Titre : L'Action française : organe du nationalisme intégral / directeur politique : Henri Vaugeois ; rédacteur en chef : Léon Daudet
Auteur : Action française. Auteur du texte
Éditeur : Action française (Paris)
Date d'édition : 1923-10-04
Contributeur : Vaugeois, Henri (1864-1916). Directeur de publication
Contributeur : Daudet, Léon (1867-1942). Directeur de publication
Contributeur : Maurras, Charles (1868-1952). Directeur de publication
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 04 octobre 1923 04 octobre 1923
Description : 1923/10/04 (Numéro 276). 1923/10/04 (Numéro 276).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG87 Collection numérique : BIPFPIG87
Description : Collection numérique : BIPFPIG69 Collection numérique : BIPFPIG69
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k7617268
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, GR FOL-LC2-6354
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 18/01/2011
SEIZIEME A NNEE — M" 276
JEUDI 4 OCTOBRE 1923.
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15 centimes 20centimes
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Abonnements : Un An Six Mois. Trois Mois
F rance £C ou>nie 4._..JI'8; 25' 13 »._
E tranger . „...Ô2. .„• 42: . 22 , -
ORGANE OU NATIONALISME INtÊGRAL
• FONDATEUR
Henri VAUCE0I3
ti Tout Cet qui est national est notre,»
Le Duc d'ORLÊANS
Mrîtîerdes quarantêRoÎ3 quîertmilleansfîrenttaFrancè.
RÉDACTION'n ADMINISTRATION ;M.nié kRomé.fARIS 8?
Adresse ttlêjraphfquc : ACTIOFRAN PARIS
Chèque postal î Ccmple 23300 PARIS
Têtêph : A0HinISTRATigh;louvre Z6-4? et 26-50
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(apiis dix heures du sosr : Central W-07-)
directeurs politiques : LÉON DAUDET et CHARLES MAURRAS- rédacteur en chef MAURICE PUJO
^ L'électeur occidental sa
désintéresse de plus en plus
des urnes et de leur contenu^
RENÉ JOHANNET,
« Revue Universelle » du 1 er cdok^
l Lés Vœux suivants ontëfêémis au
CoSgres de la natalité de Marseille :
> Section de législation pour la réforme
de la loi du divorce ; rendre le divorce
impossible après deux ans- de mariage ;
interdire le remariage de l'époux adultère
et de son complice ; interdiction du rema
riage aux divorcés ; : peine de. trois mois
de prison au moins contre l'époux qui a
- donné lieu au divorce.
Section d'économie et propagande : con
trôle et réglementation de l'immigration ;
prime de la natalité obligatoire ; protec
tion de la famille nombreuse en France et
aux colonies ; développement de l'ensei
gnement du français à l'étranger par, les
letl^s et les oeuvres confessionnelles ;
énergique répression de l'avortement.
Section d'hygiène : obligation d'une ins
truction générale sérieuse pour l'inscrip
tion aux études de sage-femme ; organisa
tion de crèches pour enfants débiles ; en
couragements aux mutualités maternelles ±
inspection médicale sérieuse des écoles ;
répression impitoyable de la fraude du
lait ; interdiction xle. la vente des instru
ments anticonceptionnels.
Section de l'agriculture : le congrès aU
lire l'attention des pouvoirs publics et des
milieux industriels etcommerciaux sur la
perspective angoissante que font entrevoir
la désertion progressive et surtout la dé
natalité croissante des campagnes ; il les
■ invite à s'informer de façon méthodique
et scientifique des conditions de la vie
rurale et leur demande de faire aboutir
toutes mesures susceptibles d'arrêter le
mouvement de raréfaction des populations
paysannes et propres à amener l'accrois
sement de la natalité dans les milieux ru
raux. " •
Les vœux émis contre le divorce
— cause importante de dépopulation
— ont ieté en fureur la truie Gustave,
laquelle tempête à ce sujet dans son
torchon infect, — et de plus en plus
infccL -v- contre nos collègues Duval-
Àrnould et Isaac qu'elle accuse, elle,
l'auteur."des Cordicolès, « d'obscénité
spirituelle ». L'animal en complet
rose ajoute que « c'est à lever le
cœur »... Tu parles !
Je reprocherais plutôt, ert cette
matière, à notre distingué collègue
Isaac sa timidité. Il a abordé trois
fois à la Chambre, —- à ma connais
sance, 7—- ce redoutable problème, au
quel notre éminent ami, le marquis
- de Roux, a consacré un volume ad
mirable, paru à la Nouvelle Librairie
Nationale : l 'E tat et la N ataï itiî.
Notre collègue Isaac, fait ministre de
je ne sais, plus quoi par Millerandj au
début de la législature, est de visage
bienveillant et jaune, avec deux
yeux, compréhensifs et doux, de
lama apprivoisé. Il lit ses discours,
qui sont d'ailleurs bien composés,
mais d'une voix basse et que l'on a
de là peine à suivre. Quand on l'in
terrompt, même pour l'approuver ou
l'applaudir, on sent qu'on lui fait
beaucoup de chagrin ; ce qui fait que
je me contente de l'approuver de la
tête tt comme je fais pour le cher
tout petit homme de bonhomme Du
bois — en prenant à témoin me* voi
sins immédiats de l'excellence de sa'
démonstration. En fait, sa. position
logique est malaisée, car il tient à
demeurer démocrate, ou à passer
pour bon démocrate, tout en déplo
rant une' diminution progressive de
la natalité, qui est liée essentielle
ment à la législation dite «laïque»
de la démocratie.
. On ne peut pas vouloir i la fois le
maintien des lois laïques, et notam
ment de la loi du divorce, même
amendée, et l'augmentation des nais
sances. On ne peut pas tremper la
soupe au cyanure de potassium et
exiger de ceux qui mangent cette
soupe empoisoniiée qu'ils se portent
bien. Le gouvernement italien a in
terdit -le divorce, et. la natalité croît
constamment en Italie. Il va de soi
îjue tout ce qui contribue à l'instabi
lité de la famille est contraire à la
natalité. J'ai écrit, sur ce sujet que je
connais à fond (et pour cause !), iin
volume : le Partage de l'Enfant, où
j'ai montré précisément le pauvre
petit du divorce tiraillée à hue et à
dia, entre des influences de sens con
traires. A la génération suivante, cet
enfant-là hésitera à fonder un foyer,
que menacera encore le déchirement
dont il a souffert. On prétendait qu'en
compensation le divorce supprime
rait, ou diminuerait) le nombre des
crimes passionnels ; il n'en a rien
été. On trouve, dans tous les jour
naux^ une- rubrique consacrée aux
« drames du divorce ». Le divorce
est entré dans les mœurs, malheureu
sement, mais pour les ensanglanter
davantage.
; Cela, inon collègue Isaac le sait
comme moi. Mais il hésite à le dire
crûment à la Chambre, parce qu'étant
timide et excellent il redoute (l'être
emboîté par une quarantaine d'abru
tis de gauche, qui ont encore le féti
chisme de ces saletés de lois laïques,
J'ai bien connu le père du divorce,-
4e hideux juif curabôsse Naquei, ré
publicain de la première fournée,
,venimeux et fort intelligent, qui sa
vait admirablement ce qu'il fV'sâif,
en introduisant dans notre législa
tion cette nouvelle attaque à la fa-
mille. Il calculait que la famille juive,,
jR'usant pas du divorce, se- stabilise
rait 'ainsi, lé divorce pulvériserait la famille
française. C'est, en effets ce qui . est
arrivé. Les statistiques sont là, irré
futables, et démontrent la matfai
sance monstrueuse de la loi Naqnet..;
Transivit malefaciendo... Aucun po
liticien, se réclamant de la Répu
blique, n'osera jamais en demander
l'abrogation. Périsse le pays plutôt
qu'un principe !
Notre collègue Duval-Arnould, par
tisan des faxnilles nombreuses, a plus
d'entrain et d'éloquence que le cher
papa Isaac. Mais, là aussi, il est gêné
par son républicanisme, dont le
dogme nuit à son familialisme, et il
demeure dans les généralités. Il
s'imagine qu'il est plus habile de
•parler de spiritualisme que de catho
licisme ; alors que le terme même de
Spiritualisme est quelque chose d'in
finiment vagueroù l'on trouve, comme
von dit, à boire et à mander. Rarement
un esprit ose être ce qu'il est, a dit,
excellemment, Boileau. II. n'est pas
de problème plus grave* ni plus pres
sant, que celui de la dépopulation
progressive de la France, sous les
coups portés à la famille par le Code
civil napoléonien et par la législa
tion, dite laïque, de la troisième Ré
publique. Il n'en est pas .où il soit
plus nécessaire d'user de franchise,
de netteté et je dirais même de bru
talité. On ne remontera pas la pente
sans un démolissage en règle de toute;
la doctrine et de toute la. législation
démocratiques. : ; ^
On remarquera enfin la timidité,
toute « isaaquiehne » du vœu concer
nant les milieux ruraux. -y
Disciple de Roussèau pour tout-ce
qui ne touche pas à la guerre, ce dé
vastateur de Napoléon a imposé à ses
légistes, qu'il manœuvrait comme des
valets, — voir Rœderer, passim, —
le régime testamentaire insane dont
Le Play a démontré à satiété la no
civité. Mais la troisième République,
roussiste comme Napoléon, a fidèle
ment poursuivi, avec cette partie du
Code civil, son œuvre de mort, et eïïe
ne réformera jamais ce qu'elle con
sidère' comme une dépendance du
principe d'égalitarisme uniforme, et
qui en est bien une, en effet. La cen
tralisation jacobine rejoint la centra
lisation napoléonienne pour augmen
ter encore, avec le dépeuplement pro
gressif des campagnes, la décrois
sance systématique des naissances.
La politique de gauche veut cela.
Elle le veut bien. ■
•
N'en déplaise à ces hommes bien
intentionnés, mais médiocres logi
ciens, que sont nos collègues Duval-
Arnould et Isaac, le sort de la nata
lité française est lié à celui de la
réaction, dans notre race où la révo
lution, a'eu tant.de mal — au i-ours
du stupide dix-neuvième siècle— à
venir à bout de la tradition. Nous
voici à la croisée des chemins : après
cette effroyable saignée de dix-sept
cent mille hommes, il nous faut
réagir ou disparaître. De quelque
côté que l'on se tourne, la conclusion
est la même. ,
T.EON DAVDET.
Député de Parié.
ECHOS
La tombe de Laforgue.
.A Tarbes, où il est en ce moment, notre
confrère Tristan Deiême a recueilli, auprès
de la sœur de Jules Laforgue, les - renseigne
ments'les plus précis sur la tombe du poète.
L'Eclair vient de les publier. La tombe de
Laforgue est au cimetière de Bagneux, 8* di
vision, 16" ligne, n° 10.
Mme Dussane nous écrit qu'elle y est allée.
La 8" division borde la grande allée prin
cipale, à gauche de l'entrée. lilJe forme un
enclos rcia t. vement peu vaste, où la tombe
peut se trouver saris trop de peine. C'est une
dalle de marbre gris, sans aucun ornement* qui
porte simplement le nom de Laforgue et les
deux dates 1860-1887. »
Une main inconnue, ajoute Mme Dussane,
y avait déjà, ces jours-ci, semé quelques
oeillets. Espérons que dorénavant les- nom--
breux amis de Laforgue reviendront fleurir
cette tombe.
