Titre : Le Petit journal
Auteur : Parti social français. Auteur du texte
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Éditeur : [s.n.][s.n.] (Clermont-Ferrand)
Éditeur : [s.n.][s.n.] (Pau)
Date d'édition : 1919-07-25
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 25 juillet 1919 25 juillet 1919
Description : 1919/07/25 (Numéro 20664). 1919/07/25 (Numéro 20664).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
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Description : Collection numérique : Commun Patrimoine:... Collection numérique : Commun Patrimoine: bibliothèque numérique du réseau des médiathèques de Plaine Commune
Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k622346t
Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 14/11/2008
mb iémmMb—■■
l'ondre du jour pur et' simple repousse
par le gouvernement.
Second vote : l'ordre du Jour Le Cherpy,
Bérard, Cuttoli est adopté par -304 voix
contre 134, sur 438 votants, c'est-à-dire à
170 voix de majorité.
Contre l'invasion
des produits allemands
Interrompant .le débat financier' qu'elle
. avait commencé la veille, la Chambre avait
consacré sa séance du matin à la dis
cussion de l'interpellation d'un socialiste,
M. Claussat, « sur les mesures que le gou
vernement compte prendre pour protéger
^'industrie française contre l'envahisse
ment des produits manufacturés alle
mands et, en même temps, pour éviter à
la classe ouvrière française un chômage
dont les conséquences sont à redouter par
ces temps de vie chère. »
Après des déclarations de M. Clémentel,
ministre du Commerce, le débat a été' clos
par le vote de l'ordre du jour pur et sim
ule, accepté par le gouvernement.
M. Claussat s'est plaint longuement de
l'envahissement du marché français de la
coutellerie — il est représentant de Thiers
— par les importations frauduleuses de
marchandises allemandes.
M. Clémente! répond
M. Clémente!, ministre du Commerce, ne
méconnaît pas la gravité de la situation,
mais il estime qu'il , ne faut pas la prendre
au tragique, car, en ce qui concerne la cou
tellerie allemande, il n'y a eu,, depuis l'ar
mistice, qu'un seul permis d'importer pox- ;
tant sur 300 kilogs, alors qiu'avant la guer
re l'importation était de 95.000 kilogs.
— Noue avons, ajoute-t-il, pris contre les im
portations frauduleuses les mesures nécessai
res.
En ce qui concerne l'exportation, nous avons
interdit la sortie des produits alimentaires in
dispensables. Nous allons interdire également
la sortie de certaines matières essentielles, tel
les que les cuirs.
Sans doute, le gouvernement s'était trompé;
mais tout le monde s'est trompé avec lui. On
a laissé sortir, pour améliorer le change. Mais
quant un produit tel qwe le cuir passe de
250 à 750 francs, il y a évidemment lieu pour
le gouvernement d'intervenir.
Tout en respectait la liberté des transac
tions, la gouvernement étudiera les moyens
d'empêcher les excès de la spéculation autre
ment que par des lois pénales. (Très bien 1)
M. Clémentel déclare ensuite que la crise
subie actuellement par le commerce fran
çais est passagère : elle est fonction des
prix du charbon, du fret et du change.
— Avec .,1'tmportatkni des charbons alle
mands, le prix diminuera. Demain, l'abondan
ce du fret qui se crée, la libération des trans
ports qui suivra le retour aux Etats-Unis des
soldats américains, la diminution du prix des
tôles, amènera une baisse sensible dans le
prix du fret.
Quant à la question du change, nos alliés
nous demandent de ies aider à nous donner
sur ce point le secours qu'ils veulent nous ap
porter.
11 n'est pas possible qu'on n'arrive pas à des
solutions, autrement ce serait une catastrophe
pour l'Europe et pour l'Amérique elle-même
qui, sur son monceau d'or gagné pendant la
guerre, ne trouverait pas la prospérité. (Très
bien !)
En terminant, le ministre affirme la né
cessité d'uniformiser, par la conclusion
d'accords internationaux, la législation du
travail, "et de réaliser, à" l'intérieur du
•pays, l'union des patrons et des ouvriers.
■ Le débat est clos et l'on adopte à mains
levées l'ordre du jour pur et simple, avec
Signification de confiance dans le gouver
nement.
Séance aujourd'hui, matin et soir.
Des phosphates agricoles
à la question du tonnage
M. Brager de La Ville-Moysan, sénateur
d'IHe-et-Vilaine, a développé, hier, au Sé
nat, son interpellation sur le transport
d'Algérie en France des phosphates né
cessaires aux ensemencements d'automne.
• >M. de La Ville-Moysan dit que, pendant
lcj guerre, notre sol si riche a manqué
- d'engrais.
— 11 faut, dit l'orateur, un remède pratique.
11 faut même augmenter la production d'a-
vant-guarre. C'est presque uniquement de l'Al
gérie et de la Tunisie qu'on peut tirer les
phosphates dont nous avons besoin.
Aux termes des conventions intervenues,
nous- ne pouvons en espérer pour nous que
700.000 tonnes, mais les bateaux nous man
quent.
M. Pierre Dupuy, commissaire à la ma
rine marchande, réponu que le tonnage est
inférieur de moitié au ni cessaire. La flotte
d'f'tat qui transporte les phosphates s'est
trouvée employée à d'autres besoins aussi
pressants.
M. Claveille
M. Claveille, ministre des Travaux pu
blics et de la Marine marchande, constate
que la production des phosphates en Algé
rie a, par suite du manque de main-d'œu
vre, diminué de moitié au cours de la
guerre ; elle n'est plus que de 1400,000 ton
nes par ain. Il ému m ère les moyens par les
quels nous sommes assurés de transporter
cette année 70.000 tonnes de ces phospha
tes en France. Il fera le nécessaire pour
acheminer ces phosphates des ports à l'in
térieur, et ceci amène le ministre à parler
pluîs en d marahiand.
M. Claveille ajoute que 509.000 tonnes de
bateaux sont, à l'heure actuelle, comman
dées par l'Etat.
— Quant aux armateurs, ils ont fait, de
leur cOté, un effort considérable ; ils ont en
commande ferme 1.015.000 tonnes de bateaux.
Ainsi, en ajoutant à ce chiffre celui des com-
mm—» m TMimiHi g———winp imn u
fnandes de l'Etat, nous aurons 1.500.000 ton
nes environ et notre flotte marchande d'avant-
guerre sera reconstituée. Mais il faut faire
davantage et porter notre fiotle marchande à
5 millions de tonnage. Je soumettrai à cet
effet au Parlement, très prochainement, un
projet qui, s'il est voté, permettra de doubler
notre tonnage d'avant-guerre en 3 ' ans. En
vertu de ce projet, la construction du nouveau
tonnage se fera en France dans les chan
tiers nationaux dont la capacité de produc
tion sera utilisée complètement dans les trois
années prochaines. (Très bien ! Très bien !)
M. Claveille parle ensuite de la question
du débarquement des vins algériens et
étrangers et conclut en disant que les me
sures prises l'ont été non par théorie éco
nomique mais par nécessité pratique.
Interventions Successives de MM, Sar-
raut, Doumergue et Herriot et l'ordre-du
jour de M. Brajer de La Ville-Moysan, ac
cepta par le gouvernement, est adopté :
« Le Sénat, confiant dans le gouvern-ement
pour prendre les mesures nécessaires cm.
transport d'Algérie en France des phosphates
nécessaires à l'agriculture, passe à l 'orare du
jour. »
Les avances aux fonctionnaires
Le Sénat adopte ensuite le projet sur
la journée de huit heures dans la marine
marchande, puis il passe à la discussion
$u projet portant ouverture de crédits
pour une nouvelle avance de 200 francs
aux fonctionnaires. En l'absence de M.
Klotz, M. Sergent, sous-secrétaire d'Etat,
déclare que des instructions seront données
par ses soins, d'extrême urgence, et avant
la promulgation de la loi que le Sénat va
voter aux différents services intéressés
pour que les 200 francs ne soient attribués
qu'aux fonctionnaires dont le traitement
n'excède pas 8.000 francs et que la ques
tion relative aux officiers sera réglée et
recevra une solution d'équité lors du pro
chain débat sur les indemnités temporai
res de solde.
M. Milliès-Lacroix constate que le gou
vernement, sur cette question, s'est rangé
à l'avis de la commission. Il insiste pour
que les gaspillages ne se renouvellent plus.
Le projet est adopté à l'unanimité.
M. Chéron lit son rapport sup la pro
position modifiant la loi de 1915 sur la
caisse nationale des retraites. La propo
sition est adoptée. Elle fixe à 6.000 francs
le maximum de rente viagère que l'on
assurera à cette caisse.
Séance mercredi prochain.
Les futures élections
Le groupe de l'Union républicaine du
Sénat s'est réuni sous la présidence de M.
Develle. Il a exprimé, à l'unanimité, l'avis
qu'il y a lieu de procéder dans le plus bref
délai au renouvellement des pouvoirs pu
blics. Confirmant ses votes antérieurs, le
groupe a émis, en outre, l'avis, également
à l'unanimité, que les élections aient lieu
dans l'ordre suivant : élections municipa
les, élections départementales, élections lé
gislatives, élections sénatoriales.
L'AVENTURIÈRE AUX BIJOUX
Une femme, Fernande Chaumet, qui se fit
remettre plusieurs colliers en perles, l'un par
une dame Koster, l'autre par un bijoutier de
la rue de la Paix, et qui s'enfuit à Angers où
elle fut arrêtée et ramenée à Paris, a été mise
en liberté hier pour raison de santé par le
juge, M. Flabert. Les bijoux détournés repré
sentaient une valeur de 800.000 francs.
PROPOS D'AC TUALITE
Les prisons sans prisonniers
A la prison de Briançon, il n'y avait, ces
temps derniers, qu'un seul prisonnier ; il est
vrai que ce prisonnier était un prisonnier de
marque : un bandit qui terrorisait depuis des
années les Alpes savoisiennes. On l'avait ar
rêté au mois de mai et on l'avait amené à Brian
çon, où se trouve une de ces bonnes petites
prisons d'arrondissement qui n'ont qu'un seul
gardien, et souvent un ou deux prisonniers seu
lement, voire même pas de prisonniers du tout.
On est bien soigné dans ces petites prisons ;
on vit en famille ; c'est la femme du gardien
qui fait la cuisine. La bonne petite vie d'auber
ge à la campagne, quoi I
Cependant, le bandit de Briançon ne se lais-
lait pas aller à cette aimable existence de far
niente. Il rêvait de liberté. Et, un jour, comme
le gardien avait dû s'absenter quelques instants,
le laissant à la garde de son épouse, notre hom
me bouscula quelque peu madame la gardienne
et prit la clef des champs.
Si je voûs ai raconté ce petit fait divers, assez
banal en somme, c'est qu'il va remettre sur le
tapis une,question assez intéressante, à l'heure
où il s'agit de faire des économies et d'endiguer
le flot du fonctionnarisme.
Cette question est celle de la suppression des
petites prisons. Quelque temps avant la guerre,
j'eus l'occasion de causer avec un inspecteur des
services pénitentiaires! Ce distingué fonction
naire m'affirma que, sur les 350 prisons d'ar
rondissement que nous possédons, une _ bonne
moitié ne servent à rien.
