Titre : L'Action française : organe du nationalisme intégral / directeur politique : Henri Vaugeois ; rédacteur en chef : Léon Daudet
Auteur : Action française. Auteur du texte
Éditeur : Action française (Paris)
Date d'édition : 1923-11-09
Contributeur : Vaugeois, Henri (1864-1916). Directeur de publication
Contributeur : Daudet, Léon (1867-1942). Directeur de publication
Contributeur : Maurras, Charles (1868-1952). Directeur de publication
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 09 novembre 1923 09 novembre 1923
Description : 1923/11/09 (Numéro 312). 1923/11/09 (Numéro 312).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
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Droits : Consultable en ligne
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Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, GR FOL-LC2-6354
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 18/01/2011
Seizième Année. ■• N° 312
Vendredi 9 Novembre 1923
|5 cent.
Seine ei Seinâ-et -OUi.
20
Départements, Coionies.
ABONNEMENTS : ï» ii.
Franco et Colonies. 48 fr. 25 Or.
Etranger. ..... 82 » 42 » 22 »
ORGANE DU NATIONALISME INTÉGRAL
u Tout ce qui est national est notre, »
Le Duc d'ORLÉANS
héritier dos quarante Rois qui en mille ans flrent la France.
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Fondateur s HENRI VAUGEOIS — Directeurs politiques : LÉON DAUDET et CHAULES MAURRAS •— Rédacteur en chef : MAURICE PUJO
L'occasion
« Nous avons une occasion unique de fairç la
France grande ; il ne faut pas la laisser échapper.
Il y a huit siècles que pareille occasion né s'eisi
rencontrée. On peut perdre une bataille, une
guerre : on n'a pas le droit dè nç pas profiter de
sa victoire, surtout lorsque celle-ci a été complète
et décisive. »
Paroles de M. Paul CAM BON, ambassadeur
à Londres, prononcées en 191.9 et rappor
tées par M. Louis Marcellin.
L'occasion a p eut-être un dernier cliev'eu [:'é
hâtons-nous de le saisir !
La leçon de l'Armistice
Pour commê
mistice, H sera •
. ' .lycées, collèges
l'armistice.
Si j'avais la charge de faire une sem
blable leçon, le 11 novembre de cette an
née, voici à peu près ce que je dirais :
« Mes chers enfants,
« L'armistice du 11 novembre, qui a
mis fin à une lutte immense, où dix-sept
cent mille Français ont péri, fut sans doute
une des plus grandes duperies de l'histoire.
:Sur le moment, on ne s'en est pas rendu
compte, dans le contentement de voir cesser
'la tuerie, puis dans la joie de la victoire.
Mais il est malheureùsement certain, au
jourd'hui, que la cessation prématurée des
hostilités, avant le désastre final réservé à
l'Allemagne vaincue, fut cause, en grande
partie, des difficultés terribles où nous nous
débattons aujourd'hui. L'erreur qui a pesé
sur l'armistice est du même ordre que celle
qui a pesé sur, la paix. Cette erreur consiste
là Jroire qu'il "est original et utile d'en
freindre les'principes qui règlent immémo-
rialement la . conduite des vainqueurs vis-à-
vis des vaincus, à la cessation des hostilités.
Hâtons-nous d'ajouter qu'enfreints quant à
ila France, ces principes essentiels ne l'ont
pas été quant à l'Angleterre. Nous avons
consenti, de plein'gré et sans raison, à nos
amis et alliés anglais,-le 11 novembre 1918,
un privilège et une préséance dont ils ne
devaient pas. tarder à abuser. . .
« En effet, aux termes de l'armistice,
l'Allemagne a fait remise à l'Angleterre de
toute sa flotte de guerre, qui constituait
pour celle-ci une menace. Au lieu que les
armées allemandes vaincues ont pu rentrer
dans leur pays, avec leurs armes et leurs
bagages, et recevoir de la population un
accueil aussi chaud et, par endroits, aussi
.enthousiaste que si elles avaient été victo
rieuses. Les conséquences, d'abord morales,
puis matérielles, d'une telle erreur se sont
rapidement développées. L'Allemand, qui
ne comprend que la force, a pris en consi
dération l'Anglais, lequel savait , profiter de
la victoire, et en mépris le Français, qui
connaissait seulement l'art de vaincre. De
son côté, l'Anglais s'est dit que l'Allemand
ne devait pas être seul à bénéficier du lais
ser aller d'une si bonne poire. Ce fut l'ori
gine d'une subajternité que le gouverne
ment de l'indigne Briand, valet éloquent de
la finance anglaise, faillit transformer, vers
1921, en tutelle. En politique, celui qui ne
sait pas agir conformément à ses intérêts, ni
défendre ses droits, est rapidement foulé
aux pieds.
« L'armistice, comme son nom l'indique,
donne le ton à. la paix qui suivra. Aussi
certaines stipulations, contenues dès la sus
pension d'armes dans son formulaire, amor
cent-elles très heureusement la paix, en dé
courageant par avance le vaincu. €e fut-
une 1 faute d'un autre genre, et lourde, que
Ide ne pas imposer immédiatement à l'em
pire allemand abattu une indemnité de plu
sieurs milliards de marks-or, qu'il avait le
moyen de payer avant toute évasion de ca
pitaux. On raconte que l'Etat allemand s'y
attendait et qu'il'fut très heureusement sur
pris qu'il ne fût exigé de lui rien de tel.
P'une semblable omission) Clemenceau a
essayé de rejeter la faute sur les négocia
teurs militaires de l'armistice. Mais il est
fcien évident qu'un armistice est un acte
politique, dont les chefs de3 Etats " signa
taires Sont responsables. Grande était la
Bagesse de la Rome antique, qui confondait
les deux pouvoirs dans les personnes pro
consulaires des négociateurs de l'armistice,
comme il arriva pour. Sylla en présence de
JMithridate, après que celui-ci eut été vaincu
à Ghéronée et à-Orchomène;
« Les moyens matériels de la guerre
changent avec les temps. Mais les grandes
Règles, qui président à la cessation des hos
tilités et à la paix, ne changent pas ni ne
se transforment. C'est ainsi qu'une nation
pe se reconnaît vaincue que si elle a vu son
iennemi occuper, en armes , sa capitale poli
tique et fouler ses rues de son talon. Que
Perlin, aussitôt après la signature de l'ar
mistice, ait été dispensée de'la visite du
maréchal Foch, voilà qui semble incom
préhensible, voilà' ce que nous avons payé
cher, voilà ce que nous n'avons pas fini de
payer. L'idéologie romantique et funeste
commune à MM. Clemenceau, Wilson et
Lloyd George, a sans doute imaginé que
cette dérogation à la règle et à l'usage ins
pirerait à l'Allemagne vaincue quelque re
connaissance et faciliterait I ï reprise ulté
rieure des rapports normaux. C'est le con
traire qui s'est produit et qui ne pouvait
ne pas se produire. L'Allemand a conclu,
de cette mansuétude inattendue, que la vic
toire des Allies était incomplète, plus ver-
bals que réclie, et qu'ils avaient eu peur
d'occuper Berlin, voire d'entrer à Berlin.
« Les bévues commises à l'armistice ap
paraissent ainsi comme assez voisines de
celle, tristement fameuse, qui consista à
faire recaler, de dix kilomètres,nos troupes
de couverture, au début des hostilités. Il
s'agissait alors de donner au monde une
preuve ■ de notre non-agressivité. Si nous
AYÎoqs été battus sur l;i' Marne, le mondef
morer le cinquième anniversaire de l'ar-
fait, le samedi 10 novembre, dans tous les
et écoles, primaires, une brève leçon sur
ne nous aurait su aucun gré de cette ab
surde et périlleuse démonstration. On ap
prit plus tard que la mesura, imposée par
Jaurès et les socialistes français à ce triple
veau de Viviani, alors président du Conseil,
avait été inspirée aux socialistes français
par leurs collègues sozialdemokrats alle
mands, soufflés eux-mêmes par le grand
état-major berlinois. De même si nous lais
sions, le 11 novembre, aux Allemands vain
cus, leurs armes et bagages, ainsi que leurs
insignes, c'était pour étonner l'univers par
notre magnanimité. Or, ce qui l'étonna, ce
fut notre candeur.
« Quant à l'argument qui consiste à dire
qu'il avait déjà coulé trop de sang, au 11
novembre, pour risquer d'en faire couler
davantage, en prolongeant de quelques
jours les hostilités, il suffit de lui opposer
cette remarque : beaucoup plus de sang
risque de couler dans la guerre de revanche
allemande, dont nous voyons présentement
les préliminaires, et qu'un Sedan allemand
nous eût épargnée.
Léon DAUDET
Député de Paris.
Demain, la suite de notre enquête sur la
Vie chère.
LcmonumentdePIateau
sera inauguré
dimanche 11 novembre
Ainsi. que nous l'avons annoncé, c'est
après-demain, 11 novembre, qu'aura lieu,
au cimetière de VaugiraM, la bénédiction
solennelle-et l'inauguration du monument,
œuvre de Maxime Real del Sarte, élevé à
la mémoire de nôtre héroïque ami.
