Titre : La Lanterne : journal politique quotidien
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1910-03-14
Contributeur : Flachon, Victor. Directeur de publication
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 14 mars 1910 14 mars 1910
Description : 1910/03/14 (N12013,A33). 1910/03/14 (N12013,A33).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
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Droits : Consultable en ligne
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Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-54
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 10/07/2012
La Lanterna
3
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sociation des capitaines au long cours ;
Rivelli, secrétaires de la Fédération des
inscrits maritimes ; Pierre Roux, prési-
dent du conseil général, et par M. Chéron,
au nom du gouvernement.
M. Chéron, après avoir rappelé les tris-
tes circonstances du naufrage, a dit :
Les marins du commerce et les marins de la
flotte année sont également nos enfants, et
nous les aimons d'une affection égale. Nous sa-
vons leur endurance, leur intrépidité, et nous
voyons dans ces terribles événements les offi-
ciers et les équipages solidaires jusque dans la
mort. Tous Ces hommes qui mènent une vie de
continuels dangers, ne sachant jamais quand
Ils quittent le port, s'ils reverrant des enfants
aimés, où s'ils les embrassent au contraire
.pour la dernière fois, sont les dignes descen-
dants de tous les hardis navigateurs auxquels
la France doit une bonne part de son prestige
et de sa gloire. La marine ne les. oubliera pas.
€)ane l'affection et dans la sollicitude de la pa-
trie, la,plaœ d'honneur appartient aux veuves
et aux orphelins.
Après le discours de M. Chéron, plu-
sieurs corps ont été placés dans des wa.
gons et dirigés vers les pays où ils doi-
vent être inhumés.
Un nouveau cortège s'est formé pour
l'inhumation du commandant Cayol, du
docteur Catfannée et de Mme Crespel.
A LA DOUMA,
Une séance mouvementée
Saint-Pétersbourg, 12 mars. — La discus-
sion du budget-de la justice a donnédieu
à des incidents extrêmement violents et
l'intervention seule des huissiers a empê-
ché les socialistes et les membres de l'ex-
trême droite d'en venir aux mains
Lorsque Tordre fut rétabli, M. Pourichte-
fvitch, membre de l'extrême droite, accusa
les octobristes d'être des révolutionnaires
]et de chercher à enlever ses droits au tsar.
L'extrême droite se mit à hurler : « A. bas
la Constitution et vive l'autocratie ! »
: Tout ce tumulte a été provoqué, parce que
les socialistes et même un octobriste s'é-
taient permis de flétrir la façon dont la jus-
tice est rendue en Russie.
LE CONGRÈS D'ALBI
La question militariste. - Violents
incidents.
Albi, 12 mars. - Hier, à la séance de
l'après-midi, la question militariste a don-
né lieu à une vive discussion,
MM. Bouchard, Batuef, de la Loire ; Cal-
yignac, de Carmaux, combattent les conclu-
isions du rapport. conforme aux décisions de
Lens et aggravé par l'adjonction proposée
d'une commission réclamant une vive agi-
tation contre l'idée- jtnilitarisle.
M. Bouchard s'élève avec force contre. la
deuxième partie de la décision du con-
grès : ", ,:, - ,
«Si des ouvriers, dit-il, déclarent ne pas
avoir de patrie, d'autres professent l'opi-
nion contraire. Ceux-là mêmes qui nient
l'idée de la patrie la réclameront le jour
où les moyens de production leur appartiens
dront. Nous ne voulons pas fa guerres-mais
nous ne voulons pas être dupes. Pour nous
débarrasser d'un joug, notis ne voulons pas
tm subir deux. Nous ne faisons, ici ni « chi-
qué » ni bluff. u
M. Broutchoux dit. : « Syndicats et gré-
vistes doivent la combattre et faire par tous
Jes moyens de l'antimilitarisme. »
Il ajoute textuellement: « Je suis de ceux
qui disent : « Il. n'y a pas de patrie. La
patrie est là où on -est bien r H
Cette déclaration est accueillie par des
tumeurs. Le citoyen Broutchoux essaie
vainement de parter.
Après quelques paroles de MM. Calvignac,
Merrheim, de la C. G. T., et Bouchard, un
amendement proposé par M. Galvignac por-
tant sur les mots : ic Armées permanentes
actuelles », à ajouter aux décisions de Lens,
est adopté.
Le rapport ef les décisions du congrès de
Lens sont adoptés.
Les délégations de la Loire et d'Albi se
sont abstenues sur la deuxième partie de
ladite décision. -
LA TÊTE COUPÉE i
La découverte du cantonnier. — Les re
cherches. - Au cimetière de Pantin.
Í Un cantonnier de la Ville de Paris, M.
Gustave Hetouin, demeurant 118, boulevard
de la Villette, qui passait hier matin, à
4 heurse, dans la rue des Bois, non loin
des Buttes-Chaumont, a trouvé sur le trot-
toir un paquet enveloppé d'un journal, qui
renfermait un corsage en étoffe bleue, dou-
blée de marron, avec parements rouges et
boutons en métal jaune, puis un jupon en
taffetas noir avec rubans iaurres.
Le. paquot a été aussitôt porté au commis-
sariat de M. Cuvillier, et examiné. Aucune
trace de sang n'a été relevée sur les vê-
tements qui ont été envoyés au cabinet do
M. Warrain, juge d'instruction.
On se souvient que, dans la description
des vêtements portés le soir du crime, par
Elisa Vandamme, figuraient un corsage de
tcouleur et un jupon noir.
D'autre part, à cinq heures du soir, des
Vêtements de femme ensanglantés ont. été
trouvés à cent mètres environ du pont du
Havre, sur la ligne Paris-Versailles, terri-
toire de Puteaux.
Ces vêtements se composent do deux ju-
pons, dont un blanc. l'autre gris-bleu, deux
chemises blanches, trois mouchoirs mar-
gués E. R., deux corsages et une camisole.
Gette trouvaille, comme la précédente, a
été envoyée à M. Warrain, juge d'instruc-
tion.
Un employé de commerce. M. Saint-Léger,
demeurant 41, rue des Rigoles, à Belleville,
s'est présenté au poste de police dé. Pantin
et a fait au commissaire la déclaration sui-
vante: K •
••
Hier, vers la fin de l'après-midi je m'étais
rendu au cimetière de Pantin sur la tombe de
mes enfants. En m'en retournant, je m'aper-
çus, après avoir longtemps erré à. travers les
aveu~ que je m'étais égaré. La nuit tom-
bait ;
avenues, l'inquiétude commençait à me, gagner,
lorsque dans la 91e division, j'aperçus un hom-
me penché sur une fosse ouverte, tandis qu'un
autre individu suivait tous ses mouvements, à
cheval sur la crête d'un inur qui sépare le ci-
metière de la route des Petits-Ponts.
Comme j'allais m'approcher du premier pour
lui demander mon chemin, j'entendis le second
qui disait à son compagnon : « Jette le tout
au fond de la fosse ; recouvre d'un peu de ter-
re et cavale-toi. » A cet instant, l'homme
m'entendant marcher près de lui, se releva
brusquement. « Que faites-vous là ? me dit-il,
vous nous espionnez »? — « Tape dessus, va !
cria du haut du mur le second personnage ».
A ce moment je fus frappé d'un violent coup
de poing au visage et grossièrement injurié.
Je pris la fuite et après une longue course je
pus enfin gagner la porte du cimetière.
La déclaration de M. Saint-Léger a été
transmise à la Sûreté. Le conservateur du
cimetière de Pantin déclare qu'il n'avait au-
cune connaissance de cette affaire, mais
qu'il avait ordonné des recherches. Elles
n'ont donné jusqu'à présent aucun résul-
tat. -
Autre alerte : Un groa sac flottait sur le
canal de l'Ourcq, au Petit-Pantin. Il y avait
dedans une masse confuse. On l'agrippa, on
l'accosta. au milieu d'un concours énor-
me de population riveraine. On l'ouvrit et,
du sac fendu, s'écroula. le cadavre d'un
énorme bouledogue !
LES GREVES
Les événements de Chambon-Feugerolles
Saint-Etienne, 12 mars. — A la suite de
la décision prise ce soir, à la chambre
syndicale, de rompre les pourparlers avec
les patrons et de continuer la grève, une
manifestation s'est formée et a parcouru
les principales rues du Chambon-Feuge-
rolles, manifestant bruyamment ; plu-
sieurs devantures ont été abîmées ; une
suspension a été brisée à coups de pier-
res dans une salle à manger au premier
étage d'une maison.
Une femme a été blessée à la tête par
un caillou. Son. état, est grave.
Des patrouilles sillonnent les rues ; des
postes ont été installés sur divers points
pour prévenir tout incident.
Malgré ces précautions, vers dix heures,
les manifestants se sont portés devant la
maison d'un patron boutonnier, M, Pau-
let. et ont incendié une volière et un petit
bâtiment attenant à l'habitation particu-
lière.
Ensuite, ils élevèrent une barricade au
passage à niveau du Chambon, à l'aide
de troncs d'arbres qui avaient été déposés
par un entrepreneur sur le bord de la
route. ', ;, ,::
Les pompiers étant accourus, on leur
: cria : « Laissez brûler ! Personne n'est en
danger », et la pompe fut culbutée dans
le fossé et les tuyaux crevés.
Pendant ce temps, des détachements de
gendarmes arrivaient à la Cotille par
d'autres routes ; ils barraient la rue de
chaque côté du hangar qui achevait de
brûler.
Prévenu de ces événements, M. Brelet,
préfet de la Loire, se rendait à neuf heu-
res du soir au Chambon: L'aspect du
Chambon était lugubre : tous les maga-
sins et les cafés avaient fermé leurs por-
tes ; les réverbères, sans vitres, étaient
éteints ; seules les lueurs de l'incendie de
la maison Paulet éclairaient la ville.
A minuit, un troisième escadron de dra-
gons est arrivé de Saint-Etienne: Un ba-
taillon du 38° de ligne et des. renforts de
gendarmerie ont été envoyés au Cham-
bon-Feugerolles. L'effervescence est restée
vive toute la nuit.
Au comité de la grève on déclare vou-
loir résister jusqu'à ce que les patrons
aient reconnu le syndicat.
Les couvreurs de Rouen
Rouen, 12 mars.— Les ouvriers coct-i
vreurs de Rouen, au nombre de 500, se
sont mis en grève ce matin. Leur princi-
pale revendication porte sur l'augmenta-
tion de salaire de 6 à 7 francs et l'abais-
sement de la journée de 10 à 9 heures.
Ils demandent en outre diverses aug-
mentations pour les travaux du dehors et
les travaux dangereux, ainsi que la jour-,
née de 3 fr. 50 pour les garçons et celle de'
3 francs pour les jeunes ne montant pas
sur les établis.
L'arbitrage de M. Renoult
Ronchamp 12 mars. — Les grévistes ont
décidé d'avoir recours à l'arbitrage de
M. René Renoult, sous-secrétaire d'Etat
aux finances.
Les propriétaires de mines ont accepté
cet arbitrage. La situation semble devoir
s'améliorer.
La grève de Craulhet
Graulhet, 12 mars. — La grève continue
et est calme depuis la rupture des pour-
parlers.
M. Griffuelhes vient d'arriver ; il don-
nera une réunion ce soir, avec M. Barthes,
secrétaire des délaineurs de Maxamet.
Les. charrois-se font journellement escor-
tés par les troupes à cheval.
Carriers en grève
Charleville, 12 mars. — Hier soir, à Mon-
thermé, où des carriers sont en grève de-
puis quinze jours, et où l'entente est sur
le point d'aboutir entre patrons et ou-
vriers, un certain nombre de cartouches
de dynamite placées au pied d'un trans-
porteur automatique, dans un carrière,
ont fait explosion. ,'
La gendarmerie a ouvert une enquête et
le parquet de Charleville s'est remdu sur
les lieux.