« Lors de ma dernière inspection, me dit-il,
j'ai constaté que plus de 180 d'entre elles avaient
moins de dix détenus, et que 238 en avaient
moins de vingt. Dans certaines villes, on n'a
vait pas vu le moindre détenu depuis plusieurs
mois... »
Or, qu'il y ait des prisonniers ou qu'il n'y
en ait pas, il y a toujours du personnel. Si la
prison est vide, ce personnel est inutile ; si
elle est habitée, il est souvent insuffisant, com
me dans le cas de Briançon. Ne serait-il pas plus
sage de supprimer toutes ces petites prisons et
de les remplacer par de grandes maisons d'ar
rêt départementales où les prisonniers coûte
raient moins cher à nourrir et à garder et se
raient infiniment mieux surveillés ?
Mon inspecteur estimait qu'on économiserait
ainsi un bon million... Ce n'est pas gros, par
le temps qui court, mais, enfin, c'est toujours
ça...
Jean Lecoq,
,rmmm j jB p etïl
Poar rendre les ballons
invulnérables
On emploie, pour le gonflement,
un nouveau gaz : l'hélium
Le voyage du dirigeable R.-3i évoque ce
qu'aurait pu être un bombardement effec
tué par une semblable unité en pays en
nemi.
Les raids de zeppelins sur l'Angleterre,
quelque meurtriers qu'ils aient semblé,
ne sont rien à côté des résultats qu'on
pourrait obtenir aujourd'hui d'une esca
dre de grands croiseurs aériens de la classe
du Pi.-31.
Les zeppelins furent des instruments pré
cieux d'observation maritime et de bom
bardement, mais d'une vulnérabilité extrê
me, étant gonflés- à l'hydrogène, gaz émi
nemment combustible qui forme avec
l'air un mélange détonant. L'obligation
absolue de se tenir autant que possible
hors de portée des engins destinés à les
combattre rendait leur emploi tellement
aléatoire que nos ennemis parurent devoir
y renoncer.
Chose vraiment surprenante, cette fail
lite des gros dirigeables ennemis sem
ble coïncider avec la décision prise par
nos alliés d'entreprendre la construction
d'unités aériennes à grande puissance et
à grand rayon d'action.
C'est qu'entre temps, dans le plus pro-
•fond secret, des savants américains étaient
parvenu^ à la réalisation d'un problème
d'une importance incalculable : la produc
tion en grand- de l'hélium, gaz presque
aussi léger que l'hydrogène, absolument
incomburant et incombustible.
Un ballon ou un dirigeable gonflé à
l'hélium est pour ainsi dire invulnéra
ble, une balle incendiaire le traverse sans
faire autre chose qu'un petit trou, elle ne
saurait même mettre le fèu à l'enveloppe,
car l'hélium, en sortant par la perforation
éteindrait ce commencement d'incendie
comme l'acide carbonique souffle une bou
gie. Un obus traversant de plein fouet le
dirigeable n'entraînerait que la perte du
gaz contenu dans un cloisonnement. En
fin, les incendies dus aux décharges élec
triques de l'atmosphère, danger redoutable
pour les gros ballons, sont, avec l'hélium,
totalement écartés. On se rend compte de
l'effet de stupeur qu'aurait produit sur
nos ennemis un'bombardement par me
escadre de croiseurs aériens invulnérables
aussi puissants que le 7?.-34 et gonflés à
l'hélium. (Actuellement,, le R.-3i est gon
flé à l'hydrogène, étant donné les condi
tions spéciales de son emploi actuel.)
L'hélium dans les ballons d'observation
ou saucisses, rendant leur destruction par
l'ennemi à peu près impossible, nous au
rait assuré un avantage tel qu'il rurait
pu être décisif.
Ce gaz si curieux existe à l'état de tra
ces dahs l'atmosphère qui en contient quel
ques millionièmes seulement. Il f.st ex
trêmement léger, à peine deux fois plus
lourd çue l'hydrogène, et non seulement
incombustible, mais encore incapable de
se combiner à aucun corps connu.
Son emploi pour le gonflement des bal
lons a été envisagé pendant la guerre par
les principaux belligérants, mais sa pro
duction industrielle par grosses quantités
n'a pu être réalisée jusqu'ici qu'en Amé
rique, vers le milieu de l'année dernière,
en traitant par le froid certains gaz na
turels du Texas qui en contiennent près de
1 pour cent. Au moment de l'armistice,
de grosses quantités étaient déjà disponi
bles et prête à être expédiées en Europe.
Le prix de ce gaz aux propriétés si sur
prenantes à bien des égards est ainsi des
cendu de quelques centaines de mille
francs à quelques dizaines de francs le
mètre cube.
En France, la présence de l'hélium a été
signalée dans certaines sources de la Côte-
d'Or notamment, ce qui nous permet d'es
pérer que peut-être nous pourrons trouver
dans notre sous-sol ce gaz si précieux, en
quantités suffisantes pour être exploitées.
M. Lamy-Torsïîhon,
ingénieur 1. N. A.
LA REPARATION
des dommages de guerre
Une loi, aussi étudiée soit-elle, ne peut pas
prévoir tous les cas qui peuvent se présenter
Le législateur pose des principes généraux •
aux tribunaux d'en faire l'application dans
chaque espèce. 11 en est ainsi de la loi du
17 avril 1919 sur les dommages de guerre.
Lisez l'article 2,paragraphe l flr . Votre attention
est immédiatement arrêtée par les premiers
mots : « Les dommages certains, matériels et
directs ouvrent droit à ia réparation. » Ces
trois derniers mots « certains, matériels, di
rects », ont besoin d'être commentés et à'pro
pos de chacun d'eux des problèmes se posent.
Ouvrez le volume intitulé La réparation
des dommages causés par •les faits de la
guerre, de M® Lucien Haas et M e Benjamin
•Monteux, avocats à la Cour de Paris. Vous y
trouverez l'exposé des problèmes dont il s'a
git et leurs solutions, vôtre maison a reçu Un
obus, vous obligeant à fuir, et deux hivers
sont passés sur l'immeuble, causant d'auires
dégâts. S'agit-il de dommages directs ? Des
documents, des manuscrits, des plans ont dis
paru. Sont-ce des objets matériels appelant le
droit à la réparation ? Ces questions et d'au
tres encore sont traitées dans le livre dont
nous venons de parier et qu'on peut se procu
rer 19, rue Cadet.
(Envoi franco recommandé contre fr. 4,85
en mandat-poste au nom de l'Administrateur
délégué du « Petit Journal ».)
fm^\€rême
BcËpSS.
Journal
LES COURSES
Hier, Saint-Cloud
A son tour, l'hippodrome de Saint-Cloud
va fermer ses portes jusqu'au lundi 15 sep
tembre. Les favoris ont triomphé, «1 grande
Sartie, à cette réunion de clôture ; seul le han-
icap a donné lieu à une surprise, encore que
la victoire de Kaolin III ait été escomptée par
un très grand nombre de parieurs.
Il est regrettable que dans la dernière course
deux pouliches, La Revanche II et Esnes aient
été laissées au poteau ; quand il s'agit d'urne
distance de 1.200 mètres, c est même tout à fait
fâcheux.
PRIX DE CKESPIERES (à vendre aux enchères),
2.500 francs, 2.100 mètres. — l" Testri, à M. E.
Lauzier (A. Atkinson) ; 2" Willlcta, à M. H.' Le
Corre (M. Le Corre) ; 3 G&rdeuse, à M. E. Métivier
(F. GiU). Non placé : Jewett. Une encolure, trois,
longueurs.
PRIX DE PEPINVAST, 4.000 francs, 2.000 mètres.
— 1" Néoménie, à M. J. Prat (G. Martin) ; 2'
Joyce, à il. P. Fouca-et (Paiilassa) ; 3* Djimmy,
à M. Atklnso (-J. Doumen). Non placés : Usatovo,
DorvIUe, Georgios, CFalornls, Fréliel, PUtlheliène,
Dancing Maid, Crown Jeweel, La Billarderie. Une
demi-langueurs, six longueurs .
" PRIX DE RAMBOUILLET :à réclamer), 2.500 fr.,
800 mètres. — l»r Tic Tac, à M. Jean Stern (Sliarpe);
2* Armantine. à M. CamiUe Blanc (Mac Gee) : 3'
Helvetia. à M. A. Eknayan (Garner). Non placés :
La Perm, Fancy, Manitoba, Loretta, Mort Hom
me II. Canzonette. Encolure, 3 longueurs.
PRIX SARDANAPALE (3.000 Jr„ 900 m.). — 1 er
Ismen, à M. W.-K. Vandèrbllt (0'. ! «e.lll) ; 2* Fiesole, à
M. II. Rigaud (Jennlngs) ; 3" Brave, à M. Jean
Lieux (B. Allemand). Non placés : Proullly, Oncè
More, Conjux, Clean Swep, Massis, Castelamare,
Diane Mallory, Cape Horn, Gaspilleur, Djagas. 1/2
longueur, 1 long. 1/2. '
PRIX DE JARDY (handicap), 4.000 fr., 1.600 m. —
l"r Kaolin III, à M. C. Cousi.no (M. AUemand) ; 2*
Ariodant, au vicomte O. de Rivaud (E. Allemand) ;
3" Brumado. à M. Vanderbilt (O'Neill). Non placés :
Ctngh, Droit au But, Bachelor's Fling, Espagnolette,
■Doride II, Mille Neuf Cent Quinze, Raglan, Barbara.
1 longueur, 1 longueur 1/2.
PRIX DE SAINT-PAIR DU MONT. (3.000 francs,
1.200 mètres). — l 8r Isle of Wiglit. à M. Jean Lieux
(E. Allemand) : 2' Brisbarie, à M. James Hennessy
(J. Jennlngs) ; 3" Merylle, à M. Daniel Guestier
(R. Stokes). Non placés : Chamade. Rain Water,
L'Oranger, Œil de Roi, La. Revanche II, Esnes, Fine,
Tliessalie. Oidémia, Candio, Persia. 3/4 de longueur,
1 longueur.
RESULTATS DU PART MUTUEL
GIIEVAUX
PES.
10 ir.
PEL.I
5 fr. j
CHEVAUX
PES.
10 fr.
PEL.
5 fr.
Testri.... G
19 50
9 50
Ismen.... P
16 »
850
— .... P
15 ))
7 50
Fiesole... P
85 »
44 »
Wîllicia.. P
3 i n
17 50
Brave.... P
34 »
18 n
Néoméuie G
35 »
15 50
Kaolin IIIG
61 50
27 »
— P
17 »
8 »
— P
16 »
8 »
Joyce P
90 50
12 *
Ariodant. P
90 »
8 50
Djimmy.. P
Tic Tac.. G
21 50
12 M
Brumado. P
13 50
6 »
30 50
12 »
Isle of W. G
35 «
17 50
— .. P
14 50
7 D
— P
16 »
8 50
ArmantineP
14 50
9 50
Brisbane. P
31 «
22 50
Helvetia.. P
•27 50
16 50
Meryiie... P
67, »
30 »
jsmen.... G
35 M
10 50
Aujourd'hui vendredi, pas de courses.
Demain samedi 26 Juillet, 2 heures, courses
au trot à Vincennes. La Morlaye.
LES SPORTS
LE CONGRÈS DE L'U. S. F. S. A.
Ce matin, à 10 heures dans la salle de la
Société Française de Photographie, 51, rue de
Clichy, s'ouvrira le Congrès annuel de l'Union
des Sociétés Françaises de Sports Athlétiques,
qui doit poursuivre ses séances aujourd'hui et
demain samedi.
