Titre : Revue des cultures coloniales
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1899-05-20
Contributeur : Milhe-Poutingon, Albert. Éditeur scientifique
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32858342r
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 5134 Nombre total de vues : 5134
Description : 20 mai 1899 20 mai 1899
Description : 1899/05/20 (A3,N29,T4). 1899/05/20 (A3,N29,T4).
Description : Collection numérique : Numba, la bibliothèque... Collection numérique : Numba, la bibliothèque numérique du Cirad
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6418296h
Source : CIRAD, 2012-231823
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 12/08/2013
292
REVUE DES CULTURES COLONIALES
vive voix et aussi par écrit, à M. le commissaire général de Lamothe et je ne
saurais mieux faire que citer le passage de ma lettre, qui est du 11 octobre der-
nier. « La perception de l'impôt dans la région Loango offre de grandes diffi-
« cultés, et l'administration doit, à mon avis, accepter tous les concours pour
« assurer le recouvrement de cet impôt. Je vous signale d'abord l'impôt sur les
« pêcheurs comme très facile à percevoir. Pourquoi ne pas exiger aussi (et c'est
« là mon idée) que chaque village fournisse un travailleur par dix cases? Ce
« travailleur serait employé par le gouvernement, si nécessaire, ou par les
« colons, qui n'hésiteraient pas à payer chaque année au Trésor cinquante
« francs par homme (soit l'impôt de dix cases à cinq francs l'une), tout en
« assurant sa nourriture et son entretien. »
L'avenir du Congo français est dans les plantations et dans l'exploitation de
ces immenses forêts sillonnées par des fleuves qui, comme l'Ogoué et le Kuilou,
peuvent descendre, sans aucun frais, les produits du sol à la mer. Le colon, s'il
est aidé par l'administration dans le recrutement des travailleurs, verra fructi-
fier ses capitaux dans ces régions équatoriales qui offrent à l'activité et à l'intel-
ligence humaine un si vaste champ d'expériences. Qu'il se lance dans les plan-
tations de caféiers et de cacaoyers, de caoutchoutiers, dans la culture de la
vanille, dans l'exploitation des bois, etc.; il est sûr de réussir et je vais essayer
de le démontrer, me basant sur les résultats obtenus dans notre concession du
Kuilou.
Plantation de caféiers. — Elle vient en première ligne dans ces contrées où le
caféier existe à l'état sauvage. La réussite est certaine, surtout si l'on veut
conserver le plant indigène, et pourquoi ne le conserverait-on pas? Nous avons
essayé le Libéria; il se comporte au Congo aussi bien que dans la « Répu-
blique Noire » ; mais il a l'inconvénient de produire toute l'année ; et le séchage,
en saison de pluies, est difficile; d'un autre côté, le café est de qualité infé-
rieure. Le caféier sauvage, au contraire, n'a des fruits mûrs que pendant la
saison sèche, et son café est classé dans le commerce au rang des Cazengo, des
Rio Nunez et des Mysore d'Afrique.
La plantation en elle-même est chose facile, aujourd'hui que l'on peut se
procurer, à peu de frais, les graines nécessaires. On sème vingt mille graines
au commencement de la saison sèche, en mai ; on arrose avec soin et, en
novembre, on est sûr de pouvoir transplanter dix-huit mille pieds assez vigou-
reux pour supporter ce déplacement : pour activer la germination de la graine,
il suffit de la débarrasser de sa première enveloppe et de la laisser dans la
parche.
Le déboisement de la forêt est l'opération la plus coûteuse et la plus délicate.
Faut-il déboiser entièrement? Dans l'Ogoué, le déboisement complet a donné de
mauvais résultats; dans le Kuilou, où la température n'est pas aussi élevée et où
la terre conserve, pendant la saison sèche, un peu plus d'humidité, on pourrait
raser entièrement le sol. Nos plantations ont été, en grande partie, faites sous
bois; cependant, nous avons déboisé complètement la montagne qui se trouve
sur la rive droite du Kuilou, en face de notre installation de Magna Matali.
