Titre : Le Petit journal
Auteur : Parti social français. Auteur du texte
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Éditeur : [s.n.][s.n.] (Clermont-Ferrand)
Éditeur : [s.n.][s.n.] (Pau)
Date d'édition : 1934-02-03
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32895690j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 03 février 1934 03 février 1934
Description : 1934/02/03 (Numéro 25951). 1934/02/03 (Numéro 25951).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
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Description : Collection numérique : Commun Patrimoine:... Collection numérique : Commun Patrimoine: bibliothèque numérique du réseau des médiathèques de Plaine Commune
Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6335111
Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 18/01/2011
y*T*
mmmmé
N* 25.951 . St Biaise . Le a* 0,25
LA T EMPERA TURE
Paris ; Hier, maximum +2", minimum
•-6" 6»
Aujourd'hui : En baisse, maxim. —1*.
France : Couvert avec éclaircies.
Soleil : Lev. 7 h. 21 ; couch. 6 h. 48.
Lune : Pleine lune le 30 ; D. Q. le 7.
1
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n e j
f
CT~3
ET 61,. RUE t-AFÀYETTE, PARIS (9») . TELEPH. TRUD. '02-63 ; ET UA SUITE' -. 1NTER î TRUO. 44 .-ADRESSE TELEOR; } PETIJOUREP PARIS
Samedi .
3 Février: 1934
5
HEURES PU MÂTÎN.
ÉDITION DE PARIS
tA VIE QUI PASSE
Allez
tu
Il a suffi du claquement sec de
quatre détonations, dans le cadre
traditionnel du Parc. des Princes,
pour nous ramener à -des mœurs
qu'on croyait disparues: < Quatre
balles sans résultat », un vrai titre
pour comédie d'avant-guerre.
A ce prix minime, en ce temps-là,
l'honneur se trouvait satisfait.
' Pourtant, il. arrivait que le duel
frôlait la catastrophe. Meme au .pis
tolet, malgré la difficulté d'atteindre
la cible vivante à vingt-cinq pas. J'ai
jadis assisté à l'une de ces rencon
tres qui faillit avoir une issue tra
gique. Gèorges Bureau, maintenant
député de la Seine-Inférieure, & l'é
poque témoin de l'un des adver
saires, doit s'en souvenir î Une af
faire sentimentale, je crois. L'offen
sé ? Willy de Blest-Gana, champion
de tir et d'épée, homme froid et re
doutable pour la maîtrise de ses
coups d'épée et la précision de son
tir. • ,
A l'heure dite, an Parc des Prin
ces, les deux adversaires face à face,
en redingote noire, col relevé, linge
caçhé et poches vides. Au comman
dement : deux coups de feu: Et l'àd-'
versaire de Blest-Gana, atteint à l'ab
domen; s'écroulant. Ses témoins, les
assistants, les médecins, < tout le
monde le croyait mortellement
blessé:
Sans une chance heureuse, une
pièce de deux sous en cuivre, restée
dans une poche, malgré la fouille, on
comptait une victime. Mais en heur
tant la pièce, la balle s'était enro
bée, ne faisant qu'une blessure su
perficielle; L'honneur ne . pouvait
pas ne pas être satisfait. Le resca
pé, grâce à ses deux sous, s'en tirait
a bon compte.
La plupart du temps, les rencon
tres- ne présentaient. >pas ce carac»
1ère dramatique. Les balles, géné
ralement s'échangaient sans résultat,
dans le respect : conventionnel des
ritçs.
A l'épée, c'était nae autre affaire.
Les adroits, épéistes expérimentés,
s'en tiraient avec la piqûre au poi
gnet placée comme une mouche &
leur adversaire. Novice, on ne ris
quait pas grand chose, à la condi
tion d'avoir un bon directeur de
combat. Et- il y avait Rousier-Dor-
cières, brave bohème du journalisme,
•boa cœur «t bon. vivant, Qui s'étaif
composé un visâgé et une silhouette
de mousquetaire : Il s'était créé une
profession de maître des cérémonies
pour affaires d'honneur. Un virtuose
dqns le genre. Avec lui, rien & crain
dre. Dès que les choses risquaient de
tourner mal, il abattait les épées de
sa canne et rompait le combat.
Constatation paradoxale, lui-même
tirait fort mal. §i la maîtrise de l'é-
pée lui manquait, il avait l'expé
rience du- jeu. A. combien de duels
a-t-il assisté ? Lui-même le savait-il ?
Etvquels souvenirs savoureux il con
servait. Un jour, c'est snotre confrère
Adolphe Possien, de la Libre Parole
qui voit arriver tdans son bureau un
officier grec.
— Monsieur, lui dit celui-ci, vous
avez offensé mes. compatriotes. .Je
viens vous demander des excuses ou
une réparation,
Adolphe Possien n'y comprenait
rifen/ Explications données, Possien
avait écrit, dans un de ses- articles
quotidiens, quelque chose, comme,,.:
comme un <5ree ».
v Alors, demanda Possien, si j'a
vais écrit à propos d'un ivrogne :
« il est gris comme'un Polonais >,
un Polonais viendrait m'en deman
der raison^ ?
Le Grec — c'était un officier —
ne voulut rien entendre. Peu patient,
Possien accepta la rencontre. Et, té
moins constitués, il vaqua & ses ha
bitudes. Vers cinq heures dq matin,
elles l'avaient conduit, de café en
cabaret, chez un petit bistrot de
Montmartre où, à l'heure du duel,
ses témoins le découvrirent dormant
lourdement sur une banquette. Hissé
dans le landau, il reprit son somme
et ne se réveilla qu'&la Grande Jatte,
sur le terrain.
Le duel fut bref. Au commande
ment « Allez, Messieurs I > Possien
fonça, bras et épée tendus. Et deux
secondes après, l'honneur de l'offi-
■ (>.ïer grec était lavé dans son sang.
Tandis qu'on s'empressait autour de
lui; Possien, réfugié dans son lan
dau,' s'y endormait profondément.
Quand ses témoins le rejrouvèrent,
il ronflait, le plastron de sa chemise
couvert de sang, : en fonçant sur
son adversaire, il s'était lui-même en
ferré. *
Autre souvenir : Catulle Mendès, '
la fois brave et romantique, battait
l'air de son épée d'une façon si dan
gereuse pour les yeux de son adver
saire, que celui-ci, après avoir ra
pidement rompu devant la pointe
menaçante, tourne brusquement les
talons', ruivi de près par Catulle
Mendès qui clame d'une voix toni
truante : «• Taïaut 1 Taïaut i » jus
qu'au momênt où, essoufflé, il jette
son épée avec lassitude : « Il court
•trop vite... Jamais je ne pourrai le
rattraper. >
Aventure renouvelée de celle d'Au-
i-élien Scholl regardant filer un ad
versaire et sifflant entre ses dents,
avec une courtoise ironie : « Vous
nous quittez déjà ? »
Un autre temps où l'honneur se sa
tisfaisait tout a tour de courage
d'humour et de ridicule et où, par
fois, la réputation d'un homme se fai
sait sur le terrain. C'était le temps
où les' jeunes boulevardiers atten
daient leur premier duel comme les
jeunes filles leur entrée dans le
monde, avec impatience.
