Titre : L'Action française : organe du nationalisme intégral / directeur politique : Henri Vaugeois ; rédacteur en chef : Léon Daudet
Auteur : Action française. Auteur du texte
Éditeur : Action française (Paris)
Date d'édition : 1923-11-12
Contributeur : Vaugeois, Henri (1864-1916). Directeur de publication
Contributeur : Daudet, Léon (1867-1942). Directeur de publication
Contributeur : Maurras, Charles (1868-1952). Directeur de publication
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 12 novembre 1923 12 novembre 1923
Description : 1923/11/12 (Numéro 315). 1923/11/12 (Numéro 315).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG87 Collection numérique : BIPFPIG87
Description : Collection numérique : BIPFPIG69 Collection numérique : BIPFPIG69
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k7617658
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, GR FOL-LC2-6354
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 18/01/2011
Seizième Année*>— N° 315
EDITION DU MATIN
Lundi 12 Novembre 1923
Seine ci Seiw-eff-Qise.
Départements, Cotonies.
ABO'N>'EMEis T TS : o» n.
Franco ot Colonies. 48-ft*. 25fr. llSCr.
Elrajigor. , . . , 812 » 42 » 22»
ORGANE DU NATIONALISME INTEGRAI;
: ,v . ... -..s k
« Toutce quiest national est notre. #
Le Duc 4'ORLÉANS . I
héritier des-quarante Rois qui ea mïUo ans firent Ja Fratto*
REDACTION & ADMINISTRATION
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Rédaction : Central 75-44.
Après 10 h. du soir : Sé<| u r i 1-68
Registre de Commerce s Seine 78.582
Fondateur ? MEISI.II VAUGEOïS - Directeurs poIItiquea î LÉON DAUDET et GIIARLES MAURRAS Rédacteur en chef i MAURICE PUJO
, \
A MARIUS PLA TE A V - '
« ...Ceux qui acceptent et se résignent ; ceux qui
se contentent de ,vaines protestations, en. laissant car-!
rière au mal, à ses développements, à ses catastrophes?
voilà les fous. Le sage,-c'est le Camelot du Roi, ce
Camelot du Roi dont une légende stupide fait un
écervelé ou un énergumène, ce Camelot du Roi don!
tu fus le type et dont tu restes le modèle, toi le bon
sens, toi le jpgement calme, toi la bonté...
« Oui, plus même que l'honneur et le courage,
voilà la vertu que je veux saluer sur ta tombe de héros:
la sagesse, — non la sagesse morte qui est souvent
démence inconsciente, mais la sagesse vivante qui est
hardiesse autant que discernement et prudence... »
MAURICE PUJO.
/ • -. Discours sur la tombe de Marius Plateau*
Sur une tombe
Madamw,
' Mes cliers amis,
•II y - a un an* à pareille époque, Marius
'Plateau: était vivant parmi nous. Sa force
héroïque, sa "vigilance, sa noblesse d'âme
servaient le pays. Placé par ses qualités
admirables de chef, par son dévouement à
la Pairie, à là tête et à la direction de l'in
comparable phalange di«s Camelots du Roi,
ïl observait' telle une vigie, les manœuvres
de ll'ennenai au dedans, comme il l'avait
cor Abattu^ au champ d'honneur. Son atten
tion était toujours 'prête, et toujours prêt
son esprit de sacrifice à cette chose pu
blique — res publica — qui est précisé- •
ment le contraire de la République.
Mais l'Allemagne aussi veillait, en
même temps que Marius Plateau; elle veil
lait par les yeux et. les mairis de sa ser-
- vante, de son exécutrice," qui'est chez nous, "
depuis cent trente " ans," la Révolution, et,
depuis cinquante ans, depuis Sedan, la
police politique. germano-républicaine. Car
nous- le savons aujourd'hui de scien.ce cer-
:taine, et l'assassinat de notre Marius a pro-
•jeté là-dessus une grande-lumière : dans
notre pays victorieux, malheureux, et que
:menaee une nouvelle guerre, la révolution,
la police politique et l'Allemagne ne font
•qu'un. Ceux qui se refusent à le voir et
qui le nient — pour des motifs de faible
gouvernement ; sont des aveugles volon
taires. On lie saijrait longtemps nier l'évi-
.dence. r " /
L 'Allemagne veillait et sé relevait: milî- ■
lairement au d'elà du Rhin, révolutionnai-
;rement chez nous. Après l'immense et
•courte alicgresije de cet armistice, dont c'est
.aujourd'hui l'anniversaire, —: et qui fut la
plus grande duperie de l'histoire,: — la
.trame allemande se retissait .ici, avec les
suppôts politiques de la Prusse, que vous
connaissez, rrsscapés du fossé de Vincennes.
Pendant qu*ils préparaient . là-bas la re
vanche, iis, préparaient ici l'assass.inat,
.dans ce q ue Shakespeare a appelé « les
~jsàrties~ hcxnteuses de l'ombre », dans une'
.souricière ; dé-la rue Lécuyer. Reconnais-!
sons qu'Us visaient-juste: leur irréductible
■adversair-a, Pobstacle à leurs desseins, révo-
lutionnà 'ji 'es et guerriers : l'Action fran
çaise eï, ; au cœur de l'Action française, le
héros d.e Port-Fontenoy, Marius Plateau.
Confune en témoigne cette stèle, où un
génie- 1 'fraternel — ô mon cher Maxime! —
a mi's tant de grandeur et de simplicité, les
agents de l'Allemagne en France Pillaient
faire du héros un martyr.
A quel moment révélateur? Au moment
où, en occupant la Ruhr, conformément
aux vues royalistes, avec l'appu?. des roya-:
listes, le gouvernement nation?.! de Poin-
caré, réclamé depuis un an par les roya
listes et amené au pouvoir par nos efforts
désintéressés, tâchait de sairoer de la vie- '
toire ce qui pouvait en être.sauvé, tâchait,
de retarder la tentative de revanche aile-'
mande. Le,11 janvier 1923, l'armée fran
çaise occupait Esssen, buïbe industriel de
l'empire allemand. Une 1 tentative de grève
générale était annoncée pour le 23 janvier.
Plateau tombait le 22 janvier. La fille de
police, -—misérable instrument, •—qui l'a
tué lâchement, a déclaré à -l'instruction
qu'elle le rendait et nous rendait respon
sablesde « la nouvelle agression, contre le
prolétariat allemand ». Quel aveu! Elle a
fait ainsi comprendre à ses employeurs
qu'elle comptait sur leur ap'pui jusqu'au
bout.
Plateau tombait le 22 janvier, à la suite
d'une campagne d'excitations criminelles,
menée à Paris, d'ordre de Berlin. Puis, tout
aussitôt, d'immenses efforts étaient faits,
par les fauteurs de ce crime atroce, afin
d'en recouvrir la trame. Vains efforts !
Nous savons aujourd'hui, preuves en
mains, tout • ce qu'il nous importait de
savoir.
Ainsi se vérifiait, messieurs, la grande
parole de D-amostliène dans la troisième
philippique : « Comptez qu'il vous est
impossible de vaincre 1/bnnemi du dehors
tant que vous ne sévirez pas contre
l'ennemi du dedans, qui est a ses gages. »
S'il est vrai, comme nous le pensons, que
toute mort exemplaire et tragique, comme
celle-ci, comporte une leçon providentielle,
le sens de celte leçon est clair. Plateau
s'était. sacrifié à Port-Fontenoy, en sep
tembre 1914, afin que l'Allemand-ne passât
pas. Plateau s'est sacrifié, le 22-janvier der
nier, afin que la France, la profonde
France, ' la France immortelle pût passer.
Une voix douce et grave, en ce jour d'au
tomne, monte de cette tombe deux fois glo
rieuse. Elle nous ordonné à tous d'espérer,
de prier et, le moment venu, d'agir.
Nous t'entendons, Marius Plateau!
Léon DAUDET
Député de Paris.
ECHOS LA POLITIQUE
! LES FAITS DU JOUR
1 — Dana ta marnée d'hier, Vannée et Ja po-
jfiulasiam .ilit Paris ont rendu hommage au,
è'ialdal inconnu.
' — ration dit monument de Mariits
.Plateau a eu lieu au cimetière de. Vaugirard.
—■ Corn piègne a inauguré le monument ù
Gurncnicr. .
— A Hanovre, le Kronprinz s'est entrete
nu avec le maréchal Hindenbourg.
— Â Halle, le chancelier Stresemann a
prononcé un discours sur la situation géné
rale. i
â \
**
4-V
Le Peuple genevois, dans son numéro du 3 no
vembre,-a reproduit quelques-unes des notes ; de
■voyage de l'anarchiste Bertoni, arrêté à son arrivée
à Paris, où il venait pour prendre part à un 1 con
grès anarchiste. Celui-ci raconte comment, ayant
dû passer une nuit quai des Orfèvres, il a enten
du inspecteurs de la sûreté et agents de -police
«changer leurs impressions sur les différents grou
pes politiques de France. ■
Les inspecteurs et . les agents disaient... (nous
citons Bertoni) :
« De tous les groupements politiques, • les plus
sympathique sont les Camelots du Roi, qui> ont
déjà de l'argent ; les autres- veulent en avoir.
Léon Daudet est d'ailleurs tenu au courant de
tout ce qui se passe à la préfecture de police ;
chez lui, il y a la copie des documents les plus se
crets... .
