Titre : L'Oranie populaire : hebdomadaire fédéral du Parti populaire français / président Jacques Doriot
Auteur : Parti populaire français. Fédération (Oran). Auteur du texte
Auteur : Parti populaire français. Auteur du texte
Éditeur : [s.n.] (Oran)
Date d'édition : 1938-04-16
Contributeur : Doriot, Jacques (1898-1945). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32829454n
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 416 Nombre total de vues : 416
Description : 16 avril 1938 16 avril 1938
Description : 1938/04/16 (A2,N49). 1938/04/16 (A2,N49).
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6229938k
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, GR FOL-JO-1767
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 16/01/2013
UOranie populaire
HEBDOMADAIRE DE LA FEDERATION D'OR AN DU PARTI POPULAIRE FRANÇAIS. - Président: Jacques DORIOT
DEUXIEME ANNEE. — N° 49
Prix du Numéro :
0,50
Rédaction - Administration - Publicité : 15, boulevard Hippolyte Giraud - ORAN. - Téléphone 210-45
Prix du Numéro :
0,50
SAMEDI 16 AVRIL 1938.
Les marxistes ne sont plus seuls
dans la rue et dans les usines.
.DEVANT EUX
ILS TROUVENT LES FRANÇAIS
du P.P.F.
par Gaston VIDAL
Secrétaire fédéral,
Membre du Conseil national.
D
epuis bientôt un mois, les
communistes tentent de dé-
clencher une grève générale.
II est évident que l'insuc-
cès de la politique du Front Popu-
laire leur est pénible, leur désir se-
rait de réussir par l'agitation sociale
et même au besoin par l'agitation
dans la rue, ce qu'ils n'ont pu réussir
par le truchement des cabinets Blum,
c'est-à-dire la soviétisation de notre
Pays.
En maintes usines de France, les
ouvriers ont refusé de suivre le mot
d'ordre du Parti communiste. Cepen-
dant, les agents de Staline conti-
nuent leurs efforts. Ils pensent qu'ils
pourront à la longue entraîner une
fois de plus les ouvriers français.
Il faut reconnaître que les hommes
de Moscou ont le mérite d'être per-
sévérants.
Etant avertis du danger, nous se-
rions inexcusables de ne pas y parer.
Chacun connaît la position du
Parti en matière de grèves. Le P.P.
F. soutiendra toujours une grève
ayant pour but de défendre les inté-
rêts corporatifs des ouvriers lorsque
tous les moyens de conciliation ayant
été épuisés, les ouvriers n'auront pu
obtenir satisfaction à l'occasion de
justes et légitimes réclamations..
Si cela est nécessaire, nos Sections
d'lm-F-- 'i
rent la grève contre les mauvais pa-
trons, mais notre Parti fera toujours
barrage aux grèves politiques qui ne
rapportent rien à l'ouvrier et servent
uniquement les intérêts de Staline et
de ses laquais dans notre Pays.
Le mouvement que les communis-
tes s'efforcent de déclencher à l heu-
re actuelle, présente bien les carac-
tères d'une grève politique qu'il est
de notre devoir de combattre. Dès
maintenant, par conséquent, la résis-
tance doit être organisée pour le cas
où le mouvement s'étendrait au dé-
partement d'Oran.
Nos amis des Sections d'Entrepri-
ses doivent se dresser face à la cel-
lule communiste, grouper autour
d'eux tous les ouvriers qui ne veu-
lent pas s'engager dans un mouve-
ment gréviste n'ayant point pour but
la défense d'intérêts corporatifs.
Notre Parti soutiendra jusqu'au
bout leur action.
Partout où les communistes sen-
tent de la résistance, ils lâchent pied.
Il n'est pas de points du départe-
ment où cette résistance ne doive se
manifester. Les bons ouvriers se rap-
procheront de nos camarades des
Sections d'Entreprises et nous espé-
rons que l'aide des Pouvoirs publics
ne nous manquera pas pour faire
respecter la liberté du travail.
Le Chef a dit qu'à l'avenir, les
marxistes ne devaient pas être seuls
dans la rue et dans les usines. C'est
une consigne donnée au Parti. Les
P.P.F. d'Oran auront à cœur de
l'exécuter ; ils suivront les directives
du Chef en empêchant toute agita-
tion sociale à caractère politique,
PO. rê'ÃPIUs-gr-&liuS
profit des ennemis de notre Pays.
- T'8o__¿.:..:In..w'v,onf
Nos camarades du rarn OUI"
être vigilants, surveiller de manière
constante les faits et gestes de l'ad-
versaire. Dans la lutte pour sauver
le Pays, pas un P.P.F. ne doit man-
quer à l'appel.
Aux Camarades
DES SECTIONS D'ENTREPRISES
Quand vous avez adhéré au Parti
populaire Français, vous avez fait,
ce jour-là, le serment de sauver la
France. Quand, venus de tous les
points de l'horizon politique vous
vous êtes engagés dans les rangs du
parti de Jacques Doriot une seule
pensée vous guidait : écarter de
votre patrie le danger marxiste, et
chasser de son sol les métèques et
les agents de Staline qui ont pour
mission, en France comme en Algé-
rie, de déclencher la révolution
communiste.