* J - ..
, . . •**. I - "
• Pourquoi^ conserver des bijoux démodés
quand, pour une dépense infime, vbusjjoii-i
vez les faire transformer et obtenir, des. pa-
lures d'iin goût exquis, chez PINSON; joail
lier,- fabricant, fournisseur de l'A. F., 15, rue
Lévis (de 9 à 12 h.).
Le Salon d'Automobile va ouvrir ses portes.
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Vodable, passage de l'Opéra, qui offrent des
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• . .♦*
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"Voyez son raglan "d'hiver imper-loden 280 fi'.
76, rue de Rennes, Paris,
" " "" -
Nous sommes heureux d'annoncer que
M. l'abbé Etienne Challamel, fils de notre
éminent ami. M: Jules Çhallqiael, recevra
l'ordination sacerdotale des mains de 5. Ê.
le cardinal archevêque de Paris, diman
che prochain 7 octobre, dans la chapelle
des Lazaristes, 95, rue de Sèvres* à Paris.
: M. l'abbé Chatlamel célébrera «.'Sa pre
mière messe le lendemain § octobre, dans
l'église des Bénédictines de Saint-Louis
du Temple, 20, rue Monsieur ,.
Nous prions M, l'abbé Challaniel d'agréer
nos félicitations et nvg vce.ux de long et
fécond apostolat.
LES BONNES INTENTIONS:
DE M. BALDWIN
M. Baldwin a prononcé, devant la
Conférence impériale, un discours
gui peut se résumer ainsi : « Le
gouvernement britannique se rend
compte que le monde est bien malade.
Il n'a pas de recette pour le guérir,
mais il est sûr d'une chose; c'est
qu'une rupture entre la France et
l'Angleterre n'avancerait pas le re
tour à la santé ».
Triomphe du bon sens. Cependant
cette formulé est négative. Nous com
prenons que M. Masseij, représentant
de la Nouvelle-Zélande, ait répondu
par l'espoir que a quelque chose de
défini et de satisfaisant serait fait
pour régler les divers problèmes qui
se posent ».
En effet, on ne trouve rien dans le
discours de M. Baldwin qui annonce
une solution. II maintient que F Alle
magne doit payer les réparations,
mais il rtindique aiicUii fhoyén d'ob
tenir tles paiements. Il n'est pas, en
core rallié « celai des gages, bien
qu'il reconnaisse que l'occupation dé
la Ruhr n'a pas aussi mal tourné que
beaucoup d'Anglais le craignaient au
mois de janvier. Et, si le gouverne
ment britannique continue à ne pas
croire à l'efficacité d'une mesure
telle que l'occupation de la Ruhr,
quel système conçoit-il, quel procédé
aperçoit-il pour obtenir que l'Alle
magne, répare selon sa « pleine, capa
cité» ?
De,s rumeurs merveiileuses avaient
couru ces jours-ci dans certain^ mi
lieux, de ces milieux de finances qui
sont crédules et sujets à l'errev.r au
delà de çe que laisserait- penser la
réputation,dés financiers (qui seraient
trop riches s*ils ne ie trompaient ja
mais, si même ils ne se trompaient
souvent).On affirmait que M. Baldwin
allait annoncer une grande nouvelle.
au quart du genre.huihain réuni à la
Conférence de Londres : le gouver
nement britannique prendrait l'ini
tiative d'ung vaste rt double opéra-
tion que TEnglish speaking péople,
avec ses immenses ressources, serait
à même de réaliser : i° prêt à l'Aller
magne d'une somme considérable en
livres sterling pour l'aider à restau
rer ses finances et à se créer une
monnaie, car persçnne ne croit plus
au relèvement du mark ; 2° ouver
ture d'un large crédit à la France
pour lui permettre d'attendre le mo
ment où commenceraient les paie
ments d'une Allemagne assainie.
Il est certain, eii effet, que, si l'on
conçoit une solution/là problème des
réparations par une restauration fi
nancière de l'Allemagne, — qui, dans
l'hypothèse la plus favorable, pren
drait beaucoup de temps, —■ il faùi
penser aussi à la France qui risque
d'être écrasée par ses charges si lé
moratoire se prolonge' trop. Il y au
rait alors deux sauvetages à faire au
lieu Sun. Le secours apporté à l'Al
lemagne devrait donc s'accompagner
d'un appui prêté à (a France.
C'est déjà un progrès que cet as
pect de la question soit aperçu, même
à travers les contés bleus de la fi
nance. On ne s'occupe que de la ca
pacité de paiement de l'Allemagne :
les ressources de la France, qui sub
vient à tout, ne sont pas inépuisables.
Cependant on chercherait en l ain,
dans le discours de M. Baldwin, une
allusion à un projet de ce genre: Les
révélations de « certains milieux »
nous avaient mis l'eau à la bouche.
Nous n'avons vn venir qu'une réfé
rence nouvelle au plan de M. Bonar
Law, lequel n'est qu'un règlement de
comptes sur le papier et laisse sub
sister les créances de l'Angleterre, sur
ses alliés et par conséquent notre
dette de guerre; M. Baldwin l'a, d'ail
leurs, répété de manière à ne laisser
de doute à personne, pas même à la
Russie : « Les dettes des grandes na
tions doivent être 'reconnues si l'on
veut qiie le progrès commercial re
posé sur des baj'es solides». f
■De plus amples explications sont
promises et nous saurons dans quel
quesjonRS si le gouvernement britan
nique a vraiment des projets sér eux.
Pour l'instant nous avons l'Agréable
assurance que l'Angleterre répugne à
une rupture, qui serait d'ailleurs la
négation de la politique conserva
trice. Nous savons qu'elle désire le
maintien de l'Entente. U est vrai que
M. Garvin souligne que ce doit être
iine entente entré égaux, que l'Angle
terre ne peut pas se laisser conduire
par la France et qu'clle se laisserait
conduire par-la France si elle tolérait
l'occupation de la Ruhr. Nous ne
croyons pas qàe telle , soit l'idée de
M. Baldwin, moins ; échauffé que
l'homme de /'Observer: Mais une : dée
qui approcherait seulement de c o, Ie-
là serait encore si terriblement néga
tive qu'on ne voit pas beaucovp à
quoi l'entente servirait, en quoi elle
se distinguerait d'une mésentente et
en pré&erverait les deux pays.
JACQUES BAlXVlthE.
LA
f. Ces conseils généraux
Rien d'imprévu. L'on se rue à l'approba
tion comme on se tut rué au doute .et aux
'-contestations en cas d'obstacles et de ma
laises. Ce n'est pas lorsqu'une affaire
marche, bien qu'il y a de la peine à se
faire applaudir des assemblées démocrati
ques. Même certain honneur français serait
indulgent au malheur et peut-être, te
nace en cas 4e revers graves. Là ; vraie
.difficulté eût été de'tenir devant les petites
misères du piétinement et de l'pffort. dé
ployé sans résultat manifesté. Nous n'en
sommes, heureusement, ni à l'un ni à l'au
tre de ces deux stades. Le à affaires d'Al-
■Jemagne sont en bon chemin •: suivant une
-formule qui a le don d'horripiler 'les doc-
trinaires radicaux « les idées du Roi »
•sont reprises sur le Rhin, dans la Ruhr,
et les praticiens du radicalisme leur font
de longs applaudissements.
: Les deux tiers du Conseil général du
Nord y ont même ajouté des acclamations,
inais. à là suite d'une séance mouvementée
«t .pittoresque dont i! n'est pas mauvais
de donner une bonne analyse d'après là
Croix du Nord :
' - ' ' \
"r« Les socialistes, par la voix de M. ht-
bas, refusènt d'adhérer à la politique du
.gouvernement. Ils veulent que l'Allema
gne -paie, maisj : d'après -eux, M.' PoinCcaè
n'a pas pris les bons moyens pour Obte-
nir les réparations et l'orateur estime que
Ja victoire de la Ruhr se traduira par
de nouvelles dépenses..^ Pourquoi" M. Lou-
rheur et ses amis, après.avoir désapprouvé
d'abord M. Poincaré, lui ont-ils' «* emboîté
le pas d ? ' , •
, « Piqué au vif, M..Ddniel-Vincent s'ef
force de prouver que les députés de la
Fédération républicains' n'ont pas varié
dans leur attitude : •
« En janvier ,1922, déclare-Hl, nous
avons tous voté' l'occupation de la i Ruhri-
En février, ^ l'unanimité, nous avons vo
té les crédits nécessaires à l'opérdtion.
« De quoi s'agissait-il ? D'une' volonté
ou d'une capacité de paiement ? D'une ca
pacité ? Mais l'Allemagne pouvait expo-
fer sa situation financière devant ta Com
mission des Réparations. La question
n'était pas celle-là. La vérité, c'est que nous
nous sommes, trouvés, après quatre ans,:
devant une volonté bien arrêtée de ne
pas payer. M. Poincaré, comme ses pré
décesseurs, avait commencé par une po
litique'de patièRce et de conciliation. Il
a été déçû. Alors lé-conflit économique est
devenu une question de force entre la
France et le Reich. »
Ne contrarions ças M. Daniel-Vincent
et ses amis. Ils croient avoir été des mo
dèles de constâilcè patriotique. Ces an
ciens inainteneurs du cabinet Briand pas
sent avec armes et bagages au succès heu
reux et et habile. Tout'mieux. .Mais voici
venir M. Loucheur, qu'il faut écouter : . ;
« M. Loucheur apporte* à l'appui de la
thèse que vient de soutenir M. Damèl-Vin-
cent, un témoignage personnel. « En 1919
et en 1921* dit-il, j'ai cherché vainèment:
l'es' moyens d'amener T Allemagne' à un
paiement volontaire. Enfin j'ai réussi à
conclure avec M. Rathenau l'accord de
Wiesbaden. Mais, deux mois plus tard,
mon partenaire avait dû abandonner ses
fonctions de ministres..
, « En décembre 192l, « Londres où je
le rencontrait j'appris de lui qu'il était dé
bordée Quelques semaines après cet entre
tien, on l'assassinait dans les conditions
que vous connaisses... n •
i , L'orateur conclut à la nécessité: de
' sliivre, dans la Ruhr, le drapeau de la
■ France, il: propose à l'assemblée de voter
| cet ràdadadada ? ?■? ,
.Ce qui signifie : pendant quatre ans en
tiers, nous avons suivi de mauvais che
mins, qui n'ont rien donné.Alors nous nous
[sommes résignés à suivre 'e bon. ■ :
Fort bien. Mais il resterait à savoir :
1° ce que les mauvais chemins ont coûté
au pays ; 2° qui paiera cette. expérience
.coûteuse ; 3° quelle confiance méritent
les gens qui ont dû se casser le jnez sur .
les becs de gaz que d'autres voyaient, et
dont ces autres les avertissaient,avant de se
résoudre à suivre la voie libre du trottoir
et de la chaussée .;.4° quels sont les bons
] ; raiiçais, les Français prévoyants qui, de
tout temps, donnaient le conseil juste
que l'on- est obligé de s.uivre en : dernier
■lieu.'. . ''■■■ ■ "
• Si, en effet, M. Loucheur et ses amis se
sont grossièrement trompés dans un cas"
où la vérité tombait sous le sens, il y a
risque très sérieux qu'ils renouvellent"
les mêmes fautes lourdes riens et à d'autres propos. La France ne
peut être indéfiniment abandonnée à la
fdirection d'individus qui n'ont jaiftais
découvert la bonne route qu'après avoir
•essayé à grands trais, à des frais mortels,
toutes les mauvaises.