«... La section . bolcheviste. à la préfecture de
police ne sert absolument. à rien.-, Les communistes
ne comptent-vraiment pas pour grand'elwse dans
lia foule parisienne. C'est. bien étonnant qu'il se
trouve des niais pour se faire casser la gueule
pour eux. Pensez-donc ! Un Cachin notoirement
Tiche, un Laffont qui ne l'est pas moins, un Vail-
lant-Couturier que ' M. l'inspecteur a connu au
front comme officier, alors qu'il l'était également.
. Eh bien I ce Vaillant-Couturier était très dur avec
sas hommes et il ne pourrait certes pas s'adresser
à. eux-pour faire de la propogande communiste
Tous, dans la politique, ne cherchent que des
places et de l'argent ». .
Quant aux partis socialistes et. aux groupements
syndicaux « tous leurs chefs ne travaillent que
pour leur ihtérêt ou pour leur ambition propre. Le
secrétaire des cheminots venait de se faire bâtir
une belle maison.... etc. ».
Ma foi, nous, pouvons certifier à l'anarchiste
Bertoni que les agents sont bien renseignés
S'il est inexact que les Camelots du Roi ait de
l'argent, il est bien, vrai que les révolutionnaires
en cherchent... et qu'ils en trouvent...
# *
Encore'une anecdote sur Barbey d'Aurevilly:
L'auteur des Diaboliques avait la répartie ter-
»rible et Hronie sanglante. Un jour, au restau
rant,', ne trouvant plus de place libre, il demande
à un'dîneur, attablé devant une douzaine d'huî
tres, la permission de s'asseoir en face de lui.
1.'autre refuse d'un ton rogue. Alors. Barbey
d'Aurevilly, désignant les huîtres : « Monsieur
rie redoute pas d'être treize à table ? »
Mil, ■ : * * _
Qn veut un cœur, une chaumière,
C'est beaucoup de choses vraiment.
• Moi,, je demande seulement
Une Mazda comme lumière.
I. L'armistice et ses causes
Le jeune et brillant collaborateur qui
a bien voulu nie remplacer pendant huit
jours avait certes raison d'écrire hier matin
que la responsabilité de l'armistice, ne
saurait être attribuée au commandement
militaire. Cela est évident en droit. Le
spécialiste, qu'il soit généralissime ou ami-
ralissime, doit être consulté, il peut éla
borer les clauses d'une décision spéciale,
mais la décision souveraine n'appartient
qu'au souverain ou, si le souverain a dix
millions de têtes, à ses représentants. En
fait, il ne faudrait pas oublier l'essentiel
si, à la veille de l'armistice, les chefs po
litiques, M. Clemenceau en tête, ont fait
tout ce qui dépendait de leur expérience
et de leur rouerie pour mettre à la charge
des chefs militaires la décision que l'A
mérique exigeait, cela se passait fin octo
bre. Mais nous savons que quelques se
maines auparavant, en septembre 1918, le
maréchal Foch, voyant la.victoire appro
cher,' demanda à M. Clemenceau quel était
le genre de paix qu'il faudrait imposer à
l'Allemagne. La réponse est connue aussi,
et elle a été publiée: — Que le maréchal
s'occupe de ses affaires! Il doit faire la
guerre, la paix ne regarde que nous... Dé«
ce moment, la directive générale était
donnée. Ce que le maréchal Foch devait
élaborer, c'était un armistice tel qu'il
rendît possible n'importe quelle paix, si
forte fût-elle. Le maréchal s'y est appli
qué, et nous savons bien qu'il y avait
réussi: les Alliés pouvaient dicter telle
paix qui leur eût convenu; s'ils ont choisi
la pire, d'ordre de M. Clemenceau, ce no
tait pas l'affaire du maréchal.
M. Poincaré, alors président de la Ré
publique, était,, d'instinct, hostile à l'ar
mistice prématuré. On a publié ses ins
tances auprès de M. Clemeanceau; la ré
ponse de celui-ci fut une offre de démis
sion. Certes, une résistance pouvait ar
rêter M. Clemenceau et c'était celie
du commandement militaire. Si un maré
chal de France général en chef des . ar
mées alliées, avait hautement déclaré qu'il
était impossible de laisser la victoire "ina
chevée, de permettre à l'armée boche de
rentrer avec armes et bagages dans ses
foyers, M. Clemenceau aurait pu tenir
tête à M. Wilson et à lui-même. Seule
ment, cette déclaration dont on rêve, le
maréchal Foch ne pouvait pas la faire
à cette époque, et pour une raison bien
simple: on n'était nullement certain de
la victoire, on n'était pas fixé sur l'état
de la . force allemande, on ignorait com
plètement ce qui se passait chez' l'ennemi.
II. Les responsables sont civils
Les lignes qui précèdent pourront cau
ser un bref , plaisir aux ennemis de la
haute armée: — Voyez, dironts-ils, quels
beaux chefs! Ils ne savent même pas se
tenir au courant des mouvements de leur
adversaire. Leur armée était brave, cela
ne; dépendait .pas d J eiix. Mais,, ce
qui dépendait d'eux, ils n'ont pas su,le lui
donner; cet organe de la vue et du mou
vement, ce service d'éclairage, d'infor
mation et de renseignements que Napo
léon appelait les yeux d'une année. Donc,
ceux qui ont été victimes du machia
vélisme de M. Clemenceau ne. sont , pas
des victimes très intéressentes,, c'est
leur propre incurie qui les avait désarmés
d'avance contre son accès de folie.
Malheureusement pour cette admirable
thèse, elle est déjà ruinée dans l'esprit de
tous ceux qui gardent des notions d'his
toire contemporaine;, L'armée- française
n'avait pas d'yeux parce qu'on les lui
avait arrachés, et les auteurs de cette mu
tilation n'étaient pas des généraux, mais
des civils. La responsabilité n'en revient
pas au pouvoir militaire mais au. pouvoir
politique, et au plus pernicieux, au plus
pervers,'au plus délibérément antinatio-'
nal qui ait jamais sévi sur'un peuple. Le
pouvoir politique juif constitué en 1899
par l'effet de la révolution .drevfusienne
est le responsable certain, le coupable avé
ré de l'absence et de l'annulation, du
service de Renseignements, de l'année
française. Il y a vingt-quatre ans sonnés;
que Y Action française le répète: soit pour-'
l'annoncer (avant que M. AVahleck-Rous-
seau eût commis cette faute criminelle),-
soit pour le constater au 5 septembre 1899
quand ce Service indispensable fut anéan-,
ti, soit pour faire envisager les suites
naturelles de ce grand malheur jusqu'à
ses conséquences de 1914, soit enfln_ de
puis cette date pour rappeler une liaison
de causes et d'effets que la légèreté du
public, le verbiage des rhéteurs auraient
eu trop vite fait de couvrir.
L'effort de l'Action française n'a pas été
vain. Ce fait capital n'est plus oublié. L'es
prit public commence meme à l'entendre
rappeler par des voix qui ne sont pas les'
nôtres. M. Hosotte y fait allusion dans son
excellent petit livre. Quelques nationa
listes républicains, quelques libéraux
même y viennent aussi. Le 7 juin
dernier, j'ai eu ' le plaisir-de le voir si
gnaler dans la Petite Gironde, journal ul
tra-républicain, par la plume d'un histo
rien qui, ce jour-là, s'est soucié de voir
clair et de parler net, M. Louis Madelin.
Je rappelle cette impartante contribu-,
lion à l'histoire morale "de "l'état-major
illié la veille de l'armistice. L'Allemagne
était en dissolution, et - l'on n'en savait
rien! Pourquoi? Voici:
« Il nous a manqué d'être informés de
cette situation. Et voici que nous tou
chons du doigt une des phis-yrandes
biesics dont, au cours de la cjnefsc Ifcû.v*]
(ïjùns souffert. Jl fut un temps ou notre
état-major avait créé en Allemagne un ser
vice de renseignements tout aussi remar
quable que celui dont l'Allemagne elle-
même -devait, un jour, recueillir les-
fruits en France. D ks 'ciiîconstanges sur
lesquelles il importe _pi!u~;»k heven'ir
avaient, apki3s 1900, brise ï /dîuvke du
colonel S andhjîri;. Et quand la crise
survenait,. nous n'avions en Allemagne
que peu d'agents. La guerre déchaînée,
il était évidemment difficile d'en intro
duire. 'Ainsi s'explique l'ignorance où
nous nous sommes trouvés constamment
non seulement des' desseins de l'ennemi,
mais de l'état réel de l'opinion.
< Si, à l'automne de 1918, mille rap
ports fussent venus simplement dire et
répéter ce que nous voyons un bourgeois .
alsacien écrire, peut-être aurions-nous pu '
traiter les Allemands en conséquence et
ae pas leur imposer, en tremblant de les
voir se révolter là contre, la moitié de
cc qu'ils étaient résignés à accepter.
« Et c'est une leçon pour l'avenir. »'
Redisons, comme au moment où ces li
gnes furent citées, que la leçon ne sera
utile à l'avenir qu'à la condition d'être en
tendue complètement. Mais on ne l'enten
dra qu'à la condition de sentir, au rebours
du silence de_ M. Louis Aladelin,- qu'il
importe, et beaucoup, de revenir sur les
circonstances qui avaient « brisé », non
après, mais avant 1900, l'œuvre de Sandti
her. Ces circonstances s'appellent en bon,
français la révolution drevfusienne, le sa
crifice de la France à la'juivcric par M.
