Titre : Le Petit journal
Auteur : Parti social français. Auteur du texte
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Éditeur : [s.n.][s.n.] (Clermont-Ferrand)
Éditeur : [s.n.][s.n.] (Pau)
Date d'édition : 1940-01-08
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32895690j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 08 janvier 1940 08 janvier 1940
Description : 1940/01/08 (Numéro 28112). 1940/01/08 (Numéro 28112).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
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Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k637115d
Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 18/01/2011
□ 2 □ LB PETIT JOURNAL
8-1-1940
ssa
m-
L'organisation agricole
DE L'EMPIRE FRANÇAIS
///, Nos besoins d'oléagineux peu
vent-ils être couverts par les
colonies ?
A LA lumière des idées générales Que j'ai exposées dans mes
précédents articles, a nous est maintenant possible de déter
miner les productions coloniales que nous devons intensifier
sans risque de nuire à l'agriculture métropolitaine et avec le souci
d'économiser le tonnage maritime pouvant être utilisé pour le
transport des denrées et des matières premières indispensables à la
via de notre pays.
Le nombre de oes productions est d'ailleurs impartant. Exami
nons-les chacune en particulier, sans oublier que notre but est de
produire vite, parce que nous devons parer à des besoins immédiats.
Or, oes besoins, déterminés d'une façon précise pour le temps
de paix, s'amplifient dans une mesure difficile & préciser, mais
considérable, pour le temps de guerre.
. D'abord, les oléagineux qui alimentent une industrie de paix
immense et qui, pour la guerre, prennent une importance vitale.
La production métropolitaine de corps gras d'origine végétale est
relativement faible. Nous produisons évidemment de l'huile d'olive,
de noix, de colza, de navette, mais tout cela est de peu d'importance
comparé à nos besoins, que nous comblons par des Importations
considérables d'oléagineux exotiques d'origines diverses.
Regrettons ici que notre politique ait réduit à peu de chose nos
récoltes métropolitaines — de colza notamment — et souhaitons
que ce qui s'est passé pour le lin se reproduise pour les matières
grasses.-
Je ne crois pas inutile de répéter que, grâce à des hommes
dévoués et clairvoyants, on ait, depuis quelques années, pris des
mesures pour rénover la production du lin. De cette façon, alors
qu'il y 1 » dix ans on cultivait 6.000 hectares de lin en France, en
1838 on a ensemencé 50.000 hectares.
Mais ce n'est qu'après la guerre que cette politique, si heureuse
dans ses résultats, pourra utilement être reprise pour d'autres pro
duits, les oléagineux notamment.
Pour l'immédiat, il n'y a guère que les colonies qui puissent nous
permettre d'atteindre le même but.
En 1937, nous avons Importé 1.432.840 tonnes de matières pre
mières pour la production de l'huile, équivalant à 541.000 tonnes
d'huile et avec les huiles de diverses origines, les Importations to
tales ont été de 637.000 tonnes.
Comme nous avons exporté — sous des formes différentes —
106.000 tonnes d'huiles, les besoins de la France sont donc de
l'ordre de 530.000 tonnes d'huiles environ.
Les sources principales de ces ■ importations sont les arachides
en coques et décortiquées, les graines de lin, le coprah et le pal
miste. Les graines de ricin, de soja, de colza, etc., viennent très
loin après les précédentes.
Nos colonies d'Afrique nous fournissent une quantité considé
rable de matières, premières pour l'huilerie.
Un ministre des Colonies de Belgique a dit, naguère, que
l'Afrique était un pays qui suait l'huile.
Expression pittoresque qui traduit exactement une situation
dont nous devons savoir tirer parti, contrairement & ce qui s'est
passé pendant la précédente guerre.
C'est ainsi que le Sénégal, qui produisait 300.000 tonnes d'ara
chides vit tomber, en 1915, par suite d'une politique malheureuse,
cette production à moins de 150.000 tonnes.
En 1938, l'A. O. P. nous a envoyé 376.000 tonnes d'arachides
en coques et 192.000 tonnes d'arachides décortiquées. Non seule
ment il ne faudrait pas que cette quantité soit moindre pendant
la guerre, mais encore faut-il tendre vers son augmentation consi
dérable. ■
En effet, c'est au moins 400.000 tonnes d'arachides décortiquées
qu'il nous faudrait recevoir en plus de nos colonies, dès la cam
pagne prochaine.
lia chose est-elle possible ? Non, probablement, mais on peut
envisager un accroissement de la récolte d'arachides. Cette plante,
en effet, a l'avantage d'accomplir toute son évolution en trois ou
quatre mois et, par conséquent, 11 est possible d'obtenir avec elle
des rendements accrus dans un court laps de temps.
Ce n'est le cas ni pour le oocotier ni pour le palmiste. Les
matières oléagineuses que fournissent-ces grands palmiers sont
infiniment précieuses, mais ce n'est qu'après sept, huit et même
dix ans qu'ils donnent une récolte appréciable.
Pour ces dernières essences, tout ce que l'on peut faire c'est de
ramasser précieusement leurs noix, d'en préparer l'hùile, ou
l'amande, avec tout le soin désirable et d'envoyer ces produits à
la métropole sans en perdre un atome. '
Naturellement, il faut augmenter et améliorer les plantations
existantes, 'en vue de l'avenir, car les récoltes de coprah coloniaux,
notamment, sont de loin inférieures 'à nos besoins.
Pour la graine de lin, dont nous importons près de 300.000 tonnes
nous les recevons à peu près en totalité de l'étranger, Heureusement,
après l'avoir déshydratée, l'huile dé ricin peut remplacer l'huile de
lin et la production du ricin est possible dans presque toutes nos
colonies. Comme l'arachide, il donne sa récolte en quelques mois.
Je ne passerai pas èn revue toutes les plantes coloniales suscep
tibles de nous fournir de l'huile.
Ces plantes existent dans toutes nos colonies, certaines y don
nent déjà lieu & une exploitation très importante, et il suffirait
d'avoir une politique adéquate pour en accroître la culture.
D'abord, il faut payer raisonnablement leur récolte aux culti
vateurs coloniaux; je dirai même qu'il faut la leur payer largement.
Or, ce n'est pas toujours la voie dans laquelle les comités de
fixation des Prix s'engagent. Pour le coprah et, je crois, pour l'ara
chide, on a fixé des prix qui font que les producteurs recevront
moins d'argent de leurs produits en 1940 qu'en 1939. C'est une
erreur et une injustice, car ces produits leur reviennent plus cher
cette année que l'an dernier.
Il faut, dans certains cas, que l'administration fasse une pression
paternelle sur les indigènes, afin qu'ils ensemencent davantage.
Mais, surtout, il faudrait, dans le cas de l'arachide spécialement,
qu'elle lèur fournisse des graines sélectionnées, et enfin, qu'elle les
apprenne à se servir de machines simples susceptibles de multiplier
le rendement de leur travail.
Un homme qui n'a pour outil qu'une houe ou une pioche ne
peut pas ensemencer de grandes surfaces. Dans cette vole, il y a
énormément à faire, mais pour une échéance assez lointaine cepen
dant. ,
A. FAUCHERE.
La fille et le gendre de A vec ceux du blocus
Marcel CACHIN
sont arrêtés
ponr avoir provoqué des
incidents sur un paquebot
revenant d'Amérique
Doctoresse en médecine, Mlle
Marcelle-Sylvie Oachin, âgée ac
tuellement de 28 ans — fille de
M. Cachln, sénateur — avait épousé
un médecin, Paul Heraog, d'un an
plus jeune qu'elle.
-(CINQ LIGNES CENSUREES)—
Un mandat d'arrêt fut délivré en
novembre par M. dUhalt, juge
d'instruction à Bordeaux, pour « at<
tentât à l'autorité d'un capitaine de
navire » et « tentative de désordre
à bord ».
C'est à Palmpol, où ils venaient
d'arriver, que des inspecteurs de la
brigade mobile de Rennes ont ar
rêté la fille et le gendre de M. Mar
cel Cachin et les écrouèrent à la
prison de Saînt-Brleuc.
Le tableau spécial
de la Légion d'honneur
POLE GRAND' CROIX
Etat-major
des trompes coloniales
Lee généraux :
Freydenberg, Henry (général de
corps d'armée). Officier géaéial au
long et brillant passé militaire, qui
a repris au service pour la durée dee
hostilités. Placé au commandement
d'une grande unité engagée.. depuis
le 14 septembre, sur une des par
ties les plus actives du front, y rend
les services les plus émtaents., Par
son action personnelle et son ascen
dant sur tous ses subordonnés, ob
tient les meilleur» résultats, faisant
constamment preuve des même® qua
lités d'activité, d'organisation et de
valeur guerrière qui l'ont toujours
caractérisé au cours de sa longue
carrière.
Blneau, Henri (général d'armée),
51 ans de services, 7 campagnes. A
été cité.
POUR GRAND-OFFICIER
Etat-major général de l'armée
Les généraux : Cazaban, Jean (gé
néral de brigade); Sclard, Théodore
( général de division ) ; Requin
Edouard (général d'armée) ; Fou-
fère, François (général de division);
llanchard, Georges (général d'ar
mée); Michel, Delphln (général de
brigade); Flavigny. Jean (général de
corps d'armé"^) ; Condé, Charles (gé
néral d'armée).