L'avenir nous apprendra lequel vaut mieux, le déboisement complet ou le
déboisement partiel? Personnellement, je crois que les caféiers non abrités pro-
duiront beaucoup plus que les autres, mais ne dureront pas autant.
Les caféiers seront plantés en ligne, à deux mètres l'un de l'autre. La distance
entre deux lignes sera de trois mètres et les trous sont préparés à l'avance.
REVUE DES CULTURES COLONIALES
vive voix et aussi par écrit, à M. le commissaire général de Lamothe et je ne
saurais mieux faire que citer le passage de ma lettre, qui est du 11 octobre der-
nier. « La perception de l'impôt dans la région Loango offre de grandes diffi-
« cultés, et l'administration doit, à mon avis, accepter tous les concours pour
« assurer le recouvrement de cet impôt. Je vous signale d'abord l'impôt sur les
« pêcheurs comme très facile à percevoir. Pourquoi ne pas exiger aussi (et c'est
« là mon idée) que chaque village fournisse un travailleur par dix cases? Ce
« travailleur serait employé par le gouvernement, si nécessaire, ou par les
« colons, qui n'hésiteraient pas à payer chaque année au Trésor cinquante
« francs par homme (soit l'impôt de dix cases à cinq francs l'une), tout en
« assurant sa nourriture et son entretien. »
L'avenir du Congo français est dans les plantations et dans l'exploitation de
ces immenses forêts sillonnées par des fleuves qui, comme l'Ogoué et le Kuilou,
peuvent descendre, sans aucun frais, les produits du sol à la mer. Le colon, s'il
est aidé par l'administration dans le recrutement des travailleurs, verra fructi-
fier ses capitaux dans ces régions équatoriales qui offrent à l'activité et à l'intel-
ligence humaine un si vaste champ d'expériences. Qu'il se lance dans les plan-
tations de caféiers et de cacaoyers, de caoutchoutiers, dans la culture de la
vanille, dans l'exploitation des bois, etc.; il est sûr de réussir et je vais essayer
de le démontrer, me basant sur les résultats obtenus dans notre concession du
Kuilou.
Plantation de caféiers. — Elle vient en première ligne dans ces contrées où le
caféier existe à l'état sauvage. La réussite est certaine, surtout si l'on veut
conserver le plant indigène, et pourquoi ne le conserverait-on pas? Nous avons
essayé le Libéria; il se comporte au Congo aussi bien que dans la « Répu-
blique Noire » ; mais il a l'inconvénient de produire toute l'année ; et le séchage,
en saison de pluies, est difficile; d'un autre côté, le café est de qualité infé-
rieure. Le caféier sauvage, au contraire, n'a des fruits mûrs que pendant la
saison sèche, et son café est classé dans le commerce au rang des Cazengo, des
Rio Nunez et des Mysore d'Afrique.
La plantation en elle-même est chose facile, aujourd'hui que l'on peut se
procurer, à peu de frais, les graines nécessaires. On sème vingt mille graines
au commencement de la saison sèche, en mai ; on arrose avec soin et, en
novembre, on est sûr de pouvoir transplanter dix-huit mille pieds assez vigou-
reux pour supporter ce déplacement : pour activer la germination de la graine,
il suffit de la débarrasser de sa première enveloppe et de la laisser dans la
parche.
Le déboisement de la forêt est l'opération la plus coûteuse et la plus délicate.
Faut-il déboiser entièrement? Dans l'Ogoué, le déboisement complet a donné de
mauvais résultats; dans le Kuilou, où la température n'est pas aussi élevée et où
la terre conserve, pendant la saison sèche, un peu plus d'humidité, on pourrait
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bois; cependant, nous avons déboisé complètement la montagne qui se trouve
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déboisement partiel? Personnellement, je crois que les caféiers non abrités pro-
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