Titre : L'Univers
Éditeur : L'Univers (Paris)
Date d'édition : 1913-12-21
Contributeur : Veuillot, Louis (1813-1883). Rédacteur
Contributeur : Veuillot, Pierre (1859-1907). Rédacteur
Contributeur : Veuillot, François (1870-1952). Rédacteur
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34520232c
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 21 décembre 1913 21 décembre 1913
Description : 1913/12/21 (Numéro 16145). 1913/12/21 (Numéro 16145).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse Collection numérique : Bibliographie de la presse
Description : Collection numérique : BIPFPIG44 Collection numérique : BIPFPIG44
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k715272t
Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 06/02/2011
DIMANCHE 21 DÉCEMBRE 1913
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ABONNEMENTS
PARIS ÉTRANGE»
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six mois v. .V.V.. ta • « •
frtli mois.."• i'é • • -. t » *" .•
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. IX NUMÉRO : 10 centimes
• Las mandata et bons de postt
.. . doivent être adressés
à M. l'Administrateur
DIEU PROTÈGE LA FRANCE /
Ha. milieu des factions dt toute espiee, vous n'appartenons
qu'à l'Église et à la Pairie,
Louis VEUILLQT i Programme de l'Vnivert <18*81
jU)scasmTio!i * rédaction :
Perla, 19, rat des Saints-Pères (VI* àrrdBVr
DÉPÔT A ROME t ss, fUCï fis u nsEBTS
:%n manuterift non Intirét ne sont pas rendus
ANNONCES
AUX BUREAUX DU J0U8NA.L
19, rua dès Sainte-Pire» '
ET SOCIÉTÉ DE PUBLICITÉ RELIGIEU3B
6, plaoe de la Boarto :
TÉLÉPHONE 751-55
SOMMAIRE
Inatolk France gne. ■
couuent travaille M. àutard.
Carnet ou Dimanche: Les Manuels et,Annuaires
généalogiques héraldiques. — H.-G. Fromm.
A utour du drapeau . — Comté Catta.
Sociétés « secrètes » catholiques . — Yves de
la Brière. "
L a' Vie religieuse : La question du Pouvoir
temporel.
F euilleton : A travers les Revues. -
PARIS, 20 DECEMBRE 1013
Anatole France
en Angleterre
■■ ' —;—
Les journaux d'outre-Manche sont rem
plis, depuis huit jours, des discours et des
toasts prononcés par M. A. Franc©. On
nous les envoie en abrégé ou u in extenso »,
et; c'est chaque fois une surprise nouvelle :
cet homme parle de tout, et surtout de lui-
même ; il dit ce qu'il pense, ce qu'il est, ce
qu'il n'est pas, ce qu'il voudrait être. Au
jourd'hui, il s'affirme socialiste et d'un so
cialisme'qui va tout droit vers l'anarchie ;
3e' lendemain,, il ne sait plus bien, et il
y a dans sa harangue des aperçus qui. font
songer à la haute sagesse d'un Taine ou
d'un Fustel de Coulanges. On sent dans
ces ."variations et ces contradictions la co
quetterie perverse d'un dilettante qui es
saie tous les costumes et ne les garde que
•juste le temps d'une belle parade. Ce jeu
n'est qu'un jeu ; on le supporte durant
.quelques jours, il ne tarde point de fati-
f guer. 'Les Anglais, qui sont des gens gra
des et sérieux, en auront bientôt assez de
ces. métamorphoses et de ces cabrioles ; en
■un mois, M. A. France aura épuisé leur
enthousiasme et lassé leur patience.
• *. • . » "
Je défie un honnête homme d'admirer
sans réserve, de savourer sans remords
vingt pages d'A. France. Vous avez com
mencé par sourire avec lui ; vous n'avez
pù résister à la prenante séduction de son
esprit léger, à la grâoe de son style .lim
pide et franc, de sa langue si simple et si
pure ; et puis, vous vous apercevez qu'il
blasphème, qu'il foule aux pieds les cho
ses les plus saintes, les sentiments les plus
vénérables*. que vous cheminez en compa
gnie d'un Voltaire, à qui ne répugne point
le gros rire de Rabelais,et vous rejetez d'un
geste de colère le livre qui vous intéres
sait d'aibord. F. Brunetière, en sa qualité
d'exécuteur des hautes œuvres, avait pres
que des frémissements de rage quand il
songeait à A. France. Il s'était promis de
dire quelque jour « ses grâces péniblement
acquises ». Je ne crois pas qu'il ait tenu
promesse; cet éreintement manqué est une
lacune dans la collection. Et c'est domma
ge. Je suis sûr tout de même que Brune
tière se fût un peu apaisé en écoutant le
murmure limpide de cette langue qui
coule comme, une eau cristalline sur .de#
cailloux blancs. Il eût salué chez M. A.
France, ."près l'avoir mis par terre, un
des-derniers représentants du goût classi
que. Car la vieille France demeure en cette
âme comme un pastel à demi effacé. L'au
teur des Dieux ont soif l'aime de tout son
cœur ; il en .aime les œuvres, les héros et
les écrivains : « 0 mes pères,— disait-il
un jour, — soyez bénis dans vos oeuvres
qui ont préparé les nôtres ; soyez bénis
dans vos souffrances, qui n'ont pas été
stériles ! Soyez bénis jusque dans les er
reurs de votre courage et de votre simpli
cité!... Et puissions-nous mériter un jour
la même louange : puisse-t-on nous rendre
un jour ce témoignage que nos enfants
sont meilleurs que nous ! » Mon Dieu ! je
crois bien que nos aïeux ne seraient pas
très fiers de quelques-uns de leurs derniers
enfants, mais ce respect attendri du passé
est une chose si rare en notre temps
d'ignorance et d'ingratitude que Brune
tière lui-même y eût trouvé quelques rai
sons d'indulgence pour sa victime dési
gnée.
Et puis, après avoir maudit tant et tant
de paradoxes mortels,il se fût peut-être ar
rêté avec complaisance devant quelques
maximes de sagesse de Sylvestre Bonnard.
Il en eût envié la substance solide, le relief
saillant et cette brève simplicité où l'on re
connaît les maîtres d'autrefois. Le plomb
vil s'y mêle bien de temps à autre à l'or
pur,, mais il y a de l'or tout de même. Et je
vois d'ici la figure de Brunetière devant des
phrases comme celles-ci :
— « Le pauvre sans désirs possède le
plus grand des trésors; il se possède lui-
même.
— « Quand on souffre bien, on souffre
moins.
— « La terre natale nous nourrit non
seulement de pain et de vin, mais encore
d'idées, de sentiments et de croyances.
— « Etre le moins possible, pour être le
mieux possible.
— « Les gens qui n'ont pas eu de faibles
ses sont terribles ; on n'a pas de prise sur
eux.
— « Nous avons tous en nous un Don
Quichotte et un Sancho que nous écoutons,
et alors même que Sancho nous persuade,
c'est.Don Quichotte qu'il faut admirer... »
Je pourrais continuer.On respire çà et là',
dans l'œuvre de M. A. France, cette fleur
odorante de goût français et de sagesse
française, légère, fraîche, mesurée, et dont
la surprisa est d'autant plus délicieuse que
souvent rien ne l'annonce et rien ne la
■suit. . L . J .
■Et pourtant, je n'aime pas cet homme, ce
nihiliste de salon dont la séduction évo
que à mon espjrit la vieille et banale com
paraison de la tête de Méduse : il attire et
il tue. Je déteste ce mime subtil qui . a un
brocard toujours prêt sur tous les sujets
et qui a fait de son œuvre amère et contra
dictoire le manuel du scepticisme le plus
dissolvant. Il parle en Angleterre aujour
d'hui; il parlera demain dans les séances
ou les banquets des Universités populaires.
Mais que pourrait-il bien apprendre à l'ou
vrier des faubourgs, ce prêcheur de plai
sir qui ne conçoit la vie que sous l'image
des festins de Thaïs où les convives, com
me eût dit V. Hugo :
s'enivrent dans la nuit
Sans même, — dans leur joie immonde et sé
pulcrale, —
S'informer s'il n'est pas quelque obscure spi-
■ [raie
Sous là salle pleine de bruit !
Il y avait naguère à Paris, sur les quais
de la Seine, un vieil étalagiste qui vendait
des bouquins moisis et de la musique. Vêtu
d'une toge et coiffé d'une toque, de longs
cheveux, gris descendant en cascade vers le
dos, on eût pris le citoyen Chonmoru pour
un sage antique. On se trompait. Chonmoru
était bel et bien un anarchiste; Il détestait
les juges et parodiait leur costume. Il ab
horrait les prêtres et les Sœurs de charité,
et je crois qu'il eût préféré jeter toutes ses
boites à la Seine que de vendre un bouguin
à un ecclésiastique. Il ne rêvait que pilla
ges et incendies, ruines et destructions. Ré
vérence parler, M. A. France ressemble
comme un frèré au pauvre maniaque du
quai des Grands-Augustins. On dit de lui :
c'est un sceptique. Non pas : c'est un sec
taire. Il ne cherche plus, il ne doute plus ;
il nie et il hait. Je sais bien qu'il aime à
poser devant ses contemporains dans une
attitude d'indulgence et de souriante pitié.
