Titre : L'Action française : organe du nationalisme intégral / directeur politique : Henri Vaugeois ; rédacteur en chef : Léon Daudet
Auteur : Action française. Auteur du texte
Éditeur : Action française (Paris)
Date d'édition : 1923-10-01
Contributeur : Vaugeois, Henri (1864-1916). Directeur de publication
Contributeur : Daudet, Léon (1867-1942). Directeur de publication
Contributeur : Maurras, Charles (1868-1952). Directeur de publication
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 01 octobre 1923 01 octobre 1923
Description : 1923/10/01 (Numéro 273). 1923/10/01 (Numéro 273).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG87 Collection numérique : BIPFPIG87
Description : Collection numérique : BIPFPIG69 Collection numérique : BIPFPIG69
Droits : Consultable en ligne
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Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, GR FOL-LC2-6354
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 18/01/2011
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EDITION
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Départements ^Colonies
Abonnements : Un An Six Mois Trois Mots
F rance &C ou>nicsl .«-.&8L 251 13»
ETRANGEa.C™^~..B2.,. 42, ;„ 22 .
ORGANE DU NATIONALISME INTÉGRAL
«€ Tout ce gui est national est nôtre, n
• Le Duc d'ORLÉANS
RÊDACTIO N tvAOHiniSTRATIOrj : U.rue de Borae.PARIS 8? :.]
Adresse télêgrsptiîqirç: ACTIOFRAW PARIS''
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faprès'dix.heures (!u soir: Central 5^-07)
w FONDATEUR
Henri VAUGEOIS .
hér^tîçr des quarante Rois quî ën mille ans fT^nt la France
DIRECTEURS POLITIQUES: LÉON DAUDET et CHA8LES MAÙRRAS RÉDACTEUR EN CHEF MAURICE PUJO
*3" «taw*. sè
« Qui. donc; en tout cas, oserait màié
tenant prétendre que les fossiles sont « à
droite » ? C'est la « gauche », toujours en
avant, toujours à la tête du progrès, qui a
les meilleurs et les plus incontestables fos=
siles ; et c'est le Muséum radical qui abrite
dans ses collections les plus remarquables
spécimens î »
'' 0
B8B58
LE FÉTICHE ET LE BON ELEVE
fï n'est pas trop tard pour revenir
pur l'amusant article — amusant,
parce que' grave — qu'André Che-
yrillon, dans le magazine de Doumic,
ou Revue des Deux Mondes, du 1"
septembre dernier, a consacré à la
gloire du fétiche Renan. André Che
vrillon est le neveu de Taine, dont il
a hérité les aperçus dogmatiques 'et'
le ton pénétré, que tempère, ici et là,
Tin impressionnisme, nomade et cha
toyant à la Loti. Membre de l'Aca
démie française, en raison de cette
parenté et de quelques ouvrages
consciencieux, mais sans art, Che
vrillon représente à merveille le bon
é'iève, promu personnage représenta
tif de corps constitués, qui émet, sur
les sujets courants, aux dates anni
versaires, des appréciations de tou
repos. Il arpente le monde des idées
comme celui du voyageur, à l'aide de
coupons détachables, donnant droi'
tantôt à une vue philosophi-co-pano-
ramique, tantôt à une ironie pom
ponnée, tantôt à un feu de bengale
protestant. Il se penche sur les pay
sages français avec une .mélancolie
de bon ton. Il respecte Tityre et son
chalumeau et ne néglige ni le grand
« industriel ni l'Ànglo-Saxon attelé à
sou « business » . Un de mes amis,
citoyen de Londres, mais assez rail
leur, me disait de lui, avant tout ça,
il y a une onzaine d'années : .» Oh
master Chevrillon, il croit que, .chez
nous, les trains partent à l'heure pré
cise et qu'on ne perd jamais les ba-
gages... C'est la forme actuelle de
notre voile vert et de" nos pantalons
à carreaux, n'est-il pas vrai ? »
Ainsi construit, vous pensez bien
qu'André Chevrillon vénère nom seu
lement son oncle illustre, cultivant
son jardin à Talloires — assez morne
patelin lacustre — mais encore l'au
tre flambeau, en pendentif, de la che
minée du dix-neuvième finissant
Ernest Renan. Dans ce. cas, le culte
comporte aussi, pour le lévite^ d'Ins
titut, une petite niche à l'usage de
Marcelin Berthelot.' Chevrillon tend
au déterminisme de Taine un bou
quet de ses roses sans* parfum, à
l'ironisme de Renan — qui lui ar
rache un maigre sourire — un jovial
,^assemblage d'immortelles fanées, à
Berthelot enfin un edelweiss de cette
Suisse qui... des cette Suisse dont...
de cette Suisse enfin... C'est pour moi
un problème qu'André Chevrillon ne
siège pas à la Société des Nations et
quîi l'ait négligée sur ses itinéraires.
Le titre seul de l'article, Renan et
la Bretagne, vous indique de quoi il
s'agit. Contemporain de Chevrillon>
j'ai connu comme lui cette époque —
il y a une trentaine d'années— où
il était admis, sur la foi de Taine et
de l'école de Talloires, que l'écrivain,
ou le penseur, était le produit de son
milieu. On étudiait ces prétendues af
finités: Quand elles n'existaient pas,
on les inventait. La critique littéraire
s'en trouvait, d'ailleurs, extraordinai-
rement simplifiée. Fils du terrain
crétacé de la Champagne, Jean de
La Fontaine, en devenait sec, pulvé
rulent et d'un blanc lumineux. Pas
cal se ressentait, infailliblement, du
sol volcanique de l'Auvergne. Cepen
dant que Chateaubriand, prévoyant
son tombeau marin, ruisselait de
l'écume de ses métaphores,, tout en
salant de ses baisers Mme Récàmier,
Cette manière de concevoir les choses
de la vie m'apparaît aujourd'hui,
ainsi qu'à beaucoup d'autres, comme
un peu sommaire. Je n'en salue pas
moins au passage, ainsi que des pon
cifs 1890 chers, à mon souvenir, ra
jeunies par un style semi-pimpant,
telles considérations trégorroises :
Tréguier m'apparaît comme le contraire
d'ane grasse bourgade normande ou beau
ceronne. J'y sens je ne sais quoi de grave
et de délicat, une qualité morale qui fait
penser justement a ces visages minces,
parcheminés, d'aïeules que l'on voit là-bas,
admirables de finesse et de native dignité:
Vous l'attendiez, n'est-ce pas ? Moi
aussi. L'absence de surprise est, au
près de l'abonné de la Revue des
Deux Mondes, un élément certain de
succès. Et voici" màinténant ' pour
l'ironie, qn'eût évidemment goûtée
Brunetièré et qui eût fait glousser
Faguet :
. La grise Lannian,ai-je dit, ressemble à
Tréguier, inais c'est comme une sœur de
meurée bourgeoise à une sœur entrée éû
religion. A sa physionomie différente, les
Renan, venus des bords du Guindi, ne
purent s'habituer. La vie, à nos yeux si
vétusté, demi morte, en-ces ruelles, en ces
obscurs logis, leur en semblait trop mon
daine, «— Renan a prononcé lé mot des
clercs*: profane- Ils revinrent à Tréguier.
Entre les deux villes, le contraste est resté
le même. Je ne dis pas que l'âme de la pe
tite cité aujourd'hui représentée au Parle
rez
qui n'ont aucune espèce "de rapport
avec le caractère ni le tempérament
de leurs habitants, ni même de.leurs
fils les plus illustres. Mais la méthode
critique, inaugurée par Michelet, co
difiée par Taine, et dont André Che
vrillon est aujourd'hui le,fidèle dépo
sitaire, exige que Victor . Hugo res
semble comme deux gouttes d'eau
aux ruelles et venelles de Besançon,
« vieille ville espagnole », et que Re-
jiant soit pétri du granit même de
Tréguier. C'est là ce qu'entre 1860 et
1910 on a appelé « la vérité historique
et psychologique ». Quiconque alors
y contrevenait était considéré comme
un abruti, un esprit parfaitement ré
trograde ou un loufoque.
Ainsi qu'il sied; en ce genre d'études,
le ton s'élève et l'horizon s'élargit, à
mesure qu'on approche de là conclu
sion. Mais cette élévation et cet élar
gissement sont calculés de façon à-ne
choquer personne-ni aucune habitude
d'esprit ; de même que les rigolades
et folichonneries de Taine habillé en
« Thomas Graindorge », dans la Vie
Parisienne de feu Marcellin, étaient
dosées à la capacité de fou rire d'un
pasteur, atteint de la rougeole dans
une chambre d'hôtel meublé, à Bos
ton... ou à Talloires. Chapeau bas,
camarades, et écoutez ceci, qui vint
après un coup de patte , à Bourget et
à Barrés, non nommés mais claire
ment désignés : .
Ceux qui l'ont bien lu — Renan sa
vent que la recherche littéraire semblait
une vanité à l'écrivain qui, losrqu'il le
voulut bien, sut moduler quelques-unes des
plus parfaites proses qui soient en notre
langue. Au vrai, son point de vue fut celui
de son ami Taine, qui avait conçu la
même foi dans la seule valeur de la vérité,
et nous là traduisait nn jour par cette for
mule — il f ormulait plus que Renan : « La
forme littéraire est une première dé
chéance de l'idée ». L'un et l'autre, con
temporains des grands développements
des sciences -physiques et naturelles, au
dix-neuvième siècle, croyaient à l'exten-,
sion méthodique, graduelle, indéfinie du
connu, sous le rayon de l'esprit gagnant
toujours sur la ténèbre.
La phrase attribuée à Taine par
son neveu est tout à fait caractéris
tique, en effet. L'aspirant protestant,
comme le protestant, est naturelle
ment admirateur de l'apostat, puis
qu'il s'imagine que l'apostat va de
l'illusion, ou du mensonge, vers ce
qu'il appelle comiquement « la véri
té ». C'est ce qui explique la profonde
attraction de Taine — qui voulut
mourir dans la religion réformée —
et de Renan. Mais; surtout, pour l'as
pirant protestant, comme pour le pro
testant, la beauté de la forme est une
réfraction de l'idée et, par . consé
quent, un répréhensible trompe-l'œil.
Qu'est-ce cependant qu'une idée sans
forme, et en quoi la. magnificence de
Bossuet nuit-elle aux solides et saines
idées qu'il exprime ? En quoi la
puissance verbale de Pascal nuit-elle
à sa précision ? Nous touchons, par
cet aphorisme, au principe même de
cette fausse rigueur, qui est; à notre
avis, une des faiblesses de Taine et
de son école. _
Il est bien évident, d'autre part,
que nul ne fût plus cabotin de sa
propre phrase — d'ailleurs souvent
délicieuse, par le mélange de la lim
pidité et du chatoiement —- que Re
nan. A qui sait le lire avec attention,
le divertissement et l'étonnement que
lui procure sa fameuse ductilité ap
paraissent en maint endroit. De
même qu'il est un faux sceptique, il
est un faux humble, et moins encore
qu'à aucune autre, je ne crois à son
humilité syntaxique. Le bonhomme
savait parfaitement ce qu'il faisait.
Empoisonneur fanatique et conscient,
il dosait son opium comme il faut.