GeortjesRréon,
Pas de taxis
Et le mouvement de grève
le serait pas prêt de cesser
M. Valadier reçoit
aujourd'hui les chauffeurs
iv. 4 :
^ K'
•t-V*. £ if».'- y ÎS
t»**. [,*$***
im
l
LE REGLEMENT
DES DETTES . DE GUERRE
» r/èh W
Les chauffeurs de taxis, hier matin,
au meeting dtf la Maison du Peuple
' à Levallois-Ferret
La ■ pompe : porte l'inscription des tarifs
nouveaux, qui provoquent" les manifcsta-
' tions ' actuelles
REPRESAILLES
AMERICAINES
La France est visée
: " par un projet de loi -
voté au Sénat de Washington
interdisant les émissions
financières au profit
des pays défaillants
1 Washington, 2 Fév. — Le Sénat a ap
prouvé A nouveau, < avec de légères mo
dification- le projet de' UH du sénateur
Johnson tendant ù, interdire les émis
sions, financières, publiques ou privées
sur le'marché américain au profit des
pays qui ont fait défaut dans la ques
tion des dettes de guerre. Le projet a
été. envoyé à la Chambre.
. A la demande du représentant de
l'Agence Lavas, les .milieux .autorisés de
Maison-Blanche ont précisé que contrai
rement & . l'interprétation, donnée au
congrès et publiée par la presse améri
caine la loi Johnson ne visera pas la
Grande-Bretagne, l'Italie et autres pays
qui firent-des paiements-partiels pour les
dettes de guerre le président ayant pro
clamé que ces pays n'étaient pas en dé
faut. - '
Pour ce. qui est de la Russie, le pro
blème; est .plys compliqué. la Russie,..en
effet, est réellement en défaut "mais des
négociations sont actuellement en cours
à ce sujet entre elle et les Etats-Unis.
' Par ailleurs, le gouvernement 'améri
cain conserve le 1 droit de-faire par .l'In
termédiaire de-la '« Reconstruction-Fi
nance Corporation » des prêts aux pays
visés par la' loi JoKnsorj.
Les : conséquences pour la France
En ce qui concerne' la France, cette
loi aboutira d'abord'à-fermier'le marché
financier américain, non'seulement au
gouvernement français, ' m^iis à -, toutes
les sociétés privées françaises: -Or,,-.la
France est un des rares aa?s qui ont
toujours fait.strictement le-service des
intérêts et de l'amortissement des-titres
qu'ils ont émis sur le' marché .améri
cain ; v en outre, depuis la suppression
de là clause or par le-congrès américain,
le 5 'Juin dernier, la France a continué
de -payer ses obligations en\« dollars
or », alors que les' porteurs étrangers
des fonds. d'Etat et des obligations - pri
vées américaines ne, reçoivent plus que
des dollars-papier. Ainsi, - leâ-porteurs
américains ^obligations : françaises -bé
néficient par suite de la loyauté de la
France d'une prime de 60 % par rap
port aux porteurs "d'obligations amérl-,
caines, et n'ont ainsi subi aucune perte
en capital ; les obligations de l'Etat
français de liOOO dollars sont, en effet,
cotées à la Bourse de New-York» aux
environs de-1.600 dollars.
. Il-pai^ît-.étrange, dans, ces conditions,
cette loi Jette Mnterdit sur la' France.
Une banque pour stimuler
• lé commerce avec les.Soviets
; Une Banque fédérale d'exportation,
Jouissant d'un crédit illimité, de la part
de. la Reconstitution, Finance, Corpora
tion, va .être créée pour stimuler le com
merce- avec la Russie,-' l'Amérique du
Sud, lés Balkans, et d'autres réglons
d'Extrême-Orient, notamment). .
(Voir la < suite en troisième page)
L'avenue âel'Opéra> est presque déserte et l'emplacement central, réservé
~ : aux taxis est complètement vide (Texte en 2" page)
L'AFFAIRE STAVISKY ET SES ALENTOURS
Un Conseil des ministres
* ce^tiiatin fera le point
On s'y bccupera du dessaisissement du jùgè, bayonnals
et des sanctions à prendre
A Bayonne, on est ému. A Paris, audition
. de Mlle Lucette Aimeras, amie de Voix.,
L'examen fiés dossiers se poursuivra
d'ailleurs d'ici- à rnardl ' prochain, sOi't>p'ar
chaque .ministre intéressé,, spif Pjir, .la
vole de confé'ences nouvelles à la pré
sidençe du Conseil* , ' „ >
' 3V1 Ancely, procureur général
- près - la Cour d'appel 4e Pan
> « j ,
J On sait que,' dès sa constitution, le ]
nouveau gouvernement s'est mis à l'étude
des dossiers concernant l'affaire Stavis-
ky, affftire^au sujet de laquelle 1Tavait
affirmé son ; intention « d'aller vite, et
"fort ». Un conseil de cabinet immédiat
s'est réuni en effet, mardi ; il avait poùi
but d'alerter tous les membres du ca
binet et ceux-ci y ont-pris la résolution
de faire tout le nécessaire pour alimen
ter, chacun en- ce qui le concerne, ,A. ia;
manifestation de la vérité. < - .
* Depuis lors; matin et soir, des confé
rences; des entretiens, des conversa
tions ont lieu dans les ministères inté
ressés et plus particulièrement à ,1a, pré
sidence -du Conseil. M. E* Daladier,. M..
E. ï?rot, M» Penander' se sont, concer
tés à la fois pour se-communiquer des
renseignements indiscutablss, efc ,pour
peser tous -les éléirïènts d'une décision-
équitable,- -uniquement commandée. -Ptir
le sentiment, de la 'justice.'' " " " * " -, ^
L'opinion, publique, réçlâ,mê sanc
tions ; ; .elle les veut fondées,» raison,'-,
nées. Le gouvernement, qui a de feoh
côté Je souci- d'être ferme, "mais-Juste:
a décidé de tenir oe matin un preniier
Conseil des "ministres au cours duquel
on fera en quelque sorte Je point. , ' •
Des sanctions seront-elles décidées an-'
Jourd'hul même ? C'est très possible.;
Mais il se peut aussi que la délibération;
porte surtout sur la critique de certains
textes et l'examen de certaines difflcul-:
tés posées •— notamment par, le dessai
sissement du parquet de Bayonne —' sur
l'attribution des pouvoirs judiciaires à, la
commission d'enquête dont' il est ques-.
tion par ailleurs et À propos de quoi _M.
