Titre : La Revue diplomatique : politique, littérature, finances, commerce international / directeur-fondateur : Auguste Meulemans
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1936-03-31
Contributeur : Meulemans, Auguste (1831-1902). Directeur de publication
Contributeur : Meulemans, Jules (1864-1938). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb44336124w
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 1132 Nombre total de vues : 1132
Description : 31 mars 1936 31 mars 1936
Description : 1936/03/31 (A59,N2151). 1936/03/31 (A59,N2151).
Description : Collection numérique : Bibliothèque Diplomatique... Collection numérique : Bibliothèque Diplomatique Numérique
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : IIIe République (1870-1914)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : d'une guerre à l'autre (1914-1945)
Description : Collection numérique : Ministères des Affaires... Collection numérique : Ministères des Affaires étrangères
Description : Collection numérique : Des diplomates : activité,... Collection numérique : Des diplomates : activité, récits et portraits
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k64638846
Source : Ministère des Affaires étrangères (1932-1938), FOL-E*-2 (REVUE) / 2012-278162
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 05/07/2013
2 LA REVUE DIPLOMATIQUE
rions coupables de ne pas rappeler.
M. Bonncfoy-Sibour fuL le premier
civil cité à l'ordre de l'armée dans les
termes sui vants :
« Au cours des événements récents,
« de mars-avril 1918, a fait preuve du
(( plus beau courage et du plus entier
« mépris du danger, soit en dirigeant
<( les évacuations dans les localités du
a front rendues intenables par le feu
« de l'ennemi, soit pendant les bom-
(( bardemenis fréquents et violents aux-
« quels Béthune a été soumise. N'a
« quitté son poste que par ordre et
« après les derniers habitants, en rai-
« son de l'avance enne-
« mie. N'a cessé de don-
« ner, depuis trois ans et
« demi, le plus bel exem-
« ple par sa superbe atti-
<( tude et a réussi à main-
« tenir le moral et la con-
« fiance de tous. »
Deux citations à l'ordre
de la Nation, la Croix de
guerre el la Légion d'hon-
neur récompensèrent, en-
fin, son dévouement et sa
bravoure.
Et voici sa dernière ci-
tation :
« A\ donné, depuis le
« début des hostilités, les
« plus beaux exemples de
« courage, d'entrain et de
« mépris du danger. S'est
« à I/ouveau lwrticulière-
« ment signalé au cours
« des événements récents
<( en se rendant dans les
« endroits les plus expo-
« sés, soumis aux bom-
« bardements les plus vifs
« et à l'action des gaz
« asphyxiants ; a organisé les secours
« sous la chute ininterrompue des pro-
« jectiles, avec un admirable sang-
« froid. M. Bonnefoy-Sibour est un des
« fonctionnaires qui aura le plus ho-
« noré l'Administration préfectorale
(( au cours de cette guerre. » — IÚ juil-
let 1918, à l'Ordre de la Nation.
Comment la désignation d'un tel
homme n'aurait-elle pas été accueillie
avec satisfaction par le gouvernement
finlandais ? La réception faite par le
président de la République au nouveau
ministre justifie toutes les espérances
que l'on fonde des deux côtés sur les
résultats de sa mission.
La cérémonie de la remise des lettres
de créance a eu lieu le 5 mars dernier.
Elle a été empreinte de la plus cor-
diale simplicité.
M. Swinhufvrid, président de la Ré-
publique, a souhaité au nouveau mi-
nistre de France, M. Bonnefoy-Sibour,
une très cordiale bienvenue et a
approuvé son projet, de maintenir et
d'étendre les l iens de bonne amitié qui
existent dans tous les domaines entre
la Finlande, l'une des plus jeunes ré-
publiques européennes, et la doyenne
de ces républiques : la France.
Un thé intime a été offert au mi-
nistre de France ainsi qu'à ses collabo-
rateurs qui l'accompagnaient par le
président de la République et Mme
Swinhufrid.
Aussi bien dans le corps diploma-
tique que dans les sphères gouverne-
mentales, un accueil parfait a été ré-
servé à M. Bonnefoy-Sibour.
Cette atmosphère de sympathie ne
pourra que s'accroître lorsque la per-
sonnalité du nouveau ministre sera
mieux connue. Il réussira à Helsinki
comme partout où il a passé.
Jules MEULEMANS.
Après la cérémonie de la remise des lettres de créance du
nouveau Ministre de France, M. A. BONNEFOY-SIBOUR, au
Président de la République de Finlande, M. SVINHUFVRID.