"Waldeck-Rousseau, l'avènement " d'un pou
voir antinationaliste, antimilitariste, c'est-
à-dire anlimilitaire et antinational. Témoin!
et, parfois même, un peu acteur de ces-
luttes civiles, je dois apporter à la Ré-,
publique un témoignage: dans cette lutte;
où la défaite des patriotes signa l'arrêt-de!
mort de 1.500.000 Français à quinze ans|
d'échéance, ce furent les institutions, les>
traditions, les idées républicaines qui
emportèrent la victoire iuive ; à elles,
à elles presque seules a été dû l'avantage
décisif donné au parti-juif, au. parti in
ternational, contre le parti national. C'est
pourquoi avant cette affaire, je n'étais cer
tes pas bon républicain, niais mon royalis-,
me de raison était tiède et inerte. L'affai
re Dreyfus a fait de moi un royaliste mili
tant, mfti seulement parce'qu'un-noble
Prince ine ralliait par d'admirables mes
sages qui montraient comment l'ennemi
public visait au cœur l'armée de la Fran
ce, mais-parce que chacune de ces géné
reuses paroles 'était corroborée par le
concours actif que le personnel et le maté
riel de la'République accordaient naturel
lement aux amis de l'ennemi.
On me demande comment la réac
tion patriote dé 1912, n'essaya pas de bou
cher les trous de 1899 et de rendre à l'ar
mée française le service de renseigne
ments qu'elle méritait. Hé! on essaya,,
bien! Mais cela voulait du temps: le temps
manqua. On avait arrêté jusqu'à la
rendre impossible toute action d'es
pionnage au bénéfice de la France :
depuis les années maudites 1898-1906, la
France était le pays qui avait la réputa
tion de brûler ses espions, de livrer les se
crets d'Etat les plus .redoutables aux in
discrétions foraines dé la police, de la
justice et de la.presse. Personne na pou
vait se fier à elle, et-ceux- .qui auraient
eu envie de la servir, tentés par l'intérêt ou
par la passion, refusaient de-se compro
mettre avec'nous. Ni M. Poincaré, ni per
sonne, non pas même M.. Millerandi son
ministre de la Guerre, quand il annonçait
vouloir^ mettre l'armée française idaris'
l'état où elle était avant l'affaire Dreyfus,
nulle volonté, nulle habileté, nul patrio
tisme ne pouvait restaurer e.n- quelques
mois ni en quelques saisons une. confiance
aussi ébranlée !
Bref, la ■ désorganisation^ avait été ra
pide, n'ayant pas demandé plus de huit
ans. On eût deux ans pour réorganiser !
il en eût fallu à tout le moins quinze ou
vingt. La haute armée fit ce qu'elle pou
vait de 1912 à 1914. Mais pour reprendre
une vieille image, le chêne brûle plus'vite
qu'il ne germe, pousse, grandit. Qui donc
avait jete au feu le chêne magnifique de
l'institution militaire ? C'était le vieux
parti républicain, aidéi des forces^ vives
de la Republique. A lui donc, à lui seul,
il faut demander compte 'des malfaçons
d'un armistice quK par sa faute, a été
conclu dans la nuit.
Charles MÂURRAS
> E jiratum . — Dans la lettre du comte
de |>amas, publiée à la Politique du
2 npvef}ibré, il fallait lire, à propos de
la iBfUi.iP de débaptiser nos avenues :
« Déj^-l'avenue, du Trocudéro porte le
nom ; pale 'responsabilité du mauvais traité de
Versailles. »
 Marius Plateau
héros et martyr
L'hommage de Paris patriote. — Un imposant défile. —
La bénédiction et l'inauguration du monument. Les
- Le retour
de l'ex-kronprinz
L'ex-kronprinz est rentré en Allemagne,
avec la permission du gouvernement alle
mand et celle du'gouvernement hollandais,
le jour anniversaire de l'armistice: l'Alle
magne tient au culte symbolique des dates.
A La Haye, les ministres des cinq puis
sances de l'Entente, porteurs de la con- (
'trainte dont les avait chargés la Confé
rence des ambassadeurs, sont arrivés
tomme les, carabiniers. M. van Karnebeek,
: qui joint aux traditions de la savante diplo
matie néerlandaise une grande habileté à
se servir du droit international, a répondu
par des subtilités juridiques. Quelques
heures après, l'aigle déplumé des Hohen-
zollern s'était sauvé de sa cage.
La responsabilité du gouvernement de
La Haye est engagée. Celle du gouverne
ment de Berlin l'est aussi. Quel parti les
Alliés prendront-ils? - Se borneront-ils à
protester? Accepteront-ils les explications
de M., van Karnebeek. et celles de M. Stre-
f'Sftniann?.., Les, démarches dépourvues de
sanctions ne sont jamais reconimandables.
• Celle de M. de Margerie auprès du chan
celier aura eu un avantage. Ce n'est peut-
être pas celui d'avoir mis Ludendorff et
•Hitler;.en échec, car leur coup était déjà
manqué quand . notre ambassadeur s'est
rendu à la Wilhelmstrasse. Un peu moins
enthousiaste que la veille, le Temps rappe
lait hier soir que l'opération du général
Ludendorff et du peintre en bâtiment Hitler
avait été désavouée par le cardinal-arche
vêque de Munich, mais que ce prince de
l'Eglise n'était pas pour cela un défenseur
de la démocratie" allemande. C'est donc que
les choses d'Allemagne soiu, —- heureuse
ment pour nous — un peu plus compliquées
qu'on ne Je dit.
Le résultat, avantageux comme tout ce
qui constitue un coup de sonde, que l'aver
tissement du gouvernement français a pro
duit, c'est la réponse du chancelier. Le
Temps remarque que le nom de République
n'est même pas prononcé dans ce docu
ment: C'est donc ; que le fiasco 1 de. Luden
dorff, incident de la réaction allemande, ne
suffit pas à en. arrêter le cours. Toujours
est-il que' M. Stresemann revendique pour
l'Allemagne le droit de choisir le -régime
qui lui plaît, «le peuple allemand étant
seul qualifié pour décider sous quelle forme
constitutionnelle*il doit continuer sa poli
tique »..
Plusieurs questions très sérieuses se
posent ici. Les Alliés ne peuvent pas agiter
des foudres mouillées chaque fois qu'un
danger menace la République allemande.
Il faut renoncer à ce rôle ridicule: premier
point. Quand Napoléon est rentré de l'île
d'Elbe, les.Alliés d'alors l'ont mis au ban
de l'Europe et ils ont envoyé contre lui
Wellington et Bliicher. Est-on résolu à en
laire autant pour les Holienzollern? Si
c'est non, mieux vaut s'abstenir de vaines
paroles, et voilà le second point. Quant au
troisième, il s'agit de savoir'.si les Alliés
seront émus des mots et des noms plus que
des choses. En fait, la dictature militaire,
représentée par sept généraux, existe en
Allemagne : il suffit de lire le Vorwœrts
pour connaître là-dessus le sentiment de la
démocratie allemande. Tolérera-t-on, sous
•prétexte que les décrets ont été signés par
le président Ebert, la dictature des sept
généraux? Aloas apparaît le quatrième et
dernier point. Si la République allemande
est en danger et si les Alliés n'ont pas envie
. d'envoyer- une -armée à Berlin et une autre
-à Munich pour la soutenir, s'ils ne veulent
pas, d'autre part, qu'elle périsse, à quels
moyens peuvent-ils recourir? A ceux qu'en
seigne .une très vieille politique et qu'on
. défiiiissait '-ainsi au temps du roi Henri II:
« Tenir sous main les' affaires d'Allemagne
en la plus grande difficulté qui se pourra ».
. Cela dit pour les gouvernements qui ne
veillent ni du retour des Hohenzollern ou
de :1a dictature, militaire, son équivalent, ni
• d'une intervention autre que verbale en
faveur de 'la République allemande et qui,
toutefois, voudraient faire rentrer dans
l'unité du Reich lés Allemands qui de
mandent leur République, comme ceux de
la-rive gauche du Rhin. — J. B.
La bénédiction et
discours.
Paris, le Paris patriote n. dans cette jour
née, salué d'un seul gesie. la mémoire
glorieuse de celui dont nous serons éter-
nellement fiers, la mémoire de Marius
Plateau, le grand Français.
Après avoir, dans la matinée, accompli
un pieux• pèlerinage à là tombe du Soldat
inconnu, nos amis auxquels s'étaient joints
des patriotes do toute origine politique,
se sont retrouvés' dans l'après-midi
devant la tombe du soldat qui, après
avoir été le héros légendaire de Port-
Fontenoy, le nouveau d'Assas, a su en
core donner son sang pour la cause na
tionale. « Servir » ! C'était pour servir en
core que la troupe des anciens combat
tants et des jeunes hommes était massée
près de la tombe de Marius Plateau,. C'est
une revue qu'il a passée...
LE DEFILE
Bien avant deux heures, aux abords de
la mairie du XV° arrondissement, tes li
gueurs, les étudiants et lycéens, les patrio
tes amis se groupent autour de leurs fa
nions, de leurs couronnes. Pas la moindre
confusion, pas le moindre irouble. Chaque
groupe, chaque section a un chef. Ce n'est
pas une fouîe qui se rassemble : ce sont
des régiments qui se forment.
A deux heures et demie, on donne le
signal du départ. Au pas cadencé, la lon
gue, l'interminable colonne s'engage dans
la rue Lccourbc. Sur son passage, les tètes
se découvrent, les visages se font graves.