L'intérêt de cette assemblée composée des
représentants, des sociétés de Paris et des co
mités régionaux, réside cette année dans l'exa
men, la discussion et le vote de la transforma
tion à faire subir à l'Union.
Le Congrès se trouvera en présence de trois
propositions :
1° Le statu quo ;
2° La Fédération par sport et la transforma
tion de l'Onion en une Union des Fédérations
Françaises de Sports Athlétiques, issues de
sa transformation ;
3° L'autonomie des différents sports au sein
de l'Union.
Souhaitons que l'assemblée se mette d'occord
sur le projet de la Fédération par Sport, seul
susceptible de donner à l'idee sportive en
Ftraiïce~S5h complet développement.
LE TOUR DE FRANCE CYCLISTE
Les concurrents du Tour de France sont partis
hier soir de Metz pour effectuer l'étape Metz-Dun-
kerque, au nombre de onze. Le départ a été donné,
place Saint-Louis, à 22 heures.
LE XXII' CONCOURS NATIONAL DE TIR
Organisé du 18 juillet au 4 août, à Maisons-Laffitte
Le Président de la République a bien voulu ac
cepter de présider le banquet annuel de l'U.S.T.F.
qui aura lieu le vendredi 1" août. Le dimanche 3
août, Teille de la clôture du Concours National de
TU-, aura lieu le Concours d'Honneur du ministre
do la Guerre. Ce même jour les challenges seront
remis aux gagnants des principales épreuves.
Voici les résultats des matches tnterailliés dispu
tés mardi :
Fusil à 200 mètres. — 1. France : 2.365 points ;
S. Etats-Unis : 2.310 p. ; 3. Belgique : 1.925 p.
Pistolet, à 50 mètres. — L France : 2.377 points ;
2. Etats-Unis : 2.220 p. L'équipe incomplète de la
Grèce n'a pu terminer ses tirs.
Les équipes françaises étalent composées :
Fu0il : Colas, 485 pointa ; Perey. 480 o. • l'nrcnen-
tier, 472 p. ; Johnson. «66 p. ; Parodie, 462 p.
Pistolet : capitaine de Castelbajac, qui remporte
le titre de champion du monde avec 482 points ;
viennent ensuite Johnson, 490 p. ; Pecchia, 479 p. ,•
Tétart, 470 p. ; Desart, 446 p.
Le plus haut point au fusil a été de 491, fait par
le colonel Robert Sears, de l'équipe américaine.
mai » «m —
Les illuminations dos façades des
GRANDS MAGASINS DU LOUVRE, qui
obtiennent un si grand succès, ont été
exécutées par les Etablissem" JACOPOZZI,
44, rue de Bondy, qui ont en outre orga
nisé le Grand CORTEGE LUMINEUX
qui a défilé le 14 Juillet, du Grand Palais
au Cihâtelet.
Toutes les applications de l'Electricité
Industrielle (force motrice et éclairage) ou
Décorative, sont la spécialité dé cette
Maison.,
Souscriptions à l'emprunt 1917
I.e ministère des Finances communique
la note suivante :
Les souscripteurs à l'emprunt 4 % (l'917)
ont le plus grand intérêt à échanger dès
maintenant leurs certificats provisoires
contre des titres définitifs.
Ils auront à en effectuer le dépôt, soit au
Service des Emissions (Pavillon de Flore)
ou chez le percepteur de leur arrondisse
ment, soit enfin dans une banque ou so
ciété de crédit.
Il est rappelé qu'à partir du 10 septembre
prochain ces certificats seront entièrement
démunis de coupons.
CONTES du PETIT JOURNAL
LES BRELOQUES
Devant la hauts glace d'une psyché qui
reflétait sa flatteuse silhouette cambrée
dans une superchic redingote ardoise,Féli
cien Pamoizel, l'irrésistible Pamoizel, le*ro-
mancier à la mode, dont le Parfum des Né
nuphars, Cœur de Cigogne, Vierge et
Grand'Mère ! — pour ne citer que ceux-
là, — ont fait le succès et consacré la ré
putation, fignolait attentivement _ le drapé
d'une cravate savamment choisie, quand
sa femme entra en coup de vent : « Voi
là quatre heures qui sonnent, votre confé
rence est pour la demie, et vous êtes en
core là à vous bichonner ! Oubîiéz-vous
que vous avez 48 ans, bellâtre ? »
Tumultueuse et véhémente, la dame_ se
campait sous un faisceau de plumes qui la
rendait semblable à quelque cheval de cir
que empanaché.
« Hélas, soupira Pamoizel, vous êtes là
pour me le rappeler! » — « Ah, elles peu
vent vous encenser les Belles Madames qui
gloussent peur vous donner du « cher maî
tre » à tire-larigot !... Si, comme moi, de
puis vingt ans, elles savaient le peu que
vous valez!... Quel désenchantement !...
Rengorgez-vous, allez. Faites le paon, vous
êtes un joli coco! Et quand je dis coco, —
poursuivait Mme Pamoizel en examinant
les précieuses et scintillantes breloques at
tachées à un chronomètre que son mari pre
nait sur la cheminée — c'est cocotte que
je devrais dire, tant vous en avez les goûts
prétentieux et vulgaires !... Vous, un hom
me de lettres, vous porteriez, s'il était "de
mode, des pendants aux oreilles et un an
neau dans le nez! Merci, vous ne vous re
fusez rien!... Voilà un rubis cabochon qui
vaut 1.800 francs comme un sou... Vous
n'avez pas honte d'étaler toute cette quin
caillerie sur votre gros ventre de Boud
dha? Quant à ce bijou, tout autre que vous
aurait eu la pensée délicate de l'offrir à
sa femme. Mais vous... Vous! Vous ne son
gez qu'à vous ! Tenez, vous êtes écœu
rant !
IW
Après une formidable tempête de bravos,
dans un tumulte de chaises remuées, parmi
le bruissement des étoffes et le brouhaha
des voix papoteuses, la conférence de Féli
cien Pamoizel prenait fin. Il y avait des
effusions, des exclamations, des petits cris
pâmés, des extases...
Comme à la sacristie, quelque jour de
grand mariage, le chœur des félicitants of-
ficiait^autour du Grand Homme qui, épa
noui, semblait boire avec ivresse l'extrava
gant nectar des compliments les plus dithy
rambiques . Le beau Pamoizel serrait des
mains, en baisait d'autres, blanches, parfu
mées et fines qui,frémissantes,se tendaient
vers lui... — « Ce que Sidonie doit écu-
mer ! — pensait le triomphateur, en multi
pliant les sourires et les courbettes. — Ah !
je suis un Bouddha entripaillé!... Mais ja
mais, au contraire, je ne me suis senti si
jeune, si fringant, aussi fêté... Cristi, voilà
une petite femme qui est bigrement jo
lie... »
Devant lui, svelte, vaporeuse et blonde,
venait de surgir une délicieuse créature
qui, en un français cocasse, gazotnlla :
« Aôh, cher très grand Maître... Vô avez
été si very impressionnante pour moâ!...
If you please, donnez le signature de vô
sur cet' livre. I am one fervente admiré-
trice!... » — Et, en même temps qu'un
stylographe d'or, la miss lui fourrait sous
le nez un exemplaire du Parfum des Né
nuphars...
Galamment, il s'exécutait. Elle se tenait
toute droite contre lui, étrangement trou
blante... D'une voix suave, elle mu.rmura :
<( Thànk you », puis, coquette, esquissant
un baiser du bout de ses doigts gantés, elle
ajouta : ii Remember! » Cédant la place au
flot toujours grossissant des admiratrices,
elle disparut-
Dans l'auto qui les ramenait au domi
cile conjugal, Pamoizel se remémorait vo
luptueusement les moindres détails de cette
heure de gloire... Parmi des nuages d'en
cens, le blond visage de l'étrangère lui sou
riait avec insistance : — « Etait-elle assez
gentille !... Remember ! Souvenez-vous!...
Voyez-vous ça ! Eh, eh, voilà un bonbon
anglais que je croquerai volontiers. Encore
une que j'ai troublée, séduite... Encore
une !... Chargé de condescendante fatuité,
son regard tomba sur Sidonie, rogue, dans
l'ombre. La voiture stoppa. D'un geste cou-
tumier, la main de Félicien alla à son gil-
let... 11 eut un éblouissement... Une sueur
froide mouillait ses tempes. Montre, chaî
ne, breloques, avaient disparu !... Ou,
quand, comment ?... Parbleu, l'Anglaise,
« Remember !!! » Il eut un cri : « Ah,
h rosse ! » et il s'affala sur les coussins
de la voiture pendant que Mme Pamoizel,
trop longtemps contenue, hurlait, frénéti
que comme un caraïbe' convié à un festin
d'anthropophages : — « C'est bien fait !...
Depuis, Félicien a renoncé au dangereux
plaisir des conférences. Il met actuellement
la dernière main à un nouveau livre :
L'Ange du Foyer. C'est sans aucun doute
à sa femme qu'il le dédie,
Charles Etienne.
L'affaire des faux vins portugais
Quatre ordres d'informer
L'instruction de cette affaire, commen«
cée par le Parquet delà Seine, et confiée
finalement à la justice militaire, a été
remise, hier, au premier conseil de guérira,
C'est le capitaine Roussel de Coure y qui
va continuer l'information.
Le gouverneur militaire a signé quatre
ordres d'informer : 1° contre MM. Perrault
de Jotemps et ■ Frank-Puaux, pour corrup
tion de fonctionnaires et complicité ; 2® :
contre M. Jean Prat, bamqiuiêK à Olot (Es
pagne), pour tentative de corruption de
fonctionnaires ; 3° çontre MM. Bouquet,
Perrault de Jo temps, Bousqiuet et Chatili
Ion, pour cession d'un titre d'importation ;
4° et enfiin contre X..., pour faux et corrup-
tion de fonctionnaires.
MM. Perrault de Jo temps et Frank-
Puaux, détenus à la prison de la Santé*
seront prochainement amenés devant l'of*
ficier rapporteur pour subir l'interroga*
toire de fond.
M. Prat, banquier à Olot, inculpé de ten»
tative de corruption de fonctionnaires, en
raison d'offres d'argent qu'il aurait faites
à l'inspecteur de la Sûreté gêntéirale Pietri,
l'auteur d'un rapport sur les spéculations
sur les "vins.
L'introduction frauduleuse des "mistelles"
L'instruction concernant l'introduction des
mistelles en France et les incidents auxcpiels
a donné lieu le décret du 20 janvier dêrnier
s'est poursuivie à Perpignan et dans la région
conduite par le commissaire de police aux dé
légations judiciaires, M Pachot. Celui-ci est re
venu pour quarante-huit heures à Paris afin
de se concerter avec le juge, M. Deis, à qui
il a donné des détails sur ses recherches.
D'autre part, le magistrat instructeur a mis M.
Pachot au courant de la procédure suivie
à Paris. En retournant dans les Pyrénées-
Orientales, M, Pachot emporte des ordres
pour s'occuper également de l'introduction des
vins d'Espagne.
Un lieutenant condamné à mort
pour désertion
La Cour de cassation a rejeté, hier, le
pourvoi formé par le lieutenant d'infan
terie Ailïred-Armand Bastien, condamné à
mort le 0 juin dernier, par le conseil de
guerre de la 42 e division d'infanterie, pour
désertion en présence de l'ennemi.