Daladier a' reçu hier une délégation • :
sur le projet de loi relatif à une énergi
que' protection de l'épargne,,.,, dont ; on
parle toujours mais que l'on- ne réalise
pas-souvent. • .-
Le conseil de ce matin sera donc très
Important en ce sens qu'il .permettra-de
concrétiser sous une forme directe les
résultats qui découlent de. l'examen des
pièces et des dossiers d'une affaire dé
bordant, comme on-le sait, sur les mi
nistères de l'intérieur, de la Justice, du
Commerce.
. Un. autre: Conseill ées ministres--aura
lieu mardi prochain,, qui sera lui-même
précédé la veille d'un conseil de cabinet.
Comme on le volt, toutes ces délibéra
tions préalables. à la présentation ; du
gouvernement devant -les- Chambres,
prouvent que le président-du Conseil -ne
veut frapper les ; responsables qu'avec
l'assentiment unanime de-tôus.ses colla
borateurs. ■ , . i
Le dessaisissement de Bayonne
f Une conférence s'est rèuniê., hier''ma
tin, au ministère de la Justice, au sujet
du dessaisissement du parquet de
Bayonne, dont nous avpns donné, hier,
à entendre qu'il ne tarderait pas à être
décidé. . .. .
M. Ancely, procureur ■ général, é Pauj
,a commenté le rapport dans lequel il
justifie ce dessaisissement" par d'intlénla-
' blés raisons d'opportunité; Le garde ides
Sceaux, qui, en ces circonstances, joue ie
.rôle.d'un simple agent de transmission,
a remis ce rapport à M. Douat-Gulgue,
procureur général à Paris .vC 'est le par
quet de la Seine qui prendra la' décision
définitive. '
A la fin de cette oonférence. on a com
muniqué la note suiyante. : '
M. Penander, Garde des Sceaux, à
conféré; vendredi matin, avec MM. Do-
naUGuigue, .procureur général près la
Cour d'appel de Paris, et Ancely, procu
reur général à Pau: . - . '
' Ils ont examiné la question du des
saisissement , -par le parquet de Bayon-
nè 'au profit du parquet de la Seine, re
lativertient aux bons du Ctédit < munici
pal de Bayonne. -
■Le; rapport-établi par'M...Ancély aux
fins' de dessaisissement*, a . été' transmis[
avec avis ■'favorable par M; Donat-Gut-
gue au pdrquet. ,Dans ces .conditions, le
principe dit dessaisissement: a été 'immé
diatement admis afin ûe- permettre une
; bonne administration de .la justice. 1 \
L'émotion est grande.
à Bayonne
où lès magistrats préparent
f des arguments de droit.: .
' -a • - m *
' ^ • ' "(T)# twtri. »pêc?ol_) j ,
Bayonne., 2 Fév. — La nouvelle du
prochain dessaisissement du' Parquet de
Rayonne en faveur de celui-de la Seine
ést tombée-ici comme une- bombe. Le
premier surpris-en fut, certes, M. dU-
halt qui,.dès hier soir, nous disait,:
—' Je'-n* sais rien.' Le procureur général
de Pau ne m'a pa& averti. En:'attendant,
je travaille comme de coutume.
Par contre, l'émotion au Palais de Jus
tice,'est à son comble., Tout le monde
ne partage pas la sérénité du Juge-d'ins
truction. De vieu* magistrat» protestent,
L'un d'eux faisait remarquer :
-1 .v, Aliéguer la v bonne administration.. de
l'affaire ne suffit pas ' pour, justifier rie
transfert à Paris. L'ordonnance de dessai
sissement ne sera pas facile & rédiger. Le
procureur- général de Pau : oublie-t-11 l 'ar
ticle 63 du Code d'Instruction crimi
nelle, l'arrêt de la Cour de caasatlon du
3 : février ISB3, inscrit : au..: Dalloz 1884, - le
quel déclare qu'un Juge d'Instruction
compétent ne: saurait se dessaisir en -fa
veur d'un de -ses collègues et que, d'au
tre part, ce dessaisissement: pourrait -en*
.traîner la nullité de la ' procédure;
: Dans la ville, cette-perspective de voir
l'affaire s'éloigner, de Bayonne, a cau
sé plus de surprise et, employons le mot,
plus ■ d'indignation encore; : Un facteur
psychologique intervient ici/ Les Bayon-,
nais, on le sait, avaient été indignés
quand- naquit v le scandale, -de; voir la : ta-?
che de boue qui s'étendait- au cœur mê
me .de leur cité. Puis,-,peu à, -peu, .ils
s'étaient' accoutumés -à cet- état de' cho
ses auquel, d'ailleurs, ils ne pouvaient
mais et, ils avalent reporté toute leur
sympathie sur le Justicier, M. d'Uhalt,
celui-là même que ses condisciples de
collège continuent & appeler familière
ment* Judex », en souvenir d'une cape
noire portée pendant l'adolescenoe. .
Paul Guitard,
o» drame pars cm acaioii E| sgR U ROUTE DE NANTES A CliSSU»
Un artiste peintre
arménien '
; " ' y>,;. -, • .
tue un coimpatriote
frère de sa fiancée
lise, croyait en état de légitime
défense, la victime l'ayant, au cours
d'une discussion, saisi à la gorge
La victime (en haut) et son meurtrier
.(.Voir le texte en''troisième page)
M. MacDonald
ne songe pas %
à abandonner
le pouvoir
, ,' 5.'," ..t s "
i Londres, 2 Fév. — Un Journal du ma
tin avait annoncé que l'état de santé
du "premier ministre se ressentirait assez
sérieusement de ses travaux des quatre
dernières années et: que M; MacDonald
serait sans: doute ,amené & quitter le
pouvoir. , .. . .v •
. ;ï)ans l'entourage r du prèmieir mlnistra,'
-an. oppose & cette assertiw un démenti
catégorique; ' '
' • v ' ;
Un chauffeur de taxi
est découvert •
assassiné
dans sa voiture
'- - . ; rrr' ,.•> '• '[ v /p ■
Le vol semble être le mobile
du crime .