II tient essentiellemént à la gloire précieu
se de ceux qui restent doux parce qu'ils se
sentent forts ; il ne lui déplaît pas de se re
connaître dans l'Hercule de la légende an
tique qui trouvait lourde, au déclin des
jours, £& massue de carnage, et qui plai
gnait de tout son cœuir les malheureux
monstres qu'il avait tués pour le bien des
hommes. Mais ces poses étudiées cachent
mal la duré réalité : M. A. France a perdu
depuis longtemps cette grâce bienveillante^
ce sourire câlin qui égayait et adoucis*
sait ses premières œuvres. L'humoriste
d'autrefois s'est transformé peu à peu en
un pamphlétaire violent, sans mesure et
même sans tenue, qui ne sait plus que
mordre et déchirer.
Il est toujours périlleux à celui qui veut
garder une imperturbable douceur de pas
ser du rêve A l'action. Ecrire l'histoire
contemporaine c'est la vivre, c'est en épou
ser les passions et les querelles, les partis
pris et les préjugés. Le jour où M. A.
France s'est tourné vers les spectacles
contemporains, il se condamna à n'être
plus qu'un chroniqueur passionné. L 'Orme
du Mail, l'Anneau d'Améthyste, M. Berge-
ret à Paris. Sur la Pierre blanche, sont
purement et simplement des pamphlets. Le-
rire voltairien, où il y avait encore une
certaine grâce de mauvais aloi, s'y défor
me peu à peu en un sarcasme de bas éta
ge, en des plaisanteries de ruisseau, dont
usent seulement ceux qui sont capables de
se baisser très bas et qui n'ont pas peur
de se salir les mains.
Les personnages de M. A. France l'ont
suivi pas à pas dans son évolution : leur
bonhomie native s'est bientôt évanouie en
des passions violentes et agressives. M.
Bergeret ne niait d'abord que Virgile; il lui
a suffi de venir à Paris et de se mêler à
l'Affaire Dreyfus pour nier Dieu, et pour
battre en brèche toutes les croyances, tou
tes les lois, toutes les institutions. Les
absurdités du collectivisme,les conclusions
de l'anarchie ne l'effraient pas. Un Rava-
chol s'éveille peu à peu dans l'âme de ce
doux rêveur. Il en arrive à émettre des
axiomes comme celui-ci : « Le mensonge
a des ressources merveilleuses : il est duc
tile, il est plastique. Et de plus (ne crai
gnons pas de le dire), il est naturel et il
est moral... Le mensonge est le principe
de toute vertu et de toute beauté chez les
hommes. » En vérité, le bonhomme, qui
devisait jadis sous l'orme du mail, est bien
près de finir dans la peau d'un bandit. Je
me le représente à son lit de mort : il
s'éteindra tranquillement entre sa sœur"
Zoë et sa (fille Pauline, qui lui parleront
en vain de Dieu, de l'âme et de ses desti
nées. On lui fera des obsèques civiles ; le
petit chien Riquet se laissera mourir de
faim sur la tombe, et, devant oetfce double
catastrophe, M. A. France prononcera
quelque touchante homélie sur la noblesse
des existences solitaires vouées au seul
culte de la science et de la pensée. La pé
roraison sera une évocation des mânes de
Riquetj et son exemple d'amitié sera pro
posé en imitation à ces chiens moins fidè
les que sont les hommes.
Belle philosophie ! « Je suis socialiste »,
dit A. France. Il n'est même pas cela ; il
n'est rien de ce qu'on peut enfermer en
une formulé et qui pourrait se conclure
par un effort. Surgit amari aliquid.. . / Oui,
de cette œuvre, il s'exhale quelque chose
d'amer, un parfum mortel dont ne conso
leront jamais ni les grâces du style ni les
pétillements de l'esprit. .
Ç. LEQIGNE.
Comment travaillé
M. Aulard
♦K*
La querelle qui s'est élevée entre M. Ch,-
V. Langlois, le" directeur des Archives, et .
M. Aulard devient des plus instructives.
L'historien —• si l'on peut dire ■— officiel de :
la Révolution y paraît en fâcheuse posture.
Il avait accusé M. Ch.-V. Langlois
d'avoir fait mettre inconsidérément aupi-
lon une certaine quantité de vieux papiers
qui n'étaient qu'encombrants.
M. €h.-V. Langlois a répondu que M.'Au
lard ferait bien mieux de ne pas salir et
détériorer les documents qu'on lui con-,
fie.
Tenu à moins de réserve -que le direc
teur, des Archivés, M. Augustin Cochin
précise, dans une lettre que publia le Mu
tin, les dégâts commis .par M. Aulard. Ces
précisions sont des plus intéressantes parce
qu'elles jettent un jour éclatant — et
cruel — sur la manière dont M. Aulard
travail le l'histoire.
« Il est exact, écrit M. Augustin Cochin,'
que les milliers de documents des fonds
de la Révolution et de l'Empire ont été
raturés au crayon rouge ou noir, que des
dates, des noms fmt été altérés, que ces
marques et corrections concordent avec la
teneur des publications de M. Aulard, au
point de ne laiser aucun doute sur, leur,
auteur. »
i Nos donnons plus loin in extenso les let
tres de M. Ch.-V Langlois et de M. Augus
tin Cochin. •
Le seul passage que nous venons de citer
de cette dernière suffit à établir d'une fa
çon définitive la méthode suivant laquelle
M. Aulard écrit l'histoire, qui m'est plus,
sous sa plume, qu'un roman où son esprit
sectaire se donne libre jeu.
Carnet du Dimanche
■ / •
Les Manuels et Annuaires
généalogiques héraldiques
L'Almanach de Gotha, le célèbre Annuai
re généalogique, diplomatique et statisti
que, dont les données font autorité dans les
chancelleries du monde entier, va- entrer
dans sa cent cinquante-unième année
d'existence.
. L'Almanach de Gotha de 1913 contient
un exposé de l'histoire de l'Annuaire de
puis 1763 jusqu'en 1913. Cet exposé, est dû.
à la plume si compétente de M. Wendel-
muth, chef de la rédaction, conseiller auli-
que, docteur ès lettres, un des plus distin
gués et des plus érudits entre les généalo
gistes et statisticiens du monde entier.
: L'illustre écrivain commence son exposé
comme il suit :
« Habent sua fata libelli ! Ce vieux dic-
« ton ne s'applique à aucune production
« mieux qu'aux innombrables Almanachs
« généalogiques, surgis au cours du
« XVIII• siècle et depuis lors disparus, à la
« seule exception de l'Almanach de. Gotha,
« qui célèbre cette année le jubilé de sa
« cent cinquantième édition. »
Il ajoute que cet ouvrage a eu des pré
curseurs et maints imitateurs et constate
qu'aucun n'a survécu. Puis il énumère les
divers Almanachs généalogiques, histori
ques, diplomatiques, etc., qui ont paru à
partir de 1701. Leur chiffre augmenta d'une
telle façon que, vers la fin du XVIII• siè
cle, il se publiait une quarantaine de diffé
rents Almanachs avec généalogies : c'é
taient des manuels en langue allemande ou
française.
Dès la pacification de l'Europe par le
Congrès de Westphalie parurent des Alma
nachs généalogiques dont le soin principal
était d'exposer les pertes, acquisitions et
prétentions des principales dynasties et
Etats ecclésiastiques, qui étaient interve
nus au Congrès de- Westphalie, tant à
Munster, lieu des conférences des catholi
ques, qu'à Osnabruck, siège des confèrent
ces des protestants.
Ces Almanachs, devenus assez rares, sont
fort recherchés par les collectionneurs, le
possède, dans ma collection, celui de 1690,
rédigé en latin. Il est intitulé Genealogia
Regum Europae et divisé en vingt-trois
parties.
La Sériés familiarum commence par l'ex
posé de l'origine de la Maison d'Autriche
et la généalogie de ses deux lignes d'Espa
gne et d'Allemagne.
Puis vient la Maison de France et les li
gnes de Valois et de Bourbon; la Maison
royale d'Angleterre ; celle de Danefnarck,
avec sa ligne royale, ses deux lignes duca
les et les cinq branches de la ligne ducale
de Holstein, enfin la Maison royale de Por
tugal.
Après ces Maisons royales viennent les
Maisons électorales du Saint-Empire, qui
prétendaient marcher de pair avec les Mai
sons royales. En tête la Maison électorale
de Bavière, avec ses lignes électorales de
Bavière et.du Palalinat et les autres lignes
et rameaux.
La famille électorale de Saxe suit, avec
ses lignes et branches ducales. La Maison
électorale de Brandebourg vient ensuite,
avec sa ligne franconienne des margraves
d'Anspach et de Bayreuth.
Après la Maison des Hohenzollern mar
chent celle de Brunswich-Lwnebourg et ses
branches.
Nos lecteurs savent que la dignité électo
rale n'est entrée dans cette Maison qu'après
la guerre de la Ligue d'Augsbourg.
