Titre : Le XIXe siècle : journal quotidien politique et littéraire / directeur-rédacteur en chef : Gustave Chadeuil
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1907-10-17
Contributeur : Chadeuil, Gustave (1821-1896). Directeur de publication
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
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Description : 17 octobre 1907 17 octobre 1907
Description : 1907/10/17 (N13733). 1907/10/17 (N13733).
Droits : Consultable en ligne
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Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-199
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 29/04/2013
JEUDI 17 OCTOBRE ÎJXT7
ysri ds ,'J&.,t.o}¡r du wmM à £ Îed -isfl-
sijc a'&s çt denai^ n'ayant pour toutes ressour-
•je$» iftuc qup Jr ,v,rurra la vçntç
'4e fortes ,:JW.t\ illustrées les T-ep:fés'Pta.J;l.,
ï.c montant .ftu.4»", qui sélzve a ,OQO':
fr4ftç^, est tejau par le docteur Br\ng, d Aras—
UMpfUm. Les ^0he-trotters, qui ont d# sé-
journer trais jpurs à Liège, se dirigent vers
Paris, d'où ijs :çp joindront vers la Riviera.
fermée depuis le -i*r août dernier, fait au-
jourd'hui sa réouverture. D'autre part, la
ïiiUtiothèque Mazarine reprend -son service
ci'hiver en fermant ses portes une heure plus
tôt, soit quatre heures au lieu de cinq.
.",",
Chez les pacifistes.
i^e grand pacifiste M. Ausbert-Labbé, qui
jadjs a commandé à Danger deyx magnifi-
ques tableaux, vient de faire cion à l'Aéri-vott
de h a Haye (vieux château historique de
Côivfl aas-Sainte-Honorixie) de la reproduc-
tion do ces deux toiles mémorables :
Les grands artisans de l'arbitrage et de !a
ai,.., offert en 1898 à la Russie ;
Le C&nftrence de La Haye, offerte en
1903 au «ùftistèje des affaires étrangères.
.:Rappçln.sJ à ce propos, que le Congrès
international dee étudiants, tenu récemment
Ëk rxu'defaux., a proposé l'organisation d'une
souscription inte.rnational parmi les univer-
sités des différents pays. Cette souscription
a été fixée à un franc pour
chaque étudiant.
Les noms de Nobel. Frédéric Passy, Léon
Bourgeois, Consta.ns-d'EstournelIe, Ausbert-
Labbé, Hodyson-Pratt, Dunan seront donnés
à différentes salles des pavillons réservés
'aux étudiants ayant besoin de soins et de
repos.
Les délégllc); français à la Conférence de
La Haye seront reçus solennellement au Trq-
cadéro le dimanche t décembre prochava
par Corda Fratres et de nombreuses déléga-
tions d'étudiants. ,
Pour toutes les communications, s'adres-
ser à MM. le docteur Lefèvre, 15, rue des
Feuillantines, et Mauranges, 24, avenue du
Parc Montsouris.
,
AU MUSÉE DE CHALON
iVois gamins pénètrent dans les salles et
commettent des dépradations
£ 1 talon-s-ur-Saône, 15 octobre.
Trois garneïïients de Chalon, âgés de 7
h ifi !ft"lS se sont introduits dans le musée
rte la ville et, et. geq :l>nq.IMUs de valeur, ont volé une
naojïJre aujGieswie et un chapeau datant de
Napoléon 1f: Ils ont été arrêtés.
(PETITES PREMIÈRES
fJT II, l'MJ Al A.GE. - Pour la réouvertu-
re i nouvelle direction nous offre quatre
PJ.ç*,p de genres différents ; vaudeville,
cQITlúdie, drame et revue ; si, avec cela, le
public n'est pas content, c'est, vraiment,
qu'il géra difficile.
Vaudeville : Le Bâtonnier ; l'auteur, M.
Jean Drautt, ne do.it pas attacher grande
importance a cette pochade qui n'a d'au-
tre but que de -distraire agréablement les
gens eu ouvrant le spectacle. En l'espèce,
U-sagit d'un jeune avocat qui, après avoir
mi instant, l'intention de rompre avec
sa 'ffH¡trcsse, se décidé à la garder en
oons ta ta nt que celle qu'il désirait ne vaut
pas cette qu'il possède. Cet avocat est un
'\S£, - •
Comédie : Mèche à des principes. M.
Jasé Frappa nous montre ..une délicieuse
petite femme qui, bien qu'ayant des prin-
cipes, a. la tête joliment près du bonnet.
Mèche, -c'est notre héroïne, a résisté aux
avances d'un monsieur qui l'adore ; elle
entend rester fidèle à son mari et voici
qu'apprenant que son père et sa mère se
sont trompés mutuellement, elle veut,
puisque ceux que tant elle respectait ne
.val'ent pas mieux que les autres, elle aus-
ei, .prendre un amant et, dare dare, elle
itwÏlt" a la .prendre toute, celui qui tant
l'aime ; liélas ! ce dernier n'a pas l'habi-
tude des improvisations ; il demande à ré-
fléchir et cela sauve notre gentille mi-
gnonne Toquee, qui peut revenir à des
idées plus raisonnables.
Cette agréable comédie, fort applaudie,
a été lestement enlevée par Mlle Lelière,
MM. Belluci et Morvile.
- iJrame : Celui qu'on attendait, de MM.
Géroule et Layoy'e. Un méchant garçon a
fui de chez son père, resté seul avec la
jeune sœur de ce déserteur du toit conju-
gal. Sa sœur, ayant confiance en son
cœur, l'attend toujours. Une nuit, deux
cambrioleurs s'introduisent chez le père.
demeurant depuis peu à la campagne ; la
jeune hue entend du bruit, sort de sa
chambre ci est étranglée par l'un des mi-
sérables ; l'autre, épouvanté, reconnaît,
dans l'assassinée, sa sœur !
Ce drame a très bien réussi, et MM.
Belluci, qui joue -tous les genres, Faurens,
iDuruy, MUcs Bergeyr et Barcey ne méri-
ter) 1 que des éloges.
Revue : Little Review, de M. Alfred De-
liba. Une amusante revuette aux couplets
alertes spirituels et satiriques. Les menus
îfsits de l'année défilent et sont présentés
ecomique façon. On se moque des jeux
«vif&ïtl-ins omis à la mode, de l'ami des bé.
tes, des Mimi-Pinson, etc. Les artistes
jouent, chantent et dansent avec entrain ;
Mlle -Debriège est une délurée commère,
conduisant gaillardement toute la bande ;
M Belluei est un bien amusant ami des
b&es ; Mlle Nerva Cartoux chante genti-
ment et 101e 3ane Deixal ..lLanse jutefi M.
Agoust le Hunry ! Ilurry à rendre jfllou-
tses les plus clownesques 4e nos artistes
chorégraphies.
Nous citerons encore MM. Faurens et
jMlle Felina.
La mise en scène est soignée, on y Te-
iconnalt la main experte de Mlle Maguéra,
!qui a le plateau sous son habile direction.
.— Emile Marsy.- -
-. -- »
LES TRIBUNAUX
Les jurés de la Seine continuent. — D'au-
tres jurés leur donnent une leçon
Les jurés d.e la Seine continuent. b pé»
tit'ionner en faveur du maintien de la guil-
lotine. Hier, en effet, dernier jour de la
première session des assises d'octobre,
vingt-trois jurés ont signé le vceu sui-
vant sur la proposition, dit-on, de l'un
d'eux, M. Bergerin, adjoint au maire de
Nanterre :
Les soussigné, jurés du département de la
Seine de la .première cession d'assises d'octobre
1907, émettent le vœu que la peine de mort soit
maintenue dans un but de défense sociale et
qu'une -application généralisée du droit de grâ-
ce ne puisse reformer, la sentence des jurys.
Le succès dp M. Berge-vin et de ses
collègues n'a pas été cependant absolu,
4 autres jurés de la même session ont pro-
testé par cette déclaration très nette :
Les -sousssignês, jurés siégeant du 1er au 15
octobre 1907 aux assises de la Seine, respec-
tueux de la loi sur la séparation des pouvoirs,
déclarent ne pouvoir s'associer en aucune fa-
çon à une niotion semblant porter un blâme
oj une critique des actes des pouvoirs publics,
baissant ce soin au Pariement, dont c'est le rôle.
M. Besngevin et ees 22 imitateurs ont-ils
ioompris la leçon -de leurs 4 collègues dis-
sidents ?
Cette leçon s'adresse en même temps
aux autres pourvoyeurs du bourreau, en
France, qui, depuis quelques temps, sem-
blent dans les cours .d'assises, s'être don-
né le mot d'ordre pour .susciter des mani-
festations politiques.
Le rôle des assises
C'est aujourd'hui que les Cours et tribu-
naux de la Seine reprennent leurs tra-
vaux, les grandes vacances étant termi-
nées. On sait que nous sommes heureuse-
ment délivrés depuis quelques années de
la messe rouge et de la promenade moyen-
nageuse de nos magistrats à travers les
couloirs du Palais de Justice, pour la plus
grande joie des curieux cosmopolites.
Toutes les chambres civiles ou oorree-
tionnelles vont désormais fonctionner sans
interruption, ce. qui n'est pas pour déplai-
re aux nombreux justiciables qui atten-
dent leur tour depuis des mois et même
des années. 1
Quant à la Cour d'assises, qui ne chô-
me jamais, on a affiché hier au greffe cri-
minel le rôle des affaires qui seront ju-
gées au cours de la seconde quinzaine
d'octobre.
Aucun crime sensationnel n'y figure. Le
courant, le simple courant des procès ordi-
naires, vols qualifiés, -banqueroute, meur-
tre, bigamie, etc., etc.
Les audiences seront présidées par M.
Bertulus, conseiller à la Cour.
La bande des « Cinq Points »
Quatre affiliés à 5a bande des Cinq
Points, association d'apaches qui « travail-
lent » dans les environs de la place de la
République, ont comparu hier devant le ju-
ry de la Seine. Ce sont les nommés Henri
Nornant, 18 ans ; Gaston Druet, 21 ans. ;
Gabriel Boussary, 18 ans, et Paul Hector,
18 ans.
Ces quatre individus étaient aocusés de
tentative de vol avec violences. D'après
l'accusation, ils sont connus de la plupart
des commerçants de la rue Popincourti
comme faisant partie de la bande des
Cinq Points, dont la spécialité est de déva-
liser les étalages et de menacer les pas-
sants de coups de poignard et de revolver.
Tous portent en tatouage « cinq points»,
d'où le nom distinctif de leur association.
Le 21 mai dernier, dans la soirée, les ac-
cusés qui sortaient de divers débits se je-
tèrent sur un passant, 7, rue Popincourf,
le frappant par derrière de coups de poi-
gnard, et entourèrent ensuite un autre
passant pour le dévaliser. Des agents,
ayant entendu des cris, accoururent et ar-
rêtèrent les malandrins, à l'exception
d'Hornant, qui ne fut arrêté que le lende-
main.
Les accusés étaient défendus par Mes Le-
breton, André Berthou, Emery et Bardon.
Ils ont été condamnés :
Bornant, à six ans de réclusion ; Druet,
it six ans de rècluskp ; Boussary, à cinq
ans de réclusion : Hector Paul, à dix ans
de travaux forcés.