Nantes, 2 Fév. (Dép. P. J.).— Aux en-
virons de la grosse agglomération -de
Tournebride, près La Haye-Pouassiêre S
13 kilomètres de Nantes,-on a découvert!
ce matin un chauffeur de taxi assassiné
dans sa voiture. Il s'agit- de M.- Henri-
Chauvin, 30 ans, demeurant rue'des Ro-/
chettes. Le vol esti incontestablement,' le
mobile du crime. ^
Un marchand de poissons; venait, an
marché de Nantes, ce matin, et-passait,
vers 5 heures, à' Tournebride ; sur le cô
té gauche de la. route de Nantes: à' Clisi
son, il aperçut une auto'dont la position
lui parut anormale, > mais pressé par
l'heure d'ouverture du- marché, - il passa.
Une heure et demie plus tard,' M. Cor-
bard, - boulanger à Tournebride partait
pour distribuer,' comme ehaque jourr la
pain & une. position qui, lui sembla bizarre - et
avertit le maire de La Haye-Pouasâêra
qui-alerta-la gendarmerie de Vertou, «lui
vint sur les lieux. -"•* -.
.'Les-gendarmès 1 ouvrirent la "pbrtiète et:
ne tardèrent pas-& constater- - que l le
malheureux^-CliaufEefir^ étaiti-.mort .i n
portait, -^derrière* la . tête,' deux petits
trous ' par „ lesquels le. sang,., en', mlnœ
filet, coulait, l'un, au milieu du. cou;-au
bas du cervelet,, l'autre ^derrière -lîorellle
droite., La poche droite dq veston, du
conducteur était,retournée,.ce qui, ma- !
nifestement, ■ démontrait- le vol. ...Une
douille fut .retrouvée dans le "taxi,'-l'autre
sur-la route. -
Le maréchal. Pilsudski, candidat'
au Prix Nobel de la .Paix
' m i i i Jim i/ i» , ; ' •' !
. Ci-aoovie, 2 Fév. v- La faculté Juridique
de l'Université dé Cracovie vient de déci
der de présenter la candidature du marée •.
ohal Pilsudski pour .le prix Nobel de la
paix., L - • » •/ :
lalSEZ i ' • ■
EN- TROISIEME PAOB ! I
L'Autriche va: arrêter son attituds :
en face des menées îiitlériennea .
EN QUATRIEME PAGE t
/ Un. exposé de M. Jacquier
devant la commission des Finances do
la -Chambre. — Sport colombophile. —•
Jeux et récréations,
EN SIXIEME PAGB ; 1
m Madame », page de :Ia Femme !
' et de la' nfodé- -■ - •
", - E^eaiTiEMB pase i. ..
Concours du Bon Sens.,--- Là Qulnzatoil
photographique
Aujourd'hui, pour la première fois
le métro roule hors de Paris
s « ^ s;- ; y % v
S
(Voir lai suite en troisième\pagey
I: p^ii'lifclli
Fs » / >. A , f
ï/entréo de la-station:du Font de Sèvres, nouveau terminus de la ll£na
de la Porte de Saint-CIoud
Le lot de cinq millions
a été touché hier matin
au Pavillon de Flore
par quatre inconnus
Le gagnant'des cinq millions a gagné
son- pari î Jiomme ainsi doublement
heureux.
D avait annoncé que personne ne sou
lèverait son anonymat même au mo
ment où il toucherait, son gros lot. Le
billet 81.749, série- E a été payé hier
matin au. -Pavillon: de Flore 'et M.
Congnet, directeur du service des émis-
sions, etv prisonnier des règlements, n'a
pu confier aux journalistes accourus
que ce qu'on savait déjà : le pentamil-
lionnaire est bien de la région du Nord
et c'est bien au petit débit de Roubaix
qu'il a fait: l'acquisition du billet qui le
rend riche. ' '
A II h. 15, alors que la foule des'ga
gnants de deux cents -francs se près-»
sait devant les guichets, quatre hommes
bien taillés et d'allure campagnarde, se
présentèrent sans se faire remarquer..
Un peu plus tard, un à un*, 41s s'en
allaient,; portant chacun dans son r por
tefeuille 1 un chèque au porteur établi,
pour le quart du.lot total. Ainsi l'avait
demandé çelui-qui paraissait^-.leur, chef
et qui parttt^le- ^dern:ier.:r ^ :
Us ne dirent rien,' inl les pus ni les
aùtres. Ou, plutôt, 'si.'.AYant de s'en aller,
le plus étgè, demanda :
— Où sê trouvé l'Assistance'PubTique ?
Car le m'épris dé la rëriônunéè" qu'af
fiche le millionnaire, ne lui interdit pas
la reconnaissance -envers ; les enfants;
eux aussi anonymes, au geste Incons
cient de^uels il doit son bonheur»:,:.
, _ Commënti 60 "francs. "
de* Bayonne, Monsieur t ! t
S. i * ?
i r', t nr-*'*.*-*. "* \ * X ' ''X * "»>- 'Vt * ♦y- r h** ** ' ■ '%-"v
Commënt; 60 "francs..:.? J'en ai "refuse ' 50.000 au-Crédit municipal ;
BEMMOSSE
Bien que les événements aient mis
ces Jours. derniers une sourdine aux ma
nifestations de là rue, le scandale de
Bayonne ne laisse pas que d'exciter en-'
core la curiosité dn public;- Paris vou
drait-savoir gui a touché etla, province
ce qu'est devenu l'argent. H est probable
que l'enquête donnera- plus de satisfac
tion : à Paris - qu'à la province. Même si
l'on retrouvait tous ceux-qui ont parti
cipé-aux largesses de Stavisky on. ne re
trouverait-pas les 250 millions escroqués.
Les escrocs ont des coffres-forts, mais
des : coffres-forts où la 'Justice ne» trouve
rien- quand elle, -les ouvre -parce que la
Justice ne se met en branle qu'à l'heure
où les eserpes. sont réduits .aux abois par
les maîtres-chanteurs qui les ont ,devinés
et qui les traquent.'
-On ne-peut pas davantage espérer de
l'enquête qu'elle fera disparaître. la race
des escrocs et des-maîtres-chanteurs. Les
honnêtes: gens la tiendraient pour quitte
du reste si elle-établissait les responsa
bilités judiciaires et -administratives , dans
l'affaire en question.
Nul .doute qu'elle montrera une fols
de plus que seules .des défaillances pro
fessionnelles ont permis à un aventurier
sans génie' mais non pas sans audace
de mener, si loin une opération si louche.
Certes, il s'est procuré à prix, d'or des
complicités, actives, ftlais' celles-ci ont
escompté le ^.relâchement des : mœurs et
des-'disciplines. H ne suffirait donc -as
de'-punir là forfai'urt de quelques-uns.