LES TRAITRES DE LAON
Les plaidoiries ent continué, hier, suns in
cidents. M 0 Gaston Gros présenta la défense
de ia femme Kir<.is, dont l'accusation était
déjà abandonnée par le commissaire du gou
vernement. Le défenseur s'en prit en particu
lier au policier Thomas et s'attira une très
vive réplique du lieutenant Jeanningros.
M 0 Marcel Héraud plaida ensuite, avec une
habile éloquence, la cause d'Alice Auben, qui
pleura sans arrêt. Al 0 Héraud aussi char
gea à fond le policier Thomas. Puis, en une
vibrante péroraison, il accabla Reselle et ré
clama la pitié du conseil pour sa ciiente.
M« Marcel Mayer, émouvant et sobre, se pré
senta ensuite pour Hélène Favre, qu'il dépei-
rjtit moins pervertie, et moins monstrueuse
■f!ie l'accusation la présenta.
' Hé&ne Favre défaillit à son banc au cours
d'une crise de larmes.
Enfin, M e Jacques Villenave présenta la dé.
fense de la nière Tassot et demanda son ac
quittement.
Aujourd'hui, M e Eugène Nicolas plaide ru
pour Reselie.
ECHOS
M. Clemenceau a reçu hier matin le géné
ral Dragomiroff. Après l'audience accordée au
général russe, le président du Conseil a reçu
MM. Venizeios et Balfour.
V\\
Les visites-conférences se succèdent au fort
do Vincennes sotsfe la conduite du lieutenant-
colonel de Fossa, viee-président de la Société des
« Amis de Vincennes », qui poursuit un but :
soustraire l'antique forteresse à sa dosti:~n-jn
d'immense caserne, pour l'affecter eu musée et
à ia bibliothèque de l« grande guerre. On pour
rait réunir là les armes de toutes espèces 1 fran-r.
çaises, alliées ou ennemies, ustensiles, unifor
mes, outils, etc. La collection des pièces d'ar
tillerie (pièces de tcus caliL -r-.. tanks, >nce-
flammes, etc.).
Au cours d'une récente -visite à Vincennes,
le ministre de l'Instruction publique s'est du
reste montr.5 favorable à la transformation du
donjon en musée. Il semble donc qu'on puisse,
cette fois, espérer une solution. Mais il faut en
core et surtout l'autorisation de l'administra^
tion de la guerre.
<\,\X
Capitaine à l'état-maior de la première ar
mée, chevalier de la Légion d'honneur et croix
de guerre avec trois citauens, notre confrère
Henri Bazire, co directeur de la Libre Parole,
avant la guerre, vient de mourir à Marigny
(Allier), après une longue et doulouréuse ma
ladie provoquée par les gaz asphyxiants. Ii avait
quarante-cinq ans et laisse six jeunes enfants.
vw
Les anciens combattants viennent de dres
ser un cahier de revendications tt pour les
faire plus sûrement aboutir, Us se constituent
en Fédération générale des associations d'an
ciens comba-.ants, dont 1- siège est 17, rue
Drouot. Les anciens combattants demandent
l'exonération totale des impôts et loyers échus,
l'ouverture aux démobilisés des chanaers-ate-
liers de la Sarre, la taxatic.i des loyers, etc. La
création d'un comité permanent, sorte de parle-,
ment des anciens combattants, a été décidée.
~ Vtt
Le Filmspiégcl (Miroir des Films; annonce
que l'ex-kronprinz a consenti à figurer dans un
vaste film qui représentera l'attaque sur Verdun
et montrera l'ex-kronprinz comme le « princi
pal héros » de cette action !
Si c'est vrai, il est difficile de pousser l'im
bécillité plus loin.
FEPIIiLETO S dn u Petit Jcarnal " du 25 Juillet 1919
Grand J{oman-Ciné inédit
adapté par Marcel ALLAI1N
PREMIT,H EPISODE
LE BLOC D'ÊBÉHE
I —j Le réveil de Rameès
— Tu dis qu'elle est montée par les
tuyaux ?
— Oui !... comme un chat !
— Et qu'elle serait là-haut ? dans les
salles réservées aux objets antiques ? '
— Parfaitement !
bien 1 vieux camarade I je dis,
moi, que tu dois être « fin » saoul I
... New-York dort 1
Il peut être une heure du matin. Le ciel
vient de s'éclaircir et la lune projette
une blafarde clarté sur les façades mons
trueuses des gratte-ciel, les maisons à cin-
quaaite étapes, qui donnent un caractère si
particulier'à la Babylone moderne.
En bas du Mundiaî-Museum, deux agents
••{*) Copyright lu tlie United States o( America by
Marcel AU.iin.
Tous droits de reproduction, traduction et adap
tation cittématoaraDltftrue réservés pour tous pays.
conversent, deux gardiens qui ne semblent
pas du même avis.
L'un de ces hommes — il est vrai —
soutient à son camarade un fait qui paraît
si fantastique que celui-ci se refuse à le
croire :
Il a vu, « vu, de ses yeux vu », dit-il,
une femme, une jeune fille, qui montait le
long des tuyaux de gouttières jusqu'au
troisième étage de l'immeuble, et pénétrait,
par une fenêtre entre-bâillée, dans la salle
où se conservent les trésors de l'art
ancien !
— Tu dis que je suis fin saoul? affirme le
témoin de cette escalade ; Dieu me damne !
je te retournerai la plaisanterie 1 Je ne
peux pas me tromper ; je l'ai vue, parfai
tement vue 1 Et, d'ailleurs..., tiens ! re
garde !
Au troisième étage du musée, fameux,
une fenêtre vient de s'illuminer. A l'intérieur
d'une salle, une main fine a tourné un
commutateur électriaue...
Vraiment, le gardien ne s'est pas abusé :
dans là vaste galerie, parfaitement dé
serte à cette heure, une femme se trouve,
une femme dont la silhouette surprend par
son élégance, sa grâce, son charme.
Elle a, peut-être, vingt ans, la jolie fille,
qui, d'un pas nonchalant, va d'une vitrine
à une autre, soulève les housses protec
trices, examine ies objets d'art, risque une
moue désappointée...
Elle est vêtue d'une robe" de soie que
signerait un bon faiseur.. Sur ses épaules,
une cape de même satin est retenue par des
bretelles de ruban blanc, cependant que sa
frimousse, vive et malicieuse, tout enca
drée de boucles blondes, se uissimule, à
moitié, sous un béret du plus original effet.'
Comment cette femme est-elle là?
Pourquoi-s'est-elle glissée à pareille heure
en un pareil endroit ?
La mystérieuse personne va, vient, l'air
ennuyé toujours. Soudain, elle soulève la
housse qui protège une vitrine et ne re
tient pas un geste d'admiration :
— Oh ! cela, c'est joli 1 très !....
La voix est musicale ; adorable est le
geste, dont la curieuse joint les mains.
— Très joli I reprend-elle ; mais je ne
sais pas, du tout, ce que cela peut être au
juste ?
Aussi à l'aise, en vérité, que si elle se
trouvait dans quelque magasin, au beau mi
lieu de l'après-midi, l'énigmatique jeune fille
déchiffre l'étiquette qui marque le bibelot
qu'elle contemple.
A haute voix, elle lit t « Vase de turquoise,
attribué au fameux graveur Ghien-li'ane.
datant de la dynastie chinoise de Tchéou. »
(1,100 avant J.-C.)
Et, sans doute, cette inscription lui ap
paraît très comique, car, en la lisant, la
jeune fille éclate de rire, d'un rire dont
les gammes se répercutent sous la vaste ga
lerie.
— L'amusant objet ! fait-elle.
Et elle tire de son sac à main un menu
outillage : une boule de poix, un diamant de
vitrier.
— Là! je ne ferai pas le moindre bruit !
Elle ne fait aucun bruit, en effet, cepen
dant qu'avec une habileté redoutable, elle
coupe la glace de la vitrine, enlève le mor
ceau de verre maintenu par la poix, passe
la main dans l'ouverture ain^i pratiquée
et... se saisit du vase de turquoise 1
— Quel charmant souvenir !
Mais, à ce moment précis-, sa figure de
rieuse devient grave.
— Oh 1 oh ! des voix ?
En ba ;, au pied de la façade monumen
tale, les gardiens se querellent toujours :
— Vieux camarade, il n'y a pas à hé
siter ; je vais grimper à mon tour par le
tuyau de la gouttière, et je la prendrai sur
le fait,..
— A moins qu'elle ne t'ent.ende, cher
garçon, et ne s'échappie d'un autre côté 1
Cette suppor^ion est plausible ! La jeune
fille, en effet, surprend fort bien cette
conversation. Elle a brusquement éteint
l'électricité, s'est penchée à la fenêtre ;
elle semble à la fois dépitée et charmée.
— Qu'ils sont sots !... J'étais si tranouille !
Je m'amusais tant 1
Puis elle rit, tout à coup.
— Eh ! ne bougez donc pas, mes amis 1
patientez une seconde ! Je vous envoie du
renfort !
Oh I elle rit de tout son cœur, tandis
qu'elle traverse la galerie principale du mu
sée, court, légère et vive, jusqu'à une gran
de momie couchée dans un superbe sarco
phage :
— Ccsolée de vous déranger, monsieur
Ramsès ! Désolée, vraiment ! Mais, bah !
voici trois mille ans que vous dormez !
vous pouvez bien rendre service à votre
humble servante ?...
Et, tandis qu'elle r't de plus en plus
fort, elle saisit la momie, l'arra.che de son
sarcophage, la traîne jusqu'à la fenêtre,
où tout essoufflée de son effort, elle la ba
lance dans le vide I
— Tenez, messieurs les gardiens, voilà
le renfort annoncé !
... En bas, croyant leur dernière heure
venue, en entendant la chute pesante de la
■momie qui les effleure ,les deux gardiens
poussent un juron :
— Dieu vivant '
— Cornes du diaiVe I
Et puis, sans se consulter, d'un mouve
ment instinctif, i T s quittent tous deux la
place, prennent leur course, s'élancent
vers le coin de l'immeuble où s'ouvre la
pei.ite porte d'un escalier qui conduit aux
sa'les du troisième
Se saisiront-ils donc de l'énigmatique
jeune fille ?
Penchée à la fenêtre, celle-ci bat des
j mains, en contemplant la fuite Drécini-
1 tée des deux hommes ;
— Merci, Ramsès 1
Et puis, en vérité, cette jeune fille, qui
semble fragile et délicate, tente alors —
et réussit
le plus fantastique des tours
de force.
Les deux gardiens montent aussi vite
qu'ils le peuvent l'escalier. Sortir de ce
côté serait tomber dans leurs mains. La
curieuse jeune fille n'hésite donc pas :
eljie enjambe la fenêtre, s'accsroehe au.
tuyau d'une gouttière, et, narguant le
vertige, se laisse glisser vers le sol.
— Pourvu que ces imbéciles ne m'en
tendent point 1
Déjà elle saute sur le dallage.
Mais, si légère qu'elle soit, sa périlleuse
descente ne saurait passer inaperçue :
— IIop ! demi-tour ! là 1 là 1 notre vo
leuse.
Voilà les deux agents qui reviennent !
Trop tard !
La jeune fille les a vus ! Elle aussi a -^g
sa course. Avec uné agilité merveilleuse elle
s'éloigne, si vive qu'elle distance aisément
les lourds représentants de l'autorité.
Le hasard, dv.i, leurs, semble se mettre
aimablement du côté de l'énigmatique créa-
turc qui s'enfuit du Muséum.
