Titre : La Lanterne : journal politique quotidien
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1928-01-09
Contributeur : Flachon, Victor. Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb328051026
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 09 janvier 1928 09 janvier 1928
Description : 1928/01/09 (N18416,A60). 1928/01/09 (N18416,A60).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG33 Collection numérique : BIPFPIG33
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k7524256g
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-54
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 23/07/2012
Le Numéro ï 25 centimes
ABONNEMENT 1 n-0 6 ÔL 3 m
Seine et S.-et-0. 63 » 33 » 17 »
France et colon. 65 » 34 » 18 >
Etranger .100» 52 » 27 »
dO 131 » 67 » 35 »
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aux Bureaux du Journal
Chèque postal : 645-98
Les manuscrits non insérés
ne sont pas rendus
Fondateur: HENRI ROCHEFORT (30 mai 1868)
60' ANNEE. — N' 18.416
LUNDI
9
JANVIER 1928
Direction et Administration
38, Bd de Strasbourg, Paris-X
Téléphone : Nord 24-90
Après 22 h. : Louvre : 04-36
EDITORIAL 0 r
Hors la loi
38C —
Sapristi! Je reviens à
propos.
Il paraît que la guerre va
être mise « hors la loi! »
C'est sans doute faute
d'avoir su y faire entrer la
paix.
Malgré tout le bel optimisme que M.
Aristide Briand communique à certains
journaux français et étrangers, bien des
yeux se décillent, et un grave malaise se
répand.
Coup sur coup, en moins de trois se-
maines, nous sommes obligés de consta-
ter les inquiétants développements du
budget de la guerre en Allemagne, la con-
trebande d'armes de guerre venant d'Ita-
lie, le développement inouï et imprévu
de la marine de guerre aux Etats-Unis,
sans compter les agissements perfides de
la Lithuanie, qui, bafouant la conférence
ide Genève, trahissant la parole donnée
jet violant le pacte verbal conclu, entre-
tient le « casus belli » contre la Polo-
gne.
Or, il ne s'agit pas ici de renseigne-
ments superficiels ou de propos après
boire dans les guinguettes de Locarno ou
de Thoiry.
Le budget de la guerre allemand a été
détaillé, disséqué — dans la mesure où
le permettent ses obscurités voulues -
dans la presse allemande même.
Les chiffres publiés sont incontesta-
bles et incontestés.
o Il en résulte que la (( petite )) armée
de 100.000 hommes consentie à l'Alle-
magne par le traité de Versailles néces-
site (?) des dépenses plus considérables
que la formidable armée allemande de
[1913 et 1914!
Voici, selon les Débats, quelques exemples
typiques pour lesquels la comparaison est éta-
blie, pour des raisons de simple commodité,
avec le seul budget prussien d'avant-guerre,
correspondant à un effectif de 500.000 hom-
Vnes. ■
Compte tenu de l'indice économique, l'aug-
mentation des dépenses est, par rapport à
1912-1913, de 52 0/0 pour la nourriture,
Je 69,2 0/0 pour l'habillement, de 25.4 0/0
pour le logement. L'entretien du matériel d'ins-
truction existant dans les corps de troupe exige
5.712.000 marks (pas d'artillerie lourde!)
contre 2.954.000 avant la guerre; celui des
armes portatives et des mitrailleuses, 14 mil-
Jions 395.000 marks contre 7.416.000 :
l'augmentation atteint presque le double, et,
si Von tient compte du rapport entre les effec-
tifs (1 à 5), le décuple. Les crédits demandés
pour la mise en état des fortifications attei-
gnent tout compris, 4.885.000 marks contre
1.961.000 en 1913. L'ensemble des dépen-
ses au titre de l'armement et des forteresses se
monte à 145 millions de marks contre 175 en
1913 (dont 47 pour frais de premier établis-
sement une fois versé s) : encore l'armée
actuelle n'a-t-elle rien ,à dépenser (théorique-
ment) ni pour l'artillerie lourde, ni pour l'avia-
tion, ni pour les chemins de fer.
Les crédits d'entretien sont particulièrement
élevés. Un seul exemple, mais inquiétant. Il
est demandé 2.832.000 marks pour l'entre-
tien des masques à gaz, soit, par tête, 28 marks
32. Et il s'agit, il faut y insister, de simples
crédits d'entretien.
D'autre part, c'est le récent message
clu président Coolidge (8 octobre 1927),
qui a déterminé le nouveau programme
naval des Etats-Unis :
Noire marine, décrit le président Coolidge,
est également une arme de défense. Nous
avons un commerce extérieur et des lignes de
commerce maritimes qui ne sont surpassées
par aucun autre pays. Nous avons des terri-
toires éloignés dans les deux grands océans et
de longues lignes de côtes maritimes parsemées
des villes les plus riches du monde. Nous som-
mes responsables de la protection d'une impor-
tante population et des trésors les plus grands
qui aient jamais été détenus par un peuple.
Nous sommes chargés d'un devoir internatio-
nal, celui de défendre le canal de Panama.
Pour faire face à ces responsabilités, nous
avons besoin d'un armement naval important.
Nous avons besoin de développer nos forces
aériennes, ce qui est prévu par notre programme
quinquennal. Il faut des sous-marins, et nous
ferons le nécessaire aussitôt que le départe-
ment aura pris une décision concernant le meil-
leur type de construction. Il faut des navires
porte-avions ; il faut améliorer nos types de
croiseurs. Nous pouvons établir des plans pour
l'avenir et commencer un programma de cons-
truction modérés. *
Le pays a répudié la politique de l'ancien
monde dite de la course aux armements, mais
il ne peut pas se libérer de la responsabilité
d'une défense nationale adéquate, Nous avons
un traité, garanti par une attitude sans précè-
dent de générosité de notre part, pour une ~m'-
talion des armements navals
Et le président Coolidge n'évalue pas
à moins de 40 millions de dollars les cré-
dits indispensables à ce programme de
constructions navales.
Cependant, grand bruit de ferraille
sur la frontière austro-hongroise.
Qu' est-ce donc ?
Oh! simplement l'introduction en con-
trebande par l'Italie, de wagons entiers
de mitrailleuses et de munitions destinées
à l'armement clandestin de la Hongrie.
