, aussi. L'Union des Intérêts
économiques n'a point du tout les visées
modestes et légitimes qu'on lui attribue.
Ge c'est pas tm corps consultatif. C'est
I
La position du Temps et probablement
de MM. Poincaré et Millerand consiste
donc : 1' à exclure ou à voir d'un mau
vais œil la représentation directe, impar
tiale, sincère, des intérêts économiques
et commerciaux, telle que la produirait
automatiquement les Etats généraux ;
2° à admettre, à adopter, à patroner cette
représentation indirecte et louche opérée
paf le moyen de grandes associations
politiques telles que le comité Mascuraud-
Chaumet ou le comité Billiet, qui, non
contents d'agir dans l'Etat par toutes
les voies de l'influence et de l'intrigue
(souvenez-vous du trafic des décorations,
pour n'en citer qu'un seul) agissent, tra
vaillent, militent, estent officiellement
pour la création et la nomination du sou
verain au moyen de deniers comptant.
Où est la « substitution » aux pouvoirs?
Où est la confusion ?
Où est l'usurpation.?
Ni la clarté, ni la loyauté ne sont, dé
cidément, dans les mœurs de cette plou
tocratie couverte qu'on appelle démocra
tie ! Ce soir, salle Wagram, Georges Va
lois en donnera des preuves nouvelles !
Charles MAURRAS
REUNION DE LA COMMISSION
DES RÉPARATIONS
La Commission des Réparations se réu
nira aujourd'hui vendredi, à trois heures,
à l'hôtel Astoria.
Elle commencera sans doute par rece
voir les délégués allemands, qui termine
ront leur exposé de la soi-disant détresse
économique de leur pays. Puis elle exami
nera la suite à donner à la proposition
française de constituer un comité d'experts
chargé d'évaluer la capacité de paiement
actuelle de l'Allemagne.
La presse anglaise — nous parlons tou
jours de celle qui ne nous aime pas —
était, hier, beaucoup plus conciliante après
avoir été hargneuse et pleine de soupçons.
Il n'était plus question de contester la
« légalité » de l'occupation de la Ruhr. On
ne parlait plus de nous refuser le droit de
prélever, sur les recettes, les frais de cette
occupation. La raison y était pour quelque
Chose. Si le produit des accords de la
Ruhr doit entrer dans la caisse commune,
le common chest de la Commission des
réparations, c'est donc que l'occupation de
la Ruhr est légitime puisque ses fruits le
seraient. Et, si les recettes ne vont pas à
l'hôtel Astoria, la France et . la Belgique
les garderont pour elles: beati possidentes.
Au fond, c'est ce qui rend notre situa
tion forte. Nous sommes dans la Ruhr et
personne ne nense à nous en déloger parce
que personne ne peut nous en déloger. Du
moment que le Allemands n'ont pu nous
empecher d v entrer ni nous contraindre à
en sortir, tout le monde doit compter avec
le fait accompli
De la douceur dans les formes, de la
force dans l'action : cette devise doit être
la nôtre. Elle est vieille et toujours bonne.
Ce n'est pas parce qu'il y a, dans nos rap
ports avec l'Angleterre, une sorte de rémis
sion qu'il faut tout lâcher. Il ne sert à rien
d'être rogue hors de propos. Il est absurde
d'être faible au moment ,où l'on peut re
cueillir le fruit de la fermeté.
Nous ne savons même pas ce que l'Alle
magne sera demain. Nous ne savons pas ce
qui s'y prépare. L'incertitude de la situa
tion politique chez les Allemands est
grosse d'inconnu. Nous avons le devoir de
tenir compte d'avertissements semblables à
celui que vient de donner le Kurjer Po-
nanski : « La Pologne serait la première à
subir l'assaut du Reich réarmé ». Et aussi
réorganisé, politiquement réorganisé. Si
l'Allemagne - r >'„est ; j»as entièrement folle,
elle se réorganisera d'abord. Elle attaquera
ensuite le point le plus faible qui est le
po^nt polonais. C'est la marche qu'on ne
doit jamais perdre de vue. La note Reuter,
sur les armements de l'Allemagne; qu'on *
a publiée hier soir, est juste dans ses
grandes lignes. Lorsqu'elle parle de « me
nace possible quoique notf immédiate »,
elle pense peut-être plus à l'Europe occi
dentale qu'à l'Europe orientale, et c'est
celle qui court le plus prochain danger.
Il est tirées des troubles événements d'Allemagne,
ont influé sur les dispositions des Anglais.
Ils sont au milieu d'une campagne électo
rale où l'on peut échanger et se retourner
l'argument d'être proallemand et antifran
çais. Quel intérêt les conservateurs auraient-
ils à laisser M. Lloyd George apparaître
comme meilleur partisan de l'Entente
qu'eux ? En somme, la transaction à la
quelle M. Poincaré avait consenti la se
maine dernière était destinée à ne pas com
pliquer la besogne électorale de M. Bald-
win et de ses amis. Pourquoi gâcheraient-
ils eux-mêmes ce qu'ils ont obtenu? — J. B.
LA LOI ELECTORALE A LA CHAMBRE
Briaiid contre Poincaré
A propos de là prime à la majorité absolue. •—Aristide Briaiid
tente un croc-en-jambes contre le président du Conseil.
