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- bulletin de la SOCIÉTÉ ARCHÉOLOGIQUE DE TOURAINE
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L'abbaye de Saint-Julien
Dans les écus du milieu, Ranjard blasonne les quar-
tier 1 et 4 : «d'azur à la croix d'argent, cantonné de
4 fleurs de lys d'or », ce qui est bien l'écu de Saint-
Julien ; mais en y regardant de plus près on voit que
s'il y a bien une fleur au centre de chaque canton, on
en aperçoit quatre autres à chaque coin. Le maître
verrier a du avoir du mal à tout caser dans l'espace
disponible car, de plus il a du réduire la largeur des
branches de la croix qui devrait être dite «diminuée».
Le blasonnement correct est donc : «d'azur semé de
fleurs de lys d'or, à la croix d'argent brochant sur
le tout».
Les croix
Ranjard ne semble pas avoir remarqué les croix
que Jeanson signale au dessus des écus ; mais Jeanson
n'a pas remarqué que les pieds de ces croix, époin-
tés, apparaissent en bas des écus. En fait, les croix
sont derrière les écus. On dira en langage héraldi-
que : «l'écu est posé sur une croix fichée d'or fleu-
ronnée d'argent ». La conclusion est sans appel : nous
avons affaire à un archevêque3. mais pas un des
archevêques de Tours, car Carré de Busserolle nous
en donne la liste et indique leurs armes. Celles du
vitrail n'y figurent pas, ni au XVIe siècle, ni à une
autre époque.
Revenons donc au problème essentiel : déterminer
à quelle famille appartiennent ces armes. On pense
tout de suite à la famille de Montbéron ; en effet, le
25 mai 1403, François de Montbéron, fils de Jacques
de Montbéron, Maréchal de France, épouse Louise de
Clermont, fille de Jean de Clermont vicomte d'Aunay.
Tous leurs descendants porteront : écartelé, en 1 et
4 un fascé (de couleurs variables suivant les bran-
ches cadettes qui devaient briser leurs armes) et en 2
et 3 les armes de Clermont-Néelle. La ressemblance
avec les écus du vitrail est troublante ; mais un fascé
n'est pas un champ avec deux fasces et de plus on ne
trouve aucun archevêque dans une postérité pourtant
fort nombreuse. Cette incidente n'est pas entièrement
hors du sujet.
Notre collègue Gérard Troupeau nous a fait parvenir
un courrier, accompagné surtout d'une photocopie et
de la manière de s'en servir. C'était la solution défini-
tive du problème. Que soit donc remercié M. Troupeau
comme il se doit.
Explications
La photocopie représente un bas-relief que l'on
peut voir dans l'église de Montreuil-en-Touraine. Ce
sont des armoiries composées après le mariage, en
1476 de François Baraton, Grand Échanson de France,
avec Antoinette de Sainte-Maure, fille de Charles de
Sainte-Maure, seigneur de Montgoger. Les héraldistes
appellent cela un pennon généalogique. On distingue
à gauche (c'est-à-dire à dextre pour les héraldistes) un
écartelé avec en 1 et 4 Baraton (d'or à la fasce fuselée
de gueules accompagnée de sept croisettes ancrées de
sable) et en 2 et 3, sans doute d'Aubigné (car les cou-
leurs ne sont pas conformes ?). À droite (à senestre) on
trouve huit partitions qui représentent les écus de huit
ancêtres des seigneurs de Mongoger, dont en 1 Sainte-
Maure, bien sûr (d'argent à une fasce de gueules), et
en 5 et 6 Blanche de Néelle-Offémont et Hector de
Chartres (d'argent à deux fasces de gueules), les deux
écus de notre vitrail. Ajoutons une précision capitale :
ces ancêtres d'Antoinette de Sainte-Maure sont le père
et la mère de Regnaud de Chartres. archevêque de
Reims ! Un tableau généalogique sommaire n'est pas
superflu pour s'y reconnaître.
