Titre : Revue contemporaine
Éditeur : [s.n.?] (Saint-Pétersbourg)
Date d'édition : 1915-04-01
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb328566919
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 01 avril 1915 01 avril 1915
Description : 1915/04/01 (A6,N128)-1915/04/30. 1915/04/01 (A6,N128)-1915/04/30.
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6237358x
Source : Bibliothèque nationale de France, département Littérature et art, 8-Z-18251
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 24/12/2012
REVUE
CONTEMPORAINE
PARAISSANT TOUS LES MOIS
SIXIÈME ANNÉE AVRIL 1915 M 128.
La pénétration EDITORIAL..
économique de
V Allemand.
Question hautement actuelle. On ne parle que de
cela dans les milieux industriels, financiers ou commer-
ciaux, dans les deux capitales de l'Empire de Russie.
La guerre nous a décilié. Elle nous a montré, presque
trop tard, que nous avons été dupés comme des niais.
Dans toutes les branches de la vie économique nous
avons joué le rôle débonnaire du civet, subissant patiem-
ment son sort et obéissant au tournebroche.
Le rèveil a-t-il eu lieu à temps?
Espérons-le. En tout cas, il est bon de joindre à
un vigoureux optimisme, ainsi qu'il convient à un peuple
jeune, la compréhension de la réalité des choses, sans
se faire d'illusions. L'Allemand nous tient, même pendant
la guerre, par une tenaille invisible, à l'égard de laquelle
l'héroïsme de nos soldats ne saurait, directement du moins,
nous affranchir. C'est la force du capital organisé, combiné
avec le génie de la technologie moderne; mais le tout
ne serait rien, s'ils ne détenaient les leviers sociaux de
la vie russe dans les hautes sphères, donc des moyens
de domination intérieure, qui sont russes par excellence
et qui ont été faits ce qu'ils sont: forts, centralisés hors
de toute réplique ou résistance, car c'est le bras même
de l'Etat, créé non dans le but de livrer le Pays à
l'ennemi, mais dans l'idée de défendre la Patrie par un
Pouvoir fort, au-dessus de tout ce qui est privé ou
particulier. Eh bien, ce gigantesque appareil à été faussé
pendant des générations par le «loyalisme» tudesque
(car «loyalisme» est le terme consacré par l'usage pour
désigner cette forme spéciale de la trahison). Il y a
10 ou 15 ans on sentait cette réalité, mais il était
défendu d'en parler. Aujourd'hui la presse est libre, ou
à peu près, et on peut abondamment analyser, démasquer,
"xer au poteau d'infamie ce qui est, au fond, la perte
du Pays. On peut et l'on doit organiser, par la voie de
la presse, toutes les énergies, pour affrachir notre pays
du joug tudesque, dont l'abolissem&nt est la plus grande
la plus gigantesque question du jour. On ne peut pas
dire, que cette activité là soit sans danger pour ceux
qui s'y lancent. On sait, ce qui menace le bien-être per-
sonnel de ceux qui osent attaquer Israël, s'ils dépendent
à un degré quelconque ùi monde des affaires. De même,
on n'attaque pas impunément la toute-puissance de
l'Allemand, si l'on est au service officiel, dans les
cadres de l'industrie et du commerce, ou dans les rouages
techniques qui en dépendent. Cependant, c'est déjà un
point d'ncquis: on n'est pas puni du fait d'oser parler
ouvertement contre l'Allemand. Hier encore, nous ne
1 pouvions pas en dire autant. *
* *
*
Nos lecteurs trouveront dans le présent fascicule et
dans ceux qui suivront, une étude de longne haleine,
signée par le Directeur de la «Revue Contemporaine»
et consacrée à un côté de la question, qui occupe une
place considérable, dans l'ensemble de nos préoccupations
relatives à la «pénétration pacifique» de l'Allemand:
nous voulons parler de leurs conquêtes économiques sous
la forme combinée des sociétés anonymes et des «trusts»
de la haute-finance.
Cependant ce n'est qu'un des éléments de la ques-
tion. Il ne est un autre, qui est lié directement aux
transactions diplomatiques et qui est destiné par
conséquent à appeler bientôt toute l'intensité de
l'attention du public d'ici à peu de mois peut-être, au
moment où la guerre prendra fin et où nous viendrons
conjurer les diplomates de ne pas se montrer au-dessous
de la valeur de nos soldats qui, à ce moment-là, auront
dit leur dernier mot. Ce sera le moment du «Cedant
arma togae»: it nous avons parfois des frémissements
involontaires à la pensée que la «toge» pourrait bien
capituler là, où les «armes» auront vaincu.. Il s'agira
d'être vigilante lors de la confection des traités et;
notamp^^v^tKcif^yi concerne le sujet que nos traitons
il fatfàtà i^voir ùné^binion arrêtée sur la question des
CONTEMPORAINE
PARAISSANT TOUS LES MOIS
SIXIÈME ANNÉE AVRIL 1915 M 128.