Faury, Louis (général de division)
Officier général de grande valeur.
Vient d'affirmer, à nouveau, au
cours de la campagne de Pologne,
les brillantes qualités de chef dont
11 a toujours fait preuve au cours
de sa carrière. Placé à la tête de la
mission militaire française, a su
communiquer rapidement à tous ses
collaborateurs le même élan, la mê
me foi. S'est dépensé sans compter
pour contribuer au rétablissement
d'une situation militaire, rendue
soudain impossible par l'entrée en
action des troupes russes. A ramené
sain et sauf le personnel de sa mis
sion, au mllleu.de tous , les dangers
courus. .
Corps du contrôle
de l'Administration de l'Armée
De la Fomélle, Philippe - Mûrie
(contrôleur général).
Les promotions ci-dessus compor
tent l'attribution de la croix de
guerre aveo palme.
Suit une longue liste de comman
deurs, d'officiers et de chevaliers.
Deux généraux reçoivent
la Médaille militaire
Sont inscrits au tableau spécîal
de la Médaille militaire les officiers
généraux dont les noms suivent :
Etal -major général de l'armée
cadre de réserve
Belhague, Charles (général d'ar
mée), 51 ans de services, 11 cam
pagnes. A été cité. Grand croix de
la Légion d'honneur du 7 Juillet
1936.
-Carence, Jean (général d'armée),
53 ans de services, 7 campagnes. A
été cité. Grand'croix de la légion
d'honneur du 30 décembre 1936.
Dans le grand silence noir
le bateau fantôme
termine sa course
(SUITE DE LA"*PREMIERS PAGE)
Tous sujets ou ressortissants
allemands. Vingt-deux au total.
Il y a en avait de tout petits,
comme des bébés. Il fallut faire
plusieurs voyages.
— N'en perdez pas en che
min, criait-on aux arraisonneurs.
Non seulement on n'en perdit
pas, mais on en ramena plus
qu'on ne devait.-Seuls, les indivi
dus mâles, en âge, sinon en état,
De noire envoyé spécial
sur le front de mer
A. PIfiRD
de porter les armes étant visés par
les lois martiales qui régissent les
pays en guerre, nous revenaient de
gré ou de force.
Or, les femmes, filles ou soeurs
des nains ne voulurent rien savoir
pour en être séparées. Elles voulu
rent à toute force les suivre en
captivité. Comment des coeurs de
Français auraient-ils pu résister à
leurs supplications, où le comique
se mêlait au pathétique ? De
même, parmi les managers, il y
avait une jeune et jolie femme qui
insista pour partager le sort de ses
compagnons. Blanche-Neige, on
la nomma, d'où le titre de cet
épisode.
Par la suite, toute h troupe fut
transportée sur un autre patrouil
leur.
(4 lignes censuréesy
Et, sous la sauvegarde de notre
patrouilleur, la flottille mit le cap
sur un port français où les Lilli
putiens furent débarqués pour être
internés provisoirement dans un
camp de concentration.
Si l'on doutait de cette histoire,.
parce que je la rapporte du Midi
en passant par Marseille, ou si l'a
censure' la jugeait inopportune,
qu'on 'sache qu'elle a été relatée
récemment par le Popolo d'Ita-
lia. i
A l'affût
La nuit est tombée, Très loin,
une large lueur dans le ciel. Ce
sont les lumières d'une ville sur l'a
côte d'un pays voisin. Nous stop
pons. Nous allons guetter là le pa
quebot qui nous a été signalé ce
matin. Il a dû quitter à 15 h., le
port de .... indiqué sur l'itinéraire
publié par l'armateur. S'il suit sa
route normale, à la vitesse qu'on
lui connaît, nous devons !*'aperce
voir vers 19 heures. Les deux bor
dées sont debout, scrutant l'hori
zon, leur acuité visuelle accrue
par l'espoir d'un bel arraisonne
ment aux flambeaux, suivi de
quelque capture d'espion redou
table.
20 h. Ou bien il n'est pas parti,
ou bien il a dû tirer très au large
et passer en dehors de notre zone
de contrôle. Dans ce cas, il sera
tombé dans les filets d'un autre
patrouilleur, car tout le bassin oc
cidental de la "Méditerranée est
couvert d'un réseau ténu de sur
veillance.
Nous quittons l'affût pour re
prendre notre patrouille dans le ci
rage.
Le grandi silence noir
Jamais, en effet, la nuit ne m'a
paru plus obscure. Des* grains
fréquents l'épaississent. Pas un
bruit. On n'entend que le sourd
pilonnage des bielles et le léger
chuintement des embruns. Le vais
seau fantôme poursuit sa marche
errante dans le grand silence noir
de la mer.
(A suivre.)
m ^ lëD
d'ailleurs
Aux Chaussures F. PINET
i, boulevard de la Madeleine, der
nière semaine de la grande vente de
soldes. Nouvelles séries pour dames
et messieurs, sacrifiées avec de très
gros rabais.
■ •
: Grandeur, décadence
' et misère des riches
• M. William Dawson, âgé de
8o ans, a été trouvé mort de faim
dans la maison dont il était proprié
taire i Gosport, où il gardait une
quantité considérable de joyaux lui
appartenant.
Depuis la mort de sa femme, l'oc
togénaire avait pris la vie en dégoût
et finalement il décida de se laisser
mourir d'inanition.
MM. les OFFICIERS
O'ROSSEN
9, avenue Matignon, PARIS
est à votre disposition pour vous
exécuter des uniformes impec
cables à des prix raisonnables.
DEM A IN
Rentrée parlementaire
Demain, reprise des travaux par
lementaires. Reprise au ralenti,
puisqu'on ne fera que procéder au
renouvellement du bureau de la
Chambre. C'est M. Sallès, député du
Rhône, doyen de l'Assemblée, qui
présidera la séance d'ouverture. Le
bureau définitif sera installé Jeudi
et ce ne sera qu'après le discours
de M. Herriot que la Chambre
abordera la fixation de son ordre
du jour.
LE CARNET
du "Petit Journal"
NECROLOGIE
— Nous apprenons avec regret
la mort de M. Bouchard,, qui
était entré au Petit Journal, en
novembre 1014, comme chef de
bureau de l'imprimerie.
Ses obsèques auront lieu ce
matin, à 11 heures, en l'église
Notre-Dame du Rosaire, 194, rue
de Vanves.
La Société du Petit Journal
adresse à la famille de son
regretté collaborateur, qui fut un
homme de grande loyauté, ses
bien sincères condoléances.
LE TIRAGE
de la l re tranche 1940
de la Loterie Nationale
Le n' 943.990 gagne
le gros lot de cinq millions
X i met clllt
du billet
o
4
6
8
Nu mm os Mumam
gagnants u Ht
06.890
124.840
882
693.182
335.892
2.234
342.834
5
80.165
79.285
37
158.739
847.309
50.000
500.000
5.000
500.000
500.000
220
10.000
500.000
110
50.000
100.U00
1.000
1.000.000
1.000.000
PROCHAIN TIRAGE
DE LA LOTERIE
A CHINON. LE 25 JANVIER
Sur autorisation du ministre des
Finances, le tirage de la deuxième
tranche de la Loterie Nationale
1940 sera assuré à Chinon (Indre-
et-Loire), le jeudi 25 janvier 1940,
à. 14 heures .
LOTERIE NATIONALE
Tr. : tirage le 25 Janvier
26 millions de lots
gagnés à ce jour
A 100 contre 1
tentez votre chance
I.
100 Cent, dlfîér. de 0 à 99.. 125 fr.
Rembours. obligat. 43 fr.
10 Dixièm. différ. de 0 à 9. 110 fr.
10 Vingt, différ. de 0 à 9. . 60 fr.
Jn vente au guichet, V.P.G.M.,
fondée en 1934, Hall du Petit Journal.
Pour la province, écrire : V.P.G.M.,
61, rue Lafayette, PARIS. Joindre au
mandat ou versement C. C. Pos
tal 328-02- Paris, à Limoges, 3 francs
pour lettre recommandée et assur.,
OU' 1 franc pour lettre ordinaire.
A propos du décret-loi
du 9 septembre 1939
Extraits de la réponse du minis
tre des Finances au président de
la Fédération française de la publi
cité, en date du 13 décembre 1939 :
Vous m'avez signalé que vos adhé
rents se sont émus que, pour l'ap
plication du- décret du 9 septembre
1939 limitant les bénéfices des en
tremises autres que celles visées à
l'art 21 ter de la loi du 11 juillet
1936. les frais de publiaité ne pa
raissaient pas devoir être pris en
considération comme frais commer
ciaux de l'exploitation. ■>
Bureaux : 5, rue Lamartine, PARIS (9*)
LA R0CQUE REÇOIT
les bureaux des Fédérations
et sections de l'Ile de France
Le colonel de la Rocque a pour
suivi hier tonte la journée la série
de ses réceptions en recevant tout
d'abord, le. matin, à Melun, les bu
reaux (présidents, déléguées, délé
gués et divers responsables) des sec
tions de :
. Nemours, la Chapelle-la-Relne,
Lorry - le - Boccage, Fontainebleau.