Dites-nous qu'il est délicieux. Ne ve
nez pas nous dire qu'il est franç... Ce
qui suit est plus intéressant, parce
que moins conventionnel :
Renan aussi posait des certitudes, et
celle-ci d'abord, que le nombre des certi
tudes irait toujours croissant. S'il avait
parlé - la langue : brève et précise de son
ami Taine, celui qui passe encore pour un
Si gê
prince des sceptiques aurait pu prononcer
lç mot que l'auteur de l'Intelligence, quel
ques semaines avant sa mort, nous disait
ment par M. de Kerguèzec soit immuable.
Qnassure qu'elle a changé, surtout, ironie
des choses, depuis qu'y fut officiellement
ramené; installé en figure de bronze, celui
qui l'aima tant pour sa noblesse et sa pau
vreté.
Notez qù ! on trouverait aisément,
ên France, quantité de petites villes
de sa voix basse, voilée; plus voilée quand
il affirmait quelque chose de ses. convic
tions profondes : « Je' crois que l'homme
peut savoir; Je suis un dogmatique ».
Parbleu ! L'esprit à toujours plus
ou moins besoin d'un dogme, et le
vrai sceptique, le « Montaigne » est
infiniment rare. Mais chez Taine,
comme chez Renan, le dogme maté
rialiste était singulièrement pauvre
et funèbre, et sa misère — connexe à
celle du dix-neuvième siècle —nous
apparaît cruellement aujourd'hui.
iEO® nA VDET.
Député ie Paris.
m y'?. — i, i n
Nous apprenons avec joie la naissance
de Philippe " Vitrg, fils de 1 Max Vi
tra- Tous nos compliments à-,notre ami,
dévoué défenseur . des Canielots du Rot
et trésorier de la « Presse monarchique
et catholique des départements «i ■
Le correspondant du Times à Ber
lin obsérve qii'ûnê large portion du
' public est satisfaite de là nouvelle
dictature. En effet; le sabre règne
partout. L'Allemagne est divisée en
districts et à la tête de chacun d'eux
se trouve un militaire. Ce tableau
vaut la peine d'être reproduit î
1. Prusse orientale et occidentale i,
général. von dassel,
2. Poméranie, Schleswig, Meklem
bourg, Hambourg et Lubeck : géné
ral von - T schischwitz.
3. Brandebourg t Berlin, Silésie
général von horn, -
4. Saxe : général M oller.
5. H esse, Hesse-Nassau, Thuringe,
Waldeck, Wurtemberg .et Bade : gé
néral R einhardt. -
6. Hanovre, Westphalie, Brunswick,
Oldenbourg, Brème, Lippe-Detmold,
Schaunboiirg-Lippe ;; général .von
L ossberg,
7. Bavière : général' von L ossow.
Cinq généraux ' à particule pour,
sept circonscriptions : telle est la
carte de l'état de siège dans la Répur
blique allemande. Schmidt, Rad-
bruch, Sollmann et Hilferding, mi
nistres social-démocrates du cabinet
Stresemann, n'y voient pas d'incon
vénient. On a ainsi une singulière
image de l'Allemagne et de sa démo4
cratie. C'est saris doute ae qu'on ap
pelle l'image composite.
A près « l'appel au soldat », le chan
celier Stresemann s'apprête, d'ailleurs
à autre chose. On se souvient que, te
7 juin, M. Cuno avait fait une offre
à laquelle il avait été simplement ré
pondu. qu'avant de causer il fallait
qu'il n'y'eût plus de résistance pas
sive. On se souvient peut-être aussi
que le chancelier Cuno proposait que
dix milliards de marks-or- fussent
émis en obligations gagées sur les
chemins de fer allemands : (qui sont
dans un affreux déficit), Vintérêt de
cet emprunt devant, à partir de 1927
seulement, fournir aux réparations
une annuité : de .500 millions , de
marks-or.
■ Cette proposition extrêmement peu
sérieuse, en raison surtout de la fai
blesse des garanties, M. Stresemann
ne la maintiendrait même pas, à
moins que le contrôle complet des
chemins de fer de la Ruhr fût rendu
au gouvernement allemand. Telles
sont les idées que lui attribue le cor
respondant du Times, lequel ne peut
manquer de .se rènseigner chez l'am
bassadeur de' son pays. Justement,
lord-d!Abernon vient de partir pour
Londres: Il s'y trouvera en même
temps que doit s'ouvrir lot conférence
impériale où le gouvernement britan
nique arrêtera définitivement sa po
litique sur laquelle M. Baldwin, de
puis son entrevue avec M- Poincaré,
n'a donné que des indications provi
soires. " r ' y - -
Cependant il y a des personnes à
qui T expérience n'e prof ite pas et qui
croient que jamais il n'a été si facile
de résoudre le problème des répara
tions. -Nous sommes: désolés de souf
fler sur cette illusion, mais la façon
dont'a été obtenue la levée de la ré
sistance passive — dans la mesure où
elle est réalisée juqu'à présent — si
gnifie tout simplement que la seconde
étape demandera encore du temps,
des efforts et de la patience de notre
part. L'Allemagne aux sept circon
scriptions militaires n'est mûre pour
aucune politique raisonnable, poli-,
tique intérieure de son relèvement
financier ou politique extérieure de
sa libération. — J. B. :
ECHOS
Le Salôn d'Automobile-va ouvrir ses portes.
Les visiteurs-ont intérêt à.se rendre aux Etab.
Vodable,; pags. de l'Opéra, d'auto impétcables depuis 375 francs. ;
*.
Eucarnacion.
Encafnacion, .le roman' d'Aurore Sand, petite
fllje de Gebrge Sand, a paru avant hier. L'édi-
1idn des « Cahiers Verts » a .été épuisée
dans la journée.
Une nouvelle édition avec une côuverture il
lustrée par Maxime Dethom'as fera demain son
apparition, aux étalages des libraires.
M. MASINQÏ A CLEBMQNÎ .
M. Maginot, ministre de la guerre, a inau
guré, hier, le-.monument aux inorJs
Clermont (Oise). A cette occasitfn ij a pro
noncé un discours au cours duquel il a
dit notamment :
. Il nous reste maintenant à'tirer le meilleur
parti pour notre tiays de notie nouvelle vic
toire, afin que cèlle-ci rie se traduise pas, elle
aussi, par des déceptions, La ..victoire ■ n'est
qu'un mot lorsqu'elle n'aj-port-e pas des réa
lités.
Je puis -vous assurer que votre gouverne
ment n'est pas disposé à se contenter d'une
demi-victoire et d'une paix incomplète. Il ne
sacrifiera pas au désir d'une réalisation hâ
tive des résultats qui doivent $ tre -.décisifs,
ei -on sait les attendre,-.
; Açrès 'là cérémonie,- M. Magimot a. remis
les insignes de la €r.oix de guerre à la
ville de :Clermott.
LÀ POLITIQUE
■■■■■. .—* «
... I. Progrès à compléter
Notre politique rhénane, hésitante d'a-
bord, imparfaite «pcore, lest appelée à s'a-
imélior^r par .Le fait môme Cette ameilioration pourrait être rapide et
les principales 'difficultés, les plus durs
obstacles tomberaient de plus en plus vite
: si 'Foii Tenonçaitv. franchemeiiit à quelques
erreur^ du début dont les conséquences
'subsistent.
Nous sommas'éii fiays catholique. Est-il
sage d'y apparaître particulièrèmettt favo
rable au protestantisme ? Est-il intelligent
d'oublier que sur le Rhin 3e protestant c'est
le Prussien : î Nous sonamès dans un pays
laborieux, productif, opulent, où les mas
ses .ouvrières eMesranêmès, puissamment
encadrées, participent à la richesse qu'elles
fabriquent et sont, par conséquent, ani
mées d'un indéniable esprit conservateur.
Est-il sage 'd^ afficher deis sympathies.
, -ultra-socialistes, des préférences commu
nistes ét même bolchevistes ? Le bolchevis-
me allemand n'a jamais été un épouvantai!
pour nous : mais est-il rationnel de le
patronner dans cette '* région de l'Alle
magne où nous tenons à exercer une action
bienfaisante et à. nous cnéer- d«s amitiés
sérieuses ? Nous faisons régnièr - d'ordre
©t c 'est' un sujet de prestige pour les dra
peaux unis de la Belgique et de la France.
Il est absurde d'y paraître favoriser secrè
tement les ennemis de l'ordre. -
■Ces réflexions, ou plutôt ces questions,
nous sont inspirées par les renseignements
que nous adresse un correspondant-bien
■placé : '• . ■ ? ■ ■ - -
« ... Notre façon de laire donne aux
deux tiers de la population l'impres
sion que nous sommes des nations anti
religieuses. et révolutionnaires, réputation
hélas qui est déjà assez méritée, pour ne
pas être confirmée par nqtre politique à
l'étranger'. Résultat : nous refoulons la ma
jorité de la population et la mettons en
défiante contre nous et en opposition
nette à notre action:
■ « Il eut suffi d'une politique, d'appui
discret pour le clergé catholique, qui a
tout à dire en ces régions, et la séparation
était chose faite depuis de long? jours.
« Dans la région.que j'habite et ne veux
pas nommer existent trois journaux locaux
— un catholique, un radical^ im socialiste-
communiste.
■ « Le premier réunit le plus grand nom
bre de lecteurs et est l'organe de la bour
geoisie et de l'élément fixe du pays, du
vrai habitant, de la Ruhr.
« Le, journal catholique a été interdit
trois fois, le radical ; une fois, le'commu-
niste jamais, alors que ce dernier journal
contenait bien plus que le premier des arti
cles contre notr? occupation, nos gouver
nements et gouvernants. .
m Le service de renseignement a notifié
ces articles, on a fermé tes geux sur te?
uns et réprimé sévèrement les, autres.
« Résultat obtenu :
« Aujourd'hui les communistes ont fait
des manifestations contre la cessation de
la résistance •passive et se posent nette
ment en adversaires de l'occupation !
« Au contraire, depuis uii certain temps,,
j'avais signalé à l'autorité la nécessité de-
se faire un allié du journal catholique, on
m'a suivi l'interdiction était levée et
une influence discrète exercée sur là ré
daction -rr le résultat est merveilleux; Ce
journal, il y a quelques jours, flétrissait
en termes indignés l'attentat contre ho tre
réseau de chemin de fer à Essen et, 'au
jourd'hui, il contient des articles abondant
en notre sens., »
Comme le di-t mon. correspondant^ il eût{
■jmeux valu faire cela il y -« quatre ans.
Ëii nous conciliant les masses catholiques,
et conservatrices par l'intermédiaire de
leurs journaux.et de leurs pasteurs.nous au
rions, par là même- contrarié .et ..fortement
atténué' les .dangereuses manœuvres du
haut clergé rhénan au Vatican, en Améri-,
que et ailleurs : peut-être. aurions-nfeus'
réussi à détruire les liaisons de cet élément
si jouissant avec Munich et avec Berîin. ■
Est-il trop tard pour bien faire ?