En tête, marche une escouade de com
missaires, le bras gauche enserré dans
un brassard tricolore. Derrière elle, voici,
cravaté de crêpe, le drapeau de l'Action
frunçaise. Il est porté par notre ami de
Sfiint-Savin, et sa garde est composée de
légionnaires, (le médaillés militaires et de
mutilés, en uniforme. Les couronnes de
l'Action française, des Camelots du Roi
et des étudiants d'A. F. .viennent ensuite.
Voici les membres des çoinités directeurs
de l'A. F. présents à Paris : Léon Daudet,
la poitrine- barrée de son écharpe de dé
puté ; Charles Maurras, Maurice Pujo,
Lucien Moreau, Robert de Boisfleury, Geor
ges Valois, Paul Robain. Avec eux, les
représentants de Monseigneur le Duc
d'Orléans : MM. le colonel de Tuite et Mau
rice Emerv.
La jeunesse des Ecoles, fort nombreuse,
bien que-la rentrée des Facultés ne doive
se faire que d'ici quelques jours seule
ment ; le groupe des Etudiantes d'Action
française les délégations de toutes les
grandes Ecoles, des candidat? à ces Ecoles,
de toutes les Facultés, de tous les lycées
de Paris, de tous les collèges, précédées
de leurs couronnes. Des groupes, des délé
gations encore... dont il nous est impossi
ble de donner ici la liste...
Voici, fanions en deuil et flottants au
vent, la longue file des sections d'Action
française. Les ligueurs défilent par rangs
de quatre. Ce sont d'abord quelques sec
tions des provinces qui ont tenu à envoyer
des délégations, certaines avec leurs dra
peaux : Lyon, Rouen, Lille, Pau, Perpi
gnan. etc.
C'est ensuite la Fédération des sec
tions de Paris et de la banlieue, représen
tant plus de trente groupes compacts sous
le commandement de son président Fran
çois de la Motte. Elles sont suivies des Da
mes et des Jeunes filles royalistes. Une
équipe de commissaires ferme la marche.
Tout le long de l'immense colonne, les
commissaires d'A. F. forment une double
haie. Le défilé est admirablement réglé par
les chefs des Camelots du Roi, membres de
leur comité directeur : Maxime Réal del
Sarte, Lucien Lacour, André Guignard,
Pierre Lecœur, Raymond Bâtardy et Phi
lippe Roulland.
Devant la porte du cimetière, se tien
nent Mme Cretin-Plateau, mère de notre
Héros, M. le chanoine Richard, curé de
Saint-Pierrc-du-Gros-Caillou, son oncle, et
les membres de leur famille.
Les membres des comités directeurs de
l'A. F. se placent à côté d'elle et le défilé
commence, par sections, par escouades,
rythmé, militaire...
AU CIMETIERE
Tandis que le défilé passe devant le
cimetière, les porteurs de couronnes se
détachent de chaque groupe et pénètrent
dans le cimetière. 11 en est de même
des drapeaux des sections d'Action fran
çaise; leurs trois couleurs surmontées d'un
crêpe noir entourent d'une façon digne et
triste remplacement du tombeau. Des
faisceaux de drapeaux surmontent le mo
nument que gardent deux commissaires
d'A. F., au garde-à-vous de chaque côté de
la tombe.
Un voile recouvre encore le monument.
Mais lorsque la famille et les comités di
recteurs de l'Action française se sont pla
cés devant la tombe, le .voile tombe et
découvre l'œuvre superbe et touchante
d'un frère d'armes et d'un grand sculpteur
M. l'abbé Schaefer, curé de Saint-Lam
bert de Vaugirard, assisté de M. l'abbé
Rebufat, vicaire de la même paroisse, bé
nit le monument ; on entend seulement
un murmure triste : ce sont les assistants
qui répondent avec piété aux prières du
prêtre.
LES DISCOURS
Discours de Léon Daudet
Léon Daudet prend la parole au nom de
l'Action française. Sa. voix de cuivre porte
au loin les phrases accusatrices qu'on i:
lues en tète du journal.'
Puis Maurice Pujo, à son tour, se place
devant la tombe. C'est en qualité de délé
gué des comités directeurs de l'A. F. au
près des Camelots du Roi qu'il va parler,
Discours de Mituri.cc Pujo
Madame,
Messieurs,
Mes chers camarades les CamelqtS
du Roi,
Dix mois bientôt, ' ?.? I se seront
écoulés depuis que nous sommes venus
ici, au milieu de l'émotion d'un peuple,
conduire la dépouille mortelle du Héros et
du Martyr. Dans le vide que son absence
faisait parmi nous et (jue nous avons senti
cruellement chaque jour davantage, au
milieu des événements publics qui eussent
réclamé sa présence, nous avons vu se
dégager, à notre souvenir, les lignes es
sentielles, les lignes pures de la noble
figure de Marius Plateau. . Délégué des
Comités directeurs de l'Action française
auprès de la Fédération nationale des
Camelots du Roi, j'ai été pendant quinze
ans son collaborateur quotidien, son com
pagnon de luttes et son ami. C'est à cc titre
que je viens en parler devant vous.
La figure de Marius Plateau
Cette figure, c'est celle du Français dans
son expression parfaite. A vingt-deux ans,
l'âge où il est venu parmi nous, tel que
l'avaient formé la mère admirable et le
prêtre éminent qui portent son deuil, c 'est
un jeune homme plein de vie et de santé,
— de santé morale comme de l'autre ;
son intelligence, exigeante de clarté, n'a
pas été touchée par les nuées du siècle.
Un corps solide, un esprit droit, un cœur
droit : voilà les éléments simples qu'il
nous apporte. -Dans line époque normale
le développement de son existence pour
rait se prévoir en touti; certitude. Bien
qu'il ne soit pas ambitieux, il est promis
;iu succès quelle que soit la carrière qu'il
embrassera. U est promis au bonheur, cm-
il a le signe des Forts, et cette fleur de la
force : la gaîté.
Mais cette nature heureuse est venue jtrt
monde en un temps malheureux. Autour
de lui, dans notre,- pays, les choses ne
sont pas à leur place. La démocratie a
brisé l'armature traditionnelle ; elle a
amené le règne des puissances anarchi-
ques, anonymes et étrangères : elles déchi
rent le corps et l'âme de la France, de
cette France dont, par le sang reçu de
ses parents, il se sent le fils et la chair.
Il voit les dangers qu'accumulent sur elle
l'imprévoyance, l'incompétence et la ga
begie. Il pourrait s'en désintéresser, mais,
s'il n'a pas d'ambition, il n'a pas non plus
d'égoïsme. Il ressent profondément les
blessures et les offenses infligées à la
patrie.
Chez lui, dans cette nature si équilibrée
et faite pour la joie, cela se traduit par
des indignations et des révoltes. Ces mou
vements tumultueux de son cœur reste
ront vains ; ils continueront à le troubler
sans fruit s'il ne trouve pas, pour les dis
cipliner et les rendre utiles, des principes
d'ordre et de salut national dont la clairo
vérité soit un appui solide, une cause qui
vaille la peine de se dévouer. C'est alors
qu'il connaît la doctrine de Charles Maur
ras et de l'Action française qui mène à
la Monarchie. Son esprit droit qui mé
prise les demi-solutions n'hésite pas, et
il tire aussitôt la conséquence active de
son adhésion intellectuelle. En novembre
1908, il vient s'inscrire au groupe nais
sant des Camelots du Roi. Sa pensée et
son action sont fixées. Sans qu'il s'en
rende compte encore, sa destinée l'est
aussi. (
Le çhef-né , ; w
Il n'a pas prévu alors, la place qu'il
prendrait parmi nous. Dans la tâche im
mense à accomplir il n'a pas pensé qu'il
prendrait une part importante, jugeant
dans sa modestie ses épaules trop faibles
pour la porter. Il vient réclamer une place I
de soldat et non de chef.
Au printemps de 1909, après une cam- j
pagne où son courage, son dévouement '
sans bornes et aussi son bon sens, nous
l'ont l'ait apprécier, quand nous lui pro- :
posons de faire partie du premier comité
directeur des Camelots du Roi, il hésite à
accepter ne se croyant pçis qualifié. ,
Je le revois dans nos premiers conseils \
au quartier politique de la Santé- Il écou- |
te, il se défend de juger et de choisir. A i
peine de temps en temps une observation
d'ordre pratique forme sa contribution à
nos discussions ; mais ses avis sont si
justes, il y a derrière eux une résolution
si sûre d'accomplir, et d'accomplir lui-
même le plus souvent, ce qu'il a estimé "à
la fois nécessaire et possible, qu'il inspire
déjà à ses camarades du comité comme
aux Camelots qu'il mène dans la lutte, une
confiance absolue.
En octobre de la même année, le secré
tariat général étant devenu vacant, c'est
naturellement à lui que le poste est offert.
De nouveau sa modestie s'effraie, iî
craint de n'être pas à la hauteur, il faut
insister pour le faire accepter.
Mais une fçis qu'il a accepté, il faut qtis
cela marche. Et pour que cela marche, i
partir de ce moment, il négligera tous sel
intérêts personnels, et avec une activité dè
chaque instant, il se consacrera tout en
tier au recrutement, à la formation, à l'é
ducation de ce corps incomparable de jeu
nes Français d'élite : les Camelots du Roi,
La flamme généreuse du patriotisme
qu'il a libérée en lui, en sacrifiant sa car
rière et son repes, va désormais forger
d'année en année, au contact de l'expé
rience, sa figure de chef.