Amédâe Blondean
-mi. 11 1
LA CONFÉRENCE DES POIDS S MESURES
La quatrième conférence des poids et
mesures s'est ouverte hier après-midi au
ministère des affaires étrangères.
La bienvenue a été souhaitée aux con-
gressistes par M. Pichon auquel M. Lar-
dy, ministre de Suisse, a répondu en qua-
lité de doyen des délégués étrangers.
Dans le cours des six dernières années, le
Bureau international a poursuivi des recherches
d'un grand intérêt pour le perfectionnement
du système métrique. Je me contente de si.
gnaler ses études sur les bases fondamentales
des unités métriques et sur-le rapport de l'unité
-.TtMBBr Je tvolume,. --,- .-.,
Il a entrepris et mené à bonne fin d'impor-
tants travaux sur tas hduvetiog méthodes de'
iweswe des bases en géodésie au -moyen de
fils métalliques sous : pression constante. Grâce
à cette nouvelle àné4i(~
à cette nouvelle MéHiQjde, un grand nombre;
de bases lgéodés ont pu être mesurées ou
sont en cours de -détermination à l'aide des
fils métalliques dont le Bureau international
des Poids et Mesures a fixé l'équation.
'EnSn, je vous signalerai les études sur la:
détermination des longueurs d'onde lumineuse
et de leur emploi comme témoins naturels des
unités de longueur.
M. Lardy a rappelé qu'il avait égale-
mentu l'honneur de prendre la parole à
la première conférence que présidait M.
Spuller.
M. Forster, piofesseur à l'université de
Berlin, président du comité international,
et M. Becquerl, de fAcadémie des scien-
ces, ont ensuite pris la parole. Un lunch
a été servi aux congressistes dans les sa-
lons du ministère.
LE CONGRÈS FRANÇAIS DE MÉDECINE
Le congrès français de médecine poursuit
•ses travaux à la Faculté
Au cours de la séance d'hier matin, MM.
Doyen, Hartmann, Oliver, Monprofit, Tuf-
fier ont discuté le rapport de MM. Linas-
sier, Castaigne et Dujarier sur le traite-
iment de l'ulcère de l'estomac. Puis l'on
entend les communications de MM. Des-
champs, Gilbert et Lereboullet, "Lematte,
:Cade et Bourret, Michel Cohendy, P. Gal-
lois et Delacour svr les maladies du tube
digestif.
Le docteur Doyen, partant de ce principe
que toute affection non cancéreuse de l'es-
té mac, rebelle à la médecuie, est du res-
sort de la chirurgie ,propose," "pour guérir
l'ulcère de l'estomac ,une nouvelle faççn>
d'opérer cette grave maladie qui constitue
un remarquable progrès pour la chirurgie.
L'après-midi on examina quatre ques-
tions proposées au congrès :
1* La tuberculose pulmonaire est-elle d'ori-
gine aérienne ou intestinale ? MM. Pruvost et
Revillet optent pour l'origine intestinale, MM.
Vallée, Kuss, Letulle, Jousset, Bernheim, LenoIr
et Camus prennent la parole.
2° Quelle est la valeur thérapeutique de la
tuberculine ? MM. Vallée, Guinard, Leredde,
Benoist interviennent ; des communications à
ce sujet par MM. de Stella, Bauer, Gérard et
Lemoine, Bergeron. Sléphani et Gouraud, Ch.
Montoux sont entendues.
3" Les Mcilles acido-résistants (MM. Rodet et
Galavielle. Fernand Besançon et Plulibert).
4° Les « sporotrichoses » de la peau (discus-
sion par .MM. de Beurmann, navaut et Civatte;
communications de MM. Rathc-ry et Brissaud,
Gaston).
WVELLES DF l'ÉTH
ANGLETERRE
Terrible déraillement
L'express venant de Bristol a déraillé à
Slirewsbury, à trois heures- du matin. Il
y a eu seize tués et de nombreux blessés.
On a retiré douze cadavres des décom-
bres.
Les révoltes de l'électricité
Un tramway électrique a déraillé à
Sowerby-Bridge (Yorkshirê). Le trolley
ayant perdu contact avec le câble électri-
que, le tramway a été précipité contre un
bâtiment. Deux personnes ont été tuées et
trente-et-une blessées grièvement. Ce sont
en majorité des ouvriers.
Deux ouvriers tués
A MiUwall, la fermeture d'un fourneau
servant à la fusion du métal est tombée,
tuant deux ouvriers et en blessant deux
autres.
AUTRICHE-HONGRIE
La santé de l'empereur
Suivant des inlormations de Scîtoen-
brunn l'empereur aurait passé une assez
bonne nuit. Les médecins auraient consta-
té une diminution de la fièvr.
La plupart des journaux disent que l'état
de l'empereur est sans changement. Ils
constatent cependant qu'une tendance à
l'amélioration se serait manifestée. L'ap-
pétit a été un peu meilleur que dimanche.
Suivant le Zeit, les accès de toux au-
raient été assez fréquents la nuit dernière.
La plupart des chefs d'Etat font prendre
une ou deux fois par jour des nouvelles
de l'empereur. François-Joseph 1er a reçu
des télégrammes de l'empereur d'Allema-
gne, du roi d'Angleterre et du roi d'Espa-
gne.
On mande de Prague que la princesse de
Windischgraetz, petite-fille de l'empereur,
a reçu du docteur Kerzl, médecin de la
cour, des nouvelles tranquillisantes.
Un déserteur de l' a Iéna"
On télégraphie de Budapest que le ma-
telot fugitif Pothier, qui avait déserté
Yléna à Toulon, a été arrêté et remis aux
autDrités françaises..
ALLEMAGNE
- Liebknecht plaide
Le docteur Karl Liebknecht a défendu,
hier, en qualité d'aivocat, devant le tribu-
nal même de Leipzig, qui l'a condamné
samedi à un an et demi de détention dans
une forteresse, une action en revision, in-
tentée par un client. Le président se trou-
vait être justement celui, qui avait lu le
jugement de, condamnation de l'avocat an-
timilitariste.
Comme on le sait, le docteur Liebknecht
a été laissé en liberté provisoire, et tant
qu'il n'aura pas franchi le seuil de la for-
teresse qui sera sa iprisoiI1, il a le droit de
^occupât1 ^oK3oute liberté -,8e" son appdt
n.riy. : : ",.. , .-"
: Le pourvoi de l'avocat JHau
La Cour suprême de d'Empire a rejeté
la révision a cour d'assises de Carlsruhe, qui a con-
damné à mort l'avocat Hau, pour l'assas-
sinat de sa belle-mère.
ETATS-UNIS
Un pont qui s'écroule
Un train ouvrier passait sur un pont
suspendu à Middletown (Etat de New-
York) quand le pont céda. Une partie du
train fut précipitée dans le vide d'une
hauteur de 90 pieds.
Il y jurait un tué et dix-neuf blessés.
RUSSIE
La politique des Japonais
Le Rouss publie une lettre de son corres-
pondant à Tokio, qui prétend avoir obser-
vé dans le gouvernement, dans la presse
et dans la société japonaise, -des tendances
hostiles à la Russie.
Le Rouss appelle la sérieuse attention
du gouvernement- russe sur cette lettre
afin d'éviter une surprise comme en 1905.
L'été de la Saint-Martin
Il fait une chaleur accablante dans la
Russie occidentale, où les arbres ont une
seoonde floraison.
Terrible drame dans un village
Un mari bafoué tue sa femme et l'amant
à coups de fusil. — Un passant est
grièvement blessé
Un drame poignant vient Se se dérouler
au village d'Acon, près de Nonancouct
(Eure).
Dans ce village vivait un journalier agri-
'cole, René BouQuvrier, 32 ans, marié à
Louise Rosse, 23 ans. dont il avait eu
itrois enTànts. Il jouissait d'une ,bonne ré-
putation, mais il n'en était pas de même
de* la femme. Celle-ci, vicieuse et débau-
chée, avait, à plusieurs reprises, abandon-
né le domicile conjugal.
Sa dernière fugue devait lui être fatale.
Il y a trois semaines, la femme Bonou-
vrier quittait son mari, emmenant un de
ses enfants, une fillette ; elle s'en allait
habiter chez un marchand de balais, nom-
mé Feret, 59 ans.
Chaque jour Bonouvrier assistait de loin
aux scènes d'orgies qui se passaient chez
Feret et chaque fois qu'il rencontrait ce
dernier ou sa femme il était l'objet ae
sarcasmes et d'injures. Bien plus, un nom-
mé Yvon ne tardait pas de devenir à son
tour l'amant de la femme Bonouvrier.
Yvon se. mit aussi à railler le malheu-
reux mari et Bonouvrier, pour mettre fin
h cette situation, se décida ,R divorcer.
Dimanche soir, Bonouvrier passait de-
vant la demeure du marchand de balais,
quand Feret l'insulta..11 se rebiffa et som-
ma Feret de lui erndre sa femme. « Notre
femme, veux-tu dire ! répliqua le marchand
de balais. Tu n'aurais pas le courage de
venir la chercher ; d'ailleurs, j'ai mon re-
volver pour te recevoir. »
Furieux de ce propos, Bonouvrier s'en
fut chez lui chercher son fusil, puis il re-
vint et s'approcha de la maison de Feret.Ce
dernier ayant ouvert la porte, Bonouvrier
le tua net d'un coup de fusil. Affolée, la
femme Bonouvrier sortit à son tour, sa
fillette dans les bras. Le meurtrier tira
dans sa direction, il atteignit sa femme
au ventre; plusieurs grains de plomb
blessèrent la petite fille.
Bonouvrier se précipita sur son enfant
et l'emporta chez lui où il la pansa.
Pendant ce temps, la femme Bonouvrie-r
se traînait jusqu'à une grange où elle allait
mourir..
--:£é8' habitants du village s'étaient enfer-
més dans eurs maisons, quand vers neuf
heures, un nouveau coup de feu retentis-
sait et un ouvrier boulanger, M. Gaétan
Lefebvre, 29 ang, qui devait .se marier hier
mardi, s'affaissait. Le malheureux avait
reçu un coup de feu et plusieurs plombs
avaient atteint le poumon ; des soins lui
furent immédiatement donnés, mais on dé-
sespère de le sauver.
Qui avait tiré sur Lefebvre ? Bonouvrier,
interrogé par la gendarmerie, dit qu'après
avoir tué Feret et sa femme, il était en-
tré chez lui et avait donné des soins à sa
filletfe. En pleurant il dit aux gendarmes :
« J'en ai tué deux ; pourquoi n'avouerais-
je pas avoir tué Lefebvre en le prenant
pour Yvon si cela était vrai ? »
On se demande si un second crime n'a
pas été commis et si Lefèbvre n'a pas été
frappé par un prétendant évincé.
C'est ce que va rechercher le parquet
d'Evreux qui vient d'ouvrir une enquête.
La fillette, dont l'état est grave, a été
transportée à l'hôpital de Nonancourt..
-- LES GRÈVES
Le lock-out de la bijouterie fantaisie
Le comité de surveillance des fabricants
bijoutiers, adhérents au lock-out. vient de
se réunir rue Chapon, 25.
