Titre : L'Homme libre : journal quotidien du matin / rédacteur en chef, Georges Clemenceau ; directeur, Fr. Albert
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1919-02-09
Contributeur : Clemenceau, Georges (1841-1929). Rédacteur
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 09 février 1919 09 février 1919
Description : 1919/02/09 (A7,N955). 1919/02/09 (A7,N955).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
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Droits : Consultable en ligne
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Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-230
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 07/03/2014
L'Homme Libre
JOURNAL QUOTI&ISN DU MATIN
Fondateur: G. CI-IÉÏlVEEïrtfGBA.Tjr
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A. BIRNIBR
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* Septième Année. — NQ 955
Rédaction et Administration
13 et 19, nae Taitbout, PARIS
TÉLÉPHONE
Trudaine 57.98 -Trudake 57-99
AprènaUais : CFNIM G:11
ÀDRSB TMHl : LBÛMuIBRE-PARIS
V DIMANCHE
9
FÉVRIER 1919
10 mdL le Numéro
ABONNEMENTS
Troi*Mùis Six Mois Ua ID
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PlUCUi an Boréaux tfu Jmd
Le bluff allemand
Puisctue les circonstances nous obli-
gent à prolonger l'armistice, il était
indispensable que, dans leurs nouvelles
conditions, les alliés fissent sentir à
l'ennemi que l'arrogance prussienne
n'était pas de saison. La psychologie
allemande, qui nous .a donné. au cours
de la guerre, tant de preuves de sa pau-
vreté, apparaît une fois de plus en
défaut..
.Sans doute, les dirigeants de Berlin,
— car ils ont beau siéger à Weimar,
ils n'en restent pas moins les gens de
Berlin, — en constatant les longueurs
de la Conférence préliminaire de Paris
et la. dispersion de son programme,
auront pensé que nos plénipotentiaires
rencontraient de grosses difficultés à se
meitre d'accord sur les nuestions vitales
=IUÍ intéressent l'Allemagne, puisqu'ils
paraissaient vouloir gagner du temps en
Rattachant à la solution des problèmes
secondaires.
Il est même probable que no& enne-
mis auront caressé l'espoir d'accentuer
ce qu'ils croient être déjà une déshar-
rnonie interalliée. Ce qui est certain,
c'est qu'ils ont changé de ton. Nous
n'avons plus devant nous l'Erzberger
suppliant du lendemain de l'armistice,
mais un Brockdorff-Rantzau qui ne
reconnaît pas sa défaite et qui prétend
parler au nom d'une Allemagne subite-
ment ressaisie. Les décisions prises par
le conseil de guerre des alliés et que
le maréchal Foch se chargera de trans-
mettre à ce Boche lui signifieront que
son arrogance est pour le moins pré-
maturée-
il n'en reste pas moins qu'un grand
effort a été accompli de l'autre côté du
Rhin pour réaliser une reconstitution
rapide de l'Allemagne, et nous aurions
tort de ne pas nous en préoccuper. Nous
avons fait ressortir, il y a quelques
jours, la rapidité avec, laquelle nos
ennemis, au lendemain de leur défaite
et de leur révolution, s'étaient ressaisis
clans l'ordre politique et dans l'ordre
militaire. Le même travail ost poursuivi
dans l'ordre social, et chaque jour nous
apporte de nouvelles preuves de la
maîtrise avec laquelle les anciens repré-
sentants de l'Empire, devenus les repré-
sentants de la République allemande,
ont su faire face à une situation qui
paraissait désespérée.
11 faut être aveuglés par une doctrine,
comme le sont nos socialistes, pour
n'avoir pas reconnu dans les social-dé-
mocrates qu'ils viennent de rencontrer
à Berpe les meilleurs, soutiens de l'an-
eien kaiserisme et pour avoir eu la
faiblesse d'accepter que la question des
responsabilités de la guerre fût écartée
des discussions du Congrès interna-
tional. Après avoir trompé pendant
quatre années la classe ouvrière alle.
mande, en se faisant les auxiliaires de
l'état-major, les social-démocrates se
font aujourd'hui les meilleurs agents du
conservatisme allemand pour défendre
l'unité de l'Empire et pour canaliser le
mouvement révolutionnaire.
Il suffit, pour s'en convaincre, d'exa-
miner la manière dont s'opèrent la démo-
bilisation économique et la réglemen-
tation du chômage. Les communes sont
désormais obligées de refuser ou de
retirer les secours de chômage lorsque
le chômeur ne veut pas accepter un
travail qui lui est imposé, même hors
de sa: profession et loin de son domicile-
L'arrivée au pouvoir -de la social-dé-
mocratie lui imposait, d'autre part,
l'obligation de la socialisation des
moyens de production. Dès Le début, les
nouveaux maîtres de l'Allemagne affir-
mèrent. que la socialisation des moyens
de production ne pouvait être quune
œuvre de longue haleine. Son applica-
tion ne pouvait être envisagée actuelle-
ment que pour les industries concentrées
dans un petit nombre de mains et don-
nant lieu à une sorte de monopole de
fait : mines, usines d'énergie électrique,
assurances.
Ils n'hésitèrent pas à soutenir qu'il faut
rejeter, en la matière, tout programme
schématique et doctrinal et qu'il faut
s'adapter aux conditions de chaque
industrie et aux besoins de chaque
époque ; qu'il est dangereux, enfin, de
substituer l'exploitation par l'Etat à
l'industrie privée dans un temps où la
situation économique et financière du
pays réclame une production intensive.-.
Pour des révolutionnaires socialistes,
voilàit-il pas des gens qui sont bien
bourgeois et bien respectueux de l'ordre
social- Nous ne leur en ferons pas grief.
Nous avons déjà dit que, dans notre
intérêt même, mieux valait une Alle-
magne organisée qu'une Allemagne
livrée au bolchevisme. Mais, pour ceux
de nos socialistes, — en particulier pour
les maximalistes de chez nous, — qui
ont cru devoir aller à Berne se jeter
dans les bras do leurs a camarades ■>
social-démocrates, quelle leçon ! Puis-
sent-ils en revenir, au moins, avec les
mêmes principes de sage évolution.
Il n'est pas étonnant que les diplo-
mates de l'ancien régime allemand,
sachant qu'ils peuvent s'appuyer sur un
socialisme prêt à tous les sacrifices de
doctrine pour collaborer à la reconsti-
tutiOD. d'une , grande Allemagne, retrou-
vent, quand ils s'adressant aux repré-
sentants des puissances de l'Entente, le
ton insolent des anciens fonctionnaires
de l'Empire. Ils sentent, en effet, que
rion n'est changé - et ils le constatent
d'autant mieux qu eux-mêmes n'ont pas
été remplacés.
Mais si la social-démocratie majori-
taire, aujourd'hui ; gouvernement, est
restée ce qu'elle était, peut-être les
Brockdorff-Rantzau se trompent-ils
quand ils s'imaginent que le peuple alle-
mand est demeuré le même et qu'il sup-
portera la dictature d'un Ebert ou d'un
Scheideimann avec la même passivité
respectueuse qu'il manifestait à l'égard
des Hohenzollern.
A la vérité, le grand effort; fait par
l'Allemagne pour se ressaisir ne dépasse
pas la sphère des classes dirigeantes.
Quant au peuple, il a si bien conscience
d'avoir perdu la guerre, qu'en attendant
d'être soumis au travail forcé, auquel il
sait qu'il ne pourra pas échapper, il
traîne son oisiveté dans la débauche et
dans l'anarchie. -'
Rien ne prouve, d'ailleurs, que l'ère
des convulsions soit close de l'autre côté
du Rhin. Le chômage augmente, malgré
toutes les mesures prises par le gouver-
nement, non parce que ïe travail fait
défaut, mais parce que l'ouvrier, qui
veut « jouir de "son reste », a perdu le
goût du travail. Il s'amuse, il boit, il
joue, il danse, il vole. Il est indifférent
aux pertes territoriales qu'il prévoit,
parce qu'il sait qu'ayant perdu la guerre
il est naturel que l'Allemagne paie-
La sérénité d'Ebert — celui-ci n'est
pas, d'ailleurs, aussi populaire qu'on
serait tenté de le croire — et l'arrogance
des diplomates ne correspondent en
aucune façon avec l'état moral du
peuple allemand. A côté du réel effort
— et dont il faut leur en reconnaître le
mérite — qu'ils ont fait pour empêcher
l'écroulement de leur patrie, leur atti-
tude provocatrice à l'égard des vain-
queurs que nous sommes n'est sans
doute qu'un formidable bluff ; mais il
n'en est pas moins urgent de le faire
cesser, parce qu'il est aussi injurieux
oour notre dignité que contraire à la
réalité dB la situation.
Il faut espérer que tous les gouver-
nements de l'Entente l'auront compris et
que le maréchal Foch sera chargé
d'exécuter cette mise au point néces-
saire.
Charles DANIELOU.
Un avertissement
Londres, 8 février. — La Daily Chronicle,
commentant la séance d'inauguration de
l'Assemblée nationale à Weimar, dit que,
puisque les alliés sont appelés à fournir
une aide à l'Allemagne, il faut qu'Ebert et
ses collègues parlent sur un ton différent.