Au début, énergique et sûr dans l'exé
cution, il reste réservé dans le conseil. II
attend, pour les réaliser strictement, ses
consignes des chefs de l'Action française.
Il juge l'œuvre à accomplir si haute et si
délicate, qu'il se défend de prendre lui-
même des responsabilités de tactique et i
♦
EDITION DU MATIN
Lundi 12 Novembre 1923
Seine ci Seiw-eff-Qise.
Départements, Cotonies.
ABO'N>'EMEis T TS : o» n.
Franco ot Colonies. 48-ft*. 25fr. llSCr.
Elrajigor. , . . , 812 » 42 » 22»
ORGANE DU NATIONALISME INTEGRAI;
: ,v . ... -..s k
« Toutce quiest national est notre. #
Le Duc 4'ORLÉANS . I
héritier des-quarante Rois qui ea mïUo ans firent Ja Fratto*
REDACTION & ADMINISTRATION
24, rue de Rome, PARIS (8*)
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Rédaction : Central 75-44.
Après 10 h. du soir : Sé<| u r i 1-68
Registre de Commerce s Seine 78.582
Fondateur ? MEISI.II VAUGEOïS - Directeurs poIItiquea î LÉON DAUDET et GIIARLES MAURRAS Rédacteur en chef i MAURICE PUJO
, \
A MARIUS PLA TE A V - '
« ...Ceux qui acceptent et se résignent ; ceux qui
se contentent de ,vaines protestations, en. laissant car-!
rière au mal, à ses développements, à ses catastrophes?
voilà les fous. Le sage,-c'est le Camelot du Roi, ce
Camelot du Roi dont une légende stupide fait un
écervelé ou un énergumène, ce Camelot du Roi don!
tu fus le type et dont tu restes le modèle, toi le bon
sens, toi le jpgement calme, toi la bonté...
« Oui, plus même que l'honneur et le courage,
voilà la vertu que je veux saluer sur ta tombe de héros:
la sagesse, — non la sagesse morte qui est souvent
démence inconsciente, mais la sagesse vivante qui est
hardiesse autant que discernement et prudence... »
MAURICE PUJO.
/ • -. Discours sur la tombe de Marius Plateau*
Sur une tombe
Madamw,
' Mes cliers amis,
•II y - a un an* à pareille époque, Marius
'Plateau: était vivant parmi nous. Sa force
héroïque, sa "vigilance, sa noblesse d'âme
servaient le pays. Placé par ses qualités
admirables de chef, par son dévouement à
la Pairie, à là tête et à la direction de l'in
comparable phalange di«s Camelots du Roi,
ïl observait' telle une vigie, les manœuvres
de ll'ennenai au dedans, comme il l'avait
cor Abattu^ au champ d'honneur. Son atten
tion était toujours 'prête, et toujours prêt
son esprit de sacrifice à cette chose pu
blique — res publica — qui est précisé- •
ment le contraire de la République.
Mais l'Allemagne aussi veillait, en
même temps que Marius Plateau; elle veil
lait par les yeux et. les mairis de sa ser-
- vante, de son exécutrice," qui'est chez nous, "
depuis cent trente " ans," la Révolution, et,
depuis cinquante ans, depuis Sedan, la
police politique. germano-républicaine. Car
nous- le savons aujourd'hui de scien.ce cer-
:taine, et l'assassinat de notre Marius a pro-
•jeté là-dessus une grande-lumière : dans
notre pays victorieux, malheureux, et que
:menaee une nouvelle guerre, la révolution,
la police politique et l'Allemagne ne font
•qu'un. Ceux qui se refusent à le voir et
qui le nient — pour des motifs de faible
gouvernement ; sont des aveugles volon
taires. On lie saijrait longtemps nier l'évi-
.dence. r " /
L 'Allemagne veillait et sé relevait: milî- ■
lairement au d'elà du Rhin, révolutionnai-
;rement chez nous. Après l'immense et
•courte alicgresije de cet armistice, dont c'est
.aujourd'hui l'anniversaire, —: et qui fut la
plus grande duperie de l'histoire,: — la
.trame allemande se retissait .ici, avec les
suppôts politiques de la Prusse, que vous
connaissez, rrsscapés du fossé de Vincennes.
Pendant qu*ils préparaient . là-bas la re
vanche, iis, préparaient ici l'assass.inat,
.dans ce q ue Shakespeare a appelé « les
~jsàrties~ hcxnteuses de l'ombre », dans une'
.souricière ; dé-la rue Lécuyer. Reconnais-!
sons qu'Us visaient-juste: leur irréductible
■adversair-a, Pobstacle à leurs desseins, révo-
lutionnà 'ji 'es et guerriers : l'Action fran
çaise eï, ; au cœur de l'Action française, le
héros d.e Port-Fontenoy, Marius Plateau.
Confune en témoigne cette stèle, où un
génie- 1 'fraternel — ô mon cher Maxime! —
a mi's tant de grandeur et de simplicité, les
agents de l'Allemagne en France Pillaient
faire du héros un martyr.
A quel moment révélateur? Au moment
où, en occupant la Ruhr, conformément
aux vues royalistes, avec l'appu?. des roya-:
listes, le gouvernement nation?.! de Poin-
caré, réclamé depuis un an par les roya
listes et amené au pouvoir par nos efforts
désintéressés, tâchait de sairoer de la vie- '
toire ce qui pouvait en être.sauvé, tâchait,
de retarder la tentative de revanche aile-'
mande. Le,11 janvier 1923, l'armée fran
çaise occupait Esssen, buïbe industriel de
l'empire allemand. Une 1 tentative de grève
générale était annoncée pour le 23 janvier.
Plateau tombait le 22 janvier. La fille de
police, -—misérable instrument, •—qui l'a
tué lâchement, a déclaré à -l'instruction
qu'elle le rendait et nous rendait respon
sablesde « la nouvelle agression, contre le
prolétariat allemand ». Quel aveu! Elle a
fait ainsi comprendre à ses employeurs
qu'elle comptait sur leur ap'pui jusqu'au
bout.
Plateau tombait le 22 janvier, à la suite
d'une campagne d'excitations criminelles,
menée à Paris, d'ordre de Berlin. Puis, tout
aussitôt, d'immenses efforts étaient faits,
par les fauteurs de ce crime atroce, afin
d'en recouvrir la trame. Vains efforts !
Nous savons aujourd'hui, preuves en
mains, tout • ce qu'il nous importait de
savoir.
Ainsi se vérifiait, messieurs, la grande
parole de D-amostliène dans la troisième
philippique : « Comptez qu'il vous est
impossible de vaincre 1/bnnemi du dehors
tant que vous ne sévirez pas contre
l'ennemi du dedans, qui est a ses gages. »
S'il est vrai, comme nous le pensons, que
toute mort exemplaire et tragique, comme
celle-ci, comporte une leçon providentielle,
le sens de celte leçon est clair. Plateau
s'était. sacrifié à Port-Fontenoy, en sep
tembre 1914, afin que l'Allemand-ne passât
pas. Plateau s'est sacrifié, le 22-janvier der
nier, afin que la France, la profonde
France, ' la France immortelle pût passer.
Une voix douce et grave, en ce jour d'au
tomne, monte de cette tombe deux fois glo
rieuse. Elle nous ordonné à tous d'espérer,
de prier et, le moment venu, d'agir.
Nous t'entendons, Marius Plateau!
Léon DAUDET
Député de Paris.
ECHOS LA POLITIQUE
! LES FAITS DU JOUR
1 — Dana ta marnée d'hier, Vannée et Ja po-
jfiulasiam .ilit Paris ont rendu hommage au,
è'ialdal inconnu.
' — ration dit monument de Mariits
.Plateau a eu lieu au cimetière de. Vaugirard.
—■ Corn piègne a inauguré le monument ù
Gurncnicr. .
— A Hanovre, le Kronprinz s'est entrete
nu avec le maréchal Hindenbourg.
— Â Halle, le chancelier Stresemann a
prononcé un discours sur la situation géné
rale. i
â \
**
4-V
Le Peuple genevois, dans son numéro du 3 no
vembre,-a reproduit quelques-unes des notes ; de
■voyage de l'anarchiste Bertoni, arrêté à son arrivée
à Paris, où il venait pour prendre part à un 1 con
grès anarchiste. Celui-ci raconte comment, ayant
dû passer une nuit quai des Orfèvres, il a enten
du inspecteurs de la sûreté et agents de -police
«changer leurs impressions sur les différents grou
pes politiques de France. ■
Les inspecteurs et . les agents disaient... (nous
citons Bertoni) :
« De tous les groupements politiques, • les plus
sympathique sont les Camelots du Roi, qui> ont
déjà de l'argent ; les autres- veulent en avoir.
Léon Daudet est d'ailleurs tenu au courant de
tout ce qui se passe à la préfecture de police ;
chez lui, il y a la copie des documents les plus se
crets... .
«... La section . bolcheviste. à la préfecture de
police ne sert absolument. à rien.-, Les communistes
ne comptent-vraiment pas pour grand'elwse dans
lia foule parisienne. C'est. bien étonnant qu'il se
trouve des niais pour se faire casser la gueule
pour eux. Pensez-donc ! Un Cachin notoirement
Tiche, un Laffont qui ne l'est pas moins, un Vail-
lant-Couturier que ' M. l'inspecteur a connu au
front comme officier, alors qu'il l'était également.