La Maison de liesse, avec ses trois lignes
de landgraves de Hesse-Cassel, de Darms-
tadt et de Hambourg, ouvre la série des pe
tits Etats, les Etats en XII, comme on les
appelait autrefois. H y avait en outre lés
deux lignes ducales de la Maison de Meck-
lembourfo les trois lignes de la Maison d&
Wurtemberg, les deux lignes des margra-.
ves de Bade, .la Maison d'Anhalt, la Maison
de passait avec ses cinq lignes:
La"généalogie de ces Maisons royales de
l'Europe et des électeurs et princes souve
rains du Saint-Empire est suivie de celle
des Maisons ducales de Lorraine, de Tos
cane, "de Savoie et de Mantoue,- de Parme
et Plaisance, et des .ducs de Çowflait4e.
L'Almanach de 1690 fait dériver la Mai
son d'Autriche d'une famille comtalç, qui
aurait eu sa demeure sur le mont Aventin
de Rome, t
Cette famille, • émigrée de Rome aprèç
l'année. 1062, vint se fixer en Suisse, où eÙe
acquit, à la suite d'un mariage, le comté
de Habsbourg.
Baronius cite l'année 1140 comme étant
Içt date où des documents certains quali
fiaient Léo ' Anicius Petleonis, comte du
Mont-Aventin, de Nobilissimus Romano-
rmn. Et cetùi-ld était le père d'Albert le
Riche et die Rodolphe, émigrés en Suisse
en 114$.
La Maison d&. France est donç de deux
siècle plus, ancienne que celle.de la Mai
son ^Autriche..
La. Maison dé Baoière, fort ancienne
aussi,'est la plus prolifique des Maisons
électorales. L'Almanach de 1690 cite le cas
du prince^ palatin PhUippe-OuiUaume qui
eut dix-sèpt enfants de son mariage avec
la landgrave Elisabeth*Amélie de Hessè-
Darmstadt, dont trois filles devaient cein
dre la couronne : l'une eut la couronne im
périale du Saint-Empire, en sa qualité de
femme de l'empereur Léopold l" ; la se-
conde,fut femme de dom Pedro, roi de Por
tugal; et la troisième fut reine d'Espagne,
femme du roi Charles II.
Un duc de Saxe-Gotha eut dix-huit en
fants de sa femme, une princesse de Saxe-
Altenbourg. Le margrave Albert-Achille .de
Brandebourg eut même dix-neuf enfants,
mais issus de deux lits, et l'électeur Jean-
Georges l n de Brandebourg fut père de.
vingt-trois enfants, mais de trois lits diffé
rents. ■
En 1722 parut un nouvel Âlmanach en
allemand. Il contenait la généalogie du
Pape, de l'empereur^ des rois, des princes
électeurs, des princes ecclésiastiques et
temporels du Saint-Empire ; la iiste des
cardinaux, des princes du sang de France,
de Carignan, Carrare, Castiglione, Conty,
de Courlande, de la Czarine de Moscou,
etc., en tout la généalogie de cent trente-
Six Maisons souveraines y compris celle
du Qxand-Turc.
, Cet Almanach parut pendant de longues
années à Nuremberg chez Christophe Wei-
gel alné, puis chez sa veuve. L'imprimeur
était un Glunrupenois, Laurent Belin, ori
ginaire du Senonais.
L'Almanach de Nuremberg' fut le vade-
mecùm de toutes les grandes et petites
chancelleries du Saint-Empire et de tous
Is ambassadeurs, orateurs et députés à la
Haute-Diète de Ralisbonne.
Ces vieux Almanachs ont une valeur his
torique, généalogique et héraldique, car ils
sont les témoins des temps, et de la vérité.
H.-G. F ROMM.
Donec dies est
Autour du drapeau
lies démocrates sont préoccupés & l'heure
açtuelle de ne pas trop laisser dire qu'ils
n'aiment pas l'armée. Sans doute, on s'at-
tend tous les jours à voir ouvrir l'armoire
aux -fiches. Sans doute, l'incurie du gou
vernement sévit violemment contre l'élé
ment militaire. Sans doute les officiers se
ront abandonnés longtemps encore après
que les instituteurs et bien d'autres auront
été pourvus. Sans doute on continuera à
voir de malheureux aviateurs condamnés
à se tuer sur de mauvais appareils, tandis
que les sommes volontairement souscrites
par les Français iront se perdre, suivant
l'usage, dans les gouffres sans fond des
avidités démocratiques. .
Mais enfin cela n'empêche pas que, par
là saison qu'il fait, le personnel gouverne
mental ne pose à l'amour de l'armée et ne
compte même prendre quelques mesures
pour favoriser le recrutement des cadres
et rehausser pratiquement ie prestige mi
litaire.
Dieu veuille qu'enfin quelque chose soit
fait t
Nous avons, en effet, les raisons les plus
précises pour nous intéresser au sort des
officiers:
La carrière militaire est sans doute, avec
la magistrature, une de celles où les tra
ditions s'implantent le plus profondément
dans les familles pour le plus grand bien
des hommes qui v naissent. La raison en
est qu'après le prêtre, c'est au soldat et au
magistrat qu'il revient de manier les plus
hauts intérêts des personnes humaines.
De nos jours, malheureusement, la ma
gistrature a été asservie, pervertie, et ré
duite à un servage de machine. 11 faudra
trop pour' son relèvement.
.j ..L'armée, Dieu merci 1 est malgré tout
vivante'enoore. Les traditions y subsistent,
■atteintes sans doute, mais avivées aussi
parfois paT les souffrances endurées et par
les fidélités obstinées. Chez elle on sait
encore le nom de l'honneur, le grand maî-
tyne qui transforme les âmes. Ces hommes,
ayant la charge d'autres hommes au point
de disposer peut-être un jour de leur vie,
tiennent à ce que les jugements qu'on por
te sur eux soient favorables, et ils tirent
de l'opinion humaine l'occasion d'une exal
tation légitime et quelquefois sublime.
Ce n'est , pas qu'à nous chrétiens un tel
sentiment humain suffise. Mais, comme il
se transforme aisément par la pensée que
Dieu nous a donné la charge de nos frères,
qu'il a maudit celui dont vient le scandale,
et, .commandé aux siens de donner l'exem
ple en toutes choses !
Nous savons donc combien il faut peu
pour que le soldat ne se contente pas d'être
un héros, mais devienne un saint.
Comte Catta..
L'accident du duc d'Orléans
Le secrétariat du duc d'Orléans a commu
niqué la note suivante ;
« Monseigneur le duc d'Orléans, en pati
nant au palais de glace, jeudi matin, est
tombé sur le coude gauche et s'est fait une
fracture de l'olécrâne..
« La réduction de la fracture a été pra
tiquée hier par le docteur Thiriar qui, de
même que le docteur Récamier, venu de
Paris hier matin, estime que cet accident
ne présente pas de gravité.
Le prince, dont l'état général est excel
lent, n/a pas changé ses occupations habi
tuelles.
« Il ne sera pas publié de bulletin de
santé, »
Le gâchis administratif
M. Simyan, en 1908, voulut créer le bu
reau de poste modèle. Il loua, boulevard
des Italiens, la Maison Dorée, et on paya;
pour l'aménagement de ce bureau, plus de
K00.000 francs. Depuis, on, acquitte une re
devance de loyer de 73.000 francs.
Or, jamais, dans ce bureau, on n'a" pu
construire les monte-charges, cat on n'a
pas prévu d'emplacement pour eux. Par
suite,on jette les sacs de lettres et d'échan
tillons & travers l'escalier. 11 en résulte
qu'en nettoyant derrière celui-ci on vient
de trouver des correspondances datant de
1910 et de 1911. , •
De plus, on va créer, dans tous les bu
reaux de PaTis, un service télégraphique
direct avec la Seine, la Seine-et-Oise et la
Seine -et-Marne. Un seul bureau en sera
dépourvu : le bureau modèle.
On n'a pas de place pour l'installation.
Et nous payons toujours le loyer J
Ceux qui gardent nos trésors
On jugeait, hier, à la huitième Chambre,
un individu inculpé du délit de poirt d'arme
prohibée. .
Au cours de l'interrogatoire, le président,
M. Petit, a donné lecture d'un rapport de
police concernant le prévenu et où es
trouve ce passage :
« Il passe pour être un alcoolique invé
téré, violent et querelleur. Toujours armé
d'un revolver, il passe pour être dange
reux lorsqu'il est pris de boisson. »
L'inculpé en question, qui a été con
damné à cent francs d'amende, est Gardien
du Mûsée de Versailles !
On ne pouvait, évidemment, choisir
mieux.
Un concours
d'« ancêtres » forestiers
La Société provençale « Le Chêne » a or
ganisé dans la région un concours de beaux
arbres séculaires qui doivent être classés et
conservés.
M. Mistral y a pris part en signalant un
bouquet de 10 ormes qui abritent son mas
de Valette ; ils sont âgés d'environ 300 ans
et quelques-uns portant encore les lettres
R. F. dont on les marqua en 1793, en les
réservant pour les constructions navales de
Toulon.
Von Porstner jugé
par ses compatriotes
Les Lûstige Blaiter, le célèbre journal
humoristique allemand qui paraît à Mu<
nich, .publie une série de dessins inspirés
par les événements de Saverne.
L'un d'eux représente le jeune officie*
dans un cadre de lauriers. Au-dessous,
trois soldiajts mettent le lecteur én joue.