Essoufflée, hors d'haleine, la jeune fille,
au sortir du parc qui entoure lë Mundial,
débouche dans une rue, naturellement dé
serte à pareille heure.
Déserte ? non pas !
Une auto la suit, qui avance à une allure
relativement lente, gênée par le mauvais
état du sol.
Et c'est alors une scène fantaa*
l'ondre du jour pur et' simple repousse
par le gouvernement.
Second vote : l'ordre du Jour Le Cherpy,
Bérard, Cuttoli est adopté par -304 voix
contre 134, sur 438 votants, c'est-à-dire à
170 voix de majorité.
Contre l'invasion
des produits allemands
Interrompant .le débat financier' qu'elle
. avait commencé la veille, la Chambre avait
consacré sa séance du matin à la dis
cussion de l'interpellation d'un socialiste,
M. Claussat, « sur les mesures que le gou
vernement compte prendre pour protéger
^'industrie française contre l'envahisse
ment des produits manufacturés alle
mands et, en même temps, pour éviter à
la classe ouvrière française un chômage
dont les conséquences sont à redouter par
ces temps de vie chère. »
Après des déclarations de M. Clémentel,
ministre du Commerce, le débat a été' clos
par le vote de l'ordre du jour pur et sim
ule, accepté par le gouvernement.
M. Claussat s'est plaint longuement de
l'envahissement du marché français de la
coutellerie — il est représentant de Thiers
— par les importations frauduleuses de
marchandises allemandes.
M. Clémente! répond
M. Clémente!, ministre du Commerce, ne
méconnaît pas la gravité de la situation,
mais il estime qu'il , ne faut pas la prendre
au tragique, car, en ce qui concerne la cou
tellerie allemande, il n'y a eu,, depuis l'ar
mistice, qu'un seul permis d'importer pox- ;
tant sur 300 kilogs, alors qiu'avant la guer
re l'importation était de 95.000 kilogs.
— Noue avons, ajoute-t-il, pris contre les im
portations frauduleuses les mesures nécessai
res.
En ce qui concerne l'exportation, nous avons
interdit la sortie des produits alimentaires in
dispensables. Nous allons interdire également
la sortie de certaines matières essentielles, tel
les que les cuirs.
Sans doute, le gouvernement s'était trompé;
mais tout le monde s'est trompé avec lui. On
a laissé sortir, pour améliorer le change. Mais
quant un produit tel qwe le cuir passe de
250 à 750 francs, il y a évidemment lieu pour
le gouvernement d'intervenir.
Tout en respectait la liberté des transac
tions, la gouvernement étudiera les moyens
d'empêcher les excès de la spéculation autre
ment que par des lois pénales. (Très bien 1)
M. Clémentel déclare ensuite que la crise
subie actuellement par le commerce fran
çais est passagère : elle est fonction des
prix du charbon, du fret et du change.
— Avec .,1'tmportatkni des charbons alle
mands, le prix diminuera. Demain, l'abondan
ce du fret qui se crée, la libération des trans
ports qui suivra le retour aux Etats-Unis des
soldats américains, la diminution du prix des
tôles, amènera une baisse sensible dans le
prix du fret.
Quant à la question du change, nos alliés
nous demandent de ies aider à nous donner
sur ce point le secours qu'ils veulent nous ap
porter.
11 n'est pas possible qu'on n'arrive pas à des
solutions, autrement ce serait une catastrophe
pour l'Europe et pour l'Amérique elle-même
qui, sur son monceau d'or gagné pendant la
guerre, ne trouverait pas la prospérité. (Très
bien !)
En terminant, le ministre affirme la né
cessité d'uniformiser, par la conclusion
d'accords internationaux, la législation du
travail, "et de réaliser, à" l'intérieur du
•pays, l'union des patrons et des ouvriers.
■ Le débat est clos et l'on adopte à mains
levées l'ordre du jour pur et simple, avec
Signification de confiance dans le gouver
nement.
Séance aujourd'hui, matin et soir.
Des phosphates agricoles
à la question du tonnage
M. Brager de La Ville-Moysan, sénateur
d'IHe-et-Vilaine, a développé, hier, au Sé
nat, son interpellation sur le transport
d'Algérie en France des phosphates né
cessaires aux ensemencements d'automne.
• >M. de La Ville-Moysan dit que, pendant
lcj guerre, notre sol si riche a manqué
- d'engrais.
— 11 faut, dit l'orateur, un remède pratique.
11 faut même augmenter la production d'a-
vant-guarre. C'est presque uniquement de l'Al
gérie et de la Tunisie qu'on peut tirer les
phosphates dont nous avons besoin.
Aux termes des conventions intervenues,
nous- ne pouvons en espérer pour nous que
700.000 tonnes, mais les bateaux nous man
quent.
M. Pierre Dupuy, commissaire à la ma
rine marchande, réponu que le tonnage est
inférieur de moitié au ni cessaire. La flotte
d'f'tat qui transporte les phosphates s'est
trouvée employée à d'autres besoins aussi
pressants.
M. Claveille
M. Claveille, ministre des Travaux pu
blics et de la Marine marchande, constate
que la production des phosphates en Algé
rie a, par suite du manque de main-d'œu
vre, diminué de moitié au cours de la
guerre ; elle n'est plus que de 1400,000 ton
nes par ain. Il ému m ère les moyens par les
quels nous sommes assurés de transporter
cette année 70.000 tonnes de ces phospha
tes en France. Il fera le nécessaire pour
acheminer ces phosphates des ports à l'in
térieur, et ceci amène le ministre à parler
pluîs en d
M. Claveille ajoute que 509.000 tonnes de
bateaux sont, à l'heure actuelle, comman
dées par l'Etat.
— Quant aux armateurs, ils ont fait, de
leur cOté, un effort considérable ; ils ont en
commande ferme 1.015.000 tonnes de bateaux.
Ainsi, en ajoutant à ce chiffre celui des com-
mm—» m TMimiHi g———winp imn u
fnandes de l'Etat, nous aurons 1.500.000 ton
nes environ et notre flotte marchande d'avant-
guerre sera reconstituée. Mais il faut faire
davantage et porter notre fiotle marchande à
5 millions de tonnage. Je soumettrai à cet
effet au Parlement, très prochainement, un
projet qui, s'il est voté, permettra de doubler
notre tonnage d'avant-guerre en 3 ' ans. En
vertu de ce projet, la construction du nouveau
tonnage se fera en France dans les chan
tiers nationaux dont la capacité de produc
tion sera utilisée complètement dans les trois
années prochaines. (Très bien ! Très bien !)
M. Claveille parle ensuite de la question
du débarquement des vins algériens et
étrangers et conclut en disant que les me
sures prises l'ont été non par théorie éco
nomique mais par nécessité pratique.
Interventions Successives de MM, Sar-
raut, Doumergue et Herriot et l'ordre-du
jour de M. Brajer de La Ville-Moysan, ac
cepta par le gouvernement, est adopté :
« Le Sénat, confiant dans le gouvern-ement
pour prendre les mesures nécessaires cm.
transport d'Algérie en France des phosphates
nécessaires à l'agriculture, passe à l 'orare du
jour. »
Les avances aux fonctionnaires
Le Sénat adopte ensuite le projet sur
la journée de huit heures dans la marine
marchande, puis il passe à la discussion
$u projet portant ouverture de crédits
pour une nouvelle avance de 200 francs
aux fonctionnaires. En l'absence de M.
Klotz, M. Sergent, sous-secrétaire d'Etat,
déclare que des instructions seront données
par ses soins, d'extrême urgence, et avant
la promulgation de la loi que le Sénat va
voter aux différents services intéressés
pour que les 200 francs ne soient attribués
qu'aux fonctionnaires dont le traitement
n'excède pas 8.000 francs et que la ques
tion relative aux officiers sera réglée et
recevra une solution d'équité lors du pro
chain débat sur les indemnités temporai
res de solde.
M. Milliès-Lacroix constate que le gou
vernement, sur cette question, s'est rangé
à l'avis de la commission. Il insiste pour
que les gaspillages ne se renouvellent plus.
Le projet est adopté à l'unanimité.
M. Chéron lit son rapport sup la pro
position modifiant la loi de 1915 sur la
caisse nationale des retraites. La propo
sition est adoptée. Elle fixe à 6.000 francs
le maximum de rente viagère que l'on
assurera à cette caisse.
Séance mercredi prochain.
Les futures élections
Le groupe de l'Union républicaine du
Sénat s'est réuni sous la présidence de M.
Develle. Il a exprimé, à l'unanimité, l'avis
qu'il y a lieu de procéder dans le plus bref
délai au renouvellement des pouvoirs pu
blics. Confirmant ses votes antérieurs, le
groupe a émis, en outre, l'avis, également
à l'unanimité, que les élections aient lieu
dans l'ordre suivant : élections municipa
les, élections départementales, élections lé
gislatives, élections sénatoriales.
L'AVENTURIÈRE AUX BIJOUX
Une femme, Fernande Chaumet, qui se fit
remettre plusieurs colliers en perles, l'un par
une dame Koster, l'autre par un bijoutier de
la rue de la Paix, et qui s'enfuit à Angers où
elle fut arrêtée et ramenée à Paris, a été mise
en liberté hier pour raison de santé par le
juge, M. Flabert. Les bijoux détournés repré
sentaient une valeur de 800.000 francs.
PROPOS D'AC TUALITE
Les prisons sans prisonniers
A la prison de Briançon, il n'y avait, ces
temps derniers, qu'un seul prisonnier ; il est
vrai que ce prisonnier était un prisonnier de
marque : un bandit qui terrorisait depuis des
années les Alpes savoisiennes. On l'avait ar
rêté au mois de mai et on l'avait amené à Brian
çon, où se trouve une de ces bonnes petites
prisons d'arrondissement qui n'ont qu'un seul
gardien, et souvent un ou deux prisonniers seu
lement, voire même pas de prisonniers du tout.
On est bien soigné dans ces petites prisons ;
on vit en famille ; c'est la femme du gardien
qui fait la cuisine. La bonne petite vie d'auber
ge à la campagne, quoi I
Cependant, le bandit de Briançon ne se lais-
lait pas aller à cette aimable existence de far
niente. Il rêvait de liberté. Et, un jour, comme
le gardien avait dû s'absenter quelques instants,
le laissant à la garde de son épouse, notre hom
me bouscula quelque peu madame la gardienne
et prit la clef des champs.
Si je voûs ai raconté ce petit fait divers, assez
banal en somme, c'est qu'il va remettre sur le
tapis une,question assez intéressante, à l'heure
où il s'agit de faire des économies et d'endiguer
le flot du fonctionnarisme.
Cette question est celle de la suppression des
petites prisons. Quelque temps avant la guerre,
j'eus l'occasion de causer avec un inspecteur des
services pénitentiaires! Ce distingué fonction
naire m'affirma que, sur les 350 prisons d'ar
rondissement que nous possédons, une _ bonne
moitié ne servent à rien.
« Lors de ma dernière inspection, me dit-il,
j'ai constaté que plus de 180 d'entre elles avaient
moins de dix détenus, et que 238 en avaient
moins de vingt. Dans certaines villes, on n'a
vait pas vu le moindre détenu depuis plusieurs
mois... »
Or, qu'il y ait des prisonniers ou qu'il n'y
en ait pas, il y a toujours du personnel. Si la
prison est vide, ce personnel est inutile ; si
elle est habitée, il est souvent insuffisant, com
me dans le cas de Briançon. Ne serait-il pas plus
sage de supprimer toutes ces petites prisons et
de les remplacer par de grandes maisons d'ar
rêt départementales où les prisonniers coûte
raient moins cher à nourrir et à garder et se
raient infiniment mieux surveillés ?
