Titre : L'Ouest-Éclair : journal quotidien d'informations, politique, littéraire, commercial
Éditeur : [s.n.] (Rennes)
Date d'édition : 1936-02-02
Contributeur : Desgrées du Lou, Emmanuel (1867-1933). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32830550k
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 135307 Nombre total de vues : 135307
Description : 02 février 1936 02 février 1936
Description : 1936/02/02 (Numéro 14332). 1936/02/02 (Numéro 14332).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG14 Collection numérique : BIPFPIG14
Description : Collection numérique : BIPFPIG29 Collection numérique : BIPFPIG29
Description : Collection numérique : BIPFPIG35 Collection numérique : BIPFPIG35
Description : Collection numérique : Fonds régional : Bretagne Collection numérique : Fonds régional : Bretagne
Description : Collection numérique : Yroise, bibliothèque... Collection numérique : Yroise, bibliothèque numérique de Brest
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k660425g
Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 18/01/2011
MAYENNE
PRISE D'UNE SYNCOPE,
UNE FERMIÈRE SE NOIE
DANS UNE MARE
Sadct-Gault, l« février. (De notre
cerr*.spondant)
Mercredi. Mme Marie Tihiélin, 64
ana, habitant avec son mari à la ferme
de la Petite Haie. s'était rendue à la
mare.
Prise d'une syncope, elle tomba dans
l'eau.
Son mari. âge de 70 ans, se porta
aussitôt à son secours et put la retirer
Transportée à la maison, maigre tous
les soins, la pauvre femme décédait.
M. le docteur Vuillard de Quelaines.
appelé. ne put que constater le décès
et délivra le permis d'inhumer.
VOYAGE
à NICE
à l'occasion
du Carnaval
• voir en dernière pape)
LOTERIE NATIONALE
Première tranche 1936
Le billet entier 100 tr
Le 10, de billet 11 tt
Le* 10 dixièmes assortis. 110 (r.
Librairie de <̃ L'Ouest-Eciair »
3, rue du Pré-Botté, Rennes
En raison des délais postaux, utilisez
de Préférence les mandats-poste.
Joindre enveloppe avec adresse. ar-
franchie a 0 fr 50 Pour envoi recom-
m»nde aloulpr 2 francs
L'Ouest-Selair public cfiajue tout de*
8 ANNONCES cLasseiss a. paraissant
dtnt tet 12 éditions.
SARTHE
MORT D'UNE CENTENAIRE
SARTHOISE
LE Majts, le 1- février. (De notre
rédaction)
Mme Augustine Perrier, veuve Bi-
dois, née le 25 août 1835, à Sillé-le-
Guillarme, et dont on avait fête le
centenaire chez les Petites Soeurs des
Pauvres, rue des Maillets. le 26 août
dernier est décédée hier à la suite
d'une courte maladie.
Mme Augustine Perrier avait épouse
en 1859. à Saint-Jean-du-Bois, le me-
nuisier Joseph Bidois. Quatre enfants
naquirent du mariage Camille né
en 1861; Edmond, en 1865; Anatole.
en 1869. et Albert, en 1867. Seuls Ca-
mille et Edmond sont encore vivants
et se trouvaient avec leur mère chez
les Petites Sœurs des Pauvres.
L'Ouest-Eclair offre à MM. Camille
et Edmond Bidois, ainsi qu'aux petits
enfants de la vénérable centenaire,
ses plus sincères condoléances.
193E
15' FOI RE DE
RENNES
25 AVRIL 3 MAI
Commerce Agriculture Industrie
Exposition Internationale Avicole
Exposition de l'Hygiène
Inscription et renseignements au
Secrétariat de la Foire, 4. Place de
ia Gare. RENNES.
Alençon, Dinan, Laval, Le Mans, Lorient, Mamers, Morlaii, Pontivy,
Qtimper, Redon, Rennes, Saint-Brienc, Saint-Malo, Saint-Pol-de-Léon,
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prix, sont de coupe large et non d£/»izées.
QUIMPER A VÉCU DES HEURES TROUBLES HIER
maigri un arrangement survenu ) la dernière heure dans l'a»
des htes Bivanach, de Penhars, de graves collisions
se son! produites enre la foule des manifestants elles larges momies
Cinq de ceux-ci et trois manifestants sont blessés
Voici une relation complète des évé-
nements qui se sont déroulés, hier, à
Quimper et qste nous relatons d'autre
part en première page.
QUIMPER, 1" février. (De notre
rédaction). L'accueillante capitale
cornouaillaise va-t-elle connaître des
heures troubles ? Telle était la ques-
tion que nombre de Quimpérois se
posaient vendredi à l'annonce des sai-
sies pratiquées à Penhars, par le Fisc
chez M. Joseph Divanac'h, président
départemental du Comité de Défense
Paysanne, et chez son frère Jean-
Louis Divanac'h. L'on avait vu, en
ville, passer des gendarmes venant des
brigades environnantes renforcer les
effectifs de la gendarmerie de Qmm-
per. Et le soir, personne n'ignorait
plus que d'importants détachements
de gardes mobiles se trouvaient en nos
murs.