Jkfonterean, Châtcau-Landon, Mo-
ret-sur-Loing, Montigny-sur-Loing,
Melun (Ndtd et Sud), Brie-Comte-
Robert, Tournan-en-Brie, Chatelet-
en-Brie, Mormanl, Provins, Donne-
marie-en-Montois, Villiers-Saint-
Georges, Naaigis, Brav-sur- Seine,
constituant la Fédération de la
Seine-et-Marne-Sud.'
Dans l'après-midi, 1« président
du Parti a reçu au « Petit Jour
nal » les représentants des sections
de : Clignancourt 1er, 2* et 3',
Grandes-Carrières 1er, 2" 3» et 4',
La Chapelle, Goutte-d'Or, Amé
rique Nord et Sud, Pont de Flan
dre, Villette, Pierrefitte, Saint»
Denis, Champs-Elysées, Madeleine,
Boule, Saint-Augustin, Saint-La
zare, Saint-Ouen, Chaussée d'An-
tln, Lorette, Maubeuge, Montmar
tre, Tour d'Auvergne, Trinité, Epi-
nay, Ile-Saint-Denis, Saint-Denis,
Saint-Louis, Saint-Martin, Saint-
Vincent, Aubervilliers, La Cour-
neuve, Le Bourget et S tains, repré
sentant la Fédération Paris-Nord-
Est.
Le colonel de la Rocque, & qui il
ne reste plus qu'à recevoir les bu
reaux des sections de la Fédération
Paris-Est, pour avoir vu les dix fé
dérations de la Seines les recevra
dimanche prochain.
Un Centre d'accueil est ouvert
120, boulevard Saint-Germain,
de 9' heures à 19 heures,. pour
les militaires et leurs familles.
Restaurant ouvert tous les
jours, pour le repas de midi.
Bibliothèque. Salle de repos.
Une salle de travail est stric
tement réservée aux Jeunes étu
diants.
Pour les mobilisés
Les particuliers ont le droit d'ex
pédier aux soldats des armées, en
vertu d'Instructions officielles, dea
journaux AFFRANCHIS A t fr. 10.
A travers —
/es SECTIONS
Paris
♦ Les oamaradea de la eeotlon
CLIGNANCOURT lre se retrouveront,
le dimanche 14 janvier 1940, À 1S
haines, 39, rue des Cloyc. Les adhé
rents résidant en province sont prié»
de donner de leurs nouvelles à îtané
Charles, 107, rue Duhesme, à Paris
(lff).
♦ Les enfants des adhérents de la
section COMBAT NORD et SUD sont
Invités à tirer les Bois le dimanche
14 Janvier, à 14 heures, à l& perma
nence, 10, rue Botaarls, 4, vûla du
■Parc.
Région parisienne
♦ La section d'ATHis-MONS fait
un pressant appel k tous les cama
rades pour l'aider à envoyer des colla
aux mobilisés.
♦ la section de SEVRAN Informe
ses adhérents et sympathisante que
les dons en argent' ou en nature,
pour les colis mensuels des mobilisés,
peuvent être adressés 1. rue Doulcet,
ou 18, route d'Aulnay.
♦ Un service spécial d'entraide,
pour les mobilisés et leurs familles,
en liaison avec l'Action sociale, a
été créé par la section de SANNOIS.
Pour tous renseignements, s'adresser
à nos amis R. Karl ou R. Mercier,
33, rue de Paris, les samedis et di
manches, de 14 à 20 heures.
Calvados
♦ « L'A.B.C. du P. J. » a fait par
venir, pour le Noël, plusieurs centai
nes de ccdls & nos camarades mobi
lisés de la Fédération du CA.LVAUOS.
Nous rappelons aux familles, qui ne
l'a/uraterot pas déjà fait, de donner
des nouvelles de nos camarades mobi
lisés & leurs sections respectives, eed.
afin qu'un colis puisse leur être expé
dié.
Finistère
♦ Un arbre de Noël a eu Heu le
31 décembre, pour les enfants de la
section de Ql'IMPER. La permanence,
5, rue Rene-Madec, est ouverte tous
les Jours, de 16 heures & 20 h. 30.
On y reçoit les dons pour « l'AJB.O.
du P. J. », qui fait parvenir de nom
breux colis aux mobilisés de la sec
tion.
La circonstance que le décret-loi
du 9 septembre 1939 précité se ré
fère a celui du 29 juillet 1939 a pu
donner à penser que la disposition
dont il s'agit devait ■trouver à s'ap
pliquer indistinctement à toutes les
entreprises.
Il en est cependant différemment.
J'ai été amené à reconnaître, en
effet, que s'il est logique d'exclure
les frais de publicité des charges
déductibles des entreprises travail
lant pour les besoins de la Défense
nationale, de telles entreprises
n'ayant pas à exposer des frais de
cette nature pour la recherche
d'une clientèle, il serait particuliè
rement rigoureux d'étendre la mê
me solution aux entreprises que
vise le décret-loi du 9 septembre
1939. ,
Les frais de publicité que ces der
nières entreprises seront appelées à
engager seront donc normalement
admis dans les frais généraux tant
pour le calcul des bénéfices soumis
la limitation que pour l'assiette
de l'impôt sur les bénéfices indus
triels et commerciaux. <
La Nicotine ravage, jaunit les dents
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D'UN COMMUNIQUE A L'AUTRE...
LES événements qui «e déroulent
en Europe, depuis le cap Nord
' jusqu'aux Dardanelles, occupent
toute notre attention! et notre fron
tière de l'Est n'est qu'un "élément du
conflit actuel où les patrouilles fran
çaises et allemandes se croisent sans
trêve devant nos lignes : le 6, une des
nôtres fit des prisonniers, ce qui est
un encouragement pour ceux qui veil
lent aux avant-postes sans aucun mo
ment de faiblesse. Un tir d'artillerie
assez vif fut déclenché par les Alle
mands dans la région de la Blies. Les
nôtres répondirent aussitôt. Ce jeu de
contre-batterie dura environ une heure
et, en somme, fut sans signification.
En mer, il semble que la sécurité des
transports soit acquise. Les sous-marins
et les mines ne font plus de victimes
en ce moment.
En Carélie, une préparation d'artil
lerie rouge précéda, le 5 janvier, les
attaques menées, d'une part vers Sum-
ma et, de l'autre, vers Taïpale. Les as
saillants furent repoussés.
Au nord du lac Ladoga et en La-
ponie, les combats locaux des pa
trouilles finlandaises se prolongent.
Le récit détaillé de la bataille de
Tolvajarvi, donné par un témoin, «it
intéressant i méditer. Deux compa
gnies finlandaises arrêtèrent une divi
sion soviétique, contre laquelle se
heurtèrent deux autres divisions ve
nant derrière la première ; d'où pa
nique, coups de feu entre ces troupes
dans la nuit ; méprise totale et dé
bandade.
Ce grave incident caractérise bien,
ce que valent les troupes soviétiques
non instruites, n'ayant pas qualifiés, n'ayant pas de chefs en tête
pour commander.
Les divisions avancèrent, stmble-t-il,
sans avant-garde, sans liaison entre
elles. Tanks et voitures blindées ne
firent aucune reconnaissance. L'avia
tion attendue ne vint pas, dit-on. Ce
n'est pas une excuse, car la reconnais
sance aérienne ne suffit, pas ; chaque
troupe fait son propre service de sé
curité d'autant plus nécessaire que le
brouillard et la région boisée sont fa
vorables à la surprise.
Pauvres troupes ! Pauvres soldats
ne sachant pas où ils vont, ni ce qu'ils
font/Passivité russe 1
* *
EN COUPE DE FRANCE
Le F.C.Sète est tenu en échec
par Bordeaux-Bouscat
MOULINS. — Saint-Etienne bat
Moulins par 10 à 1.
CHATEAUDUN. — R.C. Paris
bat Ch&teaudun par 3 à S.
LENS. — Lena bat Valenclennes
par Z & 0.
FIVES. — Fives bat J.S. Po
teaux par B à 0.
BOULOGNE. — Boulogne bat
Stade de l'Est par 8 à 3.
COMP1EGNE. — Complègne bat
Reims par 2 à 1.
LE HAVRE. — Le Havre A.C.
bat Jfnvisy par 4 & 1.
CAEN. — Rouen bat Caen par
9 à 1. ' *
CHÔLET. — Cholet bat T. A.
Rennes par S à 2.
PARIS. — C.A. Paris bat U.S.
Trouville par 9 à 0.
PARIS. — Troyes bat F.C. Le-
vallois "par 4 & 3.
NICE. — O.G.C. Niee bat Cannes
par 3 à 2 (après prolongation).
BORDEAUX. — Bordeaux-Bous
cat et Sète font matoh nul : 1 & 1
(après prolongation).
SOCHAUX. — F.C. Sochanx et
U.S. Annemasse : match remis, ter
rain couvert de verglas.
Championnat interrégional
GROUPE NORD
. ROÙBAIX. — Excelsior bat Ar-
ras par 4*3.
Rugby
COUPE DES XV
SAINT-JEAN-DE-LUZ. — Av.
Bayonne bat Saint-Jean-de-Luz
par 32 à 11.
/ LE BOUCAU. — Le Boucan bat
Section Paloise par 14 à 0.