II. Un complot communiste
international
■Maintenant,, passons à l'intéressant
débat final engagé da*is la même assem
blée lilloise, entre socialistes et conimu-
enistes : - - • • ••
! , « Le Conseil général enregislre-t-il avec
'satisfaction la cessation, par l'AÙema J . ;
i gne, de la résistance passive ?»
« Pas de difficultés, là-dessus ?. » de*
mande le président. Non, répondent les
.socialistes. ;
" « Mais M. Sarot, communiste, s'indigne.
Le voilà bien, s'ècrie-t-il, « le point de
contact entre le Bloc national et le par
ti collectiviste. .<
f « M. Goniaux bondit et venge l'injure
faite aux siens : « Vous osez parler des
points de.contact entre la droite et nous ?
Mais oubliez-vous donc les tractations que*
tes cçmmunistes allemands poursuivent
fivec les limpérialisles et les militaristes
Je prends la responsabilité : de ce que
j'affirme ici. Il i; a eu, là-bas, des tracta
tions pour constituer le front unique, pour
faire le bout d echemin nécessaire à la
'^encontre. En même temps, il a été ques
tion d'opérer la jonction entre l'armée al
lemande et l'armée rouge, pour attaquer
einsemble la France et recommencer la
guerre, dont nous sommes dégoûtés* d .
A quelle Cour d'assises, à quelle Haute-
Cour sera déféré Je témoignage de M. Go-
niau?Où l'acte de haute trahison qu'il a so
lennellement [dénoncé, sei'Vt-il impuni ?
jlll. Henry Leroy-Fournier
- -Notre pauvre Leroy-Fournier; ! - ,
L'absurde contre-temps qui m-'a privé
de lui rendre iin dernier devoir à sa mai
son, à son église et mênîe au bord de la
tombe ouverte, m'a permis, néanmoins;
d'ârrivèr au cimetière de Saint-Ouen avant
que la fosse de notre vieux collaborateur
et ami fût complètement refermée. Des
assistants qui se" retiraient, les derniers
ont bien voulu nie servir «le guide, et j'ai
eu »la triste satisfaction de me recueillir
avec eux, pour quelques minutes, dans la
pensée de celui qui nous a quittés.'
Nos lecteurs savent, l'histoire de notre
collaboration. Elle remontait .à l'origine du
quotidien : 1908* Leroy-Fournier nous était
venu par l'antisémitisme et le nationalisme
antidreyfusien, tout comme notre pauvre
commandant Biot, du personnel réuni par
Drumont à la Libre Parole. Nous tenons
beaucoup, Léon Daudet et moi, à cette
nuance de l'équipe d'Action française : d'a
bord parce qu'elle correspond très bien
à nos idées, et aux racines, aux raisons
d'être de nos idées ; ensuite, qu'elle.repré
sente un trait de communication très im
portant avec- cette immense,classe moyenne
qui a toujours décidé en France des évo
lutions intellectuelles et des. révolutions
i politiques. LeroyrFournier tenait à lfextrê-
Vfe -gauehé. Avant d'opter pour la France
éternelle contré d«s Français égarés,il;, avait
été journaliste "radical en province son
goût de la justice et son patriotisme, son
franc parler et son indépendance d'esprit
s'accommodaient alors des formules radi
cales qui n'avaient pas .encore tourné à
un opportunisme de ventres dorés. Comme
pour beaucoup de Français, l'affaire Drey
fus, lui dévoila un coin mystérieux .des
affaires humaines. Il sentit la conspiration
menée contre la France par ses enfants
-absurdes et ses enfants félons. La première
union sacrée, celle de Drumont et de Le-
maitre le rallia pour'toujours.
Que de fois, après les nuits de travail de
l'imprimerie, nous avons évoqué cette épo
que vraiment critique où furent arrêtés les
destinées de la France et celles de quinze
cent mille de ses plus braves fils ! Que de
fois il nous répéta que la .confiance poli
tique dont il voulait bien nous assurer était
née de ces lointains jours de, septembre
.1899 où, 1 d'abord,' absolument seul dans
toute la presse patriote, je pris la défense
du colonel Henry, et montrai le service ,que
cet infortuné avait voulu rendre au pays.
Et que de foisencore, sans démarrer .de la
direction donnée dès lors par cette épreuve
de la patrie, nous avons admiré ensemble
-que par le développement des idées et des
choses, la France. de 1318-1923 eût été peu
à peu conduite à occuper dans, le monde,
par rapport à la Finance internationale
exactement la même position qu'occu
paient dans leur propre patrie,- par rap
port au même. Juif manieur d'or," les Fran
çais patriotes rebelles au-joug de Dreyfus !
L'invasion avait éprouvé dans sa chair
et son sang ce Picard natif du petit bourç
de Rozières, dont le vieux père avait dû
fuir devant les Barbares et dont la maison
avait souffert de diverses blessures de la
bataille. Il aimait à nous raconter qu'à son
premier pèlerinage du front, comme les
autorités vérifiaient son passeport et qu'un
employé lisait à haute voix son adresse à
Paris, «, rue André-del-Sarte », un jeune
capitaine se retourna avec'vivacité, et mur
mura par un écho presque machinal :
Maxime Réal del Sarte. Il était de l'Action
française. Leroy-Fournier fit savoir qu'il
en était aussi. Ces deux bons Français fra
ternisèrent aous notre signe devant l'en-
nemi. ■ : ■ - • v ' : " - ■
■Jamais les services de Leroy-Fournier ne
nous ont. été . plus précieux que durant'les
années de Ja guerre ; je lai dois expressé-
sment d'avoir pu bien suivre, et sur le. vif,
lès mouvements, les directions et les agi
tations de' la Chambre. Des adversaires et
dés amis lui disaient quelquefois que cette
Chambre, était vue assez exactement d'ici.
C'est qu'en sus de ma lecture attentive de
l'Anklytique et du compte, rendu écrit
que Leroy-Fournier nous apportait, ie l'é-
côiitais. II. avait'l'art de décrire de-vive
voix la topographie des partis, de discerner
les manœuvres des groupes, de saisir l'in
trigue des hommes et d'en démêler au vol
la valeur et les rapports. Il connaissait
comme pas un le personnel du Parlement,
et il y joignait des informations éten
dues sur le personnel des préfectures et
même des parquets. Ah ! c'était Un routier
et; neuf fois sur dix, la prévision égalait
chez lui la vision ! Je ne l'ai vu en défaut
que sur un poiny parce que ce point dé
pendait d'un esprit et d'.inc volonté cpii
échappaient au calcul ordinaire : l'action
de Daudet. Depuis l'entrée de Léon Daudet
au Parlement, il.semblait c,ue les jeux faits
une fois pour toute dans l'esprit de Leroy-
Fournier eussent été bouleversés par une
main invisible : l'intervention de ce facteur
antiparlementairè sur un • échiquier dont
les pions et la règle étaient utilisés de
façon toute neuve obligeait notre collabora
teur à des approximations trop rapides d'u
ne certitude inférieure aux premières. Il
en riait lui-même et, comme la cause y
gagnait le cent du cent, c'était toujours de
très bon cœur.
Pauvre Leroy-Fournier ! Personne ne
■parlait comme lui des véritables aspira
tions des tendances réelles du-vxer.zx pe»?le
de France. Je le reverrai longtemps, tou
jours, dans ces heures de fin de journal,
quand, la besogne expédiée, on se réunis
sait autour du marbre, ouvriers, employés,
rédacteurs, à l'occasiofa de quelque anni
versaire ou d'un événement ljéureux, pour
boire un verre de- bon vin à la santé de la
oaùse de la patrie ■!. _Comme il faisait
honneur à la flamme légère qui brillait
dans la coupe! Et comme les bonnes his
toires de" politiciens de province et de
Paris se suivaient gaîment dans ses ines
timables récits ! 11 avait le talent de conter
de vive voix autant que la .plunie à ,1a
main, il avait l'épigramine acérée et le.
trait bon enfant, le goût de la finesse et;
le sentiment.de nuances, ce qui n'enlevait
îrien- à la verve du parti-pris. :
Pauvre Lcroy-Fourn : er J Je pensais a
toutes ces longues anné-s iVintime cuma-
raderie en lui disant a lieu^ dimanche, sur
son lit de mort Où se détachait un visage
amaigri dans le calme élerhel; Après l ; aul
Bnrtoli, notre ancien correcteur et maître
d'armes, c^est notre cher et fidèle rédac
teur paclemenlaire qui part, Diiré, terrible
année pour l'Ac/fon française, . succédant
aux années des grands coups de faulx de la
guerre que l'œuvre commune a ' défiée
pourtant et dont elle a '.riomphé malgré
tout ! Elle en triomphera encore. La nature
de l'idée nationale est de ne pas mourir
Une .ardente; jeunesse dont les rangs ne
cessent de grossir derrière nous, dont le
pas cadencé nous soutient et nous presse,
porte en elle la plus solide, 1 la plus claire
et la plus puissante garantie d'avenir. Le
seul enseignement qui puisse être reçu de
tant de morts rapides, est qu'il faut éta
blir le destin du.pays, au-dessus et au-delà
de l'a vie et de la mort. Les gouvernements
viagers de la démocratie ne peuvent valoir
que,ce que valent les générations éphé
mères des individus successifs. La royauté
construit sur le terrain plus ferme de l'hé
rédité. Elle fie la patrie à des dynasties
immortelles. Leroy-Fournier écoutait cela
très volontiers. Il ne disait pas non et il
ne demandait pas mieux que de voir
aboutir tant de travaux et tant de luttes.
Les difficultés qu'il faisait ne tenaient
qu'aux'habitudes d'esprit des Français de
son âge. Il en avait surmonté beaucoup.
Ii eh eût surmonté davantage ! Pau
vre Leroy-Fournier que n'a-t-il vécu !
C*IAIlf,E8 BSAVHUAB
casas
LES OBSÈQUES
D'HENRY
Hier à neuf heures ont été célébrées en
l'église Saint-Pierre de Montmartre les
obsèques de notre.cher ami et collaborateur
Henry Leroy-Fournier.
Le cortège franchit rapidement, par les
pentes escarpées de la Butte,- les quelques
iniètres qui iséparent de l'église la rue
André-del-Sarté. Une nombreuse assistan
ce suit la voiture funèbre, où l'on remar
que au milieu des fleurs plusieurs magnifi
ques couronnes : l'une est offerte par
l'Action française, une autre par « les amis
du quartier ». Le deuil est conduit par M.