— Il s'offre comme chef au Bloc des gauches.
bles. C'est que dans la matinée le bruit
Dans soii discours de mardi dernier sur
la réforme électorale M. Forgeot, nous
l'avons dit, adjurait M. Poincaré d'élargir
sa majorité républicaine, en excluant de
celle-ci les hommes de droite du Bloc
national et les partis avancés de la gau
che.
C'était'lui dire : faites-nous une majo
rité composée de républicains de gauche
et de radicaux modérés.
Cette opération, qui aurait pu tenter les
secrètes aspirations du président du Con
seil, M. Poincaré n'a pas voulu ou n'a
pas osé la faire. Son discours, purement
théorique et limité à la question de la
réforme, a semblé décevoir l'assemblée.
Il*n'en fallait pas davantage pour in
citer Aristide Brianck à tenter un coup...
en sa faveur, naturellement, et comme le
président du Conseil n'avait pas joué le
« pion de la majorité républicaine »,
Briand le lui a proprement soufflé, sans
vergogne, mettant dans sa poche les radi
caux et radicaux socialistes, dont il est
aussitôt devenu — n'en déplaise à M. Her-
riot, qui en était tout pantois — le sur
chef si j'ose .dire.
En se posant en défenseur dé la Cham
bre de 1914, de la Chambre à Cailloux et
à Malvy, l'homme de tous les renonce
ments et de touteis les hontes devait in-
fâilliblement arriuer à ce résultat. Le vote
"qui a suivi son intervention démontre
l'importance de l'opération politique qui
s'est faite hier.
Maintenant la coupure est nette. La
gauche s'est donné un chef digne d'elle
qu'elle opposera à tout instant, au nom
des principes, de la Révolution, à celui
qui, pour l'instant encore, combat . au
itom de la France.
La séance est ouverte à trois heures
sous la présidence de M. Raoul Péret
Les députés sont presque tous à leur
banc, les tribunes du public sont, pom-
s'était répandu urbi et orbi que M. Poin
caré viendrait répondre à Mi Forgeot,
L'assemblée paraît nerveuse et impa
tiente, et, sans préambule, M. Lucien
Klotz, ancien ministre des Finances, pous
se à fond son attaque contre le projet de
la commission du suffrage universel-
On se souvient que celle-ci propose la
suppression de la prime à la majorité
absolue.
M. Klotz, combattant la thèse de M. For
geot, vient rappeler à la Chambre que là
prime à la majorité absolue était une
transaction entre les partisans et les ad
versaires de la proportionnelle : il faut
donc la garder. En la supprimant on insti
tuerait une « prime à la minorité ».
Aujourd'hui," en changeant l'état de
choses, méfiez-vous de nous donner
un régime inconnu encore plus obscur
que celui de 1919.
Discours de M. Poincaré
M. Poincaré, après avoir rappelé que
M. Klotz, en 1912, avait voté contre la
prime à la majorité absolue, dit qu'en
1919, tel ou tel mode de scrutin aurait
donné des résultats analoguès : la France
aurait manifesté la même volonté de main
tenir l'union sacrée au lendemain des
graves périls qu'elle venait d'affronter.
Il ne s'agit pas non plus d'établir un
scrutin qui puisse favoriser tel ou tel
parti ; il-ne s'agit que . de permettre à
tous de s'exprimer en toute liberté.
De même, les arguments de M. Forgeot
sur le danger des coalitions ne doivent
pas être de natilre à nous déterminer.
Un seul problème est à examiner. Où est
la justice ? Quel- est le régime qui assure
la représentation la pius sincère du pays '<
La délibération directe du peuple ne peut être
appliquée que dans les petites nations : il csl
donc obligé do nommer des mandataires
EDITION DU MATIN
Vendredi 30 Novembre 1923
15
cent.
■m■ •
Seine * Sea&eïOis*.
20 œ "
cent.
m ■
Départements. Coionia.
ABONNEMENTS :«» J»
Franco et Colonies. 48 fr. 25 te. 13fr.
Etranger. 82 » 42 » 22»
ORGANE DU NATIONALISME INTEGRAL
« Tout ce qui est national est notre. »
Le Duc d'ORLÉANS
héritier des quarante Rois qui en mille ans firent la Franco^
REDACTION Se ADMINISTRATION
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Fondateur, HENRI VAUGEOIS — Directeurs politiques * LÉON DAUDET et CHARLES MAURRAS — Rédacteur en chef ? MAURICE PUJO
< Si le gouvernement est sans force,
le Parlement sans voix et l'opinion
sans pouls, où réside la réalité du pou-
i . * ^ .....
voir ? A n'en pas douter, dans la per
sonne du Roi. Si l'Espagne n'est ças en
traînée dans une catastrophe sociale,
c'est à la Couronne qu'^ïle le doit, i
al^rt mousset,
VEspagne Retins la Politique mondiale (p. 18)
Le nationalisme intégral
et l 'Alsace-Lorraine
(Suite)
Après le général Mercier, je citerai, dans
âne sphère plus modeste, ce vieux brave,
né aussi de souche messine, notre secrétaire
de la rédaction pendant plusieurs années,
le commandant Biot, dont le souvenir m'est
également cher pour tant de sympathies
violentes et de gais dissentiments qui nous
unissaient !
