Titre : L'Univers
Éditeur : L'Univers (Paris)
Date d'édition : 1870-02-20
Contributeur : Veuillot, Louis (1813-1883). Rédacteur
Contributeur : Veuillot, Pierre (1859-1907). Rédacteur
Contributeur : Veuillot, François (1870-1952). Rédacteur
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 20 février 1870 20 février 1870
Description : 1870/02/20 (Numéro 1021). 1870/02/20 (Numéro 1021).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse Collection numérique : Bibliographie de la presse
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Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 06/02/2011
siennes un M. Stupp, avocat faisant
aussi dans la théologie , par lequel feu
M. Braun écrivait- ce qu'il ne voulai
pas signer lui-même, un M. Stupp,
mangeur d'ullramontains et pourfen
deur du système papal, philosophe
sans la moindre notion de philosophie
et théologien sans idée de théologie,
qui ne cessait de* proclamer dans ses
pamphlets : « Il est clair que les en
nemis de l'hermésianisme sont les en
nemis de la science ; il faut compren
dre avant" de croire, etc.» Voilà
l'homme autour duquel se sont grou
pés une- bonne centaine de virils plus
ou moins en mesure de pouvoir juger
sur des matières théologiques. Une
demi-douzaine d'ecclésiastiques font
triste figure parmi les gouvernement-
taux et municipaux, les notaires, mé
decins, etc., qui se déclarent satisfaits
non-seulement du dernier article de
la Gazette d'Augsbourg, mais aussi des
considérations renfermant l'élixir de
Janus. Il est intéressant de voir les
balafrés d'hier devenir de toutes parts
les janistes du lendemain; à Breslau :
Relnkens, Elvenich, Baltzer; à Bonn :
Achterfeld, Knoodt et Rilgers, et à Co
logne : l'indispensable M. Stupp.
On annonce que des efforts se font
dans d'autres villes pour trouver des
virils, par exemple à -Munster ; -par-ci
par-là on essaye même de fanatiser
jusqu'au peuple contre la doctrine nou
velle que le Concile , dit-on, prépare. Si
. cela nous rappelle le terrible : Il faut
qu'il y ait des scandales , ce n'en est pas
moins une voix qui avertira les lwe-
ques réunis "de la nécessité d'une défi
nition sur la doctrine dël'infaillibilite.
Car c'-est l'infaillibilité de l'Eglise elle-
même qu'on attaque aujourd'hui avec
une rage de sectaire : tempus fanuah
dissipaverunt legèm tuam.
L'abbé N .-J. Cornet.
_i : : :
Le 9 février, le docteur Dœllinger
déclaré, à l'Université de Munich la
qu'il ne remplirait pas l'attente qu'on
" avait formulée de divers côtés, savoir
qu'il parlerait du haut de sa chaire
académique des faits récents qui se
rattachent à son nom. «Au lieu de
<ïela. continua-t-il, je."raconterai, l'a
necdote suivante : Un théologien espa
gnol très connu fut un jour éloi
gne de sa chaire par l'Inquisition. Un
an après, il reparut de" nouveau de
vant un auditoire nombreux et il com
mença sa leçon par les mots-: Heri
diximns\ Ainsi, messieurs, Heri dixi-
mus. » Et l'auditoire du docteur d'ap
plaudir. Le professeur a voulu par là,
dit-on, mettre à néant les bruits qui
couraient et d'après lesquels l'Arche
vêque de Munich aurait reçu l'ordre de
Home de défendre à ses jeûnes théolo
giens de fréquenter les cours du doc
teur Dœllinger. Dans tous les cas, l'al
lusion n'est pas claire.
Une nouvelle adresse signée par
treize professeurs de l'académie de
Munster, en AVestphalie, est flllée re
joindre à Munich celles de Cologne,
Bonn et Breslau. Bans ces adresses, il y
a entre les hermésiens et gunthériens
et les élèves du prévôt de Munich, un
certain nombre de francs-maçons qui
figurent comme signataires. Il s'y trou
ve en outre des catholiques qui avaient
quelques jours auparavant refusé de
signer les adresses contre les écoles
mixtes! On peut voir quel pot-pourri
cela fait, et en quelle compagnie se
sont mis MM.-Dierenger, Vosen, etc.,
qu'on ne savait pas si avancés que ce
la; leur < passé du moins'ne le faisait
guère supposer. S'adressant spéciale
ment 'aux signataires de Breslau, la
Gazette'ecclésiastique de la Silésie s'ex
prime ainsi : « En qualifiant d'irréfu
tables les motifs de Dœllinger, les si
gnataires lui attribuent la même infail-
Siliiiité qu'ils dénient au Pape. Si tant
est qu'il faille une déclaration d'infail
libilité avant que le Concile, c'est-à-
dire le Saint-Esprit, ait pai'lé,nous dé
clarons franchement préférer celle du
Pape à celle d'un professeur d'univer-
site, quelque savant qu'il soit et quel
que nombreux que soient ceux qui le
tiennent pour infaillible. »
Bien ne doit surprendre dans ce fait
que l 'opposition contre l'infaillibilité ait,
précisément son foyer en Allemagne.
C'est la suite de la défensive dans la
quelle doivent se mettre sans cesse les
apologistes catholicités pour ne pas
froisser ni provoquer les errants, et
qui a amenô un effacement, partiel du;
sens catholique. De là aussi tant de
systèmes condamnés çar l'Eglise, par
exemple ceux d'Hermès, de Gunther,
de Frohschammer, etc., dont l'Allema
gne est devenue le théâtre. - ,
Une autre raison pour laquelle cer
tains universitaires allemands se don-
meiit tant de peine contre le Concile,
c'est qu'ils craignent que l'enseigne
ment de la théologie qui se donne ac
tuellement à l'Université ne soit trans
formé, par le Concile du Vatican, dans
le sens prescrit par le Concile de Tren
te et donné exclusivement dans les
séminaires. Cela r*ndrait évidemment
certains messieurs moins indispensa
bles, mais aussi plus humbles ; l'Etat
ne-dominerait plus sur ladoctrine, et
Finfluence devenue plus directe des
Evêques pourrait plus solidement im
planter, outre la science, la piété si
nécessaire aux jeunes lévites. La piété
servirait de contre-poison a.u gonfle
ment qu'occasionne certaine science
égoïste que l'Apôtre a en vue lorsqu'il
dit : Scientia infht. Mais ce n'est pas ce
que demandent, en général, nos ca
tholiques libéraux. Ils veulent, eux,
énutriciper la science, non par la piété*
mais pai' i'esnrit moderne. C'est pour
quoi l'orgueil enlève jusqu'à l'acte de
foi aux décrets du Concile, que l'on
met au -dessous des investigations et
des recherches scientifiques d'un J)£pl-
iinger. Resimi^ns les manifestation©
de la dernière quinzaine.
1 L'adresse de Breslau portait 11 si-
giîatures, dont 5 ou 6 ecclésiastiques
(3 iîhénans, 1 Westphalien, 1 Polo
nais. î^ilésien). •
Celle >le Munster : 13 signatures,
dont 3 prêtre®. L'adresse elle-même
est très générale et très pâle.
Celles de Bonn : 2fi signatures, 5
ecclésiastiques.
Cologne : environ 130 signatures,
dont G ou 7 ecclésiastiques.
Prague : 13 signatures, dont o prê
tres.
Braunsberg 2o signatures, -dont,
quelques ecclésiastiques.
Parmi ces signataires, il y a des
francs-maçons, des hermésiens, des
gunthériens, des élèves de Dœllinger,
des hommes dépendant du gouverne
ment, pour la plupart.
De même que vous voyez, en Fran
ce, le gallicanisme, le reste du jansé
nisme, l'école de Lamennais s'adjoin
dre, sous le nom de catholiques libé
raux, aux inopportunistes, de.même nous
voyons, en Allemagne, se cristalliser
sur Janus : Thermésianisme, le giin-
thérianisme, le lebronianisme, joints
au césarisme. Quelques noms seule
ment ont surpris. On ne croyait pas
ceux qui les portent aussi avancés !
L'abbé N.-J. Cornet.
^
On nous écrit d'Allemagne :
L'éminent rédacteur des Feuilles his
toriques et politiques de Munich, M.
Joerg-, en réponse à un progressiste
qui lui conseillait publiquement de
suivre Dœllinger, a fait en pleine
Chambre bavaroise la déclaration sui
vante :
li est un immense malheur pour cet hom
me (Dœllinger) et une douleur personnelle
pour moi qu on l'invoque d'une telle façon
clans ces cleoaLs. Dœllinger faisait pour moi
autorité: il ne le l'ait plus depuis qu'il est
tombe clans une manie excentrique et mala
dive. qui lui ravit tellement le repos de l'es
prit qu'il n'est plus môme en état de formu
ler, comme doit le l'aire un théologien, une
seule proposition dans des questions dogma
tiques. Depuis que, dans sa passion e'fl'rénée,
Dœllinger a pris un chemin qui ne me paraît
pas convenir à un ministre de Dieu, la doxi-
leur ne me permet plus de lire ce;qui vient
de lui. Néanmoins j'ai encore lu de lui qu'il
a déclaré au magistrat de Munich que, dans
l'infaillibilité,du Pape, il s'agit d'une ques
tion intérieure de l'Eglise, et je.pense, mes
sieurs,- que vous aussi devriez .la juger telle.
Ces paroles-ont été couvertes par des
bravos redoublés.
S. DlîSQUIiUS.
—— — ——. - ■
KoiiTcilrM politiques
Le monde politique s'occupe beaucoup des
interpellations sur la politique intérieure,
dont la discussion' commencera lundi. Le
centre gauche a dù tenir -réunion hier soir
pour arrêter les termes 'de l'ordre du jour
motivé Gif il se propose de présenter h la
Chambre. On croi t, que cet ordre du jour sera
conçu à peu près comiyesuitv -
« Les députés soussignés, comptant que le
ministère s'appliquera à la réalisation promp-
leet intégrale du programme politique auquel
ils ont adhéré, demandent que la Chambre
passe à l'ordre du jour sur les interpellations
de M. Jules Favre. »
D'après le Soir, la commission de l'enquête
économique a décidé qu'elle tiendrait ses
séances dans la grande salle où se réunissait
la commission d'enquête sur la manifestation
du li> niai 1848. Cette salle est très vaste, et
. peut Tari lemént con teriir cent personnes.
Un crédit extraordinaire-sera'accordé sur
le budget pour 'subvenir auxffràis de l'en-;
quête. .. . •- i - •;
Quant à la commission d'enquête sur la'
• marine marchande,quvréclame aussi un vaste'
local, on organise à son-intention la salle de
réunion du sixième bureau.