Mon inspecteur estimait qu'on économiserait
ainsi un bon million... Ce n'est pas gros, par
le temps qui court, mais, enfin, c'est toujours
ça...
Jean Lecoq,
,rmmm j jB p etïl
Poar rendre les ballons
invulnérables
On emploie, pour le gonflement,
un nouveau gaz : l'hélium
Le voyage du dirigeable R.-3i évoque ce
qu'aurait pu être un bombardement effec
tué par une semblable unité en pays en
nemi.
Les raids de zeppelins sur l'Angleterre,
quelque meurtriers qu'ils aient semblé,
ne sont rien à côté des résultats qu'on
pourrait obtenir aujourd'hui d'une esca
dre de grands croiseurs aériens de la classe
du Pi.-31.
Les zeppelins furent des instruments pré
cieux d'observation maritime et de bom
bardement, mais d'une vulnérabilité extrê
me, étant gonflés- à l'hydrogène, gaz émi
nemment combustible qui forme avec
l'air un mélange détonant. L'obligation
absolue de se tenir autant que possible
hors de portée des engins destinés à les
combattre rendait leur emploi tellement
aléatoire que nos ennemis parurent devoir
y renoncer.
Chose vraiment surprenante, cette fail
lite des gros dirigeables ennemis sem
ble coïncider avec la décision prise par
nos alliés d'entreprendre la construction
d'unités aériennes à grande puissance et
à grand rayon d'action.
C'est qu'entre temps, dans le plus pro-
•fond secret, des savants américains étaient
parvenu^ à la réalisation d'un problème
d'une importance incalculable : la produc
tion en grand- de l'hélium, gaz presque
aussi léger que l'hydrogène, absolument
incomburant et incombustible.
Un ballon ou un dirigeable gonflé à
l'hélium est pour ainsi dire invulnéra
ble, une balle incendiaire le traverse sans
faire autre chose qu'un petit trou, elle ne
saurait même mettre le fèu à l'enveloppe,
car l'hélium, en sortant par la perforation
éteindrait ce commencement d'incendie
comme l'acide carbonique souffle une bou
gie. Un obus traversant de plein fouet le
dirigeable n'entraînerait que la perte du
gaz contenu dans un cloisonnement. En
fin, les incendies dus aux décharges élec
triques de l'atmosphère, danger redoutable
pour les gros ballons, sont, avec l'hélium,
totalement écartés. On se rend compte de
l'effet de stupeur qu'aurait produit sur
nos ennemis un'bombardement par me
escadre de croiseurs aériens invulnérables
aussi puissants que le 7?.-34 et gonflés à
l'hélium. (Actuellement,, le R.-3i est gon
flé à l'hydrogène, étant donné les condi
tions spéciales de son emploi actuel.)
L'hélium dans les ballons d'observation
ou saucisses, rendant leur destruction par
l'ennemi à peu près impossible, nous au
rait assuré un avantage tel qu'il rurait
pu être décisif.
Ce gaz si curieux existe à l'état de tra
ces dahs l'atmosphère qui en contient quel
ques millionièmes seulement. Il f.st ex
trêmement léger, à peine deux fois plus
lourd çue l'hydrogène, et non seulement
incombustible, mais encore incapable de
se combiner à aucun corps connu.
Son emploi pour le gonflement des bal
lons a été envisagé pendant la guerre par
les principaux belligérants, mais sa pro
duction industrielle par grosses quantités
n'a pu être réalisée jusqu'ici qu'en Amé
rique, vers le milieu de l'année dernière,
en traitant par le froid certains gaz na
turels du Texas qui en contiennent près de
1 pour cent. Au moment de l'armistice,
de grosses quantités étaient déjà disponi
bles et prête à être expédiées en Europe.
Le prix de ce gaz aux propriétés si sur
prenantes à bien des égards est ainsi des
cendu de quelques centaines de mille
francs à quelques dizaines de francs le
mètre cube.
En France, la présence de l'hélium a été
signalée dans certaines sources de la Côte-
d'Or notamment, ce qui nous permet d'es
pérer que peut-être nous pourrons trouver
dans notre sous-sol ce gaz si précieux, en
quantités suffisantes pour être exploitées.
M. Lamy-Torsïîhon,
ingénieur 1. N. A.
LA REPARATION
des dommages de guerre
Une loi, aussi étudiée soit-elle, ne peut pas
prévoir tous les cas qui peuvent se présenter
Le législateur pose des principes généraux •
aux tribunaux d'en faire l'application dans
chaque espèce. 11 en est ainsi de la loi du
17 avril 1919 sur les dommages de guerre.
Lisez l'article 2,paragraphe l flr . Votre attention
est immédiatement arrêtée par les premiers
mots : « Les dommages certains, matériels et
directs ouvrent droit à ia réparation. » Ces
trois derniers mots « certains, matériels, di
rects », ont besoin d'être commentés et à'pro
pos de chacun d'eux des problèmes se posent.
Ouvrez le volume intitulé La réparation
des dommages causés par •les faits de la
guerre, de M® Lucien Haas et M e Benjamin
•Monteux, avocats à la Cour de Paris. Vous y
trouverez l'exposé des problèmes dont il s'a
git et leurs solutions, vôtre maison a reçu Un
obus, vous obligeant à fuir, et deux hivers
sont passés sur l'immeuble, causant d'auires
dégâts. S'agit-il de dommages directs ? Des
documents, des manuscrits, des plans ont dis
paru. Sont-ce des objets matériels appelant le
droit à la réparation ? Ces questions et d'au
tres encore sont traitées dans le livre dont
nous venons de parier et qu'on peut se procu
rer 19, rue Cadet.
(Envoi franco recommandé contre fr. 4,85
en mandat-poste au nom de l'Administrateur
délégué du « Petit Journal ».)
fm^\€rême
BcËpSS.
Journal
LES COURSES
Hier, Saint-Cloud
A son tour, l'hippodrome de Saint-Cloud
va fermer ses portes jusqu'au lundi 15 sep
tembre. Les favoris ont triomphé, «1 grande
Sartie, à cette réunion de clôture ; seul le han-
icap a donné lieu à une surprise, encore que
la victoire de Kaolin III ait été escomptée par
un très grand nombre de parieurs.
Il est regrettable que dans la dernière course
deux pouliches, La Revanche II et Esnes aient
été laissées au poteau ; quand il s'agit d'urne
distance de 1.200 mètres, c est même tout à fait
fâcheux.
PRIX DE CKESPIERES (à vendre aux enchères),
2.500 francs, 2.100 mètres. — l" Testri, à M. E.
Lauzier (A. Atkinson) ; 2" Willlcta, à M. H.' Le
Corre (M. Le Corre) ; 3 G&rdeuse, à M. E. Métivier
(F. GiU). Non placé : Jewett. Une encolure, trois,
longueurs.
PRIX DE PEPINVAST, 4.000 francs, 2.000 mètres.
— 1" Néoménie, à M. J. Prat (G. Martin) ; 2'
Joyce, à il. P. Fouca-et (Paiilassa) ; 3* Djimmy,
à M. Atklnso (-J. Doumen). Non placés : Usatovo,
DorvIUe, Georgios, CFalornls, Fréliel, PUtlheliène,
Dancing Maid, Crown Jeweel, La Billarderie. Une
demi-langueurs, six longueurs .
" PRIX DE RAMBOUILLET :à réclamer), 2.500 fr.,
800 mètres. — l»r Tic Tac, à M. Jean Stern (Sliarpe);
2* Armantine. à M. CamiUe Blanc (Mac Gee) : 3'
Helvetia. à M. A. Eknayan (Garner). Non placés :
La Perm, Fancy, Manitoba, Loretta, Mort Hom
me II. Canzonette. Encolure, 3 longueurs.
PRIX SARDANAPALE (3.000 Jr„ 900 m.). — 1 er
Ismen, à M. W.-K. Vandèrbllt (0'. ! «e.lll) ; 2* Fiesole, à
M. II. Rigaud (Jennlngs) ; 3" Brave, à M. Jean
Lieux (B. Allemand). Non placés : Proullly, Oncè
More, Conjux, Clean Swep, Massis, Castelamare,
Diane Mallory, Cape Horn, Gaspilleur, Djagas. 1/2
longueur, 1 long. 1/2. '
PRIX DE JARDY (handicap), 4.000 fr., 1.600 m. —
l"r Kaolin III, à M. C. Cousi.no (M. AUemand) ; 2*
Ariodant, au vicomte O. de Rivaud (E. Allemand) ;
3" Brumado. à M. Vanderbilt (O'Neill). Non placés :
Ctngh, Droit au But, Bachelor's Fling, Espagnolette,
■Doride II, Mille Neuf Cent Quinze, Raglan, Barbara.
1 longueur, 1 longueur 1/2.
PRIX DE SAINT-PAIR DU MONT. (3.000 francs,
1.200 mètres). — l 8r Isle of Wiglit. à M. Jean Lieux
(E. Allemand) : 2' Brisbarie, à M. James Hennessy
(J. Jennlngs) ; 3" Merylle, à M. Daniel Guestier
(R. Stokes). Non placés : Chamade. Rain Water,
L'Oranger, Œil de Roi, La. Revanche II, Esnes, Fine,
Tliessalie. Oidémia, Candio, Persia. 3/4 de longueur,
1 longueur.
RESULTATS DU PART MUTUEL
GIIEVAUX
PES.
10 ir.
PEL.I
5 fr. j
CHEVAUX
PES.
10 fr.
PEL.
5 fr.
Testri.... G
19 50
9 50
Ismen.... P
16 »
850
— .... P
15 ))
7 50
Fiesole... P
85 »
44 »
Wîllicia.. P
3 i n
17 50
Brave.... P
34 »
18 n
Néoméuie G
35 »
15 50
Kaolin IIIG
61 50
27 »
— P
17 »
8 »
— P
16 »
8 »
Joyce P
90 50
12 *
Ariodant. P
90 »
8 50
Djimmy.. P
Tic Tac.. G
21 50
12 M
Brumado. P
13 50
6 »
30 50
12 »
Isle of W. G
35 «
17 50
— .. P
14 50
7 D
— P
16 »
8 50
ArmantineP
14 50
9 50
Brisbane. P
31 «
22 50
Helvetia.. P
•27 50
16 50
Meryiie... P
67, »
30 »
jsmen.... G
35 M
10 50
Aujourd'hui vendredi, pas de courses.
Demain samedi 26 Juillet, 2 heures, courses
au trot à Vincennes. La Morlaye.
LES SPORTS
LE CONGRÈS DE L'U. S. F. S. A.
Ce matin, à 10 heures dans la salle de la
Société Française de Photographie, 51, rue de
Clichy, s'ouvrira le Congrès annuel de l'Union
des Sociétés Françaises de Sports Athlétiques,
qui doit poursuivre ses séances aujourd'hui et
demain samedi.
L'intérêt de cette assemblée composée des
représentants, des sociétés de Paris et des co
mités régionaux, réside cette année dans l'exa
men, la discussion et le vote de la transforma
tion à faire subir à l'Union.