Je voudrais chasser ces sinistres ima-
ges de guerre, et me délaisser l'esprit
par la lecture du « Soir ».
Précisément, mon confrère publie de
remarquables interviews de M. Robert
Tourly, qui revient de Varsovie et de
Dantzig.
Las! M. Robert Tourly conclut :'
« Mais j'ai voulu rapporter fidèlement,
sans passion, avec le souci de servir la
vérité et la cause de la paix, le malaise
grave, dangereux, qui règne en Europe
orientale depuis l'application du traité
de Versailles. Ceci n'est pas discutable;
ma conviction est maintenant profonde :
« la paix est en danger sur les rives de
, la Vistule ! »
! Il est vrai que M. Aristide Briand est
5 présentement en contact avec M. Kel-
logg, pour organiser cette fois la paix
« perpétuelle ».
- Allo! Allo'! Kellogg, c'est vous ?
Vous ne perdez pas de vue, n'est-ce pas,
notre nouveau projet de « paix perpé-
tuelle » ?
— Yes! Yes! Cher garçon. Le temps
de jeter encore quelques milliers de ton-
nes d'explosif sur le Nicaragua et je suis
votre homme!
Edmond du MESNIL.
.———————
A NICE
Le Congrès des conseillers
du commerce extérieur
Un discours de M. de Monzie
Le congrès des conseillers du commerce
extérieur, qui se tient actuellement à Nice, a
consacré sa séance de samedi à d'importants
travaux.
La séance était présidée par M. de Mon-
zie. Un vœu a été émis demandant que le
projet de loi déposé par le gouvernement en
vue de réduire les charges fiscales de l'as-
surance-crédit à l'exportation fût voté le plue
vite possilble et que l'organe central de docu-
mentation actuellement à l'étude au comité
national fût créé avec le. concours des grou-
pements professionnels et de la banque na-
tionale du commerce extérieur et qu'à cet
effet une société d'études fût dès maintenant
constituée en collaboration avec les socié-
tés d'assurance et les banques. De plus, les
congressistes ont estimé que là ne doit pas
se borner l'action de l'Etat et ils ont deman-
dé qu'on apportât à l'œuvre des Initiatives
privées le couronnement nécessaire par l'af-
fectation des donations importantes à un or-
ganisme d'assurance contre le risque politi-
que des crédits à l'exportation, au fonction-
nement duquel participeraient les représen-
tants qualifiés des assureurs et des assurés.
M. de Monzie prit ensuite la parole et pré-
cisa son action en faveur du rapprochement
franco-soviétique.
Après avoir retracé les relations entre la
France et la Russie durant la périodede l'al-
liance franco-russe, il a déclaré que l'Etat
français est normalement garant des prêts
consentis par l'épargne française à la Russie
tsariste et que c'est pour cette raison qu'il
est intervenu en 1920. Puis il a fait l'histori-
que des tractations qui s'engagèrent en VU""
du, règlement dès dettes, russes et a affirmé.
qu'on pourrait aboutir à une combinaison
dans laquelle les crédits seraient en liaison
industrielle et commerciale.
Le congrès a abordé ensuite la question de
l'organisation des services d'expansion com-
merciale aux colonies et à l'étranger.
M. Arnal, représentant le ministre des af-
faires étrangères au congrès, a pris la parole
pour dire quelles relations doivent-exister en.
tre les mandataires du commerce et ceux
des affaires étrangères. Puis, après lecture
d'un rapport de M. Nadaud, divers vœux ont
été adoptés, tendant notamment à la création
d'attachés commerciaux.
LIRE EN TROISIEME PAGE
La Chronique littéraire
par Gabriel BRUNET
Singulière espérance, de voir effectuer une vraie
réorganisation par une assemblée d'orateurs, étrangers
à toute idée théorique positive, et choisie, sans aucune
condition déterminée de capacité, par des hommes qui,
pour ,la plupart, sont encore plus incompétents.
Auguste Comte.
Scepticisme
Un chirurgien anglais se montrait fort scep-
tique sur la chirurgie.
A tel point que l'un de ses fils, souffrant
d'une affection de la gorge, il préféra le voir
mourir plutôt que de tenter une opération.
A tel point encore que son second fils,
atteint du même mal, ne fut remis qu'à la
dernière extrémité entre les mains d'un chi-
rurgien.
A tel point enfin que, torturé par le re-
mords d'avoir permis cette intervention, il ou-
vrit dans son cabinet le robinet à gaz et se
donna la mort.
C'est un tour d'esprit qui se rencontre assez
fréquemment que cette disposition à dénigrer
systématiquement la profession qu'on exerce.
Professeur ? Ah ! ne m'en parlez pas,
c'est le dernier des métiers.
Journaliste ? Ne m'en parlez pas, c' est ie
dernier des métiers.
La politique ? Ne m'en parlez pas, c'est
le dernier des métiers.
Pour celui-ci, il est vrai, le paradoxe n'est
pas aussi évident.
——————————————————————————————————————— e ——————- * ————
Le plan Dawes et l'opinion
allemande
'Ot
Berlin, 8 janvier.- — Le Lokal Anzeiger
proclame ce matin, dans une longue étude
consacrée au projet de revision du plan
Dawes, qu'il est d'ores et déjà démontré que
Gpiui-ei Me peut pas être exécuté et qu'il fau-
dra que, daus un laps de temps aussi' rappro-
che q~ pqSFi?)]*,. l'A~gn
sa liberté. q, En tout cas, déclara l'organe na-
tionaliste, 11 faudra, même en cas de revision
du plan, que le Reich continue à bénéficier
de la protection que eonfrèrent à sa monnaie
les paragraphes relatifs aux modalités de
transfert des réparations.
La feuille berlinoise est persuadée qu3
dans les milieux financiers américains, on
s'intéresse dès maintenant à la fixation de la
dette définitive allemande.
Popularité
On ne sait encore, d'une façon officielle, d
M. Mussolini viendra mouiller du fil à Coche-
rel en compagnie de M. Briand, mais d'ores
et déjà cette villégiature est célèbre et son
propriétaire y est définitivement populaire.
Un de ses voisins, M. Leblond, cultivateur
vient de découvrir, paraît-il, une variété de blé
de semence particulièrement riche.