;En choisissant "cette 'date 4 a no
vembre, l'Action française et lès Camelots
du Roi ont voulu souligner le caractère
national de cette, commémoration. C'est le
héros de la guerre, lé magnifique combat
tant de Port-Fontenoy, titulaire d'une des
plus belles citations, dé l'arméé française,
que nos amis et tous les bons Français sont
invités à célébrer dimanche prochain, et
c'est aussi le secrétaire général de la Ligue
d'Action française et des Camelots du Ëoi,
le chef civil' de nos luttes patriotiques',
frappé à son poste de combat par une
meurtrière qui, constate l'acte officiel
d'accusation, voulait punir l'Action fran
çaise jugée par elle responsable de la ré
cente occupation de la Ruhr qu'elle quali
fiait « d'agression française contre P Alle
magne ».
Plus nombreux encore qu'aux funé
railles inoubliables du 27 janvier, les li
gueurs et les patriotes recueillis se grou
peront derrière le drapeau et les fanions
de l'Action française et escorteront en
foule les couronnes qui, au jour anniver
saire de la Victoire, iront témoigner à Ma-
rius Plateau, ouvrier et martyr de la Re-,
naissance nationale, la gratitude des Fran
çais et leur piété à son souvenir.
Le point de rassemblement
Nous avions indiqué à nos amis, com
me lieu de rassemblement général, l'ave
nue de La Motte-Picquet,devant l'Ecole mi
litaire. La Préfecture de police a soulevé
des objections contre notre choix. Elle
estimait que ce point était trop éloigné
du cimetière de Vaugirard et qu'en nous
autorisant à parcourir une si longue dis
tance avec un cortège qui n'était pas ce
lui d'un enterrement, elle créerait un
précédent dont pourraient's'autoriser plus
tard des groupements d'un esprit tout dif
férent.
Nous - n'avons pas admis cette assimila
tion entre l'hommage rendu à un martyr
de la Patrie et les manifestations des anti
patriotes. D'ailleurs, en fait de précédent,
il y en avait un, fameux, dans la manifes
tation Jaurès, en mars 1919. Enfin, en pla
çant notre rendez-vous, non au centre de
la ville, mais à l'entrée du faubourg, au
point qui, sous tous les rapports, favori
sait le miéizx une concentration, nous
avions été fort raisonnables.
Toutefois, pour ne créer aucuzP trouble
en cette journée sacrée du 11 novembre
et pour garder à notre pieuse commémo
ration là dignité qui lui convient, nous
nous sommes inclinés. C'est donc d'ac
cord avec la Préfecture de police que
nous avons rapproché du cimetière le
point de départ du cortège. On se rassem
blera
Dimanche à deux heures
RUE LECOURBE
au croisement de la rue Péclet
Tout près de ce point se trouve la sta
tion du Nord-Sud Place de Vaugirard et de
nombreuses lignes de ■ tramways et d'au
tobus y passent également. Nous les indi
querons demain.
. On trouvera aussi, dans liotre numéro de
demain, l'indication précise des rendez-
vous donnés, dans cet axe, à nos divers
groupes, qui se réuniront autour de leurs
drapeaux, leurs fanions ou leurs couron
nes. Drapeaux et fanions seront cravatés
de crêpe.
En raison de l'exiguïté du cimetière de
Vaugirard, le cortège ne pourra y péné
trer, mais il défilera devant la porte, en
présence de la famille de Marius Plateau
et des Comités directeurs de l'Action fran
çaise. Seuls entreront, avec les présidents
des seçtions et des groupes, les porteurs
de drapeaux, de fanions et de couronnes,
et les personnes à qui une carte spéciale
aura été remise à cet effet.
LA POLITIQUE
I. M. Herriot au pilori
Les radicaux patriotes sont dans la
consternation. Par réflexe de défense et
d'honnêteté, ils doutent. Versons donc aux
débats la déclaration formelle d'un té
moin. Dans le Télégramme de Toulouse
du 6 novembre, M. Cuvilliez a raconté la
scène :
• « A Toulouse, il y eut dimanche un so
lennel meeting radical... Deux orateurs
principaux u furent entendus, M. Herriot,
grand chef au parti radical et radical so
cialiste, M. Renaud Jean", député de Lot-
et-Garonne, l'un des plus actifs parmi les
propagandistes du parti communiste. Le
second, qui n'était pas au programme,
apporta au premier une contradiction vio
lente et passionnée. La controverse mon
ta à un tel diapason que les observateurs
de sang-froid purent croire que dans la
salle et sur la scène on allait en venir aux
mains. Il n'en fut heureusement rien...
« Néanmoins l'observateur de sang-
froid était tenté de se dire : « Qu'on pense
« des radicaux tout, ce que l'on voudra,
« malgré, leurs complaisances pour les
« socialistes plus ou moins roses, ils ne
« veulent rien avoir de commun avec les
« communistes ; une infranchissable bar-
« rière les sépare des fauteurs de désor-
« dre. »
« Mais, les discours finis, l'évacuation
de la salle commencée, si l'observateur
de sang-froid s'était approché de la rampe
devant laquelle M. Herriot se démenait,
il aurait entendu le chef du parti radical
et radical socialiste apostropher ainsi un
interlocuteur communiste ■ ; ...
« VOUS DEVRIEZ AVOIR HONTE DE
« ME TRAITER AINSI A TOULOUSE,
« LE JOUR MEME OU, A PARIS, JE
« FAIS VOTER POUR MIDOL 1 »
« Et l'observateur'de sang-froid, devant
ce Tu quoque, aurait pris sa tête entre
ses mains et se serait demandé s'il rêvait
ou plus simplement si les chefs dû-radi
calisme et du communisme n'étaient pas
une bande d'histrions, venus « de mè
che » à Toulouse pour donner la comé
die au peuple souverain !...
« Car M. Herriot l'a prononcée .cette
phrase malheureuse • et révélatrice,' cette
phrase après laquelle il ne reste rien de
son discours savamment dosé, de ses dé
clarations habilement patriotiques ! Nous
le mettons au défi de la démentir. »
Il est trop tard pour que M. Herriot
relève utilement- le défi. ' C'est .donc -par
son ordre que M. Crabol s'est désisté en
faveur du communiste Midol. C'est par en
haut qu'a commence la collusion scélé
rate. Le grand chef du radicalisme qsi,
naguère, disait que la France avait 4 soif
de probité », et qui ..déclarait solennel
lement au dernier congrès' radical, . qu'il
ne pouvait rien y avoir de commun entre
ses amis et les sectateurs de Lénine, M.
Herriot, régent du Bloc des gauches aux
lieu et place de Caillaux, a reculé, capi
tulé, abdiqué ; il a trahi sa parole ; chose
plus, grave, il a trahi la France : par sa
faute, quelques bourgeois dévoyés ont
donné ou donneront à Moscou, à Berlin,
l'appoint de la moitié des voix « répu
blicaines ».
II. (( Comment,
vous^ un intellectuel ? » -
Le bon Gaulois Devant cette révéla
tion, croyez-vous qu'il s'insurge .? Il ne
songe qu'au salut du pécheur. Il ser
monne :
« M. Herriot, M. Painlevé sont des hom
mes cultivés, des intellectuels, qui rai
sonnent souvent faux, mais tout de même
qui ont des clartés sur le monde et qui
traitent comme nous d'utopies le commu
nisme, le partage de la propriété et toutes
les nuées du ciel soviétique. »
Herriot, Painlevé, des hommes culti
ves ! des intellectuels 1 Supposons pour
simplifier, que la bonne foi de ces deux
charlatans soit entière. Chassons même,
pour simplifier davantage, le second ter-
mie _ du premier 'membre, soit P. P. Pain
levé. Reste M. Herriot, que vous appelez,
non sans vraisemblance, un « intellec
tuel ». Où avez-vous vu que l'utopie naisse
jamais chez le paysan ou chez l'ouvrier,
devant la charrue ou devant l'établi ?
Ce qui peut naître là, en bas, au contact
des réalités, c'est la jalousie et la haine.
Mais l'idée fausse, l'idée qui vient orga
niser en machine de guerre ces basses
passions, c'est toujours un intellectuel
qui l'a forgée. D'où le Gaulois veut-il que
sortent les bombes, sinon des laboratoi
res ? et les sophismes, sinon du c.abinet
des intellectuels ? Au xvi" siècle, au
xvih " siècle, qui donc armait les payfcans
contre les « Burgs » d'Allemagne ou les
châteaux de France ? Luther, les philoso
phes. Qui donc, sinon Karl Marx, est res
ponsable de la mort de la Russie ? L'in
tellectuel, l'homme qui fait profession
d'idées, jette dans le monde les mauvaises
comme les bonnes, les mauvaises plus
souvent que les bonnes. Il serait à peine
paradoxal de dire que c'est dans la me
sure où M. Herriot n'est pas un intellec
tuel qu'il a des chances de distinguer
l'utopie de la vérité. Nous opposerions vo
lontiers ici « intellectuel ï - et « huma
niste ». Mais nous serions obligés, en
dépit du préjugé courant et des classifi
cations admises, de refuser ce titre à M.
Herriot. Et cela nous entraînerait trop
loin. .