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1. OtLé Ohé I«ncy (Hazet) G 9 »
3. Ottarus (Rlaud/ .P 8 50
Sr
Grand roman inédit
RESUME. — Le dictateur chinois Sun Chô-wet, mari de la riche
O-len, mère de ses fils, et mari de l'exquise Aï-lan, leur cache mal
son ardent souci de ressusciter la Chine. Il pense au î ", ar .f c /'® i
Koung-Wenn-tchoung pour l'y aider, à la grande crainte a Ai-ian.
Cependant, à Tokio, le jeune diplomate Atsuda-Kyômori et son
intime, le colonel Nagaoka-Akira, se préoccupent fort des affaires
chinoises et craignent que le maréchal KoungrWenn-Tchoung ne
soit tenté par un rapprochement avec les Soviets. Ils panent
Pékin. Le Dictateur les a devancés et a été arrête par le maréchal
traître. Ils veulent le délivrer.
(37)
_ __ AIS ce fut au tour de Koung Wenn-tchoung de sourire.
1% /H — Assurément, dit-il, et vous êtes toute maîtresse.
In /I Mais V ous savez peut-être que le Dictateur n'est pas a
I V I Pékin même. Il est au Palais d'Eté. Cela n'est pas bien
•*- loin. Toutefois, il serait sage de vous reposer un peu.
D'autant qu'il y a à Pékin une fort grande dame étrangère pour
qui le Dictateur doit professer beaucoup d'estime et de considéra
tion, et qui voudrait profiter de votre heureuse venue pour faire
avec vous la promenade du Palais d'Eté... et saluer avec vous Sa
Haute Excellence
Aï-lan, quoique souriant toujours et s'empressant d'acquiescer,
perdit de ce coup un peu de son sang-froid.
♦
Par le fait, deux heures plus tard, dans l'une des salles aux
somptueuses colonnes de laque cramoisies de la Ville Interdite,
Aï-lan voyait s'avancer vers elle une femme non moins souriante
qu'elle même, et qui lui tendit tout dé suite une main charmante,
aussi soignée qu'était la main d'Aï-lan; un peu plus grande.
La dame étrangère annoncée par le maréchal du Nord pou
vait avoir vingt ans, ou trente-cinq. Elle était de ces femmes qui
ne changent pas. Point jolie, pire : des yeux à n'en plus finir, cou
leur d'opale; une bouche rétrécie en oerise, par un rouge de brune;
et pourtant, ses cheveux étaient d'un tel roux que n'importe quel
homme, don Juan lui-même, eût juré qu'ils étaient teints; mais
Aï-lan ne s'y trompa pas, et les admit tels quels, sans artifice.
Aï-lan avait bien regardé la dame étrangère. La dame étrangère
regarda bien Aï-lan. Puis, quelques gestes courtois échangés, toutes
deux s'assirent et, d'abord, se turent.
Mais la dame étrangère sourit, et d'un tel sourire que madame
Sun la seconde comprit tout de suite qu'il ne fallait pas essayer
de lutter contre ce sourire-là. Et elle sourit à son tour, comme on
capitule.
La dame étrangère alors commença de parler, d'une douce voix,
un peu rauqué, et le plus gentiment du monde :
— Madame Sun Chô-weï, n'est-ce pas ? Aï-lan ? Moi, je suis
Mme Serguieff... Daria Nicolaiewna... Oh I vous m'êtes tellement
sympathique... Ainsi, vous êtes venue vous mettre sous la griSe...
Quel courage ! Madame Sun... non, permettez-moi de dire : Aï-lan..
Je vous admire comme je nç peux pas l'exprimer ! Oh 1 chère
Aï-lan...
Impassible, et tout de même un peu déconcertée, Aï-lan voulut
répondre...
— Madame...
— Non I non I l'étrangère protestait, comme enthousiaste : pas
par
Claude FARRERE
de l'Académie française
ce mot-là I appelez-moi par mon nom, dites Darla... Daria Nico
laiewna... Il est bien vrai que nous ne nous connaissons que depuis
cinq minutes... Mais je vais être une sœur pour vous... Et il le faut I
— Il le faut réellement ? .
Aï-lan, vite ressaisie, avait pris sa voix la plus claire et la
plus posée. L'étrangère se laissait au contraire aller à un véri-
table abandon :
— S'il le faut ! s'écrla-t-elle, mais vous ne pouvez pas en dou
ter ! vous êtes ici pour sauver le Dictateur, n'est-ce pas ? et moi,
songez que je vais vous y aider de toutes mes forces.
Klles avaient jusqu'alors parlé anglais l'une et l'autre, avec deux
accents différents, mais légers. Mais Mme. Serguieff soudain s'in
terrompit :
— J'y songe : vous aimeriez peut-être mieux que nous parlions
chinois ?
C'était dit en bonne langue mandarine. Aï-lan s'étonna :
— Vous savez si bien que cela le chinois ?
— Oh ! fit Mme Serguieff, je suis russe... Pour mol, comme pour
beaucoup de ma, race, le chinois, l'anglais, l'allemand, le français,
le japonais — et" le russe aussi, vous pensez bien ! — c'est tout un.
Donc...
— Je préfère parler anglais, dit Aï-lan.
; Elle regardait attehtivement la dame qui savait tant de langues :
Sauver le Dictateur, répéta-t-elle, tout doucement..; Madame,
il est donc en danger ? réellement ?
— Pas « madame », cria la Russe, impétueuse. Daria Nico-
laïewna ! Oh ! je vous en supplie, dites : Daria Nlcolaïewna... dites
Daria !...
Puis, prompte comme un dégagement d'épée, elle enchaîna :
— S'il est en danger î Oh I Aï-lan... ayez un peu plus de con
fiance ! Eh ! Boge mot ! s'il n'était pas en danger, si vous ne le
saviez pas aussi bien que moi, seriez-vous ici ?
— Vous avez raison, prononça très tranquillement Aï-lan, en
vérité, vous parlez tout à fait selon la sagesse, madame... pardon I...
Daria Nlcolaïewna...
— Ah ! s'exclama la Russe, toute ravie, merci ! merci, Aï-lan
très chère.. Et comme vous avez bien dit mon nom ! sauriez-vous un
peu de russe, peut-être ?
— Oh ! non, protesta Aï-lan, qui avait retrouvé son Impertur
bable sourire, Je ne suis qu'une' petite fille très ignorante... j'ai
seulement appris un peu d'anglais... A Shan-Ghaï il faut, vous
savez... Et naturellement on m'a aussi montré quelques caractères...
mais mon pinceau est le plus maladroit de tous les pinceaux. J'au
rais donc honte d'écrire devant une dame de talent comme vous...
Mais nous parlions du Dictateur, n'est-ce pas ?
— Oui, oui, oui, certifia Darla Nicolaïewna, qui avait jeté sur
Aï-lan un regard oblique, vif comme le coup de patte d'un chat.
Nous parlions du Dictateur et de son péril. A quoi bon ne pas
dire la vérité ?. Vous connaissez Tien... Koung Wenn-tchoung...
— Vous l'appelez de son nom de courtoisie î
— Eh 1 oui... Mais non par estime ou amitié. Vous le connaissez?
— Non. dit Aï-lan.
— Oh ! que si ! vous le connaissez au moins un peu, puisque
vous êtes ici. Et moi qui le connais bien, je vous dis ceci, en pure
vérité vous avez bien fait de venir. Car vous sauverez le Dicta
teur, s'il peut être sauvé. Vous seule en êtes capable, avec mol
derrière vous.
— En pure vérité ? répéta Aï-lan.
Elle regardait fort attentivement la dame russe, et cherchait
peut-être dans tout ce visage inconnu et jusqu'au fond de oes yeux
pailletés de bleu, de gris, de vert et d'or quelque chose qui ne
fût pas un mensonge. Cela n'était pas très facile à trouver. Aï-lan
y renonça pour l'instant, et laissa retomber un coup d'cell sur son
propre sac à main, le sac de maroquin souple, vert et velouté, dont
elle ne se séparait guère. Mme Serguieff vit ce coup d'oeil et levant
un doigt, sourit ;
— Aï-lan chère, oui, ce que vous regardez là sera certes utile-
Mais...
— Mais ?...
— Mais... Ecoutez : je vous ai dit que je veux être une sœur pour
vous... Il faut me croire... Aï-lan, Aï-lan, tout est difficile, tout est
dangereux... Voyons, votre premier désir est certainement de voir
le Dictateur ? •
Aï-lan, muette, considéra les hautes colonnes laquées qui sou
tenaient le plafond de la salle. Par la baie d'accès, le somptueux
décor d'une vaste cour toute de marbre, et coupée du fossé rituel
que franchissaient les cinq ponts en arc, magnifiquement sculptés
et ajourés, brillait au soleil.
Solitude totale. Les officiers de Koung Wenn-tchoung, qui
avaient conduit Aï-lan, s'étalent retirés, sans doute selon leurs
ordres. Et tel quel, débarrassé de toute présence humaine, ce décor-
là avait bien dû être celui qui avait hanté jusqu'à l'obsession le
Dictateur Sun Chô-weï, dans sa poursuite obstinée d'une résurrec
tion de la Chine, de cette renaissance immédiate d'une Chine neuve,
moderne, aussi magnifique que l'ancienne avait été...
Aï-lan, songeant, se taisait toujours. Mme Serguieff, Impétueuse
soudain, insista :
— Aï-lan, voyons 1 vous avez demandé à Tien de voir le Dicta
teur.