Aujourd'hui comme mer, VU","
êtes résolus à faire face au marxis-
me, parce qu'aujourd'hui, comme
hier, le danger est toujours là, tou-
jours aussi, menaçant. Y::"-,..-I- .,1'10-
Après deux années ae nu»..
pulaire, après l'irrémédiable faillite
d'une expérience qui devait faire
la France plus forte et plus heu-
reuse, les communistes restent en-
core un grave danger. Comme ils
ont toujours esquivé, malgré leurs
appels hypocrites, les responsabili-
tés du pouvoir ils essayent encore
"1 1_,.. "1'1-
de proclamer devant la ciassc vu-
vrière l'efficacité de leurs doctrine,
de leur propagande. Ils demeurent
encore une grave menace pour la
France et pour l'Empire parce qu'il
y a encore trop d'ouvriers, trop de
travailleurs qui sont trompés par
les démagogues professionnels de
Moscou. _","0,[0"
Le crâne bourré par une pL~
mensongère trop, d'ouvriers igno-
rent le sort que leur réserverait une
dictature marxiste. Pourquoi ? Par-
ce qu'avec une ténacité égalé a leur
servilité les hommes de Moscou ont
peu à peu - avec des moyens ina-
voues mais connus et avec des com-
plicités criminelles — mis la main
sur d'innombrables rouages du
mouvement ouvrier.
Noyautant toutes les organisa-
tions leur virus s'est infiltré par-
tout. Prenant ici la figure d'honnêtes
gens là se montrant menaçants,
pratiquant ailleurs le chantage, les
communistes œuvrent continuelle-
ment dans le but de s'emparer des
leviers de commande leur permet-
tant de manœuvrer la classe ou-
vrière.
Ils ont pu ainsi s'emparer après
de longs et patients efforts de pres-
que tous les postes de la C.G.T. Le
résultat de cette main mise sur les
syndicats apparaît clairement. A
chaque tournant politique impor-
tant les communistes se servent de
la C.G.T. pour leurs propres be-
soins. Prévoient-ils une crise minis-
térielle .grave ? Veulent-us mnuen-
cer le gouvernement en vue d'obte-
nir pour le petit père Staline un
avantage diplomatique quelconque?
Vite le parti communiste ordonne
à la C.G.T. de déclencher des grè-
ves.
Les ouvriers marchent trop sou-
vent hélas parce que le syndicat
l'ordonne et parce qu'ils ne con-
naissent pas les causes exactes du
mouvement.
Mais il y a cependant du nouveau
en France. Les sections d'entreprise
du Parti Populaire Français se for-
'111 --
ment un peu partout; la ou euelS
étaient formées elles grandissent en
nombre .et en influence et mainte-
nant les communistes reculent par-
fois devant le barrage que les hom-
mes de Doriot leur opposent. ,.-
(Lire la suite en 3» page)
LE MOINDRE
MIL -
On attend M. Daladier à l'œuvre,
mais on ne peut s'empêcher d'être
assez sceptique quant aux résultats.
En effet ce n'est ni lui, ni son équi-
pe qui referont la France.
Si M. Daladier avait eu vraiment
l'intention de présenter un gouver-
nement fort, il n'aurait pas embar-
qué dans son équipe M. Chautemps,
dont la diplomatie tortueuse rap-
pelle trop qu'il est Sublime Prince
du Royal Secret. Il n'aurait pas
placé au ministère de l'Intérieur,
un des postes les plus importants à
l'heure actuelle, M. Sarraut, dont il
serait trop long de rappeler la né-
faste action. Selon le mot de Léon
Daudet, M. Sarraut a le mauvais
œil, son admission au sein du mi-
nistère, dit de force, est synonyme
de catastrophe.
Au moment où la France doit
porter la plus grande attention à
son Empire, on ne place pas aux
Colonies un Mandel, plus connu
pour ses fichiers, ses tables d'écoute
et ses cabinets noirs, que pour ses
compétences coloniales. Avec M.
Sarraut il s'est révélé un ardent dé-
fenseur du projet Blum-Viollette et
cela suffit à classer un homme.
Passer en revue ainsi tous les
hommes du nouveau cabinet serait
fastidieux, on doit toutefois noter
que M. Daladier a fait appel aux
lumières du russophile Patenotre ce
qui laisse mal augurer de l'avenir.
En votant pour le cabinet, les so-
cialistes et les communistes ont
voulu rendre M. Daladier, qu'ils dé-
testent, prisonnier de leurs votes.
Nous craignons qu'il soit difficile,
pour ne pas dire impossible, au
---" - -
chez lui et chez ses collaborateurs
s'y oppose : leur passé, leur pro-
miscuité, toutes les petites cuisines
de politicaillerie de couloirs aux-
quelles depuis des années et des
années ils participent.
Ce qu'il aurait fallu au pays c'est
un gouvernement de salut pumio
extra-parlementaire, nous ne l'a-
vons pas encore, contentons-nous
de M. Daladier et de son équipe de
politiciens usés, ils représentent un
moindre mal.
La seule reconnaissance que nous
devions au député d'Orange est de
nous avoir débarrassé du cauche-
mar Blumesque, quoiqu'ayant eu l'in-
tention de réserver au prophète
S.F.I.O. les Affaires Etrangères (un
comble !), et d'avoir commencé à
mettre fin à l'agitation révolution-
naire dans les usines.
On attend M. Daladier à l'œuvre.
Soit, et que ses actes viennent dé-
mentir notre sceptisme. C'est ce
que nous pouvons espérer de mieux.
NIALA.
