Titre : Le Journal
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1922-06-26
Contributeur : Xau, Fernand (1852-1899). Directeur de publication
Contributeur : Letellier, Henri (1867-1960). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34473289x
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 26 juin 1922 26 juin 1922
Description : 1922/06/26 (N10844). 1922/06/26 (N10844).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG87 Collection numérique : BIPFPIG87
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Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k7608187m
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-220
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 25/04/2014
26 - 8 — 22 -
LE JOURNAL
3
Dernière Heure
LE REICHSTAG A DISCUTÉ HIER
les ordonnances de défense républicaine
« L'ennemi, c'est la droite », s'écrie le chancelier Wirth
qui a reçu des lettres de menaces
R BERLIN, 25 juin. — Le Reichstag a siégé
aujourd'hui pour discuter la communica-
tion du gouvernement relative aux nouvel-
les ordonnances. A l'intérieur de l'hémicy-
cle, l'agitation qui y régnait hier ne s'était
pas encore calmée. Les indépendants trou-
vaient que les décrets gouvernementaux
n'étaient pas assez sévères et qu'il fallait
faire franchement front contre la réaction.
Les partis de gauche ont stigmatisé dans
de nombreuses déclarations l'attentat et
l'attitude de la réaction. A la suite de l'in-
tervention des socialistes, majoritaires, des
négociations ont été engagées avec le parti
'indépendant en vue d'amener ce dernier à
participer* au gouvernement. On ne croit
cependant pas que l'accord pourra se faire,
les exigences des minoritaires paraissant
inacceptables aux démocrates et aux cen-
tristes.
Le député majoritaire Otto Wells a fait,
cet après-midi, d'importantes révélations
concernant les menées monarchistes. Après
avoir prononcé un violent réquisitoire
contre M. Helfferich, dont il demanda
l'éloignement de la yie parlementaire,
l'orateur a dit :
Personne n'a compris en Allemagne pourquoi
Killinger avait été acquitté par la cour d'Offen-
burg. Mais il faut que l'on sache que le procu-
burg. d'Etat avait refusé d'entendre l'inspecteur
reur
de police qui avait découvert la piste de Killin-
irer. Notre patience est à bout. Pour tous ceux
qui pourraient douter que les assassins de Wal-
ther Rathenau se recrutent parmi le parti natio-
nal, je vais donner lecture d'un rapport reçu
dernièrement par le ministre prussien de l'in-
térieur. Voici ce rapport :
« Dans toutes les villes (l'Allemagne ont été
»■ créées des centrales d'assassinats. Ces cen-
»: trales cherchent en ce moment des hommes
» qui accepteraient de débarrasser le pays des
» membres du gouvernement répubJicain., Le 3
» mai dernier, le lieutenant Henri Tiliessen,
» frère de l'assassin d'Erzberger, a recruté un
o- nouvel agent auquel il a donné pour instruc-
* tions d'user de tous les moyens pour provo-
» quer la classe ouvrière afin que celle-ci dé-
» clenche une grève générale qui susciterait
.: une répression. Cette répression serait con-
» duite par la Reichswehr qui est complète-
ment entre les mains des monarchistes.
L'agent ayant demandé ce qu'il entendait par
» provocation, Tillessen lui mit sous le nez la
» photographie de son frère et dit : « C'est
» mon petit frère ; il a démoli le premier co-
» chon de l'empire. » Le nouvel agent reçut
» l'ordre de se rendre à Munich. On lui donna
» à cet effet outre son billet de chemin de fer,
» 2,000 marks. Il arriva à Munich le 5 mai et
» fut conduit par le capitaine de frégate Hoff-
» mann chez un certain Schulz, 2. rue Fran-
» çois-Joseph, où il reçut une nouvelle -provi-
» sion de 2,000 marks. Schulz est le chef d'une
sous-commission de l'organisation Consul. Le
» capitaine de frégate expliqua à l'agent que
» te meilleur moyen de travailler pour la mo-
» narchie était de tuer les chefs républicains.
» Erzberger était déjà mort. C'était maintenant
»■ le tour de Rathenau et de Scheidemann. Le 27
» mai, l'agent reçut l'ordre de se rendre à Berlin
» où il se rencontra dans un restaurant avec un
» personnage dont il ne connaissait pas le nom.
» Il accompagna ce personnage à Cassel pour
» y faire une enquête. »
Otto Wells a conclu en exprimant sa
conviction que ce personnage inconnu est
l'assassin de M. Rathenau.
M. Marx, au nom du centre; démode une
ligne de séparation bien nette : d'un côté
les républicains, de l'autre côté les autres.
Quiconque est l'ennemi de la Constitution,
déclare-t-il, doit le dire ouvertement, mais alors
il sera aussi l'ennemi du peuple allemand. (Ap-
plaudissements prolongés de la majorité.) Le
centre approuve, à l'unanimité, le gouverne-
ment et les ordonnances du président d'empire.
Les fêtes de régiment sont, en considération de
l'étranger, des actes criminels et antinatio-
naux. au pire sens du mot. Si la haine du
peuple français est si grande à notre égard,
la faute en est pour beaucoup à ces messieurs
de la droite. Je dirai aussi aux Alliés qu'ils fe-
raient mieux, dans leur propre intérêt, de s'en-
gager enfin dans une voie plus conciliante.
M. Cristien, socialiste indépendant, de-
mande une épuration rigoureuse de la
reichswehr et de la police de sûreté et
annonce que les ouvriers sauront tenir la
main à ce que le gouvernement fasse son
devoir.
Discours du chancelier
Le chancelier Wirth prend la parole et,
dès les premiers mots, rend le parti natio-
naliste responsable de la situation troublée
dans laquelle se trouve le pays.
Grâce à ce parti, dit-il, on est arrivé en Alle-
magne à des mœurs de brutes en matière po-
litique. Mme Erzberger, qui a perdu. son mari,
son fils et une fille, a reçu une lettre lui annon-
çant qu'on souillerait la tombe de son mari.
Moi-même, j'ai reçu une lettre portant cetie
date : « Jour de l'exécution de Rathenau. » Il
y est. dit : « Que la dure fatalité suive sort
cours pour le bien de la patrie. »
-Je répète ce que j'ai déjà dit : « Le jour de
la lutte décisive, notre devoir nous conduira du
côté des grandes masses du peuple qui tra-
vaille. »
M. Wirth reproche ensuite aux gouver-
nement alliés les humiliations infligées à
l'Allemagne démocratique, surtout le par-
tage de la Haute-Silésie, et aussi le régime
d'occupation de la Sarre et des pays rhé-
nans.
1 Et le chancelier, après avoir dit qu'il
continuera d'essayer de discuter les grands
problèmes avec les éléments modérés du
peuple français, conclut par ces mots :
« Il n'y a aucun doute : l'ennemi, c'est la
droite 1 » -
Imposante manifestation
BERLIN, 25 juin. — Deux cent mille ou-
vriers ont protesté, ce matin, devant le
château impérial, sur l'avenue des Tjlleuls,
contre l'assassinat du ministre Rathenau.
Tous les partis socialistes, les seuls sou-
tiens véritables de cette république bran-
lante et 'infestée de monarchisme, étaient
représentés à cette imposante manifesta-
tion, au cours de laquelle dix-huit orateurs
ont pris simultanément la parole, pour
stigmatiser l'odieux attentat d'hier. Tous
ont juré que la réaction allait trouver
maintenant à qui parler et 'affirmé que, s'il
le fallait, la classe ouvrière saurait dé-
endre la République, les armes à la main.
fendre la
C'est exactement ce qu'on avait déjà promis
voici un an, lors du meurtre de Mathias
Erzberger.
Nous avons cependant entendu ce matin
un orateur raconter, au milieu de la stupé-
faction générale, que le général von Seeckt,
chef du grand état-major général impé-
rial, avait écrit dernièrement au ministre
prussien de l'intérieur Severing, qui,, dans
un discours, s'était élevé contre les dé-
monstrations d'Hindcnburg à Kœnigsberg,
pour le prier de bien vouloir s'abstenir, à
l'avenir, de toute sortie autant contre le
maréchal que contre la reichswehr.
L'enquête sur le crime
L'enquête ouverte par la police n'avance
que très lentement. Différents témoignages
de témoins oculaires ont été entendus. Le
plus important paraît être celui qu'a fait
un garde forestier de Potsdam, qui a vu
les assassins de près et a pu distinguer
exactement leurs traits. Il s'agit, comme on
l'a déjà expliqué hier, de r!cax jeu:r?s gens
,0 vingt-cinq ans environ, qui avaient
revêtu des vestes de cuir comme en por-
tent les aviateurs et dont les lunettes d'au-
tomobilistes, toutes neuves aux dires du
garde forestier, avaient des verres noirs.
L'un d'es assassins était resté dans la
voiture. Le deuxième s'était posté dans les
environs de la villa du Dr Rathenau,
dont il guettait la sortie. Lorsque le mi-
nistre parut, cet individu courut rejoin-
dre son camarade, et l'automobile, dont le
moteur n'avait pas cessé de tourner, suivit
celle du Dr Rathenau. C'est alors que sé-
rait entrée en scène, d'après une autre
version, une deuxième voiture qui, au coin
d'une rue voisine, aurait barré la route.au
véhicule ministériel. Le chauffeur du mi-
nistre stoppa et c'est à ce moment que,
rejoint par la voiture qu'occupaient les
band'its, la ministre tomba sous leurs
coups. Les deux voitures prirent la fuite
dans la direction de Potsdam. Celle où se
trouvaient les assassins était un double
phaéton, de couleur sombre, à six places.
D'après les initiales du numéro de police,
il semble que cette voiture soit venue de
Hambourg, mais c'est probablement là une
feinte destinée à mettre les autorités sur
une fausse piste. Les assassins ont fait
usage de pistolets automatiques dits « pa-
rabellum ».
Les mesures exceptionnelles décrétées
par le gouvernement ont déjà reçu partout
un commencement d'exécution. — G. BLUN.
Un Français assailli et dévalisé à Berlin
BERLIN, 25 juin. — Dans la nuit de vendredi
à samedi un Français, M. Gavard, secrétaire du
bureau de liquidation du matériel de guerre, a
été assailli par plusieurs individus.
Un ouvrier qui, à l'approche des agents de
police, s'empressait auprès de la victime, a été
arrêté comme soupçonné d'avoir pris part à
l'agression.
M. Gavard a constaté la disparition de son
portefeuille contenant 10,000 marks. Il a dû, en
raison de son état, être transporté dans une
maison de santé. — (Ilavas.)
L'assassinat du maréchal Wilson
ArrivéeàLondres du maréchalFoch
LONDRES, 25 juin. — Le maréchal Foch,
accompagné des généraux Weygand, Nivelle
et Hergault, est arrivé ce soir, à Londres,
pour les obsèques du maréchal Wilson. Il
a été reçu à la gare par le général comte
Cavan, chef- de l'état-major général bri-
tannique.
On annonce ce soir que lady Wilson
ayant renoncé à son opposition, M. Lloyd
George et la majorité des membres du ca-
binet assisteront demain au service funè-
bre célébré à la cathédrale de Saint-Paul.
Le débat de l'après-midi aux Communes
est toujours attendu avec anxiété par les
partisans du gouvernement. Il sera ouvert
par M. Churchill qui exposera le point de
vue du cabinet. Les interpellations sui-
vront, auxquelles le premier ministre et
M. Shprtt, ministre de l'intérieur, répon-
dront. M. Chamberlain enfin prononcera le
discours précédant le scrutin, s4 l'opposi-
tion persiste à en réclamer un. La presse
de ce matin, et notamment ie 8unday
Express, estime que le départ du ministre
dei l'intérieur s'impose. — {Journal.)
Un sermon de M. Lloyd George
LONDRES, 25 juin. — M. Lloyd George a
prononcé, cet après-midi, dans une cha-
pelle galloise de la secte baptiste, une allo-
cution qui tient à la fois du sermon et du
discours politique.
Le Dr Rathenau, a-t-il dit, était un des mi-
nistres les plus habiles de l'Europe. i; faisait de
son mieux pour rétablir les bon no-: relations
entre son pays et les nations oulragérs par l'Al-
lemagne. Il y travaillait de son mieux, et c'est
pour cela qu'il a été assassiné. Je ne puis qu'ex-
primer la plus profonde horreur fit,, ce crime,
et j'espère que l'Allemagne ne souffrira pas du
mal que les meurtriers ont inlligé à leur propre
pays par cette monstrueuse attaque contre un
des plus distingués de leurs concitoyens.
Passant à la question de l'admission de
l'Allemagne à la Société des nations, le
premier ministre, après avoir dit qu'intro-
duire dans la Société des nations des peu-
ples hypocritement pacifiques serait « les
amener pour manœuvrer à la meilleure
position en vue d'une guerre », déclare que
le gouvernement britannique voterait pour
l'admission de l'Allemagne, si pareille
demande était faite. - {Journal.)
