Titre : Moniteur de la papeterie française et de l'industrie du papier : organe officiel du Syndicat des fabricants de papier et carton de France
Auteur : Syndicat des fabricants de papier et carton de France. Auteur du texte
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1865-10-15
Contributeur : Gratiot, Amédée (1812-1880). Éditeur scientifique
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34378322z
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 34673 Nombre total de vues : 34673
Description : 15 octobre 1865 15 octobre 1865
Description : 1865/10/15 (VOL2,N1). 1865/10/15 (VOL2,N1).
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6386876w
Source : Bibliothèque nationale de France, département Sciences et techniques, 4-V-164
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 27/02/2013
LE MONITEUR DE LA PAPETERIE FRANÇAISE 11
1° La marche que j'ai décrite concernant mes
procédés de désagrégation et de blanchiment, plus
ou moins modifiés cependant pour la paille nepve;
2° L'application nouvelle et les procédés que
j'applique au traitement de la paille des litières,
plus ou moins modifié également ;
3° L'application du jute (corchorus capsularis)
blanchi par mes procédés pour être mélangé aux
pâtes de paille ou employé seul ;
4° Enfin l'application des résidus de la désa-
grégation chimique des pailles comme engrais.
REVUE RÉTROSPECTIVE
Des suites que le libre échange a eues pour la
Papeterie.
L'admission du libre échange dans notre légis-
lation est un fait définitivement accompli. La
combattre, je le sais, est chose tout à fait inutile,
car nous-mêmes qui ne l'avons ni désirée ni de-
mandée, bien qu'il nous en coûte, nous l'avons
acceptée. Subissons-la donc résolûment, mais
non sans qu'il nous soit permis de nous
plaindre.
Ainsi, je n'ai nulle envie de récriminer : mon
seul but est de constater les effets produits dans
la Papeterie par l'application du libre échange,
et de bien nous rendre compte des résultats qu'il
a eus pour notre Industrie dans les quatre années
d'expériences que nous venons d'en faire. Per-
sonne, je pense, ne pourra m'en blâmer.
Convenons d'abord d'un fait : c'est que nous
avons eu tort de dire, dans nos premiers débats
contre la sortie du chiffon, que l'adoption du
libre échange nous ruinerait immédiatement;
car à toutes choses il faut le temps nécessaire
pour que leurs effets puissent se produire com-
plètement. Du reste, nos adversaires ont eu tort
également en s'applaudissant des résultats du
libre échange dès la première année de sa mise
en vigueur. Si, comme eux, nous ne nous en
rapportions qu'aux bulletins de la douane, nous
reconnaîtrions combien est vrai le proverbe qui
dit que « les jours se suivent et ne se ressem-
blent pas. »
Ce n'est pas la première fois,qu'en France nous
admettons la liberté commerciale dans notre lé-
gislation. Ainsi, au dixseptième siècle, dans le
but de favoriser la Papeterie, qui alors souffrait
beaucoup de l'enlèvement de ses matières pre-
mières, Louis XIV rendit, en 1664, un arrêt du
Conseil qui établissait un droit de six livres à la
sortie des chiffons. En 1687 ce droit, reconnu in-
suffisant, fut porté à douze livres, puis plus tard
encore, en 1697, parut un arrêt de prohibition.
Cette législation dura jusqu'en 1733 ; et, dans cet
intervalle, la Papeterie reprit toute son activité.
Mais qu'advint-il ensuite? Pour des raisons
financières, Louis XV, par un autre arrêt du Con-
seil, en date de cette même année 1733, autorisa
la sortie du chiffon moyennant l'acquit d'un droit
de trente livres. Cette mesure suffit pour rame-
ner l'état de souffrance dont la Papeterie était à
peine sortie. En conséquence, vers 1770 et 1771,
elle se trouvait à peu près ruinée. Le mémorable
arrêt du Conseil, en date du 21 août 1771, pro-
voqué par ce fâcheux état des choses, rétablit la
prohibition.
Voici ce que disaient en 1765 - il y a juste un
siècle, comme on voit–les Fabricants de Papier
du Limousin et de l'Angoumois dans une péti-
tion que soixante-sept d'entre eux adressèrent au
gouvernement : « Les enlèvements que les étran-
« gers font de nos matières premières, soit en
« acquittant le droit de sortie, soit par des
« moyens frauduleux, les rendent chez nous si
« rares et si chères, que plutôt que de travailler
« à notre ruine, nous aimons mieux arrêter nos
« moulins. » Or, veut-on savoir à combien, en
ce temps-là, se trouvaient réduites les cuves au
lieu de mille qu'on en comptait en France un
siècle auparavant? Il n'en restait plus que quatre
cents, qui consommaient alors environ 15,000
quintaux de chiffons par année. Depuis cette épo-
que, il n'a donc pas fallu moins d'un siècle passé
sous le régime de la prohibition et à travers bien
des révolutions pour ramener la Papeterie fran-
çaise à l'état de prospérité où nous l'avons laissée
en 1860.