Léon Leroy, cousin germain du défunt. -
Sous les voûtes de l'église Saint-Pierre,
la cérémonie se déroule, très simple, très
émouvante. De tous côtés, les sympathies
qu'avait su se gagner ce loyal et noble ca
ractère avaient tenu à s'affirmer une der
nière fois. Journalistes de toute opinion,
voisins, amis de Paris et de Province se
pressaient dans les basrcôtés.
Les comités directeurs de l'Action fran
çaise étaient représentés par Léon Daudet,
revenu tout, exprès de Provence. Daudet
était entouré par les secrétaires de la ré
daction, les rédacteurs el les membres de
l'Action française actuellement présents
à, Paris r MM. Joseph Delest, Pierre Cons-
tans, Alain Mellet, Paul Mathiex, Picot de
Plédran, André Rousseaux, José Le Bou
cher, Sant-Andréa. Albert Delmas, Georges
Dumesil, George Havard de la Montagne,
"Guiton, Abel Manouvriez, Bray, etc... Dans
l'assistance nous avons reconnu : M. Devos,
ancien administrateur de la Libre Parole ;
Abel Henry, directeur des services poli
tiques du Petit Journal ; Bodard, ancien
directeur du Pilori ; Jiilcs Véran, Fer-
nand Vincent, Léopold Bloud, llerfri Jous-
set, Charles Patoz, Jules Sauvan, Javary,
tous ceux des collaborateurs de Leroy-
■Fotimier à la Chambre, actuellement prér
sehts à Paris.
A dix heures, après avoir présenté ses
respectueuses condoléances à Mme Henry
Leroy-Fournier, le cortège se reforme rue
du Mont-Cenis et redescend les pentes de
la Butte vers le cimetière de Sainf-Ouen,
où a lieu l'inhumation. .
UNE RIXE PANS L'ISÈRE
; Un mauvais coup des communistes
italiens
On mande de Grenoble que les conscrits
de Mizoen, canton de Bourg-'d'Oisans, fê
taient joyeusement leur retour du conseil
de révision, au milieu de leurs familles
réunies, quand : ils ont été grossièrement
pris à partie et apostrophés par une ban
de d'ouvriers italiens, qui cherchaient à
troubler cette fête familiale.
. Les jeunes conscrits, ayant voulu écar
ter ces perturbateurs ont été assaillis à
;eoups de couteau ; deux d'entre eux, le
sergent Firmont, du 28 e bataillon alpins,
fils du maire de Mizoen, et Adolphe Jouf-
frey ont été blessés très grièvement.
Les gendarmes prévenus, de cette odieu
se agression se sont mis aussitôt à la re
cherche des Italiens qui avaient pris la
fuite, une fois leur mauvais coup accom
pli. Trois des agresseurs ont été arrêtés,
au cours de la nuit, tandis qu'ils cher
chaient à regagner la frontière. .
Propagande ! Propagande!
Voici la suite des sommes reçues pour la
propagande depuis l'appel de Charles
Maurras.
Remercions chaleureusement nos amis.
Et disons-leur que la souscription n'est
pas close. Trop de besoins sollicitent en
core leur, générosité. Ils la mettront sous
l'égide des héros de la grande guerre,
de ceux qui sont morts pour que la France
vive.
SEPTIEME LISTE
En mémoire de Marius Plateau.
Lccerf .............
En souvenir de mon cher, neveu,
Guy Lemarié, Camelot du Roi,
mort jiour la France, à l'âge de
dix-huit ans
En mémoire de Marius Plateau.
•Un 'curé pauvre ...
J, Câri'in. ...
Un employé de mairie de la Nièvre.
C Durand
Abbé Bonnet .. i........... ...
J. de la Roulière
i'Anonyme • •...........
M.* de Cussac ....
Vico'mte de Montessus
Abonné 22.419 A. F. D.
Un ouvrier savoyard
Mme de la Roque
Anonyme
J. de Laville .i
Baronne du Houlley .i
A". Van-den Plàs ................
.Maurice Chrétien
'Charles Mauméjean ■
Mme Vve Mauméjan
Mlle Lalanne
H, Dichl ...i ., i
Gh. fr. 'Simon
Preniitre (ibolé transmise par la
section du I'uij
L. Barbier »
Commandant Dublaix
Charles Louis
H. R. S.
Abbe Pillot ................. »,
Tcstot-Ferry
.. (A suivre)
100
20
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VERS UNE CRISE MINISTÉRIELLE
ALLEMANDE k
Deux ministres ont donné leur démission
Le cabinet Stresemann a subi mercredî
un sss^iU très violent de I3 de scsl
enn-eïnis ; ceux-ci se sont niontrés nom*
breux et leurs efforts bien coordonnés. Le
plus curieux de l'affaire, c'est que ce sonl
les, propres amis de M. Stresemann, ceux!
qui appartiennent au parti populiste qui'
ont mene la danse. C'est ie docteur Se'holz,
en ettet, qui a succédé au Chancelier a'ci
tuel comme chef du parti, qui est venà
exposer ses doléances et présenter à M.'
atresemann un véritable ultimatum. i
ministre
von Raui , 1/yunicmu . :
tion, docteur Luther, ont sombré. La situd*
tion du socialiste Hilferding, particitlièré-'
ment visé dans la bataille engagée par le^
nationalistes,'est chancelante; celle d»
cbancelier 'lui-même n'était guère b'-iîlan-
te mercredi matin, mais Stinnes et les?
grands capitaines d'industrie ont dans la
journée ostensiblement conféré leur appui'
au docteur Stresemann et sa cote s'en est'
immédiatement ressentie. -
L'ultimatum dse populistes : ^ï-j
Quand, à dix heures dn matin, mardi,
les chefs de partis convoqués par le chan-
celier se sont trouvés réunis, le docteur.
Scholz a demandé, on pourrait dire a exiofii
du chancelier, que le .gouvernement fut;
immédiatement remanié, et qu'avant tout':
le ministre des Finances, le socialiste Hil
ferding, fut remercié, ensuite que les natio
nalistes, dirigés par Helfferich et 'Hergty-
jissent partie de la nouvelle coalition, en
fin que la loi de huit heures fut modifiée.
. On le voit, c'était la déclaration de guer
re aux socialistes. ;
Grande fut la stupéfaction de M. Stresé; '
111 aryi qui avait réuni les chefs de partis':
pour leur demander d'élargir ses pouvoir^
en matière économique et politique. • Le.
docteur Scholz, soutenu par les autres par
tis, sauf les socialistes, maintint les condi
tions qu'il avait exposées. Les socialistes', ;
de leur côté, ont élevé la voix pour v prptes- -
ter avec véhémence contre les exigences",
des .populistes. Bientôt la. séance était 16^
vée sans qu'on ait pu se mettre d'accord."
-Le chancelier, surpris par l'attitude dé
son propre parti, était obligé de remettre
à plus tard le discours qu'* devait pro-"'
noncer 4ans l'aprèsrmidi au Reichstag. Au ,
cours de la nuit, le président Et)ert et Ici.
cbancelier ont longuement conféré, puis'
un conseil des ministres s'est réuni. Dana-
l'intervalle, on apprenait 'a démission de S :
docteurs von Raumer.xt Luther. ■ ;
_ Qui l'emportera ? Des socialistes par- ',
tisans d'une politique de bonne volonté^
mais du maintien de la loi de huit heures* -
ou des populistes qui exigent une augmen
tation de la production par la suppression'
de la loi de huit heures, mais cela au pro-,
fit seul de l'Allemagne ? " -,
Von Kahr pïésidnet du conseil bavarois ,
Au cours de l'après-midi de mardi, un!:
télégramme de Munich annonçait à Berlin
que M. von Kahr, le commissaire général '
pour la Bavière aurait été nommé, presirient
du conseil bavarois. Toutefois, aucune,
confirmation de cette importante nouvelle--.'
n'était parvenue hier soir à Berlin.
La reddition de Kustïin . ■ ^
. Berlin, 2 octobre. ■ :.c communiqué
officiel suivant est publié : '
L'affaire de Kustrin s'est terminée ■
promptoment ; il n'a même pas été néces- "
sa ire de rassembler à Kustrin des forces '
militaires considérables, lies rebelles, au
nombre de 400 environ, avec une douzaine
de chefs, ont été faits prisonniers : et dé-1
sarmés. , ■
Une bande d'anviron trente personnes ai
été arrêtée au cours d'une reconnaissance,
aux environs de Kustrin.
Là fusillade d'hier soir u coûté un mort
et plusieurs blessés aux rebelles ; la Reicn-, ,
swelir n'a aucune perte à enregistrer.
: Les unités de la Reichswehr, qui avaient
été .concentrées à Kustrin, ont été ren-"
voyées dans leur quartier haDitue'-
■Le général d e Caste lcaiî à Romé-
Le général de Castelnau a déclaré à un;
rédacteur dur Corriere d'Ilalia qu'il était
très ému de l'accueil qu'il avait reçu du
pape. Il a ajouté qu'il était venu à Rome
pour des raisons personnelles et sans au
cun mandat du gouvernement français. '•
. Le général a remarqué avec quel inté-.
rêt le pape suit les choses de France. II a.'
été heureux-de pouvoir dômentii', au. Vati-'
can et auprès de M. Mussolini, les al léga
tions sur les tendances à gauche de I?J '
France,- Au sujet du statut légal de l'Eglise .
en-France, il a dit : ;
La nouvelle solution du problème est vir
tuellement trouvée du moment que 'M. Poin
caré a déclaré que les deux pouvoirs sont
d'accord. 11 : reste encore il affronter la dis- '
cussion au Parlement et le-président a dit .
qu'il ne s'y soustraira pas,.
Il déclarera que nous ne devons pas nous
occuper (le l'aspect canonique du nouveau
statut, puisque nous -ne sommes pas cano-
nistes. Quant à son aspect légal, du moment .
que les juristes, expressément consultés, ont-'
donné un ayis favorable, il n'y a aucune rai
son pour que l'assemblée législative refuse son
consentement. _
En terminant, le général de Caslelnaù-
a signalé les heureuses conséquences de.
l'appui-moral de l'Italie'dans la question:
de la Ruhr, et de l'appui de la France dans-
la' question de Corfou. et insisté particuliè-'
rement sur îa nécessité pour les deux pays .
de rester d'accord. , •
MORT DE AL CHARLES DE LESSEPS
On annonce la mort du comte Charles. dé ! ,
Lesscps. J) était âgé' de quatre-vingt-trois ans.
Kits ainé de Ferdinand de Lesseps, après avoir,:
éic secrétaire d'ambassade il avait, aux côfé9* ;
de son père, appartenu au conseil tration de la -Compagnie"de Suez, puis.de la'
Compagnie de Panama. On se rappelle qu'il
avait été impliqué, en 1890, dans les pour- '
suites encourues" par le conseil d'administra- '
tion de Panama, dont il'faisait..partie.; frappé'
d'une 'condamnation,' 1 il avait dès lors vécu
dans la retraite. . r
EN QUELQUES LIGNES: ;
— Ati'x dernières nouvelles, la situation à'
Berlin ne serait pas éclaicie. Les socialistes;
•n'auraient pas encore clairement défini leïi
position a l'égard du projet de loi touchant
l'augmentation de la production.