La Conférence de La Haye
LA HAYE, 25 juin. — La délégation so-
viétique, qui devait arriver hier soir à La
Haye, a été retenue à, Berlin, par une con-
versation avec Tehitchérine. Elle arrivera
demain lundi à midi par train ordinaire,
mais en wagons spéciaux, à la gare de
Scheveningue, et gagnera immédiatement
l'hôtel d'Orange où des appartements lui
ont été réservés. L'hôtel a reçu une garde
-spéciale de police de sûreté.
C'est vraisemblablement mercredi que
les premiers contacts pourront être établis
entre les sous-commissions russe et non-
russe. — (Havas.)
Le vote de l'Irlande
DUBLIN, 25 juin. — Voici la position finale
des partis, maintenant que tous les résultats
des élections irlandaises sont connus : coalition-
nistes, en faveur du traité anglo-irlindais, ^8;
républicains, opposés au traité, 3G; travaillistes,
17; indépendants et agrariens, 17. Au total, 128.
La plupart des travaillistes, des indépendants
et des agrariens sont en faveur du traité.
Balles perdues
BELFAST, 25 juin. — Une balle perdue a tué
un bébé dans les bras de sa mère, Assise chez
elle. Une femme a été blessée d'un coup de feu,
dans une des rues de la ville.
PETITES SOUÏEUiES DE t'ETRAM
Dimanche 25 Juin.
BRUXELLES. - Le roi est arrivé à 3 heures à la
réunion aéronautique internationale ; il faisait un
vent violent. Le roi était accompagné des princes
Léopold et Charles ; il stest longuement et alfec-
tueusoment entretenu avec M. (le Margeri?, ambas-
sadeur de France, il s'est vivement intéressé à
l'exposition de photographie. On a ensuite présenté
au roi les escadrilles françaises et belgcs, puis 11
a passé en revue les aviateurs rangés en ordre
de départ sur le fchamp d'aviation.
PEMBROKE. — Un incendie s'est déclaré à l'arsenal
de Pembroke. Plusieurs Mtimcnts ont été la proie
des flammes, y compris l'immeuble où étaient con-
servés les plans de tous les vaisseaux construits à
l'arsenal depuis -on érection.
VARSOVIE. — Le gouvernement polonais vient de
remettre sa réponse a la note du gouvernement so-
viétique de l'Ukraine concernant l'extradition Ic
iWaktino, cher des insurgés pavsans ukrainiens, qui
s'est réfugié en Pologne Lo gouvernement polonais
refusc d'extrader Makhrio. Il se rcfuse aussi à conti-
nuer toute négociation à ce sujet
CALCUTTA. — 1,'f'xpéilition qui, pour la troisième
t'ois, tentait J'escalade du mont i'verest. aurait re_
noncé ;ï s'avancer davantage, tous les explorateurs
se trouvant dans un i'at ne rat!pue l"l qu'ils ne
peuvent aller plus loin. I.'espêililiou aduelle n'a pu
progresser <|u» de 300 mMivs an delà du point d'ar-
rêt de l'expédition précédente.
Des élections dans la Sarre
pour la nomination
d'un Conseil consultatif
SARREGUEMINES, 25 Juin. — Aujour-
d'hui ont lieu, dans la Sarre, des
élections, les premières depuis 1913, pour
la constitution d'un Parlement. C'est le
mot sous lequel on désigne couramment la
future assemblée, mais, en réalité, il s'agit
d'une simple commission consultative. Le
gouvernement sarrois, que préside M. Vic-
tor Rault, ne doit compte de ses actes qu'à
la Société des nations et ne peut se subor-
donner à une assemblée .délibérante et
souveraine. Cependant il désire n'exercer
ses pouvoirs que dans un esprit d'amicale
collaboration avec ses administrés et c'est
de ce sentiment que s'inspira son ordon-
nance du 24 mars 1922 portant création
d'un comité consultatif élu au suffrage
universel direct et secret.
Le droit de vote est conféré à toute per-
sonne majeure ayant son domicile en Sarre
depuis trois ans. Mais ne sont éligibles que
les originaires du territoire. Cette restric-
tion a fort habilement déjoué les plans des
associations pangermanistes du Reich qui,
ayant peuplé la Sarre de leurs créatures,
espéraient envoyer siéger au comité
consultatif leurs plus fougueux agitateurs.
Neuf listes de candidats, six politiques,
trois économiques, sollicitent la faveur
populaire.
Le centre présente en tête de liste un
avocat de Sarrelouis, herr Le Vacher.
Malgré cette consonnance française, herr
Lé Vacher fut expulsé au début de l'occu-
pation sarroise pour l'intempérance de son
pangermanisme. MM. Hermann Pétry, se-
crétaire de syndicat, et Sender, avocat, sont
les candidats préférés du parti national
démocrate. Les autres listes politiques, sont
celles du parti social-démocrate, des indé-
pendants, des populistes libéraux et des
communistes.
Les trois partis économiques sont :
l'Union de la propriété et de l'agriculture
sarroises. qui rappelle le parti agrarien ba-
varois; l'Union des locataires; l'Union des
blessés et victimes de guerre, sur la liste'
de laquelle se trouvent plusieurs femmes.
Les partis politiques sont tous à ten-
dance prussienne et leurs candidats sont
des candidats d'opposition. Mais il y a
parmi eux, à côté d'avocats, de proprié-
taires, d'industriels, un bon nombre de
mineurs et d'ouvriers ou employés payés
en francs, dont l'intérêt est évidemment
dans le maintien de ce statu quo qui leur
assure, en somme, une situation stable et
avantageuse. D'une façon générale, les
travailleurs sarrois, satisfaits de leur sort
et de l'ordre que la commission de gouver-
nement a réussi à faire triompher en
Sarre, sont hostiles à toute agitation poli-
tique stérile. — {Journal.)
La mort du pilote Bonneton
DnUXELLES, 25 juin. — Ce matin, dès
8 heures 30, M. Devèze, ministre d& la dé-
fense nationale, s'était, rendu à l'hôpital
militaire où, au nom du roi, il avait atta-
ché la croix d'officier de l'ordre de Léopold
sur la poitrine du vaillant et regretté ca-
potaine Bonneton. Celui-ci était âgé de
trente et un ans à peine. Ses états dei ser-
vice sont magnifiques et méritent d'être
rappelés. Engagé volontaire au 12" dra-
gons, en 1909. la guerre lei trouve sous-
officier. Blessé deux fois en 1914 d'ans son
arme, il passe à sa demande à l'infanterie.
En 1915, il est encore blessé deux fois et
nommé officier. Il repart au front et est
blessé pour la cinquième, puis la sixième
fois.
Rendu inapte au service par cette der-
nière blessure, il passe-en 1917 à l'aviation.
Il pilote en Roumanie et en Russie, puis
rentré en France passe à la 69" escadrille
de chasse. Il descend neuf avions et six
ballons, recueille treize citations à l'ordre
du jour de l'armée française.
La guerre finie, le héros part pour la
Pologne pendant les opérations devant
Varsovie. Rentré en. France, il se marie
en 1920; une petite fille lui était née en
avril de cette année. Le capitaine Bonneton
était officier de la Légion d'honneur, dé-
coré de nombreux ordres russes, polonais,
anglais et belges.
Scène tragique
Détail navrant : sa femme assistait à
l'accident qui devait, lui coûter la vie. Une
scène des plus émouvantes s'est produite à
ce propos dans le petit hangar de l'aéro-
gare, où fut tout d'abord transporté le
capitaine Bonncton, Deux médecins pro-
diguaient leurs soins au malheureux avia-
teur, quand une dame se présenta et se fit
connaître. Elle fit remarquer qu'elle avait
été ambulancière pendant la guerre, et,;
pénétrant dans la place, très calme, elle
assista les médecins, lavant elle-même les
plaies de son mari.
Elle supplia les médecins de lui dire
toute la vérité sur l'état du malheureux.
Ils ne répondirent pas, mais elle comprit.
« De grâce, ditvdlo, un prêtre. »
On avait remarqué un ecclésiastique
parmi les spectateurs. On se mit à sa re-
cherche et lorsqu'il fut près du glorieux
mourant, Mme Bonneton et lui récitèrent
des prières. Entre temps, le général Serot
Almeiras -Latour et un autre officier fran-
çais étaient -arrivés et furent témoins de
cette scène touchante.
Les funérailles du capitaine Bonneton
auront lieu mardi. Les officiers français
qui ont participé au meeting se sont réunis
pour monter la garde dans la chambre
mortuaire. — (Joul'nal.)
Les congrès du dimanche
Combattants et victimes de la guerre
TULLE, 25 juin. — M. de Lasteyrie. ministre
des finances, entouré des parlementaires du dé-
partement, a présidé le congrès des anciens
combattants et des victimes de là guerre. L'as-
sistance était nombreuse.
A l'issue du congrès, a eu lieu un banquet
et plusieurs discours ont été prononcés. Divers
vœux ont été présentés au ministre, relatifs no-
tamment à la majoration de la pension des or-
phelins de guerre, au cumul pour les veuves,
aux soins médicaux, etc. — (Journal.)
Chauffeurs et mécaniciens du P. L. M.
DJJON, 25 juin. — Réunis aujourd'hui, tes
membres de la fédération des chauffeurs et mé-,
caniciens du P.-L.-M. ont. discuté le statut du
personnel, la réglementation du travail, les re-
traites, les questions de sécurité publique, les
améliorations à adopter dans ce but, la sup-
pression des primes pour temps gagné, etc.,
etc. Enfin, la Fédération a pris l'engagement
do faire tout son possible pour obtenir la réin-
tégration des révoqués de 1920. - (Joumal.)
L'AFFAIRE DE CONTREBANDE D'ARMES
MARSEILLIÎ, 25 juin. — Des perquisitions ont
été i\'-.iles chez deux armuriers de Marseille.
Citez l'un, on a découvert deux fusils et vingt
pistolets automatiques importés de Belgique,
ainsi qu'une caisse vide de même provenance.
Chez l'autre, on a trouve. 255 pistolets automa-
tiques, 4 caisses scellées. avec chacune 20 pis-
tolels automatiques, 12 carabines, 12 fusils et
des chargeurs. Ces armes, exportées de Bel-
gique, ont été saisies.
BEVUE DE M PRESSE 1
Le meurtre du maréchal Wilson
menace d'ébranler le cabinet anglais
SUNDAY EXPRESS :
Les conséquences politiques possibles du
meurtre de sir Henry Wilson, tant en Irlande
qu'à Westminster, préoccupent tous les espris
et, font l'ohjet de spéculations vives et presque
désordonnées. Quand M. Chamberlain et M.
Shortt furent pris à partie, vendredi matin, l'at-
mosphère de la Chambre des communes était
tout à fait changée. Chacun semblait plein d'un
âpre ressentiment, non pas contre les assassins,
mais — c'est étrange à dire — contre le gou-
vernement. La séance de demain réserve des
difficultés au cabinet.
THE OBSERVER :
Les jours prochains s'annoncent comme som-
bres et troublés pour le gouvernement. Jamais
les consciences n'ont été tourmentées, les fidé-
lités parlementaires éprouvées de tant de fa-
çons à la fois. En temps narrnal, une seule des
questions qui se posent actuellement suffirait à
justifier des conjectures de crise ou de change-
ment. Avec la Chambre actuelle cependant, les
prévisions pessimistes ne sont pas de mise.
Devant le problème allemand
LE TEMPS :
« La République est en danger », a dit, hier,
le chancelier allemand. Nous attendions ces
mots et nous sommes heureux que M. Wirth ait
eu le courage de les prononcer. Nous aussi, en
apprenant l'assassinat de M. Rathenau, nous
avons eu l'impression que la République alle-
mande est en danger. Puisque le gouvernement
et le peuple allemand ont conscience du péril,
nous espérons qu'ils prendront l'ennemi corps à
corps.
Nous l'espérons, parce que le sort de la Répu-
blique allemande ne nous est pas indifférent. Il
est vrai que certains affectent de sourire quand
on leur dit qu'une Allemagne républicaine est
une voisine plus désirable qu'une Allemagne
monarchiste. Ceux-là oublient bien vite que la
France, pendant quarante-quatre ans, a revendi-
qué l'Alsace et la Lorraine au nom de la liberté.
Ils oublient que la France, pendant quatre ans
de guerre, a groupé autour d'elle les nations qui
veulent vivre libres. Quant à nous, nous ne
consentons pas à abandonner, après la victoire,
les principes qui ont aidé à vaincre.
*
LES DÊBATS :
Une conclusion s'impose : la France doit
avoir une politique allemande et les Alliés doi-
vent avoir une politique de réparations. Depuis
l'armistice les gouvernements français se per-
dent en hésitations sur le choix entre une Alle-
magne forte qui paierait (?) et une Allemagne
démocratique. Une Allemagne monarchique,
qu'elle soit impériale ou divisée en royaumes
prétendus autonomes, nous opposera toujours
des résistances qu'on ne pourra briser que par
la force. D'autre part, la démocratie allemande,
pour restaurer l'Etat sur des bases solides, doit
savoir que les Alliés sont résolus à obtenir jus-
tice ; et elle doit organiser en conséquence le
travail national. De même, à Londres et à Rome,
si l'on veut vraiment reconstituer l'Europe, il
faut se convaincre qu'il convient de s'occuper
des affaires d'Allemagne avant de rénover la
Russie.