î. Nous possédons, dans les archives de
Y Action française, un graphique de Biot,
daté des premiers jours de septembre 1914,
qui prévoyait, annonçait, prédisait l'oblique
de Von Kluck et la victoire qui suivrait. J'ai
encore dans l'oreille son pronostic victo
riens pour Verdun. Pas royaliste, lui non
plus; au sens traditionnel et héréditaire,
mais si bon Français, si véhément ennemi
de la République, tellement décidé à rallier
tout régime d'ordre, de continuité, de patrio
tisme tçu'un mot du Duc d'Orléans, que je
lui rapportai, lui mit un jour la flamme
de l'espoir dans les yeux.
Biot est mort pendant la guerre et un
peu de la guerre. Lionel des Rieux a reçu
en plein cœur une mort envoyée d'Alle
magne : c'était devant Malancourt, en pays
lorrain. Quoique Provençal et Périgourdin
én ligne paternelle et maternelle, son lieu
de naissance^ était la Lorraine, son père
étant sous-préfet de Neufchâteau pendant
l'invasion de 1870. Le major prussien qui
délivra sà mère donna au nationalisme
français un champion complet, car, avant
de périr les armes à la main, ce héros
avait pris part à toutes nos campagnes de
patriotisme intellectuel ; le rude vent de
l'Est, qui avait mordu sur lui unç fois
pour toutes, l'avait averti du péril constant.
Notrç commune vie d'esprit à Paris se res
sentit toujours de l'obsession qui le
dominait ; 'durant les années d'oubli, de
distraction et de négligence, il 7 fut à nos
côtés toutes les fois que nous eûmes à redire
au pays le funèbre avertissement sans lequel
la victoire n'eût pas été rêvée.
Lionel des Rieux était un compagnon
d'enfance et de jeunesse. J'ai à peine en
trevu Pierre Villard. Cet enfant de Ver
dun n'a pu agir sur ma pensée quand elle
se formait, mais il a pris une part morale,
idéale, pratique à tout ce qu'il y a de
matériel dans notre action, car, avant de
partir pour le secteur du front d'où il
revint dans un cercueil, Pierre Villard me
léguait la moitié de sa fortune. Ce demi-
million ne pouvait être appliqué qu'à des
dépenses impersonnelles et nationales, mais,
par ce moyen, j'ai pu soutenir et continuer
nn grand nombre de nos œuvres de propa
gande. Ainsi, après avoir donné à mon en
fance et à ma jeunesse quelques-unes de
ses directives, l'âme lorraine m'a fourni
jme arme pour les appliquer.
♦ *
Qu'en conclure, à cette place? Pour
inoi, rien, cela n'a pas d'intérêt Mais cela
signifie peut-être, pour le composé fran
çais, que nos affinités du Nord-Est et du
Sud-Est savent jouer avec une extrême faci
lité. Cela .peut vouloir dire que les an
ciennes communications par la Saône et le
Rhône ont quelque chose de durable qui
établit entre les terres et les races des cou
rants d'amitié d'une réelle fixité. Cela peut
signifier encore que ce n'est pas pour rien
que notre roi René se tint auprès de Jeanne
d'Arc, que suivaient, d'autre part, les méri
dionaux du parti Armagnac !
; Entre les pays comme entre les personnes,
U est des noeuds secrets, il est des sympathies
Je .ne me suis jamais promené au Musée
du Louvre sans avoir à me confirmer, par
le témoignage des yeux ce que l'évidence
des-souvenirs m'a redit de tout temps : je
n'ai -.qu'un peintre à aimer sans réserve,
sans'embarras, sans limitation ni critique,
et ç'est Le Lorrain. Il n'y a. pas la moindre
impiété à le déclarer, il est aussi mien que
Mistral- Pourquoi? Action et réaction! Jeu
d'influences, retour d'atavismes ! Riches et
puissants va-et-vient des échanges au plus
profond du cerveau et du sang! Peùt-êtrè
même appel des régions de lumière supé
rieure où les colonnades de marbre, lés
vaisseaux'.de haut bord, la forte dentelure
des feiiillès du chêne sacré composeraient
au genre humain .une patrie commune dont
l'esprit classique définirait seul les fron-
tièrès, mais dont la France resterait forcé
ment la tête et le cœur !
L'explication peut se débattre, l'impres
sion importe seule ici, mais, à côté de celle
que? me donne toujours la moindre touche
de Claude. Gelée, je dois évoquer le mou
vement d'horreur que m'a causé, aux
Offices de. Florence, l'exposition de ses
chefs -d'œuvre au rayon des .« Tedeschi » :
oui, à une Section de l'Ecole allemande! Il
me semblait que ma plus profonde fibre
française .se déchirât sur ce contresens
d-'un archéologue ivre ou fou. Que la Lor
raine ait été pays du Saint-Empire (comme
la Provence), qu'elle ne nous soit revenue,
j»n'deux morceaux, que sous Henri II et
JiOuia XV» cela empêche-t-il la Lorraine,
comme l'Alsace, de faire corps et cœur
avec le corps et le cœur de la France ?
« Et Jeanne la bonne Lorraine », disait
Villon plus de cinquante ans avant la réu
nion de Metz, Toul et Verdun. Bien que
Jeanne fût née dans ce pays de Bar, per
sonne ne s'offusquait de voir classer hors
des limites officielles du royaume celle qui
le délivra des Anglais. Tout le monde sa
vait que, tôt ou tard, ce qui n'était pas du
royaumç, en devait être et en serait.