M. Leblond (comme les blés), rendit alors
à son illustre voisin le délicat hommage d'ap-
peler sa précieuse semence : « Le blé Aris-
tide Briand ».
Il ne faut point douter que cet éminent
parrainage conduira ce grain de blé à tous
les honneurs.
De toute façon, M. Briand saura bien, au
moyen d'une cuisson préalable, faire de cette
semence un précieux appât pour la brème.
Mais bientôt les oléoculteurs se piqueront
d'honneur et revendiqueront, à la faveur d'un
symbole évident, le parrainage de M. Briand
pour quelque nouveau plan d'olivier.
EXPLOITS DE RACISTES
Une artiste française
est siffiée à Kiel
Berlin, 8 janvier. — Des étudiants racis-
tes ont provoqué, hier soir, à Kiel, un violent
tumulte au Théâtre des Variétés, en siflant
une danseuse française.
Ils ont même lancé contre l'artiste un cer-
tain nombre de verres qui, par bonheur, ne
l'ont pas touchée.
La. police a expulsé les perturbateurs.
*————————'——'——'———————— t )~t
M. PAINLEVE
candidat à Cannes
Parmi les diverses circonscriptions, où la
candidature aux prochaines élections légis-
latives a été offerte à M. Paul Painlevé, le
ministre de la Guerre a chosi la circonscrip-
tion de Cannes-Antibes.
EN ANGLETERRE
Les débordements tragiques
de la Tamise
I >■ t -c—
Londres, 8 janvier. — La capitale du
Royauime-Uni est encore sous le coup de
l'émotion causée par les scènes tragiques qui
se sont déroulées durant les inondations.
Le danger id'une nouvelle invasion des
eaux n'est pas encore écarté et on redoute le
retour des scènes tragi,ques qui se sont pro-
duites dans la nuit de vendredi. L'héroïne
des inondations est miss Frankeisse qui
sauva/de nombreuses personnes en parcou-
1 Les pelouses du collège d'Eton submèrgées par les eaux
nant à la nage le flot envahisseur et en aver-
tissant les riverains. -
Miss Frankeisse est une jeune fille de taille
moyenne, mince, les yeux bruns clignotants
abrités par. des Junetbes, est actuellement à
l'hôpital de Fulham, à côté de Mime Wat-
son, une de ses parentes qu'elle a sauvée d6
l'inondation.
Les précautions prises
Les autorités ont pris, dans le cours de la
journée d'hier, un certain nombre de mesu-
res préventives dans le cas d'un retour-of-
fensif du fléau.
,
Dès la tombée de la nuit, toutes les rues,
inondées hier avaient été barricadées et des:
remparts de sacs de sable avaient été élevés.
D'autre part, toute la police avait été aler-
tée et se tenait prête à intervenir avec tous
les moyens de sauvetage dont elle dispose.
Des milliers de personnee, dont — détail
pittoresque — beaucoup en tenue de soirée,
étaient massées le lonç de la Tamise, dans
l'aittente des événements, et cela malgré les
injonctions des autorités. -
Dans les quartiers inondés la veille, tous
les habitants avaient été invités à se tenir
aux étages supérieurs.
Fort heureusement, toutes ces précautions
ont été vaines, et la nuit s'est achevée sans
la moindre nouvelle alerte. Mais, hélas! tout
danger n'a pas disparu!
Le raz de marée
Londres n'est pas seule à avoir éprouvé
les conséquences désastreuses du véritable
raz-de-marée de la nuit de vendredi à samedi.
Les dégâts sont incalculables, notamment sur
la côte Est, où on a noté, des marées énor-
mes et des tempêtes comme on n'en a pas
observé depuis cinquante ans.
Le village de Salcott, près de Colchester
(Essex), a été complètement inondé et, lors-
que les eaux se sont retirées, les maisons
étaient remplies d'herbes marines.
A Hythé, les voies du chemin de fer me-
nant à Wivenhoe et à la jonction de Clacton-
on-Sea ont été emportées.
Le raz-de-marée a également inondé la ville
de Heybridge, , dont les habitants se réfu-
gièrent sur le toitr de leurs maisons ou aux
étages supérieurs.
Entre Herue: bay et Whitstable, dans le
Kent, les routes ont été renduea impratica-
bles et des dommages considérables ont été
causés dans tout le district.
d Dans le Yorkshire. les routes sont inondées
par suite de la rupture des digues du Don.
Beauèoup de fermes sont complètement iso-
lés.
A certain moment, la vitesse du vent attei-
gnait 160 kilomètres à l'heure, - -
L'ACTUALITE
Ce que d'autres disent
et ce que nous voulons réaliser
-. —-—————'
Un article de la « Volonté » paru le
7 janvier sous la signature de M. Gustave
Rodrigues et intitulé « Dissociera-t-on
les radicaux 7 » pose nettement et sur
son véritable terrain le problème qui
nous est cher : celui de la concentration
républicaine.
« Précisément, dit M. Rodrigues, parce
qu'on a souffert de combinaisons hybri-
des, on ne voudra pas de partis dits de
concentration et qui seraient en réalité
des partis de capitulation. »
De quelles combinaisons s'agit-il ? Si
notre confrère entend parler des minis-
tères et des majorités antérieurs à juillet
1926, je suis d'accord avec lui pour
constater qu'on en a souffert; or, c'était
l'époque du cartel et de sa toute-puis-
sance, faite précisément de l'appui d'une
majorité où la gauche l'emportait et de
beaucoup; si l'on excepte quelques élé-
ments « centre », il nous paraît contraire
à la vérité historique de prétendre que
les gouvernements d'alors manquaient
de cette homogénéité qui paraît essen-
tielle à M. Rodrigues.
Je crains fort que M. Rodrigues ne
fasse allusion au ministère d'union na-
tionale, type de la formation hybride ; et
comment soutenir que malgré ce qu'elle
a de disparate, cette combinaison n'a?
pas. apporté avec elle l'apaisement en
même temps qu'elle a véritablement re-
dressé les affaires du pays ?
, Il est fâcheux qu'un article aussi im-
portant que celui de M. Rôdrigues se ter-
mine par une conclusion qui est manifes-
tement contraire aux faits les plus évi-
dents.