Les ministères de la marine et du com
merce sont en train de rédiger un question
naire qui doit être adressé à tous les intéres
sés dans la question commerciale. Les circu
laires seront envoyées aux Chambres de
commerce, et 'iVtous les syndicats maritimes,
pour les engager à adresser Lous lés rensei
gnements désirables à la commission d'en-
■jquête. _
On sait que la publicité la plus grande doit'
"être" donnée aux "séances"de la commission
d'enquête économique.
M. .Iules Simon iréLé chargé de rédiger le.
rapport sur la décision prise par la commis
sion.
Chaque jour il sera fait un compte rendu
sommaire, indépendamment du compte rendu
sténographique, qui sera publié toutes les
semaines. Les personnes intéressées dans
une industrie soumise à l'enquête seront ad
mises aux séances. La presse et les personnes
qui en feront la demande à M. Paulmier, re
cevront des cartes d'admission.
• De plus, plusieurs membres du Sénat, du
Corps législatif et du conseil d'Etat,--seront
admis de droit à prendre part aux discus-,
sions. ■
On a distribué aux députés un volumineux
rapport sur le livre 1 er du projet de code ru
ral. Cette première partie traite du régime
du sol et contient neuf titres.
Ce projet de loi est resté en cours d'élabo
ration, au conseil d'Etat, depuis 1838; 11 sera'
mis ;i l'ordre du jour immédiatement après;
les interpellations de lundi et le vote de la,
loi sur la presse.
3VÎ. Cochin'écrit à M. Prévost-Paradol :
Mon cher ami,
Vous avez bien voulu consacrer un article, in
séré dans lo Journal des Débats du la février, à
l'examen des idées de M. Léon Say et des mien
nes sur-l'organisation. municipale de Paris. Par
une erreur involontaire, vous m'attribuez une
opinion qui ne m'appartient pas.
Je n'ai pas proposé le fractionnement de la
ville en. vingt municipalités, élues par le suf
frage universel. Dans la dernière séance de la
commission dont j'ai l'honneur de faire partie,
je me suis précisément efforcé do combattre cette
pensée. Il est sans doute utile d'étendre .les at
tributions desmairies; mais, dans mon opinion,
il est impossible de créer vingt, conseils, muni
cipaux, narce qu'il est pratiquement impossible
de svbdiviser en vingt budgets le budget de
Paris, consacré presque en totalité à de grands
services généraux qui ne comportent pas ce frac
tionnement.
Plusieurs journaux, placés à des points de
vue divers, mais aussi pou équitables les uns que
les autres envers les bons citoyens qui ont ac
cepté la tilche ingrate d'aider le gouvernement
nouveau dans l'élude d'une question dont vous
sign/ilsz gi bien les difficultés, m'ont déjà prêté
l'opinion que vous m'attribuez, en mêlant à
leurs suppositions des Injures qui me dispensent
de discuter avec eux.
Mais j'attache, et le public attache la plus sé
rieuse importance à tout ce que vous écrivez. Je
ne puis donc pas laisser passer la même erreur,
involontaire sous vôtre plume, sans la rectifier
publiquement.
Recevez, mon cher ami, l'assurance de mes
sentiments bien dévoués,
- - Augustin^C ociiin. .
Si M. Prévost-Paradol n'est point satisfait,
il est bien délicat.
La commission du projet de loi sur la
presse, après avoir entendu M. Du Mirai, a
rejeté l'amendement qu'il a présenté relati
vement au jugement clés délits de presse par
un jury-spécial.
Voici la statistique des projets de loi ac
tuellement envoyés au Conseil d'Etat ou dé
posés sur le bureau du Corps législatif :
L'abrogation de la loi de sûreté géné
rale;
La nomination des maires ;
L'organisation départementale ;
L'abolition de cumul ;
La presse;
Le budget ;
L'apurement des comptes de la ville de
Paris. ,
Les ministres viennent, en outre, d'ar
rêter un sénatus-consulte qui accorde trois
députés à l'Algérie avec une large part à l'é
lément civil:
La loi sur le- contingent, avec une im
portante diminution de l'effectif, est égale
ment arrêtée.
M. le comte Daru a élaboré un traité pos
tal avec l'Angleterre.
Enfin, des lois sur les annonces judi
ciaires, l'enseignement supérieur, la .gra
tuité dé l'enseignemenlret l'article 75 sont à
l'état de préparation.
On assure que M. le garde des sceaux a
mis à l'étude un projet de loi relatif à la li
berté d'association. :
Le secrétaire de la rédaction,
. Ernest Schnaiter.
; -i*» :
Le Journal de Paris a publié, il y a
quelque jours, des renseignements qui
nous ont, para suspects sur l'drganisa-
tion de la commission qui devra pré
parer une loi- sur la liberté de rensei
gnement supérieur. Plusieurs jour
naux donnant cette note, nous la re
produisons telle qu'ils la donnent :
Le Journal de Paris nomme les personnes
suivantes comme ayant accepté de l'aire par
tie de la commission pour la liberté d'ensei
gnement supérieur, commission qui, ainsi
,que nous l'avons clit, sera présidée par M.'
Guizot.
Ces personnes sont : Mgr l'Archevêque
de Paris; Mgr l'Evôquc d'Orléans;.M. l'abbé
Perraud, de l'Oratoire, professeur à la Fa
culté de théologie de Paris; M. de Rémusat,
M. Saint-Marc Girardin, le duc Albert de
Broglie, membres de l'Académie française;
M. Laboulaye, membre' de l'Académie des
sciences morales.et -de cellades inscriptions;
M.'"Bertrand;'M. Dumas, sénateur, membres
de l'Académie des sciences; M. Guillaume,
directeur de l'école des Beaux-Arts, membre
de l'Académie des Beaux-Arts; M.Charles
Giraud et M. Yallette, professeurs à la Fa
culté de droit de Paris; M....Audral,-de la;
Faculté de médecine, gendre de M. Royor-
Collard.
On désigne aussi, pour y entrer, MM. des
Falloux, Renan et le Play, et l'on devra re-,
cru ter encore quelques membres daus le
Corps législatif et le conseil d'Etat. 1
MM. Jules Simon et Barthélémy Sainl-
llilaire ont refusé.
Parmi ces personnages et ces per
sonnes, il en est auxquels on ne peut
demander une loi de liberté, et d'au
tres qu'on ne peut songer à faire siéger
dans la même commission.
S. Desqueks.
: r r— = ;
On écrit-de Vienne, 16 février, à la
Correspondance du Nord-Est : '■
Une communication officieuse, adressée à
plusieurs journaux de Vienne, coniirme au
jourd'hui ce que je vous ai dit sur une dé
marche diplomatique faite à Rome pour re
présenter au Saint-Siège les graves consé
quences que pourrait entraîner une tentative,
pour faire revivre le Syllabus. Cette commu
nication ne parle que d'une protestation clu
cabinet de Vienne ; mais il n'est pas moins
vrai que notre cabinet a agi de concert avec
les autres puissances catholiques , surtout'
avec la France. 11 s'agit d'une action combi
née; : de sorte - que la réserve qu'on s'était
imposée à l'égard du Concile, a été aban
donnée en présence du danger de voir con
firmés-par cette assemblée les vingt et un
canons destinés à résumer en l'orme positive
les propositions négatives du Syllabus. Quant
£i la dépêche clu comte de Beust à l'ambassa
deur austro-hongrois A Bome, ce dernier a
déjà dù la-porter à la connaissance du Car-
- dinal Antonelli. Elle fait ressortir les consé
quences graves d'une sanction éventuelle
donnée à ces canons, sanction qui aurait pour
résultat une altération complète des relations
entre .l'Eglise catholique et l'Etat, surtout en
Autriche. -
- —,
On écrit de.Belgrade, le 29 janvier,
à la Correspondance du Nord-Est :
L'événement du jour est la mort du pa
triarche serbe de Carlowitz, Mgr Machiro-
witch, le grand adversaire du parti de la
jeuneSerbie, dont lechefest M. Miletitch. Les
journaux serbes ne font encore que très peu
de commentaires sur cette ruort", et se bornent
pour la plupart â l'annoncer, soit que le sujet
leur ait paru trop délicat, soit qu'ils veuillent
d'abord attendre que la vive impression pro
duite par cet événement dans le public se
soit un peu calmée. Quelques personnès, à
Belgrade, ont voulu faire croire à un empoi
sonnement, mais il est bien et dûment cons
taté que le vénérable patriarche, arrivé à
l'extrême vieillesse, est mort d'une attaque
d'apoplexie.
Reste à savoir maintenant s'il sera rem-;
placé, quand et par qui. Beaucoup de Serbes'
expriment la crainte que le gouvernement
austro-hongrois ne trouve dans les circons
tances actuelles un motif d'ajourner la nomi
nation de son successeur.
Le parti Miletitch,- qui combattait le pa
triarche'défunt, ne désire nullement que le
siège patriarcal de Carlowitz reste vacant ;
seulement il voudrait le voir occuper par
quelqu'un des siens, et il ne négligera rien
pour y parvenir ; mais c'est justement ce qui
fait craindre'que le gouvernement ne diffère
le plus longtemps possible de pourvoir à cette
vacance. ''
Voici comment a lieu la nomination du pa
triarche de Carlowitz : Dans une assemblée
composée de délégués du peuple, du clergé
et de l'armée, trois candidats sont élus et
présentés à l'empereur, ou plutôt au roi de
Hongrie, qui désigne celui des trois qui lui
parait le plus cligne d'occuper le siège pa
triarcal. Mais, comme on sait toujours d'a
vance quelles sont les personnes que l'opi
nion publique désigne comme devant être
élues par l'assemblée des délégués, le gou-
nement-, s'il ne voit pas dans l'un au moins
des trois candidats désignés, un nom à sa
convenance, fait surgir un.obstacle quelcon
que, pour ajourner l'élection jusqu'à ce qu'il
soit parvenu à modifier l'opinion publique et
à la faire tourner en faveur d'un choix qui lui
soit agréable. Ce simple aperçu doit suffire
pour vous faire comprendre la guerre d'in
trigues qui va se livrer dans la Voïvodine
serbe, à propos de la nomination du nouveau
patriarche.
TéSégriafiMe (irivée
Londres, 17 février, soir.
M. Forster, présentant le bjll d'éducation pour
l'Angleterre et le pays de Galles, dit que lo svs-
tèmeactuel no répond pas au besoin du plus
grand nombre, môme dans les grands centres.
La moitié des enfants ne participent pas aux
bienfaits de l'éducation. Le gouvernement obli
gera les parents à envoyer leurs enfants à l'école.
Il établira des écoles dans tous les districts où cela
sera nécessaire. Les dépenses seront supportées
par le. gouvernement. Les écoles seront soumises
à des inspections et ouvertes aux enfants de
toutes les religions.'Des prêts seront faits pour
la construction des maisons'd'école. Les institu
teurs seront nommés, dans les grandes villes,
par les conseils municipaux et, dans les campa
gnes, par les comités des paroisses. Si les pa
rents sont trop pauvres, l'instruction sera gra
tuite. L'éducation sera obligatoire pour les en
fants de quinze à douze ans, si les parents ne
font pas valoir d'excuse* valable.