Comme légende « Attention, lecteur, ne
riez pas I Les fusils sont chargés. »
Voici un autre dessin qui représente la
fameux capitaine de Kœpeneck saluant le
lieutenant von. Forstner: « Permettez-moi
de vous serrer la main. Depuis 1871, nous
sommes les deux militaires les plus célè
bres. »
Cercamon.,
SOCIÉTÉS « SECRETES »
CATHOLIQUES
PAR YVES DE LA BRIERE
L'un des plus intéressants résultats de
l'érudition historique, depuis une quinzai
ne d'années, aura été de nous faire connaî
tre le rôle, tant religieux que politique, de
la Compagnie du Saint-Sacrement au dix-
septième siècle. Presque totalement incon
nue jusqu'à notre temps, cette mystérieuse
association, toute dévouée aux œuvres de
piété, de charité, d'apostolat, de conquête,
exerça, en réalité, une action considérable
sur le mouvement de Contre-Réformation
catholique pendant le règne de Louis XIII
et la minorité de Louis XIV. Selon l'heu
reuse formule d'un historien étranger &
nos croyances, M. Mariéjol, l'un des colla
borateurs de M. Lavisse : « Elle a prodi
gieusement entrepris ; et c'est même à la
grandeur de ses ambitions et de son action
qu'on peut le mieux mesurer la force du
mouvement catholique » à cette époque de
notre histoire.
Ce qui caractérise la Compagnie du
Saint-Sacrement, c'est l'étendue de ses am
bitions apostoliques et le mystère dont e4ie
enveloppait chacune de ses interventions et
jusqu'à son existence môme...
Etendue de ses ambitions apostoliques,
car la Compagnie du Saint-Sacrement
remédia aux désastres, d'ordre matériel
et moral, causés .par la guerre de Trente
ans et la Fronde ; elle ©ombattit effi
cacement la mendicité parisienne en dé
terminant la création de l'Hôpital gé
néral ; elle améliora le régime des pri
sons et des galères ; elle organisa l'as
sistance judiciaire en faveur des pauvres et
préluda même à nos modernes secrétariats
du peuple ; elle combattit les scandales de
la mode, les désordres du clergé,'le relâ
chement des monastères ; elle combattit
surtout le protestantisme, fit. prévaloir une
jurisprudence restrictive de l'Edit de Nan
tes et favorisa le mouvement d'opinion qui
devait aboutir, plus tard, à la Révocation.
Or, toutes ces interventions ordonnées,
préparées, organisées avec méthode par
la Compagnie du Saint-Sacrement furent
exécutées au dehors sans que, jamais, le
nom de la Compagnie fût prononcé. Bien
plus, les contemporains non initiés igno
rèrent, presque tous, l'existence même de
l'association. Une sévère discipline du se
cret tut imposée à tousses adhérents et fut
si bien observée que la Compagnie demeu
ra peu et mal connue, sinon inconnue, de
l'autorité séculière ét jusque de l'autorité
religieuse. Alors même que le mystère eût
été dévoilé, à partir de 1&60, et que les mon
dains se fussent acharnés contre la cabale "
des dévots, qui duit se dissoudre pour ob
tempérer âux sentences du " Parlement, le
grand public continua d'ignorer quelle
àv&it été, au juste, l'organisation secrète
de la Compagnie du Saint-Sacrement et
combien efficaces avaient été ses interven
tions dans les affaires ecclésiastiques et
charitables ou dans la politique religieuse.
Le mystère ne fut percé que plus de deux
siècles après la disparition de la. Compa
gnie du Saint-Sacrement.
Le document révélateur fut le manuscrit-
n° 14.489 du Fonds français de la Biblio
thèque Nationale, volume de 161 folios, de
format petit in-quarto et intitulé : Annales
de là Compagnie du Saint-Sacrement. L'au
teur est le comte René II de Voyer d'Argen-
son qui, en 1694 et 1695, résume ou trans
crit les procès^verbaux dont il est le dépo
sitaire, pour exposer au cardinal de Noail-
les, archevêque de Paris, tout le bien qui'
fut accompli naguère par la société secrète
catholique et pour exhorter l'archevêque à
reconstituer la.Çompagnie du Saint-Sacre
ment, comme une. grande, et précieuse res?
source en vue de l'action catholique.
Ce document signalé dès le temps de Na-
poléon III par le R. P. Le Lasseur, S. J.,
fut, en 1888 et 1889, utilisé par le R. P.
Charles Clair, S. J., qui, dans la revue les
Etudes, publia les renseignements donnés
par, le comte d'Argenson sur « l'histoire de
la^haritô au dix-septième siècle ». Onze" an
nées plus tard, en 1899, M. Félix Rabbe,
dans la Revue historique, exploita les An
nales du comte d'Argenson comme un do
cument écrasant contre ' le catholicisme
français du dix-septième, à cause des me
sures de rigueur provoquées à l'égard des
protestants et des libertins par^une société
secrète catholique. Cet article tapageur dé
termina une polémique entre M. Ràbbe et
un rédacteur des Etudes, le R. P. Chérot,
S. J. Elle provoqua, en outre, diverses re
cherches et trouvailles érudites au sujet de
la Compagnie du Saint-Sacrement. C'est â-
la. fin de 1900 qu'une édition critique des :
Annales du comte d'Argenson fut livrée au
public par un savant Bénédictin, le R. P.
Dom Beauchet-Filleau.
' Le principal ouvrage consacré à la Com
pagnie du Saint-Sacrement parut en 1902,
sous ce titre : Ld Cabale des dévots, par
M. Raoul Allier. Volume instructif, docu
menté, riche d'informations neuves, mais *
gâté à chaque page par des allégations
hostiles,' des ironies, amères contre le. ca
tholicisme. Le livre de l'érudit écrivain
protestant exhale une aigre saveur de lit
térature anticléricale. Depuis lors, presque
tous les auteurs qui ont abordé l'histoire
politique et religieuse du second tiers do
notre xvir> siècle* Mme 1 Arvède Rarine
comme M. Mariéjol et comme M. l'abbfi
Fernand Mourret, ee sont étendus avec
quelque détail sur lé rôle de la Compagnie
du. SainkSacrement. ' Les résultats obtenus
par le travail des historiens et des érutlita
à. la date de f 1905 furent consignés dans une
brochure dé la collection Science et Reli
gion, intitulée : Ce que fut la « Cabale des
dévots ».
'La découverte et la publication des pa
piers de la Compagnie du Saint-Sacrement
a Marseille et de la correspondance du
groupe marseillais avec le groupe parisien
apporta une vérification et un précieux
complément au témoignage des Annales du
comte d'Argenson. D'autre part, M. l'abbé
Aulagne étudia, d'après les documents lo
caux, la Compagnie du Saint-Sacrement à
Limoges, et, plus récemment, M. Maurice
Souriau, d'après les sources normandes,
écrivit l'histoire de la Compagnie à Gaen.
Parmi les travaux publiés dans les Re
vues, on doit citer particulièrement ceux!
de M. Alfred Rébelliau: trois articles de la
Revue des Deux-Mondes en 1903, deux au
tres articles de la même Revue en 1909. De
l'année 1909, également, datent trois arti
cles publiés dans les Etudes .par le R. P.
Joseph Brucker, le doyen de la rédaction
de cette Revue. 'M. Rébelliau et le P. Bruc
ker, en 1909, étaient d'accord pour recon
naître que l'enquête historique et docu
mentaire des dernières années modifiait
quelque peu les conclusions qui, jusqu'en
1905, avaient été considérées comme irré
cusables par tous les travailleurs. L'auto
rité du groupe parisien de la Compagnie
du Saint-Sacrement sur ses filiales de pro
vince était, en réalité, moins despotique
qu'on ne l'avait précédemment cru. Le
secret de la Compagnie était moins rigou
reux et moins implacable que ne l'avaient,
d'aibord, compris les historiens de la « ca
bale des dévots ». On avait pareillement
exagéré l'indépendance de la Compagnie
du Saint-Sacrement par rapport aux évê-
ques, de même que l'étendue indiscrète de
ses interventions, et de même encore que
le caractère agressif de la propagande
exercée contre le culte protestant. Néan
moins, la physionomie générale de la Com
pagnie du Saint-Sacrement et de 6on œu
vre demeurait bien telle qu'elle était com
munément apparue aux historiens d'après
les Annales du comte d'Argenson. Les do
cuments découverts depuis lors avaient
permis de supprimer certains grossisse
ments, de rectifier ou de mieux juger cer
tains détails. Mais Tien n'était changé à'
la substance des faits. Les correctifs légi
times étaient affaire de degré, de mesure
et de nuances dans la description histori
que. Telle fut l'impression que manifesta,
en 1910, M. l'abbé Prunel, en traitant cette
question & l'Institut catholique de Paris.
Telle fut aussi l'impression que M. Geof-.
froy de Grandmaison exprima, en 1911,
dans un remarquable et judicieux article
du Correspondant. ,
Depuis quelques mois, plusieurs publica
tions documentaires viennent d'enrichir
le dossier de la Compagnie du Saint-Sacre
ment et de certaines autres sociétés « se
crètes » catholiques de la même époque.,
M. l'abbé Alphonse Auguste a fait parai*
tre, d'abord, un recueil de « notes et docu
ments » sur La Compagnie du Saint-Sacre
ment à Toulouse. (Paris, Picard, 1913. In-8 /
carré. Prix : 3 fir. 50.) Ce recueil prend
giace dans la série des études consacrées
.
