Titre : Le Constitutionnel : journal du commerce, politique et littéraire
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1852-04-12
Contributeur : Véron, Louis (1798-1867). Rédacteur
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32747578p
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 12 avril 1852 12 avril 1852
Description : 1852/04/12 (Numéro 103-104)-1852/04/13. 1852/04/12 (Numéro 103-104)-1852/04/13.
Description : Note : un seul fascicule pour lundi et mardi. Note : un seul fascicule pour lundi et mardi.
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Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 06/02/2011
NUMÉROS 103 ET 104.
BiMiMlX ! rue de raletelPalalt-Rsyal), «•* 185-2.-LUNDI 18 ET MARDI 15 AVRIL.
HU DB L'ABONMEatCKT! .
pabis. 13 f. far trimefetmj
i partemens. 16 f. —
un numéro : 30 centimes.
>00* LES PAYS BTRANQHB9, 86 rejOTttt
aa tableau qui sera publié dans le joinuï,
1m io et m de ckaque moifj
Im abonnement datent du 1" et 16
de chaque moiti
9
S'adresser, franco, pour la rédaction, d£M. C bchivai- C iabigny, rédacteur en chef.
Les articles déposes ne sont pas rendu»
JOURNAL POLITIQUE, LITTÉRAIRE, UNIVERSEL.
!
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— A Strasbourg, chez M. ALKXANpai, mur l'Allemagrui I
S'admser, franco; four l'administration, à,M. D ehâin * directeur.
Les annonces sont reçues au bureandu j >urna); etjohexll. PANIS, régisseur, 10, place da la Bouise
PARIS, 1% AVRIL.
Nous npus empressons de publier la lettre
suivante, adressée par le général : €anrobert
au prince-Président de la République. Cette
lettre, dont on a bien voulu nous donner
communication, dissipera sans doute les illu
sions de ceux qui s'imaginent qu'il a suffi de
quelques mois pour guérir les plaies morales
dont souffre notre malheureux pays.
~ ' CUCUEVAL-CLARIGNY.
« Clamecy, le 4 avril 1852.
» Monseigneur,
» J'ai l'honneur de vous reîidre compte du
résultat de ma mission dans l'arrondîSse-
ment de Clamecy. .
» Tout ce que j'ai lu, tout ce que j'ai enten
du dire sur les ravages du socialisme dans
ce pays est bien au-dessous de la vérité ; je
suis ici àu cœur même de la démagogie.
» Le mal est immense, les plaies sont pro
fondes et encore toutes saignantes. Que les
incrédules viennent dans la Nièvre, qu'ils
voient ce que ce département était avant le
2 décembre, ce qu'il est encore, aujour
d'hui , qu'ils compulsent les dossiers de
£79 individus de Clamecy. condamnés, soit
par le conseil de guerre, soit par la commis
sion départementale, et quelle que soit leur
résolution de fermer les yeux, ils seront con
traints de les ouvrir et d'avouer que le grand
acte du 2 décembre a sauvé la société I
» Malgré tout mon désir, Monseigneur, de
remplir vos intentions en faisant une large
part à la clémence, il m'a été impossible de
l'étendre à plus de 52 indivivus, dont beau
coup encore sont simplement l'objet d'un
adoucissement de peine.
» En visitant les prisonsde cette ville, j'y ai
trouvé 42;individus, compromis politiques,
surj. lesquels les commissions mixtes n'a-
paient pas encore statué j'ai prononcé sur
leur sort en faisant sentir à tous,les effets de
votre miséricorde.
» Je suis avec un profond respect,
» Monseigneur, ,
» Votre très liumtle et très dévoué servi
teur,
» Le général de brigade, aide-de-camp
du Prince-président, commissaire
«extraordinaire, - C anrobert. »
Nous, recevons, sur le régime, de la trans
portât»® en Algérie, des reuseignemëns pré
cis qui montrent que le gouvernement a la
ferme volonté de concilier les nécessité* de
la politique avec l'h jmamté. Les missions
de clémence qui ont été données.successive-
ment à un comité spécial chargé de vérifier
les dossiers dès individus atteints par la
transportation, ei, plus récemment encore,
à M. Quentin-Baùchart, à M. le général Can-
robert, à M. le colonel Espinasse, ont J attesté
déjà la sollicitude du pouvoir et son désir de
distinguer soigneusement entre des hommes
égaras et repentans et les vétérans incorrigi
bles des sociétés secrètes. On aura remarqué
que cette honorable tâche a été confiée à un
conseiller d'État et à deux aides-de-camp du ;
Président de la République, à deux des plu3
braves officiers-généraux de notre jeune ar
mée, au général Canrobert,.q«i a,commandé
i'aSsaut à Zaatcba, aii colonel Espinasse, qui a
commandé l'assaut à Rome. Les journaux de
province nous apportent chaque matin- la
nouvelle de mises en liberté, ordonnées par
ces trois missi dominici de la commisération
et dû l'indulgence, qui, placés au-dessus des
passions de parti et des haines locales, peu
vent loyalement apprécier là situation de f
chacun. Ces intentions bienveillantes du
gouvernement sont complétées par les me
sures prises' en Algérie à l'égard des trans
portés politiques.
Les hommes qui avaient joué un rôle actif
daus les tentatives de jacquerie dé décembre
1851, oii qui étaient affiliés aux sociétés se
crètes, devaient d'abord être transportés, par-
lie à la Guyane, partie en Algérie. Cette pen
sée première a été modifiée. La Guyane fran
çaise a été i exclusivement' réservée aux re
pris de justice qui avaient trempé dans les
insurrections démagogiques; et aux établis-
semens pénitenciers formé avec le personnel
des bagnes. Grâce à cette modification, il a
été possible d'entrer immédiatement dans
Ja voie de la déportation effective appliquée
aux condamnés frappés par la justice ordi
naire dé peinesafflietivfcset infamantes. L'Al
gérie, c'esl-à-dire une terre déjà toute fran
çaise, réunissant toutes li s conditions possi
bles de sécuritéet de bien-être, dotée des ins
titutions de la mère-patrie, et située à cent
cinquante lieues de nos côtes, a été désignée
pour l'installation des nouveaux colons four
nis par îà mesure de la transportation poli
tique.
Si cette amélioration du sort des transpor
tés politiques a pu èti-e adoptée par le gou
vernement, il faut l'attribuer à l'heureux
changement qui s'est opéré en Algérie com
bine en France, parmi les populations un
instant égarées par les prédications anarchi-
3ues. On a dû remarquer que, lors du 2C
écembre, l'Algérie a volé assez mal. C 'est
que l'Algérie avait été profondément tra
vaillée et remuée par la-propagande déma-
fogique. Des sociétés secrètes s'étaient éta-
liesdâns les principaux centres, et ce pays
qui, avant la révolution de-18-18, ét=ût com-
Îlètement étranger à la politique , s'était
lissé peu à peu envahir par des idée® de dé
sorganisation sociale. Néanmoins, aucun dé-'
sordre n'y éclatait au mois de décembre
dernier et depuis lors une métamorpho
se s'est opérée dans lès esprits. Le calme le
ijlus grand y règne parmi ceux-là même qui,
es yeux fixés sur la date de mai i 852, atten
daient l«î signal d'une révolution nouvelle.
L 'influence des hommes d'ordre a remplacé
celle des conciliabules clandestins. Tout le
monde comprend que le rôle de l'Européen
«n Algérie est de dompter le solide produire
les richesses de la culture, de contenir une
race hostile, de fonder enfin une grande et
florissante colonie. La situation est telle, en
un mot, que le gouvernement pas hésité
à placer dans nos possessions africaines plu
sieurs milliers d'hommes signalés naguère
par leur exaltation révolutionnaire, et qui,
en toute autre circonstance, auraient pu être
pour l'Algérie des hôtes dangereux au point
de vue de la tranquillité publiqup.
Une fois la transportation politique en Al
gérie résolue et ordonnée, restait une ques
tion importante. Quel régime devait être im
posé à ces colons nouveaux? Un précédent
existait déjà. C'était la loi votée par l'Assem
blée législative le 25 juin 1850. On se rap
pelle en' effet que l'Assemblée avait décré
té la translation, en Algérie de tous les déte
nus de Belle-Isle, frappés de la peine de
transportation par la Constituante , et
non compris .dans les amnisties successi
ves. L'Assemhlée avait décidé que ces in
dividus, réunis sur les terres au domai
ne d"e l'Etat, y formeraient un établisse
ment disciplinaire spécial, distinct des colo
nies agncoles créées en vertu du décret du
1A septembre 1848 etdes'établissemens diri
gés par des colons libres. Conformément à
ce décret de l'Assemblée, un établissement
disciplinaire avait été fondé dans la province
de Constantine au pied des monts Aou-
rès, non loin des ruines célèbres de l'an-
eienne Lambessa. Trois années après le
débarquement des transportés"en Algérie,
ceux d'entre eux qui justifieraient d'une bon-
necondaitepoomierrtoMemrf^rtitre'pro^
visoire, la concession d'une habitation ou
d'un lot de terrain sur l'établissement. Une
nouvelle période de sejit années devait
leur en assurer la propriété définitive. Les
effets de la transportation cessaient pour tous
de plein droit au bout de dix années. Le Pré
sident de la République pouvait accorder des -
mises en liberté aux transportés, mais par
décisions individuelles et d'après l'avis du
conseil d'Etat.
Tel était le régime que le gouvernement
aurait pu étendre aax transportés politiques
de 1851. Il ap?nsé sagement qu'appliquer
à tous ce régime aurait quelque chose de
trop rigoureux. Il a compris que puis
que d'impérieuses nécessités amenaient en
Algérie une population nouvelle et impo
saient à l'Etat, pour la nourrir, pour l'ins
taller convenablement, pour la mettre en
état de travailler et de vivre, des dépenses
considérables, il fallait que ces nouveaux élé-
mens de prospérité coloniale tournassent au
profit de l'Algérie. L'étude attentive et in
telligente du personnel des nouveaux colons
l'a conduit à établir entre eux plusieurs ca
tégories.
Parmi les transportés politiques, il y en a
un certain nombre qui ont un avoir plus que
* iffisant; quelques-uns mêmes sont riches.
Cette mesure politique n'a pas pesé seule-
ment sur, les soldats de l'émeute qui font
lé coup de fusil et qui dressent des barrica
des : elle a atteint aussi des chefs trop pru-
dens pour commettre leurs personnes dans les
hasards d'une lutte armée, des organisateurs
de propagande anti-sociale, des meneurs en
habits noirs de sociétés secrètes. On compte
aussi, parmi eux, plusieurs ouvriers habiles
dans la pratique de tel ou tel métier. Il eût
été souverainement impolitique de destiner
c0s colons à la culture agricole, à laquelle ils
ne ont propres ni par leur éducation, ni par
leur faiblesse physique, ni par leurs goûts.