La journée de vendredi fut calme.
On commentait la saisie. On plaisan-
tait même au sujet des gendarmes
chargés de garder dans les écuries Coi-
gnec. rue des Douves. où elles avaient
été conduites, les bêtes à cornes, pro-
venant des fermes de Corniguel et de
Kerlagatu.
Enfin, on trouvait peu banale la nou-
velle fonction du distingué commissai-
re-priseur, qui avait dû, dans la salle
des ventes transformée en crémerie,
débiter du lait a x enchères. Mais que
serait le lendemain ?
Au soir, on vit débarquer, sous la
pluie, des gardes mobiles à cheval qui
traversèrent la ville pour se rendre à
la caserne La Tour d'Auvergne.
QUIMPER S'EYEILLS
Il a plu toute la nuit. Ciel gris. De
bonne heure les pelotons de gardes
mobiles (il y en a 13, dit-on, soit un
effectif de près de 400 hommes) et de
gendarmes se cantonnent sur le
Champ de Foire et à ses issues a la
Préfecture, à la Mairie, à la Poste,
dans le square de l'ancien Evéché, à la
salle des Ventes, à la gare, etc.-
Des inspecteurs de la police spéciale
assurent la liaison entre les groupes.
Des camions gris stationnent.
Les agents de la police municipale
continuent leur se: vice ordinaire tout
en se maintenant en état d'alerte.
Les rues de Quimper sont calmes.
Sur la place Saint-Corentin, les mar-
chands forains déploient leurs éta-
lages.
Sur les trottoirs, les commerçants,
les particuliers discutent. L'on ne plai-
sante guère.
Ce n'est pas cela qui va faire
marcher le commerce, disent les uns.
Où allons-nous ?
Tout le monde donne raison aux
paysans, disent les autres.
A quoi d'autres rétorquent
Si tout le monde en faisait au-
tant, ce serait l'anarchie. Tout le
monde souffre de la crise.
Les paysans plus que les autres.
On dit qu'il y en aura 20 à 30.000.
Avez-vous vu M. Divanach ? On
dit qu'il est passé.
M. Dorgères est la,
Où. on ne sait pas.
Montons au Champ de Foire. A l'en-
trée que surplombe la tour de la Tur-
bie, un peloton de gardes mobiles fusil
sur l'épaule forme barrage. On ne
passe pas. Pourtant l'accès du Champ
de Foire n'est pas interdit. Il faut
continuer par la rue de Kerfeunteun,
à moins que, venant des rues Kéréon
ou de l'Abattoir, on ne passe par le
Pichéry.
En passant, rue des Douves, voici les
écuries Coignec qui, on le sait, ont été
réquisitionnées. Des gendarmes en
gardent l'accès. Ils n'empêchent d'ail-
leurs pas les visiteurs de venir jeter
un coup d'oeil sur les vaches saisies et
qui doivent être vendues. Puisqu'il y a
enchères publiques, tout le monde a le
droit de voir la marchandise.
Dans la cour, des gardes sous le
commandement d'un officier. Des
paysans entrent et sortent. Quand ils
s'attroupent on les fait circuler. Toute
réunion n'est-elle pas interdite ?
SUR LE CHAMP DE FOIRE
A 9 heures du matin, le Champ de
Foire est encore à peu près désert.
Quelques paysans regardent les c mo-,
biles a qui ont formé les faisceaux sur
la place près du mur bordant la rue
de Kerfunteun.
Pas de bruit, pas de cris. Des voitu-
res. des cars passent. Des camions se
rangent pour attendre le bétaiL Voici
des cultivateurs traînant des vaches,
des veaux. Peu à peu, le marché s'a-
nime. Quelques transactions s'opèrent.
Par la rue Eliê-Fréron, les paysans
des environs, jeunes et vieux, ne ces-
sent d'affluer. Le Champ de Foire est
déjà plus ahimé. On discute en bre-
ton, avec calme. Le bon sens paysan
est là. qui attend les événements. Peut-
être sait-il quel sera le dénouement de
l'affaire
Beaucoup de jeunes. Mais s'il est
parmi eux des « Chemises Vertes », ils
n'arborent pas aujourd'hui cet em-
bléme.
DETENTE
Est-ce le soleil qui amène la déten-
te ? En tout cas, brusquement, l'on
apprend que tout est terminé. Et, en
effet, voici que les gardes mobiles, mas-
sés sur le Champ de Foire, reçoivent
l'ordre de quitter les lieux.