- .>t- -> -
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'*Sj.•■?•?•«•• - -
®^ é ® ; ^ J6145? .. r
,-.... _ v /DIMANCHE 2* DÉCEMBRE 1913
•'■•■'•••jy -'ffi»? -V ; • • y
ABONNEMENTS
PARIS ÉTRANGE»
' '^> M WpuUBMBU (Union («util)
an èn ; ; ; ; ; ; ; f.'; zb *. se ir.
six mois v. .V.V.. ta • « •
frtli mois.."• i'é • • -. t » *" .•
* " * '• ','.'-i~.i : î *'• "t V'
. IX NUMÉRO : 10 centimes
• Las mandata et bons de postt
.. . doivent être adressés
à M. l'Administrateur
DIEU PROTÈGE LA FRANCE /
Ha. milieu des factions dt toute espiee, vous n'appartenons
qu'à l'Église et à la Pairie,
Louis VEUILLQT i Programme de l'Vnivert <18*81
jU)scasmTio!i * rédaction :
Perla, 19, rat des Saints-Pères (VI* àrrdBVr
DÉPÔT A ROME t ss, fUCï fis u nsEBTS
:%n manuterift non Intirét ne sont pas rendus
ANNONCES
AUX BUREAUX DU J0U8NA.L
19, rua dès Sainte-Pire» '
ET SOCIÉTÉ DE PUBLICITÉ RELIGIEU3B
6, plaoe de la Boarto :
TÉLÉPHONE 751-55
SOMMAIRE
Inatolk France
couuent travaille M. àutard.
Carnet ou Dimanche: Les Manuels et,Annuaires
généalogiques héraldiques. — H.-G. Fromm.
A utour du drapeau . — Comté Catta.
Sociétés « secrètes » catholiques . — Yves de
la Brière. "
L a' Vie religieuse : La question du Pouvoir
temporel.
F euilleton : A travers les Revues. -
PARIS, 20 DECEMBRE 1013
Anatole France
en Angleterre
■■ ' —;—
Les journaux d'outre-Manche sont rem
plis, depuis huit jours, des discours et des
toasts prononcés par M. A. Franc©. On
nous les envoie en abrégé ou u in extenso »,
et; c'est chaque fois une surprise nouvelle :
cet homme parle de tout, et surtout de lui-
même ; il dit ce qu'il pense, ce qu'il est, ce
qu'il n'est pas, ce qu'il voudrait être. Au
jourd'hui, il s'affirme socialiste et d'un so
cialisme'qui va tout droit vers l'anarchie ;
3e' lendemain,, il ne sait plus bien, et il
y a dans sa harangue des aperçus qui. font
songer à la haute sagesse d'un Taine ou
d'un Fustel de Coulanges. On sent dans
ces ."variations et ces contradictions la co
quetterie perverse d'un dilettante qui es
saie tous les costumes et ne les garde que
•juste le temps d'une belle parade. Ce jeu
n'est qu'un jeu ; on le supporte durant
.quelques jours, il ne tarde point de fati-
f guer. 'Les Anglais, qui sont des gens gra
des et sérieux, en auront bientôt assez de
ces. métamorphoses et de ces cabrioles ; en
■un mois, M. A. France aura épuisé leur
enthousiasme et lassé leur patience.
• *. • . » "
Je défie un honnête homme d'admirer
sans réserve, de savourer sans remords
vingt pages d'A. France. Vous avez com
mencé par sourire avec lui ; vous n'avez
pù résister à la prenante séduction de son
esprit léger, à la grâoe de son style .lim
pide et franc, de sa langue si simple et si
pure ; et puis, vous vous apercevez qu'il
blasphème, qu'il foule aux pieds les cho
ses les plus saintes, les sentiments les plus
vénérables*. que vous cheminez en compa
gnie d'un Voltaire, à qui ne répugne point
le gros rire de Rabelais,et vous rejetez d'un
geste de colère le livre qui vous intéres
sait d'aibord. F. Brunetière, en sa qualité
d'exécuteur des hautes œuvres, avait pres
que des frémissements de rage quand il
songeait à A. France. Il s'était promis de
dire quelque jour « ses grâces péniblement
acquises ». Je ne crois pas qu'il ait tenu
promesse; cet éreintement manqué est une
lacune dans la collection. Et c'est domma
ge. Je suis sûr tout de même que Brune
tière se fût un peu apaisé en écoutant le
murmure limpide de cette langue qui
coule comme, une eau cristalline sur .de#
cailloux blancs. Il eût salué chez M. A.
France, ."près l'avoir mis par terre, un
des-derniers représentants du goût classi
que. Car la vieille France demeure en cette
âme comme un pastel à demi effacé. L'au
teur des Dieux ont soif l'aime de tout son
cœur ; il en .aime les œuvres, les héros et
les écrivains : « 0 mes pères,— disait-il
un jour, — soyez bénis dans vos oeuvres
qui ont préparé les nôtres ; soyez bénis
dans vos souffrances, qui n'ont pas été
stériles ! Soyez bénis jusque dans les er
reurs de votre courage et de votre simpli
cité!... Et puissions-nous mériter un jour
la même louange : puisse-t-on nous rendre
un jour ce témoignage que nos enfants
sont meilleurs que nous ! » Mon Dieu ! je
crois bien que nos aïeux ne seraient pas
très fiers de quelques-uns de leurs derniers
enfants, mais ce respect attendri du passé
est une chose si rare en notre temps
d'ignorance et d'ingratitude que Brune
tière lui-même y eût trouvé quelques rai
sons d'indulgence pour sa victime dési
gnée.
Et puis, après avoir maudit tant et tant
de paradoxes mortels,il se fût peut-être ar
rêté avec complaisance devant quelques
maximes de sagesse de Sylvestre Bonnard.
Il en eût envié la substance solide, le relief
saillant et cette brève simplicité où l'on re
connaît les maîtres d'autrefois. Le plomb
vil s'y mêle bien de temps à autre à l'or
pur,, mais il y a de l'or tout de même. Et je
vois d'ici la figure de Brunetière devant des
phrases comme celles-ci :
— « Le pauvre sans désirs possède le
plus grand des trésors; il se possède lui-
même.
— « Quand on souffre bien, on souffre
moins.
— « La terre natale nous nourrit non
seulement de pain et de vin, mais encore
d'idées, de sentiments et de croyances.
— « Etre le moins possible, pour être le
mieux possible.
— « Les gens qui n'ont pas eu de faibles
ses sont terribles ; on n'a pas de prise sur
eux.
— « Nous avons tous en nous un Don
Quichotte et un Sancho que nous écoutons,
et alors même que Sancho nous persuade,
c'est.Don Quichotte qu'il faut admirer... »
Je pourrais continuer.On respire çà et là',
dans l'œuvre de M. A. France, cette fleur
odorante de goût français et de sagesse
française, légère, fraîche, mesurée, et dont
la surprisa est d'autant plus délicieuse que
souvent rien ne l'annonce et rien ne la
■suit. . L . J .
■Et pourtant, je n'aime pas cet homme, ce
nihiliste de salon dont la séduction évo
que à mon espjrit la vieille et banale com
paraison de la tête de Méduse : il attire et
il tue. Je déteste ce mime subtil qui . a un
brocard toujours prêt sur tous les sujets
et qui a fait de son œuvre amère et contra
dictoire le manuel du scepticisme le plus
dissolvant. Il parle en Angleterre aujour
d'hui; il parlera demain dans les séances
ou les banquets des Universités populaires.
Mais que pourrait-il bien apprendre à l'ou
vrier des faubourgs, ce prêcheur de plai
sir qui ne conçoit la vie que sous l'image
des festins de Thaïs où les convives, com
me eût dit V. Hugo :
s'enivrent dans la nuit
Sans même, — dans leur joie immonde et sé
pulcrale, —
S'informer s'il n'est pas quelque obscure spi-
■ [raie
Sous là salle pleine de bruit !
Il y avait naguère à Paris, sur les quais
de la Seine, un vieil étalagiste qui vendait
des bouquins moisis et de la musique. Vêtu
d'une toge et coiffé d'une toque, de longs
cheveux, gris descendant en cascade vers le
dos, on eût pris le citoyen Chonmoru pour
un sage antique. On se trompait. Chonmoru
était bel et bien un anarchiste; Il détestait
les juges et parodiait leur costume. Il ab
horrait les prêtres et les Sœurs de charité,
et je crois qu'il eût préféré jeter toutes ses
boites à la Seine que de vendre un bouguin
à un ecclésiastique. Il ne rêvait que pilla
ges et incendies, ruines et destructions. Ré
vérence parler, M. A. France ressemble
comme un frèré au pauvre maniaque du
quai des Grands-Augustins. On dit de lui :
c'est un sceptique. Non pas : c'est un sec
taire. Il ne cherche plus, il ne doute plus ;
il nie et il hait. Je sais bien qu'il aime à
poser devant ses contemporains dans une
attitude d'indulgence et de souriante pitié.