Venons-en à la doctrine : notre con-
frère est hostile à la concentration répu-
blicaine ; j'ai cru un instant qu'il y oppo-
sait un nouveau cartel d'extrême-gau-
che, car je ne suppose pas qu il espère
un succès assez complet du parti radical
pour que celui-ci gouverne seul (ceci
n'est possible à aucun parti) ; mais M.
Rodrigues est bien obligé de reconnaî-
tre ce qu'il appelle lui-même « l'intran-
sigeance )) des socialistes ».
« On est à droite ou à gauche », dit-
il; la « Volonté » lui a répondu par
avance, au lendemain du congrès socia-
liste en demandant où commençait le
réactionnaire.
« Mais, dit M. Rodrigues, l'électeur ne
finasse pas, il va d'instinct aux solutions
claires ; pour lui, il n'y a pas de nuances,
il n'y a que des couleurs et des couleurs
tranchées.
« Un radical modéré ou un modéré ra-
dical est un de ces nègres blancs qui
n'excitent plus que la défiance, parfois
même le dégoût. »
Hélas! M. Rodrigues est trop averti
pour ignorer qu'en matière politi-
que il n'y a pas de découvertes sensa-
tionnelles; c'est le tâtonnement perpé-
tuel et si vous avez, monsieur Rodrigues,
le sentiment que l'électeur se contentera
de formules claires, que j'appelle, pour
ma part, des formules simplistes et vides,
nous n'avons plus qu'à ailer nous cou-
cher.
Voilà où l'on arrive si l'on préfère
s abaisser jusqu a la psychologie élé-
mentaire de certaines foules, au lieu de
consentir par un travail sérieux, en écar-
tant le sectarisme et le parti pris, à re-
chercher les bases d'un programme com-
mun.
J'en arrive à l'argument crucial de M.
Rodrigues : on veut diviser les radi-
caux. Notre confrère cite le cas de M.
Franklin-Bouillon.
Je m'en suis expliqué clairement à
Rouen, au congrès de l'alliance démocra-
tique.
M. Franklin-Bouillon fait ce qu'il veut;
personne, pas plus nous que d'autres, ne
l'avons poussé dans la voie où il s'est en-
gagé ; il est assez grand pour agir seul.
Notre conception, répétons-la, pour
qu'une bonne fois on nous comprenne,
et si nous n'avons pas la prétention de
ne représenter qu'une minorité (j'en-
tends parmi les professionnels de la po-
litique, car il y a bien aussi Jasques
Bonhomme qui a son mot à dire), M. Ro-
drigues voudra bien nous concéder que
ceci du moins est clair.
Nous voulons le ralliement de toute
l'alliance démocratique et du parti ra-
dical dans sa totalité autour d'un pro-
gramme minimum dont nous pensons
qu'il est possible et dont nous savons,
dont nous avons conscience qu'il est in-
dispensable de l'établir.
C'est à la recherche d'un programme
commun que nous allons nous atteler au
Cercle d'Etudes Politiques, dont José Ger-
main a bien voulu accepter de parrainer,
jeudi prochain, la réunion de réouver-
ture.
Nous comparerons les doctrines des
partis voisins, nous irons demander à
leurs chefs dans quel esprit ils entendent
les appliquer; forts de la sympathie
qu'une presse attentive a bien voulu té-
moigner une première fois à cette initia-
tive. et malgré les obstacles, les em-
bûches que le scepticisme ou le parti pris
essaieront de dresser sur notre chemin,
nous avons le sentiment profond que
nous faisons œuvre utile et que quelque
chose de sain et de vraiment nouveau,
non pas dans les mots dont nous nous
moquons, mais dans le cœur des braves
gens, en sortira.
Nous ne sommes pas les pffcîfilèfrs*?
Bien sur et Ton n'invente jamais rien.
C'est une manœuvre et vous faites lé
jeu de certains politiciens trop habiles,
qui se servent de vous, craignant trop
qu'on ne les croie plus s'ils paraissaient
eux-mêmes en scène ?
Notre réponse : derrière nous, il n'y
a personne que les négateurs ; devant
nous, il y a l'avenir, chargé de menaces
angoissantes; nous allons essayer, à côté
de bien d'autres, c'est entendu, mais
pour une part aussi sincère qu'elle est
modeste, d'élaguer les premières brous-
sailles et d'avancer quelque peu.
Nous n'allons ni à droite ni à gauche;!
nous examinons les faits ; nous cherchons
des solutions raisonnables, nous rappro-
chons les états d'esprit, nous travail-
Ions.
Que les phraseurs restent à la porte!]
Pierre AUSCHER.
P. S. — La réunion de réouverture du Cer-
cle d'études politiques est fixée au jeudi 12
janvier, 20 h. 45, aux Sociétés Savantes, 28,
rue Serpente (angle rue Danton), salle du
premier étage.
ORDRE DU JOUR : « Vert un programme
commun », par M. José Germain. — P. A.
LA QUERELLE NEOLITHIQUE
Ce sont les glozéliens
qui parlent
par Henry PINGUET.
M. Loth nous avait promis trois conféren-
ces au Collège de France sur les découver-
tes de Glozel. Dans la première, il s'est bor-
né à amorcer ]a question par des générali-
tés ; dans la seconde, qui a eu lieu samedi
soir, il a seulement effleuré le sujet devant
un public nombreux et avide d'apprendre
quelque chose.
M. Loth s'est contenté de passer en revue
les personnalités qui ont fait partie de la
commission internationale. Donnant lecture
dtf rapport de cette commission, il a fait des
réserves puis, passant à la conclusion et aux
signatures, il a successivement porté des ju-
gements sur ces personnalités, les taxant
pour la plupart d'ignorance et d'incompé-
tence. *
D'après le conférencier, cette commission
aurait obéi au doigt et à l'œil du comte Be-
gouen, antiglozélien, autre savant sans par-
chemins.
Nous nous attendions à une discussion
scientifique sur le rapport de la commis-
sion, comme on nous l'avait promis. Peut-
être M. Loth va-t-il tenir sa promesse dans
sa prochaine conférence. Il faut le souhai-
ter.
Comme conclusion, 1«» savant professeur A
déclaré que la commission n'avait pas étudié
les documents fondamentaux de l'affaire de
Glozel. Et il a cité, entre autres, les tra-
vaux du docteur Morlet et du jeune Fradin.