Le Congrès se trouvera en présence de trois
propositions :
1° Le statu quo ;
2° La Fédération par sport et la transforma
tion de l'Onion en une Union des Fédérations
Françaises de Sports Athlétiques, issues de
sa transformation ;
3° L'autonomie des différents sports au sein
de l'Union.
Souhaitons que l'assemblée se mette d'occord
sur le projet de la Fédération par Sport, seul
susceptible de donner à l'idee sportive en
Ftraiïce~S5h complet développement.
LE TOUR DE FRANCE CYCLISTE
Les concurrents du Tour de France sont partis
hier soir de Metz pour effectuer l'étape Metz-Dun-
kerque, au nombre de onze. Le départ a été donné,
place Saint-Louis, à 22 heures.
LE XXII' CONCOURS NATIONAL DE TIR
Organisé du 18 juillet au 4 août, à Maisons-Laffitte
Le Président de la République a bien voulu ac
cepter de présider le banquet annuel de l'U.S.T.F.
qui aura lieu le vendredi 1" août. Le dimanche 3
août, Teille de la clôture du Concours National de
TU-, aura lieu le Concours d'Honneur du ministre
do la Guerre. Ce même jour les challenges seront
remis aux gagnants des principales épreuves.
Voici les résultats des matches tnterailliés dispu
tés mardi :
Fusil à 200 mètres. — 1. France : 2.365 points ;
S. Etats-Unis : 2.310 p. ; 3. Belgique : 1.925 p.
Pistolet, à 50 mètres. — L France : 2.377 points ;
2. Etats-Unis : 2.220 p. L'équipe incomplète de la
Grèce n'a pu terminer ses tirs.
Les équipes françaises étalent composées :
Fu0il : Colas, 485 pointa ; Perey. 480 o. • l'nrcnen-
tier, 472 p. ; Johnson. «66 p. ; Parodie, 462 p.
Pistolet : capitaine de Castelbajac, qui remporte
le titre de champion du monde avec 482 points ;
viennent ensuite Johnson, 490 p. ; Pecchia, 479 p. ,•
Tétart, 470 p. ; Desart, 446 p.
Le plus haut point au fusil a été de 491, fait par
le colonel Robert Sears, de l'équipe américaine.
mai » «m —
Les illuminations dos façades des
GRANDS MAGASINS DU LOUVRE, qui
obtiennent un si grand succès, ont été
exécutées par les Etablissem" JACOPOZZI,
44, rue de Bondy, qui ont en outre orga
nisé le Grand CORTEGE LUMINEUX
qui a défilé le 14 Juillet, du Grand Palais
au Cihâtelet.
Toutes les applications de l'Electricité
Industrielle (force motrice et éclairage) ou
Décorative, sont la spécialité dé cette
Maison.,
Souscriptions à l'emprunt 1917
I.e ministère des Finances communique
la note suivante :
Les souscripteurs à l'emprunt 4 % (l'917)
ont le plus grand intérêt à échanger dès
maintenant leurs certificats provisoires
contre des titres définitifs.
Ils auront à en effectuer le dépôt, soit au
Service des Emissions (Pavillon de Flore)
ou chez le percepteur de leur arrondisse
ment, soit enfin dans une banque ou so
ciété de crédit.
Il est rappelé qu'à partir du 10 septembre
prochain ces certificats seront entièrement
démunis de coupons.
CONTES du PETIT JOURNAL
LES BRELOQUES
Devant la hauts glace d'une psyché qui
reflétait sa flatteuse silhouette cambrée
dans une superchic redingote ardoise,Féli
cien Pamoizel, l'irrésistible Pamoizel, le*ro-
mancier à la mode, dont le Parfum des Né
nuphars, Cœur de Cigogne, Vierge et
Grand'Mère ! — pour ne citer que ceux-
là, — ont fait le succès et consacré la ré
putation, fignolait attentivement _ le drapé
d'une cravate savamment choisie, quand
sa femme entra en coup de vent : « Voi
là quatre heures qui sonnent, votre confé
rence est pour la demie, et vous êtes en
core là à vous bichonner ! Oubîiéz-vous
que vous avez 48 ans, bellâtre ? »
Tumultueuse et véhémente, la dame_ se
campait sous un faisceau de plumes qui la
rendait semblable à quelque cheval de cir
que empanaché.
« Hélas, soupira Pamoizel, vous êtes là
pour me le rappeler! » — « Ah, elles peu
vent vous encenser les Belles Madames qui
gloussent peur vous donner du « cher maî
tre » à tire-larigot !... Si, comme moi, de
puis vingt ans, elles savaient le peu que
vous valez!... Quel désenchantement !...
Rengorgez-vous, allez. Faites le paon, vous
êtes un joli coco! Et quand je dis coco, —
poursuivait Mme Pamoizel en examinant
les précieuses et scintillantes breloques at
tachées à un chronomètre que son mari pre
nait sur la cheminée — c'est cocotte que
je devrais dire, tant vous en avez les goûts
prétentieux et vulgaires !... Vous, un hom
me de lettres, vous porteriez, s'il était "de
mode, des pendants aux oreilles et un an
neau dans le nez! Merci, vous ne vous re
fusez rien!... Voilà un rubis cabochon qui
vaut 1.800 francs comme un sou... Vous
n'avez pas honte d'étaler toute cette quin
caillerie sur votre gros ventre de Boud
dha? Quant à ce bijou, tout autre que vous
aurait eu la pensée délicate de l'offrir à
sa femme. Mais vous... Vous! Vous ne son
gez qu'à vous ! Tenez, vous êtes écœu
rant !
IW
Après une formidable tempête de bravos,
dans un tumulte de chaises remuées, parmi
le bruissement des étoffes et le brouhaha
des voix papoteuses, la conférence de Féli
cien Pamoizel prenait fin. Il y avait des
effusions, des exclamations, des petits cris
pâmés, des extases...
Comme à la sacristie, quelque jour de
grand mariage, le chœur des félicitants of-
ficiait^autour du Grand Homme qui, épa
noui, semblait boire avec ivresse l'extrava
gant nectar des compliments les plus dithy
rambiques . Le beau Pamoizel serrait des
mains, en baisait d'autres, blanches, parfu
mées et fines qui,frémissantes,se tendaient
vers lui... — « Ce que Sidonie doit écu-
mer ! — pensait le triomphateur, en multi
pliant les sourires et les courbettes. — Ah !
je suis un Bouddha entripaillé!... Mais ja
mais, au contraire, je ne me suis senti si
jeune, si fringant, aussi fêté... Cristi, voilà
une petite femme qui est bigrement jo
lie... »
Devant lui, svelte, vaporeuse et blonde,
venait de surgir une délicieuse créature
qui, en un français cocasse, gazotnlla :
« Aôh, cher très grand Maître... Vô avez
été si very impressionnante pour moâ!...
If you please, donnez le signature de vô
sur cet' livre. I am one fervente admiré-
trice!... » — Et, en même temps qu'un
stylographe d'or, la miss lui fourrait sous
le nez un exemplaire du Parfum des Né
nuphars...
Galamment, il s'exécutait. Elle se tenait
toute droite contre lui, étrangement trou
blante... D'une voix suave, elle mu.rmura :
<( Thànk you », puis, coquette, esquissant
un baiser du bout de ses doigts gantés, elle
ajouta : ii Remember! » Cédant la place au
flot toujours grossissant des admiratrices,
elle disparut-
Dans l'auto qui les ramenait au domi
cile conjugal, Pamoizel se remémorait vo
luptueusement les moindres détails de cette
heure de gloire... Parmi des nuages d'en
cens, le blond visage de l'étrangère lui sou
riait avec insistance : — « Etait-elle assez
gentille !... Remember ! Souvenez-vous!...
Voyez-vous ça ! Eh, eh, voilà un bonbon
anglais que je croquerai volontiers. Encore
une que j'ai troublée, séduite... Encore
une !... Chargé de condescendante fatuité,
son regard tomba sur Sidonie, rogue, dans
l'ombre. La voiture stoppa. D'un geste cou-
tumier, la main de Félicien alla à son gil-
let... 11 eut un éblouissement... Une sueur
froide mouillait ses tempes. Montre, chaî
ne, breloques, avaient disparu !... Ou,
quand, comment ?... Parbleu, l'Anglaise,
« Remember !!! » Il eut un cri : « Ah,
h rosse ! » et il s'affala sur les coussins
de la voiture pendant que Mme Pamoizel,
trop longtemps contenue, hurlait, frénéti
que comme un caraïbe' convié à un festin
d'anthropophages : — « C'est bien fait !...
Depuis, Félicien a renoncé au dangereux
plaisir des conférences. Il met actuellement
la dernière main à un nouveau livre :
L'Ange du Foyer. C'est sans aucun doute
à sa femme qu'il le dédie,
Charles Etienne.
L'affaire des faux vins portugais
Quatre ordres d'informer
L'instruction de cette affaire, commen«
cée par le Parquet delà Seine, et confiée
finalement à la justice militaire, a été
remise, hier, au premier conseil de guérira,
C'est le capitaine Roussel de Coure y qui
va continuer l'information.
Le gouverneur militaire a signé quatre
ordres d'informer : 1° contre MM. Perrault
de Jotemps et ■ Frank-Puaux, pour corrup
tion de fonctionnaires et complicité ; 2® :
contre M. Jean Prat, bamqiuiêK à Olot (Es
pagne), pour tentative de corruption de
fonctionnaires ; 3° çontre MM. Bouquet,
Perrault de Jo temps, Bousqiuet et Chatili
Ion, pour cession d'un titre d'importation ;
4° et enfiin contre X..., pour faux et corrup-
tion de fonctionnaires.
MM. Perrault de Jo temps et Frank-
Puaux, détenus à la prison de la Santé*
seront prochainement amenés devant l'of*
ficier rapporteur pour subir l'interroga*
toire de fond.
M. Prat, banquier à Olot, inculpé de ten»
tative de corruption de fonctionnaires, en
raison d'offres d'argent qu'il aurait faites
à l'inspecteur de la Sûreté gêntéirale Pietri,
l'auteur d'un rapport sur les spéculations
sur les "vins.
L'introduction frauduleuse des "mistelles"
L'instruction concernant l'introduction des
mistelles en France et les incidents auxcpiels
a donné lieu le décret du 20 janvier dêrnier
s'est poursuivie à Perpignan et dans la région
conduite par le commissaire de police aux dé
légations judiciaires, M Pachot. Celui-ci est re
venu pour quarante-huit heures à Paris afin
de se concerter avec le juge, M. Deis, à qui
il a donné des détails sur ses recherches.
D'autre part, le magistrat instructeur a mis M.
Pachot au courant de la procédure suivie
à Paris. En retournant dans les Pyrénées-
Orientales, M, Pachot emporte des ordres
pour s'occuper également de l'introduction des
vins d'Espagne.
Un lieutenant condamné à mort
pour désertion
La Cour de cassation a rejeté, hier, le
pourvoi formé par le lieutenant d'infan
terie Ailïred-Armand Bastien, condamné à
mort le 0 juin dernier, par le conseil de
guerre de la 42 e division d'infanterie, pour
désertion en présence de l'ennemi.
LES TRAITRES DE LAON
Les plaidoiries ent continué, hier, suns in
cidents. M 0 Gaston Gros présenta la défense
de ia femme Kir<.is, dont l'accusation était
déjà abandonnée par le commissaire du gou
vernement. Le défenseur s'en prit en particu
lier au policier Thomas et s'attira une très
vive réplique du lieutenant Jeanningros.