PARIS
La température
Observations météorologiques de La Lanterne.
dans la. journée du 12 mars.
Température la plus basse de la nuit, 7* «P.-
dessus de 0.
A 7 heures du matin, 8° au dessus dè--().
A 2 heures du soir, 150 au-dessus de 0.
A 7 heures du soir, 8° au-dessus de 0.
Hauicur barométrique.—758 mm. Hausse,
Le temps à Paris. — Doux.
Etat général du temps. — La pression baromé-
trique reste basse sur les pays du Nord et l'ouest
de la France ; un minimum se trouvç près de
Nantes, où l'on note 755 mm.
Les fortes pressions s'étendent des îles Britan-
niques à l'Islande ; elles persistent sur le sud-
est du continent et dans les parages des Açores
(Horta, 772 mm.).
Le vent est faible des régions sud au pas de
Calais et sur nos côtes de l'Océan, d'entre est èt
sud en Provence ; il est très fort du nord-est à la
pointe du Cotentin, où la mer est grosse.
Des pluies abondantes sont tombées sur l'ouest
de l'Europe ; il neige dans le nord.
En France, on a recueilli 45 mm. d'eau à Cher-
bourg, 30 à Calais, 21 à Vile de Ré, 13 à Nantes,
10 à Gap, 4 à Paris. -
La température a baissé dans la plupart de
nos régions, .principalement dans le centré.
Le thermomètre marquait hier matin : — 11° à
Kharkof, + 2 à Clermont-Ferrand, 6 à Bordeaux.
7 à Paris, 12 à Marseille, 15 à Alger.
On notait : — 1° au puy de Dôme, — 3 au
mont Venteux, — 11 au pic du Midi.
Temps probable. — En France, quelques aver-
ses sont encore probables avec température n>j..
sine de la normale.
La décrue de la Seine ':
: La cote de la Seine au pont d'Austerlitz
était hier matin de 3 mètres 08. On prévoit une
baisse de 0 m. 25 .d'ici 24 heures. La décrue
continue partout en amont de Parte, et la coté
de 2 m. 60 sera probablement atteinte au pont
d'Austerlitz d'ici lundi.
Il convient de signaler que les bas ports dé-
couvrent à la cote de 2 m. 64.
A l'instruction
La plainte contre M. Marcouirc. — Nous avons
annoncé que le ministère du travail avait porté
une plainte contre M. Marcouire, président de la
Société de secours mutuels des employés, pour
production de faux états. M. Monier, procureur
de la République, a chargé M. Magnien d'ouvrir
une instruction sur cette plainte.
Mystérieux enlèvement
Une enquête est ouverte par le commissaire
du quartier de la Plaine-Monceau pour établir
dans quelles circonstances furent enlevées
deux- fillettes, Marcelle et Yvonne Gadiquin, de-
meurant chez leurs parents, 57, rue de Tôc-
queville.
Les deux enfants, qui sont âgées de onze et
douze ans, devaient se rendre mercredi matin
à l'école de la rue Ampère. Ne les ayant pas
vues, la directrice prévint les parents. Ceux-ci,
justement inquiets, firent dans le quartier des
recherches qui demeurèrent sans résultat.
Hier, M Gadiquin reçut' une dépêche du père
nourricier des fillettes l'informant qu'elles ve-
naient d'arriver chez lui, "à Corbigny, dans la
Nièvre. -,
Un deuxième télégramme vint un peu plus
tard confirmer la nouvelle, neis on n'a encore
aucun détail sur les circonstances qui ont pu;
déterminer les filleties a entrepréhdre ce voya-
ge; N'ayant pas d'argent, il leur était impos-
sible de prendre leurs billets, et, d'autre part,
aucun motif ne peut justifier une pareille
équipée. *
Le père est résolu à faire la lumière sur
cette étrange affaire: Dans le quartier. -ou la
famille Gadiquin est très honorablement con-
nue. on croit à une vengeance.
Disparues et retrouvées
Il s'agit encore de l'enlèvement de deux fil-
les, Anna et Lucie Schmit, âgées de 15 et 13
ans, qui avaient disparu et toutes les recher-
ches étaient restées vaines.
Leurs parents, domiciliés 7, passage Menil-
montant étaient plongés dans le plus profond
dé5esptlir., .,,':,
Les fillettes n'avaient pas paru à leur atelier,
rue des Trois-Couronnes, et l'inquiétude des pa-.
rents n'était que trop justifiée.
Le service de la Sûreté avait été prévenu.
et s'apprêtait à organiser une battue dans lé
quartier, lorsque hier matin lès deux sœurs
sont rentrées au logis.
-Elles prétendent avoir passé ces deux yours
d'absence au bois de Vincennes couchant la
nuit dans une cave et se nourrissant d'un peu
de. pain qu'elles mendiaient chez les commer-
ants.
':eeUe explication semble peu vraisemblable ;
les fillettes ont été aperçues en compagnie e. n
dividus louches qui probablement voulaient
pousser au vlce ces enfants qu un remords tar-
dit a décidées à regagner leur foyer.
Autre disparition
Enfin on signale dans le 3* arrondissement
la disparitidn d'un jeune apprenti serrurier,
âgé de 13 ans, André Dubuisson. demeurant
chez sa mère. 325, rue Saint-Martin.
L'enfant était parti jeudi pour se rendre à
son travail, 53, rue Meslay. Il ne s'y est pas
présenté et depuis lors on ne l'a pas revu.
André Dubuisson est petit, maigre, ses che-
vaux sont châtains : il était vêtu, au moment
de sa disparition, d'une blouse bleue, d'un pan-
talon de velours, et d'un gilet noir ; il était
coiffé d'une casquette de jockey et chaussé de
brodequins à lacets.
FAITS-DIVERS
- ,
Mort accidentelle. — Hier matin, vers dix
heures, on a trouvé dans la cave, an pied de
l'escalier de la maison située au numéro 15 de
la rue Laferrière, le corps de M. Alfred Hoy-
auct, ftgê de 69 ans, entrepreneur de plombe-
rie, demeurant 20, rue de Moscou.
M. Hoyquet s'était rendu dans, cet ïmmeu-
ble avant-hier après-midi, pour y effectuer des
travaux.
Il résulte de l'enquête du commissaire de
police que le malheureux a fait une chute en
sortant .des water-closets et qu'il est mort sur
le coup.
Mort mystérieuse. — Une femme âgée de 70
ans environ, oui portait a la tempe gauche et
aux mains de nombreuses blessures, a été
trouvée, étendue, sur le terre-plein du boule-
vard de Belleville. Transportée au poste de la
rue des Trois-Bornes, la malheureuse a déclaré
sa nommer Suzanne Ussanguy ; puis elle a
perdu connaissance. Elle a-été conduite à l'hô-
pital Saint-Louis.
Brûlée vive. - Mlle Marthe Geoffroy, plu-
massière, 113, rue de Bolivar, était occupée
hier matin à faire chauffer du lait sur une
lamipe à alcool, lorsque cette dernière fit ex-
plosion.
L'alcool enflammé communiqua le feu aux
vêtements de la malheureuse qui fut horrible-
ment brûlée sur tout le corps.
Mlle Geoffroy a été transportée à l'hôpital
Saint-Louis. Son état est désespéré.
Excavation rue de Châteaudun. — Une exca-
vation d'un mètre de circonférence sur ffilmè-
tre de profondeur, s'est produite hier matin,
vers midi, rue de Châteaudun, en face du nu-
méBO 52, au passage d'un camion automobile
qui est resté sur place avec une de ses roues
enfoncée dans le sol. ,
ENVIRONS DE PARIS
, j
ARRONDISSEMENT DE SCEAUX
Ivry. — Un jeune garçon de 13 ans, Paul
Poncet, demeurant chez ses parents, rue Med-
dcck-Rousseau, voulant, hier, dans la gare de
cette ville, prendre le train au moment où ce-
lui-ci partait, est tombé sous les roues. Il a eu
les deux jambes broyées.
Paul Poncet a été transporté à l'hospice.
^CONFIANCE M°ORFêvrerieUXJ^SH
DE ORFÈVRERtE
PENDULES s'achètent aux Fabaw TR IBAUDEAUIQ jn^S I
Ge BESANÇON. - Tarifs envoyés FRANCO,
M*'Prix Concours Obtervatolre de SeIaDCOD. nii .V^
l' LES TRIBUNAUX
M. Clemenceau contre « La Justice a
M. Georges Clemenceau, ancien président du
Conseil, présentait hier requête devant lo prési-
dent des référés aux fins d'être autorisé à assi-
gner au premier jour les gérant et directeur de.,
La' Justice actuelle, pour faire supprimer de la,
manchette les mots : « Georges Clemenceau, fon-
dateur »,
- Le président a autorisé à assigner lundi.
L'acquittement de Le Brigand
- Vannes, 12 mars. — Ce n'est que vers trois heu-
res du matin que Je jury a rendu son verdict né-
gatif.
Quand la cour eut prononcé l'acquittement de
Marcel Le Brigand, de vifs applaudissements se
firent entendre, et l'accusé se jeta, dans les bras
de sa mère, en versant des larmes de joie.
l, Affaire de fraude
Condom, 12 mars. — Le tribunal correctionnel
vient de rendre son jugement dans une. grosse
affaire de fraude. La régie reprochait à MM. Mas-
clanis, pharmacien à Lannepax ; Rondel et Cie,
droguistes à Bordeaux ; Fezas, voiturier, d'avoir
fait voyager des produits pharmaceutiques sans
justifier de l'acquit des droits de consommation
sur l'alcool ayant servi à leur fabrication.
Le tribunalM relaxé le voiturièr, condamné M.
Masclanis à deux amendes de 500 francs pour in-
troduction frauduleuse d'alcool dans son domi-
cile, condamné solidairement MM. Masclanis et
Rondel à vingt-trois amendes de 500 francs pour
vingt-trois expéditions de produits pharmaceuti-
ques à base d'alcool et au quintuple droit de
consommation, ce dernier évalué à une centaine
i, de mille francs.
:' ., -, Marin condamné
: Toulon, 12 mars. — Le conseil de guerre ma-
ritime a condamné à huit années de travaux pu-
blics le matelot Bernou Albert, du Châteaure-
nault, qui s'était livré à des voies de fait sur la
personne d'un second maître. à Gibraltar.
JOUEURS JOUES
-----
L'arrivée du faux commissaire. - a Au
revoir, messieurs !» ,-
Rome, 12 mars. — Les journaux racon-
tent que cette nuit un pseudo-commissaire
de police, escorté de quelques agents, 'a
fait irruption dans le bar d'un hôtel où se
trouvaient un certain nombre de joueurs"
dont quelques-uns appartenaient à la hau-
te société..
Le pseudo-commissaire saisit les enjeux
et pria les joueurs de se tenir à sa disposi-
tion, tout en les dispensant de se présenter
au commissariat. Puis il partît en empor-
tant des sommes assez élevées.
Les Goulisses
Théâtres ,:'" '-'
- Matinées d'aujourd'hui dimanche :
Comédie Française. — Le Mariage de Figaro.
Opéra-Comique. — La Flûte enchantée.
Od - L'Ecole des ménages.
Gaîté-Lyrique. — La Favorite.
Apollo. — Rêve de valse. ','
Palais-Royal. — Le Satyre.
Trianon-Lyrique. — Gillette de Narbonne.
Vaudeville, Gymnase, Nouveautés, Porte-St-
Martin. Sarah-Bernhardt, Renaissance, Athénée,
Ambigu, Antoine, Déjazet, Cluny, Grand-Guignol,
mêmes spectacles que le soir.