C'est peu, c'est trop peu, on en conviendra.
Donc au dire de M. Loth, la commission
n'a pas connu Glozel ; elle ne s'est pronon-
cée que sur des renseignements intéressés,
de sorte qu'elle a fait des confusions fâcheu-
ses. C'est ainsi qu'elle a confondu des objets
d'époques différentes, appartenant à des
couches de terrain entièrement différentes.
M. Loth ajoute encore que la commission
s'est trompée en disant que la tombe — d'au.
très ont dit four de verrier — était de cons-
ABONNEMENT 1 n-0 6 ÔL 3 m
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38C —
Sapristi! Je reviens à
propos.
Il paraît que la guerre va
être mise « hors la loi! »
C'est sans doute faute
d'avoir su y faire entrer la
paix.
Malgré tout le bel optimisme que M.
Aristide Briand communique à certains
journaux français et étrangers, bien des
yeux se décillent, et un grave malaise se
répand.
Coup sur coup, en moins de trois se-
maines, nous sommes obligés de consta-
ter les inquiétants développements du
budget de la guerre en Allemagne, la con-
trebande d'armes de guerre venant d'Ita-
lie, le développement inouï et imprévu
de la marine de guerre aux Etats-Unis,
sans compter les agissements perfides de
la Lithuanie, qui, bafouant la conférence
ide Genève, trahissant la parole donnée
jet violant le pacte verbal conclu, entre-
tient le « casus belli » contre la Polo-
gne.
Or, il ne s'agit pas ici de renseigne-
ments superficiels ou de propos après
boire dans les guinguettes de Locarno ou
de Thoiry.
Le budget de la guerre allemand a été
détaillé, disséqué — dans la mesure où
le permettent ses obscurités voulues -
dans la presse allemande même.
Les chiffres publiés sont incontesta-
bles et incontestés.
o Il en résulte que la (( petite )) armée
de 100.000 hommes consentie à l'Alle-
magne par le traité de Versailles néces-
site (?) des dépenses plus considérables
que la formidable armée allemande de
[1913 et 1914!
Voici, selon les Débats, quelques exemples
typiques pour lesquels la comparaison est éta-
blie, pour des raisons de simple commodité,
avec le seul budget prussien d'avant-guerre,
correspondant à un effectif de 500.000 hom-
Vnes. ■
Compte tenu de l'indice économique, l'aug-
mentation des dépenses est, par rapport à
1912-1913, de 52 0/0 pour la nourriture,
Je 69,2 0/0 pour l'habillement, de 25.4 0/0
pour le logement. L'entretien du matériel d'ins-
truction existant dans les corps de troupe exige
5.712.000 marks (pas d'artillerie lourde!)
contre 2.954.000 avant la guerre; celui des
armes portatives et des mitrailleuses, 14 mil-
Jions 395.000 marks contre 7.416.000 :
l'augmentation atteint presque le double, et,
si Von tient compte du rapport entre les effec-
tifs (1 à 5), le décuple. Les crédits demandés
pour la mise en état des fortifications attei-
gnent tout compris, 4.885.000 marks contre
1.961.000 en 1913. L'ensemble des dépen-
ses au titre de l'armement et des forteresses se
monte à 145 millions de marks contre 175 en
1913 (dont 47 pour frais de premier établis-
sement une fois versé s) : encore l'armée
actuelle n'a-t-elle rien ,à dépenser (théorique-
ment) ni pour l'artillerie lourde, ni pour l'avia-
tion, ni pour les chemins de fer.
Les crédits d'entretien sont particulièrement
élevés. Un seul exemple, mais inquiétant. Il
est demandé 2.832.000 marks pour l'entre-
tien des masques à gaz, soit, par tête, 28 marks
32. Et il s'agit, il faut y insister, de simples
crédits d'entretien.
D'autre part, c'est le récent message
clu président Coolidge (8 octobre 1927),
qui a déterminé le nouveau programme
naval des Etats-Unis :
Noire marine, décrit le président Coolidge,
est également une arme de défense. Nous
avons un commerce extérieur et des lignes de
commerce maritimes qui ne sont surpassées
par aucun autre pays. Nous avons des terri-
toires éloignés dans les deux grands océans et
de longues lignes de côtes maritimes parsemées
des villes les plus riches du monde. Nous som-
mes responsables de la protection d'une impor-
tante population et des trésors les plus grands
qui aient jamais été détenus par un peuple.
Nous sommes chargés d'un devoir internatio-
nal, celui de défendre le canal de Panama.
Pour faire face à ces responsabilités, nous
avons besoin d'un armement naval important.
Nous avons besoin de développer nos forces
aériennes, ce qui est prévu par notre programme
quinquennal. Il faut des sous-marins, et nous
ferons le nécessaire aussitôt que le départe-
ment aura pris une décision concernant le meil-
leur type de construction. Il faut des navires
porte-avions ; il faut améliorer nos types de
croiseurs. Nous pouvons établir des plans pour
l'avenir et commencer un programma de cons-
truction modérés. *
Le pays a répudié la politique de l'ancien
monde dite de la course aux armements, mais
il ne peut pas se libérer de la responsabilité
d'une défense nationale adéquate, Nous avons
un traité, garanti par une attitude sans précè-
dent de générosité de notre part, pour une ~m'-
talion des armements navals
Et le président Coolidge n'évalue pas
à moins de 40 millions de dollars les cré-
dits indispensables à ce programme de
constructions navales.
Cependant, grand bruit de ferraille
sur la frontière austro-hongroise.
Qu' est-ce donc ?
Oh! simplement l'introduction en con-
trebande par l'Italie, de wagons entiers
de mitrailleuses et de munitions destinées
à l'armement clandestin de la Hongrie.
Je voudrais chasser ces sinistres ima-
ges de guerre, et me délaisser l'esprit
par la lecture du « Soir ».
Précisément, mon confrère publie de
remarquables interviews de M. Robert
Tourly, qui revient de Varsovie et de
Dantzig.
Las! M. Robert Tourly conclut :'
« Mais j'ai voulu rapporter fidèlement,
sans passion, avec le souci de servir la
vérité et la cause de la paix, le malaise
grave, dangereux, qui règne en Europe
orientale depuis l'application du traité
de Versailles. Ceci n'est pas discutable;
ma conviction est maintenant profonde :
« la paix est en danger sur les rives de
, la Vistule ! »
! Il est vrai que M. Aristide Briand est
5 présentement en contact avec M. Kel-
logg, pour organiser cette fois la paix
« perpétuelle ».