Il faudra restaurer chez tous le senti-
Monsieur de L* Pali&te. '
Une culottière
qui avait tué
un brave homme
est acquittée
•' * < ' 'V * - -,
10.000 francs dé dommagés-Intérêts
ssit S 4
■m*.
L'accusée i l 'andience
Une petite bonne femme proguette, aux
yeux clairs, qui se tient bien sage dans sort
bqx/àla.cour d'assisesd&Ugelae
mmmmé
N* 25.951 . St Biaise . Le a* 0,25
LA T EMPERA TURE
Paris ; Hier, maximum +2", minimum
•-6" 6»
Aujourd'hui : En baisse, maxim. —1*.
France : Couvert avec éclaircies.
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1
'V
n e j
f
CT~3
ET 61,. RUE t-AFÀYETTE, PARIS (9») . TELEPH. TRUD. '02-63 ; ET UA SUITE' -. 1NTER î TRUO. 44 .-ADRESSE TELEOR; } PETIJOUREP PARIS
Samedi .
3 Février: 1934
5
HEURES PU MÂTÎN.
ÉDITION DE PARIS
tA VIE QUI PASSE
Allez
tu
Il a suffi du claquement sec de
quatre détonations, dans le cadre
traditionnel du Parc. des Princes,
pour nous ramener à -des mœurs
qu'on croyait disparues: < Quatre
balles sans résultat », un vrai titre
pour comédie d'avant-guerre.
A ce prix minime, en ce temps-là,
l'honneur se trouvait satisfait.
' Pourtant, il. arrivait que le duel
frôlait la catastrophe. Meme au .pis
tolet, malgré la difficulté d'atteindre
la cible vivante à vingt-cinq pas. J'ai
jadis assisté à l'une de ces rencon
tres qui faillit avoir une issue tra
gique. Gèorges Bureau, maintenant
député de la Seine-Inférieure, & l'é
poque témoin de l'un des adver
saires, doit s'en souvenir î Une af
faire sentimentale, je crois. L'offen
sé ? Willy de Blest-Gana, champion
de tir et d'épée, homme froid et re
doutable pour la maîtrise de ses
coups d'épée et la précision de son
tir. • ,
A l'heure dite, an Parc des Prin
ces, les deux adversaires face à face,
en redingote noire, col relevé, linge
caçhé et poches vides. Au comman
dement : deux coups de feu: Et l'àd-'
versaire de Blest-Gana, atteint à l'ab
domen; s'écroulant. Ses témoins, les
assistants, les médecins, < tout le
monde le croyait mortellement
blessé:
Sans une chance heureuse, une
pièce de deux sous en cuivre, restée
dans une poche, malgré la fouille, on
comptait une victime. Mais en heur
tant la pièce, la balle s'était enro
bée, ne faisant qu'une blessure su
perficielle; L'honneur ne . pouvait
pas ne pas être satisfait. Le resca
pé, grâce à ses deux sous, s'en tirait
a bon compte.
La plupart du temps, les rencon
tres- ne présentaient. >pas ce carac»
1ère dramatique. Les balles, géné
ralement s'échangaient sans résultat,
dans le respect : conventionnel des
ritçs.
A l'épée, c'était nae autre affaire.
Les adroits, épéistes expérimentés,
s'en tiraient avec la piqûre au poi
gnet placée comme une mouche &
leur adversaire. Novice, on ne ris
quait pas grand chose, à la condi
tion d'avoir un bon directeur de
combat. Et- il y avait Rousier-Dor-
cières, brave bohème du journalisme,
•boa cœur «t bon. vivant, Qui s'étaif
composé un visâgé et une silhouette
de mousquetaire : Il s'était créé une
profession de maître des cérémonies
pour affaires d'honneur. Un virtuose
dqns le genre. Avec lui, rien & crain
dre. Dès que les choses risquaient de
tourner mal, il abattait les épées de
sa canne et rompait le combat.
Constatation paradoxale, lui-même
tirait fort mal. §i la maîtrise de l'é-
pée lui manquait, il avait l'expé
rience du- jeu. A. combien de duels
a-t-il assisté ? Lui-même le savait-il ?
Etvquels souvenirs savoureux il con
servait. Un jour, c'est snotre confrère
Adolphe Possien, de la Libre Parole
qui voit arriver tdans son bureau un
officier grec.
— Monsieur, lui dit celui-ci, vous
avez offensé mes. compatriotes. .Je
viens vous demander des excuses ou
une réparation,
Adolphe Possien n'y comprenait
rifen/ Explications données, Possien
avait écrit, dans un de ses- articles
quotidiens, quelque chose, comme,,.:
v Alors, demanda Possien, si j'a
vais écrit à propos d'un ivrogne :
« il est gris comme'un Polonais >,
un Polonais viendrait m'en deman
der raison^ ?
Le Grec — c'était un officier —
ne voulut rien entendre. Peu patient,
Possien accepta la rencontre. Et, té
moins constitués, il vaqua & ses ha
bitudes. Vers cinq heures dq matin,
elles l'avaient conduit, de café en
cabaret, chez un petit bistrot de
Montmartre où, à l'heure du duel,
ses témoins le découvrirent dormant
lourdement sur une banquette. Hissé
dans le landau, il reprit son somme
et ne se réveilla qu'&la Grande Jatte,
sur le terrain.
Le duel fut bref. Au commande
ment « Allez, Messieurs I > Possien
fonça, bras et épée tendus. Et deux
secondes après, l'honneur de l'offi-
■ (>.ïer grec était lavé dans son sang.
Tandis qu'on s'empressait autour de
lui; Possien, réfugié dans son lan
dau,' s'y endormait profondément.
Quand ses témoins le rejrouvèrent,
il ronflait, le plastron de sa chemise
couvert de sang, : en fonçant sur
son adversaire, il s'était lui-même en
ferré. *
Autre souvenir : Catulle Mendès, '
la fois brave et romantique, battait
l'air de son épée d'une façon si dan
gereuse pour les yeux de son adver
saire, que celui-ci, après avoir ra
pidement rompu devant la pointe
menaçante, tourne brusquement les
talons', ruivi de près par Catulle
Mendès qui clame d'une voix toni
truante : «• Taïaut 1 Taïaut i » jus
qu'au momênt où, essoufflé, il jette
son épée avec lassitude : « Il court
•trop vite... Jamais je ne pourrai le
rattraper. >
Aventure renouvelée de celle d'Au-
i-élien Scholl regardant filer un ad
versaire et sifflant entre ses dents,
avec une courtoise ironie : « Vous
nous quittez déjà ? »
Un autre temps où l'honneur se sa
tisfaisait tout a tour de courage
d'humour et de ridicule et où, par
fois, la réputation d'un homme se fai
sait sur le terrain. C'était le temps
où les' jeunes boulevardiers atten
daient leur premier duel comme les
jeunes filles leur entrée dans le
monde, avec impatience.