En regardant passer l'empereur d'Annum
LA LIBERTÉ :
Le noble, l'émouvant paradoxe !
Un prince qui s'est mis, lui, sa famille et son
peuple, sous la protection de la France, qui
s'est- dépossédé entre ses mains d'une partie
de sa puissance, est accueilli par elle comme le
souverain d'un Etat libre. Quelques nuances
protocolaires, sans doute; marquent les diffé-
rences entre un monarque protégé et le cher
d'un royaume indépendant. Mais la foule ignore
ces subtibilités. Partout où elle fut hier en
contact avec S. M. Khaï Dinh, empereur d'Au-
nam, à son arrivée à la gare du Bois, sur la
tombe du Soldat inconnu, à l'Hôtel de Ville,
elle a fait montre du même affectueux res-
pect, de la métrai liesse courtoise dont elle sa-
lue les chefs d'Etat amis de la France: Vrai-
ment, pour qui n'aurait point su que le jeune
souverain gouverne sous notre tutelle son loin-
tain empire, il eût semblé qu'un prince très
puissant nous honorait de sa visite, et que ce
témoignage d'amitié faisait de nous ses obligés.
La renaissance religieuse en Russie
THE OUTLOOK :
- L'avenir immédiat des bolcheviki dépend do
quelque chose de plus grand, de plus profond,
de plus étrange que les trusts ou les politi-
ciens.
Les paysans ont voulu trouver la cause au
désastre qui les a frappés et cette cause ils
l'ont trouvée. La famine est le châtiment in-
fligé par Dieu pour le meurtre du tsar, son
vicaire sur terre. C'est le châtiment de leurs
blasphèmes, de la profanation- des sanctuaires,
du vol des pierres précieuses des icônes. Li
renaissance religieuse de la Hussie a commen-
cé lente d'abord, elle gagne chaque jour du
terrain ; elle est le soulèvement de l'âme muette
du pays. Les rues de Moscou, le dimanche et le
lundi de Pâques, étaient pleines de fidèles se
rendant à l'église ; toute la journée les clo-
ches sonnèrent, car Je dimanche de Pâques
tous les fidèles peuvent sonner les cloches. De-
vant chaque sanctuaire, la foule attendait pour
voir les saintes icônes. Les passants se sa-
luaient comme autrefois ; « Le Christ est res-
suscité ! »
Ce dimanche-là, le peuple songeait aux jours
d anlan « quand Nicolas vivait et que nous
avions du pain ». Qui sait jusqu'où ira cet
ébranlement de l'âme populaire ? Aucune auto-
rité n'est de taille à s v opposer ; les confisca-
tions récentes des biens ecclésiastiques et les
mauvais traitements infligés au patriarche
Tikhon ne feront que précipiter les choses.
Devant des mouvements de ce genre, il est.
vain d'écrire sur les murs : « La religion est
1 opium du peuple. D'autres paroles s'écrivent
actuellement sur les murs ; la doctrine de
Marx, du déterminisme matériel, ne peut ré-
sister aux sentiments religieux de cent millions
de paysans.
UNE AFFAIRE DELICATE
Une plainte, qui aurait été déposée il y a quel-
ques semaines, par une personne, une artiste,
qui désire d'ailleurs conserver l'anonymat, con-
tre M. E. G., industriel, âgé d'une quarantaine
d'années et demeurant à Passy, a abouti, hier
soir, à hi saisie des livres de comptabilité et
de nombreux documents appartenant à M. G.
Le juge d'instruction commis, M. Laroquc. a
lancé contre l'industriel un mandat d'amener.
On sait déjà que la plaignante, Mme X.,
aurait prête à l'industriel, par contrat, une
somme approximative de 800.000 francs, la-
quelle était destinée à l'achat d'une concession
de sources minérales.
Pour des raisons encore mal établies, l'affaire
échoua, bien que plusieurs centaines de mille
francs aient été dépensés pour en. assurer la
réussite.
Le juge d'instruction a convoqué M. fi.
qui sera tenu d'expliquer de quelle façon ont
été employées les sommes disparues.
Allemands indésirables
GRENOBLE, 25 juin. — Un cirque de Marseille
avait amené avec lui un personnel nombreux
et hétéroclite comprenant vingt-deux Allemands.
Ceux-ci formaient un groupe qui entendait dic-
ter des ordres à la direction elle-même, et des
conflits s'étaient déjà produits ces derniers jours.
Hier soir, au moment où la représentation
allait commencer, de nouveaux incidents se pro-
duisirent. Le directeur, M. Debrav de Paris,
dut faire appel à la police. La rcp éscntntion
fut supprimée. Les Allemands fmcn;, invités à
regagner la frontière, mais un certain nombre
d'enlre eux sont restés à Grenoble, car ils ont
exhibé des papiers d'après lesquels ils auraient
la nationalité tchéco-slovaque. — (ll'!(iio.)
NOUVELLES BREVES
DEPARTEMENTS. - L'auto de M. TerrlCT, négo-
ciant a Annecy, s'engage au milieu d'un troupeau
de vaches. La voiture est endommagée et deux va-
ches sont tuées.
— Les mineurs de Saint-Etienne, au cours d'une
réunion, adopteur un ordre du jour en faveur des
grévistes du Vimeu et protestent contre l'impôt sur
les salaires.
- De forts oiafecs ont éclaté dans les Basses-
Alpes et le Var, accompagnés de grêle.
- Une jeune femme de vingt ans, dont on ignore
l'identité, se précipite, à Strasbourg, de la plate-
forme de la cathédrale et s'écrase sur le sol.
— Du vapeur Jeannc-et-Uenevlève débarquent à
Toulon les époux Chilouet. autours d'un vol rte
(iIlO.OOn francs dans un eoinpolr parisien et arrêtés
on Grèce.
- (iii inaugure solennellement à Eu, un monu-
ment élevé à .a mémoire des 107 enfants de ia ville
morts pour la France.
— Le congrès dos chasseurs du Midi émet deux
vieux, l'un sur la protection des oiseaux, l'autre
«pur la création d'une confédération régionale.
LA TEMPERATURE
Situation générale le• 25 juin, à 7 heures- — La
dépression d'Irlande couvre la mer du Nord, —
0 mm., s'étendant sur France, Allemagne, Une
autre apparalt en Islande, tandis .qu'une faible
hausse + 3 mm. a lieu en Pologne, s'étendant Bal-
tique, Laponie. A Paris, 760 mm. Maximum 766 mm.
La Corogne ; 771 mm. Açores.
Les vents sont modérés d'ouest sur la Manche,
nord-ouest Bretagne, faibles Océan, variables Gas-
cogne, Méditerranée.
Les maxima de la veille ont été de + 20° à Paris,
Orléans, Limoges, Dunkerque, 22° Metz, 23" Stras-
bourg, Dijon, Bayonne ; 25° Perpignan, 26° Nice.
27° Bordeaux, 290 Cette. 19° Le Havre, 16° Calais.
Minima de + 11° Paris, Le Havre, Brest, Metz, 12"
Strasbourg, 15° Nice, Marseille, 17° Perpignan, 10°
Bordeaux, Argentan, Limoges, 9° Clermont, Orléans,
Rennes et Dijon.
Pluies à 7 Meures : traces à Paris, Orléans, Brest,
1 mm. Le Havre, Nice, 3 mm. Cherbourg, Dun-
kerque, 4 mm. Calais, 6 mm. Ouessant. Ce matin,
quelques pluies dans l'ouest et le sud.
Prévisions jusqu'au 26 juin au soir. — Etat du
ciel : moitié Est, ciel très nuageux à éclalrcies et
averses, se couvrant, avec quelques pluies dans
la journée ; moitié Ouest, pluies ou brumes, sui-
vies d'éclaircies et averses.
Température : léger refroidissement. A Paris,
maximum + 16 degrés.
Un employé de la gare du Bourget
tué par des pilleurs de trains
Deux employés de la gare de la Plaine Sâint-
Denis, MM. Bourson et Benoît, procédaient,
hier après-midi, à la vérification d'un train de
marchandises arrivé du Bourget, à 14 h. 30,
quand ils aperçurent un filet de so OIg qui, fil-
trant sous la porte, ruisselait sur le marchepied
d'un wagon. Il y avait également du sang à la
serrure où pendait, retenu pat- une ligature
que fixaient deux plombs, un cadenas fracturé.
Ils prévinrent le sous-chef de gare, M. Auriot.
L'on fit, sauter les plombs de la fennfturc, et le
wagon, qui contenait un mobilier appartenant
à la maison Charcot, 37, rue des Acacias, à
Paris, fut ouvert. Près de la porte, un homme
était adossé, sans connaissance, la tête et les
vêtements couverts de sang, les msins tailla-
dées.
« Mais c'est Bled », s'écria M. Bourson, qui
venait de reconnaître dans le bles-é J'un des
agents de surveillance de la gare du Bourget.
Le malheureux, qui respirait encore, portait
derrière le crâne des plaies profondes et larges,
et, sur le corps, plusieurs blessuiv? qui scm-
blaient dues à des coups de couteau. On le
transporta d'urgence à l'hôpital Lariboisière, en
même temps que l'on avisait la police.
De l'enquête ouverte aussitôt, et conduite
sur place par MM. Faralicq, commissaire • k la
police judiciaire, et Laroque, juge d'instruc-
tion, il semble résulter que l'on se trouve encore
en présence d'un crime imputable h des pilleurs
de trains. Le blessé était bien un surveillant
de la gare du Bourget. Eugène-Loui; Bled, âgé
de trente-deux ans. et demeurant 27, rue de
Guingamp, à Levallois. L'altentat dont 11 fut
victime a été commis au Bourget, où le wagon,
qui venait d'Andelot (Jura), était, gacé pendant
la nuit de samedi, en attendant d'être expédié
hier, à 2 h. 10, sur la gare de la Pleine Saint-
Denis. On suppose que M. Bled est tombé sous
les coups de malfaiteurs qu'il surprît au cours
d'une ronde. Des traces de lutte ont été relevées
à l'endroit même où le wagon a stationné. L'at-
tentat a dû être commis entre 9 heures et demie
du matin et 14 heures, Bled ayant été vu. à
9 heures et demie, au Bourget, dans le hall des
marchandises, et le wagon ayant été plombé fi
H heures par un employé, qui avait constaté,
au moment, du départ pour Paris que le cade-
nas était fracturé. Après s'être débarrassé du
surveillant, en l'assommant, croit-on, a l'aide
d'une pierre, et en le frappant à co'ms de cou-
teau, ses agresseurs l'avaient jeté dans le wa-
gon, puis avaient refermé la porte. L'éloigne-
ment des lieux où le drame s'est déroulé expli-
que que personne n'ait perçu, ni ie bruit de
la lutte, ni les cris d'appel que. certainement,
la victime a dû pousser. On a retrouvé sur la
voie de garage un crayon auquel adhéraient
des cheveux ensanglantés.
M. Bled, qui était dans le coma sn moment
de son admission h l'hôpital Laribois.f'-re, a suc-
combé, hier soir, sans avoir pu prononcer une
nnrole.
NOUVELLES DIVERSES
Gate à l'escroc! - Les vingtième et onzième
arrondissements sont en ce. niomeni: visités par
un aigrefin, qui a déjà fait un certain nombre
de dupes.
Très bien renseigné, cet individu se présente
chez les personnes qui ont des parents voya-
geant en avion. Il dit se nommer el;; rronval. et
appartenir comme pilote à la premi-ve escadrille
du Bourget. Puis il annonce un accident dont
un parent, de son hôte aurait été victime. Il se
fait remettre des sommes variab'e.- destinées,
dit-il, aux frais de transports ct de soins, les
bagages du blessé ayant été détruits.
M. Gauthier, commissaire de polii.-,, recherche
cet escroc qui répond au signalement suivant :
brun, de taille moyenne, environ tuÕntc ans,
teint maladif et petite moustache à l'améri-
caine. Il est toujours très bien mi,.
« Margot la tatouée » cl son « homme ». —
La police judiciaire recherchait depuis quelque
temps un repris Vie justice dangereux récem-
ment libéré de dix ans de travaux publics - S,i
douzième condamnation — et actuellement in-
terdit de séjour. Professionnel de l'attaque noc-
turntJ, Eugène Mursch, dit « Gégène Il, âgé de
trente-cinq ans. se logeait dans les hôtels bor-
gnes de la Villette en compagnie de sa maî-
tresœ, la fille Marguerite Dclessart. rlile « Mar-
got la tatouée », de cinq ans plus jeune. La
nuit, « Gégène » assommait et dévalisait les
passants que Margot, renconirail. sur les boule-
vards extérieurs et qu'elle attirait dans les en-
droits obscurs et propices aux marnais, coups.
C'est ainsi que fut attaqué, la nuit dernière,
M. Franç" ois Rieih, tailleur, qui rentrant chez
lui, rue de Ménilmontant, avait teu le tort
d'écouter la rôdeuse. Fort heureusement pour
lui, le brigadier Louis, accompagné des inspec-
teurs Donez et lluet, de la police judiciaire,
veillaient à proximité. Aussi lorsque « Gcgenc »
apparut. derrière le couple, il fut rapidement
ceinturé au moment où il allait frapper sa nou-
velle victime.