Chaque atelier continue d'être l'objet
d'une enquête sévère de la part des patrons
contrôleurs. Aucune infraction réelle n'a
été relevée et les conditions dans lesquel-
les les fabricants ont décidé de cesser tout
travail, soit dans leurs ateliers, soit chez
les façonniers, sont scrupuleusement ob-
servées.
Dans la même journée, dix fabricants de
bijouterie, de petits bronzes et de cadres
dorés ont apporté leur adhésion au groupe
::Ië:$ô1r môme- ont 'donné le délaT-^oongé Me
huitaine h leurs ouvriers.
Sans compter lés estampt urs qui 'trV&Jebt
cessé lundi la vente es apprêts pour la
bijouterie, et les lapidaires qui ont décidé
hier de suspendre toute livraison de pier-
res de fantaisie, le nombre des chefs d'in-
dustries ayant fermé leurs ateliers s'élève
maintenant à plus de deux cents.
———————.——— ———————————
N KC ItO UOCi IE
- Une centenaire, Mlle Marguerite Bar-
irault, est morte hier ii Grenoble. Mlle
Barrault était née le 4 juin 1806, elle était
donc âgée de 101 ans et 4 mois. Elle habi-
tait depuis 84 ans la même maison.
— Le cardinal André Steinhuber est
mort à Rome hier après-midi. Il était né
,à Uttlau, le 11 novembre 2825, et il avait
.été créé cardinal le 18 mai 1894.
.————————— ,. ————————————
A TRAVERS PARIS
.LA TEMPERATURE. — Le régime de basse
.pression avec vent de sud-ouest ,et temps plu-
vieux continue sur tout l'ouest de l'Europe.
,Le minimum .barométrique persiste j)ur l'An-
:glct.erre. ,'
Le vent est fort sur nos côtes, il souffle de
l'ouest sur la Manche et l'Océan, du sud en
Provence.
La mer est généralement houleuse.
Des pluies sont tombées sur toute la France,
elles ont été fortes dans l'Ouest.
La température a monté sur l'Europe centrale,
elle a baissé dans l'Ouest.
On notait hier matin, à sept heures : 20 à
Moscou, .8° à Nantes, 9* a Ciermont, 17* ù Mar-
seille.
En France, des averses sont probables avec
; température moins élevée.
A Paris, hier, ciel couvert, mais peu de pluie.
Thermomètre du Rappel : ù midi, 17° : a
iminuit, IC"
Baromètre du Rappel : (1 midi, 75.4 ; 4 mi-
mait, 757.
Tramway \contre automobile, - Boule-
vard du Montparnasse, hier, le tramway
380, de la ligne Bastille-Montparnasse, a
renversé une jautomobite enduite par son
propriétaire, le docteur Ermonge, domici-
lié 28, rue Gay-Lussac. Le docteur a été
tassez sérieusemnet blessé au cours de l'ac-
cident, ainsi que sa femme et leurs deux
enfants, une fillette de cinq ans et un gar-
çonnet de deux ans. Tous ont pu être re-
conduits due Gay-Lussac. Le docteur a été
l'objet d'un premier pansement.
Mère dénaturée. — Depuis un certain
temps, une femme d'origine italienne,
Anna, Calpadier, était signalée comme li-
vrant sa fillette, âgée de 15 ans, à la pros-
titution. Cette dernière vendait des fleurs
aux terrasses des établissements de Mont-
martre, et en profitait pour racoler des
clients, qu'elle emmenait dans des hôtels
du voisinage. Sur mandat de M. Berr, juge
d'instruction, Anna Calpadier a été arrêtée
hier et envoyée à là prison de Saint-La-
zare. La fillette et un bébé de 5 ans. sa
senur, ont été confiés aux soins de l'As-
sistance publique.
Les antimilitaristes. — Nous avons dit
que M. Gustave Hervé se trouve sovbs le
coup de poursuites, pour injures à l'armée,
contenues dans les articles parus en août
et septembre dans la Guerre sociale. Il a
été interrogé, hier, par M. Flory, juge
d'instruction. M. Gustave Hervé a déclaré
qu'il prenait l'entière responsabilté" de ses
articles, ajoulant. qu'il réservait toutes ses
explications pour l'audience.
Les romans parisiens. — Comme une
jeune femme quijtait. hier, l'étude d'un
avoué, rue d'Amsterdam, un monsieur qui
se trouvait sur le trottoir la désigna à.
deux hommes qui l'accompagnaient et qui
invitèrent la dame à les suivre au cabinet
de M. André, juge d'instruction. Le mon-
sieur était le mari ; les deux hommes
étaient des agents de la sûreté.
Devant M. André, on s'expliqua. L'époux
raconta que le 22 sept ambre dernier, alors
qu'il sortait d'une église avec sa femme,
il vit celle-ci le quitter, puis, en compagnie
d'un inconnu, monter dans un fiacre qui
fila vivement. .,
Quelques jours plus tard il recevait avis
que son épouse ne lui serait rendue que
contre une somme d'argent. Il plaignit
alors sa femme qu'il croyait sequestrée par
son ravisseur. Mais des papiers timbrés
qui lui furent remis lui apprirent que la
fugitive trouvait la séquestration agréable,
puisqu'elle demandait au tribunal le di-
vorce contre son mari abandonné.' Celui-ci
porta plainte contre elle et demanda son
arrestation.
i,.'épouse fugitive parla, à son tour, au
magistrat. Elle avoua sa faute et déclara
que celui qui l'avait enlevée devant l'église
d'où son mari la regardait s'enfuir, était
un ami de la maison.
A la suite de ces explications le mari
annonça qu'il allait introduire contre "a
femme une instance en divorce « pour in-
jure grave n.
— : -
DERRIÈRE LA TOILB
CET APRÈS-MIDI :
Théâtre Antoine-Gémier, 1 h. 1/2, répétition
générale de : 1° Terre d'dpouvante, pièce en.3
actes, de MM. André de Lorde et Eugène Mo-
reau ; 20 Monsieur Codornat, pièce en 3 actes,
de M. Tristan Bernard ; 30 L'Homme rouge et
la Femme verte, pochade en un acte, de MM.
Hugues Delorme et Armand Numès.
Le soir, & 8 h. 1/4, dernière représentation de
Maman Robert et de la Sacrifiée. Demain .jeudi,
première représentation du nouveau spectacle.
— Nouveau Cirque, matinée à 2 h. 1/2, avec
Foottit et Chocolat et les nouvelles attractions.
':,:::.:sb18 Ï =':"-:'":.::.:.'-- - '--"'-'' ,
"antavilie^ laff représentation de EduAWidw'
de Prtnce, comédie en 4 actes, de M. Matp&oa
Donnay.
- Théâtre de Cluny, 9 heupes, première Fe-"
présentation de Une Revue à Cïuny (Papotaga
S&int-Gsrmain), 3 actes et .7 tableaux, de MM.
Paul Ardot et Albert Laroche.
MM- Carpentier. Le Compère ';.HfIlPilton, CM*
ron, Oscar, l'amant d'Amanda, ranti-alcooliquc;
H. Juilien, Basson, Fabrice, Deibler, Moynetr,
Sully, l'étudiant. A. Marie, le bourgeois, la,
président, le gardien du Louvre ; Valût, Lalhui-,
le. le directeur, l'ouvrier ; G. Mori, Peiletan4;
premier apachc, chef de la Chorale. P. Perret,'
Bébert, le chauffeur ; Maquis, Celui qui l'a vu,
un spectateur, un choriste, Durondaixl ; Aimé
Laroche, troisième apache, le chroniqueur, un
choriste ; B. Koval, l'Anglaise, le paratonnerre..
le duettiste, un choriste ; G. Barrai, l'employé
de Turc, le garçon de café, le marchand, uur
choriste ; t
Mmes Gaby Boissy, la Commère ; Claudie ça
Sivry, Nini, première Gargouille, la ci¡.Qntuse
première maison tranquille ; Angèle Grill, IA;
Tuile,, la duettiste, l'étudiante : Mars-Pearl. la
comtesse, l'auteur : Franck-Mel, la màrquise.
la Joconde : Miss Ethel May, le tuyau, Un r1
LitUe Chrysias, la grosse caisse sentimental,
la fille.
Les autres rôles par Adrian. Ariette, Limery,
de Maineville, Jane Haimart, Manuela, etc.
— Théâtre du XX' Siècle, 138, boulevard de
Ménilmonlant. 8 h. 1/2, 155' gala "populaire des
30 Ans de Théâtre (2 fr. 50. 2 fr., 1 tr., 0 fr. 7.»'.:
Causerie de M. Paul Reltier, avocat à la,
Ceur. Ln Coiaédie-Franeaise donnera Androfna-
:(fue, tragédie en cinq actes, de Racine (MM. Paul
Mounet, Jacques Fenoux. Hamel, Ravet, \hnes
S-. Weber, Géniat, Madeleine Roch. Gabriel!*
Robine). Danses du vieux temps par Miles
Lohstein et Van Goethen. de l'Opéra. L'Opéra-.
Comique. donnera le troisième acte de Mignon
(Mlle Demellier, MM. Poumavrac, Azéma,. La'
Chanson, par Mme Anna Tïiibaud.
Opéra. — Ce soir, rentrée de Mlle Demougeoli
<îans Les Huguenots. *
Opéra-Comique. - M. Ed. Clément. avant fait
une chute dans son appartement, s'est légèrement
foulé le bras, ce qui l'oblige à un repos de quel-
ques jours.
Il a été remplacé, hier soir, par M. Devriès;
dans la Vie de Bohème. n le sera, vendredi, dans
Madame Butterfly, par M. Léon Beyle.
- C'est samedi prochain que Mme Donalda'
fora ses débuts à l'Opéra-Comique dans le rôle de
Manon. Ses partenaires seront MM. Salignac, L.
Fugère, Jean Périer.
Odéon. — On a affiché pour le 31 octobre 13
représentation du Tarlutfc, remis en scène dans
quatre décorations nouvelles : une répétition
!!('DPrnl" sera donnôe à la presse, la veille dans
la journée.
Vaudeville. — La direction nous prie de rap:
peler au public que la première de son prochain
sn('\nole. Palochon, comédie en 4 actes, de MM.
Maurice Hennequin et. Félix Duquesne!. pour les
représentations de Mmes Marthe Régnier. Rosa
Brndc la rentrée de M. Xohlet et le? débuts de
M Levesque étant fixée au merc redi 23 octobre.
Education de Prince, avec Mme Jeanne Granier,
n'aura plus que sept représentations et une der-
nière matinée le dimanche 20 octobre nrorhain.
et que. passé le 31. octobre, dernier délai, le biji
rœll de location -ne -dclivrepa - plus de -eaiwls
id'abonnement à. prix réduits r,ar, carnets de dis
coupons. - -4.
Variétés. ■ - L'annonce des dernières de Mb
quelle et sa mère a produit une telle ascension
dans le chiffre, des recettes (samedi et dimanel¥\
plus de dix mille francs) que la pièce sera jouée
encore cinq jours.
On fêtera, jeudi soir, la 150" représentation
du grand suoeès de MM. Robert de Flers et Gas.
ton de Caillavet.