Pour les
abonnements
à « La Liberté »
Rappelons à nos camarades
que « La Liberté » vient d'ins-
tituer des abonnements à :
10 Ir. par mois
Nous demandons à tous nos
amis des sections de l'intérieur
et des sous-sections de quartier
de faire un grand effort pour
réunir le maximum d'abonne-
ments d'un an, de six mois ou
de trois mois à notre grand quo-
tidien, payables par mensualités
de 10 francs.
Personne ne peut refuser ae
payer mensuellement une som-
me aussi minime.
« La Liberté » n'est pas riche.
.1 Elle ne peut vivre que si nous
l'aidons. Camarades P.P.F., en
avant pour « La Liberté ». -
LES ÉVÈNEMENTS D' 1 - d'At' el -,
SANGLANTS DE TUNISIE Dh le mois d'août dernier,
nous avions prévu ',
ce qui devait se passer
en Tunisie
NOUS AVIONS, HËLAS, RAISON !
Les premières victimes des folies criminelles du Front populaire
,
ont été les musulmans
LES SOCIALO-COMMUNISTES ONT
FAIT LE JEU DU FASCISME ITALIEN
Comme on voudrait parfois ne pas
avoir raison, avec quelle joie s'en-
tendrait-on dire souvent : — Vos
prédictions ne se sont pas réali-
sées ». Hélas ! depuis bientôt deux
ans, toutes les prédictions du P.P.F.
se sont réalisées, nous serions ce-
pendant tous bien heureux de nous
être trompés, car nous prophétisions
des malheurs pour notre Pays et
pour notre Empire.
La folle et criminelle politique du
Front Populaire a continué son
Lrain. La faillite de la France sera
peut-être évitée, mais au prix des
lourds sacrifices que devront subir
tous les Français.
Dans l'Empire, les événements tra-
giques et sanglants de Tunisie con-
firment ce que nous avions prédit
des le mois d'août 1937.
En effet, le 14 août, dans le nu-
méro 15 de l'« Oranie Populaire »,
nous publiions en première page, un
article intitulé :
ALGERIENS MUSULMANS LES
EVENEMENTS DE TUNISIE VOUS
PARLENT, SACHEZ LES COM-
PRENDRE. NE TOLEREZ PLUS
QU'ICI COMME LA-BAS LES COM-
MUNISTES FASSENT LE JEU DU
FASCISME ITALIEN OU ALLE-
MAND.
Notre collaborateur, Jean Monde-
vert, qui connaît particulièrement
bien ]a Tunisie pour y avoir séjour-
né de longs mois et l'avoir visitée du
Nord jusqu'à l'extrême Sud, relatait
NOTRE COLLABORATEUR
ET AMI
SAUGEZ
est lâchement
attaqué
Nos lecteurs ont pu lire dans
la presse quotidienne le récit
du lâche attentat dont a été vic-
time à Mascara notre collabo-
rateur et ami Saugez.
Ne connaissant pas encore
les résultats de l'enquête nous
nous garderons de tout com-
mentaire qui pourrait nuire à
sa bonne marche.
Constatons simplement que
notre ami Saugez mène une
lutte vaillante dans « L Oranie
Populaire » et dans « Oran-
Matin » contre la municipalité
rouge de Mascara et son cyni-
que chef Muselli, soi-disant
père-des-pauvres. - -
- La semaine dernière encore
le camarade Saugez révélait les
honteuses façons d'agir de Mu-
selli. La semaine prochaine nos
lecteurs auront encore quel-
ques précisions sur les actes de
cet édile.
La courageuse bataille que
Saugez livre aux individus
malfaisants qui occupent 1 Hô-
tel de Ville de Mascara lui a
valu leur haine tenace.
Il y a quelques semaines un
conseiller municipal n'avait
pas hésité à l'attaquer dans les
couloirs mêmes de la mairie.
Cette fois-ci, sans qu on plus-
se discerner le mobile de cette
agression, Saugez a failli être
tué.
On ne peut s'empêcher de
faire un rapprochement entre
ces deux attentats.
Muselli et ses complices se
seraient-ils décidés à employer
les méthodes des gangs améri-
cains ? Nous n'osons pas le
croire.
croire. Pierre ERBREE.
comment
LES COMMUNISTES
S'Y PRENNENT
pour déclencher les grèves
par BERTRAND DE JOUVENEL
Les communistes s'entendent ad-I
mirablement à propager la grève.
J'ai vu comment ils ont procédé,
pour faire débrayer chez SIMCA.
L'usine est à Nanterre. Allant a
Saint-Germain, on la trouve sur sa
droite, toute neuve, étincelante. L'en-
trée est dans une petite rue perpen-
diculaire à la route. En face de la
porte, il y a un terrain vague qui
s'élève en tertre. Là-dessus monta,
vers les quatre heures et aeiiu, uu
jeune type à lunettes, un communis-
te, nommé Métivier. A peine cent
cinquante ouvriers l'entouraient :
hommes lockoutés », mis à pied par
manque de travail. Métivier leur
------ ~,&
tint un long discours, promue
à mi-voix, car il se réservait. Res-
taient à l'intérieur les ouvriers que
la direction continuait d'employer.
Un peu après cinq heures, on en-
tendit à l'intérieur des discussions
violentes. Les délégués communistes
avaient rassemblé les ouvriers dans
la cour et leur proposaient la grève
de solidarité.