M. Divanach a payé, entendons»
nous.
Ce n'est pas lui qui a payé,
disent certains.
Allons aux renseignements offictels.
La nouvelle est exacte. La somme due
a été payée. Peu importe par qui, du
moment que le Fisc est satisfait et que
force reste à la loi.
UNE ÊCHAUFOURÊE ENTRE LA FOULE ET LES GARDES MOBILES
Tout le monde commente l'heureux
évènement. Les cafés se remplissent.
Les commerçants ont le sourire, les
hôteliers surtout.
Il y a foule maintenant aux écuries
Coignec, gardées par les seuls gendar-
mes, pour voir les fameuses vaches
qui faillirent être vendues, comme leur
lait, aux enchères.
Voici M. Joseph Divanach devant la
porte de la Préfecture. Il déclare que
ce n'est pas lui qui a réglé la somme
due. 11 plaisante. La pluie dégringole
maintenant, remplaçant le service
d'ordre.
Vers 11 h. 30, des rires rue Elie-Fré-
ron. Entouré d'une dizaine de cultiva-
teurs, M. Joseph Divanach, en chapeau
breton, monte vers le Champ de Foire.
Il va voir ses vaches et, sans doute,
prendre des dispositions pour les faire
reintégrer leur étable au CornigueL
Tout est bien qui finit bien. Mais
certains ne sont pas satisfaits. S'ils
avaient su, peut-être, ne seraient-ils
pas venus à Quimper pour assister à
cet épilogue qui frise un peu la galé-
Tandis que M. Divanach remonte
vers le Champ de Foire, des tracts
sont distribués
On lit ceci sur l'un d'eux
« 7'apprenda à l'instant que la vente
n'a pas lieu, je ramène mes vachea.
Pendant que j'étais à Quimper, un
ami de Pouchus, un industriel de Pen-
hars, a payé pour moi. Espérons que
ce n'est pas avec les fonds secrets
Je ne l'en remercie pas, je continue
la lutte a.
J. Divahac'h.
UNE IiEUNION d SAINT-JULIEN
Pendant ce temps, de 9 heures à
10 h. 30, une réunion se tenait à Saint-
Julien, devant le local du Syndicat
agricole.
Y assistaient MM. de Guébriant,
Dorgères, des personnalités agricoles
et environ un millier (peut-être plus),
de spectateurs.
La réunion se passa dans le calme.
A son issue, les paysans se dirigent
vers le Champ de Foire qui va devenir
un champ de bataille.
Vers midi,
les bagarres commencent
Des blessés
Il était environ 11 h. 40 quand les
nombreux paysans, hommes et femmes,
et les curieux qui stationnent sur la
place, devant les écuries Coignec, voient
arriver M. J. Divanac'h. Des cris de
Joie s'élèvent et le c saisi » est porté
en triomphe, hissé sur des épaules
robustes.
Ses porteurs font deux fois le tour
de la place. Ilpa rvient suivit de M. Do-
gères, devant les barres d'attache sises
près du Likès. Il harangue la foule et
demande aux paysans de se retirer.
M. Divanach annonce que ses impôts
ont été payés paf un industriel, qu'il
ne remercie pas. « La lutte continue »,
dit-il.
Il ajoute que la Préfecture a mis un
camion à sa disposition pour ramener
ses vaches à Penhars. et cela gratuite-
ment.
M. Dorgères est dans la foule, à quel,
ques mètres. Il applaudit son lieutenant
puis parle à ceux qui l'entourent et
entonne la Marseillaise, qui est reprise
en cœur.
Mais un cri circule de bouche en bou-
che « Les gardes 1
La place est noire de gens, dont les
plus prudents commencent à battre en
retraite. Ils refluent sans évacuer, tan-
dis que les gardes arrivent. On aper-
çoit M Dorgères qui se faufile, crai-
gnant sans doute d'être arrêté s'il est
pris dans la bagarre; dans le remous,
Divanach disparait également. Devant
la marche en avant des gardes, les
gens se tassent le long des murs, sans
vouloir lâcher pied. Des hués, des coups
de sifflet.
Près du Likès, un barrage de gendar-
mes est commandé par l'adjudant Ca-
bellan, de Quimper. Les cris conti-
nuent. Des bousculades se produisent
et des coups pleuvent. Au passage, un
monsieur nous confie qu'il s'est trouvé
pris dans ia masse en se rendant à
Kerfeunteun; il a reçu un coup de ma-
traque qui fort heureusement ne l'a
pas blesse.
UN BLESS8
Les gardes à cheval font le tour de
la place, sans d'ailleurs réussir à la
faire évacuer. La foule est surexcitée;
elle hurle. Elle a cru que les gardes
s'étaient retirés, quand d'autres sur-
viennent à pied en colonnes par trois.