Il. faut qu'ils se souviennent que l'Allema-
gne est à la barre des accusés, après avoir
commis le plus grand crime qui ait été
jamais perpétré contre l'humanité.
Ebert a déclaré, lors do son discours de-
vant l'Assemblée nationale, que les puis-
sances associées introduisaient la spolia-
tion dans leur conception de paix. Un poli-
ticien qui ne fit rien, l'année dernière,
pour mettre sérieusement obstacle aux
traités de Brest-Litovsk et de Bucarest de-
vrait être bon juge en matière de spolia-
tion.
L A .MÊE NATIONALE A LEMANOE
Berne, 8 février. — D'après la Frank-
furter Zeitung du 8 février, l'Assemblée
nationale, aussitôt qu'elle aura voté un
projet de Constituticn provisoire, s'occu-
pera de la reconstitution d'une armée na-
tionale, dont le commandement sera d'ail-
leurs- subordonné au gouvernement nàtio-
nal. Une fois qu'il sera constitué, le nou-
veau gouvernement recevra les pleins pou-
voirs militaires et on espère qu'il jouira
d'une autorité suffisante pour étouffer les
derniers restes de la dictature spartakiste
qui existent encore dans le pays.
La Catastrophe de Nanteuil
La Compagnie des chemins de fer de
l'Est communique la note suivante :
<; Il a été trouvé dans les débris de la
voiture allemande brûlée le 5 février à
l'entrée du souterrain de Nanteuil un ap-
pareil d'horlogerie abîmé par l'explosion
et qui devait être contenu dans un collis
placé sous là banquette.
« Cette découverte parait donner l'expli-
cation de l'accident. »
Notea du Jour
URBANISME
Encore un mot nouveau. Celui-là n'est pas
pas passé par la douane. Du = reste dl n'y a
malheureusement pas do douane pour pro-
hiber à la frontière les vocables d'importa-
ti;on. L'urbanisme, c'est la science des vdlles.
On l'enseigne à l'Ecole d'art public ; on le
pratique aux œuvres d'entr'aide qui s'ap-
pellent : la Renaissance des cités ou la Re-
naissance des villages.
Que veulent les architectes urbanistes?
« Faire prévaloir contre le désordre les no-
tions de l'hygiène, du bien-être, de la sau-
vegarde de la race, et modifier dans la forme
même des villes les conditions matérielles de
l'existence humaine. » Pour eux, construire
une cité n'est pas aboutir à une simple jux-
taposition de monuments ayant des fonc-
tions définies, mais établir entre ces monu-
ments des rapports tels que toutes les acti-
vités sociales puissent s'y développer à l'aise.
Ça n'a l'air de rien, mais c'est une révo-
lution. C'est la fin des taudis, la lutte orga-
nisée contre la maladie et la criminalité, la
création de parcs de sport et de jardins
d'agrément. Un peuple épris de liberté a
besoin d'air, de lumière et d'espaces libres.
Ce pourquoi — soit dit en passant — la dé-
molition des fortifications parisiennes sera
éminemment salutaire.
Nos cités reconstruites- n'auront pas le pit-
:oresque aspect do nos vieilles villes où, en
rlânant à travers le dédale des rues étroites
et tortueuses, chaque pas fait surgir des
souvenirs de légende ou d'histoire. Mais
soumises aux règles de la composition arcîii*-
tecturale et de l'hygiène, .elles seront pro-
pres, claires, gaies, saines, polies, car les
villes ont leur politesse comme les gens.
Urbanisme a la même racine latine qu'ur-
banité.
Emettons tout de même le vœu qu'on évite
la monotonie des angles droits et des symé-
tries géométriques. J'aime bien les Améri-
cains, je vous assure, mais pas avec un ban-
deau sur les yeux.
LIRE EN 2e PAGE : a L'Allemagne n'a pas
étouffé toutes les velléités séparatistes».
maUyaISBbeSOgne
Le projet de loi portant aggra-
vation des articles du Code pénal
qui visent l'accaparement et la spé-
culation - étant voté par la Cham- -
bre, il est pénible de revenir sur le vote de
'amendement désormais fameux sous le nom
de M. Fernand David. Il le faut pourtant.
Et pour plusieurs raisons, dont la moindre
n\t pas de réduire à sa juste importance,
avant qu'il ne soit trop tard, une manœuvre
qui ne fut, en définitive qu'une inutile ma-
ladresse.
L'intention du gouvernement, en déposant
le projet — dont d'ailleurs nous avions si-
gnalé sur un point l'insuffisance — n'était
pas douteuse: il s'agissait à la fois de pro-
téger le consommateur contre la spéculation,
et de défendre l'ordre public contre la mon-
tée possible du mécontentement causé par la
cherté croissante de la vie. En aucune façon
et d' aucune manière, les mesures proposées
ne pouvaient être considérées comme de na-
ture à brimer la production et le commerce
honnêtes. Pourquoi, dans ces conditions, vou-
loir soustraire les producteurs ruraux à l'ap-
plication de la loi? N'y échappent-ils point
tout naturellement s'ils n'accaparent ni ne
spéculent? Et quelle injure l'amendement de
M. Fernand David ne fait-il pas à l'im-
mense majorité des travailleurs de nos cam-
pagnes en les solidarisant avec les quelques-
uns d'entre eux qui peuvent n'être que de
simples profiteurs de la guerre, comme tanf
d'autres — et dont il s'agissait, en défini-
tive, de protéger les manœuvres criminelles ?
Mais. la conséquence d'un tel amendement
pouvait être plus néfaste encore: ne tendait-'i
pas à rien moins qu'à couper en deux cette
admirable nation française dont l'union a
forcé la victoire? Quand tous Jes citoyens ont
fait également — et d'un même héroïsme —
leur devoir de soldats, de quelle perversion
du sentiment de caste ou de parti ne faut-il
point être affligé pour accapter, sans aucuns
utilité, de les dresser les uns contre les au-
tres ?
Car, au bout du compte, la manœuvre n'a.
pas eu le résultat qu'on lui souhaitait: la
Chambre, en votant à l'unanimité l'applica-
tion de la loi à tous les spéculateurs, a neu-
tralisé radicalement l'effet de l'amendement
— qui par ailleurs no protégera pas davan-
tage les accapareurs contre ia loi de 1916,
existante celle-là et qu'il suffira de leur ap-
pliquer.
Qu'en reste-t-il alors? La mauvaise im-
pression causée dans le pays par ce que tout
le monde a reconnu n'être qu'une assez pi-
tovabie surenchère électorale. Après les ser-
vices si réels et si grands rendus à la France
,par le Parlement, après la part qu'il a prise
par lui-même et par ses commissions, dans l i
conduite de la guerre, il est regrettable qu'on
puisse se prévaloir contre lui d'un vote qui
n'était même pas l'expression de la pensée,
réelle de ceux qui l'ont émis. Car la plu-
part des députés « ruraux » qui ont donné
lur bulletin au malencontreux texte de M.
Ferna.nd David ne l'ont fait que contraints
et forcés et ne se sont pas gênés pour con-
damner eux-mêmes un geste'auquel ils eus-
sent bien préféré qu'on ne Les e,.soeiât pas..
LA VIE CHÈRE
Au ministère du ravitaillement
M. Vilgrain, sous-secrétaire d'Etat au ra-
vitaillement, a reçu, hier après-midi, MM.
Autrand, préfet de la Seine ; Haux, préfet
de police ; Peuch, président du conseil gé-
néral ; Fiancette, Evain, Le Corbeiller, con-
seillers municipaux.
11 leur a exposé les mesures qu'il compte
prendre pour abaisser le prix de la vie,
principalement à Paris.
La question de l'indemnité aux P. T. T.
M. Pasquet, secrétaire ancrai des postes
et télégraphes, a reçu mercredi dernier tune,
délégation du Syndicat national des agents
de cette administration.
Au cours de l'audience, le malentendu sur-
venu à la suite d'une, discussion partis de
points de vue différerits a été dissipé. Le
conseil syndical a décidé de reprendre pure-
ment et simplement son projet de relèvement
des traitements actuels au taux de 100 et
de demander aux pouvoirs publics, en atten-
dant que le relèvement des traitements soit
réalisé, que les allocations de cherté de vie
soient portées à 10 francs par jour à partir
du 1er janvier 1919.
L'administration*" de son côté, a dressé un
programme de réorganisation qui tient
compte de la situation des .retraités, lesquels
bénéficieraient également de l'amélioration
des traitements.
Les crimes allemands
Destruction systématique de nos industries
Le ministre des finances va publier in-
cessamment une brochure composée de
courts extraits empruntés à un ouvrage pu-
blié en février 19Jtj, par les soins de l'étàt-
major allemand au moment où il avait en-
gagé à Verdun la grande partie qu'il esti-
mait devoir conduire l'Allemagne il la vic-
toire à bref délai.
C'est un travail minutieux et savant d'es-
pionnage industriel transmis à toutes les
organisations économiques allemandes pour
permettre à leurs ressortissants de se subs-
tituer, après la guerre, sur- les marchés
français et alliés, aux établissements in-
dustriels français savamment endommagés
ou minutieusement détruits. 11 fournit la
preuve que l'armée allemande détruisait
consciemment au profit de l'industrie aUe-
mande.