- Il ne s'agit pas de politique,
disaient-ils, mais de faire réintégrer
nos camarades ! -
Les ouvriers se montraient froids,
non qu'ils soient indifférents, mais
parce qu'ils savent que la réintégra-
tion dépend de la cessation de la
grève aux radiateurs Chausson et
aux freins Lockheed. Cependant, au-
tour de Métivier, sur le tertre, les
cent cinquante auditeurs, eu ,!u""-
ques minutes, devenaient deux mille.
Qui étaient les nouveaux arrivés ?
Il y avait là beaucoup ae ngun-a
inconnues à Nanterre. 'Soudain, de
l'intérieur, on ouvrit les portes, et
la foule de l'extérieur se précipita
dans l'usine, alors que les ouvriers
restés à l'intérieur, craignant que
tout cela ne finit par une occupation,
poussaient vers la sortie, avant tout
désireux de passer la nuit chez eux.
Dans ce brouhaha et dans ce dé-
sordre, les délégués communistes s'é-
crièrent :
—r Qui est pour la grève ?
Des bras se levèrent, mais des cris
s'élevèrent ;
— Vote secret ! Vote secret !
Alors, le communiste répliqua :
- Eh bien ! à mains levées, qui
est pour le vote secret ?
Cela, n'est-ce pas, c'est une trou-
vaille ! Qui vote pour le vote secret,
c'est comme s'il votait contre la grè-
ve. Il se marque comme un oppo-
sant, comme un ennemi de la aicta-
ture communiste. Le vote à mains
levées pour décider si on votera à
bulletins, c'est la plus récente « as-
tuce » communiste, c'est la repuque
qu'ils ont imaginée pour annuler
l'idée de Doriot, si rapidement deve-
nue populaire : « Les ouvriers doi-
vent eux-mêmes décider de leur
sort. »
Les ouvriers de chez SIMCA, dé-
concertés par la nouvelle procédure,
hésitèrent. Des bras se levèrent, peu
nombreux à l'épreuve et à la contre-
épreuve.
- La grève est décidée ! trancha
le communiste.
Quand on voit comment les choses
se passent, on réalise que le pouvoir
des communistes aujourd'hui vient
- _:1.
en très grande mesure ae ce qu ub
ont pu faire élire leurs hommes
comme délégués ouvriers. C'est leur
qualité de délégués qui les habilite a
mener la « procédure » de grève.
L'exemple vivant fait sentir com-
bien le P.P.F. a eu raison de ba-
tailler pour faire élire dans les usi-
nes des délégués politiquement neu-
tres, n'importe qui, sauf des cocos.
D'autres partis nationaux n'ont pas
toujours vu aussi clair et ont sou-
vent cherché à imposer leurs hom-
mes, assurant ainsi le triomphe du
communisme.
qu'en 1927 un capitaine du 4° spahis
à Sfax, du service des renseigne-
ments indigènes lui avait dit alors :
— D'ici quelques années, les plus
graves difficultés-vont s'abattre sur
notre protectorat. »
« De quel danger s'agissait-i I
alors ?, continuait notre collabora-
teur. Du danger italien, du danger,
fasciste.
« On sait que la population euro-
péenne de Tunisie est composée pour
la moitiéd_I~Iiegs~~d<~Esaa~ca~
res de la pênrasuïe, est une proie
tentante pour Mussolini. Mais ses
entreprises avaient jusqu'alors tou-
jours rencontré un échec complet.
« Les agitateurs arabes que le fas-
cisme entretenait à grand renfort
d'argenl n'avaient pas encore réussi
à se faire écouter.
« On avait compté sans les com-
munistes qui prirent la Tunisie pour
terrain de manœuvre. D'un seul coup
le fascisme italien trouvait des alliés
qui allaient lui mâcher la besogne.
« Destour, Néo-Destour, limogeage
de Peyrouton qui avait vu clair, agi-
tation permanente savamment entre-
tenue. Moscou chauffait la tempéra-,
ture de la Régence.
« L'Italie, qui fut l'instigatrice nu
Destour, n'avait .plus qu'à regarder
faire, attendre et voir la suite des
événements, c'est ce qu'elle .fait 3C-.
tuellement, attendant en toute tran-
quillité le jour où pour protéger ses
nationaux, elle enverra un corps ex-
péditionnaire débarquer à Tunis,
corps qui ne réembarquera plus.
« Viennent les élections du Front
Populaire, l'audace des agitateurs ne
connaît plus de bornes. L.mcapauu;
Guillon leur fait toutes les conces-
sions et se refuse à prendre les me-
sures énergiques qui s'imposent. Il
donne carte blanche aux communis-
tes.
« Les émeutes se succèdent aux
émeutes. Celle de Metlaoui affole le
Gouvernement. La troupe tire. Qua-
torze morts, tous musulmans.
« Où étaient-ils alors tous les
agents des Soviets : les Bouzanquet,
les Moati, les Zana, les Bourguiba.
- '- -"
les Cohen-Hadria et tous les cneis
destouriens ? En train de siroter un
apéritif au Palmarium ou au Café
de France à Tunis probablement
« Et les massacres se sont renou-
velés. Aujourd'hui on compte vingt-
cinq tués, tous travailleurs musul-
imans. »
A ce bilan déjà lourd, nous de-
vons ajouter les dix-sept morts de
Bizerte, les 12 morts des dernières
émeutes de Tunis, sans compter une
dizaine de tués dans diverses petites
bagarres, comme u en eciaie 1-11"-
quotidiennement sur le territoire de
la Régence.