■ — A-la gare du Bourget-Triage,. René Sour-f
zae ; est renversé par un train et a le bras,
adroit coupé . T :
JEUDI 4 OCTOBRE 1923.
tr
15 centimes 20centimes
S eine 6-S eine £, O ise D épartements (. C olonies
•non
Abonnements : Un An Six Mois. Trois Mois
F rance £C ou>nie 4._..JI'8; 25' 13 »._
E tranger . „...Ô2. .„• 42: . 22 , -
ORGANE OU NATIONALISME INtÊGRAL
• FONDATEUR
Henri VAUCE0I3
ti Tout Cet qui est national est notre,»
Le Duc d'ORLÊANS
Mrîtîerdes quarantêRoÎ3 quîertmilleansfîrenttaFrancè.
RÉDACTION'n ADMINISTRATION ;M.nié kRomé.fARIS 8?
Adresse ttlêjraphfquc : ACTIOFRAN PARIS
Chèque postal î Ccmple 23300 PARIS
Têtêph : A0HinISTRATigh;louvre Z6-4? et 26-50
PUBLICITÉ tCentral 74:77 .RÈOAC^OII Central 75-4V
(apiis dix heures du sosr : Central W-07-)
directeurs politiques : LÉON DAUDET et CHARLES MAURRAS- rédacteur en chef MAURICE PUJO
^ L'électeur occidental sa
désintéresse de plus en plus
des urnes et de leur contenu^
RENÉ JOHANNET,
« Revue Universelle » du 1 er cdok^
l Lés Vœux suivants ontëfêémis au
CoSgres de la natalité de Marseille :
> Section de législation pour la réforme
de la loi du divorce ; rendre le divorce
impossible après deux ans- de mariage ;
interdire le remariage de l'époux adultère
et de son complice ; interdiction du rema
riage aux divorcés ; : peine de. trois mois
de prison au moins contre l'époux qui a
- donné lieu au divorce.
Section d'économie et propagande : con
trôle et réglementation de l'immigration ;
prime de la natalité obligatoire ; protec
tion de la famille nombreuse en France et
aux colonies ; développement de l'ensei
gnement du français à l'étranger par, les
letl^s et les oeuvres confessionnelles ;
énergique répression de l'avortement.
Section d'hygiène : obligation d'une ins
truction générale sérieuse pour l'inscrip
tion aux études de sage-femme ; organisa
tion de crèches pour enfants débiles ; en
couragements aux mutualités maternelles ±
inspection médicale sérieuse des écoles ;
répression impitoyable de la fraude du
lait ; interdiction xle. la vente des instru
ments anticonceptionnels.
Section de l'agriculture : le congrès aU
lire l'attention des pouvoirs publics et des
milieux industriels etcommerciaux sur la
perspective angoissante que font entrevoir
la désertion progressive et surtout la dé
natalité croissante des campagnes ; il les
■ invite à s'informer de façon méthodique
et scientifique des conditions de la vie
rurale et leur demande de faire aboutir
toutes mesures susceptibles d'arrêter le
mouvement de raréfaction des populations
paysannes et propres à amener l'accrois
sement de la natalité dans les milieux ru
raux. " •
Les vœux émis contre le divorce
— cause importante de dépopulation
— ont ieté en fureur la truie Gustave,
laquelle tempête à ce sujet dans son
torchon infect, — et de plus en plus
infccL -v- contre nos collègues Duval-
Àrnould et Isaac qu'elle accuse, elle,
l'auteur."des Cordicolès, « d'obscénité
spirituelle ». L'animal en complet
rose ajoute que « c'est à lever le
cœur »... Tu parles !
Je reprocherais plutôt, ert cette
matière, à notre distingué collègue
Isaac sa timidité. Il a abordé trois
fois à la Chambre, —- à ma connais
sance, 7—- ce redoutable problème, au
quel notre éminent ami, le marquis
- de Roux, a consacré un volume ad
mirable, paru à la Nouvelle Librairie
Nationale : l 'E tat et la N ataï itiî.
Notre collègue Isaac, fait ministre de
je ne sais, plus quoi par Millerandj au
début de la législature, est de visage
bienveillant et jaune, avec deux
yeux, compréhensifs et doux, de
lama apprivoisé. Il lit ses discours,
qui sont d'ailleurs bien composés,
mais d'une voix basse et que l'on a
de là peine à suivre. Quand on l'in
terrompt, même pour l'approuver ou
l'applaudir, on sent qu'on lui fait
beaucoup de chagrin ; ce qui fait que
je me contente de l'approuver de la
tête tt comme je fais pour le cher
tout petit homme de bonhomme Du
bois — en prenant à témoin me* voi
sins immédiats de l'excellence de sa'
démonstration. En fait, sa. position
logique est malaisée, car il tient à
demeurer démocrate, ou à passer
pour bon démocrate, tout en déplo
rant une' diminution progressive de
la natalité, qui est liée essentielle
ment à la législation dite «laïque»
de la démocratie.
. On ne peut pas vouloir i la fois le
maintien des lois laïques, et notam
ment de la loi du divorce, même
amendée, et l'augmentation des nais
sances. On ne peut pas tremper la
soupe au cyanure de potassium et
exiger de ceux qui mangent cette
soupe empoisoniiée qu'ils se portent
bien. Le gouvernement italien a in
terdit -le divorce, et. la natalité croît
constamment en Italie. Il va de soi
îjue tout ce qui contribue à l'instabi
lité de la famille est contraire à la
natalité. J'ai écrit, sur ce sujet que je
connais à fond (et pour cause !), iin
volume : le Partage de l'Enfant, où
j'ai montré précisément le pauvre
petit du divorce tiraillée à hue et à
dia, entre des influences de sens con
traires. A la génération suivante, cet
enfant-là hésitera à fonder un foyer,
que menacera encore le déchirement
dont il a souffert. On prétendait qu'en
compensation le divorce supprime
rait, ou diminuerait) le nombre des
crimes passionnels ; il n'en a rien
été. On trouve, dans tous les jour
naux^ une- rubrique consacrée aux
« drames du divorce ». Le divorce
est entré dans les mœurs, malheureu
sement, mais pour les ensanglanter
davantage.
; Cela, inon collègue Isaac le sait
comme moi. Mais il hésite à le dire
crûment à la Chambre, parce qu'étant
timide et excellent il redoute (l'être
emboîté par une quarantaine d'abru
tis de gauche, qui ont encore le féti
chisme de ces saletés de lois laïques,
J'ai bien connu le père du divorce,-
4e hideux juif curabôsse Naquei, ré
publicain de la première fournée,
,venimeux et fort intelligent, qui sa
vait admirablement ce qu'il fV'sâif,
en introduisant dans notre législa
tion cette nouvelle attaque à la fa-
mille. Il calculait que la famille juive,,
jR'usant pas du divorce, se- stabilise
rait 'ainsi,
française. C'est, en effets ce qui . est
arrivé. Les statistiques sont là, irré
futables, et démontrent la matfai
sance monstrueuse de la loi Naqnet..;
Transivit malefaciendo... Aucun po
liticien, se réclamant de la Répu
blique, n'osera jamais en demander
l'abrogation. Périsse le pays plutôt
qu'un principe !
Notre collègue Duval-Arnould, par
tisan des faxnilles nombreuses, a plus
d'entrain et d'éloquence que le cher
papa Isaac. Mais, là aussi, il est gêné
par son républicanisme, dont le
dogme nuit à son familialisme, et il
demeure dans les généralités. Il
s'imagine qu'il est plus habile de
•parler de spiritualisme que de catho
licisme ; alors que le terme même de
Spiritualisme est quelque chose d'in
finiment vagueroù l'on trouve, comme
von dit, à boire et à mander. Rarement
un esprit ose être ce qu'il est, a dit,
excellemment, Boileau. II. n'est pas
de problème plus grave* ni plus pres
sant, que celui de la dépopulation
progressive de la France, sous les
coups portés à la famille par le Code
civil napoléonien et par la législa
tion, dite laïque, de la troisième Ré
publique. Il n'en est pas .où il soit
plus nécessaire d'user de franchise,
de netteté et je dirais même de bru
talité. On ne remontera pas la pente
sans un démolissage en règle de toute;
la doctrine et de toute la. législation
démocratiques. : ; ^
On remarquera enfin la timidité,
toute « isaaquiehne » du vœu concer
nant les milieux ruraux. -y
Disciple de Roussèau pour tout-ce
qui ne touche pas à la guerre, ce dé
vastateur de Napoléon a imposé à ses
légistes, qu'il manœuvrait comme des
valets, — voir Rœderer, passim, —
le régime testamentaire insane dont
Le Play a démontré à satiété la no
civité. Mais la troisième République,
roussiste comme Napoléon, a fidèle
ment poursuivi, avec cette partie du
Code civil, son œuvre de mort, et eïïe
ne réformera jamais ce qu'elle con
sidère' comme une dépendance du
principe d'égalitarisme uniforme, et
qui en est bien une, en effet. La cen
tralisation jacobine rejoint la centra
lisation napoléonienne pour augmen
ter encore, avec le dépeuplement pro
gressif des campagnes, la décrois
sance systématique des naissances.
La politique de gauche veut cela.
Elle le veut bien. ■
•
N'en déplaise à ces hommes bien
intentionnés, mais médiocres logi
ciens, que sont nos collègues Duval-
Arnould et Isaac, le sort de la nata
lité française est lié à celui de la
réaction, dans notre race où la révo
lution, a'eu tant.de mal — au i-ours
du stupide dix-neuvième siècle— à
venir à bout de la tradition. Nous
voici à la croisée des chemins : après
cette effroyable saignée de dix-sept
cent mille hommes, il nous faut
réagir ou disparaître. De quelque
côté que l'on se tourne, la conclusion
est la même. ,
T.EON DAVDET.
Député de Parié.
ECHOS
La tombe de Laforgue.
.A Tarbes, où il est en ce moment, notre
confrère Tristan Deiême a recueilli, auprès
de la sœur de Jules Laforgue, les - renseigne
ments'les plus précis sur la tombe du poète.
L'Eclair vient de les publier. La tombe de
Laforgue est au cimetière de Bagneux, 8* di
vision, 16" ligne, n° 10.
Mme Dussane nous écrit qu'elle y est allée.
La 8" division borde la grande allée prin
cipale, à gauche de l'entrée. lilJe forme un
enclos rcia t. vement peu vaste, où la tombe
peut se trouver saris trop de peine. C'est une
dalle de marbre gris, sans aucun ornement* qui
porte simplement le nom de Laforgue et les
deux dates 1860-1887. »
Une main inconnue, ajoute Mme Dussane,
y avait déjà, ces jours-ci, semé quelques
oeillets. Espérons que dorénavant les- nom--
breux amis de Laforgue reviendront fleurir
cette tombe.
* J - ..
, . . •**. I - "
• Pourquoi^ conserver des bijoux démodés
quand, pour une dépense infime, vbusjjoii-i
vez les faire transformer et obtenir, des. pa-
lures d'iin goût exquis, chez PINSON; joail
lier,- fabricant, fournisseur de l'A. F., 15, rue
Lévis (de 9 à 12 h.).