-r- Oui, dit enfin Aï-lan ,et vous-même, ne désirez-vous pas ?
— Oh ! fit Mme Serguieff, Je désire, moi, vous accompagner au
Palais d'Eté. Mais je ne désire pas voir le Dictateur.
— Ah ? lit Aï-lan essayant de comprendre.
— Non, expliqua Mme SerguieS, reprenant son Irrésistible sou
rire. Vous le verrez, vous... Et, moi, je vous aurai vue d'abord...
Et je vous reverrai, après...
(A suivreJ
î
i
8-1-1940
ssa
m-
L'organisation agricole
DE L'EMPIRE FRANÇAIS
///, Nos besoins d'oléagineux peu
vent-ils être couverts par les
colonies ?
A LA lumière des idées générales Que j'ai exposées dans mes
précédents articles, a nous est maintenant possible de déter
miner les productions coloniales que nous devons intensifier
sans risque de nuire à l'agriculture métropolitaine et avec le souci
d'économiser le tonnage maritime pouvant être utilisé pour le
transport des denrées et des matières premières indispensables à la
via de notre pays.
Le nombre de oes productions est d'ailleurs impartant. Exami
nons-les chacune en particulier, sans oublier que notre but est de
produire vite, parce que nous devons parer à des besoins immédiats.
Or, oes besoins, déterminés d'une façon précise pour le temps
de paix, s'amplifient dans une mesure difficile & préciser, mais
considérable, pour le temps de guerre.
. D'abord, les oléagineux qui alimentent une industrie de paix
immense et qui, pour la guerre, prennent une importance vitale.
La production métropolitaine de corps gras d'origine végétale est
relativement faible. Nous produisons évidemment de l'huile d'olive,
de noix, de colza, de navette, mais tout cela est de peu d'importance
comparé à nos besoins, que nous comblons par des Importations
considérables d'oléagineux exotiques d'origines diverses.
Regrettons ici que notre politique ait réduit à peu de chose nos
récoltes métropolitaines — de colza notamment — et souhaitons
que ce qui s'est passé pour le lin se reproduise pour les matières
grasses.-
Je ne crois pas inutile de répéter que, grâce à des hommes
dévoués et clairvoyants, on ait, depuis quelques années, pris des
mesures pour rénover la production du lin. De cette façon, alors
qu'il y 1 » dix ans on cultivait 6.000 hectares de lin en France, en
1838 on a ensemencé 50.000 hectares.
Mais ce n'est qu'après la guerre que cette politique, si heureuse
dans ses résultats, pourra utilement être reprise pour d'autres pro
duits, les oléagineux notamment.
Pour l'immédiat, il n'y a guère que les colonies qui puissent nous
permettre d'atteindre le même but.
En 1937, nous avons Importé 1.432.840 tonnes de matières pre
mières pour la production de l'huile, équivalant à 541.000 tonnes
d'huile et avec les huiles de diverses origines, les Importations to
tales ont été de 637.000 tonnes.
Comme nous avons exporté — sous des formes différentes —
106.000 tonnes d'huiles, les besoins de la France sont donc de
l'ordre de 530.000 tonnes d'huiles environ.
Les sources principales de ces ■ importations sont les arachides
en coques et décortiquées, les graines de lin, le coprah et le pal
miste. Les graines de ricin, de soja, de colza, etc., viennent très
loin après les précédentes.
Nos colonies d'Afrique nous fournissent une quantité considé
rable de matières, premières pour l'huilerie.
Un ministre des Colonies de Belgique a dit, naguère, que
l'Afrique était un pays qui suait l'huile.
Expression pittoresque qui traduit exactement une situation
dont nous devons savoir tirer parti, contrairement & ce qui s'est
passé pendant la précédente guerre.
C'est ainsi que le Sénégal, qui produisait 300.000 tonnes d'ara
chides vit tomber, en 1915, par suite d'une politique malheureuse,
cette production à moins de 150.000 tonnes.
En 1938, l'A. O. P. nous a envoyé 376.000 tonnes d'arachides
en coques et 192.000 tonnes d'arachides décortiquées. Non seule
ment il ne faudrait pas que cette quantité soit moindre pendant
la guerre, mais encore faut-il tendre vers son augmentation consi
dérable. ■
En effet, c'est au moins 400.000 tonnes d'arachides décortiquées
qu'il nous faudrait recevoir en plus de nos colonies, dès la cam
pagne prochaine.
lia chose est-elle possible ? Non, probablement, mais on peut
envisager un accroissement de la récolte d'arachides. Cette plante,
en effet, a l'avantage d'accomplir toute son évolution en trois ou
quatre mois et, par conséquent, 11 est possible d'obtenir avec elle
des rendements accrus dans un court laps de temps.
Ce n'est le cas ni pour le oocotier ni pour le palmiste. Les
matières oléagineuses que fournissent-ces grands palmiers sont
infiniment précieuses, mais ce n'est qu'après sept, huit et même
dix ans qu'ils donnent une récolte appréciable.
Pour ces dernières essences, tout ce que l'on peut faire c'est de
ramasser précieusement leurs noix, d'en préparer l'hùile, ou
l'amande, avec tout le soin désirable et d'envoyer ces produits à
la métropole sans en perdre un atome. '
Naturellement, il faut augmenter et améliorer les plantations
existantes, 'en vue de l'avenir, car les récoltes de coprah coloniaux,
notamment, sont de loin inférieures 'à nos besoins.
Pour la graine de lin, dont nous importons près de 300.000 tonnes
nous les recevons à peu près en totalité de l'étranger, Heureusement,
après l'avoir déshydratée, l'huile dé ricin peut remplacer l'huile de
lin et la production du ricin est possible dans presque toutes nos
colonies. Comme l'arachide, il donne sa récolte en quelques mois.
Je ne passerai pas èn revue toutes les plantes coloniales suscep
tibles de nous fournir de l'huile.
Ces plantes existent dans toutes nos colonies, certaines y don
nent déjà lieu & une exploitation très importante, et il suffirait
d'avoir une politique adéquate pour en accroître la culture.
D'abord, il faut payer raisonnablement leur récolte aux culti
vateurs coloniaux; je dirai même qu'il faut la leur payer largement.
Or, ce n'est pas toujours la voie dans laquelle les comités de
fixation des Prix s'engagent. Pour le coprah et, je crois, pour l'ara
chide, on a fixé des prix qui font que les producteurs recevront
moins d'argent de leurs produits en 1940 qu'en 1939. C'est une
erreur et une injustice, car ces produits leur reviennent plus cher
cette année que l'an dernier.
Il faut, dans certains cas, que l'administration fasse une pression
paternelle sur les indigènes, afin qu'ils ensemencent davantage.
Mais, surtout, il faudrait, dans le cas de l'arachide spécialement,
qu'elle lèur fournisse des graines sélectionnées, et enfin, qu'elle les
apprenne à se servir de machines simples susceptibles de multiplier
le rendement de leur travail.
Un homme qui n'a pour outil qu'une houe ou une pioche ne
peut pas ensemencer de grandes surfaces. Dans cette vole, il y a
énormément à faire, mais pour une échéance assez lointaine cepen
dant. ,
A. FAUCHERE.
La fille et le gendre de A vec ceux du blocus
Marcel CACHIN
sont arrêtés
ponr avoir provoqué des
incidents sur un paquebot
revenant d'Amérique
Doctoresse en médecine, Mlle
Marcelle-Sylvie Oachin, âgée ac
tuellement de 28 ans — fille de
M. Cachln, sénateur — avait épousé
un médecin, Paul Heraog, d'un an
plus jeune qu'elle.
-(CINQ LIGNES CENSUREES)—
Un mandat d'arrêt fut délivré en
novembre par M. dUhalt, juge
d'instruction à Bordeaux, pour « at<
tentât à l'autorité d'un capitaine de
navire » et « tentative de désordre
à bord ».
C'est à Palmpol, où ils venaient
d'arriver, que des inspecteurs de la
brigade mobile de Rennes ont ar
rêté la fille et le gendre de M. Mar
cel Cachin et les écrouèrent à la
prison de Saînt-Brleuc.
Le tableau spécial
de la Légion d'honneur
POLE GRAND' CROIX
Etat-major
des trompes coloniales
Lee généraux :
Freydenberg, Henry (général de
corps d'armée). Officier géaéial au
long et brillant passé militaire, qui
a repris au service pour la durée dee
hostilités. Placé au commandement
d'une grande unité engagée.. depuis
le 14 septembre, sur une des par
ties les plus actives du front, y rend
les services les plus émtaents., Par
son action personnelle et son ascen
dant sur tous ses subordonnés, ob
tient les meilleur» résultats, faisant
constamment preuve des même® qua
lités d'activité, d'organisation et de
valeur guerrière qui l'ont toujours
caractérisé au cours de sa longue
carrière.
Blneau, Henri (général d'armée),
51 ans de services, 7 campagnes. A
été cité.
POUR GRAND-OFFICIER
Etat-major général de l'armée
Les généraux : Cazaban, Jean (gé
néral de brigade); Sclard, Théodore
( général de division ) ; Requin
Edouard (général d'armée) ; Fou-
fère, François (général de division);
llanchard, Georges (général d'ar
mée); Michel, Delphln (général de
brigade); Flavigny. Jean (général de
corps d'armé"^) ; Condé, Charles (gé
néral d'armée).