II. La coupe de ïa Bêtise
Ce glorieux insigne fut décerné vers 1912
ou 1913 à-un futur chef de cabinet de
M. Leygues, M. Henry Moysset, pour ses
prophéties rétrospectives sur l'état' de
l'Europe et de l'unité allemande au cas
où M. de Bismarck n'eût pas existé. La
coupe a circulé depuis, en un petit nombre
de mains.'Elle a élu un nouveau déposi
taire aujourd'hui. Sonnez flairons, sa
luez bannières : ni M. Henry Moysset ni
ses successeurs n'ont plus le droit de dé
tenir cette coupe profonde, taillée fen for
mé de corne d'abondance 1 Le symbole très
pur de l'infini humain étincelle depuis
hier dimanche midi entre les doigts subtils
de M. Philippe Millet, le « Diplomate »
du journal Paris-Midi, d'où il a fait tomber
ces inestimables paroles : . '
« La France, si elle s'avisait de secon
der la naissance d'une Rhéiranie..., renie
rait sa propre doctrine de l'unité natio
nale et n'aurait plus le droit à l'avenir
d'empêcher telle province française d'imi
ter l'exemple rhénan pour éviter de payer
des impôts ou de faire le service mili
taire:
« Le cas vaut donc qu'on y réfléchisse.
Ou plutôt c'est tout réfléchi. »
Et puissamment pensé !
' L'auteur de cette mirifique « doctrine
de l'unité nationale » range dans la même
catégorie l'unité nationale de la France,
et l'unité , nationale- allemande, une unité
Hée. du patieot labeur des siècles, et l'unité
toute récente née des violences, de Bis
marck l
Cette égalité fictive -ainsi construite,
il la sotaiet au môme raisoimeibent juri
dique !. Ainsi . continue-t-il d'appliquer
à la politique française les .méthodes
d'analogie. malfaisante qui ont fait des
cendre, comme disait Renan, au-des
sous de son centre de gravité, l'esprit pu
blic, la direction générale de ce pays-
i.v Le pays en a trop souffert pour (
qu'on, soit indulgent pour cette, error de |
ciechi que se fanno diici : conscients bu
non,, les niais criminels doivent lui être
signalés par leurs noms et par leurs pré
noms. C'est dans un intérêt de salubrité
que nous remettons solennellement à.
M. Philippe Millet, le diplôme et la couper
qu'il a trop mérités.
' Reste la iquestion de sayoir si sa bêtise
manifeste est tout à fait pure. -Sa foi au
dognie absurde est-elle tout à feit.. sincère |
ét désintéressée ? Nous ne pouvons pas
oublier que M. Philippe Millet a figuré i
au nombre des zélateurs de M.Lloyd George
pendant le ministère Briand. Briand tombé,
fl.-à changé, son' fiisil d'épaule, ses chroni
ques du Petit Parisien et de Paris-Midi se
ressentent de raffermissement du ministère
•Poincaré la revue qu'il dirige louvoie
un peu. Nos amis d'Angleterre feraient bien
de suivre et* de dépouiller pour .nous les
correspondances qu il envoie aux journaux
de Londres comme l'Observer.
Ce_ n'est- pas la première fois que ce
sophisme-type, le sophisme classé en scien
ce politique sous l'étiquette du sophisme
des c...sganarëlles s'expliquerait pair des
intérêts de parti; ou. par des intérêts pri-'
vés. Tous les Sgaharellesne se (laissent pas
c...sganarellifier pour l'honneur. Beaucoup:
y trouvent leur profit.
. III. Le parti radical
Suite des savoureuses réflexions de poli
tique électorale publiées en tête de l'Opi
nion : . , \ ,
i s Vue observation attentive des manœu
vres électorales permettrait, a vrai' dire,
d'établir la distinction suivante : le « répu
blicain de gauche » est un « réactionnaire
qui a peur de passer pour l'être », le « radi
cal.s est un « réactionnaire » qui désire
passer pour. « socialiste », le•« socialiste » ,
est un révolutionnaire qui se fait passer
pour « réactionnaire s. D'où, on pourrait
conclure logiquement que toute la « réao
tion » -est à gauche. Elle y est, en effet, si
l'on entend par m réaction a l'inaptitude
à comprendre le vrai progrès, les besoins
de notre époque. et les réformes qu'elle
demande. ;
« Ce qui est à gauche, en tout cas, c'est
la vieillesse,— vieillesse des pontifes, vieil
lesse des maximes, vieillesse des préoccu
pations.
« Le parti radical se sert, pour sa cuU
s/né, de professionnels de tous âges qui
gagnent leur vie comme ils peuvent. Mais
ni parmi ses dirigeants responsables, ni
parmi ses pseudo-doctrinaires, ne se trou
ve un à. jeune ». Confirmation piquante de
ee~ vieillissement : ceux qu'on appelle les
a jeunes radicaux » siègent... au Sénat, où
leur relative jeunesse les rend précisément
suspects de tiédeur envers l'orthodoxie
radicale.
« La presse radicale et socialisante d'op
position est frappante par son impuissance
à' renouveler son personnel de leaders :
Aulard, vieil universitaire qui, dans de
tristes articles de journaux, s'efforce de
mettre l'histoire à la portée des intelligen
ces de comités électoraux ; Ferdinand Buis
son, dont les quatre-vingts ans passés cons
tituent la seule excuse Herriot, intellec
tuel hésitant et glorieux, que son manque
total de volonté met a là merci d'une ambi
tion-non contrôlée ; Sarrail, type comi
que et d'ailleurs classique du vieux général
pacifiste et internationaliste, voilà quels
sont ces leaders.:. Et quand on a fini, on
recommence : Sàrrail, Herriot, Ferdinand
Buisson, Aulard : on ne sort pas de là. Le
clown de l'équipe est Painlevé, mais il ne
le fait pas exprès, ce qui diminue son mé
rite.
« Quand un quotidien « de gauche »
se fonde, qui a la-prétention -— grossière
ment affirmée d'ailleurs de transformer,
de rajeunir et même « d'épurer » la'presse,
an nom des « principes » radicaux-socia-
lisants, il ne trouve à présenter, comme
hommes d'action ayant consenti à assu
mer celte lourde tâche, que les Ferdinand
Buisson et les Aulard susnommés, en leur
adjoignant le vétérinaire Renaudel, épave
d'un parti socialiste dont il ne reste plus
que le souvenir. Faut-il s'étonner que cet
ambitieiix journal n'ait connu qu'un médio
cre succès? ; ■■■■.,
« Qui donc, en tout cas, oserait main-,
tenant prétendre que les fossiles sont « à
droite » '/ C'est la « gauche », toujours en
avant, toujours à la tête du progrès,, qui
à les meilleurs et les plus incontestables
fossiles ; et c'est le Muséum radical qui
abrite, dans ses collections, l&s plus . re
marquables spécimens ! » ■
L'auteur de ces réflexions remonte à la
cause de ce vieillissement. Elle n'est pas
économique, elle n'est pas sociale; elle est
intellectuelle. La doctrine radicale n'a pas
bougé depuis 1848 :
' « Doctrine qui a perdu toutè-.actualité :
elle demeure sentimentale et intërnationa-
lisante - au lendemain- d'une -guerre qui a
noyé les illusions humanitaires et le pa
cifisme dans des flots de sang ; elle s'obs
tine à dénoncer le cléricalisme alors que
les séminaires sont dépeuplés et les parois
ses abandonnées ; - elle offre aux_ malheu
reux, pour tout réconfort, la joie d'élire
un député ; elle ignoré toutes les lois éco
nomiques qui régissent le monde contem
porain ; elle n'a plus qu'un support ac
tuel, qui est le verbiage des basochiens. »
Doctrine vide, doctrine immobile, doc
trine artificielle, tendant à exciter le peu
ple « sur des questions accessoires pour
le distraire, de ses vrais besoins ». et, par
conséquent, tendant à « 'dégoûter deis idées
neuves et même des idées tout court » :
« Etre conseiller municipal, puis con
seiller général, arriver au Parlement, ob
tenir un bureau de tabac au meilleur car
refour : la courbe des ambitions mdicales
est toujours la même. -
« Il n'y a plus que les aigris, les ambi
tieux mal informes et les 'calculateurs à
la petite semaine qui puissent s'offrir au
jourd'hui à ce parti comme des recrues,
nouvelles. .
« Et s'ils croient aller au parti qui est
du côté du « manche », l'avenir leur ré
serve des surprises: »
M. Martin-Mamy caractérise à peu près
de même l'activité du parti, radical : ■-
« Pendant ce temps, l'esprit de parti
fonctionne et agit.. Consciemment ou .in
consciemment anti-français, Aelon Iqu'i'd
opère dans le cadre communiste, ou dans
les compartiments dits " d'extrêine-gau-
che, "il a soigneusement mesuré, analysé,
pesé la loi électorale afin de recueillir le
nombre de sièges maximum. L» loi élec
torale promettant le succès aux candidats
et aux partis, à condition que les partis
se trahissent eux-mêmes.et' que les candi
dats descendent sur le. troittoir pour s'y
prostituer, l'ère des marchandages équi
voques et des tractations immorales s'est
ouverte. Cambrioler des voix de droite et
escroquer des voix de gauche tout en con
cernant c v elles du centre, tel est le problè
me à résoudre. Vous me donnerez des nou
velles de la Chambre qui sortira de cette
confusion et de la politique qui sortira de
cette Chambre !»
. Notre confrère de la IV République est
•plus inquiet, peut-être, qu.e le directeur de
l'Opinion v C'est qu'il voit les choses de
•près. Il conclut d'ailleurs comme lui qu'un
utile coup d'épaule peut être donné par
lés bons Français. Oui, à la condition qu'ils
S 'entendent, et tous .: en dehors, au-dessus
des vaines catégories qui font , le succès
ét la force du grand électeur radical. ' "
CHAIS LIS S UAVÎtiiA»
BEMY LER9Y-F0URMER
f —O— — . ■ .. 5.-.
Dix jours après la mort de Paul Bartoli,
l'Action française est à nouveau frappée
par la, perte d'un de ses plus vieux et plus
' chers collaborateurs.
. Henry Lôroy-Fouraier s'est éteint diman
che matin, à son domicile de la rue André-
del-Sarte, terrassé par une pneumonie qui
n'a duré que deux , ou trois jours. Il avait
soixante-deux : ans. —
Leroy, comme nous l'appelions, avait dé
buté dans la presse vers 1885 où on le trou
ve rédacteur en chef du journal radical de
Rennes. Il est anticlérical et mène la lutte
- contre les chouans. 11 est alors un des pre
miers, piliers des « Bleus de Bretagne" ».
Mais son-ton sonne français et le boulan-
gïsme va l'intéresser, prodigieusement.
Puis c'est Besançon, Grenoble ou il se dé
tache peu à peu du parti radical. Enfin,
vers 1895,Leroy entre à la Libre Parole, ^On
voit la- courbe..: Edouard Drumont, dont il
ne cessera de glorifier la mémoire, lui'don-
no toute sa confiapce avec tout^son amit'ié.
En 1908, notre Action française, qui
; vient de naîtrer's'attache' ce précieux colla
borateur. Leroy, qui connaît à fond son mé
tier, est d'abord chargé du service des in
formations. Toutefois, c'est à la rubrique
parlementaire qu'il va donner sa pleine
mesure.