En outrp, il y avait 1 une économie nota
ble 'à leur fournir immédiatement les
moyens de subvenir à leurs besoins par leur
travail, ou de vivre au moyen de leurs res
sources personnelles. La dépense nécessaire
pôur l'installation et pour la nourriture de
chaque transporté politique en Algérie peut
êlpe évaluée à mille francs par tête pendant
la première année. Plusieurs millions eus
sent donc été nécessaires si l'on eût étendu
à .tous le régime de la loi de 1850. Le gou
vernement a cru avec raison qu'à l'égard de
ceux des nouveaux colons qui avaient quel
que fortune ou qui exerçaient un état lu
cratif, il suffisait de les placer dans les villes
du littoral, en se conteutaut dè prendre à
leur ég'ird la précaution de l'internement.
Les transportés qui peuvent être compris
dans cette catégorie ont accepte avec re
connaissance cet adoucissement à leur sort.
La plupart ont manifesté l'intention de
fair ' venir auprès d'eux leurs familles. Plu
sieurs ont sollicité des concessions de ter
rains pour fonder en Algérie des établis-
semens définitifs. Toutes ces. demandes
sont mises à l'élude d'Urgence et seront
favorablement accueillies. On peut raison
nablement espérer que,- fatigués des ora
ges de la politique, éclairés par l'expérience,
touchés de la bienvejtlah ce de l'administra
tion, ces transportés politiques deviendront,
en peu d'années, en Algérie, des ouvriers la
borieux, d'honorables industriels, des direc
teurs utiles d'établissemeus agricoles, au
lieu d'être pour la France, comme par If
passé, dés agens de désordre et des artisans
de guerre civile. ,
.Uneseconde catégorie doit être formée di s
transportés politiques qui présentent des ga-
rmties de bonne conduite et qui manifestent
èhs sentimens de résipiscence et de retour
au bien. Ceux-là, au lieu d'être soumis à la
discipline d'un établissement comme celui
de Lambessa, seront répartis dans les villa
ges déjà existans, et travailleront à l'état de
colons libres, sous la simple surveillance de
l'autorité. L'Etat, sans doute pendant un laps
de '«mps, devra faire quelques dépenses
pour eux : mais, dans un avenu prochain,
ces hommes entreront-dans le .cadre de la
colonisation libre. Placés sur des terres
feniies, reliées aux centres des populations
par de bonnes routes, dans des conditions
favorables d'irrigation et de salubrité, ces
colons nouveaux, dont beaucoup sontaccou-
tnmés aux travaux agricoles, ne tarderont
pas à être assimilés aux colons ordinaires.
Enfin le. régime de la transportation, d'a
près les bases de la loi de 1850, ne sera ap
pliqué qu'aux individus qui exigent, quant
a présent du moins, une surveillance active,
et qu'il faut metirs, pour leur intérêt même,
dans l'impossibilité de nuire. Toutefois l'ad
ministration ne négligera rien pour adou
cir leur situation. Loin de les entasser dans
un même lieu, à Lambessa, par exemple,
elle les distribuera par escouades discipli
naires dans plusieurs camps ou villages bien
situés et bien aménagés ; -ils n'y seront pla
cés qu'après que leur nourriture, leur loge
ment, leur coucher auront été assurés par
une installation convenable. Eufin, dés que
cela sera possible, on les élèvera à la condi
tion de colons libres ; on leur remettra des
lots de terre, on facilitera leur réunion avec-
leur famille. L'amélioration de leur sort dé-'
pendra dé leur travail et de leur soumission
aux lois salutaires de la morale et de la dis
cipline. Le gouvernement n'oubliera pas
qu'il ne s'agit point de condamnés propre
ment dits, niais d'hommes qui ont commis
de grandes fautes et qui peuvent les rache
ter par leur conduite future. On connaît le
cœur de Louis-Napoléon ; on sait qu'il incli
nera toujours aux mesures de clémence et
d'oubli.
; Tel sera le caractère de la transportation
politique de 1851, destinée, selon une paro
le célèbre, à faire trembler les méchans et à
rassurer les bons, mais essentiellement tem
poraire, adoucie dans le présent et dans l'a
venir par le zèle éclairé de l'administra
tion. Par ce moyen, on le voit , la colonisa
tion algérienne, cette grande œuvre de îà
France au XIX e siècle, recueillera le fruit de
ces sacrifices d'argent impo'sés à l'Etat par,le
malheur des temps. En*peu d'années, la po
pulation des colons forces'se confondra avec
celle des colons volontaires. Alors s'ouvrira
l'ère de conciliation et d'oubli, dont le Pré
sident de la République a parlé dans son
mémorable discours,lors de l'installation des
corps constitués.
Il nous reste à désigner les points du ter
ritoire algériènquisont réserves à la seconde
et à la troisièmè catégories des transportés
poli tifjt}e?;-Bans la|)rnviQee'd 1 Alger,ce sont-
les camps de Birkadem, de Douera et de la
Maison-Carrée, et trois des villages de 1849
(Bourkika, Aïri-Benian et Aïn-Suitan). Au
besoin, dans là même province, on pourrait
disposer des emplacemens de Tixeraïn et de
l'Oued-Boutan. Dans la province de Cons
tantine, outre la casbah de Bone, on pour
rait disposer du Caroubier et du Drcan.
Enfin, le baraquement de Mers-el-Kébir
pourrait être employé à la même destination
dans la province d'Oran. Il est certain que
nombre de ces emplacemens ne seront pas
nécessaires. Mais il était utile de fournir à
l'administration des moyens de pourvoir à
toutes les éventua 1 tés.
Cette importante affaire a été menée avec
la plus vive sollicitude et la plus grande célé
rité par l'administration algérienne et par
la direction centrale. Le ministre de la guer-
ré et le gouverneur-général de l'Algérie, di-
goes'interprètes de la pensée de Louis-Napo
léon, n'ont rien négligé pour ôter à la trans
portation jusqu'à l'apparence d'un acte de
ressentiment politique, pour lui donner le
caractère d'un établissement colonial utile à
l'Algérie, utile aux colons eux-mêmes.
henry catjvain.
A mesure que le moment approche où le
congrès du Zollverein doit se réunir à B"r-
lih, les exigences A s Etats allemands qui
s'étaient mis en opposition avec le program
me proposé par li Prusse, paraissent gra
duellement s'affaiblir. Lès conférences que
les commissures de la Bavière, de la Saxe,
du Wurtemberg, et de quelques autres petits
Etats, ont eues récemment à Bamberg et à
Darrnstadt n'ont pas produit les résultats
q^'on avait annoncés; du moins la résolution
pleine de gravité de faire sortir iu Zollve
rein Ses trois royaumes secondaires, dans le
cas où certaines conditions ne seraient pas
concédées par la Prusse, a été provisoirement
abandonnée. Parmi ces conditions la prin
cipale étaitrelative à l'admission de l'Autriche
au congrès du Zollverein, avec obligation de
né^ ocier l'entrée définitivede cette monarchie •
dans l'union douanière allemande, au bout
d'un intervalle déterminé qui e.ût été dequa-
tre ou cinqans.-Lâ Prusse tient ferme à son
programme; elle repousse péremptoire
ment toute participation de l'Autriche au
prochain congrès, mais elle ne se refuse point
a prendre l'engagement d'entrer en négocia
tion avec cette puissance aussitôt que le Zoll
verein sera reconstitué et complété par l'ac
cession effectivedePassociàlionhanovrienne..
L'époque de cetteaccessionétait fixée àl'année
prochaine par le traité du 7 septembre 1S51.
Une proposition d'ajourner les négociations
à rcette époque doit être faite par quelques
Etats intermédiaires, notamment par les du
chés de la Thuringe, Cette proposition est,
dit-on, assurée de l'assentiment de la Prusse
- .Toute la question est donc aujourd'hui de
savoir si l'Autriche se déclarera satisfaite de
cet ajournement à terme fixe. Le prince de
Scihwartzenberg, premier ministre de l'Autri
che, qui avait embrassé citte question d'ac
cession au Zollverein avec toute larésolution,
on pourrait même dire avec toute l'impétuo
sité de son caractère, voulait, dit-on, se
rendre en personne à Berlin pendant la réu
nion du congrès. 11 avait même., dit-on,
l'intention d'engager ''empereur à faire une
visite au roi de Prusse, afin d'épujser tou
tes les sollicitations avant de s'engager dans
une lutte déclarée dont l'issue eût été la,
dissolution du Zollverein et la formation de
deux unions douanières, l'une; du nord
l'autre du midi. Mais la mort du premier mi
nistre autrichien et l'attitude des Etats secon
daires qui, tout en désirant appuyer l'influenr
ce de l'Autriche, craignent pour leurs revenus
douaniers dans le cas où le Zollverein vien-
draitàsedissoudre,modifierontp"robablement
ces intentions du gouvernement impérial.
Sans renoncer à la détermination d'entrer à
une cerlaine époque dans la vaste associât 1 on
douanière de toute l'Allemagne, l'Autriche
acquiescera peut être à un ajournement pour
uû an des négociations, définitives à ce sujet,
etjpermettra ainsi au Zollverein de sortir de
la ciise qui menace son existence.
, Le secrétaire de la rédaction. l. bomface.
On nous écrit de Vienne, le 7 avril.
. « Une déclaration semi-officielle insérée dans
les journaux de Vienne de ce matin, confirme l'o
pinion que je vous ai émise-' avant -hier au sujet
des modifications que la moridu prince de Schwart-
zenberg pouvait apporter au système politique
actuel de l'Autriche. Ce système ne subira aucune
altération, ainsi que vous en trou rerez lapreuTe dans
le document ci—joint et traduit littéralement :
« La ïuupste nouvelle de la mort d» prince de
» Schwartzenberg a Cait naîti e cette question :
« Cet événement changera-t-il le système eïiatant?
» Quftcedoutesoitl'émanation deregretssincèresou
» l'expression de secrètes espérances, l'on ne saurait
» nier que le. système en question n'ait éprouvé
» une rude atteinte par la mort du prince qui en
» était l'un » les r.eprésentans ; mais ce système e»t immuable
» comme le fondement sur lequel il repose. Ce
» système, conséquence de la situation et des be-
» soins intimes de la monarchie, est l'incarnation
» de l'idée souveraine qui a donné naissance aux
» lettres de ■ cabinet des mois d 'août et de décem-
» *t>re. Le plu»-grantl avantage da- principe mo-
» "narchique en opposition au système, de bascule
» quf dciive du régime constitutionnel se trouve
» dans le pouvoir qui permet l'exécution énergi-
» que des choses bonnes et justes sans la moindre
» iritsrruption.
