Titre : L'Action française : organe du nationalisme intégral / directeur politique : Henri Vaugeois ; rédacteur en chef : Léon Daudet
Auteur : Action française. Auteur du texte
Éditeur : Action française (Paris)
Date d'édition : 1923-11-04
Contributeur : Vaugeois, Henri (1864-1916). Directeur de publication
Contributeur : Daudet, Léon (1867-1942). Directeur de publication
Contributeur : Maurras, Charles (1868-1952). Directeur de publication
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 04 novembre 1923 04 novembre 1923
Description : 1923/11/04 (Numéro 307). 1923/11/04 (Numéro 307).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG87 Collection numérique : BIPFPIG87
Description : Collection numérique : BIPFPIG69 Collection numérique : BIPFPIG69
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k761757p
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, GR FOL-LC2-6354
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 18/01/2011
Seizième Année. - ly 307
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EDITION DU MATIN
1\
e 5$' Novembre 1923
15 cent *
Seine et Seine-tt-Oise.
20 ^
Départements, Colonies.
i ABONNEMENTS*: »*•. g
| France et Colonies. -48 fr. 25fr. lUft*. 1
jj Etranger. ; 82 » 42 » 22 » |
ORGANE DU NATIONALISME INTÉGRA»
(( Tout ce qui est national est notre.■■■■■■■'
Le Duc d'OKLÉANS
héritier des quarante Rois qui en mille aus firent laTranco.
RED ACTION & ADMINISTRATION
l'î, rue d e Rome, P ARIS (8•)
Adr. télégraphique ï ACTIOFRAN-PARIS
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Après 10 h. du soir î SéfJ u r 11-68
îleflfistrô tlQ Commerça : Seine 78.582
Fondateur HENRI VAUGEOIS — Directeurs politiques : LÉON DAUDET et CHARLES, MAURR&S- —— * Rédacteur en chef : MAURICE PUJO
La Démocratie en Allemagne... et ailleurs
g Jusqu'à nouvel ordre, la fortune allemande
a passé aux mains d 9 tin petit nombre d'hommes
■ *
cFàffairès, de financiers 9 d'industriels d?uriè habi-
lété, disons mieux, d'une rouerie consommée. Ce
sont eux qiii ont, envers 'et contre tous, le près*
tige, l'autorité, la toute-puissance, en. vertu de ce
principe que dans notre. siècle de démocratie^
c'est l'argent qui mène le monde. »
yiCTOK CAMBON, dans l'Information
ii m iilniii—
' ":X V
du 3 novembre.
Barbey jugé par BoiirgetJI^nionnmeiitdePlnleau
sera inauguré
dimanclie 11 novembre
Comnie il fallait s'y attendre, — vu l'ef-
pfroyable pénurie de la critique actuelle, qui
! se repaît de poncifs morts, — l'apposition
! de la plaque commémorative, sur la ché-
; tive maison de la rue Rousselet, n'a guère
i valu, à la grande mémoire de Barbey d'Au
revilly, qu'un flot de copie insipide. Mais
le discours de ■ Paul Bourget, qu'on trou-
; vera, reproduit in extenso, dans YIllustra
tion du 20 octobre dernier, est une belle
page, et qu'on lira avec profit. Rourget a,
connu, admiré, aimé le maître méconnu,
aux côtés de Balzac, du roman français au
dix-neuvième siècle. Ce qu'il dit de lui est
juste et émouvant. Le passage que je vais
citer résume, à'mon avis, toute la question,
qui est de première importance :
; Il ne causait, — lui, d'Aurevilly, —_ il
i n'écrivait avec cette énergie d'expression
i-qu'à cause de l'énergie qui était en lui.
Energie d'imagination qui lui faisait natu
rellement inventer des caractères vigou
reusement frappés et des événements à
leur ressemblance. Energie de conviction
qui lui faisait pousser les idées jusqu'à
leurs extrêmes conséquences et n'en adop
ter, en religion, en politique, en art, que
de très tranchées.. Energie morale, enfin,
qui lui faisait n'admettre dans la vie au
cune mesquinerie, aucun compromis. C'est
à lui-même qu'il pense lorsque, au com
mencement de la première Diabolique, il
parle de ces têtes « construites , d'une cer
taine façon *tnilitaire pour lesquelles, à
propos de tout et toujours, toute la ques
tion, comme à Waterloo, est de ne jamais
se rendre », et l'on peut dire de lui
qu'ayant-conçu pour lui-même un certain
idéal d'existence et de littérature et s'étant
heurté, soixante ans darant, à des condi
tions matérielles contraires à tous ses dé
sirs, à un public contraire à tous ses goûts,
à une société contraire à tous ses prin
cipes, il lie s'est jamais rendu.
| Comme c'est cela, et quel résumé vigou-
1 reux! Flaubert était le miroir grotesque, où
'se reconnaissait le dix-neuvième sièele, et
sa volumineuse correspondance est le ré
sumé de toutes les âneries de ce triste
temps. Aussi quel succès, autour de lui
quel tam-tam nègre! L'anticléricalisme ro
mantique lui pardonnera Homais, en rai
son de Bournisien. Ce juste milieu dans
l'ironie a toujours été le régal de la fausse
élite qui, de 1870 à 1910, annihila l'élite
française. Pour le Temps, comme pour les
Débats, comme pour la Revue des Deux
Mondes, Barbey est un excentrique et un
fol, alors qu'il est le bon sens même, —
un bon sens habillé, d'incarnat, — et c'est
le maniaque, de Croisset qui est un sage,
parce qu'il donne, d'une voix tonitruante,
. dans tous les godants, dans toutes les
prudhommeries à la mode. J 'ai connu, dans
ma jeunesse, Flaubert et Barbey. Des deux,
le cabotin n'était pas Barbey, en dépit de
ses bizarreries, apparentes. Quant à l'intel
ligence, ou compréhension des rapports et
des valeurs, elle était magnifiquement spon
tanée chez Barbey, laborieuse et courte
chez Flaubert.
Si vous voulez vous en rendre compte,
prenez le Victor Hugo de Barbey, publié,
l'année dernière, par l'éditeur Crès. Il n'est
I pas d'ouvrage plus équitable, ni plus mo
déré de ton, ni plus clairvoyant. On peut
dire de lîii qu'au regard de la vérité litté
raire il pèche par une excessive indulgence,
notamment en- ce qui concerne la Légende
des Siècles, Ruy Blas et Lucrèce Borgia.
Car il y ra de-tout dans la Légende des
Siècles, excepté précisément cet esprit de
la légende, qui apparaît, fluide et doré,
! dans une strophe de Gœthe et dans deiix
i vers de Mistral. Hugo est naturellement
' lyrique, parfois épique, mais ici d'un
souffle ' assez çourt, en dépit de l'étirement
des métaphores. Il n'est jamais, ni à aucun
degré, légendaire, ce qui exige une abs
traction de soi, un désintéressement intel
lectuel qu'il n'a pas. Il est l'homme qui ne
peut pas s'en aller, se retirer de son œuvre,
qui demeure attaché à ses métaphores par
le je et par le moi. De là l'impression d'ex
traordinaire fatigue qui émane non seule
ment de Dieu — atrocement vide— et de
la Fin de Satan, — qui n'en finit pas, — :
mais encore des Misérables. Le comique,
chez Hugo, est involontaire, par exemple
■ dans l'Histoire d'un crime; et Barbey d'Au
revilly, ,qui avait le sens du comique quand
' il le fallait, s'est cependant gardé d'y insis-
' tçr. Au fond, il demeure légèrement inti-
! midé par le tam-tam nègre organisé autour
^ du Grand.Fétiche de Guernesey, et il ne lui
tire* la barbe qu'avec encore une nuance de
respect. '
Voici pour les Misérables, ferment de
cette littérature de la pitié qui a déjà fait
couler des torrents de sang et t qui en fera
couler plus encore :
Le dessein du livre c'est de faire sauter
toutes les institutions, sociales, les unes
après les autres,-avec une chose plus forte
que la poudre à canon, qui fait sauter les
I montagnes ■— avec des larmes et de la
1 pitié. Il s'est-dit, avec assez de raison,
que, dans l'humanité, ce qui 'fait la foule,
le nombre et .les publics, ce sont les
femmes et les jeunes gens, ces femmes
momentanées, qui bien souvent restent
femmes toute leur vie par impossibilité de
mûrir et indigence de cerveau, et c'est sur
tous ces cœurs, peu surmontés de têle,
qu'il a essayé d'opérer. C'est pour tous ces
' cœurs, impétueusement ou tendrement
sensiblesj 'qu'il n combiné les effets d'un
livre arrangé - de manière à donner tou
jours raison à l'être que la société punit
contre la société qui le punit.
Les Misérables,-, — comme l'a fait maintes
fois remarquer Maurras, — c'est le triom
phe de l'avocat sur le ministère public, de
la sensiblerie sur le bon sens. C'e3t, en
attendant Dostoievsky, et surtout Tolstoï, le
premier bréviaire de l'anarchie. Puéril dans
son affabulation centrale, l'ouvrage vaut
surtout par ses hors-d'œuvre, ses tableaux
de Paris et son style, où il y a de beaux
mouvements, sans compter - les réminis
cences visibles de Balzac. Mais c'est d'un
Balzac sans pudeur et qui étale, à chaque
page, un << grand cœur » .— laborieusement
rythmé et palpitant — alors que Balzac ca
chait le sien. Grand vivant, violemment sen
suel, Hugo jouait la sensibilité, avec un ré
mige surabondant de mots outranciers et
vagues, qui alourdissent singulièrement son
vol.