Alors, irritée, la foule se précipite à
leur rencontre, hommes et femmes.
Coups de pied, de poing, pierres qm
volent. Les gardes lèvent la crosse de
leurs mousquetons. C'est alors la ba-
garre générale. Un homme reçoit un
coup sur la tête; il saigne abondam-
ment mais ne tombe pas. Des amis le
soutiennent et l'aident à descendre chez
le docteur Queméré, où il reçoit les
premiers soins.
En voulant empêcher une femme et
son mari de passer sous les chevaux
des gardes, un agent dont l'intention
n'est pas comprise est pris à partie et
se dégage avec peine.
Cependant, a la vue du sang, un
apaisement relatif se produit. Dans la
foule circule le commissaire spécial
Desmarets, le commandant des garo.es.
le commandant de gendarmerie Vou-
zelles et le capitaine Métayer, le com-
missaire Rodier, de la police munici-
pale tous sont plus ou moins en butte
aux cris et aux quolibets de la foule.
On remarque également dans les
groupes des personnalités connues,
dont le général de Penfentenyo, le
maire de Plomelin, M. Lohéac, maire
de Spezet; M. de Guébriant, conseiller
général et président de la Chambre
d'Agriculture; M. Queinnec, conseiller
général de Pont-1'Abbé et d'autres. I1s
sont là surtout pour prêcher le calme
aux paysans de leurs cantons, mais
leur tâche est assez difficile avec l'éner-
vement collectif.
Vers 12 h. 40, les gardes à cheval
qui se trouvent alignga en file par un
en bordure de la rue de Kerfeunteun,
se mettent en colonne et se dirigent
vers la rue des Douves, où l'attroupe-
ment est considérable et où les mani-
festants crient sur les gendarmes et
gardes qui défendent l'accès des écu-
ries Coignec. Peut-être les paysans
veulent-ils simplement faire sortir les
vaches, qu'ils avaient l'intention de
promener en ville avec des écriteaux,
mais on ne leur a pas permis de le
faire. Des paysans essaient de s'oppo-
ser au passage des gardes l'un agite
son mouchoir, l'autre grippe la bride
d'un cheval; on crie. Les gardes conti-
nuent et font reflueur la foule le long
des murs et dans les cafés et maisons
voisines. Des gens s'enfuient de tous
côtés, mais d'autres montent par la
rue Elie-Fréron. Des manifestants lan-
cent des pierres et des pommes sur les
gardes. Ceux qui se trouvent sur le
Champ de Foire, tout le long du mur
bordant la rue de Kerfeunteun, orient
de plus belle. Pagaïe. Fort heureuse-
ment pour les gardes, il y a bien peu
de pierres sur le Champ de Foire, la
police ayant, la veille, précédé a leur
ramassage en prévision d'un coup dur.
Les charges se succ(dent alors. Nous
voyons un peloton de gardes à cheval
passer au demi-galop, bousculant des
manifestants. L'énervement ne fait que
croltre.
Un autre peloton vient au secours du
premier et charge au galop. Les pro-
jectiles pleuvent, mais font peu de mal
aux gardes. Ceux-ci frappent un peu
au hasard. Nous apercevons un jeune
homme tomber nous les chevaux. D'au-
tres personnes subissent le même sort,
au cours des échaufourées qui se suc-
cèdent alors. Elle s'en tireront sans
doute avec quelques contusions, les
chevaux de la garde ayant l'habitude.
NOUVELLE BAGARRE GENERALE
Des coups de matraque, de crosses,
répondent aux jets de pierres. Et c'est
ainsi jusque vers deux heures environ.
On signale un autre blessé et des con-
tusionnés.
Profitant d'un moment de répit, M..
de Guébriant harangue la foule et an-
nonce que des pourparlers sont enga-
gés avec la Préfecture. Il faut attendre
la réponse.
Jos Divanach parle également et dit
qu'il n'a pas été payé pour se retirer.
n attend le camion qu'on lui a promis
pour ramener ses vaches à Penhars.
Que la réponse de la Préfecture arrive,
les gardes se retireront.
Les gardes à cheval et des gardes
à pied quittent en effet le terrain.
Seul demeure un détachement qui for-
me les faisceaux sur le Champ de Poi-
re. Les commissaires de police restent
également pour surveiller les lieux en
prévision des événements. Enfin, vers
15 heures, le camion promis embarque
les vaches des frères Divanac'h. Le
véhicule démarre, conduit par M. Le
louet, de Ludu Gris. qui prend le che-
min de Penhars. Cris. Puis les der-
niers manifestants se dispersent, beau-
coup d'ailleurs s'aperçoivent qu'un im-
périeux besoin de se restaurer les te-
naille. La foule évacue par les rues
des Douves et Elie-Fréron. Quand elle.
est partie, les gardes à leur tour quit-
tent la place. Il ne reste plus sous le
crachin que quatre vaches qui mett-
glent lamentablement.