La Chambre a l'ait à ce bill un accueil favo
rable.
La seconde lecture aura lieu le 14- mars.
Washington, 17 février.
Hier, à la Chambre des représentants, le gé
néral Banks, président du comité des affaires
étrangères, a proposé une. résolution autorisant
le président à déclarer que l'intention des Etats-
Unis est de conserver une neutralité stricto et
impartiale pendant le conflit entre l'Espagne et
Cuba, et d'annuler pendant cette période toutes
les autres lois qui pourraient ne pas s'accorder
avec ce but.
La Chambre n'a pas encore émis un vote sur
cette proposition.
Madrid, 17 février.
Hier, aux Cortès, M. Rivero, répondant à M.
Figueras, a déclaré que le gouvernement n'avait
connaissance d'aucun projet de Sainte -Alliance
contre l'Espagne, mais il a insisté en même
temps sur la nécessité do la prompte organisa
tion d'un gouvernement définitif pour éviter'ce
danger.
Saint-Pétersbourg, 18 février.
Le Journal de Saint-Fétersbourg déclare com
plètement dénuée de fondement la nouvelle
propagée par plusieurs journaux étrangers, de
l'arrestation du prince Obolenski,. directeur gé
néral des douanes.à Varsovie.
• . Florence, 18 février.
L'Opiniono annonce que M . Sella a conclu une
convention avec " la Banque nationale. Le prêt
fait par cet établissement, qui est actuellement
de 378 millions, serait porté à S00 millions.
Washington, 18 février.
Lo sénat a adopté le bill, déjà voté par la
chambre des représentants, qui admet lo Missis-
sipi au-congrès sous les mêmes -conditions que
la Virginie. "
Lisbonne, 18 février.
Les comités carlistes et miguellistes travail
lent à étendre leurs ramifications vers les fron
tières espagnoles..On connaît' les localités où ils
comptent agm On signale l'arrivée d'émissaires
venant d'Espagne et d'autres pays avec des res
sources considérables.
Madrid, 18 février.
On dément catégoriquement la nouvelle, pu
bliée par un journal de Paris, relativement-à un
mouvement, militaire aux îles Philippines. .
(Agence Havas.)
On lit dans la Semaine du Fidèle, im
primée au Mans :
Un de nos amis, un de nos chers zouaves
mariceaux, raconte ainsi à sa bonne mère une
rencontre des plus heureuses de sa vie, dont
le souvenir embaume toute une existence :
(f Aujourd'hui même (29 janvier), écrit-il, je
me suis rendu au Vatican pour voir cle nou
veau les loges de Raphaël. 11 y avait peut-
être un qiiartrd'hèure que j'y étais, lorsque
j'entendis une porte s'ouvrir, je mé retour
nais subitement, et j'aperçus tout d'abord le
Cardinal Antonelli, puis quelques camériers,
le Cardinal Bonaparte, enfin après eux venait,
dans la plus grande simplicité, Sa Sainteté
Pie IX. Quitter mon manteau et mon képi,
me précipiter à genoux fut fait en moins de
temps que vous n'en mettez à me lire.
Le Pape arriva près de moi, je mé jetai sur
son pied pour le baiser, et me relevant je lui
pris la main pour baiser son anneau, les yeux
pleins de larmes. Sa'Sâinteté s'arrêta devant
moi, qui restai stupéfait, puis elle fit signe à
son escorte de s'arrêter aussi. Pour moi,
toujours à genoux, je sentais mon cœur bat
tre à me briser la poitrine. Sa Sainteté, dai
gnant m'interpeller, me regarda en face, et
me-reconnaissant Elle me dit : « Mais je ne
me trompe pas, tu es bien celui qui était ma
lade l'été dernier, et tu as contracté lin nouvel
engagement avant.de partir? »
« — Oui, très Saint-Père, et, depuis trois
mois je sers de nouveau Yotre Sainteté.
— « Debout, mon fils. »
Puis le Saint-Père,.me tendant la main,dit
à l'un des cardinaux : « La Franee! oh ! la
France, bénie soit-elle clans ses enfants ! bé
nie soit la famille de ce cœur dévoué à la
sainte Eglise. Dans ses veines coule le sang
des martyrs de la Révolution. Sa famille a
fait beaucoup durant les désordres de 1793...
C'est le plus jeune des membres'de sa famil
le qui continue l'œuvre de ses pères.,. »'
Alorsinon pauvre cœur éclata en san gfots !..
larmes de joie, de saint orgueil et d'amour
pour celui que ce cœur bénit chaque jour.
Puis Sa Sainteté me donna sa bénédiction.
« — Très Saint-Père, lui dis-je encore, je
suis en effet l'avant-dernie.r cle ma famille....
j'ai une petite nièce qui malheureusement ne
peut armer son bras pour votre défense ;
mais ses prières et celles de toute ma famille
montent bien vives pour Votre Sainteté vers
le trône do celui dont vous êtes le Vicaire.
(( -r- Oh! figlio mio, grazie tante volte (mon
fils, merci 1 tant de fois), ajouta le Pape, et
puis en bon français : « Ecris à ta famille, à
« tous mes enfants, que je les bénis, eux,
« tous leurs alliés et amis ! »
Jamais, non jamais mon cœur ne fut .plus
rempli de joie, ma bonne mère. Sa Sainteté
était déjà loin que j'étais encore à genoux
pleurant'de toute mon âme... Enfin je ren
trai à la caserne, je me jetai sur mon lit, lit
téralement abattu par l'émotion que je venais
d'éprouver. Je m'enveloppai dans mon man
teau afin de pouvoir tout à mon aise donner
libre cours à de douces larmes, et vider ainsi
le trop-plein de la joie qui inondait mon pau
vre cœur...
Il me fallut ensuite aller à Sainte-Sabine
faire chanter un salut avec cinquante zoua
ves, Mais sitôt après la bénédiction du très
saint Sacrement, je me retirai dans la cellule
de saint Dominique pour y prier à l'aise et
remercier Dieu... Ne puis-je pas dire que
c'est là un des plus heureux jours de ma
vie ?
On lit dans la Semaine uiigiçuse de
Nevers i
Le lundi, 17 de ce mois, la ville de Corbi-
gny était plongée dans le deuil et la conster
nation. Elle venait de perdre son excellent
curé, qui depuis si longtemps y exerçait avec
une bonté sans égale son ministère do paix,
et de conciliation. Dès que le glas funèbre
eut répandu dans les familles cette doulou
reuse nouvelle, les larmes coulèrent de tous
les yeux, et la voix du peuple qui, dans cette
circonstance, était bien la voix de Dieu, fit
entendre aussitôt comme un concert de louan
ges, dans lequel chacun redisait r « Quelle
perte! It était si bon!... » Ce cri du cœur
était à lui seul tout un éloge funèbre, simple
comme la vérité, beau comme la vertu, tou
chant comme la bonté, qui avait été le carac
tère distinctif de celui que tout le monde ap
pelait le bon curé de Corbigny.
Né à Minot, canton d'Aignay, au diocèse
de Dijon, le 1 er décembre 1798, "M. Antoine
Bruey fut ordonné prêtre en 1822.
D'abord vicaire à Saint-Benin d'Azy, puis
à Nevers, il fut nommé curé de Châtil'lon-en-
Bazois en 1828, puis de Corbigny en 1836. .
Depuis plusieurs années, sa santé était
ébranlêè chaque hiver ramenait des indis
positions périodiques ; mais on s'était habi
tué, pour ainsi dire, à le voir souffrant, et
l'on vivait sans crainte. Puis, on était si heu
reux quand, au printemps, il reprenait ses
occupations ordinaires et l'exercice habituel
du ministère pastoral !
Cette année, lé commencement de l'hiver
ne semblait pas amener dans son état des
complications sérieuses. Vers le 6 janvier,
un peu d'enflure se manifesta aux jambes, et
l'on fit appeler les médecins.-Ils constatèrent
aussitôt la gravité de son état; il était me
nacé d'une congestion générale qui devait s'é
tendre à tous les organes essentielles de la
vie. Tout espoir était perdu. Les prêtres qui
l'environnaient eurent la pensée de télégra
phier à Rome pour porter ces tristes nouvelles
à Mgr Forcade, et aussi à Mgr Sergent, Evê-
que de Quimper, qui honorait le bon curé de
Corbigny d'une affection toute spéciale ; on
priait en même temps Mgr l'Evêque de Ne
vers de demander au Saint-Père la bénédic
tion apostolique. Bientôt le télégraphe an
nonça que cette précieuse faveur avait été ac
cordée.
Depuis, nous avons reçu une lettre qui
nous donne cles détails sur cette démarche.
Monseigneur s'était empressé d'adresser un
mot au maître cle la chambre apostolique, pour
le prier d'obtenir du Saint-Père la grâce sol
licitée, ce qui eut lieu immédiatement. Le
Souverain Pontife allait sortir quand on re
mit la réponse au valet de chambre envoyé
par Monseigneur, et qui se trouvait sur le
passage de Sa Sainteté. « Il est donc bien ma
lade, ce bon curé, lui dit Pie IX. — Oui, Très
Saint-Père. — Eh bien! je lui envoie ma béné
diction , » On peut dire que cette bénédiction
a été deux fois donnée, et avec une attention
toute particulière. "
Le lundi 17, fête cle saint Antoine, son pa
tron, il eut ; un peu après trois heures du soir,
une crise violente qui dura quelques minutes.
C'était la dernière lutte d'une constitution
naturellement forte, Contre les .ravages de la
maladie et les atteintes de la mort. Il entra
alors dans une pénible agonie, qui dura jus
qu'à huit heures trois quarts.
Les obsèques ( curent lieu en grande pom-
,pe. Le drap mortuaire qui précédait le cer
cueil était porté par MM. les archiprêtres de
la cathédrale et de Château-Chinon, par MM.
les doyens de Lormes, de Tannay et de Pré-
mery, et .par M. le supérieur de l'institution
Saint-Cyr. Les coins du poêle étaient tenus
par M. le maire, M. le comte de Certaines,
M. le juge de paix et M. Laforet, président
du .conseil de labnque. Le cleuil était conduit
par les deux derniers vicaires du défunt et
par quelques-uns de ses amis les plus in
times. - ■ s
La cérémonie était présidée par M. Guil-
laumet, archiprêtre de Clamecy.