Le Salon d'Automobile va ouvrir ses portes.
Les visiteurs ont intérêt à se rendre aux Etab.
Vodable, passage de l'Opéra, qui offrent des
malles d'auto impeccables depuis 375 francs.
• . .♦*
Si vous voulez :èti ; e bien-habillé^ allez cliez
Tîamlot, taiïlenr-cîiemisiei' .civil et militaire.
"Voyez son raglan "d'hiver imper-loden 280 fi'.
76, rue de Rennes, Paris,
" " "" -
Nous sommes heureux d'annoncer que
M. l'abbé Etienne Challamel, fils de notre
éminent ami. M: Jules Çhallqiael, recevra
l'ordination sacerdotale des mains de 5. Ê.
le cardinal archevêque de Paris, diman
che prochain 7 octobre, dans la chapelle
des Lazaristes, 95, rue de Sèvres* à Paris.
: M. l'abbé Chatlamel célébrera «.'Sa pre
mière messe le lendemain § octobre, dans
l'église des Bénédictines de Saint-Louis
du Temple, 20, rue Monsieur ,.
Nous prions M, l'abbé Challaniel d'agréer
nos félicitations et nvg vce.ux de long et
fécond apostolat.
LES BONNES INTENTIONS:
DE M. BALDWIN
M. Baldwin a prononcé, devant la
Conférence impériale, un discours
gui peut se résumer ainsi : « Le
gouvernement britannique se rend
compte que le monde est bien malade.
Il n'a pas de recette pour le guérir,
mais il est sûr d'une chose; c'est
qu'une rupture entre la France et
l'Angleterre n'avancerait pas le re
tour à la santé ».
Triomphe du bon sens. Cependant
cette formulé est négative. Nous com
prenons que M. Masseij, représentant
de la Nouvelle-Zélande, ait répondu
par l'espoir que a quelque chose de
défini et de satisfaisant serait fait
pour régler les divers problèmes qui
se posent ».
En effet, on ne trouve rien dans le
discours de M. Baldwin qui annonce
une solution. II maintient que F Alle
magne doit payer les réparations,
mais il rtindique aiicUii fhoyén d'ob
tenir tles paiements. Il n'est pas, en
core rallié « celai des gages, bien
qu'il reconnaisse que l'occupation dé
la Ruhr n'a pas aussi mal tourné que
beaucoup d'Anglais le craignaient au
mois de janvier. Et, si le gouverne
ment britannique continue à ne pas
croire à l'efficacité d'une mesure
telle que l'occupation de la Ruhr,
quel système conçoit-il, quel procédé
aperçoit-il pour obtenir que l'Alle
magne, répare selon sa « pleine, capa
cité» ?
De,s rumeurs merveiileuses avaient
couru ces jours-ci dans certain^ mi
lieux, de ces milieux de finances qui
sont crédules et sujets à l'errev.r au
delà de çe que laisserait- penser la
réputation,dés financiers (qui seraient
trop riches s*ils ne ie trompaient ja
mais, si même ils ne se trompaient
souvent).On affirmait que M. Baldwin
allait annoncer une grande nouvelle.
au quart du genre.huihain réuni à la
Conférence de Londres : le gouver
nement britannique prendrait l'ini
tiative d'ung vaste rt double opéra-
tion que TEnglish speaking péople,
avec ses immenses ressources, serait
à même de réaliser : i° prêt à l'Aller
magne d'une somme considérable en
livres sterling pour l'aider à restau
rer ses finances et à se créer une
monnaie, car persçnne ne croit plus
au relèvement du mark ; 2° ouver
ture d'un large crédit à la France
pour lui permettre d'attendre le mo
ment où commenceraient les paie
ments d'une Allemagne assainie.
Il est certain, eii effet, que, si l'on
conçoit une solution/là problème des
réparations par une restauration fi
nancière de l'Allemagne, — qui, dans
l'hypothèse la plus favorable, pren
drait beaucoup de temps, —■ il faùi
penser aussi à la France qui risque
d'être écrasée par ses charges si lé
moratoire se prolonge' trop. Il y au
rait alors deux sauvetages à faire au
lieu Sun. Le secours apporté à l'Al
lemagne devrait donc s'accompagner
d'un appui prêté à (a France.
C'est déjà un progrès que cet as
pect de la question soit aperçu, même
à travers les contés bleus de la fi
nance. On ne s'occupe que de la ca
pacité de paiement de l'Allemagne :
les ressources de la France, qui sub
vient à tout, ne sont pas inépuisables.
Cependant on chercherait en l ain,
dans le discours de M. Baldwin, une
allusion à un projet de ce genre: Les
révélations de « certains milieux »
nous avaient mis l'eau à la bouche.
Nous n'avons vn venir qu'une réfé
rence nouvelle au plan de M. Bonar
Law, lequel n'est qu'un règlement de
comptes sur le papier et laisse sub
sister les créances de l'Angleterre, sur
ses alliés et par conséquent notre
dette de guerre; M. Baldwin l'a, d'ail
leurs, répété de manière à ne laisser
de doute à personne, pas même à la
Russie : « Les dettes des grandes na
tions doivent être 'reconnues si l'on
veut qiie le progrès commercial re
posé sur des baj'es solides». f
■De plus amples explications sont
promises et nous saurons dans quel
quesjonRS si le gouvernement britan
nique a vraiment des projets sér eux.
Pour l'instant nous avons l'Agréable
assurance que l'Angleterre répugne à
une rupture, qui serait d'ailleurs la
négation de la politique conserva
trice. Nous savons qu'elle désire le
maintien de l'Entente. U est vrai que
M. Garvin souligne que ce doit être
iine entente entré égaux, que l'Angle
terre ne peut pas se laisser conduire
par la France et qu'clle se laisserait
conduire par-la France si elle tolérait
l'occupation de la Ruhr. Nous ne
croyons pas qàe telle , soit l'idée de
M. Baldwin, moins ; échauffé que
l'homme de /'Observer: Mais une : dée
qui approcherait seulement de c o, Ie-
là serait encore si terriblement néga
tive qu'on ne voit pas beaucovp à
quoi l'entente servirait, en quoi elle
se distinguerait d'une mésentente et
en pré&erverait les deux pays.
JACQUES BAlXVlthE.
LA
f. Ces conseils généraux
Rien d'imprévu. L'on se rue à l'approba
tion comme on se tut rué au doute .et aux
'-contestations en cas d'obstacles et de ma
laises. Ce n'est pas lorsqu'une affaire
marche, bien qu'il y a de la peine à se
faire applaudir des assemblées démocrati
ques. Même certain honneur français serait
indulgent au malheur et peut-être, te
nace en cas 4e revers graves. Là ; vraie
.difficulté eût été de'tenir devant les petites
misères du piétinement et de l'pffort. dé
ployé sans résultat manifesté. Nous n'en
sommes, heureusement, ni à l'un ni à l'au
tre de ces deux stades. Le à affaires d'Al-
■Jemagne sont en bon chemin •: suivant une
-formule qui a le don d'horripiler 'les doc-
trinaires radicaux « les idées du Roi »
•sont reprises sur le Rhin, dans la Ruhr,
et les praticiens du radicalisme leur font
de longs applaudissements.
: Les deux tiers du Conseil général du
Nord y ont même ajouté des acclamations,
inais. à là suite d'une séance mouvementée
«t .pittoresque dont i! n'est pas mauvais
de donner une bonne analyse d'après là
Croix du Nord :
' - ' ' \
"r« Les socialistes, par la voix de M. ht-
bas, refusènt d'adhérer à la politique du
.gouvernement. Ils veulent que l'Allema
gne -paie, maisj : d'après -eux, M.' PoinCcaè
n'a pas pris les bons moyens pour Obte-
nir les réparations et l'orateur estime que
Ja victoire de la Ruhr se traduira par
de nouvelles dépenses..^ Pourquoi" M. Lou-
rheur et ses amis, après.avoir désapprouvé
d'abord M. Poincaré, lui ont-ils' «* emboîté
le pas d ? ' , •
, « Piqué au vif, M..Ddniel-Vincent s'ef
force de prouver que les députés de la
Fédération républicains' n'ont pas varié
dans leur attitude : •
« En janvier ,1922, déclare-Hl, nous
avons tous voté' l'occupation de la i Ruhri-
En février, ^ l'unanimité, nous avons vo
té les crédits nécessaires à l'opérdtion.
« De quoi s'agissait-il ? D'une' volonté
ou d'une capacité de paiement ? D'une ca
pacité ? Mais l'Allemagne pouvait expo-
fer sa situation financière devant ta Com
mission des Réparations. La question
n'était pas celle-là. La vérité, c'est que nous
nous sommes, trouvés, après quatre ans,:
devant une volonté bien arrêtée de ne
pas payer. M. Poincaré, comme ses pré
décesseurs, avait commencé par une po
litique'de patièRce et de conciliation. Il
a été déçû. Alors lé-conflit économique est
devenu une question de force entre la
France et le Reich. »
Ne contrarions ças M. Daniel-Vincent
et ses amis. Ils croient avoir été des mo
dèles de constâilcè patriotique. Ces an
ciens inainteneurs du cabinet Briand pas
sent avec armes et bagages au succès heu
reux et et habile. Tout'mieux. .Mais voici
venir M. Loucheur, qu'il faut écouter : . ;
« M. Loucheur apporte* à l'appui de la
thèse que vient de soutenir M. Damèl-Vin-
cent, un témoignage personnel. « En 1919
et en 1921* dit-il, j'ai cherché vainèment:
l'es' moyens d'amener T Allemagne' à un
paiement volontaire. Enfin j'ai réussi à
conclure avec M. Rathenau l'accord de
Wiesbaden. Mais, deux mois plus tard,
mon partenaire avait dû abandonner ses
fonctions de ministres..
, « En décembre 192l, « Londres où je
le rencontrait j'appris de lui qu'il était dé
bordée Quelques semaines après cet entre
tien, on l'assassinait dans les conditions
que vous connaisses... n •
i , L'orateur conclut à la nécessité: de
' sliivre, dans la Ruhr, le drapeau de la
■ France, il: propose à l'assemblée de voter
| cet ràdadadada ? ?■? ,
.Ce qui signifie : pendant quatre ans en
tiers, nous avons suivi de mauvais che
mins, qui n'ont rien donné.Alors nous nous
[sommes résignés à suivre 'e bon. ■ :
Fort bien. Mais il resterait à savoir :
1° ce que les mauvais chemins ont coûté
au pays ; 2° qui paiera cette. expérience
.coûteuse ; 3° quelle confiance méritent
les gens qui ont dû se casser le jnez sur .
les becs de gaz que d'autres voyaient, et
dont ces autres les avertissaient,avant de se
résoudre à suivre la voie libre du trottoir
et de la chaussée .;.4° quels sont les bons
] ; raiiçais, les Français prévoyants qui, de
tout temps, donnaient le conseil juste
que l'on- est obligé de s.uivre en : dernier
■lieu.'. . ''■■■ ■ "
• Si, en effet, M. Loucheur et ses amis se
sont grossièrement trompés dans un cas"
où la vérité tombait sous le sens, il y a
risque très sérieux qu'ils renouvellent"
les mêmes fautes lourdes
peut être indéfiniment abandonnée à la
fdirection d'individus qui n'ont jaiftais
découvert la bonne route qu'après avoir
•essayé à grands trais, à des frais mortels,
toutes les mauvaises.