Les raids sur Londres
L'état-majo.r de la brigade des pompiers
de Londres publie un document relatif aux
vingt-cinq raids aériens que Londres a su-
bis pendant la guerre. N
Il en résulte que Londres a reçu §27
bombes, dont 343 incendiaires et 484 explo-
sives ; 19 n'éclatèrent pas ; 7 tombèrent
dans la Tamise. 14.290 immeubles, en tout,
éprouvèrent des dommages plus ou moins
importants.
LA JOURNÉE TCHECOSLOVAQUE
La municipalité de Paris recevra il l'HOtel
de Ville, samedi 15 février, à 3 heureô, M.
Kramarz,président du consoUJ des ministres,
et M. Benès,ministre des affaires étrangères
1 1 du gouvernement provisoire tchécoslovaque,.
Le Conseil interallié
tfaite de l'armistice
Le conseil supérieur de guerre interallié
a tenu, hiej* après-midi, une nouvelle réu-
nion à l'issue de laquelle la note officielle
suivante a été communiquée :,
Le conseilsupérieur de guerre s'est réuni
cet après-midi de trois heures à cinq
heures trois quarts.
La réunion a continué Vétude des termes
du renouvellement de l'armistice.
La prochaine réunion aura lieu lundi à
trois heures.
LE POINT DE VUE CANADIEN
M. C. J. Doberty, ministre de la justice
du Canada, a été chargé par son gouverne-
ment d'exposer le point de vue canadien
dans lu constitution d'une Ligue des na-
tions.
D'après M. Doherty, ce n'est pas aux
gouvernements que doit être remise la di-
rection de la Ligue des nations, mais la
tâche d'empêcher la guerre doit être réser-
vée « à un corps représentatif élu à cette
fin au suffrage populaire dans tous les
pavs JI.
Cette assemblée démocratique n'aurait au
début qu'un pouvoir consultatif ; mais elle
posséderait un droit d'enquête, de discus-
sion, de délibération ; elle pourrait même
soumettre des lois ou des solutions inter-
Bati«nale»'à l'approbation des Etuts : elle
'siégerait en permanence pour éclairer l'opi-
nion, prévenir ou détruire par l'étude et la
publicité les causes de conflit.
L'enquête sur la Pologne
La mission de huit membres, américains,
anglais, français, italiens, qui part ce soir
pour Varsovie, afin d'enquêter sur la situa-
tion politique, militaire et économique de
la Pologne, s'est réunie une dernière fois,
hier matin, au quai d'Orsay.
La séance s'est prolongée jusqu'à une
heure de l'après-midi. M. Noulens présidait.
Les commissaires ont achevé de dresser le
programme de leur enquête. Ils ont entendu
la délégation économique polonaise.
LA REPRESENTATION POLONAISE
On mande de Varsovie que le général
Pilsudski a désigné M. Paderewski comme
délégué à la Conférence de la paix.
M. Dluski, chef de la délégation extraor-
dinaire du chef d'Etat, a été nommé son
remplaçant effectif.
fCe3 deux nominations sont une nouvelle
confirmation de l'accord complet qui règne
désormais au sein du gouvernement polo-
nais et qui caractérise ses rapports avec ses
représentants à Paris.]
Les grandes commissions
L'ORGANISATION INTERNATIONALE
DU TRAVAIL
La délégation américaine, que préside
M. Gompers, a soumis à la commission un
projet d'ensemble, dans lequel elle insiste,
notamment, sur la nécessité de généraliser
la journée de huit heures, d'interdire l'em-
ploi des enfants au-dessous de seize ans, et
d'égaliser les salaires des deux sexes.
LES REVENDICATIONS ROUMAINES
La commission pour l'étude des questions
territoriales relatives à la Roumanie s'est
réunie le 8 février, à 15 heures, au minis-
tère des affaires étrangères.
Elle a nommé président M. Tardieu
(France) et vice-président M. de Martino
(Italie), qui a dirigé les débats en l'absence
de M. Tardieu retenu au conseil suprême
de guerre. Elle a commencé l'étude des
revendications territoriales roumaines.
LA SOCIETE DES NATIONS
La commission de la Société des hations
a tenu, hier matin, à dix heures et demie,
à l'hôtel Grillon, une séance dans laquelle
le même .accord s'est manifesté que dans
les séances précédentes.
A la fin de cette séance, la commission
s'est trouvée très près de la fin de son
travail de première lecture du projet qui
lui est soumis. 11 ne reste plus que quel-
ques articles de ce projet à examiner. Un
certain nombre de questions ont été ren-
voyées il un comité de rédaction pour être
mises au point avant d'être examinées de
nouveau par la commission et certains des
points qui ont été acceptés provisoirement
seront discutés de nouveau avant que la
commission adresse son rapport à la con-
férence.
M. Ricci Busatti a été nommé comme re-
présentant de la, délégation italienne dans
le secrétariat.
La commission , tiendra sa prochaine
séance à l'hôtel Crillon, lundi matin à dix
heures et demie.
Hier après-midi, le comité de rédaction
désigné dans la matinée s'est réuni à l'hô-
tel Majestic afin de préparer un rapport
qui doit être soumis à la prochaine séance
de la commission.
Ce comité de rédaction se compose de :
MM. Hymans, Bourgeois, lord Robert Cecil,
Venizelos.
AUTOUR DE LA CONFERENCE
LORD MILNER
REMPLACERAIT M. LLOYD (ÏEORGE
Lord Milner, qui est arrivé à Paris, pa-
raît appelé à remplacer comme plénipoten-
tiaire britannique M. Lloyd George pendant
la durée de son absence.
On sait que lord Milner fut membre sans
portefeuille du War office depuis la for-
mation du cabinet Lloyd George, c'est-à-
dire depuis novembre 1916, jusqu'en avril
1918, date où il se chargea du portefeuille
de la guerre. Depuis le dernier remanie-
ment ministériel, c'est-à-dire depuis un.
mois, il occupe le poste de secrétaire d'Etli:ï:
pour les colonies. ,
L'UNION SERBO-YOUGO-SLAVE
M. Lansing, secrétaire d'Etat américain,
a annoncé que les Etats-Unis ont officielle-
ment reconnu l'union des Yougo-Slaves
avec les Serbes et les Croates, mais que
le soin de résoudre la question de la déli-
mitation des frontières territoriales sera
laissé à la Conférence de la paix, suivant
le désir des peuples intéressés.
Le New. York Herald croit savoir, d'au-
tre part, que « les difficultés qui s'étaient
élevées entre les Yougo-Siaves et les lta-
liens sont en bonne voie de règlement ».
u CM tumm
La coalition S partis
appuie le Directoire
L'élection du docteur David à la prési-
dence de la Constituante marque un succès
pour le gouvernement d'Ebert.
Elle scelle l'union des majoritaires, des
démocrates et des centristes, contre les so-
cialistes indépendants. Ceux-ci avaient
d'ailleurs refusé. leur collabora.tion aux
trois grands partis qui soutiennent la
politique du Directoire.
Les minoritaires ont donc décidé de se
confiner dans l'opposition et on peut leur
attribuer 22 voix (leur nombre exact) sur
les 25 qui ont voté contre David.
La personnalité de David et son élec-
tion ne sont pas sans justifier les doutes
que l'on peut avoir sur les tendances dé-
mocratiques de la nouvelle Assemblée.
Ancien député au Reichstag, David a
toujours marché la main dans la main
avec Ebert et Scheidemann.
Parmi d'autres interventions qui justi-
fient la confiance qu'ont mise en lui les
centristes, rappelons que, désigné par SoIf
pour tirer au clair les accusations du docu-
ment Lerchenfeld sur les origines de la
guerre, il s'attira les foudres de Kurt Eis-
ner et de Kautsky, pour les avoir- tenus à
l'écart et leur avoir interdit tout contrôle.
Depuis la révolution. il s'était fait ad-
joindre à Solt * comme sous-secrétaire
d'Etat aux affaires étrangères, pour y étu-
dier « les origines de la guerre ».
Quant au premier vice-président de l'As-
semblée, Fehrenbach (les deux autres sont
Haussmann et Dietrich), il était président
du Reichstag. - H. P.
Le discours de David
nale, S février.— Le docteur David,après
son élection à la présidence de l'Assemblée,
a prononcé un discours dont voici les pas-
sages principaux : ¡
« Une tâche immense nous attend, a-t-il
dit. La guerre et la révolution ont disloqué
l'ancien régime de gouvernement ; l'an-
cien édifice est à terre, écroulé. Nous de-
vons en ériger un nouveau ; a la place de
l'ancien système bâti sur les privilèges de
quelques-uns, ériger un Etat démocratique
reposant sur la complète égalité des droits
des citoyens.
« Nous aspirons tous à apporter par no-
tre travail la preuve que. l'Allemagne est
un (pays mûr pour la démocratie.
« A la vie du peuple allemand appartient
aussi l'Alsace-Lorraine. Nous envoyons
notre salpt au peuple alsacien-lorrain, et
nous ne cesserons jamais de réclamer que
le droit de libre disposition sur son appar-
tenance nationale lui soit garanti comme U
est déclaré dans les principes wilsoniens.