Et notre collaborateur concluait"
ainsi :
« Par la grâce de Moscou, la Tu-
nisie est -en état d'émeute latente.
Fidèles à leurs principes, comme a
HEBDOMADAIRE DE LA FEDERATION D'OR AN DU PARTI POPULAIRE FRANÇAIS. - Président: Jacques DORIOT
DEUXIEME ANNEE. — N° 49
Prix du Numéro :
0,50
Rédaction - Administration - Publicité : 15, boulevard Hippolyte Giraud - ORAN. - Téléphone 210-45
Prix du Numéro :
0,50
SAMEDI 16 AVRIL 1938.
Les marxistes ne sont plus seuls
dans la rue et dans les usines.
.DEVANT EUX
ILS TROUVENT LES FRANÇAIS
du P.P.F.
par Gaston VIDAL
Secrétaire fédéral,
Membre du Conseil national.
D
epuis bientôt un mois, les
communistes tentent de dé-
clencher une grève générale.
II est évident que l'insuc-
cès de la politique du Front Popu-
laire leur est pénible, leur désir se-
rait de réussir par l'agitation sociale
et même au besoin par l'agitation
dans la rue, ce qu'ils n'ont pu réussir
par le truchement des cabinets Blum,
c'est-à-dire la soviétisation de notre
Pays.
En maintes usines de France, les
ouvriers ont refusé de suivre le mot
d'ordre du Parti communiste. Cepen-
dant, les agents de Staline conti-
nuent leurs efforts. Ils pensent qu'ils
pourront à la longue entraîner une
fois de plus les ouvriers français.
Il faut reconnaître que les hommes
de Moscou ont le mérite d'être per-
sévérants.
Etant avertis du danger, nous se-
rions inexcusables de ne pas y parer.
Chacun connaît la position du
Parti en matière de grèves. Le P.P.
F. soutiendra toujours une grève
ayant pour but de défendre les inté-
rêts corporatifs des ouvriers lorsque
tous les moyens de conciliation ayant
été épuisés, les ouvriers n'auront pu
obtenir satisfaction à l'occasion de
justes et légitimes réclamations..
Si cela est nécessaire, nos Sections
d'lm-F-- 'i
rent la grève contre les mauvais pa-
trons, mais notre Parti fera toujours
barrage aux grèves politiques qui ne
rapportent rien à l'ouvrier et servent
uniquement les intérêts de Staline et
de ses laquais dans notre Pays.
Le mouvement que les communis-
tes s'efforcent de déclencher à l heu-
re actuelle, présente bien les carac-
tères d'une grève politique qu'il est
de notre devoir de combattre. Dès
maintenant, par conséquent, la résis-
tance doit être organisée pour le cas
où le mouvement s'étendrait au dé-
partement d'Oran.
Nos amis des Sections d'Entrepri-
ses doivent se dresser face à la cel-
lule communiste, grouper autour
d'eux tous les ouvriers qui ne veu-
lent pas s'engager dans un mouve-
ment gréviste n'ayant point pour but
la défense d'intérêts corporatifs.
Notre Parti soutiendra jusqu'au
bout leur action.
Partout où les communistes sen-
tent de la résistance, ils lâchent pied.
Il n'est pas de points du départe-
ment où cette résistance ne doive se
manifester. Les bons ouvriers se rap-
procheront de nos camarades des
Sections d'Entreprises et nous espé-
rons que l'aide des Pouvoirs publics
ne nous manquera pas pour faire
respecter la liberté du travail.
Le Chef a dit qu'à l'avenir, les
marxistes ne devaient pas être seuls
dans la rue et dans les usines. C'est
une consigne donnée au Parti. Les
P.P.F. d'Oran auront à cœur de
l'exécuter ; ils suivront les directives
du Chef en empêchant toute agita-
tion sociale à caractère politique,
PO. rê'ÃPIUs-gr-&liuS
profit des ennemis de notre Pays.
- T'8o__¿.:..:In..w'v,onf
Nos camarades du rarn OUI"
être vigilants, surveiller de manière
constante les faits et gestes de l'ad-
versaire. Dans la lutte pour sauver
le Pays, pas un P.P.F. ne doit man-
quer à l'appel.
Aux Camarades
DES SECTIONS D'ENTREPRISES
Quand vous avez adhéré au Parti
populaire Français, vous avez fait,
ce jour-là, le serment de sauver la
France. Quand, venus de tous les
points de l'horizon politique vous
vous êtes engagés dans les rangs du
parti de Jacques Doriot une seule
pensée vous guidait : écarter de
votre patrie le danger marxiste, et
chasser de son sol les métèques et
les agents de Staline qui ont pour
mission, en France comme en Algé-
rie, de déclencher la révolution
communiste.