GeortjesRréon,
Pas de taxis
Et le mouvement de grève
le serait pas prêt de cesser
M. Valadier reçoit
aujourd'hui les chauffeurs
iv. 4 :
^ K'
•t-V*. £ if».'- y ÎS
t»**. [,*$***
im
l
LE REGLEMENT
DES DETTES . DE GUERRE
» r/èh W
Les chauffeurs de taxis, hier matin,
au meeting dtf la Maison du Peuple
' à Levallois-Ferret
La ■ pompe : porte l'inscription des tarifs
nouveaux, qui provoquent" les manifcsta-
' tions ' actuelles
REPRESAILLES
AMERICAINES
La France est visée
: " par un projet de loi -
voté au Sénat de Washington
interdisant les émissions
financières au profit
des pays défaillants
1 Washington, 2 Fév. — Le Sénat a ap
prouvé A nouveau, < avec de légères mo
dification- le projet de' UH du sénateur
Johnson tendant ù, interdire les émis
sions, financières, publiques ou privées
sur le'marché américain au profit des
pays qui ont fait défaut dans la ques
tion des dettes de guerre. Le projet a
été. envoyé à la Chambre.
. A la demande du représentant de
l'Agence Lavas, les .milieux .autorisés de
Maison-Blanche ont précisé que contrai
rement & . l'interprétation, donnée au
congrès et publiée par la presse améri
caine la loi Johnson ne visera pas la
Grande-Bretagne, l'Italie et autres pays
qui firent-des paiements-partiels pour les
dettes de guerre le président ayant pro
clamé que ces pays n'étaient pas en dé
faut. - '
Pour ce. qui est de la Russie, le pro
blème; est .plys compliqué. la Russie,..en
effet, est réellement en défaut "mais des
négociations sont actuellement en cours
à ce sujet entre elle et les Etats-Unis.
' Par ailleurs, le gouvernement 'améri
cain conserve le 1 droit de-faire par .l'In
termédiaire de-la '« Reconstruction-Fi
nance Corporation » des prêts aux pays
visés par la' loi JoKnsorj.
Les : conséquences pour la France
En ce qui concerne' la France, cette
loi aboutira d'abord'à-fermier'le marché
financier américain, non'seulement au
gouvernement français, ' m^iis à -, toutes
les sociétés privées françaises: -Or,,-.la
France est un des rares aa?s qui ont
toujours fait.strictement le-service des
intérêts et de l'amortissement des-titres
qu'ils ont émis sur le' marché .améri
cain ; v en outre, depuis la suppression
de là clause or par le-congrès américain,
le 5 'Juin dernier, la France a continué
de -payer ses obligations en\« dollars
or », alors que les' porteurs étrangers
des fonds. d'Etat et des obligations - pri
vées américaines ne, reçoivent plus que
des dollars-papier. Ainsi, - leâ-porteurs
américains ^obligations : françaises -bé
néficient par suite de la loyauté de la
France d'une prime de 60 % par rap
port aux porteurs "d'obligations amérl-,
caines, et n'ont ainsi subi aucune perte
en capital ; les obligations de l'Etat
français de liOOO dollars sont, en effet,
cotées à la Bourse de New-York» aux
environs de-1.600 dollars.
. Il-pai^ît-.étrange, dans, ces conditions,
cette loi Jette Mnterdit sur la' France.
Une banque pour stimuler
• lé commerce avec les.Soviets
; Une Banque fédérale d'exportation,
Jouissant d'un crédit illimité, de la part
de. la Reconstitution, Finance, Corpora
tion, va .être créée pour stimuler le com
merce- avec la Russie,-' l'Amérique du
Sud, lés Balkans, et d'autres réglons
d'Extrême-Orient, notamment). .
(Voir la < suite en troisième page)
L'avenue âel'Opéra> est presque déserte et l'emplacement central, réservé
~ : aux taxis est complètement vide (Texte en 2" page)
L'AFFAIRE STAVISKY ET SES ALENTOURS
Un Conseil des ministres
* ce^tiiatin fera le point
On s'y bccupera du dessaisissement du jùgè, bayonnals
et des sanctions à prendre
A Bayonne, on est ému. A Paris, audition
. de Mlle Lucette Aimeras, amie de Voix.,
L'examen fiés dossiers se poursuivra
d'ailleurs d'ici- à rnardl ' prochain, sOi't>p'ar
chaque .ministre intéressé,, spif Pjir, .la
vole de confé'ences nouvelles à la pré
sidençe du Conseil* , ' „ >
' 3V1 Ancely, procureur général
- près - la Cour d'appel 4e Pan
> « j ,
J On sait que,' dès sa constitution, le ]
nouveau gouvernement s'est mis à l'étude
des dossiers concernant l'affaire Stavis-
ky, affftire^au sujet de laquelle 1Tavait
affirmé son ; intention « d'aller vite, et
"fort ». Un conseil de cabinet immédiat
s'est réuni en effet, mardi ; il avait poùi
but d'alerter tous les membres du ca
binet et ceux-ci y ont-pris la résolution
de faire tout le nécessaire pour alimen
ter, chacun en- ce qui le concerne, ,A. ia;
manifestation de la vérité. < - .
* Depuis lors; matin et soir, des confé
rences; des entretiens, des conversa
tions ont lieu dans les ministères inté
ressés et plus particulièrement à ,1a, pré
sidence -du Conseil. M. E* Daladier,. M..
E. ï?rot, M» Penander' se sont, concer
tés à la fois pour se-communiquer des
renseignements indiscutablss, efc ,pour
peser tous -les éléirïènts d'une décision-
équitable,- -uniquement commandée. -Ptir
le sentiment, de la 'justice.'' " " " * " -, ^
L'opinion, publique, réçlâ,mê sanc
tions ; ; .elle les veut fondées,» raison,'-,
nées. Le gouvernement, qui a de feoh
côté Je souci- d'être ferme, "mais-Juste:
a décidé de tenir oe matin un preniier
Conseil des "ministres au cours duquel
on fera en quelque sorte Je point. , ' •
Des sanctions seront-elles décidées an-'
Jourd'hul même ? C'est très possible.;
Mais il se peut aussi que la délibération;
porte surtout sur la critique de certains
textes et l'examen de certaines difflcul-:
tés posées •— notamment par, le dessai
sissement du parquet de Bayonne —' sur
l'attribution des pouvoirs judiciaires à, la
commission d'enquête dont' il est ques-.
tion par ailleurs et À propos de quoi _M.
