Titre : Syndicalisme chrétien : organe mensuel de la C.F.T.C.
Auteur : Confédération française des travailleurs chrétiens. Auteur du texte
Éditeur : C.F.T.C. (Paris)
Date d'édition : 1934-02-01
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb328745402
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 450 Nombre total de vues : 450
Description : 01 février 1934 01 février 1934
Description : 1934/02/01 (N115)-1934/02/28. 1934/02/01 (N115)-1934/02/28.
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6230713j
Source : CODHOS / Archives CFDT, 2012-81695
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 19/11/2012
Le Syndicalisme Chrétien
Organe mensuel de la C. F. T. C.
N" 115. 5, rue Cadet. Paris (9e) FEVRIER 1934.
TÉLÉPHONE : PROVENCE 44-90.
Abonnement annuel ; 10 francs
CHÈQUES POSTAUX : PARIS 283-24
Syndicalisme Chrétien
- et Corporatisme fasciste
II
Je veux tout de suite éliminer une erreur commune,
même à beaucoup de personnes qui étudient les ques-
tions sociales et qui caractérisent le corporatisme fas-
ciste par cette formule : le syndicalisme obligatoire.
Beaucoup d'entre vous se figurent peut-être qu'en
Italie on est professionnel et syndiqué comme on est
citoyen, c'est-à-dire que, dès son entrée dans la pro-
fession, on est, en quelque sorte, inscrit automatique-
ment sur les listes de la catégorie professionnelle à
laquelle on appartient. Ceci n'est pas exact.
En Italie, on n'est pas obligatoirement syndiqué,
mais le syndicat est, ou non, autorisé. Le travailleur
est libre de -faire partie du syndicat qui lui plaît, même
si ce syndicat n'est pas autorisé. Mais c'est seulement
en faisant partie d'un syndicat autorisé qu'il peut pré-,
tendre participer réellement à l'organisation de la pro-
fession. D'ailleurs, pour être autorisé, un syndicat doit
remplir un certain nombre d'exigences qui sont le pro-
pre du régime fasciste.
Vous savez que le propre du régime fasciste est
de constituer une élite qui gouverne, ou plutôt qui vient
en aide à celui qui gouverne, en lui apportant une
adhésion et une obéissance sans réserve plus qu'une
collaboration personnelle.
Et cette méthode, qui ne cadre .guère avec notre
conception de la démocratie, s'applique aussi bien dans
l'ordre économique ou social que dans l'ordre politique.
Aussi un syndicat doit-il être autorisé, pour être
admis dans ce qu'on appelle la corporation fasciste. Or,
pour être autorisé il suffit qu'un syndicat, patronal ou
ouvrier, représente au moins le dixième des travailleurs
de son rayon d'action. Si nous établissions cette méthode
en France, la C. G. T. pourrait être le seul syndicalisme
représentatif des travailleurs.
D'autre part, pour être autorisé, un syndicat est
obligé de montrer non plus patte blanche, mais patte
brune, en ce sens que ses dirigeants sont soumis à
l'agrément du Gouvernement -et que l'on exige d'eux
une sorte de certificat de loyalisme fasciste donné par
les autorités.
Il est difficile, sinon matériellement impossible, de
se rendre compte des conditions dans lesquelles fonc-
tionnent les corporations fascistes ainsi constituées. Les
syndicats sont réunis en- corporations d'industrie qui
correspondent assez bien à nos fédérations et ces forpo-
rations en un grand Conseil corporatif qui rappelle les
Congrès de la C. F. T. C. ou de la C. G. T. avec cette
différence que les éléments patronaux et ouvriers s'y
trouvent mélangés.
Mais dans ce mélange, quelle est la part d'influence
de chaque élément ? C'est ce qu'il est impossible de
déterminer à la lecture des comptes rendus officiels de
ces réunions.