Les blessés
A l'heure où nous écrivons, on nous
signale trois blessés du côté des manir
festants, et cinq du côté des gardes.
Parmi les manifestants M. Corenttn
Le Bec, du Moustoir, en Plobannalec.
qui fut soigné par le docteur Quémeré
pour plaie contuse au cuir chevelu
M. Laurent Daniel, du Miné, en Pio-'
neour-Lanvern, qui reçut un coup de
crosse et fut transporté à son domicile,
après avoir été pansé à ¡'hôpital de
Quimper, par M. Queinnec, de Pont-
l'Abbe, ce dernier a le visage tuméfié et
est sous le coup de la commotion re-
çue enfin, un troisième blessé, pansé
également à l'hôpital
Signalons que l'hôpital de Quimper
avait été maintenu en alerte par la
municipalité et que l'ambulance était
prête pour le transport des blessés.
Cinq gardes nous dit-on, furent éga-
lement blessés, dont quatre au visage
sans gravité. Un cinquième a eu le
pouce foulé en tombant de cheval. Ils
ont tous été soignés à l'infirmerie du
137o R. I., où ils ont reçu à 17 heures
la visite du préfet. Quatre de ces gar-
des font partie du même peloton de
Pontivy.
Il est probable qu'il y eut plusieurs
autres personnes contusionnées dans
les bagarres, mais. on le comprend, el-
les firent preuve de discrétion.
Signalons enfin que les effectifs de
garde mobile, venus à Quimper de cinq
départements, se montaient à quinze
pelotons de trente, soit 450. Ils étaient
sous les ordres du commandant Adam'
Gironne, de Nantes. Il y avait aussi
une centaine de gendarmes.
Quant aux manifestants, il est assez
assez difficile d'évaluer leur nombre,
car la circulation était constante en
ville. La place du Champ de Foire con-
tenait plusieurs milliers de personnes.
mais le nombre des paysans était le
double ou le triple de cette capacité.
Enfin, disons que les meubles de M.
Joseph Divanac'h furent embarqués
vers 16 heures dans une camionnette de
M. Gestin, qui les ramena à la ferme,
du CornigueL
Puis la ville retrouva le calmA.
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heures troubles ? Telle était la ques-
tion que nombre de Quimpérois se
posaient vendredi à l'annonce des sai-
sies pratiquées à Penhars, par le Fisc
chez M. Joseph Divanac'h, président
départemental du Comité de Défense
Paysanne, et chez son frère Jean-
Louis Divanac'h. L'on avait vu, en
ville, passer des gendarmes venant des
brigades environnantes renforcer les
effectifs de la gendarmerie de Qmm-
per. Et le soir, personne n'ignorait
plus que d'importants détachements
de gardes mobiles se trouvaient en nos
murs.
La journée de vendredi fut calme.
On commentait la saisie. On plaisan-
tait même au sujet des gendarmes
chargés de garder dans les écuries Coi-
gnec. rue des Douves. où elles avaient
été conduites, les bêtes à cornes, pro-
venant des fermes de Corniguel et de
Kerlagatu.
Enfin, on trouvait peu banale la nou-
velle fonction du distingué commissai-
re-priseur, qui avait dû, dans la salle
des ventes transformée en crémerie,
débiter du lait a x enchères. Mais que
serait le lendemain ?
Au soir, on vit débarquer, sous la
pluie, des gardes mobiles à cheval qui
traversèrent la ville pour se rendre à
la caserne La Tour d'Auvergne.
QUIMPER S'EYEILLS
Il a plu toute la nuit. Ciel gris. De
bonne heure les pelotons de gardes
mobiles (il y en a 13, dit-on, soit un
effectif de près de 400 hommes) et de
gendarmes se cantonnent sur le
Champ de Foire et à ses issues a la
Préfecture, à la Mairie, à la Poste,
dans le square de l'ancien Evéché, à la
salle des Ventes, à la gare, etc.-
Des inspecteurs de la police spéciale
assurent la liaison entre les groupes.
Des camions gris stationnent.
Les agents de la police municipale
continuent leur se: vice ordinaire tout
en se maintenant en état d'alerte.
Les rues de Quimper sont calmes.
Sur la place Saint-Corentin, les mar-
chands forains déploient leurs éta-
lages.
Sur les trottoirs, les commerçants,
les particuliers discutent. L'on ne plai-
sante guère.
Ce n'est pas cela qui va faire
marcher le commerce, disent les uns.
Où allons-nous ?
Tout le monde donne raison aux
paysans, disent les autres.
A quoi d'autres rétorquent
Si tout le monde en faisait au-
tant, ce serait l'anarchie. Tout le
monde souffre de la crise.
Les paysans plus que les autres.