De 1913 à 1923, avec l'aisance de travail
merveilleuse que lui vaut sa connaissance
profonde de la carte politique aussi bien
que des sujets débattus, Leroy donne dans
: nos colonnes ces comptes rendus qui l'ont
fait définir par Daudet « le premier journa
liste parlementaire de ce temps ».
. Ami au parler franc et quelquefois rude,"
venu du radicalisme patriote aux doctrines
du-nationalisme intégral, Leroy-Fournier
n'était pas de ceux qui donnent leur adhé :
sion par intérêt ou par flatterie. Je crois
bien qu'il emporte dans la tombe le « Vive
le Roi ! » que nous ne l'aurons pas entendu
prononcer.- .
Mais toute notre actjon il l'avait faite
sienn-e. Il : y. avait "trouvé la réalisation de
son rêve déçu , au lendemain de la lutte an
tisémite et s'y consacrait du meilleur de ses
forces." Ses tableaux parlés de la situation
électorale pendant^quarante ans de Répu-
blique maçonnisante nous restent fixés dans
L'OPINION ctu 28 septembré
la mémoire, à la place qu'on réservé" au*
documents de première main.
Aimé de tous, ayant aimé passionnément
la vie, ce Picard' robuste laisse à ceux qui
l'ont connu le souvenir d'une m^sai^.
que droiture jointe à un vif et beau
Que madame Henry Leroy-Fournier, que;
les amis nombreux qu'il , laisse au Parle
ment comme, dans la presse; veuillent trou
ver ici l'expression de notre sympathie dou
loureuse dans un deuil qui nous est com
mun. ' ' .
flWlMHffiiW'
mma
tztâm
M. POINCARÉ AD BOIS D'AIILY
M. Poincaré a inauguré hier le monu^
Oient des morts a qui ont combattu au
bois d'Ailly, en forêt d'Apreinont et aux
environs de Saint-Mihiel,». Le monument
a été béni par Mgr Ginis-ty.
Le président du Conseil, qui était accom
pagne de Mme Poincaré, a .été l'objet d'une
réception enthousiaste de 3a part des habi
tants de Saint-Mihiel.
Après d'éloquentes paroles' du maire dé
Saint-Mihiel,: M. PoincaTé a prononcé au
bois d'Ailly un .important discours, dont
voici les grands .traits :
« On nous reproche des redites ? Jamais'
nous ne nous répéterons trop. Nous né
nous tairons que lorsque l'Allemagne aura
compris : mais elle inous donne chaque jour
des preuves nouvelles .de son incompré
hension.
« Sans doute' elle a cédé sur 3a résis
tance passive, qu'elle ne pouvait continuer.
Mais quand elle nous accuse, d'avoir oppri
mé les habitants, elle intervertit impudem
ment les rôles. '"
M.. Poincaré fait ensuite un historiquë.
développé et précis des luttes dont ces
lieux sacrés furent -le théâtre-.
•Puis, ayant parlé .des efforts de recons
truction, Hé président du Cqpiseil a comolu :
.« La proclamation jnàusisade d'une trêve
inévitable n'est rien : l'exécution ©st tout.
Notre tâche n'est -donc pas- terminée :
« Morts du bois d'Ailly, la France n'a pas
« encore la victoire que 'lui ont garantie
«■■les traités ; mais elle l'aura. Nous vous;
« l'avons juré et nous tiendront notr.e ser-
« ment. ». -
ïms sb l'Mat et si 1 les
• I. SUR L'ETAT
Nous avons fait- le point, et nous avons
commencé un premier travail de recon
naissance concernant les groupes que
nous rencontrerons. Mais le terrain est
encore , peu occupé. Commençons donc
par le commencement, et reconnaissons
le terrain. ...
Sur quel terrain. sommes-nous ■? Politi
que ou économique ? Problème de doc
trine, mais -, qui - intéresse l'action d'une
manière capitale, car c'est à la faveur de
la confusion des idées .sur ce point que
l'on pourrait conduire la France, cons
ciemment ou inconsciemment, aux pires
erreurs-intérieures, et extérieures. •
Une discussion a été ouverte sur cet^e
question vers la fin de la guerre,.,et qui
n'était d'ailleurs que la reprisé, devant le
grand public, d'une vieille discussion à
laquelle on" était occupé il y a vingt-cinrx
ans dans les cercles catholiques.
Vous vous rappelez le sens général des
thèses apportées par' les apprentis de
1" ' ' '
_ emporte ......
vient de. moins en moins politique et .de
plus en..plus économique, etc.
Tout cela ne signifiait, pas grand chose
ou'rienr La discussion a été clos"e assez
rapidement par le retrait des- champions
de l'Economique, qui n'ont pas tenu bien
longtemps devant les raisons qui leur
étaient opposées,-, en particulier dans ce
journal. Aujourd'hui, personne n'ose sou
tenir ouvertement la' doctrine de l'Eco
nomique primant le Politique.
Mais, de cette discussion, il est reste
un .certain trouble- dans beaucoup, d'es
prits qui, dans l'action qu'ils conçoivent,
introduisent, sans -y penser nettement,
l'erreur que l'on propageait il y a quel
ques années. Ils rie.défendent,pas la faus
se doctrine, mais, montrant qu'il : faut
bien tenir compte de. faits évidents, ils
travaillent à confondre et à faire confon
dre la v 5 - politique .et la vie économi
que.
Par exemple, il y a quelques hommes de
bonne, -volonté qui voudraient organiser
un Parlement professionnel, qui serait la
plus belle pétaudière que l'on puisse ima
giner ; d'aUtres pensent et publient que
si l'Etat était entre les mains des hommes
d'affaires, qui .le géreraient comme u.
entreprise, industrielle, les choses iraient
beaucoup mieux. C'est avec - cette pensée
•én tète qùîùne dauiiatne de bons Fran
çais ont-fondé un comité de la'Eroduction
"et des Economies, lequel fournit à la
presse, depuis quelques semaines, des
communiqués où l'on trouve des reflexions
pleines de bon sens, mais qui, toutes sa
ges et fortes qu'elles soient, me parais
sant destinées a augmenter la confusipn.
Je dis tout net, moi. qui crois avoir la
réputation d'un homme pratique, qui con
naît* la sombre poésie des chiffres et des
bilans, que je serais porté, à désirer le
voir, à la tête de l'État, un poète plutôt
qu'un.industriel, parce que je sais que l'on
n'entraîne pas un peuple vers ses desti
nées, avec des chiffres et des rapports fi-
.rianciersi Mais...' ,
. " II. DE L'ETAT
Mais, j'aimerais que ce poète chef d'E
tat ' fût d'abord poète et, .ensuite, calcula
teur, non. par plaisir mais par nécessité
d'Etat. Ceci nous amène à examiner deux
conceptions de l'Etat, l'une fort ancienne
et qui continue d'être très solide, et l'au
tre relativement nouvelle, qui n'est que
Ja précédente,' complétée, et- enrichie "si
-l'on veut. •: ■
Si des erreurs-de.protocole ont été fai
tes sut* les-préséances en ce qui concerne
la Politique et l'Economique, ce n'est -pas
par de simples fantaisies de l'intelligence
ou de l'imagination. -Ces erreurs viennent
d'observations, mais d'observations in-
i complètes et de conclusions hâtives. On
a observé que, de/plus en plus, l'Etat est
[ contraint de s'occuper de l'Economie, et
qu'il, est littéralement infirme lors&ti'i]
ignore ou méconnaît certaines forces eco ! -
nomiques. Je simplifie ; mais c'est de lâ
que l'on^j tiré ces conclusions sur la pré
éminence de l'Economique: On n'aurait
pas fait l'erreur signalée si l'on n'avait
pas cru tout d'abord que le monde chan
gerait de base, • . !
Le mondé ne change pas de base. Au
jourd'hui comme hier, la fonction de
l'Etat est essentiellement d'assurer aux fa-
milles (et non aux hommes et aux citoyens)
LA PAIX dans laquelle les familles peu
vent travailler et poursuiyre les fins spi
rituelles, morales, matérielles qu'elles s'as-.
signent. En oiUre, l'Etat a poiir fonction
de conduire les groupes de familles verî
les, lins terrestres communes qu'elles se
donnent' ou qu'il découvre pour elles. Ceci
depuis le commencement du monde el.
jusqu'à la fin. Supprimez cette fonction,
tout-s'écroule ; il n'y a plus que des gens
qui se battent, pour toutes sortes de mo
tifs et même sans motifs.
' Le rôle de l'Etat est donc d'agir sur nos
passions, qui sont anarchiques, chez vous
comme chez moi, et qui tendent toujours
à détruire cette paix. Je vous prie d'ob- -
server que c'est là un rôle qui ne con
vient pas nécessairement à lin industriel.
On jjourrait . dire que l'une des raisons
d'être^ de l'Etat est de permettre la créa
tion économique. Mais ce n'est pas la
seule, et vous voyez que les moyens de
l'action essentielle de l'Etat, même en vue
de cette création économique, ne sont pas
économiques.- Ils sont politiques ; ce-pou
voir qui crée la^ paix, la paix nécessaire
à la-vie économique, à la vie sociale, à la
vie intelleetueUe. à !a vie religieuse, bref
à l'existence de la cité, c'est ce que nous
; nommons le pouvoir politique : c'est
l.e?pouvo.ir qui crée la cité. Ge'pouvoir est.
aussi ..nécessaire aujourd'hui qu'en l'ail
mil. '■■.--■■:.' .
. Mais il y a eu un temps où ce pouvoir
de l'Etat pouvait s'exercer presque ex
clusivement par ses moyens propres, c'est-
à-dire par ses moyens d'armée, de justice
i de .police, de , relations extérieures. Sup
posez,- par exemple, une économie géné-'
raie presqus- entièrement agricole; avec
dçs entreprises agricoles constituant des
ensembles économiques fermés se suffi
sant à.eux-mêmes. Quel est, dans cette si
tuation,-le. rôle de l'État ? Assurer la paix
intérieure .et extérieure, et ses moyens
propres lui suffisent. Il est inutile qu'il
collabore, éponomiquement, avec les na
tionaux qui, font leur travail- tant qu'il
leur assure la paix. Ici, je me permets
de vous faire observer que, en France, la"
conception de l'Etat s'est- formée au coir-s
de siooles où la vie- économique du pays
ne posait guère de question d'Etat, c'est- ,
à-dire: dans des conditions générales qui
faisaient que l'htat pouvait remplir toute
sa fonction ave ses propres moyens (ce.
qui n'a pas.empêché Sully et Colbert d'al
ler au delà; pour notre bien à tous.