M. Herriot, d'ailleurs, abuse de sa qua
lité d'intellectuel. Il y a quelques mois,
à son retour de Russie, nous l'entendîmes
faire une conférence au comité d'études
qui, tous les lundis, se tient dans les lo
caux de la Cour de .cassation et où tant
de discussions intéressantes ont lieu à
huis-clos. M. Herriot développait le y>lai-
do3 - er le plus partial, rendait le témoigna
ge le plus aveugle en faveur des bolche
viks. Comme quelques Russes de marque,
Milioukov, Makhlakov, le contredisaient,
M. Herriot se tournait à chaque instant
vers eux dans un grand geste d'humilité
accablée ; il semblait s'arracher le. cœur
des deux mains. « Messieurs, croyez-moi,
je suis allé là-bas, avec ma seule bonne
foi, en toute conscience... J'y suis allé
avec ce peu d'esprit critique "que je j)uis.
avoir... J'ai regardé avec ces méthodes
d'investigation qu'on m'a enseignées
jadis... ,»
Rien n'était gênant comme ces recours
perpétuels à « l'influence », à « l'auto
rité », cette façon d'écraser le contradic
teur de son prestige. Qui eût osé répon
dre à M.-Herriot : « Votre formation in
tellectuelle n'a rien à voir ici, ni vos
méthodes. Il s'agit de savoir si vous avez
vu autre chose que ce que vous avez voulu
voir ?» -
« L'intelligence », la .-« culture » véri
tables ont leur pudeur. Ce jour-là, nous
ne l'avons pas constaté chez M. Herriot.
Avis au Gaulois.
III. La défense des radicaux
« Notre confrère du Télégramme, de
Toulouse, ne s'est-il pas trompé ? A-t-il
bien entendu ? » demande l'Avenir.
« Notre confrère de Toulouse a mal en
tendu, » affirme désespérément le Radi
cal.
Mais, le .^ros.des patriotes de _g£iuche
il faut leur rendre celte justice que, st-a-clire MM. du Mcsn'il et Laùtiërî'a
' ' déjà évacué les premières lignes, et s'or
ganise sur d'autre négations. M. du Mesnil
se cramponne à un proverbe :
Tout doux. Une hirondelle ne fait pas
le printemps, et les quelques centaines
d'électeurs dévoyés de M. Crabol ne font
pas le parti radical.
M. Lautier préfère badiner :
Eh bien, les élections de communistes
à Paris, c'est une scie. Rien de plus, rien
"de moins. Tant pis pour ceux qui se frap
pent.
En d'autres termes, ça n'a aucune im
portance, soit qu'il faille voir dans ées
radicaux électeurs de Midol quelques iso-
lés, soit que. l'élection des communistes
grâce aux radicaux ne risque pas de deve
nir épidémique. -
■ -La • révélation du Télégramme déjoue
malheureusement cette belle tactique. L'or
dre de voter pour Midol est venu du
Grand -Chef, du Q.G., de M. Herriot ; cet
ordre a été suivi par plus de la moitié des
intéressés. Si Léon Daudet faisait voter
pour .Cachin et si la moitié des électeurs
parisiens lui obéissaient, M- du Mesnil
parlerait-il, « d'isolés » ?
Et comment M. Lautier ne rougit-il pas
de son sourirç ? Alors, sous prétexte que
les . dégâts natipnjiux seront limités et que
itesft avantages èlèctoraùx du parti radical
seront considérables, M. Lautier refuse'
de s'indigner outre mesure de l'expérience
Grabol-Midol ? Et cela « pour ne pas
faire le jeu des réactionnaires » ? Le rire
jaune de l'Homme libre n'enlève rien au
scandale, Ayant à faire triompher, en «ne
' heure grave, un républicain modéré ou un
communiste, M. Herriot, héritier des Cail
laux et, des Malvy a choisi le communiste.
Peu importe que la tactique soit ou non
généralisée : limitée aujourd'hui, elle peut,
* d'une minute à l'autre, sévir sur toute la
France : Sacrifier le principe, c'est dire,
d'avance, qu'on sacrifice tout.
TV. La défense de la République
Aussi bien MM. Lautier et du Mesnil
semblent-ils prêts à évacuer encore cette
position. Mais ce sera tout. Sur la troi-
siëmè ligne, la République même est en
jeu, et l'on se battra comme des lions. On
s'y bat déjà...
Et l'on s'y bat par la faute de ce bêta
de P.-P. Painlevé : ne justifiait-il pas, l'au
tre soir, le bloc radical-communiste par
l'exemple des grandes coalitions qui, par
deux ou trois fois, « ont sauvé » déjà
la République 1 M. du Mesnil a senti le
danger :
, « Si la doctrine politique des 363 com
portait des nuances, tous du moins étaient
fortement unis par ce lien solide : l'amour
de la patrie et le respect d,e l'ordre répu
blicain. On ne comptait, dans leurs rangs,
ni internationalistes acceptant la consigne
de l'étranger, tii révolutionnaires provo
quant l'anarchie, fourrière de dictature. »
Voire ! Un . Gambetta, un Clemenceau
(« le Clemencau d'alors » comme disait
P.-P. Painlevé) n'étaient peut-être pas des
« internationalistes », ni des « révolution
naires », mais l'un, manié par Bismarck,
enlisait la France dans l'anticléricalisme
le plus stérile, l'autre la désarmait par les
premières vexations contre les officiers.
Tout cela n'est pas très « national ». Et
puis, quelle différence y a-t-il' entre un
du Mesnil et un Vaillant-Couturier, sinon
que, d'accord sur les principes (égalité,
liberté et tout l'arsenal de nos trisaïeuls),
l'un veut s'arrêter à mi-chemin des con
séquences, et que l'autre prétend les dé
rouler jusqu'au bout ?
Le socialisme hier, le communisme au
jourd'hui, n'a été ou n'est que la formule
la-plus logique, donc la plus absurde, d'un
système qui repose sur des principes faux.
Certes nous préférons de beaucoup l'il
logisme de M. du Mesnil à la logique meur
trière des communistes. Mais, puisqu'il
s'agit de classer les coalitions en « natu
relles » et en « monstrueuses », et qu'il
s'agit de coalitions « républicaines », la
formule « radicaux-socialistes-communis-
tes » nous semble aussi bien bâtie que la
formule centre-gauche-radicaux des 3G3,
ou la formule radicaux-socialistes du ré
gime abject. Mais comme, de toute éviden
ce, le succès des communistes tuerait la
France, il faut bien que la formule pèche
par ailleurs. Que M. du Mesnil cherche
bien. Il verra que seules les « coalitions
de patriotes » échappent a ce vice. S'il
ne veut à aucun prix se. détacherpatrie, qu'il ne noue pas sa ccf.'itiori au
tour de l'idée de république : Comme ces
malheureux que le brigand grec liait à
deux arbres en sens contraire, la coali
tion se romprait en perdant lamentable
ment ses entrailles. Mais au fait, n'est-ce
pas là le sort du Bloc national républi
cain '?
V. Ce n'est pas de jeu 1
Le Temps, sans souci de logique, a hon
nêtement et vigoureusement réagi.au dé
sistement de M. Crabol. Mais quel bel
exemple de « déformation » républicaine !
Voici la somnvation que le Temps adresse
aux radicaux :
« A la veille de la rentrée du Parle
ment, à l'avant-veille des élections séna
toriales et législatives, celte intolérable
équivoque doit cesser. Si les radicaux-so-
cialistes, dans les débats et dans les scru
tins de politique générale qui vont, qui
doivent, s'ouvrir à la Chambre à la ren
trée, sont avec le gouvernement, qu'ils ail
lent jusqu'au bout, jusqu'à la rupture avec
les socialistes. S'ils veulent être avec les
socialistes, il leur faut sortir de la majo
rité gouvernementale. »
Il leùr feiut sortir... ? Pourquoi donc ?
Parce que cela fausse la règle du jeu ?
Mais s'ils trouvent avantage à être avec
M. Poincaré à la Chambre, au Sénat et
dans les Conseils généraux, pendant qu'ils
font voter pour les communistes à la Santé
et au Havre, au nom de quel texte consti
tutionnel interdirez-vous la manœuvre ?
Le Temps ne voit pas que le grand rite
du régime, le vote au Parlement n'a plus
de valeur en soi. Aussi est-il faussé par
tous les bouts. En juin dernier, les répu
blicains ont pensé qu'ils chasseraient les
royalistes de la majorité nationale en insé
rant un relent de loi laïque dans un ordre
du jour de confiance ; les royalistes ont
passé outre : la plus noble cause était
•en jeu ; comment' auraient-ils voté coq-
tre la Ruhr par crainte d'un épouvàntail
de papier ?
Aujourd'hui, les mêmes républicains
voudraient secouer les parasites radicaux,
qui ne s'associent à la majorité que pour
lui voler le mérite de la Ruhr et du Rhin.
Le malheur, c'est que les règles du jeu
n'ont plus de prestige : les esprits mes
quins et la majorité s'en servent pour ten
dre de vains pièges aux patriotes de
Droite ; qu'ils rie s étonnent pas de voir
les mauvais Français de Gauche en abu
ser à leur tour.
Le re.mède n'est pas là. Les radicaux
suivront, en tout, sans souci de probité ou
de contradiction, leur intérêt. C'est à
M. Poincaré, devant les députés ou devant
un monument aux morts, de leur dire
quelques uns de ces mots qui commandent
le divorce.