♦ • +
La moralité à tirer de ces acquisitions
d'une belle histoire est donc qu'il importe
de ne pas laisser redéfaire ce qui a été
fait, puis défait, puis refait au prix de si
hauts efforts séculaires ! De 1914 à 1918,
les armées françaises ont soutenu et gagné
une guerre énergique ; l'Etat républicain
n'a pas su élaborer une bonne paix.
En laissant debout l'unité allemande, on
a maintenu à nos portes une force ethnique
et surtout une idée ethnique nécessairement
conquérantes : l'Allemagne une doit se dé
chirer ou s'accroître, et c'est pour ne pas
se déchirer qu'elle est naturellement tour
née vers la nécessité de grandir. La volonté
des hommes n'y peut rien et les esprits ne
peuvent que s'incliner devant la loi des
situations résolues par l'histoire et par la
géographie. Il faut donc ou nous garder
ou nous résigner : si nous ne nous rési
gnons pas à nous laisser séparer de nos
frères de l'Est et du seul rempart qui
puisse les couvrir avec nous, il* faut que
nos défenses aillent briser les préparatifs
militaires de la revanche germanique immi
nents, sensibles partout.
(A suivre.)
Charles MAURRAS
Nous sommes heureux d'annoncer que
Léon Daudet reprendra dimanche matin
sa collaboration au journal.
La mort de Philippe Baudet
En nous excusant une fois de plus de ne
pouvoir citer les innombrables témoigna
ges personnels de sympathie qui ont été
adressés à l'Action française pour M. et
Mine Léon Daudet, ajoutons à la liste de
ceux qui émanent des groupements ceux
qui nous sont parvenus depuis hier :
Le comte de Montlaur, délégué régional
de .Monseigneur le Duc d'Orléans* en son
nom et au nom de la région du Centre ;
les Etudiants d'A. F. de Poitiers ; les Etu
diants d'À. F. de Montpellier ; les sections
d'A. F. de Montbrison, Pignan, Riom, Ni
vernais, Halluin, Basses-Alpes, Cholet,
Clermont-Ferrand, Rennes, Prades, Crest,
Montauban ; le groupe des Dames d'Action
française d'Amiens, etc.
M. de Vichet, la rédaction et l'adminis
tration de l'Eclair de Montpellier.
ECHOS
LÈS FAITS DU JOUR
— A la Chambre, discussion de la loi élec
torale. La suppression de la prime à la ma
jorité absolue est votée, malgré une manœu
vre do M. Briand.
— Après l'échec de M. Stegermald, c'est
M. Marx qui est chargé de former le cabinet
allemand.
— L'Agence Renter publie une note, sur
les armements de F Allemagne.
Heureuse nouvelle : la publication littéraire
spéciale pour les jebnes filles, le « Lisez-Moi
Bleu » reparaît. Comme autrefois, il fera la sé
lection d'œuvres de premier ordre, signées des
meilleurs noms et que toutes les jeunes filles
peuvent et doivent connaître, que toutes peu
vent et doivent lire. Le premier fascicule est en
venté partout au prix de 1 fr. 50. Editions Jules
Tallandier, 75 rue Dareau, Paris (nvO
GRANDE REUNION
PATRIOTIQUE
Salle Wagram (39, aven. de Wagram)
Aujourd'hui vendredi, à 9 heures du soir
(Ouverture des portes à 8 h. 1/2)
L'Allemagne prépare
la guerre
Elle prépare aussi nos élections
Orateurs : Bernard de Vesins, Georges
Valois, Marie de Roux, Paul Robain,
On trouve des cartes à l'Action française, 14, nie
de Rome; à la Librairie d'Action française, 12, rue
de llsly; à l'Institut d'Action française, 33, rue
Saint-André-des-Arts; à la permanence du VII*
arrondissement, 116, rue du Bac; à la permanence
d'A. F. du XI e , 16, rue Petion. à la permanence
d'A. F. du XV', 97, rue Blomet; à la permanence
du XVI*, 13 bis, rue de l'Annonciation; à la perma
nence du XYIP, 21, rue Laruandé.
LA POLITIQUE.
L Une voix de majorité :
Pourquoi ?
Allait-on supprimer la prime à la ma
jorité ? La commission le demandait,
le président du Conseil le demandait
aussi; mais M. Briand avait prononcé un
discours pour le statu quo. M. Briand ne
s'est pas fait suivre par la majorité, mais
la thèse gouvernementale ne l'a empor
té qu'à une voix de majorité. 281 contre
280.
Cela démontre au moins deux choses.
D'abord, il y a quelque chose de chan
gé à la Chambre lorsque Léon Daudet
ne peut se rendre à la seance.
Ensuite, il y a toujours de gros dan
gers à écouter et à contredire Briand
comme une personne naturelle, comme un
honorable collègue. Briand, c'est Briand.