On dit qu'il y en aura 20 à 30.000.
Avez-vous vu M. Divanach ? On
dit qu'il est passé.
M. Dorgères est la,
Où. on ne sait pas.
Montons au Champ de Foire. A l'en-
trée que surplombe la tour de la Tur-
bie, un peloton de gardes mobiles fusil
sur l'épaule forme barrage. On ne
passe pas. Pourtant l'accès du Champ
de Foire n'est pas interdit. Il faut
continuer par la rue de Kerfeunteun,
à moins que, venant des rues Kéréon
ou de l'Abattoir, on ne passe par le
Pichéry.
En passant, rue des Douves, voici les
écuries Coignec qui, on le sait, ont été
réquisitionnées. Des gendarmes en
gardent l'accès. Ils n'empêchent d'ail-
leurs pas les visiteurs de venir jeter
un coup d'oeil sur les vaches saisies et
qui doivent être vendues. Puisqu'il y a
enchères publiques, tout le monde a le
droit de voir la marchandise.
Dans la cour, des gardes sous le
commandement d'un officier. Des
paysans entrent et sortent. Quand ils
s'attroupent on les fait circuler. Toute
réunion n'est-elle pas interdite ?
SUR LE CHAMP DE FOIRE
A 9 heures du matin, le Champ de
Foire est encore à peu près désert.
Quelques paysans regardent les c mo-,
biles a qui ont formé les faisceaux sur
la place près du mur bordant la rue
de Kerfunteun.
Pas de bruit, pas de cris. Des voitu-
res. des cars passent. Des camions se
rangent pour attendre le bétaiL Voici
des cultivateurs traînant des vaches,
des veaux. Peu à peu, le marché s'a-
nime. Quelques transactions s'opèrent.
Par la rue Eliê-Fréron, les paysans
des environs, jeunes et vieux, ne ces-
sent d'affluer. Le Champ de Foire est
déjà plus ahimé. On discute en bre-
ton, avec calme. Le bon sens paysan
est là. qui attend les événements. Peut-
être sait-il quel sera le dénouement de
l'affaire
Beaucoup de jeunes. Mais s'il est
parmi eux des « Chemises Vertes », ils
n'arborent pas aujourd'hui cet em-
bléme.
DETENTE
Est-ce le soleil qui amène la déten-
te ? En tout cas, brusquement, l'on
apprend que tout est terminé. Et, en
effet, voici que les gardes mobiles, mas-
sés sur le Champ de Foire, reçoivent
l'ordre de quitter les lieux.
M. Divanach a payé, entendons»
nous.
Ce n'est pas lui qui a payé,
disent certains.
Allons aux renseignements offictels.
La nouvelle est exacte. La somme due
a été payée. Peu importe par qui, du
moment que le Fisc est satisfait et que
force reste à la loi.
UNE ÊCHAUFOURÊE ENTRE LA FOULE ET LES GARDES MOBILES
Tout le monde commente l'heureux
évènement. Les cafés se remplissent.
Les commerçants ont le sourire, les
hôteliers surtout.
Il y a foule maintenant aux écuries
Coignec, gardées par les seuls gendar-
mes, pour voir les fameuses vaches
qui faillirent être vendues, comme leur
lait, aux enchères.
Voici M. Joseph Divanach devant la
porte de la Préfecture. Il déclare que
ce n'est pas lui qui a réglé la somme
due. 11 plaisante. La pluie dégringole
maintenant, remplaçant le service
d'ordre.
Vers 11 h. 30, des rires rue Elie-Fré-
ron. Entouré d'une dizaine de cultiva-
teurs, M. Joseph Divanach, en chapeau
breton, monte vers le Champ de Foire.
Il va voir ses vaches et, sans doute,
prendre des dispositions pour les faire
reintégrer leur étable au CornigueL
Tout est bien qui finit bien. Mais
certains ne sont pas satisfaits. S'ils
avaient su, peut-être, ne seraient-ils
pas venus à Quimper pour assister à
cet épilogue qui frise un peu la galé-
Tandis que M. Divanach remonte
vers le Champ de Foire, des tracts
sont distribués
On lit ceci sur l'un d'eux
« 7'apprenda à l'instant que la vente
n'a pas lieu, je ramène mes vachea.
Pendant que j'étais à Quimper, un
ami de Pouchus, un industriel de Pen-
hars, a payé pour moi. Espérons que
ce n'est pas avec les fonds secrets
Je ne l'en remercie pas, je continue
la lutte a.
J. Divahac'h.
UNE IiEUNION d SAINT-JULIEN
Pendant ce temps, de 9 heures à
10 h. 30, une réunion se tenait à Saint-
Julien, devant le local du Syndicat
agricole.
Y assistaient MM. de Guébriant,
Dorgères, des personnalités agricoles
et environ un millier (peut-être plus),
de spectateurs.