Faury, Louis (général de division)
Officier général de grande valeur.
Vient d'affirmer, à nouveau, au
cours de la campagne de Pologne,
les brillantes qualités de chef dont
11 a toujours fait preuve au cours
de sa carrière. Placé à la tête de la
mission militaire française, a su
communiquer rapidement à tous ses
collaborateurs le même élan, la mê
me foi. S'est dépensé sans compter
pour contribuer au rétablissement
d'une situation militaire, rendue
soudain impossible par l'entrée en
action des troupes russes. A ramené
sain et sauf le personnel de sa mis
sion, au mllleu.de tous , les dangers
courus. .
Corps du contrôle
de l'Administration de l'Armée
De la Fomélle, Philippe - Mûrie
(contrôleur général).
Les promotions ci-dessus compor
tent l'attribution de la croix de
guerre aveo palme.
Suit une longue liste de comman
deurs, d'officiers et de chevaliers.
Deux généraux reçoivent
la Médaille militaire
Sont inscrits au tableau spécîal
de la Médaille militaire les officiers
généraux dont les noms suivent :
Etal -major général de l'armée
cadre de réserve
Belhague, Charles (général d'ar
mée), 51 ans de services, 11 cam
pagnes. A été cité. Grand croix de
la Légion d'honneur du 7 Juillet
1936.
-Carence, Jean (général d'armée),
53 ans de services, 7 campagnes. A
été cité. Grand'croix de la légion
d'honneur du 30 décembre 1936.
Dans le grand silence noir
le bateau fantôme
termine sa course
(SUITE DE LA"*PREMIERS PAGE)
Tous sujets ou ressortissants
allemands. Vingt-deux au total.
Il y a en avait de tout petits,
comme des bébés. Il fallut faire
plusieurs voyages.
— N'en perdez pas en che
min, criait-on aux arraisonneurs.
Non seulement on n'en perdit
pas, mais on en ramena plus
qu'on ne devait.-Seuls, les indivi
dus mâles, en âge, sinon en état,
De noire envoyé spécial
sur le front de mer
A. PIfiRD
de porter les armes étant visés par
les lois martiales qui régissent les
pays en guerre, nous revenaient de
gré ou de force.
Or, les femmes, filles ou soeurs
des nains ne voulurent rien savoir
pour en être séparées. Elles voulu
rent à toute force les suivre en
captivité. Comment des coeurs de
Français auraient-ils pu résister à
leurs supplications, où le comique
se mêlait au pathétique ? De
même, parmi les managers, il y
avait une jeune et jolie femme qui
insista pour partager le sort de ses
compagnons. Blanche-Neige, on
la nomma, d'où le titre de cet
épisode.
Par la suite, toute h troupe fut
transportée sur un autre patrouil
leur.
(4 lignes censuréesy
Et, sous la sauvegarde de notre
patrouilleur, la flottille mit le cap
sur un port français où les Lilli
putiens furent débarqués pour être
internés provisoirement dans un
camp de concentration.
Si l'on doutait de cette histoire,.
parce que je la rapporte du Midi
en passant par Marseille, ou si l'a
censure' la jugeait inopportune,
qu'on 'sache qu'elle a été relatée
récemment par le Popolo d'Ita-
lia. i
A l'affût
La nuit est tombée, Très loin,
une large lueur dans le ciel. Ce
sont les lumières d'une ville sur l'a
côte d'un pays voisin. Nous stop
pons. Nous allons guetter là le pa
quebot qui nous a été signalé ce
matin. Il a dû quitter à 15 h., le
port de .... indiqué sur l'itinéraire
publié par l'armateur. S'il suit sa
route normale, à la vitesse qu'on
lui connaît, nous devons !*'aperce
voir vers 19 heures. Les deux bor
dées sont debout, scrutant l'hori
zon, leur acuité visuelle accrue
par l'espoir d'un bel arraisonne
ment aux flambeaux, suivi de
quelque capture d'espion redou
table.
20 h. Ou bien il n'est pas parti,
ou bien il a dû tirer très au large
et passer en dehors de notre zone
de contrôle. Dans ce cas, il sera
tombé dans les filets d'un autre
patrouilleur, car tout le bassin oc
cidental de la "Méditerranée est
couvert d'un réseau ténu de sur
veillance.
Nous quittons l'affût pour re
prendre notre patrouille dans le ci
rage.
Le grandi silence noir
Jamais, en effet, la nuit ne m'a
paru plus obscure. Des* grains
fréquents l'épaississent. Pas un
bruit. On n'entend que le sourd
pilonnage des bielles et le léger
chuintement des embruns. Le vais
seau fantôme poursuit sa marche
errante dans le grand silence noir
de la mer.
(A suivre.)
m ^ lëD
d'ailleurs
Aux Chaussures F. PINET
i, boulevard de la Madeleine, der
nière semaine de la grande vente de
soldes. Nouvelles séries pour dames
et messieurs, sacrifiées avec de très
gros rabais.
■ •
: Grandeur, décadence
' et misère des riches
• M. William Dawson, âgé de
8o ans, a été trouvé mort de faim
dans la maison dont il était proprié
taire i Gosport, où il gardait une
quantité considérable de joyaux lui
appartenant.
Depuis la mort de sa femme, l'oc
togénaire avait pris la vie en dégoût
et finalement il décida de se laisser
mourir d'inanition.
MM. les OFFICIERS
O'ROSSEN
9, avenue Matignon, PARIS
est à votre disposition pour vous
exécuter des uniformes impec
cables à des prix raisonnables.
DEM A IN
Rentrée parlementaire
Demain, reprise des travaux par
lementaires. Reprise au ralenti,
puisqu'on ne fera que procéder au
renouvellement du bureau de la
Chambre. C'est M. Sallès, député du
Rhône, doyen de l'Assemblée, qui
présidera la séance d'ouverture. Le
bureau définitif sera installé Jeudi
et ce ne sera qu'après le discours
de M. Herriot que la Chambre
abordera la fixation de son ordre
du jour.
LE CARNET
du "Petit Journal"
NECROLOGIE
— Nous apprenons avec regret
la mort de M. Bouchard,, qui
était entré au Petit Journal, en
novembre 1014, comme chef de
bureau de l'imprimerie.
Ses obsèques auront lieu ce
matin, à 11 heures, en l'église
Notre-Dame du Rosaire, 194, rue
de Vanves.
La Société du Petit Journal
adresse à la famille de son
regretté collaborateur, qui fut un
homme de grande loyauté, ses
bien sincères condoléances.
LE TIRAGE
de la l re tranche 1940
de la Loterie Nationale
Le n' 943.990 gagne
le gros lot de cinq millions
X i met clllt
du billet
o
4
6
8
Nu mm os Mumam
gagnants u Ht
06.890
124.840
882
693.182
335.892
2.234
342.834
5
80.165
79.285
37
158.739
847.309
50.000
500.000
5.000
500.000
500.000
220
10.000
500.000
110
50.000
100.U00
1.000
1.000.000
1.000.000
PROCHAIN TIRAGE
DE LA LOTERIE
A CHINON. LE 25 JANVIER
Sur autorisation du ministre des
Finances, le tirage de la deuxième
tranche de la Loterie Nationale
1940 sera assuré à Chinon (Indre-
et-Loire), le jeudi 25 janvier 1940,
à. 14 heures .
LOTERIE NATIONALE
Tr. : tirage le 25 Janvier
26 millions de lots
gagnés à ce jour
A 100 contre 1
tentez votre chance
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100 Cent, dlfîér. de 0 à 99.. 125 fr.
Rembours. obligat. 43 fr.
10 Dixièm. différ. de 0 à 9. 110 fr.
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Pour la province, écrire : V.P.G.M.,
61, rue Lafayette, PARIS. Joindre au
mandat ou versement C. C. Pos
tal 328-02- Paris, à Limoges, 3 francs
pour lettre recommandée et assur.,
OU' 1 franc pour lettre ordinaire.
A propos du décret-loi
du 9 septembre 1939
Extraits de la réponse du minis
tre des Finances au président de
la Fédération française de la publi
cité, en date du 13 décembre 1939 :
Vous m'avez signalé que vos adhé
rents se sont émus que, pour l'ap
plication du- décret du 9 septembre
1939 limitant les bénéfices des en
tremises autres que celles visées à
l'art 21 ter de la loi du 11 juillet
1936. les frais de publiaité ne pa
raissaient pas devoir être pris en
considération comme frais commer
ciaux de l'exploitation. ■>
Bureaux : 5, rue Lamartine, PARIS (9*)
LA R0CQUE REÇOIT
les bureaux des Fédérations
et sections de l'Ile de France
Le colonel de la Rocque a pour
suivi hier tonte la journée la série
de ses réceptions en recevant tout
d'abord, le. matin, à Melun, les bu
reaux (présidents, déléguées, délé
gués et divers responsables) des sec
tions de :
. Nemours, la Chapelle-la-Relne,
Lorry - le - Boccage, Fontainebleau.
Jkfonterean, Châtcau-Landon, Mo-
ret-sur-Loing, Montigny-sur-Loing,
Melun (Ndtd et Sud), Brie-Comte-
Robert, Tournan-en-Brie, Chatelet-
en-Brie, Mormanl, Provins, Donne-
marie-en-Montois, Villiers-Saint-
Georges, Naaigis, Brav-sur- Seine,
constituant la Fédération de la
Seine-et-Marne-Sud.'