A M. Martel, commissaire de police, qui l'in-
terrogeait, le bandit avoua cyniquement, que
chaque soir « il descendait jll-'\lj1('Ü quatre pan-
ier, » que lui amenait Margot. Col 1 e dernière,
qui doit son surnom aux nombreux tatouages
qu'elle a sur le corps, porle sur un visage tu-
méfié les marques des brutalités de son sinistre
maître. Ce couple vérilablemcnt indésirable est
hébergé maintenant, à la « Tour pointue a.
Enfant martyre. — Le commissaire de police
du quartier Saint-Fargeau, informé par des
voisins indignés, s'est rendu hier après-midi
chez les époux BOilier, rue Hisson. Il y a cons-
1 a Lé la présence d'un malheureux garçonnet,
René. Ducrcux, six ans, fils issu d'un premier
mariage de Mme Hoiticr. L'enfant était aliacii.ï
au lit, les bras ramenés et liés en arrière. 11
parait que ses parenls le laissaient dans celte
position des journées entières. IIi 01, ils étaient
en effet absents et se promenaient à la fête
de Belleville tandis que le pauvre gosse se mor-
fondait. Le petit René a été envoyé à l'Assistan-
ce publique. Les époux Boitier seront poursuivis.
Le mauvais locataire. — A la suite d'une série
de vols dont étaient victimes les locataires d'un
hôtel, du boulevard Richard-Lenoir, une sur-
veillance établie par M. Pêne, commissaire ae
police, a fait découvrir le voleur.
C'était un des locataires de la maison, qui,
pour délourner les soupçons, avait été jus-
qu'à simuler dans sa chambre un cambriolage.
Au cours de l'enguêle du magistrat on dé-
couvrit qu'en outre le voleur de l'hôtel, un Amé-
ricain. Thomas Taperson, trenlc-dcux ans, dessi-
nateur, avait dérobé à son patron du matériel et
des outils pour plusieurs milliers de francs.
11 a été envoyé au Dépôt par M. Pêne, qui
l'a inculpé aussi d'infraction à la loi bur les
étrangers.
— Le jeune Teiant do la Tour, ûSf de tiour ans,
demeurant riiez sa mère, o, squ.u'e Latuur-.Maiibuurs,
a été renversé, vers 5 heures, par un taxi ei trans-
porté chez lui. Son état est grave. Le Taxi vtait
conduit par le chaulTcur Antoine cure, demeurant
9, rue du Gros-Caillou. Une enquète est ouverte par
le commissaire de police du quartier des Invalides.
— .Aime Caroline MaltreT, journalière, às'ée de
clnc]iiaute_sj ans, avenue Philippe-Auguste, est dé-
cédée hier, ù l'hôpital Sailli-Antoine, des suites de
brûlures reçues au cours d'un commencement d'in-
cendie qui s'était déclaré dans sa chambre.
— Craignant la paralysie générale, Camille Roger,
âgé (le soixante-huit ans, s'est donné la mort en su
jetant par la fenêtre de la chambre qu'il occupait,
au troisième étage, 310, .l'ue fit! Belleville.
— Vers lô heures, en l'aee du n" \il du quai
des Célestins, un jeune homme de quinze, ans envi-
ron, qui péchait à bord d'une 'péniche,-'est tombé
dans la Seine et n'a pu être repêché. Le disparu
est de taille moyenne, vêtu d'un costume gels
foncé, coilTé d'une casquette il carreaux.
— Une autolllobile, conduite Iril, son propriétaire,
M. Lévy, de Hois-Colombes, a Jieurté et renversé
hier soir, à 7 heures, avenue Trudaine, la petite
Yvonne Chapelle, neuf ans, dont les parents (Ie-
meurent 71, rue de Dunkerque. La victime a été
transportée dans un état grave à l'hôpital Breton-
IlPall. M. Pruvost, commissaire du quartier Roclle-
cliouart, a ouvert une enquête.
DERNIERE HEURE SPORTIVE
AUTOMOBILE
ie concours d'estafettes. — LE MANS, 25 ju4n. -
En organisant le concours d'estafettes automobiles
qui, aujourd'hui, a relié Paris avec 11 départements
et 4.203 communes, l'Automobile-Club de- l'Ouest cu-
tendait prouver que, dès maintenant, l'automobile
pouvait suppléer à tous autres moyens de commu-
nication. Cette épreuve nouvelle a pleinement réuss-..
Elle est le prélude d'autres organisations iv'-j lar.
ges encore, car le club de l'Ouest veut arriver à
démontrer que Paris pourrait eu un seul jour, en
employant seulement l'automobile, être relié à tou-
tes les communes' de France. Ce sera l'œuvre de
demain. VoicI le vainqueur par département :
Sarthe : Mme Beno st. — Eure-et-Loir : rArmao-
eourt. — Loir-et-Cher : Chevallier. - Calvados :
Frocourt. — J\lalne-ehLolre : Oerrue. — Mayenne :
Prie. — nie.M-Vjlainc : Fortier. — Indre-et-Loire :
Van Deirt. — Orne : Leloup. — Vienne : Raymond.
— Loire-Inférieure: Dupuy.
Classement général : 1. Frocourt, sur Peugeot,
40 communes desservies; 2 d'Armancourt, 27 com-
munes desservies; 3. Leloup, 18 communes desser-
vies (tous ces concurrents avec 0 seconde d'écart);
4. Berruc, écart 1 s., 16 communes desservies; 5.
Mme Benoist, écart 1 s.. etc. — (Journal.)
Le kilomètre lancé à Lynn. - Le meilleur temps
a été fait par Th .mas, sur Delage de plus de 5 litres
de cylindrée :.1S sec. 4/5, soit à une moyenne, de
1U1 kil. 500. Reville, sur Ballot 3 litres, a fait
20 sec. 1/5, soit 178 kll. ?20 à Ilhetire. Mme Généraux
(2 litres Ballot) vient epsuitc avec 29 sec. 2/5, soit
122 kil. 450 à l'heure.
La course de côte de Cayresle, organisée par ia
chambre syndicale d- l'automobile de Marseille, sur
la classique côte de 6 kil. 500 à 7 0/0, comprenant
52 virages, a été remportée par Bablot, sur Voisin,
à 59 kil. 600 de moyenne.
ATHLETISME
Les critériums parisiens de 28 catégorie. — Ces
épreuves, dont l'initiative revient à la Ligue pari-
sienne d'athlétisme, ont réuni plus de 800 concur-
sienne
rents. En voici les résultats :
110 m. haies ; 1. Migaud (ASPTT), 17 sec.; 2. Dudet
(CASG); 3. Dhur; 4. Duvernois.
800 m. plat : 1. Baraton (MC;, 2 m. 1 s. 4/5;
2. Wiriath (CA 141,*), à 10 mètres; 3. Villeneuve;
4. Hostetter.
100 m. plat : 1. Conangle (VGA), Il s. 4/5; 2. Cot.
tenler (SF); 3. Mainville; 4. Biondcl.
400 m. plat : 1. Bernier (MC), 51 s. 4/5; 2. Lejeune
(ASPTT); 3. Masson.
Saut en hauteur avec élan : 1. petit (SF), 1 m. 70;
2. Hallier (SAM), 1 m. 68; 3. Marchand, 1 m. 68;
4. Dupire, 1 m. 05.
Saut en longueur avec élan : 1. Dubois (SF),
6 m. 425; 2. Vaquette (CA He), 6 m. 145; 3. ensem-
ble Pinson, Lefranc, 6 m. 10.
5.000 m. plat (70 partants) : 1. Hervoin (ASA),
16 m. Il s.; 2. Brasseur (CASG), 16 m. "33 s. 2/5;
3. Fabre, 16 m. 08 s..3/5; 4. Simon.
Saut à la perche : 1. Dimont (SF), 3 m. 12 ;
2. ensemble Chaignon et Buchon, 3 m. 3.
Lancement du poids : 1. Delfosse (CASG), 10 m. 59;
2. Bally (MC), 10 m. 47; 3. Poulain, 10 m. 21.
400 m. haies : 1. Jacques (CASG), 1 m. 1 s. 4/5;
2. Bruyère (CASG), 1 m. 3 s. 3/5; 3. Desaint (CASG);
4. Melger.
200 ni. plat : 1. Fritz (CASG). 23 s. 2/5; i. de
Chambure (SF); 3. Conangle; 4. Barrant.
1 500 m. plat : 1. Sourdin (SF), 4 m. 13 s. 3/5;
2. Picard (MC) ; 3. Baraton; 4. Wiriath.
Javelot : 1. Buchon (SF). 41 m. 70; 2. Ratadssay
(CA He), 38 m. 90; 3. Blanquine, .38 m. 11.
Lancement uu disque : 1. Cassel (0), 31 m. S;
2. Feuillet (MC), 28 m. 38; 3. Cette. 28 m. 11.
10 kilomètres : 1. Desfour (MCI, 34 m. 4 s. 2/5;
2. Henri (VSX); 3. Demorivalle; 4. I». Demorivalle.
400 m. relais : 1. Stade Français, 44 s. 2/5;
2. CASG; 3. Neuilly; 4. Métro.
1.000 m. relais : 1. Métro; 2. Neuilly; 3. Stade
Français.
Classement général : 1. Stade Français, 26 pts 1/8;
2. CASG, 21 pts 1/2; 3. Métro, 21 pts; 4. CA 14e, 6 p.;
5. ASPTT, 5 pts.
SPORTS FEMININS
Les championnats de France d'athlétisme. — Org-a-
nisés sur le terrain du Métro,, à colombes, par la
Fédération féminine de France. Résultats :
Poids (deux mains additionnées): 1. Mme Gouraud-
Morlss, (O.), 17 m. 33 (record de France battu, an..
cien par la même avec 16 m. 91); 2. Mlle Noepel
(Alsace), 14 m. 32; 3. Mlle Marnerais (Caen), 13 m. 72.
Le record de France de la main droite est battu
par Mme Gouraul-Moriss avec 9 m. 42.
80 m. : 1. Mlle Beunis (X.S.), 10 s. 4/5 (record
de France égalé).; 2. Mlle Prost (R.C.F.); 3. Mlle
Gamet (L.O.).
Manieur avec é.an : 1. Mlio Maugars (F.S.), 1 m.39;
2. ex aequo : Mlles Braquemont et Guillier, 1 m. 385.
83 m. haies : 1. Mlle Beunis (.S.), 13 s. 4/5 (record
de France égalé; ; 2 Mlle Th. Laloz; 3. Mlle Dela-
pierre.
Javelot (deux mains additionnées) 1. Mme Gou-
raud-Moriss, 34 m. 90; 2. Vandamme, 32 m. 24;
3. Stekelornn; 4. Lejeuue.
250 m. plat : 1. Mlles de Croze, 37 s.; 2; Da-rreau;
3. Beun; 4. Halot.
Saut en longueur : Mlles Maugars, 4 m. 77 (record
de France battu).
PELOTE BASQUE
Les championnats de Paris. — Résultats des deux
matches disputés dimanche au fronton Ile la porté
de Chàtillon : à mains nues, S.C.U.P. bat A.S.P.T.T.
*
par 45 à 30; à chistera, S.A.M, bat Réveil Basco-
Béarnals par fit) à 46.
La Fédération organlse un grand match à chistera entre deux équipes sé-
lectionnées de Paris et du Pays basque.
NATATION
Pouilley s'entraîne. — Le nageur Pouilley, qui
veut tenter prochainement la traversée de la Man-
che, réussie en i878 par le capitaine NVebb et re- -
nouvelée en 1UII par Burgess, vient de parcourir
à la nage 27 kilomètres 200 mètres en 9 h. 49 min. -
Parti samedi matin à 8 heures, en Seine, du pont
de Gressy-Souilley, malgré up froid assez vif et
la-température assez basse de l'eau, Pouitiey.pt.
gulièrement contrôlé et d'ailleurs suivi sur lei'
berges par de nombreux sportsmen qui acclamaient
le nageur et l'encourageaient, arrivait à 17 ù. 41
aux l'ortmcations de Paris. Cette belle performance
fait espérer que la tentatlvp que compte Taire l'ex-
cellent nageur sera couronnée de sticcùs.
Le brevet fi'.j lIdnx, - Distance. 0 kilomètres,
17 parlants et 9 arrivants : 1. t:harpcntier, 1 h. 55;
:1. oirsal. 1 li. 59; 3. Baballt, 4 Dupont, 5. Jobanson.
0. Barbier, 7. Collet, 8. Rolland, 9. Lamarq.
BASKET-BALL
Le Championnat de France. - Finale : J.C.A.M.
bat rréllleries du Havre par 16 points à 14.
LONGUE PAUME
Paris contre la Province. — Ce match, qui s'est
dérouléi dans Je jardin du Luxombourg. est revenu
à la Province sur Paris par 3 jeux à 2. Une autre
rencontre entre Amiens et Paris a donné la vie-
toire à Amiens sur Paris par 6 jeux à 2 en seconde
catéTorie, et à Paris sur Amiens par 6 jeux a' S
en première catégorie.