. Eh bien I ce Vaillant-Couturier était très dur avec
sas hommes et il ne pourrait certes pas s'adresser
à. eux-pour faire de la propogande communiste
Tous, dans la politique, ne cherchent que des
places et de l'argent ». .
Quant aux partis socialistes et. aux groupements
syndicaux « tous leurs chefs ne travaillent que
pour leur ihtérêt ou pour leur ambition propre. Le
secrétaire des cheminots venait de se faire bâtir
une belle maison.... etc. ».
Ma foi, nous, pouvons certifier à l'anarchiste
Bertoni que les agents sont bien renseignés
S'il est inexact que les Camelots du Roi ait de
l'argent, il est bien, vrai que les révolutionnaires
en cherchent... et qu'ils en trouvent...
# *
Encore'une anecdote sur Barbey d'Aurevilly:
L'auteur des Diaboliques avait la répartie ter-
»rible et Hronie sanglante. Un jour, au restau
rant,', ne trouvant plus de place libre, il demande
à un'dîneur, attablé devant une douzaine d'huî
tres, la permission de s'asseoir en face de lui.
1.'autre refuse d'un ton rogue. Alors. Barbey
d'Aurevilly, désignant les huîtres : « Monsieur
rie redoute pas d'être treize à table ? »
Mil, ■ : * * _
Qn veut un cœur, une chaumière,
C'est beaucoup de choses vraiment.
• Moi,, je demande seulement
Une Mazda comme lumière.
I. L'armistice et ses causes
Le jeune et brillant collaborateur qui
a bien voulu nie remplacer pendant huit
jours avait certes raison d'écrire hier matin
que la responsabilité de l'armistice, ne
saurait être attribuée au commandement
militaire. Cela est évident en droit. Le
spécialiste, qu'il soit généralissime ou ami-
ralissime, doit être consulté, il peut éla
borer les clauses d'une décision spéciale,
mais la décision souveraine n'appartient
qu'au souverain ou, si le souverain a dix
millions de têtes, à ses représentants. En
fait, il ne faudrait pas oublier l'essentiel
si, à la veille de l'armistice, les chefs po
litiques, M. Clemenceau en tête, ont fait
tout ce qui dépendait de leur expérience
et de leur rouerie pour mettre à la charge
des chefs militaires la décision que l'A
mérique exigeait, cela se passait fin octo
bre. Mais nous savons que quelques se
maines auparavant, en septembre 1918, le
maréchal Foch, voyant la.victoire appro
cher,' demanda à M. Clemenceau quel était
le genre de paix qu'il faudrait imposer à
l'Allemagne. La réponse est connue aussi,
et elle a été publiée: — Que le maréchal
s'occupe de ses affaires! Il doit faire la
guerre, la paix ne regarde que nous... Dé«
ce moment, la directive générale était
donnée. Ce que le maréchal Foch devait
élaborer, c'était un armistice tel qu'il
rendît possible n'importe quelle paix, si
forte fût-elle. Le maréchal s'y est appli
qué, et nous savons bien qu'il y avait
réussi: les Alliés pouvaient dicter telle
paix qui leur eût convenu; s'ils ont choisi
la pire, d'ordre de M. Clemenceau, ce no
tait pas l'affaire du maréchal.
M. Poincaré, alors président de la Ré
publique, était,, d'instinct, hostile à l'ar
mistice prématuré. On a publié ses ins
tances auprès de M. Clemeanceau; la ré
ponse de celui-ci fut une offre de démis
sion. Certes, une résistance pouvait ar
rêter M. Clemenceau et c'était celie
du commandement militaire. Si un maré
chal de France général en chef des . ar
mées alliées, avait hautement déclaré qu'il
était impossible de laisser la victoire "ina
chevée, de permettre à l'armée boche de
rentrer avec armes et bagages dans ses
foyers, M. Clemenceau aurait pu tenir
tête à M. Wilson et à lui-même. Seule
ment, cette déclaration dont on rêve, le
maréchal Foch ne pouvait pas la faire
à cette époque, et pour une raison bien
simple: on n'était nullement certain de
la victoire, on n'était pas fixé sur l'état
de la . force allemande, on ignorait com
plètement ce qui se passait chez' l'ennemi.
II. Les responsables sont civils
Les lignes qui précèdent pourront cau
ser un bref , plaisir aux ennemis de la
haute armée: — Voyez, dironts-ils, quels
beaux chefs! Ils ne savent même pas se
tenir au courant des mouvements de leur
adversaire. Leur armée était brave, cela
ne; dépendait .pas d J eiix. Mais,, ce
qui dépendait d'eux, ils n'ont pas su,le lui
donner; cet organe de la vue et du mou
vement, ce service d'éclairage, d'infor
mation et de renseignements que Napo
léon appelait les yeux d'une année. Donc,
ceux qui ont été victimes du machia
vélisme de M. Clemenceau ne. sont , pas
des victimes très intéressentes,, c'est
leur propre incurie qui les avait désarmés
d'avance contre son accès de folie.
Malheureusement pour cette admirable
thèse, elle est déjà ruinée dans l'esprit de
tous ceux qui gardent des notions d'his
toire contemporaine;, L'armée- française
n'avait pas d'yeux parce qu'on les lui
avait arrachés, et les auteurs de cette mu
tilation n'étaient pas des généraux, mais
des civils. La responsabilité n'en revient
pas au pouvoir militaire mais au. pouvoir
politique, et au plus pernicieux, au plus
pervers,'au plus délibérément antinatio-'
nal qui ait jamais sévi sur'un peuple. Le
pouvoir politique juif constitué en 1899
par l'effet de la révolution .drevfusienne
est le responsable certain, le coupable avé
ré de l'absence et de l'annulation, du
service de Renseignements, de l'année
française. Il y a vingt-quatre ans sonnés;
que Y Action française le répète: soit pour-'
l'annoncer (avant que M. AVahleck-Rous-
seau eût commis cette faute criminelle),-
soit pour le constater au 5 septembre 1899
quand ce Service indispensable fut anéan-,
ti, soit pour faire envisager les suites
naturelles de ce grand malheur jusqu'à
ses conséquences de 1914, soit enfln_ de
puis cette date pour rappeler une liaison
de causes et d'effets que la légèreté du
public, le verbiage des rhéteurs auraient
eu trop vite fait de couvrir.
L'effort de l'Action française n'a pas été
vain. Ce fait capital n'est plus oublié. L'es
prit public commence meme à l'entendre
rappeler par des voix qui ne sont pas les'
nôtres. M. Hosotte y fait allusion dans son
excellent petit livre. Quelques nationa
listes républicains, quelques libéraux
même y viennent aussi. Le 7 juin
dernier, j'ai eu ' le plaisir-de le voir si
gnaler dans la Petite Gironde, journal ul
tra-républicain, par la plume d'un histo
rien qui, ce jour-là, s'est soucié de voir
clair et de parler net, M. Louis Madelin.
Je rappelle cette impartante contribu-,
lion à l'histoire morale "de "l'état-major
illié la veille de l'armistice. L'Allemagne
était en dissolution, et - l'on n'en savait
rien! Pourquoi? Voici:
« Il nous a manqué d'être informés de
cette situation. Et voici que nous tou
chons du doigt une des phis-yrandes
biesics dont, au cours de la cjnefsc Ifcû.v*]
(ïjùns souffert. Jl fut un temps ou notre
état-major avait créé en Allemagne un ser
vice de renseignements tout aussi remar
quable que celui dont l'Allemagne elle-
même -devait, un jour, recueillir les-
fruits en France. D ks 'ciiîconstanges sur
lesquelles il importe _pi!u~;»k heven'ir
avaient, apki3s 1900, brise ï /dîuvke du
colonel S andhjîri;. Et quand la crise
survenait,. nous n'avions en Allemagne
que peu d'agents. La guerre déchaînée,
il était évidemment difficile d'en intro
duire. 'Ainsi s'explique l'ignorance où
nous nous sommes trouvés constamment
non seulement des' desseins de l'ennemi,
mais de l'état réel de l'opinion.
< Si, à l'automne de 1918, mille rap
ports fussent venus simplement dire et
répéter ce que nous voyons un bourgeois .
alsacien écrire, peut-être aurions-nous pu '
traiter les Allemands en conséquence et
ae pas leur imposer, en tremblant de les
voir se révolter là contre, la moitié de
cc qu'ils étaient résignés à accepter.
« Et c'est une leçon pour l'avenir. »'
Redisons, comme au moment où ces li
gnes furent citées, que la leçon ne sera
utile à l'avenir qu'à la condition d'être en
tendue complètement. Mais on ne l'enten
dra qu'à la condition de sentir, au rebours
du silence de_ M. Louis Aladelin,- qu'il
importe, et beaucoup, de revenir sur les
circonstances qui avaient « brisé », non
après, mais avant 1900, l'œuvre de Sandti
her. Ces circonstances s'appellent en bon,
français la révolution drevfusienne, le sa
crifice de la France à la'juivcric par M.