La réunion se passa dans le calme.
A son issue, les paysans se dirigent
vers le Champ de Foire qui va devenir
un champ de bataille.
Vers midi,
les bagarres commencent
Des blessés
Il était environ 11 h. 40 quand les
nombreux paysans, hommes et femmes,
et les curieux qui stationnent sur la
place, devant les écuries Coignec, voient
arriver M. J. Divanac'h. Des cris de
Joie s'élèvent et le c saisi » est porté
en triomphe, hissé sur des épaules
robustes.
Ses porteurs font deux fois le tour
de la place. Ilpa rvient suivit de M. Do-
gères, devant les barres d'attache sises
près du Likès. Il harangue la foule et
demande aux paysans de se retirer.
M. Divanach annonce que ses impôts
ont été payés paf un industriel, qu'il
ne remercie pas. « La lutte continue »,
dit-il.
Il ajoute que la Préfecture a mis un
camion à sa disposition pour ramener
ses vaches à Penhars. et cela gratuite-
ment.
M. Dorgères est dans la foule, à quel,
ques mètres. Il applaudit son lieutenant
puis parle à ceux qui l'entourent et
entonne la Marseillaise, qui est reprise
en cœur.
Mais un cri circule de bouche en bou-
che « Les gardes 1
La place est noire de gens, dont les
plus prudents commencent à battre en
retraite. Ils refluent sans évacuer, tan-
dis que les gardes arrivent. On aper-
çoit M Dorgères qui se faufile, crai-
gnant sans doute d'être arrêté s'il est
pris dans la bagarre; dans le remous,
Divanach disparait également. Devant
la marche en avant des gardes, les
gens se tassent le long des murs, sans
vouloir lâcher pied. Des hués, des coups
de sifflet.
Près du Likès, un barrage de gendar-
mes est commandé par l'adjudant Ca-
bellan, de Quimper. Les cris conti-
nuent. Des bousculades se produisent
et des coups pleuvent. Au passage, un
monsieur nous confie qu'il s'est trouvé
pris dans ia masse en se rendant à
Kerfeunteun; il a reçu un coup de ma-
traque qui fort heureusement ne l'a
pas blesse.
UN BLESS8
Les gardes à cheval font le tour de
la place, sans d'ailleurs réussir à la
faire évacuer. La foule est surexcitée;
elle hurle. Elle a cru que les gardes
s'étaient retirés, quand d'autres sur-
viennent à pied en colonnes par trois.
Alors, irritée, la foule se précipite à
leur rencontre, hommes et femmes.
Coups de pied, de poing, pierres qm
volent. Les gardes lèvent la crosse de
leurs mousquetons. C'est alors la ba-
garre générale. Un homme reçoit un
coup sur la tête; il saigne abondam-
ment mais ne tombe pas. Des amis le
soutiennent et l'aident à descendre chez
le docteur Queméré, où il reçoit les
premiers soins.
En voulant empêcher une femme et
son mari de passer sous les chevaux
des gardes, un agent dont l'intention
n'est pas comprise est pris à partie et
se dégage avec peine.
Cependant, a la vue du sang, un
apaisement relatif se produit. Dans la
foule circule le commissaire spécial
Desmarets, le commandant des garo.es.
le commandant de gendarmerie Vou-
zelles et le capitaine Métayer, le com-
missaire Rodier, de la police munici-
pale tous sont plus ou moins en butte
aux cris et aux quolibets de la foule.
On remarque également dans les
groupes des personnalités connues,
dont le général de Penfentenyo, le
maire de Plomelin, M. Lohéac, maire
de Spezet; M. de Guébriant, conseiller
général et président de la Chambre
d'Agriculture; M. Queinnec, conseiller
général de Pont-1'Abbé et d'autres. I1s
sont là surtout pour prêcher le calme
aux paysans de leurs cantons, mais
leur tâche est assez difficile avec l'éner-
vement collectif.
Vers 12 h. 40, les gardes à cheval
qui se trouvent alignga en file par un
en bordure de la rue de Kerfeunteun,
se mettent en colonne et se dirigent
vers la rue des Douves, où l'attroupe-
ment est considérable et où les mani-
festants crient sur les gendarmes et
gardes qui défendent l'accès des écu-
ries Coignec. Peut-être les paysans
veulent-ils simplement faire sortir les
vaches, qu'ils avaient l'intention de
promener en ville avec des écriteaux,
mais on ne leur a pas permis de le
faire. Des paysans essaient de s'oppo-
ser au passage des gardes l'un agite
son mouchoir, l'autre grippe la bride
d'un cheval; on crie. Les gardes conti-
nuent et font reflueur la foule le long
des murs et dans les cafés et maisons
voisines. Des gens s'enfuient de tous
côtés, mais d'autres montent par la
rue Elie-Fréron. Des manifestants lan-
cent des pierres et des pommes sur les
gardes. Ceux qui se trouvent sur le
Champ de Foire, tout le long du mur
bordant la rue de Kerfeunteun, orient
de plus belle. Pagaïe. Fort heureuse-
ment pour les gardes, il y a bien peu
de pierres sur le Champ de Foire, la
police ayant, la veille, précédé a leur
ramassage en prévision d'un coup dur.