» Le système politique que le prince de Schwart-
» zenbtrg a i'.iuguré in: descendra pas avec lui
» dans la tombe. La direction et lés formes de dé-
» yelopperaent de nôtré vie politique resteront in-
» tactes et les mêmes. Les principes, organiques
qui ont été établis par les,ordonnances du. 31
» décembre «eront rais à exécution dans toute leur
h étendue. .Ces indications sures suffiront pour
y confirmer les ami? de l'Autriche dans leur con-
» fiance en la stabilité de nos. Etats pré«eris. »
„ » 4 heures et demie. '
» Jè viens de voir défiler l'imposant convoi du
prince dé Schwartzsnberg : l'empereur et le corps
diplomatique ont accompagné le cercueil jusqu'à
l'église paroissiale de Saint-Michel, "d'où, après la
cérémonie religieuse, le cortège s'est mis en route
pour accompagner à la gare du chemin de fer du
Nord les restes mortels du prineêqui seront trans
portés par un -train spécial en Bohême, où se trou
vent les caveaux funèbres de la famille de Schwart-
zeiiberg.
» L'arrivée, dé l'empereur à l'appartement où le 1
prince venait de rendre le dernier soupir a pré
senté une scène Saisissante; le jeune monarque
s'est agenouillé,; et, prenait une main déjà glacée
du cadavre,il l'a portée à ses lèvres. •
» S. M. l'empeieur a adressé la lettre suivante
au prince régnant Adolphe de Schwartzenberg :
>. a Mon cher prince,
» La divine Providence a soumis à une rude
famille. Lastort subite du princeïé-
lixde schwartzenberg est pour moi personnellement
et pour l'Etat u ri événement d'unegrahde portée. Je'
perds en lui un fidèle serviteur et un ami loyal, et
la patrie un homme qui, dans des temps orageux,
s'est dévoué à ma maison avéc un rare courage et
s'est-depuis consacré à la tâche dont il avait été
chargé, de conserver l'ordre public et le trône
avec une abnégation et un succès si grand, que
son nom occupera une place éternellement glo
rieuse dans les annale3 de l'Autriche.
» Agréez, mon cher prince , l'assurance de l'in
térêt profond et l'expression des regrets dont mon
ame est agitée auprès de la tombe du défunt.
» Signé françois-joseph,
# Tienne, 7 avril i 852. »
Le corps législatif recevra demain mardi,
13 avril, une* communication du gouverne
ment. Cette communication est relative à la
présentation d'un projet de loi sur la réha
bilitation des condamnés.
Nous croyons savoir que lé prince-Prési
dent s'occupe de la rédaction de son Mes
sage, mais il ne sera présenté que dans quel
ques jours au corps législatif.
C'est décidément le 10 mai qu'aura lieu
au Champ-de-Mars la grande revue pour la
distribution des aigles. Tous les régimens du
raypn de ?aiis y figureront en entier. Les
autres régimens de l'armée française seront
rî^rré^nt^pâr îéur colonel "et par une dé-
putation. -
Le 9, une fête sera donnée à l'école Mili
taire par l'armée française au Président de
la République, qui a accepté l'invitation..
Avant le bal, un. feu d'artifice , préparé
par les soins du régiment d'artillerie en gar
nison à Yincennes, sera tiré sur les hauteurs
de Chaillot qui font face au Champ-de-Mars.
Le Moniteur a publié hier le décret sui
vant qui réglemente l'enseignement des ly
cées. L'abondance des matières nous force à
ajourner l'exposé des motifs dont ce décret
est précédé.
Louis- n apoléon , Président de la République
française, sur le rapport du ministre de l'instruc
tion publique et des cultes,
Vu l'art. 7 du décret du 9 mars 1852,
Le conseil supérieur de l'instruction publique
entendu,
Décrète: '
Art. t". Indépendamment de la division élé
mentaire qui sera établie, s.'ily a lieu, pour pré
parer les enfatis à l'enseignement secondaire, les
lycées .comprennent nécessairement deux divi
sions : la division de grammaire, comnjane à tous
les élèves, et la division supérieure, où les lettres
et les sciences forment la base-de deux enseigne-
mens distincts.
. Art. 2. Après un examen constatant qu'ils sont en
éiât de suivre les classes, les élèves sont admis
dans la division de grammaire, qui embrasse les
trois année? de sixième, de cinquième et de qua
trième. ,
Chacune de ces trois années est consacrée, sous
la direction du même professeur :
1° A l'étude des grammaires française, latine et
grecque;
2° A l'étude de la géographie et dç l'hisi ire de
France.
L'arithmétique est enseignée, en quatrième, nr(e
fois par semaine, à l'heure ordinaire des classes.
'■À. l'issue de la quatrième, les élèves subissent
un examen, appelé examen de grammaire, dont le
résultat est constaté par un certificat spécial, in
dispensable pour passer dans la division supé
rieure.
Art. 3. La division supérieure est partagée en
deux sections. ,
L'enseignement de la première section a pour
objet la culture littéraire, et ouvre l'accès des Fa
cultés des lettres L'enseignement de la seconde section prépareaux
professions commerciales èt industrielle::,aux éco
les spéciales, aux Facultés des sciences et de mé
decine. >
Les études littéraires et historiques embrassent,
comme par le passé, l«s classes de troisième, de
seconde et de rhétorique.
Les études scientifiques ont lieu pendant trois
années correspondantes.
Les langues vivantes sont enseignées pendant
les trois années dans les deux sections.
L'^s programmes indiqueront les autres études
qui pourront être communes aux deux enseigne-
tnens."
T Une dernière année, dite de logique, obligatoire
pour les deux catégories d'élèves, a particulière
ment pour objjt .l'expo-iiion tles opérations de
l'entendement, et l'application des principes gé
néraux de l'art de penser à l'étude des sciences et
des lettres.
Art. i. "Des conférences sur là religion et sur la
morale, correspondant aux différentes divisions,
sont fartes par l'aumônier ou sous sa direction. El
les font nécessairement partie du plan d'études
des lycées. Le programme en est dressé directe
ment par l'évèque diocésain.
Des mesures analogues sont prescrites pour les
élèves des cultes non catholiques reconnus.
Art.. 5. L'école normale supérieure prépare aux
grades de licencié ès-lettres, de licencié ès-scien-
ces et à la pratique des meilleurs procédés d'en
seignement et de discip ine scolaire.
: Cette école est essentiellement littéraire et scien
tifique; la philosophie y est euseignée comme une
méthode d'examen pour connaître les procédés d?
l'esprit humain dans les lettres et dans les scien
ces, . . . ; '
Les élèves de l 'école normale supérieure qui au
ront subi avec succès les examens de sortie seront
chargés de cours dans les lycées.
■ Art.. 6; Pour obtenir le titre de professeur dans
du lycée, il fsut être agrégé à la. suite..ûiiuflfe
épreuve publique. —
> Ait. 7.11 y a deux sortes d'agrégation, l une
pour les lettres, l'autre pour les sciences.
Les candidats doivent être âgés de vingt-cinq
ans, avoir fait la c'assc pendant cinq ans et être
pourvus du diplôme de licencié ès-lettres ou de
deux au moins des trois diplômes de licencié ès-
sciencfs. .
j Ils doivent produire, en outre, une autorisation
ministérielle.
Les trois années passées à l'école Normale se
ront comptées pour deux années de classes; il en
sera de thème du diplôme de docteur ès-lettres ou
de docteur èsrsciences. -
Les, examens de l'agrégation portent unique-v
ment sur les matières qui fontTobjet .des étqdes
secondaires et ont pour but de constater lac- pa
rité des . candidats et leui expérience dans les
fonctions de l'enseignement.
'Art. 8. L'examen du baccalauréat ès-lettrés est
divisé eh deux parties' : ' " '
-i 1° L'épreuve écrite, qui consiste en deux com
positions; . ' '
2°L'épreuve orale, qui comprend l'explication
des auteurs grecs, latins et français désignés'cha
que année par le ministre en conseil supérieur, et
lès questions posées par lés membres du jury sur.
toua les objets de l'enseignement téraire'dts lycées.
' es programmes nouveaux indiquerontsommai-,
remènt les matières sur lesquelles ces questions
devront porter.
Art. 9. Il y a un seul baccalauréat ès-scienceS.
i Les candidats sont dispensés de produire le di
plôme de bachelier ès-lettres.
ï Les-épreuves sont de deux sortes : * . '
l^detix j»mpôsiti2" Questions orales embrassant tout ce qui fait
l'objet de l'enseignement de la section scientifique
des lycées.
; Art. 10. Les candidats, soit au bacaclauréat ès-
lqttres, soit au baccalauréat ès-sciences, qui n'ont
pâs satisfait à l'épreuve écrite, ne sont pas admis
: à l'épreuve orale.
; Art. 11. Les parties les plus élevéps des mathé
matiques , de la physique, de la chimie et de
•l'histoire naturelle, qui étaient comprises dans les
anciens programmes du baccalauréat ès-sciences
nîathématiques et du baccalauréat ès-sciences
physiques, sont reportées à l'examen des trois li
cences ès-sciences mathématiques, ès-sciences
physiques et ès-sciences naturelles, qui demeu
rent distinctes.
■Art. 12. Les étudians des Facultés de médecine
et des écoles- supérieures dé pharmacie sont dis
pensés de produire le diplôme de bachelier ès-let
tres. ils doivent produire le diplôme de bachelier
ès-sciences avant dt- prendre la premièrè inscrip
tion.
Art. 13. Chaque année, les t& de droit doivent se faire inscrire à deux cours
de la Faculté les lettres.
; Art. 14. I es programmes détaillés des cours
professés dans les Facultés des lettres sont soumis-
annuellèment par le recteur, avec l'avis de la Fa
culté, à l'approbation du ministre de l'instruction
publique.
{Art. 15. Les professeurs des Facultés de droit,
de médecine, des lettres, des sciences et des écoles
supérieures de pharmacies'assureront, par des ap-
péls ou par tout autre moyen, de l'assiduité de
iébrs auditeurs. ^ - ,
îÀrt. 16. Les nouveaux programmes'd'études et
d'examen prévus par le présent décret, seront soU-
mïs au conseil supérieur dans sa prochaine ses
sion. " ; •
;Art. 17. Les anciens agrégés de grammaire, des
classes supérieures, des lettres, d'histoire et de
philosophie sont aptes à recevoir le titre de pro
fesseurs des lettrés. . ■
Les anciei-.s agrégés de màthématiques et de
physique sont aptes à recevoir le titre ae profes
seurs des sciences.
Art. 18. Le présent décret sera mis a exécution
à partir du I e " octôbrè prochain.
nouvelles étrangères.