Par intérim : G. D.
ECHOS
LES FAITS DU JOUR
— A Munich, Hitler, au cours d'une réu
nion donnée par M. von Kahr, envahit la
salle avec ses hommes èt annonce que Lu-
dendorff prend le pouvoir.
— L'archevêque de Bordeaux publie une
déclaration sur tes assemblées diocésaines.
—- Grave explosion au Morite-Guànby 'près
de Gênes.
Le gouvernement français publie sa
dernière note à la Suisse au sujet des zones
franches.
— Les séparatistes rhénans se sont empa
res fa Neustadt.
LES CHOSES ET LES GENS
Nous recevons de M. Mamelet, secrétaire géné
ral du « Parti républicain démocratique et so
cial », une lettre dans laquelle il nous déclare que
le sous-préfet Crabol, candidat à l'élection de la
Santé,, n'appartient pas au parti que préside M.
Jonnart. Nous enregistrons bien volontiers cette
rectification.
Mais pourquoi M. Mamelet croit-il devoir pro
fiter de l'occasion pour lancer un petit manifeste :
« Il y a bien eu, écrit-il, un membre de nôtre
comité directeur mêlé à l'élection de la Santé.
Mais' il ne s'appelle pas Crabol ; il s'appelle
Montillot.
« Sur le nom de Montillot, c'est le parti répu
blicain démocratique et social qui, à quatre élec
tions successives, a mené la lutte contre le com
munisme et ses fourriers. Et il continuera, croyez-
le. Quel est le parti qui . peut se flatter d'un tel
effort ?»
' Quel est le parti qui peut se glorifier de quatre
défaites successives sur le nom du même candidat?
Evidemment, c'est peut-être un record 1
* +
■ On lit en première page du Mal vendu :
« Avant-hier, le Mal vendu a été tiré à 198.000
exemplaires ; hier le Mal vendu, a été tiré à
200.650 exemplaires ; aujourd'hui, ' le Mal vendu
est tiré a 201.250 exemplaires. »
Ce qui est surprenant c'est que le tirâge n'ait
pas monté davantage avec le procédé de vente ^ue
nous avons indiqué : la distribution, à la porté
des Métros, pour la somme de quinze centimes,
d'un numéro du Mal vendu, auquel est joint en
piime un ticket du Métro, lequel, au guichet, coûte
six sous.
Mais si le Mal vendu nous avait consultés, notre
service statistique lui aurait fourni les chiffres
suivants :
« Dans la journée de lundi, les entrées aux sta
tions du métropolitain ont augmenté de 2.650.
On prévoit pour la journée de mardi une nouvelle
augmentation de 600 voyageurs. »
Ne doutons pas que cette recrudescence de voya
geurs ne soit due à la générosité du Mal vendu.
Mais, encore une fois, on aimerait à savoir avec
quel argent il la fait.
* ♦
Une autre fois, Gambetta, plaidant pour lui,
l'avait comparé à Voiture. « Monsieur, lui dit Bar
bey, vous avez plaidé comme un fiacre. »
r # ♦
Apercevant une « impure » de marque qui s'ap
prêtait à descendre de voiture, Barbey d'Aurevilly
se précipite à sa rencontre, lui offre le bras, la
conduit jusqu'au milieu du trottoir, et là, après
s'être incliné jusqu'à terre : « Madame, vous êtes
chez vous ! »
* * .
Il ne tremblait ni ne se démontait facilement.
Un soir, dinant en ville et n'y voyant plus clair,
il prend un morceau de poularde pour du pain et
le place à côté de son assiette sur la nappe. Puis,
s'apercevant de sa méprise : « Dans nos dîners de
chasse, en Normandie, c'est ainsi que nous avions
coutume de nous servir ».
' * *
Vins. — Nous invitons nos anciens et futurs
clients à prendre connaissance en 4° page des
nouveaux prix de nos bons crus.
Auzière-Giran et Cie. à Beauvoisin (Gard».
♦ *
Regardez, que fait-elle là ?
Disait, lorgnant une Mazda,
Un beau diamant caucasien,
Vraiment, ' elle ne sert à lien.
Si le jour - tu fais belle mine,
Répond la perle,, sa voisine
A la nuit tu meurs tristement.
Et, pour faire fleurir ton prisme,
Qui te verse, sans égoïsme.
La lumière, ton élément ?.
LA FMNCE'ET LA DICTATURE
EN ALLEJIAGSVE
Notre ambassadeur à Berlin a été chargé
de faire savoir, le cas échéant, au chancelier
Stresemann, que* la France ne verrait pas
d'un œil favorable l'établissement d'une
dictature en Allemagne. La démarche n'a
pas été faite, mais, la nouvelle ayant été
publiée à Paris par un journal officieux du
soir, c'est exactement comme si M. de Mar-
gerie s'était acquitté de sa mission. On en
comprend d'ailleurs assez mal l'objet, étant
donné que, s'il y a en Allemagne les appa
rences d'un gouvernement légal, une dicta
ture militaire représentée par sept généraux
existe déjà de fait. Quoi qu'il en soit, il est"
nécessaire d'examiner lés effets que peut
produire l'avertissement du gouvernement
français et les circonstances au milieu dés-
quelles il est tombé.
Quand on observe sans idée préconçue
les événements d'Allemagne,, on est conduit
à se demander si le mouvement vers la
droite, qui s'est manifesté avec une netteté
incontestable, réussira à se traduire par la
formation d'un gouvernement régulier. La
substitution du Rentenmark au mark-papier
ne donne aucun résultat. Jusqu'à présent,
l'impuissance politique est à peu près la
même.
Si l'on prend en considération la situa
tion parleméntaire, elle se résume par le
fait que la grande coalition a cessé d'exis
ter. Les social-démocrates sont sortis du
ministère. Ils se sont compromis avec le
communisme en prenant parti pour le gou
vernement saxon et ils ont été vaincus avec
lui. Le chancelier Stresemann devient donc
prisonnier des nationalistes, car il faut bien
qu'il s'appuie sur quelqu'un. ! "
Cependant il y a un élément de la situa*
tion qu'on néglige ou qui échappe parce
que la complexité des affaires germaniques
est toujours trop grande pour qu'il soit fa
cile d'en retenir l'ensemble. On parle de là
Bavière, de la Saxe, du Reich. On oublie là
Prusse. Or, la Prusse, qui représente le»
deux tiers de l'Allemagne, a nn gouverne-.
ment distinct du gouvernement d'Empire. Ët
ce gouvernement, qui a été quelque temps
conservateur avec Stegerwaid, ,est eij ce
moment-ci social-démocrate avec Severing.
La coalition qui vient de, se dissoudre^ au
Reichstag subsiste à la Chamhre prussienne
et au ministère prussien. Il faudrait donc,
pour que l'opération de droite fût complète
et sûre, renverser Severing ou avoir la cer
titude de le renverser. Par un curieux ren
versement des rôles, c'est la Prusse en çe
moment qui est le rempart de la République
en Allemagne, de même que le général Von
Seeckt, le chef de la Reichswehr, est consi
déré, à tort ou à raison, comme l'adversaire
d'un coup d'Etat. ;
Le chancelier Stresemann reste mysté
rieux parmi ces contradictions. Son attitude
est aussi bien celle d'un homme qui a des
projets et qui sait où il va que celle d'un
homme embarrassé. Nous croyons plutôt
qu'il y a lieu de pencher pour la seconde
hypothèse. D'ailleurs, la droite, au moment
où il semble qu'elle n'ait qu'à étendre la
main pour s'emparer du pouvoir, trahit une
certaine perplexité. Que ferait-elle si elle
était maîtresse du Reich ? Elle n'a pas l'air
de très bien le savoir. Ce qui fait sa force,
c'est qu'elle s'appuie sur les agriculteurs
qui tiennent entre leurs mains la nourriture '
de l'Allemagne. Si la droite gouvernait, elle
aurait à sa charge plus de 40 millions de
bouches ouvrières. Forcerait-elle les cam
pagnes à ravitailler, les villes ou bien, par
la menace de la famine, tiendrait-ëlle les' 1
villes à sa discrétion?
Helfferich, le théoricien du parti, n'a qui
des idées fort vagues. Son mark-seigle, qui
valait le Rentenmark, a été enterré. On lui
prête le projet, s'il arrivait au pouvoir,
d'abandonner totalement les pays occupés,
dans le calcul que la France n'arriverait pas
à administrer une population aussi nom
breuse, à lui assurer des vivres et une mon
naie. Pendant ce temps, l'Allemagne repliée
sur elle-même se renforcerait et attendrait
le moment favorable, celui où nous serions
aux prises avec d'insurmontables difficul
tés. Bref, Helfferich ferait exactement le
contraire de Cuno, ce qui, pour l'Alle
magne, ne vaudrait pas mieux.