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IK. EYQUEIW, Ht » M ilem". Paftl3
LE JOURNAL
3
Dernière Heure
LE REICHSTAG A DISCUTÉ HIER
les ordonnances de défense républicaine
« L'ennemi, c'est la droite », s'écrie le chancelier Wirth
qui a reçu des lettres de menaces
R BERLIN, 25 juin. — Le Reichstag a siégé
aujourd'hui pour discuter la communica-
tion du gouvernement relative aux nouvel-
les ordonnances. A l'intérieur de l'hémicy-
cle, l'agitation qui y régnait hier ne s'était
pas encore calmée. Les indépendants trou-
vaient que les décrets gouvernementaux
n'étaient pas assez sévères et qu'il fallait
faire franchement front contre la réaction.
Les partis de gauche ont stigmatisé dans
de nombreuses déclarations l'attentat et
l'attitude de la réaction. A la suite de l'in-
tervention des socialistes, majoritaires, des
négociations ont été engagées avec le parti
'indépendant en vue d'amener ce dernier à
participer* au gouvernement. On ne croit
cependant pas que l'accord pourra se faire,
les exigences des minoritaires paraissant
inacceptables aux démocrates et aux cen-
tristes.
Le député majoritaire Otto Wells a fait,
cet après-midi, d'importantes révélations
concernant les menées monarchistes. Après
avoir prononcé un violent réquisitoire
contre M. Helfferich, dont il demanda
l'éloignement de la yie parlementaire,
l'orateur a dit :
Personne n'a compris en Allemagne pourquoi
Killinger avait été acquitté par la cour d'Offen-
burg. Mais il faut que l'on sache que le procu-
burg. d'Etat avait refusé d'entendre l'inspecteur
reur
de police qui avait découvert la piste de Killin-
irer. Notre patience est à bout. Pour tous ceux
qui pourraient douter que les assassins de Wal-
ther Rathenau se recrutent parmi le parti natio-
nal, je vais donner lecture d'un rapport reçu
dernièrement par le ministre prussien de l'in-
térieur. Voici ce rapport :
« Dans toutes les villes (l'Allemagne ont été
»■ créées des centrales d'assassinats. Ces cen-
»: trales cherchent en ce moment des hommes
» qui accepteraient de débarrasser le pays des
» membres du gouvernement répubJicain., Le 3
» mai dernier, le lieutenant Henri Tiliessen,
» frère de l'assassin d'Erzberger, a recruté un
o- nouvel agent auquel il a donné pour instruc-
* tions d'user de tous les moyens pour provo-
» quer la classe ouvrière afin que celle-ci dé-
» clenche une grève générale qui susciterait
.: une répression. Cette répression serait con-
» duite par la Reichswehr qui est complète-
ment entre les mains des monarchistes.
L'agent ayant demandé ce qu'il entendait par
» provocation, Tillessen lui mit sous le nez la
» photographie de son frère et dit : « C'est
» mon petit frère ; il a démoli le premier co-
» chon de l'empire. » Le nouvel agent reçut
» l'ordre de se rendre à Munich. On lui donna
» à cet effet outre son billet de chemin de fer,
» 2,000 marks. Il arriva à Munich le 5 mai et
» fut conduit par le capitaine de frégate Hoff-
» mann chez un certain Schulz, 2. rue Fran-
» çois-Joseph, où il reçut une nouvelle -provi-
» sion de 2,000 marks. Schulz est le chef d'une
sous-commission de l'organisation Consul. Le
» capitaine de frégate expliqua à l'agent que
» te meilleur moyen de travailler pour la mo-
» narchie était de tuer les chefs républicains.
» Erzberger était déjà mort. C'était maintenant
»■ le tour de Rathenau et de Scheidemann. Le 27
» mai, l'agent reçut l'ordre de se rendre à Berlin
» où il se rencontra dans un restaurant avec un
» personnage dont il ne connaissait pas le nom.
» Il accompagna ce personnage à Cassel pour
» y faire une enquête. »
Otto Wells a conclu en exprimant sa
conviction que ce personnage inconnu est
l'assassin de M. Rathenau.
M. Marx, au nom du centre; démode une
ligne de séparation bien nette : d'un côté
les républicains, de l'autre côté les autres.
Quiconque est l'ennemi de la Constitution,
déclare-t-il, doit le dire ouvertement, mais alors
il sera aussi l'ennemi du peuple allemand. (Ap-
plaudissements prolongés de la majorité.) Le
centre approuve, à l'unanimité, le gouverne-
ment et les ordonnances du président d'empire.
Les fêtes de régiment sont, en considération de
l'étranger, des actes criminels et antinatio-
naux. au pire sens du mot. Si la haine du
peuple français est si grande à notre égard,
la faute en est pour beaucoup à ces messieurs
de la droite. Je dirai aussi aux Alliés qu'ils fe-
raient mieux, dans leur propre intérêt, de s'en-
gager enfin dans une voie plus conciliante.
M. Cristien, socialiste indépendant, de-
mande une épuration rigoureuse de la
reichswehr et de la police de sûreté et
annonce que les ouvriers sauront tenir la
main à ce que le gouvernement fasse son
devoir.
Discours du chancelier
Le chancelier Wirth prend la parole et,
dès les premiers mots, rend le parti natio-
naliste responsable de la situation troublée
dans laquelle se trouve le pays.
Grâce à ce parti, dit-il, on est arrivé en Alle-
magne à des mœurs de brutes en matière po-
litique. Mme Erzberger, qui a perdu. son mari,
son fils et une fille, a reçu une lettre lui annon-
çant qu'on souillerait la tombe de son mari.
Moi-même, j'ai reçu une lettre portant cetie
date : « Jour de l'exécution de Rathenau. » Il
y est. dit : « Que la dure fatalité suive sort
cours pour le bien de la patrie. »
-Je répète ce que j'ai déjà dit : « Le jour de
la lutte décisive, notre devoir nous conduira du
côté des grandes masses du peuple qui tra-
vaille. »
M. Wirth reproche ensuite aux gouver-
nement alliés les humiliations infligées à
l'Allemagne démocratique, surtout le par-
tage de la Haute-Silésie, et aussi le régime
d'occupation de la Sarre et des pays rhé-
nans.
1 Et le chancelier, après avoir dit qu'il
continuera d'essayer de discuter les grands
problèmes avec les éléments modérés du
peuple français, conclut par ces mots :
« Il n'y a aucun doute : l'ennemi, c'est la
droite 1 » -
Imposante manifestation
BERLIN, 25 juin. — Deux cent mille ou-
vriers ont protesté, ce matin, devant le
château impérial, sur l'avenue des Tjlleuls,
contre l'assassinat du ministre Rathenau.
Tous les partis socialistes, les seuls sou-
tiens véritables de cette république bran-
lante et 'infestée de monarchisme, étaient
représentés à cette imposante manifesta-
tion, au cours de laquelle dix-huit orateurs
ont pris simultanément la parole, pour
stigmatiser l'odieux attentat d'hier. Tous
ont juré que la réaction allait trouver
maintenant à qui parler et 'affirmé que, s'il
le fallait, la classe ouvrière saurait dé-
endre la République, les armes à la main.
fendre la
C'est exactement ce qu'on avait déjà promis
voici un an, lors du meurtre de Mathias
Erzberger.
Nous avons cependant entendu ce matin
un orateur raconter, au milieu de la stupé-
faction générale, que le général von Seeckt,
chef du grand état-major général impé-
rial, avait écrit dernièrement au ministre
prussien de l'intérieur Severing, qui,, dans
un discours, s'était élevé contre les dé-
monstrations d'Hindcnburg à Kœnigsberg,
pour le prier de bien vouloir s'abstenir, à
l'avenir, de toute sortie autant contre le
maréchal que contre la reichswehr.
L'enquête sur le crime
L'enquête ouverte par la police n'avance
que très lentement. Différents témoignages
de témoins oculaires ont été entendus. Le
plus important paraît être celui qu'a fait
un garde forestier de Potsdam, qui a vu
les assassins de près et a pu distinguer
exactement leurs traits. Il s'agit, comme on
l'a déjà expliqué hier, de r!cax jeu:r?s gens
,0 vingt-cinq ans environ, qui avaient
revêtu des vestes de cuir comme en por-
tent les aviateurs et dont les lunettes d'au-
tomobilistes, toutes neuves aux dires du
garde forestier, avaient des verres noirs.
L'un d'es assassins était resté dans la
voiture. Le deuxième s'était posté dans les
environs de la villa du Dr Rathenau,
dont il guettait la sortie. Lorsque le mi-
nistre parut, cet individu courut rejoin-
dre son camarade, et l'automobile, dont le
moteur n'avait pas cessé de tourner, suivit
celle du Dr Rathenau. C'est alors que sé-
rait entrée en scène, d'après une autre
version, une deuxième voiture qui, au coin
d'une rue voisine, aurait barré la route.au
véhicule ministériel. Le chauffeur du mi-
nistre stoppa et c'est à ce moment que,
rejoint par la voiture qu'occupaient les
band'its, la ministre tomba sous leurs
coups. Les deux voitures prirent la fuite
dans la direction de Potsdam. Celle où se
trouvaient les assassins était un double
phaéton, de couleur sombre, à six places.
D'après les initiales du numéro de police,
il semble que cette voiture soit venue de
Hambourg, mais c'est probablement là une
feinte destinée à mettre les autorités sur
une fausse piste. Les assassins ont fait
usage de pistolets automatiques dits « pa-
rabellum ».
Les mesures exceptionnelles décrétées
par le gouvernement ont déjà reçu partout
un commencement d'exécution. — G. BLUN.
Un Français assailli et dévalisé à Berlin
BERLIN, 25 juin. — Dans la nuit de vendredi
à samedi un Français, M. Gavard, secrétaire du
bureau de liquidation du matériel de guerre, a
été assailli par plusieurs individus.
Un ouvrier qui, à l'approche des agents de
police, s'empressait auprès de la victime, a été
arrêté comme soupçonné d'avoir pris part à
l'agression.
M. Gavard a constaté la disparition de son
portefeuille contenant 10,000 marks. Il a dû, en
raison de son état, être transporté dans une
maison de santé. — (Ilavas.)
L'assassinat du maréchal Wilson
ArrivéeàLondres du maréchalFoch
LONDRES, 25 juin. — Le maréchal Foch,
accompagné des généraux Weygand, Nivelle
et Hergault, est arrivé ce soir, à Londres,
pour les obsèques du maréchal Wilson. Il
a été reçu à la gare par le général comte
Cavan, chef- de l'état-major général bri-
tannique.
On annonce ce soir que lady Wilson
ayant renoncé à son opposition, M. Lloyd
George et la majorité des membres du ca-
binet assisteront demain au service funè-
bre célébré à la cathédrale de Saint-Paul.
Le débat de l'après-midi aux Communes
est toujours attendu avec anxiété par les
partisans du gouvernement. Il sera ouvert
par M. Churchill qui exposera le point de
vue du cabinet. Les interpellations sui-
vront, auxquelles le premier ministre et
M. Shprtt, ministre de l'intérieur, répon-
dront. M. Chamberlain enfin prononcera le
discours précédant le scrutin, s4 l'opposi-
tion persiste à en réclamer un. La presse
de ce matin, et notamment ie 8unday
Express, estime que le départ du ministre
dei l'intérieur s'impose. — {Journal.)
Un sermon de M. Lloyd George
LONDRES, 25 juin. — M. Lloyd George a
prononcé, cet après-midi, dans une cha-
pelle galloise de la secte baptiste, une allo-
cution qui tient à la fois du sermon et du
discours politique.
Le Dr Rathenau, a-t-il dit, était un des mi-
nistres les plus habiles de l'Europe. i; faisait de
son mieux pour rétablir les bon no-: relations
entre son pays et les nations oulragérs par l'Al-
lemagne. Il y travaillait de son mieux, et c'est
pour cela qu'il a été assassiné. Je ne puis qu'ex-
primer la plus profonde horreur fit,, ce crime,
et j'espère que l'Allemagne ne souffrira pas du
mal que les meurtriers ont inlligé à leur propre
pays par cette monstrueuse attaque contre un
des plus distingués de leurs concitoyens.
Passant à la question de l'admission de
l'Allemagne à la Société des nations, le
premier ministre, après avoir dit qu'intro-
duire dans la Société des nations des peu-
ples hypocritement pacifiques serait « les
amener pour manœuvrer à la meilleure
position en vue d'une guerre », déclare que
le gouvernement britannique voterait pour
l'admission de l'Allemagne, si pareille
demande était faite. - {Journal.)
La Conférence de La Haye
LA HAYE, 25 juin. — La délégation so-
viétique, qui devait arriver hier soir à La
Haye, a été retenue à, Berlin, par une con-
versation avec Tehitchérine. Elle arrivera
demain lundi à midi par train ordinaire,
mais en wagons spéciaux, à la gare de
Scheveningue, et gagnera immédiatement
l'hôtel d'Orange où des appartements lui
ont été réservés. L'hôtel a reçu une garde
-spéciale de police de sûreté.