"Waldeck-Rousseau, l'avènement " d'un pou
voir antinationaliste, antimilitariste, c'est-
à-dire anlimilitaire et antinational. Témoin!
et, parfois même, un peu acteur de ces-
luttes civiles, je dois apporter à la Ré-,
publique un témoignage: dans cette lutte;
où la défaite des patriotes signa l'arrêt-de!
mort de 1.500.000 Français à quinze ans|
d'échéance, ce furent les institutions, les>
traditions, les idées républicaines qui
emportèrent la victoire iuive ; à elles,
à elles presque seules a été dû l'avantage
décisif donné au parti-juif, au. parti in
ternational, contre le parti national. C'est
pourquoi avant cette affaire, je n'étais cer
tes pas bon républicain, niais mon royalis-,
me de raison était tiède et inerte. L'affai
re Dreyfus a fait de moi un royaliste mili
tant, mfti seulement parce'qu'un-noble
Prince ine ralliait par d'admirables mes
sages qui montraient comment l'ennemi
public visait au cœur l'armée de la Fran
ce, mais-parce que chacune de ces géné
reuses paroles 'était corroborée par le
concours actif que le personnel et le maté
riel de la'République accordaient naturel
lement aux amis de l'ennemi.
On me demande comment la réac
tion patriote dé 1912, n'essaya pas de bou
cher les trous de 1899 et de rendre à l'ar
mée française le service de renseigne
ments qu'elle méritait. Hé! on essaya,,
bien! Mais cela voulait du temps: le temps
manqua. On avait arrêté jusqu'à la
rendre impossible toute action d'es
pionnage au bénéfice de la France :
depuis les années maudites 1898-1906, la
France était le pays qui avait la réputa
tion de brûler ses espions, de livrer les se
crets d'Etat les plus .redoutables aux in
discrétions foraines dé la police, de la
justice et de la.presse. Personne na pou
vait se fier à elle, et-ceux- .qui auraient
eu envie de la servir, tentés par l'intérêt ou
par la passion, refusaient de-se compro
mettre avec'nous. Ni M. Poincaré, ni per
sonne, non pas même M.. Millerandi son
ministre de la Guerre, quand il annonçait
vouloir^ mettre l'armée française idaris'
l'état où elle était avant l'affaire Dreyfus,
nulle volonté, nulle habileté, nul patrio
tisme ne pouvait restaurer e.n- quelques
mois ni en quelques saisons une. confiance
aussi ébranlée !
Bref, la ■ désorganisation^ avait été ra
pide, n'ayant pas demandé plus de huit
ans. On eût deux ans pour réorganiser !
il en eût fallu à tout le moins quinze ou
vingt. La haute armée fit ce qu'elle pou
vait de 1912 à 1914. Mais pour reprendre
une vieille image, le chêne brûle plus'vite
qu'il ne germe, pousse, grandit. Qui donc
avait jete au feu le chêne magnifique de
l'institution militaire ? C'était le vieux
parti républicain, aidéi des forces^ vives
de la Republique. A lui donc, à lui seul,
il faut demander compte 'des malfaçons
d'un armistice quK par sa faute, a été
conclu dans la nuit.
Charles MÂURRAS
> E jiratum . — Dans la lettre du comte
de |>amas, publiée à la Politique du
2 npvef}ibré, il fallait lire, à propos de
la iBfUi.iP de débaptiser nos avenues :
« Déj^-l'avenue, du Trocudéro porte le
nom ;
Versailles. »
 Marius Plateau
héros et martyr
L'hommage de Paris patriote. — Un imposant défile. —
La bénédiction et l'inauguration du monument. Les
- Le retour
de l'ex-kronprinz
L'ex-kronprinz est rentré en Allemagne,
avec la permission du gouvernement alle
mand et celle du'gouvernement hollandais,
le jour anniversaire de l'armistice: l'Alle
magne tient au culte symbolique des dates.
A La Haye, les ministres des cinq puis
sances de l'Entente, porteurs de la con- (
'trainte dont les avait chargés la Confé
rence des ambassadeurs, sont arrivés
tomme les, carabiniers. M. van Karnebeek,
: qui joint aux traditions de la savante diplo
matie néerlandaise une grande habileté à
se servir du droit international, a répondu
par des subtilités juridiques. Quelques
heures après, l'aigle déplumé des Hohen-
zollern s'était sauvé de sa cage.
La responsabilité du gouvernement de
La Haye est engagée. Celle du gouverne
ment de Berlin l'est aussi. Quel parti les
Alliés prendront-ils? - Se borneront-ils à
protester? Accepteront-ils les explications
de M., van Karnebeek. et celles de M. Stre-
f'Sftniann?.., Les, démarches dépourvues de
sanctions ne sont jamais reconimandables.
• Celle de M. de Margerie auprès du chan
celier aura eu un avantage. Ce n'est peut-
être pas celui d'avoir mis Ludendorff et
•Hitler;.en échec, car leur coup était déjà
manqué quand . notre ambassadeur s'est
rendu à la Wilhelmstrasse. Un peu moins
enthousiaste que la veille, le Temps rappe
lait hier soir que l'opération du général
Ludendorff et du peintre en bâtiment Hitler
avait été désavouée par le cardinal-arche
vêque de Munich, mais que ce prince de
l'Eglise n'était pas pour cela un défenseur
de la démocratie" allemande. C'est donc que
les choses d'Allemagne soiu, —- heureuse
ment pour nous — un peu plus compliquées
qu'on ne Je dit.
Le résultat, avantageux comme tout ce
qui constitue un coup de sonde, que l'aver
tissement du gouvernement français a pro
duit, c'est la réponse du chancelier. Le
Temps remarque que le nom de République
n'est même pas prononcé dans ce docu
ment: C'est donc ; que le fiasco 1 de. Luden
dorff, incident de la réaction allemande, ne
suffit pas à en. arrêter le cours. Toujours
est-il que' M. Stresemann revendique pour
l'Allemagne le droit de choisir le -régime
qui lui plaît, «le peuple allemand étant
seul qualifié pour décider sous quelle forme
constitutionnelle*il doit continuer sa poli
tique »..
Plusieurs questions très sérieuses se
posent ici. Les Alliés ne peuvent pas agiter
des foudres mouillées chaque fois qu'un
danger menace la République allemande.
Il faut renoncer à ce rôle ridicule: premier
point. Quand Napoléon est rentré de l'île
d'Elbe, les.Alliés d'alors l'ont mis au ban
de l'Europe et ils ont envoyé contre lui
Wellington et Bliicher. Est-on résolu à en
laire autant pour les Holienzollern? Si
c'est non, mieux vaut s'abstenir de vaines
paroles, et voilà le second point. Quant au
troisième, il s'agit de savoir'.si les Alliés
seront émus des mots et des noms plus que
des choses. En fait, la dictature militaire,
représentée par sept généraux, existe en
Allemagne : il suffit de lire le Vorwœrts
pour connaître là-dessus le sentiment de la
démocratie allemande. Tolérera-t-on, sous
•prétexte que les décrets ont été signés par
le président Ebert, la dictature des sept
généraux? Aloas apparaît le quatrième et
dernier point. Si la République allemande
est en danger et si les Alliés n'ont pas envie
. d'envoyer- une -armée à Berlin et une autre
-à Munich pour la soutenir, s'ils ne veulent
pas, d'autre part, qu'elle périsse, à quels
moyens peuvent-ils recourir? A ceux qu'en
seigne .une très vieille politique et qu'on
. défiiiissait '-ainsi au temps du roi Henri II:
« Tenir sous main les' affaires d'Allemagne
en la plus grande difficulté qui se pourra ».
. Cela dit pour les gouvernements qui ne
veillent ni du retour des Hohenzollern ou
de :1a dictature, militaire, son équivalent, ni
• d'une intervention autre que verbale en
faveur de 'la République allemande et qui,
toutefois, voudraient faire rentrer dans
l'unité du Reich lés Allemands qui de
mandent leur République, comme ceux de
la-rive gauche du Rhin. — J. B.
La bénédiction et
discours.
Paris, le Paris patriote n. dans cette jour
née, salué d'un seul gesie. la mémoire
glorieuse de celui dont nous serons éter-
nellement fiers, la mémoire de Marius
Plateau, le grand Français.
Après avoir, dans la matinée, accompli
un pieux• pèlerinage à là tombe du Soldat
inconnu, nos amis auxquels s'étaient joints
des patriotes do toute origine politique,
se sont retrouvés' dans l'après-midi
devant la tombe du soldat qui, après
avoir été le héros légendaire de Port-
Fontenoy, le nouveau d'Assas, a su en
core donner son sang pour la cause na
tionale. « Servir » ! C'était pour servir en
core que la troupe des anciens combat
tants et des jeunes hommes était massée
près de la tombe de Marius Plateau,. C'est
une revue qu'il a passée...
LE DEFILE
Bien avant deux heures, aux abords de
la mairie du XV° arrondissement, tes li
gueurs, les étudiants et lycéens, les patrio
tes amis se groupent autour de leurs fa
nions, de leurs couronnes. Pas la moindre
confusion, pas le moindre irouble. Chaque
groupe, chaque section a un chef. Ce n'est
pas une fouîe qui se rassemble : ce sont
des régiments qui se forment.
A deux heures et demie, on donne le
signal du départ. Au pas cadencé, la lon
gue, l'interminable colonne s'engage dans
la rue Lccourbc. Sur son passage, les tètes
se découvrent, les visages se font graves.
En tête, marche une escouade de com
missaires, le bras gauche enserré dans
un brassard tricolore. Derrière elle, voici,
cravaté de crêpe, le drapeau de l'Action
frunçaise. Il est porté par notre ami de
Sfiint-Savin, et sa garde est composée de
légionnaires, (le médaillés militaires et de
mutilés, en uniforme. Les couronnes de
l'Action française, des Camelots du Roi
et des étudiants d'A. F. .viennent ensuite.