L'impression a été profonde, universelle ;-
elle laissera des traces profondes et salutai
res ; et, comme le disait un prêtre en parlant
de cette cérémonie : « Une mission produi-l
rait moins de fruits. » . j
Ainsi se réalisait dans la personne du bon';
curé de Coiibigny cette parole de nos saints;
livrës : « Il est mort, et cependant sa parole
se fait encore entendre : Defunctus adhuc lo-
qiritur. » . *
A. M. D. G.
iffimi
Nous lisons dans la Foi picarde :
Appel aux dévouements catholiques.
. Rome, en la fôte de la Conversion de S. Paul;
Monsieur le Rédacteur, ,
Le 11 décembre de l'année qui vient de fi-j
nir, par une cle ces belles journées d'Hiveri
qui semblent être le privilège de lltalie me-î
ridionale, sous les ombrages toujou vu ti:
de là villa Borghèse, l'armée pontificale cteli-
lait tout entière devant une nombrec it !
semblée où se trouvaient dos représentants''
de l'univers catholique. A mesure que chaque
corps passait, à lasuite de sa-musiqueet cle ses
officiers, de vifs applaudissements, dont les
évêque d'ordinaire donnaient le signal, ac
cueillaient ces braves jeunes gens, accourus
de tous les pays pour défendre le trône pon
tifical, et qui ont en ce moment la glorieuse
mission de protéger la liberté du Concile.
Chasseurs indigènes, squaclrillieri au cos
tume pittoresque, zouaves, tous provoquaient,
par leur mâle et fière attitude, des bravos
unanimes et des. battements cle mains sym
pathiques.
Toutefois, nous autres Français, réser
vions des applaudissements plus chaleureux
pour les soldats de la Légion romaine, tous
enfants de notre France, quelques-uns vété
rans de nos armées, la plupart combattants
de Mentana et de Monte-Rotondo. Et ce n'é
tait pas sans un certain amour-propre natio
nal que nous signalions à l'attention de tous
ces généreux volontaires qui ont pour chef
un des officiers supérieurs les plus estimés
de notre armée.
— Oh ! disions-nous avec une légitime fierté,
tant que nos braves seront là, le Pape ne
sera pas tourmenté; îa révolution n'entrera
pas clans Rome. — Mais y seront-ils tou
jours? — C'est la question qu'adressait, quel
ques jours après, Mgr de Beauvais au brave
colonel d'Argy. Hélas ! • sa réponse n'était
pas entièrement rassurante : parsuite des re-;
nouvellements qui s'opèrent chaque jour, le
corps doit perdre douze eents hommes dans les
mois cle janvier et cle février, et il est à crain
dre que les cadres ne se remplissent pas au.ssi
vite qu'ils se dégarnissent, à moins que les
catholiques de Franee, les Evêques et les cu
rés, no nous viennent puissamment en aide.
Touché de ces appréhensions et inspiré par
son profond dévouement à la chaire do Pierre,
Monseigneur promit de ne rien négliger pour
éveiller le zèle de ses diocésains.'En atten
dant que le vénérable Prélat puisse faire par
lui-même i;n appel direct-, il a voulu que je
fisse, par votre intermédiaire, connaître ses
vœux et ses désirs. Vous voudrez bien, Mon
sieur le Rédacteur, non-seulement accueillir
ma lettre, mais encore y joindre votre voix
si aimée cle vos lecteurs. En faisant appel à
tous les jeunes gens de bonne volonté, vous
pourrez leur dire qu'ils ne seront pas les
seuls représentants du diocèse de Beauvais ;
ils. trouveront dans les rangs de la légion
plusieurs compatriotes qui les accueilleront
avec bonheur.
Les conditions exigées et les for uia ^( t i , s ^
remplir sont simples. .
Pour être admis, il faut : 1° être Français;
2° avoir la taille de 1 m. 55; 3° être robuste
et bien constitué; 4° avoir 17 ans au moins
et 33 ans au plus ; — les anciens .militaires
sont reçus jusqu'à 40 ans non accomplis;'—»
5° n'être pas marié ni veuf avec enfants.
Les engagements sont reçus pour 1' et
4 ans. . -
Les pièces àfournir : 1° extrait de baptême,
constatant le jour de naissance; 2° un certifi
cat de bonne conduite du maire ou du curé,
attestant querengagéest célibataire ;3°lecon-
gé et le' ceVtificat de honne conduite,-si l'en
gagé a déjà servi ; 4° le consentement des pa
rents, si l'engagé est 'mineur.- Cette pièce
sera légalisée par le maire ou le curé.
Le jeune homme réunissant toutes ces con
ditions, ' qui" désirerait contracter un enga
gement,. n'aurait qu'à écrire : A M. Henri
Poussielgue, rue Servandoni, n° 12, qui s'em
presserait de lui fournir les moyens de se
rendre à.Rome.
Veuillez agréer, monsieur le Rédacteur,
l'assurance de ma considération très distin
guée,
F. de Ladoue,
Théologien de Mgr de Beauviiis.
Home, 25 janvier.
rlfti ————
On se souvient que M. l'abbé Migne reçut,
il y a quelques mois, un Bref de Notre. Saint-
Père le Pape, sous la signature de Mgr Mer-
curelli, son secrétaire aux lettres latines; pour
son ouvrage intitulé : Somme d'or sur ies
louanges de la B. V. Marie.
Ce grand éditeur vient d'être honoré d'un
second Bref, au sujet de ses cours complets
de Patrologie latine et .gréco-latine en 391 vo
lumes in- 4° ; mais cette fois le Bref est signé
de la main de Notre Saint-Père lui-même.
Comme on le pense bien, cette pièce est h
la hauteur de l'ouvrage le plus grave et le
plus étendu qui soit jamais- sorti-d'aucune
presse typographique'. M. Migne y est dit
avoir bien mérité de l'Eglise par ce service
signalé, et beaucoup de reconnaissance lui en
est témoignée dans les termes les plus expan-
sifs. Sa Patrologie a été mise à la disposition
des Pères du Concile.
.On^ lit dans Y Echo deFourvières :
Son Eminence le Cardinal de Bonald a re
çu, "mardi la février, la visite de MM. les
curés de Lyon, qui se sont- réunis pour venir
lui demander sa bénédiction.
Le vénérable malade, qui était sur son fau
teuil, les a bénis affectueusement.
L'état de Son Eminence s'est malheureuse
ment aggravé depuis deux jours, et les mé
decins sont fort inquiets.
On lit dans le même journal :
Mgr de Serres, vicaire-général de Lyon et
camérier secret de Sa Sainteté, vient dè rece
voir un bref par lequel le Pape Pie IX félicite
le chapitre de l'Eglise primatialefle l'empres
sement avec lequel il a adopté le missel et le
bréviaire romain-lyonnais, et de l'heureuse
idée d'avoir choisi, pour inaugurer cet office,
le jour de la fête de l'Immaculée-Conception
de la Sainte- 1 Vierge, 8 décembre dernier. Sa
Sainteté charge Mgr de Serres de communi
quer ce bref à MM. les chanoines, et, en té
moignage de sa haute'sàtis('action, leûr don
ne, dans les termes les plus affectueux, pera-
manter et ex intimo corde, sa bénédiction apos
tolique. 1 ■■■-,■
Ce bref, signé par Pie'IX lui-même le 7
février courant, sera conservé comme un Li
tre précieux clans les archives capitulaires.
; —«» ~
Administration générale
lje l'assistance puul1que a paris
Vaccinations et revaccinations.
Depuis lo mois de juin 1805, l'administration
de l'Assistance publique a organisé, pour les en
fants nés dans les hôpitaux et pour les adultes
qui y sont traités, un service de vaccinations et de
revaccinations par le coiv pox (vaccin do génisse).
Voulant l'aire participer la population au.béné«
ficc de cette mosure, elle a décidé que lés per
sonnes de l'extérieur seraient admises à se faire
voeciner ou revacciner aux lieux, jours et heures
ci-dessous indiqués. ,
Il leur suffira .de se présenter à la salle de
consultation do l'établissement le plus voisin.
Une première vaccination ne suffisant paspou.r
préserver à tout jamais de la variole, on appelle
l'attention du public sur l'utilité de la revacci-
nation.
Lo lundi, à l'hôpital Lariboisière, rue Am-
broise-Paré, près du chemin de fer du Nord, à
s h an.
Le mardi, à l'hôpital Beaujon, rue du Fau-
l g Saint-Honoré, 208, à .8 h. 30, et à l'hôpi
tal cle la Charité, rue Jacob, 47, à 9,h. 30.,
Lo mercredi, à l'hospice des Enfants-Assistés,
rue ithinfer, 100, à 8 h., et à l'hôpital HCgchin,
rue au Faubourg-Saint-Jacques, 47, à.8 J>. -4a.
Le jeudi, à l'hôpital des Enfants, rue de Sè
vres, i n), à 8 h. i'6\ à l'hôpital Necker, rue'de
Sèvres, 151, à 9 h. la, et aux Dispensaires des
hôpitaux, place du Parvis-Notre-Dame, 2, à 1 h,
après midi. v ;
Le vendredi, à l'hôpital Sainte-Eugénie, rue
do Charenton, 89, à 8 h. 30, et à l'hôpital Saint-
Antoine, rue du Faubourg-Saint-Antairie, 184, à
9 h. 13.
Le samedi, à l'hôpital de l,a Pitié, rue Lacépè-
dc, 1, à 8 h. 30, et à l'hôpital Saint-Louis., rue
Bichat, 40-42, à 10 b.; tous les quinze jours (les
second et dernier samedis dè chaque mois.)
Paris, 12 février.
Le directeur de l'administration générale
de l'Assistance publique,
Husson.
; :
ministère des beaux-arts
direction générale des tiiéatiies
Chaque année, à pareille époque, un concours
était ouvert pour la composition d'une cantate
destinée à être mise en musique par les aspi
rants au grand prix do Rome.
Certaines conditions restrictives étaient impo
sées à la forme do cette cantate, qui nè devait
contenir qu'un air, un duo et un trio final, re
liés par des récitatifs; le nombre des personna
ges était limité à trois. ■
Un concours ayant le môme objet est ouvert
de nouveau cette année", mais alin de. laisser
plus de latitude aux auteurs des paroles, il ne
leur est tracé aucun programme.
Lo jury ne sera déterminé dans son choix que
par les qualités scéniques du poëmc qui, sous
uae forme aussi concise que possible, offrira aux
compositeurs les situations les plus musicales e t
les plus variées. .
Une médaille d'or do la valeur de cinq cents
francs sera accordée à Fauteur du poëmc choisi
par le jury.
Les manuscrits devront être déposés, avant ,'c
1 er mai, au Conservatoire impérial de UH-sifiue
et de déclamation. ■ - ..