Briand; c'est la manœuvre, l'intrigue, le
mensonge au service d'inavouables inté
rêts. Le mettre élégamment dans sa po
che.. comme l'a fait l'autre; jour M. Poin-
caré, est un exercice habilè et joyeux
qui fait la joie des connaisseur . Mais ce
n'est pas le réduire, à l'incapacité de
nuire. Ce n'est pas défendre -l'Assemblée
et le pays des coups certains, subtils,
fréquents et de plus en plus sûrs que
ce malheureux porte à l'intérêt et au sa
lut publics. Il faut oser parler comme
Léon Daudet. Il faut dire : Briand c'est
Washington ou la ruine de notre ma
rine; Briand, c'est Cannes oû un effort
pour nous mettre dans le: vasselage de
Londres ; Briand, c'est Athènes ou l'im
punité du guet-apens tendu à nos marins
pour les beaux yeux du prince Georges
de Grèce. Il faut dire encore : Briand,
c'est le tripotage de Berthelot et le règne
de la Banque Industrielle de Chine ;
Briand, c'est le mensonge public fait à
la Chambre sur le, régime de la Sarre,
pour en mieux dépouiller la Part du
Combattant. Avec des misérables comme
Briand, feindre, tromper le fer, est tout
à la fois dangereux et inutile. Il ima
ginera toujours quelque tromperie ou quel
que feinte plus grossière qui agira plus
sûrement que le jeu le plus raffiné. Sa
honteuse argumentation d hier se bornait
à dire : prenez garde, vous allez troubler
le pays, vous sautez dans l'inconnu,
vous ne serez même pas réélus... Briand
avait déjà manifesté cé principe dans :
son intervention de l'autre jour. On était
averti. Le président du Conseil lui-même
avait saisi l'avertissement, car hier même,
prenant avec des pincettes la pensée de
M. Briand, mais traitant celui-ci avec une
cordialité solennelle, il avait dit :
« Je ne crois pas non pltïs — et j'en
demande pardon à mon ami M. Briand —
que la question soit de, trouver" le régi
me électoral le plus favorable aux espé
rances du,; parti auquel nous pouvons ap
partenir. Je comprends très bien que
chaque parti ambitionne d'arriver au pou
voir ; c'est même, de cette émulation né
cessaire que vient là fécondité de la vie
publique. (Très bien i très bien !)
« Mais le mode de scrutin doit être éta
bli pour donner à tous les partis la juste
liberté de se faire entendre. (Applaudis
sements.)
La Chambre a' applaudi M. Poincaré,
qui parlait justice, mais elle a donné une
minorité formidable à « son ami » M.
Briand qui parlait intérêt C'est le Con
traire qui nous aurait étonné.
II. (( Ce canaille de B... ))
Néanmoins, il y a quelque chose de
plus intéressant que le succès d'un per
sonnage crapuleux jouant ainsi de l'inté
rêt et de la peur, c'est l'espèce'de pro
gramme politique dont il l'a fait procéder.
Le programme tient en une ligne et
demi : devant les électeurs, « mettons
« la question extérieure et le patriotis-
« me de côté », cela a peu d'importance
électorale. Le patriotisme appartient à
tout le monde. La patrie, aussi. Donc,
sur ce point tout le monde est égal, tout
le monde se vaut. Les Gaillaux, les. Tur-
rnel, les Malvy qui ont trahi ou noué des
intelligences avec l'ennemi valent les
Chevillon, les Nortier, les duc de Rohan,
qui se sont fait tuer au même ennemi.
• « Donc » que sert de disputer sur ce
point ? Egalité, vous dis-je. Identité,
Quei-« que soit la composition d'un mi
nistère, si on a la guerre, eh bien ! il
la fera comme l'ont faite les hommes de
gauche du ministère Viviani : s'il y a
là-dedans un traître, la belle affaire, et
le petit malheur 1 N'est-on pas content
tout de même ? C'est peu de dire que M.
Briand est content, il est fier et si-au lieu
de quinze cent mille hommes nous en
avions perdu deux ou trois millions, si,
au lieu de 55 matelots, les. Grecs nous en
avaient massacrés trois oû quatre cents,
M. Briand, impassible, répéterait : — De
quoi ! De quoi ! N'avons-nous' pas eu la
victoire ?
Je vous dis que cet homme est aussi
sanglant et aussi sanguinaire que M. Léon
Bourgeois en personne.
Sur l'inutilité de soulever la question
extérieure en temps électoral (devant le
souverain, le seul jour où le peuple soit
souverain !)■ le, raisonnement de Briand
n'est pas moins digne de dégoût. Il faut
citer tout le morceau :
« Ceux qui ont assisté à l'admirable mo
bilisation française ont pu voir que, quels
que fussent les partis et les hommes, tous
se rassemblaient autour de la patrie. (Nou
veaux applaudissements à gauche, au cen
tre et sur divers bancs à l'extrême gau
che.)
« M. Barillet. — Trop tard 1 C'est noais
qui avons payé l'impréparation à la guer
re. (Interruptions à gauche et à Vextrême
gauche.)
« M. Aristide Briand. — Soyons justes,
car, sur ce terrain du patriotisme, nous
pouvons parler entre rous avec justice.
« La République durait depuis un cer
tain nombre d'années, elle avait fait face
à sa tâche, et, quand la guerre a éclaté...
« M. Barillet. — Nous n'avions pas de
canons. (Vives protestations à gauche et à
l'extrême gauche.)
tions à droite. — Bruit.)
i £ M. Rillart de VçrncuU. ■—* Les socia
listes n'ont pas fait la guerre. (Violentes
exclamations à l'extrême gauche et à gau
che.)
« M. Aristide Briand. — Je dis qu'à ce
moment la France, sur le champ de batail
le, s'est trouvée entourée d''amitiés et d'al
liances qui ne sont pas le fruit d'une géné
ration spontanée. ( Applaudissements à
gauche et sur divers bancs au centre.) »
Félicitation aux applaudisseurs du
centre. Ils savent l'histoire contemporai
ne aussi bien que M. Briand. Rappelons-
leur que l'alliance russe a été une ries
causes directes de la guerre, que l'ail; van-
ce belge a été due à l'invasion de la 'Bel
gique, l'alliance anglaise de même, l'al-
"iance américaine à la guerre sous-mari
ne, et ainsi de suite. Ne laissons pas
nommer des bienfaits de la Répmblique
les précieux- cadeaux que nous, a faits.
l'Allemand.