C'est vraisemblablement mercredi que
les premiers contacts pourront être établis
entre les sous-commissions russe et non-
russe. — (Havas.)
Le vote de l'Irlande
DUBLIN, 25 juin. — Voici la position finale
des partis, maintenant que tous les résultats
des élections irlandaises sont connus : coalition-
nistes, en faveur du traité anglo-irlindais, ^8;
républicains, opposés au traité, 3G; travaillistes,
17; indépendants et agrariens, 17. Au total, 128.
La plupart des travaillistes, des indépendants
et des agrariens sont en faveur du traité.
Balles perdues
BELFAST, 25 juin. — Une balle perdue a tué
un bébé dans les bras de sa mère, Assise chez
elle. Une femme a été blessée d'un coup de feu,
dans une des rues de la ville.
PETITES SOUÏEUiES DE t'ETRAM
Dimanche 25 Juin.
BRUXELLES. - Le roi est arrivé à 3 heures à la
réunion aéronautique internationale ; il faisait un
vent violent. Le roi était accompagné des princes
Léopold et Charles ; il stest longuement et alfec-
tueusoment entretenu avec M. (le Margeri?, ambas-
sadeur de France, il s'est vivement intéressé à
l'exposition de photographie. On a ensuite présenté
au roi les escadrilles françaises et belgcs, puis 11
a passé en revue les aviateurs rangés en ordre
de départ sur le fchamp d'aviation.
PEMBROKE. — Un incendie s'est déclaré à l'arsenal
de Pembroke. Plusieurs Mtimcnts ont été la proie
des flammes, y compris l'immeuble où étaient con-
servés les plans de tous les vaisseaux construits à
l'arsenal depuis -on érection.
VARSOVIE. — Le gouvernement polonais vient de
remettre sa réponse a la note du gouvernement so-
viétique de l'Ukraine concernant l'extradition Ic
iWaktino, cher des insurgés pavsans ukrainiens, qui
s'est réfugié en Pologne Lo gouvernement polonais
refusc d'extrader Makhrio. Il se rcfuse aussi à conti-
nuer toute négociation à ce sujet
CALCUTTA. — 1,'f'xpéilition qui, pour la troisième
t'ois, tentait J'escalade du mont i'verest. aurait re_
noncé ;ï s'avancer davantage, tous les explorateurs
se trouvant dans un i'at ne rat!pue l"l qu'ils ne
peuvent aller plus loin. I.'espêililiou aduelle n'a pu
progresser <|u» de 300 mMivs an delà du point d'ar-
rêt de l'expédition précédente.
Des élections dans la Sarre
pour la nomination
d'un Conseil consultatif
SARREGUEMINES, 25 Juin. — Aujour-
d'hui ont lieu, dans la Sarre, des
élections, les premières depuis 1913, pour
la constitution d'un Parlement. C'est le
mot sous lequel on désigne couramment la
future assemblée, mais, en réalité, il s'agit
d'une simple commission consultative. Le
gouvernement sarrois, que préside M. Vic-
tor Rault, ne doit compte de ses actes qu'à
la Société des nations et ne peut se subor-
donner à une assemblée .délibérante et
souveraine. Cependant il désire n'exercer
ses pouvoirs que dans un esprit d'amicale
collaboration avec ses administrés et c'est
de ce sentiment que s'inspira son ordon-
nance du 24 mars 1922 portant création
d'un comité consultatif élu au suffrage
universel direct et secret.
Le droit de vote est conféré à toute per-
sonne majeure ayant son domicile en Sarre
depuis trois ans. Mais ne sont éligibles que
les originaires du territoire. Cette restric-
tion a fort habilement déjoué les plans des
associations pangermanistes du Reich qui,
ayant peuplé la Sarre de leurs créatures,
espéraient envoyer siéger au comité
consultatif leurs plus fougueux agitateurs.
Neuf listes de candidats, six politiques,
trois économiques, sollicitent la faveur
populaire.
Le centre présente en tête de liste un
avocat de Sarrelouis, herr Le Vacher.
Malgré cette consonnance française, herr
Lé Vacher fut expulsé au début de l'occu-
pation sarroise pour l'intempérance de son
pangermanisme. MM. Hermann Pétry, se-
crétaire de syndicat, et Sender, avocat, sont
les candidats préférés du parti national
démocrate. Les autres listes politiques, sont
celles du parti social-démocrate, des indé-
pendants, des populistes libéraux et des
communistes.
Les trois partis économiques sont :
l'Union de la propriété et de l'agriculture
sarroises. qui rappelle le parti agrarien ba-
varois; l'Union des locataires; l'Union des
blessés et victimes de guerre, sur la liste'
de laquelle se trouvent plusieurs femmes.
Les partis politiques sont tous à ten-
dance prussienne et leurs candidats sont
des candidats d'opposition. Mais il y a
parmi eux, à côté d'avocats, de proprié-
taires, d'industriels, un bon nombre de
mineurs et d'ouvriers ou employés payés
en francs, dont l'intérêt est évidemment
dans le maintien de ce statu quo qui leur
assure, en somme, une situation stable et
avantageuse. D'une façon générale, les
travailleurs sarrois, satisfaits de leur sort
et de l'ordre que la commission de gouver-
nement a réussi à faire triompher en
Sarre, sont hostiles à toute agitation poli-
tique stérile. — {Journal.)
La mort du pilote Bonneton
DnUXELLES, 25 juin. — Ce matin, dès
8 heures 30, M. Devèze, ministre d& la dé-
fense nationale, s'était, rendu à l'hôpital
militaire où, au nom du roi, il avait atta-
ché la croix d'officier de l'ordre de Léopold
sur la poitrine du vaillant et regretté ca-
potaine Bonneton. Celui-ci était âgé de
trente et un ans à peine. Ses états dei ser-
vice sont magnifiques et méritent d'être
rappelés. Engagé volontaire au 12" dra-
gons, en 1909. la guerre lei trouve sous-
officier. Blessé deux fois en 1914 d'ans son
arme, il passe à sa demande à l'infanterie.
En 1915, il est encore blessé deux fois et
nommé officier. Il repart au front et est
blessé pour la cinquième, puis la sixième
fois.
Rendu inapte au service par cette der-
nière blessure, il passe-en 1917 à l'aviation.
Il pilote en Roumanie et en Russie, puis
rentré en France passe à la 69" escadrille
de chasse. Il descend neuf avions et six
ballons, recueille treize citations à l'ordre
du jour de l'armée française.
La guerre finie, le héros part pour la
Pologne pendant les opérations devant
Varsovie. Rentré en. France, il se marie
en 1920; une petite fille lui était née en
avril de cette année. Le capitaine Bonneton
était officier de la Légion d'honneur, dé-
coré de nombreux ordres russes, polonais,
anglais et belges.
Scène tragique
Détail navrant : sa femme assistait à
l'accident qui devait, lui coûter la vie. Une
scène des plus émouvantes s'est produite à
ce propos dans le petit hangar de l'aéro-
gare, où fut tout d'abord transporté le
capitaine Bonncton, Deux médecins pro-
diguaient leurs soins au malheureux avia-
teur, quand une dame se présenta et se fit
connaître. Elle fit remarquer qu'elle avait
été ambulancière pendant la guerre, et,;
pénétrant dans la place, très calme, elle
assista les médecins, lavant elle-même les
plaies de son mari.
Elle supplia les médecins de lui dire
toute la vérité sur l'état du malheureux.
Ils ne répondirent pas, mais elle comprit.
« De grâce, ditvdlo, un prêtre. »
On avait remarqué un ecclésiastique
parmi les spectateurs. On se mit à sa re-
cherche et lorsqu'il fut près du glorieux
mourant, Mme Bonneton et lui récitèrent
des prières. Entre temps, le général Serot
Almeiras -Latour et un autre officier fran-
çais étaient -arrivés et furent témoins de
cette scène touchante.
Les funérailles du capitaine Bonneton
auront lieu mardi. Les officiers français
qui ont participé au meeting se sont réunis
pour monter la garde dans la chambre
mortuaire. — (Joul'nal.)
Les congrès du dimanche
Combattants et victimes de la guerre
TULLE, 25 juin. — M. de Lasteyrie. ministre
des finances, entouré des parlementaires du dé-
partement, a présidé le congrès des anciens
combattants et des victimes de là guerre. L'as-
sistance était nombreuse.
A l'issue du congrès, a eu lieu un banquet
et plusieurs discours ont été prononcés. Divers
vœux ont été présentés au ministre, relatifs no-
tamment à la majoration de la pension des or-
phelins de guerre, au cumul pour les veuves,
aux soins médicaux, etc. — (Journal.)
Chauffeurs et mécaniciens du P. L. M.
DJJON, 25 juin. — Réunis aujourd'hui, tes
membres de la fédération des chauffeurs et mé-,
caniciens du P.-L.-M. ont. discuté le statut du
personnel, la réglementation du travail, les re-
traites, les questions de sécurité publique, les
améliorations à adopter dans ce but, la sup-
pression des primes pour temps gagné, etc.,
etc. Enfin, la Fédération a pris l'engagement
do faire tout son possible pour obtenir la réin-
tégration des révoqués de 1920. - (Joumal.)
L'AFFAIRE DE CONTREBANDE D'ARMES
MARSEILLIÎ, 25 juin. — Des perquisitions ont
été i\'-.iles chez deux armuriers de Marseille.
Citez l'un, on a découvert deux fusils et vingt
pistolets automatiques importés de Belgique,
ainsi qu'une caisse vide de même provenance.
Chez l'autre, on a trouve. 255 pistolets automa-
tiques, 4 caisses scellées. avec chacune 20 pis-
tolels automatiques, 12 carabines, 12 fusils et
des chargeurs. Ces armes, exportées de Bel-
gique, ont été saisies.
BEVUE DE M PRESSE 1
Le meurtre du maréchal Wilson
menace d'ébranler le cabinet anglais
SUNDAY EXPRESS :
Les conséquences politiques possibles du
meurtre de sir Henry Wilson, tant en Irlande
qu'à Westminster, préoccupent tous les espris
et, font l'ohjet de spéculations vives et presque
désordonnées. Quand M. Chamberlain et M.
Shortt furent pris à partie, vendredi matin, l'at-
mosphère de la Chambre des communes était
tout à fait changée. Chacun semblait plein d'un
âpre ressentiment, non pas contre les assassins,
mais — c'est étrange à dire — contre le gou-
vernement. La séance de demain réserve des
difficultés au cabinet.
THE OBSERVER :
Les jours prochains s'annoncent comme som-
bres et troublés pour le gouvernement. Jamais
les consciences n'ont été tourmentées, les fidé-
lités parlementaires éprouvées de tant de fa-
çons à la fois. En temps narrnal, une seule des
questions qui se posent actuellement suffirait à
justifier des conjectures de crise ou de change-
ment. Avec la Chambre actuelle cependant, les
prévisions pessimistes ne sont pas de mise.
Devant le problème allemand
LE TEMPS :
« La République est en danger », a dit, hier,
le chancelier allemand. Nous attendions ces
mots et nous sommes heureux que M. Wirth ait
eu le courage de les prononcer. Nous aussi, en
apprenant l'assassinat de M. Rathenau, nous
avons eu l'impression que la République alle-
mande est en danger. Puisque le gouvernement
et le peuple allemand ont conscience du péril,
nous espérons qu'ils prendront l'ennemi corps à
corps.
Nous l'espérons, parce que le sort de la Répu-
blique allemande ne nous est pas indifférent. Il
est vrai que certains affectent de sourire quand
on leur dit qu'une Allemagne républicaine est
une voisine plus désirable qu'une Allemagne
monarchiste. Ceux-là oublient bien vite que la
France, pendant quarante-quatre ans, a revendi-
qué l'Alsace et la Lorraine au nom de la liberté.
Ils oublient que la France, pendant quatre ans
de guerre, a groupé autour d'elle les nations qui
veulent vivre libres. Quant à nous, nous ne
consentons pas à abandonner, après la victoire,
les principes qui ont aidé à vaincre.
*
LES DÊBATS :
Une conclusion s'impose : la France doit
avoir une politique allemande et les Alliés doi-
vent avoir une politique de réparations. Depuis
l'armistice les gouvernements français se per-
dent en hésitations sur le choix entre une Alle-
magne forte qui paierait (?) et une Allemagne
démocratique. Une Allemagne monarchique,
qu'elle soit impériale ou divisée en royaumes
prétendus autonomes, nous opposera toujours
des résistances qu'on ne pourra briser que par
la force. D'autre part, la démocratie allemande,
pour restaurer l'Etat sur des bases solides, doit
savoir que les Alliés sont résolus à obtenir jus-
tice ; et elle doit organiser en conséquence le
travail national. De même, à Londres et à Rome,
si l'on veut vraiment reconstituer l'Europe, il
faut se convaincre qu'il convient de s'occuper
des affaires d'Allemagne avant de rénover la
Russie.