Les charges se succ(dent alors. Nous
voyons un peloton de gardes à cheval
passer au demi-galop, bousculant des
manifestants. L'énervement ne fait que
croltre.
Un autre peloton vient au secours du
premier et charge au galop. Les pro-
jectiles pleuvent, mais font peu de mal
aux gardes. Ceux-ci frappent un peu
au hasard. Nous apercevons un jeune
homme tomber nous les chevaux. D'au-
tres personnes subissent le même sort,
au cours des échaufourées qui se suc-
cèdent alors. Elle s'en tireront sans
doute avec quelques contusions, les
chevaux de la garde ayant l'habitude.
NOUVELLE BAGARRE GENERALE
Des coups de matraque, de crosses,
répondent aux jets de pierres. Et c'est
ainsi jusque vers deux heures environ.
On signale un autre blessé et des con-
tusionnés.
Profitant d'un moment de répit, M..
de Guébriant harangue la foule et an-
nonce que des pourparlers sont enga-
gés avec la Préfecture. Il faut attendre
la réponse.
Jos Divanach parle également et dit
qu'il n'a pas été payé pour se retirer.
n attend le camion qu'on lui a promis
pour ramener ses vaches à Penhars.
Que la réponse de la Préfecture arrive,
les gardes se retireront.
Les gardes à cheval et des gardes
à pied quittent en effet le terrain.
Seul demeure un détachement qui for-
me les faisceaux sur le Champ de Poi-
re. Les commissaires de police restent
également pour surveiller les lieux en
prévision des événements. Enfin, vers
15 heures, le camion promis embarque
les vaches des frères Divanac'h. Le
véhicule démarre, conduit par M. Le
louet, de Ludu Gris. qui prend le che-
min de Penhars. Cris. Puis les der-
niers manifestants se dispersent, beau-
coup d'ailleurs s'aperçoivent qu'un im-
périeux besoin de se restaurer les te-
naille. La foule évacue par les rues
des Douves et Elie-Fréron. Quand elle.
est partie, les gardes à leur tour quit-
tent la place. Il ne reste plus sous le
crachin que quatre vaches qui mett-
glent lamentablement.
Les blessés
A l'heure où nous écrivons, on nous
signale trois blessés du côté des manir
festants, et cinq du côté des gardes.
Parmi les manifestants M. Corenttn
Le Bec, du Moustoir, en Plobannalec.
qui fut soigné par le docteur Quémeré
pour plaie contuse au cuir chevelu
M. Laurent Daniel, du Miné, en Pio-'
neour-Lanvern, qui reçut un coup de
crosse et fut transporté à son domicile,
après avoir été pansé à ¡'hôpital de
Quimper, par M. Queinnec, de Pont-
l'Abbe, ce dernier a le visage tuméfié et
est sous le coup de la commotion re-
çue enfin, un troisième blessé, pansé
également à l'hôpital
Signalons que l'hôpital de Quimper
avait été maintenu en alerte par la
municipalité et que l'ambulance était
prête pour le transport des blessés.
Cinq gardes nous dit-on, furent éga-
lement blessés, dont quatre au visage
sans gravité. Un cinquième a eu le
pouce foulé en tombant de cheval. Ils
ont tous été soignés à l'infirmerie du
137o R. I., où ils ont reçu à 17 heures
la visite du préfet. Quatre de ces gar-
des font partie du même peloton de
Pontivy.
Il est probable qu'il y eut plusieurs
autres personnes contusionnées dans
les bagarres, mais. on le comprend, el-
les firent preuve de discrétion.
Signalons enfin que les effectifs de
garde mobile, venus à Quimper de cinq
départements, se montaient à quinze
pelotons de trente, soit 450. Ils étaient
sous les ordres du commandant Adam'
Gironne, de Nantes. Il y avait aussi
une centaine de gendarmes.
Quant aux manifestants, il est assez
assez difficile d'évaluer leur nombre,
car la circulation était constante en
ville. La place du Champ de Foire con-
tenait plusieurs milliers de personnes.
mais le nombre des paysans était le
double ou le triple de cette capacité.
Enfin, disons que les meubles de M.
Joseph Divanac'h furent embarqués
vers 16 heures dans une camionnette de
M. Gestin, qui les ramena à la ferme,
du CornigueL
Puis la ville retrouva le calmA.
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