La critique « barbeyenne » de la Légende
des Siècles se résume dans cette phrase'
/dorée : \
Je l'affirme donc avec sécurité, voilà le
défaut de cette cuirasse d'or : l'imagina
tion dans les choses ne n'équilibrant pas
avec l'imagination dans I*w mots. Et c'est'
par ce manque d'équilibre çitg la critique
peut le' mieux expliquer s^ntMttquement
le genre de génie de Victor Jïago.
Phrase que complète cette remarque sur
les romantiques, tirée d'une longue connais
sance et méditation de Shakespeare :
Car c'est là tout, qu'on ne s'y méprenne
pas: c'est à l'origine de leur poétique, de
leur système. Sans ShaJcespeare, ils n'exis
teraient pas. Seulement, ce qui fut en lui
irréfléchi, involontaire, mauvais emploi de
grandes facultés, influence du temps où il
vécut, est en eux, absous et même érigé en
principe. Cette réalité incessamment 'mon
trée produit l'individualité dans les carac
tères qu'on craint de trop généraliser ;
cette réalité amène le drame sur la scène;
il faut qu'il soit joué aux yeux seuls et
non plus à l'esprit aidé des yeux. Hugo
n'a-t-il pas soutenu qu'il valait beaucoup
mieux montrer les choses que les bien
dire, et que les vers fameux de Racine:
Elle a fait expirer une enclave à mes yeux, etc.
devaient être toujours inférieurs à 1er vue
de l'officine de Locuste?
--Tout-ce volume sur Hugo serait à citer-
comme un modèle d'indulgence sereine et
de remise au point: Ainsi, au sujet de Ruy
Blas et de Hernani, dont la sottise foncière
aujourd'hui nous déconcerte :
On reconnaît, dans l'un et l'autre de ces
drames, cet amour forcené de l'antithèse
qui a toujours possédé Hugo et qu'il a
porté non seulement dans l'idée première
de toutes ses compositions, dans la disposi
tion successive des actes et des scènes,
dans la pose et le jeu de ses caractères,
mais encore dans le dialogue, et enfin jus
que dans les vers. Lui qui s'est moqué si
souvent, et qui peut-être se moque encore,
avec toute l'impatience de l'autorité que
montre l'école . ppolestanto-liltéraire qu'il
représente, de t cette littérature tirée au
cordeau dont nous avons gardé les dogmes,
a-t-il quelquefois songé, le bouillant esprit
qu'il est, que toute sa force d'intelligence
itcl'abîmerait à jàmais dans ses antithèses,
il l'engloutirait dans des coneetti, et que
l'on pourrait lui appliquer ce que l'on a
dit du prince de Conti: qu'il avait, il est
vrai, beaucoup d'esprit, qu.il en avait une
grande étendue, mais que cet esprit res
semblait à un obélisque et qu'il finissait
par une pointe?
Les contemporains de Barbey d'Aurevilly
"étaient, dans leur immense majorité,^tout à
fait incapables de", comprendre un seul mot
à de semblables remarques, qui les dépas
saient de cent coudées. Dans Sainte-Beuve
lui-même — d'un jugement sûr quand ses
ardeurs et rancunes secrètes ne le trou
blaient pas i— il y avait un côté « petite
ville » et goût du commérage qui le rete
naient sur la pente de son ' discernement
génial. Quant aux'autres, fantoches intellec
tuels, et de la plus basse catégorie, —: la
libérale ou démocratique, — ils voyaient,
dans Barbey, un original* qui portait des
jabots de dentelle et écrivait avec des encres
de couleur.
Léon DAUDET
Député de Paris.
■■'VrE
L'indépendance rhénane
La manœuvre de la Prusse
La presse française annonçait avant-
liier que M. Tirard, président de la Haute-
Commission interalliée, avai eu une lon
gue entrevue avec certaines personnalités
de Cologne, et faisait prévoir que de ces
entretiens et rie ceux que M. Tirard aurait
avec le président du conseil français, sor
tirait une -sôlution de la question rhé
nane.
Nous savons que ces « personnalités, de
Cologne » étaient M. Lévy Hagen' (dit
Louis Ilagen) et diverses autres personnes
éminentes ' du : groupe de M. Adenauer,
bourgmestre de Cologne, qui, en 1919, tra
hit le mouvement rhénan au profit de-la
Prusse. Il s'^pit là d'une tentative faite
par le gouvernement de Berlin pour se
conserver la Rhénanie. Son plan consiste
rait à accepter une république rhénane,
mais dans le cadre du Reich et pour cela,
il n'hésiterait pas à se charger lui-même
de l'émission d'une monnaie rhénane.
M. Louis Hagen et son groupe disposent
naturellement de tous les capitaux néces
saires, et l'on compte sur .cette facilité
pour allécher le gouvernement français.
Les séparatistes rhénans sont plus sin
cères mais moins , riches. Ils ne peuvent se
résoudre toutefois à croire que M. Poin-
caré se laissera prendre à un piège aussi
grossier. .
C'est dimanche prochain 11 novembre
qu'aura lieu la bénédiction solennelle et
l'inauguration du monument, œuvre de
Maxime Rèal de! Sarte, élevé à la mémoire
de notre héroïque ami.
En choisissant cette date du 11 novem-.
bre, l'Action française et les Camelots du
Roi ont voulu souligner le caractère na
tional de cette commémoration. C'est le
héros de la.guerre, le magnifique combat-
tantde Port-Fontenoy, titulaire d'une des
plus belles citations de l'armée française,
que nos amis et tous les bons Français
sont invités à célébrer dimanche proclïain,
et c'est aussi le secrétaire général de la
Ligue d'Action franccS.se et'des Camelots
du Roi, le chef civil de nos luttes patrio
tiques, frappé à son poste de combat par.
une meurtrière qui, constate l'acte officiel
d'accusation, voulait punir l'Action fran
çaise jugée par elle responsable de la ré
cente occupation de la Ruhr qu'elle qua
lifiait « d'agression française contre l'Al
lemagne »,
Plus nombreux encore qu'aux funérailles
inoubliables du 27 janvier, les ligueurs, et
les patriotes recueillis se grouperont der
rière le drapeau et les fanions de l'Action
française et escorteront en foule les cou
ronnes qui, au jour anniversaire de la Vic
toire, iront témoigner à Marius Plateau,
ouvrier et martyr de la Renaissance natio
nale, la gratitude des Français et leur pié
té à son souvenir.
Dispositions générales
Toutes les organisations d'Action fran
çaise de Paris et de la Banlieue, et celles
"des Provinces qui désireraient y assister,
ainsi que les groupements patriotiques,
qui voudraient, se joindre  nous, sont
invités à prendre dès maintenant les me
sures nécessaires pour assurer leur parti
cipation au cortège.
■ Le rassemblement se fera dimanche à
deux heures de l'après-midi avenue de la
Motte-Piquet, devant l'Ecole militaire et
dans les voies adjacentes. Nos lecteurs
trouveront dans les numéros du journal
de vendredi et de samedi l'indication dé
taillée des points de rendez-vous où les
sections et les groupes devront se réu
nît derrière leurs drapeaux, leurs fanions
on Étais couronnes.
En raison de l'exiguïté àu cimeùère de
Vaugirard, le ■ cortège ne. pourra y péné-
Jrcr,.-mais il défdera. dev.ant Ja porte, en
"presbiice.de là famille de Marins Plateau
et des Comités directeurs de .l'Action fran
çaise. Seuls entreront,, avec les présidents
des sections et des groupes, les porteurs
de drapeaux, de fanions et dit couronnes,
devant qui aura lieu la cérémonie d'inau
guration.
. Cette cérémonie, consistera dans le scel
lement, dans la pierre,, du livre d'or men
tionnant les noms. de tous les souscrip
teurs aux. Jrais. du monument, dans la bé
nédiction de ce monument et dans ' les
discours qui seront prononcés au nom de
l'Action française et de la Fédération na
tionale des Camelots du Roi.
JE CHO'S
LES FAITS DU JOUR
— Les ambassadeurs d'Angleterre et des
Etats-Unis se sont tntretenus avec M. Poin-
caré. '
— Une bagarre sanglante a eu lieu en
Sgaxe entre la Reichtoehr et les policiers
saxons.
— A Paris, l'Ecole centrale a célébré ses
morts.
— Le second voleur communiste des ta
pisseries de Versailles a été arrêté à Mar
seille.
LES CHOSES ET LES GENS
Qui donc avait ose appliquer à ce nouveau
journal le nom de Mal. vendu. ? .
Le Mal vendu, ?... Qn se l'arrache, littéralement.
Nous pouvons en témoigner. Nous avons constaté
son succès.'Nous devons à la justice et à la vérité
-de déclarer que ce succès ei.1 formidable, inouï,
sans précédent. ;
Nous avons vu, de no$ yeux vu, ce qui s'appelle
vu, à l'entrée d'une station du métro, un vendeur
qui n'arrivait- pas à satisfaire toutes les demandes
et à mettre un journal dans toutes les mains qui
se tendaient vers lui avec vingt centimes au, bout
des doigts.
Eii échange de ces vingt . centimes, le epieur
donnait le numéro du jour du Mal vendu, auquel
il joignait. généreusement un billet détaché d'un
carnet de .métro ; le prix d'un, billet étant de'
tiente centimes,.on.conçoit que les Clients étaient
nombreux et les acheteurs impatients d'être ser
vis. V| ■ ■ 1 .