A cette organisation, M. Mussolini a donné de très
larges possibilités jusqu'ici. Dans l'ordre social, il a
rendu le contrat collectif obligatoire. Celui-ci est discuté
entre les représentants des syndicats autorisés, soit pa-
tronaux, soit ouvriers, auxquels sont adjoints un certain
nombre de fonctionnaires du Ministère des Corporations.
Mais le contrat collectif n'a de valeur qu'à la condition
essentielle qu'il soit soumis à l'approbation du chef du
Gouvernement, lequel peut donner pouvoir de le repré-
senter et d'approuver au Ministre des Corporations.
Quand l'approbation a été donnée, le contrat collectif
devient obligatoire pour tous les ouvriers de la profes-
sion que couvre ce contrat.
Il y a là, incontestablement, une innovation intéres-
sante, quelle que soit la façon, suivant laquelle le
contrat est discuté, établi et approuvé.
La corporation fasciste a le droit de normaliser tou-
tes les questions concernant plus particulièrement la
profession.
Jusqu'ici, ce rôle « normatif » a été borné aux
questions concernant uniquement la profession et son
statut. En ce qui concerne les questions plus générales,
telles que l'étude de certaines lois et plus particulière-
ment les questions d'ordre économique, la corporation
n'avait qu'une faculté d'avis.
Depuis quelques mois, M. Mussolini a estimé que
l'évolution qui s'était produite dans l'élite du corpora-
tisme fasciste était suffisante pour permettre d'élargir
considérablement les possibilités d'action et de décision
de cette élite.
Vous avez entendu parler de la dissolution de la
Chambre politique italienne. Je ne crois pas que ce soit
une très grande perte pour le pays. Dans l'histoire, op
a appelé un certain Parlement, trop servile, le Parlement
croupion. Je crois également que la Chambre italienne,
renvoyée ainsi, sans tambour ni trompette, méritait cette
appellation triviale. On a donc renvoyé le Parlement po-
litique ; il va être remplacé par une Chambre corporative
qui constituera réellement et sous son caractère généri-
que et total le corpôratisine fasciste.
La Chambre corporative aura donc à l'avenir le
droit de légiférer ou de décider sur les questions géné-
rales intéressant la production du pays, tout au moins
sur les questions que M. Mussolini croira devoir lui
soumettre. En ce qui concerne les questions internaUo-
nales comme celles des relations économiques avec les
autres pays, M. Mussolini s'est réservé la décision, mais
Organe mensuel de la C. F. T. C.
N" 115. 5, rue Cadet. Paris (9e) FEVRIER 1934.
TÉLÉPHONE : PROVENCE 44-90.
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Syndicalisme Chrétien
- et Corporatisme fasciste
II
Je veux tout de suite éliminer une erreur commune,
même à beaucoup de personnes qui étudient les ques-
tions sociales et qui caractérisent le corporatisme fas-
ciste par cette formule : le syndicalisme obligatoire.
Beaucoup d'entre vous se figurent peut-être qu'en
Italie on est professionnel et syndiqué comme on est
citoyen, c'est-à-dire que, dès son entrée dans la pro-
fession, on est, en quelque sorte, inscrit automatique-
ment sur les listes de la catégorie professionnelle à
laquelle on appartient. Ceci n'est pas exact.
En Italie, on n'est pas obligatoirement syndiqué,
mais le syndicat est, ou non, autorisé. Le travailleur
est libre de -faire partie du syndicat qui lui plaît, même
si ce syndicat n'est pas autorisé. Mais c'est seulement
en faisant partie d'un syndicat autorisé qu'il peut pré-,
tendre participer réellement à l'organisation de la pro-
fession. D'ailleurs, pour être autorisé, un syndicat doit
remplir un certain nombre d'exigences qui sont le pro-
pre du régime fasciste.
Vous savez que le propre du régime fasciste est
de constituer une élite qui gouverne, ou plutôt qui vient
en aide à celui qui gouverne, en lui apportant une
adhésion et une obéissance sans réserve plus qu'une
collaboration personnelle.