Aujourd'hui comme mer, VU","
êtes résolus à faire face au marxis-
me, parce qu'aujourd'hui, comme
hier, le danger est toujours là, tou-
jours aussi, menaçant. Y::"-,..-I- .,1'10-
Après deux années ae nu»..
pulaire, après l'irrémédiable faillite
d'une expérience qui devait faire
la France plus forte et plus heu-
reuse, les communistes restent en-
core un grave danger. Comme ils
ont toujours esquivé, malgré leurs
appels hypocrites, les responsabili-
tés du pouvoir ils essayent encore
"1 1_,.. "1'1-
de proclamer devant la ciassc vu-
vrière l'efficacité de leurs doctrine,
de leur propagande. Ils demeurent
encore une grave menace pour la
France et pour l'Empire parce qu'il
y a encore trop d'ouvriers, trop de
travailleurs qui sont trompés par
les démagogues professionnels de
Moscou. _","0,[0"
Le crâne bourré par une pL~
mensongère trop, d'ouvriers igno-
rent le sort que leur réserverait une
dictature marxiste. Pourquoi ? Par-
ce qu'avec une ténacité égalé a leur
servilité les hommes de Moscou ont
peu à peu - avec des moyens ina-
voues mais connus et avec des com-
plicités criminelles — mis la main
sur d'innombrables rouages du
mouvement ouvrier.
Noyautant toutes les organisa-
tions leur virus s'est infiltré par-
tout. Prenant ici la figure d'honnêtes
gens là se montrant menaçants,
pratiquant ailleurs le chantage, les
communistes œuvrent continuelle-
ment dans le but de s'emparer des
leviers de commande leur permet-
tant de manœuvrer la classe ou-
vrière.
Ils ont pu ainsi s'emparer après
de longs et patients efforts de pres-
que tous les postes de la C.G.T. Le
résultat de cette main mise sur les
syndicats apparaît clairement. A
chaque tournant politique impor-
tant les communistes se servent de
la C.G.T. pour leurs propres be-
soins. Prévoient-ils une crise minis-
térielle .grave ? Veulent-us mnuen-
cer le gouvernement en vue d'obte-
nir pour le petit père Staline un
avantage diplomatique quelconque?
Vite le parti communiste ordonne
à la C.G.T. de déclencher des grè-
ves.
Les ouvriers marchent trop sou-
vent hélas parce que le syndicat
l'ordonne et parce qu'ils ne con-
naissent pas les causes exactes du
mouvement.
Mais il y a cependant du nouveau
en France. Les sections d'entreprise
du Parti Populaire Français se for-
'111 --
ment un peu partout; la ou euelS
étaient formées elles grandissent en
nombre .et en influence et mainte-
nant les communistes reculent par-
fois devant le barrage que les hom-
mes de Doriot leur opposent. ,.-
(Lire la suite en 3» page)
LE MOINDRE
MIL -
On attend M. Daladier à l'œuvre,
mais on ne peut s'empêcher d'être
assez sceptique quant aux résultats.
En effet ce n'est ni lui, ni son équi-
pe qui referont la France.
Si M. Daladier avait eu vraiment
l'intention de présenter un gouver-
nement fort, il n'aurait pas embar-
qué dans son équipe M. Chautemps,
dont la diplomatie tortueuse rap-
pelle trop qu'il est Sublime Prince
du Royal Secret. Il n'aurait pas
placé au ministère de l'Intérieur,
un des postes les plus importants à
l'heure actuelle, M. Sarraut, dont il
serait trop long de rappeler la né-
faste action. Selon le mot de Léon
Daudet, M. Sarraut a le mauvais
œil, son admission au sein du mi-
nistère, dit de force, est synonyme
de catastrophe.
Au moment où la France doit
porter la plus grande attention à
son Empire, on ne place pas aux
Colonies un Mandel, plus connu
pour ses fichiers, ses tables d'écoute
et ses cabinets noirs, que pour ses
compétences coloniales. Avec M.
Sarraut il s'est révélé un ardent dé-
fenseur du projet Blum-Viollette et
cela suffit à classer un homme.
Passer en revue ainsi tous les
hommes du nouveau cabinet serait
fastidieux, on doit toutefois noter
que M. Daladier a fait appel aux
lumières du russophile Patenotre ce
qui laisse mal augurer de l'avenir.
En votant pour le cabinet, les so-
cialistes et les communistes ont
voulu rendre M. Daladier, qu'ils dé-
testent, prisonnier de leurs votes.
Nous craignons qu'il soit difficile,
pour ne pas dire impossible, au
---" - -
chez lui et chez ses collaborateurs
s'y oppose : leur passé, leur pro-
miscuité, toutes les petites cuisines
de politicaillerie de couloirs aux-
quelles depuis des années et des
années ils participent.
Ce qu'il aurait fallu au pays c'est
un gouvernement de salut pumio
extra-parlementaire, nous ne l'a-
vons pas encore, contentons-nous
de M. Daladier et de son équipe de
politiciens usés, ils représentent un
moindre mal.
La seule reconnaissance que nous
devions au député d'Orange est de
nous avoir débarrassé du cauche-
mar Blumesque, quoiqu'ayant eu l'in-
tention de réserver au prophète
S.F.I.O. les Affaires Etrangères (un
comble !), et d'avoir commencé à
mettre fin à l'agitation révolution-
naire dans les usines.
On attend M. Daladier à l'œuvre.
Soit, et que ses actes viennent dé-
mentir notre sceptisme. C'est ce
que nous pouvons espérer de mieux.
NIALA.
Pour les
abonnements
à « La Liberté »
Rappelons à nos camarades
que « La Liberté » vient d'ins-
tituer des abonnements à :
10 Ir. par mois
Nous demandons à tous nos
amis des sections de l'intérieur
et des sous-sections de quartier
de faire un grand effort pour
réunir le maximum d'abonne-
ments d'un an, de six mois ou
de trois mois à notre grand quo-
tidien, payables par mensualités
de 10 francs.