(Vifs applaudissements.) j.
te La nation sœur, VAutriche allemande,
appartient aussi au pays et au peuple aIle.
mands. J1 espère bientôt pouvoir souhaiter
ici la bienvenue en qualité de collègues aux
représentants de l'Autriche âllemande. »
(Approbations et applaudissements enthou-
siastes. )
Le bloc gouvernemental
Le centre collabore. sous conditions
Berne, 8 février. — Voici les conditions
auxquelles le centre est disposé à colla-
borer avec les socialistes. Pas de sépara-
tion de l'Eglise et de l'Etat ; maintien de
la surveillance ecclésiastique sur les éco-
les ; enseignement religieux obligatoire ;
maintien de l'armée permanente ; octroi de
certaines garanties économiques. Les so-
cialistes montreraient toujours de la répu-
gnance à accepter toutes ces conditions.
Le gouvernement, pour avoir la collabora-
tion du centre, fera sans doute des conces-
sions. D'ailleurs, la fraction parlementaire
du centre ne prendra de décisions dénniti-
ves que dans la journée du 8.
.Les minoritaires se récusent
Ber-ne, 8 février. -1- Le bureau de la
fraction minoritaire a répondu par la note
suivante à la proposition faite par les so-
cialistes majoritaires :
La fraction parlementaire du parti socia-
liste indépendant a décidé de répondre à vo-
tre proposition dans les termes suivants :
« Les socialistes indépendants De sauraient
entrer dans le gouvernement aussi longtemps
que le gouvernement ne renoncera pas à
régner par la violence et aussi longtemps
que les membres du, gouvernement ne pro-
clameront pas franchement leur volonté de
défendre Fes conquêtes démocratiques et so-
cialistes de la révolution contre la bourgeoi-
sie et J'autocratie militaire. „
Un ministère de défense
Zurich, 8 février. — La Badisclie Presse
annonce que l'office impérial de la marine
serait complètement supprimé. Le minis-
tère de la guerre s'appellerait désormais
ministère de la défense de l'empire.
UN CONSEIL DES SOLDATS
DE L'EMPIRE
Bâle, 8 février. — On mande de Berlin :
Les Frankfurter Nachrichlen annoncent
que l'assemblée des conseils des soldats de
corps d'armée s'est clôturée, jeudi soir,
après trois jours de délibérations.
Elle a décidé la formation d'un conseil
de soldats de l'Empire. Bien que le gou-
vernement de l'Empire doive protester con-
tre le projet, la résolution dit que le con-
seil des soldats de l'Empire est la continua-
tion automatique du conseil des soldats et
la plus hautç instance de l'Allemagne ; il
exerce le pouvoir de commander d'une fa-
çdn paritaire avec le détenteur du com-
mandement dans le gouvernement.
Le conseil des soldats de l'empire dit que
l'on doit rétablir et maintenir la liaison
entre le gouvernement et les conseils des
soldats.
L'ARMISTICE
L'utilisation des navires internés
Cadix, 8 février. — Les steamers autri-
chiens internés Absirtea, Eros et Kobf ont
hissé le pavillon interallié.
Le premier partira demain pour l'Italie,
Les navires allemands et autrichiens in-
ternés hisseront demain le pavillon inter-
allié.
Les puissances forment
la mission de PiMIpo
Les grandes puissances- ont désigné leurs
délégués éventuels à la conférence de Prin-
kipo.
4 Ce seraient, pour l'Amérique, le profes-
seur Herron et M. W. Allen White ; pour
l'Empire britannique. M. Borden, premier
ministre du Canada ; pour la France, M.
Conty, notre ministre à Copenhague, et le
général Rampon ; pour l'Italie, le marquis
Torretta ancien ambassadeur à Pétrograd.
LES SOVIETS UKRAINIENS
On mande de source bolcheviste que le
gouvernement provisoire des soviets ou-
vriers et paysans de l'Ukraine annonce qin
ses troupes ont pris possession de Kief: Il
fairsavoir,parle commissaire du peuple aux
affaires étrangères Rakowsky,, que Je gou-
vernement soviétique ukrainien est disposé
a accepter l'invitation adressée par les gran-
des puissances à tous les groupements mi-
ses organisés, et à envoyer des délégués à
la conférence projetée. Mais il est d'avis
que la date du lo février fixée pour l'ou-
verture de cette conférence est trop proche ;
et il propose de la faipe siéger non à Prin-
kipo, mais à Paris..
Une Protestation
La « conférence politique russe » de Pa-
ris, qui compte parmi ses membres MM.
'Lvof, Sazonov, Bakhmetief, Maklakof,
Tchaïkovsky, Stakhoviteh, Savinkof, • Titof,
publie une déclaration dont voici les passa-
ges essentiels :
1° La conférence, en complet accord avec
les gouvernements locaux de la Russie, qui
veulent libérer le pays de l'anarchie et lais-
ser au peuple russe lui-même le soin de di-q-
poser de son sort, dénie tout droit de parler
au nom de la Russie à ceux qui se sont em-
parés du pouvoir au prix d'une trahison en.
vers ks alliés, s'y sont affermis avec l'aide
des troupes allemandes, payés -par la paix
hontfuse de Brest-Litovsk. ont dissous la.
Constituante et ne se maintiennent au pou-
voir que par la terreur ;
2° Elite proteste contre la prétention de ces
usurpateurs à disposer des biens de l'Etat
qu',ils ont osé proposer à nos alliés ;
30 Elle proteste contre les offres d'annexion
des territoires russes proposés aujourd'hui
aux alliés, comme ils étaient cédés hier à
l'Allemagne.
Contré le bolchevisme
Arkhangel, 8 février. — L'agence Union
annonce que la mobilisation de la classe
1899 est déclarée. Le gouvernement d'Ar-
khangel a décidé d'émettre un emprunt.
La presse d'Arkhangel considère qu'il est
impossible dé négocier avec les bolcheViks
qui ont trahi la patrie et qui renient tous
les principes de justice et de droit, ainsi
que l'idéal démocratique.
L'état d'esprit en Alsace
Le journal slesvigeois Hejmdal vient de
publier le texte du discours que le repré-
sentant du SleSvig dir Noiw au Reichstag
allemand, H.-P. Hanssen, a prononcé ces
jours derniers. Le passage relatif à l'Al-
sace et à la Lorraine est particulièrement
intéressant.
J'ai eu, a dit M. Hanssen, pendant los
vingt-trois ans que j'ai été député, beau-
coup d'occasions de faire connaissance inti-
mement avec les Alsaciens-Lorrains. J'ai pu,
après la grande débâcle allemande de liau-
tomne -dernier, parler longuement avec plu-
sieurs de leurs chefs ; je les ai tous trouvés
d'accord sur ce fait que les sentiments des
Alsaciens-Lorrains étaient français à un tel
point que 90 A 95 de la population vote-
raient pour leur réunion à la France.
M, HOOVER A BRUXELLES
Bruxelles, 8 février. — M. Hoover, con.
'trôleur des vivres américain, est attende
à Bruxelles samedi : il doit s'entretenir
avec les ministres et les chefs des grandes
entreprises des meilleurs moyens de hâter
la restauration économique de la Belgique.
Aucune réception officielle n'est prévue.
Le crépuscule des Jeunes- Turcs
Environ quarante. membres des plus
notoires du parti Union et Progrès ont été
arrêtés. Ils comprennent entre autres :
Hussein Djavid bey, vice-président de Pan-
cienne Chambre des députés ; Hadji Adit
bey, vali d'Andrinople ; Midhat Cbikri.
ex-secrétaire général du. comité Union et
Progrès ; Rahmi bey, ex-vali de Smyrne j
Ismaïl Dambolah, ex-ministre de rinté.
rieur et nombre d'autres personnalités
civiles et militaires.
Ces arrestations produisent la plus
profonde impression eur le public. Les
principaux chefs d'accusation contre lesi
inculpés sont les suivants : spéculations
illicites, massacres d'Arméniens, déporta.
tion de Grecs, mauvais traitements infligés
aux prisonniers de guerre alliés. L'action;
des autorités turques est due à la pression
exercée par les hauts commissaires alliés.
La Suède reçoit
le régent de Finlande
Stockholm, 8 février. — Le général dé
Mannerheim, élu, comme on le sait, régent
de Finlande, a été invité par le roi à se
rendre officiellement à Stockholm, où il
passera les journées des 12, 13 et 14 février
LES TRAITRES
Toqué, dit Régis Huart, après avoir été
interrogé encore une fois par le capitaine
rapporteur Salamson, vient d'être confronté
avec le policier Thomas.
L'inculpé 's'est défendu avec habileté ;
néanmoins il ressort des papiers qui ont été
saisis qu'il lut envoyé par la Gazette âes
Ardennes, comme correspondant de guerre
dans la région de Laon.