Et cette méthode, qui ne cadre .guère avec notre
conception de la démocratie, s'applique aussi bien dans
l'ordre économique ou social que dans l'ordre politique.
Aussi un syndicat doit-il être autorisé, pour être
admis dans ce qu'on appelle la corporation fasciste. Or,
pour être autorisé il suffit qu'un syndicat, patronal ou
ouvrier, représente au moins le dixième des travailleurs
de son rayon d'action. Si nous établissions cette méthode
en France, la C. G. T. pourrait être le seul syndicalisme
représentatif des travailleurs.
D'autre part, pour être autorisé, un syndicat est
obligé de montrer non plus patte blanche, mais patte
brune, en ce sens que ses dirigeants sont soumis à
l'agrément du Gouvernement -et que l'on exige d'eux
une sorte de certificat de loyalisme fasciste donné par
les autorités.
Il est difficile, sinon matériellement impossible, de
se rendre compte des conditions dans lesquelles fonc-
tionnent les corporations fascistes ainsi constituées. Les
syndicats sont réunis en- corporations d'industrie qui
correspondent assez bien à nos fédérations et ces forpo-
rations en un grand Conseil corporatif qui rappelle les
Congrès de la C. F. T. C. ou de la C. G. T. avec cette
différence que les éléments patronaux et ouvriers s'y
trouvent mélangés.
Mais dans ce mélange, quelle est la part d'influence
de chaque élément ? C'est ce qu'il est impossible de
déterminer à la lecture des comptes rendus officiels de
ces réunions.
A cette organisation, M. Mussolini a donné de très
larges possibilités jusqu'ici. Dans l'ordre social, il a
rendu le contrat collectif obligatoire. Celui-ci est discuté
entre les représentants des syndicats autorisés, soit pa-
tronaux, soit ouvriers, auxquels sont adjoints un certain
nombre de fonctionnaires du Ministère des Corporations.
Mais le contrat collectif n'a de valeur qu'à la condition
essentielle qu'il soit soumis à l'approbation du chef du
Gouvernement, lequel peut donner pouvoir de le repré-
senter et d'approuver au Ministre des Corporations.
Quand l'approbation a été donnée, le contrat collectif
devient obligatoire pour tous les ouvriers de la profes-
sion que couvre ce contrat.
Il y a là, incontestablement, une innovation intéres-
sante, quelle que soit la façon, suivant laquelle le
contrat est discuté, établi et approuvé.
La corporation fasciste a le droit de normaliser tou-
tes les questions concernant plus particulièrement la
profession.
Jusqu'ici, ce rôle « normatif » a été borné aux
questions concernant uniquement la profession et son
statut. En ce qui concerne les questions plus générales,
telles que l'étude de certaines lois et plus particulière-
ment les questions d'ordre économique, la corporation
n'avait qu'une faculté d'avis.
Depuis quelques mois, M. Mussolini a estimé que
l'évolution qui s'était produite dans l'élite du corpora-
tisme fasciste était suffisante pour permettre d'élargir
considérablement les possibilités d'action et de décision
de cette élite.
Vous avez entendu parler de la dissolution de la
Chambre politique italienne. Je ne crois pas que ce soit
une très grande perte pour le pays. Dans l'histoire, op
a appelé un certain Parlement, trop servile, le Parlement
croupion. Je crois également que la Chambre italienne,
renvoyée ainsi, sans tambour ni trompette, méritait cette
appellation triviale. On a donc renvoyé le Parlement po-
litique ; il va être remplacé par une Chambre corporative
qui constituera réellement et sous son caractère généri-
que et total le corpôratisine fasciste.
La Chambre corporative aura donc à l'avenir le
droit de légiférer ou de décider sur les questions géné-
rales intéressant la production du pays, tout au moins
sur les questions que M. Mussolini croira devoir lui
soumettre. En ce qui concerne les questions internaUo-
nales comme celles des relations économiques avec les
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