.Nous résumons brièvement les nouvelles
qui nous sont arrivées hier et aujourd'hui :
xondres , 10 avril.—La discussion entre les ou
vriers mécaniciens et leurs patrons, qui, depuis le
10 janvier, arrêtait les travaux dans unë de leurs
branches les plus importantes, doit être regar
dée comme terminée à dater du 10 avril. Le ré
sultat n'en pouvait être que ce qu'ilaété. Après trois
mois de trouble général et de souffrances person
nelles, après une perte immense d'argent èt un
énorme danger commercial, après la perte du tra
vail d'un trimestre en commotions, en conflits, les
ouvriers inoccupés ont accepté les conditions de
ieùrs patrons èt retiré les prétentions qui.avaient
fart naître cette dissension. (Times.)
j—Des nouvelles de Lisbonne, en datedu 31 mars,
annoncent que les portés ont été prorogées au 20-
mai, non parce que 'es ministres ont été battus
par 52 voix contre 30 dans la question de l'aboli
tion de la peine càJitàleen matière politique, mais
P'tce qu'on avait le bonnes raisons de croire que
la'chambre des députés voulait rejeter le projet
de: capitalisation. On croit que pendant la proro
gation le ministère demandera,pour l'exécuter,des
pouvoirs extraordinaires à Sa Majesté. (Standard.)
— On écrit d Oporto, 30 mai :
« La perte du steamer portugais Porto a répan-
dii la consternation dans notre ville. Tous les pas
sagers, au nombre de 36, ont péri, et l'on n'a sauvé
que 7 hommes de l'équipage. Ce malheureux na
vire, parti samedi matin pour Lisbonne, a donné
le soir, vers six heures, sur des roches nômmées
le's Forcados et a été démoli en peu de temps. On
n'a pas encore retrouvé les corps des victimes. »
' .. (Idem.)
HADRiD, 6 avril. — Ce matin ont été saisis :
El\ Clamor Publico, la A'acïon. el Constitucional,
laà, Novedades et el Heraldo. Ces journaux ont ete
obligés de aire une nouvelle édition pour paraître.
(Heraldo.)
Du 7. — Aujourd'hui, el, Clamor publico , la
'Nation et el Heraldo, ont encore été obligés de
supprimer plusieurs articles par ordre de la cen
sure, .pour pouvoir paraître. 4
Nous avons parlé, il y a quelque temps, de la
saisie du journal la Nation, qui avait publié un
article offensant pour la personm du prince-Pré
sident de la République française, et de l'arresta
tion du gérant de ce journal. Les conclusions dii
fiscal (ministère public) ont été signill: es au gé
rant. Le fiscal conclut à 39,000 réauy d'amende
et six mois de pristn. * e gérant conteste,et l'affai
re doit être portée devant les tribunaux. La dé-
fenfe du journal la Navion sera présentée par
M. Sagasti, directeur du journal.
constantinople , 27 mars.—La police a arrêté
environ soixante Italiens à Andrinopie. Ils avaient
parcouru la rue Gallouki-Calice en criant : Vive
la république! Ils portaient un drapeau tricolore;
ils ont été livrés au ministre de la police.
! (Presse de Vienne.)
ï ST ouy elles diverses.
: PARIS, 12 AVKIL.
i = CODES DE LA BOURSE.
COURS DB CLOTURE : le 10 le 12 HAUSSE. BAISSE.
30/0aucompt. 71.55 72.10 » 45 » »
—Fin du mois. 71.60 72.40 » 80 » »
41/2aucompt. 101. » 101.23 < » 25 ' » »
—Fin du mois. 101. » 101.80 » 50 » »
La fête- de Pâques a' été cé'ébrée avec beaucoup
d'éclat à Paris. Les communians ont été très nom
breux, surtout à N >tre-Dame. où Mgr. l'archevê-
-qucile Parig'a-BtHcié pontificalcment. On a remaiv»
qué la richesse des nouveaux costumes qu'il avait
revêtus en adopiant la nouvelle liturgie qui paraît
prévaloir dans presque tous les diocèses deFranee.
Il port il la mitre surbaissée . telle qu'elle est re
présentée dans le beau portrait du prélat ' que M.
Court a exposé cette année au Salon. -
Les offices de l'après-midi n'ont pas été moin
suivis que ceux du matin. Partout les plus cé'è-
bres de nos prédicateurs ont-fait appel à la chari
té des fidèles, et les quêtes spéciales qui ont été
faites pour les pauvres dans toutes les églises pa
raissent avoir,été très productives. •
— Une grande revue ; a été passée aujourd'hui
dai s la cour du Carrousel, par le Président de la
République, Il y q . eu distribution de croix et de
médailles d'honneur. A une heure et demie, le
prince-Président, accompagné d'un nombreux état-
jmajor, est sorti des Tuileries par le guichet du
Pont-Royal, a traversé le pont et a suivi le quai
de la rive gauche, pour retourner à l'Elysée.
— On fait au ministère de la marine les prépa
ratifs d'une grande fête qui sera donnée la semai
ne prochaine. ,.
— M. le garde-des-sceaux, ministre de la jus
tice, recerra mardi 13 avril et les mardis suivans.
— M. le ministre des finances recevra le mardi
13 avril et les mardis suivans.
— Le ministre de la marine et des colonies ne
recevra pas le mardi 13 avril.
: —L'armement de la garde nationale de Paris se
poursuit. On assure que la reconnaissance de?
commandans de bataillons et des officiers aura lieu
le ?0 avril.
— M. le colonel Espinasse , aide-de-caffip du
prince — Président, envoyé comme commissaire
extraordinaire dans les dépaitemens du Sud-Ouest
est arrivé vendredi à Bordeaux, de retour de «a
tournée. "
— Dans la mâtinée du 9, a mouillé en petite
rade de Toulon la frégate la Constitution, com
mandée par M. Favin-Lévèque. venant de Monte
video, d'où elle est partie le 26 décembre Elle a '
laissé sur les lieux la Panthère] la Zénobie. F Aube
la Fortune et le Flambard; '
. La Constitution \ient de terminer une très Ion-
pie campagne : partie de Toulon sous le nom de
Charte , le 7 mai 1847, elle n'y rentre qu'après
;une absence de près de cinq ans. . r
; — La corvette la Prudente, venant de l'extré
mité de la côte sud, est arrivée dans l»s Dre
miers jours de février, à Panama. A cette date
•le pays était encombré par une immense Quan
tité d'émigrans arrivés d'Europe et d'Améri-
raue, et qui attendaient les moyens de -transuort
nécessaires pour se rendre à San-Frannsco^ La-
Prudente, devait effectuer prochainement son re-
tour en France, Létat sanitaire de l'équipage était
j— M. Avron, lieutenant-colonel du 21 e de li
gne, est nommé colonel du t" de ligne, en rem
placement de M. Baillou, nommé comnfandant de
place à Strasbourg.
— Une comps^ie vient de se constituer à N c w-
Yprk, au capital de2,500,000 dollars, pour l'ouver
ture d une nouvelle route vers la Californie par
Vera-Cruz ; de la par terre on atteindra la rivière
Mascala, d'où on fera cinq cents milles par bateau
,à vapeur jusqu'au Pacifique.
' .-Trois soldats du 30' de Ugne.aui se rendaient
hier soir au fort de Bicètre, ont été, en passant
sur le boulevard extérieur, près de a barS de
Fontainebleau, soudainement assaillis par nln
sieurs individus qui les ont frappés en les mena
çant de mort. Ayant réussi à tirer leur sabre le'
militaires se sont vigoureusement défendus' et
sont parvenus à se débarrasser des assaillans 'oui
oiit pris la fuite à l'approcha d'une patrouille et
d habitans du voisinage attirés par les cris des mi ■
litaires ,e< accourant à leur aide. Un des assail-
lans grièvement atteint d'un coup de sabre, a été
arrête. On est à la recherche de ses complics.
, " L audition des témoins se prolonge d a n q l'af
faire de Capestang. Nous recevons aufourd'hui le
compte-rendu de l'audience du 9 qui ne révèle an
cUn lait nouveau.
~~ dans le Courrier de la Dràme du 10
avril:
d ®. tenus .P°! iti ques parmi lesquels
on comptait deux des principaux chefs de I'insur-
rection de décembre, les nommés Marisard, tuilier
et ; Coulet, ancien notaire, ont été extraits le S avril
des prisons de Largentière et dirigés sur Privas
d&he^ ° rdre émaIié de M ' le P réfe t de l'Ar-
On lit dans le Courrier de la Gironde du 0
,./i4 a vlf te a quitté hier le mouillage
de I île Verte, ou elle stationnait depuis environ
uri mois . L lsly qui avait commencé à chauffer
des le point du jour, s'est dirigée à toute vapeur
vers e bas de la rivière,'et a dû mettre en mer
dans la j0nrnee. L'isly se rend à Oran. C'est sur
oe.poinl que les convojs partis soit de Blave soit
dfr ; Toulon, doivent être dirigés, en attendant que
les préparatifs d installation qup l'nn
Lambessa pour recevoir "es exilés soient terminés
Cette fregate emporte à son bord 3S0 détenu» »o-
litiques, originaires, pour la plup rt lu d partc-
ment de Lot et-Garonne; quelques-uns s b ulLient
appartiennent soit à Bordeaux, oit u denane-
«ent de la Gironde. '• --- ueparie-
. se compo e dé 400 ma
telëts et de 20 officiers; un peloton de 50 sold 't=
,. . de ligne, commandes par un capitaine-leur
a été adjoint. En y comprenant les détenus l'é
quipage et la troupe de ligne, le personnel installé
^ ainsi «n effect.f de 820 a
» Deux frégates à vapeur, qui doivent prendra
dans leur entrepont le reste des pnsoamerri "ti
ques encore détenus dans l'hôpital delà citadelle
Gironde 6 » S0D "° n ' P rocha inement attendus en
— On lit dans la Gazette de Gênes du 8 avril •
« Charles Bonaparte, prince de Canmo, a quitté
Civita-Vecchia. Il s'est embarqué> comme simnl^
passager, sur le naquebot à vapeur français n»
dustrie II a touché 1 hier à Livourne' et f « e xenà
a Marseille, en passant par Bastia. » -
— On écrit de Venise, le 6 avril aiw> 1 p
vernement français a donné l'autorisation JceT
saire pour la translation" du corps du mar^hti
Marmont à Chàtillon. • 1 maréchal
— Le 7 de ce mois, le tribunal de police de Gé.
nés a, malgré les conclusions du procureur du roi
condamné à huit livres d'amende et huit jours dé '
prison, le chanoine Ambrojse VerceUoni, prévôt de
leglise métropolitaine de Saint-Laurent i.«„r
contravention à une disposition de la police'ni mi
cipale, prohibant le bruit des cloches pour™;
cérémonies funèbres ou de réjouissance, pendant
plus de dix mmutes dans l'intervalle d'une heure.
— Une correspondance de Lucerne annota
qu'une compagnie française propose de se chS
de la ligne de fer qui doit rélier Lucerne
Wohlhausen, Willisau et Zofingue, à la vflle de ■
Bàle, ou aboutissent déjà les chemins de fer Van
çais et allemands.