Daladier a' reçu hier une délégation • :
sur le projet de loi relatif à une énergi
que' protection de l'épargne,,.,, dont ; on
parle toujours mais que l'on- ne réalise
pas-souvent. • .-
Le conseil de ce matin sera donc très
Important en ce sens qu'il .permettra-de
concrétiser sous une forme directe les
résultats qui découlent de. l'examen des
pièces et des dossiers d'une affaire dé
bordant, comme on-le sait, sur les mi
nistères de l'intérieur, de la Justice, du
Commerce.
. Un. autre: Conseill ées ministres--aura
lieu mardi prochain,, qui sera lui-même
précédé la veille d'un conseil de cabinet.
Comme on le volt, toutes ces délibéra
tions préalables. à la présentation ; du
gouvernement devant -les- Chambres,
prouvent que le président-du Conseil -ne
veut frapper les ; responsables qu'avec
l'assentiment unanime de-tôus.ses colla
borateurs. ■ , . i
Le dessaisissement de Bayonne
f Une conférence s'est rèuniê., hier''ma
tin, au ministère de la Justice, au sujet
du dessaisissement du parquet de
Bayonne, dont nous avpns donné, hier,
à entendre qu'il ne tarderait pas à être
décidé. . .. .
M. Ancely, procureur ■ général, é Pauj
,a commenté le rapport dans lequel il
justifie ce dessaisissement" par d'intlénla-
' blés raisons d'opportunité; Le garde ides
Sceaux, qui, en ces circonstances, joue ie
.rôle.d'un simple agent de transmission,
a remis ce rapport à M. Douat-Gulgue,
procureur général à Paris .vC 'est le par
quet de la Seine qui prendra la' décision
définitive. '
A la fin de cette oonférence. on a com
muniqué la note suiyante. : '
M. Penander, Garde des Sceaux, à
conféré; vendredi matin, avec MM. Do-
naUGuigue, .procureur général près la
Cour d'appel de Paris, et Ancely, procu
reur général à Pau: . - . '
' Ils ont examiné la question du des
saisissement , -par le parquet de Bayon-
nè 'au profit du parquet de la Seine, re
lativertient aux bons du Ctédit < munici
pal de Bayonne. -
■Le; rapport-établi par'M...Ancély aux
fins' de dessaisissement*, a . été' transmis[
avec avis ■'favorable par M; Donat-Gut-
gue au pdrquet. ,Dans ces .conditions, le
principe dit dessaisissement: a été 'immé
diatement admis afin ûe- permettre une
; bonne administration de .la justice. 1 \
L'émotion est grande.
à Bayonne
où lès magistrats préparent
f des arguments de droit.: .
' -a • - m *
' ^ • ' "(T)# twtri. »pêc?ol_) j ,
Bayonne., 2 Fév. — La nouvelle du
prochain dessaisissement du' Parquet de
Rayonne en faveur de celui-de la Seine
ést tombée-ici comme une- bombe. Le
premier surpris-en fut, certes, M. dU-
halt qui,.dès hier soir, nous disait,:
—' Je'-n* sais rien.' Le procureur général
de Pau ne m'a pa& averti. En:'attendant,
je travaille comme de coutume.
Par contre, l'émotion au Palais de Jus
tice,'est à son comble., Tout le monde
ne partage pas la sérénité du Juge-d'ins
truction. De vieu* magistrat» protestent,
L'un d'eux faisait remarquer :
-1 .v, Aliéguer la v bonne administration.. de
l'affaire ne suffit pas ' pour, justifier rie
transfert à Paris. L'ordonnance de dessai
sissement ne sera pas facile & rédiger. Le
procureur- général de Pau : oublie-t-11 l 'ar
ticle 63 du Code d'Instruction crimi
nelle, l'arrêt de la Cour de caasatlon du
3 : février ISB3, inscrit : au..: Dalloz 1884, - le
quel déclare qu'un Juge d'Instruction
compétent ne: saurait se dessaisir en -fa
veur d'un de -ses collègues et que, d'au
tre part, ce dessaisissement: pourrait -en*
.traîner la nullité de la ' procédure;
: Dans la ville, cette-perspective de voir
l'affaire s'éloigner, de Bayonne, a cau
sé plus de surprise et, employons le mot,
plus ■ d'indignation encore; : Un facteur
psychologique intervient ici/ Les Bayon-,
nais, on le sait, avaient été indignés
quand- naquit v le scandale, -de; voir la : ta-?
che de boue qui s'étendait- au cœur mê
me .de leur cité. Puis,-,peu à, -peu, .ils
s'étaient' accoutumés -à cet- état de' cho
ses auquel, d'ailleurs, ils ne pouvaient
mais et, ils avalent reporté toute leur
sympathie sur le Justicier, M. d'Uhalt,
celui-là même que ses condisciples de
collège continuent & appeler familière
ment* Judex », en souvenir d'une cape
noire portée pendant l'adolescenoe. .
Paul Guitard,
o» drame pars cm acaioii E| sgR U ROUTE DE NANTES A CliSSU»
Un artiste peintre
arménien '
; " ' y>,;. -, • .
tue un coimpatriote
frère de sa fiancée
lise, croyait en état de légitime
défense, la victime l'ayant, au cours
d'une discussion, saisi à la gorge
La victime (en haut) et son meurtrier
.(.Voir le texte en''troisième page)
M. MacDonald
ne songe pas %
à abandonner
le pouvoir
, ,' 5.'," ..t s "
i Londres, 2 Fév. — Un Journal du ma
tin avait annoncé que l'état de santé
du "premier ministre se ressentirait assez
sérieusement de ses travaux des quatre
dernières années et: que M; MacDonald
serait sans: doute ,amené & quitter le
pouvoir. , .. . .v •
. ;ï)ans l'entourage r du prèmieir mlnistra,'
-an. oppose & cette assertiw un démenti
catégorique; ' '
' • v ' ;
Un chauffeur de taxi
est découvert •
assassiné
dans sa voiture
'- - . ; rrr' ,.•> '• '[ v /p ■
Le vol semble être le mobile
du crime .
Nantes, 2 Fév. (Dép. P. J.).— Aux en-
virons de la grosse agglomération -de
Tournebride, près La Haye-Pouassiêre S
13 kilomètres de Nantes,-on a découvert!
ce matin un chauffeur de taxi assassiné
dans sa voiture. Il s'agit- de M.- Henri-
Chauvin, 30 ans, demeurant rue'des Ro-/
chettes. Le vol esti incontestablement,' le
mobile du crime. ^
Un marchand de poissons; venait, an
marché de Nantes, ce matin, et-passait,
vers 5 heures, à' Tournebride ; sur le cô
té gauche de la. route de Nantes: à' Clisi
son, il aperçut une auto'dont la position
lui parut anormale, > mais pressé par
l'heure d'ouverture du- marché, - il passa.