Si cette politique du désespoir, si ce ros-
topehinisme sont tout ce que la droite con
çoit, c'est peu, et c'est le signe qu'elle n'a
pas non plus la formule du salut de l'Alle
magne, la clef, le « Sésame ouvre-toi » du
relèvement. Les coups de tête et les coups
de folie, comme la dénonciation du traité
de Versailles, la levée en masse et la guerre,
ne sont pas non plus des solutions, à moins
que périr'en soit une, comme disait un de
nos doctrinaires d'autrefois. 11 semble donc
qu'en dépit de convulsions, même violentes;
et de soubresauts, même passionnée, le gra
buge allemand, ne soit pas près de finir. M.
Stresemann pourrait même se consolider
par l'espoir d'un secours matériel venu
d'Angleterre ou d'Amérique. L'avertissement
d'hier contribuer a-t-il à son maintien ou i
sa chute? C'est ce que nous verrons.
Jacques B AIlWIL LLE
Vendredi 9 Novembre 1923
|5 cent.
Seine ei Seinâ-et -OUi.
20
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u Tout ce qui est national est notre, »
Le Duc d'ORLÉANS
héritier dos quarante Rois qui en mille ans flrent la France.
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L'occasion
« Nous avons une occasion unique de fairç la
France grande ; il ne faut pas la laisser échapper.
Il y a huit siècles que pareille occasion né s'eisi
rencontrée. On peut perdre une bataille, une
guerre : on n'a pas le droit dè nç pas profiter de
sa victoire, surtout lorsque celle-ci a été complète
et décisive. »
Paroles de M. Paul CAM BON, ambassadeur
à Londres, prononcées en 191.9 et rappor
tées par M. Louis Marcellin.
L'occasion a p eut-être un dernier cliev'eu [:'é
hâtons-nous de le saisir !
La leçon de l'Armistice
Pour commê
mistice, H sera •
. ' .lycées, collèges
l'armistice.
Si j'avais la charge de faire une sem
blable leçon, le 11 novembre de cette an
née, voici à peu près ce que je dirais :
« Mes chers enfants,
« L'armistice du 11 novembre, qui a
mis fin à une lutte immense, où dix-sept
cent mille Français ont péri, fut sans doute
une des plus grandes duperies de l'histoire.
:Sur le moment, on ne s'en est pas rendu
compte, dans le contentement de voir cesser
'la tuerie, puis dans la joie de la victoire.
Mais il est malheureùsement certain, au
jourd'hui, que la cessation prématurée des
hostilités, avant le désastre final réservé à
l'Allemagne vaincue, fut cause, en grande
partie, des difficultés terribles où nous nous
débattons aujourd'hui. L'erreur qui a pesé
sur l'armistice est du même ordre que celle
qui a pesé sur, la paix. Cette erreur consiste
là Jroire qu'il "est original et utile d'en
freindre les'principes qui règlent immémo-
rialement la . conduite des vainqueurs vis-à-
vis des vaincus, à la cessation des hostilités.
Hâtons-nous d'ajouter qu'enfreints quant à
ila France, ces principes essentiels ne l'ont
pas été quant à l'Angleterre. Nous avons
consenti, de plein'gré et sans raison, à nos
amis et alliés anglais,-le 11 novembre 1918,
un privilège et une préséance dont ils ne
devaient pas. tarder à abuser. . .
« En effet, aux termes de l'armistice,
l'Allemagne a fait remise à l'Angleterre de
toute sa flotte de guerre, qui constituait
pour celle-ci une menace. Au lieu que les
armées allemandes vaincues ont pu rentrer
dans leur pays, avec leurs armes et leurs
bagages, et recevoir de la population un
accueil aussi chaud et, par endroits, aussi
.enthousiaste que si elles avaient été victo
rieuses. Les conséquences, d'abord morales,
puis matérielles, d'une telle erreur se sont
rapidement développées. L'Allemand, qui
ne comprend que la force, a pris en consi
dération l'Anglais, lequel savait , profiter de
la victoire, et en mépris le Français, qui
connaissait seulement l'art de vaincre. De
son côté, l'Anglais s'est dit que l'Allemand
ne devait pas être seul à bénéficier du lais
ser aller d'une si bonne poire. Ce fut l'ori
gine d'une subajternité que le gouverne
ment de l'indigne Briand, valet éloquent de
la finance anglaise, faillit transformer, vers
1921, en tutelle. En politique, celui qui ne
sait pas agir conformément à ses intérêts, ni
défendre ses droits, est rapidement foulé
aux pieds.
« L'armistice, comme son nom l'indique,
donne le ton à. la paix qui suivra. Aussi
certaines stipulations, contenues dès la sus
pension d'armes dans son formulaire, amor
cent-elles très heureusement la paix, en dé
courageant par avance le vaincu. €e fut-
une 1 faute d'un autre genre, et lourde, que
Ide ne pas imposer immédiatement à l'em
pire allemand abattu une indemnité de plu
sieurs milliards de marks-or, qu'il avait le
moyen de payer avant toute évasion de ca
pitaux. On raconte que l'Etat allemand s'y
attendait et qu'il'fut très heureusement sur
pris qu'il ne fût exigé de lui rien de tel.
P'une semblable omission) Clemenceau a
essayé de rejeter la faute sur les négocia
teurs militaires de l'armistice. Mais il est
fcien évident qu'un armistice est un acte
politique, dont les chefs de3 Etats " signa
taires Sont responsables. Grande était la
Bagesse de la Rome antique, qui confondait
les deux pouvoirs dans les personnes pro
consulaires des négociateurs de l'armistice,
comme il arriva pour. Sylla en présence de
JMithridate, après que celui-ci eut été vaincu
à Ghéronée et à-Orchomène;
« Les moyens matériels de la guerre
changent avec les temps. Mais les grandes
Règles, qui président à la cessation des hos
tilités et à la paix, ne changent pas ni ne
se transforment. C'est ainsi qu'une nation
pe se reconnaît vaincue que si elle a vu son
iennemi occuper, en armes , sa capitale poli
tique et fouler ses rues de son talon. Que
Perlin, aussitôt après la signature de l'ar
mistice, ait été dispensée de'la visite du
maréchal Foch, voilà qui semble incom
préhensible, voilà' ce que nous avons payé
cher, voilà ce que nous n'avons pas fini de
payer. L'idéologie romantique et funeste
commune à MM. Clemenceau, Wilson et
Lloyd George, a sans doute imaginé que
cette dérogation à la règle et à l'usage ins
pirerait à l'Allemagne vaincue quelque re
connaissance et faciliterait I ï reprise ulté
rieure des rapports normaux. C'est le con
traire qui s'est produit et qui ne pouvait
ne pas se produire. L'Allemand a conclu,
de cette mansuétude inattendue, que la vic
toire des Allies était incomplète, plus ver-
bals que réclie, et qu'ils avaient eu peur
d'occuper Berlin, voire d'entrer à Berlin.
« Les bévues commises à l'armistice ap
paraissent ainsi comme assez voisines de
celle, tristement fameuse, qui consista à
faire recaler, de dix kilomètres,nos troupes
de couverture, au début des hostilités. Il
s'agissait alors de donner au monde une
preuve ■ de notre non-agressivité. Si nous
AYÎoqs été battus sur l;i' Marne, le mondef
morer le cinquième anniversaire de l'ar-
fait, le samedi 10 novembre, dans tous les
et écoles, primaires, une brève leçon sur
ne nous aurait su aucun gré de cette ab
surde et périlleuse démonstration. On ap
prit plus tard que la mesura, imposée par
Jaurès et les socialistes français à ce triple
veau de Viviani, alors président du Conseil,
avait été inspirée aux socialistes français
par leurs collègues sozialdemokrats alle
mands, soufflés eux-mêmes par le grand
état-major berlinois. De même si nous lais
sions, le 11 novembre, aux Allemands vain
cus, leurs armes et bagages, ainsi que leurs
insignes, c'était pour étonner l'univers par
notre magnanimité. Or, ce qui l'étonna, ce
fut notre candeur.
« Quant à l'argument qui consiste à dire
qu'il avait déjà coulé trop de sang, au 11
novembre, pour risquer d'en faire couler
davantage, en prolongeant de quelques
jours les hostilités, il suffit de lui opposer
cette remarque : beaucoup plus de sang
risque de couler dans la guerre de revanche
allemande, dont nous voyons présentement
les préliminaires, et qu'un Sedan allemand
nous eût épargnée.
Léon DAUDET
Député de Paris.
Demain, la suite de notre enquête sur la
Vie chère.
LcmonumentdePIateau
sera inauguré
dimanche 11 novembre
Ainsi. que nous l'avons annoncé, c'est
après-demain, 11 novembre, qu'aura lieu,
au cimetière de VaugiraM, la bénédiction
solennelle-et l'inauguration du monument,
œuvre de Maxime Real del Sarte, élevé à
la mémoire de nôtre héroïque ami.
;En choisissant "cette 'date 4 a no
vembre, l'Action française et lès Camelots
du Roi ont voulu souligner le caractère
national de cette, commémoration. C'est le
héros de la guerre, lé magnifique combat
tant de Port-Fontenoy, titulaire d'une des
plus belles citations, dé l'arméé française,
que nos amis et tous les bons Français sont
invités à célébrer dimanche prochain, et
c'est aussi le secrétaire général de la Ligue
d'Action française et des Camelots du Ëoi,
le chef civil' de nos luttes patriotiques',
frappé à son poste de combat par une
meurtrière qui, constate l'acte officiel
d'accusation, voulait punir l'Action fran
çaise jugée par elle responsable de la ré
cente occupation de la Ruhr qu'elle quali
fiait « d'agression française contre P Alle
magne ».