Tous, bien entendu; gardaient le billet valable
pour un voyage .et la plupart, jetaient la feuil'e.
. Mais de mauvais- esprits se demanderont peut-
être d'où vient l'argent, gui permet à ce journal de
se .vendre dans de telles conditions.
• Le parti communiste répand en ce moment une
multitude de tracts au sujet desquels •nous pré
senterons deu£ observations contradictoires :
1° Un.beau marteau, encadré d'une faucille, dé
core le haut de ces petits documents, tandis que
la signature « . Le Comité directeur » orne le
bas. Pourquoi donc ne pas finir par où l'on com
mence et signer < marteau » ? Cela caractéri
serait bien mieux cette entreprise de stupidité ano
nyme qu'est l'Humanité ;
2° Cependant l'Humanité est aussi «ne entre
prise de crimes et. à ce titre elle peut signer ï
« Le Comité' directeur ».<,C.est° ainsi qù-âctuel-
lement les jeunesses communistes répandent dans
les casernes ces tracts incendiaires contre Poin-
caré et pour les frères allemands. Mais puisqu'il
y a un comité directeur, nous proposons de le
coller au mur, au lieu de châtier les jeunes sol
dats qu'il excite.
* *
Pourquoi payer très cher, au détail, bijoux et
argenterie, quand vous pouvez obtenir les moires
articles, aux prix de gros, avec une économie de
30 0/0, chez Pinson, 15, rue Lévis, de 9 . heures
à midi.
LA--POLITIQUE
I. La Ligue des Droits de l'Homme
- au Travail '
La Ligue dqs Droits de l'Homme tient
donc son congrès annuel.
l>ans la crise de rapide vieillissement
où la guerre européenne a jeté les institu
tions, les régimes, les idées démocratiques,
l'organe le plus en vue, auquel on va tàter
le pouls avant tous les autres, c'est le Par
lement; Et Dieu sait s'il a mauvaise mine.
Mais l'histoire des grands jours de la Dé
mocratie, en. 1793 comme en 1899, montre
que l'organe vital de cette aimable entité
n'est pas le Parlement, non plus d'ailleurs
que le Peuple Souverain, , non plus q'ue les
fantoches qui se partagent l'exécutifi L'or
gane vital, c'est le réseau des « Sociétés
de pensée », d'académies politiques, oc
cultes ou avouées, groupées ou non en
filiales et en mères où les doctrines les
plus nocives s'élaborent loin des respon
sabilités, loin des faits, dans la sérénité ou
dans la fureur des discours : Jacobins,
Francs-Mqiçons, Ligueurs des Droits de
l'Homme, voilà les producteurs réguliers
0t nécessaires de l'idéologie démocra
tique — aux grandes époques, quand les
« purs » ont le pouvoir et l'enthousiasme.
Mais quels lendemains ! Quoi de plus
pitoyable qu'un Jacobin après Thermidor,
qu'un Franc-Maçoji ou qu'un Ligueur des.
Droits de l'Homme en 1923! Toute la sé
cheresse, tout l'épuisement du régime ap
paraissent dans ces conciles où quelques
maniaques s'obstinent à continuer leurs
parlotes ou, .comme ils disent, leur « Tra
vail ». Quand ces maniaques, par ailleurs,
sont les maîtres, de l'Etat, quand ces par
lotes risquent de se traduire immédiate
ment en cous coupés, en églises fermées,
en « morts par surcroit », le spectacle peut
être tragique. Aujourd'hui, dans ce Con
grès de'la Ligue des Droits de l'Homme, le
ridicule est seul à triompher.
Savez-vous de quoi l'on y parle, àu mo
ment où toutes les pensées de la France
vont au Rhin, aux réparations, vers Ber
lin, vers Londres, vers Bruxelles?
. De la liberté- des fonctionnaires et de la
liberté individuelle.
II. Sottises périlleuses
Et croyez-vous qu'on se soit appliqué à
regarder des cas concrets, à proposer une
■ réforme précise? Nenni. Topo, pathos et
topo. Voici comment le vénéré Ferdinand
Buisson a traité de la liberté des fonction
naires :
L'importance numérique du corps des
fonctionnaires le place en face de l'admi
nistration comme un autre pouvoir légi
time (??). Ce sont deux pouvoirs nécessai
rement limités l'un par l'autre et qui
entrent souvent en conflit.
Leur conflit résulté d'une sorte d'anti
nomie fondamentale qui ne peut être ré
solue sans qu'interviepné une doctrine
qui, dégageant nettement les deux prin
cipes, assure le respect absolu de chacun
d'eux dans la sphère d'action où il doit
régner. ,
Imaginez-vous ce conflit fondamental
entre. .« l'administration » qui se définit
le corps des fonctionnaires et ce même
corps de fonctionnaires qui compose es
sentiellement l'administration ?
Et voici comment le citoyen Viollette
renouvelle la question de la'liberté indi
viduelle que M. Jonnart, de l'Académie
française, .avait déjà magistralement \et
suffisamment définie : « La liberté, c'est
quand on ne vous empêche pas d'agir».
Le citoyen a- le droit de n'être pas mo
lesté ni inquiété tant qu'il ne menace pas
les bases'sur lesquelles, à tort ou à raison,
la société fonde son équilibre et son exis
tence. Ce serait une injustice criante si,
pour découvrir et atteindre un coupable,
la société ■ opprimait un innocent ou si,
ayant découvert le coupable, elle le punis
sait. selon le caprice ou la passion du mo
ment.
Voilà pour quelles fructueuses recher
ches le congrès s'est réuni; voilà ce qui
permet! à l'Ere nouvelle d'écrire:
Sous la présidence alternative de M.
Baylèt et de M. Moutet, les ligueurs s'atte
lèrent^ à la besogne avec unè: ardeur con
centrée, pleine d'attention et de sincérité.
Quelques beaux. discours de Glay, Bide,
Garay, Duckett. Autant de coups d'ailes
qui font monter la discussion...
Comment ne pas songer, devant "cette
pitoyable comédie, aux fameuses Sociétés
de pensée dont le rôle capital avant ' et
pendant la Révolution de 1789 a été mis
en'lumière tout récemment par Augustin
Cochin; et .dont notre ami G.-A. Pierre,
l'an passé, 'traitait, à l'Institut d'Action
française, comme de l'une des causes
principales de la révolution ? Le méca
nisme est le même :
Le mode de formation de ces Sociétés,
disait M. : G;-A. Pierre à propos des clubs
du dix-huitième siècle, est tout à fait sin
gulierdans les groupements ordinaires,
économiques, politiques, religieux, les in
térêts, les idées, les croyances préexistent
à l'association, l'expliquent, la justifient;
ici la marche est inverse : on s'associe
d'abord., on cherche ses idées communes
ensuite. Entre les membres du club, il n'y
a rien de commun, sauf ceci: la volonté
de s'associer, et de s'associer uniquement
pour parler, pour discuter. Dans la vie
ordinaire, ce qui est important, ce qui
compte, c'est le rendement, l'effet, le ré
sultat produit. Dans la Société de pensée,
c'est la parole, le discours, le vote. Dans
la vie, on demande aux hommes des qua
lités pratiques, des qualités d'action, du
jugement, de la décision. Ici, on leur de
mande des qualités théoriques, une grande
facilité d'abstraction, l'amour, des généra
lités, l'esprit du système. Dans la' vie, il
y a des classes, des hiérarchies; ici c'est
légalité parfaite: un bulletin de vote en
vaut un autre. (Cours de l'Institut d'Ac
tion française, mai 1923, p. 68.)
Ce sont ces discussions en vase clos,
avec les exaltations et les vertiges qu'elles'
provoquent, qui ont fait dégénérer en ca
tastrophe nationale le renouveau de 1789,
pour îe plus grand profit de l'Anglfeterre.
Ce sont elles qui ont, pendant, trente ans,!
tenu la troisième République* dans une at
mosphère de guerre civile, pour la plus
grande joie du chancelier et de l'empe
reur allemands. Inoffensives par leur in
consistance, par leur énormité* même, elles
peuvent; aux mains des puissances étran
gères ou d'intérêts financiers,_ multiplier
les risques de la patrie. Le péril, c'est que
l'or anglais ou le papier allemand viennent,
aux élections prochaines, rendre une no
civité à ces nuées ridicules.
Mais," cette fois du moins, nous avons
contre elles une assurance : au len
demain de la guerre, pressée par les deux
ou ti'ois menaces éternelles qui remplis
sent son histoire, la France, la France des
Jeunes et des Combattants, veut d'autres
guides, d'autres entraîneurs, d'autres en
thousiasmes. Parlez-lui d'Etats généraux,
de politique rhénane, de sport, de ce que.
vous voudrez. Mais ne lui parlez pas de
l'article 7 de la Déclaration des Droits.
Le congrès que préside M. Buisson, avec
sa pluie de discours inféconds, lui fait
l'effet d'un mauvais lieu où dey vieillards
satisfont en commun une manie, une triste
manie de débauche cérébrale.