Châtelet : 19* concert Colonne, sous la direc-
tion de M. Gabriel Pierné.
Théâtre Marigny : 46 concert Scchiari.
Folies-Bergère, Olympia, Scala, Nouveau-Cir-
que, Cirque de Paris, Moulin Rouge, Parisiana,
spectacles divers. -
— Aux Variétés, à partir 'de demain, relâche
pour répétitions d'ensemble du Bois sacré, co-
médie en 3 actes, de MM. de Caillavet et de Fiers.
La. répétition, générale-du. Bois sacré aura lieu
jeudi 17 mars, et la première, vendredi 18.
— Au théâtre Apollo, aujourd'hui, matinée à
2 heures, Rêve de Valse ; le soir, à 8 h. 3/4, 265'
représentation de La Veuve Joyeuse (à prix ré-
duits).
— Au théâtre des Arts, ce soir et demain lundi,
deux dernières représentations de La Dame. aux
Camélias. avec Mlle Paz Ferrer.
Après-demain mardi, le théâtre des Arts inau-
gurera une saison lyrique avec Si j'étais Roi,
opéra comique de d'Ennery et Brésil, musique
d'Adam.
Concerts et spectacles divers
— Une revue que tout le monde peut voir, sans
la moindre grossièreté, sans aucune allusion cho-
quante, la chose est rare et vaut d'être signalée.
Et notez que cette revue constitue en même temps
le spectacle le plus grandiose, le plus varié, le
plus- divertissant qu'on puisse imaginier. Des
clous ? Il y en a tant et plus, d'abord les prodi-
gieuses petites Béatie and Babs, qui font la joie
et l'admiration de tous ; Maurel dans Chantecler,
le délicieux fantaisiste Géo Grossmith Junior, la
Vampire avec Trouhanowa, etc., etc. C'est vrai-
ment. incontestablement le spectacle de famillé
par excellence, c'est pour cela que les matinées
sont si brillantes.
Le nom de cette revue ? Ne l'avez-vous pas de-
viné, c'est La Revue des Folies-Bergère.
— La température si douce dont nous jouis-
sons, fait que les hivernants reviennent en foute.
Jamais la saison parisienne n'a été aussi bril-
lante ; à chaque réunion de courses et ensuite au
Palais de Glace, toutes nos jolies mondaines font
admirer les dernières créations des couturiers en
vogue. Le bel établissement des Champs-Elysées
présente chaque jour un coup d'œil féerique.
Pasquin.
LES FRAUDES DE LA MARINE
Perquisitions nouvelles
Toulon, 12 mars. — M. Sebille et le '* com-
missaire spécial Dutrey, munis de com-
missions rogatoires, ont procédé, au mo-
ment de la sortie de l'arsenal, à plusieurs
perquisitions chez des' ouvriers du port,
soupçonnés d'avoir été en relations avec
des fournisseurs et d'avoir accepté des ré-
tributions.
Au cours de ces perquisitions, on 6 dé-
couvert, des. matières qui avaient été sorties
clandestinement de l'arsénal et notamment
des magasins et des établissements de py-
rotechnie.
Des saisies ont été opérées. Les ouvriers
chez lesquels elles ont eu lieu ont été invi-
tés à se tenir là la disposition du commis-
saire spécial..
A Lorient -
Lorient, 12 mars. — Une nouvelle per-
quisition a été opérée ce soir au domicile
de M. Bagay, représentant de la marine,
par le parquet maritime au sujet des frau-
des dans l'arsenal.
LA TEMPtTE
Nîmes, 12 mats: — Depuis deux jours,
une tempête sévit sur le Gard, occasion-
nant d'importants dégâts aux arbres et
aux vergers du Grau-du-Roi.
Au delà de la pointe d'Espiguette, la mer
est démontée. ;
Cherbourg, 12 mars. - Une effroyable
tempête s'abat "à neuf heures du soir sur
Cherbourg. Le tonnerre gronde, la grêle
tombe avec une intensité jusqu'alors incon-
nue. En une demi-heure, la plupart des
rues sont barrées. Dans certains quartiers
l'eau dépasse les trottoirs de vingt centi-
mètres, inondant les immeubles, rendant
la circulation impossible. Une quantité
d'habitants ne peuvent pénétrer dans leurs
domiciles. ,',
La ffottille dé torpilleurs, de Dunkerque
ne peut rallier ce port ,. par suite du mau-
vais temps ; elle reste ici en attendant une
accalmie. :
13rest, 12 mars., - T.e vènt souffle avec-
Brest, 12 mars. — Le vent souffle avec
violence, la mer est démontée..
La goélette anglaisé Suan, capitaine Le-
briquer. a fait naufragé au large de Per-
ros-Guirec.
Le navire est perdu. L'équipage a été
sauvé.
Le sémaphore signale que la goélette
Vierge-de-Trizien, du Conquet, drossée par
la tempête, et corhplètement désemparée,
s'est brisée sur les rochers, à l'entrée de
Lanildut.
L'équipage s'est sauvé S la nage et a
réussi à gagner la terre. !
LA FINANCE
BULLETIN DE LA BOURSE
Du 12 mars 1910
La semaine a pris fin sur une séance qui
n'était que le reflet exact des autres qui se
sont écoulées durant la huitaine. La fermeté
a continué à prévaloir avec un velomé très
réduit de négociations tandis que le comptant
ne se départit pas de son activité.
Le fait caractélastique de, la journée a été
la reprise des Omnibus et la c.o.rrlimWt.tion ides
fermes tendances des mines d'or.
Notre 3 reste fermement disposé à 99 17.
Au groupe international,' nous laissons l'Ex-
térieure mal disposé à 9710 sous l'influence
les dépêches de Melilla et de ~Coûta annonçant
que les opérations vont reprendre dans le niIr,
alors que l'on croyait la campagne marocaine
terminée. -
Le Turc unifié est en progrès et gagne le
cours de 00 45. Le Serbe 4 est soutenu à
86 25 ainsi que le 4 1/2 1909 qui-cote 454
francs.
Les fonds russes sont calmes : le 4 1/2
1809 se tient à 99 40 ; le 4 AI consolidé s'ins-
crit à 95 50.
Bonne tendance du Brésil 4 à 92 45.
Le Portugais reproduit à 66 55 son cours de
la veille.
Les Banques restent des mieux orientées no-
tamment la Banque de l'Union Parisienne qui
accentue son avance à 982 fr. La Banque de
Paris est bien tenue à 1.774. Crédit Lyonnais,
.L4UL
Les Chemins français se négocient aux envi-
rons 4e leurs cours précédents. Le Nord s'ins-
crit à 1.803 fr. et le Lyon à 1.356. Ouest. 980.
On échange le Métropolitain - à 593. Le Nord-
Sud s'inscrit à 313. -
Les Chemins espagnols conservent les fer-
mes dispositions. Les Andalous se traitent à
223 et les Saragosse à - 42G. Nord de l'Espa-
gne, 370.
Notons la hausse des Voitures è 2G6, des Om-
nibus à 1.474 ; la Thomson ne s'est guère dé-
placée à 825.
Valeurs industrielles russes fermes. La Sos-
nowice s'inscrit à 1.523 fr. Les Naphtes de
Bakou s'avancent légèrement à 896 francs. La
Briansk cote 310.
Krivoi-Rog accentue son mouvement de recul
a 921 fr. -
Le Rio a peu varié à 1.338.
Bonconseil.
DEPARTEMENTS
CALVADOS
Caen. - Le 36e de ligne devait partir lundi
paur le champ de tir de Languines*î>ur-Mer, mais
le général commandant le 3* corps d'armée vient
de consigner la. garnison et les tirs sont suspen-
dus. Ce contre-ordre a pour cause de nombreux
cas de méningite cérébro-spinale qui se sont dé-
clarés à la caserne Hamelin. Le major, chef de
service, a pris de sérieuses dispositions pour en*
rayer la contagion.
CHARENTE-INFÉRIEURE
La Rochelle. — Ce maLin, dans l'île de Ré. un
train a tamponné à un passage à niveau une voi-
ture dans laquelle avaient pris place M. et Mme
Jaunatre, tous deux septuagénaires.
M. Jaunatre a été tué ; quant 4 Mœe Jaunatre,
son état est désespéré.
FINISTÈRE
Brest. — Depuis plusieurs mois, les élèves de
1 Ecole navale étaient victimes de nombreux vols
d'objets divers et d'argent. Les auteurs de ces
vols, deux matelots fusiliers, ont été surpris au
moment où ils commettaient leurs larcins. Ces
marins ont étfairêt$.
Le contrôleur général, M. Guimblot, a été char.
gé par M. Chéron de faire une enquête sur les
vols a l'arsenal commis par le gardien Sparlel.
HAUTE-LOIRE
~Yssingeaux. — Quelques cas de diphtérie se
sont produits à Messinhac, commune de Bessa-
morel. Il y a eu jusqu'à maintenant deux décès.
Des mesures ont été immédiatement prisea
pour enrayer ce commencement d'épidémie.
LOIR-ET-CHER
Blois. — Le parquet a ouvert une enquête au
sujet d'une affaire d'avortement : une femme L:..
ayant accouché clandestinement après des ma-
nœuvres abortives, dans la chambre de son
amant, celui-ci, qui appartient à la brigade de
gendarmerie de la région, avait enterré le fœtus
dans le jardin.
La femme L. et son amant ont été écroués à
la prison de Vendôme. D'autres .personnes se-
raient compromises dans cette affaire.
NORD
Douai. — Pendant la nuit, des cambrioleurs
ont pénétré chez les époux Varlet, cabaretiers
à Nomain, et après avoir fait respirer à ces der-
niers du chloroforme, ont emporté l'argent se
trouvant dans une table de nuit.
SEINE-ET-MARNE
Fontainebleau. — Le lieutenant d'artillerie
Goulliard, en garnison à Fontainebleau, entraî-
nait, hier matin, un cheval sur la route de Vi-
dossang, en forêt, tenant un autre cheval par la
bride. —
Soudain, ce dernier animal fit un écart et dans
la secousse qui s'ensuivit, M. Goulliard tomba.
Le lieutenant â eu la clavicule cassée et souf-
tre, en outre, de contusions aux jambes.
SEINE-ET-OISE
Pontoise. Dans la soirée d'avant-hier, vers
neuf heures, le feu se déclarait au fond d'une
cour, 16, rue de Pontoise, à Montmorency, dans
un réduit servant de logement a une. pauvre
vieille femme connue sous le nom de Vermant, et
âgée de '76 ams.
Malade depuis une quinzaine de jours, la sepr.
tuagénaire était clouée sur son lit par des dou-
leurs, et c'est sur son grabat que la trouvèrent à
demi carbonisée :,ks -voisins accourus à la vue
des flammes. > ,,"',',-' ",",
Au cours de ses recheches pour préciser les
causes du: sinistré. M, Boiron, commissaire dBr
police, découvrit, cachés sous un matelas, une
somme de 600: francs et un livret de-caisse d épar-
gne d'une valeur de 1,500 francs. <(!
L'unique héritier de la défunte était son petit-
fils, un journalier. François Leroux, ancien pen-
sionnaire de l'asile de Clermont (Oise qui avait
précisément rendu visite à sa grand'mère une
heure avant le sinistre.
Leroux fut mandé par le magistrat. Les expli-
cations qu'il lui fournit étant fort embrouillées et-
quelque peu contradictoires, M. Boiron le garda
à la disposition du 'parquet de Pontoise.
SEiNË INFERIEURE
Rouen. — Le service de la Sûreté a arrêté un
forçat évadé de la Guyane, Julien Girbe, garçon
dé café depuis le 7 courant à Rouen.