II tient essentiellemént à la gloire précieu
se de ceux qui restent doux parce qu'ils se
sentent forts ; il ne lui déplaît pas de se re
connaître dans l'Hercule de la légende an
tique qui trouvait lourde, au déclin des
jours, £& massue de carnage, et qui plai
gnait de tout son cœuir les malheureux
monstres qu'il avait tués pour le bien des
hommes. Mais ces poses étudiées cachent
mal la duré réalité : M. A. France a perdu
depuis longtemps cette grâce bienveillante^
ce sourire câlin qui égayait et adoucis*
sait ses premières œuvres. L'humoriste
d'autrefois s'est transformé peu à peu en
un pamphlétaire violent, sans mesure et
même sans tenue, qui ne sait plus que
mordre et déchirer.
Il est toujours périlleux à celui qui veut
garder une imperturbable douceur de pas
ser du rêve A l'action. Ecrire l'histoire
contemporaine c'est la vivre, c'est en épou
ser les passions et les querelles, les partis
pris et les préjugés. Le jour où M. A.
France s'est tourné vers les spectacles
contemporains, il se condamna à n'être
plus qu'un chroniqueur passionné. L 'Orme
du Mail, l'Anneau d'Améthyste, M. Berge-
ret à Paris. Sur la Pierre blanche, sont
purement et simplement des pamphlets. Le-
rire voltairien, où il y avait encore une
certaine grâce de mauvais aloi, s'y défor
me peu à peu en un sarcasme de bas éta
ge, en des plaisanteries de ruisseau, dont
usent seulement ceux qui sont capables de
se baisser très bas et qui n'ont pas peur
de se salir les mains.
Les personnages de M. A. France l'ont
suivi pas à pas dans son évolution : leur
bonhomie native s'est bientôt évanouie en
des passions violentes et agressives. M.
Bergeret ne niait d'abord que Virgile; il lui
a suffi de venir à Paris et de se mêler à
l'Affaire Dreyfus pour nier Dieu, et pour
battre en brèche toutes les croyances, tou
tes les lois, toutes les institutions. Les
absurdités du collectivisme,les conclusions
de l'anarchie ne l'effraient pas. Un Rava-
chol s'éveille peu à peu dans l'âme de ce
doux rêveur. Il en arrive à émettre des
axiomes comme celui-ci : « Le mensonge
a des ressources merveilleuses : il est duc
tile, il est plastique. Et de plus (ne crai
gnons pas de le dire), il est naturel et il
est moral... Le mensonge est le principe
de toute vertu et de toute beauté chez les
hommes. » En vérité, le bonhomme, qui
devisait jadis sous l'orme du mail, est bien
près de finir dans la peau d'un bandit. Je
me le représente à son lit de mort : il
s'éteindra tranquillement entre sa sœur"
Zoë et sa (fille Pauline, qui lui parleront
en vain de Dieu, de l'âme et de ses desti
nées. On lui fera des obsèques civiles ; le
petit chien Riquet se laissera mourir de
faim sur la tombe, et, devant oetfce double
catastrophe, M. A. France prononcera
quelque touchante homélie sur la noblesse
des existences solitaires vouées au seul
culte de la science et de la pensée. La pé
roraison sera une évocation des mânes de
Riquetj et son exemple d'amitié sera pro
posé en imitation à ces chiens moins fidè
les que sont les hommes.
Belle philosophie ! « Je suis socialiste »,
dit A. France. Il n'est même pas cela ; il
n'est rien de ce qu'on peut enfermer en
une formulé et qui pourrait se conclure
par un effort. Surgit amari aliquid.. . / Oui,
de cette œuvre, il s'exhale quelque chose
d'amer, un parfum mortel dont ne conso
leront jamais ni les grâces du style ni les
pétillements de l'esprit. .
Ç. LEQIGNE.
Comment travaillé
M. Aulard
♦K*
La querelle qui s'est élevée entre M. Ch,-
V. Langlois, le" directeur des Archives, et .
M. Aulard devient des plus instructives.
L'historien —• si l'on peut dire ■— officiel de :
la Révolution y paraît en fâcheuse posture.
Il avait accusé M. Ch.-V. Langlois
d'avoir fait mettre inconsidérément aupi-
lon une certaine quantité de vieux papiers
qui n'étaient qu'encombrants.
M. €h.-V. Langlois a répondu que M.'Au
lard ferait bien mieux de ne pas salir et
détériorer les documents qu'on lui con-,
fie.
Tenu à moins de réserve -que le direc
teur, des Archivés, M. Augustin Cochin
précise, dans une lettre que publia le Mu
tin, les dégâts commis .par M. Aulard. Ces
précisions sont des plus intéressantes parce
qu'elles jettent un jour éclatant — et
cruel — sur la manière dont M. Aulard
travail le l'histoire.
« Il est exact, écrit M. Augustin Cochin,'
que les milliers de documents des fonds
de la Révolution et de l'Empire ont été
raturés au crayon rouge ou noir, que des
dates, des noms fmt été altérés, que ces
marques et corrections concordent avec la
teneur des publications de M. Aulard, au
point de ne laiser aucun doute sur, leur,
auteur. »
i Nos donnons plus loin in extenso les let
tres de M. Ch.-V Langlois et de M. Augus
tin Cochin. •
Le seul passage que nous venons de citer
de cette dernière suffit à établir d'une fa
çon définitive la méthode suivant laquelle
M. Aulard écrit l'histoire, qui m'est plus,
sous sa plume, qu'un roman où son esprit
sectaire se donne libre jeu.
Carnet du Dimanche
■ / •
Les Manuels et Annuaires
généalogiques héraldiques
L'Almanach de Gotha, le célèbre Annuai
re généalogique, diplomatique et statisti
que, dont les données font autorité dans les
chancelleries du monde entier, va- entrer
dans sa cent cinquante-unième année
d'existence.
. L'Almanach de Gotha de 1913 contient
un exposé de l'histoire de l'Annuaire de
puis 1763 jusqu'en 1913. Cet exposé, est dû.
à la plume si compétente de M. Wendel-
muth, chef de la rédaction, conseiller auli-
que, docteur ès lettres, un des plus distin
gués et des plus érudits entre les généalo
gistes et statisticiens du monde entier.
: L'illustre écrivain commence son exposé
comme il suit :
« Habent sua fata libelli ! Ce vieux dic-
« ton ne s'applique à aucune production
« mieux qu'aux innombrables Almanachs
« généalogiques, surgis au cours du
« XVIII• siècle et depuis lors disparus, à la
« seule exception de l'Almanach de. Gotha,
« qui célèbre cette année le jubilé de sa
« cent cinquantième édition. »
Il ajoute que cet ouvrage a eu des pré
curseurs et maints imitateurs et constate
qu'aucun n'a survécu. Puis il énumère les
divers Almanachs généalogiques, histori
ques, diplomatiques, etc., qui ont paru à
partir de 1701. Leur chiffre augmenta d'une
telle façon que, vers la fin du XVIII• siè
cle, il se publiait une quarantaine de diffé
rents Almanachs avec généalogies : c'é
taient des manuels en langue allemande ou
française.
Dès la pacification de l'Europe par le
Congrès de Westphalie parurent des Alma
nachs généalogiques dont le soin principal
était d'exposer les pertes, acquisitions et
prétentions des principales dynasties et
Etats ecclésiastiques, qui étaient interve
nus au Congrès de- Westphalie, tant à
Munster, lieu des conférences des catholi
ques, qu'à Osnabruck, siège des confèrent
ces des protestants.
Ces Almanachs, devenus assez rares, sont
fort recherchés par les collectionneurs, le
possède, dans ma collection, celui de 1690,
rédigé en latin. Il est intitulé Genealogia
Regum Europae et divisé en vingt-trois
parties.
La Sériés familiarum commence par l'ex
posé de l'origine de la Maison d'Autriche
et la généalogie de ses deux lignes d'Espa
gne et d'Allemagne.
Puis vient la Maison de France et les li
gnes de Valois et de Bourbon; la Maison
royale d'Angleterre ; celle de Danefnarck,
avec sa ligne royale, ses deux lignes duca
les et les cinq branches de la ligne ducale
de Holstein, enfin la Maison royale de Por
tugal.
Après ces Maisons royales viennent les
Maisons électorales du Saint-Empire, qui
prétendaient marcher de pair avec les Mai
sons royales. En tête la Maison électorale
de Bavière, avec ses lignes électorales de
Bavière et.du Palalinat et les autres lignes
et rameaux.
La famille électorale de Saxe suit, avec
ses lignes et branches ducales. La Maison
électorale de Brandebourg vient ensuite,
avec sa ligne franconienne des margraves
d'Anspach et de Bayreuth.
Après la Maison des Hohenzollern mar
chent celle de Brunswich-Lwnebourg et ses
branches.
Nos lecteurs savent que la dignité électo
rale n'est entrée dans cette Maison qu'après
la guerre de la Ligue d'Augsbourg.
La Maison de liesse, avec ses trois lignes
de landgraves de Hesse-Cassel, de Darms-
tadt et de Hambourg, ouvre la série des pe
tits Etats, les Etats en XII, comme on les
appelait autrefois. H y avait en outre lés
deux lignes ducales de la Maison de Meck-
lembourfo les trois lignes de la Maison d&
Wurtemberg, les deux lignes des margra-.
ves de Bade, .la Maison d'Anhalt, la Maison
de passait avec ses cinq lignes:
La"généalogie de ces Maisons royales de
l'Europe et des électeurs et princes souve
rains du Saint-Empire est suivie de celle
des Maisons ducales de Lorraine, de Tos
cane, "de Savoie et de Mantoue,- de Parme
et Plaisance, et des .ducs de Çowflait4e.