A condition de partir du problème résolu, on trou-
vera très rapidement confirmation de tout cela dans
le père Anselme, qu'on retrouve depuis peu sur Inter-
net dans le site de la Bibliothèque Nationale. On y
trouvera encore bien des détails supplémentaires. Par
exemple les armoiries de l'archevêché de Reims :
« d'azur semé de fleurs de lys d'or, à la croix d'argent
brochant sur le tout ». Chaque archevêque pouvait les
arborer ou les joindre à ses armes familiales, comme
sur le vitrail qui nous occupe. C'est ce qui a été pris
pour l'écu de Saint-Julien.
A ce stade, il n'est pas inutile de rappeler qui fut
Regnaud de Chartres : d'abord chanoine de Saint-
Pierre de Beauvais vers 1404, puis évêque de cette
ville et enfin archevêque-duc de Reims en 1414, ce
qui faisait de lui le premier pair ecclésiastique du
royaume. Charles VII le nomma chancelier en 1428.
Il sacra ce roi le 17 juillet 1429 et comme il n'aimait
pas beaucoup Jeanne d'Arc, on sait qu'elle dut discu-
ter pour obtenir d'entrer dans la cathédrale en armure
et avec son oriflamme. Il fut nommé cardinal par le
pape Eugène IV le 28 décembre 1439. Appelé par
le roi à Tours pour participer à des négociation avec
les Anglais, qui devaient conduire à une trêve de dix
ans, il y mourut subitement le 4 avril 1443 et fut
inhumé dans la chapelle des Cordeliers. Il n'eut cer-
tainement pas le temps de participer aux négociations.
Rappelons à ce propos que le roi René, beau-frère de
Charles VII, était également à Tours où fut décidé le
mariage de sa fille Marguerite avec la roi d'Angle-
terre Henri VI4.
3. À cette époque les évêques avaient leurs écus posés sur un
crosse et les archevêques sur un croix à une seule traverse.
Un peu plus tard, les archevêques-primats eurent droit à une
croix à deux traverse (croix de Lorraine). Ce n'est qu'au
XIXe que les évêques eurent une croix simple et les Arche-
vêques une croix à deux traverses.
4. Pour les détails des négociations de Tours, nous renvoyons à
la communication que Pierre Leveel nous a faite le 29 juin
2005.
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Dans les écus du milieu, Ranjard blasonne les quar-
tier 1 et 4 : «d'azur à la croix d'argent, cantonné de
4 fleurs de lys d'or », ce qui est bien l'écu de Saint-
Julien ; mais en y regardant de plus près on voit que
s'il y a bien une fleur au centre de chaque canton, on
en aperçoit quatre autres à chaque coin. Le maître
verrier a du avoir du mal à tout caser dans l'espace
disponible car, de plus il a du réduire la largeur des
branches de la croix qui devrait être dite «diminuée».
Le blasonnement correct est donc : «d'azur semé de
fleurs de lys d'or, à la croix d'argent brochant sur
le tout».
Les croix
Ranjard ne semble pas avoir remarqué les croix
que Jeanson signale au dessus des écus ; mais Jeanson
n'a pas remarqué que les pieds de ces croix, époin-
tés, apparaissent en bas des écus. En fait, les croix
sont derrière les écus. On dira en langage héraldi-
que : «l'écu est posé sur une croix fichée d'or fleu-
ronnée d'argent ». La conclusion est sans appel : nous
avons affaire à un archevêque3. mais pas un des
archevêques de Tours, car Carré de Busserolle nous
en donne la liste et indique leurs armes. Celles du
vitrail n'y figurent pas, ni au XVIe siècle, ni à une
autre époque.
Revenons donc au problème essentiel : déterminer
à quelle famille appartiennent ces armes. On pense
tout de suite à la famille de Montbéron ; en effet, le
25 mai 1403, François de Montbéron, fils de Jacques
de Montbéron, Maréchal de France, épouse Louise de
Clermont, fille de Jean de Clermont vicomte d'Aunay.