Girbe avait été condamné à dix ans de tra-
vaux forcés et vingt ans d'interdiction de séjour
par la cour d'assises de la Seine, le 6 mai 1900,
'pour vol qualifié. ■% - "c ",
Evadé en 1908 du pénitencier, il s'était réfugié
en l Belgique sous un faux nom, puis il était venu
à Rouen où il avait habité autrefois. ,
Rouen. — Le gendarme Adrien Ruchaud, né en
Vendée, depuis trois ans en traitement à l'hôpi-
tal militaire de Rouen pour une grave maladie,
réformé sans pension au mois d'août 1907 et qui
s'était pourvu devant le Conseil d'Etat, s'est tué
en se jetant, cette lWÜ;.:du 3' étage, par la fenêtre
de «a; chanltoô..- -
; - TARN
Mazamet. .:. A la suiteéchange do coups, entre .un ouvrier et le contre-
maître d'une usine de lainage, une réunion à été
tenue hier soir à la Bourse du travail.
Les ouvriers ont décidé de demander le renvoi
du contremaître en question.
VAR
Toulon. — A: bord do contre torpilleur Casa-
bàmes d'ordonnance, notamment ses revolvers, ont
été découverts. Ces vols eurent lieu avec effrac-
tion, mais leurs auteurs sont restés inconnus
cependant, la gendarmerie maritime croit être
sur leur piste.
L'ENSEIGNEMENT CONGRÉGANISTE
4
, Angers, 12 mars. — Des perquisitions ont
été opérées par le commissaire central chez
des Ursulines, accusées d'enseigner sans
autorisation.
La supérieure et dix-huit religieuses ont
refusé de faire connaître leur état civil.
;" NOUVELLES COLONIALES
-
A la Guadeloupe
Pointe-à-Pitre. 12 mars. — Le croiseur
Friant est arrivé hier, à une heure de l'a-
près-midi ; après une imposante revue sur
la place publique, il est parti à Basse-Terre
avec le gouverneur, M. Gaudret.
Le croiseur se rendra à Ballif, où, de-
main, les élections municipales auront lieu.
FEUILLETON DU 14 MARS 1910
- 40.
L'Hôtel de Ste-Agnès
: ei des Célibataires
PAR
LUCIEN ROLMER
1
,> XX
LES FANTÔMES DU MAL
Azincourt lui montra, en face d'elle, AI-
phonse, et Isabelle de Songes qui s'enla-
çaient encore et qui se souriaienÇ Saint-
Loup poussa un cri Mlle Agneau chan-
cela:
- Ah ! c'est toi. c'est toi ! s'exclama-
t-elle, lâehe qui m'as trompée, traître qui
rn'as séduite ! T'avais-je demandé de me
montrer l'azur ? Je resnirais l'air vif et
libre du matin, j'avais comme un écho du
printemps dans la tête, l'espotr de l'avenir
m'emportait dans le deI.
Elle ferma les yeux, elle étancha ses
pleurs. Son mal errait dans tout son être,
et son cœur la frappait comme bat un m ar-
teau.
— Ali ! n'est-ce horrible ? reprit-elle,
tout sentiment dans moi s'annule,, se dis-
sout ! Quel trouble et quelle nausée ! Quel-
le angoisse et quelle souffrance 1 J'ai cru
Tous droits de reproduction et de traduc-
tion interdits. -,
dans ton amour et dans l'heureux destin !
J'avais caché, durant des. années, le Ion-,
de mon enfance et pendant ma jeunesse,
mes tourments, mes désirs, ma détresse,
ma fièvre, et quand je vous ai vu, je vous
ai tout donné !. Entendez-les hurler au
salon de lecture ?. Ah ! dites-moi, ne
vais-je pas bientôt mourir ?
Elle tourna sa lace exsangue vers la.
porte. La douleur l'opprimait. L'horizon
de ses yeux s'effaçait dans les larmes. Sa
respiration sifflait dans ses poumons com-
me ie vent d'hiver sanglote dans les bran-
ches. Elle était inspirée comme Cassandre,
elle était impétueuse comme Erinnys.
Le salon de lecture s'était rouvert. Il
s'en échappa au milieu des cris, une ques-
tion suppliante : ",
- Monseigneur ! Monseigneur ! Vôus
laisserez-vous faire ? appelait Françoise de
Marigny.
Tandis qu'y pétillaient des pas accélé-
rés, des injures aiguës éclatèrent dans l'an-
tichambre, et, soudain, Messih-Abdullah en-
tra, traînant Jéova par sa robe.
Rougissant et la tête basse, les palmes
de ses manches flétries, l'évêque ressem-
blait à un drogman coupable dont un sul-
tan jaloux vient d'ordonner la mort.
- Vous m'avez éloigné, miaulait de sa
voix châtrée le bel androaryne olivâtre, je
me suis-méfié, je vous surprends, mon maî-
tre ! Mlle Agneau, Nissim lest mon.
amant !. Ah ! Jéova, si vous m'abandon-
niez, je vous, tuerais sur place, défendez-
vous, voyons !
— Lâche-moi ! Lâche-moi, gabaonite r
murmura le patriarche.
Messih Abdullah obéit, et ses veux de
cerf s'adoucirent.
Le prélat tâta son turban, lissa sa grande
barbe, et, redressant sa haute taille, re*
prit son air pontifical et solennel. L'odeur
du patchouli l'entourait comme un voile.
Mlle Agneau, qui tremblait, s'était ap-
puyée à la table. Azincourt, narquois, s'ac-
cotait à la console, Isabelle et Saint-Loup
souriaient de nouveau.
— Mon cher enfant, dit Jéova, les sens
t'égarent.
Mais Messih Abdullah n'avait plus ni res-
pect, ni mutisme, ni foi. Il interrompit l'é-
vêque-oriental de son cri de verre ; de sa
main de bronze, il accabla l'air :
— Mes sens !. Et ce- papier, que fait-il
en ma main ? Ah ! mademoiselle Agneau,
se lamenta-t-il, je suis las, le suis las, j'ai
trop longtemps gardé pour moi ces infidé-
lités continuelles !. Quand je suis entré
au salon de lecture, Nissim, Mlle de iMari-
gny, qui pâmait sur vos genoux, vous ten-
dait ce papier sorti de son corsage. Qu'est-
ce donc que ce billet doux ? ",
- Rien du tout, affirma le patriarche, un
prospectus sur un tableau de Fragonard.
— Sur un tableau de Fragonard ! s'excla-
ma l'hermaphrodite levantin, qui dépliait la
lettre décachetée, sur un tableau de Frago-
nard, ce billet doux ?
« Je ne suis ni Virgile ni Pau, ni même
leur valet de chambre — mais un citoyen
déshonnête et indépendant, rimeur bachi-
que à ses heures, et violeur de filles "3e
profession.
« Signé : Antoine ORTOLAN. »
- Fragonard ! Ortolan ! Est-ce le même
peintre ? Dites-moi, monsieur Alphonse
Saint-Loup 1
Saint-Loup ne put répondre au joli secré-
taire. Avant que, pour nier, il eût ouvert
la bouche, Mlle Agneau s'était levée comme
une flamme et le-visage épouvanté.
Soudain, elle passa comme une image ar-
dente, entre Jéova et Messih-Abdullah ; pré-
cipitamment et dans le silence, elle ouvrit,
comme une force spirituelle, la porte de la
salle, à manger ; elle apparut dans l'anti-
chambre comme la foudre dans la nuit.
Il y avait là des ombres sinistres : les
quatre invalides, du Bridet et Mme de Mal-
saine, Mlles Bavarel et Contaré, les quatre
amoureuses de La Sorbpnne et les quatre
abbés pèlerins. Il y avait là, sous le lustre
vague, les larves de la vie, les fantômes du
mal.
Mlle Agneau demeurait en face'd'eux, fa-
rouche et désolée, insensée et pantelante
comme le flot vivant de l'orage ou de la
douleur. Elle offrait aux-regards des êtres
de ténèbres sa forme sans contours, tant
-elle était subtile, et ses yeux embrasés qui
voyaient l'Au-Delà. ,"
Au fond du vestibule,auprès de l'escalier,
Henriette et. l'abbé Junon s'étaient retirés,
ennuyés et immohiloc, pour mieux parler
,de Cléopâtre et de César, Mlle Agneau ap-
pela l'espérance 1
— Ah ! mon cher aumônier, mon con-
fesseur s'écria-t-elle, j'avais gardé ma robe
blanche, je n'aurais jamais supposé qu'un
tel malheur me menaçât! Délivrez-moi du
diable et. des singes d'amour j Le faune est
revenu ! C'est Antoine, vous savez bien,
monsieur Junon ! Ah ! ah ! ah ! ah ! Qu'ai-
je suscité dans l'atmosphère ? Dites-moi.
est-ce un cauchemar?
Elle s'état approchée, en son délire, du
jeune vicaire au profil romain, et sa vapeur
l'enveloppa comme, .un nuage. Il la repous-
sa :
— Mythomane ! Mythomane ! l'insulta-t-il.
Elle recula, levant ses bras de feu, va-
ciHant sur elle-même comme une colonne
ébranlée :
— Oui, c'est moi, mon père, c'est moi,
la coupable, la criminelle, le seul dedans de
vos scandales ah ! ah ! le seut lien dé 'vos
conciles, monseigneur Jéova ! ah! ah 1 par-
donnez-moi.
Sa voix, délivrée, s'envolait à grands
coups d'ailes et se heurtait à tous les murs
comme une alouette aveuglée -
— A la chapelle ! A la chapelle ! Donnez-
moi le tableau du peintre que je hais -— ex
Sainte-Agnès que je déchire !. Elle, moi.
elle, moi ?. Pourtant, ne suis-je pas la
martyre d'amour ?. Ah ! mettez-moi des
chrysanthèmes dans la bouche, emportez-
moi, emportez-moi !. Les clochers ont troué
la face de la nuit, et Paris, avec les na-
seaux de ses' fenêtres et les cornes de ses,
cheminées, les écailles de ses toits et le
vcutre à demi caché de ses façades, s'al-
longe comme un monstre allaitant des sa-
lamandres grouillantes dans l'immensité.
Je vois, je-vois, j'ai peur, sauvez-moi !.
Des chauves-souris, des corbeaux, des vau-
tours, des suaires qui saufènt qui piaulent,
qui tournent, Satan. Satan.
Elle tomba dans les bras de Mme de
Malsaine, l'horizon d& ses yeux vaste com-
me un désert, lb spasme au cœur, l'écume
aux lèvres.
Dans le brouhaha qui suivit, Mlle Bava-
rel interrogea l'abbé Junon : 1
- De quelles mânes vouliez-vous parler
monsieur l'abbé ? Pétomane. est-ce cela ?
Non !. mite, homme, âne. n'est-ce pas f
.-.
Li loi sur la Séparation de l'Eglise et d £
t'Etat fut votée, le lendemain, au Luxem-
bourg Huit jours après, on internait Her.
mance.
Mgr Jéova s'était entremis. De toutes ses
tentatives auprès des pouvoirs constitues,
cette démarche seule eut un résultat favo-
rable.
;
i prin?- une. maison de santé, située prés
..tI¡;:,f:s.orgo.&l,n.lDamazzo (Italia). à vingt heu.
r-tlie environ de Nice, au confluent de trois
diaphanes vallées, sous un ciel chaste, Mlle
Agneau vit comme une statue et ses yeux
sont des sources.
Elle pleure sans cesse et n'a plus de
regard..
Une religieuse, jadis plumassière à Belle-
ville, la soigne et la rudoie. l'insulte et la
promène :
— As-tu fini de te fondre en eau, môme-
larme ? demande-t-elle, la main levée
La « -Môaïrte-Larme » est le surnom de Mlle
Agneau.
Triste fille d'Icare ô nouvelle Ophélie,
vous sera-t-il donné d'aller au ciel rejoin-
dre Erigoné changée en constellation ?