En regardant passer l'empereur d'Annum
LA LIBERTÉ :
Le noble, l'émouvant paradoxe !
Un prince qui s'est mis, lui, sa famille et son
peuple, sous la protection de la France, qui
s'est- dépossédé entre ses mains d'une partie
de sa puissance, est accueilli par elle comme le
souverain d'un Etat libre. Quelques nuances
protocolaires, sans doute; marquent les diffé-
rences entre un monarque protégé et le cher
d'un royaume indépendant. Mais la foule ignore
ces subtibilités. Partout où elle fut hier en
contact avec S. M. Khaï Dinh, empereur d'Au-
nam, à son arrivée à la gare du Bois, sur la
tombe du Soldat inconnu, à l'Hôtel de Ville,
elle a fait montre du même affectueux res-
pect, de la métrai liesse courtoise dont elle sa-
lue les chefs d'Etat amis de la France: Vrai-
ment, pour qui n'aurait point su que le jeune
souverain gouverne sous notre tutelle son loin-
tain empire, il eût semblé qu'un prince très
puissant nous honorait de sa visite, et que ce
témoignage d'amitié faisait de nous ses obligés.
La renaissance religieuse en Russie
THE OUTLOOK :
- L'avenir immédiat des bolcheviki dépend do
quelque chose de plus grand, de plus profond,
de plus étrange que les trusts ou les politi-
ciens.
Les paysans ont voulu trouver la cause au
désastre qui les a frappés et cette cause ils
l'ont trouvée. La famine est le châtiment in-
fligé par Dieu pour le meurtre du tsar, son
vicaire sur terre. C'est le châtiment de leurs
blasphèmes, de la profanation- des sanctuaires,
du vol des pierres précieuses des icônes. Li
renaissance religieuse de la Hussie a commen-
cé lente d'abord, elle gagne chaque jour du
terrain ; elle est le soulèvement de l'âme muette
du pays. Les rues de Moscou, le dimanche et le
lundi de Pâques, étaient pleines de fidèles se
rendant à l'église ; toute la journée les clo-
ches sonnèrent, car Je dimanche de Pâques
tous les fidèles peuvent sonner les cloches. De-
vant chaque sanctuaire, la foule attendait pour
voir les saintes icônes. Les passants se sa-
luaient comme autrefois ; « Le Christ est res-
suscité ! »
Ce dimanche-là, le peuple songeait aux jours
d anlan « quand Nicolas vivait et que nous
avions du pain ». Qui sait jusqu'où ira cet
ébranlement de l'âme populaire ? Aucune auto-
rité n'est de taille à s v opposer ; les confisca-
tions récentes des biens ecclésiastiques et les
mauvais traitements infligés au patriarche
Tikhon ne feront que précipiter les choses.
Devant des mouvements de ce genre, il est.
vain d'écrire sur les murs : « La religion est
1 opium du peuple. D'autres paroles s'écrivent
actuellement sur les murs ; la doctrine de
Marx, du déterminisme matériel, ne peut ré-
sister aux sentiments religieux de cent millions
de paysans.
UNE AFFAIRE DELICATE
Une plainte, qui aurait été déposée il y a quel-
ques semaines, par une personne, une artiste,
qui désire d'ailleurs conserver l'anonymat, con-
tre M. E. G., industriel, âgé d'une quarantaine
d'années et demeurant à Passy, a abouti, hier
soir, à hi saisie des livres de comptabilité et
de nombreux documents appartenant à M. G.
Le juge d'instruction commis, M. Laroquc. a
lancé contre l'industriel un mandat d'amener.
On sait déjà que la plaignante, Mme X.,
aurait prête à l'industriel, par contrat, une
somme approximative de 800.000 francs, la-
quelle était destinée à l'achat d'une concession
de sources minérales.
Pour des raisons encore mal établies, l'affaire
échoua, bien que plusieurs centaines de mille
francs aient été dépensés pour en. assurer la
réussite.
Le juge d'instruction a convoqué M. fi.
qui sera tenu d'expliquer de quelle façon ont
été employées les sommes disparues.
Allemands indésirables
GRENOBLE, 25 juin. — Un cirque de Marseille
avait amené avec lui un personnel nombreux
et hétéroclite comprenant vingt-deux Allemands.
Ceux-ci formaient un groupe qui entendait dic-
ter des ordres à la direction elle-même, et des
conflits s'étaient déjà produits ces derniers jours.
Hier soir, au moment où la représentation
allait commencer, de nouveaux incidents se pro-
duisirent. Le directeur, M. Debrav de Paris,
dut faire appel à la police. La rcp éscntntion
fut supprimée. Les Allemands fmcn;, invités à
regagner la frontière, mais un certain nombre
d'enlre eux sont restés à Grenoble, car ils ont
exhibé des papiers d'après lesquels ils auraient
la nationalité tchéco-slovaque. — (ll'!(iio.)
NOUVELLES BREVES
DEPARTEMENTS. - L'auto de M. TerrlCT, négo-
ciant a Annecy, s'engage au milieu d'un troupeau
de vaches. La voiture est endommagée et deux va-
ches sont tuées.
— Les mineurs de Saint-Etienne, au cours d'une
réunion, adopteur un ordre du jour en faveur des
grévistes du Vimeu et protestent contre l'impôt sur
les salaires.
- De forts oiafecs ont éclaté dans les Basses-
Alpes et le Var, accompagnés de grêle.
- Une jeune femme de vingt ans, dont on ignore
l'identité, se précipite, à Strasbourg, de la plate-
forme de la cathédrale et s'écrase sur le sol.
— Du vapeur Jeannc-et-Uenevlève débarquent à
Toulon les époux Chilouet. autours d'un vol rte
(iIlO.OOn francs dans un eoinpolr parisien et arrêtés
on Grèce.
- (iii inaugure solennellement à Eu, un monu-
ment élevé à .a mémoire des 107 enfants de ia ville
morts pour la France.
— Le congrès dos chasseurs du Midi émet deux
vieux, l'un sur la protection des oiseaux, l'autre
«pur la création d'une confédération régionale.
LA TEMPERATURE
Situation générale le• 25 juin, à 7 heures- — La
dépression d'Irlande couvre la mer du Nord, —
0 mm., s'étendant sur France, Allemagne, Une
autre apparalt en Islande, tandis .qu'une faible
hausse + 3 mm. a lieu en Pologne, s'étendant Bal-
tique, Laponie. A Paris, 760 mm. Maximum 766 mm.
La Corogne ; 771 mm. Açores.
Les vents sont modérés d'ouest sur la Manche,
nord-ouest Bretagne, faibles Océan, variables Gas-
cogne, Méditerranée.
Les maxima de la veille ont été de + 20° à Paris,
Orléans, Limoges, Dunkerque, 22° Metz, 23" Stras-
bourg, Dijon, Bayonne ; 25° Perpignan, 26° Nice.
27° Bordeaux, 290 Cette. 19° Le Havre, 16° Calais.
Minima de + 11° Paris, Le Havre, Brest, Metz, 12"
Strasbourg, 15° Nice, Marseille, 17° Perpignan, 10°
Bordeaux, Argentan, Limoges, 9° Clermont, Orléans,
Rennes et Dijon.
Pluies à 7 Meures : traces à Paris, Orléans, Brest,
1 mm. Le Havre, Nice, 3 mm. Cherbourg, Dun-
kerque, 4 mm. Calais, 6 mm. Ouessant. Ce matin,
quelques pluies dans l'ouest et le sud.
Prévisions jusqu'au 26 juin au soir. — Etat du
ciel : moitié Est, ciel très nuageux à éclalrcies et
averses, se couvrant, avec quelques pluies dans
la journée ; moitié Ouest, pluies ou brumes, sui-
vies d'éclaircies et averses.
Température : léger refroidissement. A Paris,
maximum + 16 degrés.
Un employé de la gare du Bourget
tué par des pilleurs de trains
Deux employés de la gare de la Plaine Sâint-
Denis, MM. Bourson et Benoît, procédaient,
hier après-midi, à la vérification d'un train de
marchandises arrivé du Bourget, à 14 h. 30,
quand ils aperçurent un filet de so OIg qui, fil-
trant sous la porte, ruisselait sur le marchepied
d'un wagon. Il y avait également du sang à la
serrure où pendait, retenu pat- une ligature
que fixaient deux plombs, un cadenas fracturé.
Ils prévinrent le sous-chef de gare, M. Auriot.
L'on fit, sauter les plombs de la fennfturc, et le
wagon, qui contenait un mobilier appartenant
à la maison Charcot, 37, rue des Acacias, à
Paris, fut ouvert. Près de la porte, un homme
était adossé, sans connaissance, la tête et les
vêtements couverts de sang, les msins tailla-
dées.
« Mais c'est Bled », s'écria M. Bourson, qui
venait de reconnaître dans le bles-é J'un des
agents de surveillance de la gare du Bourget.
Le malheureux, qui respirait encore, portait
derrière le crâne des plaies profondes et larges,
et, sur le corps, plusieurs blessuiv? qui scm-
blaient dues à des coups de couteau. On le
transporta d'urgence à l'hôpital Lariboisière, en
même temps que l'on avisait la police.
De l'enquête ouverte aussitôt, et conduite
sur place par MM. Faralicq, commissaire • k la
police judiciaire, et Laroque, juge d'instruc-
tion, il semble résulter que l'on se trouve encore
en présence d'un crime imputable h des pilleurs
de trains. Le blessé était bien un surveillant
de la gare du Bourget. Eugène-Loui; Bled, âgé
de trente-deux ans. et demeurant 27, rue de
Guingamp, à Levallois. L'altentat dont 11 fut
victime a été commis au Bourget, où le wagon,
qui venait d'Andelot (Jura), était, gacé pendant
la nuit de samedi, en attendant d'être expédié
hier, à 2 h. 10, sur la gare de la Pleine Saint-
Denis. On suppose que M. Bled est tombé sous
les coups de malfaiteurs qu'il surprît au cours
d'une ronde. Des traces de lutte ont été relevées
à l'endroit même où le wagon a stationné. L'at-
tentat a dû être commis entre 9 heures et demie
du matin et 14 heures, Bled ayant été vu. à
9 heures et demie, au Bourget, dans le hall des
marchandises, et le wagon ayant été plombé fi
H heures par un employé, qui avait constaté,
au moment, du départ pour Paris que le cade-
nas était fracturé. Après s'être débarrassé du
surveillant, en l'assommant, croit-on, a l'aide
d'une pierre, et en le frappant à co'ms de cou-
teau, ses agresseurs l'avaient jeté dans le wa-
gon, puis avaient refermé la porte. L'éloigne-
ment des lieux où le drame s'est déroulé expli-
que que personne n'ait perçu, ni ie bruit de
la lutte, ni les cris d'appel que. certainement,
la victime a dû pousser. On a retrouvé sur la
voie de garage un crayon auquel adhéraient
des cheveux ensanglantés.
M. Bled, qui était dans le coma sn moment
de son admission h l'hôpital Laribois.f'-re, a suc-
combé, hier soir, sans avoir pu prononcer une
nnrole.
NOUVELLES DIVERSES
Gate à l'escroc! - Les vingtième et onzième
arrondissements sont en ce. niomeni: visités par
un aigrefin, qui a déjà fait un certain nombre
de dupes.
Très bien renseigné, cet individu se présente
chez les personnes qui ont des parents voya-
geant en avion. Il dit se nommer el;; rronval. et
appartenir comme pilote à la premi-ve escadrille
du Bourget. Puis il annonce un accident dont
un parent, de son hôte aurait été victime. Il se
fait remettre des sommes variab'e.- destinées,
dit-il, aux frais de transports ct de soins, les
bagages du blessé ayant été détruits.
M. Gauthier, commissaire de polii.-,, recherche
cet escroc qui répond au signalement suivant :
brun, de taille moyenne, environ tuÕntc ans,
teint maladif et petite moustache à l'améri-
caine. Il est toujours très bien mi,.
« Margot la tatouée » cl son « homme ». —
La police judiciaire recherchait depuis quelque
temps un repris Vie justice dangereux récem-
ment libéré de dix ans de travaux publics - S,i
douzième condamnation — et actuellement in-
terdit de séjour. Professionnel de l'attaque noc-
turntJ, Eugène Mursch, dit « Gégène Il, âgé de
trente-cinq ans. se logeait dans les hôtels bor-
gnes de la Villette en compagnie de sa maî-
tresœ, la fille Marguerite Dclessart. rlile « Mar-
got la tatouée », de cinq ans plus jeune. La
nuit, « Gégène » assommait et dévalisait les
passants que Margot, renconirail. sur les boule-
vards extérieurs et qu'elle attirait dans les en-
droits obscurs et propices aux marnais, coups.
C'est ainsi que fut attaqué, la nuit dernière,
M. Franç" ois Rieih, tailleur, qui rentrant chez
lui, rue de Ménilmontant, avait teu le tort
d'écouter la rôdeuse. Fort heureusement pour
lui, le brigadier Louis, accompagné des inspec-
teurs Donez et lluet, de la police judiciaire,
veillaient à proximité. Aussi lorsque « Gcgenc »
apparut. derrière le couple, il fut rapidement
ceinturé au moment où il allait frapper sa nou-
velle victime.