Or,' nous-.vivons dans un- temps où, par
suite de transiormations économiques
profondes, p;u\ -nite du fait que. le fonc-
'Uonnêjnent de certains organes éco .i'j-
m.îqui-s- exige d-. '. échanges indispens i '. j CS;
avec d'auircs r,.i! : ons. la vis économique
ns d'Etat. Par exemple,
le.' suite: qu'un Etat fran-
';ioccuperait pas du pro- :
visquerait, da;ps des cir
ons n'àyezV]|).^ : -de>j)êi.jie'.
se trouver ^proprement;
n '■ m er, par cpu séquenit, a
pose' des que-!:
vous voyez 'r 1 -:
ceis qui ne se ;
blc-me du pei- o:
constances qiy
il imaginer, de
étouffé, et d;' .'-
sa fonction d
" Je pourrai- ■
exemples, ma' ■
jjermet .de yr : :
est, par une
tion politiiiU'' •
ployer, pour -
tiennent à 1:: '
qui sont de 1' ; ■
(.Et perni; : ■
». ■■
citer vingt autres
' ■■-(• b r, iriie à celui-ci, qui
•i de nos jours,
i;i'' (j 1 .:-i.tient à sa 4'onc-
• i - . • i : ;enl . obligé d'ein-
fins politiques -«t.;
'ir-s ni'iye^s d'action
'■ é-:'onoi,ni([ue.
.-.moi de noter ici que.
- A, '
i ^ ?4 l - -
<_ V" - ••:
&?*" XiS** î»-"^
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hér^tîçr des quarante Rois quî ën mille ans fT^nt la France
DIRECTEURS POLITIQUES: LÉON DAUDET et CHA8LES MAÙRRAS RÉDACTEUR EN CHEF MAURICE PUJO
*3" «taw*. sè
« Qui. donc; en tout cas, oserait màié
tenant prétendre que les fossiles sont « à
droite » ? C'est la « gauche », toujours en
avant, toujours à la tête du progrès, qui a
les meilleurs et les plus incontestables fos=
siles ; et c'est le Muséum radical qui abrite
dans ses collections les plus remarquables
spécimens î »
'' 0
B8B58
LE FÉTICHE ET LE BON ELEVE
fï n'est pas trop tard pour revenir
pur l'amusant article — amusant,
parce que' grave — qu'André Che-
yrillon, dans le magazine de Doumic,
ou Revue des Deux Mondes, du 1"
septembre dernier, a consacré à la
gloire du fétiche Renan. André Che
vrillon est le neveu de Taine, dont il
a hérité les aperçus dogmatiques 'et'
le ton pénétré, que tempère, ici et là,
Tin impressionnisme, nomade et cha
toyant à la Loti. Membre de l'Aca
démie française, en raison de cette
parenté et de quelques ouvrages
consciencieux, mais sans art, Che
vrillon représente à merveille le bon
é'iève, promu personnage représenta
tif de corps constitués, qui émet, sur
les sujets courants, aux dates anni
versaires, des appréciations de tou
repos. Il arpente le monde des idées
comme celui du voyageur, à l'aide de
coupons détachables, donnant droi'
tantôt à une vue philosophi-co-pano-
ramique, tantôt à une ironie pom
ponnée, tantôt à un feu de bengale
protestant. Il se penche sur les pay
sages français avec une .mélancolie
de bon ton. Il respecte Tityre et son
chalumeau et ne néglige ni le grand
« industriel ni l'Ànglo-Saxon attelé à
sou « business » . Un de mes amis,
citoyen de Londres, mais assez rail
leur, me disait de lui, avant tout ça,
il y a une onzaine d'années : .» Oh
master Chevrillon, il croit que, .chez
nous, les trains partent à l'heure pré
cise et qu'on ne perd jamais les ba-
gages... C'est la forme actuelle de
notre voile vert et de" nos pantalons
à carreaux, n'est-il pas vrai ? »
Ainsi construit, vous pensez bien
qu'André Chevrillon vénère nom seu
lement son oncle illustre, cultivant
son jardin à Talloires — assez morne
patelin lacustre — mais encore l'au
tre flambeau, en pendentif, de la che
minée du dix-neuvième finissant
Ernest Renan. Dans ce. cas, le culte
comporte aussi, pour le lévite^ d'Ins
titut, une petite niche à l'usage de
Marcelin Berthelot.' Chevrillon tend
au déterminisme de Taine un bou
quet de ses roses sans* parfum, à
l'ironisme de Renan — qui lui ar
rache un maigre sourire — un jovial
,^assemblage d'immortelles fanées, à
Berthelot enfin un edelweiss de cette
Suisse qui... des cette Suisse dont...
de cette Suisse enfin... C'est pour moi
un problème qu'André Chevrillon ne
siège pas à la Société des Nations et
quîi l'ait négligée sur ses itinéraires.
Le titre seul de l'article, Renan et
la Bretagne, vous indique de quoi il
s'agit. Contemporain de Chevrillon>
j'ai connu comme lui cette époque —
il y a une trentaine d'années— où
il était admis, sur la foi de Taine et
de l'école de Talloires, que l'écrivain,
ou le penseur, était le produit de son
milieu. On étudiait ces prétendues af
finités: Quand elles n'existaient pas,
on les inventait. La critique littéraire
s'en trouvait, d'ailleurs, extraordinai-
rement simplifiée. Fils du terrain
crétacé de la Champagne, Jean de
La Fontaine, en devenait sec, pulvé
rulent et d'un blanc lumineux. Pas
cal se ressentait, infailliblement, du
sol volcanique de l'Auvergne. Cepen
dant que Chateaubriand, prévoyant
son tombeau marin, ruisselait de
l'écume de ses métaphores,, tout en
salant de ses baisers Mme Récàmier,
Cette manière de concevoir les choses
de la vie m'apparaît aujourd'hui,
ainsi qu'à beaucoup d'autres, comme
un peu sommaire. Je n'en salue pas
moins au passage, ainsi que des pon
cifs 1890 chers, à mon souvenir, ra
jeunies par un style semi-pimpant,
telles considérations trégorroises :
Tréguier m'apparaît comme le contraire
d'ane grasse bourgade normande ou beau
ceronne. J'y sens je ne sais quoi de grave
et de délicat, une qualité morale qui fait
penser justement a ces visages minces,
parcheminés, d'aïeules que l'on voit là-bas,
admirables de finesse et de native dignité:
Vous l'attendiez, n'est-ce pas ? Moi
aussi. L'absence de surprise est, au
près de l'abonné de la Revue des
Deux Mondes, un élément certain de
succès. Et voici" màinténant ' pour
l'ironie, qn'eût évidemment goûtée
Brunetièré et qui eût fait glousser
Faguet :
. La grise Lannian,ai-je dit, ressemble à
Tréguier, inais c'est comme une sœur de
meurée bourgeoise à une sœur entrée éû
religion. A sa physionomie différente, les
Renan, venus des bords du Guindi, ne
purent s'habituer. La vie, à nos yeux si
vétusté, demi morte, en-ces ruelles, en ces
obscurs logis, leur en semblait trop mon
daine, «— Renan a prononcé lé mot des
clercs*: profane- Ils revinrent à Tréguier.
Entre les deux villes, le contraste est resté
le même. Je ne dis pas que l'âme de la pe
tite cité aujourd'hui représentée au Parle
rez
qui n'ont aucune espèce "de rapport
avec le caractère ni le tempérament
de leurs habitants, ni même de.leurs
fils les plus illustres. Mais la méthode
critique, inaugurée par Michelet, co
difiée par Taine, et dont André Che
vrillon est aujourd'hui le,fidèle dépo
sitaire, exige que Victor . Hugo res
semble comme deux gouttes d'eau
aux ruelles et venelles de Besançon,
« vieille ville espagnole », et que Re-
jiant soit pétri du granit même de
Tréguier. C'est là ce qu'entre 1860 et
1910 on a appelé « la vérité historique
et psychologique ». Quiconque alors
y contrevenait était considéré comme
un abruti, un esprit parfaitement ré
trograde ou un loufoque.
Ainsi qu'il sied; en ce genre d'études,
le ton s'élève et l'horizon s'élargit, à
mesure qu'on approche de là conclu
sion. Mais cette élévation et cet élar
gissement sont calculés de façon à-ne
choquer personne-ni aucune habitude
d'esprit ; de même que les rigolades
et folichonneries de Taine habillé en
« Thomas Graindorge », dans la Vie
Parisienne de feu Marcellin, étaient
dosées à la capacité de fou rire d'un
pasteur, atteint de la rougeole dans
une chambre d'hôtel meublé, à Bos
ton... ou à Talloires. Chapeau bas,
camarades, et écoutez ceci, qui vint
après un coup de patte , à Bourget et
à Barrés, non nommés mais claire
ment désignés : .
Ceux qui l'ont bien lu — Renan sa
vent que la recherche littéraire semblait
une vanité à l'écrivain qui, losrqu'il le
voulut bien, sut moduler quelques-unes des
plus parfaites proses qui soient en notre
langue. Au vrai, son point de vue fut celui
de son ami Taine, qui avait conçu la
même foi dans la seule valeur de la vérité,
et nous là traduisait nn jour par cette for
mule — il f ormulait plus que Renan : « La
forme littéraire est une première dé
chéance de l'idée ». L'un et l'autre, con
temporains des grands développements
des sciences -physiques et naturelles, au
dix-neuvième siècle, croyaient à l'exten-,
sion méthodique, graduelle, indéfinie du
connu, sous le rayon de l'esprit gagnant
toujours sur la ténèbre.
La phrase attribuée à Taine par
son neveu est tout à fait caractéris
tique, en effet. L'aspirant protestant,
comme le protestant, est naturelle
ment admirateur de l'apostat, puis
qu'il s'imagine que l'apostat va de
l'illusion, ou du mensonge, vers ce
qu'il appelle comiquement « la véri
té ». C'est ce qui explique la profonde
attraction de Taine — qui voulut
mourir dans la religion réformée —
et de Renan. Mais; surtout, pour l'as
pirant protestant, comme pour le pro
testant, la beauté de la forme est une
réfraction de l'idée et, par . consé
quent, un répréhensible trompe-l'œil.
Qu'est-ce cependant qu'une idée sans
forme, et en quoi la. magnificence de
Bossuet nuit-elle aux solides et saines
idées qu'il exprime ? En quoi la
puissance verbale de Pascal nuit-elle
à sa précision ? Nous touchons, par
cet aphorisme, au principe même de
cette fausse rigueur, qui est; à notre
avis, une des faiblesses de Taine et
de son école. _
Il est bien évident, d'autre part,
que nul ne fût plus cabotin de sa
propre phrase — d'ailleurs souvent
délicieuse, par le mélange de la lim
pidité et du chatoiement —- que Re
nan. A qui sait le lire avec attention,
le divertissement et l'étonnement que
lui procure sa fameuse ductilité ap
paraissent en maint endroit. De
même qu'il est un faux sceptique, il
est un faux humble, et moins encore
qu'à aucune autre, je ne crois à son
humilité syntaxique. Le bonhomme
savait parfaitement ce qu'il faisait.
Empoisonneur fanatique et conscient,
il dosait son opium comme il faut.
Dites-nous qu'il est délicieux. Ne ve
nez pas nous dire qu'il est franç... Ce
qui suit est plus intéressant, parce
que moins conventionnel :
Renan aussi posait des certitudes, et
celle-ci d'abord, que le nombre des certi
tudes irait toujours croissant. S'il avait
parlé - la langue : brève et précise de son
ami Taine, celui qui passe encore pour un
Si gê
prince des sceptiques aurait pu prononcer
lç mot que l'auteur de l'Intelligence, quel
ques semaines avant sa mort, nous disait
ment par M. de Kerguèzec soit immuable.