III. Pour rallier les Gauches s
« D'abord vivre ! » '
Chose curieuse: plus le parti républi
cain s'acharne à remâcher et à ruminer
son idéologie, plus son action devient
basse, élémentaire et brutale. Oyez plutôt
le cri d'alarme que P.-P. Painlevé pousse
en première colonne "de Paris-Soir:
D'abord vivre /
II s'agit de la République, ou plutôt du
personnel de politiciens et de profiteurs
qui remplissent les divers partis républi
cains. D'abord vivre, c'est-à-dire, pour le
parti radical, conclure avec les socialistes,
au besoin aussi avec les communistes, une
alliance dont le peu de patriotisme qui lui
reste ferait les frais. Vous chercheriez vai
nement une idée mère, un principe com
mun dans ce programme d'alliance: vivre
d'abord! Rester en République!
A-t-on assez reproché, (très injustement
d'ailleurs, à Louis XIV, à Lotlis XVIII, à
Louis-Philippe, d'avoir parfois préféré
l'intérêt de leur trône ou de leur famille
à l'intérêt national? N'est-ce pas un La-
visse, à défaut d'un At^ard, qui condamne,
comme « dynastique », la guerre de Suc
cession d'Autriche dont la France pour
tant sent encore les bienfaits? Vivre d'a
bord! Que diront les historiens de cette
formule qui permet aux hommes de
gauche de sacrifier le «ang, l'or, lar terre
de la France dans une alliance mons
trueuse avec lés hommes que paie Mos
cou, que paie Berlin, que paie ou que
paiera Londres?
Il faut retenir ce cri d'un homme à qui,
en pleine guerre, la patrie fut pourtant
confiée:
Nos adversaires peuvent railler nos
basses préoccupations et nous accuser, en
latin, de sacrifier au souci de vivre les
raisons mêmes de vivre.
Nous voulons préserver la République,
non pas au prix de nos principes, mais
justement pour les sauver.*
M. Painlevé est prêt à tuer la France
pour lui conserver une République.
IV. Contre l'empoisonnement
des primaires
La Ligue des Droits de l'Homme, cepen
dant, a- daigné, sur un point, sortir des
généralités. Elle a protesté contre le dé
placement de quatre ou cinq instituteurs
et inspecteurs primaires compromis .dans
des incartades communistes. Ce n'est pas
un hasard si les instituteurs ont été ainsi
les héros de la fête : c'était prévu. Huit
jours d'avance, les autorités académiques
avaient communiqué à leurs subordonnés
l'avis suivant :
A la demande de la Ligiie française pour
la Défense des Droits de l'IIomme et du.
Citoyen, M. le ministre a décidé que les
membres de l'enseignement public qui se
raient délégués par leur section au con
grès qui doit se tenir du i" au 3 novembre
proenain, pourraient obtenir les congés
nécessaires pour les vendredi 2 et samedi
3 novembre.
Les, contribuables trouveront • peut-être
mauvais d'avoir ainsi à payer un jour de
congé supplémentaire à "i'instituteur-li-
gueur. Les hommes de bon sens estiment
peut-être qu'il eût mieux valu, congé pour
congé, fermer les écoles lè Jour des Morts.
Les électeurs patriotes s'indigneront peut-
être contre les complaisances du ministre
à l'égard d'une Ligue malfaisante. Mais
nous ne voulons retenir ici qu'u"n fait: le
personnel primaire est présenté, par une
minorité sectaire et antinationale, comme
la chose d'hier et de demain. Prétention
souverainement injuste, car rien n'ex
plique la complaisance de M. Léon Bé-
rard; tout nous prouve, au contraire, cha
que jour, que les primaires n'appartien
nent pas, par définition, à l'Antifrance.
Mais prétention tenace, imposture vitale
pour le radicalisme moribond, mensonge
que le vénéré Ferdinand Buisson énonçait
tout au long dans le Mal vendu , le jour
même de l'ouverture du congrès .de la
Ligue, sous couleur de défendre la « men
talité primaire » :
C'est elle qui soutient, en dépit de tous
les partisans de la force et de tous les pro
fiteurs de la réaction, que l'heure--est ve
nue non seulement pour la France, mais
pour l'humanité, d'abolir la guerre en y
opposant une puissante organisation de
la paix fondée sur la justice internatio
nale et garantie 'par la société universelle
des nations civilisées.
Sans doute, cette « mentalité pri
maire», animée d'un grand souffle dé
mocratique et social, pourra se trouver en
conflit avec des opinions et des intérêts
qui, sous couleur de conservatisme, dé
fendent/ d'injustes inégalités, c'est-à-dire
le maintien du privilège pour les uns, de
l'asservissement pour les autres...
(Traduisez cet éloquent pathos en fran
çais: « Sans doute l'esprit primaire est un
mélange de pacifisme, d'internationalisme,
de socialisme, .etc.-».)
Tout cela est possible. Mais, ce qui est
certain, c'est que la détruire, ce serait
détruire une des forces vitales de la na
tion. A tout prendre, la « mentalité prf» (
maire » a bien mérité de la France et de
la République. . '
Ce qu'il y a au fond de cet éloge, c'est
une singulière offense à toute une classe
de bons Français, et c'est aussi un: aveu
précieux à retenir. Car ce que M. Ferdi
nand Buisson estime et loue chez, le pri
maire, ce n'est pas les qualités natives et
traditionnelles de notre peuple : le bon
sens et les sentiments droits. Il l'estime et
le loue dans la mesure où il est ignorant,
où son défaut de culture l'empêche de dis
cerner les causes et les effets qui ne sont
pas immédiats et directs et qui lui montre
raient par exemple t[ue le pacifisme est
une duperie meurtrière, où son 'défaut de
critique lui permet d'accueillir et de" pro
pager, avec générosité et'enthousiasme des
théories qu'il n'est en état ni de vérifier-ni
■ de discuter. On ne saurait mieux dire qiie
gjgj(i République est fondée sur l'ignorance. <
Par intérim: G. D. j
LE : «■DIALOGUE
franco-américain
_ i» il.. ■
Le conflit qui devait faaître du Comité
des Experts se sera produit avant au lieu
de se produire après. Cela vaut mieux
ainsi. Le plus inquiétant, c'était' le mot
dont le communiqué anglais s'était servi
l'autre jour: à Londres, on eût préféré une
Conférence, mais on se contentait d'un
Comité, d'où l'équivalent d'une Conférence
pourrait toujours sortir.
Quand il s'est agi de rédiger la lettre
d'invitation au gouvernement des. Etats-
Unis, on s'est aperçu, à Paris, que l'on ris
quait d'être entraîné beaucoup trop loin
et, à Londres, que l'on risquait de ne pas
aller assez loin. M. Poincaré a voulu limi
ter le programme des experts. Lord Cur-
zon a voulu l'étendre. M. Jaspar a. proposé
une formule transactionnelle propre seu
lement à reculer le débat au lieu de le
vider tout de suite, ce qui ne rendrait ser
vice à personne.
Dans cette discussion qui a l'air de por
ter sur des mots, mais qui porte sur le
programme même deT «expertise», on a
fait intervenir le gouvernement des Etats-
Unis. La confusion en a été augmentée.
Le gouvernement français n'a pas été in
formé officiellement de Washington qu'il
fût dans les intentions du président Coo-
lidge et de M. Hughes d'exiger que le
chiffre de la dette allemande pût être re-'
visé par les experts. Aucune communica- j
tion n'a été envoyée à Paris à ce sujet.
Seulement il est difficile de penser que le
gouvernement des Etats-Unis regarde
comme un texte intangible l'Etat des paie-
ments auquel il n'a pris aucune part.
Il est difficile, aussi «le penser qu'entre
M. Hughes et notre' ambassadeur à
Washington il ne s'établisse pas à quelque
moment un dialogue qui pourrait se résu
mer ainsi :
M. Hughes , — Puisque vous admettez
que des experts se réunissent, à quoi vou
lez-vous qu'ils servent s'ils n'examinent
pas en général ce que l'Allemagne peut
payer? Le bon sens universel' proclame
que la solvabilité de l'Allemagne, en ce
moment, vaut sa monnaie, c'est-à-diré zéro.
S'il s'agit d'examiner la capacité de, paie
ment actuelle de l'Allemagne, il est inutile
qu'un expert américain traverse l'Océan.
L'ambassadeur de France . — Peut-être.
Mais, à moins de supposer que l'Allemagne
est ruinée pour toujours, comment voulez-
vous déterminer ce qu'elle pourra payer
dans cinq, dix ou vingt ans? Alors ce ne
sont pas des experts qu'il faut convoquer.
Ce sont des tireuses de cartes et des astro
logues.
M. Hughes . — Cependant 1 vous savez
comme moi que vous ne pouvez rien tirer
de votre Etat des paiements. Tel qu'il est,
il constitue votre titre, c'est entendu.
Pourquoi ne le monnayez-vous pas? . ~
L'ambassadeur de France , -r- Vous êtes
en plein dans la situation. Nous gardons
notre créance sur l'Allémagne comme vous
gardez votre créance sur nous.
M. Hughes . — Il y aurait peut-être
moyen de s'entendre. Jusqu'ici nous
n'avons pas été des créanciers exigeants.
Nous vous avons laissés tranquilles. : Uri
arrangement n'est pas impossible.
L'ambassadeur de France. — mak,
chaque fois qu'il a été question des dettes,
vous m'avez dit que vous étiez lié par là
décision de votre Congrès.. Il ne vous est
pas permis d'accorder la moindre remise
à personne. "
M. Hughes . — Sans doute. Mais un peu
de complaisance de votre part vis-à-vis de
l'Allemagne pourrait provoquer celle du
Congrès à l'égard de nos débiteurs.