Le nom et l'adresse do l'auteur scro.'ft inscrits
dans un pli cacheté, sur l'enveloppe duquel se
trouvera une épigraphe répétée en tùte du ma
nuscrit. •
Dans le cas où l'auteur du poëmc choisi ne se
rendrait pas en temps utile à fa cyrivoculion qui
lui sera adressée, le jury procédera d'ol'Uçe aux
modifications jugées nécessaires. ■ * i
Aucun manuscrit ne sera rendu.
NOUVELLE^ DIVERSES
•\-0Us croyons devoir porter à la connaissance
de MM. les licenciés en droit une division impé
riale récente, publiée par le = ■■nSiruï lu
flotte :
aussi dans la théologie , par lequel feu
M. Braun écrivait- ce qu'il ne voulai
pas signer lui-même, un M. Stupp,
mangeur d'ullramontains et pourfen
deur du système papal, philosophe
sans la moindre notion de philosophie
et théologien sans idée de théologie,
qui ne cessait de* proclamer dans ses
pamphlets : « Il est clair que les en
nemis de l'hermésianisme sont les en
nemis de la science ; il faut compren
dre avant" de croire, etc.» Voilà
l'homme autour duquel se sont grou
pés une- bonne centaine de virils plus
ou moins en mesure de pouvoir juger
sur des matières théologiques. Une
demi-douzaine d'ecclésiastiques font
triste figure parmi les gouvernement-
taux et municipaux, les notaires, mé
decins, etc., qui se déclarent satisfaits
non-seulement du dernier article de
la Gazette d'Augsbourg, mais aussi des
considérations renfermant l'élixir de
Janus. Il est intéressant de voir les
balafrés d'hier devenir de toutes parts
les janistes du lendemain; à Breslau :
Relnkens, Elvenich, Baltzer; à Bonn :
Achterfeld, Knoodt et Rilgers, et à Co
logne : l'indispensable M. Stupp.
On annonce que des efforts se font
dans d'autres villes pour trouver des
virils, par exemple à -Munster ; -par-ci
par-là on essaye même de fanatiser
jusqu'au peuple contre la doctrine nou
velle que le Concile , dit-on, prépare. Si
. cela nous rappelle le terrible : Il faut
qu'il y ait des scandales , ce n'en est pas
moins une voix qui avertira les lwe-
ques réunis "de la nécessité d'une défi
nition sur la doctrine dël'infaillibilite.
Car c'-est l'infaillibilité de l'Eglise elle-
même qu'on attaque aujourd'hui avec
une rage de sectaire : tempus fanuah
dissipaverunt legèm tuam.
L'abbé N .-J. Cornet.
_i : : :
Le 9 février, le docteur Dœllinger
déclaré, à l'Université de Munich la
qu'il ne remplirait pas l'attente qu'on
" avait formulée de divers côtés, savoir
qu'il parlerait du haut de sa chaire
académique des faits récents qui se
rattachent à son nom. «Au lieu de
<ïela. continua-t-il, je."raconterai, l'a
necdote suivante : Un théologien espa
gnol très connu fut un jour éloi
gne de sa chaire par l'Inquisition. Un
an après, il reparut de" nouveau de
vant un auditoire nombreux et il com
mença sa leçon par les mots-: Heri
diximns\ Ainsi, messieurs, Heri dixi-
mus. » Et l'auditoire du docteur d'ap
plaudir. Le professeur a voulu par là,
dit-on, mettre à néant les bruits qui
couraient et d'après lesquels l'Arche
vêque de Munich aurait reçu l'ordre de
Home de défendre à ses jeûnes théolo
giens de fréquenter les cours du doc
teur Dœllinger. Dans tous les cas, l'al
lusion n'est pas claire.
Une nouvelle adresse signée par
treize professeurs de l'académie de
Munster, en AVestphalie, est flllée re
joindre à Munich celles de Cologne,
Bonn et Breslau. Bans ces adresses, il y
a entre les hermésiens et gunthériens
et les élèves du prévôt de Munich, un
certain nombre de francs-maçons qui
figurent comme signataires. Il s'y trou
ve en outre des catholiques qui avaient
quelques jours auparavant refusé de
signer les adresses contre les écoles
mixtes! On peut voir quel pot-pourri
cela fait, et en quelle compagnie se
sont mis MM.-Dierenger, Vosen, etc.,
qu'on ne savait pas si avancés que ce
la; leur < passé du moins'ne le faisait
guère supposer. S'adressant spéciale
ment 'aux signataires de Breslau, la
Gazette'ecclésiastique de la Silésie s'ex
prime ainsi : « En qualifiant d'irréfu
tables les motifs de Dœllinger, les si
gnataires lui attribuent la même infail-
Siliiiité qu'ils dénient au Pape. Si tant
est qu'il faille une déclaration d'infail
libilité avant que le Concile, c'est-à-
dire le Saint-Esprit, ait pai'lé,nous dé
clarons franchement préférer celle du
Pape à celle d'un professeur d'univer-
site, quelque savant qu'il soit et quel
que nombreux que soient ceux qui le
tiennent pour infaillible. »
Bien ne doit surprendre dans ce fait
que l 'opposition contre l'infaillibilité ait,
précisément son foyer en Allemagne.
C'est la suite de la défensive dans la
quelle doivent se mettre sans cesse les
apologistes catholicités pour ne pas
froisser ni provoquer les errants, et
qui a amenô un effacement, partiel du;
sens catholique. De là aussi tant de
systèmes condamnés çar l'Eglise, par
exemple ceux d'Hermès, de Gunther,
de Frohschammer, etc., dont l'Allema
gne est devenue le théâtre. - ,
Une autre raison pour laquelle cer
tains universitaires allemands se don-
meiit tant de peine contre le Concile,
c'est qu'ils craignent que l'enseigne
ment de la théologie qui se donne ac
tuellement à l'Université ne soit trans
formé, par le Concile du Vatican, dans
le sens prescrit par le Concile de Tren
te et donné exclusivement dans les
séminaires. Cela r*ndrait évidemment
certains messieurs moins indispensa
bles, mais aussi plus humbles ; l'Etat
ne-dominerait plus sur ladoctrine, et
Finfluence devenue plus directe des
Evêques pourrait plus solidement im
planter, outre la science, la piété si
nécessaire aux jeunes lévites. La piété
servirait de contre-poison a.u gonfle
ment qu'occasionne certaine science
égoïste que l'Apôtre a en vue lorsqu'il
dit : Scientia infht. Mais ce n'est pas ce
que demandent, en général, nos ca
tholiques libéraux. Ils veulent, eux,
énutriciper la science, non par la piété*
mais pai' i'esnrit moderne. C'est pour
quoi l'orgueil enlève jusqu'à l'acte de
foi aux décrets du Concile, que l'on
met au -dessous des investigations et
des recherches scientifiques d'un J)£pl-
iinger. Resimi^ns les manifestation©
de la dernière quinzaine.
1 L'adresse de Breslau portait 11 si-
giîatures, dont 5 ou 6 ecclésiastiques
(3 iîhénans, 1 Westphalien, 1 Polo
nais. î^ilésien). •
Celle >le Munster : 13 signatures,
dont 3 prêtre®. L'adresse elle-même
est très générale et très pâle.
Celles de Bonn : 2fi signatures, 5
ecclésiastiques.
Cologne : environ 130 signatures,
dont G ou 7 ecclésiastiques.
Prague : 13 signatures, dont o prê
tres.
Braunsberg 2o signatures, -dont,
quelques ecclésiastiques.
Parmi ces signataires, il y a des
francs-maçons, des hermésiens, des
gunthériens, des élèves de Dœllinger,
des hommes dépendant du gouverne
ment, pour la plupart.
De même que vous voyez, en Fran
ce, le gallicanisme, le reste du jansé
nisme, l'école de Lamennais s'adjoin
dre, sous le nom de catholiques libé
raux, aux inopportunistes, de.même nous
voyons, en Allemagne, se cristalliser
sur Janus : Thermésianisme, le giin-
thérianisme, le lebronianisme, joints
au césarisme. Quelques noms seule
ment ont surpris. On ne croyait pas
ceux qui les portent aussi avancés !
L'abbé N.-J. Cornet.
^
On nous écrit d'Allemagne :
L'éminent rédacteur des Feuilles his
toriques et politiques de Munich, M.
Joerg-, en réponse à un progressiste
qui lui conseillait publiquement de
suivre Dœllinger, a fait en pleine
Chambre bavaroise la déclaration sui
vante :
li est un immense malheur pour cet hom
me (Dœllinger) et une douleur personnelle
pour moi qu on l'invoque d'une telle façon
clans ces cleoaLs. Dœllinger faisait pour moi
autorité: il ne le l'ait plus depuis qu'il est
tombe clans une manie excentrique et mala
dive. qui lui ravit tellement le repos de l'es
prit qu'il n'est plus môme en état de formu
ler, comme doit le l'aire un théologien, une
seule proposition dans des questions dogma
tiques. Depuis que, dans sa passion e'fl'rénée,
Dœllinger a pris un chemin qui ne me paraît
pas convenir à un ministre de Dieu, la doxi-
leur ne me permet plus de lire ce;qui vient
de lui. Néanmoins j'ai encore lu de lui qu'il
a déclaré au magistrat de Munich que, dans
l'infaillibilité,du Pape, il s'agit d'une ques
tion intérieure de l'Eglise, et je.pense, mes
sieurs,- que vous aussi devriez .la juger telle.
Ces paroles-ont été couvertes par des
bravos redoublés.
S. DlîSQUIiUS.
—— — ——. - ■
KoiiTcilrM politiques
Le monde politique s'occupe beaucoup des
interpellations sur la politique intérieure,
dont la discussion' commencera lundi. Le
centre gauche a dù tenir -réunion hier soir
pour arrêter les termes 'de l'ordre du jour
motivé Gif il se propose de présenter h la
Chambre. On croi t, que cet ordre du jour sera
conçu à peu près comiyesuitv -
« Les députés soussignés, comptant que le
ministère s'appliquera à la réalisation promp-
leet intégrale du programme politique auquel
ils ont adhéré, demandent que la Chambre
passe à l'ordre du jour sur les interpellations
de M. Jules Favre. »
D'après le Soir, la commission de l'enquête
économique a décidé qu'elle tiendrait ses
séances dans la grande salle où se réunissait
la commission d'enquête sur la manifestation
du li> niai 1848. Cette salle est très vaste, et
. peut Tari lemént con teriir cent personnes.
Un crédit extraordinaire-sera'accordé sur
le budget pour 'subvenir auxffràis de l'en-;
quête. .. . •- i - •;
Quant à la commission d'enquête sur la'
• marine marchande,quvréclame aussi un vaste'
local, on organise à son-intention la salle de
réunion du sixième bureau.
Les ministères de la marine et du com
merce sont en train de rédiger un question
naire qui doit être adressé à tous les intéres
sés dans la question commerciale. Les circu
laires seront envoyées aux Chambres de
commerce, et 'iVtous les syndicats maritimes,
pour les engager à adresser Lous lés rensei
gnements désirables à la commission d'en-
■jquête. _
On sait que la publicité la plus grande doit'
"être" donnée aux "séances"de la commission
d'enquête économique.