Tous leurs descendants porteront : écartelé, en 1 et
4 un fascé (de couleurs variables suivant les bran-
ches cadettes qui devaient briser leurs armes) et en 2
et 3 les armes de Clermont-Néelle. La ressemblance
avec les écus du vitrail est troublante ; mais un fascé
n'est pas un champ avec deux fasces et de plus on ne
trouve aucun archevêque dans une postérité pourtant
fort nombreuse. Cette incidente n'est pas entièrement
hors du sujet.
Notre collègue Gérard Troupeau nous a fait parvenir
un courrier, accompagné surtout d'une photocopie et
de la manière de s'en servir. C'était la solution défini-
tive du problème. Que soit donc remercié M. Troupeau
comme il se doit.
Explications
La photocopie représente un bas-relief que l'on
peut voir dans l'église de Montreuil-en-Touraine. Ce
sont des armoiries composées après le mariage, en
1476 de François Baraton, Grand Échanson de France,
avec Antoinette de Sainte-Maure, fille de Charles de
Sainte-Maure, seigneur de Montgoger. Les héraldistes
appellent cela un pennon généalogique. On distingue
à gauche (c'est-à-dire à dextre pour les héraldistes) un
écartelé avec en 1 et 4 Baraton (d'or à la fasce fuselée
de gueules accompagnée de sept croisettes ancrées de
sable) et en 2 et 3, sans doute d'Aubigné (car les cou-
leurs ne sont pas conformes ?). À droite (à senestre) on
trouve huit partitions qui représentent les écus de huit
ancêtres des seigneurs de Mongoger, dont en 1 Sainte-
Maure, bien sûr (d'argent à une fasce de gueules), et
en 5 et 6 Blanche de Néelle-Offémont et Hector de
Chartres (d'argent à deux fasces de gueules), les deux
écus de notre vitrail. Ajoutons une précision capitale :
ces ancêtres d'Antoinette de Sainte-Maure sont le père
et la mère de Regnaud de Chartres. archevêque de
Reims ! Un tableau généalogique sommaire n'est pas
superflu pour s'y reconnaître.
A condition de partir du problème résolu, on trou-
vera très rapidement confirmation de tout cela dans
le père Anselme, qu'on retrouve depuis peu sur Inter-
net dans le site de la Bibliothèque Nationale. On y
trouvera encore bien des détails supplémentaires. Par
exemple les armoiries de l'archevêché de Reims :
« d'azur semé de fleurs de lys d'or, à la croix d'argent
brochant sur le tout ». Chaque archevêque pouvait les
arborer ou les joindre à ses armes familiales, comme
sur le vitrail qui nous occupe. C'est ce qui a été pris
pour l'écu de Saint-Julien.
A ce stade, il n'est pas inutile de rappeler qui fut
Regnaud de Chartres : d'abord chanoine de Saint-
Pierre de Beauvais vers 1404, puis évêque de cette
ville et enfin archevêque-duc de Reims en 1414, ce
qui faisait de lui le premier pair ecclésiastique du
royaume. Charles VII le nomma chancelier en 1428.
Il sacra ce roi le 17 juillet 1429 et comme il n'aimait
pas beaucoup Jeanne d'Arc, on sait qu'elle dut discu-
ter pour obtenir d'entrer dans la cathédrale en armure
et avec son oriflamme. Il fut nommé cardinal par le
pape Eugène IV le 28 décembre 1439. Appelé par
le roi à Tours pour participer à des négociation avec
les Anglais, qui devaient conduire à une trêve de dix
ans, il y mourut subitement le 4 avril 1443 et fut
inhumé dans la chapelle des Cordeliers. Il n'eut cer-
tainement pas le temps de participer aux négociations.
Rappelons à ce propos que le roi René, beau-frère de
Charles VII, était également à Tours où fut décidé le
mariage de sa fille Marguerite avec la roi d'Angle-
terre Henri VI4.
3. À cette époque les évêques avaient leurs écus posés sur un
crosse et les archevêques sur un croix à une seule traverse.
Un peu plus tard, les archevêques-primats eurent droit à une
croix à deux traverse (croix de Lorraine). Ce n'est qu'au
XIXe que les évêques eurent une croix simple et les Arche-
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4. Pour les détails des négociations de Tours, nous renvoyons à
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