— Ou lit dans la Suisse; àu 10 avril • v
« Le conseil fédéral a décidé dWcKer' à 1,
Monnaie, a Paris, 26 à 27 mille écus de Brabant
qui se trouvent dans les caisses fédérales pour W
faire convertir en pièces de 5 fr. »
enfant de Quinze 3ns« a /■»
lepbnt, près Thourotte, chez ses paren S , est venù
dans la nuit du a avril, se placer sur '& 3Ï
chemin de fer de Saint-Quentin, entre ks Sons
avril
BiMiMlX ! rue de raletelPalalt-Rsyal), «•* 185-2.-LUNDI 18 ET MARDI 15 AVRIL.
HU DB L'ABONMEatCKT! .
pabis. 13 f. far trimefetmj
i partemens. 16 f. —
un numéro : 30 centimes.
>00* LES PAYS BTRANQHB9, 86 rejOTttt
aa tableau qui sera publié dans le joinuï,
1m io et m de ckaque moifj
Im abonnement datent du 1" et 16
de chaque moiti
9
S'adresser, franco, pour la rédaction, d£M. C bchivai- C iabigny, rédacteur en chef.
Les articles déposes ne sont pas rendu»
JOURNAL POLITIQUE, LITTÉRAIRE, UNIVERSEL.
!
On s'abcrm", dam U» dêpartemnî, aux Messagerie» et aux Directions de poste.—A Londres, chez MM. Coins I
— A Strasbourg, chez M. ALKXANpai, mur l'Allemagrui I
S'admser, franco; four l'administration, à,M. D ehâin * directeur.
Les annonces sont reçues au bureandu j >urna); etjohexll. PANIS, régisseur, 10, place da la Bouise
PARIS, 1% AVRIL.
Nous npus empressons de publier la lettre
suivante, adressée par le général : €anrobert
au prince-Président de la République. Cette
lettre, dont on a bien voulu nous donner
communication, dissipera sans doute les illu
sions de ceux qui s'imaginent qu'il a suffi de
quelques mois pour guérir les plaies morales
dont souffre notre malheureux pays.
~ ' CUCUEVAL-CLARIGNY.
« Clamecy, le 4 avril 1852.
» Monseigneur,
» J'ai l'honneur de vous reîidre compte du
résultat de ma mission dans l'arrondîSse-
ment de Clamecy. .
» Tout ce que j'ai lu, tout ce que j'ai enten
du dire sur les ravages du socialisme dans
ce pays est bien au-dessous de la vérité ; je
suis ici àu cœur même de la démagogie.
» Le mal est immense, les plaies sont pro
fondes et encore toutes saignantes. Que les
incrédules viennent dans la Nièvre, qu'ils
voient ce que ce département était avant le
2 décembre, ce qu'il est encore, aujour
d'hui , qu'ils compulsent les dossiers de
£79 individus de Clamecy. condamnés, soit
par le conseil de guerre, soit par la commis
sion départementale, et quelle que soit leur
résolution de fermer les yeux, ils seront con
traints de les ouvrir et d'avouer que le grand
acte du 2 décembre a sauvé la société I
» Malgré tout mon désir, Monseigneur, de
remplir vos intentions en faisant une large
part à la clémence, il m'a été impossible de
l'étendre à plus de 52 indivivus, dont beau
coup encore sont simplement l'objet d'un
adoucissement de peine.
» En visitant les prisonsde cette ville, j'y ai
trouvé 42;individus, compromis politiques,
surj. lesquels les commissions mixtes n'a-
paient pas encore statué j'ai prononcé sur
leur sort en faisant sentir à tous,les effets de
votre miséricorde.
» Je suis avec un profond respect,
» Monseigneur, ,
» Votre très liumtle et très dévoué servi
teur,
» Le général de brigade, aide-de-camp
du Prince-président, commissaire
«extraordinaire, - C anrobert. »
Nous, recevons, sur le régime, de la trans
portât»® en Algérie, des reuseignemëns pré
cis qui montrent que le gouvernement a la
ferme volonté de concilier les nécessité* de
la politique avec l'h jmamté. Les missions
de clémence qui ont été données.successive-
ment à un comité spécial chargé de vérifier
les dossiers dès individus atteints par la
transportation, ei, plus récemment encore,
à M. Quentin-Baùchart, à M. le général Can-
robert, à M. le colonel Espinasse, ont J attesté
déjà la sollicitude du pouvoir et son désir de
distinguer soigneusement entre des hommes
égaras et repentans et les vétérans incorrigi
bles des sociétés secrètes. On aura remarqué
que cette honorable tâche a été confiée à un
conseiller d'État et à deux aides-de-camp du ;
Président de la République, à deux des plu3
braves officiers-généraux de notre jeune ar
mée, au général Canrobert,.q«i a,commandé
i'aSsaut à Zaatcba, aii colonel Espinasse, qui a
commandé l'assaut à Rome. Les journaux de
province nous apportent chaque matin- la
nouvelle de mises en liberté, ordonnées par
ces trois missi dominici de la commisération
et dû l'indulgence, qui, placés au-dessus des
passions de parti et des haines locales, peu
vent loyalement apprécier là situation de f
chacun. Ces intentions bienveillantes du
gouvernement sont complétées par les me
sures prises' en Algérie à l'égard des trans
portés politiques.
Les hommes qui avaient joué un rôle actif
daus les tentatives de jacquerie dé décembre
1851, oii qui étaient affiliés aux sociétés se
crètes, devaient d'abord être transportés, par-
lie à la Guyane, partie en Algérie. Cette pen
sée première a été modifiée. La Guyane fran
çaise a été i exclusivement' réservée aux re
pris de justice qui avaient trempé dans les
insurrections démagogiques; et aux établis-
semens pénitenciers formé avec le personnel
des bagnes. Grâce à cette modification, il a
été possible d'entrer immédiatement dans
Ja voie de la déportation effective appliquée
aux condamnés frappés par la justice ordi
naire dé peinesafflietivfcset infamantes. L'Al
gérie, c'esl-à-dire une terre déjà toute fran
çaise, réunissant toutes li s conditions possi
bles de sécuritéet de bien-être, dotée des ins
titutions de la mère-patrie, et située à cent
cinquante lieues de nos côtes, a été désignée
pour l'installation des nouveaux colons four
nis par îà mesure de la transportation poli
tique.
Si cette amélioration du sort des transpor
tés politiques a pu èti-e adoptée par le gou
vernement, il faut l'attribuer à l'heureux
changement qui s'est opéré en Algérie com
bine en France, parmi les populations un
instant égarées par les prédications anarchi-
3ues. On a dû remarquer que, lors du 2C
écembre, l'Algérie a volé assez mal. C 'est
que l'Algérie avait été profondément tra
vaillée et remuée par la-propagande déma-
fogique. Des sociétés secrètes s'étaient éta-
liesdâns les principaux centres, et ce pays
qui, avant la révolution de-18-18, ét=ût com-
Îlètement étranger à la politique , s'était
lissé peu à peu envahir par des idée® de dé
sorganisation sociale. Néanmoins, aucun dé-'
sordre n'y éclatait au mois de décembre
dernier et depuis lors une métamorpho
se s'est opérée dans lès esprits. Le calme le
ijlus grand y règne parmi ceux-là même qui,
es yeux fixés sur la date de mai i 852, atten
daient l«î signal d'une révolution nouvelle.
L 'influence des hommes d'ordre a remplacé
celle des conciliabules clandestins. Tout le
monde comprend que le rôle de l'Européen
«n Algérie est de dompter le solide produire
les richesses de la culture, de contenir une
race hostile, de fonder enfin une grande et
florissante colonie. La situation est telle, en
un mot, que le gouvernement pas hésité
à placer dans nos possessions africaines plu
sieurs milliers d'hommes signalés naguère
par leur exaltation révolutionnaire, et qui,
en toute autre circonstance, auraient pu être
pour l'Algérie des hôtes dangereux au point
de vue de la tranquillité publiqup.
Une fois la transportation politique en Al
gérie résolue et ordonnée, restait une ques
tion importante. Quel régime devait être im
posé à ces colons nouveaux? Un précédent
existait déjà. C'était la loi votée par l'Assem
blée législative le 25 juin 1850. On se rap
pelle en' effet que l'Assemblée avait décré
té la translation, en Algérie de tous les déte
nus de Belle-Isle, frappés de la peine de
transportation par la Constituante , et
non compris .dans les amnisties successi
ves. L'Assemhlée avait décidé que ces in
dividus, réunis sur les terres au domai
ne d"e l'Etat, y formeraient un établisse
ment disciplinaire spécial, distinct des colo
nies agncoles créées en vertu du décret du
1A septembre 1848 etdes'établissemens diri
gés par des colons libres. Conformément à
ce décret de l'Assemblée, un établissement
disciplinaire avait été fondé dans la province
de Constantine au pied des monts Aou-
rès, non loin des ruines célèbres de l'an-
eienne Lambessa. Trois années après le
débarquement des transportés"en Algérie,
ceux d'entre eux qui justifieraient d'une bon-
necondaitepoomierrtoMemrf^rtitre'pro^
visoire, la concession d'une habitation ou
d'un lot de terrain sur l'établissement. Une
nouvelle période de sejit années devait
leur en assurer la propriété définitive. Les
effets de la transportation cessaient pour tous
de plein droit au bout de dix années. Le Pré
sident de la République pouvait accorder des -
mises en liberté aux transportés, mais par
décisions individuelles et d'après l'avis du
conseil d'Etat.
Tel était le régime que le gouvernement
aurait pu étendre aax transportés politiques
de 1851. Il ap?nsé sagement qu'appliquer
à tous ce régime aurait quelque chose de
trop rigoureux. Il a compris que puis
que d'impérieuses nécessités amenaient en
Algérie une population nouvelle et impo
saient à l'Etat, pour la nourrir, pour l'ins
taller convenablement, pour la mettre en
état de travailler et de vivre, des dépenses
considérables, il fallait que ces nouveaux élé-
mens de prospérité coloniale tournassent au
profit de l'Algérie. L'étude attentive et in
telligente du personnel des nouveaux colons
l'a conduit à établir entre eux plusieurs ca
tégories.
Parmi les transportés politiques, il y en a
un certain nombre qui ont un avoir plus que
* iffisant; quelques-uns mêmes sont riches.
Cette mesure politique n'a pas pesé seule-
ment sur, les soldats de l'émeute qui font
lé coup de fusil et qui dressent des barrica
des : elle a atteint aussi des chefs trop pru-
dens pour commettre leurs personnes dans les
hasards d'une lutte armée, des organisateurs
de propagande anti-sociale, des meneurs en
habits noirs de sociétés secrètes. On compte
aussi, parmi eux, plusieurs ouvriers habiles
dans la pratique de tel ou tel métier. Il eût
été souverainement impolitique de destiner
c0s colons à la culture agricole, à laquelle ils
ne ont propres ni par leur éducation, ni par
leur faiblesse physique, ni par leurs goûts.