Dans l'après-midi, 1« président
du Parti a reçu au « Petit Jour
nal » les représentants des sections
de : Clignancourt 1er, 2* et 3',
Grandes-Carrières 1er, 2" 3» et 4',
La Chapelle, Goutte-d'Or, Amé
rique Nord et Sud, Pont de Flan
dre, Villette, Pierrefitte, Saint»
Denis, Champs-Elysées, Madeleine,
Boule, Saint-Augustin, Saint-La
zare, Saint-Ouen, Chaussée d'An-
tln, Lorette, Maubeuge, Montmar
tre, Tour d'Auvergne, Trinité, Epi-
nay, Ile-Saint-Denis, Saint-Denis,
Saint-Louis, Saint-Martin, Saint-
Vincent, Aubervilliers, La Cour-
neuve, Le Bourget et S tains, repré
sentant la Fédération Paris-Nord-
Est.
Le colonel de la Rocque, & qui il
ne reste plus qu'à recevoir les bu
reaux des sections de la Fédération
Paris-Est, pour avoir vu les dix fé
dérations de la Seines les recevra
dimanche prochain.
Un Centre d'accueil est ouvert
120, boulevard Saint-Germain,
de 9' heures à 19 heures,. pour
les militaires et leurs familles.
Restaurant ouvert tous les
jours, pour le repas de midi.
Bibliothèque. Salle de repos.
Une salle de travail est stric
tement réservée aux Jeunes étu
diants.
Pour les mobilisés
Les particuliers ont le droit d'ex
pédier aux soldats des armées, en
vertu d'Instructions officielles, dea
journaux AFFRANCHIS A t fr. 10.
A travers —
/es SECTIONS
Paris
♦ Les oamaradea de la eeotlon
CLIGNANCOURT lre se retrouveront,
le dimanche 14 janvier 1940, À 1S
haines, 39, rue des Cloyc. Les adhé
rents résidant en province sont prié»
de donner de leurs nouvelles à îtané
Charles, 107, rue Duhesme, à Paris
(lff).
♦ Les enfants des adhérents de la
section COMBAT NORD et SUD sont
Invités à tirer les Bois le dimanche
14 Janvier, à 14 heures, à l& perma
nence, 10, rue Botaarls, 4, vûla du
■Parc.
Région parisienne
♦ La section d'ATHis-MONS fait
un pressant appel k tous les cama
rades pour l'aider à envoyer des colla
aux mobilisés.
♦ la section de SEVRAN Informe
ses adhérents et sympathisante que
les dons en argent' ou en nature,
pour les colis mensuels des mobilisés,
peuvent être adressés 1. rue Doulcet,
ou 18, route d'Aulnay.
♦ Un service spécial d'entraide,
pour les mobilisés et leurs familles,
en liaison avec l'Action sociale, a
été créé par la section de SANNOIS.
Pour tous renseignements, s'adresser
à nos amis R. Karl ou R. Mercier,
33, rue de Paris, les samedis et di
manches, de 14 à 20 heures.
Calvados
♦ « L'A.B.C. du P. J. » a fait par
venir, pour le Noël, plusieurs centai
nes de ccdls & nos camarades mobi
lisés de la Fédération du CA.LVAUOS.
Nous rappelons aux familles, qui ne
l'a/uraterot pas déjà fait, de donner
des nouvelles de nos camarades mobi
lisés & leurs sections respectives, eed.
afin qu'un colis puisse leur être expé
dié.
Finistère
♦ Un arbre de Noël a eu Heu le
31 décembre, pour les enfants de la
section de Ql'IMPER. La permanence,
5, rue Rene-Madec, est ouverte tous
les Jours, de 16 heures & 20 h. 30.
On y reçoit les dons pour « l'AJB.O.
du P. J. », qui fait parvenir de nom
breux colis aux mobilisés de la sec
tion.
La circonstance que le décret-loi
du 9 septembre 1939 précité se ré
fère a celui du 29 juillet 1939 a pu
donner à penser que la disposition
dont il s'agit devait ■trouver à s'ap
pliquer indistinctement à toutes les
entreprises.
Il en est cependant différemment.
J'ai été amené à reconnaître, en
effet, que s'il est logique d'exclure
les frais de publicité des charges
déductibles des entreprises travail
lant pour les besoins de la Défense
nationale, de telles entreprises
n'ayant pas à exposer des frais de
cette nature pour la recherche
d'une clientèle, il serait particuliè
rement rigoureux d'étendre la mê
me solution aux entreprises que
vise le décret-loi du 9 septembre
1939. ,
Les frais de publicité que ces der
nières entreprises seront appelées à
engager seront donc normalement
admis dans les frais généraux tant
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LES événements qui «e déroulent
en Europe, depuis le cap Nord
' jusqu'aux Dardanelles, occupent
toute notre attention! et notre fron
tière de l'Est n'est qu'un "élément du
conflit actuel où les patrouilles fran
çaises et allemandes se croisent sans
trêve devant nos lignes : le 6, une des
nôtres fit des prisonniers, ce qui est
un encouragement pour ceux qui veil
lent aux avant-postes sans aucun mo
ment de faiblesse. Un tir d'artillerie
assez vif fut déclenché par les Alle
mands dans la région de la Blies. Les
nôtres répondirent aussitôt. Ce jeu de
contre-batterie dura environ une heure
et, en somme, fut sans signification.
En mer, il semble que la sécurité des
transports soit acquise. Les sous-marins
et les mines ne font plus de victimes
en ce moment.
En Carélie, une préparation d'artil
lerie rouge précéda, le 5 janvier, les
attaques menées, d'une part vers Sum-
ma et, de l'autre, vers Taïpale. Les as
saillants furent repoussés.
Au nord du lac Ladoga et en La-
ponie, les combats locaux des pa
trouilles finlandaises se prolongent.
Le récit détaillé de la bataille de
Tolvajarvi, donné par un témoin, «it
intéressant i méditer. Deux compa
gnies finlandaises arrêtèrent une divi
sion soviétique, contre laquelle se
heurtèrent deux autres divisions ve
nant derrière la première ; d'où pa
nique, coups de feu entre ces troupes
dans la nuit ; méprise totale et dé
bandade.
Ce grave incident caractérise bien,
ce que valent les troupes soviétiques
non instruites, n'ayant pas
pour commander.
Les divisions avancèrent, stmble-t-il,
sans avant-garde, sans liaison entre
elles. Tanks et voitures blindées ne
firent aucune reconnaissance. L'avia
tion attendue ne vint pas, dit-on. Ce
n'est pas une excuse, car la reconnais
sance aérienne ne suffit, pas ; chaque
troupe fait son propre service de sé
curité d'autant plus nécessaire que le
brouillard et la région boisée sont fa
vorables à la surprise.
Pauvres troupes ! Pauvres soldats
ne sachant pas où ils vont, ni ce qu'ils
font/Passivité russe 1
* *
EN COUPE DE FRANCE
Le F.C.Sète est tenu en échec
par Bordeaux-Bouscat
MOULINS. — Saint-Etienne bat
Moulins par 10 à 1.
CHATEAUDUN. — R.C. Paris
bat Ch&teaudun par 3 à S.
LENS. — Lena bat Valenclennes
par Z & 0.
FIVES. — Fives bat J.S. Po
teaux par B à 0.
BOULOGNE. — Boulogne bat
Stade de l'Est par 8 à 3.
COMP1EGNE. — Complègne bat
Reims par 2 à 1.
LE HAVRE. — Le Havre A.C.
bat Jfnvisy par 4 & 1.
CAEN. — Rouen bat Caen par
9 à 1. ' *
CHÔLET. — Cholet bat T. A.
Rennes par S à 2.
PARIS. — C.A. Paris bat U.S.
Trouville par 9 à 0.
PARIS. — Troyes bat F.C. Le-
vallois "par 4 & 3.
NICE. — O.G.C. Niee bat Cannes
par 3 à 2 (après prolongation).
BORDEAUX. — Bordeaux-Bous
cat et Sète font matoh nul : 1 & 1
(après prolongation).
SOCHAUX. — F.C. Sochanx et
U.S. Annemasse : match remis, ter
rain couvert de verglas.
Championnat interrégional
GROUPE NORD
. ROÙBAIX. — Excelsior bat Ar-
ras par 4*3.
Rugby
COUPE DES XV
SAINT-JEAN-DE-LUZ. — Av.
Bayonne bat Saint-Jean-de-Luz
par 32 à 11.
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P 12 »
1. OtLé Ohé I«ncy (Hazet) G 9 »
3. Ottarus (Rlaud/ .P 8 50
Sr
Grand roman inédit
RESUME. — Le dictateur chinois Sun Chô-wet, mari de la riche
O-len, mère de ses fils, et mari de l'exquise Aï-lan, leur cache mal
son ardent souci de ressusciter la Chine. Il pense au î ", ar .f c /'® i
Koung-Wenn-tchoung pour l'y aider, à la grande crainte a Ai-ian.
Cependant, à Tokio, le jeune diplomate Atsuda-Kyômori et son
intime, le colonel Nagaoka-Akira, se préoccupent fort des affaires
chinoises et craignent que le maréchal KoungrWenn-Tchoung ne
soit tenté par un rapprochement avec les Soviets. Ils panent
Pékin. Le Dictateur les a devancés et a été arrête par le maréchal
traître. Ils veulent le délivrer.