Plus nombreux encore qu'aux funé
railles inoubliables du 27 janvier, les li
gueurs et les patriotes recueillis se grou
peront derrière le drapeau et les fanions
de l'Action française et escorteront en
foule les couronnes qui, au jour anniver
saire de la Victoire, iront témoigner à Ma-
rius Plateau, ouvrier et martyr de la Re-,
naissance nationale, la gratitude des Fran
çais et leur piété à son souvenir.
Le point de rassemblement
Nous avions indiqué à nos amis, com
me lieu de rassemblement général, l'ave
nue de La Motte-Picquet,devant l'Ecole mi
litaire. La Préfecture de police a soulevé
des objections contre notre choix. Elle
estimait que ce point était trop éloigné
du cimetière de Vaugirard et qu'en nous
autorisant à parcourir une si longue dis
tance avec un cortège qui n'était pas ce
lui d'un enterrement, elle créerait un
précédent dont pourraient's'autoriser plus
tard des groupements d'un esprit tout dif
férent.
Nous - n'avons pas admis cette assimila
tion entre l'hommage rendu à un martyr
de la Patrie et les manifestations des anti
patriotes. D'ailleurs, en fait de précédent,
il y en avait un, fameux, dans la manifes
tation Jaurès, en mars 1919. Enfin, en pla
çant notre rendez-vous, non au centre de
la ville, mais à l'entrée du faubourg, au
point qui, sous tous les rapports, favori
sait le miéizx une concentration, nous
avions été fort raisonnables.
Toutefois, pour ne créer aucuzP trouble
en cette journée sacrée du 11 novembre
et pour garder à notre pieuse commémo
ration là dignité qui lui convient, nous
nous sommes inclinés. C'est donc d'ac
cord avec la Préfecture de police que
nous avons rapproché du cimetière le
point de départ du cortège. On se rassem
blera
Dimanche à deux heures
RUE LECOURBE
au croisement de la rue Péclet
Tout près de ce point se trouve la sta
tion du Nord-Sud Place de Vaugirard et de
nombreuses lignes de ■ tramways et d'au
tobus y passent également. Nous les indi
querons demain.
. On trouvera aussi, dans liotre numéro de
demain, l'indication précise des rendez-
vous donnés, dans cet axe, à nos divers
groupes, qui se réuniront autour de leurs
drapeaux, leurs fanions ou leurs couron
nes. Drapeaux et fanions seront cravatés
de crêpe.
En raison de l'exiguïté du cimetière de
Vaugirard, le cortège ne pourra y péné
trer, mais il défilera devant la porte, en
présence de la famille de Marius Plateau
et des Comités directeurs de l'Action fran
çaise. Seuls entreront, avec les présidents
des seçtions et des groupes, les porteurs
de drapeaux, de fanions et de couronnes,
et les personnes à qui une carte spéciale
aura été remise à cet effet.
LA POLITIQUE
I. M. Herriot au pilori
Les radicaux patriotes sont dans la
consternation. Par réflexe de défense et
d'honnêteté, ils doutent. Versons donc aux
débats la déclaration formelle d'un té
moin. Dans le Télégramme de Toulouse
du 6 novembre, M. Cuvilliez a raconté la
scène :
• « A Toulouse, il y eut dimanche un so
lennel meeting radical... Deux orateurs
principaux u furent entendus, M. Herriot,
grand chef au parti radical et radical so
cialiste, M. Renaud Jean", député de Lot-
et-Garonne, l'un des plus actifs parmi les
propagandistes du parti communiste. Le
second, qui n'était pas au programme,
apporta au premier une contradiction vio
lente et passionnée. La controverse mon
ta à un tel diapason que les observateurs
de sang-froid purent croire que dans la
salle et sur la scène on allait en venir aux
mains. Il n'en fut heureusement rien...
« Néanmoins l'observateur de sang-
froid était tenté de se dire : « Qu'on pense
« des radicaux tout, ce que l'on voudra,
« malgré, leurs complaisances pour les
« socialistes plus ou moins roses, ils ne
« veulent rien avoir de commun avec les
« communistes ; une infranchissable bar-
« rière les sépare des fauteurs de désor-
« dre. »
« Mais, les discours finis, l'évacuation
de la salle commencée, si l'observateur
de sang-froid s'était approché de la rampe
devant laquelle M. Herriot se démenait,
il aurait entendu le chef du parti radical
et radical socialiste apostropher ainsi un
interlocuteur communiste ■ ; ...
« VOUS DEVRIEZ AVOIR HONTE DE
« ME TRAITER AINSI A TOULOUSE,
« LE JOUR MEME OU, A PARIS, JE
« FAIS VOTER POUR MIDOL 1 »
« Et l'observateur'de sang-froid, devant
ce Tu quoque, aurait pris sa tête entre
ses mains et se serait demandé s'il rêvait
ou plus simplement si les chefs dû-radi
calisme et du communisme n'étaient pas
une bande d'histrions, venus « de mè
che » à Toulouse pour donner la comé
die au peuple souverain !...
« Car M. Herriot l'a prononcée .cette
phrase malheureuse • et révélatrice,' cette
phrase après laquelle il ne reste rien de
son discours savamment dosé, de ses dé
clarations habilement patriotiques ! Nous
le mettons au défi de la démentir. »
Il est trop tard pour que M. Herriot
relève utilement- le défi. ' C'est .donc -par
son ordre que M. Crabol s'est désisté en
faveur du communiste Midol. C'est par en
haut qu'a commence la collusion scélé
rate. Le grand chef du radicalisme qsi,
naguère, disait que la France avait 4 soif
de probité », et qui ..déclarait solennel
lement au dernier congrès' radical, . qu'il
ne pouvait rien y avoir de commun entre
ses amis et les sectateurs de Lénine, M.
Herriot, régent du Bloc des gauches aux
lieu et place de Caillaux, a reculé, capi
tulé, abdiqué ; il a trahi sa parole ; chose
plus, grave, il a trahi la France : par sa
faute, quelques bourgeois dévoyés ont
donné ou donneront à Moscou, à Berlin,
l'appoint de la moitié des voix « répu
blicaines ».
II. (( Comment,
vous^ un intellectuel ? » -
Le bon Gaulois Devant cette révéla
tion, croyez-vous qu'il s'insurge .? Il ne
songe qu'au salut du pécheur. Il ser
monne :
« M. Herriot, M. Painlevé sont des hom
mes cultivés, des intellectuels, qui rai
sonnent souvent faux, mais tout de même
qui ont des clartés sur le monde et qui
traitent comme nous d'utopies le commu
nisme, le partage de la propriété et toutes
les nuées du ciel soviétique. »
Herriot, Painlevé, des hommes culti
ves ! des intellectuels 1 Supposons pour
simplifier, que la bonne foi de ces deux
charlatans soit entière. Chassons même,
pour simplifier davantage, le second ter-
mie _ du premier 'membre, soit P. P. Pain
levé. Reste M. Herriot, que vous appelez,
non sans vraisemblance, un « intellec
tuel ». Où avez-vous vu que l'utopie naisse
jamais chez le paysan ou chez l'ouvrier,
devant la charrue ou devant l'établi ?
Ce qui peut naître là, en bas, au contact
des réalités, c'est la jalousie et la haine.
Mais l'idée fausse, l'idée qui vient orga
niser en machine de guerre ces basses
passions, c'est toujours un intellectuel
qui l'a forgée. D'où le Gaulois veut-il que
sortent les bombes, sinon des laboratoi
res ? et les sophismes, sinon du c.abinet
des intellectuels ? Au xvi" siècle, au
xvih " siècle, qui donc armait les payfcans
contre les « Burgs » d'Allemagne ou les
châteaux de France ? Luther, les philoso
phes. Qui donc, sinon Karl Marx, est res
ponsable de la mort de la Russie ? L'in
tellectuel, l'homme qui fait profession
d'idées, jette dans le monde les mauvaises
comme les bonnes, les mauvaises plus
souvent que les bonnes. Il serait à peine
paradoxal de dire que c'est dans la me
sure où M. Herriot n'est pas un intellec
tuel qu'il a des chances de distinguer
l'utopie de la vérité. Nous opposerions vo
lontiers ici « intellectuel ï - et « huma
niste ». Mais nous serions obligés, en
dépit du préjugé courant et des classifi
cations admises, de refuser ce titre à M.
Herriot. Et cela nous entraînerait trop
loin. .