, L'ignorance de- l'aiiditoire lui a permis
d'écouter M. Briand. Son bon 'sens aurait
dû suffire à le mettre en gardfc contre les
graves embûches contenues dans le con
seil dè ne pas « traîner la patrie sur
les tréteaux de la place publique pen
dant la période électorale s. Parbleu !
Là est bien la menace pour le gouverne
ment des partis, menacte de l'union na
tionale, de l'union sacrée, qui leur ôterait
le pain de . la bouche- Là formule de
Briand est celle que nous lisons parfois
dans le Temps, contre toute doctrine et
tout mouvement naticmalistes. « La naïion
n'a pas besoin d'être invoquée devant le
pays. Cela va sans dïre. » Mais cela va si
peu sans dire que, pendant plus de douze
années entières, de 1300 à 1912, les partis
;ouvernants ont gouverné contre la patrie.
le qui fait que selon la juste interruption
de M. Barillet, « nous n'avions pas de
canons ».
En démocratie, où toutes les idées na
tionales, internationales, antinatiohales ont
le champ libre, il faut bien un parti de
« la France tout court s>, (somme disait
notre ami Magne, du moment qu'elle
n'est pas représentée au pouvoir par
l'hérédité !
Mais suivons jusqu'au bout le program
me de cette canaille de Briand: — Il ne faut
pas faire de politique électoralé patrio
tique... Il en profite ppiur ouvrir la porte à
une politique extérieure révolutionnai
re, purement « justicière», étrangère à
notre défense et à nos intérêts : ;
un corps politique au plus haut -chef.
Il ne se substitue pas au pouvoir Politi
que, dites-vous î Grave, grave
de naître. C'est une associatif^ 4 on t i» un
des principaux objëts est de ^ire les élec
tions, ce qui veut dire ocelle travaille à
la création du souverain. Peut-on empié
ter davantage sur les pouvoirs publics ?
Petrt-on mieux s y s^siituer ou sortir da
vantage du rôle consultatif ?
/ Je confie atys ouvriers linotypistes de"
l'Action française l'original de la circu
laire par .laquelle M. Biïliet a quêté auprès
des assr/oiès de l'Union des Intérêts éco-
nonviq'aes. Elle est du 27 mars 1923. Elle
est a ; /nsi conçue :
«, Paris, le 27 mars 1923. Monsieur, Vous
avt'z bien voulu, jusqu'ici nous assurer les
ressources dont une Association comme la
'jtôlre a besoin, quand elle veut poursuivre
une action continue.
« Nous n'avons pas besoin de vous dire
que notre œuvre se poursuit méthodique
ment et que nos dépenses fixes et incom
pressibles sont considérables. A ces dé
penses viennent s'ajouter, des maintenant,
des frais de propagande d'autant plus im
portants que iiôus nous rapprochons da
vantage des élections...
«...Nous venons donc vqns demander de
nous donner les moyens de mener à bien
l'œuvre commencée r il ya déjà plus de
12 ans. Si votre concours nous était refusé
ou marchandé, nous nous verrions dans
la nécessité de décliner toute responsabi
lité quant aux résultats que le monde éco
nomique est en droit de désirer et d'obte
nir, soit aux élections sénatoriales de jan
vier 1924, soit avjx élections législatives du
mois de mai de la même année.
« Veuillez agréer, Monsieur, etc.
« L'un des vice-présidents :
« Billiet.
« Sénateur de la Seine ».
« Donc, meitons la question extérieu
re et le patr.oïisme de coté ; ils ne sont
ni l'un ni l'autre en péril, et si je reconnais
avec vous que la politique intérieure réa
git dans-une certaine mesure sur la politi
que eoctérieure, je déclare, que je ne verrais
aucun inconvénient: à ce que, aux yeux du
monde, la France apparût comme la Fran
ce de la Révolution, toujours tournée vers
la justice. (Applaudissements vifs et répé
tés à gauche, au centre et sur divers bancs
à l'extrême gauche. —Interruptions à
droite.) »
Cette canaille de Briand a posé en ces
termes sa candidature à la succession de
M. Poincaré et des hommes de l'Est :
le ministère de la nouvelle impréparation
et de la nouvelle invasion.
Problème : ; Quelles peuvent être l'éten
due et la profondeur de la niaiserie des'
députés du centre qui ont pu acclamer ce
programme et ce candidat ? •
III. Contre les Etats généraux :
Ce que soutient la Défense
républicaine
A propos des paroles prononcées par
M. Poincaré à 1'lînion des Intérêts éco
nomiques, le Temps d'hier par une allu
sion frappante au mouvement des Etats
généraux, faisait le commentaire suivant
de ce discours :
« Premier point. Des associations, tel
les que l'Union des intérêts économiques,
n'ont pas, sous couleur de groupements
professionnels, à se substituer aux pou
voirs publics, c'est de gouverner et c'est
de légiférer. L rôle des groupements pro
fessionnels, c'est, dans l'ordre politique,
un rôle simplement consultatif : « Rien
de plus, rien de moins. » Ceux qui s'es
sayent à donner à des groupements pro
fessionnels une autre mission cherchent
en réalité à faire revivre une institution
passée et à mutiler une institution pré
sente. Ils rêvent de reconstituer les corpo
rations abolies par la Révolution et de
diminuer le rôle deà assemblées législa
tives créés par la Révolution. »
J'ai lu avec attention le discours de
^ï. Poincaré. Je n'y ai pas trouvé, à l'état
d'idée distincte, ni de tendance, ce que
prétend y voir le Temps. M. Poincaré
doit penser comme le Temps. B n'a pas
parlé comble le veut le Temps. Son « rien
de plus, rien de moins » Rapplique évi
demment à la lutte de classes aux accu
sations dont les socialistes chargent la
bourgeoisie, à la qualité de « classe ou
verte » que la bourgeoisie doit garder.