La capitaine Salanson avait entendu, ces
jours derniers, M. Flamant, commissaire
de police de Fourmies, qui affirme avoir
vu sur le bureau du juge allemand Richler
une note sur papier pelure dans laqueUtj
Toqué dénonçait M. Berthaut, maire de
Fourmies. Toqué a nié avec énergie. Tho-
mas, introduit à son tour, a déclaré qu.
la note en question était de Mme Tgqu4
JOURNAL QUOTI&ISN DU MATIN
Fondateur: G. CI-IÉÏlVEEïrtfGBA.Tjr
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A. BIRNIBR
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* Septième Année. — NQ 955
Rédaction et Administration
13 et 19, nae Taitbout, PARIS
TÉLÉPHONE
Trudaine 57.98 -Trudake 57-99
AprènaUais : CFNIM G:11
ÀDRSB TMHl : LBÛMuIBRE-PARIS
V DIMANCHE
9
FÉVRIER 1919
10 mdL le Numéro
ABONNEMENTS
Troi*Mùis Six Mois Ua ID
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PlUCUi an Boréaux tfu Jmd
Le bluff allemand
Puisctue les circonstances nous obli-
gent à prolonger l'armistice, il était
indispensable que, dans leurs nouvelles
conditions, les alliés fissent sentir à
l'ennemi que l'arrogance prussienne
n'était pas de saison. La psychologie
allemande, qui nous .a donné. au cours
de la guerre, tant de preuves de sa pau-
vreté, apparaît une fois de plus en
défaut..
.Sans doute, les dirigeants de Berlin,
— car ils ont beau siéger à Weimar,
ils n'en restent pas moins les gens de
Berlin, — en constatant les longueurs
de la Conférence préliminaire de Paris
et la. dispersion de son programme,
auront pensé que nos plénipotentiaires
rencontraient de grosses difficultés à se
meitre d'accord sur les nuestions vitales
=IUÍ intéressent l'Allemagne, puisqu'ils
paraissaient vouloir gagner du temps en
Rattachant à la solution des problèmes
secondaires.
Il est même probable que no& enne-
mis auront caressé l'espoir d'accentuer
ce qu'ils croient être déjà une déshar-
rnonie interalliée. Ce qui est certain,
c'est qu'ils ont changé de ton. Nous
n'avons plus devant nous l'Erzberger
suppliant du lendemain de l'armistice,
mais un Brockdorff-Rantzau qui ne
reconnaît pas sa défaite et qui prétend
parler au nom d'une Allemagne subite-
ment ressaisie. Les décisions prises par
le conseil de guerre des alliés et que
le maréchal Foch se chargera de trans-
mettre à ce Boche lui signifieront que
son arrogance est pour le moins pré-
maturée-
il n'en reste pas moins qu'un grand
effort a été accompli de l'autre côté du
Rhin pour réaliser une reconstitution
rapide de l'Allemagne, et nous aurions
tort de ne pas nous en préoccuper. Nous
avons fait ressortir, il y a quelques
jours, la rapidité avec, laquelle nos
ennemis, au lendemain de leur défaite
et de leur révolution, s'étaient ressaisis
clans l'ordre politique et dans l'ordre
militaire. Le même travail ost poursuivi
dans l'ordre social, et chaque jour nous
apporte de nouvelles preuves de la
maîtrise avec laquelle les anciens repré-
sentants de l'Empire, devenus les repré-
sentants de la République allemande,
ont su faire face à une situation qui
paraissait désespérée.
11 faut être aveuglés par une doctrine,
comme le sont nos socialistes, pour
n'avoir pas reconnu dans les social-dé-
mocrates qu'ils viennent de rencontrer
à Berpe les meilleurs, soutiens de l'an-
eien kaiserisme et pour avoir eu la
faiblesse d'accepter que la question des
responsabilités de la guerre fût écartée
des discussions du Congrès interna-
tional. Après avoir trompé pendant
quatre années la classe ouvrière alle.
mande, en se faisant les auxiliaires de
l'état-major, les social-démocrates se
font aujourd'hui les meilleurs agents du
conservatisme allemand pour défendre
l'unité de l'Empire et pour canaliser le
mouvement révolutionnaire.
Il suffit, pour s'en convaincre, d'exa-
miner la manière dont s'opèrent la démo-
bilisation économique et la réglemen-
tation du chômage. Les communes sont
désormais obligées de refuser ou de
retirer les secours de chômage lorsque
le chômeur ne veut pas accepter un
travail qui lui est imposé, même hors
de sa: profession et loin de son domicile-
L'arrivée au pouvoir -de la social-dé-
mocratie lui imposait, d'autre part,
l'obligation de la socialisation des
moyens de production. Dès Le début, les
nouveaux maîtres de l'Allemagne affir-
mèrent. que la socialisation des moyens
de production ne pouvait être quune
œuvre de longue haleine. Son applica-
tion ne pouvait être envisagée actuelle-
ment que pour les industries concentrées
dans un petit nombre de mains et don-
nant lieu à une sorte de monopole de
fait : mines, usines d'énergie électrique,
assurances.
Ils n'hésitèrent pas à soutenir qu'il faut
rejeter, en la matière, tout programme
schématique et doctrinal et qu'il faut
s'adapter aux conditions de chaque
industrie et aux besoins de chaque
époque ; qu'il est dangereux, enfin, de
substituer l'exploitation par l'Etat à
l'industrie privée dans un temps où la
situation économique et financière du
pays réclame une production intensive.-.
Pour des révolutionnaires socialistes,
voilàit-il pas des gens qui sont bien
bourgeois et bien respectueux de l'ordre
social- Nous ne leur en ferons pas grief.
Nous avons déjà dit que, dans notre
intérêt même, mieux valait une Alle-
magne organisée qu'une Allemagne
livrée au bolchevisme. Mais, pour ceux
de nos socialistes, — en particulier pour
les maximalistes de chez nous, — qui
ont cru devoir aller à Berne se jeter
dans les bras do leurs a camarades ■>
social-démocrates, quelle leçon ! Puis-
sent-ils en revenir, au moins, avec les
mêmes principes de sage évolution.
Il n'est pas étonnant que les diplo-
mates de l'ancien régime allemand,
sachant qu'ils peuvent s'appuyer sur un
socialisme prêt à tous les sacrifices de
doctrine pour collaborer à la reconsti-
tutiOD. d'une , grande Allemagne, retrou-
vent, quand ils s'adressant aux repré-
sentants des puissances de l'Entente, le
ton insolent des anciens fonctionnaires
de l'Empire. Ils sentent, en effet, que
rion n'est changé - et ils le constatent
d'autant mieux qu eux-mêmes n'ont pas
été remplacés.
Mais si la social-démocratie majori-
taire, aujourd'hui ; gouvernement, est
restée ce qu'elle était, peut-être les
Brockdorff-Rantzau se trompent-ils
quand ils s'imaginent que le peuple alle-
mand est demeuré le même et qu'il sup-
portera la dictature d'un Ebert ou d'un
Scheideimann avec la même passivité
respectueuse qu'il manifestait à l'égard
des Hohenzollern.
A la vérité, le grand effort; fait par
l'Allemagne pour se ressaisir ne dépasse
pas la sphère des classes dirigeantes.
Quant au peuple, il a si bien conscience
d'avoir perdu la guerre, qu'en attendant
d'être soumis au travail forcé, auquel il
sait qu'il ne pourra pas échapper, il
traîne son oisiveté dans la débauche et
dans l'anarchie. -'
Rien ne prouve, d'ailleurs, que l'ère
des convulsions soit close de l'autre côté
du Rhin. Le chômage augmente, malgré
toutes les mesures prises par le gouver-
nement, non parce que ïe travail fait
défaut, mais parce que l'ouvrier, qui
veut « jouir de "son reste », a perdu le
goût du travail. Il s'amuse, il boit, il
joue, il danse, il vole. Il est indifférent
aux pertes territoriales qu'il prévoit,
parce qu'il sait qu'ayant perdu la guerre
il est naturel que l'Allemagne paie-
La sérénité d'Ebert — celui-ci n'est
pas, d'ailleurs, aussi populaire qu'on
serait tenté de le croire — et l'arrogance
des diplomates ne correspondent en
aucune façon avec l'état moral du
peuple allemand. A côté du réel effort
— et dont il faut leur en reconnaître le
mérite — qu'ils ont fait pour empêcher
l'écroulement de leur patrie, leur atti-
tude provocatrice à l'égard des vain-
queurs que nous sommes n'est sans
doute qu'un formidable bluff ; mais il
n'en est pas moins urgent de le faire
cesser, parce qu'il est aussi injurieux
oour notre dignité que contraire à la
réalité dB la situation.
Il faut espérer que tous les gouver-
nements de l'Entente l'auront compris et
que le maréchal Foch sera chargé
d'exécuter cette mise au point néces-
saire.
Charles DANIELOU.
Un avertissement
Londres, 8 février. — La Daily Chronicle,
commentant la séance d'inauguration de
l'Assemblée nationale à Weimar, dit que,
puisque les alliés sont appelés à fournir
une aide à l'Allemagne, il faut qu'Ebert et
ses collègues parlent sur un ton différent.
Il. faut qu'ils se souviennent que l'Allema-
gne est à la barre des accusés, après avoir
commis le plus grand crime qui ait été
jamais perpétré contre l'humanité.