L'ambassadeur de France . — Si vous
étiez à notre place, affaibliriez-vous un
titre certain contre une promesse dont la
réalisafion incertaine dépend d'une assem
blée ?... .
Ainsi peut-on imaginer le dialogue entre
la France et les Etats-Unis et il n'y a pas
besoin de communications écrites pour:
apercevoir qu'il est sans issue. Anglais et
Américains ébranlent vainement les portes
qu'ils ont closes le jour où ils ont dit:
« Nous ne remettons pas ce qu'on nous
doit ». Pourquoi• remettrions-nous ce qui
nous est dû ? — J. B.
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EDITION DU MATIN
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e 5$' Novembre 1923
15 cent *
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| France et Colonies. -48 fr. 25fr. lUft*. 1
jj Etranger. ; 82 » 42 » 22 » |
ORGANE DU NATIONALISME INTÉGRA»
(( Tout ce qui est national est notre.■■■■■■■'
Le Duc d'OKLÉANS
héritier des quarante Rois qui en mille aus firent laTranco.
RED ACTION & ADMINISTRATION
l'î, rue d e Rome, P ARIS (8•)
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Fondateur HENRI VAUGEOIS — Directeurs politiques : LÉON DAUDET et CHARLES, MAURR&S- —— * Rédacteur en chef : MAURICE PUJO
La Démocratie en Allemagne... et ailleurs
g Jusqu'à nouvel ordre, la fortune allemande
a passé aux mains d 9 tin petit nombre d'hommes
■ *
cFàffairès, de financiers 9 d'industriels d?uriè habi-
lété, disons mieux, d'une rouerie consommée. Ce
sont eux qiii ont, envers 'et contre tous, le près*
tige, l'autorité, la toute-puissance, en. vertu de ce
principe que dans notre. siècle de démocratie^
c'est l'argent qui mène le monde. »
yiCTOK CAMBON, dans l'Information
ii m iilniii—
' ":X V
du 3 novembre.
Barbey jugé par BoiirgetJI^nionnmeiitdePlnleau
sera inauguré
dimanclie 11 novembre
Comnie il fallait s'y attendre, — vu l'ef-
pfroyable pénurie de la critique actuelle, qui
! se repaît de poncifs morts, — l'apposition
! de la plaque commémorative, sur la ché-
; tive maison de la rue Rousselet, n'a guère
i valu, à la grande mémoire de Barbey d'Au
revilly, qu'un flot de copie insipide. Mais
le discours de ■ Paul Bourget, qu'on trou-
; vera, reproduit in extenso, dans YIllustra
tion du 20 octobre dernier, est une belle
page, et qu'on lira avec profit. Rourget a,
connu, admiré, aimé le maître méconnu,
aux côtés de Balzac, du roman français au
dix-neuvième siècle. Ce qu'il dit de lui est
juste et émouvant. Le passage que je vais
citer résume, à'mon avis, toute la question,
qui est de première importance :
; Il ne causait, — lui, d'Aurevilly, —_ il
i n'écrivait avec cette énergie d'expression
i-qu'à cause de l'énergie qui était en lui.
Energie d'imagination qui lui faisait natu
rellement inventer des caractères vigou
reusement frappés et des événements à
leur ressemblance. Energie de conviction
qui lui faisait pousser les idées jusqu'à
leurs extrêmes conséquences et n'en adop
ter, en religion, en politique, en art, que
de très tranchées.. Energie morale, enfin,
qui lui faisait n'admettre dans la vie au
cune mesquinerie, aucun compromis. C'est
à lui-même qu'il pense lorsque, au com
mencement de la première Diabolique, il
parle de ces têtes « construites , d'une cer
taine façon *tnilitaire pour lesquelles, à
propos de tout et toujours, toute la ques
tion, comme à Waterloo, est de ne jamais
se rendre », et l'on peut dire de lui
qu'ayant-conçu pour lui-même un certain
idéal d'existence et de littérature et s'étant
heurté, soixante ans darant, à des condi
tions matérielles contraires à tous ses dé
sirs, à un public contraire à tous ses goûts,
à une société contraire à tous ses prin
cipes, il lie s'est jamais rendu.
| Comme c'est cela, et quel résumé vigou-
1 reux! Flaubert était le miroir grotesque, où
'se reconnaissait le dix-neuvième sièele, et
sa volumineuse correspondance est le ré
sumé de toutes les âneries de ce triste
temps. Aussi quel succès, autour de lui
quel tam-tam nègre! L'anticléricalisme ro
mantique lui pardonnera Homais, en rai
son de Bournisien. Ce juste milieu dans
l'ironie a toujours été le régal de la fausse
élite qui, de 1870 à 1910, annihila l'élite
française. Pour le Temps, comme pour les
Débats, comme pour la Revue des Deux
Mondes, Barbey est un excentrique et un
fol, alors qu'il est le bon sens même, —
un bon sens habillé, d'incarnat, — et c'est
le maniaque, de Croisset qui est un sage,
parce qu'il donne, d'une voix tonitruante,
. dans tous les godants, dans toutes les
prudhommeries à la mode. J 'ai connu, dans
ma jeunesse, Flaubert et Barbey. Des deux,
le cabotin n'était pas Barbey, en dépit de
ses bizarreries, apparentes. Quant à l'intel
ligence, ou compréhension des rapports et
des valeurs, elle était magnifiquement spon
tanée chez Barbey, laborieuse et courte
chez Flaubert.
Si vous voulez vous en rendre compte,
prenez le Victor Hugo de Barbey, publié,
l'année dernière, par l'éditeur Crès. Il n'est
I pas d'ouvrage plus équitable, ni plus mo
déré de ton, ni plus clairvoyant. On peut
dire de lîii qu'au regard de la vérité litté
raire il pèche par une excessive indulgence,
notamment en- ce qui concerne la Légende
des Siècles, Ruy Blas et Lucrèce Borgia.
Car il y ra de-tout dans la Légende des
Siècles, excepté précisément cet esprit de
la légende, qui apparaît, fluide et doré,
! dans une strophe de Gœthe et dans deiix
i vers de Mistral. Hugo est naturellement
' lyrique, parfois épique, mais ici d'un
souffle ' assez çourt, en dépit de l'étirement
des métaphores. Il n'est jamais, ni à aucun
degré, légendaire, ce qui exige une abs
traction de soi, un désintéressement intel
lectuel qu'il n'a pas. Il est l'homme qui ne
peut pas s'en aller, se retirer de son œuvre,
qui demeure attaché à ses métaphores par
le je et par le moi. De là l'impression d'ex
traordinaire fatigue qui émane non seule
ment de Dieu — atrocement vide— et de
la Fin de Satan, — qui n'en finit pas, — :
mais encore des Misérables. Le comique,
chez Hugo, est involontaire, par exemple
■ dans l'Histoire d'un crime; et Barbey d'Au
revilly, ,qui avait le sens du comique quand
' il le fallait, s'est cependant gardé d'y insis-
' tçr. Au fond, il demeure légèrement inti-
! midé par le tam-tam nègre organisé autour
^ du Grand.Fétiche de Guernesey, et il ne lui
tire* la barbe qu'avec encore une nuance de
respect. '
Voici pour les Misérables, ferment de
cette littérature de la pitié qui a déjà fait
couler des torrents de sang et t qui en fera
couler plus encore :
Le dessein du livre c'est de faire sauter
toutes les institutions, sociales, les unes
après les autres,-avec une chose plus forte
que la poudre à canon, qui fait sauter les
I montagnes ■— avec des larmes et de la
1 pitié. Il s'est-dit, avec assez de raison,
que, dans l'humanité, ce qui 'fait la foule,
le nombre et .les publics, ce sont les
femmes et les jeunes gens, ces femmes
momentanées, qui bien souvent restent
femmes toute leur vie par impossibilité de
mûrir et indigence de cerveau, et c'est sur
tous ces cœurs, peu surmontés de têle,
qu'il a essayé d'opérer. C'est pour tous ces
' cœurs, impétueusement ou tendrement
sensiblesj 'qu'il n combiné les effets d'un
livre arrangé - de manière à donner tou
jours raison à l'être que la société punit
contre la société qui le punit.
Les Misérables,-, — comme l'a fait maintes
fois remarquer Maurras, — c'est le triom
phe de l'avocat sur le ministère public, de
la sensiblerie sur le bon sens. C'e3t, en
attendant Dostoievsky, et surtout Tolstoï, le
premier bréviaire de l'anarchie. Puéril dans
son affabulation centrale, l'ouvrage vaut
surtout par ses hors-d'œuvre, ses tableaux
de Paris et son style, où il y a de beaux
mouvements, sans compter - les réminis
cences visibles de Balzac. Mais c'est d'un
Balzac sans pudeur et qui étale, à chaque
page, un << grand cœur » .— laborieusement
rythmé et palpitant — alors que Balzac ca
chait le sien. Grand vivant, violemment sen
suel, Hugo jouait la sensibilité, avec un ré
mige surabondant de mots outranciers et
vagues, qui alourdissent singulièrement son
vol.
La critique « barbeyenne » de la Légende
des Siècles se résume dans cette phrase'
/dorée : \
Je l'affirme donc avec sécurité, voilà le
défaut de cette cuirasse d'or : l'imagina
tion dans les choses ne n'équilibrant pas
avec l'imagination dans I*w mots. Et c'est'
par ce manque d'équilibre çitg la critique
peut le' mieux expliquer s^ntMttquement
le genre de génie de Victor Jïago.