Et une ultime matinée de Miquette et sa mere
sera donnée dimanche prOcliain.
Le lendemain soir, 21 octobre, aura, lieu la ré-
pét-Uion générale de L'Amour en banque, la co-
médie nouvelle de M. Louis Arlus, et mardi 2î,
la première représentation.
Théâtre Réjane. — Tandis que Raffles continue
ù attirer un public nombreux, les abonnements
inaugurés cette saison ont été, ees derniers jours,
demandés en si grand nombre que Mme Réjane.
pour accorder satisfaction aux lettre? reçues de
personnes encore en villégiature, a décidé clerc.
cevoir les inscriptions jusqu'au l'r novembre. -,
Nos artistes. - Nous avons été les premiers
à annoncer le départ de M. Pougaud du Châtelet;
complétons, aujourd'hui, notre information. M.
Pougaud est engagé par les frères Isola pour
jouer dans leurs divers établissements. L'aimable
et joyeux artiste débutera, prochainement, aux
Folies-Bersere. dans la revue de M. l' .-L. Fiers,
que l'on est en train de monter.
Le revuiste, par ce début, a un Bel atout dans
son jeu..
Olympia. — Malgré-, 40 représentations, la
joyeuse opérette de Paul Gavault fait toujours le
maximum et il est vrai de dire que tous ses in-
comparables interprètes. Lucie Jousset en tête,
sont toujours à kur poste, sans aucune d(rtÜ14
taoce.
Casino de Paris. -,- C'est vendredi-soir 18 octo-
bre qu'aura lieu la réouverture, sous la nouvelle
direction de M. G. Ziftel. La sriU<- est pnlièivmenl
transformée et les heureuses transformations
qu'on y a faites permettront au public de voit
parfaitement de tonles les places. Le programme
nous réserve, parait-il. de véritables surprimes.
Fin de Saison. — Marigny, hier soir mardi, a
fermé ses portes. Clôture Annuelle. Réouverlura
en 'avril prochain.
Emile Marsy.
_u ♦—^
, DÉCLARATIONS DE FAILLITES
(Jugements du 15 octobre)
Aubry, entrepreneur de menuiserie, 122, rue
Boucicaut, à Fontenay-aux-Roses.
Rouldoires, vis et charbons, fi rue Lamarck.
Cariiez, confections pour hommes. 1G, rue
Maric-Debos, à Montrouge.
Courtois, charcutier, 130, boulevard Voitaire.
Dame Forest. marchande de bimbeloterie, 31,
rue Grenier-Saint-Lazare.
Marcus, agent d'affaires, 36, rue Taitbout.
FEUILLETON DU 17 OCTOBRE
- 31 --..;
LE MYSTÊRE
DE LA CATHÉDRALE
par ODYS SE BAROT
- - Je n'eu doute pas ; je souffrirais
itrop si j'en pouvais douter ; mais il y a
!dcs heures où les liens qui unissent
deux âmes comme les nôtres se resser-
rent davantage, deviennent plus étroits,
plus sacrés. eh bien, mon Marcel ado-
ré, nous sommes dans une de ces heu
res-là.
Il la regardait, d'un air ébahi, sans
paraUre comprendre ce qu'elle voulai't
dire.
- - Quoi ! tu ne devines rien-? reprit-
elle en l'embrassant une fois de plus.
-- Mais que diable veux-tu que je de-
vine ? Quelle série de logogriphes me
donnes-tu là à déchiffrer ? Qu'est-ce" que
tout cela signifie ? D'abord, tu prétends
me faire avouer, à toute force, que j'ai
en des ennuis pendant mon voyage à
Chartres et tu te forges commua plaisir
un tas d'imaginations saugrenues. Et
puis, \oici. une histoire et de nouvelles
énigmes. Voyons, Clotilde, où comp-
tes-tu en venir avec ton langage de si-
bylle ? Parle donc clairement, nette-
ment, ou je croirai que .tu te moques dé
moi. Ma parole d'honneur tu es d'un.
drôle, çc .Eialifl Us
— AH 1 si tu m'aimais bien, tu m'au-
rais déjà comprise ! reprit-elle avec
tristesse, et je n'aurais pas besoin 3e
mettre les points sur les i I
— Allons, bon ! voilà le coup cles re-
proches, la scie des lamentations et des
pleurnicheries ,r. Oh ! les femmes 1
sont-elles assez bizarres, assez insup-
portables J
— Dis-moi tout 'de suite des injures,
pendant que tu es en train. Dis-moi
que mon amour te pèse. et cela, juste
au moment aIl Tu devrais redoubler
de.
Elle s'arrêta, et deux larmes coulè-
rent le long de ses joues.
— Bon ! cela devient complet ! Il ne
manquait plus que la scène des
pleurs !. Voyons, petite sotte, me fe-
ras-tu l'honneur de m'expliquer, à la:
fin, ce qu'il y a, ce que je t'ai fait, ce
qui se passe, ce qui t'inquiète ?. Al-
lons, mignonne, conte-moi ton gros
chagrin.
— Hélas ! mon ami, ce gros chagrin
ne demanderait pas mieux que ϐtre
pour toi une grande joie !
Marcel, cette fois, partit d'un franc
éclat de rire.
— Décidément, nous jouons aux cha-
rades. Dame 1 si cela peut t'amuser,
après-tout, je n'y vois pas d'inconvé-
nient 1
Clotilde s'essuya les yeux, et avec
un sourire indéfinissable :
— Eh bien, oui, chéri, c'est précisé-
ment une char.de yeux-tu fie te
la 'dise l'l '-, .-
c-i Je t'écoute ? je suis tout oreiIres..-.
Ton premier ..y,
— Mon premier est un jeune homme
bien beau, bien bon, bien affectueux
bien spirituel.
'— Oh ! oh ! voilà un gaillard qui ne
manque pas de qualités !.
— Supposons qu'il te ressemble, Mar-
cel. Je passe à mon second.
— Voyons ton second
t— Mon second est une jeune fille..*
c— Naturellement.
— Une jeune fille aimante, dévouée,
faible, trop faible, parce qu'elle est trop
aimante.
— C'est un coiite de fées que tu me
chantes là : « Il était une fois », et cœ-
tera. C'est du Perrault tout pur.
— Laisse-moi achever : il faut que
j'arrive à mon troisième.
- Ah ! il y a un troisième ?. Est-ce
que ce serait, par hasard, un autre beau
jeune homme ?.,
— Méchant ! Tu sais bien que non !.
Mon troisième.
— Ton troisième. ?
— Quoi ! fu n'as pas encore deviné ?
— Comment pourrai-je deviner avant
que tu n'aies fait connaître ton tout ?
— Tu y mets de la mauvaise volonté,
Marcel ! c'est pourtant bien simple et
bien clair.
Je n'y suis pas le moins du mon-
de. Dis-moi donc ton tout.
— A quoi bon ?. Ce .qui importe,
c'est mon troisième. Mon troisième
n'est-il pas à la fois mon premier, mon
second et mon tout ?
lie isag Se Marcel se rembruit sou-
dain, et il affecta Ue ne Tien compren-
dre.
.,. Ma foi, au risque de passer pour
un homme bouché, je me vois forcé de
jeter ma langue aux chiens. Je n'ai ja-
mais été grand devineur de charades et
de rébus.
Clotilde lui prit les deux mains, fixa
sur lui deux yeux plus éloquents que
tous les discours, et d'une voix grave,
quasi solennelle :
— Ecoute-moi, mon ami. Parlons sé-
rieusement. Dis-moi, depuis que, cé-
dant à tes prières, vaincue par tes ser-
ments, et aussi, il faut bien l'avouer,
par mon amour, depuis que je me suis
donnée à toi, livrée à ta loyauté, .à ton
honneur, as-tu jamais songé aux suites
possibles, aux conséquences inévitables
de ma faute ?
— Sans doute, sans doute, répondit-
il d'un tonde banale insouciance. Ne
t'ai-je pas répété cent fois que,je t'épou-
serais, que tu serais ma femme ?.
C'est une affaire entendue ; tu le sais
bien. Je tiendrai ma promesse, dès rçue
les circonstances me le permettront.
Rassure-toi donc, et ne te tourmente
pas ainsi.
- Oui, tu es un honnête homme pt
tu m'aimes. Mais réponds .d'une façon
moins vagué à une question très pré-
cise. N'as-tu jamais envisagé telle éven-
tualité et telle complication qui de-
vraient forcément précipiter les choses
et rendre un mariage immédiat absolu-
ment nécessaire ?
Les traits de Marcel trahissaient le
£ lus.^ complet embarras et une contra- i
riéfe non équivoque. Il se mit à balbu-
tier :
— Certainement si. J'y ai pensé. Et.
dans ce cas, je saurais ce qui me reste
à faire. Mais heureusement nous n'en
sommes pas encore là. -
— C'est ce qui te trompe 1 interrom-
pit vivement Clotilde.
— Quoi !. Vraiment ! Tu serais.
déjà. Non, c'est impossible.
— Je te répète que nous en sommes
là. malheureusement, puisque tu as
l'air de regarder cet événement comme
un malheur.
— Tu peux être dupe de simples ap-
parences. Il y a si peu de temps.
— Si ce n'était qu'un soupçon, te par.-
lerais-je ainsi ? Voilà déjà trois semai-
nes que j'avais des inquiétudes sur ma
position, certains malaises inaccoutu-
més m'avaient donné l'éveil. Hier, j'ai
été consulter une, saQ'e'fenHne dont le
jugement ne laisse prise à aucur dou-
te. Marcel, que comptes-tu fair, r,
Il y eut une minute de silence. Clo-
tilde, qui s'attendait à une explosion de
joie, fut douloureusement frappée de la
froideur avec laquelle son amant ac-
cueilit. cette communication. Il restait
pensif et, rêveur.
— Eli bien, mon chéri. c'est là tout
ce que tu trouves à me dire ? C'est toi
qui m'as mise dans la peine et il. ne te
vient à la pensée aucune inspiration
pour m'en tirer, pour réparer notre
faute commune et régulariser la situa-
tion ?..•
■«=- C'est préetlpCJiit à cela -que
songeais, répondit Bluteau, avec une
mauvais humeur évidente. Pardonne-
moi ce premier moment de surprise.
Je m'attendais si peu.
— Tu devais pourtant t'y attendre un
jour ou l'autre, un peu plus tôt, un peu
plus tard ! s'écria-t-elle en lui sautant
au cou. Est-ce que cela ne te fait pas
plaisir d'être papa, de voir en perspec-
tive un .gros garçon blond et rose, qui
sera ta chair et ton 9 car je veux
que ce soit un garçon.
— Oui, oui, dit-il di::-traitcmcnt.PluS'
tard- Mais c'est un peu prématuré. Cet
accident ne pouvait venir plus mal à,
propos.
— Cependant, ne disais-tu pas tout Iï
l'heure que tes parents, à ce dernier
voyage s'étaient montrés très bons pour,
toi, que ton père s'était relâché de sa sé-
vérité ? Ne serait-ce pas le moment de
tout leur avouer? Il le faut bien d'ail-
leurs ! **
— Ce serait une imprudence et une
sottise.
— Nous ne pouvons pourtant pas
nous marier sa ils Et tu ne veux
pas. i'imagine, que je donne le jour &
un bâtard ?