Ebert a déclaré, lors do son discours de-
vant l'Assemblée nationale, que les puis-
sances associées introduisaient la spolia-
tion dans leur conception de paix. Un poli-
ticien qui ne fit rien, l'année dernière,
pour mettre sérieusement obstacle aux
traités de Brest-Litovsk et de Bucarest de-
vrait être bon juge en matière de spolia-
tion.
L A .MÊE NATIONALE A LEMANOE
Berne, 8 février. — D'après la Frank-
furter Zeitung du 8 février, l'Assemblée
nationale, aussitôt qu'elle aura voté un
projet de Constituticn provisoire, s'occu-
pera de la reconstitution d'une armée na-
tionale, dont le commandement sera d'ail-
leurs- subordonné au gouvernement nàtio-
nal. Une fois qu'il sera constitué, le nou-
veau gouvernement recevra les pleins pou-
voirs militaires et on espère qu'il jouira
d'une autorité suffisante pour étouffer les
derniers restes de la dictature spartakiste
qui existent encore dans le pays.
La Catastrophe de Nanteuil
La Compagnie des chemins de fer de
l'Est communique la note suivante :
<; Il a été trouvé dans les débris de la
voiture allemande brûlée le 5 février à
l'entrée du souterrain de Nanteuil un ap-
pareil d'horlogerie abîmé par l'explosion
et qui devait être contenu dans un collis
placé sous là banquette.
« Cette découverte parait donner l'expli-
cation de l'accident. »
Notea du Jour
URBANISME
Encore un mot nouveau. Celui-là n'est pas
pas passé par la douane. Du = reste dl n'y a
malheureusement pas do douane pour pro-
hiber à la frontière les vocables d'importa-
ti;on. L'urbanisme, c'est la science des vdlles.
On l'enseigne à l'Ecole d'art public ; on le
pratique aux œuvres d'entr'aide qui s'ap-
pellent : la Renaissance des cités ou la Re-
naissance des villages.
Que veulent les architectes urbanistes?
« Faire prévaloir contre le désordre les no-
tions de l'hygiène, du bien-être, de la sau-
vegarde de la race, et modifier dans la forme
même des villes les conditions matérielles de
l'existence humaine. » Pour eux, construire
une cité n'est pas aboutir à une simple jux-
taposition de monuments ayant des fonc-
tions définies, mais établir entre ces monu-
ments des rapports tels que toutes les acti-
vités sociales puissent s'y développer à l'aise.
Ça n'a l'air de rien, mais c'est une révo-
lution. C'est la fin des taudis, la lutte orga-
nisée contre la maladie et la criminalité, la
création de parcs de sport et de jardins
d'agrément. Un peuple épris de liberté a
besoin d'air, de lumière et d'espaces libres.
Ce pourquoi — soit dit en passant — la dé-
molition des fortifications parisiennes sera
éminemment salutaire.
Nos cités reconstruites- n'auront pas le pit-
:oresque aspect do nos vieilles villes où, en
rlânant à travers le dédale des rues étroites
et tortueuses, chaque pas fait surgir des
souvenirs de légende ou d'histoire. Mais
soumises aux règles de la composition arcîii*-
tecturale et de l'hygiène, .elles seront pro-
pres, claires, gaies, saines, polies, car les
villes ont leur politesse comme les gens.
Urbanisme a la même racine latine qu'ur-
banité.
Emettons tout de même le vœu qu'on évite
la monotonie des angles droits et des symé-
tries géométriques. J'aime bien les Améri-
cains, je vous assure, mais pas avec un ban-
deau sur les yeux.
LIRE EN 2e PAGE : a L'Allemagne n'a pas
étouffé toutes les velléités séparatistes».
maUyaISBbeSOgne
Le projet de loi portant aggra-
vation des articles du Code pénal
qui visent l'accaparement et la spé-
culation - étant voté par la Cham- -
bre, il est pénible de revenir sur le vote de
'amendement désormais fameux sous le nom
de M. Fernand David. Il le faut pourtant.
Et pour plusieurs raisons, dont la moindre
n\t pas de réduire à sa juste importance,
avant qu'il ne soit trop tard, une manœuvre
qui ne fut, en définitive qu'une inutile ma-
ladresse.
L'intention du gouvernement, en déposant
le projet — dont d'ailleurs nous avions si-
gnalé sur un point l'insuffisance — n'était
pas douteuse: il s'agissait à la fois de pro-
téger le consommateur contre la spéculation,
et de défendre l'ordre public contre la mon-
tée possible du mécontentement causé par la
cherté croissante de la vie. En aucune façon
et d' aucune manière, les mesures proposées
ne pouvaient être considérées comme de na-
ture à brimer la production et le commerce
honnêtes. Pourquoi, dans ces conditions, vou-
loir soustraire les producteurs ruraux à l'ap-
plication de la loi? N'y échappent-ils point
tout naturellement s'ils n'accaparent ni ne
spéculent? Et quelle injure l'amendement de
M. Fernand David ne fait-il pas à l'im-
mense majorité des travailleurs de nos cam-
pagnes en les solidarisant avec les quelques-
uns d'entre eux qui peuvent n'être que de
simples profiteurs de la guerre, comme tanf
d'autres — et dont il s'agissait, en défini-
tive, de protéger les manœuvres criminelles ?
Mais. la conséquence d'un tel amendement
pouvait être plus néfaste encore: ne tendait-'i
pas à rien moins qu'à couper en deux cette
admirable nation française dont l'union a
forcé la victoire? Quand tous Jes citoyens ont
fait également — et d'un même héroïsme —
leur devoir de soldats, de quelle perversion
du sentiment de caste ou de parti ne faut-il
point être affligé pour accapter, sans aucuns
utilité, de les dresser les uns contre les au-
tres ?
Car, au bout du compte, la manœuvre n'a.
pas eu le résultat qu'on lui souhaitait: la
Chambre, en votant à l'unanimité l'applica-
tion de la loi à tous les spéculateurs, a neu-
tralisé radicalement l'effet de l'amendement
— qui par ailleurs no protégera pas davan-
tage les accapareurs contre ia loi de 1916,
existante celle-là et qu'il suffira de leur ap-
pliquer.
Qu'en reste-t-il alors? La mauvaise im-
pression causée dans le pays par ce que tout
le monde a reconnu n'être qu'une assez pi-
tovabie surenchère électorale. Après les ser-
vices si réels et si grands rendus à la France
,par le Parlement, après la part qu'il a prise
par lui-même et par ses commissions, dans l i
conduite de la guerre, il est regrettable qu'on
puisse se prévaloir contre lui d'un vote qui
n'était même pas l'expression de la pensée,
réelle de ceux qui l'ont émis. Car la plu-
part des députés « ruraux » qui ont donné
lur bulletin au malencontreux texte de M.
Ferna.nd David ne l'ont fait que contraints
et forcés et ne se sont pas gênés pour con-
damner eux-mêmes un geste'auquel ils eus-
sent bien préféré qu'on ne Les e,.soeiât pas..
LA VIE CHÈRE
Au ministère du ravitaillement
M. Vilgrain, sous-secrétaire d'Etat au ra-
vitaillement, a reçu, hier après-midi, MM.
Autrand, préfet de la Seine ; Haux, préfet
de police ; Peuch, président du conseil gé-
néral ; Fiancette, Evain, Le Corbeiller, con-
seillers municipaux.
11 leur a exposé les mesures qu'il compte
prendre pour abaisser le prix de la vie,
principalement à Paris.
La question de l'indemnité aux P. T. T.
M. Pasquet, secrétaire ancrai des postes
et télégraphes, a reçu mercredi dernier tune,
délégation du Syndicat national des agents
de cette administration.
Au cours de l'audience, le malentendu sur-
venu à la suite d'une, discussion partis de
points de vue différerits a été dissipé. Le
conseil syndical a décidé de reprendre pure-
ment et simplement son projet de relèvement
des traitements actuels au taux de 100 et
de demander aux pouvoirs publics, en atten-
dant que le relèvement des traitements soit
réalisé, que les allocations de cherté de vie
soient portées à 10 francs par jour à partir
du 1er janvier 1919.
L'administration*" de son côté, a dressé un
programme de réorganisation qui tient
compte de la situation des .retraités, lesquels
bénéficieraient également de l'amélioration
des traitements.
Les crimes allemands
Destruction systématique de nos industries
Le ministre des finances va publier in-
cessamment une brochure composée de
courts extraits empruntés à un ouvrage pu-
blié en février 19Jtj, par les soins de l'étàt-
major allemand au moment où il avait en-
gagé à Verdun la grande partie qu'il esti-
mait devoir conduire l'Allemagne il la vic-
toire à bref délai.
C'est un travail minutieux et savant d'es-
pionnage industriel transmis à toutes les
organisations économiques allemandes pour
permettre à leurs ressortissants de se subs-
tituer, après la guerre, sur- les marchés
français et alliés, aux établissements in-
dustriels français savamment endommagés
ou minutieusement détruits. 11 fournit la
preuve que l'armée allemande détruisait
consciemment au profit de l'industrie aUe-
mande.