Phrase que complète cette remarque sur
les romantiques, tirée d'une longue connais
sance et méditation de Shakespeare :
Car c'est là tout, qu'on ne s'y méprenne
pas: c'est à l'origine de leur poétique, de
leur système. Sans ShaJcespeare, ils n'exis
teraient pas. Seulement, ce qui fut en lui
irréfléchi, involontaire, mauvais emploi de
grandes facultés, influence du temps où il
vécut, est en eux, absous et même érigé en
principe. Cette réalité incessamment 'mon
trée produit l'individualité dans les carac
tères qu'on craint de trop généraliser ;
cette réalité amène le drame sur la scène;
il faut qu'il soit joué aux yeux seuls et
non plus à l'esprit aidé des yeux. Hugo
n'a-t-il pas soutenu qu'il valait beaucoup
mieux montrer les choses que les bien
dire, et que les vers fameux de Racine:
Elle a fait expirer une enclave à mes yeux, etc.
devaient être toujours inférieurs à 1er vue
de l'officine de Locuste?
--Tout-ce volume sur Hugo serait à citer-
comme un modèle d'indulgence sereine et
de remise au point: Ainsi, au sujet de Ruy
Blas et de Hernani, dont la sottise foncière
aujourd'hui nous déconcerte :
On reconnaît, dans l'un et l'autre de ces
drames, cet amour forcené de l'antithèse
qui a toujours possédé Hugo et qu'il a
porté non seulement dans l'idée première
de toutes ses compositions, dans la disposi
tion successive des actes et des scènes,
dans la pose et le jeu de ses caractères,
mais encore dans le dialogue, et enfin jus
que dans les vers. Lui qui s'est moqué si
souvent, et qui peut-être se moque encore,
avec toute l'impatience de l'autorité que
montre l'école . ppolestanto-liltéraire qu'il
représente, de t cette littérature tirée au
cordeau dont nous avons gardé les dogmes,
a-t-il quelquefois songé, le bouillant esprit
qu'il est, que toute sa force d'intelligence
itcl'abîmerait à jàmais dans ses antithèses,
il l'engloutirait dans des coneetti, et que
l'on pourrait lui appliquer ce que l'on a
dit du prince de Conti: qu'il avait, il est
vrai, beaucoup d'esprit, qu.il en avait une
grande étendue, mais que cet esprit res
semblait à un obélisque et qu'il finissait
par une pointe?
Les contemporains de Barbey d'Aurevilly
"étaient, dans leur immense majorité,^tout à
fait incapables de", comprendre un seul mot
à de semblables remarques, qui les dépas
saient de cent coudées. Dans Sainte-Beuve
lui-même — d'un jugement sûr quand ses
ardeurs et rancunes secrètes ne le trou
blaient pas i— il y avait un côté « petite
ville » et goût du commérage qui le rete
naient sur la pente de son ' discernement
génial. Quant aux'autres, fantoches intellec
tuels, et de la plus basse catégorie, —: la
libérale ou démocratique, — ils voyaient,
dans Barbey, un original* qui portait des
jabots de dentelle et écrivait avec des encres
de couleur.
Léon DAUDET
Député de Paris.
■■'VrE
L'indépendance rhénane
La manœuvre de la Prusse
La presse française annonçait avant-
liier que M. Tirard, président de la Haute-
Commission interalliée, avai eu une lon
gue entrevue avec certaines personnalités
de Cologne, et faisait prévoir que de ces
entretiens et rie ceux que M. Tirard aurait
avec le président du conseil français, sor
tirait une -sôlution de la question rhé
nane.
Nous savons que ces « personnalités, de
Cologne » étaient M. Lévy Hagen' (dit
Louis Ilagen) et diverses autres personnes
éminentes ' du : groupe de M. Adenauer,
bourgmestre de Cologne, qui, en 1919, tra
hit le mouvement rhénan au profit de-la
Prusse. Il s'^pit là d'une tentative faite
par le gouvernement de Berlin pour se
conserver la Rhénanie. Son plan consiste
rait à accepter une république rhénane,
mais dans le cadre du Reich et pour cela,
il n'hésiterait pas à se charger lui-même
de l'émission d'une monnaie rhénane.
M. Louis Hagen et son groupe disposent
naturellement de tous les capitaux néces
saires, et l'on compte sur .cette facilité
pour allécher le gouvernement français.
Les séparatistes rhénans sont plus sin
cères mais moins , riches. Ils ne peuvent se
résoudre toutefois à croire que M. Poin-
caré se laissera prendre à un piège aussi
grossier. .
C'est dimanche prochain 11 novembre
qu'aura lieu la bénédiction solennelle et
l'inauguration du monument, œuvre de
Maxime Rèal de! Sarte, élevé à la mémoire
de notre héroïque ami.
En choisissant cette date du 11 novem-.
bre, l'Action française et les Camelots du
Roi ont voulu souligner le caractère na
tional de cette commémoration. C'est le
héros de la.guerre, le magnifique combat-
tantde Port-Fontenoy, titulaire d'une des
plus belles citations de l'armée française,
que nos amis et tous les bons Français
sont invités à célébrer dimanche proclïain,
et c'est aussi le secrétaire général de la
Ligue d'Action franccS.se et'des Camelots
du Roi, le chef civil de nos luttes patrio
tiques, frappé à son poste de combat par.
une meurtrière qui, constate l'acte officiel
d'accusation, voulait punir l'Action fran
çaise jugée par elle responsable de la ré
cente occupation de la Ruhr qu'elle qua
lifiait « d'agression française contre l'Al
lemagne »,
Plus nombreux encore qu'aux funérailles
inoubliables du 27 janvier, les ligueurs, et
les patriotes recueillis se grouperont der
rière le drapeau et les fanions de l'Action
française et escorteront en foule les cou
ronnes qui, au jour anniversaire de la Vic
toire, iront témoigner à Marius Plateau,
ouvrier et martyr de la Renaissance natio
nale, la gratitude des Français et leur pié
té à son souvenir.
Dispositions générales
Toutes les organisations d'Action fran
çaise de Paris et de la Banlieue, et celles
"des Provinces qui désireraient y assister,
ainsi que les groupements patriotiques,
qui voudraient, se joindre  nous, sont
invités à prendre dès maintenant les me
sures nécessaires pour assurer leur parti
cipation au cortège.
■ Le rassemblement se fera dimanche à
deux heures de l'après-midi avenue de la
Motte-Piquet, devant l'Ecole militaire et
dans les voies adjacentes. Nos lecteurs
trouveront dans les numéros du journal
de vendredi et de samedi l'indication dé
taillée des points de rendez-vous où les
sections et les groupes devront se réu
nît derrière leurs drapeaux, leurs fanions
on Étais couronnes.
En raison de l'exiguïté àu cimeùère de
Vaugirard, le ■ cortège ne. pourra y péné-
Jrcr,.-mais il défdera. dev.ant Ja porte, en
"presbiice.de là famille de Marins Plateau
et des Comités directeurs de .l'Action fran
çaise. Seuls entreront,, avec les présidents
des sections et des groupes, les porteurs
de drapeaux, de fanions et dit couronnes,
devant qui aura lieu la cérémonie d'inau
guration.
. Cette cérémonie, consistera dans le scel
lement, dans la pierre,, du livre d'or men
tionnant les noms. de tous les souscrip
teurs aux. Jrais. du monument, dans la bé
nédiction de ce monument et dans ' les
discours qui seront prononcés au nom de
l'Action française et de la Fédération na
tionale des Camelots du Roi.
JE CHO'S
LES FAITS DU JOUR
— Les ambassadeurs d'Angleterre et des
Etats-Unis se sont tntretenus avec M. Poin-
caré. '
— Une bagarre sanglante a eu lieu en
Sgaxe entre la Reichtoehr et les policiers
saxons.
— A Paris, l'Ecole centrale a célébré ses
morts.
— Le second voleur communiste des ta
pisseries de Versailles a été arrêté à Mar
seille.
LES CHOSES ET LES GENS
Qui donc avait ose appliquer à ce nouveau
journal le nom de Mal. vendu. ? .
Le Mal vendu, ?... Qn se l'arrache, littéralement.
Nous pouvons en témoigner. Nous avons constaté
son succès.'Nous devons à la justice et à la vérité
-de déclarer que ce succès ei.1 formidable, inouï,
sans précédent. ;
Nous avons vu, de no$ yeux vu, ce qui s'appelle
vu, à l'entrée d'une station du métro, un vendeur
qui n'arrivait- pas à satisfaire toutes les demandes
et à mettre un journal dans toutes les mains qui
se tendaient vers lui avec vingt centimes au, bout
des doigts.
Eii échange de ces vingt . centimes, le epieur
donnait le numéro du jour du Mal vendu, auquel
il joignait. généreusement un billet détaché d'un
carnet de .métro ; le prix d'un, billet étant de'
tiente centimes,.on.conçoit que les Clients étaient
nombreux et les acheteurs impatients d'être ser
vis. V| ■ ■ 1 .
Tous, bien entendu; gardaient le billet valable
pour un voyage .et la plupart, jetaient la feuil'e.
. Mais de mauvais- esprits se demanderont peut-
être d'où vient l'argent, gui permet à ce journal de
se .vendre dans de telles conditions.