En outrp, il y avait 1 une économie nota
ble 'à leur fournir immédiatement les
moyens de subvenir à leurs besoins par leur
travail, ou de vivre au moyen de leurs res
sources personnelles. La dépense nécessaire
pôur l'installation et pour la nourriture de
chaque transporté politique en Algérie peut
êlpe évaluée à mille francs par tête pendant
la première année. Plusieurs millions eus
sent donc été nécessaires si l'on eût étendu
à .tous le régime de la loi de 1850. Le gou
vernement a cru avec raison qu'à l'égard de
ceux des nouveaux colons qui avaient quel
que fortune ou qui exerçaient un état lu
cratif, il suffisait de les placer dans les villes
du littoral, en se conteutaut dè prendre à
leur ég'ird la précaution de l'internement.
Les transportés qui peuvent être compris
dans cette catégorie ont accepte avec re
connaissance cet adoucissement à leur sort.
La plupart ont manifesté l'intention de
fair ' venir auprès d'eux leurs familles. Plu
sieurs ont sollicité des concessions de ter
rains pour fonder en Algérie des établis-
semens définitifs. Toutes ces. demandes
sont mises à l'élude d'Urgence et seront
favorablement accueillies. On peut raison
nablement espérer que,- fatigués des ora
ges de la politique, éclairés par l'expérience,
touchés de la bienvejtlah ce de l'administra
tion, ces transportés politiques deviendront,
en peu d'années, en Algérie, des ouvriers la
borieux, d'honorables industriels, des direc
teurs utiles d'établissemeus agricoles, au
lieu d'être pour la France, comme par If
passé, dés agens de désordre et des artisans
de guerre civile. ,
.Uneseconde catégorie doit être formée di s
transportés politiques qui présentent des ga-
rmties de bonne conduite et qui manifestent
èhs sentimens de résipiscence et de retour
au bien. Ceux-là, au lieu d'être soumis à la
discipline d'un établissement comme celui
de Lambessa, seront répartis dans les villa
ges déjà existans, et travailleront à l'état de
colons libres, sous la simple surveillance de
l'autorité. L'Etat, sans doute pendant un laps
de '«mps, devra faire quelques dépenses
pour eux : mais, dans un avenu prochain,
ces hommes entreront-dans le .cadre de la
colonisation libre. Placés sur des terres
feniies, reliées aux centres des populations
par de bonnes routes, dans des conditions
favorables d'irrigation et de salubrité, ces
colons nouveaux, dont beaucoup sontaccou-
tnmés aux travaux agricoles, ne tarderont
pas à être assimilés aux colons ordinaires.
Enfin le. régime de la transportation, d'a
près les bases de la loi de 1850, ne sera ap
pliqué qu'aux individus qui exigent, quant
a présent du moins, une surveillance active,
et qu'il faut metirs, pour leur intérêt même,
dans l'impossibilité de nuire. Toutefois l'ad
ministration ne négligera rien pour adou
cir leur situation. Loin de les entasser dans
un même lieu, à Lambessa, par exemple,
elle les distribuera par escouades discipli
naires dans plusieurs camps ou villages bien
situés et bien aménagés ; -ils n'y seront pla
cés qu'après que leur nourriture, leur loge
ment, leur coucher auront été assurés par
une installation convenable. Eufin, dés que
cela sera possible, on les élèvera à la condi
tion de colons libres ; on leur remettra des
lots de terre, on facilitera leur réunion avec-
leur famille. L'amélioration de leur sort dé-'
pendra dé leur travail et de leur soumission
aux lois salutaires de la morale et de la dis
cipline. Le gouvernement n'oubliera pas
qu'il ne s'agit point de condamnés propre
ment dits, niais d'hommes qui ont commis
de grandes fautes et qui peuvent les rache
ter par leur conduite future. On connaît le
cœur de Louis-Napoléon ; on sait qu'il incli
nera toujours aux mesures de clémence et
d'oubli.
; Tel sera le caractère de la transportation
politique de 1851, destinée, selon une paro
le célèbre, à faire trembler les méchans et à
rassurer les bons, mais essentiellement tem
poraire, adoucie dans le présent et dans l'a
venir par le zèle éclairé de l'administra
tion. Par ce moyen, on le voit , la colonisa
tion algérienne, cette grande œuvre de îà
France au XIX e siècle, recueillera le fruit de
ces sacrifices d'argent impo'sés à l'Etat par,le
malheur des temps. En*peu d'années, la po
pulation des colons forces'se confondra avec
celle des colons volontaires. Alors s'ouvrira
l'ère de conciliation et d'oubli, dont le Pré
sident de la République a parlé dans son
mémorable discours,lors de l'installation des
corps constitués.
Il nous reste à désigner les points du ter
ritoire algériènquisont réserves à la seconde
et à la troisièmè catégories des transportés
poli tifjt}e?;-Bans la|)rnviQee'd 1 Alger,ce sont-
les camps de Birkadem, de Douera et de la
Maison-Carrée, et trois des villages de 1849
(Bourkika, Aïri-Benian et Aïn-Suitan). Au
besoin, dans là même province, on pourrait
disposer des emplacemens de Tixeraïn et de
l'Oued-Boutan. Dans la province de Cons
tantine, outre la casbah de Bone, on pour
rait disposer du Caroubier et du Drcan.
Enfin, le baraquement de Mers-el-Kébir
pourrait être employé à la même destination
dans la province d'Oran. Il est certain que
nombre de ces emplacemens ne seront pas
nécessaires. Mais il était utile de fournir à
l'administration des moyens de pourvoir à
toutes les éventua 1 tés.
Cette importante affaire a été menée avec
la plus vive sollicitude et la plus grande célé
rité par l'administration algérienne et par
la direction centrale. Le ministre de la guer-
ré et le gouverneur-général de l'Algérie, di-
goes'interprètes de la pensée de Louis-Napo
léon, n'ont rien négligé pour ôter à la trans
portation jusqu'à l'apparence d'un acte de
ressentiment politique, pour lui donner le
caractère d'un établissement colonial utile à
l'Algérie, utile aux colons eux-mêmes.
henry catjvain.
A mesure que le moment approche où le
congrès du Zollverein doit se réunir à B"r-
lih, les exigences A s Etats allemands qui
s'étaient mis en opposition avec le program
me proposé par li Prusse, paraissent gra
duellement s'affaiblir. Lès conférences que
les commissures de la Bavière, de la Saxe,
du Wurtemberg, et de quelques autres petits
Etats, ont eues récemment à Bamberg et à
Darrnstadt n'ont pas produit les résultats
q^'on avait annoncés; du moins la résolution
pleine de gravité de faire sortir iu Zollve
rein Ses trois royaumes secondaires, dans le
cas où certaines conditions ne seraient pas
concédées par la Prusse, a été provisoirement
abandonnée. Parmi ces conditions la prin
cipale étaitrelative à l'admission de l'Autriche
au congrès du Zollverein, avec obligation de
né^ ocier l'entrée définitivede cette monarchie •
dans l'union douanière allemande, au bout
d'un intervalle déterminé qui e.ût été dequa-
tre ou cinqans.-Lâ Prusse tient ferme à son
programme; elle repousse péremptoire
ment toute participation de l'Autriche au
prochain congrès, mais elle ne se refuse point
a prendre l'engagement d'entrer en négocia
tion avec cette puissance aussitôt que le Zoll
verein sera reconstitué et complété par l'ac
cession effectivedePassociàlionhanovrienne..
L'époque de cetteaccessionétait fixée àl'année
prochaine par le traité du 7 septembre 1S51.
Une proposition d'ajourner les négociations
à rcette époque doit être faite par quelques
Etats intermédiaires, notamment par les du
chés de la Thuringe, Cette proposition est,
dit-on, assurée de l'assentiment de la Prusse
- .Toute la question est donc aujourd'hui de
savoir si l'Autriche se déclarera satisfaite de
cet ajournement à terme fixe. Le prince de
Scihwartzenberg, premier ministre de l'Autri
che, qui avait embrassé citte question d'ac
cession au Zollverein avec toute larésolution,
on pourrait même dire avec toute l'impétuo
sité de son caractère, voulait, dit-on, se
rendre en personne à Berlin pendant la réu
nion du congrès. 11 avait même., dit-on,
l'intention d'engager ''empereur à faire une
visite au roi de Prusse, afin d'épujser tou
tes les sollicitations avant de s'engager dans
une lutte déclarée dont l'issue eût été la,
dissolution du Zollverein et la formation de
deux unions douanières, l'une; du nord
l'autre du midi. Mais la mort du premier mi
nistre autrichien et l'attitude des Etats secon
daires qui, tout en désirant appuyer l'influenr
ce de l'Autriche, craignent pour leurs revenus
douaniers dans le cas où le Zollverein vien-
draitàsedissoudre,modifierontp"robablement
ces intentions du gouvernement impérial.
Sans renoncer à la détermination d'entrer à
une cerlaine époque dans la vaste associât 1 on
douanière de toute l'Allemagne, l'Autriche
acquiescera peut être à un ajournement pour
uû an des négociations, définitives à ce sujet,
etjpermettra ainsi au Zollverein de sortir de
la ciise qui menace son existence.
, Le secrétaire de la rédaction. l. bomface.
On nous écrit de Vienne, le 7 avril.
. « Une déclaration semi-officielle insérée dans
les journaux de Vienne de ce matin, confirme l'o
pinion que je vous ai émise-' avant -hier au sujet
des modifications que la moridu prince de Schwart-
zenberg pouvait apporter au système politique
actuel de l'Autriche. Ce système ne subira aucune
altération, ainsi que vous en trou rerez lapreuTe dans
le document ci—joint et traduit littéralement :
« La ïuupste nouvelle de la mort d» prince de
» Schwartzenberg a Cait naîti e cette question :
« Cet événement changera-t-il le système eïiatant?
» Quftcedoutesoitl'émanation deregretssincèresou
» l'expression de secrètes espérances, l'on ne saurait
» nier que le. système en question n'ait éprouvé
» une rude atteinte par la mort du prince qui en
» était l'un
» comme le fondement sur lequel il repose. Ce
» système, conséquence de la situation et des be-
» soins intimes de la monarchie, est l'incarnation
» de l'idée souveraine qui a donné naissance aux
» lettres de ■ cabinet des mois d 'août et de décem-
» *t>re. Le plu»-grantl avantage da- principe mo-
» "narchique en opposition au système, de bascule
» quf dciive du régime constitutionnel se trouve
» dans le pouvoir qui permet l'exécution énergi-
» que des choses bonnes et justes sans la moindre
» iritsrruption.