Personne ne peut refuser ae
payer mensuellement une som-
me aussi minime.
« La Liberté » n'est pas riche.
.1 Elle ne peut vivre que si nous
l'aidons. Camarades P.P.F., en
avant pour « La Liberté ». -
LES ÉVÈNEMENTS D' 1 - d'At' el -,
SANGLANTS DE TUNISIE Dh le mois d'août dernier,
nous avions prévu ',
ce qui devait se passer
en Tunisie
NOUS AVIONS, HËLAS, RAISON !
Les premières victimes des folies criminelles du Front populaire
,
ont été les musulmans
LES SOCIALO-COMMUNISTES ONT
FAIT LE JEU DU FASCISME ITALIEN
Comme on voudrait parfois ne pas
avoir raison, avec quelle joie s'en-
tendrait-on dire souvent : — Vos
prédictions ne se sont pas réali-
sées ». Hélas ! depuis bientôt deux
ans, toutes les prédictions du P.P.F.
se sont réalisées, nous serions ce-
pendant tous bien heureux de nous
être trompés, car nous prophétisions
des malheurs pour notre Pays et
pour notre Empire.
La folle et criminelle politique du
Front Populaire a continué son
Lrain. La faillite de la France sera
peut-être évitée, mais au prix des
lourds sacrifices que devront subir
tous les Français.
Dans l'Empire, les événements tra-
giques et sanglants de Tunisie con-
firment ce que nous avions prédit
des le mois d'août 1937.
En effet, le 14 août, dans le nu-
méro 15 de l'« Oranie Populaire »,
nous publiions en première page, un
article intitulé :
ALGERIENS MUSULMANS LES
EVENEMENTS DE TUNISIE VOUS
PARLENT, SACHEZ LES COM-
PRENDRE. NE TOLEREZ PLUS
QU'ICI COMME LA-BAS LES COM-
MUNISTES FASSENT LE JEU DU
FASCISME ITALIEN OU ALLE-
MAND.
Notre collaborateur, Jean Monde-
vert, qui connaît particulièrement
bien ]a Tunisie pour y avoir séjour-
né de longs mois et l'avoir visitée du
Nord jusqu'à l'extrême Sud, relatait
NOTRE COLLABORATEUR
ET AMI
SAUGEZ
est lâchement
attaqué
Nos lecteurs ont pu lire dans
la presse quotidienne le récit
du lâche attentat dont a été vic-
time à Mascara notre collabo-
rateur et ami Saugez.
Ne connaissant pas encore
les résultats de l'enquête nous
nous garderons de tout com-
mentaire qui pourrait nuire à
sa bonne marche.
Constatons simplement que
notre ami Saugez mène une
lutte vaillante dans « L Oranie
Populaire » et dans « Oran-
Matin » contre la municipalité
rouge de Mascara et son cyni-
que chef Muselli, soi-disant
père-des-pauvres. - -
- La semaine dernière encore
le camarade Saugez révélait les
honteuses façons d'agir de Mu-
selli. La semaine prochaine nos
lecteurs auront encore quel-
ques précisions sur les actes de
cet édile.
La courageuse bataille que
Saugez livre aux individus
malfaisants qui occupent 1 Hô-
tel de Ville de Mascara lui a
valu leur haine tenace.
Il y a quelques semaines un
conseiller municipal n'avait
pas hésité à l'attaquer dans les
couloirs mêmes de la mairie.
Cette fois-ci, sans qu on plus-
se discerner le mobile de cette
agression, Saugez a failli être
tué.
On ne peut s'empêcher de
faire un rapprochement entre
ces deux attentats.
Muselli et ses complices se
seraient-ils décidés à employer
les méthodes des gangs améri-
cains ? Nous n'osons pas le
croire.
croire. Pierre ERBREE.
comment
LES COMMUNISTES
S'Y PRENNENT
pour déclencher les grèves
par BERTRAND DE JOUVENEL
Les communistes s'entendent ad-I
mirablement à propager la grève.
J'ai vu comment ils ont procédé,
pour faire débrayer chez SIMCA.
L'usine est à Nanterre. Allant a
Saint-Germain, on la trouve sur sa
droite, toute neuve, étincelante. L'en-
trée est dans une petite rue perpen-
diculaire à la route. En face de la
porte, il y a un terrain vague qui
s'élève en tertre. Là-dessus monta,
vers les quatre heures et aeiiu, uu
jeune type à lunettes, un communis-
te, nommé Métivier. A peine cent
cinquante ouvriers l'entouraient :
hommes lockoutés », mis à pied par
manque de travail. Métivier leur
------ ~,&
tint un long discours, promue
à mi-voix, car il se réservait. Res-
taient à l'intérieur les ouvriers que
la direction continuait d'employer.
Un peu après cinq heures, on en-
tendit à l'intérieur des discussions
violentes. Les délégués communistes
avaient rassemblé les ouvriers dans
la cour et leur proposaient la grève
de solidarité.
- Il ne s'agit pas de politique,
disaient-ils, mais de faire réintégrer
nos camarades ! -
Les ouvriers se montraient froids,
non qu'ils soient indifférents, mais
parce qu'ils savent que la réintégra-
tion dépend de la cessation de la
grève aux radiateurs Chausson et
aux freins Lockheed. Cependant, au-
tour de Métivier, sur le tertre, les
cent cinquante auditeurs, eu ,!u""-
ques minutes, devenaient deux mille.