De gauche à droite : Un aide de camp du Président; Hakkarainen, Introducteur des Envoyés étran-
gers ; M. A. Bonnefoy-Sibour, Ministre de France ; le Colonel Commandant la Maison militaire du
Président; M. le Président H. Svinhufvrid; II. de la Blanchetai. Secrétaire de la Légation; HaekzeJl,
Ministre des Affaires Etrangères ; Durieux. Vice-Consul; Legué. Attaché commercial.
LA SITUATION
Fidèle à sa mission, qui est de prévoir, la
Revue Diplomatique disait textuellement, le
mois dernier: « La ratification du pacte
franco-soviétique, ce n'est pas douteux, ser-
virait de prétexte à la remililarisation de
la rive gauche du Rhin, déjà très avancée
en fait, mais qui achèverait alors de s'opé-
rer, au grand jour. Mieux, elle amorcerait
la dénonciation de Locarno. »
L'événement ne nous a que trop donné
raison. Le geste accompli par le Führer, le
7 mars, ne fut un coup de tonnerre, pour
employer l'expression consacrée, que pour
ceux dont la vue trop courte ne leur per-
mettait pas d'apercevoir le parti que l'ad-
versaire tirerait du vote de la Chambre
française. En présence du chiffon de papier
déchiré par Hitler, le Sénat ne pouvait man-
quer de ratifier a son tour le pacte qui
éveillait la méfiance du Reich; c'est ce
qu'il fit, par 226 voix cou lie /j8.
Le Gouvernement français fit immédia-
ment ce que les circonstances lui comman-
daient : il protesta contre la violation du
traité de Versailles, le « diktat » abhorré
des Allemands, qui se refusent à le consi-
dérer connue un instrument valable, et con-
tre la dénonciation unilatérale du pacte de
Locarno, auquel la puissance ex-ennemie est
bien forcée de reconnaître toutes les quali-
tés de validité, puisqu'il fut librement con-
senti. C'est donc avec raison que M. Flan-
din, prenant la parole devant le Conseil de
la Société des Nations, dit le 14 mars :
« Il s'agit de savoir si la pratique du fait
accompli, si la répudiation d'engagements,
librement et solennellement acceptés va être
érigée en Europe en système politique ; si
les traités sont considérés comme, à tout
moment, immédiatement modifiables au gré
de leurs signataires et si un gouvernement
pourra, dans l'exercice de sa toute-puis-
sance, annuler aujourd hui ce qu'il aura
souscrit la veille. »
La question était ainsi posée sur son véri-
table terrain, celui de la probité internatio-
nale. M. Van Zeeland, parlant ensuite au
nom de la Belgique, s'exprima en ces 1er
mes :
« Pour les petits pays, le respect de la
justice et de la structure internationale ba-
sée sur le droit est particulièrement pré-
cieux. Le prétexte invoqué par l'Allema-
gne ne nous concerne en rien. Le pacte
franco-soviétique nous est étranger.
« Nous savons que, demain, il faudra re-
faire une structure internationale et nous y
rions coupables de ne pas rappeler.
M. Bonncfoy-Sibour fuL le premier
civil cité à l'ordre de l'armée dans les
termes sui vants :
« Au cours des événements récents,
« de mars-avril 1918, a fait preuve du
(( plus beau courage et du plus entier
« mépris du danger, soit en dirigeant
<( les évacuations dans les localités du
a front rendues intenables par le feu
« de l'ennemi, soit pendant les bom-
(( bardemenis fréquents et violents aux-
« quels Béthune a été soumise. N'a
« quitté son poste que par ordre et
« après les derniers habitants, en rai-
« son de l'avance enne-
« mie. N'a cessé de don-
« ner, depuis trois ans et
« demi, le plus bel exem-
« ple par sa superbe atti-
<( tude et a réussi à main-
« tenir le moral et la con-
« fiance de tous. »
Deux citations à l'ordre
de la Nation, la Croix de
guerre el la Légion d'hon-
neur récompensèrent, en-
fin, son dévouement et sa
bravoure.
Et voici sa dernière ci-
tation :
« A\ donné, depuis le
« début des hostilités, les
« plus beaux exemples de
« courage, d'entrain et de
« mépris du danger. S'est
« à I/ouveau lwrticulière-
« ment signalé au cours
« des événements récents
<( en se rendant dans les
« endroits les plus expo-
« sés, soumis aux bom-
« bardements les plus vifs
« et à l'action des gaz
« asphyxiants ; a organisé les secours
« sous la chute ininterrompue des pro-
« jectiles, avec un admirable sang-
« froid. M. Bonnefoy-Sibour est un des
« fonctionnaires qui aura le plus ho-
« noré l'Administration préfectorale
(( au cours de cette guerre. » — IÚ juil-
let 1918, à l'Ordre de la Nation.