A M. Martel, commissaire de police, qui l'in-
terrogeait, le bandit avoua cyniquement, que
chaque soir « il descendait jll-'\lj1('Ü quatre pan-
ier, » que lui amenait Margot. Col 1 e dernière,
qui doit son surnom aux nombreux tatouages
qu'elle a sur le corps, porle sur un visage tu-
méfié les marques des brutalités de son sinistre
maître. Ce couple vérilablemcnt indésirable est
hébergé maintenant, à la « Tour pointue a.
Enfant martyre. — Le commissaire de police
du quartier Saint-Fargeau, informé par des
voisins indignés, s'est rendu hier après-midi
chez les époux BOilier, rue Hisson. Il y a cons-
1 a Lé la présence d'un malheureux garçonnet,
René. Ducrcux, six ans, fils issu d'un premier
mariage de Mme Hoiticr. L'enfant était aliacii.ï
au lit, les bras ramenés et liés en arrière. 11
parait que ses parenls le laissaient dans celte
position des journées entières. IIi 01, ils étaient
en effet absents et se promenaient à la fête
de Belleville tandis que le pauvre gosse se mor-
fondait. Le petit René a été envoyé à l'Assistan-
ce publique. Les époux Boitier seront poursuivis.
Le mauvais locataire. — A la suite d'une série
de vols dont étaient victimes les locataires d'un
hôtel, du boulevard Richard-Lenoir, une sur-
veillance établie par M. Pêne, commissaire ae
police, a fait découvrir le voleur.
C'était un des locataires de la maison, qui,
pour délourner les soupçons, avait été jus-
qu'à simuler dans sa chambre un cambriolage.
Au cours de l'enguêle du magistrat on dé-
couvrit qu'en outre le voleur de l'hôtel, un Amé-
ricain. Thomas Taperson, trenlc-dcux ans, dessi-
nateur, avait dérobé à son patron du matériel et
des outils pour plusieurs milliers de francs.
11 a été envoyé au Dépôt par M. Pêne, qui
l'a inculpé aussi d'infraction à la loi bur les
étrangers.
— Le jeune Teiant do la Tour, ûSf de tiour ans,
demeurant riiez sa mère, o, squ.u'e Latuur-.Maiibuurs,
a été renversé, vers 5 heures, par un taxi ei trans-
porté chez lui. Son état est grave. Le Taxi vtait
conduit par le chaulTcur Antoine cure, demeurant
9, rue du Gros-Caillou. Une enquète est ouverte par
le commissaire de police du quartier des Invalides.
— .Aime Caroline MaltreT, journalière, às'ée de
clnc]iiaute_sj ans, avenue Philippe-Auguste, est dé-
cédée hier, ù l'hôpital Sailli-Antoine, des suites de
brûlures reçues au cours d'un commencement d'in-
cendie qui s'était déclaré dans sa chambre.
— Craignant la paralysie générale, Camille Roger,
âgé (le soixante-huit ans, s'est donné la mort en su
jetant par la fenêtre de la chambre qu'il occupait,
au troisième étage, 310, .l'ue fit! Belleville.
— Vers lô heures, en l'aee du n" \il du quai
des Célestins, un jeune homme de quinze, ans envi-
ron, qui péchait à bord d'une 'péniche,-'est tombé
dans la Seine et n'a pu être repêché. Le disparu
est de taille moyenne, vêtu d'un costume gels
foncé, coilTé d'une casquette il carreaux.
— Une autolllobile, conduite Iril, son propriétaire,
M. Lévy, de Hois-Colombes, a Jieurté et renversé
hier soir, à 7 heures, avenue Trudaine, la petite
Yvonne Chapelle, neuf ans, dont les parents (Ie-
meurent 71, rue de Dunkerque. La victime a été
transportée dans un état grave à l'hôpital Breton-
IlPall. M. Pruvost, commissaire du quartier Roclle-
cliouart, a ouvert une enquête.
DERNIERE HEURE SPORTIVE
AUTOMOBILE
ie concours d'estafettes. — LE MANS, 25 ju4n. -
En organisant le concours d'estafettes automobiles
qui, aujourd'hui, a relié Paris avec 11 départements
et 4.203 communes, l'Automobile-Club de- l'Ouest cu-
tendait prouver que, dès maintenant, l'automobile
pouvait suppléer à tous autres moyens de commu-
nication. Cette épreuve nouvelle a pleinement réuss-..
Elle est le prélude d'autres organisations iv'-j lar.
ges encore, car le club de l'Ouest veut arriver à
démontrer que Paris pourrait eu un seul jour, en
employant seulement l'automobile, être relié à tou-
tes les communes' de France. Ce sera l'œuvre de
demain. VoicI le vainqueur par département :
Sarthe : Mme Beno st. — Eure-et-Loir : rArmao-
eourt. — Loir-et-Cher : Chevallier. - Calvados :
Frocourt. — J\lalne-ehLolre : Oerrue. — Mayenne :
Prie. — nie.M-Vjlainc : Fortier. — Indre-et-Loire :
Van Deirt. — Orne : Leloup. — Vienne : Raymond.
— Loire-Inférieure: Dupuy.
Classement général : 1. Frocourt, sur Peugeot,
40 communes desservies; 2 d'Armancourt, 27 com-
munes desservies; 3. Leloup, 18 communes desser-
vies (tous ces concurrents avec 0 seconde d'écart);
4. Berruc, écart 1 s., 16 communes desservies; 5.
Mme Benoist, écart 1 s.. etc. — (Journal.)
Le kilomètre lancé à Lynn. - Le meilleur temps
a été fait par Th .mas, sur Delage de plus de 5 litres
de cylindrée :.1S sec. 4/5, soit à une moyenne, de
1U1 kil. 500. Reville, sur Ballot 3 litres, a fait
20 sec. 1/5, soit 178 kll. ?20 à Ilhetire. Mme Généraux
(2 litres Ballot) vient epsuitc avec 29 sec. 2/5, soit
122 kil. 450 à l'heure.
La course de côte de Cayresle, organisée par ia
chambre syndicale d- l'automobile de Marseille, sur
la classique côte de 6 kil. 500 à 7 0/0, comprenant
52 virages, a été remportée par Bablot, sur Voisin,
à 59 kil. 600 de moyenne.
ATHLETISME
Les critériums parisiens de 28 catégorie. — Ces
épreuves, dont l'initiative revient à la Ligue pari-
sienne d'athlétisme, ont réuni plus de 800 concur-
sienne
rents. En voici les résultats :
110 m. haies ; 1. Migaud (ASPTT), 17 sec.; 2. Dudet
(CASG); 3. Dhur; 4. Duvernois.
800 m. plat : 1. Baraton (MC;, 2 m. 1 s. 4/5;
2. Wiriath (CA 141,*), à 10 mètres; 3. Villeneuve;
4. Hostetter.
100 m. plat : 1. Conangle (VGA), Il s. 4/5; 2. Cot.
tenler (SF); 3. Mainville; 4. Biondcl.
400 m. plat : 1. Bernier (MC), 51 s. 4/5; 2. Lejeune
(ASPTT); 3. Masson.
Saut en hauteur avec élan : 1. petit (SF), 1 m. 70;
2. Hallier (SAM), 1 m. 68; 3. Marchand, 1 m. 68;
4. Dupire, 1 m. 05.
Saut en longueur avec élan : 1. Dubois (SF),
6 m. 425; 2. Vaquette (CA He), 6 m. 145; 3. ensem-
ble Pinson, Lefranc, 6 m. 10.
5.000 m. plat (70 partants) : 1. Hervoin (ASA),
16 m. Il s.; 2. Brasseur (CASG), 16 m. "33 s. 2/5;
3. Fabre, 16 m. 08 s..3/5; 4. Simon.
Saut à la perche : 1. Dimont (SF), 3 m. 12 ;
2. ensemble Chaignon et Buchon, 3 m. 3.
Lancement du poids : 1. Delfosse (CASG), 10 m. 59;
2. Bally (MC), 10 m. 47; 3. Poulain, 10 m. 21.
400 m. haies : 1. Jacques (CASG), 1 m. 1 s. 4/5;
2. Bruyère (CASG), 1 m. 3 s. 3/5; 3. Desaint (CASG);
4. Melger.
200 ni. plat : 1. Fritz (CASG). 23 s. 2/5; i. de
Chambure (SF); 3. Conangle; 4. Barrant.
1 500 m. plat : 1. Sourdin (SF), 4 m. 13 s. 3/5;
2. Picard (MC) ; 3. Baraton; 4. Wiriath.
Javelot : 1. Buchon (SF). 41 m. 70; 2. Ratadssay
(CA He), 38 m. 90; 3. Blanquine, .38 m. 11.
Lancement uu disque : 1. Cassel (0), 31 m. S;
2. Feuillet (MC), 28 m. 38; 3. Cette. 28 m. 11.
10 kilomètres : 1. Desfour (MCI, 34 m. 4 s. 2/5;
2. Henri (VSX); 3. Demorivalle; 4. I». Demorivalle.
400 m. relais : 1. Stade Français, 44 s. 2/5;
2. CASG; 3. Neuilly; 4. Métro.
1.000 m. relais : 1. Métro; 2. Neuilly; 3. Stade
Français.
Classement général : 1. Stade Français, 26 pts 1/8;
2. CASG, 21 pts 1/2; 3. Métro, 21 pts; 4. CA 14e, 6 p.;
5. ASPTT, 5 pts.
SPORTS FEMININS
Les championnats de France d'athlétisme. — Org-a-
nisés sur le terrain du Métro,, à colombes, par la
Fédération féminine de France. Résultats :
Poids (deux mains additionnées): 1. Mme Gouraud-
Morlss, (O.), 17 m. 33 (record de France battu, an..
cien par la même avec 16 m. 91); 2. Mlle Noepel
(Alsace), 14 m. 32; 3. Mlle Marnerais (Caen), 13 m. 72.
Le record de France de la main droite est battu
par Mme Gouraul-Moriss avec 9 m. 42.
80 m. : 1. Mlle Beunis (X.S.), 10 s. 4/5 (record
de France égalé).; 2. Mlle Prost (R.C.F.); 3. Mlle
Gamet (L.O.).
Manieur avec é.an : 1. Mlio Maugars (F.S.), 1 m.39;
2. ex aequo : Mlles Braquemont et Guillier, 1 m. 385.
83 m. haies : 1. Mlle Beunis (.S.), 13 s. 4/5 (record
de France égalé; ; 2 Mlle Th. Laloz; 3. Mlle Dela-
pierre.
Javelot (deux mains additionnées) 1. Mme Gou-
raud-Moriss, 34 m. 90; 2. Vandamme, 32 m. 24;
3. Stekelornn; 4. Lejeuue.
250 m. plat : 1. Mlles de Croze, 37 s.; 2; Da-rreau;
3. Beun; 4. Halot.
Saut en longueur : Mlles Maugars, 4 m. 77 (record
de France battu).
PELOTE BASQUE
Les championnats de Paris. — Résultats des deux
matches disputés dimanche au fronton Ile la porté
de Chàtillon : à mains nues, S.C.U.P. bat A.S.P.T.T.
*
par 45 à 30; à chistera, S.A.M, bat Réveil Basco-
Béarnals par fit) à 46.
La Fédération organlse
lectionnées de Paris et du Pays basque.
NATATION
Pouilley s'entraîne. — Le nageur Pouilley, qui
veut tenter prochainement la traversée de la Man-
che, réussie en i878 par le capitaine NVebb et re- -
nouvelée en 1UII par Burgess, vient de parcourir
à la nage 27 kilomètres 200 mètres en 9 h. 49 min. -
Parti samedi matin à 8 heures, en Seine, du pont
de Gressy-Souilley, malgré up froid assez vif et
la-température assez basse de l'eau, Pouitiey.pt.
gulièrement contrôlé et d'ailleurs suivi sur lei'
berges par de nombreux sportsmen qui acclamaient
le nageur et l'encourageaient, arrivait à 17 ù. 41
aux l'ortmcations de Paris. Cette belle performance
fait espérer que la tentatlvp que compte Taire l'ex-
cellent nageur sera couronnée de sticcùs.
Le brevet fi'.j lIdnx, - Distance. 0 kilomètres,
17 parlants et 9 arrivants : 1. t:harpcntier, 1 h. 55;
:1. oirsal. 1 li. 59; 3. Baballt, 4 Dupont, 5. Jobanson.
0. Barbier, 7. Collet, 8. Rolland, 9. Lamarq.
BASKET-BALL
Le Championnat de France. - Finale : J.C.A.M.
bat rréllleries du Havre par 16 points à 14.
LONGUE PAUME
Paris contre la Province. — Ce match, qui s'est
dérouléi dans Je jardin du Luxombourg. est revenu
à la Province sur Paris par 3 jeux à 2. Une autre
rencontre entre Amiens et Paris a donné la vie-
toire à Amiens sur Paris par 6 jeux à 2 en seconde
catéTorie, et à Paris sur Amiens par 6 jeux a' S
en première catégorie.
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