- Allo! Allo'! Kellogg, c'est vous ?
Vous ne perdez pas de vue, n'est-ce pas,
notre nouveau projet de « paix perpé-
tuelle » ?
— Yes! Yes! Cher garçon. Le temps
de jeter encore quelques milliers de ton-
nes d'explosif sur le Nicaragua et je suis
votre homme!
Edmond du MESNIL.
.———————
A NICE
Le Congrès des conseillers
du commerce extérieur
Un discours de M. de Monzie
Le congrès des conseillers du commerce
extérieur, qui se tient actuellement à Nice, a
consacré sa séance de samedi à d'importants
travaux.
La séance était présidée par M. de Mon-
zie. Un vœu a été émis demandant que le
projet de loi déposé par le gouvernement en
vue de réduire les charges fiscales de l'as-
surance-crédit à l'exportation fût voté le plue
vite possilble et que l'organe central de docu-
mentation actuellement à l'étude au comité
national fût créé avec le. concours des grou-
pements professionnels et de la banque na-
tionale du commerce extérieur et qu'à cet
effet une société d'études fût dès maintenant
constituée en collaboration avec les socié-
tés d'assurance et les banques. De plus, les
congressistes ont estimé que là ne doit pas
se borner l'action de l'Etat et ils ont deman-
dé qu'on apportât à l'œuvre des Initiatives
privées le couronnement nécessaire par l'af-
fectation des donations importantes à un or-
ganisme d'assurance contre le risque politi-
que des crédits à l'exportation, au fonction-
nement duquel participeraient les représen-
tants qualifiés des assureurs et des assurés.
M. de Monzie prit ensuite la parole et pré-
cisa son action en faveur du rapprochement
franco-soviétique.
Après avoir retracé les relations entre la
France et la Russie durant la périodede l'al-
liance franco-russe, il a déclaré que l'Etat
français est normalement garant des prêts
consentis par l'épargne française à la Russie
tsariste et que c'est pour cette raison qu'il
est intervenu en 1920. Puis il a fait l'histori-
que des tractations qui s'engagèrent en VU""
du, règlement dès dettes, russes et a affirmé.
qu'on pourrait aboutir à une combinaison
dans laquelle les crédits seraient en liaison
industrielle et commerciale.
Le congrès a abordé ensuite la question de
l'organisation des services d'expansion com-
merciale aux colonies et à l'étranger.
M. Arnal, représentant le ministre des af-
faires étrangères au congrès, a pris la parole
pour dire quelles relations doivent-exister en.
tre les mandataires du commerce et ceux
des affaires étrangères. Puis, après lecture
d'un rapport de M. Nadaud, divers vœux ont
été adoptés, tendant notamment à la création
d'attachés commerciaux.
LIRE EN TROISIEME PAGE
La Chronique littéraire
par Gabriel BRUNET
Singulière espérance, de voir effectuer une vraie
réorganisation par une assemblée d'orateurs, étrangers
à toute idée théorique positive, et choisie, sans aucune
condition déterminée de capacité, par des hommes qui,
pour ,la plupart, sont encore plus incompétents.
Auguste Comte.
Scepticisme
Un chirurgien anglais se montrait fort scep-
tique sur la chirurgie.
A tel point que l'un de ses fils, souffrant
d'une affection de la gorge, il préféra le voir
mourir plutôt que de tenter une opération.
A tel point encore que son second fils,
atteint du même mal, ne fut remis qu'à la
dernière extrémité entre les mains d'un chi-
rurgien.
A tel point enfin que, torturé par le re-
mords d'avoir permis cette intervention, il ou-
vrit dans son cabinet le robinet à gaz et se
donna la mort.
C'est un tour d'esprit qui se rencontre assez
fréquemment que cette disposition à dénigrer
systématiquement la profession qu'on exerce.
Professeur ? Ah ! ne m'en parlez pas,
c'est le dernier des métiers.
Journaliste ? Ne m'en parlez pas, c' est ie
dernier des métiers.
La politique ? Ne m'en parlez pas, c'est
le dernier des métiers.
Pour celui-ci, il est vrai, le paradoxe n'est
pas aussi évident.
——————————————————————————————————————— e ——————- * ————
Le plan Dawes et l'opinion
allemande
'Ot
Berlin, 8 janvier.- — Le Lokal Anzeiger
proclame ce matin, dans une longue étude
consacrée au projet de revision du plan
Dawes, qu'il est d'ores et déjà démontré que
Gpiui-ei Me peut pas être exécuté et qu'il fau-
dra que, daus un laps de temps aussi' rappro-
che q~ pqSFi?)]*,. l'A~gn
sa liberté. q, En tout cas, déclara l'organe na-
tionaliste, 11 faudra, même en cas de revision
du plan, que le Reich continue à bénéficier
de la protection que eonfrèrent à sa monnaie
les paragraphes relatifs aux modalités de
transfert des réparations.
La feuille berlinoise est persuadée qu3
dans les milieux financiers américains, on
s'intéresse dès maintenant à la fixation de la
dette définitive allemande.
Popularité
On ne sait encore, d'une façon officielle, d
M. Mussolini viendra mouiller du fil à Coche-
rel en compagnie de M. Briand, mais d'ores
et déjà cette villégiature est célèbre et son
propriétaire y est définitivement populaire.
Un de ses voisins, M. Leblond, cultivateur
vient de découvrir, paraît-il, une variété de blé
de semence particulièrement riche.
M. Leblond (comme les blés), rendit alors
à son illustre voisin le délicat hommage d'ap-
peler sa précieuse semence : « Le blé Aris-
tide Briand ».
Il ne faut point douter que cet éminent
parrainage conduira ce grain de blé à tous
les honneurs.
De toute façon, M. Briand saura bien, au
moyen d'une cuisson préalable, faire de cette
semence un précieux appât pour la brème.
Mais bientôt les oléoculteurs se piqueront
d'honneur et revendiqueront, à la faveur d'un
symbole évident, le parrainage de M. Briand
pour quelque nouveau plan d'olivier.