» Le système politique que le prince de Schwart-
» zenbtrg a i'.iuguré in: descendra pas avec lui
» dans la tombe. La direction et lés formes de dé-
» yelopperaent de nôtré vie politique resteront in-
» tactes et les mêmes. Les principes, organiques
qui ont été établis par les,ordonnances du. 31
» décembre «eront rais à exécution dans toute leur
h étendue. .Ces indications sures suffiront pour
y confirmer les ami? de l'Autriche dans leur con-
» fiance en la stabilité de nos. Etats pré«eris. »
„ » 4 heures et demie. '
» Jè viens de voir défiler l'imposant convoi du
prince dé Schwartzsnberg : l'empereur et le corps
diplomatique ont accompagné le cercueil jusqu'à
l'église paroissiale de Saint-Michel, "d'où, après la
cérémonie religieuse, le cortège s'est mis en route
pour accompagner à la gare du chemin de fer du
Nord les restes mortels du prineêqui seront trans
portés par un -train spécial en Bohême, où se trou
vent les caveaux funèbres de la famille de Schwart-
zeiiberg.
» L'arrivée, dé l'empereur à l'appartement où le 1
prince venait de rendre le dernier soupir a pré
senté une scène Saisissante; le jeune monarque
s'est agenouillé,; et, prenait une main déjà glacée
du cadavre,il l'a portée à ses lèvres. •
» S. M. l'empeieur a adressé la lettre suivante
au prince régnant Adolphe de Schwartzenberg :
>. a Mon cher prince,
» La divine Providence a soumis à une rude
famille. Lastort subite du princeïé-
lixde schwartzenberg est pour moi personnellement
et pour l'Etat u ri événement d'unegrahde portée. Je'
perds en lui un fidèle serviteur et un ami loyal, et
la patrie un homme qui, dans des temps orageux,
s'est dévoué à ma maison avéc un rare courage et
s'est-depuis consacré à la tâche dont il avait été
chargé, de conserver l'ordre public et le trône
avec une abnégation et un succès si grand, que
son nom occupera une place éternellement glo
rieuse dans les annale3 de l'Autriche.
» Agréez, mon cher prince , l'assurance de l'in
térêt profond et l'expression des regrets dont mon
ame est agitée auprès de la tombe du défunt.
» Signé françois-joseph,
# Tienne, 7 avril i 852. »
Le corps législatif recevra demain mardi,
13 avril, une* communication du gouverne
ment. Cette communication est relative à la
présentation d'un projet de loi sur la réha
bilitation des condamnés.
Nous croyons savoir que lé prince-Prési
dent s'occupe de la rédaction de son Mes
sage, mais il ne sera présenté que dans quel
ques jours au corps législatif.
C'est décidément le 10 mai qu'aura lieu
au Champ-de-Mars la grande revue pour la
distribution des aigles. Tous les régimens du
raypn de ?aiis y figureront en entier. Les
autres régimens de l'armée française seront
rî^rré^nt^pâr îéur colonel "et par une dé-
putation. -
Le 9, une fête sera donnée à l'école Mili
taire par l'armée française au Président de
la République, qui a accepté l'invitation..
Avant le bal, un. feu d'artifice , préparé
par les soins du régiment d'artillerie en gar
nison à Yincennes, sera tiré sur les hauteurs
de Chaillot qui font face au Champ-de-Mars.
Le Moniteur a publié hier le décret sui
vant qui réglemente l'enseignement des ly
cées. L'abondance des matières nous force à
ajourner l'exposé des motifs dont ce décret
est précédé.
Louis- n apoléon , Président de la République
française, sur le rapport du ministre de l'instruc
tion publique et des cultes,
Vu l'art. 7 du décret du 9 mars 1852,
Le conseil supérieur de l'instruction publique
entendu,
Décrète: '
Art. t". Indépendamment de la division élé
mentaire qui sera établie, s.'ily a lieu, pour pré
parer les enfatis à l'enseignement secondaire, les
lycées .comprennent nécessairement deux divi
sions : la division de grammaire, comnjane à tous
les élèves, et la division supérieure, où les lettres
et les sciences forment la base-de deux enseigne-
mens distincts.
. Art. 2. Après un examen constatant qu'ils sont en
éiât de suivre les classes, les élèves sont admis
dans la division de grammaire, qui embrasse les
trois année? de sixième, de cinquième et de qua
trième. ,
Chacune de ces trois années est consacrée, sous
la direction du même professeur :
1° A l'étude des grammaires française, latine et
grecque;
2° A l'étude de la géographie et dç l'hisi ire de
France.
L'arithmétique est enseignée, en quatrième, nr(e
fois par semaine, à l'heure ordinaire des classes.
'■À. l'issue de la quatrième, les élèves subissent
un examen, appelé examen de grammaire, dont le
résultat est constaté par un certificat spécial, in
dispensable pour passer dans la division supé
rieure.
Art. 3. La division supérieure est partagée en
deux sections. ,
L'enseignement de la première section a pour
objet la culture littéraire, et ouvre l'accès des Fa
cultés des lettres
professions commerciales èt industrielle::,aux éco
les spéciales, aux Facultés des sciences et de mé
decine. >
Les études littéraires et historiques embrassent,
comme par le passé, l«s classes de troisième, de
seconde et de rhétorique.
Les études scientifiques ont lieu pendant trois
années correspondantes.
Les langues vivantes sont enseignées pendant
les trois années dans les deux sections.
L'^s programmes indiqueront les autres études
qui pourront être communes aux deux enseigne-
tnens."
T Une dernière année, dite de logique, obligatoire
pour les deux catégories d'élèves, a particulière
ment pour objjt .l'expo-iiion tles opérations de
l'entendement, et l'application des principes gé
néraux de l'art de penser à l'étude des sciences et
des lettres.
Art. i. "Des conférences sur là religion et sur la
morale, correspondant aux différentes divisions,
sont fartes par l'aumônier ou sous sa direction. El
les font nécessairement partie du plan d'études
des lycées. Le programme en est dressé directe
ment par l'évèque diocésain.
Des mesures analogues sont prescrites pour les
élèves des cultes non catholiques reconnus.
Art.. 5. L'école normale supérieure prépare aux
grades de licencié ès-lettres, de licencié ès-scien-
ces et à la pratique des meilleurs procédés d'en
seignement et de discip ine scolaire.
: Cette école est essentiellement littéraire et scien
tifique; la philosophie y est euseignée comme une
méthode d'examen pour connaître les procédés d?
l'esprit humain dans les lettres et dans les scien
ces, . . . ; '
Les élèves de l 'école normale supérieure qui au
ront subi avec succès les examens de sortie seront
chargés de cours dans les lycées.
■ Art.. 6; Pour obtenir le titre de professeur dans
du lycée, il fsut être agrégé à la. suite..ûiiuflfe
épreuve publique. —
> Ait. 7.11 y a deux sortes d'agrégation, l une
pour les lettres, l'autre pour les sciences.
Les candidats doivent être âgés de vingt-cinq
ans, avoir fait la c'assc pendant cinq ans et être
pourvus du diplôme de licencié ès-lettres ou de
deux au moins des trois diplômes de licencié ès-
sciencfs. .
j Ils doivent produire, en outre, une autorisation
ministérielle.
Les trois années passées à l'école Normale se
ront comptées pour deux années de classes; il en
sera de thème du diplôme de docteur ès-lettres ou
de docteur èsrsciences. -
Les, examens de l'agrégation portent unique-v
ment sur les matières qui fontTobjet .des étqdes
secondaires et ont pour but de constater lac- pa
rité des . candidats et leui expérience dans les
fonctions de l'enseignement.
'Art. 8. L'examen du baccalauréat ès-lettrés est
divisé eh deux parties' : ' " '
-i 1° L'épreuve écrite, qui consiste en deux com
positions; . ' '
2°L'épreuve orale, qui comprend l'explication
des auteurs grecs, latins et français désignés'cha
que année par le ministre en conseil supérieur, et
lès questions posées par lés membres du jury sur.
toua les objets de l'enseignement
' es programmes nouveaux indiquerontsommai-,
remènt les matières sur lesquelles ces questions
devront porter.
Art. 9. Il y a un seul baccalauréat ès-scienceS.
i Les candidats sont dispensés de produire le di
plôme de bachelier ès-lettres.
ï Les-épreuves sont de deux sortes : * . '
l^detix j»mpôsiti
l'objet de l'enseignement de la section scientifique
des lycées.
; Art. 10. Les candidats, soit au bacaclauréat ès-
lqttres, soit au baccalauréat ès-sciences, qui n'ont
pâs satisfait à l'épreuve écrite, ne sont pas admis
: à l'épreuve orale.
; Art. 11. Les parties les plus élevéps des mathé
matiques , de la physique, de la chimie et de
•l'histoire naturelle, qui étaient comprises dans les
anciens programmes du baccalauréat ès-sciences
nîathématiques et du baccalauréat ès-sciences
physiques, sont reportées à l'examen des trois li
cences ès-sciences mathématiques, ès-sciences
physiques et ès-sciences naturelles, qui demeu
rent distinctes.
■Art. 12. Les étudians des Facultés de médecine
et des écoles- supérieures dé pharmacie sont dis
pensés de produire le diplôme de bachelier ès-let
tres. ils doivent produire le diplôme de bachelier
ès-sciences avant dt- prendre la premièrè inscrip
tion.
Art. 13. Chaque année, les
de la Faculté les lettres.
; Art. 14. I es programmes détaillés des cours
professés dans les Facultés des lettres sont soumis-
annuellèment par le recteur, avec l'avis de la Fa
culté, à l'approbation du ministre de l'instruction
publique.
{Art. 15. Les professeurs des Facultés de droit,
de médecine, des lettres, des sciences et des écoles
supérieures de pharmacies'assureront, par des ap-
péls ou par tout autre moyen, de l'assiduité de
iébrs auditeurs. ^ - ,
îÀrt. 16. Les nouveaux programmes'd'études et
d'examen prévus par le présent décret, seront soU-
mïs au conseil supérieur dans sa prochaine ses
sion. " ; •
;Art. 17. Les anciens agrégés de grammaire, des
classes supérieures, des lettres, d'histoire et de
philosophie sont aptes à recevoir le titre de pro
fesseurs des lettrés. . ■
Les anciei-.s agrégés de màthématiques et de
physique sont aptes à recevoir le titre ae profes
seurs des sciences.
Art. 18. Le présent décret sera mis a exécution
à partir du I e " octôbrè prochain.
nouvelles étrangères.
.Nous résumons brièvement les nouvelles
qui nous sont arrivées hier et aujourd'hui :
xondres , 10 avril.—La discussion entre les ou
vriers mécaniciens et leurs patrons, qui, depuis le
10 janvier, arrêtait les travaux dans unë de leurs
branches les plus importantes, doit être regar
dée comme terminée à dater du 10 avril. Le ré
sultat n'en pouvait être que ce qu'ilaété. Après trois
mois de trouble général et de souffrances person
nelles, après une perte immense d'argent èt un
énorme danger commercial, après la perte du tra
vail d'un trimestre en commotions, en conflits, les
ouvriers inoccupés ont accepté les conditions de
ieùrs patrons èt retiré les prétentions qui.avaient
fart naître cette dissension. (Times.)
j—Des nouvelles de Lisbonne, en datedu 31 mars,
annoncent que les portés ont été prorogées au 20-
mai, non parce que 'es ministres ont été battus
par 52 voix contre 30 dans la question de l'aboli
tion de la peine càJitàleen matière politique, mais
P'tce qu'on avait le bonnes raisons de croire que
la'chambre des députés voulait rejeter le projet
de: capitalisation. On croit que pendant la proro
gation le ministère demandera,pour l'exécuter,des
pouvoirs extraordinaires à Sa Majesté. (Standard.)