— Est-ce que nous n'avons pas de la;
marge d'ici-là ? Et puis enfin il est inu.
file de nous frapper la tète contre leJ
murs. Le mal n'est pas irrémédiable
Tout peu encore se réparer. <:
CI suivre)*
i ',:,' -
ysri ds ,'J&.,t.o}¡r du wmM à £ Îed -isfl-
sijc a'&s çt denai^ n'ayant pour toutes ressour-
•je$» iftuc qup Jr ,v,rurra la vçntç
'4e fortes ,:JW.t\ illustrées les T-ep:fés'Pta.J;l.,
ï.c montant .ftu.4»", qui sélzve a ,OQO':
fr4ftç^, est tejau par le docteur Br\ng, d Aras—
UMpfUm. Les ^0he-trotters, qui ont d# sé-
journer trais jpurs à Liège, se dirigent vers
Paris, d'où ijs :çp joindront vers la Riviera.
jourd'hui sa réouverture. D'autre part, la
ïiiUtiothèque Mazarine reprend -son service
ci'hiver en fermant ses portes une heure plus
tôt, soit quatre heures au lieu de cinq.
.",",
Chez les pacifistes.
i^e grand pacifiste M. Ausbert-Labbé, qui
jadjs a commandé à Danger deyx magnifi-
ques tableaux, vient de faire cion à l'Aéri-vott
de h a Haye (vieux château historique de
Côivfl aas-Sainte-Honorixie) de la reproduc-
tion do ces deux toiles mémorables :
Les grands artisans de l'arbitrage et de !a
ai,.., offert en 1898 à la Russie ;
Le C&nftrence de La Haye, offerte en
1903 au «ùftistèje des affaires étrangères.
.:Rappçln.sJ à ce propos, que le Congrès
international dee étudiants, tenu récemment
Ëk rxu'defaux., a proposé l'organisation d'une
souscription inte.rnational parmi les univer-
sités des différents pays. Cette souscription
a été fixée à un franc pour
chaque étudiant.
Les noms de Nobel. Frédéric Passy, Léon
Bourgeois, Consta.ns-d'EstournelIe, Ausbert-
Labbé, Hodyson-Pratt, Dunan seront donnés
à différentes salles des pavillons réservés
'aux étudiants ayant besoin de soins et de
repos.
Les délégllc); français à la Conférence de
La Haye seront reçus solennellement au Trq-
cadéro le dimanche t décembre prochava
par Corda Fratres et de nombreuses déléga-
tions d'étudiants. ,
Pour toutes les communications, s'adres-
ser à MM. le docteur Lefèvre, 15, rue des
Feuillantines, et Mauranges, 24, avenue du
Parc Montsouris.
,
AU MUSÉE DE CHALON
iVois gamins pénètrent dans les salles et
commettent des dépradations
£ 1 talon-s-ur-Saône, 15 octobre.
Trois garneïïients de Chalon, âgés de 7
h ifi !ft"lS se sont introduits dans le musée
rte la ville et,
naojïJre aujGieswie et un chapeau datant de
Napoléon 1f: Ils ont été arrêtés.
(PETITES PREMIÈRES
fJT II, l'MJ Al A.GE. - Pour la réouvertu-
re i nouvelle direction nous offre quatre
PJ.ç*,p de genres différents ; vaudeville,
cQITlúdie, drame et revue ; si, avec cela, le
public n'est pas content, c'est, vraiment,
qu'il géra difficile.
Vaudeville : Le Bâtonnier ; l'auteur, M.
Jean Drautt, ne do.it pas attacher grande
importance a cette pochade qui n'a d'au-
tre but que de -distraire agréablement les
gens eu ouvrant le spectacle. En l'espèce,
U-sagit d'un jeune avocat qui, après avoir
mi instant, l'intention de rompre avec
sa 'ffH¡trcsse, se décidé à la garder en
oons ta ta nt que celle qu'il désirait ne vaut
pas cette qu'il possède. Cet avocat est un
'\S£, - •
Comédie : Mèche à des principes. M.
Jasé Frappa nous montre ..une délicieuse
petite femme qui, bien qu'ayant des prin-
cipes, a. la tête joliment près du bonnet.
Mèche, -c'est notre héroïne, a résisté aux
avances d'un monsieur qui l'adore ; elle
entend rester fidèle à son mari et voici
qu'apprenant que son père et sa mère se
sont trompés mutuellement, elle veut,
puisque ceux que tant elle respectait ne
.val'ent pas mieux que les autres, elle aus-
ei, .prendre un amant et, dare dare, elle
itwÏlt" a la .prendre toute, celui qui tant
l'aime ; liélas ! ce dernier n'a pas l'habi-
tude des improvisations ; il demande à ré-
fléchir et cela sauve notre gentille mi-
gnonne Toquee, qui peut revenir à des
idées plus raisonnables.
Cette agréable comédie, fort applaudie,
a été lestement enlevée par Mlle Lelière,
MM. Belluci et Morvile.
- iJrame : Celui qu'on attendait, de MM.
Géroule et Layoy'e. Un méchant garçon a
fui de chez son père, resté seul avec la
jeune sœur de ce déserteur du toit conju-
gal. Sa sœur, ayant confiance en son
cœur, l'attend toujours. Une nuit, deux
cambrioleurs s'introduisent chez le père.
demeurant depuis peu à la campagne ; la
jeune hue entend du bruit, sort de sa
chambre ci est étranglée par l'un des mi-
sérables ; l'autre, épouvanté, reconnaît,
dans l'assassinée, sa sœur !
Ce drame a très bien réussi, et MM.
Belluci, qui joue -tous les genres, Faurens,
iDuruy, MUcs Bergeyr et Barcey ne méri-
ter) 1 que des éloges.
Revue : Little Review, de M. Alfred De-
liba. Une amusante revuette aux couplets
alertes spirituels et satiriques. Les menus
îfsits de l'année défilent et sont présentés
ecomique façon. On se moque des jeux
«vif&ïtl-ins omis à la mode, de l'ami des bé.
tes, des Mimi-Pinson, etc. Les artistes
jouent, chantent et dansent avec entrain ;
Mlle -Debriège est une délurée commère,
conduisant gaillardement toute la bande ;
M Belluei est un bien amusant ami des
b&es ; Mlle Nerva Cartoux chante genti-
ment et 101e 3ane Deixal ..lLanse jutefi M.
Agoust le Hunry ! Ilurry à rendre jfllou-
tses les plus clownesques 4e nos artistes
chorégraphies.
Nous citerons encore MM. Faurens et
jMlle Felina.
La mise en scène est soignée, on y Te-
iconnalt la main experte de Mlle Maguéra,
!qui a le plateau sous son habile direction.
.— Emile Marsy.- -
-. -- »
LES TRIBUNAUX
Les jurés de la Seine continuent. — D'au-
tres jurés leur donnent une leçon
Les jurés d.e la Seine continuent. b pé»
tit'ionner en faveur du maintien de la guil-
lotine. Hier, en effet, dernier jour de la
première session des assises d'octobre,
vingt-trois jurés ont signé le vceu sui-
vant sur la proposition, dit-on, de l'un
d'eux, M. Bergerin, adjoint au maire de
Nanterre :
Les soussigné, jurés du département de la
Seine de la .première cession d'assises d'octobre
1907, émettent le vœu que la peine de mort soit
maintenue dans un but de défense sociale et
qu'une -application généralisée du droit de grâ-
ce ne puisse reformer, la sentence des jurys.
Le succès dp M. Berge-vin et de ses
collègues n'a pas été cependant absolu,
4 autres jurés de la même session ont pro-
testé par cette déclaration très nette :
Les -sousssignês, jurés siégeant du 1er au 15
octobre 1907 aux assises de la Seine, respec-
tueux de la loi sur la séparation des pouvoirs,
déclarent ne pouvoir s'associer en aucune fa-
çon à une niotion semblant porter un blâme
oj une critique des actes des pouvoirs publics,
baissant ce soin au Pariement, dont c'est le rôle.
M. Besngevin et ees 22 imitateurs ont-ils
ioompris la leçon -de leurs 4 collègues dis-
sidents ?
Cette leçon s'adresse en même temps
aux autres pourvoyeurs du bourreau, en
France, qui, depuis quelques temps, sem-
blent dans les cours .d'assises, s'être don-
né le mot d'ordre pour .susciter des mani-
festations politiques.
Le rôle des assises
C'est aujourd'hui que les Cours et tribu-
naux de la Seine reprennent leurs tra-
vaux, les grandes vacances étant termi-
nées. On sait que nous sommes heureuse-
ment délivrés depuis quelques années de
la messe rouge et de la promenade moyen-
nageuse de nos magistrats à travers les
couloirs du Palais de Justice, pour la plus
grande joie des curieux cosmopolites.
Toutes les chambres civiles ou oorree-
tionnelles vont désormais fonctionner sans
interruption, ce. qui n'est pas pour déplai-
re aux nombreux justiciables qui atten-
dent leur tour depuis des mois et même
des années. 1
Quant à la Cour d'assises, qui ne chô-
me jamais, on a affiché hier au greffe cri-
minel le rôle des affaires qui seront ju-
gées au cours de la seconde quinzaine
d'octobre.
Aucun crime sensationnel n'y figure. Le
courant, le simple courant des procès ordi-
naires, vols qualifiés, -banqueroute, meur-
tre, bigamie, etc., etc.
Les audiences seront présidées par M.
Bertulus, conseiller à la Cour.
La bande des « Cinq Points »
Quatre affiliés à 5a bande des Cinq
Points, association d'apaches qui « travail-
lent » dans les environs de la place de la
République, ont comparu hier devant le ju-
ry de la Seine. Ce sont les nommés Henri
Nornant, 18 ans ; Gaston Druet, 21 ans. ;
Gabriel Boussary, 18 ans, et Paul Hector,
18 ans.
Ces quatre individus étaient aocusés de
tentative de vol avec violences. D'après
l'accusation, ils sont connus de la plupart
des commerçants de la rue Popincourti
comme faisant partie de la bande des
Cinq Points, dont la spécialité est de déva-
liser les étalages et de menacer les pas-
sants de coups de poignard et de revolver.
Tous portent en tatouage « cinq points»,
d'où le nom distinctif de leur association.
Le 21 mai dernier, dans la soirée, les ac-
cusés qui sortaient de divers débits se je-
tèrent sur un passant, 7, rue Popincourf,
le frappant par derrière de coups de poi-
gnard, et entourèrent ensuite un autre
passant pour le dévaliser. Des agents,
ayant entendu des cris, accoururent et ar-
rêtèrent les malandrins, à l'exception
d'Hornant, qui ne fut arrêté que le lende-
main.
Les accusés étaient défendus par Mes Le-
breton, André Berthou, Emery et Bardon.
Ils ont été condamnés :
Bornant, à six ans de réclusion ; Druet,
it six ans de rècluskp ; Boussary, à cinq
ans de réclusion : Hector Paul, à dix ans
de travaux forcés.
Amédâe Blondean
-mi. 11 1
LA CONFÉRENCE DES POIDS S MESURES
La quatrième conférence des poids et
mesures s'est ouverte hier après-midi au
ministère des affaires étrangères.