EXPLOITS DE RACISTES
Une artiste française
est siffiée à Kiel
Berlin, 8 janvier. — Des étudiants racis-
tes ont provoqué, hier soir, à Kiel, un violent
tumulte au Théâtre des Variétés, en siflant
une danseuse française.
Ils ont même lancé contre l'artiste un cer-
tain nombre de verres qui, par bonheur, ne
l'ont pas touchée.
La. police a expulsé les perturbateurs.
*————————'——'——'———————— t )~t
M. PAINLEVE
candidat à Cannes
Parmi les diverses circonscriptions, où la
candidature aux prochaines élections légis-
latives a été offerte à M. Paul Painlevé, le
ministre de la Guerre a chosi la circonscrip-
tion de Cannes-Antibes.
EN ANGLETERRE
Les débordements tragiques
de la Tamise
I >■ t -c—
Londres, 8 janvier. — La capitale du
Royauime-Uni est encore sous le coup de
l'émotion causée par les scènes tragiques qui
se sont déroulées durant les inondations.
Le danger id'une nouvelle invasion des
eaux n'est pas encore écarté et on redoute le
retour des scènes tragi,ques qui se sont pro-
duites dans la nuit de vendredi. L'héroïne
des inondations est miss Frankeisse qui
sauva/de nombreuses personnes en parcou-
1 Les pelouses du collège d'Eton submèrgées par les eaux
nant à la nage le flot envahisseur et en aver-
tissant les riverains. -
Miss Frankeisse est une jeune fille de taille
moyenne, mince, les yeux bruns clignotants
abrités par. des Junetbes, est actuellement à
l'hôpital de Fulham, à côté de Mime Wat-
son, une de ses parentes qu'elle a sauvée d6
l'inondation.
Les précautions prises
Les autorités ont pris, dans le cours de la
journée d'hier, un certain nombre de mesu-
res préventives dans le cas d'un retour-of-
fensif du fléau.
,
Dès la tombée de la nuit, toutes les rues,
inondées hier avaient été barricadées et des:
remparts de sacs de sable avaient été élevés.
D'autre part, toute la police avait été aler-
tée et se tenait prête à intervenir avec tous
les moyens de sauvetage dont elle dispose.
Des milliers de personnee, dont — détail
pittoresque — beaucoup en tenue de soirée,
étaient massées le lonç de la Tamise, dans
l'aittente des événements, et cela malgré les
injonctions des autorités. -
Dans les quartiers inondés la veille, tous
les habitants avaient été invités à se tenir
aux étages supérieurs.
Fort heureusement, toutes ces précautions
ont été vaines, et la nuit s'est achevée sans
la moindre nouvelle alerte. Mais, hélas! tout
danger n'a pas disparu!
Le raz de marée
Londres n'est pas seule à avoir éprouvé
les conséquences désastreuses du véritable
raz-de-marée de la nuit de vendredi à samedi.
Les dégâts sont incalculables, notamment sur
la côte Est, où on a noté, des marées énor-
mes et des tempêtes comme on n'en a pas
observé depuis cinquante ans.
Le village de Salcott, près de Colchester
(Essex), a été complètement inondé et, lors-
que les eaux se sont retirées, les maisons
étaient remplies d'herbes marines.
A Hythé, les voies du chemin de fer me-
nant à Wivenhoe et à la jonction de Clacton-
on-Sea ont été emportées.
Le raz-de-marée a également inondé la ville
de Heybridge, , dont les habitants se réfu-
gièrent sur le toitr de leurs maisons ou aux
étages supérieurs.
Entre Herue: bay et Whitstable, dans le
Kent, les routes ont été renduea impratica-
bles et des dommages considérables ont été
causés dans tout le district.
d Dans le Yorkshire. les routes sont inondées
par suite de la rupture des digues du Don.
Beauèoup de fermes sont complètement iso-
lés.
A certain moment, la vitesse du vent attei-
gnait 160 kilomètres à l'heure, - -
L'ACTUALITE
Ce que d'autres disent
et ce que nous voulons réaliser
-. —-—————'
Un article de la « Volonté » paru le
7 janvier sous la signature de M. Gustave
Rodrigues et intitulé « Dissociera-t-on
les radicaux 7 » pose nettement et sur
son véritable terrain le problème qui
nous est cher : celui de la concentration
républicaine.
« Précisément, dit M. Rodrigues, parce
qu'on a souffert de combinaisons hybri-
des, on ne voudra pas de partis dits de
concentration et qui seraient en réalité
des partis de capitulation. »
De quelles combinaisons s'agit-il ? Si
notre confrère entend parler des minis-
tères et des majorités antérieurs à juillet
1926, je suis d'accord avec lui pour
constater qu'on en a souffert; or, c'était
l'époque du cartel et de sa toute-puis-
sance, faite précisément de l'appui d'une
majorité où la gauche l'emportait et de
beaucoup; si l'on excepte quelques élé-
ments « centre », il nous paraît contraire
à la vérité historique de prétendre que
les gouvernements d'alors manquaient
de cette homogénéité qui paraît essen-
tielle à M. Rodrigues.
Je crains fort que M. Rodrigues ne
fasse allusion au ministère d'union na-
tionale, type de la formation hybride ; et
comment soutenir que malgré ce qu'elle
a de disparate, cette combinaison n'a?
pas. apporté avec elle l'apaisement en
même temps qu'elle a véritablement re-
dressé les affaires du pays ?
, Il est fâcheux qu'un article aussi im-
portant que celui de M. Rôdrigues se ter-
mine par une conclusion qui est manifes-
tement contraire aux faits les plus évi-
dents.
Venons-en à la doctrine : notre con-
frère est hostile à la concentration répu-
blicaine ; j'ai cru un instant qu'il y oppo-
sait un nouveau cartel d'extrême-gau-
che, car je ne suppose pas qu il espère
un succès assez complet du parti radical
pour que celui-ci gouverne seul (ceci
n'est possible à aucun parti) ; mais M.
Rodrigues est bien obligé de reconnaî-
tre ce qu'il appelle lui-même « l'intran-
sigeance )) des socialistes ».
« On est à droite ou à gauche », dit-
il; la « Volonté » lui a répondu par
avance, au lendemain du congrès socia-
liste en demandant où commençait le
réactionnaire.