FIN
La Lanterne publie tous les lundis :
, LA SEMAINE CLERICALE
; PAR ANTOINE LESAINT
3
., ,, ---.- - ,- '- ,.--"
sociation des capitaines au long cours ;
Rivelli, secrétaires de la Fédération des
inscrits maritimes ; Pierre Roux, prési-
dent du conseil général, et par M. Chéron,
au nom du gouvernement.
M. Chéron, après avoir rappelé les tris-
tes circonstances du naufrage, a dit :
Les marins du commerce et les marins de la
flotte année sont également nos enfants, et
nous les aimons d'une affection égale. Nous sa-
vons leur endurance, leur intrépidité, et nous
voyons dans ces terribles événements les offi-
ciers et les équipages solidaires jusque dans la
mort. Tous Ces hommes qui mènent une vie de
continuels dangers, ne sachant jamais quand
Ils quittent le port, s'ils reverrant des enfants
aimés, où s'ils les embrassent au contraire
.pour la dernière fois, sont les dignes descen-
dants de tous les hardis navigateurs auxquels
la France doit une bonne part de son prestige
et de sa gloire. La marine ne les. oubliera pas.
€)ane l'affection et dans la sollicitude de la pa-
trie, la,plaœ d'honneur appartient aux veuves
et aux orphelins.
Après le discours de M. Chéron, plu-
sieurs corps ont été placés dans des wa.
gons et dirigés vers les pays où ils doi-
vent être inhumés.
Un nouveau cortège s'est formé pour
l'inhumation du commandant Cayol, du
docteur Catfannée et de Mme Crespel.
A LA DOUMA,
Une séance mouvementée
Saint-Pétersbourg, 12 mars. — La discus-
sion du budget-de la justice a donnédieu
à des incidents extrêmement violents et
l'intervention seule des huissiers a empê-
ché les socialistes et les membres de l'ex-
trême droite d'en venir aux mains
Lorsque Tordre fut rétabli, M. Pourichte-
fvitch, membre de l'extrême droite, accusa
les octobristes d'être des révolutionnaires
]et de chercher à enlever ses droits au tsar.
L'extrême droite se mit à hurler : « A. bas
la Constitution et vive l'autocratie ! »
: Tout ce tumulte a été provoqué, parce que
les socialistes et même un octobriste s'é-
taient permis de flétrir la façon dont la jus-
tice est rendue en Russie.
LE CONGRÈS D'ALBI
La question militariste. - Violents
incidents.
Albi, 12 mars. - Hier, à la séance de
l'après-midi, la question militariste a don-
né lieu à une vive discussion,
MM. Bouchard, Batuef, de la Loire ; Cal-
yignac, de Carmaux, combattent les conclu-
isions du rapport. conforme aux décisions de
Lens et aggravé par l'adjonction proposée
d'une commission réclamant une vive agi-
tation contre l'idée- jtnilitarisle.
M. Bouchard s'élève avec force contre. la
deuxième partie de la décision du con-
grès : ", ,:, - ,
«Si des ouvriers, dit-il, déclarent ne pas
avoir de patrie, d'autres professent l'opi-
nion contraire. Ceux-là mêmes qui nient
l'idée de la patrie la réclameront le jour
où les moyens de production leur appartiens
dront. Nous ne voulons pas fa guerres-mais
nous ne voulons pas être dupes. Pour nous
débarrasser d'un joug, notis ne voulons pas
tm subir deux. Nous ne faisons, ici ni « chi-
qué » ni bluff. u
M. Broutchoux dit. : « Syndicats et gré-
vistes doivent la combattre et faire par tous
Jes moyens de l'antimilitarisme. »
Il ajoute textuellement: « Je suis de ceux
qui disent : « Il. n'y a pas de patrie. La
patrie est là où on -est bien r H
Cette déclaration est accueillie par des
tumeurs. Le citoyen Broutchoux essaie
vainement de parter.
Après quelques paroles de MM. Calvignac,
Merrheim, de la C. G. T., et Bouchard, un
amendement proposé par M. Galvignac por-
tant sur les mots : ic Armées permanentes
actuelles », à ajouter aux décisions de Lens,
est adopté.
Le rapport ef les décisions du congrès de
Lens sont adoptés.
Les délégations de la Loire et d'Albi se
sont abstenues sur la deuxième partie de
ladite décision. -
LA TÊTE COUPÉE i
La découverte du cantonnier. — Les re
cherches. - Au cimetière de Pantin.
Í Un cantonnier de la Ville de Paris, M.
Gustave Hetouin, demeurant 118, boulevard
de la Villette, qui passait hier matin, à
4 heurse, dans la rue des Bois, non loin
des Buttes-Chaumont, a trouvé sur le trot-
toir un paquet enveloppé d'un journal, qui
renfermait un corsage en étoffe bleue, dou-
blée de marron, avec parements rouges et
boutons en métal jaune, puis un jupon en
taffetas noir avec rubans iaurres.
Le. paquot a été aussitôt porté au commis-
sariat de M. Cuvillier, et examiné. Aucune
trace de sang n'a été relevée sur les vê-
tements qui ont été envoyés au cabinet do
M. Warrain, juge d'instruction.
On se souvient que, dans la description
des vêtements portés le soir du crime, par
Elisa Vandamme, figuraient un corsage de
tcouleur et un jupon noir.
D'autre part, à cinq heures du soir, des
Vêtements de femme ensanglantés ont. été
trouvés à cent mètres environ du pont du
Havre, sur la ligne Paris-Versailles, terri-
toire de Puteaux.
Ces vêtements se composent do deux ju-
pons, dont un blanc. l'autre gris-bleu, deux
chemises blanches, trois mouchoirs mar-
gués E. R., deux corsages et une camisole.
Gette trouvaille, comme la précédente, a
été envoyée à M. Warrain, juge d'instruc-
tion.
Un employé de commerce. M. Saint-Léger,
demeurant 41, rue des Rigoles, à Belleville,
s'est présenté au poste de police dé. Pantin
et a fait au commissaire la déclaration sui-
vante: K •
••
Hier, vers la fin de l'après-midi je m'étais
rendu au cimetière de Pantin sur la tombe de
mes enfants. En m'en retournant, je m'aper-
çus, après avoir longtemps erré à. travers les
aveu~ que je m'étais égaré. La nuit tom-
bait ;
avenues, l'inquiétude commençait à me, gagner,
lorsque dans la 91e division, j'aperçus un hom-
me penché sur une fosse ouverte, tandis qu'un
autre individu suivait tous ses mouvements, à
cheval sur la crête d'un inur qui sépare le ci-
metière de la route des Petits-Ponts.
Comme j'allais m'approcher du premier pour
lui demander mon chemin, j'entendis le second
qui disait à son compagnon : « Jette le tout
au fond de la fosse ; recouvre d'un peu de ter-
re et cavale-toi. » A cet instant, l'homme
m'entendant marcher près de lui, se releva
brusquement. « Que faites-vous là ? me dit-il,
vous nous espionnez »? — « Tape dessus, va !
cria du haut du mur le second personnage ».
A ce moment je fus frappé d'un violent coup
de poing au visage et grossièrement injurié.
Je pris la fuite et après une longue course je
pus enfin gagner la porte du cimetière.
La déclaration de M. Saint-Léger a été
transmise à la Sûreté. Le conservateur du
cimetière de Pantin déclare qu'il n'avait au-
cune connaissance de cette affaire, mais
qu'il avait ordonné des recherches. Elles
n'ont donné jusqu'à présent aucun résul-
tat. -
Autre alerte : Un groa sac flottait sur le
canal de l'Ourcq, au Petit-Pantin. Il y avait
dedans une masse confuse. On l'agrippa, on
l'accosta. au milieu d'un concours énor-
me de population riveraine. On l'ouvrit et,
du sac fendu, s'écroula. le cadavre d'un
énorme bouledogue !
LES GREVES
Les événements de Chambon-Feugerolles
Saint-Etienne, 12 mars. — A la suite de
la décision prise ce soir, à la chambre
syndicale, de rompre les pourparlers avec
les patrons et de continuer la grève, une
manifestation s'est formée et a parcouru
les principales rues du Chambon-Feuge-
rolles, manifestant bruyamment ; plu-
sieurs devantures ont été abîmées ; une
suspension a été brisée à coups de pier-
res dans une salle à manger au premier
étage d'une maison.
Une femme a été blessée à la tête par
un caillou. Son. état, est grave.
Des patrouilles sillonnent les rues ; des
postes ont été installés sur divers points
pour prévenir tout incident.
Malgré ces précautions, vers dix heures,
les manifestants se sont portés devant la
maison d'un patron boutonnier, M, Pau-
let. et ont incendié une volière et un petit
bâtiment attenant à l'habitation particu-
lière.
Ensuite, ils élevèrent une barricade au
passage à niveau du Chambon, à l'aide
de troncs d'arbres qui avaient été déposés
par un entrepreneur sur le bord de la
route. ', ;, ,::
Les pompiers étant accourus, on leur
: cria : « Laissez brûler ! Personne n'est en
danger », et la pompe fut culbutée dans
le fossé et les tuyaux crevés.
Pendant ce temps, des détachements de
gendarmes arrivaient à la Cotille par
d'autres routes ; ils barraient la rue de
chaque côté du hangar qui achevait de
brûler.
Prévenu de ces événements, M. Brelet,
préfet de la Loire, se rendait à neuf heu-
res du soir au Chambon: L'aspect du
Chambon était lugubre : tous les maga-
sins et les cafés avaient fermé leurs por-
tes ; les réverbères, sans vitres, étaient
éteints ; seules les lueurs de l'incendie de
la maison Paulet éclairaient la ville.
A minuit, un troisième escadron de dra-
gons est arrivé de Saint-Etienne: Un ba-
taillon du 38° de ligne et des. renforts de
gendarmerie ont été envoyés au Cham-
bon-Feugerolles. L'effervescence est restée
vive toute la nuit.
Au comité de la grève on déclare vou-
loir résister jusqu'à ce que les patrons
aient reconnu le syndicat.
Les couvreurs de Rouen
Rouen, 12 mars.— Les ouvriers coct-i
vreurs de Rouen, au nombre de 500, se
sont mis en grève ce matin. Leur princi-
pale revendication porte sur l'augmenta-
tion de salaire de 6 à 7 francs et l'abais-
sement de la journée de 10 à 9 heures.
Ils demandent en outre diverses aug-
mentations pour les travaux du dehors et
les travaux dangereux, ainsi que la jour-,
née de 3 fr. 50 pour les garçons et celle de'
3 francs pour les jeunes ne montant pas
sur les établis.
L'arbitrage de M. Renoult
Ronchamp 12 mars. — Les grévistes ont
décidé d'avoir recours à l'arbitrage de
M. René Renoult, sous-secrétaire d'Etat
aux finances.
Les propriétaires de mines ont accepté
cet arbitrage. La situation semble devoir
s'améliorer.
La grève de Craulhet
Graulhet, 12 mars. — La grève continue
et est calme depuis la rupture des pour-
parlers.
M. Griffuelhes vient d'arriver ; il don-
nera une réunion ce soir, avec M. Barthes,
secrétaire des délaineurs de Maxamet.
Les. charrois-se font journellement escor-
tés par les troupes à cheval.
Carriers en grève
Charleville, 12 mars. — Hier soir, à Mon-
thermé, où des carriers sont en grève de-
puis quinze jours, et où l'entente est sur
le point d'aboutir entre patrons et ou-
vriers, un certain nombre de cartouches
de dynamite placées au pied d'un trans-
porteur automatique, dans un carrière,
ont fait explosion. ,'
La gendarmerie a ouvert une enquête et
le parquet de Charleville s'est remdu sur
les lieux.