Une heure et demie plus tard,' M. Cor-
bard, - boulanger à Tournebride partait
pour distribuer,' comme ehaque jourr la
pain &
avertit le maire de La Haye-Pouasâêra
qui-alerta-la gendarmerie de Vertou, «lui
vint sur les lieux. -"•* -.
.'Les-gendarmès 1 ouvrirent la "pbrtiète et:
ne tardèrent pas-& constater- - que l le
malheureux^-CliaufEefir^ étaiti-.mort .i n
portait, -^derrière* la . tête,' deux petits
trous ' par „ lesquels le. sang,., en', mlnœ
filet, coulait, l'un, au milieu du. cou;-au
bas du cervelet,, l'autre ^derrière -lîorellle
droite., La poche droite dq veston, du
conducteur était,retournée,.ce qui, ma- !
nifestement, ■ démontrait- le vol. ...Une
douille fut .retrouvée dans le "taxi,'-l'autre
sur-la route. -
Le maréchal. Pilsudski, candidat'
au Prix Nobel de la .Paix
' m i i i Jim i/ i» , ; ' •' !
. Ci-aoovie, 2 Fév. v- La faculté Juridique
de l'Université dé Cracovie vient de déci
der de présenter la candidature du marée •.
ohal Pilsudski pour .le prix Nobel de la
paix., L - • » •/ :
lalSEZ i ' • ■
EN- TROISIEME PAOB ! I
L'Autriche va: arrêter son attituds :
en face des menées îiitlériennea .
EN QUATRIEME PAGE t
/ Un. exposé de M. Jacquier
devant la commission des Finances do
la -Chambre. — Sport colombophile. —•
Jeux et récréations,
EN SIXIEME PAGB ; 1
m Madame », page de :Ia Femme !
' et de la' nfodé- -■ - •
", - E^eaiTiEMB pase i. ..
Concours du Bon Sens.,--- Là Qulnzatoil
photographique
Aujourd'hui, pour la première fois
le métro roule hors de Paris
s « ^ s;- ; y % v
S
(Voir lai suite en troisième\pagey
I: p^ii'lifclli
Fs » / >. A , f
ï/entréo de la-station:du Font de Sèvres, nouveau terminus de la ll£na
de la Porte de Saint-CIoud
Le lot de cinq millions
a été touché hier matin
au Pavillon de Flore
par quatre inconnus
Le gagnant'des cinq millions a gagné
son- pari î Jiomme ainsi doublement
heureux.
D avait annoncé que personne ne sou
lèverait son anonymat même au mo
ment où il toucherait, son gros lot. Le
billet 81.749, série- E a été payé hier
matin au. -Pavillon: de Flore 'et M.
Congnet, directeur du service des émis-
sions, etv prisonnier des règlements, n'a
pu confier aux journalistes accourus
que ce qu'on savait déjà : le pentamil-
lionnaire est bien de la région du Nord
et c'est bien au petit débit de Roubaix
qu'il a fait: l'acquisition du billet qui le
rend riche. ' '
A II h. 15, alors que la foule des'ga
gnants de deux cents -francs se près-»
sait devant les guichets, quatre hommes
bien taillés et d'allure campagnarde, se
présentèrent sans se faire remarquer..
Un peu plus tard, un à un*, 41s s'en
allaient,; portant chacun dans son r por
tefeuille 1 un chèque au porteur établi,
pour le quart du.lot total. Ainsi l'avait
demandé çelui-qui paraissait^-.leur, chef
et qui parttt^le- ^dern:ier.:r ^ :
Us ne dirent rien,' inl les pus ni les
aùtres. Ou, plutôt, 'si.'.AYant de s'en aller,
le plus étgè, demanda :
— Où sê trouvé l'Assistance'PubTique ?
Car le m'épris dé la rëriônunéè" qu'af
fiche le millionnaire, ne lui interdit pas
la reconnaissance -envers ; les enfants;
eux aussi anonymes, au geste Incons
cient de^uels il doit son bonheur»:,:.
, _ Commënti 60 "francs. "
de* Bayonne, Monsieur t ! t
S. i * ?
i r', t nr-*'*.*-*. "* \ * X ' ''X * "»>- 'Vt * ♦y- r h** ** ' ■ '%-"v
Commënt; 60 "francs..:.? J'en ai "refuse ' 50.000 au-Crédit municipal ;
BEMMOSSE
Bien que les événements aient mis
ces Jours. derniers une sourdine aux ma
nifestations de là rue, le scandale de
Bayonne ne laisse pas que d'exciter en-'
core la curiosité dn public;- Paris vou
drait-savoir gui a touché etla, province
ce qu'est devenu l'argent. H est probable
que l'enquête donnera- plus de satisfac
tion : à Paris - qu'à la province. Même si
l'on retrouvait tous ceux-qui ont parti
cipé-aux largesses de Stavisky on. ne re
trouverait-pas les 250 millions escroqués.
Les escrocs ont des coffres-forts, mais
des : coffres-forts où la 'Justice ne» trouve
rien- quand elle, -les ouvre -parce que la
Justice ne se met en branle qu'à l'heure
où les eserpes. sont réduits .aux abois par
les maîtres-chanteurs qui les ont ,devinés
et qui les traquent.'
-On ne-peut pas davantage espérer de
l'enquête qu'elle fera disparaître. la race
des escrocs et des-maîtres-chanteurs. Les
honnêtes: gens la tiendraient pour quitte
du reste si elle-établissait les responsa
bilités judiciaires et -administratives , dans
l'affaire en question.
Nul .doute qu'elle montrera une fols
de plus que seules .des défaillances pro
fessionnelles ont permis à un aventurier
sans génie' mais non pas sans audace
de mener, si loin une opération si louche.
Certes, il s'est procuré à prix, d'or des
complicités, actives, ftlais' celles-ci ont
escompté le ^.relâchement des : mœurs et
des-'disciplines. H ne suffirait donc -as
de'-punir là forfai'urt de quelques-uns.
Il faudra restaurer chez tous le senti-
Monsieur de L* Pali&te. '
Une culottière
qui avait tué
un brave homme
est acquittée
•' * < ' 'V * - -,
10.000 francs dé dommagés-Intérêts
ssit S 4
■m*.
L'accusée i l 'andience
Une petite bonne femme proguette, aux
yeux clairs, qui se tient bien sage dans sort
bqx/àla.cour d'assisesd&Ugelae
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