L'Almanach de 1690 fait dériver la Mai
son d'Autriche d'une famille comtalç, qui
aurait eu sa demeure sur le mont Aventin
de Rome, t
Cette famille, • émigrée de Rome aprèç
l'année. 1062, vint se fixer en Suisse, où eÙe
acquit, à la suite d'un mariage, le comté
de Habsbourg.
Baronius cite l'année 1140 comme étant
Içt date où des documents certains quali
fiaient Léo ' Anicius Petleonis, comte du
Mont-Aventin, de Nobilissimus Romano-
rmn. Et cetùi-ld était le père d'Albert le
Riche et die Rodolphe, émigrés en Suisse
en 114$.
La Maison d&. France est donç de deux
siècle plus, ancienne que celle.de la Mai
son ^Autriche..
La. Maison dé Baoière, fort ancienne
aussi,'est la plus prolifique des Maisons
électorales. L'Almanach de 1690 cite le cas
du prince^ palatin PhUippe-OuiUaume qui
eut dix-sèpt enfants de son mariage avec
la landgrave Elisabeth*Amélie de Hessè-
Darmstadt, dont trois filles devaient cein
dre la couronne : l'une eut la couronne im
périale du Saint-Empire, en sa qualité de
femme de l'empereur Léopold l" ; la se-
conde,fut femme de dom Pedro, roi de Por
tugal; et la troisième fut reine d'Espagne,
femme du roi Charles II.
Un duc de Saxe-Gotha eut dix-huit en
fants de sa femme, une princesse de Saxe-
Altenbourg. Le margrave Albert-Achille .de
Brandebourg eut même dix-neuf enfants,
mais issus de deux lits, et l'électeur Jean-
Georges l n de Brandebourg fut père de.
vingt-trois enfants, mais de trois lits diffé
rents. ■
En 1722 parut un nouvel Âlmanach en
allemand. Il contenait la généalogie du
Pape, de l'empereur^ des rois, des princes
électeurs, des princes ecclésiastiques et
temporels du Saint-Empire ; la iiste des
cardinaux, des princes du sang de France,
de Carignan, Carrare, Castiglione, Conty,
de Courlande, de la Czarine de Moscou,
etc., en tout la généalogie de cent trente-
Six Maisons souveraines y compris celle
du Qxand-Turc.
, Cet Almanach parut pendant de longues
années à Nuremberg chez Christophe Wei-
gel alné, puis chez sa veuve. L'imprimeur
était un Glunrupenois, Laurent Belin, ori
ginaire du Senonais.
L'Almanach de Nuremberg' fut le vade-
mecùm de toutes les grandes et petites
chancelleries du Saint-Empire et de tous
Is ambassadeurs, orateurs et députés à la
Haute-Diète de Ralisbonne.
Ces vieux Almanachs ont une valeur his
torique, généalogique et héraldique, car ils
sont les témoins des temps, et de la vérité.
H.-G. F ROMM.
Donec dies est
Autour du drapeau
lies démocrates sont préoccupés & l'heure
açtuelle de ne pas trop laisser dire qu'ils
n'aiment pas l'armée. Sans doute, on s'at-
tend tous les jours à voir ouvrir l'armoire
aux -fiches. Sans doute, l'incurie du gou
vernement sévit violemment contre l'élé
ment militaire. Sans doute les officiers se
ront abandonnés longtemps encore après
que les instituteurs et bien d'autres auront
été pourvus. Sans doute on continuera à
voir de malheureux aviateurs condamnés
à se tuer sur de mauvais appareils, tandis
que les sommes volontairement souscrites
par les Français iront se perdre, suivant
l'usage, dans les gouffres sans fond des
avidités démocratiques. .
Mais enfin cela n'empêche pas que, par
là saison qu'il fait, le personnel gouverne
mental ne pose à l'amour de l'armée et ne
compte même prendre quelques mesures
pour favoriser le recrutement des cadres
et rehausser pratiquement ie prestige mi
litaire.
Dieu veuille qu'enfin quelque chose soit
fait t
Nous avons, en effet, les raisons les plus
précises pour nous intéresser au sort des
officiers:
La carrière militaire est sans doute, avec
la magistrature, une de celles où les tra
ditions s'implantent le plus profondément
dans les familles pour le plus grand bien
des hommes qui v naissent. La raison en
est qu'après le prêtre, c'est au soldat et au
magistrat qu'il revient de manier les plus
hauts intérêts des personnes humaines.
De nos jours, malheureusement, la ma
gistrature a été asservie, pervertie, et ré
duite à un servage de machine. 11 faudra
trop pour' son relèvement.
.j ..L'armée, Dieu merci 1 est malgré tout
vivante'enoore. Les traditions y subsistent,
■atteintes sans doute, mais avivées aussi
parfois paT les souffrances endurées et par
les fidélités obstinées. Chez elle on sait
encore le nom de l'honneur, le grand maî-
tyne qui transforme les âmes. Ces hommes,
ayant la charge d'autres hommes au point
de disposer peut-être un jour de leur vie,
tiennent à ce que les jugements qu'on por
te sur eux soient favorables, et ils tirent
de l'opinion humaine l'occasion d'une exal
tation légitime et quelquefois sublime.
Ce n'est , pas qu'à nous chrétiens un tel
sentiment humain suffise. Mais, comme il
se transforme aisément par la pensée que
Dieu nous a donné la charge de nos frères,
qu'il a maudit celui dont vient le scandale,
et, .commandé aux siens de donner l'exem
ple en toutes choses !
Nous savons donc combien il faut peu
pour que le soldat ne se contente pas d'être
un héros, mais devienne un saint.
Comte Catta..
L'accident du duc d'Orléans
Le secrétariat du duc d'Orléans a commu
niqué la note suivante ;
« Monseigneur le duc d'Orléans, en pati
nant au palais de glace, jeudi matin, est
tombé sur le coude gauche et s'est fait une
fracture de l'olécrâne..
« La réduction de la fracture a été pra
tiquée hier par le docteur Thiriar qui, de
même que le docteur Récamier, venu de
Paris hier matin, estime que cet accident
ne présente pas de gravité.
Le prince, dont l'état général est excel
lent, n/a pas changé ses occupations habi
tuelles.
« Il ne sera pas publié de bulletin de
santé, »
Le gâchis administratif
M. Simyan, en 1908, voulut créer le bu
reau de poste modèle. Il loua, boulevard
des Italiens, la Maison Dorée, et on paya;
pour l'aménagement de ce bureau, plus de
K00.000 francs. Depuis, on, acquitte une re
devance de loyer de 73.000 francs.
Or, jamais, dans ce bureau, on n'a" pu
construire les monte-charges, cat on n'a
pas prévu d'emplacement pour eux. Par
suite,on jette les sacs de lettres et d'échan
tillons & travers l'escalier. 11 en résulte
qu'en nettoyant derrière celui-ci on vient
de trouver des correspondances datant de
1910 et de 1911. , •
De plus, on va créer, dans tous les bu
reaux de PaTis, un service télégraphique
direct avec la Seine, la Seine-et-Oise et la
Seine -et-Marne. Un seul bureau en sera
dépourvu : le bureau modèle.
On n'a pas de place pour l'installation.
Et nous payons toujours le loyer J
Ceux qui gardent nos trésors
On jugeait, hier, à la huitième Chambre,
un individu inculpé du délit de poirt d'arme
prohibée. .
Au cours de l'interrogatoire, le président,
M. Petit, a donné lecture d'un rapport de
police concernant le prévenu et où es
trouve ce passage :
« Il passe pour être un alcoolique invé
téré, violent et querelleur. Toujours armé
d'un revolver, il passe pour être dange
reux lorsqu'il est pris de boisson. »
L'inculpé en question, qui a été con
damné à cent francs d'amende, est Gardien
du Mûsée de Versailles !
On ne pouvait, évidemment, choisir
mieux.
Un concours
d'« ancêtres » forestiers
La Société provençale « Le Chêne » a or
ganisé dans la région un concours de beaux
arbres séculaires qui doivent être classés et
conservés.
M. Mistral y a pris part en signalant un
bouquet de 10 ormes qui abritent son mas
de Valette ; ils sont âgés d'environ 300 ans
et quelques-uns portant encore les lettres
R. F. dont on les marqua en 1793, en les
réservant pour les constructions navales de
Toulon.
Von Porstner jugé
par ses compatriotes
Les Lûstige Blaiter, le célèbre journal
humoristique allemand qui paraît à Mu<
nich, .publie une série de dessins inspirés
par les événements de Saverne.
L'un d'eux représente le jeune officie*
dans un cadre de lauriers. Au-dessous,
trois soldiajts mettent le lecteur én joue.