La bienvenue a été souhaitée aux con-
gressistes par M. Pichon auquel M. Lar-
dy, ministre de Suisse, a répondu en qua-
lité de doyen des délégués étrangers.
Dans le cours des six dernières années, le
Bureau international a poursuivi des recherches
d'un grand intérêt pour le perfectionnement
du système métrique. Je me contente de si.
gnaler ses études sur les bases fondamentales
des unités métriques et sur-le rapport de l'unité
-.TtMBBr Je tvolume,. --,- .-.,
Il a entrepris et mené à bonne fin d'impor-
tants travaux sur tas hduvetiog méthodes de'
iweswe des bases en géodésie au -moyen de
fils métalliques sous : pression constante. Grâce
à cette nouvelle àné4i(~
à cette nouvelle MéHiQjde, un grand nombre;
de bases lgéodés ont pu être mesurées ou
sont en cours de -détermination à l'aide des
fils métalliques dont le Bureau international
des Poids et Mesures a fixé l'équation.
'EnSn, je vous signalerai les études sur la:
détermination des longueurs d'onde lumineuse
et de leur emploi comme témoins naturels des
unités de longueur.
M. Lardy a rappelé qu'il avait égale-
mentu l'honneur de prendre la parole à
la première conférence que présidait M.
Spuller.
M. Forster, piofesseur à l'université de
Berlin, président du comité international,
et M. Becquerl, de fAcadémie des scien-
ces, ont ensuite pris la parole. Un lunch
a été servi aux congressistes dans les sa-
lons du ministère.
LE CONGRÈS FRANÇAIS DE MÉDECINE
Le congrès français de médecine poursuit
•ses travaux à la Faculté
Au cours de la séance d'hier matin, MM.
Doyen, Hartmann, Oliver, Monprofit, Tuf-
fier ont discuté le rapport de MM. Linas-
sier, Castaigne et Dujarier sur le traite-
iment de l'ulcère de l'estomac. Puis l'on
entend les communications de MM. Des-
champs, Gilbert et Lereboullet, "Lematte,
:Cade et Bourret, Michel Cohendy, P. Gal-
lois et Delacour svr les maladies du tube
digestif.
Le docteur Doyen, partant de ce principe
que toute affection non cancéreuse de l'es-
té mac, rebelle à la médecuie, est du res-
sort de la chirurgie ,propose," "pour guérir
l'ulcère de l'estomac ,une nouvelle faççn>
d'opérer cette grave maladie qui constitue
un remarquable progrès pour la chirurgie.
L'après-midi on examina quatre ques-
tions proposées au congrès :
1* La tuberculose pulmonaire est-elle d'ori-
gine aérienne ou intestinale ? MM. Pruvost et
Revillet optent pour l'origine intestinale, MM.
Vallée, Kuss, Letulle, Jousset, Bernheim, LenoIr
et Camus prennent la parole.
2° Quelle est la valeur thérapeutique de la
tuberculine ? MM. Vallée, Guinard, Leredde,
Benoist interviennent ; des communications à
ce sujet par MM. de Stella, Bauer, Gérard et
Lemoine, Bergeron. Sléphani et Gouraud, Ch.
Montoux sont entendues.
3" Les Mcilles acido-résistants (MM. Rodet et
Galavielle. Fernand Besançon et Plulibert).
4° Les « sporotrichoses » de la peau (discus-
sion par .MM. de Beurmann, navaut et Civatte;
communications de MM. Rathc-ry et Brissaud,
Gaston).
WVELLES DF l'ÉTH
ANGLETERRE
Terrible déraillement
L'express venant de Bristol a déraillé à
Slirewsbury, à trois heures- du matin. Il
y a eu seize tués et de nombreux blessés.
On a retiré douze cadavres des décom-
bres.
Les révoltes de l'électricité
Un tramway électrique a déraillé à
Sowerby-Bridge (Yorkshirê). Le trolley
ayant perdu contact avec le câble électri-
que, le tramway a été précipité contre un
bâtiment. Deux personnes ont été tuées et
trente-et-une blessées grièvement. Ce sont
en majorité des ouvriers.
Deux ouvriers tués
A MiUwall, la fermeture d'un fourneau
servant à la fusion du métal est tombée,
tuant deux ouvriers et en blessant deux
autres.
AUTRICHE-HONGRIE
La santé de l'empereur
Suivant des inlormations de Scîtoen-
brunn l'empereur aurait passé une assez
bonne nuit. Les médecins auraient consta-
té une diminution de la fièvr.
La plupart des journaux disent que l'état
de l'empereur est sans changement. Ils
constatent cependant qu'une tendance à
l'amélioration se serait manifestée. L'ap-
pétit a été un peu meilleur que dimanche.
Suivant le Zeit, les accès de toux au-
raient été assez fréquents la nuit dernière.
La plupart des chefs d'Etat font prendre
une ou deux fois par jour des nouvelles
de l'empereur. François-Joseph 1er a reçu
des télégrammes de l'empereur d'Allema-
gne, du roi d'Angleterre et du roi d'Espa-
gne.
On mande de Prague que la princesse de
Windischgraetz, petite-fille de l'empereur,
a reçu du docteur Kerzl, médecin de la
cour, des nouvelles tranquillisantes.
Un déserteur de l' a Iéna"
On télégraphie de Budapest que le ma-
telot fugitif Pothier, qui avait déserté
Yléna à Toulon, a été arrêté et remis aux
autDrités françaises..
ALLEMAGNE
- Liebknecht plaide
Le docteur Karl Liebknecht a défendu,
hier, en qualité d'aivocat, devant le tribu-
nal même de Leipzig, qui l'a condamné
samedi à un an et demi de détention dans
une forteresse, une action en revision, in-
tentée par un client. Le président se trou-
vait être justement celui, qui avait lu le
jugement de, condamnation de l'avocat an-
timilitariste.
Comme on le sait, le docteur Liebknecht
a été laissé en liberté provisoire, et tant
qu'il n'aura pas franchi le seuil de la for-
teresse qui sera sa iprisoiI1, il a le droit de
^occupât1 ^oK3oute liberté -,8e" son appdt
n.riy. : : ",.. , .-"
: Le pourvoi de l'avocat JHau
La Cour suprême de d'Empire a rejeté
la révision
damné à mort l'avocat Hau, pour l'assas-
sinat de sa belle-mère.
ETATS-UNIS
Un pont qui s'écroule
Un train ouvrier passait sur un pont
suspendu à Middletown (Etat de New-
York) quand le pont céda. Une partie du
train fut précipitée dans le vide d'une
hauteur de 90 pieds.
Il y jurait un tué et dix-neuf blessés.
RUSSIE
La politique des Japonais
Le Rouss publie une lettre de son corres-
pondant à Tokio, qui prétend avoir obser-
vé dans le gouvernement, dans la presse
et dans la société japonaise, -des tendances
hostiles à la Russie.
Le Rouss appelle la sérieuse attention
du gouvernement- russe sur cette lettre
afin d'éviter une surprise comme en 1905.
L'été de la Saint-Martin
Il fait une chaleur accablante dans la
Russie occidentale, où les arbres ont une
seoonde floraison.
Terrible drame dans un village
Un mari bafoué tue sa femme et l'amant
à coups de fusil. — Un passant est
grièvement blessé
Un drame poignant vient Se se dérouler
au village d'Acon, près de Nonancouct
(Eure).
Dans ce village vivait un journalier agri-
'cole, René BouQuvrier, 32 ans, marié à
Louise Rosse, 23 ans. dont il avait eu
itrois enTànts. Il jouissait d'une ,bonne ré-
putation, mais il n'en était pas de même
de* la femme. Celle-ci, vicieuse et débau-
chée, avait, à plusieurs reprises, abandon-
né le domicile conjugal.
Sa dernière fugue devait lui être fatale.
Il y a trois semaines, la femme Bonou-
vrier quittait son mari, emmenant un de
ses enfants, une fillette ; elle s'en allait
habiter chez un marchand de balais, nom-
mé Feret, 59 ans.
Chaque jour Bonouvrier assistait de loin
aux scènes d'orgies qui se passaient chez
Feret et chaque fois qu'il rencontrait ce
dernier ou sa femme il était l'objet ae
sarcasmes et d'injures. Bien plus, un nom-
mé Yvon ne tardait pas de devenir à son
tour l'amant de la femme Bonouvrier.
Yvon se. mit aussi à railler le malheu-
reux mari et Bonouvrier, pour mettre fin
h cette situation, se décida ,R divorcer.
Dimanche soir, Bonouvrier passait de-
vant la demeure du marchand de balais,
quand Feret l'insulta..11 se rebiffa et som-
ma Feret de lui erndre sa femme. « Notre
femme, veux-tu dire ! répliqua le marchand
de balais. Tu n'aurais pas le courage de
venir la chercher ; d'ailleurs, j'ai mon re-
volver pour te recevoir. »
Furieux de ce propos, Bonouvrier s'en
fut chez lui chercher son fusil, puis il re-
vint et s'approcha de la maison de Feret.Ce
dernier ayant ouvert la porte, Bonouvrier
le tua net d'un coup de fusil. Affolée, la
femme Bonouvrier sortit à son tour, sa
fillette dans les bras. Le meurtrier tira
dans sa direction, il atteignit sa femme
au ventre; plusieurs grains de plomb
blessèrent la petite fille.
Bonouvrier se précipita sur son enfant
et l'emporta chez lui où il la pansa.
Pendant ce temps, la femme Bonouvrie-r
se traînait jusqu'à une grange où elle allait
mourir..
--:£é8' habitants du village s'étaient enfer-
més dans eurs maisons, quand vers neuf
heures, un nouveau coup de feu retentis-
sait et un ouvrier boulanger, M. Gaétan
Lefebvre, 29 ang, qui devait .se marier hier
mardi, s'affaissait. Le malheureux avait
reçu un coup de feu et plusieurs plombs
avaient atteint le poumon ; des soins lui
furent immédiatement donnés, mais on dé-
sespère de le sauver.
Qui avait tiré sur Lefebvre ? Bonouvrier,
interrogé par la gendarmerie, dit qu'après
avoir tué Feret et sa femme, il était en-
tré chez lui et avait donné des soins à sa
filletfe. En pleurant il dit aux gendarmes :
« J'en ai tué deux ; pourquoi n'avouerais-
je pas avoir tué Lefebvre en le prenant
pour Yvon si cela était vrai ? »
On se demande si un second crime n'a
pas été commis et si Lefèbvre n'a pas été
frappé par un prétendant évincé.
C'est ce que va rechercher le parquet
d'Evreux qui vient d'ouvrir une enquête.
La fillette, dont l'état est grave, a été
transportée à l'hôpital de Nonancourt..
-- LES GRÈVES
Le lock-out de la bijouterie fantaisie
Le comité de surveillance des fabricants
bijoutiers, adhérents au lock-out. vient de
se réunir rue Chapon, 25.
Chaque atelier continue d'être l'objet
d'une enquête sévère de la part des patrons
contrôleurs. Aucune infraction réelle n'a
été relevée et les conditions dans lesquel-
les les fabricants ont décidé de cesser tout
travail, soit dans leurs ateliers, soit chez
les façonniers, sont scrupuleusement ob-
servées.