Il est vrai que si, dans ces temps arriérés, les
choses marchaient lentement, en revanche tout
va vite aujourd'hui. On s'est trop pressé, néan-
moins, de oroire que, parce que notre Industrie
n'a pas péri dès les premières années de la posir-
tion nouvelle que le libre échange lui a faite,
nous n'avons plus rien à en "redouter. L'indus -
trie est comme ces corps robustes et pleins de
santé qu'atteint une maladie lente. Longtemps ils-
résistent, mais peu à peu ils s'épuisent, et ils
finissent par succomber. La Papeterie, déjà souf-
frante avec le droit de sortie de 12 francs, souf-
frira bien autrement lorsque la libre sortie sera
complète, c'est-à-dire lorsqu'elle ne sera plus
soumise à aucun droit. Il serait difficile de préciser
combien de temps il faudra pour que l'épreuve
soit complète; cependant nous croyons ne pas
être loin dé la vérité en avançant qu'une dizaine
d'années sera nécessaire pour qu'on puisse con-
naître tous les résultats du changement radical
1° La marche que j'ai décrite concernant mes
procédés de désagrégation et de blanchiment, plus
ou moins modifiés cependant pour la paille nepve;
2° L'application nouvelle et les procédés que
j'applique au traitement de la paille des litières,
plus ou moins modifié également ;
3° L'application du jute (corchorus capsularis)
blanchi par mes procédés pour être mélangé aux
pâtes de paille ou employé seul ;
4° Enfin l'application des résidus de la désa-
grégation chimique des pailles comme engrais.
REVUE RÉTROSPECTIVE
Des suites que le libre échange a eues pour la
Papeterie.
L'admission du libre échange dans notre légis-
lation est un fait définitivement accompli. La
combattre, je le sais, est chose tout à fait inutile,
car nous-mêmes qui ne l'avons ni désirée ni de-
mandée, bien qu'il nous en coûte, nous l'avons
acceptée. Subissons-la donc résolûment, mais
non sans qu'il nous soit permis de nous
plaindre.
Ainsi, je n'ai nulle envie de récriminer : mon
seul but est de constater les effets produits dans
la Papeterie par l'application du libre échange,
et de bien nous rendre compte des résultats qu'il
a eus pour notre Industrie dans les quatre années
d'expériences que nous venons d'en faire. Per-
sonne, je pense, ne pourra m'en blâmer.
Convenons d'abord d'un fait : c'est que nous
avons eu tort de dire, dans nos premiers débats
contre la sortie du chiffon, que l'adoption du
libre échange nous ruinerait immédiatement;
car à toutes choses il faut le temps nécessaire
pour que leurs effets puissent se produire com-
plètement. Du reste, nos adversaires ont eu tort
également en s'applaudissant des résultats du
libre échange dès la première année de sa mise
en vigueur. Si, comme eux, nous ne nous en
rapportions qu'aux bulletins de la douane, nous
reconnaîtrions combien est vrai le proverbe qui
dit que « les jours se suivent et ne se ressem-
blent pas. »
Ce n'est pas la première fois,qu'en France nous
admettons la liberté commerciale dans notre lé-
gislation. Ainsi, au dixseptième siècle, dans le
but de favoriser la Papeterie, qui alors souffrait
beaucoup de l'enlèvement de ses matières pre-
mières, Louis XIV rendit, en 1664, un arrêt du
Conseil qui établissait un droit de six livres à la
sortie des chiffons. En 1687 ce droit, reconnu in-
suffisant, fut porté à douze livres, puis plus tard
encore, en 1697, parut un arrêt de prohibition.
Cette législation dura jusqu'en 1733 ; et, dans cet
intervalle, la Papeterie reprit toute son activité.
Mais qu'advint-il ensuite? Pour des raisons
financières, Louis XV, par un autre arrêt du Con-
seil, en date de cette même année 1733, autorisa
la sortie du chiffon moyennant l'acquit d'un droit
de trente livres. Cette mesure suffit pour rame-
ner l'état de souffrance dont la Papeterie était à
peine sortie. En conséquence, vers 1770 et 1771,
elle se trouvait à peu près ruinée. Le mémorable
arrêt du Conseil, en date du 21 août 1771, pro-
voqué par ce fâcheux état des choses, rétablit la
prohibition.
Voici ce que disaient en 1765 - il y a juste un
siècle, comme on voit–les Fabricants de Papier
du Limousin et de l'Angoumois dans une péti-
tion que soixante-sept d'entre eux adressèrent au
gouvernement : « Les enlèvements que les étran-
« gers font de nos matières premières, soit en
« acquittant le droit de sortie, soit par des
« moyens frauduleux, les rendent chez nous si
« rares et si chères, que plutôt que de travailler
« à notre ruine, nous aimons mieux arrêter nos
« moulins. » Or, veut-on savoir à combien, en
ce temps-là, se trouvaient réduites les cuves au
lieu de mille qu'on en comptait en France un
siècle auparavant? Il n'en restait plus que quatre
cents, qui consommaient alors environ 15,000
quintaux de chiffons par année. Depuis cette épo-
que, il n'a donc pas fallu moins d'un siècle passé
sous le régime de la prohibition et à travers bien
des révolutions pour ramener la Papeterie fran-
çaise à l'état de prospérité où nous l'avons laissée
en 1860.
Il est vrai que si, dans ces temps arriérés, les
choses marchaient lentement, en revanche tout
va vite aujourd'hui. On s'est trop pressé, néan-
moins, de oroire que, parce que notre Industrie
n'a pas péri dès les premières années de la posir-
tion nouvelle que le libre échange lui a faite,
nous n'avons plus rien à en "redouter. L'indus -
trie est comme ces corps robustes et pleins de
santé qu'atteint une maladie lente. Longtemps ils-
résistent, mais peu à peu ils s'épuisent, et ils
finissent par succomber. La Papeterie, déjà souf-
frante avec le droit de sortie de 12 francs, souf-
frira bien autrement lorsque la libre sortie sera
complète, c'est-à-dire lorsqu'elle ne sera plus
soumise à aucun droit. Il serait difficile de préciser
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