Les raids sur Londres
L'état-majo.r de la brigade des pompiers
de Londres publie un document relatif aux
vingt-cinq raids aériens que Londres a su-
bis pendant la guerre. N
Il en résulte que Londres a reçu §27
bombes, dont 343 incendiaires et 484 explo-
sives ; 19 n'éclatèrent pas ; 7 tombèrent
dans la Tamise. 14.290 immeubles, en tout,
éprouvèrent des dommages plus ou moins
importants.
LA JOURNÉE TCHECOSLOVAQUE
La municipalité de Paris recevra il l'HOtel
de Ville, samedi 15 février, à 3 heureô, M.
Kramarz,président du consoUJ des ministres,
et M. Benès,ministre des affaires étrangères
1 1 du gouvernement provisoire tchécoslovaque,.
Le Conseil interallié
tfaite de l'armistice
Le conseil supérieur de guerre interallié
a tenu, hiej* après-midi, une nouvelle réu-
nion à l'issue de laquelle la note officielle
suivante a été communiquée :,
Le conseilsupérieur de guerre s'est réuni
cet après-midi de trois heures à cinq
heures trois quarts.
La réunion a continué Vétude des termes
du renouvellement de l'armistice.
La prochaine réunion aura lieu lundi à
trois heures.
LE POINT DE VUE CANADIEN
M. C. J. Doberty, ministre de la justice
du Canada, a été chargé par son gouverne-
ment d'exposer le point de vue canadien
dans lu constitution d'une Ligue des na-
tions.
D'après M. Doherty, ce n'est pas aux
gouvernements que doit être remise la di-
rection de la Ligue des nations, mais la
tâche d'empêcher la guerre doit être réser-
vée « à un corps représentatif élu à cette
fin au suffrage populaire dans tous les
pavs JI.
Cette assemblée démocratique n'aurait au
début qu'un pouvoir consultatif ; mais elle
posséderait un droit d'enquête, de discus-
sion, de délibération ; elle pourrait même
soumettre des lois ou des solutions inter-
Bati«nale»'à l'approbation des Etuts : elle
'siégerait en permanence pour éclairer l'opi-
nion, prévenir ou détruire par l'étude et la
publicité les causes de conflit.
L'enquête sur la Pologne
La mission de huit membres, américains,
anglais, français, italiens, qui part ce soir
pour Varsovie, afin d'enquêter sur la situa-
tion politique, militaire et économique de
la Pologne, s'est réunie une dernière fois,
hier matin, au quai d'Orsay.
La séance s'est prolongée jusqu'à une
heure de l'après-midi. M. Noulens présidait.
Les commissaires ont achevé de dresser le
programme de leur enquête. Ils ont entendu
la délégation économique polonaise.
LA REPRESENTATION POLONAISE
On mande de Varsovie que le général
Pilsudski a désigné M. Paderewski comme
délégué à la Conférence de la paix.
M. Dluski, chef de la délégation extraor-
dinaire du chef d'Etat, a été nommé son
remplaçant effectif.
fCe3 deux nominations sont une nouvelle
confirmation de l'accord complet qui règne
désormais au sein du gouvernement polo-
nais et qui caractérise ses rapports avec ses
représentants à Paris.]
Les grandes commissions
L'ORGANISATION INTERNATIONALE
DU TRAVAIL
La délégation américaine, que préside
M. Gompers, a soumis à la commission un
projet d'ensemble, dans lequel elle insiste,
notamment, sur la nécessité de généraliser
la journée de huit heures, d'interdire l'em-
ploi des enfants au-dessous de seize ans, et
d'égaliser les salaires des deux sexes.
LES REVENDICATIONS ROUMAINES
La commission pour l'étude des questions
territoriales relatives à la Roumanie s'est
réunie le 8 février, à 15 heures, au minis-
tère des affaires étrangères.
Elle a nommé président M. Tardieu
(France) et vice-président M. de Martino
(Italie), qui a dirigé les débats en l'absence
de M. Tardieu retenu au conseil suprême
de guerre. Elle a commencé l'étude des
revendications territoriales roumaines.
LA SOCIETE DES NATIONS
La commission de la Société des hations
a tenu, hier matin, à dix heures et demie,
à l'hôtel Grillon, une séance dans laquelle
le même .accord s'est manifesté que dans
les séances précédentes.
A la fin de cette séance, la commission
s'est trouvée très près de la fin de son
travail de première lecture du projet qui
lui est soumis. 11 ne reste plus que quel-
ques articles de ce projet à examiner. Un
certain nombre de questions ont été ren-
voyées il un comité de rédaction pour être
mises au point avant d'être examinées de
nouveau par la commission et certains des
points qui ont été acceptés provisoirement
seront discutés de nouveau avant que la
commission adresse son rapport à la con-
férence.
M. Ricci Busatti a été nommé comme re-
présentant de la, délégation italienne dans
le secrétariat.
La commission , tiendra sa prochaine
séance à l'hôtel Crillon, lundi matin à dix
heures et demie.
Hier après-midi, le comité de rédaction
désigné dans la matinée s'est réuni à l'hô-
tel Majestic afin de préparer un rapport
qui doit être soumis à la prochaine séance
de la commission.
Ce comité de rédaction se compose de :
MM. Hymans, Bourgeois, lord Robert Cecil,
Venizelos.
AUTOUR DE LA CONFERENCE
LORD MILNER
REMPLACERAIT M. LLOYD (ÏEORGE
Lord Milner, qui est arrivé à Paris, pa-
raît appelé à remplacer comme plénipoten-
tiaire britannique M. Lloyd George pendant
la durée de son absence.
On sait que lord Milner fut membre sans
portefeuille du War office depuis la for-
mation du cabinet Lloyd George, c'est-à-
dire depuis novembre 1916, jusqu'en avril
1918, date où il se chargea du portefeuille
de la guerre. Depuis le dernier remanie-
ment ministériel, c'est-à-dire depuis un.
mois, il occupe le poste de secrétaire d'Etli:ï:
pour les colonies. ,
L'UNION SERBO-YOUGO-SLAVE
M. Lansing, secrétaire d'Etat américain,
a annoncé que les Etats-Unis ont officielle-
ment reconnu l'union des Yougo-Slaves
avec les Serbes et les Croates, mais que
le soin de résoudre la question de la déli-
mitation des frontières territoriales sera
laissé à la Conférence de la paix, suivant
le désir des peuples intéressés.
Le New. York Herald croit savoir, d'au-
tre part, que « les difficultés qui s'étaient
élevées entre les Yougo-Siaves et les lta-
liens sont en bonne voie de règlement ».
u CM tumm
La coalition S partis
appuie le Directoire
L'élection du docteur David à la prési-
dence de la Constituante marque un succès
pour le gouvernement d'Ebert.
Elle scelle l'union des majoritaires, des
démocrates et des centristes, contre les so-
cialistes indépendants. Ceux-ci avaient
d'ailleurs refusé. leur collabora.tion aux
trois grands partis qui soutiennent la
politique du Directoire.
Les minoritaires ont donc décidé de se
confiner dans l'opposition et on peut leur
attribuer 22 voix (leur nombre exact) sur
les 25 qui ont voté contre David.
La personnalité de David et son élec-
tion ne sont pas sans justifier les doutes
que l'on peut avoir sur les tendances dé-
mocratiques de la nouvelle Assemblée.
Ancien député au Reichstag, David a
toujours marché la main dans la main
avec Ebert et Scheidemann.
Parmi d'autres interventions qui justi-
fient la confiance qu'ont mise en lui les
centristes, rappelons que, désigné par SoIf
pour tirer au clair les accusations du docu-
ment Lerchenfeld sur les origines de la
guerre, il s'attira les foudres de Kurt Eis-
ner et de Kautsky, pour les avoir- tenus à
l'écart et leur avoir interdit tout contrôle.
Depuis la révolution. il s'était fait ad-
joindre à Solt * comme sous-secrétaire
d'Etat aux affaires étrangères, pour y étu-
dier « les origines de la guerre ».
Quant au premier vice-président de l'As-
semblée, Fehrenbach (les deux autres sont
Haussmann et Dietrich), il était président
du Reichstag. - H. P.
Le discours de David
nale, S février.— Le docteur David,après
son élection à la présidence de l'Assemblée,
a prononcé un discours dont voici les pas-
sages principaux : ¡
« Une tâche immense nous attend, a-t-il
dit. La guerre et la révolution ont disloqué
l'ancien régime de gouvernement ; l'an-
cien édifice est à terre, écroulé. Nous de-
vons en ériger un nouveau ; a la place de
l'ancien système bâti sur les privilèges de
quelques-uns, ériger un Etat démocratique
reposant sur la complète égalité des droits
des citoyens.
« Nous aspirons tous à apporter par no-
tre travail la preuve que. l'Allemagne est
un (pays mûr pour la démocratie.
« A la vie du peuple allemand appartient
aussi l'Alsace-Lorraine. Nous envoyons
notre salpt au peuple alsacien-lorrain, et
nous ne cesserons jamais de réclamer que
le droit de libre disposition sur son appar-
tenance nationale lui soit garanti comme U
est déclaré dans les principes wilsoniens.