Qnassure qu'elle a changé, surtout, ironie
des choses, depuis qu'y fut officiellement
ramené; installé en figure de bronze, celui
qui l'aima tant pour sa noblesse et sa pau
vreté.
Notez qù ! on trouverait aisément,
ên France, quantité de petites villes
de sa voix basse, voilée; plus voilée quand
il affirmait quelque chose de ses. convic
tions profondes : « Je' crois que l'homme
peut savoir; Je suis un dogmatique ».
Parbleu ! L'esprit à toujours plus
ou moins besoin d'un dogme, et le
vrai sceptique, le « Montaigne » est
infiniment rare. Mais chez Taine,
comme chez Renan, le dogme maté
rialiste était singulièrement pauvre
et funèbre, et sa misère — connexe à
celle du dix-neuvième siècle —nous
apparaît cruellement aujourd'hui.
iEO® nA VDET.
Député ie Paris.
m y'?. — i, i n
Nous apprenons avec joie la naissance
de Philippe " Vitrg, fils de 1 Max Vi
tra- Tous nos compliments à-,notre ami,
dévoué défenseur . des Canielots du Rot
et trésorier de la « Presse monarchique
et catholique des départements «i ■
Le correspondant du Times à Ber
lin obsérve qii'ûnê large portion du
' public est satisfaite de là nouvelle
dictature. En effet; le sabre règne
partout. L'Allemagne est divisée en
districts et à la tête de chacun d'eux
se trouve un militaire. Ce tableau
vaut la peine d'être reproduit î
1. Prusse orientale et occidentale i,
général. von dassel,
2. Poméranie, Schleswig, Meklem
bourg, Hambourg et Lubeck : géné
ral von - T schischwitz.
3. Brandebourg t Berlin, Silésie
général von horn, -
4. Saxe : général M oller.
5. H esse, Hesse-Nassau, Thuringe,
Waldeck, Wurtemberg .et Bade : gé
néral R einhardt. -
6. Hanovre, Westphalie, Brunswick,
Oldenbourg, Brème, Lippe-Detmold,
Schaunboiirg-Lippe ;; général .von
L ossberg,
7. Bavière : général' von L ossow.
Cinq généraux ' à particule pour,
sept circonscriptions : telle est la
carte de l'état de siège dans la Répur
blique allemande. Schmidt, Rad-
bruch, Sollmann et Hilferding, mi
nistres social-démocrates du cabinet
Stresemann, n'y voient pas d'incon
vénient. On a ainsi une singulière
image de l'Allemagne et de sa démo4
cratie. C'est saris doute ae qu'on ap
pelle l'image composite.
A près « l'appel au soldat », le chan
celier Stresemann s'apprête, d'ailleurs
à autre chose. On se souvient que, te
7 juin, M. Cuno avait fait une offre
à laquelle il avait été simplement ré
pondu. qu'avant de causer il fallait
qu'il n'y'eût plus de résistance pas
sive. On se souvient peut-être aussi
que le chancelier Cuno proposait que
dix milliards de marks-or- fussent
émis en obligations gagées sur les
chemins de fer allemands : (qui sont
dans un affreux déficit), Vintérêt de
cet emprunt devant, à partir de 1927
seulement, fournir aux réparations
une annuité : de .500 millions , de
marks-or.
■ Cette proposition extrêmement peu
sérieuse, en raison surtout de la fai
blesse des garanties, M. Stresemann
ne la maintiendrait même pas, à
moins que le contrôle complet des
chemins de fer de la Ruhr fût rendu
au gouvernement allemand. Telles
sont les idées que lui attribue le cor
respondant du Times, lequel ne peut
manquer de .se rènseigner chez l'am
bassadeur de' son pays. Justement,
lord-d!Abernon vient de partir pour
Londres: Il s'y trouvera en même
temps que doit s'ouvrir lot conférence
impériale où le gouvernement britan
nique arrêtera définitivement sa po
litique sur laquelle M. Baldwin, de
puis son entrevue avec M- Poincaré,
n'a donné que des indications provi
soires. " r ' y - -
Cependant il y a des personnes à
qui T expérience n'e prof ite pas et qui
croient que jamais il n'a été si facile
de résoudre le problème des répara
tions. -Nous sommes: désolés de souf
fler sur cette illusion, mais la façon
dont'a été obtenue la levée de la ré
sistance passive — dans la mesure où
elle est réalisée juqu'à présent — si
gnifie tout simplement que la seconde
étape demandera encore du temps,
des efforts et de la patience de notre
part. L'Allemagne aux sept circon
scriptions militaires n'est mûre pour
aucune politique raisonnable, poli-,
tique intérieure de son relèvement
financier ou politique extérieure de
sa libération. — J. B. :
ECHOS
Le Salôn d'Automobile-va ouvrir ses portes.
Les visiteurs-ont intérêt à.se rendre aux Etab.
Vodable,; pags. de l'Opéra,
*.
Eucarnacion.
Encafnacion, .le roman' d'Aurore Sand, petite
fllje de Gebrge Sand, a paru avant hier. L'édi-
1idn des « Cahiers Verts » a .été épuisée
dans la journée.
Une nouvelle édition avec une côuverture il
lustrée par Maxime Dethom'as fera demain son
apparition, aux étalages des libraires.
M. MASINQÏ A CLEBMQNÎ .
M. Maginot, ministre de la guerre, a inau
guré, hier, le-.monument aux inorJs
Clermont (Oise). A cette occasitfn ij a pro
noncé un discours au cours duquel il a
dit notamment :
. Il nous reste maintenant à'tirer le meilleur
parti pour notre tiays de notie nouvelle vic
toire, afin que cèlle-ci rie se traduise pas, elle
aussi, par des déceptions, La ..victoire ■ n'est
qu'un mot lorsqu'elle n'aj-port-e pas des réa
lités.
Je puis -vous assurer que votre gouverne
ment n'est pas disposé à se contenter d'une
demi-victoire et d'une paix incomplète. Il ne
sacrifiera pas au désir d'une réalisation hâ
tive des résultats qui doivent $ tre -.décisifs,
ei -on sait les attendre,-.
; Açrès 'là cérémonie,- M. Magimot a. remis
les insignes de la €r.oix de guerre à la
ville de :Clermott.
LÀ POLITIQUE
■■■■■. .—* «
... I. Progrès à compléter
Notre politique rhénane, hésitante d'a-
bord, imparfaite «pcore, lest appelée à s'a-
imélior^r par .Le fait môme
les principales 'difficultés, les plus durs
obstacles tomberaient de plus en plus vite
: si 'Foii Tenonçaitv. franchemeiiit à quelques
erreur^ du début dont les conséquences
'subsistent.
Nous sommas'éii fiays catholique. Est-il
sage d'y apparaître particulièrèmettt favo
rable au protestantisme ? Est-il intelligent
d'oublier que sur le Rhin 3e protestant c'est
le Prussien : î Nous sonamès dans un pays
laborieux, productif, opulent, où les mas
ses .ouvrières eMesranêmès, puissamment
encadrées, participent à la richesse qu'elles
fabriquent et sont, par conséquent, ani
mées d'un indéniable esprit conservateur.
Est-il sage 'd^ afficher deis sympathies.
, -ultra-socialistes, des préférences commu
nistes ét même bolchevistes ? Le bolchevis-
me allemand n'a jamais été un épouvantai!
pour nous : mais est-il rationnel de le
patronner dans cette '* région de l'Alle
magne où nous tenons à exercer une action
bienfaisante et à. nous cnéer- d«s amitiés
sérieuses ? Nous faisons régnièr - d'ordre
©t c 'est' un sujet de prestige pour les dra
peaux unis de la Belgique et de la France.
Il est absurde d'y paraître favoriser secrè
tement les ennemis de l'ordre. -
■Ces réflexions, ou plutôt ces questions,
nous sont inspirées par les renseignements
que nous adresse un correspondant-bien
■placé : '• . ■ ? ■ ■ - -
« ... Notre façon de laire donne aux
deux tiers de la population l'impres
sion que nous sommes des nations anti
religieuses. et révolutionnaires, réputation
hélas qui est déjà assez méritée, pour ne
pas être confirmée par nqtre politique à
l'étranger'. Résultat : nous refoulons la ma
jorité de la population et la mettons en
défiante contre nous et en opposition
nette à notre action:
■ « Il eut suffi d'une politique, d'appui
discret pour le clergé catholique, qui a
tout à dire en ces régions, et la séparation
était chose faite depuis de long? jours.
« Dans la région.que j'habite et ne veux
pas nommer existent trois journaux locaux
— un catholique, un radical^ im socialiste-
communiste.
■ « Le premier réunit le plus grand nom
bre de lecteurs et est l'organe de la bour
geoisie et de l'élément fixe du pays, du
vrai habitant, de la Ruhr.
« Le, journal catholique a été interdit
trois fois, le radical ; une fois, le'commu-
niste jamais, alors que ce dernier journal
contenait bien plus que le premier des arti
cles contre notr? occupation, nos gouver
nements et gouvernants. .
m Le service de renseignement a notifié
ces articles, on a fermé tes geux sur te?
uns et réprimé sévèrement les, autres.
« Résultat obtenu :
« Aujourd'hui les communistes ont fait
des manifestations contre la cessation de
la résistance •passive et se posent nette
ment en adversaires de l'occupation !
« Au contraire, depuis uii certain temps,,
j'avais signalé à l'autorité la nécessité de-
se faire un allié du journal catholique, on
m'a suivi l'interdiction était levée et
une influence discrète exercée sur là ré
daction -rr le résultat est merveilleux; Ce
journal, il y a quelques jours, flétrissait
en termes indignés l'attentat contre ho tre
réseau de chemin de fer à Essen et, 'au
jourd'hui, il contient des articles abondant
en notre sens., »
Comme le di-t mon. correspondant^ il eût{
■jmeux valu faire cela il y -« quatre ans.
Ëii nous conciliant les masses catholiques,
et conservatrices par l'intermédiaire de
leurs journaux.et de leurs pasteurs.nous au
rions, par là même- contrarié .et ..fortement
atténué' les .dangereuses manœuvres du
haut clergé rhénan au Vatican, en Améri-,
que et ailleurs : peut-être. aurions-nfeus'
réussi à détruire les liaisons de cet élément
si jouissant avec Munich et avec Berîin. ■
Est-il trop tard pour bien faire ?
II. La coupe de ïa Bêtise
Ce glorieux insigne fut décerné vers 1912
ou 1913 à-un futur chef de cabinet de
M. Leygues, M. Henry Moysset, pour ses
prophéties rétrospectives sur l'état' de
l'Europe et de l'unité allemande au cas
où M. de Bismarck n'eût pas existé. La
coupe a circulé depuis, en un petit nombre
de mains.'Elle a élu un nouveau déposi
taire aujourd'hui. Sonnez flairons, sa
luez bannières : ni M. Henry Moysset ni
ses successeurs n'ont plus le droit de dé
tenir cette coupe profonde, taillée fen for
mé de corne d'abondance 1 Le symbole très
pur de l'infini humain étincelle depuis
hier dimanche midi entre les doigts subtils
de M. Philippe Millet, le « Diplomate »
du journal Paris-Midi, d'où il a fait tomber
ces inestimables paroles : . '
« La France, si elle s'avisait de secon
der la naissance d'une Rhéiranie..., renie
rait sa propre doctrine de l'unité natio
nale et n'aurait plus le droit à l'avenir
d'empêcher telle province française d'imi
ter l'exemple rhénan pour éviter de payer
des impôts ou de faire le service mili
taire:
« Le cas vaut donc qu'on y réfléchisse.