(37)
_ __ AIS ce fut au tour de Koung Wenn-tchoung de sourire.
1% /H — Assurément, dit-il, et vous êtes toute maîtresse.
In /I Mais V ous savez peut-être que le Dictateur n'est pas a
I V I Pékin même. Il est au Palais d'Eté. Cela n'est pas bien
•*- loin. Toutefois, il serait sage de vous reposer un peu.
D'autant qu'il y a à Pékin une fort grande dame étrangère pour
qui le Dictateur doit professer beaucoup d'estime et de considéra
tion, et qui voudrait profiter de votre heureuse venue pour faire
avec vous la promenade du Palais d'Eté... et saluer avec vous Sa
Haute Excellence
Aï-lan, quoique souriant toujours et s'empressant d'acquiescer,
perdit de ce coup un peu de son sang-froid.
♦
Par le fait, deux heures plus tard, dans l'une des salles aux
somptueuses colonnes de laque cramoisies de la Ville Interdite,
Aï-lan voyait s'avancer vers elle une femme non moins souriante
qu'elle même, et qui lui tendit tout dé suite une main charmante,
aussi soignée qu'était la main d'Aï-lan; un peu plus grande.
La dame étrangère annoncée par le maréchal du Nord pou
vait avoir vingt ans, ou trente-cinq. Elle était de ces femmes qui
ne changent pas. Point jolie, pire : des yeux à n'en plus finir, cou
leur d'opale; une bouche rétrécie en oerise, par un rouge de brune;
et pourtant, ses cheveux étaient d'un tel roux que n'importe quel
homme, don Juan lui-même, eût juré qu'ils étaient teints; mais
Aï-lan ne s'y trompa pas, et les admit tels quels, sans artifice.
Aï-lan avait bien regardé la dame étrangère. La dame étrangère
regarda bien Aï-lan. Puis, quelques gestes courtois échangés, toutes
deux s'assirent et, d'abord, se turent.
Mais la dame étrangère sourit, et d'un tel sourire que madame
Sun la seconde comprit tout de suite qu'il ne fallait pas essayer
de lutter contre ce sourire-là. Et elle sourit à son tour, comme on
capitule.
La dame étrangère alors commença de parler, d'une douce voix,
un peu rauqué, et le plus gentiment du monde :
— Madame Sun Chô-weï, n'est-ce pas ? Aï-lan ? Moi, je suis
Mme Serguieff... Daria Nicolaiewna... Oh I vous m'êtes tellement
sympathique... Ainsi, vous êtes venue vous mettre sous la griSe...
Quel courage ! Madame Sun... non, permettez-moi de dire : Aï-lan..
Je vous admire comme je nç peux pas l'exprimer ! Oh 1 chère
Aï-lan...
Impassible, et tout de même un peu déconcertée, Aï-lan voulut
répondre...
— Madame...
— Non I non I l'étrangère protestait, comme enthousiaste : pas
par
Claude FARRERE
de l'Académie française
ce mot-là I appelez-moi par mon nom, dites Darla... Daria Nico
laiewna... Il est bien vrai que nous ne nous connaissons que depuis
cinq minutes... Mais je vais être une sœur pour vous... Et il le faut I
— Il le faut réellement ? .
Aï-lan, vite ressaisie, avait pris sa voix la plus claire et la
plus posée. L'étrangère se laissait au contraire aller à un véri-
table abandon :
— S'il le faut ! s'écrla-t-elle, mais vous ne pouvez pas en dou
ter ! vous êtes ici pour sauver le Dictateur, n'est-ce pas ? et moi,
songez que je vais vous y aider de toutes mes forces.
Klles avaient jusqu'alors parlé anglais l'une et l'autre, avec deux
accents différents, mais légers. Mais Mme. Serguieff soudain s'in
terrompit :
— J'y songe : vous aimeriez peut-être mieux que nous parlions
chinois ?
C'était dit en bonne langue mandarine. Aï-lan s'étonna :
— Vous savez si bien que cela le chinois ?
— Oh ! fit Mme Serguieff, je suis russe... Pour mol, comme pour
beaucoup de ma, race, le chinois, l'anglais, l'allemand, le français,
le japonais — et" le russe aussi, vous pensez bien ! — c'est tout un.
Donc...
— Je préfère parler anglais, dit Aï-lan.
; Elle regardait attehtivement la dame qui savait tant de langues :
Sauver le Dictateur, répéta-t-elle, tout doucement..; Madame,
il est donc en danger ? réellement ?
— Pas « madame », cria la Russe, impétueuse. Daria Nico-
laïewna ! Oh ! je vous en supplie, dites : Daria Nlcolaïewna... dites
Daria !...
Puis, prompte comme un dégagement d'épée, elle enchaîna :
— S'il est en danger î Oh I Aï-lan... ayez un peu plus de con
fiance ! Eh ! Boge mot ! s'il n'était pas en danger, si vous ne le
saviez pas aussi bien que moi, seriez-vous ici ?
— Vous avez raison, prononça très tranquillement Aï-lan, en
vérité, vous parlez tout à fait selon la sagesse, madame... pardon I...
Daria Nlcolaïewna...
— Ah ! s'exclama la Russe, toute ravie, merci ! merci, Aï-lan
très chère.. Et comme vous avez bien dit mon nom ! sauriez-vous un
peu de russe, peut-être ?
— Oh ! non, protesta Aï-lan, qui avait retrouvé son Impertur
bable sourire, Je ne suis qu'une' petite fille très ignorante... j'ai
seulement appris un peu d'anglais... A Shan-Ghaï il faut, vous
savez... Et naturellement on m'a aussi montré quelques caractères...
mais mon pinceau est le plus maladroit de tous les pinceaux. J'au
rais donc honte d'écrire devant une dame de talent comme vous...
Mais nous parlions du Dictateur, n'est-ce pas ?
— Oui, oui, oui, certifia Darla Nicolaïewna, qui avait jeté sur
Aï-lan un regard oblique, vif comme le coup de patte d'un chat.
Nous parlions du Dictateur et de son péril. A quoi bon ne pas
dire la vérité ?. Vous connaissez Tien... Koung Wenn-tchoung...
— Vous l'appelez de son nom de courtoisie î
— Eh 1 oui... Mais non par estime ou amitié. Vous le connaissez?
— Non. dit Aï-lan.
— Oh ! que si ! vous le connaissez au moins un peu, puisque
vous êtes ici. Et moi qui le connais bien, je vous dis ceci, en pure
vérité vous avez bien fait de venir. Car vous sauverez le Dicta
teur, s'il peut être sauvé. Vous seule en êtes capable, avec mol
derrière vous.
— En pure vérité ? répéta Aï-lan.
Elle regardait fort attentivement la dame russe, et cherchait
peut-être dans tout ce visage inconnu et jusqu'au fond de oes yeux
pailletés de bleu, de gris, de vert et d'or quelque chose qui ne
fût pas un mensonge. Cela n'était pas très facile à trouver. Aï-lan
y renonça pour l'instant, et laissa retomber un coup d'cell sur son
propre sac à main, le sac de maroquin souple, vert et velouté, dont
elle ne se séparait guère. Mme Serguieff vit ce coup d'oeil et levant
un doigt, sourit ;
— Aï-lan chère, oui, ce que vous regardez là sera certes utile-
Mais...
— Mais ?...
— Mais... Ecoutez : je vous ai dit que je veux être une sœur pour
vous... Il faut me croire... Aï-lan, Aï-lan, tout est difficile, tout est
dangereux... Voyons, votre premier désir est certainement de voir
le Dictateur ? •
Aï-lan, muette, considéra les hautes colonnes laquées qui sou
tenaient le plafond de la salle. Par la baie d'accès, le somptueux
décor d'une vaste cour toute de marbre, et coupée du fossé rituel
que franchissaient les cinq ponts en arc, magnifiquement sculptés
et ajourés, brillait au soleil.
Solitude totale. Les officiers de Koung Wenn-tchoung, qui
avaient conduit Aï-lan, s'étalent retirés, sans doute selon leurs
ordres. Et tel quel, débarrassé de toute présence humaine, ce décor-
là avait bien dû être celui qui avait hanté jusqu'à l'obsession le
Dictateur Sun Chô-weï, dans sa poursuite obstinée d'une résurrec
tion de la Chine, de cette renaissance immédiate d'une Chine neuve,
moderne, aussi magnifique que l'ancienne avait été...
Aï-lan, songeant, se taisait toujours. Mme Serguieff, Impétueuse
soudain, insista :
— Aï-lan, voyons 1 vous avez demandé à Tien de voir le Dicta
teur.
-r- Oui, dit enfin Aï-lan ,et vous-même, ne désirez-vous pas ?
— Oh ! fit Mme Serguieff, Je désire, moi, vous accompagner au
Palais d'Eté. Mais je ne désire pas voir le Dictateur.
— Ah ? lit Aï-lan essayant de comprendre.
— Non, expliqua Mme SerguieS, reprenant son Irrésistible sou
rire. Vous le verrez, vous... Et, moi, je vous aurai vue d'abord...
Et je vous reverrai, après...
(A suivreJ
î
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