Dans la même journée, dix fabricants de
bijouterie, de petits bronzes et de cadres
dorés ont apporté leur adhésion au groupe
::Ië:$ô1r môme- ont 'donné le délaT-^oongé Me
huitaine h leurs ouvriers.
Sans compter lés estampt urs qui 'trV&Jebt
cessé lundi la vente es apprêts pour la
bijouterie, et les lapidaires qui ont décidé
hier de suspendre toute livraison de pier-
res de fantaisie, le nombre des chefs d'in-
dustries ayant fermé leurs ateliers s'élève
maintenant à plus de deux cents.
———————.——— ———————————
N KC ItO UOCi IE
- Une centenaire, Mlle Marguerite Bar-
irault, est morte hier ii Grenoble. Mlle
Barrault était née le 4 juin 1806, elle était
donc âgée de 101 ans et 4 mois. Elle habi-
tait depuis 84 ans la même maison.
— Le cardinal André Steinhuber est
mort à Rome hier après-midi. Il était né
,à Uttlau, le 11 novembre 2825, et il avait
.été créé cardinal le 18 mai 1894.
.————————— ,. ————————————
A TRAVERS PARIS
.LA TEMPERATURE. — Le régime de basse
.pression avec vent de sud-ouest ,et temps plu-
vieux continue sur tout l'ouest de l'Europe.
,Le minimum .barométrique persiste j)ur l'An-
:glct.erre. ,'
Le vent est fort sur nos côtes, il souffle de
l'ouest sur la Manche et l'Océan, du sud en
Provence.
La mer est généralement houleuse.
Des pluies sont tombées sur toute la France,
elles ont été fortes dans l'Ouest.
La température a monté sur l'Europe centrale,
elle a baissé dans l'Ouest.
On notait hier matin, à sept heures : 20 à
Moscou, .8° à Nantes, 9* a Ciermont, 17* ù Mar-
seille.
En France, des averses sont probables avec
; température moins élevée.
A Paris, hier, ciel couvert, mais peu de pluie.
Thermomètre du Rappel : ù midi, 17° : a
iminuit, IC"
Baromètre du Rappel : (1 midi, 75.4 ; 4 mi-
mait, 757.
Tramway \contre automobile, - Boule-
vard du Montparnasse, hier, le tramway
380, de la ligne Bastille-Montparnasse, a
renversé une jautomobite enduite par son
propriétaire, le docteur Ermonge, domici-
lié 28, rue Gay-Lussac. Le docteur a été
tassez sérieusemnet blessé au cours de l'ac-
cident, ainsi que sa femme et leurs deux
enfants, une fillette de cinq ans et un gar-
çonnet de deux ans. Tous ont pu être re-
conduits due Gay-Lussac. Le docteur a été
l'objet d'un premier pansement.
Mère dénaturée. — Depuis un certain
temps, une femme d'origine italienne,
Anna, Calpadier, était signalée comme li-
vrant sa fillette, âgée de 15 ans, à la pros-
titution. Cette dernière vendait des fleurs
aux terrasses des établissements de Mont-
martre, et en profitait pour racoler des
clients, qu'elle emmenait dans des hôtels
du voisinage. Sur mandat de M. Berr, juge
d'instruction, Anna Calpadier a été arrêtée
hier et envoyée à là prison de Saint-La-
zare. La fillette et un bébé de 5 ans. sa
senur, ont été confiés aux soins de l'As-
sistance publique.
Les antimilitaristes. — Nous avons dit
que M. Gustave Hervé se trouve sovbs le
coup de poursuites, pour injures à l'armée,
contenues dans les articles parus en août
et septembre dans la Guerre sociale. Il a
été interrogé, hier, par M. Flory, juge
d'instruction. M. Gustave Hervé a déclaré
qu'il prenait l'entière responsabilté" de ses
articles, ajoulant. qu'il réservait toutes ses
explications pour l'audience.
Les romans parisiens. — Comme une
jeune femme quijtait. hier, l'étude d'un
avoué, rue d'Amsterdam, un monsieur qui
se trouvait sur le trottoir la désigna à.
deux hommes qui l'accompagnaient et qui
invitèrent la dame à les suivre au cabinet
de M. André, juge d'instruction. Le mon-
sieur était le mari ; les deux hommes
étaient des agents de la sûreté.
Devant M. André, on s'expliqua. L'époux
raconta que le 22 sept ambre dernier, alors
qu'il sortait d'une église avec sa femme,
il vit celle-ci le quitter, puis, en compagnie
d'un inconnu, monter dans un fiacre qui
fila vivement. .,
Quelques jours plus tard il recevait avis
que son épouse ne lui serait rendue que
contre une somme d'argent. Il plaignit
alors sa femme qu'il croyait sequestrée par
son ravisseur. Mais des papiers timbrés
qui lui furent remis lui apprirent que la
fugitive trouvait la séquestration agréable,
puisqu'elle demandait au tribunal le di-
vorce contre son mari abandonné.' Celui-ci
porta plainte contre elle et demanda son
arrestation.
i,.'épouse fugitive parla, à son tour, au
magistrat. Elle avoua sa faute et déclara
que celui qui l'avait enlevée devant l'église
d'où son mari la regardait s'enfuir, était
un ami de la maison.
A la suite de ces explications le mari
annonça qu'il allait introduire contre "a
femme une instance en divorce « pour in-
jure grave n.
— : -
DERRIÈRE LA TOILB
CET APRÈS-MIDI :
Théâtre Antoine-Gémier, 1 h. 1/2, répétition
générale de : 1° Terre d'dpouvante, pièce en.3
actes, de MM. André de Lorde et Eugène Mo-
reau ; 20 Monsieur Codornat, pièce en 3 actes,
de M. Tristan Bernard ; 30 L'Homme rouge et
la Femme verte, pochade en un acte, de MM.
Hugues Delorme et Armand Numès.
Le soir, & 8 h. 1/4, dernière représentation de
Maman Robert et de la Sacrifiée. Demain .jeudi,
première représentation du nouveau spectacle.
— Nouveau Cirque, matinée à 2 h. 1/2, avec
Foottit et Chocolat et les nouvelles attractions.
':,:::.:sb18 Ï =':"-:'":.::.:.'-- - '--"'-'' ,
"antavilie^ laff représentation de EduAWidw'
de Prtnce, comédie en 4 actes, de M. Matp&oa
Donnay.
- Théâtre de Cluny, 9 heupes, première Fe-"
présentation de Une Revue à Cïuny (Papotaga
S&int-Gsrmain), 3 actes et .7 tableaux, de MM.
Paul Ardot et Albert Laroche.
MM- Carpentier. Le Compère ';.HfIlPilton, CM*
ron, Oscar, l'amant d'Amanda, ranti-alcooliquc;
H. Juilien, Basson, Fabrice, Deibler, Moynetr,
Sully, l'étudiant. A. Marie, le bourgeois, la,
président, le gardien du Louvre ; Valût, Lalhui-,
le. le directeur, l'ouvrier ; G. Mori, Peiletan4;
premier apachc, chef de la Chorale. P. Perret,'
Bébert, le chauffeur ; Maquis, Celui qui l'a vu,
un spectateur, un choriste, Durondaixl ; Aimé
Laroche, troisième apache, le chroniqueur, un
choriste ; B. Koval, l'Anglaise, le paratonnerre..
le duettiste, un choriste ; G. Barrai, l'employé
de Turc, le garçon de café, le marchand, uur
choriste ; t
Mmes Gaby Boissy, la Commère ; Claudie ça
Sivry, Nini, première Gargouille, la ci¡.Qntuse
première maison tranquille ; Angèle Grill, IA;
Tuile,, la duettiste, l'étudiante : Mars-Pearl. la
comtesse, l'auteur : Franck-Mel, la màrquise.
la Joconde : Miss Ethel May, le tuyau, Un r1
LitUe Chrysias, la grosse caisse sentimental,
la fille.
Les autres rôles par Adrian. Ariette, Limery,
de Maineville, Jane Haimart, Manuela, etc.
— Théâtre du XX' Siècle, 138, boulevard de
Ménilmonlant. 8 h. 1/2, 155' gala "populaire des
30 Ans de Théâtre (2 fr. 50. 2 fr., 1 tr., 0 fr. 7.»'.:
Causerie de M. Paul Reltier, avocat à la,
Ceur. Ln Coiaédie-Franeaise donnera Androfna-
:(fue, tragédie en cinq actes, de Racine (MM. Paul
Mounet, Jacques Fenoux. Hamel, Ravet, \hnes
S-. Weber, Géniat, Madeleine Roch. Gabriel!*
Robine). Danses du vieux temps par Miles
Lohstein et Van Goethen. de l'Opéra. L'Opéra-.
Comique. donnera le troisième acte de Mignon
(Mlle Demellier, MM. Poumavrac, Azéma,. La'
Chanson, par Mme Anna Tïiibaud.
Opéra. — Ce soir, rentrée de Mlle Demougeoli
<îans Les Huguenots. *
Opéra-Comique. - M. Ed. Clément. avant fait
une chute dans son appartement, s'est légèrement
foulé le bras, ce qui l'oblige à un repos de quel-
ques jours.
Il a été remplacé, hier soir, par M. Devriès;
dans la Vie de Bohème. n le sera, vendredi, dans
Madame Butterfly, par M. Léon Beyle.
- C'est samedi prochain que Mme Donalda'
fora ses débuts à l'Opéra-Comique dans le rôle de
Manon. Ses partenaires seront MM. Salignac, L.
Fugère, Jean Périer.
Odéon. — On a affiché pour le 31 octobre 13
représentation du Tarlutfc, remis en scène dans
quatre décorations nouvelles : une répétition
!!('DPrnl" sera donnôe à la presse, la veille dans
la journée.
Vaudeville. — La direction nous prie de rap:
peler au public que la première de son prochain
sn('\nole. Palochon, comédie en 4 actes, de MM.
Maurice Hennequin et. Félix Duquesne!. pour les
représentations de Mmes Marthe Régnier. Rosa
Brndc la rentrée de M. Xohlet et le? débuts de
M Levesque étant fixée au merc redi 23 octobre.
Education de Prince, avec Mme Jeanne Granier,
n'aura plus que sept représentations et une der-
nière matinée le dimanche 20 octobre nrorhain.
et que. passé le 31. octobre, dernier délai, le biji
rœll de location -ne -dclivrepa - plus de -eaiwls
id'abonnement à. prix réduits r,ar, carnets de dis
coupons. - -4.
Variétés. ■ - L'annonce des dernières de Mb
quelle et sa mère a produit une telle ascension
dans le chiffre, des recettes (samedi et dimanel¥\
plus de dix mille francs) que la pièce sera jouée
encore cinq jours.
On fêtera, jeudi soir, la 150" représentation
du grand suoeès de MM. Robert de Flers et Gas.
ton de Caillavet.
Et une ultime matinée de Miquette et sa mere
sera donnée dimanche prOcliain.
Le lendemain soir, 21 octobre, aura, lieu la ré-
pét-Uion générale de L'Amour en banque, la co-
médie nouvelle de M. Louis Arlus, et mardi 2î,
la première représentation.