II. Un complot communiste
international
■Maintenant,, passons à l'intéressant
débat final engagé da*is la même assem
blée lilloise, entre socialistes et conimu-
enistes : - - • • ••
! , « Le Conseil général enregislre-t-il avec
'satisfaction la cessation, par l'AÙema J . ;
i gne, de la résistance passive ?»
« Pas de difficultés, là-dessus ?. » de*
mande le président. Non, répondent les
.socialistes. ;
" « Mais M. Sarot, communiste, s'indigne.
Le voilà bien, s'ècrie-t-il, « le point de
contact entre le Bloc national et le par
ti collectiviste. .<
f « M. Goniaux bondit et venge l'injure
faite aux siens : « Vous osez parler des
points de.contact entre la droite et nous ?
Mais oubliez-vous donc les tractations que*
tes cçmmunistes allemands poursuivent
fivec les limpérialisles et les militaristes
Je prends la responsabilité : de ce que
j'affirme ici. Il i; a eu, là-bas, des tracta
tions pour constituer le front unique, pour
faire le bout d echemin nécessaire à la
'^encontre. En même temps, il a été ques
tion d'opérer la jonction entre l'armée al
lemande et l'armée rouge, pour attaquer
einsemble la France et recommencer la
guerre, dont nous sommes dégoûtés* d .
A quelle Cour d'assises, à quelle Haute-
Cour sera déféré Je témoignage de M. Go-
niau?Où l'acte de haute trahison qu'il a so
lennellement [dénoncé, sei'Vt-il impuni ?
jlll. Henry Leroy-Fournier
- -Notre pauvre Leroy-Fournier; ! - ,
L'absurde contre-temps qui m-'a privé
de lui rendre iin dernier devoir à sa mai
son, à son église et mênîe au bord de la
tombe ouverte, m'a permis, néanmoins;
d'ârrivèr au cimetière de Saint-Ouen avant
que la fosse de notre vieux collaborateur
et ami fût complètement refermée. Des
assistants qui se" retiraient, les derniers
ont bien voulu nie servir «le guide, et j'ai
eu »la triste satisfaction de me recueillir
avec eux, pour quelques minutes, dans la
pensée de celui qui nous a quittés.'
Nos lecteurs savent, l'histoire de notre
collaboration. Elle remontait .à l'origine du
quotidien : 1908* Leroy-Fournier nous était
venu par l'antisémitisme et le nationalisme
antidreyfusien, tout comme notre pauvre
commandant Biot, du personnel réuni par
Drumont à la Libre Parole. Nous tenons
beaucoup, Léon Daudet et moi, à cette
nuance de l'équipe d'Action française : d'a
bord parce qu'elle correspond très bien
à nos idées, et aux racines, aux raisons
d'être de nos idées ; ensuite, qu'elle.repré
sente un trait de communication très im
portant avec- cette immense,classe moyenne
qui a toujours décidé en France des évo
lutions intellectuelles et des. révolutions
i politiques. LeroyrFournier tenait à lfextrê-
Vfe -gauehé. Avant d'opter pour la France
éternelle contré d«s Français égarés,il;, avait
été journaliste "radical en province son
goût de la justice et son patriotisme, son
franc parler et son indépendance d'esprit
s'accommodaient alors des formules radi
cales qui n'avaient pas .encore tourné à
un opportunisme de ventres dorés. Comme
pour beaucoup de Français, l'affaire Drey
fus, lui dévoila un coin mystérieux .des
affaires humaines. Il sentit la conspiration
menée contre la France par ses enfants
-absurdes et ses enfants félons. La première
union sacrée, celle de Drumont et de Le-
maitre le rallia pour'toujours.
Que de fois, après les nuits de travail de
l'imprimerie, nous avons évoqué cette épo
que vraiment critique où furent arrêtés les
destinées de la France et celles de quinze
cent mille de ses plus braves fils ! Que de
fois il nous répéta que la .confiance poli
tique dont il voulait bien nous assurer était
née de ces lointains jours de, septembre
.1899 où, 1 d'abord,' absolument seul dans
toute la presse patriote, je pris la défense
du colonel Henry, et montrai le service ,que
cet infortuné avait voulu rendre au pays.
Et que de foisencore, sans démarrer .de la
direction donnée dès lors par cette épreuve
de la patrie, nous avons admiré ensemble
-que par le développement des idées et des
choses, la France. de 1318-1923 eût été peu
à peu conduite à occuper dans, le monde,
par rapport à la Finance internationale
exactement la même position qu'occu
paient dans leur propre patrie,- par rap
port au même. Juif manieur d'or," les Fran
çais patriotes rebelles au-joug de Dreyfus !
L'invasion avait éprouvé dans sa chair
et son sang ce Picard natif du petit bourç
de Rozières, dont le vieux père avait dû
fuir devant les Barbares et dont la maison
avait souffert de diverses blessures de la
bataille. Il aimait à nous raconter qu'à son
premier pèlerinage du front, comme les
autorités vérifiaient son passeport et qu'un
employé lisait à haute voix son adresse à
Paris, «, rue André-del-Sarte », un jeune
capitaine se retourna avec'vivacité, et mur
mura par un écho presque machinal :
Maxime Réal del Sarte. Il était de l'Action
française. Leroy-Fournier fit savoir qu'il
en était aussi. Ces deux bons Français fra
ternisèrent aous notre signe devant l'en-
nemi. ■ : ■ - • v ' : " - ■
■Jamais les services de Leroy-Fournier ne
nous ont. été . plus précieux que durant'les
années de Ja guerre ; je lai dois expressé-
sment d'avoir pu bien suivre, et sur le. vif,
lès mouvements, les directions et les agi
tations de' la Chambre. Des adversaires et
dés amis lui disaient quelquefois que cette
Chambre, était vue assez exactement d'ici.
C'est qu'en sus de ma lecture attentive de
l'Anklytique et du compte, rendu écrit
que Leroy-Fournier nous apportait, ie l'é-
côiitais. II. avait'l'art de décrire de-vive
voix la topographie des partis, de discerner
les manœuvres des groupes, de saisir l'in
trigue des hommes et d'en démêler au vol
la valeur et les rapports. Il connaissait
comme pas un le personnel du Parlement,
et il y joignait des informations éten
dues sur le personnel des préfectures et
même des parquets. Ah ! c'était Un routier
et; neuf fois sur dix, la prévision égalait
chez lui la vision ! Je ne l'ai vu en défaut
que sur un poiny parce que ce point dé
pendait d'un esprit et d'.inc volonté cpii
échappaient au calcul ordinaire : l'action
de Daudet. Depuis l'entrée de Léon Daudet
au Parlement, il.semblait c,ue les jeux faits
une fois pour toute dans l'esprit de Leroy-
Fournier eussent été bouleversés par une
main invisible : l'intervention de ce facteur
antiparlementairè sur un • échiquier dont
les pions et la règle étaient utilisés de
façon toute neuve obligeait notre collabora
teur à des approximations trop rapides d'u
ne certitude inférieure aux premières. Il
en riait lui-même et, comme la cause y
gagnait le cent du cent, c'était toujours de
très bon cœur.
Pauvre Leroy-Fournier ! Personne ne
■parlait comme lui des véritables aspira
tions des tendances réelles du-vxer.zx pe»?le
de France. Je le reverrai longtemps, tou
jours, dans ces heures de fin de journal,
quand, la besogne expédiée, on se réunis
sait autour du marbre, ouvriers, employés,
rédacteurs, à l'occasiofa de quelque anni
versaire ou d'un événement ljéureux, pour
boire un verre de- bon vin à la santé de la
oaùse de la patrie ■!. _Comme il faisait
honneur à la flamme légère qui brillait
dans la coupe! Et comme les bonnes his
toires de" politiciens de province et de
Paris se suivaient gaîment dans ses ines
timables récits ! 11 avait le talent de conter
de vive voix autant que la .plunie à ,1a
main, il avait l'épigramine acérée et le.
trait bon enfant, le goût de la finesse et;
le sentiment.de nuances, ce qui n'enlevait
îrien- à la verve du parti-pris. :
Pauvre Lcroy-Fourn : er J Je pensais a
toutes ces longues anné-s iVintime cuma-
raderie en lui disant a lieu^ dimanche, sur
son lit de mort Où se détachait un visage
amaigri dans le calme élerhel; Après l ; aul
Bnrtoli, notre ancien correcteur et maître
d'armes, c^est notre cher et fidèle rédac
teur paclemenlaire qui part, Diiré, terrible
année pour l'Ac/fon française, . succédant
aux années des grands coups de faulx de la
guerre que l'œuvre commune a ' défiée
pourtant et dont elle a '.riomphé malgré
tout ! Elle en triomphera encore. La nature
de l'idée nationale est de ne pas mourir
Une .ardente; jeunesse dont les rangs ne
cessent de grossir derrière nous, dont le
pas cadencé nous soutient et nous presse,
porte en elle la plus solide, 1 la plus claire
et la plus puissante garantie d'avenir. Le
seul enseignement qui puisse être reçu de
tant de morts rapides, est qu'il faut éta
blir le destin du.pays, au-dessus et au-delà
de l'a vie et de la mort. Les gouvernements
viagers de la démocratie ne peuvent valoir
que,ce que valent les générations éphé
mères des individus successifs. La royauté
construit sur le terrain plus ferme de l'hé
rédité. Elle fie la patrie à des dynasties
immortelles. Leroy-Fournier écoutait cela
très volontiers. Il ne disait pas non et il
ne demandait pas mieux que de voir
aboutir tant de travaux et tant de luttes.
Les difficultés qu'il faisait ne tenaient
qu'aux'habitudes d'esprit des Français de
son âge. Il en avait surmonté beaucoup.
Ii eh eût surmonté davantage ! Pau
vre Leroy-Fournier que n'a-t-il vécu !
C*IAIlf,E8 BSAVHUAB
casas
LES OBSÈQUES
D'HENRY
Hier à neuf heures ont été célébrées en
l'église Saint-Pierre de Montmartre les
obsèques de notre.cher ami et collaborateur
Henry Leroy-Fournier.
Le cortège franchit rapidement, par les
pentes escarpées de la Butte,- les quelques
iniètres qui iséparent de l'église la rue
André-del-Sarté. Une nombreuse assistan
ce suit la voiture funèbre, où l'on remar
que au milieu des fleurs plusieurs magnifi
ques couronnes : l'une est offerte par
l'Action française, une autre par « les amis
du quartier ». Le deuil est conduit par M.
Léon Leroy, cousin germain du défunt. -
Sous les voûtes de l'église Saint-Pierre,
la cérémonie se déroule, très simple, très
émouvante. De tous côtés, les sympathies
qu'avait su se gagner ce loyal et noble ca
ractère avaient tenu à s'affirmer une der
nière fois. Journalistes de toute opinion,
voisins, amis de Paris et de Province se
pressaient dans les basrcôtés.