Qui étaient les nouveaux arrivés ?
Il y avait là beaucoup ae ngun-a
inconnues à Nanterre. 'Soudain, de
l'intérieur, on ouvrit les portes, et
la foule de l'extérieur se précipita
dans l'usine, alors que les ouvriers
restés à l'intérieur, craignant que
tout cela ne finit par une occupation,
poussaient vers la sortie, avant tout
désireux de passer la nuit chez eux.
Dans ce brouhaha et dans ce dé-
sordre, les délégués communistes s'é-
crièrent :
—r Qui est pour la grève ?
Des bras se levèrent, mais des cris
s'élevèrent ;
— Vote secret ! Vote secret !
Alors, le communiste répliqua :
- Eh bien ! à mains levées, qui
est pour le vote secret ?
Cela, n'est-ce pas, c'est une trou-
vaille ! Qui vote pour le vote secret,
c'est comme s'il votait contre la grè-
ve. Il se marque comme un oppo-
sant, comme un ennemi de la aicta-
ture communiste. Le vote à mains
levées pour décider si on votera à
bulletins, c'est la plus récente « as-
tuce » communiste, c'est la repuque
qu'ils ont imaginée pour annuler
l'idée de Doriot, si rapidement deve-
nue populaire : « Les ouvriers doi-
vent eux-mêmes décider de leur
sort. »
Les ouvriers de chez SIMCA, dé-
concertés par la nouvelle procédure,
hésitèrent. Des bras se levèrent, peu
nombreux à l'épreuve et à la contre-
épreuve.
- La grève est décidée ! trancha
le communiste.
Quand on voit comment les choses
se passent, on réalise que le pouvoir
des communistes aujourd'hui vient
- _:1.
en très grande mesure ae ce qu ub
ont pu faire élire leurs hommes
comme délégués ouvriers. C'est leur
qualité de délégués qui les habilite a
mener la « procédure » de grève.
L'exemple vivant fait sentir com-
bien le P.P.F. a eu raison de ba-
tailler pour faire élire dans les usi-
nes des délégués politiquement neu-
tres, n'importe qui, sauf des cocos.
D'autres partis nationaux n'ont pas
toujours vu aussi clair et ont sou-
vent cherché à imposer leurs hom-
mes, assurant ainsi le triomphe du
communisme.
qu'en 1927 un capitaine du 4° spahis
à Sfax, du service des renseigne-
ments indigènes lui avait dit alors :
— D'ici quelques années, les plus
graves difficultés-vont s'abattre sur
notre protectorat. »
« De quel danger s'agissait-i I
alors ?, continuait notre collabora-
teur. Du danger italien, du danger,
fasciste.
« On sait que la population euro-
péenne de Tunisie est composée pour
la moitiéd_I~Iiegs~~d<~Esaa~ca~
res de la pênrasuïe, est une proie
tentante pour Mussolini. Mais ses
entreprises avaient jusqu'alors tou-
jours rencontré un échec complet.
« Les agitateurs arabes que le fas-
cisme entretenait à grand renfort
d'argenl n'avaient pas encore réussi
à se faire écouter.
« On avait compté sans les com-
munistes qui prirent la Tunisie pour
terrain de manœuvre. D'un seul coup
le fascisme italien trouvait des alliés
qui allaient lui mâcher la besogne.
« Destour, Néo-Destour, limogeage
de Peyrouton qui avait vu clair, agi-
tation permanente savamment entre-
tenue. Moscou chauffait la tempéra-,
ture de la Régence.
« L'Italie, qui fut l'instigatrice nu
Destour, n'avait .plus qu'à regarder
faire, attendre et voir la suite des
événements, c'est ce qu'elle .fait 3C-.
tuellement, attendant en toute tran-
quillité le jour où pour protéger ses
nationaux, elle enverra un corps ex-
péditionnaire débarquer à Tunis,
corps qui ne réembarquera plus.
« Viennent les élections du Front
Populaire, l'audace des agitateurs ne
connaît plus de bornes. L.mcapauu;
Guillon leur fait toutes les conces-
sions et se refuse à prendre les me-
sures énergiques qui s'imposent. Il
donne carte blanche aux communis-
tes.
« Les émeutes se succèdent aux
émeutes. Celle de Metlaoui affole le
Gouvernement. La troupe tire. Qua-
torze morts, tous musulmans.
« Où étaient-ils alors tous les
agents des Soviets : les Bouzanquet,
les Moati, les Zana, les Bourguiba.
- '- -"
les Cohen-Hadria et tous les cneis
destouriens ? En train de siroter un
apéritif au Palmarium ou au Café
de France à Tunis probablement
« Et les massacres se sont renou-
velés. Aujourd'hui on compte vingt-
cinq tués, tous travailleurs musul-
imans. »
A ce bilan déjà lourd, nous de-
vons ajouter les dix-sept morts de
Bizerte, les 12 morts des dernières
émeutes de Tunis, sans compter une
dizaine de tués dans diverses petites
bagarres, comme u en eciaie 1-11"-
quotidiennement sur le territoire de
la Régence.
Et notre collaborateur concluait"
ainsi :
« Par la grâce de Moscou, la Tu-
nisie est -en état d'émeute latente.
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