Ou plutôt c'est tout réfléchi. »
Et puissamment pensé !
' L'auteur de cette mirifique « doctrine
de l'unité nationale » range dans la même
catégorie l'unité nationale de la France,
et l'unité , nationale- allemande, une unité
Hée. du patieot labeur des siècles, et l'unité
toute récente née des violences, de Bis
marck l
Cette égalité fictive -ainsi construite,
il la sotaiet au môme raisoimeibent juri
dique !. Ainsi . continue-t-il d'appliquer
à la politique française les .méthodes
d'analogie. malfaisante qui ont fait des
cendre, comme disait Renan, au-des
sous de son centre de gravité, l'esprit pu
blic, la direction générale de ce pays-
i.v Le pays en a trop souffert pour (
qu'on, soit indulgent pour cette, error de |
ciechi que se fanno diici : conscients bu
non,, les niais criminels doivent lui être
signalés par leurs noms et par leurs pré
noms. C'est dans un intérêt de salubrité
que nous remettons solennellement à.
M. Philippe Millet, le diplôme et la couper
qu'il a trop mérités.
' Reste la iquestion de sayoir si sa bêtise
manifeste est tout à fait pure. -Sa foi au
dognie absurde est-elle tout à feit.. sincère |
ét désintéressée ? Nous ne pouvons pas
oublier que M. Philippe Millet a figuré i
au nombre des zélateurs de M.Lloyd George
pendant le ministère Briand. Briand tombé,
fl.-à changé, son' fiisil d'épaule, ses chroni
ques du Petit Parisien et de Paris-Midi se
ressentent de raffermissement du ministère
•Poincaré la revue qu'il dirige louvoie
un peu. Nos amis d'Angleterre feraient bien
de suivre et* de dépouiller pour .nous les
correspondances qu il envoie aux journaux
de Londres comme l'Observer.
Ce_ n'est- pas la première fois que ce
sophisme-type, le sophisme classé en scien
ce politique sous l'étiquette du sophisme
des c...sganarëlles s'expliquerait pair des
intérêts de parti; ou. par des intérêts pri-'
vés. Tous les Sgaharellesne se (laissent pas
c...sganarellifier pour l'honneur. Beaucoup:
y trouvent leur profit.
. III. Le parti radical
Suite des savoureuses réflexions de poli
tique électorale publiées en tête de l'Opi
nion : . , \ ,
i s Vue observation attentive des manœu
vres électorales permettrait, a vrai' dire,
d'établir la distinction suivante : le « répu
blicain de gauche » est un « réactionnaire
qui a peur de passer pour l'être », le « radi
cal.s est un « réactionnaire » qui désire
passer pour. « socialiste », le•« socialiste » ,
est un révolutionnaire qui se fait passer
pour « réactionnaire s. D'où, on pourrait
conclure logiquement que toute la « réao
tion » -est à gauche. Elle y est, en effet, si
l'on entend par m réaction a l'inaptitude
à comprendre le vrai progrès, les besoins
de notre époque. et les réformes qu'elle
demande. ;
« Ce qui est à gauche, en tout cas, c'est
la vieillesse,— vieillesse des pontifes, vieil
lesse des maximes, vieillesse des préoccu
pations.
« Le parti radical se sert, pour sa cuU
s/né, de professionnels de tous âges qui
gagnent leur vie comme ils peuvent. Mais
ni parmi ses dirigeants responsables, ni
parmi ses pseudo-doctrinaires, ne se trou
ve un à. jeune ». Confirmation piquante de
ee~ vieillissement : ceux qu'on appelle les
a jeunes radicaux » siègent... au Sénat, où
leur relative jeunesse les rend précisément
suspects de tiédeur envers l'orthodoxie
radicale.
« La presse radicale et socialisante d'op
position est frappante par son impuissance
à' renouveler son personnel de leaders :
Aulard, vieil universitaire qui, dans de
tristes articles de journaux, s'efforce de
mettre l'histoire à la portée des intelligen
ces de comités électoraux ; Ferdinand Buis
son, dont les quatre-vingts ans passés cons
tituent la seule excuse Herriot, intellec
tuel hésitant et glorieux, que son manque
total de volonté met a là merci d'une ambi
tion-non contrôlée ; Sarrail, type comi
que et d'ailleurs classique du vieux général
pacifiste et internationaliste, voilà quels
sont ces leaders.:. Et quand on a fini, on
recommence : Sàrrail, Herriot, Ferdinand
Buisson, Aulard : on ne sort pas de là. Le
clown de l'équipe est Painlevé, mais il ne
le fait pas exprès, ce qui diminue son mé
rite.
« Quand un quotidien « de gauche »
se fonde, qui a la-prétention -— grossière
ment affirmée d'ailleurs de transformer,
de rajeunir et même « d'épurer » la'presse,
an nom des « principes » radicaux-socia-
lisants, il ne trouve à présenter, comme
hommes d'action ayant consenti à assu
mer celte lourde tâche, que les Ferdinand
Buisson et les Aulard susnommés, en leur
adjoignant le vétérinaire Renaudel, épave
d'un parti socialiste dont il ne reste plus
que le souvenir. Faut-il s'étonner que cet
ambitieiix journal n'ait connu qu'un médio
cre succès? ; ■■■■.,
« Qui donc, en tout cas, oserait main-,
tenant prétendre que les fossiles sont « à
droite » '/ C'est la « gauche », toujours en
avant, toujours à la tête du progrès,, qui
à les meilleurs et les plus incontestables
fossiles ; et c'est le Muséum radical qui
abrite, dans ses collections, l&s plus . re
marquables spécimens ! » ■
L'auteur de ces réflexions remonte à la
cause de ce vieillissement. Elle n'est pas
économique, elle n'est pas sociale; elle est
intellectuelle. La doctrine radicale n'a pas
bougé depuis 1848 :
' « Doctrine qui a perdu toutè-.actualité :
elle demeure sentimentale et intërnationa-
lisante - au lendemain- d'une -guerre qui a
noyé les illusions humanitaires et le pa
cifisme dans des flots de sang ; elle s'obs
tine à dénoncer le cléricalisme alors que
les séminaires sont dépeuplés et les parois
ses abandonnées ; - elle offre aux_ malheu
reux, pour tout réconfort, la joie d'élire
un député ; elle ignoré toutes les lois éco
nomiques qui régissent le monde contem
porain ; elle n'a plus qu'un support ac
tuel, qui est le verbiage des basochiens. »
Doctrine vide, doctrine immobile, doc
trine artificielle, tendant à exciter le peu
ple « sur des questions accessoires pour
le distraire, de ses vrais besoins ». et, par
conséquent, tendant à « 'dégoûter deis idées
neuves et même des idées tout court » :
« Etre conseiller municipal, puis con
seiller général, arriver au Parlement, ob
tenir un bureau de tabac au meilleur car
refour : la courbe des ambitions mdicales
est toujours la même. -
« Il n'y a plus que les aigris, les ambi
tieux mal informes et les 'calculateurs à
la petite semaine qui puissent s'offrir au
jourd'hui à ce parti comme des recrues,
nouvelles. .
« Et s'ils croient aller au parti qui est
du côté du « manche », l'avenir leur ré
serve des surprises: »
M. Martin-Mamy caractérise à peu près
de même l'activité du parti, radical : ■-
« Pendant ce temps, l'esprit de parti
fonctionne et agit.. Consciemment ou .in
consciemment anti-français, Aelon Iqu'i'd
opère dans le cadre communiste, ou dans
les compartiments dits " d'extrêine-gau-
che, "il a soigneusement mesuré, analysé,
pesé la loi électorale afin de recueillir le
nombre de sièges maximum. L» loi élec
torale promettant le succès aux candidats
et aux partis, à condition que les partis
se trahissent eux-mêmes.et' que les candi
dats descendent sur le. troittoir pour s'y
prostituer, l'ère des marchandages équi
voques et des tractations immorales s'est
ouverte. Cambrioler des voix de droite et
escroquer des voix de gauche tout en con
cernant c v elles du centre, tel est le problè
me à résoudre. Vous me donnerez des nou
velles de la Chambre qui sortira de cette
confusion et de la politique qui sortira de
cette Chambre !»
. Notre confrère de la IV République est
•plus inquiet, peut-être, qu.e le directeur de
l'Opinion v C'est qu'il voit les choses de
•près. Il conclut d'ailleurs comme lui qu'un
utile coup d'épaule peut être donné par
lés bons Français. Oui, à la condition qu'ils
S 'entendent, et tous .: en dehors, au-dessus
des vaines catégories qui font , le succès
ét la force du grand électeur radical. ' "
CHAIS LIS S UAVÎtiiA»
BEMY LER9Y-F0URMER
f —O— — . ■ .. 5.-.
Dix jours après la mort de Paul Bartoli,
l'Action française est à nouveau frappée
par la, perte d'un de ses plus vieux et plus
' chers collaborateurs.
. Henry Lôroy-Fouraier s'est éteint diman
che matin, à son domicile de la rue André-
del-Sarte, terrassé par une pneumonie qui
n'a duré que deux , ou trois jours. Il avait
soixante-deux : ans. —
Leroy, comme nous l'appelions, avait dé
buté dans la presse vers 1885 où on le trou
ve rédacteur en chef du journal radical de
Rennes. Il est anticlérical et mène la lutte
- contre les chouans. 11 est alors un des pre
miers, piliers des « Bleus de Bretagne" ».
Mais son-ton sonne français et le boulan-
gïsme va l'intéresser, prodigieusement.
Puis c'est Besançon, Grenoble ou il se dé
tache peu à peu du parti radical. Enfin,
vers 1895,Leroy entre à la Libre Parole, ^On
voit la- courbe..: Edouard Drumont, dont il
ne cessera de glorifier la mémoire, lui'don-
no toute sa confiapce avec tout^son amit'ié.
En 1908, notre Action française, qui
; vient de naîtrer's'attache' ce précieux colla
borateur. Leroy, qui connaît à fond son mé
tier, est d'abord chargé du service des in
formations. Toutefois, c'est à la rubrique
parlementaire qu'il va donner sa pleine
mesure.
De 1913 à 1923, avec l'aisance de travail
merveilleuse que lui vaut sa connaissance
profonde de la carte politique aussi bien
que des sujets débattus, Leroy donne dans
: nos colonnes ces comptes rendus qui l'ont
fait définir par Daudet « le premier journa
liste parlementaire de ce temps ».
. Ami au parler franc et quelquefois rude,"
venu du radicalisme patriote aux doctrines
du-nationalisme intégral, Leroy-Fournier
n'était pas de ceux qui donnent leur adhé :
sion par intérêt ou par flatterie. Je crois
bien qu'il emporte dans la tombe le « Vive
le Roi ! » que nous ne l'aurons pas entendu
prononcer.- .