PARIS
La température
Observations météorologiques de La Lanterne.
dans la. journée du 12 mars.
Température la plus basse de la nuit, 7* «P.-
dessus de 0.
A 7 heures du matin, 8° au dessus dè--().
A 2 heures du soir, 150 au-dessus de 0.
A 7 heures du soir, 8° au-dessus de 0.
Hauicur barométrique.—758 mm. Hausse,
Le temps à Paris. — Doux.
Etat général du temps. — La pression baromé-
trique reste basse sur les pays du Nord et l'ouest
de la France ; un minimum se trouvç près de
Nantes, où l'on note 755 mm.
Les fortes pressions s'étendent des îles Britan-
niques à l'Islande ; elles persistent sur le sud-
est du continent et dans les parages des Açores
(Horta, 772 mm.).
Le vent est faible des régions sud au pas de
Calais et sur nos côtes de l'Océan, d'entre est èt
sud en Provence ; il est très fort du nord-est à la
pointe du Cotentin, où la mer est grosse.
Des pluies abondantes sont tombées sur l'ouest
de l'Europe ; il neige dans le nord.
En France, on a recueilli 45 mm. d'eau à Cher-
bourg, 30 à Calais, 21 à Vile de Ré, 13 à Nantes,
10 à Gap, 4 à Paris. -
La température a baissé dans la plupart de
nos régions, .principalement dans le centré.
Le thermomètre marquait hier matin : — 11° à
Kharkof, + 2 à Clermont-Ferrand, 6 à Bordeaux.
7 à Paris, 12 à Marseille, 15 à Alger.
On notait : — 1° au puy de Dôme, — 3 au
mont Venteux, — 11 au pic du Midi.
Temps probable. — En France, quelques aver-
ses sont encore probables avec température n>j..
sine de la normale.
La décrue de la Seine ':
: La cote de la Seine au pont d'Austerlitz
était hier matin de 3 mètres 08. On prévoit une
baisse de 0 m. 25 .d'ici 24 heures. La décrue
continue partout en amont de Parte, et la coté
de 2 m. 60 sera probablement atteinte au pont
d'Austerlitz d'ici lundi.
Il convient de signaler que les bas ports dé-
couvrent à la cote de 2 m. 64.
A l'instruction
La plainte contre M. Marcouirc. — Nous avons
annoncé que le ministère du travail avait porté
une plainte contre M. Marcouire, président de la
Société de secours mutuels des employés, pour
production de faux états. M. Monier, procureur
de la République, a chargé M. Magnien d'ouvrir
une instruction sur cette plainte.
Mystérieux enlèvement
Une enquête est ouverte par le commissaire
du quartier de la Plaine-Monceau pour établir
dans quelles circonstances furent enlevées
deux- fillettes, Marcelle et Yvonne Gadiquin, de-
meurant chez leurs parents, 57, rue de Tôc-
queville.
Les deux enfants, qui sont âgées de onze et
douze ans, devaient se rendre mercredi matin
à l'école de la rue Ampère. Ne les ayant pas
vues, la directrice prévint les parents. Ceux-ci,
justement inquiets, firent dans le quartier des
recherches qui demeurèrent sans résultat.
Hier, M Gadiquin reçut' une dépêche du père
nourricier des fillettes l'informant qu'elles ve-
naient d'arriver chez lui, "à Corbigny, dans la
Nièvre. -,
Un deuxième télégramme vint un peu plus
tard confirmer la nouvelle, neis on n'a encore
aucun détail sur les circonstances qui ont pu;
déterminer les filleties a entrepréhdre ce voya-
ge; N'ayant pas d'argent, il leur était impos-
sible de prendre leurs billets, et, d'autre part,
aucun motif ne peut justifier une pareille
équipée. *
Le père est résolu à faire la lumière sur
cette étrange affaire: Dans le quartier. -ou la
famille Gadiquin est très honorablement con-
nue. on croit à une vengeance.
Disparues et retrouvées
Il s'agit encore de l'enlèvement de deux fil-
les, Anna et Lucie Schmit, âgées de 15 et 13
ans, qui avaient disparu et toutes les recher-
ches étaient restées vaines.
Leurs parents, domiciliés 7, passage Menil-
montant étaient plongés dans le plus profond
dé5esptlir., .,,':,
Les fillettes n'avaient pas paru à leur atelier,
rue des Trois-Couronnes, et l'inquiétude des pa-.
rents n'était que trop justifiée.
Le service de la Sûreté avait été prévenu.
et s'apprêtait à organiser une battue dans lé
quartier, lorsque hier matin lès deux sœurs
sont rentrées au logis.
-Elles prétendent avoir passé ces deux yours
d'absence au bois de Vincennes couchant la
nuit dans une cave et se nourrissant d'un peu
de. pain qu'elles mendiaient chez les commer-
ants.
':eeUe explication semble peu vraisemblable ;
les fillettes ont été aperçues en compagnie e. n
dividus louches qui probablement voulaient
pousser au vlce ces enfants qu un remords tar-
dit a décidées à regagner leur foyer.
Autre disparition
Enfin on signale dans le 3* arrondissement
la disparitidn d'un jeune apprenti serrurier,
âgé de 13 ans, André Dubuisson. demeurant
chez sa mère. 325, rue Saint-Martin.
L'enfant était parti jeudi pour se rendre à
son travail, 53, rue Meslay. Il ne s'y est pas
présenté et depuis lors on ne l'a pas revu.
André Dubuisson est petit, maigre, ses che-
vaux sont châtains : il était vêtu, au moment
de sa disparition, d'une blouse bleue, d'un pan-
talon de velours, et d'un gilet noir ; il était
coiffé d'une casquette de jockey et chaussé de
brodequins à lacets.
FAITS-DIVERS
- ,
Mort accidentelle. — Hier matin, vers dix
heures, on a trouvé dans la cave, an pied de
l'escalier de la maison située au numéro 15 de
la rue Laferrière, le corps de M. Alfred Hoy-
auct, ftgê de 69 ans, entrepreneur de plombe-
rie, demeurant 20, rue de Moscou.
M. Hoyquet s'était rendu dans, cet ïmmeu-
ble avant-hier après-midi, pour y effectuer des
travaux.
Il résulte de l'enquête du commissaire de
police que le malheureux a fait une chute en
sortant .des water-closets et qu'il est mort sur
le coup.
Mort mystérieuse. — Une femme âgée de 70
ans environ, oui portait a la tempe gauche et
aux mains de nombreuses blessures, a été
trouvée, étendue, sur le terre-plein du boule-
vard de Belleville. Transportée au poste de la
rue des Trois-Bornes, la malheureuse a déclaré
sa nommer Suzanne Ussanguy ; puis elle a
perdu connaissance. Elle a-été conduite à l'hô-
pital Saint-Louis.
Brûlée vive. - Mlle Marthe Geoffroy, plu-
massière, 113, rue de Bolivar, était occupée
hier matin à faire chauffer du lait sur une
lamipe à alcool, lorsque cette dernière fit ex-
plosion.
L'alcool enflammé communiqua le feu aux
vêtements de la malheureuse qui fut horrible-
ment brûlée sur tout le corps.
Mlle Geoffroy a été transportée à l'hôpital
Saint-Louis. Son état est désespéré.
Excavation rue de Châteaudun. — Une exca-
vation d'un mètre de circonférence sur ffilmè-
tre de profondeur, s'est produite hier matin,
vers midi, rue de Châteaudun, en face du nu-
méBO 52, au passage d'un camion automobile
qui est resté sur place avec une de ses roues
enfoncée dans le sol. ,
ENVIRONS DE PARIS
, j
ARRONDISSEMENT DE SCEAUX
Ivry. — Un jeune garçon de 13 ans, Paul
Poncet, demeurant chez ses parents, rue Med-
dcck-Rousseau, voulant, hier, dans la gare de
cette ville, prendre le train au moment où ce-
lui-ci partait, est tombé sous les roues. Il a eu
les deux jambes broyées.
Paul Poncet a été transporté à l'hospice.
^CONFIANCE M°ORFêvrerieUXJ^SH
DE ORFÈVRERtE
PENDULES s'achètent aux Fabaw TR IBAUDEAUIQ jn^S I
Ge BESANÇON. - Tarifs envoyés FRANCO,
M*'Prix Concours Obtervatolre de SeIaDCOD. nii .V^
l' LES TRIBUNAUX
M. Clemenceau contre « La Justice a
M. Georges Clemenceau, ancien président du
Conseil, présentait hier requête devant lo prési-
dent des référés aux fins d'être autorisé à assi-
gner au premier jour les gérant et directeur de.,
La' Justice actuelle, pour faire supprimer de la,
manchette les mots : « Georges Clemenceau, fon-
dateur »,
- Le président a autorisé à assigner lundi.
L'acquittement de Le Brigand
- Vannes, 12 mars. — Ce n'est que vers trois heu-
res du matin que Je jury a rendu son verdict né-
gatif.
Quand la cour eut prononcé l'acquittement de
Marcel Le Brigand, de vifs applaudissements se
firent entendre, et l'accusé se jeta, dans les bras
de sa mère, en versant des larmes de joie.
l, Affaire de fraude
Condom, 12 mars. — Le tribunal correctionnel
vient de rendre son jugement dans une. grosse
affaire de fraude. La régie reprochait à MM. Mas-
clanis, pharmacien à Lannepax ; Rondel et Cie,
droguistes à Bordeaux ; Fezas, voiturier, d'avoir
fait voyager des produits pharmaceutiques sans
justifier de l'acquit des droits de consommation
sur l'alcool ayant servi à leur fabrication.
Le tribunalM relaxé le voiturièr, condamné M.
Masclanis à deux amendes de 500 francs pour in-
troduction frauduleuse d'alcool dans son domi-
cile, condamné solidairement MM. Masclanis et
Rondel à vingt-trois amendes de 500 francs pour
vingt-trois expéditions de produits pharmaceuti-
ques à base d'alcool et au quintuple droit de
consommation, ce dernier évalué à une centaine
i, de mille francs.
:' ., -, Marin condamné
: Toulon, 12 mars. — Le conseil de guerre ma-
ritime a condamné à huit années de travaux pu-
blics le matelot Bernou Albert, du Châteaure-
nault, qui s'était livré à des voies de fait sur la
personne d'un second maître. à Gibraltar.
JOUEURS JOUES
-----
L'arrivée du faux commissaire. - a Au
revoir, messieurs !» ,-
Rome, 12 mars. — Les journaux racon-
tent que cette nuit un pseudo-commissaire
de police, escorté de quelques agents, 'a
fait irruption dans le bar d'un hôtel où se
trouvaient un certain nombre de joueurs"
dont quelques-uns appartenaient à la hau-
te société..
Le pseudo-commissaire saisit les enjeux
et pria les joueurs de se tenir à sa disposi-
tion, tout en les dispensant de se présenter
au commissariat. Puis il partît en empor-
tant des sommes assez élevées.
Les Goulisses
Théâtres ,:'" '-'
- Matinées d'aujourd'hui dimanche :
Comédie Française. — Le Mariage de Figaro.
Opéra-Comique. — La Flûte enchantée.
Od - L'Ecole des ménages.
Gaîté-Lyrique. — La Favorite.
Apollo. — Rêve de valse. ','
Palais-Royal. — Le Satyre.
Trianon-Lyrique. — Gillette de Narbonne.
Vaudeville, Gymnase, Nouveautés, Porte-St-
Martin. Sarah-Bernhardt, Renaissance, Athénée,
Ambigu, Antoine, Déjazet, Cluny, Grand-Guignol,
mêmes spectacles que le soir.
Châtelet : 19* concert Colonne, sous la direc-
tion de M. Gabriel Pierné.