Les comités directeurs de l'Action fran
çaise étaient représentés par Léon Daudet,
revenu tout, exprès de Provence. Daudet
était entouré par les secrétaires de la ré
daction, les rédacteurs el les membres de
l'Action française actuellement présents
à, Paris r MM. Joseph Delest, Pierre Cons-
tans, Alain Mellet, Paul Mathiex, Picot de
Plédran, André Rousseaux, José Le Bou
cher, Sant-Andréa. Albert Delmas, Georges
Dumesil, George Havard de la Montagne,
"Guiton, Abel Manouvriez, Bray, etc... Dans
l'assistance nous avons reconnu : M. Devos,
ancien administrateur de la Libre Parole ;
Abel Henry, directeur des services poli
tiques du Petit Journal ; Bodard, ancien
directeur du Pilori ; Jiilcs Véran, Fer-
nand Vincent, Léopold Bloud, llerfri Jous-
set, Charles Patoz, Jules Sauvan, Javary,
tous ceux des collaborateurs de Leroy-
■Fotimier à la Chambre, actuellement prér
sehts à Paris.
A dix heures, après avoir présenté ses
respectueuses condoléances à Mme Henry
Leroy-Fournier, le cortège se reforme rue
du Mont-Cenis et redescend les pentes de
la Butte vers le cimetière de Sainf-Ouen,
où a lieu l'inhumation. .
UNE RIXE PANS L'ISÈRE
; Un mauvais coup des communistes
italiens
On mande de Grenoble que les conscrits
de Mizoen, canton de Bourg-'d'Oisans, fê
taient joyeusement leur retour du conseil
de révision, au milieu de leurs familles
réunies, quand : ils ont été grossièrement
pris à partie et apostrophés par une ban
de d'ouvriers italiens, qui cherchaient à
troubler cette fête familiale.
. Les jeunes conscrits, ayant voulu écar
ter ces perturbateurs ont été assaillis à
;eoups de couteau ; deux d'entre eux, le
sergent Firmont, du 28 e bataillon alpins,
fils du maire de Mizoen, et Adolphe Jouf-
frey ont été blessés très grièvement.
Les gendarmes prévenus, de cette odieu
se agression se sont mis aussitôt à la re
cherche des Italiens qui avaient pris la
fuite, une fois leur mauvais coup accom
pli. Trois des agresseurs ont été arrêtés,
au cours de la nuit, tandis qu'ils cher
chaient à regagner la frontière. .
Propagande ! Propagande!
Voici la suite des sommes reçues pour la
propagande depuis l'appel de Charles
Maurras.
Remercions chaleureusement nos amis.
Et disons-leur que la souscription n'est
pas close. Trop de besoins sollicitent en
core leur, générosité. Ils la mettront sous
l'égide des héros de la grande guerre,
de ceux qui sont morts pour que la France
vive.
SEPTIEME LISTE
En mémoire de Marius Plateau.
Lccerf .............
En souvenir de mon cher, neveu,
Guy Lemarié, Camelot du Roi,
mort jiour la France, à l'âge de
dix-huit ans
En mémoire de Marius Plateau.
•Un 'curé pauvre ...
J, Câri'in. ...
Un employé de mairie de la Nièvre.
C Durand
Abbé Bonnet .. i........... ...
J. de la Roulière
i'Anonyme • •...........
M.* de Cussac ....
Vico'mte de Montessus
Abonné 22.419 A. F. D.
Un ouvrier savoyard
Mme de la Roque
Anonyme
J. de Laville .i
Baronne du Houlley .i
A". Van-den Plàs ................
.Maurice Chrétien
'Charles Mauméjean ■
Mme Vve Mauméjan
Mlle Lalanne
H, Dichl ...i ., i
Gh. fr. 'Simon
Preniitre (ibolé transmise par la
section du I'uij
L. Barbier »
Commandant Dublaix
Charles Louis
H. R. S.
Abbe Pillot ................. »,
Tcstot-Ferry
.. (A suivre)
100
20
»
20-
»
10
•10
' »
50
n
100
»
25
»
110
o
10
n
50
100
»
100
»
5
»
10
»
10.000
M
20
100
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25
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5(1
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100
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10
»
5
»
VERS UNE CRISE MINISTÉRIELLE
ALLEMANDE k
Deux ministres ont donné leur démission
Le cabinet Stresemann a subi mercredî
un sss^iU très violent de I3 de scsl
enn-eïnis ; ceux-ci se sont niontrés nom*
breux et leurs efforts bien coordonnés. Le
plus curieux de l'affaire, c'est que ce sonl
les, propres amis de M. Stresemann, ceux!
qui appartiennent au parti populiste qui'
ont mene la danse. C'est ie docteur Se'holz,
en ettet, qui a succédé au Chancelier a'ci
tuel comme chef du parti, qui est venà
exposer ses doléances et présenter à M.'
atresemann un véritable ultimatum. i
ministre
von Raui , 1/yunicmu . :
tion, docteur Luther, ont sombré. La situd*
tion du socialiste Hilferding, particitlièré-'
ment visé dans la bataille engagée par le^
nationalistes,'est chancelante; celle d»
cbancelier 'lui-même n'était guère b'-iîlan-
te mercredi matin, mais Stinnes et les?
grands capitaines d'industrie ont dans la
journée ostensiblement conféré leur appui'
au docteur Stresemann et sa cote s'en est'
immédiatement ressentie. -
L'ultimatum dse populistes : ^ï-j
Quand, à dix heures dn matin, mardi,
les chefs de partis convoqués par le chan-
celier se sont trouvés réunis, le docteur.
Scholz a demandé, on pourrait dire a exiofii
du chancelier, que le .gouvernement fut;
immédiatement remanié, et qu'avant tout':
le ministre des Finances, le socialiste Hil
ferding, fut remercié, ensuite que les natio
nalistes, dirigés par Helfferich et 'Hergty-
jissent partie de la nouvelle coalition, en
fin que la loi de huit heures fut modifiée.
. On le voit, c'était la déclaration de guer
re aux socialistes. ;
Grande fut la stupéfaction de M. Stresé; '
111 aryi qui avait réuni les chefs de partis':
pour leur demander d'élargir ses pouvoir^
en matière économique et politique. • Le.
docteur Scholz, soutenu par les autres par
tis, sauf les socialistes, maintint les condi
tions qu'il avait exposées. Les socialistes', ;
de leur côté, ont élevé la voix pour v prptes- -
ter avec véhémence contre les exigences",
des .populistes. Bientôt la. séance était 16^
vée sans qu'on ait pu se mettre d'accord."
-Le chancelier, surpris par l'attitude dé
son propre parti, était obligé de remettre
à plus tard le discours qu'* devait pro-"'
noncer 4ans l'aprèsrmidi au Reichstag. Au ,
cours de la nuit, le président Et)ert et Ici.
cbancelier ont longuement conféré, puis'
un conseil des ministres s'est réuni. Dana-
l'intervalle, on apprenait 'a démission de S :
docteurs von Raumer.xt Luther. ■ ;
_ Qui l'emportera ? Des socialistes par- ',
tisans d'une politique de bonne volonté^
mais du maintien de la loi de huit heures* -
ou des populistes qui exigent une augmen
tation de la production par la suppression'
de la loi de huit heures, mais cela au pro-,
fit seul de l'Allemagne ? " -,
Von Kahr pïésidnet du conseil bavarois ,
Au cours de l'après-midi de mardi, un!:
télégramme de Munich annonçait à Berlin
que M. von Kahr, le commissaire général '
pour la Bavière aurait été nommé, presirient
du conseil bavarois. Toutefois, aucune,
confirmation de cette importante nouvelle--.'
n'était parvenue hier soir à Berlin.
La reddition de Kustïin . ■ ^
. Berlin, 2 octobre. ■ :.c communiqué
officiel suivant est publié : '
L'affaire de Kustrin s'est terminée ■
promptoment ; il n'a même pas été néces- "
sa ire de rassembler à Kustrin des forces '
militaires considérables, lies rebelles, au
nombre de 400 environ, avec une douzaine
de chefs, ont été faits prisonniers : et dé-1
sarmés. , ■
Une bande d'anviron trente personnes ai
été arrêtée au cours d'une reconnaissance,
aux environs de Kustrin.
Là fusillade d'hier soir u coûté un mort
et plusieurs blessés aux rebelles ; la Reicn-, ,
swelir n'a aucune perte à enregistrer.
: Les unités de la Reichswehr, qui avaient
été .concentrées à Kustrin, ont été ren-"
voyées dans leur quartier haDitue'-
■Le général d e Caste lcaiî à Romé-
Le général de Castelnau a déclaré à un;
rédacteur dur Corriere d'Ilalia qu'il était
très ému de l'accueil qu'il avait reçu du
pape. Il a ajouté qu'il était venu à Rome
pour des raisons personnelles et sans au
cun mandat du gouvernement français. '•
. Le général a remarqué avec quel inté-.
rêt le pape suit les choses de France. II a.'
été heureux-de pouvoir dômentii', au. Vati-'
can et auprès de M. Mussolini, les al léga
tions sur les tendances à gauche de I?J '
France,- Au sujet du statut légal de l'Eglise .
en-France, il a dit : ;
La nouvelle solution du problème est vir
tuellement trouvée du moment que 'M. Poin
caré a déclaré que les deux pouvoirs sont
d'accord. 11 : reste encore il affronter la dis- '
cussion au Parlement et le-président a dit .
qu'il ne s'y soustraira pas,.
Il déclarera que nous ne devons pas nous
occuper (le l'aspect canonique du nouveau
statut, puisque nous -ne sommes pas cano-
nistes. Quant à son aspect légal, du moment .
que les juristes, expressément consultés, ont-'
donné un ayis favorable, il n'y a aucune rai
son pour que l'assemblée législative refuse son
consentement. _
En terminant, le général de Caslelnaù-
a signalé les heureuses conséquences de.
l'appui-moral de l'Italie'dans la question:
de la Ruhr, et de l'appui de la France dans-
la' question de Corfou. et insisté particuliè-'
rement sur îa nécessité pour les deux pays .
de rester d'accord. , •
MORT DE AL CHARLES DE LESSEPS
On annonce la mort du comte Charles. dé ! ,
Lesscps. J) était âgé' de quatre-vingt-trois ans.
Kits ainé de Ferdinand de Lesseps, après avoir,:
éic secrétaire d'ambassade il avait, aux côfé9* ;
de son père, appartenu au conseil tration de la -Compagnie"de Suez, puis.de la'
Compagnie de Panama. On se rappelle qu'il
avait été impliqué, en 1890, dans les pour- '
suites encourues" par le conseil d'administra- '
tion de Panama, dont il'faisait..partie.; frappé'
d'une 'condamnation,' 1 il avait dès lors vécu
dans la retraite. . r
EN QUELQUES LIGNES: ;
— Ati'x dernières nouvelles, la situation à'
Berlin ne serait pas éclaicie. Les socialistes;
•n'auraient pas encore clairement défini leïi
position a l'égard du projet de loi touchant
l'augmentation de la production.
■ — A-la gare du Bourget-Triage,. René Sour-f
zae ; est renversé par un train et a le bras,
adroit coupé . T :
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