M. .Iules Simon iréLé chargé de rédiger le.
rapport sur la décision prise par la commis
sion.
Chaque jour il sera fait un compte rendu
sommaire, indépendamment du compte rendu
sténographique, qui sera publié toutes les
semaines. Les personnes intéressées dans
une industrie soumise à l'enquête seront ad
mises aux séances. La presse et les personnes
qui en feront la demande à M. Paulmier, re
cevront des cartes d'admission.
• De plus, plusieurs membres du Sénat, du
Corps législatif et du conseil d'Etat,--seront
admis de droit à prendre part aux discus-,
sions. ■
On a distribué aux députés un volumineux
rapport sur le livre 1 er du projet de code ru
ral. Cette première partie traite du régime
du sol et contient neuf titres.
Ce projet de loi est resté en cours d'élabo
ration, au conseil d'Etat, depuis 1838; 11 sera'
mis ;i l'ordre du jour immédiatement après;
les interpellations de lundi et le vote de la,
loi sur la presse.
3VÎ. Cochin'écrit à M. Prévost-Paradol :
Mon cher ami,
Vous avez bien voulu consacrer un article, in
séré dans lo Journal des Débats du la février, à
l'examen des idées de M. Léon Say et des mien
nes sur-l'organisation. municipale de Paris. Par
une erreur involontaire, vous m'attribuez une
opinion qui ne m'appartient pas.
Je n'ai pas proposé le fractionnement de la
ville en. vingt municipalités, élues par le suf
frage universel. Dans la dernière séance de la
commission dont j'ai l'honneur de faire partie,
je me suis précisément efforcé do combattre cette
pensée. Il est sans doute utile d'étendre .les at
tributions desmairies; mais, dans mon opinion,
il est impossible de créer vingt, conseils, muni
cipaux, narce qu'il est pratiquement impossible
de svbdiviser en vingt budgets le budget de
Paris, consacré presque en totalité à de grands
services généraux qui ne comportent pas ce frac
tionnement.
Plusieurs journaux, placés à des points de
vue divers, mais aussi pou équitables les uns que
les autres envers les bons citoyens qui ont ac
cepté la tilche ingrate d'aider le gouvernement
nouveau dans l'élude d'une question dont vous
sign/ilsz gi bien les difficultés, m'ont déjà prêté
l'opinion que vous m'attribuez, en mêlant à
leurs suppositions des Injures qui me dispensent
de discuter avec eux.
Mais j'attache, et le public attache la plus sé
rieuse importance à tout ce que vous écrivez. Je
ne puis donc pas laisser passer la même erreur,
involontaire sous vôtre plume, sans la rectifier
publiquement.
Recevez, mon cher ami, l'assurance de mes
sentiments bien dévoués,
- - Augustin^C ociiin. .
Si M. Prévost-Paradol n'est point satisfait,
il est bien délicat.
La commission du projet de loi sur la
presse, après avoir entendu M. Du Mirai, a
rejeté l'amendement qu'il a présenté relati
vement au jugement clés délits de presse par
un jury-spécial.
Voici la statistique des projets de loi ac
tuellement envoyés au Conseil d'Etat ou dé
posés sur le bureau du Corps législatif :
L'abrogation de la loi de sûreté géné
rale;
La nomination des maires ;
L'organisation départementale ;
L'abolition de cumul ;
La presse;
Le budget ;
L'apurement des comptes de la ville de
Paris. ,
Les ministres viennent, en outre, d'ar
rêter un sénatus-consulte qui accorde trois
députés à l'Algérie avec une large part à l'é
lément civil:
La loi sur le- contingent, avec une im
portante diminution de l'effectif, est égale
ment arrêtée.
M. le comte Daru a élaboré un traité pos
tal avec l'Angleterre.
Enfin, des lois sur les annonces judi
ciaires, l'enseignement supérieur, la .gra
tuité dé l'enseignemenlret l'article 75 sont à
l'état de préparation.
On assure que M. le garde des sceaux a
mis à l'étude un projet de loi relatif à la li
berté d'association. :
Le secrétaire de la rédaction,
. Ernest Schnaiter.
; -i*» :
Le Journal de Paris a publié, il y a
quelque jours, des renseignements qui
nous ont, para suspects sur l'drganisa-
tion de la commission qui devra pré
parer une loi- sur la liberté de rensei
gnement supérieur. Plusieurs jour
naux donnant cette note, nous la re
produisons telle qu'ils la donnent :
Le Journal de Paris nomme les personnes
suivantes comme ayant accepté de l'aire par
tie de la commission pour la liberté d'ensei
gnement supérieur, commission qui, ainsi
,que nous l'avons clit, sera présidée par M.'
Guizot.
Ces personnes sont : Mgr l'Archevêque
de Paris; Mgr l'Evôquc d'Orléans;.M. l'abbé
Perraud, de l'Oratoire, professeur à la Fa
culté de théologie de Paris; M. de Rémusat,
M. Saint-Marc Girardin, le duc Albert de
Broglie, membres de l'Académie française;
M. Laboulaye, membre' de l'Académie des
sciences morales.et -de cellades inscriptions;
M.'"Bertrand;'M. Dumas, sénateur, membres
de l'Académie des sciences; M. Guillaume,
directeur de l'école des Beaux-Arts, membre
de l'Académie des Beaux-Arts; M.Charles
Giraud et M. Yallette, professeurs à la Fa
culté de droit de Paris; M....Audral,-de la;
Faculté de médecine, gendre de M. Royor-
Collard.
On désigne aussi, pour y entrer, MM. des
Falloux, Renan et le Play, et l'on devra re-,
cru ter encore quelques membres daus le
Corps législatif et le conseil d'Etat. 1
MM. Jules Simon et Barthélémy Sainl-
llilaire ont refusé.
Parmi ces personnages et ces per
sonnes, il en est auxquels on ne peut
demander une loi de liberté, et d'au
tres qu'on ne peut songer à faire siéger
dans la même commission.
S. Desqueks.
: r r— = ;
On écrit-de Vienne, 16 février, à la
Correspondance du Nord-Est : '■
Une communication officieuse, adressée à
plusieurs journaux de Vienne, coniirme au
jourd'hui ce que je vous ai dit sur une dé
marche diplomatique faite à Rome pour re
présenter au Saint-Siège les graves consé
quences que pourrait entraîner une tentative,
pour faire revivre le Syllabus. Cette commu
nication ne parle que d'une protestation clu
cabinet de Vienne ; mais il n'est pas moins
vrai que notre cabinet a agi de concert avec
les autres puissances catholiques , surtout'
avec la France. 11 s'agit d'une action combi
née; : de sorte - que la réserve qu'on s'était
imposée à l'égard du Concile, a été aban
donnée en présence du danger de voir con
firmés-par cette assemblée les vingt et un
canons destinés à résumer en l'orme positive
les propositions négatives du Syllabus. Quant
£i la dépêche clu comte de Beust à l'ambassa
deur austro-hongrois A Bome, ce dernier a
déjà dù la-porter à la connaissance du Car-
- dinal Antonelli. Elle fait ressortir les consé
quences graves d'une sanction éventuelle
donnée à ces canons, sanction qui aurait pour
résultat une altération complète des relations
entre .l'Eglise catholique et l'Etat, surtout en
Autriche. -
- —,
On écrit de.Belgrade, le 29 janvier,
à la Correspondance du Nord-Est :
L'événement du jour est la mort du pa
triarche serbe de Carlowitz, Mgr Machiro-
witch, le grand adversaire du parti de la
jeuneSerbie, dont lechefest M. Miletitch. Les
journaux serbes ne font encore que très peu
de commentaires sur cette ruort", et se bornent
pour la plupart â l'annoncer, soit que le sujet
leur ait paru trop délicat, soit qu'ils veuillent
d'abord attendre que la vive impression pro
duite par cet événement dans le public se
soit un peu calmée. Quelques personnès, à
Belgrade, ont voulu faire croire à un empoi
sonnement, mais il est bien et dûment cons
taté que le vénérable patriarche, arrivé à
l'extrême vieillesse, est mort d'une attaque
d'apoplexie.
Reste à savoir maintenant s'il sera rem-;
placé, quand et par qui. Beaucoup de Serbes'
expriment la crainte que le gouvernement
austro-hongrois ne trouve dans les circons
tances actuelles un motif d'ajourner la nomi
nation de son successeur.
Le parti Miletitch,- qui combattait le pa
triarche'défunt, ne désire nullement que le
siège patriarcal de Carlowitz reste vacant ;
seulement il voudrait le voir occuper par
quelqu'un des siens, et il ne négligera rien
pour y parvenir ; mais c'est justement ce qui
fait craindre'que le gouvernement ne diffère
le plus longtemps possible de pourvoir à cette
vacance. ''
Voici comment a lieu la nomination du pa
triarche de Carlowitz : Dans une assemblée
composée de délégués du peuple, du clergé
et de l'armée, trois candidats sont élus et
présentés à l'empereur, ou plutôt au roi de
Hongrie, qui désigne celui des trois qui lui
parait le plus cligne d'occuper le siège pa
triarcal. Mais, comme on sait toujours d'a
vance quelles sont les personnes que l'opi
nion publique désigne comme devant être
élues par l'assemblée des délégués, le gou-
nement-, s'il ne voit pas dans l'un au moins
des trois candidats désignés, un nom à sa
convenance, fait surgir un.obstacle quelcon
que, pour ajourner l'élection jusqu'à ce qu'il
soit parvenu à modifier l'opinion publique et
à la faire tourner en faveur d'un choix qui lui
soit agréable. Ce simple aperçu doit suffire
pour vous faire comprendre la guerre d'in
trigues qui va se livrer dans la Voïvodine
serbe, à propos de la nomination du nouveau
patriarche.
TéSégriafiMe (irivée
Londres, 17 février, soir.
M. Forster, présentant le bjll d'éducation pour
l'Angleterre et le pays de Galles, dit que lo svs-
tèmeactuel no répond pas au besoin du plus
grand nombre, môme dans les grands centres.
La moitié des enfants ne participent pas aux
bienfaits de l'éducation. Le gouvernement obli
gera les parents à envoyer leurs enfants à l'école.
Il établira des écoles dans tous les districts où cela
sera nécessaire. Les dépenses seront supportées
par le. gouvernement. Les écoles seront soumises
à des inspections et ouvertes aux enfants de
toutes les religions.'Des prêts seront faits pour
la construction des maisons'd'école. Les institu
teurs seront nommés, dans les grandes villes,
par les conseils municipaux et, dans les campa
gnes, par les comités des paroisses. Si les pa
rents sont trop pauvres, l'instruction sera gra
tuite. L'éducation sera obligatoire pour les en
fants de quinze à douze ans, si les parents ne
font pas valoir d'excuse* valable.