Théâtre Marigny : 46 concert Scchiari.
Folies-Bergère, Olympia, Scala, Nouveau-Cir-
que, Cirque de Paris, Moulin Rouge, Parisiana,
spectacles divers. -
— Aux Variétés, à partir 'de demain, relâche
pour répétitions d'ensemble du Bois sacré, co-
médie en 3 actes, de MM. de Caillavet et de Fiers.
La. répétition, générale-du. Bois sacré aura lieu
jeudi 17 mars, et la première, vendredi 18.
— Au théâtre Apollo, aujourd'hui, matinée à
2 heures, Rêve de Valse ; le soir, à 8 h. 3/4, 265'
représentation de La Veuve Joyeuse (à prix ré-
duits).
— Au théâtre des Arts, ce soir et demain lundi,
deux dernières représentations de La Dame. aux
Camélias. avec Mlle Paz Ferrer.
Après-demain mardi, le théâtre des Arts inau-
gurera une saison lyrique avec Si j'étais Roi,
opéra comique de d'Ennery et Brésil, musique
d'Adam.
Concerts et spectacles divers
— Une revue que tout le monde peut voir, sans
la moindre grossièreté, sans aucune allusion cho-
quante, la chose est rare et vaut d'être signalée.
Et notez que cette revue constitue en même temps
le spectacle le plus grandiose, le plus varié, le
plus- divertissant qu'on puisse imaginier. Des
clous ? Il y en a tant et plus, d'abord les prodi-
gieuses petites Béatie and Babs, qui font la joie
et l'admiration de tous ; Maurel dans Chantecler,
le délicieux fantaisiste Géo Grossmith Junior, la
Vampire avec Trouhanowa, etc., etc. C'est vrai-
ment. incontestablement le spectacle de famillé
par excellence, c'est pour cela que les matinées
sont si brillantes.
Le nom de cette revue ? Ne l'avez-vous pas de-
viné, c'est La Revue des Folies-Bergère.
— La température si douce dont nous jouis-
sons, fait que les hivernants reviennent en foute.
Jamais la saison parisienne n'a été aussi bril-
lante ; à chaque réunion de courses et ensuite au
Palais de Glace, toutes nos jolies mondaines font
admirer les dernières créations des couturiers en
vogue. Le bel établissement des Champs-Elysées
présente chaque jour un coup d'œil féerique.
Pasquin.
LES FRAUDES DE LA MARINE
Perquisitions nouvelles
Toulon, 12 mars. — M. Sebille et le '* com-
missaire spécial Dutrey, munis de com-
missions rogatoires, ont procédé, au mo-
ment de la sortie de l'arsenal, à plusieurs
perquisitions chez des' ouvriers du port,
soupçonnés d'avoir été en relations avec
des fournisseurs et d'avoir accepté des ré-
tributions.
Au cours de ces perquisitions, on 6 dé-
couvert, des. matières qui avaient été sorties
clandestinement de l'arsénal et notamment
des magasins et des établissements de py-
rotechnie.
Des saisies ont été opérées. Les ouvriers
chez lesquels elles ont eu lieu ont été invi-
tés à se tenir là la disposition du commis-
saire spécial..
A Lorient -
Lorient, 12 mars. — Une nouvelle per-
quisition a été opérée ce soir au domicile
de M. Bagay, représentant de la marine,
par le parquet maritime au sujet des frau-
des dans l'arsenal.
LA TEMPtTE
Nîmes, 12 mats: — Depuis deux jours,
une tempête sévit sur le Gard, occasion-
nant d'importants dégâts aux arbres et
aux vergers du Grau-du-Roi.
Au delà de la pointe d'Espiguette, la mer
est démontée. ;
Cherbourg, 12 mars. - Une effroyable
tempête s'abat "à neuf heures du soir sur
Cherbourg. Le tonnerre gronde, la grêle
tombe avec une intensité jusqu'alors incon-
nue. En une demi-heure, la plupart des
rues sont barrées. Dans certains quartiers
l'eau dépasse les trottoirs de vingt centi-
mètres, inondant les immeubles, rendant
la circulation impossible. Une quantité
d'habitants ne peuvent pénétrer dans leurs
domiciles. ,',
La ffottille dé torpilleurs, de Dunkerque
ne peut rallier ce port ,. par suite du mau-
vais temps ; elle reste ici en attendant une
accalmie. :
13rest, 12 mars., - T.e vènt souffle avec-
Brest, 12 mars. — Le vent souffle avec
violence, la mer est démontée..
La goélette anglaisé Suan, capitaine Le-
briquer. a fait naufragé au large de Per-
ros-Guirec.
Le navire est perdu. L'équipage a été
sauvé.
Le sémaphore signale que la goélette
Vierge-de-Trizien, du Conquet, drossée par
la tempête, et corhplètement désemparée,
s'est brisée sur les rochers, à l'entrée de
Lanildut.
L'équipage s'est sauvé S la nage et a
réussi à gagner la terre. !
LA FINANCE
BULLETIN DE LA BOURSE
Du 12 mars 1910
La semaine a pris fin sur une séance qui
n'était que le reflet exact des autres qui se
sont écoulées durant la huitaine. La fermeté
a continué à prévaloir avec un velomé très
réduit de négociations tandis que le comptant
ne se départit pas de son activité.
Le fait caractélastique de, la journée a été
la reprise des Omnibus et la c.o.rrlimWt.tion ides
fermes tendances des mines d'or.
Notre 3 reste fermement disposé à 99 17.
Au groupe international,' nous laissons l'Ex-
térieure mal disposé à 9710 sous l'influence
les dépêches de Melilla et de ~Coûta annonçant
que les opérations vont reprendre dans le niIr,
alors que l'on croyait la campagne marocaine
terminée. -
Le Turc unifié est en progrès et gagne le
cours de 00 45. Le Serbe 4 est soutenu à
86 25 ainsi que le 4 1/2 1909 qui-cote 454
francs.
Les fonds russes sont calmes : le 4 1/2
1809 se tient à 99 40 ; le 4 AI consolidé s'ins-
crit à 95 50.
Bonne tendance du Brésil 4 à 92 45.
Le Portugais reproduit à 66 55 son cours de
la veille.
Les Banques restent des mieux orientées no-
tamment la Banque de l'Union Parisienne qui
accentue son avance à 982 fr. La Banque de
Paris est bien tenue à 1.774. Crédit Lyonnais,
.L4UL
Les Chemins français se négocient aux envi-
rons 4e leurs cours précédents. Le Nord s'ins-
crit à 1.803 fr. et le Lyon à 1.356. Ouest. 980.
On échange le Métropolitain - à 593. Le Nord-
Sud s'inscrit à 313. -
Les Chemins espagnols conservent les fer-
mes dispositions. Les Andalous se traitent à
223 et les Saragosse à - 42G. Nord de l'Espa-
gne, 370.
Notons la hausse des Voitures è 2G6, des Om-
nibus à 1.474 ; la Thomson ne s'est guère dé-
placée à 825.
Valeurs industrielles russes fermes. La Sos-
nowice s'inscrit à 1.523 fr. Les Naphtes de
Bakou s'avancent légèrement à 896 francs. La
Briansk cote 310.
Krivoi-Rog accentue son mouvement de recul
a 921 fr. -
Le Rio a peu varié à 1.338.
Bonconseil.
DEPARTEMENTS
CALVADOS
Caen. - Le 36e de ligne devait partir lundi
paur le champ de tir de Languines*î>ur-Mer, mais
le général commandant le 3* corps d'armée vient
de consigner la. garnison et les tirs sont suspen-
dus. Ce contre-ordre a pour cause de nombreux
cas de méningite cérébro-spinale qui se sont dé-
clarés à la caserne Hamelin. Le major, chef de
service, a pris de sérieuses dispositions pour en*
rayer la contagion.
CHARENTE-INFÉRIEURE
La Rochelle. — Ce maLin, dans l'île de Ré. un
train a tamponné à un passage à niveau une voi-
ture dans laquelle avaient pris place M. et Mme
Jaunatre, tous deux septuagénaires.
M. Jaunatre a été tué ; quant 4 Mœe Jaunatre,
son état est désespéré.
FINISTÈRE
Brest. — Depuis plusieurs mois, les élèves de
1 Ecole navale étaient victimes de nombreux vols
d'objets divers et d'argent. Les auteurs de ces
vols, deux matelots fusiliers, ont été surpris au
moment où ils commettaient leurs larcins. Ces
marins ont étfairêt$.
Le contrôleur général, M. Guimblot, a été char.
gé par M. Chéron de faire une enquête sur les
vols a l'arsenal commis par le gardien Sparlel.
HAUTE-LOIRE
~Yssingeaux. — Quelques cas de diphtérie se
sont produits à Messinhac, commune de Bessa-
morel. Il y a eu jusqu'à maintenant deux décès.
Des mesures ont été immédiatement prisea
pour enrayer ce commencement d'épidémie.
LOIR-ET-CHER
Blois. — Le parquet a ouvert une enquête au
sujet d'une affaire d'avortement : une femme L:..
ayant accouché clandestinement après des ma-
nœuvres abortives, dans la chambre de son
amant, celui-ci, qui appartient à la brigade de
gendarmerie de la région, avait enterré le fœtus
dans le jardin.
La femme L. et son amant ont été écroués à
la prison de Vendôme. D'autres .personnes se-
raient compromises dans cette affaire.
NORD
Douai. — Pendant la nuit, des cambrioleurs
ont pénétré chez les époux Varlet, cabaretiers
à Nomain, et après avoir fait respirer à ces der-
niers du chloroforme, ont emporté l'argent se
trouvant dans une table de nuit.
SEINE-ET-MARNE
Fontainebleau. — Le lieutenant d'artillerie
Goulliard, en garnison à Fontainebleau, entraî-
nait, hier matin, un cheval sur la route de Vi-
dossang, en forêt, tenant un autre cheval par la
bride. —
Soudain, ce dernier animal fit un écart et dans
la secousse qui s'ensuivit, M. Goulliard tomba.
Le lieutenant â eu la clavicule cassée et souf-
tre, en outre, de contusions aux jambes.
SEINE-ET-OISE
Pontoise. Dans la soirée d'avant-hier, vers
neuf heures, le feu se déclarait au fond d'une
cour, 16, rue de Pontoise, à Montmorency, dans
un réduit servant de logement a une. pauvre
vieille femme connue sous le nom de Vermant, et
âgée de '76 ams.
Malade depuis une quinzaine de jours, la sepr.
tuagénaire était clouée sur son lit par des dou-
leurs, et c'est sur son grabat que la trouvèrent à
demi carbonisée :,ks -voisins accourus à la vue
des flammes. > ,,"',',-' ",",
Au cours de ses recheches pour préciser les
causes du: sinistré. M, Boiron, commissaire dBr
police, découvrit, cachés sous un matelas, une
somme de 600: francs et un livret de-caisse d épar-
gne d'une valeur de 1,500 francs. <(!
L'unique héritier de la défunte était son petit-
fils, un journalier. François Leroux, ancien pen-
sionnaire de l'asile de Clermont (Oise qui avait
précisément rendu visite à sa grand'mère une
heure avant le sinistre.
Leroux fut mandé par le magistrat. Les expli-
cations qu'il lui fournit étant fort embrouillées et-
quelque peu contradictoires, M. Boiron le garda
à la disposition du 'parquet de Pontoise.
SEiNË INFERIEURE
Rouen. — Le service de la Sûreté a arrêté un
forçat évadé de la Guyane, Julien Girbe, garçon
dé café depuis le 7 courant à Rouen.