Cela n'a aucun rapport avec l'idée des
Etats généraux.
Il y a même une page du discours de
M. Poincaré qui aurait pu être adressée
fort bien à une séance d'ouverture des
Etats. Je la cite, on en jugera :
Vous n'avez pas, non plus, l'intention
de vous substituer aux pouvoirs publics
et de leur imposer vos volontés. Ils ont
leur rôle et vous avez le vôtre. Le leur est
de gouverner et de légiférer. Le vôtre est
de renseigner le gouvernement et les
Chambres, de les avertir, de les seconder,
de les stimuler, de les mettre en garde
contre les négligences, les erreurs et les
périls, de leur soumettre les cahiers de
vos revendications et les suggestions de
votre expérience.
Des cahiers ! Le Temps a dû tiquer.
« Institution passée » que l'on veut faire
revivre ! Et c'est le président du Conseil
qui demande à M. Billiet el à ses commet
tants de. lui rédiger et de lui apporter
les ci-devant Cahiers ! Je dois ajouter un
mot : M. Poincaré se trompait d'adresse.
Et le Temps, aussi. L'Union des Intérêts
économiques n'a point du tout les visées
modestes et légitimes qu'on lui attribue.
Ge c'est pas tm corps consultatif. C'est
I
La position du Temps et probablement
de MM. Poincaré et Millerand consiste
donc : 1' à exclure ou à voir d'un mau
vais œil la représentation directe, impar
tiale, sincère, des intérêts économiques
et commerciaux, telle que la produirait
automatiquement les Etats généraux ;
2° à admettre, à adopter, à patroner cette
représentation indirecte et louche opérée
paf le moyen de grandes associations
politiques telles que le comité Mascuraud-
Chaumet ou le comité Billiet, qui, non
contents d'agir dans l'Etat par toutes
les voies de l'influence et de l'intrigue
(souvenez-vous du trafic des décorations,
pour n'en citer qu'un seul) agissent, tra
vaillent, militent, estent officiellement
pour la création et la nomination du sou
verain au moyen de deniers comptant.
Où est la « substitution » aux pouvoirs?
Où est la confusion ?
Où est l'usurpation.?
Ni la clarté, ni la loyauté ne sont, dé
cidément, dans les mœurs de cette plou
tocratie couverte qu'on appelle démocra
tie ! Ce soir, salle Wagram, Georges Va
lois en donnera des preuves nouvelles !
Charles MAURRAS
REUNION DE LA COMMISSION
DES RÉPARATIONS
La Commission des Réparations se réu
nira aujourd'hui vendredi, à trois heures,
à l'hôtel Astoria.
Elle commencera sans doute par rece
voir les délégués allemands, qui termine
ront leur exposé de la soi-disant détresse
économique de leur pays. Puis elle exami
nera la suite à donner à la proposition
française de constituer un comité d'experts
chargé d'évaluer la capacité de paiement
actuelle de l'Allemagne.
La presse anglaise — nous parlons tou
jours de celle qui ne nous aime pas —
était, hier, beaucoup plus conciliante après
avoir été hargneuse et pleine de soupçons.
Il n'était plus question de contester la
« légalité » de l'occupation de la Ruhr. On
ne parlait plus de nous refuser le droit de
prélever, sur les recettes, les frais de cette
occupation. La raison y était pour quelque
Chose. Si le produit des accords de la
Ruhr doit entrer dans la caisse commune,
le common chest de la Commission des
réparations, c'est donc que l'occupation de
la Ruhr est légitime puisque ses fruits le
seraient. Et, si les recettes ne vont pas à
l'hôtel Astoria, la France et . la Belgique
les garderont pour elles: beati possidentes.
Au fond, c'est ce qui rend notre situa
tion forte. Nous sommes dans la Ruhr et
personne ne nense à nous en déloger parce
que personne ne peut nous en déloger. Du
moment que le Allemands n'ont pu nous
empecher d v entrer ni nous contraindre à
en sortir, tout le monde doit compter avec
le fait accompli
De la douceur dans les formes, de la
force dans l'action : cette devise doit être
la nôtre. Elle est vieille et toujours bonne.
Ce n'est pas parce qu'il y a, dans nos rap
ports avec l'Angleterre, une sorte de rémis
sion qu'il faut tout lâcher. Il ne sert à rien
d'être rogue hors de propos. Il est absurde
d'être faible au moment ,où l'on peut re
cueillir le fruit de la fermeté.