— On écrit d Oporto, 30 mai :
« La perte du steamer portugais Porto a répan-
dii la consternation dans notre ville. Tous les pas
sagers, au nombre de 36, ont péri, et l'on n'a sauvé
que 7 hommes de l'équipage. Ce malheureux na
vire, parti samedi matin pour Lisbonne, a donné
le soir, vers six heures, sur des roches nômmées
le's Forcados et a été démoli en peu de temps. On
n'a pas encore retrouvé les corps des victimes. »
' .. (Idem.)
HADRiD, 6 avril. — Ce matin ont été saisis :
El\ Clamor Publico, la A'acïon. el Constitucional,
laà, Novedades et el Heraldo. Ces journaux ont ete
obligés de aire une nouvelle édition pour paraître.
(Heraldo.)
Du 7. — Aujourd'hui, el, Clamor publico , la
'Nation et el Heraldo, ont encore été obligés de
supprimer plusieurs articles par ordre de la cen
sure, .pour pouvoir paraître. 4
Nous avons parlé, il y a quelque temps, de la
saisie du journal la Nation, qui avait publié un
article offensant pour la personm du prince-Pré
sident de la République française, et de l'arresta
tion du gérant de ce journal. Les conclusions dii
fiscal (ministère public) ont été signill: es au gé
rant. Le fiscal conclut à 39,000 réauy d'amende
et six mois de pristn. * e gérant conteste,et l'affai
re doit être portée devant les tribunaux. La dé-
fenfe du journal la Navion sera présentée par
M. Sagasti, directeur du journal.
constantinople , 27 mars.—La police a arrêté
environ soixante Italiens à Andrinopie. Ils avaient
parcouru la rue Gallouki-Calice en criant : Vive
la république! Ils portaient un drapeau tricolore;
ils ont été livrés au ministre de la police.
! (Presse de Vienne.)
ï ST ouy elles diverses.
: PARIS, 12 AVKIL.
i = CODES DE LA BOURSE.
COURS DB CLOTURE : le 10 le 12 HAUSSE. BAISSE.
30/0aucompt. 71.55 72.10 » 45 » »
—Fin du mois. 71.60 72.40 » 80 » »
41/2aucompt. 101. » 101.23 < » 25 ' » »
—Fin du mois. 101. » 101.80 » 50 » »
La fête- de Pâques a' été cé'ébrée avec beaucoup
d'éclat à Paris. Les communians ont été très nom
breux, surtout à N >tre-Dame. où Mgr. l'archevê-
-qucile Parig'a-BtHcié pontificalcment. On a remaiv»
qué la richesse des nouveaux costumes qu'il avait
revêtus en adopiant la nouvelle liturgie qui paraît
prévaloir dans presque tous les diocèses deFranee.
Il port il la mitre surbaissée . telle qu'elle est re
présentée dans le beau portrait du prélat ' que M.
Court a exposé cette année au Salon. -
Les offices de l'après-midi n'ont pas été moin
suivis que ceux du matin. Partout les plus cé'è-
bres de nos prédicateurs ont-fait appel à la chari
té des fidèles, et les quêtes spéciales qui ont été
faites pour les pauvres dans toutes les églises pa
raissent avoir,été très productives. •
— Une grande revue ; a été passée aujourd'hui
dai s la cour du Carrousel, par le Président de la
République, Il y q . eu distribution de croix et de
médailles d'honneur. A une heure et demie, le
prince-Président, accompagné d'un nombreux état-
jmajor, est sorti des Tuileries par le guichet du
Pont-Royal, a traversé le pont et a suivi le quai
de la rive gauche, pour retourner à l'Elysée.
— On fait au ministère de la marine les prépa
ratifs d'une grande fête qui sera donnée la semai
ne prochaine. ,.
— M. le garde-des-sceaux, ministre de la jus
tice, recerra mardi 13 avril et les mardis suivans.
— M. le ministre des finances recevra le mardi
13 avril et les mardis suivans.
— Le ministre de la marine et des colonies ne
recevra pas le mardi 13 avril.
: —L'armement de la garde nationale de Paris se
poursuit. On assure que la reconnaissance de?
commandans de bataillons et des officiers aura lieu
le ?0 avril.
— M. le colonel Espinasse , aide-de-caffip du
prince — Président, envoyé comme commissaire
extraordinaire dans les dépaitemens du Sud-Ouest
est arrivé vendredi à Bordeaux, de retour de «a
tournée. "
— Dans la mâtinée du 9, a mouillé en petite
rade de Toulon la frégate la Constitution, com
mandée par M. Favin-Lévèque. venant de Monte
video, d'où elle est partie le 26 décembre Elle a '
laissé sur les lieux la Panthère] la Zénobie. F Aube
la Fortune et le Flambard; '
. La Constitution \ient de terminer une très Ion-
pie campagne : partie de Toulon sous le nom de
Charte , le 7 mai 1847, elle n'y rentre qu'après
;une absence de près de cinq ans. . r
; — La corvette la Prudente, venant de l'extré
mité de la côte sud, est arrivée dans l»s Dre
miers jours de février, à Panama. A cette date
•le pays était encombré par une immense Quan
tité d'émigrans arrivés d'Europe et d'Améri-
raue, et qui attendaient les moyens de -transuort
nécessaires pour se rendre à San-Frannsco^ La-
Prudente, devait effectuer prochainement son re-
tour en France, Létat sanitaire de l'équipage était
j— M. Avron, lieutenant-colonel du 21 e de li
gne, est nommé colonel du t" de ligne, en rem
placement de M. Baillou, nommé comnfandant de
place à Strasbourg.
— Une comps^ie vient de se constituer à N c w-
Yprk, au capital de2,500,000 dollars, pour l'ouver
ture d une nouvelle route vers la Californie par
Vera-Cruz ; de la par terre on atteindra la rivière
Mascala, d'où on fera cinq cents milles par bateau
,à vapeur jusqu'au Pacifique.
' .-Trois soldats du 30' de Ugne.aui se rendaient
hier soir au fort de Bicètre, ont été, en passant
sur le boulevard extérieur, près de a barS de
Fontainebleau, soudainement assaillis par nln
sieurs individus qui les ont frappés en les mena
çant de mort. Ayant réussi à tirer leur sabre le'
militaires se sont vigoureusement défendus' et
sont parvenus à se débarrasser des assaillans 'oui
oiit pris la fuite à l'approcha d'une patrouille et
d habitans du voisinage attirés par les cris des mi ■
litaires ,e< accourant à leur aide. Un des assail-
lans grièvement atteint d'un coup de sabre, a été
arrête. On est à la recherche de ses complics.
, " L audition des témoins se prolonge d a n q l'af
faire de Capestang. Nous recevons aufourd'hui le
compte-rendu de l'audience du 9 qui ne révèle an
cUn lait nouveau.
~~ dans le Courrier de la Dràme du 10
avril:
d ®. tenus .P°! iti ques parmi lesquels
on comptait deux des principaux chefs de I'insur-
rection de décembre, les nommés Marisard, tuilier
et ; Coulet, ancien notaire, ont été extraits le S avril
des prisons de Largentière et dirigés sur Privas
d&he^ ° rdre émaIié de M ' le P réfe t de l'Ar-
On lit dans le Courrier de la Gironde du 0
,./i4 a vlf te a quitté hier le mouillage
de I île Verte, ou elle stationnait depuis environ
uri mois . L lsly qui avait commencé à chauffer
des le point du jour, s'est dirigée à toute vapeur
vers e bas de la rivière,'et a dû mettre en mer
dans la j0nrnee. L'isly se rend à Oran. C'est sur
oe.poinl que les convojs partis soit de Blave soit
dfr ; Toulon, doivent être dirigés, en attendant que
les préparatifs d installation qup l'nn
Lambessa pour recevoir "es exilés soient terminés
Cette fregate emporte à son bord 3S0 détenu» »o-
litiques, originaires, pour la plup rt lu d partc-
ment de Lot et-Garonne; quelques-uns s b ulLient
appartiennent soit à Bordeaux, oit u denane-
«ent de la Gironde. '• --- ueparie-
. se compo e dé 400 ma
telëts et de 20 officiers; un peloton de 50 sold 't=
,. . de ligne, commandes par un capitaine-leur
a été adjoint. En y comprenant les détenus l'é
quipage et la troupe de ligne, le personnel installé
^ ainsi «n effect.f de 820 a
» Deux frégates à vapeur, qui doivent prendra
dans leur entrepont le reste des pnsoamerri "ti
ques encore détenus dans l'hôpital delà citadelle
Gironde 6 » S0D "° n ' P rocha inement attendus en
— On lit dans la Gazette de Gênes du 8 avril •
« Charles Bonaparte, prince de Canmo, a quitté
Civita-Vecchia. Il s'est embarqué> comme simnl^
passager, sur le naquebot à vapeur français n»
dustrie II a touché 1 hier à Livourne' et f « e xenà
a Marseille, en passant par Bastia. » -
— On écrit de Venise, le 6 avril aiw> 1 p
vernement français a donné l'autorisation JceT
saire pour la translation" du corps du mar^hti
Marmont à Chàtillon. • 1 maréchal
— Le 7 de ce mois, le tribunal de police de Gé.
nés a, malgré les conclusions du procureur du roi
condamné à huit livres d'amende et huit jours dé '
prison, le chanoine Ambrojse VerceUoni, prévôt de
leglise métropolitaine de Saint-Laurent i.«„r
contravention à une disposition de la police'ni mi
cipale, prohibant le bruit des cloches pour™;
cérémonies funèbres ou de réjouissance, pendant
plus de dix mmutes dans l'intervalle d'une heure.
— Une correspondance de Lucerne annota
qu'une compagnie française propose de se chS
de la ligne de fer qui doit rélier Lucerne
Wohlhausen, Willisau et Zofingue, à la vflle de ■
Bàle, ou aboutissent déjà les chemins de fer Van
çais et allemands.
— Ou lit dans la Suisse; àu 10 avril • v
« Le conseil fédéral a décidé dWcKer' à 1,
Monnaie, a Paris, 26 à 27 mille écus de Brabant
qui se trouvent dans les caisses fédérales pour W
faire convertir en pièces de 5 fr. »
enfant de Quinze 3ns« a /■»
lepbnt, près Thourotte, chez ses paren S , est venù
dans la nuit du a avril, se placer sur '& 3Ï
chemin de fer de Saint-Quentin, entre ks Sons
avril
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