Mais toute notre actjon il l'avait faite
sienn-e. Il : y. avait "trouvé la réalisation de
son rêve déçu , au lendemain de la lutte an
tisémite et s'y consacrait du meilleur de ses
forces." Ses tableaux parlés de la situation
électorale pendant^quarante ans de Répu-
blique maçonnisante nous restent fixés dans
L'OPINION ctu 28 septembré
la mémoire, à la place qu'on réservé" au*
documents de première main.
Aimé de tous, ayant aimé passionnément
la vie, ce Picard' robuste laisse à ceux qui
l'ont connu le souvenir d'une m^sai^.
que droiture jointe à un vif et beau
Que madame Henry Leroy-Fournier, que;
les amis nombreux qu'il , laisse au Parle
ment comme, dans la presse; veuillent trou
ver ici l'expression de notre sympathie dou
loureuse dans un deuil qui nous est com
mun. ' ' .
flWlMHffiiW'
mma
tztâm
M. POINCARÉ AD BOIS D'AIILY
M. Poincaré a inauguré hier le monu^
Oient des morts a qui ont combattu au
bois d'Ailly, en forêt d'Apreinont et aux
environs de Saint-Mihiel,». Le monument
a été béni par Mgr Ginis-ty.
Le président du Conseil, qui était accom
pagne de Mme Poincaré, a .été l'objet d'une
réception enthousiaste de 3a part des habi
tants de Saint-Mihiel.
Après d'éloquentes paroles' du maire dé
Saint-Mihiel,: M. PoincaTé a prononcé au
bois d'Ailly un .important discours, dont
voici les grands .traits :
« On nous reproche des redites ? Jamais'
nous ne nous répéterons trop. Nous né
nous tairons que lorsque l'Allemagne aura
compris : mais elle inous donne chaque jour
des preuves nouvelles .de son incompré
hension.
« Sans doute' elle a cédé sur 3a résis
tance passive, qu'elle ne pouvait continuer.
Mais quand elle nous accuse, d'avoir oppri
mé les habitants, elle intervertit impudem
ment les rôles. '"
M.. Poincaré fait ensuite un historiquë.
développé et précis des luttes dont ces
lieux sacrés furent -le théâtre-.
•Puis, ayant parlé .des efforts de recons
truction, Hé président du Cqpiseil a comolu :
.« La proclamation jnàusisade d'une trêve
inévitable n'est rien : l'exécution ©st tout.
Notre tâche n'est -donc pas- terminée :
« Morts du bois d'Ailly, la France n'a pas
« encore la victoire que 'lui ont garantie
«■■les traités ; mais elle l'aura. Nous vous;
« l'avons juré et nous tiendront notr.e ser-
« ment. ». -
ïms sb l'Mat et si 1 les
• I. SUR L'ETAT
Nous avons fait- le point, et nous avons
commencé un premier travail de recon
naissance concernant les groupes que
nous rencontrerons. Mais le terrain est
encore , peu occupé. Commençons donc
par le commencement, et reconnaissons
le terrain. ...
Sur quel terrain. sommes-nous ■? Politi
que ou économique ? Problème de doc
trine, mais -, qui - intéresse l'action d'une
manière capitale, car c'est à la faveur de
la confusion des idées .sur ce point que
l'on pourrait conduire la France, cons
ciemment ou inconsciemment, aux pires
erreurs-intérieures, et extérieures. •
Une discussion a été ouverte sur cet^e
question vers la fin de la guerre,.,et qui
n'était d'ailleurs que la reprisé, devant le
grand public, d'une vieille discussion à
laquelle on" était occupé il y a vingt-cinrx
ans dans les cercles catholiques.
Vous vous rappelez le sens général des
thèses apportées par' les apprentis de
1" ' ' '
_ emporte ......
vient de. moins en moins politique et .de
plus en..plus économique, etc.
Tout cela ne signifiait, pas grand chose
ou'rienr La discussion a été clos"e assez
rapidement par le retrait des- champions
de l'Economique, qui n'ont pas tenu bien
longtemps devant les raisons qui leur
étaient opposées,-, en particulier dans ce
journal. Aujourd'hui, personne n'ose sou
tenir ouvertement la' doctrine de l'Eco
nomique primant le Politique.
Mais, de cette discussion, il est reste
un .certain trouble- dans beaucoup, d'es
prits qui, dans l'action qu'ils conçoivent,
introduisent, sans -y penser nettement,
l'erreur que l'on propageait il y a quel
ques années. Ils rie.défendent,pas la faus
se doctrine, mais, montrant qu'il : faut
bien tenir compte de. faits évidents, ils
travaillent à confondre et à faire confon
dre la v 5 - politique .et la vie économi
que.
Par exemple, il y a quelques hommes de
bonne, -volonté qui voudraient organiser
un Parlement professionnel, qui serait la
plus belle pétaudière que l'on puisse ima
giner ; d'aUtres pensent et publient que
si l'Etat était entre les mains des hommes
d'affaires, qui .le géreraient comme u.
entreprise, industrielle, les choses iraient
beaucoup mieux. C'est avec - cette pensée
•én tète qùîùne dauiiatne de bons Fran
çais ont-fondé un comité de la'Eroduction
"et des Economies, lequel fournit à la
presse, depuis quelques semaines, des
communiqués où l'on trouve des reflexions
pleines de bon sens, mais qui, toutes sa
ges et fortes qu'elles soient, me parais
sant destinées a augmenter la confusipn.
Je dis tout net, moi. qui crois avoir la
réputation d'un homme pratique, qui con
naît* la sombre poésie des chiffres et des
bilans, que je serais porté, à désirer le
voir, à la tête de l'État, un poète plutôt
qu'un.industriel, parce que je sais que l'on
n'entraîne pas un peuple vers ses desti
nées, avec des chiffres et des rapports fi-
.rianciersi Mais...' ,
. " II. DE L'ETAT
Mais, j'aimerais que ce poète chef d'E
tat ' fût d'abord poète et, .ensuite, calcula
teur, non. par plaisir mais par nécessité
d'Etat. Ceci nous amène à examiner deux
conceptions de l'Etat, l'une fort ancienne
et qui continue d'être très solide, et l'au
tre relativement nouvelle, qui n'est que
Ja précédente,' complétée, et- enrichie "si
-l'on veut. •: ■
Si des erreurs-de.protocole ont été fai
tes sut* les-préséances en ce qui concerne
la Politique et l'Economique, ce n'est -pas
par de simples fantaisies de l'intelligence
ou de l'imagination. -Ces erreurs viennent
d'observations, mais d'observations in-
i complètes et de conclusions hâtives. On
a observé que, de/plus en plus, l'Etat est
[ contraint de s'occuper de l'Economie, et
qu'il, est littéralement infirme lors&ti'i]
ignore ou méconnaît certaines forces eco ! -
nomiques. Je simplifie ; mais c'est de lâ
que l'on^j tiré ces conclusions sur la pré
éminence de l'Economique: On n'aurait
pas fait l'erreur signalée si l'on n'avait
pas cru tout d'abord que le monde chan
gerait de base, • . !
Le mondé ne change pas de base. Au
jourd'hui comme hier, la fonction de
l'Etat est essentiellement d'assurer aux fa-
milles (et non aux hommes et aux citoyens)
LA PAIX dans laquelle les familles peu
vent travailler et poursuiyre les fins spi
rituelles, morales, matérielles qu'elles s'as-.
signent. En oiUre, l'Etat a poiir fonction
de conduire les groupes de familles verî
les, lins terrestres communes qu'elles se
donnent' ou qu'il découvre pour elles. Ceci
depuis le commencement du monde el.
jusqu'à la fin. Supprimez cette fonction,
tout-s'écroule ; il n'y a plus que des gens
qui se battent, pour toutes sortes de mo
tifs et même sans motifs.
' Le rôle de l'Etat est donc d'agir sur nos
passions, qui sont anarchiques, chez vous
comme chez moi, et qui tendent toujours
à détruire cette paix. Je vous prie d'ob- -
server que c'est là un rôle qui ne con
vient pas nécessairement à lin industriel.
On jjourrait . dire que l'une des raisons
d'être^ de l'Etat est de permettre la créa
tion économique. Mais ce n'est pas la
seule, et vous voyez que les moyens de
l'action essentielle de l'Etat, même en vue
de cette création économique, ne sont pas
économiques.- Ils sont politiques ; ce-pou
voir qui crée la^ paix, la paix nécessaire
à la-vie économique, à la vie sociale, à la
vie intelleetueUe. à !a vie religieuse, bref
à l'existence de la cité, c'est ce que nous
; nommons le pouvoir politique : c'est
l.e?pouvo.ir qui crée la cité. Ge'pouvoir est.
aussi ..nécessaire aujourd'hui qu'en l'ail
mil. '■■.--■■:.' .
. Mais il y a eu un temps où ce pouvoir
de l'Etat pouvait s'exercer presque ex
clusivement par ses moyens propres, c'est-
à-dire par ses moyens d'armée, de justice
i de .police, de , relations extérieures. Sup
posez,- par exemple, une économie géné-'
raie presqus- entièrement agricole; avec
dçs entreprises agricoles constituant des
ensembles économiques fermés se suffi
sant à.eux-mêmes. Quel est, dans cette si
tuation,-le. rôle de l'État ? Assurer la paix
intérieure .et extérieure, et ses moyens
propres lui suffisent. Il est inutile qu'il
collabore, éponomiquement, avec les na
tionaux qui, font leur travail- tant qu'il
leur assure la paix. Ici, je me permets
de vous faire observer que, en France, la"
conception de l'Etat s'est- formée au coir-s
de siooles où la vie- économique du pays
ne posait guère de question d'Etat, c'est- ,
à-dire: dans des conditions générales qui
faisaient que l'htat pouvait remplir toute
sa fonction ave ses propres moyens (ce.
qui n'a pas.empêché Sully et Colbert d'al
ler au delà; pour notre bien à tous.
Or,' nous-.vivons dans un- temps où, par
suite de transiormations économiques
profondes, p;u\ -nite du fait que. le fonc-
'Uonnêjnent de certains organes éco .i'j-
m.îqui-s- exige d-. '. échanges indispens i '. j CS;
avec d'auircs r,.i! : ons. la vis économique
ns d'Etat. Par exemple,
le.' suite: qu'un Etat fran-
';ioccuperait pas du pro- :
visquerait, da;ps des cir
ons n'àyezV]|).^ : -de>j)êi.jie'.
se trouver ^proprement;
n '■ m er, par cpu séquenit, a
pose' des que-!:
vous voyez 'r 1 -:
ceis qui ne se ;
blc-me du pei- o:
constances qiy
il imaginer, de
étouffé, et d;' .'-
sa fonction d
" Je pourrai- ■
exemples, ma' ■
jjermet .de yr : :
est, par une
tion politiiiU'' •
ployer, pour -
tiennent à 1:: '
qui sont de 1' ; ■
(.Et perni; : ■
». ■■
citer vingt autres
' ■■-(• b r, iriie à celui-ci, qui
•i de nos jours,
i;i'' (j 1 .:-i.tient à sa 4'onc-
• i - . • i : ;enl . obligé d'ein-
fins politiques -«t.;
'ir-s ni'iye^s d'action
'■ é-:'onoi,ni([ue.
.-.moi de noter ici que.
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