« Mais, dit M. Rodrigues, l'électeur ne
finasse pas, il va d'instinct aux solutions
claires ; pour lui, il n'y a pas de nuances,
il n'y a que des couleurs et des couleurs
tranchées.
« Un radical modéré ou un modéré ra-
dical est un de ces nègres blancs qui
n'excitent plus que la défiance, parfois
même le dégoût. »
Hélas! M. Rodrigues est trop averti
pour ignorer qu'en matière politi-
que il n'y a pas de découvertes sensa-
tionnelles; c'est le tâtonnement perpé-
tuel et si vous avez, monsieur Rodrigues,
le sentiment que l'électeur se contentera
de formules claires, que j'appelle, pour
ma part, des formules simplistes et vides,
nous n'avons plus qu'à ailer nous cou-
cher.
Voilà où l'on arrive si l'on préfère
s abaisser jusqu a la psychologie élé-
mentaire de certaines foules, au lieu de
consentir par un travail sérieux, en écar-
tant le sectarisme et le parti pris, à re-
chercher les bases d'un programme com-
mun.
J'en arrive à l'argument crucial de M.
Rodrigues : on veut diviser les radi-
caux. Notre confrère cite le cas de M.
Franklin-Bouillon.
Je m'en suis expliqué clairement à
Rouen, au congrès de l'alliance démocra-
tique.
M. Franklin-Bouillon fait ce qu'il veut;
personne, pas plus nous que d'autres, ne
l'avons poussé dans la voie où il s'est en-
gagé ; il est assez grand pour agir seul.
Notre conception, répétons-la, pour
qu'une bonne fois on nous comprenne,
et si nous n'avons pas la prétention de
ne représenter qu'une minorité (j'en-
tends parmi les professionnels de la po-
litique, car il y a bien aussi Jasques
Bonhomme qui a son mot à dire), M. Ro-
drigues voudra bien nous concéder que
ceci du moins est clair.
Nous voulons le ralliement de toute
l'alliance démocratique et du parti ra-
dical dans sa totalité autour d'un pro-
gramme minimum dont nous pensons
qu'il est possible et dont nous savons,
dont nous avons conscience qu'il est in-
dispensable de l'établir.
C'est à la recherche d'un programme
commun que nous allons nous atteler au
Cercle d'Etudes Politiques, dont José Ger-
main a bien voulu accepter de parrainer,
jeudi prochain, la réunion de réouver-
ture.
Nous comparerons les doctrines des
partis voisins, nous irons demander à
leurs chefs dans quel esprit ils entendent
les appliquer; forts de la sympathie
qu'une presse attentive a bien voulu té-
moigner une première fois à cette initia-
tive. et malgré les obstacles, les em-
bûches que le scepticisme ou le parti pris
essaieront de dresser sur notre chemin,
nous avons le sentiment profond que
nous faisons œuvre utile et que quelque
chose de sain et de vraiment nouveau,
non pas dans les mots dont nous nous
moquons, mais dans le cœur des braves
gens, en sortira.
Nous ne sommes pas les pffcîfilèfrs*?
Bien sur et Ton n'invente jamais rien.
C'est une manœuvre et vous faites lé
jeu de certains politiciens trop habiles,
qui se servent de vous, craignant trop
qu'on ne les croie plus s'ils paraissaient
eux-mêmes en scène ?
Notre réponse : derrière nous, il n'y
a personne que les négateurs ; devant
nous, il y a l'avenir, chargé de menaces
angoissantes; nous allons essayer, à côté
de bien d'autres, c'est entendu, mais
pour une part aussi sincère qu'elle est
modeste, d'élaguer les premières brous-
sailles et d'avancer quelque peu.
Nous n'allons ni à droite ni à gauche;!
nous examinons les faits ; nous cherchons
des solutions raisonnables, nous rappro-
chons les états d'esprit, nous travail-
Ions.
Que les phraseurs restent à la porte!]
Pierre AUSCHER.
P. S. — La réunion de réouverture du Cer-
cle d'études politiques est fixée au jeudi 12
janvier, 20 h. 45, aux Sociétés Savantes, 28,
rue Serpente (angle rue Danton), salle du
premier étage.
ORDRE DU JOUR : « Vert un programme
commun », par M. José Germain. — P. A.
LA QUERELLE NEOLITHIQUE
Ce sont les glozéliens
qui parlent
par Henry PINGUET.
M. Loth nous avait promis trois conféren-
ces au Collège de France sur les découver-
tes de Glozel. Dans la première, il s'est bor-
né à amorcer ]a question par des générali-
tés ; dans la seconde, qui a eu lieu samedi
soir, il a seulement effleuré le sujet devant
un public nombreux et avide d'apprendre
quelque chose.
M. Loth s'est contenté de passer en revue
les personnalités qui ont fait partie de la
commission internationale. Donnant lecture
dtf rapport de cette commission, il a fait des
réserves puis, passant à la conclusion et aux
signatures, il a successivement porté des ju-
gements sur ces personnalités, les taxant
pour la plupart d'ignorance et d'incompé-
tence. *
D'après le conférencier, cette commission
aurait obéi au doigt et à l'œil du comte Be-
gouen, antiglozélien, autre savant sans par-
chemins.
Nous nous attendions à une discussion
scientifique sur le rapport de la commis-
sion, comme on nous l'avait promis. Peut-
être M. Loth va-t-il tenir sa promesse dans
sa prochaine conférence. Il faut le souhai-
ter.
Comme conclusion, 1«» savant professeur A
déclaré que la commission n'avait pas étudié
les documents fondamentaux de l'affaire de
Glozel. Et il a cité, entre autres, les tra-
vaux du docteur Morlet et du jeune Fradin.
C'est peu, c'est trop peu, on en conviendra.
Donc au dire de M. Loth, la commission
n'a pas connu Glozel ; elle ne s'est pronon-
cée que sur des renseignements intéressés,
de sorte qu'elle a fait des confusions fâcheu-
ses. C'est ainsi qu'elle a confondu des objets
d'époques différentes, appartenant à des
couches de terrain entièrement différentes.
M. Loth ajoute encore que la commission
s'est trompée en disant que la tombe — d'au.
très ont dit four de verrier — était de cons-
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