Comme légende « Attention, lecteur, ne
riez pas I Les fusils sont chargés. »
Voici un autre dessin qui représente la
fameux capitaine de Kœpeneck saluant le
lieutenant von. Forstner: « Permettez-moi
de vous serrer la main. Depuis 1871, nous
sommes les deux militaires les plus célè
bres. »
Cercamon.,
SOCIÉTÉS « SECRETES »
CATHOLIQUES
PAR YVES DE LA BRIERE
L'un des plus intéressants résultats de
l'érudition historique, depuis une quinzai
ne d'années, aura été de nous faire connaî
tre le rôle, tant religieux que politique, de
la Compagnie du Saint-Sacrement au dix-
septième siècle. Presque totalement incon
nue jusqu'à notre temps, cette mystérieuse
association, toute dévouée aux œuvres de
piété, de charité, d'apostolat, de conquête,
exerça, en réalité, une action considérable
sur le mouvement de Contre-Réformation
catholique pendant le règne de Louis XIII
et la minorité de Louis XIV. Selon l'heu
reuse formule d'un historien étranger &
nos croyances, M. Mariéjol, l'un des colla
borateurs de M. Lavisse : « Elle a prodi
gieusement entrepris ; et c'est même à la
grandeur de ses ambitions et de son action
qu'on peut le mieux mesurer la force du
mouvement catholique » à cette époque de
notre histoire.
Ce qui caractérise la Compagnie du
Saint-Sacrement, c'est l'étendue de ses am
bitions apostoliques et le mystère dont e4ie
enveloppait chacune de ses interventions et
jusqu'à son existence môme...
Etendue de ses ambitions apostoliques,
car la Compagnie du Saint-Sacrement
remédia aux désastres, d'ordre matériel
et moral, causés .par la guerre de Trente
ans et la Fronde ; elle ©ombattit effi
cacement la mendicité parisienne en dé
terminant la création de l'Hôpital gé
néral ; elle améliora le régime des pri
sons et des galères ; elle organisa l'as
sistance judiciaire en faveur des pauvres et
préluda même à nos modernes secrétariats
du peuple ; elle combattit les scandales de
la mode, les désordres du clergé,'le relâ
chement des monastères ; elle combattit
surtout le protestantisme, fit. prévaloir une
jurisprudence restrictive de l'Edit de Nan
tes et favorisa le mouvement d'opinion qui
devait aboutir, plus tard, à la Révocation.
Or, toutes ces interventions ordonnées,
préparées, organisées avec méthode par
la Compagnie du Saint-Sacrement furent
exécutées au dehors sans que, jamais, le
nom de la Compagnie fût prononcé. Bien
plus, les contemporains non initiés igno
rèrent, presque tous, l'existence même de
l'association. Une sévère discipline du se
cret tut imposée à tousses adhérents et fut
si bien observée que la Compagnie demeu
ra peu et mal connue, sinon inconnue, de
l'autorité séculière ét jusque de l'autorité
religieuse. Alors même que le mystère eût
été dévoilé, à partir de 1&60, et que les mon
dains se fussent acharnés contre la cabale "
des dévots, qui duit se dissoudre pour ob
tempérer âux sentences du " Parlement, le
grand public continua d'ignorer quelle
àv&it été, au juste, l'organisation secrète
de la Compagnie du Saint-Sacrement et
combien efficaces avaient été ses interven
tions dans les affaires ecclésiastiques et
charitables ou dans la politique religieuse.
Le mystère ne fut percé que plus de deux
siècles après la disparition de la. Compa
gnie du Saint-Sacrement.
Le document révélateur fut le manuscrit-
n° 14.489 du Fonds français de la Biblio
thèque Nationale, volume de 161 folios, de
format petit in-quarto et intitulé : Annales
de là Compagnie du Saint-Sacrement. L'au
teur est le comte René II de Voyer d'Argen-
son qui, en 1694 et 1695, résume ou trans
crit les procès^verbaux dont il est le dépo
sitaire, pour exposer au cardinal de Noail-
les, archevêque de Paris, tout le bien qui'
fut accompli naguère par la société secrète
catholique et pour exhorter l'archevêque à
reconstituer la.Çompagnie du Saint-Sacre
ment, comme une. grande, et précieuse res?
source en vue de l'action catholique.
Ce document signalé dès le temps de Na-
poléon III par le R. P. Le Lasseur, S. J.,
fut, en 1888 et 1889, utilisé par le R. P.
Charles Clair, S. J., qui, dans la revue les
Etudes, publia les renseignements donnés
par, le comte d'Argenson sur « l'histoire de
la^haritô au dix-septième siècle ». Onze" an
nées plus tard, en 1899, M. Félix Rabbe,
dans la Revue historique, exploita les An
nales du comte d'Argenson comme un do
cument écrasant contre ' le catholicisme
français du dix-septième, à cause des me
sures de rigueur provoquées à l'égard des
protestants et des libertins par^une société
secrète catholique. Cet article tapageur dé
termina une polémique entre M. Ràbbe et
un rédacteur des Etudes, le R. P. Chérot,
S. J. Elle provoqua, en outre, diverses re
cherches et trouvailles érudites au sujet de
la Compagnie du Saint-Sacrement. C'est â-
la. fin de 1900 qu'une édition critique des :
Annales du comte d'Argenson fut livrée au
public par un savant Bénédictin, le R. P.
Dom Beauchet-Filleau.
' Le principal ouvrage consacré à la Com
pagnie du Saint-Sacrement parut en 1902,
sous ce titre : Ld Cabale des dévots, par
M. Raoul Allier. Volume instructif, docu
menté, riche d'informations neuves, mais *
gâté à chaque page par des allégations
hostiles,' des ironies, amères contre le. ca
tholicisme. Le livre de l'érudit écrivain
protestant exhale une aigre saveur de lit
térature anticléricale. Depuis lors, presque
tous les auteurs qui ont abordé l'histoire
politique et religieuse du second tiers do
notre xvir> siècle* Mme 1 Arvède Rarine
comme M. Mariéjol et comme M. l'abbfi
Fernand Mourret, ee sont étendus avec
quelque détail sur lé rôle de la Compagnie
du. SainkSacrement. ' Les résultats obtenus
par le travail des historiens et des érutlita
à. la date de f 1905 furent consignés dans une
brochure dé la collection Science et Reli
gion, intitulée : Ce que fut la « Cabale des
dévots ».
'La découverte et la publication des pa
piers de la Compagnie du Saint-Sacrement
a Marseille et de la correspondance du
groupe marseillais avec le groupe parisien
apporta une vérification et un précieux
complément au témoignage des Annales du
comte d'Argenson. D'autre part, M. l'abbé
Aulagne étudia, d'après les documents lo
caux, la Compagnie du Saint-Sacrement à
Limoges, et, plus récemment, M. Maurice
Souriau, d'après les sources normandes,
écrivit l'histoire de la Compagnie à Gaen.
Parmi les travaux publiés dans les Re
vues, on doit citer particulièrement ceux!
de M. Alfred Rébelliau: trois articles de la
Revue des Deux-Mondes en 1903, deux au
tres articles de la même Revue en 1909. De
l'année 1909, également, datent trois arti
cles publiés dans les Etudes .par le R. P.
Joseph Brucker, le doyen de la rédaction
de cette Revue. 'M. Rébelliau et le P. Bruc
ker, en 1909, étaient d'accord pour recon
naître que l'enquête historique et docu
mentaire des dernières années modifiait
quelque peu les conclusions qui, jusqu'en
1905, avaient été considérées comme irré
cusables par tous les travailleurs. L'auto
rité du groupe parisien de la Compagnie
du Saint-Sacrement sur ses filiales de pro
vince était, en réalité, moins despotique
qu'on ne l'avait précédemment cru. Le
secret de la Compagnie était moins rigou
reux et moins implacable que ne l'avaient,
d'aibord, compris les historiens de la « ca
bale des dévots ». On avait pareillement
exagéré l'indépendance de la Compagnie
du Saint-Sacrement par rapport aux évê-
ques, de même que l'étendue indiscrète de
ses interventions, et de même encore que
le caractère agressif de la propagande
exercée contre le culte protestant. Néan
moins, la physionomie générale de la Com
pagnie du Saint-Sacrement et de 6on œu
vre demeurait bien telle qu'elle était com
munément apparue aux historiens d'après
les Annales du comte d'Argenson. Les do
cuments découverts depuis lors avaient
permis de supprimer certains grossisse
ments, de rectifier ou de mieux juger cer
tains détails. Mais Tien n'était changé à'
la substance des faits. Les correctifs légi
times étaient affaire de degré, de mesure
et de nuances dans la description histori
que. Telle fut l'impression que manifesta,
en 1910, M. l'abbé Prunel, en traitant cette
question & l'Institut catholique de Paris.
Telle fut aussi l'impression que M. Geof-.
froy de Grandmaison exprima, en 1911,
dans un remarquable et judicieux article
du Correspondant. ,
Depuis quelques mois, plusieurs publica
tions documentaires viennent d'enrichir
le dossier de la Compagnie du Saint-Sacre
ment et de certaines autres sociétés « se
crètes » catholiques de la même époque.,
M. l'abbé Alphonse Auguste a fait parai*
tre, d'abord, un recueil de « notes et docu
ments » sur La Compagnie du Saint-Sacre
ment à Toulouse. (Paris, Picard, 1913. In-8 /
carré. Prix : 3 fir. 50.) Ce recueil prend
giace dans la série des études consacrées
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