La Chambre a l'ait à ce bill un accueil favo
rable.
La seconde lecture aura lieu le 14- mars.
Washington, 17 février.
Hier, à la Chambre des représentants, le gé
néral Banks, président du comité des affaires
étrangères, a proposé une. résolution autorisant
le président à déclarer que l'intention des Etats-
Unis est de conserver une neutralité stricto et
impartiale pendant le conflit entre l'Espagne et
Cuba, et d'annuler pendant cette période toutes
les autres lois qui pourraient ne pas s'accorder
avec ce but.
La Chambre n'a pas encore émis un vote sur
cette proposition.
Madrid, 17 février.
Hier, aux Cortès, M. Rivero, répondant à M.
Figueras, a déclaré que le gouvernement n'avait
connaissance d'aucun projet de Sainte -Alliance
contre l'Espagne, mais il a insisté en même
temps sur la nécessité do la prompte organisa
tion d'un gouvernement définitif pour éviter'ce
danger.
Saint-Pétersbourg, 18 février.
Le Journal de Saint-Fétersbourg déclare com
plètement dénuée de fondement la nouvelle
propagée par plusieurs journaux étrangers, de
l'arrestation du prince Obolenski,. directeur gé
néral des douanes.à Varsovie.
• . Florence, 18 février.
L'Opiniono annonce que M . Sella a conclu une
convention avec " la Banque nationale. Le prêt
fait par cet établissement, qui est actuellement
de 378 millions, serait porté à S00 millions.
Washington, 18 février.
Lo sénat a adopté le bill, déjà voté par la
chambre des représentants, qui admet lo Missis-
sipi au-congrès sous les mêmes -conditions que
la Virginie. "
Lisbonne, 18 février.
Les comités carlistes et miguellistes travail
lent à étendre leurs ramifications vers les fron
tières espagnoles..On connaît' les localités où ils
comptent agm On signale l'arrivée d'émissaires
venant d'Espagne et d'autres pays avec des res
sources considérables.
Madrid, 18 février.
On dément catégoriquement la nouvelle, pu
bliée par un journal de Paris, relativement-à un
mouvement, militaire aux îles Philippines. .
(Agence Havas.)
On lit dans la Semaine du Fidèle, im
primée au Mans :
Un de nos amis, un de nos chers zouaves
mariceaux, raconte ainsi à sa bonne mère une
rencontre des plus heureuses de sa vie, dont
le souvenir embaume toute une existence :
(f Aujourd'hui même (29 janvier), écrit-il, je
me suis rendu au Vatican pour voir cle nou
veau les loges de Raphaël. 11 y avait peut-
être un qiiartrd'hèure que j'y étais, lorsque
j'entendis une porte s'ouvrir, je mé retour
nais subitement, et j'aperçus tout d'abord le
Cardinal Antonelli, puis quelques camériers,
le Cardinal Bonaparte, enfin après eux venait,
dans la plus grande simplicité, Sa Sainteté
Pie IX. Quitter mon manteau et mon képi,
me précipiter à genoux fut fait en moins de
temps que vous n'en mettez à me lire.
Le Pape arriva près de moi, je mé jetai sur
son pied pour le baiser, et me relevant je lui
pris la main pour baiser son anneau, les yeux
pleins de larmes. Sa'Sâinteté s'arrêta devant
moi, qui restai stupéfait, puis elle fit signe à
son escorte de s'arrêter aussi. Pour moi,
toujours à genoux, je sentais mon cœur bat
tre à me briser la poitrine. Sa Sainteté, dai
gnant m'interpeller, me regarda en face, et
me-reconnaissant Elle me dit : « Mais je ne
me trompe pas, tu es bien celui qui était ma
lade l'été dernier, et tu as contracté lin nouvel
engagement avant.de partir? »
« — Oui, très Saint-Père, et, depuis trois
mois je sers de nouveau Yotre Sainteté.
— « Debout, mon fils. »
Puis le Saint-Père,.me tendant la main,dit
à l'un des cardinaux : « La Franee! oh ! la
France, bénie soit-elle clans ses enfants ! bé
nie soit la famille de ce cœur dévoué à la
sainte Eglise. Dans ses veines coule le sang
des martyrs de la Révolution. Sa famille a
fait beaucoup durant les désordres de 1793...
C'est le plus jeune des membres'de sa famil
le qui continue l'œuvre de ses pères.,. »'
Alorsinon pauvre cœur éclata en san gfots !..
larmes de joie, de saint orgueil et d'amour
pour celui que ce cœur bénit chaque jour.
Puis Sa Sainteté me donna sa bénédiction.
« — Très Saint-Père, lui dis-je encore, je
suis en effet l'avant-dernie.r cle ma famille....
j'ai une petite nièce qui malheureusement ne
peut armer son bras pour votre défense ;
mais ses prières et celles de toute ma famille
montent bien vives pour Votre Sainteté vers
le trône do celui dont vous êtes le Vicaire.
(( -r- Oh! figlio mio, grazie tante volte (mon
fils, merci 1 tant de fois), ajouta le Pape, et
puis en bon français : « Ecris à ta famille, à
« tous mes enfants, que je les bénis, eux,
« tous leurs alliés et amis ! »
Jamais, non jamais mon cœur ne fut .plus
rempli de joie, ma bonne mère. Sa Sainteté
était déjà loin que j'étais encore à genoux
pleurant'de toute mon âme... Enfin je ren
trai à la caserne, je me jetai sur mon lit, lit
téralement abattu par l'émotion que je venais
d'éprouver. Je m'enveloppai dans mon man
teau afin de pouvoir tout à mon aise donner
libre cours à de douces larmes, et vider ainsi
le trop-plein de la joie qui inondait mon pau
vre cœur...
Il me fallut ensuite aller à Sainte-Sabine
faire chanter un salut avec cinquante zoua
ves, Mais sitôt après la bénédiction du très
saint Sacrement, je me retirai dans la cellule
de saint Dominique pour y prier à l'aise et
remercier Dieu... Ne puis-je pas dire que
c'est là un des plus heureux jours de ma
vie ?
On lit dans la Semaine uiigiçuse de
Nevers i
Le lundi, 17 de ce mois, la ville de Corbi-
gny était plongée dans le deuil et la conster
nation. Elle venait de perdre son excellent
curé, qui depuis si longtemps y exerçait avec
une bonté sans égale son ministère do paix,
et de conciliation. Dès que le glas funèbre
eut répandu dans les familles cette doulou
reuse nouvelle, les larmes coulèrent de tous
les yeux, et la voix du peuple qui, dans cette
circonstance, était bien la voix de Dieu, fit
entendre aussitôt comme un concert de louan
ges, dans lequel chacun redisait r « Quelle
perte! It était si bon!... » Ce cri du cœur
était à lui seul tout un éloge funèbre, simple
comme la vérité, beau comme la vertu, tou
chant comme la bonté, qui avait été le carac
tère distinctif de celui que tout le monde ap
pelait le bon curé de Corbigny.
Né à Minot, canton d'Aignay, au diocèse
de Dijon, le 1 er décembre 1798, "M. Antoine
Bruey fut ordonné prêtre en 1822.
D'abord vicaire à Saint-Benin d'Azy, puis
à Nevers, il fut nommé curé de Châtil'lon-en-
Bazois en 1828, puis de Corbigny en 1836. .
Depuis plusieurs années, sa santé était
ébranlêè chaque hiver ramenait des indis
positions périodiques ; mais on s'était habi
tué, pour ainsi dire, à le voir souffrant, et
l'on vivait sans crainte. Puis, on était si heu
reux quand, au printemps, il reprenait ses
occupations ordinaires et l'exercice habituel
du ministère pastoral !
Cette année, lé commencement de l'hiver
ne semblait pas amener dans son état des
complications sérieuses. Vers le 6 janvier,
un peu d'enflure se manifesta aux jambes, et
l'on fit appeler les médecins.-Ils constatèrent
aussitôt la gravité de son état; il était me
nacé d'une congestion générale qui devait s'é
tendre à tous les organes essentielles de la
vie. Tout espoir était perdu. Les prêtres qui
l'environnaient eurent la pensée de télégra
phier à Rome pour porter ces tristes nouvelles
à Mgr Forcade, et aussi à Mgr Sergent, Evê-
que de Quimper, qui honorait le bon curé de
Corbigny d'une affection toute spéciale ; on
priait en même temps Mgr l'Evêque de Ne
vers de demander au Saint-Père la bénédic
tion apostolique. Bientôt le télégraphe an
nonça que cette précieuse faveur avait été ac
cordée.
Depuis, nous avons reçu une lettre qui
nous donne cles détails sur cette démarche.
Monseigneur s'était empressé d'adresser un
mot au maître cle la chambre apostolique, pour
le prier d'obtenir du Saint-Père la grâce sol
licitée, ce qui eut lieu immédiatement. Le
Souverain Pontife allait sortir quand on re
mit la réponse au valet de chambre envoyé
par Monseigneur, et qui se trouvait sur le
passage de Sa Sainteté. « Il est donc bien ma
lade, ce bon curé, lui dit Pie IX. — Oui, Très
Saint-Père. — Eh bien! je lui envoie ma béné
diction , » On peut dire que cette bénédiction
a été deux fois donnée, et avec une attention
toute particulière. "
Le lundi 17, fête cle saint Antoine, son pa
tron, il eut ; un peu après trois heures du soir,
une crise violente qui dura quelques minutes.
C'était la dernière lutte d'une constitution
naturellement forte, Contre les .ravages de la
maladie et les atteintes de la mort. Il entra
alors dans une pénible agonie, qui dura jus
qu'à huit heures trois quarts.
Les obsèques ( curent lieu en grande pom-
,pe. Le drap mortuaire qui précédait le cer
cueil était porté par MM. les archiprêtres de
la cathédrale et de Château-Chinon, par MM.
les doyens de Lormes, de Tannay et de Pré-
mery, et .par M. le supérieur de l'institution
Saint-Cyr. Les coins du poêle étaient tenus
par M. le maire, M. le comte de Certaines,
M. le juge de paix et M. Laforet, président
du .conseil de labnque. Le cleuil était conduit
par les deux derniers vicaires du défunt et
par quelques-uns de ses amis les plus in
times. - ■ s
La cérémonie était présidée par M. Guil-
laumet, archiprêtre de Clamecy.
L'impression a été profonde, universelle ;-
elle laissera des traces profondes et salutai
res ; et, comme le disait un prêtre en parlant
de cette cérémonie : « Une mission produi-l
rait moins de fruits. » . j
Ainsi se réalisait dans la personne du bon';
curé de Coiibigny cette parole de nos saints;
livrës : « Il est mort, et cependant sa parole
se fait encore entendre : Defunctus adhuc lo-
qiritur. » . *
A. M. D. G.
iffimi
Nous lisons dans la Foi picarde :
Appel aux dévouements catholiques.