M. Herriot, d'ailleurs, abuse de sa qua
lité d'intellectuel. Il y a quelques mois,
à son retour de Russie, nous l'entendîmes
faire une conférence au comité d'études
qui, tous les lundis, se tient dans les lo
caux de la Cour de .cassation et où tant
de discussions intéressantes ont lieu à
huis-clos. M. Herriot développait le y>lai-
do3 - er le plus partial, rendait le témoigna
ge le plus aveugle en faveur des bolche
viks. Comme quelques Russes de marque,
Milioukov, Makhlakov, le contredisaient,
M. Herriot se tournait à chaque instant
vers eux dans un grand geste d'humilité
accablée ; il semblait s'arracher le. cœur
des deux mains. « Messieurs, croyez-moi,
je suis allé là-bas, avec ma seule bonne
foi, en toute conscience... J'y suis allé
avec ce peu d'esprit critique "que je j)uis.
avoir... J'ai regardé avec ces méthodes
d'investigation qu'on m'a enseignées
jadis... ,»
Rien n'était gênant comme ces recours
perpétuels à « l'influence », à « l'auto
rité », cette façon d'écraser le contradic
teur de son prestige. Qui eût osé répon
dre à M.-Herriot : « Votre formation in
tellectuelle n'a rien à voir ici, ni vos
méthodes. Il s'agit de savoir si vous avez
vu autre chose que ce que vous avez voulu
voir ?» -
« L'intelligence », la .-« culture » véri
tables ont leur pudeur. Ce jour-là, nous
ne l'avons pas constaté chez M. Herriot.
Avis au Gaulois.
III. La défense des radicaux
« Notre confrère du Télégramme, de
Toulouse, ne s'est-il pas trompé ? A-t-il
bien entendu ? » demande l'Avenir.
« Notre confrère de Toulouse a mal en
tendu, » affirme désespérément le Radi
cal.
Mais, le .^ros.des patriotes de _g£iuche
il faut leur rendre celte justice que, st-a-clire MM. du Mcsn'il et Laùtiërî'a
' ' déjà évacué les premières lignes, et s'or
ganise sur d'autre négations. M. du Mesnil
se cramponne à un proverbe :
Tout doux. Une hirondelle ne fait pas
le printemps, et les quelques centaines
d'électeurs dévoyés de M. Crabol ne font
pas le parti radical.
M. Lautier préfère badiner :
Eh bien, les élections de communistes
à Paris, c'est une scie. Rien de plus, rien
"de moins. Tant pis pour ceux qui se frap
pent.
En d'autres termes, ça n'a aucune im
portance, soit qu'il faille voir dans ées
radicaux électeurs de Midol quelques iso-
lés, soit que. l'élection des communistes
grâce aux radicaux ne risque pas de deve
nir épidémique. -
■ -La • révélation du Télégramme déjoue
malheureusement cette belle tactique. L'or
dre de voter pour Midol est venu du
Grand -Chef, du Q.G., de M. Herriot ; cet
ordre a été suivi par plus de la moitié des
intéressés. Si Léon Daudet faisait voter
pour .Cachin et si la moitié des électeurs
parisiens lui obéissaient, M- du Mesnil
parlerait-il, « d'isolés » ?
Et comment M. Lautier ne rougit-il pas
de son sourirç ? Alors, sous prétexte que
les . dégâts natipnjiux seront limités et que
itesft avantages èlèctoraùx du parti radical
seront considérables, M. Lautier refuse'
de s'indigner outre mesure de l'expérience
Grabol-Midol ? Et cela « pour ne pas
faire le jeu des réactionnaires » ? Le rire
jaune de l'Homme libre n'enlève rien au
scandale, Ayant à faire triompher, en «ne
' heure grave, un républicain modéré ou un
communiste, M. Herriot, héritier des Cail
laux et, des Malvy a choisi le communiste.
Peu importe que la tactique soit ou non
généralisée : limitée aujourd'hui, elle peut,
* d'une minute à l'autre, sévir sur toute la
France : Sacrifier le principe, c'est dire,
d'avance, qu'on sacrifice tout.
TV. La défense de la République
Aussi bien MM. Lautier et du Mesnil
semblent-ils prêts à évacuer encore cette
position. Mais ce sera tout. Sur la troi-
siëmè ligne, la République même est en
jeu, et l'on se battra comme des lions. On
s'y bat déjà...
Et l'on s'y bat par la faute de ce bêta
de P.-P. Painlevé : ne justifiait-il pas, l'au
tre soir, le bloc radical-communiste par
l'exemple des grandes coalitions qui, par
deux ou trois fois, « ont sauvé » déjà
la République 1 M. du Mesnil a senti le
danger :
, « Si la doctrine politique des 363 com
portait des nuances, tous du moins étaient
fortement unis par ce lien solide : l'amour
de la patrie et le respect d,e l'ordre répu
blicain. On ne comptait, dans leurs rangs,
ni internationalistes acceptant la consigne
de l'étranger, tii révolutionnaires provo
quant l'anarchie, fourrière de dictature. »
Voire ! Un . Gambetta, un Clemenceau
(« le Clemencau d'alors » comme disait
P.-P. Painlevé) n'étaient peut-être pas des
« internationalistes », ni des « révolution
naires », mais l'un, manié par Bismarck,
enlisait la France dans l'anticléricalisme
le plus stérile, l'autre la désarmait par les
premières vexations contre les officiers.
Tout cela n'est pas très « national ». Et
puis, quelle différence y a-t-il' entre un
du Mesnil et un Vaillant-Couturier, sinon
que, d'accord sur les principes (égalité,
liberté et tout l'arsenal de nos trisaïeuls),
l'un veut s'arrêter à mi-chemin des con
séquences, et que l'autre prétend les dé
rouler jusqu'au bout ?
Le socialisme hier, le communisme au
jourd'hui, n'a été ou n'est que la formule
la-plus logique, donc la plus absurde, d'un
système qui repose sur des principes faux.
Certes nous préférons de beaucoup l'il
logisme de M. du Mesnil à la logique meur
trière des communistes. Mais, puisqu'il
s'agit de classer les coalitions en « natu
relles » et en « monstrueuses », et qu'il
s'agit de coalitions « républicaines », la
formule « radicaux-socialistes-communis-
tes » nous semble aussi bien bâtie que la
formule centre-gauche-radicaux des 3G3,
ou la formule radicaux-socialistes du ré
gime abject. Mais comme, de toute éviden
ce, le succès des communistes tuerait la
France, il faut bien que la formule pèche
par ailleurs. Que M. du Mesnil cherche
bien. Il verra que seules les « coalitions
de patriotes » échappent a ce vice. S'il
ne veut à aucun prix se. détacher
tour de l'idée de république : Comme ces
malheureux que le brigand grec liait à
deux arbres en sens contraire, la coali
tion se romprait en perdant lamentable
ment ses entrailles. Mais au fait, n'est-ce
pas là le sort du Bloc national républi
cain '?
V. Ce n'est pas de jeu 1
Le Temps, sans souci de logique, a hon
nêtement et vigoureusement réagi.au dé
sistement de M. Crabol. Mais quel bel
exemple de « déformation » républicaine !
Voici la somnvation que le Temps adresse
aux radicaux :
« A la veille de la rentrée du Parle
ment, à l'avant-veille des élections séna
toriales et législatives, celte intolérable
équivoque doit cesser. Si les radicaux-so-
cialistes, dans les débats et dans les scru
tins de politique générale qui vont, qui
doivent, s'ouvrir à la Chambre à la ren
trée, sont avec le gouvernement, qu'ils ail
lent jusqu'au bout, jusqu'à la rupture avec
les socialistes. S'ils veulent être avec les
socialistes, il leur faut sortir de la majo
rité gouvernementale. »
Il leùr feiut sortir... ? Pourquoi donc ?
Parce que cela fausse la règle du jeu ?
Mais s'ils trouvent avantage à être avec
M. Poincaré à la Chambre, au Sénat et
dans les Conseils généraux, pendant qu'ils
font voter pour les communistes à la Santé
et au Havre, au nom de quel texte consti
tutionnel interdirez-vous la manœuvre ?
Le Temps ne voit pas que le grand rite
du régime, le vote au Parlement n'a plus
de valeur en soi. Aussi est-il faussé par
tous les bouts. En juin dernier, les répu
blicains ont pensé qu'ils chasseraient les
royalistes de la majorité nationale en insé
rant un relent de loi laïque dans un ordre
du jour de confiance ; les royalistes ont
passé outre : la plus noble cause était
•en jeu ; comment' auraient-ils voté coq-
tre la Ruhr par crainte d'un épouvàntail
de papier ?
Aujourd'hui, les mêmes républicains
voudraient secouer les parasites radicaux,
qui ne s'associent à la majorité que pour
lui voler le mérite de la Ruhr et du Rhin.
Le malheur, c'est que les règles du jeu
n'ont plus de prestige : les esprits mes
quins et la majorité s'en servent pour ten
dre de vains pièges aux patriotes de
Droite ; qu'ils rie s étonnent pas de voir
les mauvais Français de Gauche en abu
ser à leur tour.
Le re.mède n'est pas là. Les radicaux
suivront, en tout, sans souci de probité ou
de contradiction, leur intérêt. C'est à
M. Poincaré, devant les députés ou devant
un monument aux morts, de leur dire
quelques uns de ces mots qui commandent
le divorce.
Par intérim : G. D.
ECHOS
LES FAITS DU JOUR
— A Munich, Hitler, au cours d'une réu
nion donnée par M. von Kahr, envahit la
salle avec ses hommes èt annonce que Lu-
dendorff prend le pouvoir.
— L'archevêque de Bordeaux publie une
déclaration sur tes assemblées diocésaines.
—- Grave explosion au Morite-Guànby 'près
de Gênes.
Le gouvernement français publie sa
dernière note à la Suisse au sujet des zones
franches.