(Vifs applaudissements.) j.
te La nation sœur, VAutriche allemande,
appartient aussi au pays et au peuple aIle.
mands. J1 espère bientôt pouvoir souhaiter
ici la bienvenue en qualité de collègues aux
représentants de l'Autriche âllemande. »
(Approbations et applaudissements enthou-
siastes. )
Le bloc gouvernemental
Le centre collabore. sous conditions
Berne, 8 février. — Voici les conditions
auxquelles le centre est disposé à colla-
borer avec les socialistes. Pas de sépara-
tion de l'Eglise et de l'Etat ; maintien de
la surveillance ecclésiastique sur les éco-
les ; enseignement religieux obligatoire ;
maintien de l'armée permanente ; octroi de
certaines garanties économiques. Les so-
cialistes montreraient toujours de la répu-
gnance à accepter toutes ces conditions.
Le gouvernement, pour avoir la collabora-
tion du centre, fera sans doute des conces-
sions. D'ailleurs, la fraction parlementaire
du centre ne prendra de décisions dénniti-
ves que dans la journée du 8.
.Les minoritaires se récusent
Ber-ne, 8 février. -1- Le bureau de la
fraction minoritaire a répondu par la note
suivante à la proposition faite par les so-
cialistes majoritaires :
La fraction parlementaire du parti socia-
liste indépendant a décidé de répondre à vo-
tre proposition dans les termes suivants :
« Les socialistes indépendants De sauraient
entrer dans le gouvernement aussi longtemps
que le gouvernement ne renoncera pas à
régner par la violence et aussi longtemps
que les membres du, gouvernement ne pro-
clameront pas franchement leur volonté de
défendre Fes conquêtes démocratiques et so-
cialistes de la révolution contre la bourgeoi-
sie et J'autocratie militaire. „
Un ministère de défense
Zurich, 8 février. — La Badisclie Presse
annonce que l'office impérial de la marine
serait complètement supprimé. Le minis-
tère de la guerre s'appellerait désormais
ministère de la défense de l'empire.
UN CONSEIL DES SOLDATS
DE L'EMPIRE
Bâle, 8 février. — On mande de Berlin :
Les Frankfurter Nachrichlen annoncent
que l'assemblée des conseils des soldats de
corps d'armée s'est clôturée, jeudi soir,
après trois jours de délibérations.
Elle a décidé la formation d'un conseil
de soldats de l'Empire. Bien que le gou-
vernement de l'Empire doive protester con-
tre le projet, la résolution dit que le con-
seil des soldats de l'Empire est la continua-
tion automatique du conseil des soldats et
la plus hautç instance de l'Allemagne ; il
exerce le pouvoir de commander d'une fa-
çdn paritaire avec le détenteur du com-
mandement dans le gouvernement.
Le conseil des soldats de l'empire dit que
l'on doit rétablir et maintenir la liaison
entre le gouvernement et les conseils des
soldats.
L'ARMISTICE
L'utilisation des navires internés
Cadix, 8 février. — Les steamers autri-
chiens internés Absirtea, Eros et Kobf ont
hissé le pavillon interallié.
Le premier partira demain pour l'Italie,
Les navires allemands et autrichiens in-
ternés hisseront demain le pavillon inter-
allié.
Les puissances forment
la mission de PiMIpo
Les grandes puissances- ont désigné leurs
délégués éventuels à la conférence de Prin-
kipo.
4 Ce seraient, pour l'Amérique, le profes-
seur Herron et M. W. Allen White ; pour
l'Empire britannique. M. Borden, premier
ministre du Canada ; pour la France, M.
Conty, notre ministre à Copenhague, et le
général Rampon ; pour l'Italie, le marquis
Torretta ancien ambassadeur à Pétrograd.
LES SOVIETS UKRAINIENS
On mande de source bolcheviste que le
gouvernement provisoire des soviets ou-
vriers et paysans de l'Ukraine annonce qin
ses troupes ont pris possession de Kief: Il
fairsavoir,parle commissaire du peuple aux
affaires étrangères Rakowsky,, que Je gou-
vernement soviétique ukrainien est disposé
a accepter l'invitation adressée par les gran-
des puissances à tous les groupements mi-
ses organisés, et à envoyer des délégués à
la conférence projetée. Mais il est d'avis
que la date du lo février fixée pour l'ou-
verture de cette conférence est trop proche ;
et il propose de la faipe siéger non à Prin-
kipo, mais à Paris..
Une Protestation
La « conférence politique russe » de Pa-
ris, qui compte parmi ses membres MM.
'Lvof, Sazonov, Bakhmetief, Maklakof,
Tchaïkovsky, Stakhoviteh, Savinkof, • Titof,
publie une déclaration dont voici les passa-
ges essentiels :
1° La conférence, en complet accord avec
les gouvernements locaux de la Russie, qui
veulent libérer le pays de l'anarchie et lais-
ser au peuple russe lui-même le soin de di-q-
poser de son sort, dénie tout droit de parler
au nom de la Russie à ceux qui se sont em-
parés du pouvoir au prix d'une trahison en.
vers ks alliés, s'y sont affermis avec l'aide
des troupes allemandes, payés -par la paix
hontfuse de Brest-Litovsk. ont dissous la.
Constituante et ne se maintiennent au pou-
voir que par la terreur ;
2° Elite proteste contre la prétention de ces
usurpateurs à disposer des biens de l'Etat
qu',ils ont osé proposer à nos alliés ;
30 Elle proteste contre les offres d'annexion
des territoires russes proposés aujourd'hui
aux alliés, comme ils étaient cédés hier à
l'Allemagne.
Contré le bolchevisme
Arkhangel, 8 février. — L'agence Union
annonce que la mobilisation de la classe
1899 est déclarée. Le gouvernement d'Ar-
khangel a décidé d'émettre un emprunt.
La presse d'Arkhangel considère qu'il est
impossible dé négocier avec les bolcheViks
qui ont trahi la patrie et qui renient tous
les principes de justice et de droit, ainsi
que l'idéal démocratique.
L'état d'esprit en Alsace
Le journal slesvigeois Hejmdal vient de
publier le texte du discours que le repré-
sentant du SleSvig dir Noiw au Reichstag
allemand, H.-P. Hanssen, a prononcé ces
jours derniers. Le passage relatif à l'Al-
sace et à la Lorraine est particulièrement
intéressant.
J'ai eu, a dit M. Hanssen, pendant los
vingt-trois ans que j'ai été député, beau-
coup d'occasions de faire connaissance inti-
mement avec les Alsaciens-Lorrains. J'ai pu,
après la grande débâcle allemande de liau-
tomne -dernier, parler longuement avec plu-
sieurs de leurs chefs ; je les ai tous trouvés
d'accord sur ce fait que les sentiments des
Alsaciens-Lorrains étaient français à un tel
point que 90 A 95 de la population vote-
raient pour leur réunion à la France.
M, HOOVER A BRUXELLES
Bruxelles, 8 février. — M. Hoover, con.
'trôleur des vivres américain, est attende
à Bruxelles samedi : il doit s'entretenir
avec les ministres et les chefs des grandes
entreprises des meilleurs moyens de hâter
la restauration économique de la Belgique.
Aucune réception officielle n'est prévue.
Le crépuscule des Jeunes- Turcs
Environ quarante. membres des plus
notoires du parti Union et Progrès ont été
arrêtés. Ils comprennent entre autres :
Hussein Djavid bey, vice-président de Pan-
cienne Chambre des députés ; Hadji Adit
bey, vali d'Andrinople ; Midhat Cbikri.
ex-secrétaire général du. comité Union et
Progrès ; Rahmi bey, ex-vali de Smyrne j
Ismaïl Dambolah, ex-ministre de rinté.
rieur et nombre d'autres personnalités
civiles et militaires.
Ces arrestations produisent la plus
profonde impression eur le public. Les
principaux chefs d'accusation contre lesi
inculpés sont les suivants : spéculations
illicites, massacres d'Arméniens, déporta.
tion de Grecs, mauvais traitements infligés
aux prisonniers de guerre alliés. L'action;
des autorités turques est due à la pression
exercée par les hauts commissaires alliés.
La Suède reçoit
le régent de Finlande
Stockholm, 8 février. — Le général dé
Mannerheim, élu, comme on le sait, régent
de Finlande, a été invité par le roi à se
rendre officiellement à Stockholm, où il
passera les journées des 12, 13 et 14 février
LES TRAITRES
Toqué, dit Régis Huart, après avoir été
interrogé encore une fois par le capitaine
rapporteur Salamson, vient d'être confronté
avec le policier Thomas.
L'inculpé 's'est défendu avec habileté ;
néanmoins il ressort des papiers qui ont été
saisis qu'il lut envoyé par la Gazette âes
Ardennes, comme correspondant de guerre
dans la région de Laon.
La capitaine Salanson avait entendu, ces
jours derniers, M. Flamant, commissaire
de police de Fourmies, qui affirme avoir
vu sur le bureau du juge allemand Richler
une note sur papier pelure dans laqueUtj
Toqué dénonçait M. Berthaut, maire de
Fourmies. Toqué a nié avec énergie. Tho-
mas, introduit à son tour, a déclaré qu.
la note en question était de Mme Tgqu4
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