• Le parti communiste répand en ce moment une
multitude de tracts au sujet desquels •nous pré
senterons deu£ observations contradictoires :
1° Un.beau marteau, encadré d'une faucille, dé
core le haut de ces petits documents, tandis que
la signature « . Le Comité directeur » orne le
bas. Pourquoi donc ne pas finir par où l'on com
mence et signer < marteau » ? Cela caractéri
serait bien mieux cette entreprise de stupidité ano
nyme qu'est l'Humanité ;
2° Cependant l'Humanité est aussi «ne entre
prise de crimes et. à ce titre elle peut signer ï
« Le Comité' directeur ».<,C.est° ainsi qù-âctuel-
lement les jeunesses communistes répandent dans
les casernes ces tracts incendiaires contre Poin-
caré et pour les frères allemands. Mais puisqu'il
y a un comité directeur, nous proposons de le
coller au mur, au lieu de châtier les jeunes sol
dats qu'il excite.
* *
Pourquoi payer très cher, au détail, bijoux et
argenterie, quand vous pouvez obtenir les moires
articles, aux prix de gros, avec une économie de
30 0/0, chez Pinson, 15, rue Lévis, de 9 . heures
à midi.
LA--POLITIQUE
I. La Ligue des Droits de l'Homme
- au Travail '
La Ligue dqs Droits de l'Homme tient
donc son congrès annuel.
l>ans la crise de rapide vieillissement
où la guerre européenne a jeté les institu
tions, les régimes, les idées démocratiques,
l'organe le plus en vue, auquel on va tàter
le pouls avant tous les autres, c'est le Par
lement; Et Dieu sait s'il a mauvaise mine.
Mais l'histoire des grands jours de la Dé
mocratie, en. 1793 comme en 1899, montre
que l'organe vital de cette aimable entité
n'est pas le Parlement, non plus d'ailleurs
que le Peuple Souverain, , non plus q'ue les
fantoches qui se partagent l'exécutifi L'or
gane vital, c'est le réseau des « Sociétés
de pensée », d'académies politiques, oc
cultes ou avouées, groupées ou non en
filiales et en mères où les doctrines les
plus nocives s'élaborent loin des respon
sabilités, loin des faits, dans la sérénité ou
dans la fureur des discours : Jacobins,
Francs-Mqiçons, Ligueurs des Droits de
l'Homme, voilà les producteurs réguliers
0t nécessaires de l'idéologie démocra
tique — aux grandes époques, quand les
« purs » ont le pouvoir et l'enthousiasme.
Mais quels lendemains ! Quoi de plus
pitoyable qu'un Jacobin après Thermidor,
qu'un Franc-Maçoji ou qu'un Ligueur des.
Droits de l'Homme en 1923! Toute la sé
cheresse, tout l'épuisement du régime ap
paraissent dans ces conciles où quelques
maniaques s'obstinent à continuer leurs
parlotes ou, .comme ils disent, leur « Tra
vail ». Quand ces maniaques, par ailleurs,
sont les maîtres, de l'Etat, quand ces par
lotes risquent de se traduire immédiate
ment en cous coupés, en églises fermées,
en « morts par surcroit », le spectacle peut
être tragique. Aujourd'hui, dans ce Con
grès de'la Ligue des Droits de l'Homme, le
ridicule est seul à triompher.
Savez-vous de quoi l'on y parle, àu mo
ment où toutes les pensées de la France
vont au Rhin, aux réparations, vers Ber
lin, vers Londres, vers Bruxelles?
. De la liberté- des fonctionnaires et de la
liberté individuelle.
II. Sottises périlleuses
Et croyez-vous qu'on se soit appliqué à
regarder des cas concrets, à proposer une
■ réforme précise? Nenni. Topo, pathos et
topo. Voici comment le vénéré Ferdinand
Buisson a traité de la liberté des fonction
naires :
L'importance numérique du corps des
fonctionnaires le place en face de l'admi
nistration comme un autre pouvoir légi
time (??). Ce sont deux pouvoirs nécessai
rement limités l'un par l'autre et qui
entrent souvent en conflit.
Leur conflit résulté d'une sorte d'anti
nomie fondamentale qui ne peut être ré
solue sans qu'interviepné une doctrine
qui, dégageant nettement les deux prin
cipes, assure le respect absolu de chacun
d'eux dans la sphère d'action où il doit
régner. ,
Imaginez-vous ce conflit fondamental
entre. .« l'administration » qui se définit
le corps des fonctionnaires et ce même
corps de fonctionnaires qui compose es
sentiellement l'administration ?
Et voici comment le citoyen Viollette
renouvelle la question de la'liberté indi
viduelle que M. Jonnart, de l'Académie
française, .avait déjà magistralement \et
suffisamment définie : « La liberté, c'est
quand on ne vous empêche pas d'agir».
Le citoyen a- le droit de n'être pas mo
lesté ni inquiété tant qu'il ne menace pas
les bases'sur lesquelles, à tort ou à raison,
la société fonde son équilibre et son exis
tence. Ce serait une injustice criante si,
pour découvrir et atteindre un coupable,
la société ■ opprimait un innocent ou si,
ayant découvert le coupable, elle le punis
sait. selon le caprice ou la passion du mo
ment.
Voilà pour quelles fructueuses recher
ches le congrès s'est réuni; voilà ce qui
permet! à l'Ere nouvelle d'écrire:
Sous la présidence alternative de M.
Baylèt et de M. Moutet, les ligueurs s'atte
lèrent^ à la besogne avec unè: ardeur con
centrée, pleine d'attention et de sincérité.
Quelques beaux. discours de Glay, Bide,
Garay, Duckett. Autant de coups d'ailes
qui font monter la discussion...
Comment ne pas songer, devant "cette
pitoyable comédie, aux fameuses Sociétés
de pensée dont le rôle capital avant ' et
pendant la Révolution de 1789 a été mis
en'lumière tout récemment par Augustin
Cochin; et .dont notre ami G.-A. Pierre,
l'an passé, 'traitait, à l'Institut d'Action
française, comme de l'une des causes
principales de la révolution ? Le méca
nisme est le même :
Le mode de formation de ces Sociétés,
disait M. : G;-A. Pierre à propos des clubs
du dix-huitième siècle, est tout à fait sin
gulierdans les groupements ordinaires,
économiques, politiques, religieux, les in
térêts, les idées, les croyances préexistent
à l'association, l'expliquent, la justifient;
ici la marche est inverse : on s'associe
d'abord., on cherche ses idées communes
ensuite. Entre les membres du club, il n'y
a rien de commun, sauf ceci: la volonté
de s'associer, et de s'associer uniquement
pour parler, pour discuter. Dans la vie
ordinaire, ce qui est important, ce qui
compte, c'est le rendement, l'effet, le ré
sultat produit. Dans la Société de pensée,
c'est la parole, le discours, le vote. Dans
la vie, on demande aux hommes des qua
lités pratiques, des qualités d'action, du
jugement, de la décision. Ici, on leur de
mande des qualités théoriques, une grande
facilité d'abstraction, l'amour, des généra
lités, l'esprit du système. Dans la' vie, il
y a des classes, des hiérarchies; ici c'est
légalité parfaite: un bulletin de vote en
vaut un autre. (Cours de l'Institut d'Ac
tion française, mai 1923, p. 68.)
Ce sont ces discussions en vase clos,
avec les exaltations et les vertiges qu'elles'
provoquent, qui ont fait dégénérer en ca
tastrophe nationale le renouveau de 1789,
pour îe plus grand profit de l'Anglfeterre.
Ce sont elles qui ont, pendant, trente ans,!
tenu la troisième République* dans une at
mosphère de guerre civile, pour la plus
grande joie du chancelier et de l'empe
reur allemands. Inoffensives par leur in
consistance, par leur énormité* même, elles
peuvent; aux mains des puissances étran
gères ou d'intérêts financiers,_ multiplier
les risques de la patrie. Le péril, c'est que
l'or anglais ou le papier allemand viennent,
aux élections prochaines, rendre une no
civité à ces nuées ridicules.
Mais," cette fois du moins, nous avons
contre elles une assurance : au len
demain de la guerre, pressée par les deux
ou ti'ois menaces éternelles qui remplis
sent son histoire, la France, la France des
Jeunes et des Combattants, veut d'autres
guides, d'autres entraîneurs, d'autres en
thousiasmes. Parlez-lui d'Etats généraux,
de politique rhénane, de sport, de ce que.
vous voudrez. Mais ne lui parlez pas de
l'article 7 de la Déclaration des Droits.
Le congrès que préside M. Buisson, avec
sa pluie de discours inféconds, lui fait
l'effet d'un mauvais lieu où dey vieillards
satisfont en commun une manie, une triste
manie de débauche cérébrale.
III. Pour rallier les Gauches s
« D'abord vivre ! » '
Chose curieuse: plus le parti républi
cain s'acharne à remâcher et à ruminer
son idéologie, plus son action devient
basse, élémentaire et brutale. Oyez plutôt
le cri d'alarme que P.-P. Painlevé pousse
en première colonne "de Paris-Soir:
D'abord vivre /
II s'agit de la République, ou plutôt du
personnel de politiciens et de profiteurs
qui remplissent les divers partis républi
cains. D'abord vivre, c'est-à-dire, pour le
parti radical, conclure avec les socialistes,
au besoin aussi avec les communistes, une
alliance dont le peu de patriotisme qui lui
reste ferait les frais. Vous chercheriez vai
nement une idée mère, un principe com
mun dans ce programme d'alliance: vivre
d'abord! Rester en République!