. Rome, en la fôte de la Conversion de S. Paul;
Monsieur le Rédacteur, ,
Le 11 décembre de l'année qui vient de fi-j
nir, par une cle ces belles journées d'Hiveri
qui semblent être le privilège de lltalie me-î
ridionale, sous les ombrages toujou vu ti:
de là villa Borghèse, l'armée pontificale cteli-
lait tout entière devant une nombrec it !
semblée où se trouvaient dos représentants''
de l'univers catholique. A mesure que chaque
corps passait, à lasuite de sa-musiqueet cle ses
officiers, de vifs applaudissements, dont les
évêque d'ordinaire donnaient le signal, ac
cueillaient ces braves jeunes gens, accourus
de tous les pays pour défendre le trône pon
tifical, et qui ont en ce moment la glorieuse
mission de protéger la liberté du Concile.
Chasseurs indigènes, squaclrillieri au cos
tume pittoresque, zouaves, tous provoquaient,
par leur mâle et fière attitude, des bravos
unanimes et des. battements cle mains sym
pathiques.
Toutefois, nous autres Français, réser
vions des applaudissements plus chaleureux
pour les soldats de la Légion romaine, tous
enfants de notre France, quelques-uns vété
rans de nos armées, la plupart combattants
de Mentana et de Monte-Rotondo. Et ce n'é
tait pas sans un certain amour-propre natio
nal que nous signalions à l'attention de tous
ces généreux volontaires qui ont pour chef
un des officiers supérieurs les plus estimés
de notre armée.
— Oh ! disions-nous avec une légitime fierté,
tant que nos braves seront là, le Pape ne
sera pas tourmenté; îa révolution n'entrera
pas clans Rome. — Mais y seront-ils tou
jours? — C'est la question qu'adressait, quel
ques jours après, Mgr de Beauvais au brave
colonel d'Argy. Hélas ! • sa réponse n'était
pas entièrement rassurante : parsuite des re-;
nouvellements qui s'opèrent chaque jour, le
corps doit perdre douze eents hommes dans les
mois cle janvier et cle février, et il est à crain
dre que les cadres ne se remplissent pas au.ssi
vite qu'ils se dégarnissent, à moins que les
catholiques de Franee, les Evêques et les cu
rés, no nous viennent puissamment en aide.
Touché de ces appréhensions et inspiré par
son profond dévouement à la chaire do Pierre,
Monseigneur promit de ne rien négliger pour
éveiller le zèle de ses diocésains.'En atten
dant que le vénérable Prélat puisse faire par
lui-même i;n appel direct-, il a voulu que je
fisse, par votre intermédiaire, connaître ses
vœux et ses désirs. Vous voudrez bien, Mon
sieur le Rédacteur, non-seulement accueillir
ma lettre, mais encore y joindre votre voix
si aimée cle vos lecteurs. En faisant appel à
tous les jeunes gens de bonne volonté, vous
pourrez leur dire qu'ils ne seront pas les
seuls représentants du diocèse de Beauvais ;
ils. trouveront dans les rangs de la légion
plusieurs compatriotes qui les accueilleront
avec bonheur.
Les conditions exigées et les for uia ^( t i , s ^
remplir sont simples. .
Pour être admis, il faut : 1° être Français;
2° avoir la taille de 1 m. 55; 3° être robuste
et bien constitué; 4° avoir 17 ans au moins
et 33 ans au plus ; — les anciens .militaires
sont reçus jusqu'à 40 ans non accomplis;'—»
5° n'être pas marié ni veuf avec enfants.
Les engagements sont reçus pour 1' et
4 ans. . -
Les pièces àfournir : 1° extrait de baptême,
constatant le jour de naissance; 2° un certifi
cat de bonne conduite du maire ou du curé,
attestant querengagéest célibataire ;3°lecon-
gé et le' ceVtificat de honne conduite,-si l'en
gagé a déjà servi ; 4° le consentement des pa
rents, si l'engagé est 'mineur.- Cette pièce
sera légalisée par le maire ou le curé.
Le jeune homme réunissant toutes ces con
ditions, ' qui" désirerait contracter un enga
gement,. n'aurait qu'à écrire : A M. Henri
Poussielgue, rue Servandoni, n° 12, qui s'em
presserait de lui fournir les moyens de se
rendre à.Rome.
Veuillez agréer, monsieur le Rédacteur,
l'assurance de ma considération très distin
guée,
F. de Ladoue,
Théologien de Mgr de Beauviiis.
Home, 25 janvier.
rlfti ————
On se souvient que M. l'abbé Migne reçut,
il y a quelques mois, un Bref de Notre. Saint-
Père le Pape, sous la signature de Mgr Mer-
curelli, son secrétaire aux lettres latines; pour
son ouvrage intitulé : Somme d'or sur ies
louanges de la B. V. Marie.
Ce grand éditeur vient d'être honoré d'un
second Bref, au sujet de ses cours complets
de Patrologie latine et .gréco-latine en 391 vo
lumes in- 4° ; mais cette fois le Bref est signé
de la main de Notre Saint-Père lui-même.
Comme on le pense bien, cette pièce est h
la hauteur de l'ouvrage le plus grave et le
plus étendu qui soit jamais- sorti-d'aucune
presse typographique'. M. Migne y est dit
avoir bien mérité de l'Eglise par ce service
signalé, et beaucoup de reconnaissance lui en
est témoignée dans les termes les plus expan-
sifs. Sa Patrologie a été mise à la disposition
des Pères du Concile.
.On^ lit dans Y Echo deFourvières :
Son Eminence le Cardinal de Bonald a re
çu, "mardi la février, la visite de MM. les
curés de Lyon, qui se sont- réunis pour venir
lui demander sa bénédiction.
Le vénérable malade, qui était sur son fau
teuil, les a bénis affectueusement.
L'état de Son Eminence s'est malheureuse
ment aggravé depuis deux jours, et les mé
decins sont fort inquiets.
On lit dans le même journal :
Mgr de Serres, vicaire-général de Lyon et
camérier secret de Sa Sainteté, vient dè rece
voir un bref par lequel le Pape Pie IX félicite
le chapitre de l'Eglise primatialefle l'empres
sement avec lequel il a adopté le missel et le
bréviaire romain-lyonnais, et de l'heureuse
idée d'avoir choisi, pour inaugurer cet office,
le jour de la fête de l'Immaculée-Conception
de la Sainte- 1 Vierge, 8 décembre dernier. Sa
Sainteté charge Mgr de Serres de communi
quer ce bref à MM. les chanoines, et, en té
moignage de sa haute'sàtis('action, leûr don
ne, dans les termes les plus affectueux, pera-
manter et ex intimo corde, sa bénédiction apos
tolique. 1 ■■■-,■
Ce bref, signé par Pie'IX lui-même le 7
février courant, sera conservé comme un Li
tre précieux clans les archives capitulaires.
; —«» ~
Administration générale
lje l'assistance puul1que a paris
Vaccinations et revaccinations.
Depuis lo mois de juin 1805, l'administration
de l'Assistance publique a organisé, pour les en
fants nés dans les hôpitaux et pour les adultes
qui y sont traités, un service de vaccinations et de
revaccinations par le coiv pox (vaccin do génisse).
Voulant l'aire participer la population au.béné«
ficc de cette mosure, elle a décidé que lés per
sonnes de l'extérieur seraient admises à se faire
voeciner ou revacciner aux lieux, jours et heures
ci-dessous indiqués. ,
Il leur suffira .de se présenter à la salle de
consultation do l'établissement le plus voisin.
Une première vaccination ne suffisant paspou.r
préserver à tout jamais de la variole, on appelle
l'attention du public sur l'utilité de la revacci-
nation.
Lo lundi, à l'hôpital Lariboisière, rue Am-
broise-Paré, près du chemin de fer du Nord, à
s h an.
Le mardi, à l'hôpital Beaujon, rue du Fau-
l g Saint-Honoré, 208, à .8 h. 30, et à l'hôpi
tal cle la Charité, rue Jacob, 47, à 9,h. 30.,
Lo mercredi, à l'hospice des Enfants-Assistés,
rue ithinfer, 100, à 8 h., et à l'hôpital HCgchin,
rue au Faubourg-Saint-Jacques, 47, à.8 J>. -4a.
Le jeudi, à l'hôpital des Enfants, rue de Sè
vres, i n), à 8 h. i'6\ à l'hôpital Necker, rue'de
Sèvres, 151, à 9 h. la, et aux Dispensaires des
hôpitaux, place du Parvis-Notre-Dame, 2, à 1 h,
après midi. v ;
Le vendredi, à l'hôpital Sainte-Eugénie, rue
do Charenton, 89, à 8 h. 30, et à l'hôpital Saint-
Antoine, rue du Faubourg-Saint-Antairie, 184, à
9 h. 13.
Le samedi, à l'hôpital de l,a Pitié, rue Lacépè-
dc, 1, à 8 h. 30, et à l'hôpital Saint-Louis., rue
Bichat, 40-42, à 10 b.; tous les quinze jours (les
second et dernier samedis dè chaque mois.)
Paris, 12 février.
Le directeur de l'administration générale
de l'Assistance publique,
Husson.
; :
ministère des beaux-arts
direction générale des tiiéatiies
Chaque année, à pareille époque, un concours
était ouvert pour la composition d'une cantate
destinée à être mise en musique par les aspi
rants au grand prix do Rome.
Certaines conditions restrictives étaient impo
sées à la forme do cette cantate, qui nè devait
contenir qu'un air, un duo et un trio final, re
liés par des récitatifs; le nombre des personna
ges était limité à trois. ■
Un concours ayant le môme objet est ouvert
de nouveau cette année", mais alin de. laisser
plus de latitude aux auteurs des paroles, il ne
leur est tracé aucun programme.
Lo jury ne sera déterminé dans son choix que
par les qualités scéniques du poëmc qui, sous
uae forme aussi concise que possible, offrira aux
compositeurs les situations les plus musicales e t
les plus variées. .
Une médaille d'or do la valeur de cinq cents
francs sera accordée à Fauteur du poëmc choisi
par le jury.
Les manuscrits devront être déposés, avant ,'c
1 er mai, au Conservatoire impérial de UH-sifiue
et de déclamation. ■ - ..
Le nom et l'adresse do l'auteur scro.'ft inscrits
dans un pli cacheté, sur l'enveloppe duquel se
trouvera une épigraphe répétée en tùte du ma
nuscrit. •
Dans le cas où l'auteur du poëmc choisi ne se
rendrait pas en temps utile à fa cyrivoculion qui
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