Girbe avait été condamné à dix ans de tra-
vaux forcés et vingt ans d'interdiction de séjour
par la cour d'assises de la Seine, le 6 mai 1900,
'pour vol qualifié. ■% - "c ",
Evadé en 1908 du pénitencier, il s'était réfugié
en l Belgique sous un faux nom, puis il était venu
à Rouen où il avait habité autrefois. ,
Rouen. — Le gendarme Adrien Ruchaud, né en
Vendée, depuis trois ans en traitement à l'hôpi-
tal militaire de Rouen pour une grave maladie,
réformé sans pension au mois d'août 1907 et qui
s'était pourvu devant le Conseil d'Etat, s'est tué
en se jetant, cette lWÜ;.:du 3' étage, par la fenêtre
de «a; chanltoô..- -
; - TARN
Mazamet. .:. A la suite
maître d'une usine de lainage, une réunion à été
tenue hier soir à la Bourse du travail.
Les ouvriers ont décidé de demander le renvoi
du contremaître en question.
VAR
Toulon. — A: bord do contre torpilleur Casa-
bà
été découverts. Ces vols eurent lieu avec effrac-
tion, mais leurs auteurs sont restés inconnus
cependant, la gendarmerie maritime croit être
sur leur piste.
L'ENSEIGNEMENT CONGRÉGANISTE
4
, Angers, 12 mars. — Des perquisitions ont
été opérées par le commissaire central chez
des Ursulines, accusées d'enseigner sans
autorisation.
La supérieure et dix-huit religieuses ont
refusé de faire connaître leur état civil.
;" NOUVELLES COLONIALES
-
A la Guadeloupe
Pointe-à-Pitre. 12 mars. — Le croiseur
Friant est arrivé hier, à une heure de l'a-
près-midi ; après une imposante revue sur
la place publique, il est parti à Basse-Terre
avec le gouverneur, M. Gaudret.
Le croiseur se rendra à Ballif, où, de-
main, les élections municipales auront lieu.
FEUILLETON DU 14 MARS 1910
- 40.
L'Hôtel de Ste-Agnès
: ei des Célibataires
PAR
LUCIEN ROLMER
1
,> XX
LES FANTÔMES DU MAL
Azincourt lui montra, en face d'elle, AI-
phonse, et Isabelle de Songes qui s'enla-
çaient encore et qui se souriaienÇ Saint-
Loup poussa un cri Mlle Agneau chan-
cela:
- Ah ! c'est toi. c'est toi ! s'exclama-
t-elle, lâehe qui m'as trompée, traître qui
rn'as séduite ! T'avais-je demandé de me
montrer l'azur ? Je resnirais l'air vif et
libre du matin, j'avais comme un écho du
printemps dans la tête, l'espotr de l'avenir
m'emportait dans le deI.
Elle ferma les yeux, elle étancha ses
pleurs. Son mal errait dans tout son être,
et son cœur la frappait comme bat un m ar-
teau.
— Ali ! n'est-ce horrible ? reprit-elle,
tout sentiment dans moi s'annule,, se dis-
sout ! Quel trouble et quelle nausée ! Quel-
le angoisse et quelle souffrance 1 J'ai cru
Tous droits de reproduction et de traduc-
tion interdits. -,
dans ton amour et dans l'heureux destin !
J'avais caché, durant des. années, le Ion-,
de mon enfance et pendant ma jeunesse,
mes tourments, mes désirs, ma détresse,
ma fièvre, et quand je vous ai vu, je vous
ai tout donné !. Entendez-les hurler au
salon de lecture ?. Ah ! dites-moi, ne
vais-je pas bientôt mourir ?
Elle tourna sa lace exsangue vers la.
porte. La douleur l'opprimait. L'horizon
de ses yeux s'effaçait dans les larmes. Sa
respiration sifflait dans ses poumons com-
me ie vent d'hiver sanglote dans les bran-
ches. Elle était inspirée comme Cassandre,
elle était impétueuse comme Erinnys.
Le salon de lecture s'était rouvert. Il
s'en échappa au milieu des cris, une ques-
tion suppliante : ",
- Monseigneur ! Monseigneur ! Vôus
laisserez-vous faire ? appelait Françoise de
Marigny.
Tandis qu'y pétillaient des pas accélé-
rés, des injures aiguës éclatèrent dans l'an-
tichambre, et, soudain, Messih-Abdullah en-
tra, traînant Jéova par sa robe.
Rougissant et la tête basse, les palmes
de ses manches flétries, l'évêque ressem-
blait à un drogman coupable dont un sul-
tan jaloux vient d'ordonner la mort.
- Vous m'avez éloigné, miaulait de sa
voix châtrée le bel androaryne olivâtre, je
me suis-méfié, je vous surprends, mon maî-
tre ! Mlle Agneau, Nissim lest mon.
amant !. Ah ! Jéova, si vous m'abandon-
niez, je vous, tuerais sur place, défendez-
vous, voyons !
— Lâche-moi ! Lâche-moi, gabaonite r
murmura le patriarche.
Messih Abdullah obéit, et ses veux de
cerf s'adoucirent.
Le prélat tâta son turban, lissa sa grande
barbe, et, redressant sa haute taille, re*
prit son air pontifical et solennel. L'odeur
du patchouli l'entourait comme un voile.
Mlle Agneau, qui tremblait, s'était ap-
puyée à la table. Azincourt, narquois, s'ac-
cotait à la console, Isabelle et Saint-Loup
souriaient de nouveau.
— Mon cher enfant, dit Jéova, les sens
t'égarent.
Mais Messih Abdullah n'avait plus ni res-
pect, ni mutisme, ni foi. Il interrompit l'é-
vêque-oriental de son cri de verre ; de sa
main de bronze, il accabla l'air :
— Mes sens !. Et ce- papier, que fait-il
en ma main ? Ah ! mademoiselle Agneau,
se lamenta-t-il, je suis las, le suis las, j'ai
trop longtemps gardé pour moi ces infidé-
lités continuelles !. Quand je suis entré
au salon de lecture, Nissim, Mlle de iMari-
gny, qui pâmait sur vos genoux, vous ten-
dait ce papier sorti de son corsage. Qu'est-
ce donc que ce billet doux ? ",
- Rien du tout, affirma le patriarche, un
prospectus sur un tableau de Fragonard.
— Sur un tableau de Fragonard ! s'excla-
ma l'hermaphrodite levantin, qui dépliait la
lettre décachetée, sur un tableau de Frago-
nard, ce billet doux ?
« Je ne suis ni Virgile ni Pau, ni même
leur valet de chambre — mais un citoyen
déshonnête et indépendant, rimeur bachi-
que à ses heures, et violeur de filles "3e
profession.
« Signé : Antoine ORTOLAN. »
- Fragonard ! Ortolan ! Est-ce le même
peintre ? Dites-moi, monsieur Alphonse
Saint-Loup 1
Saint-Loup ne put répondre au joli secré-
taire. Avant que, pour nier, il eût ouvert
la bouche, Mlle Agneau s'était levée comme
une flamme et le-visage épouvanté.
Soudain, elle passa comme une image ar-
dente, entre Jéova et Messih-Abdullah ; pré-
cipitamment et dans le silence, elle ouvrit,
comme une force spirituelle, la porte de la
salle, à manger ; elle apparut dans l'anti-
chambre comme la foudre dans la nuit.
Il y avait là des ombres sinistres : les
quatre invalides, du Bridet et Mme de Mal-
saine, Mlles Bavarel et Contaré, les quatre
amoureuses de La Sorbpnne et les quatre
abbés pèlerins. Il y avait là, sous le lustre
vague, les larves de la vie, les fantômes du
mal.
Mlle Agneau demeurait en face'd'eux, fa-
rouche et désolée, insensée et pantelante
comme le flot vivant de l'orage ou de la
douleur. Elle offrait aux-regards des êtres
de ténèbres sa forme sans contours, tant
-elle était subtile, et ses yeux embrasés qui
voyaient l'Au-Delà. ,"
Au fond du vestibule,auprès de l'escalier,
Henriette et. l'abbé Junon s'étaient retirés,
ennuyés et immohiloc, pour mieux parler
,de Cléopâtre et de César, Mlle Agneau ap-
pela l'espérance 1
— Ah ! mon cher aumônier, mon con-
fesseur s'écria-t-elle, j'avais gardé ma robe
blanche, je n'aurais jamais supposé qu'un
tel malheur me menaçât! Délivrez-moi du
diable et. des singes d'amour j Le faune est
revenu ! C'est Antoine, vous savez bien,
monsieur Junon ! Ah ! ah ! ah ! ah ! Qu'ai-
je suscité dans l'atmosphère ? Dites-moi.
est-ce un cauchemar?
Elle s'état approchée, en son délire, du
jeune vicaire au profil romain, et sa vapeur
l'enveloppa comme, .un nuage. Il la repous-
sa :
— Mythomane ! Mythomane ! l'insulta-t-il.
Elle recula, levant ses bras de feu, va-
ciHant sur elle-même comme une colonne
ébranlée :
— Oui, c'est moi, mon père, c'est moi,
la coupable, la criminelle, le seul dedans de
vos scandales ah ! ah ! le seut lien dé 'vos
conciles, monseigneur Jéova ! ah! ah 1 par-
donnez-moi.
Sa voix, délivrée, s'envolait à grands
coups d'ailes et se heurtait à tous les murs
comme une alouette aveuglée -
— A la chapelle ! A la chapelle ! Donnez-
moi le tableau du peintre que je hais -— ex
Sainte-Agnès que je déchire !. Elle, moi.
elle, moi ?. Pourtant, ne suis-je pas la
martyre d'amour ?. Ah ! mettez-moi des
chrysanthèmes dans la bouche, emportez-
moi, emportez-moi !. Les clochers ont troué
la face de la nuit, et Paris, avec les na-
seaux de ses' fenêtres et les cornes de ses,
cheminées, les écailles de ses toits et le
vcutre à demi caché de ses façades, s'al-
longe comme un monstre allaitant des sa-
lamandres grouillantes dans l'immensité.
Je vois, je-vois, j'ai peur, sauvez-moi !.
Des chauves-souris, des corbeaux, des vau-
tours, des suaires qui saufènt qui piaulent,
qui tournent, Satan. Satan.
Elle tomba dans les bras de Mme de
Malsaine, l'horizon d& ses yeux vaste com-
me un désert, lb spasme au cœur, l'écume
aux lèvres.
Dans le brouhaha qui suivit, Mlle Bava-
rel interrogea l'abbé Junon : 1
- De quelles mânes vouliez-vous parler
monsieur l'abbé ? Pétomane. est-ce cela ?
Non !. mite, homme, âne. n'est-ce pas f
.-.
Li loi sur la Séparation de l'Eglise et d £
t'Etat fut votée, le lendemain, au Luxem-
bourg Huit jours après, on internait Her.
mance.
Mgr Jéova s'était entremis. De toutes ses
tentatives auprès des pouvoirs constitues,
cette démarche seule eut un résultat favo-
rable.
;
i prin?- une. maison de santé, située prés
..tI¡;:,f:s.orgo.&l,n.lDamazzo (Italia). à vingt heu.
r-tlie environ de Nice, au confluent de trois
diaphanes vallées, sous un ciel chaste, Mlle
Agneau vit comme une statue et ses yeux
sont des sources.
Elle pleure sans cesse et n'a plus de
regard..
Une religieuse, jadis plumassière à Belle-
ville, la soigne et la rudoie. l'insulte et la
promène :
— As-tu fini de te fondre en eau, môme-
larme ? demande-t-elle, la main levée
La « -Môaïrte-Larme » est le surnom de Mlle
Agneau.
Triste fille d'Icare ô nouvelle Ophélie,
vous sera-t-il donné d'aller au ciel rejoin-
dre Erigoné changée en constellation ?
FIN
La Lanterne publie tous les lundis :
, LA SEMAINE CLERICALE
; PAR ANTOINE LESAINT
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