Comment la désignation d'un tel
homme n'aurait-elle pas été accueillie
avec satisfaction par le gouvernement
finlandais ? La réception faite par le
président de la République au nouveau
ministre justifie toutes les espérances
que l'on fonde des deux côtés sur les
résultats de sa mission.
La cérémonie de la remise des lettres
de créance a eu lieu le 5 mars dernier.
Elle a été empreinte de la plus cor-
diale simplicité.
M. Swinhufvrid, président de la Ré-
publique, a souhaité au nouveau mi-
nistre de France, M. Bonnefoy-Sibour,
une très cordiale bienvenue et a
approuvé son projet, de maintenir et
d'étendre les l iens de bonne amitié qui
existent dans tous les domaines entre
la Finlande, l'une des plus jeunes ré-
publiques européennes, et la doyenne
de ces républiques : la France.
Un thé intime a été offert au mi-
nistre de France ainsi qu'à ses collabo-
rateurs qui l'accompagnaient par le
président de la République et Mme
Swinhufrid.
Aussi bien dans le corps diploma-
tique que dans les sphères gouverne-
mentales, un accueil parfait a été ré-
servé à M. Bonnefoy-Sibour.
Cette atmosphère de sympathie ne
pourra que s'accroître lorsque la per-
sonnalité du nouveau ministre sera
mieux connue. Il réussira à Helsinki
comme partout où il a passé.
Jules MEULEMANS.
Après la cérémonie de la remise des lettres de créance du
nouveau Ministre de France, M. A. BONNEFOY-SIBOUR, au
Président de la République de Finlande, M. SVINHUFVRID.
De gauche à droite : Un aide de camp du Président; Hakkarainen, Introducteur des Envoyés étran-
gers ; M. A. Bonnefoy-Sibour, Ministre de France ; le Colonel Commandant la Maison militaire du
Président; M. le Président H. Svinhufvrid; II. de la Blanchetai. Secrétaire de la Légation; HaekzeJl,
Ministre des Affaires Etrangères ; Durieux. Vice-Consul; Legué. Attaché commercial.
LA SITUATION
Fidèle à sa mission, qui est de prévoir, la
Revue Diplomatique disait textuellement, le
mois dernier: « La ratification du pacte
franco-soviétique, ce n'est pas douteux, ser-
virait de prétexte à la remililarisation de
la rive gauche du Rhin, déjà très avancée
en fait, mais qui achèverait alors de s'opé-
rer, au grand jour. Mieux, elle amorcerait
la dénonciation de Locarno. »
L'événement ne nous a que trop donné
raison. Le geste accompli par le Führer, le
7 mars, ne fut un coup de tonnerre, pour
employer l'expression consacrée, que pour
ceux dont la vue trop courte ne leur per-
mettait pas d'apercevoir le parti que l'ad-
versaire tirerait du vote de la Chambre
française. En présence du chiffon de papier
déchiré par Hitler, le Sénat ne pouvait man-
quer de ratifier a son tour le pacte qui
éveillait la méfiance du Reich; c'est ce
qu'il fit, par 226 voix cou lie /j8.
Le Gouvernement français fit immédia-
ment ce que les circonstances lui comman-
daient : il protesta contre la violation du
traité de Versailles, le « diktat » abhorré
des Allemands, qui se refusent à le consi-
dérer connue un instrument valable, et con-
tre la dénonciation unilatérale du pacte de
Locarno, auquel la puissance ex-ennemie est
bien forcée de reconnaître toutes les quali-
tés de validité, puisqu'il fut librement con-
senti. C'est donc avec raison que M. Flan-
din, prenant la parole devant le Conseil de
la Société des Nations, dit le 14 mars :
« Il s'agit de savoir si la pratique du fait
accompli, si la répudiation d'engagements,
librement et solennellement acceptés va être
érigée en Europe en système politique ; si
les traités sont considérés comme, à tout
moment, immédiatement modifiables au gré
de leurs signataires et si un gouvernement
pourra, dans l'exercice de sa toute-puis-
sance, annuler aujourd hui ce qu'il aura
souscrit la veille. »
La question était ainsi posée sur son véri-
table terrain, celui de la probité internatio-
nale. M. Van Zeeland, parlant ensuite au
nom de la Belgique, s'exprima en ces 1er
mes :
« Pour les petits pays, le respect de la
justice et de la structure internationale ba-
sée sur le droit est particulièrement pré-
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gne ne nous concerne en rien. Le pacte
franco-soviétique nous est étranger.
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