A-t-on assez reproché, (très injustement
d'ailleurs, à Louis XIV, à Lotlis XVIII, à
Louis-Philippe, d'avoir parfois préféré
l'intérêt de leur trône ou de leur famille
à l'intérêt national? N'est-ce pas un La-
visse, à défaut d'un At^ard, qui condamne,
comme « dynastique », la guerre de Suc
cession d'Autriche dont la France pour
tant sent encore les bienfaits? Vivre d'a
bord! Que diront les historiens de cette
formule qui permet aux hommes de
gauche de sacrifier le «ang, l'or, lar terre
de la France dans une alliance mons
trueuse avec lés hommes que paie Mos
cou, que paie Berlin, que paie ou que
paiera Londres?
Il faut retenir ce cri d'un homme à qui,
en pleine guerre, la patrie fut pourtant
confiée:
Nos adversaires peuvent railler nos
basses préoccupations et nous accuser, en
latin, de sacrifier au souci de vivre les
raisons mêmes de vivre.
Nous voulons préserver la République,
non pas au prix de nos principes, mais
justement pour les sauver.*
M. Painlevé est prêt à tuer la France
pour lui conserver une République.
IV. Contre l'empoisonnement
des primaires
La Ligue des Droits de l'Homme, cepen
dant, a- daigné, sur un point, sortir des
généralités. Elle a protesté contre le dé
placement de quatre ou cinq instituteurs
et inspecteurs primaires compromis .dans
des incartades communistes. Ce n'est pas
un hasard si les instituteurs ont été ainsi
les héros de la fête : c'était prévu. Huit
jours d'avance, les autorités académiques
avaient communiqué à leurs subordonnés
l'avis suivant :
A la demande de la Ligiie française pour
la Défense des Droits de l'IIomme et du.
Citoyen, M. le ministre a décidé que les
membres de l'enseignement public qui se
raient délégués par leur section au con
grès qui doit se tenir du i" au 3 novembre
proenain, pourraient obtenir les congés
nécessaires pour les vendredi 2 et samedi
3 novembre.
Les, contribuables trouveront • peut-être
mauvais d'avoir ainsi à payer un jour de
congé supplémentaire à "i'instituteur-li-
gueur. Les hommes de bon sens estiment
peut-être qu'il eût mieux valu, congé pour
congé, fermer les écoles lè Jour des Morts.
Les électeurs patriotes s'indigneront peut-
être contre les complaisances du ministre
à l'égard d'une Ligue malfaisante. Mais
nous ne voulons retenir ici qu'u"n fait: le
personnel primaire est présenté, par une
minorité sectaire et antinationale, comme
la chose d'hier et de demain. Prétention
souverainement injuste, car rien n'ex
plique la complaisance de M. Léon Bé-
rard; tout nous prouve, au contraire, cha
que jour, que les primaires n'appartien
nent pas, par définition, à l'Antifrance.
Mais prétention tenace, imposture vitale
pour le radicalisme moribond, mensonge
que le vénéré Ferdinand Buisson énonçait
tout au long dans le Mal vendu , le jour
même de l'ouverture du congrès .de la
Ligue, sous couleur de défendre la « men
talité primaire » :
C'est elle qui soutient, en dépit de tous
les partisans de la force et de tous les pro
fiteurs de la réaction, que l'heure--est ve
nue non seulement pour la France, mais
pour l'humanité, d'abolir la guerre en y
opposant une puissante organisation de
la paix fondée sur la justice internatio
nale et garantie 'par la société universelle
des nations civilisées.
Sans doute, cette « mentalité pri
maire», animée d'un grand souffle dé
mocratique et social, pourra se trouver en
conflit avec des opinions et des intérêts
qui, sous couleur de conservatisme, dé
fendent/ d'injustes inégalités, c'est-à-dire
le maintien du privilège pour les uns, de
l'asservissement pour les autres...
(Traduisez cet éloquent pathos en fran
çais: « Sans doute l'esprit primaire est un
mélange de pacifisme, d'internationalisme,
de socialisme, .etc.-».)
Tout cela est possible. Mais, ce qui est
certain, c'est que la détruire, ce serait
détruire une des forces vitales de la na
tion. A tout prendre, la « mentalité prf» (
maire » a bien mérité de la France et de
la République. . '
Ce qu'il y a au fond de cet éloge, c'est
une singulière offense à toute une classe
de bons Français, et c'est aussi un: aveu
précieux à retenir. Car ce que M. Ferdi
nand Buisson estime et loue chez, le pri
maire, ce n'est pas les qualités natives et
traditionnelles de notre peuple : le bon
sens et les sentiments droits. Il l'estime et
le loue dans la mesure où il est ignorant,
où son défaut de culture l'empêche de dis
cerner les causes et les effets qui ne sont
pas immédiats et directs et qui lui montre
raient par exemple t[ue le pacifisme est
une duperie meurtrière, où son 'défaut de
critique lui permet d'accueillir et de" pro
pager, avec générosité et'enthousiasme des
théories qu'il n'est en état ni de vérifier-ni
■ de discuter. On ne saurait mieux dire qiie
gjgj(i République est fondée sur l'ignorance. <
Par intérim: G. D. j
LE : «■DIALOGUE
franco-américain
_ i» il.. ■
Le conflit qui devait faaître du Comité
des Experts se sera produit avant au lieu
de se produire après. Cela vaut mieux
ainsi. Le plus inquiétant, c'était' le mot
dont le communiqué anglais s'était servi
l'autre jour: à Londres, on eût préféré une
Conférence, mais on se contentait d'un
Comité, d'où l'équivalent d'une Conférence
pourrait toujours sortir.
Quand il s'est agi de rédiger la lettre
d'invitation au gouvernement des. Etats-
Unis, on s'est aperçu, à Paris, que l'on ris
quait d'être entraîné beaucoup trop loin
et, à Londres, que l'on risquait de ne pas
aller assez loin. M. Poincaré a voulu limi
ter le programme des experts. Lord Cur-
zon a voulu l'étendre. M. Jaspar a. proposé
une formule transactionnelle propre seu
lement à reculer le débat au lieu de le
vider tout de suite, ce qui ne rendrait ser
vice à personne.
Dans cette discussion qui a l'air de por
ter sur des mots, mais qui porte sur le
programme même deT «expertise», on a
fait intervenir le gouvernement des Etats-
Unis. La confusion en a été augmentée.
Le gouvernement français n'a pas été in
formé officiellement de Washington qu'il
fût dans les intentions du président Coo-
lidge et de M. Hughes d'exiger que le
chiffre de la dette allemande pût être re-'
visé par les experts. Aucune communica- j
tion n'a été envoyée à Paris à ce sujet.
Seulement il est difficile de penser que le
gouvernement des Etats-Unis regarde
comme un texte intangible l'Etat des paie-
ments auquel il n'a pris aucune part.
Il est difficile, aussi «le penser qu'entre
M. Hughes et notre' ambassadeur à
Washington il ne s'établisse pas à quelque
moment un dialogue qui pourrait se résu
mer ainsi :
M. Hughes , — Puisque vous admettez
que des experts se réunissent, à quoi vou
lez-vous qu'ils servent s'ils n'examinent
pas en général ce que l'Allemagne peut
payer? Le bon sens universel' proclame
que la solvabilité de l'Allemagne, en ce
moment, vaut sa monnaie, c'est-à-diré zéro.
S'il s'agit d'examiner la capacité de, paie
ment actuelle de l'Allemagne, il est inutile
qu'un expert américain traverse l'Océan.
L'ambassadeur de France . — Peut-être.
Mais, à moins de supposer que l'Allemagne
est ruinée pour toujours, comment voulez-
vous déterminer ce qu'elle pourra payer
dans cinq, dix ou vingt ans? Alors ce ne
sont pas des experts qu'il faut convoquer.
Ce sont des tireuses de cartes et des astro
logues.
M. Hughes . — Cependant 1 vous savez
comme moi que vous ne pouvez rien tirer
de votre Etat des paiements. Tel qu'il est,
il constitue votre titre, c'est entendu.
Pourquoi ne le monnayez-vous pas? . ~
L'ambassadeur de France , -r- Vous êtes
en plein dans la situation. Nous gardons
notre créance sur l'Allémagne comme vous
gardez votre créance sur nous.
M. Hughes . — Il y aurait peut-être
moyen de s'entendre. Jusqu'ici nous
n'avons pas été des créanciers exigeants.
Nous vous avons laissés tranquilles. : Uri
arrangement n'est pas impossible.
L'ambassadeur de France. — mak,
chaque fois qu'il a été question des dettes,
vous m'avez dit que vous étiez lié par là
décision de votre Congrès.. Il ne vous est
pas permis d'accorder la moindre remise
à personne. "
M. Hughes . — Sans doute. Mais un peu
de complaisance de votre part vis-à-vis de
l'Allemagne pourrait provoquer celle du
Congrès à l'égard de nos débiteurs.
L'ambassadeur de France . — Si vous
étiez à notre place, affaibliriez-vous un
titre certain contre une promesse dont la
réalisafion incertaine dépend d'une assem
blée ?... .
Ainsi peut-on imaginer le dialogue entre
la France et les Etats-Unis et il n'y a pas
besoin de communications écrites pour:
apercevoir qu'il est sans issue. Anglais et
Américains ébranlent vainement les portes
qu'ils ont closes le jour où ils ont dit:
« Nous ne remettons pas ce qu'on nous
doit ». Pourquoi• remettrions-nous ce qui
nous est dû ? — J. B.
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