La pénétration EDITORIAL..
économique de
V Allemand.
Question hautement actuelle. On ne parle que de
cela dans les milieux industriels, financiers ou commer-
ciaux, dans les deux capitales de l'Empire de Russie.
La guerre nous a décilié. Elle nous a montré, presque
trop tard, que nous avons été dupés comme des niais.
Dans toutes les branches de la vie économique nous
avons joué le rôle débonnaire du civet, subissant patiem-
ment son sort et obéissant au tournebroche.
Le rèveil a-t-il eu lieu à temps?
Espérons-le. En tout cas, il est bon de joindre à
un vigoureux optimisme, ainsi qu'il convient à un peuple
jeune, la compréhension de la réalité des choses, sans
se faire d'illusions. L'Allemand nous tient, même pendant
la guerre, par une tenaille invisible, à l'égard de laquelle
l'héroïsme de nos soldats ne saurait, directement du moins,
nous affranchir. C'est la force du capital organisé, combiné
avec le génie de la technologie moderne; mais le tout
ne serait rien, s'ils ne détenaient les leviers sociaux de
la vie russe dans les hautes sphères, donc des moyens
de domination intérieure, qui sont russes par excellence
et qui ont été faits ce qu'ils sont: forts, centralisés hors
de toute réplique ou résistance, car c'est le bras même
de l'Etat, créé non dans le but de livrer le Pays à
l'ennemi, mais dans l'idée de défendre la Patrie par un
Pouvoir fort, au-dessus de tout ce qui est privé ou
particulier. Eh bien, ce gigantesque appareil à été faussé
pendant des générations par le «loyalisme» tudesque
(car «loyalisme» est le terme consacré par l'usage pour
désigner cette forme spéciale de la trahison). Il y a
10 ou 15 ans on sentait cette réalité, mais il était
défendu d'en parler. Aujourd'hui la presse est libre, ou
à peu près, et on peut abondamment analyser, démasquer,
"xer au poteau d'infamie ce qui est, au fond, la perte
du Pays. On peut et l'on doit organiser, par la voie de
la presse, toutes les énergies, pour affrachir notre pays
du joug tudesque, dont l'abolissem&nt est la plus grande
la plus gigantesque question du jour. On ne peut pas
dire, que cette activité là soit sans danger pour ceux
qui s'y lancent. On sait, ce qui menace le bien-être per-
sonnel de ceux qui osent attaquer Israël, s'ils dépendent
à un degré quelconque ùi monde des affaires. De même,
on n'attaque pas impunément la toute-puissance de
l'Allemand, si l'on est au service officiel, dans les
cadres de l'industrie et du commerce, ou dans les rouages
techniques qui en dépendent. Cependant, c'est déjà un
point d'ncquis: on n'est pas puni du fait d'oser parler
ouvertement contre l'Allemand. Hier encore, nous ne
1 pouvions pas en dire autant. *
* *
*
Nos lecteurs trouveront dans le présent fascicule et
dans ceux qui suivront, une étude de longne haleine,
signée par le Directeur de la «Revue Contemporaine»
et consacrée à un côté de la question, qui occupe une
place considérable, dans l'ensemble de nos préoccupations
relatives à la «pénétration pacifique» de l'Allemand:
nous voulons parler de leurs conquêtes économiques sous
la forme combinée des sociétés anonymes et des «trusts»
de la haute-finance.
Cependant ce n'est qu'un des éléments de la ques-
tion. Il ne est un autre, qui est lié directement aux
transactions diplomatiques et qui est destiné par
conséquent à appeler bientôt toute l'intensité de
l'attention du public d'ici à peu de mois peut-être, au
moment où la guerre prendra fin et où nous viendrons
conjurer les diplomates de ne pas se montrer au-dessous
de la valeur de nos soldats qui, à ce moment-là, auront
dit leur dernier mot. Ce sera le moment du «Cedant
arma togae»: it nous avons parfois des frémissements
involontaires à la pensée que la «toge» pourrait bien
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