Voici les membres des çoinités directeurs
de l'A. F. présents à Paris : Léon Daudet,
la poitrine- barrée de son écharpe de dé
puté ; Charles Maurras, Maurice Pujo,
Lucien Moreau, Robert de Boisfleury, Geor
ges Valois, Paul Robain. Avec eux, les
représentants de Monseigneur le Duc
d'Orléans : MM. le colonel de Tuite et Mau
rice Emerv.
La jeunesse des Ecoles, fort nombreuse,
bien que-la rentrée des Facultés ne doive
se faire que d'ici quelques jours seule
ment ; le groupe des Etudiantes d'Action
française les délégations de toutes les
grandes Ecoles, des candidat? à ces Ecoles,
de toutes les Facultés, de tous les lycées
de Paris, de tous les collèges, précédées
de leurs couronnes. Des groupes, des délé
gations encore... dont il nous est impossi
ble de donner ici la liste...
Voici, fanions en deuil et flottants au
vent, la longue file des sections d'Action
française. Les ligueurs défilent par rangs
de quatre. Ce sont d'abord quelques sec
tions des provinces qui ont tenu à envoyer
des délégations, certaines avec leurs dra
peaux : Lyon, Rouen, Lille, Pau, Perpi
gnan. etc.
C'est ensuite la Fédération des sec
tions de Paris et de la banlieue, représen
tant plus de trente groupes compacts sous
le commandement de son président Fran
çois de la Motte. Elles sont suivies des Da
mes et des Jeunes filles royalistes. Une
équipe de commissaires ferme la marche.
Tout le long de l'immense colonne, les
commissaires d'A. F. forment une double
haie. Le défilé est admirablement réglé par
les chefs des Camelots du Roi, membres de
leur comité directeur : Maxime Réal del
Sarte, Lucien Lacour, André Guignard,
Pierre Lecœur, Raymond Bâtardy et Phi
lippe Roulland.
Devant la porte du cimetière, se tien
nent Mme Cretin-Plateau, mère de notre
Héros, M. le chanoine Richard, curé de
Saint-Pierrc-du-Gros-Caillou, son oncle, et
les membres de leur famille.
Les membres des comités directeurs de
l'A. F. se placent à côté d'elle et le défilé
commence, par sections, par escouades,
rythmé, militaire...
AU CIMETIERE
Tandis que le défilé passe devant le
cimetière, les porteurs de couronnes se
détachent de chaque groupe et pénètrent
dans le cimetière. 11 en est de même
des drapeaux des sections d'Action fran
çaise; leurs trois couleurs surmontées d'un
crêpe noir entourent d'une façon digne et
triste remplacement du tombeau. Des
faisceaux de drapeaux surmontent le mo
nument que gardent deux commissaires
d'A. F., au garde-à-vous de chaque côté de
la tombe.
Un voile recouvre encore le monument.
Mais lorsque la famille et les comités di
recteurs de l'Action française se sont pla
cés devant la tombe, le .voile tombe et
découvre l'œuvre superbe et touchante
d'un frère d'armes et d'un grand sculpteur
M. l'abbé Schaefer, curé de Saint-Lam
bert de Vaugirard, assisté de M. l'abbé
Rebufat, vicaire de la même paroisse, bé
nit le monument ; on entend seulement
un murmure triste : ce sont les assistants
qui répondent avec piété aux prières du
prêtre.
LES DISCOURS
Discours de Léon Daudet
Léon Daudet prend la parole au nom de
l'Action française. Sa. voix de cuivre porte
au loin les phrases accusatrices qu'on i:
lues en tète du journal.'
Puis Maurice Pujo, à son tour, se place
devant la tombe. C'est en qualité de délé
gué des comités directeurs de l'A. F. au
près des Camelots du Roi qu'il va parler,
Discours de Mituri.cc Pujo
Madame,
Messieurs,
Mes chers camarades les CamelqtS
du Roi,
Dix mois bientôt, ' ?.? I se seront
écoulés depuis que nous sommes venus
ici, au milieu de l'émotion d'un peuple,
conduire la dépouille mortelle du Héros et
du Martyr. Dans le vide que son absence
faisait parmi nous et (jue nous avons senti
cruellement chaque jour davantage, au
milieu des événements publics qui eussent
réclamé sa présence, nous avons vu se
dégager, à notre souvenir, les lignes es
sentielles, les lignes pures de la noble
figure de Marius Plateau. . Délégué des
Comités directeurs de l'Action française
auprès de la Fédération nationale des
Camelots du Roi, j'ai été pendant quinze
ans son collaborateur quotidien, son com
pagnon de luttes et son ami. C'est à cc titre
que je viens en parler devant vous.
La figure de Marius Plateau
Cette figure, c'est celle du Français dans
son expression parfaite. A vingt-deux ans,
l'âge où il est venu parmi nous, tel que
l'avaient formé la mère admirable et le
prêtre éminent qui portent son deuil, c 'est
un jeune homme plein de vie et de santé,
— de santé morale comme de l'autre ;
son intelligence, exigeante de clarté, n'a
pas été touchée par les nuées du siècle.
Un corps solide, un esprit droit, un cœur
droit : voilà les éléments simples qu'il
nous apporte. -Dans line époque normale
le développement de son existence pour
rait se prévoir en touti; certitude. Bien
qu'il ne soit pas ambitieux, il est promis
;iu succès quelle que soit la carrière qu'il
embrassera. U est promis au bonheur, cm-
il a le signe des Forts, et cette fleur de la
force : la gaîté.
Mais cette nature heureuse est venue jtrt
monde en un temps malheureux. Autour
de lui, dans notre,- pays, les choses ne
sont pas à leur place. La démocratie a
brisé l'armature traditionnelle ; elle a
amené le règne des puissances anarchi-
ques, anonymes et étrangères : elles déchi
rent le corps et l'âme de la France, de
cette France dont, par le sang reçu de
ses parents, il se sent le fils et la chair.
Il voit les dangers qu'accumulent sur elle
l'imprévoyance, l'incompétence et la ga
begie. Il pourrait s'en désintéresser, mais,
s'il n'a pas d'ambition, il n'a pas non plus
d'égoïsme. Il ressent profondément les
blessures et les offenses infligées à la
patrie.
Chez lui, dans cette nature si équilibrée
et faite pour la joie, cela se traduit par
des indignations et des révoltes. Ces mou
vements tumultueux de son cœur reste
ront vains ; ils continueront à le troubler
sans fruit s'il ne trouve pas, pour les dis
cipliner et les rendre utiles, des principes
d'ordre et de salut national dont la clairo
vérité soit un appui solide, une cause qui
vaille la peine de se dévouer. C'est alors
qu'il connaît la doctrine de Charles Maur
ras et de l'Action française qui mène à
la Monarchie. Son esprit droit qui mé
prise les demi-solutions n'hésite pas, et
il tire aussitôt la conséquence active de
son adhésion intellectuelle. En novembre
1908, il vient s'inscrire au groupe nais
sant des Camelots du Roi. Sa pensée et
son action sont fixées. Sans qu'il s'en
rende compte encore, sa destinée l'est
aussi. (
Le çhef-né , ; w
Il n'a pas prévu alors, la place qu'il
prendrait parmi nous. Dans la tâche im
mense à accomplir il n'a pas pensé qu'il
prendrait une part importante, jugeant
dans sa modestie ses épaules trop faibles
pour la porter. Il vient réclamer une place I
de soldat et non de chef.
Au printemps de 1909, après une cam- j
pagne où son courage, son dévouement '
sans bornes et aussi son bon sens, nous
l'ont l'ait apprécier, quand nous lui pro- :
posons de faire partie du premier comité
directeur des Camelots du Roi, il hésite à
accepter ne se croyant pçis qualifié. ,
Je le revois dans nos premiers conseils \
au quartier politique de la Santé- Il écou- |
te, il se défend de juger et de choisir. A i
peine de temps en temps une observation
d'ordre pratique forme sa contribution à
nos discussions ; mais ses avis sont si
justes, il y a derrière eux une résolution
si sûre d'accomplir, et d'accomplir lui-
même le plus souvent, ce qu'il a estimé "à
la fois nécessaire et possible, qu'il inspire
déjà à ses camarades du comité comme
aux Camelots qu'il mène dans la lutte, une
confiance absolue.
En octobre de la même année, le secré
tariat général étant devenu vacant, c'est
naturellement à lui que le poste est offert.
De nouveau sa modestie s'effraie, iî
craint de n'être pas à la hauteur, il faut
insister pour le faire accepter.
Mais une fçis qu'il a accepté, il faut qtis
cela marche. Et pour que cela marche, i
partir de ce moment, il négligera tous sel
intérêts personnels, et avec une activité dè
chaque instant, il se consacrera tout en
tier au recrutement, à la formation, à l'é
ducation de ce corps incomparable de jeu
nes Français d'élite : les Camelots du Roi,
La flamme généreuse du patriotisme
qu'il a libérée en lui, en sacrifiant sa car
rière et son repes, va désormais forger
d'année en année, au contact de l'expé
rience, sa figure de chef.
Au début, énergique et sûr dans l'exé
cution, il reste réservé dans le conseil. II
attend, pour les réaliser strictement, ses
consignes des chefs de l'Action française.
Il juge l'œuvre à accomplir si haute et si
délicate, qu'il se défend de prendre lui-
même des responsabilités de tactique et i
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