Nous ne savons même pas ce que l'Alle
magne sera demain. Nous ne savons pas ce
qui s'y prépare. L'incertitude de la situa
tion politique chez les Allemands est
grosse d'inconnu. Nous avons le devoir de
tenir compte d'avertissements semblables à
celui que vient de donner le Kurjer Po-
nanski : « La Pologne serait la première à
subir l'assaut du Reich réarmé ». Et aussi
réorganisé, politiquement réorganisé. Si
l'Allemagne - r >'„est ; j»as entièrement folle,
elle se réorganisera d'abord. Elle attaquera
ensuite le point le plus faible qui est le
po^nt polonais. C'est la marche qu'on ne
doit jamais perdre de vue. La note Reuter,
sur les armements de l'Allemagne; qu'on *
a publiée hier soir, est juste dans ses
grandes lignes. Lorsqu'elle parle de « me
nace possible quoique notf immédiate »,
elle pense peut-être plus à l'Europe occi
dentale qu'à l'Europe orientale, et c'est
celle qui court le plus prochain danger.
Il est
ont influé sur les dispositions des Anglais.
Ils sont au milieu d'une campagne électo
rale où l'on peut échanger et se retourner
l'argument d'être proallemand et antifran
çais. Quel intérêt les conservateurs auraient-
ils à laisser M. Lloyd George apparaître
comme meilleur partisan de l'Entente
qu'eux ? En somme, la transaction à la
quelle M. Poincaré avait consenti la se
maine dernière était destinée à ne pas com
pliquer la besogne électorale de M. Bald-
win et de ses amis. Pourquoi gâcheraient-
ils eux-mêmes ce qu'ils ont obtenu? — J. B.
LA LOI ELECTORALE A LA CHAMBRE
Briaiid contre Poincaré
A propos de là prime à la majorité absolue. •—Aristide Briaiid
tente un croc-en-jambes contre le président du Conseil.
— Il s'offre comme chef au Bloc des gauches.
bles. C'est que dans la matinée le bruit
Dans soii discours de mardi dernier sur
la réforme électorale M. Forgeot, nous
l'avons dit, adjurait M. Poincaré d'élargir
sa majorité républicaine, en excluant de
celle-ci les hommes de droite du Bloc
national et les partis avancés de la gau
che.
C'était'lui dire : faites-nous une majo
rité composée de républicains de gauche
et de radicaux modérés.
Cette opération, qui aurait pu tenter les
secrètes aspirations du président du Con
seil, M. Poincaré n'a pas voulu ou n'a
pas osé la faire. Son discours, purement
théorique et limité à la question de la
réforme, a semblé décevoir l'assemblée.
Il*n'en fallait pas davantage pour in
citer Aristide Brianck à tenter un coup...
en sa faveur, naturellement, et comme le
président du Conseil n'avait pas joué le
« pion de la majorité républicaine »,
Briand le lui a proprement soufflé, sans
vergogne, mettant dans sa poche les radi
caux et radicaux socialistes, dont il est
aussitôt devenu — n'en déplaise à M. Her-
riot, qui en était tout pantois — le sur
chef si j'ose .dire.
En se posant en défenseur dé la Cham
bre de 1914, de la Chambre à Cailloux et
à Malvy, l'homme de tous les renonce
ments et de touteis les hontes devait in-
fâilliblement arriuer à ce résultat. Le vote
"qui a suivi son intervention démontre
l'importance de l'opération politique qui
s'est faite hier.
Maintenant la coupure est nette. La
gauche s'est donné un chef digne d'elle
qu'elle opposera à tout instant, au nom
des principes, de la Révolution, à celui
qui, pour l'instant encore, combat . au
itom de la France.
La séance est ouverte à trois heures
sous la présidence de M. Raoul Péret
Les députés sont presque tous à leur
banc, les tribunes du public sont, pom-
s'était répandu urbi et orbi que M. Poin
caré viendrait répondre à Mi Forgeot,
L'assemblée paraît nerveuse et impa
tiente, et, sans préambule, M. Lucien
Klotz, ancien ministre des Finances, pous
se à fond son attaque contre le projet de
la commission du suffrage universel-
On se souvient que celle-ci propose la
suppression de la prime à la majorité
absolue.
M. Klotz, combattant la thèse de M. For
geot, vient rappeler à la Chambre que là
prime à la majorité absolue était une
transaction entre les partisans et les ad
versaires de la proportionnelle : il faut
donc la garder. En la supprimant on insti
tuerait une « prime à la minorité ».
Aujourd'hui," en changeant l'état de
choses, méfiez-vous de nous donner
un régime inconnu encore plus obscur
que celui de 1919.
Discours de M. Poincaré
M. Poincaré, après avoir rappelé que
M. Klotz, en 1912, avait voté contre la
prime à la majorité absolue, dit qu'en
1919, tel ou tel mode de scrutin aurait
donné des résultats analoguès : la France
aurait manifesté la même volonté de main
tenir l'union sacrée au lendemain des
graves périls qu'elle venait d'affronter.
Il ne s'agit pas non plus d'établir un
scrutin qui puisse favoriser tel ou tel
parti ; il-ne s'agit que . de permettre à
tous de s'exprimer en toute liberté.
De même, les arguments de M. Forgeot
sur le danger des coalitions ne doivent
pas être de natilre à nous déterminer.
Un seul problème est à examiner. Où est
la justice ? Quel- est le régime qui assure
la représentation la pius sincère du pays '<
La délibération directe du peuple ne peut être
appliquée que dans les petites nations : il csl
donc obligé do nommer des mandataires
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