Théâtre Réjane. — Tandis que Raffles continue
ù attirer un public nombreux, les abonnements
inaugurés cette saison ont été, ees derniers jours,
demandés en si grand nombre que Mme Réjane.
pour accorder satisfaction aux lettre? reçues de
personnes encore en villégiature, a décidé clerc.
cevoir les inscriptions jusqu'au l'r novembre. -,
Nos artistes. - Nous avons été les premiers
à annoncer le départ de M. Pougaud du Châtelet;
complétons, aujourd'hui, notre information. M.
Pougaud est engagé par les frères Isola pour
jouer dans leurs divers établissements. L'aimable
et joyeux artiste débutera, prochainement, aux
Folies-Bersere. dans la revue de M. l' .-L. Fiers,
que l'on est en train de monter.
Le revuiste, par ce début, a un Bel atout dans
son jeu..
Olympia. — Malgré-, 40 représentations, la
joyeuse opérette de Paul Gavault fait toujours le
maximum et il est vrai de dire que tous ses in-
comparables interprètes. Lucie Jousset en tête,
sont toujours à kur poste, sans aucune d(rtÜ14
taoce.
Casino de Paris. -,- C'est vendredi-soir 18 octo-
bre qu'aura lieu la réouverture, sous la nouvelle
direction de M. G. Ziftel. La sriU<- est pnlièivmenl
transformée et les heureuses transformations
qu'on y a faites permettront au public de voit
parfaitement de tonles les places. Le programme
nous réserve, parait-il. de véritables surprimes.
Fin de Saison. — Marigny, hier soir mardi, a
fermé ses portes. Clôture Annuelle. Réouverlura
en 'avril prochain.
Emile Marsy.
_u ♦—^
, DÉCLARATIONS DE FAILLITES
(Jugements du 15 octobre)
Aubry, entrepreneur de menuiserie, 122, rue
Boucicaut, à Fontenay-aux-Roses.
Rouldoires, vis et charbons, fi rue Lamarck.
Cariiez, confections pour hommes. 1G, rue
Maric-Debos, à Montrouge.
Courtois, charcutier, 130, boulevard Voitaire.
Dame Forest. marchande de bimbeloterie, 31,
rue Grenier-Saint-Lazare.
Marcus, agent d'affaires, 36, rue Taitbout.
FEUILLETON DU 17 OCTOBRE
- 31 --..;
LE MYSTÊRE
DE LA CATHÉDRALE
par ODYS SE BAROT
- - Je n'eu doute pas ; je souffrirais
itrop si j'en pouvais douter ; mais il y a
!dcs heures où les liens qui unissent
deux âmes comme les nôtres se resser-
rent davantage, deviennent plus étroits,
plus sacrés. eh bien, mon Marcel ado-
ré, nous sommes dans une de ces heu
res-là.
Il la regardait, d'un air ébahi, sans
paraUre comprendre ce qu'elle voulai't
dire.
- - Quoi ! tu ne devines rien-? reprit-
elle en l'embrassant une fois de plus.
-- Mais que diable veux-tu que je de-
vine ? Quelle série de logogriphes me
donnes-tu là à déchiffrer ? Qu'est-ce" que
tout cela signifie ? D'abord, tu prétends
me faire avouer, à toute force, que j'ai
en des ennuis pendant mon voyage à
Chartres et tu te forges commua plaisir
un tas d'imaginations saugrenues. Et
puis, \oici. une histoire et de nouvelles
énigmes. Voyons, Clotilde, où comp-
tes-tu en venir avec ton langage de si-
bylle ? Parle donc clairement, nette-
ment, ou je croirai que .tu te moques dé
moi. Ma parole d'honneur tu es d'un.
drôle, çc .Eialifl Us
— AH 1 si tu m'aimais bien, tu m'au-
rais déjà comprise ! reprit-elle avec
tristesse, et je n'aurais pas besoin 3e
mettre les points sur les i I
— Allons, bon ! voilà le coup cles re-
proches, la scie des lamentations et des
pleurnicheries ,r. Oh ! les femmes 1
sont-elles assez bizarres, assez insup-
portables J
— Dis-moi tout 'de suite des injures,
pendant que tu es en train. Dis-moi
que mon amour te pèse. et cela, juste
au moment aIl Tu devrais redoubler
de.
Elle s'arrêta, et deux larmes coulè-
rent le long de ses joues.
— Bon ! cela devient complet ! Il ne
manquait plus que la scène des
pleurs !. Voyons, petite sotte, me fe-
ras-tu l'honneur de m'expliquer, à la:
fin, ce qu'il y a, ce que je t'ai fait, ce
qui se passe, ce qui t'inquiète ?. Al-
lons, mignonne, conte-moi ton gros
chagrin.
— Hélas ! mon ami, ce gros chagrin
ne demanderait pas mieux que ϐtre
pour toi une grande joie !
Marcel, cette fois, partit d'un franc
éclat de rire.
— Décidément, nous jouons aux cha-
rades. Dame 1 si cela peut t'amuser,
après-tout, je n'y vois pas d'inconvé-
nient 1
Clotilde s'essuya les yeux, et avec
un sourire indéfinissable :
— Eh bien, oui, chéri, c'est précisé-
ment une char.de yeux-tu fie te
la 'dise l'l '-, .-
c-i Je t'écoute ? je suis tout oreiIres..-.
Ton premier ..y,
— Mon premier est un jeune homme
bien beau, bien bon, bien affectueux
bien spirituel.
'— Oh ! oh ! voilà un gaillard qui ne
manque pas de qualités !.
— Supposons qu'il te ressemble, Mar-
cel. Je passe à mon second.
— Voyons ton second
t— Mon second est une jeune fille..*
c— Naturellement.
— Une jeune fille aimante, dévouée,
faible, trop faible, parce qu'elle est trop
aimante.
— C'est un coiite de fées que tu me
chantes là : « Il était une fois », et cœ-
tera. C'est du Perrault tout pur.
— Laisse-moi achever : il faut que
j'arrive à mon troisième.
- Ah ! il y a un troisième ?. Est-ce
que ce serait, par hasard, un autre beau
jeune homme ?.,
— Méchant ! Tu sais bien que non !.
Mon troisième.
— Ton troisième. ?
— Quoi ! fu n'as pas encore deviné ?
— Comment pourrai-je deviner avant
que tu n'aies fait connaître ton tout ?
— Tu y mets de la mauvaise volonté,
Marcel ! c'est pourtant bien simple et
bien clair.
Je n'y suis pas le moins du mon-
de. Dis-moi donc ton tout.
— A quoi bon ?. Ce .qui importe,
c'est mon troisième. Mon troisième
n'est-il pas à la fois mon premier, mon
second et mon tout ?
lie isag Se Marcel se rembruit sou-
dain, et il affecta Ue ne Tien compren-
dre.
.,. Ma foi, au risque de passer pour
un homme bouché, je me vois forcé de
jeter ma langue aux chiens. Je n'ai ja-
mais été grand devineur de charades et
de rébus.
Clotilde lui prit les deux mains, fixa
sur lui deux yeux plus éloquents que
tous les discours, et d'une voix grave,
quasi solennelle :
— Ecoute-moi, mon ami. Parlons sé-
rieusement. Dis-moi, depuis que, cé-
dant à tes prières, vaincue par tes ser-
ments, et aussi, il faut bien l'avouer,
par mon amour, depuis que je me suis
donnée à toi, livrée à ta loyauté, .à ton
honneur, as-tu jamais songé aux suites
possibles, aux conséquences inévitables
de ma faute ?
— Sans doute, sans doute, répondit-
il d'un tonde banale insouciance. Ne
t'ai-je pas répété cent fois que,je t'épou-
serais, que tu serais ma femme ?.
C'est une affaire entendue ; tu le sais
bien. Je tiendrai ma promesse, dès rçue
les circonstances me le permettront.
Rassure-toi donc, et ne te tourmente
pas ainsi.
- Oui, tu es un honnête homme pt
tu m'aimes. Mais réponds .d'une façon
moins vagué à une question très pré-
cise. N'as-tu jamais envisagé telle éven-
tualité et telle complication qui de-
vraient forcément précipiter les choses
et rendre un mariage immédiat absolu-
ment nécessaire ?
Les traits de Marcel trahissaient le
£ lus.^ complet embarras et une contra- i
riéfe non équivoque. Il se mit à balbu-
tier :
— Certainement si. J'y ai pensé. Et.
dans ce cas, je saurais ce qui me reste
à faire. Mais heureusement nous n'en
sommes pas encore là. -
— C'est ce qui te trompe 1 interrom-
pit vivement Clotilde.
— Quoi !. Vraiment ! Tu serais.
déjà. Non, c'est impossible.
— Je te répète que nous en sommes
là. malheureusement, puisque tu as
l'air de regarder cet événement comme
un malheur.
— Tu peux être dupe de simples ap-
parences. Il y a si peu de temps.
— Si ce n'était qu'un soupçon, te par.-
lerais-je ainsi ? Voilà déjà trois semai-
nes que j'avais des inquiétudes sur ma
position, certains malaises inaccoutu-
més m'avaient donné l'éveil. Hier, j'ai
été consulter une, saQ'e'fenHne dont le
jugement ne laisse prise à aucur dou-
te. Marcel, que comptes-tu fair, r,
Il y eut une minute de silence. Clo-
tilde, qui s'attendait à une explosion de
joie, fut douloureusement frappée de la
froideur avec laquelle son amant ac-
cueilit. cette communication. Il restait
pensif et, rêveur.
— Eli bien, mon chéri. c'est là tout
ce que tu trouves à me dire ? C'est toi
qui m'as mise dans la peine et il. ne te
vient à la pensée aucune inspiration
pour m'en tirer, pour réparer notre
faute commune et régulariser la situa-
tion ?..•
■«=- C'est préetlpCJiit à cela -que
songeais, répondit Bluteau, avec une
mauvais humeur évidente. Pardonne-
moi ce premier moment de surprise.
Je m'attendais si peu.
— Tu devais pourtant t'y attendre un
jour ou l'autre, un peu plus tôt, un peu
plus tard ! s'écria-t-elle en lui sautant
au cou. Est-ce que cela ne te fait pas
plaisir d'être papa, de voir en perspec-
tive un .gros garçon blond et rose, qui
sera ta chair et ton 9 car je veux
que ce soit un garçon.
— Oui, oui, dit-il di::-traitcmcnt.PluS'
tard- Mais c'est un peu prématuré. Cet
accident ne pouvait venir plus mal à,
propos.
— Cependant, ne disais-tu pas tout Iï
l'heure que tes parents, à ce dernier
voyage s'étaient montrés très bons pour,
toi, que ton père s'était relâché de sa sé-
vérité ? Ne serait-ce pas le moment de
tout leur avouer? Il le faut bien d'ail-
leurs ! **
— Ce serait une imprudence et une
sottise.
— Nous ne pouvons pourtant pas
nous marier sa ils Et tu ne veux
pas. i'imagine, que je donne le jour &
un bâtard ?
— Est-ce que nous n'avons pas de la;
marge d'ici-là ? Et puis enfin il est inu.
file de nous frapper la tète contre leJ
murs. Le mal n'est pas irrémédiable
Tout peu encore se réparer. <:
CI suivre)*
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