M 0 Marcel Héraud plaida ensuite, avec une
habile éloquence, la cause d'Alice Auben, qui
pleura sans arrêt. Al 0 Héraud aussi char
gea à fond le policier Thomas. Puis, en une
vibrante péroraison, il accabla Reselle et ré
clama la pitié du conseil pour sa ciiente.
M« Marcel Mayer, émouvant et sobre, se pré
senta ensuite pour Hélène Favre, qu'il dépei-
rjtit moins pervertie, et moins monstrueuse
■f!ie l'accusation la présenta.
' Hé&ne Favre défaillit à son banc au cours
d'une crise de larmes.
Enfin, M e Jacques Villenave présenta la dé.
fense de la nière Tassot et demanda son ac
quittement.
Aujourd'hui, M e Eugène Nicolas plaide ru
pour Reselie.
ECHOS
M. Clemenceau a reçu hier matin le géné
ral Dragomiroff. Après l'audience accordée au
général russe, le président du Conseil a reçu
MM. Venizeios et Balfour.
V\\
Les visites-conférences se succèdent au fort
do Vincennes sotsfe la conduite du lieutenant-
colonel de Fossa, viee-président de la Société des
« Amis de Vincennes », qui poursuit un but :
soustraire l'antique forteresse à sa dosti:~n-jn
d'immense caserne, pour l'affecter eu musée et
à ia bibliothèque de l« grande guerre. On pour
rait réunir là les armes de toutes espèces 1 fran-r.
çaises, alliées ou ennemies, ustensiles, unifor
mes, outils, etc. La collection des pièces d'ar
tillerie (pièces de tcus caliL -r-.. tanks, >nce-
flammes, etc.).
Au cours d'une récente -visite à Vincennes,
le ministre de l'Instruction publique s'est du
reste montr.5 favorable à la transformation du
donjon en musée. Il semble donc qu'on puisse,
cette fois, espérer une solution. Mais il faut en
core et surtout l'autorisation de l'administra^
tion de la guerre.
<\,\X
Capitaine à l'état-maior de la première ar
mée, chevalier de la Légion d'honneur et croix
de guerre avec trois citauens, notre confrère
Henri Bazire, co directeur de la Libre Parole,
avant la guerre, vient de mourir à Marigny
(Allier), après une longue et doulouréuse ma
ladie provoquée par les gaz asphyxiants. Ii avait
quarante-cinq ans et laisse six jeunes enfants.
vw
Les anciens combattants viennent de dres
ser un cahier de revendications tt pour les
faire plus sûrement aboutir, Us se constituent
en Fédération générale des associations d'an
ciens comba-.ants, dont 1- siège est 17, rue
Drouot. Les anciens combattants demandent
l'exonération totale des impôts et loyers échus,
l'ouverture aux démobilisés des chanaers-ate-
liers de la Sarre, la taxatic.i des loyers, etc. La
création d'un comité permanent, sorte de parle-,
ment des anciens combattants, a été décidée.
~ Vtt
Le Filmspiégcl (Miroir des Films; annonce
que l'ex-kronprinz a consenti à figurer dans un
vaste film qui représentera l'attaque sur Verdun
et montrera l'ex-kronprinz comme le « princi
pal héros » de cette action !
Si c'est vrai, il est difficile de pousser l'im
bécillité plus loin.
FEPIIiLETO S dn u Petit Jcarnal " du 25 Juillet 1919
Grand J{oman-Ciné inédit
adapté par Marcel ALLAI1N
PREMIT,H EPISODE
LE BLOC D'ÊBÉHE
I —j Le réveil de Rameès
— Tu dis qu'elle est montée par les
tuyaux ?
— Oui !... comme un chat !
— Et qu'elle serait là-haut ? dans les
salles réservées aux objets antiques ? '
— Parfaitement !
bien 1 vieux camarade I je dis,
moi, que tu dois être « fin » saoul I
... New-York dort 1
Il peut être une heure du matin. Le ciel
vient de s'éclaircir et la lune projette
une blafarde clarté sur les façades mons
trueuses des gratte-ciel, les maisons à cin-
quaaite étapes, qui donnent un caractère si
particulier'à la Babylone moderne.
En bas du Mundiaî-Museum, deux agents
••{*) Copyright lu tlie United States o( America by
Marcel AU.iin.
Tous droits de reproduction, traduction et adap
tation cittématoaraDltftrue réservés pour tous pays.
conversent, deux gardiens qui ne semblent
pas du même avis.
L'un de ces hommes — il est vrai —
soutient à son camarade un fait qui paraît
si fantastique que celui-ci se refuse à le
croire :
Il a vu, « vu, de ses yeux vu », dit-il,
une femme, une jeune fille, qui montait le
long des tuyaux de gouttières jusqu'au
troisième étage de l'immeuble, et pénétrait,
par une fenêtre entre-bâillée, dans la salle
où se conservent les trésors de l'art
ancien !
— Tu dis que je suis fin saoul? affirme le
témoin de cette escalade ; Dieu me damne !
je te retournerai la plaisanterie 1 Je ne
peux pas me tromper ; je l'ai vue, parfai
tement vue 1 Et, d'ailleurs..., tiens ! re
garde !
Au troisième étage du musée, fameux,
une fenêtre vient de s'illuminer. A l'intérieur
d'une salle, une main fine a tourné un
commutateur électriaue...
Vraiment, le gardien ne s'est pas abusé :
dans là vaste galerie, parfaitement dé
serte à cette heure, une femme se trouve,
une femme dont la silhouette surprend par
son élégance, sa grâce, son charme.
Elle a, peut-être, vingt ans, la jolie fille,
qui, d'un pas nonchalant, va d'une vitrine
à une autre, soulève les housses protec
trices, examine ies objets d'art, risque une
moue désappointée...
Elle est vêtue d'une robe" de soie que
signerait un bon faiseur.. Sur ses épaules,
une cape de même satin est retenue par des
bretelles de ruban blanc, cependant que sa
frimousse, vive et malicieuse, tout enca
drée de boucles blondes, se uissimule, à
moitié, sous un béret du plus original effet.'
Comment cette femme est-elle là?
Pourquoi-s'est-elle glissée à pareille heure
en un pareil endroit ?
La mystérieuse personne va, vient, l'air
ennuyé toujours. Soudain, elle soulève la
housse qui protège une vitrine et ne re
tient pas un geste d'admiration :
— Oh ! cela, c'est joli 1 très !....
La voix est musicale ; adorable est le
geste, dont la curieuse joint les mains.
— Très joli I reprend-elle ; mais je ne
sais pas, du tout, ce que cela peut être au
juste ?
Aussi à l'aise, en vérité, que si elle se
trouvait dans quelque magasin, au beau mi
lieu de l'après-midi, l'énigmatique jeune fille
déchiffre l'étiquette qui marque le bibelot
qu'elle contemple.
A haute voix, elle lit t « Vase de turquoise,
attribué au fameux graveur Ghien-li'ane.
datant de la dynastie chinoise de Tchéou. »
(1,100 avant J.-C.)
Et, sans doute, cette inscription lui ap
paraît très comique, car, en la lisant, la
jeune fille éclate de rire, d'un rire dont
les gammes se répercutent sous la vaste ga
lerie.
— L'amusant objet ! fait-elle.
Et elle tire de son sac à main un menu
outillage : une boule de poix, un diamant de
vitrier.
— Là! je ne ferai pas le moindre bruit !
Elle ne fait aucun bruit, en effet, cepen
dant qu'avec une habileté redoutable, elle
coupe la glace de la vitrine, enlève le mor
ceau de verre maintenu par la poix, passe
la main dans l'ouverture ain^i pratiquée
et... se saisit du vase de turquoise 1
— Quel charmant souvenir !
Mais, à ce moment précis-, sa figure de
rieuse devient grave.
— Oh 1 oh ! des voix ?
En ba ;, au pied de la façade monumen
tale, les gardiens se querellent toujours :
— Vieux camarade, il n'y a pas à hé
siter ; je vais grimper à mon tour par le
tuyau de la gouttière, et je la prendrai sur
le fait,..
— A moins qu'elle ne t'ent.ende, cher
garçon, et ne s'échappie d'un autre côté 1
Cette suppor^ion est plausible ! La jeune
fille, en effet, surprend fort bien cette
conversation. Elle a brusquement éteint
l'électricité, s'est penchée à la fenêtre ;
elle semble à la fois dépitée et charmée.
— Qu'ils sont sots !... J'étais si tranouille !
Je m'amusais tant 1
Puis elle rit, tout à coup.
— Eh ! ne bougez donc pas, mes amis 1
patientez une seconde ! Je vous envoie du
renfort !
Oh I elle rit de tout son cœur, tandis
qu'elle traverse la galerie principale du mu
sée, court, légère et vive, jusqu'à une gran
de momie couchée dans un superbe sarco
phage :
— Ccsolée de vous déranger, monsieur
Ramsès ! Désolée, vraiment ! Mais, bah !
voici trois mille ans que vous dormez !
vous pouvez bien rendre service à votre
humble servante ?...
Et, tandis qu'elle r't de plus en plus
fort, elle saisit la momie, l'arra.che de son
sarcophage, la traîne jusqu'à la fenêtre,
où tout essoufflée de son effort, elle la ba
lance dans le vide I
— Tenez, messieurs les gardiens, voilà
le renfort annoncé !
... En bas, croyant leur dernière heure
venue, en entendant la chute pesante de la
■momie qui les effleure ,les deux gardiens
poussent un juron :
— Dieu vivant '
— Cornes du diaiVe I
Et puis, sans se consulter, d'un mouve
ment instinctif, i T s quittent tous deux la
place, prennent leur course, s'élancent
vers le coin de l'immeuble où s'ouvre la
pei.ite porte d'un escalier qui conduit aux
sa'les du troisième
Se saisiront-ils donc de l'énigmatique
jeune fille ?
Penchée à la fenêtre, celle-ci bat des
j mains, en contemplant la fuite Drécini-
1 tée des deux hommes ;
— Merci, Ramsès 1
Et puis, en vérité, cette jeune fille, qui
semble fragile et délicate, tente alors —
et réussit
le plus fantastique des tours
de force.
Les deux gardiens montent aussi vite
qu'ils le peuvent l'escalier. Sortir de ce
côté serait tomber dans leurs mains. La
curieuse jeune fille n'hésite donc pas :
eljie enjambe la fenêtre, s'accsroehe au.
tuyau d'une gouttière, et, narguant le
vertige, se laisse glisser vers le sol.
— Pourvu que ces imbéciles ne m'en
tendent point 1
Déjà elle saute sur le dallage.
Mais, si légère qu'elle soit, sa périlleuse
descente ne saurait passer inaperçue :
— IIop ! demi-tour ! là 1 là 1 notre vo
leuse.
Voilà les deux agents qui reviennent !
Trop tard !
La jeune fille les a vus ! Elle aussi a -^g
sa course. Avec uné agilité merveilleuse elle
s'éloigne, si vive qu'elle distance aisément
les lourds représentants de l'autorité.
Le hasard, dv.i, leurs, semble se mettre
aimablement du côté de l'énigmatique créa-
turc qui s'enfuit du Muséum.
Essoufflée, hors d'haleine, la jeune fille,
au sortir du parc qui entoure lë Mundial,
débouche dans une rue, naturellement dé
serte à pareille heure.
Déserte ? non pas !
Une auto la suit, qui avance à une allure
relativement lente, gênée par le mauvais
état du sol.
Et c'est alors une scène fantaa*
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