— Les séparatistes rhénans se sont empa
res fa Neustadt.
LES CHOSES ET LES GENS
Nous recevons de M. Mamelet, secrétaire géné
ral du « Parti républicain démocratique et so
cial », une lettre dans laquelle il nous déclare que
le sous-préfet Crabol, candidat à l'élection de la
Santé,, n'appartient pas au parti que préside M.
Jonnart. Nous enregistrons bien volontiers cette
rectification.
Mais pourquoi M. Mamelet croit-il devoir pro
fiter de l'occasion pour lancer un petit manifeste :
« Il y a bien eu, écrit-il, un membre de nôtre
comité directeur mêlé à l'élection de la Santé.
Mais' il ne s'appelle pas Crabol ; il s'appelle
Montillot.
« Sur le nom de Montillot, c'est le parti répu
blicain démocratique et social qui, à quatre élec
tions successives, a mené la lutte contre le com
munisme et ses fourriers. Et il continuera, croyez-
le. Quel est le parti qui . peut se flatter d'un tel
effort ?»
' Quel est le parti qui peut se glorifier de quatre
défaites successives sur le nom du même candidat?
Evidemment, c'est peut-être un record 1
* +
■ On lit en première page du Mal vendu :
« Avant-hier, le Mal vendu a été tiré à 198.000
exemplaires ; hier le Mal vendu, a été tiré à
200.650 exemplaires ; aujourd'hui, ' le Mal vendu
est tiré a 201.250 exemplaires. »
Ce qui est surprenant c'est que le tirâge n'ait
pas monté davantage avec le procédé de vente ^ue
nous avons indiqué : la distribution, à la porté
des Métros, pour la somme de quinze centimes,
d'un numéro du Mal vendu, auquel est joint en
piime un ticket du Métro, lequel, au guichet, coûte
six sous.
Mais si le Mal vendu nous avait consultés, notre
service statistique lui aurait fourni les chiffres
suivants :
« Dans la journée de lundi, les entrées aux sta
tions du métropolitain ont augmenté de 2.650.
On prévoit pour la journée de mardi une nouvelle
augmentation de 600 voyageurs. »
Ne doutons pas que cette recrudescence de voya
geurs ne soit due à la générosité du Mal vendu.
Mais, encore une fois, on aimerait à savoir avec
quel argent il la fait.
* ♦
Une autre fois, Gambetta, plaidant pour lui,
l'avait comparé à Voiture. « Monsieur, lui dit Bar
bey, vous avez plaidé comme un fiacre. »
r # ♦
Apercevant une « impure » de marque qui s'ap
prêtait à descendre de voiture, Barbey d'Aurevilly
se précipite à sa rencontre, lui offre le bras, la
conduit jusqu'au milieu du trottoir, et là, après
s'être incliné jusqu'à terre : « Madame, vous êtes
chez vous ! »
* * .
Il ne tremblait ni ne se démontait facilement.
Un soir, dinant en ville et n'y voyant plus clair,
il prend un morceau de poularde pour du pain et
le place à côté de son assiette sur la nappe. Puis,
s'apercevant de sa méprise : « Dans nos dîners de
chasse, en Normandie, c'est ainsi que nous avions
coutume de nous servir ».
' * *
Vins. — Nous invitons nos anciens et futurs
clients à prendre connaissance en 4° page des
nouveaux prix de nos bons crus.
Auzière-Giran et Cie. à Beauvoisin (Gard».
♦ *
Regardez, que fait-elle là ?
Disait, lorgnant une Mazda,
Un beau diamant caucasien,
Vraiment, ' elle ne sert à lien.
Si le jour - tu fais belle mine,
Répond la perle,, sa voisine
A la nuit tu meurs tristement.
Et, pour faire fleurir ton prisme,
Qui te verse, sans égoïsme.
La lumière, ton élément ?.
LA FMNCE'ET LA DICTATURE
EN ALLEJIAGSVE
Notre ambassadeur à Berlin a été chargé
de faire savoir, le cas échéant, au chancelier
Stresemann, que* la France ne verrait pas
d'un œil favorable l'établissement d'une
dictature en Allemagne. La démarche n'a
pas été faite, mais, la nouvelle ayant été
publiée à Paris par un journal officieux du
soir, c'est exactement comme si M. de Mar-
gerie s'était acquitté de sa mission. On en
comprend d'ailleurs assez mal l'objet, étant
donné que, s'il y a en Allemagne les appa
rences d'un gouvernement légal, une dicta
ture militaire représentée par sept généraux
existe déjà de fait. Quoi qu'il en soit, il est"
nécessaire d'examiner lés effets que peut
produire l'avertissement du gouvernement
français et les circonstances au milieu dés-
quelles il est tombé.
Quand on observe sans idée préconçue
les événements d'Allemagne,, on est conduit
à se demander si le mouvement vers la
droite, qui s'est manifesté avec une netteté
incontestable, réussira à se traduire par la
formation d'un gouvernement régulier. La
substitution du Rentenmark au mark-papier
ne donne aucun résultat. Jusqu'à présent,
l'impuissance politique est à peu près la
même.
Si l'on prend en considération la situa
tion parleméntaire, elle se résume par le
fait que la grande coalition a cessé d'exis
ter. Les social-démocrates sont sortis du
ministère. Ils se sont compromis avec le
communisme en prenant parti pour le gou
vernement saxon et ils ont été vaincus avec
lui. Le chancelier Stresemann devient donc
prisonnier des nationalistes, car il faut bien
qu'il s'appuie sur quelqu'un. ! "
Cependant il y a un élément de la situa*
tion qu'on néglige ou qui échappe parce
que la complexité des affaires germaniques
est toujours trop grande pour qu'il soit fa
cile d'en retenir l'ensemble. On parle de là
Bavière, de la Saxe, du Reich. On oublie là
Prusse. Or, la Prusse, qui représente le»
deux tiers de l'Allemagne, a nn gouverne-.
ment distinct du gouvernement d'Empire. Ët
ce gouvernement, qui a été quelque temps
conservateur avec Stegerwaid, ,est eij ce
moment-ci social-démocrate avec Severing.
La coalition qui vient de, se dissoudre^ au
Reichstag subsiste à la Chamhre prussienne
et au ministère prussien. Il faudrait donc,
pour que l'opération de droite fût complète
et sûre, renverser Severing ou avoir la cer
titude de le renverser. Par un curieux ren
versement des rôles, c'est la Prusse en çe
moment qui est le rempart de la République
en Allemagne, de même que le général Von
Seeckt, le chef de la Reichswehr, est consi
déré, à tort ou à raison, comme l'adversaire
d'un coup d'Etat. ;
Le chancelier Stresemann reste mysté
rieux parmi ces contradictions. Son attitude
est aussi bien celle d'un homme qui a des
projets et qui sait où il va que celle d'un
homme embarrassé. Nous croyons plutôt
qu'il y a lieu de pencher pour la seconde
hypothèse. D'ailleurs, la droite, au moment
où il semble qu'elle n'ait qu'à étendre la
main pour s'emparer du pouvoir, trahit une
certaine perplexité. Que ferait-elle si elle
était maîtresse du Reich ? Elle n'a pas l'air
de très bien le savoir. Ce qui fait sa force,
c'est qu'elle s'appuie sur les agriculteurs
qui tiennent entre leurs mains la nourriture '
de l'Allemagne. Si la droite gouvernait, elle
aurait à sa charge plus de 40 millions de
bouches ouvrières. Forcerait-elle les cam
pagnes à ravitailler, les villes ou bien, par
la menace de la famine, tiendrait-ëlle les' 1
villes à sa discrétion?
Helfferich, le théoricien du parti, n'a qui
des idées fort vagues. Son mark-seigle, qui
valait le Rentenmark, a été enterré. On lui
prête le projet, s'il arrivait au pouvoir,
d'abandonner totalement les pays occupés,
dans le calcul que la France n'arriverait pas
à administrer une population aussi nom
breuse, à lui assurer des vivres et une mon
naie. Pendant ce temps, l'Allemagne repliée
sur elle-même se renforcerait et attendrait
le moment favorable, celui où nous serions
aux prises avec d'insurmontables difficul
tés. Bref, Helfferich ferait exactement le
contraire de Cuno, ce qui, pour l'Alle
magne, ne vaudrait pas mieux.
Si cette politique du désespoir, si ce ros-
topehinisme sont tout ce que la droite con
çoit, c'est peu, et c'est le signe qu'elle n'a
pas non plus la formule du salut de l'Alle
magne, la clef, le « Sésame ouvre-toi » du
relèvement. Les coups de tête et les coups
de folie, comme la dénonciation du traité
de Versailles, la levée en masse et la guerre,
ne sont pas non plus des solutions, à moins
que périr'en soit une, comme disait un de
nos doctrinaires d'autrefois. 11 semble donc
qu'en dépit de convulsions, même violentes;
et de soubresauts, même passionnée, le gra
buge allemand, ne soit pas près de finir. M.
Stresemann pourrait même se consolider
par l'espoir d'un secours matériel venu
d'Angleterre ou d'Amérique. L'avertissement
d'hier contribuer a-t-il à son maintien ou i
sa chute? C'est ce que nous verrons.
Jacques B AIlWIL LLE
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